Life in Westrait | La vie au Westrait

Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]WESTRAIT'S LITTLE LEXICON (I)[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/1nNb1bF.png[/img][/center]

[justify]Le Westrait, comme toute société en transition d'un modèle politique à un autre, connait ses propres transformations dans le langage usuel. Pour essayer d'y avoir plus clair, ce petit lexique est à disposition pour toute personne ne souhaitant pas passer pour une ignare quand elle foule le sol westrait. Mots, définitions, expressions, acronymes, tout y est pour pouvoir s'y retrouver.

[quote]CITIZEN : Il est assez rare que l'on utilise dans l'espace public un autre terme pour désigner quelqu'un. Appeler quelqu'un citoyen ou citoyenne est une marque de respect et de politesse, qui est utilisé pour remplacer la formulation standard "Monsieur" ou "Madame". Des représentants politiques jusqu'aux échelons les plus bas des conseils, une personne sera toujours désigné par "Citoyen" ou "Citoyenne", terme qui précède le plus souvent son nom de famille.[/quote]

[quote]COMRADE : Bien que le terme de citoyen soit le plus souvent privilégié dans l'espace public, l'utilisation du terme "Camarade" est banaliser dans la plupart des organisations communistes et socialistes, ainsi que dans les syndicats. Le terme a cependant fait florès suite à la guerre civile, où les membres des milices et des unités de la RLA se saluaient de cette manière, le poing levé. Plus l'on penche vers la droite du spectre politique au Westrait, moins le terme est d'usage. (Il n'est par exemple presque pas utilisé par les partis du centre et au-delà, cela est même impensable)[/quote]

[quote]COUNCIL : Entité politique qui est la structure sur laquelle repose la légitimité démocratique et populaire de la République Démocratique de Westrait. Organisé dans chaque ville, commune, bourg ou village, les conseils sont des lieux de délibérations politiques où l'ensemble de la population peut venir y exercer librement ses droits et gérer la vie locale sous tous ses aspects. Il existe différents niveaux de conseils dans le pays, des plus locaux jusqu'à la Chambre Populaire Exécutive des Conseils, en passant par le Congrès des Conseils. Ils sont l'ossature de la démocratie nouvelle dans le pays.[/quote]

[quote]COUNTER-REVOLUTIONNARY : Terme usuel pour décrire une attitude ou le fait de saboter les efforts pour la construction du socialisme dans le pays. Le terme de contre-révolutionnaire est le plus souvent utilisé péjorativement pour exprimer une attitude ou une façon d'être, plutôt qu'une réelle position politique. Le contre-révolutionnaire authentique est un partisan de l'ancienne dictature militaire et ce terme a tendance ces derniers temps à recouvrir même ceux et celles qui préféraient l'ancienne république.[/quote]

[quote]IWW : Acronyme pour Industrial Workers of the World (Le terme de "Wobblies" est également courant), le syndicat actuellement le plus puissant au Westrait et l'organisateur principal des premiers affrontements contre le governorat militaire. On est membre de l'IWW le plus souvent de père en fils ou de de mère en fille. Syndicat se revendiquant du syndicalisme révolutionnaire, l'IWW a toujours lutté pour faire advenir une révolution sociale qui mettra un terme à l'exploitation de l'homme par l'homme en prenant le syndicat comme base de la société future.[/quote]

[quote]OLD REPUBLIC : C'est ainsi qu'est désigné la Ière République de Westrait, qui a été établi suite à la Révolution de 1931 et qui s'est éteinte en 2030, quelques temps avant la célébration de son centenaire. Ce terme est devenu usuel et presque péjoratif, le terme de "Vieille République" semble montrer que l'ancien système républicain en place n'a jamais réussi à faire advenir un régime de justice sociale cohérent, mais est resté balloté par diverses tendances au sein de la bourgeoisie westrait qui s'affrontaient pour avoir le pouvoir politique dans le pays.[/quote]

[quote]PCPS : Acronyme désignant le Commissariat du Peuple à la Sécurité Publique. Le PCPS a pour rôle fondamental de protéger et de garantir la pérennité du nouveau régime révolutionnaire, ainsi que le contrôle des forces de polices dans le pays. Le maintien de l'ordre et le respect des lois est sa première préoccupation. Ne dites pas à un westrait quelconque que le PCPS est une police politique ou une police secrète, il risquerait de mal le prendre et le cas échéant, de vous rire au nez.[/quote]

[quote]RLA Acronyme pour la Republican Liberation Army. Crée dans le feu de la guerre civile révolutionnaire, elle visait avant tout à surmonter les problèmes stratégiques et organisationnelles que connaissaient les milices révolutionnaires qui s'opposaient aux forces militaires. Aujourd'hui, la RLA jouit d'une forte popularité et est considérée comme un des piliers de la République de Westrait, tant par ses victoires militaires que par son organisation qui ne l'a pas transformée en nouvelle garde prétorienne suite à la victoire dans la guerre civile révolutionnaire.[/quote]

[quote]REVOLUTIONNARY CIVIL WAR : Nom usuel donné à la période qui couvre la guerre civile qui a frappé le Westrait pendant cinq ans, de 2030 à 2035. Le terme de guerre civile révolutionnaire est utilisé majoritairement depuis quelques années, l'ajout du mot "révolutionnaire" s'est généralisé suite à la victoire des forces socialistes et communistes lors des élections, exprimant le fait que le conflit civil au Westrait recouvrait des visées révolutionnaires et non pas simplement un énième changement au sein de la "Vieille République".[/quote]

[quote](LABOR/TRADE) UNION : Il s'agit au sens générique du syndicat, plus généralement des syndicats proche du syndicalisme révolutionnaire et/ou de l'anarcho-syndicalisme. Le syndicat est très important au Westrait, il est le fer de lance de l'organisation de la classe ouvrière et plus généralement du prolétariat westrait depuis plus de deux siècles. Des chansons et un folklore assez important commémorent l'"Union Men" et l'"Union Girl" comme des combattants pour leur classe et pour la révolution. Le syndicat a une stature aussi importante que le conseil.[/quote]

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Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]SLICE OF LIFE (II)[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/IDSSTNJ.png[/img][/center]

[justify][quote]La vie de Scott Duncan est un véritable enfer depuis maintenant plusieurs années. Dans ce nouveau Westrait entrain de se construire et en quête d'identité, il n'existe sans doute pas de catégorisation plus avilissante que celle d'être un jaune, un briseur de grève. Bref, d'être vulgairement ce que l'on nomme un "scab", un "rat" et tout un tas d'autres joyeusetés qui font se sentir se rabaisser, être considéré comme une personne n'inspirant peu ou pas la confiance. Voilà le quotidien de Scott Duncan, jeune ouvrier de 25 ans. Personne ne l'appel d'ailleurs Scott là où il travaille, tout le monde l'appel "scab". "Scab" est son nouveau prénom, la nouvelle manière de l'interpeler et surtout de rappeler qu'il a franchi un cap qu'il n'aurait sans doute pas dû. La situation dans laquelle se trouve Scott "Scab" Duncan est assez paradoxale, car lui-même n'arrive pas à cerner correctement l'acharnement qui pèse sur lui : Il s'est en effet opposé avec d'autres juste avant le déclenchement de la guerre civile, à une grève contre le gouvernement militaire. Il venait de décrocher son boulot et n'avait pas envie de finir à la porte, après même pas quelques journées de travail. Il lui semblait alors naturel de s'opposer à la grève, car pour lui elle ne lui rapporterait rien. Il a donc franchi le piquet de grève protégé par un important cordon de police, sous les insultes et les crachats de ses collègues de travail. Quand éclate la guerre civile, Scott est obligé comme un grand nombre de westrait de choisir un camp, même si il n'en a pas nécessairement l'envie. Il penchera du côté de la révolution, mais les suspicions à son égard sont trop importantes pour qu'une réelle confiance lui soit accordée. Depuis ce jour, la situation n'a pas énormément évolué pour lui. Bien qu'il ne dise rien, il est seul et exclu. Personne ne prend réellement la peine de l'écouter lorsqu'il prend la parole dans le conseil de son usine, comme il en a le droit pour exprimer son avis sur la gestion, la production et la vie de son entreprise. Mais là, Scott est à bout. Il décide de passer au-delà du conseil de son usine, pour directement aller en discuter avec le conseil de la ville, chose qu'il n'avait jamais osé faire de peur de se finir lyncher. Ou pire, de se faire tuer... L'accueil qu'il reçoit lorsqu'il se présente au conseil de la ville est assez froid, car tout le monde connait Scott "Scab" Duncan. Il explique sa situation en expliquant que cela ne pouvait plus durer pour lui, qu'il avait fait ses preuves et qu'il ne méritait plus ce surnom infamant, un surnom qui allait le hanter encore pour de très nombreuses années, peut-être même toute son existence ! Il recueille très peu d'oreilles attentives, à part celle d'un des membres du conseil qui l'invite après la séance du conseil à venir discuter avec lui, dans un cadre non-formel. Scott raconte alors une nouvelle fois son histoire, les détails de cette dernière pour essayer de trouver une solution. La personne qui l'écoute et essaye de l'aider, lui fait savoir qu'elle peut l'aider à sortir de cette situation et qu'elle comprenait parfaitement son droit à pouvoir s'auto-critiquer pour une action vieille de plusieurs années maintenant. Quelques jours plus tard, Scott est convoqué devant le conseil de l'usine. La tête basse, il s'y rend en traînant les pieds, pensant se faire de nouveau rabrouer ou insulter par ses collèges. Mais ce jour là, rien de tout ça ne se produira : Étonné, Scott verra défilé devant lui la plupart des ouvriers et des ouvrières qui continuaient de l'invectiver depuis toutes ses années, se critiquant pour leurs attitudes et sur leur mauvaise manière de traiter les contradictions entre travailleurs et travailleuses. Le lendemain, Scott se présentera de nouveau devant le conseil de l'usine et lira une longue et sincère autocritique sur son comportement passé et sur les progrès qu'il doit encore accomplir aujourd'hui. Aujourd'hui, Scott n'est plus un "scab" et n'a plus à supporter cette insulte. Grâce à la critique et à l'autocritique sur son lieu de travail et avec ses collègues, la situation a radicalement changé. Impossible d'oublier le passé, les moqueries et parfois les coups cependant. Mais pour Scott, c'est un immense soulagement.[/quote][/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]CORRESPONDENCE (III)[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]

[justify][quote]Cher Jim,

Il m'a fallut du temps pour t'écrire cette lettre, tant elle me semblait difficile à mettre correctement en ordre. J'ai dû la recommencer une bonne quinzaine de fois, tellement j'ai raturé de papiers en cherchant les mots correct pour exprimer le fond de ma pensée. Notre pays va mal, mais ça tu le sais déjà. Je ne sais pas vers quoi nous sommes entrain de nous diriger, mais cela ne me dit rien de bon. Nous sommes coincés, nous sommes comme paralysés par la présente situation. La dictature de salut public ? C'est une vaste farce, personne ne peut réellement y croire. Nous fanfaronnons parce que nous avons réussi à arrêter des suspects, que nous les avons passés en jugement et que nous allons en liquider une toute petite partie. Le bonne affaire ! Qu'est-ce que cela va réellement changer pour le Westrait et notre révolution ? Reed ne bougera pas, c'est un légaliste. Tu sais, je l'ai connu au tout début de mon engagement politique : Fort en gueule, toujours actif, toujours prêt à se battre et à hausser le ton. J'ai l'impression que son élection l'a quelque peu ramolli, l'a un peu rendu plus... sage. Je ne sais pas si le mot est exact. Mais il semble être embarquer dans quelque chose qui le dépasse, mais il continue de tenir la barre ou du moins, de faire semblant de toujours la tenir. Les attaques les plus virulentes viennent pour le moment des communistes, qui l'invectivent parce qu'il a refusé de saisir le moment. Comment ne pas être d'accord avec eux ? Reed se fait des idées en croyant qu'il va pouvoir continuer à maintenir le front uni républicain. C'est une autre farce, personne ne semble réellement y croire non plus. Les élections qui vont se tenir dans un an et demi, vont très vite montrer que la prétendue unité que nous connaissons n'est qu'une fumisterie et ne tient pas la route. L'opposition pour le moment ne dit rien, mais elle se prépare à entrer en ordre de bataille dès que la période de dictature sera levé. Les partis du centre vont également emboîter le pas. Qui reste allié de Reed ? Le DSP ? Allons allons, soyons sérieux ! Le Democratic Party ? C'est un miracle que Norton n'ait pas encore subi le sort de Mario Sellers pour tout te dire. Les communistes ? Sans doute vont-ils se séparer de Reed et le laisser à poil parce qu'il manque sincèrement de poigne. Ce que j'essaye de t'écrire, c'est que notre révolution est en danger, elle ne l'a peut-être jamais été depuis notre victoire lors de la guerre civile révolutionnaire. Qui va ouvrir sa gueule pour le dire ? Personne apparemment, la "révolution" semble contenter tout le monde et chacun y trouve sa petite place, son petit poste. Cela me dégoûte, nous sommes entrain de nous encrouter. J'espère un sursaut d'orgueil, même si je ne sais pas bien d'où il pourrait surgir. Dis moi ce que tu en penses, peut-être que je suis trop pessimiste ces derniers temps.

J'espère que ta fille va mieux. Dis lui de bien se remettre et que je viendrai bientôt vous rendre visite.
Merci encore pour les chocolats sinon, un vrai régal !

[right]Ton frère,
Eduardo Bishop[/right][/quote][/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]I TOLD YOU EVERYTHING[/bod]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=jvCuiv37TqY]Inside the scream is silent,
Inside it must remain,
No victory and no vanquished,
Only horror, only pain...
[/url]

[center][img]https://i.imgur.com/eskdH8k.png[/img][/center]

[justify]Une fin de journée grisâtre en ce jour à Cewell, capitale de la République Démocratique de Westrait. Au pied de l'imposante bâtisse qui servait de locaux pour le Commissariat du Peuple à la Sécurité Publique, un vieil homme attendait vêtu d'un imperméable et d'une casquette militaire sur la tête. Il était entrain de terminer sa cigarette, remontant le col de son imperméable de temps à autre, regardant autour de lui. Il s'agissait de Luther Williams, "Iron Luther" comme il se faisait désormais surnommer à travers le pays. Le vieil officier membre du People's Officer Corps semblait hésitant à monter les marches qui le conduiraient à l'intérieur d'un des organismes les plus discrets, mais les plus efficaces que comptait le Westrait depuis la fin de la guerre civile. Il attendait là depuis plusieurs longues minutes, la tête basse. Puis il monta une première marche, puis la deuxième et ainsi de suite. Son visage était fermé et sa tête toujours basse quand il arriva devant la porte principale, où deux hommes en factions lui firent un salut militaire auquel Williams répondit avec un peu de précipitation. Une fois à l'intérieur, il retira sa casquette et une personne vient à sa rencontre. Williams avait demandé un rendez vous avec Patrick Clay, Commissaires du Peuple à la Sécurité Publique. D'un pas un peu plus décidé, le vieil officier suivit la personne qui le conduisait jusqu'au bureau du Commissaire du Peuple. On frappa à la porte, cette dernière s'ouvrit avec le Commissaire du Peuple, adressant un large sourire à Luther Williams. Il lui fit signe d'entrer et de s'installer. Quelques instants après s'être installé, Williams resta silencieux, sans rien dire ce qui inquiétait le Commissaire du Peuple, peu habitué à voir un homme comme celui-là paraître autant abattu.

PATRICK CLAY | « Est-ce que quelque chose ne va pas, Citoyen Williams ? »

LUTHER WILLIAMS | « Je... J'ai demandé à vous voir, Citoyen Clay car j'ai des choses importantes à vous dire. »

PATRICK CLAY | « C'est en effet ce que j'avais cru comprendre. De quoi s'agit-il ? »

LUTHER WILLIAMS | « C'est... C'est assez compliqué à expliquer voyez-vous. Pourrais-je avoir un verre d'eau ? »

PATRICK CLAY | « Oui oui, bien entendu. Tenez. [Le Commissaire du Peuple remplit un verre avec sa carafe et le tendit à Williams, qui maladroitement le fit se renverser par terre.] »

LUTHER WILLIAMS | « Je... Je suis désolé. [Il tremblait légèrement] »

PATRICK CLAY | « Citoyen Williams, est-ce que vous êtes malade ? Souhaitez-vous que l'on repousse cet entretien ? »

LUTHER WILLIAMS | « Non, non surtout pas ! Il en va de la sécurité de notre pays, il faut... Il le faut ! »

PATRICK CLAY | « Bien. Alors de quoi s'agit-il ? »

LUTHER WILLIAMS | « J'ai une liste. »

Silence de quelques secondes dans la pièce.

PATRICK CLAY | « Une liste me dites-vous ? Quelle liste ? »

LUTHER WILLIAMS | « J'ai une... une liste à vous faire parvenir, sur des personnes responsables d'une tentative de subversion de l'État. »

Le Commissaire du Peuple fit mine de ne pas être surpris, gardant un air sûr de lui.

PATRICK CLAY | « Pourrais-je vous demander de me transmettre cette liste ? »

LUTHER WILLIAMS | « Oui, je l'ai ici. »

Le vieil officier sortit d'une de ses poches intérieurs un papier plié en six ou en huit, qu'il tendit au Commissaire du Peuple. Ce dernier déplia le papier et commença à lire à voix basse. En l'espace de quelques instants, le Commissaire du Peuple leva les yeux vers Luther Williams, l'air effaré. Ce dernier se contenta de tourner le regard, fixant un point dans l'horizon depuis la fenêtre.

PATRICK CLAY | « Qu'est-ce que c'est que cette liste ? Répondez-moi. »

LUTHER WILLIAMS | « C'est une liste de diverses personnalités westraits impliqué dans une tentative de subversion de l'État vous dis-je. »

PATRICK CLAY | « Non non non, ce n'est pas une simple liste. C'est un putain de carton d'invitations pour une soirée mondaine ce que vous m'avez remis là. Vous en êtes conscient ? »

LUTHER WILLIAMS | « O... Oui. Parfaitement. »

Patrick Clay commença à énumérer les noms présent sur la liste à voix haute. Quelques personnalités politiques, beaucoup de cadres dans l'administration ainsi que des membres de l'armée et du People's Officer Corps. Une fois terminé, le Commissaire du Peuple se laissa retomber dans son fauteuil, l'air pensif.

PATRICK CLAY | « A quoi rime tout cela ? [Il dit ces mots en les accentuant l'un après l'autre] »

LUTHER WILLIAMS | « C'est une liste de personnes qui... [Il se fit interrompre] »

PATRICK CLAY | « Arrêtez de me prendre pour un demeuré Williams. A quoi rime tout cela ? [Il frappa la main ouverte sur son bureau, faisait sursauter son vis à vis. Puis il le pointa du doigt.] Donnez moi les réponses que je veux, ou alors votre cul est à moi Williams et vous allez parler, de gré ou de force. »

Le vieil officier s'éclaircit alors la voix, se redressant légèrement.

LUTHER WILLIAMS | « Très bien, très bien. Comme vos services le savent sans doute, il existe des complicités entre la LoD et certaines factions politiques dans notre pays. Les récents procès ont réussi à potentiellement détruire les capacités de frappe de la LoD, mais certainement pas ses soutiens. Vous avez vu cette liste ? Des hommes politiques, des membres de l'administration, des hauts responsables du service de renseignement de l'armée ou des membres du POC. Il s'agit d'une conspiration pour renverser la République, faire sortir de l'ombre la LoD et permettre aux militaires en exil de revenir prendre le pouvoir. Rien de plus, rien de mois. »

PATRICK CLAY | « Quelle est votre rôle là dedans ? »

LUTHER WILLIAMS | « Moi ? J'ai été mis au courant, j'ai participé d'ailleurs à certaines réunions des cercles d'officiers et de militaires en fin d'année dernière. Ce sont eux qui ont planifié l'enlèvement du Cardinal Emerson par exemple. Mais aujourd'hui, je m'en veux. Je m'en veux d'avoir participé à tout cela, d'avoir voulu précipiter notre pays dans une nouvelle guerre civile et une nouvelle dictature militaire. J'ai été faible, j'ai laissé mes anciennes pulsions d'ennemi de la classe ouvrière refaire surface. Peut-être ai-je finalement toujours été un réactionnaire et j'ai aucun moyen de pouvoir changer. [Il se leva alors, parfaitement droit, la tête haute] Je demande donc que la justice de mon pays, la justice révolutionnaire, n'exprime aucune compassion à mon égard et qu'elle soit impitoyable envers moi, ce que je suis et ce que je représente. »

Le Commissaire du Peuple était interloqué parce qu'il venait de voir et d'entendre. Il se leva à son tour, s'appuyant sur son bureau en respirant lourdement.

PATRICK CLAY | « En êtes vous absolument convaincu, Citoyen Williams ? »

LUTHER WILLIAMS | « Plus... Plus que jamais, Citoyen Clay. Je suis un militaire, un militaire doit défendre son pays. Je ne l'ai pas fais, cela est de la haute trahison. Cela est condamnable par la peine de mort. »

PATRICK CLAY | « Ne pouvons-nous pas trouver autre chose, qu'un tel châtiment ? Après tout, vous vous êtes rendus et vous avez admis ce que vous avez fait. Vous êtes sur la bonne voie pour... »

LUTHER WILLIAMS | « Pour être une parfaite lopette, Citoyen Clay ? [Il l'interrompt vivement] Non, je n'ai pas envie de vivre avec une telle culpabilité sur les épaules. Mon choix a déjà été fait. J'espère que le vôtre suivra en conséquence. »

Quelques instants plus tard, plusieurs membres de la SIB entrèrent dans la pièce et se saisirent du Luther Williams, qui se laissa faire le plus naturellement du monde. Il adressa un salut militaire au Commissaire du Peuple, ce dernier le lui rendant d'un air pathétique. Le visage haut et fier, Williams quittait le bureau du Commissaire du Peuple à l'opposé de son arrivé : Rongé par sa trahison, honteux, voulant faire savoir la vérité, etc. Une fois la porte refermé, le Commissaire du Peuple se précipita sur son téléphone.

PATRICK CLAY | « Oui, ici le Commissaire du Peuple à la Sécurité Publique Patrick Clay. J'aimerai être mis en relation direct avec le Commandant en Chef Eduardo Bishop s'il vous plait. C'est de toute urgence ! »

[center]---[/center]

Une demi-heure plutôt, dans une petite localité à quelques kilomètres de la capitale. Plusieurs véhicules militaires s'arrêtent au pied d'une demeure et des soldats sortent et commencent à prendre position. Un homme sort de la jeep de tête, il s'agit de Dean Thompson, un des membres influents du People's Officier Corps. Avec sa petite garde de soldats, il fait irruption dans la demeure. Mais rien, pas un bruit, pas une activité. La demeure est vide, mais ils décident d'explorer plus en avant. Dans une des pièces de la maison, ils découvrent assis à une petite table circulaire mal éclairé avec une bougie, le Commandant en Chef Eduardo Bishop entrain d'écrire une lettre. Ce dernier est superbement vêtu, arborant son uniforme de Commandant en Chef de la Republican Liberation Army. Il ne semble guère étonné de voir arriver Dean Thompson et ses soldats. Il enlève ses lunettes et pose son stylo, levant ses yeux vers Thompson.

EDUARDO BISHOP | « Tiens Dean ! Justement, je t'attendais... [Il arborait un grand sourire] »

DEAN THOMPSON | « Tu m'attendais ? »

EDUARDO BISHOP | « Bien évidemment, je me demandais quand tu ferais le plaisir de venir te joindre à moi avec tes petits copains putschistes ! [Il continuait de sourire] »

DEAN THOMPSON | « [Il lâcha un petit rire] Ah Eduardo, Eduardo... Tu n'auras donc jamais changé. Pourquoi ne t'es tu pas enfuis si tu savais que j'allais venir ? Tu penses que ta mort signifiera quelque chose ? »

EDUARDO BISHOP | « Grâce à toi, ou plutôt grâce à vous messieurs, je serai un martyr de la révolution. »

DEAN THOMPSON | « [Tous se mirent à rire de concert] Toujours le bon mot pour rire Eduardo, toujours le bon mot pour rire. Tu ne seras un martyr de rien du tout, ta foutue révolution et tes copains communistes vous allez y passer. Nous allons reprendre notre pays, c'est clair ? »

EDUARDO BISHOP | « Je me fiche pas mal de tes conneries de réactionnaires Dean. Libre à toi de croire à tes propres conneries, mais arrête la littérature. Tu es venu ici pour m'exécuter non ? Alors fais le et que l'on n'en parle plus. »

DEAN THOMPSON | « Petite merde... »

Les soldats se saisirent du Commandant en Chef et le rouèrent de coups. Ce dernier qui mesurait 1 mètre 47, subit une véritable bastonnade pendant les cinq minutes suivantes et c'est à moitié inconscient qu'il fut mené dehors et assis tant bien que mal contre un arbre.

DEAN THOMPSON | « C'est la fin Eduardo. La fin de ton rêve, la fin de ta vie, la fin de ta putain de république de bolchéviques. Une dernière chose à dire pour la postérité ? »

Eduardo Bishop cracha du sang et respira plusieurs fois lourdement, regardant péniblement autour de lui, le visage tuméfié. Puis il se mit à rire, un rire nerveux sans doute. Un rire qui dura quelques instants, avant qu'il ne recrache de nouveau du sang et se mit à tousser.

EDUARDO BISHOP | « Hahaha... Haha ! Hahaha, haha ! Ha... [Il se met à hurler] ARIIIIISE YE WORKERS FROM YOUR SLUMBEEEEERS, ARIIIIIIISE YE PRISONERS OF WAAAAAANT, FOOOOR REASON IN REVOLT NOW... »

Il n'eut pas le temps de terminer. Dean Thompson vida son chargeur de pistolet sur lui, criant qu'il devait "définitivement fermer sa gueule". Une fois sa besogne accomplie, lui et les soldats qui l'accompagnèrent mirent le feu à la demeure de Bishop, avant de plier bagage. Les soldats n'avaient pas vu que pendant la mêlée générale sur le pauvre Bishop, ce dernier avait réussi à se saisir de la lettre qu'il avait écrit et qu'il tenait fermement en boule dans sa main gauche. Cette lettre était destiné à son frère, la seule famille qu'il n'avait jamais eu. Quelques heures plus tard, Dean Thompson et son commando de putschistes devaient trouver la mort alors qu'ils tentaient de soulever plusieurs casernes pour tenter un Coup d'État militaire. Le corps de Eduardo Bishop fut retrouvé tard dans la soirée et c'est avec une grande émotion que le Westrait appris finalement la mort en martyr d'un de ses premiers combattants révolutionnaires.[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]AT THE INTERNATIONAL URDZHAR SCHOOL (I)[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/Qa7y9cm.png[/img][/center]

[justify][quote]Bykovs, Karmalis, Txiléens, Valdaques, Teikos, Enissois, Valaryans, Panskadiens ou encore Kaiyuanais. De manière officielle ou par un voyage périlleux, ces militants et militantes communistes se retrouvent désormais au sein de l'École Internationale Urdzhar au Westrait. Ici, la devise est bien visible et est souvent répété à qui veut l'entendre : "Unité, dynamisme, sérieux et entrain". La plupart des personnes présentes ici le sont pour une année entière et cette durée peut être prolongée ou même se raccourcir suivant l'évolution de la situation. Le but de l'École Internationale Urdzhar est de former sur le plan théorique et pratique, des militants et militantes révolutionnaires afin qu'ils retournent dans leurs pays pour devenir des cadres compétents. Théoriquement, l'étude de l'économie politique, de la philosophie, de l'histoire du mouvement ouvrier international sont au programme. D'autres études concernant l'organisation du parti, du travail syndical et de la formation des organisations de masses sont également au programme, comme la formation importante sur la question agraire. Pratiquement, il est attendu que les principes étudiés soient bien assimilés et rapidement mis en action. Derrière la façade légale et théorique, l'entraînement pratique concerne les questions militaires, de l'organisation d'unités militaires jusqu'à l'étude de la stratégie militaire, ainsi que le maniement des armes. A côté de cela, les étudiants et étudiantes sont astreint à plusieurs heures par semaine de travail dans le lieu qu'ils auront choisi et devront faire un rapport quotidien sur ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont appris et ce qu'il reste à leur apprendre. Former des cadres capable de pouvoir mener la lutte dans leurs pays respectifs est une tâche extrêmement compliqué, c'est pourquoi a été crée l'Institut des Professeurs Rouges, qui chapeaute la formation théorique et politique de ceux et celles qui seront à la tête des groupes d'étudiants. Afin de permettre une meilleure compréhension au vue du mélange ethnique important, des cours de langues obligatoires sont donnés pour que tout à chacun puisse se familiariser avec d'autres langues et éviter qu'un repli identitaire ne se produisent si des groupes n'arrivaient pas à se comprendre. L'échange est primordial pour que l'ensemble des personnes présentes puissent au mieux comprendre la situation nationale des autres camarades, leur histoire, leur organisation et comprendre les différents stades de luttes dans lesquels ils se trouvent. Deux modèles sont principalement mis en avant : Le modèle du Bykova ainsi que celui du Westrait, l'un comme l'autre représentant pour l'instant les deux principales révolutions victorieuses au cours de la moitié de siècle passé. Des études précises sur la situation au Karmalistan, l'histoire de la guérilla au Txile, le renouveau de la lutte armée au Panskaï ou encore la lutte semi-armée des communistes Valdaques sont scrupuleusement analysées et synthétisées, afin d'en dégager des aspects propre et les aspects universels qui seront d'une grande utilité pour unifié idéologiquement l'ensemble des mouvements communistes vers une stratégie commune, une stratégie victorieuse. Le seul point noir plusieurs fois relevé met cependant assez mal à l'aise les westraits, qui font mine de ne rien voir : Alors que d'énormes efforts sont effectués dans la construction du socialisme, la production théorique reste extrêmement faible et il n'existe que peu d'études sérieuses sur la guerre civile révolutionnaire, alors qu'elle est déjà terminée depuis plusieurs années maintenant. Cependant, l'on ne fait pas ce genre de critiques à haute voix pour ne pas blesser les hôtes westraits qui sont susceptibles sur cette question, peut-être même un peu trop. L'École Internationale Urdzhar n'en est qu'à ses balbutiements et cette première expérience consolidera sans aucun doute la place du Westrait comme formateur idéologique et politique de première importante pour le mouvement communiste international. Alors que l'ensemble de ses forces et ressources pourraient être redirigé pour l'édification nationale, le Westrait décide de donner ce qu'il peut pour mettre en avant l'internationalisme prolétarien et la nécessité d'une unité de principes au niveau international entre les multiples organisations communistes, alors que l'Internationale Communiste est pour le moment un fantôme en pleine (re)construction...[/justify][/quote]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]PUBLIC DÉCLARATION[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/h59U3sb.png[/img]
Kwanzaa Miles, membre influent du Workers Action Front en exil au Westrait[/center]

[justify][quote]Frères et sœurs, amis et camarades, combattants et combattantes de l'indépendance,

Nous vivons des moments historiques dans la lutte pour l'autodétermination de notre peuple et de notre nation. La lutte pour l'autodétermination ainsi que la lutte contre l'apartheid, ne sauraient être lié à la lutte pour la libération sociale, c'est à dire la lutte contre la domination impérialiste et la promotion du socialisme. Car, il ne nous faut pas écouter frères et sœurs, ce que nos maîtres veulent que nous pensions. Nous devons cesser de baisser la tête et d'accepter de prendre des coups, d'être traité comme des nègres de maison. Si nous voulons nous libérer, nous devons commencer à permettre à notre communauté de s'émanciper de la tutelle pesante de l'histoire blanche, des réflexes blancs et de la mentalité blanche. Oui, le Workers Action Front a recommencé la lutte armée et ne cessera pas sa lutte tant qu'il jugera qu'elle sera légitime. Que les autres forces composantes le mouvement anti-apartheid refusent d'y prendre part, n'est pas un problème. Notre alliance politique est principalement contre l'apartheid, pour la fin de la domination de notre peuple et son autodétermination. Eux choisissent les voies démocratiques, ils préfèrent le bulletin de vote et l'action légale. Nous, nous décidons de choisir les voies de la lutte armée révolutionnaire, nous préférons le fusil et l'action illégale. Le bulletin de vote ou le fusil, le fusil ou le bulletin de vote. Mes frères et sœurs, il est de la responsabilité de chacun et chacune de savoir ce qu'il escompte de la lutte. Si vous tenez absolument à lutter avec votre bulletin de vote, très bien mais alors nous ne pouvons que vous conseillez de toujours garder votre fusil prêt de vous, d'être prêt à tirer et à vous défendre. Nous ne pouvons pas simplement escompter que la domination raciste ne cesse sur notre peuple en restant passif. Alors boycottez si vous en avez l'envie, organisez des grèves si vous vous sentez fort, rejoignez nos forces armées si vous en sentez le courage et la détermination. Nous sommes complémentaire dans notre lutte et c'est ce qui nous fera gagner. Il faut rapidement balayer une idée reçue, une idée mauvaise qui commence à germer dans la tête de certains de nos frères et de nos sœurs. Nous devons leur dire : Non, vous faîtes fausses routes si vous pensez qu'il faut mettre en avant la supériorité noire par rapport à la supériorité blanche. Non, vous faîtes fausses routes si vous pensez que le racisme contre les blancs permettra de combattre le racisme contre les noirs. On ne peut pas combattre la haine par la haine, combattre ce qui nous détruit en nous détruisant encore davantage. Nous ne voulons pas d'un capitalisme noir, voilà qu'elle est notre point central également. Car au sein de notre communauté, il existe des tendances à s'enrichir, à graisser des pattes, à tenter de s'élever socialement pour être aussi respectable que le maître blanc. Vous faîtes fausse route, en pensant que vous nous libérerez en remplaçant la domination impérialiste, raciste et blanche, par une domination nationale, bureaucratique et noire. Nous voulons nous battre pour notre liberté, notre liberté ne pourra passer que par l'adoption d'une ligne révolutionnaire, d'une ligne socialiste ferme. Notre projet d'émancipation, n'est pas juste une lutte des races, une revanche que nous voudrions prendre sur nos maîtres blancs. Pourquoi ? Car nous savons qu'il existe des alliés même chez les blancs, qui refusent l'apartheid, qui sont prêt à nous soutenir. Nous devons leur dire qu'en effet, nous acceptons leur aider. Mais laissez-nous nous organiser entre nous pour commencer, organisez-vous de votre côté. Une fois que nous aurons réalisé cela, nous serons assez fort pour frapper ensemble. Notre but est la libération sociale et politique de notre peuple et la fin de l'apartheid. Nous bâtirons une société nouvelle, basée sur la coopération des deux races avec comme idée centrale le socialisme. Sans le socialisme, nous continuerons à nous diviser et nous ne détruirons pas les racines du racisme. Nous continuerons à nous voir comme inférieurs et les blancs continueront à se voir comme supérieur, reproduisant un schéma social dont nous ne voulons pas. C'est d'unité que je parle, d'unité dont nous avons besoin. Aujourd'hui, demain et dans dix ans. Que vive nos idéaux, que vive notre émancipation prochaine.

LES VAUTOURS IMPÉRIALISTES ? A BAS !
LES SUPRÉMATISTES AU REGARD GLUANT ? A BAS !
LES HÉSITANTS ? A BAS !
LES TRAITRES ? A BAS !
POUVOIR ? AU PEUPLE ![/justify][/quote]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]THE STORY BEHIND THE FIFTEENTH FLYING COLUMN[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/SQnHM9e.png[/img][/center]

[justify][quote]La petite ville de Caershire compte moins de 5000 habitants. Pourtant, sa position géographique clé convergent par routes entre les États de Pringdale, Clearden et de Rosefield va en faire un théâtre important de la guerre civile révolutionnaire, du moins jusqu'à la prise finale de la capitale Cewell. Il suffit de marcher quelques minutes dans Caershire pour s'apercevoir que trône sur le côté de la route et bien distinctif, un panneau routier insolite avec marqué "SNIPER AT WORK". Pour les habitants et les habitantes de la petite ville aujourd'hui tranquille, ce panneau symbolise une lutte qui a été mené pendant plus de trois années contre les forces militaires et leurs auxiliaires. Sur ces routes d'importances stratégiques, des éléments de la Fifteenth Flying Column vont tuer des dizaines et des dizaines de cibles importantes pour le compte de la révolution, affaiblissant par la même le camp de la contre-révolution. La Fifteenth Flying Column est formée au début de l'année 2032, comme des centaines d'autres Colonnes Volantes qui vont pratiquer une guerre de guérilla à travers le pays. L'importance de la Fifteenth Flying Column vient avant tout de son armement et également de l'objectif stratégique qui lui a été donné : Démoraliser l'ennemi autant que possible, abattre des cibles de grandes importances et faire de Caershire et de la zone l'entourant une zone de guerre totale, où nul troupes militaires ne pourraient entrer sans subir de pertes. C'est ainsi que sont nés rapidement les trois équipes de sniper de la Fifteenth Flying Column, armé de fusils de précisions et épaulé par des guetteurs dans la ville ou dans ses environs. D'abord, les autorités militaires nieront que ces équipes existent avant de se raviser en expliquant qu'il n'en existait qu'une seule et qu'elle serait rapidement démantelé. Malheureusement pour ces derniers, cela ne sera jamais le cas. Prenant pour cibles des officiers de polices, des officiers de forces paramilitaires et même parfois quelques gradés, ces attaques surprises et planifiées feront de la zone de Caershire un enfer pour les forces militaires, qui ne s'y aventureront plus que la nuit, ou alors certain de ne pas être repéré. Car la brutalité exercé sur la population n'y changera finalement rien, cette dernière refusant en bloc de donner des noms, des lieux ou des caches d'armes. Exaspérés, les militaires décident de faire occuper en 2034 la ville par une brigade mixte composée d'éléments motorisées et de blindées. Pendant plusieurs mois, aucune présence des sniper. L'une des équipes est d'ailleurs capturé alors qu'elle était en reconnaissance. Les militaires claironnent, exposent l'équipe composés de trois personnes et loi martiale oblige, les font fusiller sur place pour effrayer les autres équipes et également les habitants et habitantes de la ville. Mais la Fifteenth Flying Column prend son mal en patience et demande ses ordres aux autorités supérieures, qui lui préconisent de la patience et de ne surtout pas se lancer dans des opérations à risques. Pourtant, les commandants de la Colonne vont décider de passer à l'action même si cela implique de désobéir à un ordre. Ils ne peuvent admettre que leur ennemi les narguent et plus que tout, occupent la ville comme si il s'agissait d'une zone d'occupation et font régner la Terreur Blanche. Se coordonnant avec d'autres groupes de combattants dans la région, ils parviennent à se faire livrer de précieux lance-roquettes et autres missiles anti-chars. Jusque là, la Fifteenth Flying Column ne disposait que d'un armement léger ou de soutien, les quelques mortiers à leurs dispositions ne leur étant d'aucune utilité contre un tel adversaire. La patience elle, finira finalement par payer.

[center][img]https://i.imgur.com/uNHbeg0.png[/img]
Un petit farceur de la Fifteenth Flying Column prêt à taquiner du blindé[/center]
Fin 2034, plus exactement le 12 décembre vers deux heures du matin, les forces militaires sont réveillés par des tirs de mortiers sur leurs positions. Rien de bien inquiétant, mais cela inaugure peut-être une attaque de grande ampleur sur un axe important qui est encore tenu par les militaires, alors que les combats font rage dans la capitale. La Fifteenth Flying Column provoque ouvertement les militaires en les incitant à attaquer leurs positions. Utilisant un faux opérateur radio dans un coin isolé, les troupes chargés de le retrouver se retrouvent face à un seul homme qui... mime des bruits d'explosions et de tirs, armé d'un mégaphone. Le temps que les militaires comprennent ce qui vient de se produire, il était déjà trop tard. Les principaux véhicules blindés et motorisés sont attaqués sur les côtés et sur leurs arrières par plusieurs équipes de qui les mettent rapidement hors d'état de fonctionner. Disposant de quelques véhicules légers, les forces restants de la Fifteenth Flying Column se précipitent en ville et détruisent et annihilent plusieurs points de défense important laissé par les militaires. Au petit matin, la ville de Caershire est libérée. La Colonne a subi de lourdes pertes, perdant plus d'un tiers de ses effectifs lors de cette attaque mais a détruit en contrepartie une vingtaine de véhicules, blessés ou tués plus d'une centaine de militaires. Honteux, ces derniers sont obligé d'admettre leur défaite et des prisonniers sont fait. Ils sont exhibés le long de la ville, le pantalon sur les chevilles et les mains sur la tête pendant qu'une foule importante les couvre d'insultes et de coups, parfois de seau de fumiers et même de merde. La Fifteenth Flying Column par son acte héroïque a sans le vouloir provoquer sans doute une fin prématurée de la guerre, empêchant à d'importants renforts militaires de pouvoir converger sur Cewell, qui tombera quelques mois plus tard. Aujourd'hui, l'on commémore toujours le 12 décembre à Caershire et un défilé militaire honore les martyrs de la Fifteenth Flying Column, enterré dans le cimetière à proximité. La Fifteenth Flying Column sera la dernière Colonne Volante à être intégrée au sein de la Republican Liberation Army au moins d'Avril 2035, quand l'ordre est donné de faire fusionner les dernières unités mobiles et de partisans au sein de la RLA. "Vive la Quinzième Colonne !" comme le proclame une chanson populaire ou de nombreux graffitis un peu partout dans le pays.[/quote][/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]SLICE OF LIFE (III)[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/knzor7o.png[/img][/center]

[justify][quote]C'est le début d'une nouvelle journée pour Adam Porter, 38 ans, père de quatre enfants et veuf depuis maintenant cinq ans. Ce travailleur dans le bâtiment ressemble à une énorme majorité de westraits, sur le plan familial ainsi que sur le plan professionnel. Il doit jongler entre une vie professionnelle bien remplie ainsi qu'assurer l'éducation de ses enfants, seul. Depuis quelques temps, le conseil de son entreprise ainsi que le syndicat essaye de convaincre Adam de venir chef d'équipe et de prendre plus de responsabilités au sein de sa boîte. Ce dernier travaille depuis ses 16 ans sur les chantiers et ne dispose d'aucun diplôme qualifiant, d'aucune qualification propre qui lui permettrait de pouvoir avoir des responsabilités. Or, la nouvelle organisation sociale et politique au Westrait lui permet de pouvoir accéder à de telles responsabilités. Deux mots : Contrôle ouvrier. Comparé à l'écrasante majorité des autres pays, le prolétariat westrait dirige les usines et les lieux de productions, sous sa seule direction et autorité. Qu'importe le problème qui peut se profiler et qui doit être résolu, des assemblées générales sont appelées quand il s'agit de statuer sur tel ou tel problèmes, tel ou tel changement dans la production. Politiquement, la classe ouvrière exerce son pouvoir en lien avec divers éléments non-prolétarien, comme des cadres, des directeurs, des responsables techniques, etc. La vie dans une entreprise ou une usine westraite n'a pas de comparaison possible, elle représente un fait entièrement nouveau et encore jamais expérimenté. Dans cette nouvelle organisation sociale et politique du travail, il n'existe pour ainsi dire aucune prime individuel, aucun avantage en nature et pas de salaires différenciés. Ici, l'on peut être comme Adam et reconnu comme un "travailleur de choc" et pourtant, ne pas jouir de primes exorbitantes ou d'intérêts purement économicistes pour continuer son travail. L'on privilégiera toujours les stimulants politiques et idéologiques, aux stimulants matériels. Si il doit y avoir une prime, elle sera collective et concerna toute la brigade de travail, jamais tel ou tel individus pris à part. Adam est reconnu depuis longtemps comme quelqu'un de capable, ayant les capacités de pouvoir diriger. Il n'ose pourtant pas et cela peut-être parfaitement compréhensible : Depuis son plus jeune âge, on lui a appris qu'il devait rester à sa place, que sans diplôme et sans qualifications il ne pourrait rien être, ni devenir. Aujourd'hui, la situation a entièrement changé. Le conseil lui a proposé de se former pour s'occuper désormais de toute la brigade et avoir plus de responsabilités, des responsabilités qui sont jugés à la hauteur. Car ici, l'assemblée générale est souveraine par rapport aux décisions du principal responsable. Ce dernier tranche au final en participant et en donnant son aval, si par hasard il est opposé à cette nomination il doit la motiver et l'expliquer politiquement, sinon elle sera refusée. Personne ne pourrait imaginer qu'un directeur d'usine ou d'entreprise se retrouve à devoir discuter d'égal à égal avec ses employés, alors qu'il possède les qualités et l'autorité pour imposer son avis. Au Westrait, c'est bel et bien le cas. Le responsable de Adam touche un salaire qui est 4 fois supérieur au sien, ce qui est encore un énorme écart mais qui comparativement à d'autres pays est ridiculement dérisoire. Adam n'est pas sûr de pouvoir assurer tout cela, il considère d'ailleurs que des jeunes éléments fraichement embauchés seraient plus apte et capable que lui. Pourtant, le conseil n'en démord pas et Adam finira par accepter cette "nomination" de la part de ses camarades : Désormais, il pourra prendre sur son temps de travail plusieurs heures par semaines pour étudier et préparer son futur examen. Le syndicat s'assurera que sa paye lui soit intégralement versée même lorsqu'il sera en étude ou entrain de passer les différents examens. Il aurait été impossible pour Adam il y a encore quelques années, de pouvoir faire cela. D'ici un an, Adam pourra très certainement occuper ces nouvelles fonctions en tant que chef de brigade, assumant un rôle délicat et difficile. Au Westrait, il est bien plus compliqué d'être un "administrateur" que d'être un "administré", car les critiques de ces derniers peuvent pleuvoir à tout moment. Mais le dévouement au travail ainsi que politique de Adam, fera de lui très certainement un cadre compétent et écouté par tous et toutes. Seul le Westrait, qui a donné le pouvoir à la classe ouvrière, est capable aujourd'hui de permettre au contrôle ouvrier d'être plus qu'un simple instrument de démocratie de masse, mais d'être également le pivot de l'organisation sociale, politique et économique du futur, c'est à dire le communisme.[/quote][/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]GOOD TO SEE YOU FRIEND[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/TNecV0W.png[/img][/center]

[justify]Quand l'on demandait à Roger Lester pourquoi est-ce qu'il avait choisi d'être Commissaire du Peuple aux Affaires Étrangères, il répondait toujours qu'il n'avait jamais eu le moindre talent pour la diplomatie mais qu'il fallait que quelqu'un "s'y colle". Quand on lui disait qu'il s'en sortait assez bien, qu'il avait l'étoffe d'être un diplomate, il répondait alors qu'il n'était simplement qu'un militant socialiste et qu'il ne savait rien faire d'autre. A terme, il finira par dire que de toute façon il ne connait rien au langage diplomatique, à ses subtilités et qu'il n'arriverait même pas à placer décemment les pays qu'il a pu visiter sur une carte. Il fallait faire son job et comme toute personne venant d'un milieu populaire, on apprenait sur le tas. Son poste officiel comme Commissaire du Peuple aux Affaires Étrangères n'avaient changé en rien ses habitudes. Toujours dans la même tranche horaire, il sortait de son ministère pour aller manger au même endroit tous les midis, depuis maintenant plus de quinze ans. Rien de bien surprenant ici, surtout au Westrait où il n'existe pas un fossé énormes entre ceux qui dirigent et ceux qui sont techniquement dirigés. Le train de vie de Roger Lester n'avait quasiment pas changer depuis ses nouvelles responsabilités et son repas à midi était également toujours le même : Des œufs brouillés, des tranches de bacon et une salade. Ce jour là cependant, alors qu'il mangeait tout en consultant les pages du Westrait News, un serveur vint lui apporter une collation. Levant les yeux vers lui, Lester refusa poliment avant que le serveur n'insiste pour lui dire que cela lui était offert par la personne se trouvant au bar. Quittant définitivement des yeux le journal, le visage toujours sévère du Commissaire du Peuple sembla s'illuminer quand il s'aperçu qu'il s'agissait de son vieil ami Clyde Sellers, levant son verre vers sa direction. D'un geste de la main, Lester fit signe à ce dernier de venir s'installer à sa table. Lester et Sellers se connaissaient depuis plusieurs décennies maintenant, leur grande rivalité politique n'empêchait pas une solide et franche amitié qui se perpétue encore aujourd'hui.

ROGER LESTER | « Tu sais pourtant que je ne bois pas pendant mes fonctions... »

CLYDE SELLERS | « Au diable avec tes faux principes mon vieux, salud ! »

Les deux compères vidèrent leurs verres d'une traite.

ROGER LESTER | « Je suis content de te voir, que me vaut l'honneur de ta visite ? »

CLYDE SELLERS | « Je venais simplement prendre des nouvelles de l'homme que l'on pressent pour mettre Sharp à la porte et reprendre les rênes d'une organisation qui lui tient à cœur, plus que tout autre chose. »

ROGER LESTER | « Je t'arrête tout de suite, je refuse de parler politique pendant que je suis entrain de manger. »

CLYDE SELLERS | « Quel petit-bourgeois tu fais mon pauvre vieux ! »

Les deux amis se regardèrent un instant, avant d'éclater de rire comme deux adolescents se racontant des vannes.

ROGER LESTER | « Plus sérieusement... Plus sérieusement. Je n'ai pas cette prétention, je suis pour sauvegarder l'unité du Parti. Tu connais parfaitement ma position là dessus et nous avons montré à la droite qu'elle ne peut pas continuellement se réfugier dans le passé. Si jamais ils veulent provoquer une scission, cela sera de leur fait. Mais ils ne le feront pas, ils ont trop d'intérêts pour se fourvoyer là dedans. »

CLYDE SELLERS | « Si tu le dis, si tu le dis. Fais quand même attention avec ces vipères, on ne sait jamais réellement comment elles vont frapper. »

ROGER LESTER | « J'ai confiance dans mon Parti, comme toi dans le tiens. C'est comme ça que les choses marchent, non ? »

CLYDE SELLERS | « La confiance... La confiance n'exclut pas le contrôle, comme le disait ce bon vieux Lénine. Faîtes attention en tout cas, il est évident que Sharp et les siens ont dû battre en retraite, mais qu'ils ont toujours comme volonté de vouloir s'allier avec les centristes plutôt qu'avec les laborites et nous. Tu sais que cela fragilisera totalement notre assise actuelle au sein du gouvernement. »

ROGER LESTER | « Encore faut-il que le Farmer-Labor Party veuille bien suivre l'United Progressive Party là dedans, ce n'est pas encore une chose qui se réalise. Dédramatisons un peu tout cela, reprenons un verre plutôt. Il faut que je te parle de quelque chose. »

Sellers fit signe au serveur pour qu'il lui en remette deux.

CLYDE SELLERS | « Tu redeviens sérieux tout d'un coup... C'est grave ? »

Lester pris le verre que venait de déposer le serveur et fixa le liquide à l'intérieur, avant d'en boire une gorgée et reposer son verre.

ROGER LESTER | « Je ne sais pas trop comment le prendre. Tu connais Roy non ? Roy Baxter, évidemment. »

CLYDE SELLERS | « Baxter, Baxter... Ah oui, le petit avec les chemises à manches courtes là ? Je ne l'ai jamais rencontré personnellement, mais tu m'avais dis que tu avais entièrement confiance en lui, non ? »

ROGER LESTER | « Peut-être que j'ai surestimé le bonhomme. Il s'est déplacé au Caskar il y a peu, afin de faire les courbettes habituelles, traité avec le pays en question, trouver des arrangements diplomatiques, politiques, économiques. Il a bien travaillé, il a dû faire forte impression en tout cas parce qu'il est revenu avec un traité assez solide et... [Lester marqua une pause] »

CLYDE SELLERS | « Et ? [Fit Sellers, intrigué] »

ROGER LESTER | « Comment dire... Baxter a tellement fait bien son boulot qu'il a fait plus que conclure simplement un bon traité. »

Sellers ne dit rien, ne comprenant pas où son interlocuteur voulait en venir.

ROGER LESTER | « Cet illustre individu représentant le Westrait doit également penser que le missionnaire ou la levrette doit se trouver dans l'arsenal diplomatique de notre pays. »

Sellers recracha son verre en manquant de s'étouffer, en entendant ce que venait de lui dire son ami. Incrédule, il laissa quelques secondes avant de reprendre.

CLYDE SELLERS | « Stop, stop, stop. T'es entrain de me dire que le numéro deux de la diplomatie westraite s'est... enfin il a dit... »

ROGER LESTER | « Pas la peine de bafouiller en tojik hein. Il a eu le beurre, l'argent du beurre... »

CLYDE SELLERS | « ... et le cul de la caskare ? »

Ils tentèrent de se retenir d'éclater de rire, couvrant autant que possible leurs rires qu'ils arrivaient de moins en moins à maitriser.

CLYDE SELLERS | « Roger rigole pas, rigole pas, pense à la tête que va faire Reed quand tu vas devoir lui dire ce qui s'est passé. »

ROGER LESTER | « Je dois lui dire cette après-midi en plus. Je pense qu'il va déglutir et peut-être me demander si je ne suis pas complètement timbré. Au pire je me fais virer de mon poste de Commissaire du Peuple, au pire Baxter va se faire virer. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? »

CLYDE SELLERS | « Mais tu ne m'as pas dis, c'était qui son interlocutrice ? »

ROGER LESTER | « Astrid Kourt-chen-kos [Il décomposa le nom, sans doute difficile à prononcer pour lui d'une traite], qui doit être quelque chose comme numéro ou trois, membre du gouvernement provisoire du pays. Enfin j'ai pas trop pigé ce qu'il m'a raconté, je crois que lui-même ne sait pas réellement où est-ce qu'il en est, ni même si il se rend compte de l'impact diplomatique de sa connerie. »

CLYDE SELLERS | « C'est une histoire de dingue ce que tu me racontes là. Comment est-ce que tout ça va se finir à ton avis ? »

ROGER LESTER | « Si seulement je le savais mon vieux, si seulement... [Lester regarda l'heure et se dépêcha de terminer] Il faut que j'y aille, j'veux pas faire attendre Reed. Je te dirai comment est-ce qu'il a réagit quand je lui dirai ce qui s'est passé. »

CLYDE SELLERS | « Essayes d'être détendu, ça se passera bien. Ah au fait, j'ai déjà réglé pour les boissons et pour ta bouffe. »

ROGER LESTER | « Merci Clyde, à charge de revanche. »

Après s'être salué, Sellers resta seul et pris le journal qu'avait laissé en plan Lester, se plongeant dedans.

CLYDE SELLERS | « Quelle histoire, mais quelle histoire. Quelle histoire de merde... » [/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[bod]GRAND SPRING CLEANING[/bod]

[center][img]https://i.imgur.com/6PejGHf.png[/img][/center]

[justify]Le "Baxtergate" comme on le nommait au Westrait, semblait être arrivé à un point de non-retour. Les différentes révélations qui s'étaient mués en scandale politique, minait grandement les réputation du pays sur la scène internationale. Pour le moment assez limité, il fallait mettre un terme à la crise avant qu'elle ne s'étendre de trop. C'est pour cela que le Secrétaire Général du Conseil des Commissaires du Peuple Douglas Reed avait fait venir dans son bureau, à la fois Roy Baxter ainsi que son supérieur, le Commissaire du Peuple aux Affaires Étrangères Roger Lester. Pour sortir du "Baxtergate", il fallait trancher dans le vif. Une situation pour le moins compliqué, à quelques mois des élections. Une aubaine pour tout le monde, mais surtout pas pour Douglas Reed. Alors que les problèmes s'accumulaient, il semblait nécessaire de d'abord faire front à l'intérieur avant de s'occuper des problèmes extérieurs. Dans le bureau du Secrétaire Général, l'ambiance était pesante comme on peut aisément s'en douter, devant une telle histoire.

DOUGLAS REED | « J'y ai réfléchi longuement. Il faut prendre une décision. Si je vous ai fait venir ici, vous vous doutez bien que cela est de la plus haute importance. Nous pouvons retourner le problème dans tous les sens, nous arrivons toujours au même point : Il y a trop de responsabilité engagé pour simplement taper sur les doigts et faire comme si rien ne s'était passé. Vous me comprenez, citoyen Baxter ? »

Roy Baxter était livide, presque entrain de se décomposer.

ROY BAXTER | « Oui, oui évidemment. Mais... Mais qu'est-ce que cela veut dire ? »

DOUGLAS REED | « Qu'il va falloir que l'on se passe de vos services, tout simplement. »

Nouveau silence.

ROGER LESTER | « En gros, cela veut dire que tu es responsable de tes actes et qu'il n'est pas possible de garder au sein du Commissariat du Peuple aux Affaires Étrangères, quelqu'un qui a commis une faute grave. Car c'est une faute, nous avons rigolé avec cette histoire et nous avons mal agit, moi en premier d'ailleurs. »

ROY BAXTER | « Je... Je comprends. »

DOUGLAS REED | « Tout a changé quand dans l'équation, s'est rajouté la naissance d'un enfant. Cela change absolument tout. Que votre attitude ait été discutable est une chose, le fait que cette attitude entraîne des complications diplomatiques et dynastiques avec un pays s'en est une autre ! Il y a des choses que nous ne pouvons pas ignorer, sinon ce serait la porte ouverte à tout et n'importe quoi. »

ROY BAXTER | « Je suis pleinement responsable de mes erreurs, bien que je continue à défendre le fait que... »

DOUGLAS REED | « [Il l'interrompt] Il suffit de vos excuses ! Nous les avons assez entendu, elles ne sont pas convaincantes. Citoyen Baxter, vous êtes officiellement relevé de vos fonctions comme Premier-Adjoint au Commissariat du Peuple aux Affaires Étrangères avec effet immédiat. Aucun recours n'est possible, vous l'aurez compris. Maintenant, pensez à vos obligations. »

ROY BAXTER | « Mes obligations ? De quoi ? »

DOUGLAS REED | « Être un père. »

Baxter faillit s'évanouir suite à ces trois mots et manque de faire la culbute sur sa chaise, rattrapé in extremis par son voisin.

ROGER LESTER | « Roy, est-ce que ça va ? »

ROY BAXTER | « O...O... Oui, m... merci. »

DOUGLAS REED | « Une objection de votre part ? »

ROY BAXTER | « S... Si, je re... refuse ? »

DOUGLAS REED | « Si vous refusez d'être un père pour votre enfant ? J'vous ferai fusiller pour crime contre-révolutionnaire, atteinte à la sureté de l'État, abus de sa position d'officielle de la République Démocratique de Westrait... »

ROGER LESTER | « C'est bon Douglas, je pense que le Citoyen Baxter a compris. »

DOUGLAS REED | « Vous non, apparemment. [Dit-il sèchement à son interlocuteur] »

ROY BAXTER | « J'ai... J'ai besoin de réfléchir. Je vais vous laisser... »

DOUGLAS REED | « Oui, très bonne idée ! Maintenant que vos fonctions officielles sont terminées, vous allez pouvoir prendre des vacances. J'ai entendu dire que le Caskar était une bonne destination pour y fonder une famille. »

ROGER LESTER | « Prenez soin de vous Baxter. »

Sans rien ajouter, Roy Baxter se traina jusqu'à la porte la mine basse, avant de disparaître. Dans la pièce, restait seulement Baxter et Reed. Un nouveau silence s'installa quelques instants, tandis que Reed jetait quelques mots sur du papier.

DOUGLAS REED | « Citoyen Lester, vous êtes encore là ? Que puis-je donc pour vous ? »

ROGER LESTER | « Tu as été dur avec lui Douglas quand même. Menacer un type de se faire fusiller pour ça, c'est quand même un peu beaucoup. Tu n'avais pas besoin d'en arriver à cette extrémité là. »

DOUGLAS REED | « Il fallait peut-être que je lui prenne la main et que je lui fasse des bisous pour lui expliquer ce qu'il a fait ? Vous êtes trop sentimental Citoyen Lester, cela vous perdra. »

ROGER LESTER | « Depuis quand on se parle comme deux inconnus Douglas ? Depuis quand on se fait des ronds de jambes et des politesses comme ça ? Qu'est-ce qui se passe ? »

Reed posa son stylo en soupirant.

DOUGLAS REED | « La décence aurait voulu que vous présentiez également votre démission, Citoyen Lester. »

Lester resta interdit un moment, sous le choc de cette déclaration.

ROGER LESTER | « Pardon ? Et sous quel motif ? »

DOUGLAS REED | « Ne soyez pas bête s'il vous plait. Vous êtes responsable de la formation et de la bonne tenue de notre Commissariat du Peuple. Vous avez faillit, la décence aurait voulu que vous donniez votre démission en signe de bonne foi et de volonté d'accepter vos erreurs. »

ROGER LESTER | « La décence ? Qu'est-ce que la décence vient faire là dedans ? Tu te fous de ma gueule Douglas. »

DOUGLAS REED | « Restons poli. »

Lester frappa du poing sur la table, passant de calme à énervé en un petit instant.

ROGER LESTER | « Arrête de te foutre de ma gueule Reed. Arrête tout de suite ce petit jeu avec moi. Tu vas faire quoi si je refuse, tu vas aussi me juger pour crime contre-révolutionnaire ? T'as totalement pété les plombs. Dis moi ce qui se passe, pourquoi tu demandes subitement mon renvoi ? Car c'est toi qui l'exige, moi je n'ai rien à me reprocher. On n'a jamais vu un Commissaire du Peuple se faire virer parce qu'un de ses subordonnés à fait n'importe quoi, aussi grave cela peut-il être ! Non, il y a autre chose. Tu ne me dis pas tout. »

Silence.

ROGER LESTER | « Ah! J'y suis ça y est! C'est ton grand ami Wayne Sharp qui t'as demandé ça en fait. »

DOUGLAS REED | « Arrêtes toi tout de suite Roger. »

ROGER LESTER | « Tiens, on laisse de côté sa décence pour la familiarité subitement ? Allez, dis moi tout. C'est cette vieille vipère de Sharp qui t'as demandé ça hein, d'éliminer un gêneur au sein du gouvernement pour pouvoir le pouvoir au sein de son propre Parti, pour ensuite le virer pour fautes graves. C'est ça Douglas ? Regarde moi. Lester frappa à nouveau sur la table J'ai dis regarde moi. »

Duel de regard entre les deux hommes. L'air grave de Reed contre la mine surprise de Lester.

ROGER LESTER | « C'est minable, même venant de ta part tu sais. Vraiment, que tu sois amis avec un de mes adversaires politiques dans mon organisation ne me dérange pas. Mais que tu puisses permettre à cette vipère de m'atteindre à travers cette affaire, c'est minable, c'est pathétique... C'est contre-révolutionnaire comme attitude. »

DOUGLAS REED | « Tu racontes n'importe quoi Roger, tu divagues complètement. »

ROGER LESTER | « Tu ne m'as pas contredit jusqu'à présent, c'est donc que j'ai vu juste. »

DOUGLAS REED | « Je n'ai pas à contredire des choses qui sont fausses et dénoués de fondements. »

Excédé, Roger Lester se leva et fit valdinguer sa chaise d'un côté de la pièce, avant de pointer du doigt Reed, qui se leva à son tour, surpris par la violence de son vis à vis.

ROGER LESTER | « Écoutes moi attentivement. Ton attitude est juste intolérable. Commences oses-tu me faire ça à moi, comment ! Qu'est-ce que je t'ai fais bon sang ! Tu te souviens en 34 Douglas ? Tu te souviens quand tu es venu me supplier de t'aider ? Est-ce que je t'ai envoyé chier ? Jamais ! J'ai toujours été là pour toi, je ne t'ai même jamais demandé de faveur en retour. Mais là, vraiment... C'est inimaginable ce que tu viens de faire. Allez, tu as gagné. Je n'ai pas la force de me battre contre une personne que je considérais il y a encore quelques instants, comme un proche compagnon de route. Tout ça pour faire plaisir à Sharp. Mais Sharp va t'avoir, tu peux en être certain. Tu n'es rien d'autre qu'un petit-bourgeois rongé par son libéralisme Citoyen Reed. Rien de plus, rien de moins. Considérez que je n'ai plus rien à faire dans ce gouvernement, dirigé par un félon. Vous l'avez, votre foutu démission. »

Sans prendre la peine d'écouter ce que Reed avait à lui dire, Lester tourna les talons et s'en alla en claquant la porte. Désormais seul, Reed laissa éclater sa propre colère en retournant la table qui se trouvait en face de lui. C'était une triste journée pour le gouvernement westrait, qui voyait son unité indéfectible depuis son élection voler en éclat à quelques mois des élections.

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