Life in Westrait | La vie au Westrait
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Viktor Troska
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Viktor Troska
[bod]THE BEGINNING[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/EFQe5uA.png[/img][/center]
[justify][quote]Le Westrait a une longue tradition de lutte politique et syndicale. C'est un pays qui a été et qui est encore de tradition minière, avec une classe ouvrière fortement combative et très bien représenté politiquement et syndicalement. Dans son histoire récente, le début du XXème Siècle a été marqué par ce que l'on appel les « Coal Wars », une série de grèves et d'affrontements armés entre les mineurs d'un côté et l'armée et les forces de l'ordre de l'autre qui ont conduit à des morts et écrit les pages les plus sanglantes de la guerre de classe au Westrait. C'est un énième conflit au sujet de la gestion des mines et la volonté de les privatiser qui a conduit à la « Great Miner's Strike » de 2029/2030, qui a ensuite débouché sur l'affrontement sanglant qui sonnera le début de la guerre civile révolutionnaire. Il faut pour bien comprendre la situation, expliquer brièvement la situation politique car il est impossible de comprendre les évènements qui ont bouleversés le Westrait sans parler du contexte. En 2027, le très progressiste Edwin Jacobson est élu Président du Westrait avec plus de 65% des suffrages en sa faveur. Non affilié politiquement, il est soutenu par l'ensemble de la gauche et de l'extrême-gauche qui voit en lui une possibilité de mettre un terme à plus de trente années de succession politique entre le Parti Démocrate et le Parti Républicain qui n'ont cessé de dé-tricoter une grande partie des conquis sociaux et mener des politiques d'austérité budgétaire assez forte. Mais ce que Jacobson ne sait pas, c'est qu'il a en face de lui de puissants adversaires qui supportent assez mal son élection et son accession au pouvoir. Une coalition regroupant des hommes d'affaires, des conservateurs, des réactionnaires ainsi que des éléments de l'Armée Nationale Westrait se rencontrent à plusieurs reprises et souhaitent mettre un terme à cette "expérience" qui ne leur sied guère.
Il faudra attendre la fin de l'année 2028 pour que ce plan arrive à ses fins : Edwin Jacobson est tué dans une fausse attaque terroriste attribué à des groupuscules d'extrême-droite et après un flottement de plusieurs jours, c'est finalement un haut-gradé du nom de Warren Richmond qui s'empare du pouvoir, assurant maintenir la stabilité du pays jusqu'à de prochaines élections. De violentes manifestations voient alors le jour, mené principalement par les partis socialistes et révolutionnaires, ne reconnaissant pas Warren Richmond comme légitime. Les manifestations sont réprimées avec fermeté et un sondage d'opinion crédite même Warren Richmond d'une assez bonne cote de popularité. Alors, il décide de s'attaquer au début de l'année 2029 au gros morceau, c'est à dire aux mines ainsi qu'aux mineurs. Une longue et intense campagne de dénigrement est lancé par de nombreux journaux et tabloïds, lançant des rumeurs infondés sur des financement occultes des syndicats de mineurs ainsi que sur le statut de "privilégiés" dont disposerait les mineurs. Cette attaque est double, elle vise à briser le syndicalisme Westrait très fort dans ce secteur industriel et de l'autre, de commencer à faire fermer des mines et à privatiser celles qui restent. Directement, les organisations syndicales de mineurs se mettent en branle et appellent l'IWW et la WFL à se joindre aux grèves et aux manifestations qui s'organisent. Le début du mouvement est pénible et l'opinion publique est même farouchement hostile à la grève : Plus de 70% des personnes jugent que ces grèves sont inutiles, pire qu'elles sont illégitimes. Le gouvernement Richmond décide alors, pensant profiter du peu de soutien aux grévistes, de s'attaquer brutalement à ces derniers. Des attaques contre les piquets de grèves et contre les grévistes et les manifestants se multiplient. Des commandos patronaux sont formés pour agresser physiquement des mineurs ou des membres de leurs familles. Lors de certaines manifestations, la police tire à balles réelles en l'air pour disperser la foule. Rien n'y fait, malgré la violence de la répression le mouvement tient bon. Pire, il arrive même à commencer à avoir un soutien de la part de la population et d'autres secteurs de la société !
Le gouvernement Richmond décide alors de s'attaquer directement aux syndicats de mineurs en leur coupant toute possibilité de financement et en gelant leurs avoirs, afin de les pousser à faire cesser le mouvement de grèves. Une incroyable solidarité se met alors en place, la population apportant de quoi manger aux mineurs et à leurs familles. De longues semaines passent, puis des mois. La grève s'installe pour de bon. Le gouvernement reste inflexible, les syndicats aussi. La violence monte d'un cran quand des étudiants et étudiantes sont chargés et frappés par une compagnie de gendarmerie : On dénombre plus d'une centaine de blessés, dont une dizaine gravement. Dans une mine du Nord surnommé la "Twin Springs", les forces de police brisent avec violence et dureté un piquet de grève, provoquant la colère des mineurs. Le lendemain, ces derniers barricadent l'accès à la mine et bloquent l'accès à la route. Mieux encore, ils commencent à s'armer de manière artisanale et tirent avec des lance-projectile de fortunes des explosifs sur les forces de police. Le gouvernement Richmond n'a plus le choix, il faut faire intervenir l'armée : Après plus d'une journée de combats, la mine est dégagée, plus d'une cinquantaine de mineurs sont arrêtés et envoyé en prison après un jugement expéditif. Le geste de trop ? L'opinion publique se retourne contre Richmond et son gouvernement et se fédère davantage avec les mineurs. Ces derniers, reprenant l'exemple de la "Twin Springs", commencent à ériger des barricades et à interdire l'accès aux mines, commençant une véritable guérilla contre les forces de l'ordre et les unités de l'armée envoyé en renfort. Dans le pays, les autres secteurs suivent et une grève paralyse les transports sur terre, sur rail, par mer et dans les airs, bloquant les forces de l'armée incapable de pouvoir se rendre aux zones à "dégager". Richmond propose alors aux syndicats de négociés : L'IWW refuse, les syndicats de mineurs aussi. Seul la WFL hésite quelques temps, mais fini par se raviser suite à la pression exercé par la base de ses militants.
Richmond perd patience et menace d'utiliser la force et tout les moyens nécessaires pour faire cesser cette "prise d'otage nationale" comme il le déclarera plusieurs fois. Ces menaces seront sans effet, car la grève générale des mineurs commence à se répandre partout, dans d'autres zones de travail, dans l'éducation, dans d'autres industries. Au début de l'année 2030, ce sont les dockers qui se mettent à leur tour en grève générale illimité. Richmond tente de faire débloquer les ports par la force et fini par y parvenir... Au prix d'un mort, un jeune docker de 24 ans abattu d'une balle en pleine tête par un tireur d'élite. Le mal alors, est fait. Le pays s'embrase suite à cette mort et tient le gouvernement pour responsable, la démission de Richmond est même évoqué par la plupart des partis politiques qui ne peuvent plus soutenir sa politique. Richmond refuse de quitter le pouvoir et le 12 Février 2030, il promulgue la loi martiale dans tout le Westrait. Les rafles d'opposants commencent, les affrontements prennent de l'ampleur dans le pays et de nombreux morts s'ajoutent à la liste. Le 24 Février, des mineurs attaquent à l'aide d'explosifs une colonne de l'armée venu pour les rafler. La guerre civile venait officiellement de commencer...[/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/EFQe5uA.png[/img][/center]
[justify][quote]Le Westrait a une longue tradition de lutte politique et syndicale. C'est un pays qui a été et qui est encore de tradition minière, avec une classe ouvrière fortement combative et très bien représenté politiquement et syndicalement. Dans son histoire récente, le début du XXème Siècle a été marqué par ce que l'on appel les « Coal Wars », une série de grèves et d'affrontements armés entre les mineurs d'un côté et l'armée et les forces de l'ordre de l'autre qui ont conduit à des morts et écrit les pages les plus sanglantes de la guerre de classe au Westrait. C'est un énième conflit au sujet de la gestion des mines et la volonté de les privatiser qui a conduit à la « Great Miner's Strike » de 2029/2030, qui a ensuite débouché sur l'affrontement sanglant qui sonnera le début de la guerre civile révolutionnaire. Il faut pour bien comprendre la situation, expliquer brièvement la situation politique car il est impossible de comprendre les évènements qui ont bouleversés le Westrait sans parler du contexte. En 2027, le très progressiste Edwin Jacobson est élu Président du Westrait avec plus de 65% des suffrages en sa faveur. Non affilié politiquement, il est soutenu par l'ensemble de la gauche et de l'extrême-gauche qui voit en lui une possibilité de mettre un terme à plus de trente années de succession politique entre le Parti Démocrate et le Parti Républicain qui n'ont cessé de dé-tricoter une grande partie des conquis sociaux et mener des politiques d'austérité budgétaire assez forte. Mais ce que Jacobson ne sait pas, c'est qu'il a en face de lui de puissants adversaires qui supportent assez mal son élection et son accession au pouvoir. Une coalition regroupant des hommes d'affaires, des conservateurs, des réactionnaires ainsi que des éléments de l'Armée Nationale Westrait se rencontrent à plusieurs reprises et souhaitent mettre un terme à cette "expérience" qui ne leur sied guère.
Il faudra attendre la fin de l'année 2028 pour que ce plan arrive à ses fins : Edwin Jacobson est tué dans une fausse attaque terroriste attribué à des groupuscules d'extrême-droite et après un flottement de plusieurs jours, c'est finalement un haut-gradé du nom de Warren Richmond qui s'empare du pouvoir, assurant maintenir la stabilité du pays jusqu'à de prochaines élections. De violentes manifestations voient alors le jour, mené principalement par les partis socialistes et révolutionnaires, ne reconnaissant pas Warren Richmond comme légitime. Les manifestations sont réprimées avec fermeté et un sondage d'opinion crédite même Warren Richmond d'une assez bonne cote de popularité. Alors, il décide de s'attaquer au début de l'année 2029 au gros morceau, c'est à dire aux mines ainsi qu'aux mineurs. Une longue et intense campagne de dénigrement est lancé par de nombreux journaux et tabloïds, lançant des rumeurs infondés sur des financement occultes des syndicats de mineurs ainsi que sur le statut de "privilégiés" dont disposerait les mineurs. Cette attaque est double, elle vise à briser le syndicalisme Westrait très fort dans ce secteur industriel et de l'autre, de commencer à faire fermer des mines et à privatiser celles qui restent. Directement, les organisations syndicales de mineurs se mettent en branle et appellent l'IWW et la WFL à se joindre aux grèves et aux manifestations qui s'organisent. Le début du mouvement est pénible et l'opinion publique est même farouchement hostile à la grève : Plus de 70% des personnes jugent que ces grèves sont inutiles, pire qu'elles sont illégitimes. Le gouvernement Richmond décide alors, pensant profiter du peu de soutien aux grévistes, de s'attaquer brutalement à ces derniers. Des attaques contre les piquets de grèves et contre les grévistes et les manifestants se multiplient. Des commandos patronaux sont formés pour agresser physiquement des mineurs ou des membres de leurs familles. Lors de certaines manifestations, la police tire à balles réelles en l'air pour disperser la foule. Rien n'y fait, malgré la violence de la répression le mouvement tient bon. Pire, il arrive même à commencer à avoir un soutien de la part de la population et d'autres secteurs de la société !
Le gouvernement Richmond décide alors de s'attaquer directement aux syndicats de mineurs en leur coupant toute possibilité de financement et en gelant leurs avoirs, afin de les pousser à faire cesser le mouvement de grèves. Une incroyable solidarité se met alors en place, la population apportant de quoi manger aux mineurs et à leurs familles. De longues semaines passent, puis des mois. La grève s'installe pour de bon. Le gouvernement reste inflexible, les syndicats aussi. La violence monte d'un cran quand des étudiants et étudiantes sont chargés et frappés par une compagnie de gendarmerie : On dénombre plus d'une centaine de blessés, dont une dizaine gravement. Dans une mine du Nord surnommé la "Twin Springs", les forces de police brisent avec violence et dureté un piquet de grève, provoquant la colère des mineurs. Le lendemain, ces derniers barricadent l'accès à la mine et bloquent l'accès à la route. Mieux encore, ils commencent à s'armer de manière artisanale et tirent avec des lance-projectile de fortunes des explosifs sur les forces de police. Le gouvernement Richmond n'a plus le choix, il faut faire intervenir l'armée : Après plus d'une journée de combats, la mine est dégagée, plus d'une cinquantaine de mineurs sont arrêtés et envoyé en prison après un jugement expéditif. Le geste de trop ? L'opinion publique se retourne contre Richmond et son gouvernement et se fédère davantage avec les mineurs. Ces derniers, reprenant l'exemple de la "Twin Springs", commencent à ériger des barricades et à interdire l'accès aux mines, commençant une véritable guérilla contre les forces de l'ordre et les unités de l'armée envoyé en renfort. Dans le pays, les autres secteurs suivent et une grève paralyse les transports sur terre, sur rail, par mer et dans les airs, bloquant les forces de l'armée incapable de pouvoir se rendre aux zones à "dégager". Richmond propose alors aux syndicats de négociés : L'IWW refuse, les syndicats de mineurs aussi. Seul la WFL hésite quelques temps, mais fini par se raviser suite à la pression exercé par la base de ses militants.
Richmond perd patience et menace d'utiliser la force et tout les moyens nécessaires pour faire cesser cette "prise d'otage nationale" comme il le déclarera plusieurs fois. Ces menaces seront sans effet, car la grève générale des mineurs commence à se répandre partout, dans d'autres zones de travail, dans l'éducation, dans d'autres industries. Au début de l'année 2030, ce sont les dockers qui se mettent à leur tour en grève générale illimité. Richmond tente de faire débloquer les ports par la force et fini par y parvenir... Au prix d'un mort, un jeune docker de 24 ans abattu d'une balle en pleine tête par un tireur d'élite. Le mal alors, est fait. Le pays s'embrase suite à cette mort et tient le gouvernement pour responsable, la démission de Richmond est même évoqué par la plupart des partis politiques qui ne peuvent plus soutenir sa politique. Richmond refuse de quitter le pouvoir et le 12 Février 2030, il promulgue la loi martiale dans tout le Westrait. Les rafles d'opposants commencent, les affrontements prennent de l'ampleur dans le pays et de nombreux morts s'ajoutent à la liste. Le 24 Février, des mineurs attaquent à l'aide d'explosifs une colonne de l'armée venu pour les rafler. La guerre civile venait officiellement de commencer...[/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]THE STORY BEHIND THE ARMY'S POLITICAL DEPARTMENT[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/frd3B0l.png[/img]
Emblème du Département Politique de l'Armée[/center]
[justify][quote]Il est indéniable pour de nombreux observateurs que la victoire dans la guerre civile révolutionnaire n'a pu être obtenu que grâce à l'organisation et la structuration de la Republican Liberation Army, c'est à dire un saut qualitatif entre les différents groupes et organisations militaires (Milices, Colonnes Volantes, Détachement de Partisans, etc) qui ont décidé afin de vaincre leur adversaire, de s'unir pour se doter d'une armée capable d'affronter des soldats entraînés. Sur un plan strictement militaire, la Republican Liberation Army a été capable de fournir des unités et un commandement efficace qui n'existait que peu ou pas jusqu'alors. Mais c'est surtout sur le plan politique et idéologique que la Republican Liberation Army a démontré qu'elle était une armée nouvelle, une armée supérieure, une armée révolutionnaire. Car au moment du déclenchement de la guerre civile, une infime minorité d'officiers acceptent de rejoindre le camp révolutionnaire et de servir de cadres dans différents groupes armés. Ce qui forme aujourd'hui le People's Officier Corps provient d'un grand nombre de combattants et combattantes qui sont devenus des cadres expérimentés et qui ont été promu dans le feu de la guerre civile, afin de palier le manque d'officiers et de cadres qui se trouvaient dans le camp adversaire. Le facteur idéologique et politique a dès lors joué un rôle important, puisqu'il s'agissait de mener une guerre révolutionnaire et non pas simplement une guerre traditionnelle, du moins qui visait purement et simplement à annihiler l'adversaire sans considération politique ou idéologique derrière cette manœuvre. Assez tardivement donc s'est crée ce que l'on nomme aujourd'hui encore l'Army's Political Departement, une structure responsable de veiller sur les décisions militaires, l'organisation de l'agitation et la propagande au sein des unités et également de maintenir la discipline par des moyens étendues. Des Military Councils ont été crée avec à leurs têtes une direction collective de plusieurs Political Commissars qui avaient pour tâche de relayer et d'appliquer les décisions de l'Army's Political Departement au sein du tout récent People's Officier Corps. Outre cet aspect d'encadrement du politique par le militaire, c'est surtout d'un point de vue idéologique que l'Army's Political Departement a joué et continue de jouer un rôle important : Sans conscience politique claire, un soldat n'est qu'un assassin en puissance, il faut donc éduquer les soldats de l'armée révolutionnaire à se comporter comme des révolutionnaires et non pas comme une bande armée quelconque. Des règles très strictes ont été édictés concernant l'attitude des soldats de la Republican Liberation Army vis à vis de la population, ce qu'ils devaient faire et ne devaient pas faire. Si ces règles étaient trahis, le ou les soldats responsable étaient le plus souvent passible du tribunal militaire et de la mort. Les règles qui furent mises en application visaient avant tout à gagner le "cœur et les esprits" de la population notamment en montrant que la vertu révolutionnaire d'un soldat de la Republican Liberation Army allait annoncer un changement radical pour le Westrait. Il était par exemple interdit de piller des habitations, de voler des habitants et des familles, il fallait acheter ce qui était nécessaire et si il était logé chez un habitant, le soldat de la Republican Liberation Army devait faire son possible pour laisser l'endroit tel qu'il l'a trouvé à son départ.
L'établissement de nombreux Political Commissars dans tout les échelons de la récente Republican Liberation Army a porté ses fruits puisque le niveau idéologique et politique d'une grande partie des soldats s'est rapidement amélioré, les causes et les enjeux du combat révolutionnaire au Westrait étant massivement diffusé et connu par tous et toutes. A la fin de la guerre civile, l'Army's Political Departement a faillit être dissoute puisque ses objectifs semblaient avoir été accompli... C'était là le souhait d'un certains nombres de partis qui étaient opposé à une trop grande politisation de la Republican Liberation Army : En effet, tant l'Army's Political Departement que l'établissement des Political Commissars avait été impulsé sous direction des communistes Westrait. Pour ses opposants idéologiques, sa main-mise sur la Republican Liberation Army et ses pendants politico-idéologique représentait une menace qui pourrait conduire à l'utilisation de la Republican Liberation Army contre les opposants du Westrait Communist Party. Pourtant, cette crainte ne s'est pas matérialisée. Aujourd'hui donc, le rôle de l'Army's Political Departement est avant tout de maintenir une stricte discipline idéologique au sein de la Republican Liberation Army et de promouvoir les valeurs révolutionnaires que portent le nouveau Westrait. Peu de temps avant la fin de la guerre civile, chaque unité de la Republican Liberation Army comprenait une section d'agit-prop qui s'occupait constamment et dès que cela était possible, de fournir un cadre propice aux discussions d'ordres politiques et idéologiques. Qui plus est, son rôle est d'autant plus important aujourd'hui au moment où la Republican Liberation Army participe à la reconstruction du Westrait et se mêle une fois de plus à la population. La plus grande peur des instances politiques et donc militaires, serait que le lien qui uni les Westrait avec la RLA ne se rompe et que d'armée populaire, la RLA ne devienne une armée de prétoriens qui ne se soucient guère de l'intérêt des masses. C'est pour cela que le People's Officier Corps pousse les officiers à partager du temps avec leurs soldats, de vivre parmi eux et de s'imprégner de leurs quotidiens. Il en est de même vis à vis de la population. Derrière cette orientation politique, plane l'ombre de l'Army's Political Departement. Il dispose aujourd'hui encore de très nombreux adversaires, qui ne cessent de clamer qu'il n'a plus aucune utilité aujourd'hui et qu'il faut dépolitiser au plus vite la Republican Liberation Army afin qu'elle ne soutienne pas tel ou tel parti ou faction au sein du gouvernement, donc préserver l'unité. Ceux et celles qui soutiennent l'Army's Political Departement soutiennent une position inverse, considérant que la dépolitisation de la Republican Liberation Army conduirait justement à la rendre docile à l'appareil d'État, donc au jeu des alliances politiques et non plus aux masses... Quoi qu'il en soit, la prochaine réforme de la Republican Liberation Army ne prévoit en aucun cas la dissolution de l'Army's Political Departement mais plutôt son renforcement, ce qui semble donc avoir signifier qu'elle a encore de beaux jours devant elle.[/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/frd3B0l.png[/img]
Emblème du Département Politique de l'Armée[/center]
[justify][quote]Il est indéniable pour de nombreux observateurs que la victoire dans la guerre civile révolutionnaire n'a pu être obtenu que grâce à l'organisation et la structuration de la Republican Liberation Army, c'est à dire un saut qualitatif entre les différents groupes et organisations militaires (Milices, Colonnes Volantes, Détachement de Partisans, etc) qui ont décidé afin de vaincre leur adversaire, de s'unir pour se doter d'une armée capable d'affronter des soldats entraînés. Sur un plan strictement militaire, la Republican Liberation Army a été capable de fournir des unités et un commandement efficace qui n'existait que peu ou pas jusqu'alors. Mais c'est surtout sur le plan politique et idéologique que la Republican Liberation Army a démontré qu'elle était une armée nouvelle, une armée supérieure, une armée révolutionnaire. Car au moment du déclenchement de la guerre civile, une infime minorité d'officiers acceptent de rejoindre le camp révolutionnaire et de servir de cadres dans différents groupes armés. Ce qui forme aujourd'hui le People's Officier Corps provient d'un grand nombre de combattants et combattantes qui sont devenus des cadres expérimentés et qui ont été promu dans le feu de la guerre civile, afin de palier le manque d'officiers et de cadres qui se trouvaient dans le camp adversaire. Le facteur idéologique et politique a dès lors joué un rôle important, puisqu'il s'agissait de mener une guerre révolutionnaire et non pas simplement une guerre traditionnelle, du moins qui visait purement et simplement à annihiler l'adversaire sans considération politique ou idéologique derrière cette manœuvre. Assez tardivement donc s'est crée ce que l'on nomme aujourd'hui encore l'Army's Political Departement, une structure responsable de veiller sur les décisions militaires, l'organisation de l'agitation et la propagande au sein des unités et également de maintenir la discipline par des moyens étendues. Des Military Councils ont été crée avec à leurs têtes une direction collective de plusieurs Political Commissars qui avaient pour tâche de relayer et d'appliquer les décisions de l'Army's Political Departement au sein du tout récent People's Officier Corps. Outre cet aspect d'encadrement du politique par le militaire, c'est surtout d'un point de vue idéologique que l'Army's Political Departement a joué et continue de jouer un rôle important : Sans conscience politique claire, un soldat n'est qu'un assassin en puissance, il faut donc éduquer les soldats de l'armée révolutionnaire à se comporter comme des révolutionnaires et non pas comme une bande armée quelconque. Des règles très strictes ont été édictés concernant l'attitude des soldats de la Republican Liberation Army vis à vis de la population, ce qu'ils devaient faire et ne devaient pas faire. Si ces règles étaient trahis, le ou les soldats responsable étaient le plus souvent passible du tribunal militaire et de la mort. Les règles qui furent mises en application visaient avant tout à gagner le "cœur et les esprits" de la population notamment en montrant que la vertu révolutionnaire d'un soldat de la Republican Liberation Army allait annoncer un changement radical pour le Westrait. Il était par exemple interdit de piller des habitations, de voler des habitants et des familles, il fallait acheter ce qui était nécessaire et si il était logé chez un habitant, le soldat de la Republican Liberation Army devait faire son possible pour laisser l'endroit tel qu'il l'a trouvé à son départ.
L'établissement de nombreux Political Commissars dans tout les échelons de la récente Republican Liberation Army a porté ses fruits puisque le niveau idéologique et politique d'une grande partie des soldats s'est rapidement amélioré, les causes et les enjeux du combat révolutionnaire au Westrait étant massivement diffusé et connu par tous et toutes. A la fin de la guerre civile, l'Army's Political Departement a faillit être dissoute puisque ses objectifs semblaient avoir été accompli... C'était là le souhait d'un certains nombres de partis qui étaient opposé à une trop grande politisation de la Republican Liberation Army : En effet, tant l'Army's Political Departement que l'établissement des Political Commissars avait été impulsé sous direction des communistes Westrait. Pour ses opposants idéologiques, sa main-mise sur la Republican Liberation Army et ses pendants politico-idéologique représentait une menace qui pourrait conduire à l'utilisation de la Republican Liberation Army contre les opposants du Westrait Communist Party. Pourtant, cette crainte ne s'est pas matérialisée. Aujourd'hui donc, le rôle de l'Army's Political Departement est avant tout de maintenir une stricte discipline idéologique au sein de la Republican Liberation Army et de promouvoir les valeurs révolutionnaires que portent le nouveau Westrait. Peu de temps avant la fin de la guerre civile, chaque unité de la Republican Liberation Army comprenait une section d'agit-prop qui s'occupait constamment et dès que cela était possible, de fournir un cadre propice aux discussions d'ordres politiques et idéologiques. Qui plus est, son rôle est d'autant plus important aujourd'hui au moment où la Republican Liberation Army participe à la reconstruction du Westrait et se mêle une fois de plus à la population. La plus grande peur des instances politiques et donc militaires, serait que le lien qui uni les Westrait avec la RLA ne se rompe et que d'armée populaire, la RLA ne devienne une armée de prétoriens qui ne se soucient guère de l'intérêt des masses. C'est pour cela que le People's Officier Corps pousse les officiers à partager du temps avec leurs soldats, de vivre parmi eux et de s'imprégner de leurs quotidiens. Il en est de même vis à vis de la population. Derrière cette orientation politique, plane l'ombre de l'Army's Political Departement. Il dispose aujourd'hui encore de très nombreux adversaires, qui ne cessent de clamer qu'il n'a plus aucune utilité aujourd'hui et qu'il faut dépolitiser au plus vite la Republican Liberation Army afin qu'elle ne soutienne pas tel ou tel parti ou faction au sein du gouvernement, donc préserver l'unité. Ceux et celles qui soutiennent l'Army's Political Departement soutiennent une position inverse, considérant que la dépolitisation de la Republican Liberation Army conduirait justement à la rendre docile à l'appareil d'État, donc au jeu des alliances politiques et non plus aux masses... Quoi qu'il en soit, la prochaine réforme de la Republican Liberation Army ne prévoit en aucun cas la dissolution de l'Army's Political Departement mais plutôt son renforcement, ce qui semble donc avoir signifier qu'elle a encore de beaux jours devant elle.[/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]WESTRAIT YOUTH[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/mxAoKRG.png[/img][/center]
[justify][quote]Acteur politique important, la jeunesse Westrait a joué un grand rôle dans le renversement du régime militaire et l'établissement de la République Démocratique de Westrait. Ce sont les organisations étudiantes ou lycéennes qui ont été les premiers foyers de contestation, avant que l'étincelle n'emporte la classe ouvrière et ne provoque un basculement total dans la guerre civile révolutionnaire. Aujourd'hui, il n'est pas possible de réellement pouvoir quantifier ses idées, envies et ses volontés. Consciente qu'il se passe des choses d'une grande importante au Westrait, elle reste coincée dans un problème d'essentialisation qui lui colle à la peau : En tant que catégorie spécifique, la "jeunesse" serait en opposition avec d'autres catégories de la population notamment les personnes plus vieilles comme leurs parents ou leurs grands-parents. Cette position viserait donc à opposer une "jeunesse" avec un certain dynamisme contre des personnes plus âgés qui seraient conservatrice et moins enclin au changement. Ce phénomène est très marquant au Westrait bien après la réussite de la révolution et continue de poser des questions importantes pour l'ensemble de la société. Cette jeunesse en elle-même d'ailleurs, refuse en bloc d'être catégorisé comme étant un élément passager, un stade particulier de la vie qu'il faudrait opposer à un autre. Il s'agit là d'éviter de tomber dans le piège de l'opposition factice générationnelle, afin d'évacuer toute question politique importante. Cela se ressent dans une brochure qui a circulé dans les milieux étudiants révolutionnaires il y a de nombreuses années et qui a été remise au goût du jour lors du début de la guerre civile, qui note que :
[quote][...] Après une longue période de sommeil léthargique et de contre-révolution permanente, s’esquisse, depuis quelques années, une nouvelle période de contestation dont la jeunesse semble être la porteuse. Mais la société du spectacle, dans la représentation qu’elle se fait d’elle-même et de ses ennemis, impose ses catégories idéologiques pour la compréhension du monde et de l’histoire. Elle ramène tout ce qui s’y passe à l’ordre naturel des choses, et enferme les véritables nouveautés qui annoncent son dépassement dans le cadre restreint de son illusoire nouveauté. La révolte de la jeunesse contre le mode de vie qu’on lui impose n’est, en réalité, que le signe avant-coureur d’une subversion plus vaste qui englobera l’ensemble de ceux qui éprouvent de plus en plus l’impossibilité de vivre, le prélude à la prochaine époque révolutionnaire. Seulement, l’idéologie dominante et ses organes quotidiens, selon des mécanismes éprouvés d’inversion de la réalité, ne peuvent que réduire ce mouvement historique réel à une pseudo-catégorie socio-naturelle : l’Idée de la Jeunesse (dont il serait dans l’essence d’être révoltée). Ainsi ramène-t-on une nouvelle jeunesse de la révolte à l’éternelle révolte de la jeunesse, renaissant à chaque génération pour s’estomper quand le « le jeune homme est pris par le sérieux de la production et par l’activité en vue des fins concrètes et véritables ». La « révolte des jeunes » a été et est encore l’objet d’une véritable inflation journalistique qui en fait le spectacle d’une « révolte » possible donnée à contempler pour empêcher qu’on la vive, la sphère aberrante – déjà intégrée – nécessaire au fonctionnement du système social ; cette révolte contre la société rassure la société parce qu’elle est censée rester partielle, dans l’apartheid des « problèmes » de la jeunesse – comme il y aurait des problèmes de la femme, ou un problème noir – et ne durer qu’une partie de la vie. En réalité, s’il y a un problème de la « jeunesse » dans la société moderne, c’est que la crise profonde de cette société est ressentie avec le plus d’acuité par la jeunesse. Produit par excellence de cette société moderne, elle est elle-même moderne, soit pour s’y intégrer sans réserves, soit pour la refuser radicalement. Ce qui doit surprendre, ce n’est pas tant que la jeunesse soit révoltée, mais que les « adultes » soient si résignés. Ceci n’a pas une explication mythologique, mais historique : la génération précédente a connu toutes les défaites et consommé tous les mensonges de la période de désagrégation honteuse du mouvement révolutionnaire.
Considérée en elle même, la « Jeunesse » est un mythe publicitaire déjà profondément lié au mode de production capitaliste, comme expression de son dynamisme. Cette illusoire primauté de la jeunesse est devenue possible avec le redémarrage de l’économie, après la Deuxième Guerre mondiale, par suite de l’entrée en masse sur le marché de toute une catégorie de consommateurs plus malléables, un rôle qui assure un brevet d’intégration à la société du spectacle. Mais l’explication dominante du monde se trouve de nouveau en contradiction avec la réalité socio-économique (car en retard sur elle) et c’est justement la jeunesse qui, la première, affirme une irrésistible fureur de vivre et s’insurge spontanément contre l’ennui quotidien et le temps mort que le vieux monde continue à secréter à travers ses différentes modernisations. La fraction révoltée de la jeunesse exprime le pur refus sans la conscience d’une perspective de dépassement, son refus nihiliste. Cette perspective se cherche et se constitue partout dans le monde. Il lui faut atteindre la cohérence de la critique théorique et l’organisation pratique de cette cohérence. [...] [url=https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=14]De la misère en milieu étudiant[/url][/quote]
Une fois ce constat fait, il est important de s'intéresser à des études de cas pour savoir comment et de quel façon la révolution est, a été et va être considéré par cette catégorie de la population. Est-ce qu'être acteur de tels bouleversements est un acte conscient et objectif, ou alors soumis à des facteurs largement subjectifs et personnels ? Il n'existe pas homogénéité dans une classe d'âge particulière, sinon cela serait faire revenir l'essentialisation dont il était déjà question et qu'il s'agit de combattre. Toute la jeunesse Westrait n'a pas participé à la révolution de la même façon... D'ailleurs, la question de savoir si elle a soutenue cette révolution en est une autre, une question qui gêne même d'ailleurs le gouvernement Westrait actuel, car elle montre que dans cette catégorie de la population, la question des bienfaits ou des méfaits de la révolution est très tranchée, avec grosso modo un 50/50 des deux côtés. Indécise, conservatrice par peur de l'avenir ou révolutionnaire car enchanté par les petits matins qui succèderont aux grands soirs... Il est difficile de réellement connaître toutes les aspirations et de pouvoir les retranscrire convenablement. L'étude de cas devient donc un moyen d'être "au plus près", de pouvoir essayer de commencer une analyse plus générale et plus globale. Dans cette étude de cas, trois étudiants et deux étudiantes vont servir comme base d'analyse. Voici leurs profils, de façon sommaire :
[center][img]https://i.imgur.com/mxAoKRG.png[/img][/center]
[justify][quote]Acteur politique important, la jeunesse Westrait a joué un grand rôle dans le renversement du régime militaire et l'établissement de la République Démocratique de Westrait. Ce sont les organisations étudiantes ou lycéennes qui ont été les premiers foyers de contestation, avant que l'étincelle n'emporte la classe ouvrière et ne provoque un basculement total dans la guerre civile révolutionnaire. Aujourd'hui, il n'est pas possible de réellement pouvoir quantifier ses idées, envies et ses volontés. Consciente qu'il se passe des choses d'une grande importante au Westrait, elle reste coincée dans un problème d'essentialisation qui lui colle à la peau : En tant que catégorie spécifique, la "jeunesse" serait en opposition avec d'autres catégories de la population notamment les personnes plus vieilles comme leurs parents ou leurs grands-parents. Cette position viserait donc à opposer une "jeunesse" avec un certain dynamisme contre des personnes plus âgés qui seraient conservatrice et moins enclin au changement. Ce phénomène est très marquant au Westrait bien après la réussite de la révolution et continue de poser des questions importantes pour l'ensemble de la société. Cette jeunesse en elle-même d'ailleurs, refuse en bloc d'être catégorisé comme étant un élément passager, un stade particulier de la vie qu'il faudrait opposer à un autre. Il s'agit là d'éviter de tomber dans le piège de l'opposition factice générationnelle, afin d'évacuer toute question politique importante. Cela se ressent dans une brochure qui a circulé dans les milieux étudiants révolutionnaires il y a de nombreuses années et qui a été remise au goût du jour lors du début de la guerre civile, qui note que :
[quote][...] Après une longue période de sommeil léthargique et de contre-révolution permanente, s’esquisse, depuis quelques années, une nouvelle période de contestation dont la jeunesse semble être la porteuse. Mais la société du spectacle, dans la représentation qu’elle se fait d’elle-même et de ses ennemis, impose ses catégories idéologiques pour la compréhension du monde et de l’histoire. Elle ramène tout ce qui s’y passe à l’ordre naturel des choses, et enferme les véritables nouveautés qui annoncent son dépassement dans le cadre restreint de son illusoire nouveauté. La révolte de la jeunesse contre le mode de vie qu’on lui impose n’est, en réalité, que le signe avant-coureur d’une subversion plus vaste qui englobera l’ensemble de ceux qui éprouvent de plus en plus l’impossibilité de vivre, le prélude à la prochaine époque révolutionnaire. Seulement, l’idéologie dominante et ses organes quotidiens, selon des mécanismes éprouvés d’inversion de la réalité, ne peuvent que réduire ce mouvement historique réel à une pseudo-catégorie socio-naturelle : l’Idée de la Jeunesse (dont il serait dans l’essence d’être révoltée). Ainsi ramène-t-on une nouvelle jeunesse de la révolte à l’éternelle révolte de la jeunesse, renaissant à chaque génération pour s’estomper quand le « le jeune homme est pris par le sérieux de la production et par l’activité en vue des fins concrètes et véritables ». La « révolte des jeunes » a été et est encore l’objet d’une véritable inflation journalistique qui en fait le spectacle d’une « révolte » possible donnée à contempler pour empêcher qu’on la vive, la sphère aberrante – déjà intégrée – nécessaire au fonctionnement du système social ; cette révolte contre la société rassure la société parce qu’elle est censée rester partielle, dans l’apartheid des « problèmes » de la jeunesse – comme il y aurait des problèmes de la femme, ou un problème noir – et ne durer qu’une partie de la vie. En réalité, s’il y a un problème de la « jeunesse » dans la société moderne, c’est que la crise profonde de cette société est ressentie avec le plus d’acuité par la jeunesse. Produit par excellence de cette société moderne, elle est elle-même moderne, soit pour s’y intégrer sans réserves, soit pour la refuser radicalement. Ce qui doit surprendre, ce n’est pas tant que la jeunesse soit révoltée, mais que les « adultes » soient si résignés. Ceci n’a pas une explication mythologique, mais historique : la génération précédente a connu toutes les défaites et consommé tous les mensonges de la période de désagrégation honteuse du mouvement révolutionnaire.
Considérée en elle même, la « Jeunesse » est un mythe publicitaire déjà profondément lié au mode de production capitaliste, comme expression de son dynamisme. Cette illusoire primauté de la jeunesse est devenue possible avec le redémarrage de l’économie, après la Deuxième Guerre mondiale, par suite de l’entrée en masse sur le marché de toute une catégorie de consommateurs plus malléables, un rôle qui assure un brevet d’intégration à la société du spectacle. Mais l’explication dominante du monde se trouve de nouveau en contradiction avec la réalité socio-économique (car en retard sur elle) et c’est justement la jeunesse qui, la première, affirme une irrésistible fureur de vivre et s’insurge spontanément contre l’ennui quotidien et le temps mort que le vieux monde continue à secréter à travers ses différentes modernisations. La fraction révoltée de la jeunesse exprime le pur refus sans la conscience d’une perspective de dépassement, son refus nihiliste. Cette perspective se cherche et se constitue partout dans le monde. Il lui faut atteindre la cohérence de la critique théorique et l’organisation pratique de cette cohérence. [...] [url=https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=14]De la misère en milieu étudiant[/url][/quote]
Une fois ce constat fait, il est important de s'intéresser à des études de cas pour savoir comment et de quel façon la révolution est, a été et va être considéré par cette catégorie de la population. Est-ce qu'être acteur de tels bouleversements est un acte conscient et objectif, ou alors soumis à des facteurs largement subjectifs et personnels ? Il n'existe pas homogénéité dans une classe d'âge particulière, sinon cela serait faire revenir l'essentialisation dont il était déjà question et qu'il s'agit de combattre. Toute la jeunesse Westrait n'a pas participé à la révolution de la même façon... D'ailleurs, la question de savoir si elle a soutenue cette révolution en est une autre, une question qui gêne même d'ailleurs le gouvernement Westrait actuel, car elle montre que dans cette catégorie de la population, la question des bienfaits ou des méfaits de la révolution est très tranchée, avec grosso modo un 50/50 des deux côtés. Indécise, conservatrice par peur de l'avenir ou révolutionnaire car enchanté par les petits matins qui succèderont aux grands soirs... Il est difficile de réellement connaître toutes les aspirations et de pouvoir les retranscrire convenablement. L'étude de cas devient donc un moyen d'être "au plus près", de pouvoir essayer de commencer une analyse plus générale et plus globale. Dans cette étude de cas, trois étudiants et deux étudiantes vont servir comme base d'analyse. Voici leurs profils, de façon sommaire :
- Curtis Cain a une grosse passion dans sa vie et c'est le football américain. Comme son père avant lui et son père avant lui, ils ont tous été de grands joueurs universitaires avant de tenter leurs chances dans de grandes équipes nationales. Derrière lui, il y a donc toute un héritage familial qui pèse sur ses épaules, un devoir de réussite qu'il n'a pas le droit de gâcher, un devoir de réussite qu'il n'a pas le droit de bafouer ni même d'abandonner. Malgré les apparences, celle qui consisterait à dire que les joueurs de football seraient soient des demeurés soient des idiots, Curtis a été enthousiasmé par la révolution et fait partie de ceux et celles qui veulent lui donner une chance. Pourquoi ? Parce que sa famille s'est cassée le dos avant lui à l'usine et qu'il pense que la révolution aura comme possibilité de lui permettre de sortir de ces rapports étriqués et de lui donner une chance de se construire un autre avenir, un peu plus certain.
- Tracy Howe est le cas typique des asociaux qui trainent sur les bancs de l'université. A la fois étrange et excentrique, c'est le genre de personnes qui n'a pas d'amis et qui de toute façon, n'en veut pas. Moulé dans un individualisme exacerbé d'un système éducatif de toute manière inadapté, son attitude n'a guère changé depuis la révolution. Révolution qui de toute manière, ne l'intéresse pas. Elle fait partie de ceux et celles qui ne croient pas aux lendemains qui chantent et se montrent assez pessimistes sur l'avenir. Ne voyant pas de solution pour s'en sortir, reste alors une forme de nihilisme et d'enfermement sur soi. Des rêves ? Elle n'en a pas et ne souhaite pas en avoir. Cette société ne l'a fait pas rêver, pas plus que l'ancienne. Pour elle, il ne faut plus de société du tout et le problème sera définitivement réglé. Révolution ou pas, cela ne lui fait ni chaud, ni froid.
- Shaun May c'est l'intellectuel, l'intello, le bouffon, le boloss et autres qualificatifs dans le genre. Il est poussé par ses parents pour viser l'excellence, avoir toujours de meilleurs notes et de meilleurs résultats. Il est préfabriqué pour être plus tard une tête pensant, quelqu'un qui travaillera avec sa tête et qui n'aura pas besoin de se servir de ses mains, d'être un travailleur manuel ! Quel honte si cela devait arriver... Et ça, c'est ce qui fait peur à Shaun, car il avoue lui-même avoir deux mains gauche et donc, que cela risque de l'handicapé réellement. Étrangement, il fait partie de ceux et celles qui ne sont pas enthousiasmé par la révolution, considérant que ces dernières finiront toujours mal ou finiront par remplacer une élite par une autre. Pour lui, seul des changements graduels permettront de réelles avancées. Lui-même se qualifie de "modéré", ou du moins de quelqu'un de "réaliste".
- Anne Daniel est une déclassée, dans le bon ou mauvais sens du terme, cela dépend de quel côté on se situe. Sa famille disposant d'un capital assez important, a "subi" les nouvelles lois de la République Démocratique ce qui les a fait quelque peu descendre sur l'échelle sociale. C'est le fameux "nivellement par le bas" tant honni par les réactionnaires, conservateurs ou libéraux de tout poils. Elle supporte mal ce déclassement social, considérant qu'après tout, elle a mérité sa place dans l'échelle sociale. Comme d'autres, elle n'aime pas la révolution et si elle le pouvait, participerait à toutes sortes d'actions et de protestations pour revenir avant le régime militaire, là où "elle et sa famille avait une place", pour reprendre ses mots. Elle passe le plus clair de son temps à être avec d'autres "déclassés" comme elle, peut-être une génération de revanchards dans quelques années.
- Dustin Arnold est issu d'une famille de lumpen, peut-être même de "sous-lumpen" comme il le dit lui-même. Il se qualifie lui-même d'anarchiste, un anarchisme plus par rancœur que par réels convictions politiques. Détestant sa famille, Dieu, l'État et toutes les institutions possibles, son passe-temps préféré est tout simplement de finir le maximum de son temps en heure de colle ou tout simplement exclu. Sa relation avec sa famille est inexistante, car tout le temps conflictuel au sens physique du terme. Pour lui, la révolution est une opportunité pour "tout foutre en l'air" et faire table rase du passé. C'est là tout l'intérêt qu'il voit à ce qui se passe actuellement au Westrait, bien que depuis quelques temps il cherche réellement à trouver sa voie politique et cherche à comprendre réellement ce qu'être révolutionnaire veut dire. Comme d'autres, il formera peut-être les futurs cadres de la société nouvelle Westrait, s'il s'en donne les moyens.
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Viktor Troska
[bod]CORRESPONDENCE (I)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Très cher ami,
J'ai bien reçu votre dernière lettre, ainsi que votre manuscrit. Ma réponse est donc assez tardive car j'ai préféré d'abord le lire avant de vous répondre. Je tiens tout d'abord à vous remercier de me l'avoir fait parvenir, le sujet qu'il y traite est pour moi extrêmement important, mais il l'est également pour notre pays et pour les pays du monde entier. En effet, il est bon de rappeler qu'au Westrait, ceux et celles qui croyaient au ciel et ceux et celles qui n'y croyaient pas ont lutté ensemble contre la pire des tyrannies, la tyrannie militaire. Retracer l'espoir des partisans et des groupes de résistances est une excellente chose et en lisant votre manuscrit, je me suis rendu compte qu'il y avait énormément de choses que je ne savais pas, ou partiellement. Je dois donc encore une fois vous remercier pour cela. J'ajouterai cependant une petite chose : Il manque dans ce futur ouvrage, un chapitre consacré au Père Buck. Comment ne pas parler de son dévouement et de son sacrifice lors de la guerre civile ? En tant que catholique, il a décidé d'ouvrir sa paroisse à des résistants, des réfractaires et des opposants divers et variés. Dans cette même paroisse, j'ai eu l'occasion de pouvoir discuter avec divers groupes de partisans pour la plupart communistes, nous avons discuté de longues heures et échangé sur l'avenir du Westrait. Le Père Buck était confiant dans l'avenir de notre pays, voyant une nouvelle république démocratique qui garantirait la liberté, la prospérité et le retour de la justice sociale et le bien-être des peuples de notre nation. Lui-même n'a jamais réellement caché ses profondes convictions, disons radicales. N'avait-il pas été menacé par nos supérieurs ecclésiastiques lors qu'il prêcha sur et contre l'argent, faisant dire à certains auditeurs que "un communiste n'aurait pas mieux parlé ?". Une autre fois un jour d'adoration, il n'a pas dit un seul mot de la fête mais délivra un sermon qui scandalisa ses auditeurs. Il y dit : "Moi ouvrier, fils d'ouvrier, je viens vous parler de Jésus-ouvrier..." Pour peu, il aurait pu finir lynché. Peu de temps avant de mourir, il m'écrivait encore qu'il n'oubliait jamais dans ses sermons de rappeler à chaque occasion qui lui était donné de dures vérités à ceux qui considèrent le travail non comme une fin en soi mais comme une exploitation de l'homme par l'homme. C'est son engagement du côté de la révolution qui l'aura fait périr puisqu'il refusera même sous la torture de donner le nom de ces camarades. Car oui, ils ont osé torturer un saint homme, un serviteur du Christ ! Jusqu'à la fin, il n'a rien dit et je sais qu'à l'annonce de sa mort, j'ai vu de nombreuses personnes non-croyantes versés des larmes à l'annonce de la mort du Père Buck. Je pense donc, que lui consacrer un chapitre dans votre manuscrit mon cher ami, serait rendre hommage à un grand combattant pour la révolution sociale ainsi qu'un soldat du Christ. Un jour, l'Église le reconnaîtra comme un martyr, mais ce moment n'est peut-être pas encore venu.
J'espère avoir rapidement de vos nouvelles, n'hésitez pas à m'envoyer des corrections de votre manuscrit si il y en a d'autres, je lirai cela avec plaisir.
Que Dieu vous garde mon ami.
[right]Votre dévoué,
Ernest Whitaker[/right][/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Très cher ami,
J'ai bien reçu votre dernière lettre, ainsi que votre manuscrit. Ma réponse est donc assez tardive car j'ai préféré d'abord le lire avant de vous répondre. Je tiens tout d'abord à vous remercier de me l'avoir fait parvenir, le sujet qu'il y traite est pour moi extrêmement important, mais il l'est également pour notre pays et pour les pays du monde entier. En effet, il est bon de rappeler qu'au Westrait, ceux et celles qui croyaient au ciel et ceux et celles qui n'y croyaient pas ont lutté ensemble contre la pire des tyrannies, la tyrannie militaire. Retracer l'espoir des partisans et des groupes de résistances est une excellente chose et en lisant votre manuscrit, je me suis rendu compte qu'il y avait énormément de choses que je ne savais pas, ou partiellement. Je dois donc encore une fois vous remercier pour cela. J'ajouterai cependant une petite chose : Il manque dans ce futur ouvrage, un chapitre consacré au Père Buck. Comment ne pas parler de son dévouement et de son sacrifice lors de la guerre civile ? En tant que catholique, il a décidé d'ouvrir sa paroisse à des résistants, des réfractaires et des opposants divers et variés. Dans cette même paroisse, j'ai eu l'occasion de pouvoir discuter avec divers groupes de partisans pour la plupart communistes, nous avons discuté de longues heures et échangé sur l'avenir du Westrait. Le Père Buck était confiant dans l'avenir de notre pays, voyant une nouvelle république démocratique qui garantirait la liberté, la prospérité et le retour de la justice sociale et le bien-être des peuples de notre nation. Lui-même n'a jamais réellement caché ses profondes convictions, disons radicales. N'avait-il pas été menacé par nos supérieurs ecclésiastiques lors qu'il prêcha sur et contre l'argent, faisant dire à certains auditeurs que "un communiste n'aurait pas mieux parlé ?". Une autre fois un jour d'adoration, il n'a pas dit un seul mot de la fête mais délivra un sermon qui scandalisa ses auditeurs. Il y dit : "Moi ouvrier, fils d'ouvrier, je viens vous parler de Jésus-ouvrier..." Pour peu, il aurait pu finir lynché. Peu de temps avant de mourir, il m'écrivait encore qu'il n'oubliait jamais dans ses sermons de rappeler à chaque occasion qui lui était donné de dures vérités à ceux qui considèrent le travail non comme une fin en soi mais comme une exploitation de l'homme par l'homme. C'est son engagement du côté de la révolution qui l'aura fait périr puisqu'il refusera même sous la torture de donner le nom de ces camarades. Car oui, ils ont osé torturer un saint homme, un serviteur du Christ ! Jusqu'à la fin, il n'a rien dit et je sais qu'à l'annonce de sa mort, j'ai vu de nombreuses personnes non-croyantes versés des larmes à l'annonce de la mort du Père Buck. Je pense donc, que lui consacrer un chapitre dans votre manuscrit mon cher ami, serait rendre hommage à un grand combattant pour la révolution sociale ainsi qu'un soldat du Christ. Un jour, l'Église le reconnaîtra comme un martyr, mais ce moment n'est peut-être pas encore venu.
J'espère avoir rapidement de vos nouvelles, n'hésitez pas à m'envoyer des corrections de votre manuscrit si il y en a d'autres, je lirai cela avec plaisir.
Que Dieu vous garde mon ami.
[right]Votre dévoué,
Ernest Whitaker[/right][/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]SOME MISUNDERSTANDINGS[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/fsKkdO3.png[/img][/center]
[quote][justify]La nuit du 24 au 25 Février 2030 marque le début officiel de la guerre civile au Westrait. Comme dans toutes les révolutions, un moment de flottement important est perceptible à travers tout le pays, afin de savoir qui de la révolution ou de la contre-révolution va poser ces premières pièces et lui permettre d'avancer ensuite. Cette nuit là, deux hommes du nom de Terry et Alec avaient été désigné par leur syndicat, l'IWW, pour assurer les communications et connaître la situation exacte dans le pays. La nouvelle de l'affrontement entre les mineurs et la troupe avait été l'étincelle qui avait fait exploser la situation sociale et politique dans le pays. Tant bien que mal, Terry et Alec notaient sur un grand tableau avec leurs craies, les villes, bourgades, régions qui étaient sous le contrôle de tel ou tel faction, tel ou tel organisation. Leur tâche n'était pas simple, au vue de la désorganisation croissante et de la nécessité de centraliser autant que possible les informations, les trier et les rendre exploitables. Durant toute cette nuit, une nuit qui dû leur paraître interminable, des coups de téléphones n'arrêtaient pas, tandis que des groupes d'hommes et de femmes venaient prendre leurs ordres, attendant un appel, ou cherchant des informations sur ce qui se passait chez eux, si leur famille allait bien, etc. C'est dans ce capharnaüm géant que les deux hommes tentèrent de faire ce à quoi on les avait assignés.
TERRY | « Allô, où en est la situation à Encaster ? »
??? | « Qui est à l'appareil ? »
TERRY | « Ici la centrale téléphonique de l'IWW, je répète, où en est la situation à Encaster ? »
??? | « On va venir vous chercher, tas de communistes ! Vive le Westrait libre ! »
TERRY | « Ouais ouais cause toujours salopard de fasciste ! »
[...]
TERRY | « Allô, ici la centrale téléphonique de l'IWW. »
??? | « Salut camarade ! Pour le moment, nous tenons bon à Larnwick, les militaires ont été repoussés ! »
TERRY | « Bien bien, mais qui est à l'appareil, quelle organisation ? »
??? | « Ici c'est le Westrait Communist Party, on aurait besoin de renforts. On en est où ailleurs ? »
TERRY | « Je ne sais pas camarade, j'essaierai de vous tenir informer dans la nuit. Tenez bon ! »
[...]
TERRY | « Allô, où en est la situation à Arcton ? »
??? | « On tient la ville, ces ordures de communistes ont mangé sévère ! »
TERRY | « Qui est à l'appareil ? »
??? | « Le Christ-Roi salopard, on va venir vous couper les couilles ! »
TERRY | « Pas avant que j'ai les tiennes fumier, salut ! »
[...]
TERRY | « Allô, ici la centrale téléphonique de l'IWW. »
??? | « Ici la gare de Runswick, le syndicat tient la gare ! »
TERRY | « Où sont les militaires ? »
??? | « Entrain de se casser, on charge tout ce qu'on peut dans le train et on file vers le Nord. Vive la révolution ! »
TERRY | « Vive la révolution ! Faîtes gaffe à vous. »
[...]
TERRY | « Allô, ici la centrale téléphonique de l'IWW. »
??? | « Il paraît que des unités de l'armée régulière foncent sur Ashborne, est-ce que c'est vrai ? »
TERRY | « Je ne sais pas camarade, mais qui est à l'appareil ? »
??? | « Ici le Comité Révolutionnaire Provisoire de la République, on a réellement besoin de ces informations. »
TERRY | « Je ne sais pas qui vous êtes, je me renseigne et je reviens vers vous. »
[...]
TERRY | « Allô... »
??? | « Que vive ? »
TERRY | « Quoi ? »
??? | « Que vive ? »
TERRY | « Oh puis merde... »
[...]
TERRY | « Je vous entend mal, ici la centrale téléphonique de l'IWW. Répétez ! »
??? | « Les militaires sont entrain de bombarder la ville, on va pas tenir longtemps... »
TERRY | « Quelle est la situation ? »
??? | « ON VA PAS TENIR LONGTEMPS, TU COMPRENDS PAS CE QUE JE TE DIS ? [Plusieurs explosions] »
TERRY | « J'ai perdu la ligne avec Garighall. »
[...][/justify]
[right]Inspiré des premières pages de L'espoir d'André Malraux[/right][/quote]
[center][img]https://i.imgur.com/fsKkdO3.png[/img][/center]
[quote][justify]La nuit du 24 au 25 Février 2030 marque le début officiel de la guerre civile au Westrait. Comme dans toutes les révolutions, un moment de flottement important est perceptible à travers tout le pays, afin de savoir qui de la révolution ou de la contre-révolution va poser ces premières pièces et lui permettre d'avancer ensuite. Cette nuit là, deux hommes du nom de Terry et Alec avaient été désigné par leur syndicat, l'IWW, pour assurer les communications et connaître la situation exacte dans le pays. La nouvelle de l'affrontement entre les mineurs et la troupe avait été l'étincelle qui avait fait exploser la situation sociale et politique dans le pays. Tant bien que mal, Terry et Alec notaient sur un grand tableau avec leurs craies, les villes, bourgades, régions qui étaient sous le contrôle de tel ou tel faction, tel ou tel organisation. Leur tâche n'était pas simple, au vue de la désorganisation croissante et de la nécessité de centraliser autant que possible les informations, les trier et les rendre exploitables. Durant toute cette nuit, une nuit qui dû leur paraître interminable, des coups de téléphones n'arrêtaient pas, tandis que des groupes d'hommes et de femmes venaient prendre leurs ordres, attendant un appel, ou cherchant des informations sur ce qui se passait chez eux, si leur famille allait bien, etc. C'est dans ce capharnaüm géant que les deux hommes tentèrent de faire ce à quoi on les avait assignés.
TERRY | « Allô, où en est la situation à Encaster ? »
??? | « Qui est à l'appareil ? »
TERRY | « Ici la centrale téléphonique de l'IWW, je répète, où en est la situation à Encaster ? »
??? | « On va venir vous chercher, tas de communistes ! Vive le Westrait libre ! »
TERRY | « Ouais ouais cause toujours salopard de fasciste ! »
[...]
TERRY | « Allô, ici la centrale téléphonique de l'IWW. »
??? | « Salut camarade ! Pour le moment, nous tenons bon à Larnwick, les militaires ont été repoussés ! »
TERRY | « Bien bien, mais qui est à l'appareil, quelle organisation ? »
??? | « Ici c'est le Westrait Communist Party, on aurait besoin de renforts. On en est où ailleurs ? »
TERRY | « Je ne sais pas camarade, j'essaierai de vous tenir informer dans la nuit. Tenez bon ! »
[...]
TERRY | « Allô, où en est la situation à Arcton ? »
??? | « On tient la ville, ces ordures de communistes ont mangé sévère ! »
TERRY | « Qui est à l'appareil ? »
??? | « Le Christ-Roi salopard, on va venir vous couper les couilles ! »
TERRY | « Pas avant que j'ai les tiennes fumier, salut ! »
[...]
TERRY | « Allô, ici la centrale téléphonique de l'IWW. »
??? | « Ici la gare de Runswick, le syndicat tient la gare ! »
TERRY | « Où sont les militaires ? »
??? | « Entrain de se casser, on charge tout ce qu'on peut dans le train et on file vers le Nord. Vive la révolution ! »
TERRY | « Vive la révolution ! Faîtes gaffe à vous. »
[...]
TERRY | « Allô, ici la centrale téléphonique de l'IWW. »
??? | « Il paraît que des unités de l'armée régulière foncent sur Ashborne, est-ce que c'est vrai ? »
TERRY | « Je ne sais pas camarade, mais qui est à l'appareil ? »
??? | « Ici le Comité Révolutionnaire Provisoire de la République, on a réellement besoin de ces informations. »
TERRY | « Je ne sais pas qui vous êtes, je me renseigne et je reviens vers vous. »
[...]
TERRY | « Allô... »
??? | « Que vive ? »
TERRY | « Quoi ? »
??? | « Que vive ? »
TERRY | « Oh puis merde... »
[...]
TERRY | « Je vous entend mal, ici la centrale téléphonique de l'IWW. Répétez ! »
??? | « Les militaires sont entrain de bombarder la ville, on va pas tenir longtemps... »
TERRY | « Quelle est la situation ? »
??? | « ON VA PAS TENIR LONGTEMPS, TU COMPRENDS PAS CE QUE JE TE DIS ? [Plusieurs explosions] »
TERRY | « J'ai perdu la ligne avec Garighall. »
[...][/justify]
[right]Inspiré des premières pages de L'espoir d'André Malraux[/right][/quote]
-
Viktor Troska
[bod]SLICE OF LIFE (I)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/rijGwKm.png[/img][/center]
[justify][quote]La petite ville de Sanlow est en émoi depuis plusieurs jours, suite à une affaire rocambolesque qui s'est produit il y a peu dans la ville. Ralph Jefferson, dentiste de profession depuis plus d'une dizaine d'années, a été jugé par le conseil de la ville comme indigne d'exercer son métier suite à de nombreuses plaintes de la part de ses patients et patientes. Ces plaintes allaient le plus souvent du fait qu'il était grossier, malpoli, qu'il ne se souciait guère de ses patients et que ses honoraires étaient extrêmement cher payé, au vue de ses prestations. Aujourd'hui, Ralph Jefferson peut-être aperçu avec un bleu de travail, entrain de repeindre des façades sous l'œil attentionné mais également amusé des travailleurs du bâtiments, qui ont la charge de perfectionner sa rééducation au sein du peuple et de voir si ce dernier est capable de pouvoir corriger son attitude. Comment en sommes-nous arrivé là ? Ralph Jefferson a tout simplement refusé de se présenter devant le conseil de Sanlow, afin de répondre des accusations qui lui étaient faîtes. Il trouvait toujours une excuse ou motivait le fait qu'il n'allait pas à s'y rendre, parce qu'il n'avait rien à prouver à qui que ce soit et qu'il connaissait parfaitement son métier. Au bout du quatrième refus, c'est plusieurs dizaines de personnes qui l'ont traîné de force pour qu'il fasse face à ceux et celles qui le mettaient en accusation. La mine basse et tout de suite moins fier, le dentiste s'est contenté de regarder ses pieds pendant toute la séance et n'a pas prononcé un seul mot quand aux accusations qui lui étaient adressé. Une fois le conseil terminé, Ralph Jefferson s'est précipité dans le bureau du Sheriff du comté pour se plaindre de son mauvais traitement. C'est avec des éclats de rire que le Sheriff l'a accueilli et lui a expliqué très calmement et avec une grande politesse que sa qualité de dentiste ne pouvait pas le soustraire à ses devoirs et au respect qu'il devait avoir pour la collectivité et la ville où il exerçait son métier. Le Sheriff lui a également annoncé qu'il n'était pas le premier à venir se plaindre dans son bureau et que d'autres personnes du même rang social que lui, étaient venu pleurer à chaudes larmes en espérant qu'il s'opposerait à une juste décision populaire. Ralph Jefferson a dû avoir des gros yeux en entendant ce que lui débitait le Sheriff et il avait peine à y croire. Seulement et pendant plusieurs semaines, il a été tout simplement mis en chômage technique parce qu'il n'y avait plus personne qui venait dans son cabinet et l'un après les autres, ses patients et patientes prenaient rendez-vous ailleurs. Tiraillé entre sa conscience professionnelle et le fait de n'avoir rien à se reprocher, il faudra attendre plus d'un mois pour qu'un soir lors de la réunion du conseil de la ville, il se présente tout penaud pour enfin présenter ses excuses et expliquer qu'il ne pouvait admettre qu'on puisse lui reprocher de tels choses, lui qui n'avait jusque là de compte à rendre à personne. Il s'est longuement entretenu sur le fait qu'il reconnaissait avoir eu un mauvais comportement et qu'il devait le corriger afin d'être ce qu'il a toujours été, un dentiste respecté et aimé dans sa ville. C'est ainsi qu'il a accepté sa nouvelle tâche pendant deux mois, de participer à des travaux divers d'intérêts publics et de se plonger au cœur des masses, afin de comprendre ses erreurs et ce qui est attendu de lui. Cet évènement à Sanlow peut paraître étrange mais il n'est pas isolé : Depuis la proclamation de la révolution démocratique, les Westrait ont enfin la possibilité de pouvoir directement prendre en main leurs affaires courantes et ont surtout le droit de s'opposer à des personnes qui jusque là, par leur stature et leur autorité, ne leur accordait aucune audience. Le cas de Ralph Jefferson n'est pas le plus sévère, mais il montre qu'il existe un mouvement collectif profond, qui cherche à faire en sorte que la collectivité puisse vivre décemment, sans quelle ne soit dégradé par des intérêts purement égoïstes, qui ne veulent rien devoir à personne. Choquant sans doute dans d'autres parties du monde, ces scènes commencent à être récurrente au Westrait. [/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/rijGwKm.png[/img][/center]
[justify][quote]La petite ville de Sanlow est en émoi depuis plusieurs jours, suite à une affaire rocambolesque qui s'est produit il y a peu dans la ville. Ralph Jefferson, dentiste de profession depuis plus d'une dizaine d'années, a été jugé par le conseil de la ville comme indigne d'exercer son métier suite à de nombreuses plaintes de la part de ses patients et patientes. Ces plaintes allaient le plus souvent du fait qu'il était grossier, malpoli, qu'il ne se souciait guère de ses patients et que ses honoraires étaient extrêmement cher payé, au vue de ses prestations. Aujourd'hui, Ralph Jefferson peut-être aperçu avec un bleu de travail, entrain de repeindre des façades sous l'œil attentionné mais également amusé des travailleurs du bâtiments, qui ont la charge de perfectionner sa rééducation au sein du peuple et de voir si ce dernier est capable de pouvoir corriger son attitude. Comment en sommes-nous arrivé là ? Ralph Jefferson a tout simplement refusé de se présenter devant le conseil de Sanlow, afin de répondre des accusations qui lui étaient faîtes. Il trouvait toujours une excuse ou motivait le fait qu'il n'allait pas à s'y rendre, parce qu'il n'avait rien à prouver à qui que ce soit et qu'il connaissait parfaitement son métier. Au bout du quatrième refus, c'est plusieurs dizaines de personnes qui l'ont traîné de force pour qu'il fasse face à ceux et celles qui le mettaient en accusation. La mine basse et tout de suite moins fier, le dentiste s'est contenté de regarder ses pieds pendant toute la séance et n'a pas prononcé un seul mot quand aux accusations qui lui étaient adressé. Une fois le conseil terminé, Ralph Jefferson s'est précipité dans le bureau du Sheriff du comté pour se plaindre de son mauvais traitement. C'est avec des éclats de rire que le Sheriff l'a accueilli et lui a expliqué très calmement et avec une grande politesse que sa qualité de dentiste ne pouvait pas le soustraire à ses devoirs et au respect qu'il devait avoir pour la collectivité et la ville où il exerçait son métier. Le Sheriff lui a également annoncé qu'il n'était pas le premier à venir se plaindre dans son bureau et que d'autres personnes du même rang social que lui, étaient venu pleurer à chaudes larmes en espérant qu'il s'opposerait à une juste décision populaire. Ralph Jefferson a dû avoir des gros yeux en entendant ce que lui débitait le Sheriff et il avait peine à y croire. Seulement et pendant plusieurs semaines, il a été tout simplement mis en chômage technique parce qu'il n'y avait plus personne qui venait dans son cabinet et l'un après les autres, ses patients et patientes prenaient rendez-vous ailleurs. Tiraillé entre sa conscience professionnelle et le fait de n'avoir rien à se reprocher, il faudra attendre plus d'un mois pour qu'un soir lors de la réunion du conseil de la ville, il se présente tout penaud pour enfin présenter ses excuses et expliquer qu'il ne pouvait admettre qu'on puisse lui reprocher de tels choses, lui qui n'avait jusque là de compte à rendre à personne. Il s'est longuement entretenu sur le fait qu'il reconnaissait avoir eu un mauvais comportement et qu'il devait le corriger afin d'être ce qu'il a toujours été, un dentiste respecté et aimé dans sa ville. C'est ainsi qu'il a accepté sa nouvelle tâche pendant deux mois, de participer à des travaux divers d'intérêts publics et de se plonger au cœur des masses, afin de comprendre ses erreurs et ce qui est attendu de lui. Cet évènement à Sanlow peut paraître étrange mais il n'est pas isolé : Depuis la proclamation de la révolution démocratique, les Westrait ont enfin la possibilité de pouvoir directement prendre en main leurs affaires courantes et ont surtout le droit de s'opposer à des personnes qui jusque là, par leur stature et leur autorité, ne leur accordait aucune audience. Le cas de Ralph Jefferson n'est pas le plus sévère, mais il montre qu'il existe un mouvement collectif profond, qui cherche à faire en sorte que la collectivité puisse vivre décemment, sans quelle ne soit dégradé par des intérêts purement égoïstes, qui ne veulent rien devoir à personne. Choquant sans doute dans d'autres parties du monde, ces scènes commencent à être récurrente au Westrait. [/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]IT'S WITH A HEAVY, HEAVY HEART...[/bod]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=nTOA7SUIVGw]Une petite ballade, pour qui veut[/url]
[center][img]https://i.imgur.com/0qYrvrL.png[/img][/center]
[justify]La situation interne du Westrait était très préoccupante, plus qu'elle ne l'avait été depuis la fin de la guerre civile révolutionnaire. La relative stabilisation suite à plusieurs jours d'agitations, n'était pas nécessairement de bonne augure. Le danger d'une possible contre-révolution était palpable. De l'extérieur, l'on pouvait croire que la situation était sous contrôle, que l'État et le gouvernement était entrain de se renforcer et de mettre un terme à cette nouvelle crise. La réalité était toute autre cependant, la complexité de la situation mettait tout l'ensemble institutionnel sens dessus dessous : Il avait été incapable par exemple d'empêcher que des armes soient distribués à des milices improvisées de travailleurs et travailleuses, au grand dam des officiers de la Republican Liberation Army. Plus ou moins à l'écart de toute cette agitation, le Président du Présidium de la Chambre Populaire Exécutive des Conseils Sam Pittman avait l'avenir de son pays entrain les mains. Fallait-il signer ou non l'acte qui permettait de donner les pleins pouvoirs au Comité Central des Commissaires du Peuple ? Dans son bureau, entrain de faire rebondir le stylo qu'il avait entrain les mains, il regardait la feuille blanche devant lui, prostré. Autour de lui, quatre de ses députés-secrétaires essayaient soient de le convaincre de signer, soit de s'abstenir.
BILLY ROTH | « Monsieur le Président, il faut absolument signer ce papier. Vous savez très bien que les dispositions institutionnelles actuelles ne permettent pas de mettre un terme à la crise actuelle. Qu'est-ce qu'il nous faut de plus ? Des morts, un soulèvement massif ? Il faut agir, nous perdons du temps. Chaque minute qui passe renforce nos ennemis. »
VINCENT STANLEY | « Ne nous emballons pas, nous ne savons strictement rien. Ce que nous savons, c'est que la LoD revendique les attentats, les sabotages et les débordements. Il faut laisser travailler le Commissariat du Peuple à la Sécurité Publique avant de nous lancer dans une aventure qui mettrait en péril notre système démocratique. Si vous signez ce papier monsieur le Président, nous allons droit vers une dictature qui n'aura que de vagues limites. »
TAMMY AUSTIN | « Des "débordements" ? J'aimerai savoir ce que le Citoyen Stanley entend par des "débordements" ? Il s'agit d'une déclaration de guerre, rien de plus. Nous avons pendant trop longtemps considéré que le problème de la LoD n'en était pas un. Il est de notre responsabilité de mettre un terme à cela. Si il faut passer par une dictature brève et temporaire pour protéger notre pays, nous ne devons pas hésiter un seul instant. Montrons nous ferme et décidé. »
SAM PITTMAN | « J'aimerai avoir l'avis du Citoyen Peck. »
Keith Peck et Sam Pittman étaient deux amis de longues dates. Une indéfectible amitié qui surpassait de très loin les divergences politiques entre les deux hommes. De l'ensemble de ses députés-secrétaires, Keith Peck était celui qui était le plus écouté, celui qui avait l'oreille attentive de Pittman. Assis lui aussi dans un coin de la pièce, il n'avait encore rien dit jusque là.
KEITH PECK | « J'ai longuement réfléchi aux alternatives qui s'offraient à nous et nous n'en avons pas. Nous continuons à nous voiler les yeux comme l'a justement souligné la Citoyenne Austin et nous risquons gros. Nous pouvons aussi rendre les clés de la main et nous excuser d'essayer de bâtir un ordre social nouveau, cela fera sans doute plaisir à nos ennemis. Plus sérieusement... Nous n'avons pas le choix. Nous ne savons pas jusqu'où va la gangrène. Qui nous dit qu'il n'y a pas des ramifications jusque dans notre gouvernement, au sein de l'armée ou même des services de sécurité de notre pays ? Nous pourrons peut-être faire face demain à un soulèvement militaire pour rester dans le plus plausible. »
VINCENT STANLEY | « Vous ne trouvez pas que vos propos sont alarmistes à l'excès pour essayer d'influencer le Président ? »
KEITH PECK | « Si vous avez des arrières-pensées, il vaut mieux les exprimer Citoyen Stanley. De quoi m'accusez-vous ? »
SAM PITTMAN | « Cessez tout de suite. »
VINCENT STANLEY | « Je ne vous accuse de rien du tout, sinon de tenir des propos alarmistes pour mettre en place une dictature dans notre pays. Nous ne nous sommes pas battus pour ça ! »
KEITH PECK | « Que savez-vous de la lutte, rappelez moi où vous étiez la majeure partie du temps de la guerre civile ? Ah oui, entrain de faire des ronds de jambes du côté des militaires... »
VINCENT STANLEY | « Je... Je ne vous permet pas ! »
SAM PITTMAN | « Messieurs, arrêtez tout de suite ! »
TAMMY AUSTIN | « Au-delà de cette guerre d'égos que je trouve inapproprié au vue de la situation et des dangers qui pèsent sur nos concitoyens, je me range quand même de l'avis du Citoyen Peck. Nous nageons en plein brouillard et nous avons besoin d'un phare pour arriver à bon port. »
BILLY ROTH | « Je suis du même avis, Monsieur le Président. »
VINCENT STANLEY | « Monsieur le Président, je vous en conjure, vous ne pouvez pas... »
SAM PITTMAN | « Stop. Stop. Stop. J'en ai entendu assez pour prendre une décision. [Il se lève et se dirige vers une fenêtre, regardant quelques instants dehors sans rien dire] En prenant mes fonctions, je savais qu'une telle possibilité pouvait arriver. Je pensais que nous serions assez fort pour réussir à mater nos ennemis sans en arriver à de tels extrémités. Je répugne ce que je m'apprête à faire, une part de moi est d'accord avec le Citoyen Stanley. Mais dans une telle situation, je ne peux pas me permettre de laisser mes émotions me guider. Il nous faut casser des têtes et non pas caresser dans le sens du poil. Cette décision est dure à prendre. La plus dure que je vais prendre de ma vie. Les enjeux sont trop importants, trop grands et ils nous dépassent tous et toutes, nous qui sommes dans cette pièce. [Il se retourne et se dirige à nouveau vers son bureau, prenant son stylo en main et paraphe le document, sa main tremblant légèrement. Alors qu'il venait de finir, la porte venait de claquer. Le député-secrétaire Vincent Stanley venait de s'en aller sans demander son reste. L'un après l'autre, les autres députés-secrétaires sortirent de la pièce aussi, laissant le Président seul. Seul Keith Peck était revenu, comme par acquis de conscience.]»
KEITH PECK | « Monsieur le Président, est-ce que ça va ? Sam... »
SAM PITTMAN | « Je vais finir au pilori à cause de ce maudit document, je suis foutu. »
KEITH PECK | « Non, ne dis pas ce genre de choses. Tu n'en a pas le droit, tu l'as dis toi même ! Tu ne peux pas te laisser guider par tes sentiments et tes émotions. Tu es le Président, tu as la vie de millions de personnes sous ta responsabilité. Quand tu seras mort, tu auras tout le temps d'y repenser. »
SAM PITTMAN | « Tu as raison. Tu as d'ailleurs toujours raison. Mon vieil ami qui ne mâche pas ses mots. [Il serra la main que venait de lui tendre son ami, un léger sourire sur le visage. ] Tu peux faire entrer Douglas Reed, je crois qu'il doit en avoir assez d'attendre depuis trois heures et demi. »
Keith Peck fit un signe positif de la tête en se dirigeant vers la sortie du bureau. A l'autre bout du couloir, attendait le Secrétaire Général du Comité Central des Commissaires du Peuple Douglas Reed. Assis sur une chaise, la tête reposant contre le mur, il s'était assoupi. Peck frappa à la porte et invita Reed à le suivre jusqu'au bureau du Président Pittman. Ce dernier bondit de sa chaise, réveillé instantanément.
DOUGLAS REED | « Alors ? »
KEITH PECK | « Veillez à ne pas trop le brusquer Camarade Reed. La décision qu'il a dû prendre l'a secoué. »
DOUGLAS REED | « Bien. D'accord. »
Peck laissa Reed devant la porte du Président, le saluant d'un signe de la tête. Douglas Reed frappa à la porte une fois, puis deux. Une troisième fois. Toujours rien. Il frappe une quatrième fois et entra. Il aperçu alors le Président Sam Pittman, l'homme le plus puissant et influent du Westrait, entrain de sécher des larmes qui coulaient de ses yeux, une photo de sa famille sur ses genoux. Comme de nombreux Westrait, Sam Pittman avait perdu sa famille lors du conflit civil. Sa femme et ses deux enfants avaient péri lors de combats autour d'Aristead, leur maison rasé. Depuis la perte de sa famille, Pittman était resté un homme seul. Un homme apprécié par son pays, mais incroyablement seul dans sa vie intime. Reprenant ses esprits, il fit signe à Douglas Reed d'entrer et de s'asseoir.
DOUGLAS REED | « Président Pittman, comment allez-vous ? »
SAM PITTMAN | « J'ai connu des jours meilleurs Citoyen Reed. J'ai connu des jours meilleurs. [Il lui tendit l'acte qui conférait les pleins pouvoir à Reed et son gouvernement] Voilà, c'est fait. »
DOUGLAS REED | « [Examinant les papiers] En ces temps difficiles pour le Westrait, je jure de m'acquitter des énormes responsabilités qui m'incombent. Je ne vous décevrai pas. »
SAM PITTMAN | « Il ne s'agit pas de moi Citoyen Reed. Mais de nos concitoyens qui attendent que nous réagissions contre ce qui perturbe notre souveraineté et notre révolution. [A ces paroles, Sam Pittman se leva de son bureau et en fit le tour, se rapprochant de Reed qui se leva à son tour. Les deux hommes se dévisagèrent quelques instants.] Je dois vous avouez quelque chose Reed. Je ne vous aime pas, je ne vous ai jamais aimé. »
DOUGLAS REED | « Monsieur le Président. [Dit-il d'un ton sec, en prenant la direction de la porte] »
SAM PITTMAN | « Reed ! [Pittman le rattrapa avant qu'il ne quitte la pièce] Reed, écoutez moi. Malgré mes sentiments à votre égard, je veux que vous sachiez qu'il n'y a pas énormément de personnes à qui je confierai la destinée du Westrait. »
DOUGLAS REED | « Vous parlez du Citoyen Peck je présume ? »
SAM PITTMAN | « Vous ne l'aimez pas, n'est-ce pas ? »
DOUGLAS REED | « Ma position et mes fonctions ne me permettent pas d'avoir ce genre de considérations, Monsieur le Président. »
SAM PITTMAN | « Reed. [Pittman lui serre les épaules] Qu'importe ce que vous pensez de Peck. Il existe une poignée de personnes à qui je confierai sans hésité le sort du Westrait. Peck en fait partie, mais vous également. Citoyen Reed, plus qu'à quiconque je remets le sort du Westrait entre vos main. Soyez en digne... »
DOUGLAS REED | « Malgré nos différents et pour la confiance que vous me portez Monsieur le Président, permettez moi de vous remercier. »
Les deux hommes se serrèrent la main et Douglas Reed se retira du bureau, laissant le Président Pittman seul. Ce dernier s'en retourna jusqu'à son bureau, remettant de l'ordre dans ses affaires. Il n'y avait plus de temps pour les remords, ni pour le passé. Il fallait vaincre, ou bien périr.[/justify]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=nTOA7SUIVGw]Une petite ballade, pour qui veut[/url]
[center][img]https://i.imgur.com/0qYrvrL.png[/img][/center]
[justify]La situation interne du Westrait était très préoccupante, plus qu'elle ne l'avait été depuis la fin de la guerre civile révolutionnaire. La relative stabilisation suite à plusieurs jours d'agitations, n'était pas nécessairement de bonne augure. Le danger d'une possible contre-révolution était palpable. De l'extérieur, l'on pouvait croire que la situation était sous contrôle, que l'État et le gouvernement était entrain de se renforcer et de mettre un terme à cette nouvelle crise. La réalité était toute autre cependant, la complexité de la situation mettait tout l'ensemble institutionnel sens dessus dessous : Il avait été incapable par exemple d'empêcher que des armes soient distribués à des milices improvisées de travailleurs et travailleuses, au grand dam des officiers de la Republican Liberation Army. Plus ou moins à l'écart de toute cette agitation, le Président du Présidium de la Chambre Populaire Exécutive des Conseils Sam Pittman avait l'avenir de son pays entrain les mains. Fallait-il signer ou non l'acte qui permettait de donner les pleins pouvoirs au Comité Central des Commissaires du Peuple ? Dans son bureau, entrain de faire rebondir le stylo qu'il avait entrain les mains, il regardait la feuille blanche devant lui, prostré. Autour de lui, quatre de ses députés-secrétaires essayaient soient de le convaincre de signer, soit de s'abstenir.
BILLY ROTH | « Monsieur le Président, il faut absolument signer ce papier. Vous savez très bien que les dispositions institutionnelles actuelles ne permettent pas de mettre un terme à la crise actuelle. Qu'est-ce qu'il nous faut de plus ? Des morts, un soulèvement massif ? Il faut agir, nous perdons du temps. Chaque minute qui passe renforce nos ennemis. »
VINCENT STANLEY | « Ne nous emballons pas, nous ne savons strictement rien. Ce que nous savons, c'est que la LoD revendique les attentats, les sabotages et les débordements. Il faut laisser travailler le Commissariat du Peuple à la Sécurité Publique avant de nous lancer dans une aventure qui mettrait en péril notre système démocratique. Si vous signez ce papier monsieur le Président, nous allons droit vers une dictature qui n'aura que de vagues limites. »
TAMMY AUSTIN | « Des "débordements" ? J'aimerai savoir ce que le Citoyen Stanley entend par des "débordements" ? Il s'agit d'une déclaration de guerre, rien de plus. Nous avons pendant trop longtemps considéré que le problème de la LoD n'en était pas un. Il est de notre responsabilité de mettre un terme à cela. Si il faut passer par une dictature brève et temporaire pour protéger notre pays, nous ne devons pas hésiter un seul instant. Montrons nous ferme et décidé. »
SAM PITTMAN | « J'aimerai avoir l'avis du Citoyen Peck. »
Keith Peck et Sam Pittman étaient deux amis de longues dates. Une indéfectible amitié qui surpassait de très loin les divergences politiques entre les deux hommes. De l'ensemble de ses députés-secrétaires, Keith Peck était celui qui était le plus écouté, celui qui avait l'oreille attentive de Pittman. Assis lui aussi dans un coin de la pièce, il n'avait encore rien dit jusque là.
KEITH PECK | « J'ai longuement réfléchi aux alternatives qui s'offraient à nous et nous n'en avons pas. Nous continuons à nous voiler les yeux comme l'a justement souligné la Citoyenne Austin et nous risquons gros. Nous pouvons aussi rendre les clés de la main et nous excuser d'essayer de bâtir un ordre social nouveau, cela fera sans doute plaisir à nos ennemis. Plus sérieusement... Nous n'avons pas le choix. Nous ne savons pas jusqu'où va la gangrène. Qui nous dit qu'il n'y a pas des ramifications jusque dans notre gouvernement, au sein de l'armée ou même des services de sécurité de notre pays ? Nous pourrons peut-être faire face demain à un soulèvement militaire pour rester dans le plus plausible. »
VINCENT STANLEY | « Vous ne trouvez pas que vos propos sont alarmistes à l'excès pour essayer d'influencer le Président ? »
KEITH PECK | « Si vous avez des arrières-pensées, il vaut mieux les exprimer Citoyen Stanley. De quoi m'accusez-vous ? »
SAM PITTMAN | « Cessez tout de suite. »
VINCENT STANLEY | « Je ne vous accuse de rien du tout, sinon de tenir des propos alarmistes pour mettre en place une dictature dans notre pays. Nous ne nous sommes pas battus pour ça ! »
KEITH PECK | « Que savez-vous de la lutte, rappelez moi où vous étiez la majeure partie du temps de la guerre civile ? Ah oui, entrain de faire des ronds de jambes du côté des militaires... »
VINCENT STANLEY | « Je... Je ne vous permet pas ! »
SAM PITTMAN | « Messieurs, arrêtez tout de suite ! »
TAMMY AUSTIN | « Au-delà de cette guerre d'égos que je trouve inapproprié au vue de la situation et des dangers qui pèsent sur nos concitoyens, je me range quand même de l'avis du Citoyen Peck. Nous nageons en plein brouillard et nous avons besoin d'un phare pour arriver à bon port. »
BILLY ROTH | « Je suis du même avis, Monsieur le Président. »
VINCENT STANLEY | « Monsieur le Président, je vous en conjure, vous ne pouvez pas... »
SAM PITTMAN | « Stop. Stop. Stop. J'en ai entendu assez pour prendre une décision. [Il se lève et se dirige vers une fenêtre, regardant quelques instants dehors sans rien dire] En prenant mes fonctions, je savais qu'une telle possibilité pouvait arriver. Je pensais que nous serions assez fort pour réussir à mater nos ennemis sans en arriver à de tels extrémités. Je répugne ce que je m'apprête à faire, une part de moi est d'accord avec le Citoyen Stanley. Mais dans une telle situation, je ne peux pas me permettre de laisser mes émotions me guider. Il nous faut casser des têtes et non pas caresser dans le sens du poil. Cette décision est dure à prendre. La plus dure que je vais prendre de ma vie. Les enjeux sont trop importants, trop grands et ils nous dépassent tous et toutes, nous qui sommes dans cette pièce. [Il se retourne et se dirige à nouveau vers son bureau, prenant son stylo en main et paraphe le document, sa main tremblant légèrement. Alors qu'il venait de finir, la porte venait de claquer. Le député-secrétaire Vincent Stanley venait de s'en aller sans demander son reste. L'un après l'autre, les autres députés-secrétaires sortirent de la pièce aussi, laissant le Président seul. Seul Keith Peck était revenu, comme par acquis de conscience.]»
KEITH PECK | « Monsieur le Président, est-ce que ça va ? Sam... »
SAM PITTMAN | « Je vais finir au pilori à cause de ce maudit document, je suis foutu. »
KEITH PECK | « Non, ne dis pas ce genre de choses. Tu n'en a pas le droit, tu l'as dis toi même ! Tu ne peux pas te laisser guider par tes sentiments et tes émotions. Tu es le Président, tu as la vie de millions de personnes sous ta responsabilité. Quand tu seras mort, tu auras tout le temps d'y repenser. »
SAM PITTMAN | « Tu as raison. Tu as d'ailleurs toujours raison. Mon vieil ami qui ne mâche pas ses mots. [Il serra la main que venait de lui tendre son ami, un léger sourire sur le visage. ] Tu peux faire entrer Douglas Reed, je crois qu'il doit en avoir assez d'attendre depuis trois heures et demi. »
Keith Peck fit un signe positif de la tête en se dirigeant vers la sortie du bureau. A l'autre bout du couloir, attendait le Secrétaire Général du Comité Central des Commissaires du Peuple Douglas Reed. Assis sur une chaise, la tête reposant contre le mur, il s'était assoupi. Peck frappa à la porte et invita Reed à le suivre jusqu'au bureau du Président Pittman. Ce dernier bondit de sa chaise, réveillé instantanément.
DOUGLAS REED | « Alors ? »
KEITH PECK | « Veillez à ne pas trop le brusquer Camarade Reed. La décision qu'il a dû prendre l'a secoué. »
DOUGLAS REED | « Bien. D'accord. »
Peck laissa Reed devant la porte du Président, le saluant d'un signe de la tête. Douglas Reed frappa à la porte une fois, puis deux. Une troisième fois. Toujours rien. Il frappe une quatrième fois et entra. Il aperçu alors le Président Sam Pittman, l'homme le plus puissant et influent du Westrait, entrain de sécher des larmes qui coulaient de ses yeux, une photo de sa famille sur ses genoux. Comme de nombreux Westrait, Sam Pittman avait perdu sa famille lors du conflit civil. Sa femme et ses deux enfants avaient péri lors de combats autour d'Aristead, leur maison rasé. Depuis la perte de sa famille, Pittman était resté un homme seul. Un homme apprécié par son pays, mais incroyablement seul dans sa vie intime. Reprenant ses esprits, il fit signe à Douglas Reed d'entrer et de s'asseoir.
DOUGLAS REED | « Président Pittman, comment allez-vous ? »
SAM PITTMAN | « J'ai connu des jours meilleurs Citoyen Reed. J'ai connu des jours meilleurs. [Il lui tendit l'acte qui conférait les pleins pouvoir à Reed et son gouvernement] Voilà, c'est fait. »
DOUGLAS REED | « [Examinant les papiers] En ces temps difficiles pour le Westrait, je jure de m'acquitter des énormes responsabilités qui m'incombent. Je ne vous décevrai pas. »
SAM PITTMAN | « Il ne s'agit pas de moi Citoyen Reed. Mais de nos concitoyens qui attendent que nous réagissions contre ce qui perturbe notre souveraineté et notre révolution. [A ces paroles, Sam Pittman se leva de son bureau et en fit le tour, se rapprochant de Reed qui se leva à son tour. Les deux hommes se dévisagèrent quelques instants.] Je dois vous avouez quelque chose Reed. Je ne vous aime pas, je ne vous ai jamais aimé. »
DOUGLAS REED | « Monsieur le Président. [Dit-il d'un ton sec, en prenant la direction de la porte] »
SAM PITTMAN | « Reed ! [Pittman le rattrapa avant qu'il ne quitte la pièce] Reed, écoutez moi. Malgré mes sentiments à votre égard, je veux que vous sachiez qu'il n'y a pas énormément de personnes à qui je confierai la destinée du Westrait. »
DOUGLAS REED | « Vous parlez du Citoyen Peck je présume ? »
SAM PITTMAN | « Vous ne l'aimez pas, n'est-ce pas ? »
DOUGLAS REED | « Ma position et mes fonctions ne me permettent pas d'avoir ce genre de considérations, Monsieur le Président. »
SAM PITTMAN | « Reed. [Pittman lui serre les épaules] Qu'importe ce que vous pensez de Peck. Il existe une poignée de personnes à qui je confierai sans hésité le sort du Westrait. Peck en fait partie, mais vous également. Citoyen Reed, plus qu'à quiconque je remets le sort du Westrait entre vos main. Soyez en digne... »
DOUGLAS REED | « Malgré nos différents et pour la confiance que vous me portez Monsieur le Président, permettez moi de vous remercier. »
Les deux hommes se serrèrent la main et Douglas Reed se retira du bureau, laissant le Président Pittman seul. Ce dernier s'en retourna jusqu'à son bureau, remettant de l'ordre dans ses affaires. Il n'y avait plus de temps pour les remords, ni pour le passé. Il fallait vaincre, ou bien périr.[/justify]
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Viktor Troska
[bod]CORRESPONDENCE (II)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Très cher Judy,
Votre dernière lettre me va droit au cœur. En ces temps difficiles, je pense qu'il est nécessaire de pouvoir dire clairement ce que l'on a sur la conscience et de pouvoir le faire sans ménagement. Vous me demandez si le Westrait vaut tous ses sacrifices et toute mon énergie, si il vaut que je me démène autant pour garantir un avenir de paix et de prospérité. Je me dois de vous répondre que oui, le Westrait vaut largement que je lui consacre mon temps et toutes mes volontés. Nous ne pouvons pas reculer, nous ne pouvons pas arrêter la machine qui a été lancé. Pour être tout à fait franc, je me sens comme un auto-stoppeur sur le bord d'une route et sous la pluie : Je ne peux n'y m'abriter, ni m'arrêter de continuer ma route. Mes choix seront lourds de conséquences pour l'avenir, pour notre pays et notre révolution. Certains proches me demandent ce que les livres d'histoire retiendront de moi et de mes actions. Pourquoi vouloir sans arrêt me comparer à tel ou tel dirigeant, à tel ou tel homme politique ? Je ne suis pas Randy Moss et j'aimerai que l'on arrête de vouloir me comparer à lui. J'ai en sainte horreur le fait d'être mis en avant et d'être une sorte de figure tutélaire qui ferait se mouvoir les astres, faire pleuvoir ou faire se lever le soleil. Je suis las des compliments, je suis las de ses courbettes. J'aimerai être traité comme un homme, un homme du peuple et qui l'a toujours été. Sam Pittman n'est pas qu'un Président, il est avant tout un homme avec ses forces et ses faiblesses... Avec mes forces et mes faiblesses, devrais-je dire. Je sais que les Westraits dans leurs majorités, comprennent la décision que j'ai dû prendre et pourquoi je n'ai pas eu le choix de la prendre. J'en souffre tous les jours, de voir que nous sommes obligé de balafrer notre révolution pour lui permettre de vivre et de s'épanouir. Personne ne peut croire qu'une personne comme Douglas Reed veuille briguer un quelconque poste de dictateur suprême. C'est un homme de caractère, mais certainement pas un dictateur car au fond de lui il a peur, peur de se retrouver couper des masses de notre pays. Voilà ce que la postérité devra retenir : Sam Pittman en son âme et conscience, à fait le nécessaire pour protéger la révolution Westrait, quitte à devoir lui faire subir une période comme celle que nous connaissons, une période de dictature. Nous avons encore énormément à accomplir et pourtant, j'ai l'impression que nous trainons déjà des pieds. Mais, je n'ai pas le droit de me lamenter sur mon sort, je n'en ai pas le droit. Si je flanche, d'autres pourraient également flancher à leur tour. Il faut tenir, tenir, tenir !
Je suis assez fatigué en ce moment, je ne dors que quelques heures par nuit à cause de ces satanés cauchemars.
Merci pour votre lettre et pour votre gentillesse qui me va droit au cœur.
[right]Très respectueusement,
Sam Pittman[/right][/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Très cher Judy,
Votre dernière lettre me va droit au cœur. En ces temps difficiles, je pense qu'il est nécessaire de pouvoir dire clairement ce que l'on a sur la conscience et de pouvoir le faire sans ménagement. Vous me demandez si le Westrait vaut tous ses sacrifices et toute mon énergie, si il vaut que je me démène autant pour garantir un avenir de paix et de prospérité. Je me dois de vous répondre que oui, le Westrait vaut largement que je lui consacre mon temps et toutes mes volontés. Nous ne pouvons pas reculer, nous ne pouvons pas arrêter la machine qui a été lancé. Pour être tout à fait franc, je me sens comme un auto-stoppeur sur le bord d'une route et sous la pluie : Je ne peux n'y m'abriter, ni m'arrêter de continuer ma route. Mes choix seront lourds de conséquences pour l'avenir, pour notre pays et notre révolution. Certains proches me demandent ce que les livres d'histoire retiendront de moi et de mes actions. Pourquoi vouloir sans arrêt me comparer à tel ou tel dirigeant, à tel ou tel homme politique ? Je ne suis pas Randy Moss et j'aimerai que l'on arrête de vouloir me comparer à lui. J'ai en sainte horreur le fait d'être mis en avant et d'être une sorte de figure tutélaire qui ferait se mouvoir les astres, faire pleuvoir ou faire se lever le soleil. Je suis las des compliments, je suis las de ses courbettes. J'aimerai être traité comme un homme, un homme du peuple et qui l'a toujours été. Sam Pittman n'est pas qu'un Président, il est avant tout un homme avec ses forces et ses faiblesses... Avec mes forces et mes faiblesses, devrais-je dire. Je sais que les Westraits dans leurs majorités, comprennent la décision que j'ai dû prendre et pourquoi je n'ai pas eu le choix de la prendre. J'en souffre tous les jours, de voir que nous sommes obligé de balafrer notre révolution pour lui permettre de vivre et de s'épanouir. Personne ne peut croire qu'une personne comme Douglas Reed veuille briguer un quelconque poste de dictateur suprême. C'est un homme de caractère, mais certainement pas un dictateur car au fond de lui il a peur, peur de se retrouver couper des masses de notre pays. Voilà ce que la postérité devra retenir : Sam Pittman en son âme et conscience, à fait le nécessaire pour protéger la révolution Westrait, quitte à devoir lui faire subir une période comme celle que nous connaissons, une période de dictature. Nous avons encore énormément à accomplir et pourtant, j'ai l'impression que nous trainons déjà des pieds. Mais, je n'ai pas le droit de me lamenter sur mon sort, je n'en ai pas le droit. Si je flanche, d'autres pourraient également flancher à leur tour. Il faut tenir, tenir, tenir !
Je suis assez fatigué en ce moment, je ne dors que quelques heures par nuit à cause de ces satanés cauchemars.
Merci pour votre lettre et pour votre gentillesse qui me va droit au cœur.
[right]Très respectueusement,
Sam Pittman[/right][/quote][/justify]
-
Viktor Troska
[bod]LINE STRUGGLE[/bod]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=x84NeqSVXi8]Victory will come ![/url]
[center][img]https://i.imgur.com/RD5ZakW.png[/img][/center]
[justify]Derrière la façade de l'unité qui régnait au sein du Comité Central des Commissaires du Peuple, une lutte politique sourde et intense était entrain de se jouer. Qui pouvait sincèrement être dupe sur la possibilité d'alliance définitive entre le Socialist Labor Party et le Westrait Communist Party ? Les deux partis à l'histoire commune mais aux trajectoires différentes, s'était séparé lors de la révolution de 1931 mais la victoire lors de la guerre civile révolutionnaire plus d'un siècle plus tard semblait les rapprocher à nouveau. Les conceptions politiques et idéologiques des deux partis étaient opposé sur énormément de points, mais leur union et le respect mutuel durant la guerre civile révolutionnaire leur a offert la légitimité de pouvoir diriger le Westrait et d'entamer des profondes transformations politiques, sociales, idéologiques et économiques. Subsistait maintenant l'avenir du Westrait et sa destinée : Si le Socialist Labor Party était à la tête du gouvernement et endossait la responsabilité de la dictature de salut public, le Westrait Communist Party de son côté pensait que le moment était venu d'en terminer avec la coexistence des différents éléments démocratiques et bourgeois pour foncer vers la transformation de la dictature de salut public à la dictature du prolétariat. D'âpres discussions avaient lieu au sein du Westrait Communist Party, sur la signification de ce nouveau mot d'ordre et ce qu'il signifiait.
AUDREY GRANT | « Nous avons écouté avec attention le rapport présenté par le Camarade Sellers, que je tiens à remercier. Je propose que nous passions désormais au débat. Qui souhaite prendre la parole ? »
ROBERT BROWNING | « Si je peux parler franchement camarades, je pense que nous nous emballons de trop vis à vis de la situation politique dans le pays. Est-ce que la mise en place de la dictature de salut public provient des masses ? Non, elle provient seulement du gouvernement et surtout du Président du Présidium Pittman. Cela veut dire que même les masses de notre pays sont soumises et passives face à cette nouvelle situation. Regardez, même les manifestations de masses ont cessé une fois le calme revenu, cela veut dire que les masses ne sont pas prêtes pour une étape supérieure qui serait la dictature du prolétariat. »
CLYDE SELLERS | « Bien que je puisse partager le fond de l'analyse du Camarade Browning, je n'en tire pas les même conclusions. Nous avons une situation politique explosive et qui est inédite dans notre pays. Certes, la dictature de salut public n'est pas venu des masses elle-même, mais elle est acceptée pour le moment et surtout assez soutenu. Cela veut dire que malgré l'incompréhension, il y a un soutien fort et continu. J'aimerai juste rappeler ici que lorsque nous avons lancé comme mot d'ordre "Tout le pouvoir aux conseils", nous ne nous attendions pas à ce qu'il soit récupéré aussi massivement et qu'il serve d'instrument politique face aux tenants d'une révolution démocratique propre, sans intervention du prolétariat dans le processus révolutionnaire. Le Camarade Browning ne va pas au fond des choses et reste à la surface. »
ROBERT BROWNING | « De quel soutien parlons-nous exactement ? Voyons-nous des défilés enthousiastes qui valorisent et acclament cette dictature de salut public ? Non, ou alors que l'on me montre ces démonstrations et ces défilés, car je ne les vois pas. Il y a un danger là dedans, c'est que cette dictature de salut public ne vise à se substituer justement à la volonté d'actions des masses et de leurs conseils, pour finalement les faire rentrer dans le rang. Je ne dis pas ici qu'il s'agit d'une manœuvre volontaire du Socialist Labor Party ou du Democratic Socialist Party, mais c'est quelque chose à quoi nous devons réfléchir et prendre garde. »
AUDREY GRANT | « Je pencherai pour l'avis du Camarade Sellers cependant, Camarade Browing et n'y voyez aucun désaveu de vos inquiétudes qui sont fondées. Seulement si nous restons à la traîne et nous ne jouons pas un rôle d'avant-garde dans cette lutte, alors à quoi servons-nous ? Je pense que les masses de notre pays connaissent parfaitement les enjeux de la dictature de salut public, mais qu'il faut surtout montrer que nous ne vaincrons pas la contre-révolution par des mesures temporaires. Pour cela, il faut aussi briser l'illusion que l'ensemble des partis politiques issu du Front Uni durant la guerre civile révolutionnaire puisse continuer d'exister. Cela est un autre danger qu'il faut prendre en compte. »
ROBERT BROWNING | « Nous exigeons l'impossible en demandant subitement que notre peuple fasse des sauts de cabris d'une conception à une autre. »
LYNN CARSON | « Il faut aussi voir la position dans laquelle se trouve actuellement le Socialist Labor Party : Contre ses propres conceptions, il est obligé de devoir diriger un gouvernement hétéroclite et de maintenir un pouvoir fort et concentré entre ses mains. Il nous faut je pense alors en effet, expliquer en quoi cette dictature temporaire n'est pas viable, car elle reste celle du gouvernement et non pas celles directes et concrètes des masses à travers l'ensemble de leurs institutions, c'est à dire leurs conseils. C'est une illusion à briser. »
CLYDE SELLERS | « Une illusion à briser, en plus de briser comme l'a rappelé la Camarade Grant l'illusion sur l'illusoire coopération entre les partis ouvriers, socialistes et communistes et le reste des partis démocratiques. Cette rupture reste d'être la plus difficile à accomplir, puisqu'il y a à travers les différents discours une assimilation douteuse entre révolution démocratique et révolution socialiste, certains présentant d'ailleurs notre révolution comme étant démocratique et socialiste à la fois. Il faut que notre Parti prenne position là dessus. »
AUDREY GRANT | « C'est une remarque judicieuse, merci de l'avoir mentionné. Si nous arrivons à briser l'illusion de ce que représente la dictature de salut public ainsi que l'illusion sur la coexistence avec les partis bourgeois, nous accomplirons un grand bon en avant. A partir de là, populariser le mot d'ordre de transformation de la dictature de salut public en dictature du prolétariat sera plus aisée à mon avis. Qu'en pense le Camarade Browing ? »
ROBERT BROWNING | « Je reste dubitatif, mais si la majorité plaide pour cette stratégie alors je ne dérogerai pas au centralisme démocratique. »
LYNN CARSON | « Reste à savoir sur quel axe il faut présenter ce qu'est la dictature du prolétariat, ce qu'elle renferme et en quoi elle sera meilleure que ce dont nous avons actuellement. Nous n'avons que des exemples abstraits pour le moment, bien que je sois persuadé que la dictature du prolétariat puisse être rapidement assimilé et comprise par le prolétariat Westrait. »
AUDREY GRANT | « Nous devons appuyer sur la nécessité que cette dictature ne sera pas celle d'un petit comité fut-il le gouvernement, mais la dictature des larges masses de notre pays afin de transformer notre pays, d'affirmer le socialisme et d'avancer vers la construction d'une société future, la société communiste. Aujourd'hui, nous voyons qu'une partie du pouvoir est encore centrée autour des organes législatifs et exécutifs qui sont hors de la portée direct du prolétariat. Nous devons réaffirmer que demander "Tout le pouvoir aux conseils", c'est aussi exiger qu'il en soit fini avec les vieilles magouilles politiques et les illusions sur la révolution démocratique. Il faut clairement dire que nous avons terminé la phase démocratique de notre révolution et que la phase socialiste reste à mettre en œuvre. Briser les illusions, c'est montrer la véritable nature des partis bourgeois et démocratique et leurs volontés de ne pas vouloir construire le socialisme, mais de prétendre que nous y sommes déjà puisque nous menons également une révolution démocratique ! Pour y voir clair, il faut que notre Parti puisse s'adresser massivement aux masses et mener une campagne en ce sens : Nous voulons la fin des compromissions, la fin des illusions des coalitions avec la bourgeoisie et la nécessité de mettre en œuvre la dictature du prolétariat. »
ROBERT BROWNING | « Conserverons-nous le multipartisme ? »
AUDREY GRANT | « Oui, mais les partis bourgeois auront fait leur temps. Regardez comme le Republican Party est isolé maintenant que le True Democratic Party souhaite rejoindre le Democratic Party. Nous avons déjà fait la moitié du chemin, il faut maintenant enfoncer le clou. Le Democratic Party est entrain de changer, il reste sur la forme un parti bourgeois mais dans le fond, il est entrain de devenir un parti nouveau, un parti socialiste. Sa place est à nôtre côté. »
CLYDE SELLERS | « Voilà les principes fondamentaux de la dictature du prolétariat, tels qu'ils ont été discutés au sein de notre Parti et de ses instances délibératives et décisionnaires. Je vais vous en faire la lecture :
[quote]Nous, peuples de la République Démocratique de Westrait, après avoir mené une lutte victorieuse contre la dictature de la bourgeoisie, devons nous résoudre à ne jamais abandonner la liberté que nous avons acquise. En établissant notre république socialiste, nous reconnaissons que notre État est un État en transition, servant de relais au pouvoir démocratique populaire, qui est le gardien de la contre-révolution tant chez nous, qu'avec l'appui de la réaction à l'extérieur. Avec la victoire finale de la révolution mondiale, lorsque l'unité entre tous les peuples sera réalisé, les barrières que sont les États-Nations ou les classes disparaitront et alors les États en transition se dissoudront eux même aussi, réalisant définitivement la grande et glorieuse fraternité universelle. Mais jusqu'à ce jour, les victoires et les avancées de notre Révolution ne seront pas abandonnées, ni compromises. Les fondements politiques de la dictature du prolétariat seront celles d'une loi ancrée et protégée par les masses du Westrait, contre les menaces de la contre-révolution et de la réaction.
Article I
La structure et l'exercice de la dictature du prolétariat au sein de notre république doit toujours être fidèle aux principes du centralisme démocratique. Le pouvoir politique provient des conseils. Chacun des conseils n'a pouvoir que sur des questions qui affectent les électeurs qu'ils représentent. Les décisions politiques plus larges doivent être décidées par les organisations de conseils à des niveaux plus larges, au niveau des régions ou des États.
Article II
Il n'y aura et ne pourra jamais y avoir plus de trois échelons différents dans l'exercice de la dictature du prolétariat, c'est à dire entre les masses et les institutions populaires les plus importantes.
Article III
L'exercice de la dictature du prolétariat requiert la démocratie, le centralisme, l'autonomie et la liberté. La dictature du prolétariat se veut transparente et toutes les fonctions du gouvernement doivent être accessibles aux masses en tout temps. Seules des informations vitales peuvent être gardées secrètes dans le cadre défini par la loi.
Article IV
L'exercice de la dictature du prolétariat ne peut se réaliser qu'au dépend de la création d'un meilleur mode de fonctionnement et d'exercice des responsabilités politiques. Les institutions étatiques, les partis politiques et autres organisations politiques doivent élaborer des règles et des procédures pour limiter le carriérisme et la création d'une nouvelle classe dirigeante parasitaire.
Article V
Les mandats dans les conseils sont limités à trois ans. Les conseils sont des organes de gestions et de directions avec des fonctions doubles à la fois législatives et exécutives.
Article VI
L'ensemble de la terre, des forêts, des espaces naturelles ainsi que la faune et la flore sont déclarés propriété commune. Tout usage du droit de propriété privée sur cette propriété commune est prohibée.
Article VII
Les organisations syndicales des travailleurs et travailleuses seront le pilier de l'économie socialiste. L'exercice de leurs attributs sera soumis au centralisme démocratique. Le droit de créer des syndicats est protégé par la loi.
Article VIII
L’économie planifiée doit fonctionner selon les principes du centralisme démocratique et de la déconcentration économique. Toutes les entreprises doivent être constituées sous l'égide de la libre association des travailleurs et des travailleuses, qui élisent leurs dirigeants et leurs cadres selon la loi. L'ensemble des travailleurs et des travailleuses et leurs entreprises doivent être représenté au sein du Conseil Suprême de l'Économie Nationale.
Article IX
La révolution sera préservée et défendue par l'armement des masses et leur organisation au sein de milices populaires. Les membres des anciennes classes possédantes, les contres-révolutionnaires, les prisonniers en liberté conditionnel et les aliénés ne pourront jouir de ce droit. Les conseils doivent entretenir des arsenaux afin de contribuer à l'armement rapide des masses.
Article X
Les droits politiques et civils des forces armées révolutionnaires doivent être protégés. Les soldats doivent être représentés par leurs conseils qu'ils auront élus et éliront également leurs officiers.
Article XI
La République Démocratique de Westrait est résolue à faire progresser la révolution prolétarienne mondiale et à atteindre la phase supérieure du socialisme, c'est à dire le communisme.
Article XII
Atteindre la phase supérieure qu'est le communisme, repose notamment la réduction du temps de travail, le développement accélérés des forces productives, la prise en main des affaires politiques et économiques par les masses, la dépérissement de l'État de transition et la fin de l'aliénation de l'homme par son travail, par ses semblables et également par la nature. La République Démocratique de Westrait prendra toutes les mesures nécessaires pour faire advenir cet état de fait.
Article XIII
La dictature du prolétariat par son exercice et sa pratique, à le devoir de réprimer et supprimer les groupes hostiles à la dictature du prolétariat et à l'ordre socialiste qu'elle protège. L'ensemble des fonctionnaires, des élus et des représentants doivent jurer de défendre la dictature du prolétariat, sous peine d'être sous le coup de cette dernière et ses prérogatives. Les masses ont le droit de résister à ceux qui voudraient abolir ou déroger à de mode de fonctionnement.[/quote]
Plusieurs articles ont été supprimés, jugés trop vagues. »
AUDREY GRANT | « Nous allons passer aux votes camarades. Qui est pour ? »
Une majorité de mains se lèvent.
AUDREY GRANT | « Qui est contre ? »
Quelques mains se lèvent, indécises.
AUDREY GRANT | « Qui s'abstient ? »
Une main de lève.
AUDREY GRANT | « Camarades, à la majorité, les principes fondamentaux de la dictature du prolétariat sont adoptés par notre Parti. La séance est levée. »
Solennellement, l'Internationale commença à être entonner et l'ensemble des membres présents se levèrent poings serrés, pour la chanter. Le Westrait Communist Party venait sans doute de créer le point de rupture au sein de la révolution Westrait.[/justify]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=x84NeqSVXi8]Victory will come ![/url]
[center][img]https://i.imgur.com/RD5ZakW.png[/img][/center]
[justify]Derrière la façade de l'unité qui régnait au sein du Comité Central des Commissaires du Peuple, une lutte politique sourde et intense était entrain de se jouer. Qui pouvait sincèrement être dupe sur la possibilité d'alliance définitive entre le Socialist Labor Party et le Westrait Communist Party ? Les deux partis à l'histoire commune mais aux trajectoires différentes, s'était séparé lors de la révolution de 1931 mais la victoire lors de la guerre civile révolutionnaire plus d'un siècle plus tard semblait les rapprocher à nouveau. Les conceptions politiques et idéologiques des deux partis étaient opposé sur énormément de points, mais leur union et le respect mutuel durant la guerre civile révolutionnaire leur a offert la légitimité de pouvoir diriger le Westrait et d'entamer des profondes transformations politiques, sociales, idéologiques et économiques. Subsistait maintenant l'avenir du Westrait et sa destinée : Si le Socialist Labor Party était à la tête du gouvernement et endossait la responsabilité de la dictature de salut public, le Westrait Communist Party de son côté pensait que le moment était venu d'en terminer avec la coexistence des différents éléments démocratiques et bourgeois pour foncer vers la transformation de la dictature de salut public à la dictature du prolétariat. D'âpres discussions avaient lieu au sein du Westrait Communist Party, sur la signification de ce nouveau mot d'ordre et ce qu'il signifiait.
AUDREY GRANT | « Nous avons écouté avec attention le rapport présenté par le Camarade Sellers, que je tiens à remercier. Je propose que nous passions désormais au débat. Qui souhaite prendre la parole ? »
ROBERT BROWNING | « Si je peux parler franchement camarades, je pense que nous nous emballons de trop vis à vis de la situation politique dans le pays. Est-ce que la mise en place de la dictature de salut public provient des masses ? Non, elle provient seulement du gouvernement et surtout du Président du Présidium Pittman. Cela veut dire que même les masses de notre pays sont soumises et passives face à cette nouvelle situation. Regardez, même les manifestations de masses ont cessé une fois le calme revenu, cela veut dire que les masses ne sont pas prêtes pour une étape supérieure qui serait la dictature du prolétariat. »
CLYDE SELLERS | « Bien que je puisse partager le fond de l'analyse du Camarade Browning, je n'en tire pas les même conclusions. Nous avons une situation politique explosive et qui est inédite dans notre pays. Certes, la dictature de salut public n'est pas venu des masses elle-même, mais elle est acceptée pour le moment et surtout assez soutenu. Cela veut dire que malgré l'incompréhension, il y a un soutien fort et continu. J'aimerai juste rappeler ici que lorsque nous avons lancé comme mot d'ordre "Tout le pouvoir aux conseils", nous ne nous attendions pas à ce qu'il soit récupéré aussi massivement et qu'il serve d'instrument politique face aux tenants d'une révolution démocratique propre, sans intervention du prolétariat dans le processus révolutionnaire. Le Camarade Browning ne va pas au fond des choses et reste à la surface. »
ROBERT BROWNING | « De quel soutien parlons-nous exactement ? Voyons-nous des défilés enthousiastes qui valorisent et acclament cette dictature de salut public ? Non, ou alors que l'on me montre ces démonstrations et ces défilés, car je ne les vois pas. Il y a un danger là dedans, c'est que cette dictature de salut public ne vise à se substituer justement à la volonté d'actions des masses et de leurs conseils, pour finalement les faire rentrer dans le rang. Je ne dis pas ici qu'il s'agit d'une manœuvre volontaire du Socialist Labor Party ou du Democratic Socialist Party, mais c'est quelque chose à quoi nous devons réfléchir et prendre garde. »
AUDREY GRANT | « Je pencherai pour l'avis du Camarade Sellers cependant, Camarade Browing et n'y voyez aucun désaveu de vos inquiétudes qui sont fondées. Seulement si nous restons à la traîne et nous ne jouons pas un rôle d'avant-garde dans cette lutte, alors à quoi servons-nous ? Je pense que les masses de notre pays connaissent parfaitement les enjeux de la dictature de salut public, mais qu'il faut surtout montrer que nous ne vaincrons pas la contre-révolution par des mesures temporaires. Pour cela, il faut aussi briser l'illusion que l'ensemble des partis politiques issu du Front Uni durant la guerre civile révolutionnaire puisse continuer d'exister. Cela est un autre danger qu'il faut prendre en compte. »
ROBERT BROWNING | « Nous exigeons l'impossible en demandant subitement que notre peuple fasse des sauts de cabris d'une conception à une autre. »
LYNN CARSON | « Il faut aussi voir la position dans laquelle se trouve actuellement le Socialist Labor Party : Contre ses propres conceptions, il est obligé de devoir diriger un gouvernement hétéroclite et de maintenir un pouvoir fort et concentré entre ses mains. Il nous faut je pense alors en effet, expliquer en quoi cette dictature temporaire n'est pas viable, car elle reste celle du gouvernement et non pas celles directes et concrètes des masses à travers l'ensemble de leurs institutions, c'est à dire leurs conseils. C'est une illusion à briser. »
CLYDE SELLERS | « Une illusion à briser, en plus de briser comme l'a rappelé la Camarade Grant l'illusion sur l'illusoire coopération entre les partis ouvriers, socialistes et communistes et le reste des partis démocratiques. Cette rupture reste d'être la plus difficile à accomplir, puisqu'il y a à travers les différents discours une assimilation douteuse entre révolution démocratique et révolution socialiste, certains présentant d'ailleurs notre révolution comme étant démocratique et socialiste à la fois. Il faut que notre Parti prenne position là dessus. »
AUDREY GRANT | « C'est une remarque judicieuse, merci de l'avoir mentionné. Si nous arrivons à briser l'illusion de ce que représente la dictature de salut public ainsi que l'illusion sur la coexistence avec les partis bourgeois, nous accomplirons un grand bon en avant. A partir de là, populariser le mot d'ordre de transformation de la dictature de salut public en dictature du prolétariat sera plus aisée à mon avis. Qu'en pense le Camarade Browing ? »
ROBERT BROWNING | « Je reste dubitatif, mais si la majorité plaide pour cette stratégie alors je ne dérogerai pas au centralisme démocratique. »
LYNN CARSON | « Reste à savoir sur quel axe il faut présenter ce qu'est la dictature du prolétariat, ce qu'elle renferme et en quoi elle sera meilleure que ce dont nous avons actuellement. Nous n'avons que des exemples abstraits pour le moment, bien que je sois persuadé que la dictature du prolétariat puisse être rapidement assimilé et comprise par le prolétariat Westrait. »
AUDREY GRANT | « Nous devons appuyer sur la nécessité que cette dictature ne sera pas celle d'un petit comité fut-il le gouvernement, mais la dictature des larges masses de notre pays afin de transformer notre pays, d'affirmer le socialisme et d'avancer vers la construction d'une société future, la société communiste. Aujourd'hui, nous voyons qu'une partie du pouvoir est encore centrée autour des organes législatifs et exécutifs qui sont hors de la portée direct du prolétariat. Nous devons réaffirmer que demander "Tout le pouvoir aux conseils", c'est aussi exiger qu'il en soit fini avec les vieilles magouilles politiques et les illusions sur la révolution démocratique. Il faut clairement dire que nous avons terminé la phase démocratique de notre révolution et que la phase socialiste reste à mettre en œuvre. Briser les illusions, c'est montrer la véritable nature des partis bourgeois et démocratique et leurs volontés de ne pas vouloir construire le socialisme, mais de prétendre que nous y sommes déjà puisque nous menons également une révolution démocratique ! Pour y voir clair, il faut que notre Parti puisse s'adresser massivement aux masses et mener une campagne en ce sens : Nous voulons la fin des compromissions, la fin des illusions des coalitions avec la bourgeoisie et la nécessité de mettre en œuvre la dictature du prolétariat. »
ROBERT BROWNING | « Conserverons-nous le multipartisme ? »
AUDREY GRANT | « Oui, mais les partis bourgeois auront fait leur temps. Regardez comme le Republican Party est isolé maintenant que le True Democratic Party souhaite rejoindre le Democratic Party. Nous avons déjà fait la moitié du chemin, il faut maintenant enfoncer le clou. Le Democratic Party est entrain de changer, il reste sur la forme un parti bourgeois mais dans le fond, il est entrain de devenir un parti nouveau, un parti socialiste. Sa place est à nôtre côté. »
CLYDE SELLERS | « Voilà les principes fondamentaux de la dictature du prolétariat, tels qu'ils ont été discutés au sein de notre Parti et de ses instances délibératives et décisionnaires. Je vais vous en faire la lecture :
[quote]Nous, peuples de la République Démocratique de Westrait, après avoir mené une lutte victorieuse contre la dictature de la bourgeoisie, devons nous résoudre à ne jamais abandonner la liberté que nous avons acquise. En établissant notre république socialiste, nous reconnaissons que notre État est un État en transition, servant de relais au pouvoir démocratique populaire, qui est le gardien de la contre-révolution tant chez nous, qu'avec l'appui de la réaction à l'extérieur. Avec la victoire finale de la révolution mondiale, lorsque l'unité entre tous les peuples sera réalisé, les barrières que sont les États-Nations ou les classes disparaitront et alors les États en transition se dissoudront eux même aussi, réalisant définitivement la grande et glorieuse fraternité universelle. Mais jusqu'à ce jour, les victoires et les avancées de notre Révolution ne seront pas abandonnées, ni compromises. Les fondements politiques de la dictature du prolétariat seront celles d'une loi ancrée et protégée par les masses du Westrait, contre les menaces de la contre-révolution et de la réaction.
Article I
La structure et l'exercice de la dictature du prolétariat au sein de notre république doit toujours être fidèle aux principes du centralisme démocratique. Le pouvoir politique provient des conseils. Chacun des conseils n'a pouvoir que sur des questions qui affectent les électeurs qu'ils représentent. Les décisions politiques plus larges doivent être décidées par les organisations de conseils à des niveaux plus larges, au niveau des régions ou des États.
Article II
Il n'y aura et ne pourra jamais y avoir plus de trois échelons différents dans l'exercice de la dictature du prolétariat, c'est à dire entre les masses et les institutions populaires les plus importantes.
Article III
L'exercice de la dictature du prolétariat requiert la démocratie, le centralisme, l'autonomie et la liberté. La dictature du prolétariat se veut transparente et toutes les fonctions du gouvernement doivent être accessibles aux masses en tout temps. Seules des informations vitales peuvent être gardées secrètes dans le cadre défini par la loi.
Article IV
L'exercice de la dictature du prolétariat ne peut se réaliser qu'au dépend de la création d'un meilleur mode de fonctionnement et d'exercice des responsabilités politiques. Les institutions étatiques, les partis politiques et autres organisations politiques doivent élaborer des règles et des procédures pour limiter le carriérisme et la création d'une nouvelle classe dirigeante parasitaire.
Article V
Les mandats dans les conseils sont limités à trois ans. Les conseils sont des organes de gestions et de directions avec des fonctions doubles à la fois législatives et exécutives.
Article VI
L'ensemble de la terre, des forêts, des espaces naturelles ainsi que la faune et la flore sont déclarés propriété commune. Tout usage du droit de propriété privée sur cette propriété commune est prohibée.
Article VII
Les organisations syndicales des travailleurs et travailleuses seront le pilier de l'économie socialiste. L'exercice de leurs attributs sera soumis au centralisme démocratique. Le droit de créer des syndicats est protégé par la loi.
Article VIII
L’économie planifiée doit fonctionner selon les principes du centralisme démocratique et de la déconcentration économique. Toutes les entreprises doivent être constituées sous l'égide de la libre association des travailleurs et des travailleuses, qui élisent leurs dirigeants et leurs cadres selon la loi. L'ensemble des travailleurs et des travailleuses et leurs entreprises doivent être représenté au sein du Conseil Suprême de l'Économie Nationale.
Article IX
La révolution sera préservée et défendue par l'armement des masses et leur organisation au sein de milices populaires. Les membres des anciennes classes possédantes, les contres-révolutionnaires, les prisonniers en liberté conditionnel et les aliénés ne pourront jouir de ce droit. Les conseils doivent entretenir des arsenaux afin de contribuer à l'armement rapide des masses.
Article X
Les droits politiques et civils des forces armées révolutionnaires doivent être protégés. Les soldats doivent être représentés par leurs conseils qu'ils auront élus et éliront également leurs officiers.
Article XI
La République Démocratique de Westrait est résolue à faire progresser la révolution prolétarienne mondiale et à atteindre la phase supérieure du socialisme, c'est à dire le communisme.
Article XII
Atteindre la phase supérieure qu'est le communisme, repose notamment la réduction du temps de travail, le développement accélérés des forces productives, la prise en main des affaires politiques et économiques par les masses, la dépérissement de l'État de transition et la fin de l'aliénation de l'homme par son travail, par ses semblables et également par la nature. La République Démocratique de Westrait prendra toutes les mesures nécessaires pour faire advenir cet état de fait.
Article XIII
La dictature du prolétariat par son exercice et sa pratique, à le devoir de réprimer et supprimer les groupes hostiles à la dictature du prolétariat et à l'ordre socialiste qu'elle protège. L'ensemble des fonctionnaires, des élus et des représentants doivent jurer de défendre la dictature du prolétariat, sous peine d'être sous le coup de cette dernière et ses prérogatives. Les masses ont le droit de résister à ceux qui voudraient abolir ou déroger à de mode de fonctionnement.[/quote]
Plusieurs articles ont été supprimés, jugés trop vagues. »
AUDREY GRANT | « Nous allons passer aux votes camarades. Qui est pour ? »
Une majorité de mains se lèvent.
AUDREY GRANT | « Qui est contre ? »
Quelques mains se lèvent, indécises.
AUDREY GRANT | « Qui s'abstient ? »
Une main de lève.
AUDREY GRANT | « Camarades, à la majorité, les principes fondamentaux de la dictature du prolétariat sont adoptés par notre Parti. La séance est levée. »
Solennellement, l'Internationale commença à être entonner et l'ensemble des membres présents se levèrent poings serrés, pour la chanter. Le Westrait Communist Party venait sans doute de créer le point de rupture au sein de la révolution Westrait.[/justify]