- Faction jouée : Faction royaliste slave
- Municipalité jouée : Krideric
- Moyens utilisés : Réunion citoyenne et discours dans la salle municipale de la commune
Si Valerian restait pour l'heure sur la réserve, prêtant son nom et son image, ainsi que ses finances, à ses partisans, Miesko n'hésitait pas à s'impliquer... et ce n'en était que plus vrai avec les derniers échos qui étaient venus d'Ambrosius. En effet, au rang des situations qui ne pouvaient que faire réagir les gens, peut-être plus encore que les attentats de toutes sortes, les identitaires avaient fait forts, cette fois-ci, puisqu'ils avaient émis rien de moins... qu'une condamnation à mort de masse. Alors que certains analystes pensaient que les nouveaux maîtres d'Ambrosius allaient agir « progressivement » pour modeler leur nouveau fief à leur image « en douceur », les faits avaient révélé qu'ils avaient tord... à moins que les identitaires n'aient pas la même définition de la douceur que les gens ordinaires. En tous cas, ils avaient très vite frappé un grand coup, sitôt la ville sous leur coupe, ou presque : après quelques « gentilles » campagnes de publicités, on était très rapidement passé à des ordres pour des assassinats de masse.
Les faits, rapportés par les sympathisants que les monarchistes avaient toujours dans la ville d'Ambrosius, avaient ensuite rapidement été répandu dans la ville par des copies papiers, ainsi que sur la toile, relayés par des lanceurs d'alerte. Les monarchistes ignoraient au juste qui était derrière cette alerte, mais ce n'était pas bien grave : d'une part, jamais Miesko Maksimov n'aurait pu reprocher à des citoyens justement indignés de faire passer une si terrible nouvelle... et d'autre part, l'alerte déjà répandue dans la population ne faisait que servir les besoins des monarchistes. Pas besoin d'étaler leurs ressources, généreusement fournies par leur roi et par les plus riches de ses partisans, mais néanmoins finies, pour alerter la population, puisque celle-ci était déjà en alertée grâce à l'action des lanceurs d'alerte. Il avait donc été facile de réunir des citoyens concernés et outrés dans la salle municipale de Krideric, louée pour l'occasion, pour une « réunion citoyenne » sur le sujet.
En théorie, bien entendu, tous étaient autorisés à prendre la parole, mais dans les faits les orateurs, étant issus des rangs des gens concernés par la chose, et dans une commune où les idées identitaires étaient encore très peu répandus, préparèrent tous le terrain comme s'y attendaient les monarchistes : en disant tout leur indignement face à une loi qui autorisait la mise a mort pure et simple de toute personne en prison, peu importe son crime, sur simple base de critères d'origine. Si certains incluaient le fait qu'ils « n'étaient pas pour qu'on laisse faire n'importe quoi aux immigrés », ou encore qu'ils « étaient totalement contre toute cette sale immigration », aucun en tous cas n'osa aller dans le sens de cette nouvelle mesure. Et finalement, au moment où l'assemblée était la plus nombreuse et la plus échauffée, Miesko Maksimov prit lui aussi la parole, acclamé par ses partisans et par certains autres, qui suivirent tout simplement le mouvement.
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Miesko Maksimov, prince héritier présomptif du trône slave.[/center]
« Bonjour à tous, bonjour à toutes. Je suis Miesko Maksimov, héritier présomptif du trône slave de Sébaldie. Je vous le dis dans un soucis de transparence, pour ne pas que certaines mauvaises langues viennent murmurer que j'aurai tenter de manipuler cette assemblée en gardant le secret sur ma filiation. Mais ce soir je suis avant tout, comme vous, un citoyen sébalde, outré, horrifié, par la proclamation qui vient d'être faites à Ambrosius, en Sébaldie, tout prêt d'ici ! »
De sa belle voix claire, Miesko – qui n'avait pas étudié en vain la rhétorique lors de ses études – mis en relief une nouvelle fois les fais, pour « un rappel nécessaire » de tout ce qu'ils impliquaient. Un rappel des faits qu'il rendit éloquent, mais qui visait pourtant à aller bien plus loin qu'une simple dénonciation morbide. Non, le prince présomptif avait des exemples beaucoup plus concret à présenter. Après avoir interpellé l'assemblée, déclarant que certains dans la salle pensaient peut-être que cela les débarrasserait de ceux des musulmans qui refusaient le modèle sébalde et se radicalisaient, finissant donc en prison, il présenta la photographie d'un jeune homme noir, souriant, une croix autour du cou.
« Voici Marok Gakog, citoyen maokorien de naissance. De religion orthodoxe, très pieux, mais homosexuel, il a fuit l'obscurantisme de sa patrie où ceux qui n'ont pas la bonne orientation religieuse sont mis au couvant pour « éviter la tentation » et est venu en Sébaldie. Il espérait y trouver une terre de liberté et de démocratie, où il pourrait vivre tout à la fois sa foi et ses préférences sexuelles librement. Capable de ses mains, ce jeune homme a fait tout son possible pour apprendre le néerlandais, et y est parvenu non sans mal, puis a finalement trouvé du travail dans la boutique d'un fabriquant de meubles, à Ambrosius, apprécié par son patron pour ses savoirs-faire et son faible coût. Il a réussi tant bien que mal à s'intégrer, fréquentant toujours largement l'église orthodoxe d'Ambrosius. Il a commencé les démarches pour devenir citoyen sébalde.
Mais voilà, lors de son arrivée, seul, sans le sous, sans personne pour l'héberger, ne connaissant pas bien le système sébalde et les aides qu'il permet, Marok a fait une erreur. Il a volé dans un magasin, essentiellement de la nourriture, mais, peu habitué à ce genre de choses, il s'est fait prendre. Il a donc fait de la prison, oh, pas beaucoup, quelques jours peut-être, puis, devant la sincérité de ses remords, il a été remis en liberté avec un avertissement. Depuis, il a remonté la pente, et a remboursé au commerçant lésé toute la marchandise. Un jeune homme bien, pas un radicaliste néo-quelquechosiste, qui a simplement fait une erreur, s'est fait prendre et a payé pour cela.
Aujourd'hui, je suis sans nouvelles de Marok Gakog, et mon ami vivant à Ambrosius, qui m'a parlé de lui, qui m'a fournis cette courte biographie que je vous ai présenté, est très inquiet pour lui. En effet, selon la loi du nouvel état auto-proclamé identitaire d'Ambrosius, Marok est dès aujourd'hui condamné à mort. Sans jugement, sans procès. Pour avoir voler de quoi manger il y a plus d'un an, ce jeune homme, parce qu'il est d'origine zanyanaise, est condamné à mort, purement et simplement. »
Le silence était devenu d'or, dans la salle. L'exemple était choisi, bien entendu. On ne pouvait pas reprocher à ce jeune homme d'être issu d'un état ennemi, de pratiquer une religion dangereuse, d'être radical, de mériter la mort ou même de profiter des ressources de la Sébaldie. Difficile de lui trouver un sujet de haine, et pourtant, comme Miesko le démontra en faisant afficher cette fois le texte de la proclamation d'Ambrosius – largement disponible sur internet – et en relisant tout simplement ce qui était dit. L'exemple était peut-être un peu trop parfais toutefois, et le prince enchaîna sur plusieurs autres photos, plusieurs autres histoires, chaque fois de gens qui ne méritaient nullement de mourir, en s'y attardant moins longuement toutefois. Si certains avaient pu venir avec de la sympathie pour l'idée d'éliminer les islamistes dormant en cellule, difficile d'être d'accord avec le massacre qu'on leur exposait – sans rien déformer des faits, en plus.
Vint ensuite le moment de canaliser cette émotion, et pour cela le prince présomptif passa une autre photographie, celle du président de la république sébalde, salué par des huées, rapidement rejointe, à côté, par celle du premier ministre faisant fonction, guère plus appréciée par les réactions de l'assemblée.
« Les responsables de tout cela, les voici, ceux qui sont sensé représenter les sébaldes et assurer l'ordre et la paix en Sébaldie. Ceux qui refusent de prendre leurs responsabilités en main et d'agir, ceux qui préfèrent se consacrer à des broutilles plutôt que de mettre le holà à Ambrosius. Qu'il y ait eut un mouvement populaire chez nos voisins en faveur des identitaires, pourquoi pas, entendons-le, mais de là à les laisser massacrer, assassiner, les innocents comme les coupables non sur la foi de leur culpabilité mais sur la seule foi de leur origine, il y a un monde, un monde que ces gens n'ont pourtant pas hésiter à franchir. Demain, Marok et tous les autres seront peut-être morts, tués par les milices identitaires, et cela pourquoi ? Parce que l'état central n'a pas hésiter à les laisser faire. Pendant qu'on proclame des meurtres à Ambrosius, tout ce que sait faire le gouvernement c'est nous demander de voter sur les poucettes dans les transports en commun !
Je vous le dis, tout ceci ne doit pas, ne doit plus durer. Les identitaires d'Ambrosius, les ventre-mou et néo-malthusiens cannibales de la capitale, tous sont les symptômes d'un même mal : celui du communautarisme sans cesse plus encré en Sébaldie. Vous voulez mettre fin aux attentats, ne pas laisser votre pain aux musulmans, ne pas leur offrir votre vie : je l'entend. Mais à votre avis, le résultat est-il de les frapper encore et encore ? À moins que nous ne soyons prêts à tous les massacrer jusqu'au dernier, femmes et enfants compris, la seule chose que cela créera, c'est encore plus de haine : de nouveaux musulmans prendrons leur mitrailleuses pour commettre d'autres attentats, et en réaction les identitaires pendront d'autres musulmans et... où cela finira-t-il ? Combien d'autres innocents comme ceux dont je vous ai parlé, comme tous ceux dont je n'ai pas eut l'occasion de vous parler, comme la plupart des victimes des attentas, seront broyés dans le processus ?
La seule façon d'en sortir est de dire stop au cycle de la haine. Punissons très durement les terroristes et leurs complices, eux, évaluons dans un procès s'ils méritent la mort. Remettons clairement des barrières à la Sébaldie en revoyant les lois d'immigrations. Réfléchissons à faire s'intégrer les musulmans et les autres immigrés, à procéder à des retours dans leurs pays pour ceux qui ne voudront pas s'intégrer. Protégeons notre culture, nos traditions, notre identité, face aux menaces. Oui, mille fois oui ! Mais refusons toujours que cela se fasse au détriment des innocents ! Si nous continuons, où nous arrêterons-nous ? On remontera aux citoyens originaires de tous les pays non-jeekimois, puis à tous les non-sébaldes, à tous ceux qui ne le sont pas depuis assez de génération, à tous ceux qui ne sont pas d'accord avec les identitaires ? Les attentats frapperont les églises, les écoles, les crèches ? Non, refusons la montée dans l'horreur !
Tous les politiques partisans, tous ceux qui se cachent derrière un parti pour lancer leur haine, qui jouent au jeu du communautarisme pour renforcer leur électorat, ont montré qu'ils étaient incapables, pire, dangereux ! Je dis que nous devrions en revenir à un mode de gouvernement plus juste, qui respecterait nos valeurs, et refuserait toute politique communautariste et partisane ! »
Le prince continua encore petit moment, avant de finir son intervention, sous les applaudissements. Il ne parla pas directement de restaurer le pouvoir royal, pas encore. Cela aurait paru bien trop orgueilleux. Mais après un ou deux intervenants neutres, ce fut au tour de Kareslav Zovega et de quelques autres de clore la réunion, tous sur le même constat : si les politiques avaient prouvé qu'ils étaient inefficaces, qu'ils renforçaient le communautarisme par intérêt, qu'ils hésitaient à prendre leurs responsabilités pour se préserver, il fallait en revenir à quelqu'un qui serait au-delà des divisions des partis, qui ferait partie de la Sébaldie ancestrale tout en n'ayant intérêt à persécuter aucune communauté, bref, qui pourrait unir le pays, et n'aurait jamais à être paralysé par des faiblesses électorales et institutionnelles. Il fallait en revenir au roi, conclurent-ils, à une forme de gouvernement qui ne se laisserait jamais aller à de telles dérives.
Après la réunion, une fois encore, ils ne manquèrent pas de parler aux plus enthousiastes, les invitants à rejoindre la cause royaliste, leur parlant des nombreuses qualités du candidat slave, Valerian. Mais l'effet principal, lui, serait avant tout la diffusion des idées par l'ensemble des gens présents. Des gens qui n'avaient pas forcément entendu vanter Valerian, mais avaient tous pu voir de leurs yeux les qualités affichées par Miesko Maksimov...