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Volume 5 : Histoire de la nation[/center]
Chapitre 2 : De 1652 à l'Acte d'Union
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L'arrivée de Stefan Van Driebeeck[/right]
Les prémices à la nouvelle colonisation
En 1650 , alors que la Dengue Rouge continue de hanter le souvenir des Britons la VOC du Fritz décide de passer outre la quarantaine . L'Aleka ferait en effet une excellente halte de repos et de ravitaillement pour les navires en partance ou à destination de l'Orient Fritzlandais , qui à l'époque était en très grande partie une colonie de peuplement . La VOC finance alors une première expédition d'un seul navire qui ne revint jamais mais cela ne la découragea pas : il faut et il suffit de former alors une expédition plus importante et mieux équipée ... Ce qui fut fait en 1652 , avec 90 followers dont huit femmes parmi lesquelles la femme du commandant de l'expédition !
Une expédition de 5 navires est formée :
- le Drommedaris
le Reijger
le Goede Hoope
le Walvis
l'Oliphant
et le Reijger.
Le tout sous le commandement de Stefan Van Driebeeck , âgé de 24 ans , et elle partit alors retrouver l'emplacement de la colonie perdue des Britanniques , désormais largement oubliée .
Ils débarquent le 16 Février, en l'an de grâce 1652 , à l'emplacement de la ville actuelle de Moonhoek située au pied de la Montagne de la Table où ils fondent la ville de Kaapstad .
Les premières années sont pénibles pour les nouveaux colons : la Dengue Rouge revient régulièrement parmi eux et le temps même plus chaleureux qu'au Fritzland est pas si évident que ça à endurer.
Plus d'une trentaine de ceux qui étaient venus dans le convoi meurent dés la première année !
Pourtant , bon gré mal gré , la colonie finit par devenir viable . Dés 1654, elle commence à servir ce pour quoi elle a été installée : les navires faisant l'aller-retour mondial Ouest-Est .
Stefan Van Driebeeck , le dirigeant de l'expédition d'origine en est le premier commandeur, avec pour l'assister, en tant qu'organe législatif même si la notion même n'existe pas encore , un Landrost composé de 12 conseillers élus par et parmi les colons libres votant les lois de la colonie et à qui revient le dernier mot . En théorie . Car en réalité c'est Van Driebeeck lui-même qui prend toutes les décisions et le Landrost n'a aucun pouvoir, si ce n'est celui de se la boucler...
Des débuts difficiles
En 1660 , alors qu'à l'origine l'Aleka était uniquement destinée à n’être qu'un comptoir, le pays compte déjà un millier d'habitants et la pointe de la péninsule ne suffit plus à nourrir tout le monde : il faut se rendre à l'évidence , qui est que l'Aleka est devenue une véritable colonie de peuplement .
Dés 1691 le titre du gestionnaire en chef, délégué de la compagnie , devient
Gouverneur, ce qui démontre que la région a connue une progression exponentielle pour les standards de l'époque .
En 1707, apparait ce qui avec le recul peut être considéré comme la première craquelure ...
Le matin du 25 Mars de cette année-là , environ une centaine de colons avec leurs familles manifestent devant la magistrature de la compagnie dans le village de Stellenbok et vers Midi le magistrat militaire local de la Vennootschap vir die Ostwelt-Cargo ordonne à la foule de se disperser.
Là-dessus un adolescent du nom d'Hendrik Bibault , fils d'un freiburgher ponantin , s'avança hors de la foule et dit haut et fort en face du susdit magistrat :
[quote]" Ik es ein Alekânder, en ewen as die makistrât was te ferslân mij zwe mijn töt , of al zwetten mij in der trunk , ik zal niet mir, nor wil te schweiken ! "
Traduction en francais moderne : "
Je suis un Alekaner, et même si le magistrat venait à me faire fouetter à mort ou me faire mettre au trou je ne serais pas , ni ne serais jamais , silencieux ! "[/quote]
Notez d'ailleurs le Fritzlandais assez approximatif, et assez proche du Deutsch ...
La sentence fut vite tombée : il fut aussitôt capturé et fouetté en public pour son insolence puis banni pour cinq années de la colonie et envoyé dans un pénitencier au Wenlei .
C'est là la toute première fois formellement identifiée et documentée qu'un citoyen du Cap s'est proclamé ouvertement comme étant non-dytolien et donc en dehors de l'autorité métropolitaine .
Pendant ce temps en métropole la situation politique s'est beaucoup dégradée après la mort du Roi .
Le pays se déchire en une terrible guerre civile et la colonie est laissée à elle-même .
Il faut bien comprendre qu'à l'époque , le téléphone satellite n'existe pas et Internet non plus .
Il n'y a même pas encore le télégraphe ! Les navires sont encore à voile et les plus rapides mettent malgré tout plusieurs mois pour faire un aller-simple Aleka-métropole ... De sorte que quand les liaisons maritimes sont interrompues entre la métropole et la colonie en Mars 1741 , c'est le trou noir total pour les habitants de la colonie . Le gouverneur général n'a donc pas d'autre choix que de diriger la colonie en son nom selon ses propres initiatives et Stefan Van Riebeeck veut absolument s'en tenir aux ordres reçus des mains du souverain soit de ne pas étendre la colonie du Zuid-Kaap au-delà des limites fixées par la compagnie en métropole => ne pas dépasser la Montagne de la Table .
Sauf que les nouveaux arrivants se sont tout de suite bien acclimatés à la péninsule malgré les difficultés et il est donc très dur de contenir leur esprit de conquête . A partir d'Octobre des colons ne trouvant plus de terre autour de la Tafelberg décident de passer outre les ordres du gouverneur et remontent vers le Nord , d'abord le long des cotes puis à mesure que celles-ci sont colonisées , vers l'intérieur des terres . Le processus va se poursuivre durant toute la période de black-out vis-à-vis de la métropole , et ce n'est qu'en 1747, peu après le rétablissement de l'ordre public au pays et par la consolidation du pouvoir de Niklas Vennegoor Ferdinand , que le gouvernorat reçoit enfin du renfort militaire qui lui permet de couper la fuite des colons en fortifiant la frontière de la colonie .
Entre temps Stefan Van Driebeek meurt en Février 1717, à l'age (
plus qu'honorable pour l'époque) de 89 ans .
Le Landrost a alors voté à l'unanimité pour que la charge soit transféré à son fils cadet Jacobus dit aussi Koos Van Driebeeck alors âgé de 21 ans , né et éduqué à Kaapstad .
Et les colons font le bon choix car si le père est né aux Nederlands et restait attaché à sa terre natale le fils cadet n'en a cure de la métropole . Lui voit déjà l'Aleka comme étant une nation à part entière et il est en première ligne pour l'agrandissement de la colonie , il avait même essayé de faire pression sur son père en ce sens au début des années 1710, à l'époque où les khoisans se faisaient massacrer en silence par milliers par une épidémie de variole pour profiter du vide ainsi généré .
Maintenant qu'il est enfin aux commandes il en profite pour développer la Colonie du Cap Occidental !
Durant sa tenure de Gouverneur, il aura :
- - Fait aménager des centaines de kilomètres de voies pavées
- Fait réaménager aux meilleures normes de l'époque des milliers de logements
- Ouvert le LandRost à tout les hommes blancs mariés de plus de 25 ans
- Obtenu après d’âpres négociations une baisse d'un quart des taxes royales
Néanmoins il est déjà trop tard , le mal est fait : des centaines de colons libres et leurs familles ont migré vers le Nord en quittant le comptoir de Kaapstad . Face à l'évidence et afin d'éviter une guerre civile locale qui aurait des conséquences catastrophiques , le gouverneur général légalise les fermes déjà construites , avec l'interdiction pour elles d'étendre d'avantage leur terres , alors même qu'immédiatement de nouvelles expéditions envoient encore et toujours plus de nouveaux colons venant s'installer définitivement en Aleka : en 1797, la population de l'ile est déjà de 62 000 colons mâles libres de plus de 22 ans et sans compter leurs familles !
Et le retour à l'ordre fut tout relatif : à travers tout le XVIIIème siècle les contacts furent très erratiques et ponctuels voire aléatoires avec la métropole ... Il y eut de nombreuses années de coupure des liaisons et de manques de ressources et/ou d'informations .
Dés 1759, une nouvelle vague d'exploration et de colonisation démarre ! Cette fois l'envie est d'autant plus forte qu'arrive la première génération de colons libres nés en Aleka qui contrairement à leurs parents se sentent viscéralement Alekaners et ils veulent passionnément découvrir et maitriser cette ile qui dans leur esprit est à eux comme un cadeau de Dieu .
La colonie du Cap s'était arrêtée en 1747 au pied des Drakensberg cette fois , les jeunes se donnent pour objectif de la franchir, pour atteindre la forêt tropicale dont parlent les indigènes et qui fait fantasmer tout le monde afin de savoir ce qui se trouve derrière , car les explorations précédentes s'en sont systématiquement arrêtées à la forêt .
La progression s'effectue là encore le long des cotes dans un premier temps , et en Mai 1759 la modeste ville de Swettendam sur la cote orientale de la péninsule est annexée à la colonie .
Mais de toutes façons , cela ne fait que retarder l'inévitable : il faudra bien un jour la dépasser !
D'autant plus qu'en Juin 1760, les communications sont de nouveau interrompues avec le Fritzland !
Ce qu'osent faire un convoi de 150 personnes le 30 Mars 1763. La veille de ce jour-là , un groupe d'éclaireurs avait enfin trouvé une passe accessible aux ossewas : la Kastel Kloof.
Depuis , une route asphaltée passe à 40 mètres du site historique qui est aujourd'hui classé car le nombre de chariots à bœufs ayant accompli ensuite le passage , qui fut utilisé jusqu'à l'ouverture de la route , ont finit par marquer durablement la roche volcanique créant des sillons , désormais protégés .
Après le passage de la passe ils découvrent enfin la jungle mythique qui les ont tant fait rêver, et qui les fait vite déchanter ensuite ... Les ossewa cassent facilement d'asséchement dans cette mer de poussière en haute montagne où la nourriture pourrit vite , les moustiques sont d'une férocité démente et les journées sont torrides alors que les nuits sont glaciales : la jungle existe bel et bien mais très loin derrière un gigantesque désert quasilunaire où il n'y a ni eau ni ressources !
Rapidement , les colons prennent la décision de chercher à sortir au plus vite de cet enfer, car le désert en tua la moitié des 150 partis de Kaapstad ! Il est donc décrété inexploitable et à éviter, et l'information se répand vite à Kaapstad de ne pas tenter de traverser le Karoo .
Mais ce n'est surement pas cela qui mettra fin aux volontés des colons d'aller toujours plus loin ...
Au contraire : l'idée d'une région où nul n'irait vous chercher présente beaucoup d'attrait pour les esprits les plus indépendants et les moins volontaires à se soumettre à la tyrannie de la VOC !
Des milliers de trekboers partis dans les années '30 vont au fil des années se concentrer, et finir par se resédentariser dans la région de l'actuelle Kastel-Reinet où ils y fondent cette petite ville en 1777.
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Dans les années 1810', un grand chamboulement intervint au Nord de l'ile lorsque les peuples noirs indigènes furent poussés vers le Sud par la progression fulgurante des Zolos , qui ont développé un art naval notable qui leur permit de traverser le détroit de Shimonoseki et débarquer en Aleka en 1814.
Ce peuple transplanté dut s'adapter au climat plus sec et plus hostile que celui auquel il était habitué sur le continent et doit donc s'étendre pour assurer l'approvisionnement en nourriture d'une population toujours plus grande qui sert une caste de guerriers de plus en plus forte .
L'ensemble est dans sa construction une véritable Pyramide de Ponzi avant l'heure , et si son règne fut donc très court il fut d'une taille considérable et eut une influence décisive sur l'Aleka .
Entre 1815 et 1827, en à peine une douzaine d'années , le Zuloland triple de superficie et double de population ce qui en fait lors de son apogée vers 1829, la seule véritable nation noire au sens occidental du terme de toute l'ile et donc une force incontournable de l'Aleka .
Mais cette croissance démente poussa tout les autres peuples noirs à partir en étoile des bordures des territoires du Zuloland pour échapper au rouleau compresseur, et cela fut un gigantesque exode d'une ampleur inégalée dans l'histoire de tout le continent noir. Cet exode => c'est le Mafekan .
Le Royaume-Uni s'engouffra dans la brèche du chaos généré par le Mafekan en envahissant le territoire ainsi réduit en poussière entre la Colonie du Cap et le Zuloland dés Février 1824.
Entretemps , les Boers sont préoccupés par un tout autre problème : la tyrannie de la VOC qui encore au XIXème siècle impose sa poigne de fer, sans partage aucun , sur toute la Colonie du Cap.
La VOC pouvait taxer, embaucher, virer, faire emprisonner, juger, exiler, et abattre comme elle le voulait quand elle le voulait et sans jamais avoir à se justifier, pour quoi que ce soit !
D'autant plus qu'elle interdit tout commerce en dehors d'elle : tout achat et vente de quoi que ce soit devait être fait à la VOC et uniquement avec elle , ce qui frustrait atrocement les Burghers .
Eux voulaient pouvoir commercer librement avec les noirs et les autres blancs !
Alors que des milliers de Fritzlandais du Cap avaient fuit en direction du Nord-Est pour échapper à son autorité celle-ci ne les lâchait pas d'une semelle ! Elle s'agrandissait en annexant les villages autour.
Stellenbok : Fondée en 1679, annexée par la VOC dés 1682 !
Swettendam : Fondée en 1745, annexée par la VOC dés 1748 !
Krâf-Reinet : Fondée en 1777, annexée par la VOC dés 1786 !
En un siècle toute l'avance faite par les Burghers et les Trekboers avait été réduite à néant !
A partir des années 1820 , un certain mécontentement commence à gronder parmi les Alekaners qui se sentent de plus en plus méprisés par la métropole qu'ils considèrent sourde à leurs revendications .
Leurs motifs de colère sont nombreux et d'abord la colère contre le mépris affiché des Fritzlandais en métropole et en Aleka qui considèrent l'Alekâns non pas comme une véritable langue , mais comme un patois bâtard et vulgaire du hollandais , qu'il conviendrait de corriger.
Ils l'appellent souvent par le terme péjoratif de "
kombuis taal " soit en clair un "
hollandais de cuisine " .
Le terme s'est peu à peu forgé du fait que les esclaves aborigènes avaient beaucoup trop de difficultés à comprendre le hollandais formel qui leur était trop complexe , même avec explications .
Les Alekaners n'en ressentent pour la plupart aucune honte , voire même une certaine fierté d'avoir créé une nouvelle langue , et voudraient que leurs hollandais simplifié soit enseigné à l'école afin que le taux d'alphabétisation augmente , notamment ! Mais la royauté Fritz , même lorsque le gouverneur général de la colonie va en personne en métropole relayer cette requête , y restent sourde ...
Le délégué de la couronne , aux ordres de la VOC à la surveillance du gouverneur, écrit en 1829 :
[quote]
Ayant appris le Fritzlandais à leurs esclaves et l'entendant donc prononcé d'une manière quasiment inintelligible , eux-mêmes [
les Alekaners]
commencent doucement à imiter cette détestable manière . [/quote]
Montrant par là même le dédain porté par les Princes-Marchands .
Ensuite , les revendications sont économiques .
Le principal motif de colère des Alekaners réside dans l'interdiction formelle qui leur est faite de commercer avec quelque autre pays que le Fritzland et même avec d'autres colonies Fritlandaises !
Interdiction donc de commercer, à plus forte raison , avec le reste du monde ...
Or ils montent déjà à cette époque , les futurs phares régionaux en matière de commerce !
Le bénéfice ainsi raté est estimé à plusieurs millions de Tulp par mois par le Directeur de la Chambre de Commerce de Moonhoek . Mais il y a aussi le fait que la compagnie interdit à la colonie de posséder des usines mécanisées et limite drastiquement le nombre de locomotives à vapeur, pourtant instrument incontournable à l'époque du développement économique de n'importe quelle nation à être autorisées à circuler sur l'ile et la couronne est aussi en cause : elle impose des conditions de sécurité absolument insoutenables pour l'économie locale de la Colonie , paralyse le commerce alekan à la moindre incartade ou encore interdit à ses employés de créer des fermes ou des usines .
Ces principales raisons , couplées à une myriade de plus petites , rendent bientôt les alekaners de plus en plus nerveux et méfiants à l'égard de la métropole . La colère gronde surtout dans les milieux d'affaires mais aussi parmi les simples colons qui partagent les vues de l'intelligentsia locale .
L'embrasement et la chute
Un mouvement de révolte éclate le 4 Décembre 1830, à Krâf-Reinet quand une foule de plus d'un millier de personnes se rassemblent devant la magistrature de la VOC pour réclamer la démission et le renvoi immédiat en métropole avec excuses publiques du Commandeur, qui a eu la très mauvaise idée de faire pendre une douzaine de Burghers pour avoir vendu de la gnôle aux noirs en cachette .
Vers 18 H 20, les esprits s'échauffent et une balle fuse tuant un policier sur le coup.
La riposte de la sécurité de la VOC est immédiate : une quinzaine de civils sont tués eux-aussi sur le coup par une rafale de balles qui fauchèrent tout le premier rang de manifestants puis une autre mourut des suites de leurs blessures par balles et le bilan de ce soir-là est terrible : 32 morts .
Dés le surlendemain matin , la foule qui s'était dispersée après la fusillade pour enterrer les morts et soigner les blessés revint devant la magistrature et envahit le bâtiment vers 9 H 45.
Le Commandeur Aleksander Van Kopf, présent à l'étage dans son bureau , est sur-le-champ décapité et sa tête fut emportée pour être promenée au bout d'une pique dans toute la ville .
Le soir du 6 Décembre 1829, la première brèche dans la discipline de fer, imposée par la VOC , est ouverte par la proclamation de la foule que la commanderie de Krâf-Reinet déclare son indépendance contre la corporation et appelle les autres commanderies , de Swettendam , de Stellenbok et du Cap à rejoindre le mouvement indépendantiste national pour réclamer au Roi du Fritzland que l'Aleka puisse devenir une Principauté Royale sous son autorité directe et plus sous celle de la VOC !
Et ça marche : à Swettendam le 10, puis à Stellenbok le 19, et enfin au Cap le 31 Décembre 1830.
En moins d'un mois la révolte a traversé toute l'ile d'Est vers l'Ouest , propagée par les Trekboers qui diffusent au fur et à mesure de leurs voyages les nouvelles de hameau en hameau .
Sentant le vent tourner pour la VOC , les Britons envahissent la Colonie du Cap le 28 Janvier 1831 en profitant du chaos ainsi généré pour mettre la main sur le reste de l'ile dont ils occupaient déjà à l'époque la péninsule orientale depuis leur première incursion en Février 1826, soit depuis 5 ans .
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Mais au début de l'occupation , pendant une quinzaine d'années , les Britons jouèrent la carte de l'apaisement pour ne surtout pas déclencher une guerre asymétrique qu'ils savaient perdue d'avance de par le haut niveau de préparation paramilitaire de la population Boer.
La législation demeura donc inchangée , jusqu'en 1845, et les colons Fritzlandophones furent laissés en paix le temps pour le Royaume-Uni de se préparer à une guerre totale de grande envergure .
Ce qui n’empêcha pas les Boers d'avoir saisi l'essentiel : leurs modes de vie sont menacés !
Et le vent tourna bien assez tôt : dés 1843, un contingent massif, de plusieurs milliers de soldats britanniques débarquent dans le port de la ville du Cap Occidental , et déferlent sur la péninsule .
En moins d'un mois , le contingent expéditionnaire a envahit le Sud de l'ile et verrouillent définitivement toute tentative de soulèvement armé direct .
L'année suivante , à partir du mois de Mars , des navires commencent à débarquer des Britons par milliers dans tout les ports de l'ile et qui commencèrent immédiatement à s'y installer.
En quelques mois , puis au fil des années , la population britannique sur l'ile va flamber, ce qui va accroitre la pression démographique sur un territoire déjà fragile en tant que tel et cette pression a des conséquences visibles rapides sur l'état de la colonie : la part de l'adélosaxon dans le paysage linguistique augmente à tout les niveaux de la société , tant aux diverses assemblées législatives locales que parmi les journaux et la littérature ... etc ...
D'un point de vue économique , les difficultés empirent : le seul fait qu'il y ait moins d'eau par personne est dans cette région aride un vrai défi social pour tous , à chaque nouvelle arrivée !
La terre se raréfie en la Colonie du Cap, entrainant vite une hausse des prix du foncier, fragilisant la communauté des Fritzlandophones qui est bien plus agricole donc dépendante de la terre que ne le sont les Britons qui eux ont souvent un lien plus relâché avec tout ça .
Les Boers ne sont pas dupes : ils savent que quelque chose de grave se prépare en Britonnie !
Et le couperet tomba effectivement dès l'année suivante : en Mars 1845, le Parlement de Britonnie a annoncé officiellement l'interdiction définitive et totale de l'esclavage en métropole et en colonie .
Toutes les colonies du Royaume-Uni de par le monde (dont l'Aleka) sont affectées et obligées de faire appliquer l'ordonnance dans leurs propres territoires : le 1
er Mai 1845, la fin de l'esclavage entre en vigueur en Aleka et ce sans aucune compensation prévue pour les propriétaires .
Rétrospectivement , de nombreux Alekaners le voient comme un mal pour un bien dans le sens où parce qu'ils n'avaient jusqu'alors presque aucune raison de se plaindre , la communauté n'aurait probablement jamais connu de sursaut aussi fort et se serait fait progressivement assimilée !
L'adoption de cette loi était probablement inévitable , mais la publier si tôt , alors que les Boers n'ont pas encore perdu cet esprit d'indépendance qui les animait mais s'affadissait peu à peu , a qui sait peut-être permit de servir d'électrochoc aux Boers et de sauver la culture Fritzlandophone !
Mais cette nouvelle loi , entranchée dans la Charte Coloniale (
qui sert de constitution à la colonie) fait scandale parmi la population et pas seulement parmi les Boers ! De nombreux britons souvent membres du patronat local s’en plaignent comme étant une atteinte intolérable au droit patronal et un fardeau inutile sur l’économie du Cap. Dès le 15 Juin , le mois suivant , des mécontents vinrent manifester devant les bureaux de l’administration coloniale britannique qui reste sourde à leurs revendications et ordonnent de faire lâcher les chiens d’assaut sur la foule : 8 blessés graves .
Et dès le lendemain est annoncée une mesure de rétorsion : une douzaine de Boers seront pendus en place publique la semaine prochaine à Kaapstad pour avoir voulu garder leurs nègres en esclavage .
Après plusieurs heures d’appels en justice et de contestation dans la rue , les douze Boers accusés furent effectivement pendus en place publique à Kaapstad le 18 Juin 1846 devant la population Boer affligée et une forte minorité de Britons compatissants qui ne purent rien faire de par l’ampleur du dispositif sécuritaire déployé autour de l’événement .
Le 18 Juillet 1845, révoltés par cette mesure , des dizaines d'Alekaners s'organisant en un convoi placé à la suite d'un vote sous la direction de Luis Trishardt, partent vers le Nord-Est pour rejoindre les grandes plaines herbeuses du veld situées derrière le Grand Escarpement , une région connue mais jusque-là très peu explorée par les occidentaux qui en avaient une peur bleue .
Ce sont les premiers Voortrekkers , les héros du Grand Trek .
Et si aujourd’hui ils font partie des héros de l’histoire de l’Aleka , tout n’aura pas été facile !
Les voyages furent longs et douloureux , pour toute une myriade de raisons .
Il y a d’abord le simple fait que les Voortrekkers savaient où ils voulaient aller, le plus loin possible de la colonie du Cap, mais pas du tout là où ils allaient concrètement : il y eut ainsi des mois et des années d’errance à travers le grand escarpement puis dans le highveld , sans direction réelle à suivre autre que le simple feeling des guides des convois . Les ossewas furent confrontés à de lourdes contraintes physiques de torsion et d’écrasement au fil des trajets sans route ni piste , et à des chocs thermiques considérables entre le jour et la nuit , affectant aussi les gens , et qui affaiblissaient tout le monde semaines après semaines .
Le mal des montagnes , aussi : tout est plus fatiguant à plus de 2'000 mètres d’altitude !
Enfin il y avait les indigènes qui rodaient partout , guettant les Voortrekkers pour leur tomber dessus avec une sauvagerie effrayante , tuant les hommes , violant les femmes et jeunes filles puis emportant les rares survivants en esclaves pour le kraal .
Rétrospectivement la longue migration que fut le Grand Trek se subdivise plus précisément en cinq grandes étapes s'étalant sur environ trois ans et impliqua la participation de milliers de gens :
- Expédition de Luis Trishardt partie en début-Septembre 1845 avec 9 familles
- Expédition de Hans de Wanburg, partie en fin-Septembre 1845 avec 48 autres personnes
- Expédition d'Henry Potrieker, partie en Mars 1846, avec plus de 200 personnes
- Expédition de Jerry Mathis, partie en Septembre 1846 de Krâf-Reinet avec plus de 700 personnes
- Expédition de Piet Relief, partie en Février 1847, depuis Alkombey, avec une centaine d'autres
- Expédition de Pieter Luys partie en Avril 1847, avec environ une centaine de personnes
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Constatant la désertion en un quart de siècle d'une forte minorité des Alekaners , les britanniques en profitèrent alors pour accentuer leur emprise visuelle sur la région et s'en prennent alors à la toponymie même de la colonie en renommant plusieurs sites importants : la Dukloofberg devient la Ford-Belt !
Et ainsi de suite ... Mais le changement le plus controversé est lorsque le 21 Décembre 1875, ils firent changer le nom de la ville de Kaapstad le bastion historique des Boers !
Le nouveau nom proposé : Sofiatown ne convient pas aux Boers qui veulent tout simplement qu'il n'y ait aucun changement au nom de la ville et un point c'est tout ...
Le 9 Janvier 1876, les Alekaners de la colonie du Cap Occidental se révoltent : une grande manifestation a lieu ce matin-là devant le gouvernorat , rassemblant 14'000 personnes , mais les autorités ne se laissent pas impressionner, et font violemment disperser la foule .
Le 15 Janvier 1876, le nouveau nom de la ville entre en vigueur, c'est l'actuel : Moonhoek .
Pourtant à l'époque il n'a plus à personne : ni aux britonniques qui voulaient un nom entièrement britosaxon pour punir par proxy les fuyards du Grand Trek ni aux Boers qui y voient une tentative de mixage ethnolinguistique qui est un concept auxquels ils sont à l'époque allergiques !
Pendant ce temps-là , les Britons eurent leurs propres chats à fouetter, et ne se préoccupèrent donc plus des Alekaners qui ont ainsi pu construire et gérer tranquillement les deux nouveaux états .
En 1877, le Royaume-Uni est très préoccupé par l'état du Nord-Est qui ne s'arrange pas .
Bien au contraire , ça empire de semaines en semaines , depuis que les armées britanniques ont subi une très lourde défaite à la Bataille d’Ishandalwhana , dans l’actuelle province du Kwazulonatal où la population Zulo se place désormais en contestation frontale contre l’occupant blanc adélosaxon .
Le Zuloland est alors en une situation délicate : d’un côté il est au faîte de sa puissance et domine un immense territoire et dispose de la plus grande armée indigène d’Aleka , alors que de l’autre il est au bord de l’implosion face à la pression migratoire des Khozas affamés venant réclamer de l’aide d’une part et des Boers d’autre part en pleine expansion de leurs états indépendants .
Les Britons ont donc décidé de couper court sur-le-champ aux problèmes en démembrant immédiatement le Zuloland afin de l’inclure dans la colonie du Cap Oriental : le 3 Janvier 1877, une force expéditionnaire britannique débarque à Woodstocktown puis remonte vers le Nord .
Rapidement , les généraux Britons décident que ce sera une guerre conventionnelle car tout selon s’y prête pour une victoire rapide sur l’ennemi .
Et tout ça amena exactement l’effet escompté : les Britons furent humiliés à Ishandalwhana .
La défaite est totale pour eux , perdant plusieurs milliers d’hommes tués ou amputés sur une force expéditionnaire d’environ 10'000 soldats ! En comptant les malades et les disparus , la moitié de la force expéditionnaire arrivée le 3 Janvier 1877 était inutilisable à la Noël …
Climat d'autant plus délétère qu'entretemps les choses ont mal tourné pour les Khozas !
Les années 1870 furent l'occasion d'une des hystéries collectives les plus bizarres et meurtrières :
Le démembrement de la population Khoza par une famine ravageuse causée par la crétinerie à l'état brut dans son expression la plus triste et la plus massacrante .
Le 9 Avril 1876, deux jeunes filles noires de l'ethnie Khoza allèrent tirer de l'eau à une rivière .
Et là , ce matin , un spectre leur apparut disant qu'il était l'ombre d'un éclaireur de l'armée de l'outremonde qui un jour, viendrait pour chasser les Blancs , Boers et Britons , dans la mer.
Le meilleur moyen pour ça ? Tuer tout le bétail et incendier les récoltes agricoles !
Et surtout de ne plus travailler, ni semer de futures récoltes ... Forcément cela aurait un impact direct sur la vie quotidienne de la population qui serait qu'elle souffrirait bientôt de la faim mais que ce ne serait pas grave car d'ici le 18 Février 1878, au plus tard ! Les soldats de l'outremonde seront là et alors le monde sera libéré des envahisseurs et l'abondance viendra à flot sans travailler...
Malheureusement les Khozas ont foncé tête baissée dans ce délire , du fait qu'ils n'étaient pas assez éduqués pour comprendre que supprimer la nourriture donne faim et que ça ne sert à rien d'en attendre après des esprits (
qui de toutes façons n'existent pas) pour résoudre des problèmes par la fainéantise .
Abusé par le sorcier du village d'Urundi qui relaie et amplifie l'appel donné par les deux jeunes filles le grand chef de tout le peuple Khoza réclame alors que les ordres soient exécutés immédiatement .
Le résultat est très largement à la hauteur des attentes : en moins d'un semestre la quasitotalité du bétail et des récoltes agricoles a été supprimée et en Novembre 1876, la faim commence à pointer.
Mais au lieu de se révolter, les Khozas sont ravis ! Ils sont fous de joie de savoir que leurs enfants meurent de faim parce qu'il n'y a plus rien à manger, car ça annonce la fin des Blancs !
Et le jour tant attendu du 18 Février 1877, c'est véritablement tout l'Aleka qui tremble !
Les Khozas attendent avec impatience l'arrivée des spectres tandis que les Blancs , qui sentent déjà en quoi tout ce cirque débile va finir, se préparent militairement à faire face au chaos à venir.
Comme le raconte le missionnaire Robart Mollins =
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Le soleil se leva et se coucha normalement . Entretemps , il ne s’était rien passé du tout .[/quote]
Sauf que les malheureux attendaient désespérément un signal de la part des grands ancêtres ...
La frayeur, l'angoisse primale de la faim saisit alors les Khozas , un peuple alors en piteux état après plus d'un trimestre d'attente dans la peur, la faim et la soif, comme le décrit Ellen Defoe :
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Probablement l'une des images les plus tragiques de ce jour, temps maudit que je n'oublierais jamais aura été de voir cette vieille dame dessoudée par l’âge et tordue par des semaines de starvation qui malgré tout fut sortie parée de bijoux en bronze qui tintaient en continu .
Elle était si faible qu'il n'eut presque pas été abusé de dire que c'était presque les bijoux qui la tenaient debout plutôt que ses propres jambes tant elle tremblait d'épuisement ce qui faisait sonner les bijoux et elle en était pour ainsi dire heureuse car elle espérait attirer ainsi les esprits sacrés .
Et elle se cramponna à ce dernier espoir, jusqu'à ne même plus avoir assez de force pour enlever ses bijoux et s'écroula par terre à bout de force , pour mourir en contact avec le sol des ancêtres .
Quand le Soleil se coucha ce soir-là il y avait un silence de mort , au sens le plus brut du terme .
La plaine sentait le cadavre , la peur, la honte et la souffrance .
Les enfants ne riaient plus , ne jouaient plus , n'avaient même plus la force de pleurer...[/quote]
Les humanitaires britons qui tourèrent dans le pays des Khozas pour distribuer de la nourriture afin de sauver le plus de monde possible furent confrontés à des scènes véritablement postapocalyptiques qui leur brisèrent le cœur, et en traumatisa à vie des centaines voire des milliers .
Beaucoup racontèrent avoir vu des gens condamnés pour qui il était déjà trop tard rassembler leurs ultimes forces pour grimper dans le silo à grains pour voir si la prédiction qu'il se remplirait miraculeusement en leur absence s'était réalisée mais bien entendu dans chaque cas il ne restait rien alors ils grattaient désespérément le torchis des murs et du sol du silo, à la recherche du moindre petit grain de céréales et crevaient sur place parce-qu'ils étaient trop faibles pour en redescendre .
Des mères émaciées aux seins aplatis et crevassés auxquels se cramponnaient désespérément de jeunes enfants voire des adultes arrivés à la fin de leurs forces , et qui tous grattaient le sol pour y chercher des racines à faire bouillir, pour avoir au moins quelque chose à mâcher...
Des soldats qui firent bouillir, par désespoir, les boucliers en cuir, ou les jupes en laine .
Les rares chiens qui avaient réussi à échapper à se faire tuer pour de la nourriture s'allièrent aux corbeaux pour venir ensuite dévorer les cadavres et parfois même des gens encore vivants tandis que les missionnaires calvinistes Britons ou Boers durent intervenir pour empêcher certains parents de tuer leurs propres enfants pour les manger, et beaucoup d'autres n'eurent pas cette chance au point que l'un de ces missionnaires déclara dans une conférence de presse 5 ans plus tard :
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J'y ai vu ce qui arrive quand Dieu abandonne ses enfants . La famine efface toute humanité .
Elle écrase les esprits jusqu'à ne plus laisser aucune place pour autre chose que de manger.[/quote]
Le gouverneur général est en quelque sorte pris en otage entre ses devoirs envers la couronne laaglandaise et sa sympathie pour ces concitoyens , et la royauté britone le sent bien !
Le 12 Janvier 1879 , la décision tombe tel un couperet sur les alekaners : Hans Tachenreschner, le colonel en charge de la sécurité de la ville de Moonhoek se voit accorder une promotion express avec triplement de salaire
au grade de lieutenant-général dans l'armée britone puis est muté à plusieurs milliers de kilomètres de là dans l'actuel Territoire de Fuongzhou pour 10 ans .
Et il ne s'y trompent pas : la royauté a bien compris qu'étant né et élevé ici , il est trop éloigné dans tous les sens du terme de la métropole . Son insistance sur la question linguistique lui fait craindre une potentielle défection en faveur de ceux qu'il est censé surveiller !
Tandis qu'à sa place est nommé à ce poste crucial , un homme insignifiant qui n'a aucune affinité avec la région ce qui permet aux britons de se calmer, mais qui désormais tiennent à l’œil cette colonie un peu trop autonome culturellement parlant ...
Guerre d'Indépendance
Si à l'extérieur, les relations entre le Royaume-Uni et l'Alekanerdom , un terme sous lequel se rejoignent les deux républiques boers principales en Algarbe du Sud , en vrai à l'intérieur, ça empire ...
Les premiers méprisent les seconds et réciproquement tandis que les Boers tolèrent de moins en moins l'immigration pourtant légale des britanniques dans des territoires qu'ils ont conquis de leurs mains en les arrachant aux noirs pour s'y établir, justement dans l'idée de les fuir, les britanniques !
Mais les trésors en or, en diamants et en terre arable attirent la cupidité vénale des grandes corporations industrielles britanniques qui font pression sur les autorités du Cap, pour obtenir une invasion en règle des territoires septentrionaux de l'ile .
C'est pour cela qu'en 1894, à Grûnalia , est signé un accord de mise en commun des ressources militaires et infrastructurelles entre les deux républiques boers : dans le traité réapparait pour la première fois depuis bientôt deux siècles le terme d'Alekander, qui devint vite Alekaner.
Combinée avec la révolution industrielle et urbanisante en cours dans la société , cette apparition va permettre de populariser ce terme jugé plus inclusif que celui de Boer.
C'est ça qui va faire émerger une identité commune et uniforme à tout les Fritzlandophones blancs !
Cette idée de l'Alekanerdom , qui paradoxalement se renforcera encore plus après la guerre ...
A ce moment là , l'Alekanerdom est fondée et une nation fédérale unifiée tente tant bien que mal de se créer et de se stabiliser, mais les britanniques en métropole ne veulent pas lâcher prise .
Conscients du danger que représenterai cet état agrandi hostile à leurs intérêts , en plus de la perte des rentes des ressources du territoire national , la Britonnie riposte immédiatement en y envoyant son armée régulière au grand complet et grands atours !
Celle-ci dispose ainsi de tout un matériel ultra-moderne incluant navires-cuirassés , mitrailleuses , du fil de fer barbelé et des canons très forts pour l'époque voire même des débuts de chars d'assaut !
Elle débarque là le 1
er Aout 1895 et commence alors tout de suite à envahir l'ensemble du territoire .
Dés le 21 Aout l'occupation est totale !
Toutefois les citoyens du jeune état n'ont pas l'intention de se laisser faire confisquer ce territoire qu'ils chérissent déjà tellement , et ils commencent eux-aussi immédiatement à former une résistance partout dans le pays sous la forme de petites unités paramilitaire très mobiles : les kommandos .
Mais l'Armée du Royaume-Uni commence bien vite à tous les traquer sans relâche en un conflit qui fait de nombreux morts et blessés des deux côtés.
Drame de ce conflit qui voit s'affronter des blancs dans une guerre civile à l'autre bout du monde !
L'AB n'hésite pas à faire usage de dirigeables et de mitrailleuses (
c'est tout nouveau à l'époque ) dans les forêts subtropicales pour déloger les résistants mais sans que cela n'apporte pourtant de marge significative et au début les britanniques ne la mène pas large !
Pire encore la tentative de mener une bataille conventionnelle à Spionskop le 8 Novembre tourne à la boucherie et coute au Royaume-Uni plus d'un millier de combattants en une seule et unique journée !
Très vite les généraux de la force expéditionnaire doivent se rendre à l'évidence => La méthode habituelle de la guerre conventionnelle ne mène nulle part .
Au sein de la résistance un posnan s'est fort bien illustré : le Général Antoine Delaray, aussi appelé le Lion du Transvaal Occidental pour sa force physique hallucinante ainsi que sa grande intelligence pour la tactique sur le champs de bataille , et du fait qu'il s'est illustré sur le front du Transvaal de l'Ouest dans ce qui est aujourd'hui la Province du Kerala .
Mais face à lui se trouve un autre officier, de grande valeur, qu'est le colonel Briton Kenneth Anton .
Il s'est illustré durant la bataille de Spionskop en tenant à lui seul une colline pour couvrir la retraite de son bataillon qui fut décimé au plus fort des combats , tuant seul plusieurs dizaines d'Alekaners !
Lui au moins avait tout de suite compris , dés son arrivée en Aleka , que cette guerre ne ressemblerait à aucune autre guerre du passé et qu'il fallait se montrer aussi méchant et tacticien que l'autre .
Kenneth Anton est nommé Général en chef de la lutte contre la résistance le 14 Novembre et commence tout de suite à mettre en pratique ces théories : la guerre doit être pratiquée comme la font les résistants et se doit d'être totale , partout , asymétrique .
Il exige de ses soldats beaucoup de courage et d'abnégation , mais en même temps leurs demande de fuir dés que possible face à l'ennemi . Les Britons s'offusquent de sa méthode jugée lâche et trop conciliante mais le futur va vite donner raison à Anton ...
Face à cette nouvelle tactique , il est particulièrement difficile à l'Armée de la Résistance de tenir la gageure face : la forte mobilité des troupes résistantes et leurs connaissances du terrain rendent tout son matériel inutile et trop lent .
Dés le mois de Décembre , la vapeur est renversée => l'AB ne cessera de gagner du terrain et ne récupérera jamais la maitrise du champ de bataille , tandis qu'à la résistance la guerre lui échappe complétement , la victoire pourtant à portée lui glisse d'entre les doigts ...
En Février, c'est la Semaine Sanglante : le 15, le 17, et le 19, les Britons infligent de sévères défaites aux combattants Alekaners de la résistance . Elle qui n'avait en 5 mois perdu qu'une centaine de soldats , elle en perd à chaque fois 1 200 ! A la fin de la semaine elle a perdu 3 600 soldats supplémentaires et le cout humain ne va cesser d'augmenter durant tout le reste de la guerre .
Kenneth Anton en personne se permet même d'affirmer : "
Nous avons vengé les martyrs de Spionskop " .
Finalement, le vendredi 13 Septembre 18--, les Britons déclenchent
l'Opération Vendredi 13 : une vague d'attaques suicides contre les QG ennemis, décapitant leur commandement.
Au prix très lourd de la mort de plus de 250 volontaires , rejoignant les martyrs des Alekaners , les résistants parviennent à sauver une trentaine des principaux généraux de la résistance mais l'ennemi
a détruit ses centres de logistique en munitions et en nourriture .
Si malgré toutes les difficultés rencontrées jusque là , la résistance avait continué de croire en ses chances , qui d'ailleurs étaient bien réelles , de gagner la guerre , il est clair pour tous qu'après cette frappe d'envergure nationale il n'est plus possible de venir à bout de l'occupant .
Le bilan final de la guerre est très lourd : 6'000 morts parmi les Boers et 8'000 parmi les Britons d'un point de vue strictement militaire auxquels s'ajoutent environ 140'000 civils innocents .
Bien que les Britons aient perdu d'avantage de soldats , la compensation démographique de leur coté fait que la guerre a eu un impact beaucoup plus long et lourd sur les Alekaners .
Il y a le traumatisme des camps d'extermination où les Britons ont tué à l'industrielle des dizaines de milliers de femmes et d'enfants dont le seul crime étaient d'être les familles des résistants .
Il y a la seconde grande famine de l'histoire du pays , à cause du brulage des fermes rurales .
Et pour finir, il y a des deux cotés la honte de se dire que des chrétiens protestants se sont entretués sous le regard horrifié et désillusionné des aborigènes qui en voyant des blancs pleurer, souffrir, et déprimer, comprennent que la puissance de ceux-ci n'est pas absolue et qu'ils peuvent être battus militairement quand l'on s'en donne vraiment les moyens .