Révolution et conspirations

Rezzacci

Message par Rezzacci »

<center>Chapitre II : Quand les amis s’en mêlent
28 février 2018


Palais des Doges
Bureau du Conseil des VII
</center>


Don Figaro Mercante s’affala dans son fauteuil, abattu. Il venait de lire le journal, et les nouvelles n’étaient pas bonnes.
Il s’étonna quand même que le réseau d’informations publiques possède plus d’informations que le service d’espionnage. Surtout que ce dernier les lui donnait, exactement les mêmes, quelques heures plus tard.
A croire que le service basait ses informations sur les élucubrations de Mi-figue mi-raisin. Absurde.

Il regarda autour de lui. La plupart des membres de l’Etat-major d’urgence étaient arrivés. Don Figaro Mercante se leva et prit la parole.


Don Figaro Mercante (membre du conseil des VII) : Messieurs, la situation est grave. Comment se fait-il que nous n’ayons pas pu empêcher cette escalade de la violence ?

Guglielmo Malatesta (maréchal de république) : Que voulez-vous, Don ? Nos troupes sont désorganisées. Le système démocratique pour diriger une armée n’est pas le meilleur système, loin de là. Nous observons des désertions, des abandons et des refus d’obtempérer tous les jours. Malgré le fait que la quasi-totalité de la soldatesque soit de notre côté, il en faut plus pour créer une armée.

Don F.M. : Bon, d’accord. Mais pourquoi le Kirkstan vient-il mettre son nez dans nos affaires ?

Roméo Mercante (directeur du service de greffe) :
Une simple affaire de calcul. Le Kirkstan se fait de plus en plus détester par la communauté internationale, et est en manque flagrant de soutien tant militaire que démographique. Pouvoir mettre la main et faire de Stalagmanque une république populaire fantoche serait un moyen superbe pour lui de se remettre d’aplomb.

Don F.M. : Bon, très bien. Comment cela se passe-t-il dans notre politique de dénigration du mouvement révolutionnaire ?

Mgr. Frabricce (grand-maître de l’inquisition) : Très mal, votre excellence. Nous nous sommes fait taper les doigts par les juges métropolitaines. Tout prosélytisme est interdit sur nos terres, je vous le rappelle. Même le prosélytisme prodigué par le Sénat. Par ailleurs, nous avons pris connaissance de prosélytisme sunnite au sein des révolutionnaires. Le Coorland nous a mis en garde contre le sunnisme, probablement complot tarnois. Ils annoncent même qu’ils interviendront si jamais les sunnites prennent trop d’importance, avec ou sans notre accord.

G.M. : Mais c’est inadmissible ! Depuis quand un pays a-t-il le droit de venir semer la pagaille dans des affaires internes ?

R.M. : Nous avons des problèmes plus graves, Don. L’aéroport de Bel Proximus est sous la houlette des rebelles. Nous ne pouvons espérer aucun soutien de la part de l’extérieur par la voie des airs. De plus, l’Université refuse catégoriquement que l’espace aérien soit promené par des engins militaires n’étant pas estampillés de son sceau.

Dr. Matteo Spalanzani (chancelier de l’Université) : Je vous rappelle que le ciel est le domaine privé de l’Université : ordonnance républicaine du Sénat.

Signor Umberto Gorzza (magistrat des eaux) : Et il est aussi dit : « L’espace aérien, demeure de Dieu, n’appartient ni aux hommes ni aux nations. Qu’elles retirent leurs prétentions de ces lieux éthérés et magnifiés » : Tables Furibalditaines. En parlant de ceci, votre excellence, il y a un souci majeur dans votre laxisme vis-à-vis de notre politique internationale. Laisserons-nous la Sainte Alliance piétiner notre souveraineté ?

Don F.M. : Comment ça ?

Signor U.G. : Les Tables Furibalditaines sont très claires : la présence de flottes militaires étrangères dans des eaux territoriales sont considérées, avec ou sans accord, comme une déclaration de guerre de la part de la susdite nation étrangère. Nous ne pouvons accepter ces aides maritimes. De plus, dois-je rappeler que nous avons la meilleure flotte d’Alméra occidentale ? Nous sommes nous-mêmes capables d’empêcher les mouvements révolutionnaires de traverser les eaux. La Magistrature des Eaux et la Compagnie Marchande se réservent le monopole des eaux stalagmantines militaires, et nous refusons également que Schlessien ou Transyldavie viennent empiéter chez nous. De quoi parlent-ils, de contrôler les entrées et sorties des navires dans le port de Stalagmanque ? Ont-ils perdus la tête ! Jamais, dans l’histoire de la république et de la région continentale un port d’une république soumise aux Tables n’a vu son port à l’accès contrôlé, et ce n’est pas aujourd’hui que ça commencera.

Cristoforo Dalnési (porte-parole de la Chambre de Commerce) : Je m’oppose également aux politiques proposées par le Schlessien d’entourer le pays par un « filet » et empêcher toute influence de l’extérieur. Cela ne pourra que nuire au commerce ! Nous refusons catégoriquement qu’un quelconque contrôle des frontières, contrôle dont le Fisc s’est toujours porté garant, soit mis en place. La liberté de circuler et de commercer ne doit pas être mise en danger par une guerre ou une révolution. Ce sont les droits fondamentaux des êtres humains.

Mgr. F. : De plus, pourrais-je savoir ce qu’ils entendent par « nettoyage politique » ? Serait-ce une tentative de nous associer à leur ordoéconomisme ? Je reste de l’avis du CES : il faut tenter de corriger ce conflit de manière pacifique, et cette notion de « nettoyage » ne me dit rien qui vaille.

Don F.M. : Mais il faut bien se mettre d’accord, non ? Nous ne nous en sortirons pas tout seul, et l’aide de la Sainte Alliance est plus que nécessaire.

Mgr. F. : Devons-nous pour cela gâcher des siècles de traditions ? Nil altibus legibus est, votre excellence, et les schlessois ne font pas exception.

Don F.M. : Mais…

Mgr. F. : Pas de mais ! Il n’y a pas de mesures exceptionnelles, de décisions extraordinaires, d’ordonnances inhabituelles ou d’avis illégaux. Transgressons la loi une fois, et nous la transgresserons toujours !

Don F.M. : Mais ces révolutionnaires transgressent bien les lois, eux, non ?

Mgr. F. : C’est ce qui nous distingue d’eux, et c’est aussi ce qui explique pourquoi la maréchaussée, avec le concours de l’armée, est engagée.

G.M. : J’aimerais aborder un point, qui est assez positif. Nous avons réussi à conclure un accord avec les révolutionnaires : il n’y aura pas d’otages étrangers, et les civils seront épargnés. Le minimum de pertes est recherché tant par eux que par nous, et déjà un programme spécial permet aux ressortissants étrangers de regagner leur patrie d’origine en toute sécurité.

R.M. :
Votre excellence, dois-je rappeler que nous avons également un point des plus importants à examiner ?

Don F.M. : Ah bon ? Et lequel ?

R.M. : La vérification des comptes de la guilde des architectes, bien entendu.

Jacopo Ferretti (régisseur de la guilde des architectes) : Comment ? Qu’ouïs-je ? Puis-je en savoir la raison, je vous prie ?

Mgr. F. : Il n’a pas échappé à l’œil avisé de la Grande et Sérénissime Inquisition de Stalagmanque que les sabotages répétés et destructeurs, ainsi que la malhabileté des révolutionnaires, profitaient à votre guilde, monsieur. De nouveaux contrats de construction, n’est-ce pas une aubaine pour vous ?

J.F. : D’une, je tiens à préciser que jamais la guilde ne saurait tomber aussi bas. Nous avons des principes, monseigneur, et jamais nous ne nous abaisserons à aider un complot révolutionnaire pour augmenter nos profits. Ce serait renier et l’enseignement de nos pères, mais également cracher sur un excellent travail d’artisan, ce qui est strictement interdit dans les chartes de guildes. De plus, nous refusons de dévoiler nos comptes. Nous avançons le secret professionnel qui protège les comptes des guildes et commerçants de Stalagmanque.

Le téléphone sonna. Don Figaro Mercante décrocha et sa figure se décomposa.

Don F.M. : Messieurs, la situation est grave. Le podestat et le recteur d’Héphaïs ont été renversés, le conseil municipal a été dissous, les clefs de la ville ont été dérobées et la charte de la Cité, ainsi que le blason du Grand-Bûc, ont été brûlés.

Mgr. F. : Vous voulez dire que…

Don F.M. : Oui, exactement. La cité d’Héphaïs vient, officiellement et en bonne et due forme, de devenir indépendante, sous le nouveau nom de Grande-République Populaire d’Héphaïs. Dieu nous protège…

G.M. : Devons-nous alors établir la procédure ?

Don F.M. : Je crois que oui. Il va falloir saler les terres d’Héphaïs. Coutume stupide, certes, mais quand les Tables disent, il faut suivre. Organiser donc tout ceci. Saler toutes les terres héphaïtes…

Le pire, pensa Don Figaro Mercante, c’est que cet Etat-major ne prend même pas conscience de l’enfer dans lequel on se trouve. Oh, bien sûr, il faut respecter les lois. D’ailleurs, il n’a jamais été question d’y renoncer. Mais il fallait également être conciliant ! A ce rythme-là, chacun viendrait y mettre de son grain de sel, et on ne pourrait stopper la vague rouge. Aujourd’hui Héphaïs, demain Bel Proximus, après-demain tout l’ancien Grand-Bûché, et enfin, pour finir, tout le continent ?...


<center>Résumé-bilan du 28 février 2018 : </center>

Bilan de Stalagmanque :
-Refus d’accepter dans ses eaux les flottes alliées militaires, tant schlessoises que transyldaves ;
-Acceptation de troubles schlessoises sur le territoire stalagmantin. Cependant, chaque soldat devra subir un test physique et psychologique en face d’un jury composé d’un membre de l’inquisition, de l’hôpital Saint-Luc, d’un membre du service de greffe du Sénat et d’un représentant du conseil des VII.
-Autorisation du contrôle aérien de la part des Etats membres de la Sainte Alliance.
-Arrêt des séances publiques de défense idéologique de Stalagmanque.
-Mise en place d’un programme de salage des terres proches de la cité d’Héphaïs.
-Interdiction de prosélytisme sunnite au sein du territoire stalagmantin.

Bilan des révolutionnaires :
-Indépendance de la cité d’Héphaïs sous le nom de Grande-République Populaire d’Héphaïs ;
-Renversement des podestats et recteurs des cités de Tartari et Plutonis ;
-Prise en otage du podestat et assassinat accidentel du recteur de Bel Proximus ;
-Prise de l’aéroport de Bel Proximus ;
-Sabotage des lignes de communications et des lignes ferroviaires entre Furibaldi et le reste du continent ;

Bilan commun :
-Commun accord pour permettre aux ressortissants étrangers de rejoindre leur patrie durant le conflit.
Amaski

Message par Amaski »

C'est via une radio clandestine que les sunistes lancent un discours sur tous les ondes. Au contraire de tous les autres médias, la radio était un des rares instruments qu'il était presque impossible de censurer de manière efficace. Face a un gouvernement reactionnaie, c'était un outil de choix. C'était la voix d'Alessandro Lucca qui résonnait sur les ondes, un membre du mouvement suniste.

« Mes amis,

Aujourd'hui je prends la parole non pour vous aveugler par un discours mais vous appelez à ouvrir vos yeux. Je ne veux pas de vous votre soutien mais que vous prenez de mes paroles la force pour réfléchir sur l'avenir de notre pays.

Le gouvernement vient de publier un décret interdisant au Parti Suniste de s'adresser à ses confrères et consoeurs. Le gouvernement nous interdit de parler, de penser et de réfléchir librement. Pourquoi ? Pourquoi interdire à des gens qui sont coupables d'aucun crime de parler ? Pourquoi tant de peur d'idées qui incitent à aucune violence ? Je n'ai pas de réponse à une attitude aussi irrationnelle. Avons-nous devant nous un gouvernement terrorisé par le changement ? Tellement corrompu qu'il n'est même plus capable d'accepter tout action de bon sens ? A chacun d'essayer de trouver à cette attitude une explication.

Je vous dis à tous : notre siècle change et l'humanité en entier souffre de la guerre et les excès des gouvernements. Violence, corruption, injustice et mensonge sont le fléau de notre espèce et ceci sur toute la planète. En plus de tous ceci, notre espèce est divisée et rongée par un nationalisme qui nous interdit l'unité tant nécessaire face aux défis de l'avenir. Le mouvement suniste est le fruit de ce siècle, la réponse humaine à tant inhumanité. Notre volonté est de changer le monde non par la violence des armes mais par la force des idées et de notre exemple.

Certains nous accusent d'être un communisme adouci. Je vous dis que rien est plus faux. Nous ne sommes pas convaincus d'une lutte de classe car tous les humains sont égaux par la nature. Seul la force de leur talent et de leur naissance crée des divisions qui ne sont pas durables. Nous ne voulons pas tuer les riches et les aristocrates. Beaucoup entre eux ont acquis leur fortune par le talent ou le talent de leurs ancêtres. En plus, ce sont les riches en réunissant tant de richesse en une main qui permettent de créer des investissements ciblés et font marcher l'économie qui profite à tous. Mais la fortune des plus talentueux doit se maintenir dans un cadre d'équilibre. Il existe un seuil ou au-delà cette réunion de richesse n'est plus source de prospérité mais d'inégalités sociaux inacceptables. Nous ne voulons pas la mort des riches mais que leur fortune soit plafonné à fin d'éviter que leur bonheur fasse le malheur des autres. Il faut un bon partage des richesses qui soit sain et équilibré. Il aura toujours des gens plus riches et d'autres plus pauvres car pas tous les humains ont le même talent. Mais il faut que même les plus pauvres puissent vivre dignement et en profitant du progrès de leur société. Il convient aussi de dire qu'il faut que les riches prennent conscience de leur rôle socio-économique qui leur apporte beaucoup d'avantages mais encore plus de responsabilités face à toute la société. Trop longtemps une partie de l'élite économique a cru pouvoir profiter des droits sans en accomplir ses devoirs de job creator. Il est le devoir de toute bonne société d'assurer le bonheur de tous ses membres. Nous exigeons donc cette prospérité humaine.

Nous demandons aussi la paix sociale donc que tous les humains ait le droit d'influencer la gouvernance de leur pays. Il n'est pas acceptable qu'une minorité détient le pouvoir. Il est indispensable que tous puissent voter et élire ceux qui les gouverneront voir même s'exprimer directement sur les questions les plus importantes. Combien de fois le gouvernement a demandé l'avis de ses concitoyens ? Vous verrez que le gouvernement règne sans assurer la paix sociale. Le gouvernement se croit immunisés mais il doit comprendre que le peuple, que les humains, ne peuvent pas être dépouillé de leur droit naturel de participer au gouvernement. On ne peut pas régner et prendre des décisions graves sans consulter le peuple. L'ère de la gouvernance du peu sur le tout prend sa fin. Le temps est que le tout règne sur le tout comme veut la nature.

Il est aussi indispensable que le progrès soit assuré. Il faut mettre un terme aux dépenses excessives dans l'armée, réduire le budget militaire au minimum, engager une politique de neutralité militaire, s'abstenir de toute recherche dans le domaine de l'arme atomique, chimique ou biologique. Il faut aussi favoriser la science civile, l'art, la culture et surtout l'éducation qui doit être le principal instrument pour transformer les futures générations en des humains fraternels, pacifiques et instruits. Arrêtons de pleurer sur notre passé, notre empire commercial perdu, et commençons par construire un avenir ou nous vivrons en paix et harmonie avec les autres peuples à fin de pouvoir à la fin, nous tous, former une seule nation humaine. Arrêtons ces rêves mégalomanes et soyons enfin humains.

Le gouvernement peut nous accuser de trahison. Nous lui répondons : Oui, nous sommes coupables de trahison. Trahison envers l'injustice, la guerre, la cruauté, les armes de destruction massive, l'obscurantisme et toutes les formes de barbarie qui enlèvent à l'homme sa dignité. Nous voulons que tous les humains puissent parler, penser et croire librement. Nous sommes donc coupables de félonie envers la dictature, l'autocratie et l'oppression de toute forme. Oui, arrêtez-nous pour ces crimes. Fusillez-nous mais sachez une chose : les idées, eux, on peut pas les fusiller. Nos corps mourront mais nos idées nous survivront et ils réapparaîtront chaque fois avec d'avantage de force jusqu'au jour ou ils vaincrons l'obscurité. Il faudra tuer chaque humain dans ce pays pour être sûr que notre idée de paix, de progrès et de prospérité disparaisse. Le sunisme c'est le cri de l'humanisme, de l'âme humaine, face aux horreurs de ce monde.

J'appelle à tous les humains de ce pays ne pas laisser les choses continuer comme elles sont. Mais au contraire des communistes, notre révolution n'est pas celle des armes et de la violence mais de la plume et la paix. Marchons dans les rues, protestons, clamons notre droit par la paix et l'ordre. Que peut faire le gouvernement contre nous ? On ne peut pas fusiller des gens sans armes sans perdre toute légitimité d'user ces dernières. La principale force d'un gouvernement est sa capacité d'user la violence. A cette puissante arme, montrons nous pacifiques et doux. Ils perdront alors toute leur force car la pacifisme est l'épée la plus tranchante. Le bouclier des fusils, n'est pas capable de repousser le cri du peuple, la clameur des gens qui font usage d'aucune violence. Exigeons ce qui nous revient par nature : un régime démocratique, la fin du militarisme, une politique économique et fiscal réduisant les écarts entre les groupes sociaux, une politique d'absolu pacifisme et axé sur le progrès social et scientifique profitant à tous.

Voilà le message que j'ai voulu vous donner. Voilà sur quoi je vous demande de réfléchir en usant ce que Dieu nous a tous offert : notre esprit rationnel. Vous verrez alors que la paix est mieux que la guerre et que nous n’exigeons rien qui ne soit pas le plus raisonnable pour le future de notre pays. Peut être nous mourrons pour nos idées mais au moins nous aurons eu le courage de les vivre. Un humain qui ne se bat pas pour ses idées ne vit pas, il ne fait que vivoter une vie sans sens. »
Braunschweig

Message par Braunschweig »

SAINT EMPIRE DU SCHLESSIEN


La flotte schlessoise quitte les eaux de la Sérénissime République et se positionne non loin de leurs limites. Les vaisseaux ont mission d'observer avec attention les allées et venues des navires étrangers.

Secret

On notera leur immatriculation qui sera transmise à la Direction générale du Renseignement pour enquête. cela servira à mettre en place discrètement une carte des états soutenant les rebelles.

Secret

Simultanément, face à la montée des violences, un détachement du 21e Régiment de Dragons parachutistes (forces spéciales) est dépêché en République Stalagmanque par voie aérienne. L'avion de transport schlessois se posera sur la piste de l'aéroport sous contrôle des forces loyalistes le plus proches de la capitale. Les hommes seront ensuite acheminés par hélicoptère à l'ambassade schlessoise à Stalagmanque (capitale), aux deux consulats (un sur l'île de Nursie et un à San Isnardo) et à l'Institut schlessois (capitale). Ils seront chargés de défendre les bâtiments qui sont propriétés du Saint-Empire. Ils ont autorisation d'ouvrir le feu sur les individus tentant de s'introduire sans autorisation. En tout, c'est un détachement de 200 soldats qui arrivera sur place en 24 heures.
En cas de besoin, un appel pourra être lancé par radio aux forces navales pour que l'hélicoptère de combat Terminator embarqué à bord d'un croiseur Germania soit déployé et apporte un soutien aux forces spéciales si de nombreux manifestants venaient à déferler sur les installations schlessoises. les deux hélicoptères tactique Panthera sont également à dispositions et peuvent assumer des missions de destructions de cibles au sol grâce à leur armement.
Si la situation devient pressantes, le corps diplomatique sera entièrement évacué par voie aérienne. Les forces spéciales lui assureront le temps de l'embarquement et de départ en contenant les rebelles.
Le Saint-Empire du Schlessien se réserve le droit de déployer plus d'hommes sur ses installations diplomatiques pour en assurer la défense.
Rezzacci

Message par Rezzacci »

<center>5 mars 2019
Plusieurs messages en vrac
</center>


<center>Massage radio envoyé sur le canal 109.7, canal gouvernemental</center>

[quote]A l'attention des peuples du continent et de Nursie,

Nous attirons votre attention sur le fait que, malgré nos avertissements et nos décrets, les sunnistes et communo-socialo-marxo-kirovo-populistes continuent de faire du prosélytisme idéologique par le biais des ondes radiophoniques, ce qui est absolument interdit par la Loi.
Les avertissements et décrets demeurant inutiles, nous allons donc passer à la phase des punitions. La procédure en vigueur, face à l'abus irrégulier des radios - don fait sans concession aux peuples de Stalagmanque - est la coupure générale de l'électricité sur tout le continent et l'île de Nursie.
Nous vous laissons un délai de quelques heures pour réagir face à la punition : saler vos victuailles, enregistrer vos données informatiques, acheter des bougies, et cætera. Demain, aux premières lueurs de l’aube, la Guilde des Electriciens coupera toute alimentation en électricité du pays, à l’exception de l’île de Furibaldi et de Stalagmanque. La Guilde des Electriciens possédant l’absolu monopole de la production d’électricité, les services de radio resteront innefficaces et silencieux.
Nous ferons également attention à ce qu’aucun moyen massif de production d’électricité ne soit introduit sur le territoire. Les constructions de barrages, éoliennes, centrales et panneaux photovoltaïques sont strictement interdits durant la période de crise que nous traversons.
Vous pensiez que la Sérénissime était un pays régressiste et conservateur, contre le progrès ? Vouez donc la fureur des regressistes, et voyez comment serait le pays s’il avait refusé le progrès. Vous connaîtrez les conditions de vie de nos ancêtres. Qui sème le vent récolte la tempête.

Maintenant, nous vous diffusons l’entièrement des opéras suivant pour patienter jusqu’à la coupure générale : la Fin des Temps, de Pisci-Capra, et Chéri, ça va couper, de Simo-Nulli. [/quote]

…………………………………………………………………………

[quote]<center>Déclaration d’Indépendance de la Grande-République Populaire d’Héphaïs</center>

En ce jour du 3 mars de l’année 2019 du calendrier grégorien ;
Après avoir destitué de leurs charges le recteur et le podestat de la cité d’Héphaïs ;
Après avoir dissous le conseil municipal ;
Après avoir récupérer les clefs de la cité ;
Après avoir brûlé la Charte et les Armes de la cité d’Héphaïs ;
Nous, citoyens de la cité d’Héphaïs, déclarons l’indépendance de la cité d’Héphaïs vis-à-vis de la Sérénissime République de Stalagmanque et la fondation de la Grande-République Populaire d’Héphaïs.

Les terres sous la juridiction de la Grande-République Populaire d’Héphaïs sont les anciens territoires appartenant au Bûc d’Héphaïs lors de l’ère pré-Risorgimento.

La gouvernance de la cité se fera sous la tutelle d’un conseil de trois camarades révolutionnaire, la Troïka. Cette dernière possède tous les pouvoirs exécutifs sur la Grande-République.
Les trois membres de la Troïka sont sur un strict pied d’égalité.
Le renouvellement des membres de la Troïka se font soit à la démission, la retraite ou la mort d’un des trois membres. En ce cas, le nouveau membre sera nommé par les deux membres toujours en place.
En cas de désistement simultané des trois membres de la Troïka, un Conseil Extraordinaire, constitué de camarades tirés au sort, se réunira pour élire les trois nouveaux membres.
Les trois premiers membres de la Troïka sont les camarades Vladimir Tetri, Julius Etyphê et Maître Arcady Strougatski.

La Grande-République Populaire d’Héphaïs se verra doter d’une assemblée élue démocratiquement, le Démosburo, chargé de voter les lois.
Le Démosburo est subordonné à la Troïka et doit répondre de ses actes devant elle.
Les membres du Démosburo doivent obligatoirement être d’obédience populo-socialo-marxo-communo-kiroviste.

Afin de représenter le pays et également de servir d’intermédiaire entre la Troïka et le Démosburo sera institué le Secrétaire Général de la République. Il sera nommé par la Troïka et passera un vote de confiance du Démosburo.

Afin que les principes d'égalité et de collectivité de notre pays soient bien respectés sera mit en place une administration composée de professionnels et de fonctionnaires, dont la tâche sera de faire appliquer et d'appliquer les lois et procédures de la Grande-République Populaire d'Héphaïs.
Cette administration publique sera nommée la Burokratika.
Les fonctionnaires de la Burokratika sont indépendants de la Troïka et du Démosburo, et la Burokratika n'a de comptes à rendre à personne, même devant la Troïka.
La Burokratika se doit d'appliquer le plus strictement possible l'ensemble des procédures administratives internes de son réglement afin d'assurer au peuple l'égalité et la collectivité qui lui est naturellement due.

Afin que le peuple triomphe, que l’égalité devienne reine, et que sonne le glas de l’oligarchie ploutocrate de Stalagmanque !

Signature de la Troïka :
-Vladimir Tetri;
-Julius Etyphê;
-Arcady Strougatski; [/quote]

…………………………………………………………………………

<center>Correspondance secrète par pigeon voyageur</center>

[quote]<center>Envoyeur : Guglielmo Malatesta, Maréchal de République
Destinataire : Julio DiConce, président du détachement militaire en San Luca</center>

Cher ami,

Nos informateurs sont formels. La révolution qui a eu lieu à Héphaïs ne risque pas d’être un épiphénomène totalement fortuit et isolés. Il semblerait que la totalité du continent soit en train de basculer du côté fiévreux de la démocratie rouge. La prochaine victime semblerait être Bel Proximus.
Nous vous demandons donc d’emmener le plus d’hommes possibles sur Bel Proximus afin d’empêcher la dissolution du conseil municipal et garantir la protection de la charte, des clefs et des armes de la ville. Si les rouges s’en emparent, nous pouvons dire adieu à Bel Proximus et au seul aéroport international du pays.
Il est indispensable de les freiner. Vous avez toute l’autorisation du Conseil des VII – et, i.e. du Sénat – pour mener à bien cette opération. Sécurisez la ville, et il y aura peut-être des chances d’arrêter ce massacre. [/quote]

…………………………………………………………………………

<center>Extrait du Héraut (édition du 6 mars 2019)</center>

[quote]<center>Petite étude géopolitique de la région Furibalditaine
Par Dr. Fernando Carusel, professeur de Géographie à l’Université Pontificale de Stalagmanque
</center>

En ces temps troublés, il est plus que nécessaire de mettre à plat les différends, de tabuler les affrontements et idéologies, et les inscrire sur une carte afin d’avoir un meilleur aperçu de l’évolution des mœurs des côtes furibalditaines.
Voici donc, confectionné par mes soins et d’après les études faîtes par mes confrères et votre serviteur, l’évolution idéologique des différentes régions de la république.

<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121111110305118343.png][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/11/11/121111110305118343.png[/img][/url]</center>

En violet, nous avons les territoires qui sont toujours loyaux envers le régime de la Sérénissime, et qui rejettent les enseignements de Kirov. Nous y trouvons la cité de Stalagmanque, le judicat de Furibaldi et l’ancien judicat de Logudoro.
En jaune, nous avons les territoires qui manifestent quelques penchants en faveur de l’indépendance et de la révolution populaire. Ce sont les territoires rattachés aux villes de San Luca, San Rivierasco, Oberto, Aix-sur-Mer, Aix-les-Bains, Doncca, Pazaccévi, Tremor et Asthmise, sans oublier l’ex-Grand-Duché d’Alto-Antrace.
Les territoires en orange sont ceux qui ont déjà amorcé les processus d’indépendance, comme la destitution du recteur ou le vol des clefs de la ville. Ce sont les cités de Triponte et Malatesta, ainsi que l’ancienne Superbe République d’Infoco.
Le bordeaux représente les territoires qui sont sur le point imminent de devenir indépendant, comme l’ancienne république de Bel Proximus et les anciens Bûchés de Tartari et Plutonis.
Enfin, en vert, nous avons les territoires qui ne manifestent aucun penchant particulier pour l’un ou l’autre des deux camps. Ces territoires sont les judicats de Cisylvanie et Giustarostov (avec des différences entre l’ancienne seigneurie de Torovgrad et la baronnie de Giustamare), ainsi que le territoire rattaché à l’abbaye de San Jorge, l’ancien palanat de Sainte-Aix et l’île de Nursie.
Il est intéressant de remarquer que les variations idéologiques coïncident avec les antiques frontières d’avant le premier Risorgimento que connut la région. Il est fort probable que les pays indépendant divisent de nouveau le continent comme lors de l’ère médiévale.[/quote]

…………………………………………………………………………

<center>Bilan</center>

Toutes l’électricité est désormais coupée sur le continent et sur l’île de Nursie, aucun groupe électrogène ne s’y situant et aucune ligne directe d’alimentation n’étant reliée à l’étranger.
Stalagmanque envoie un détachement de 19000 hommes sur la cité de Bel Proximus afin d’empêcher la cité de devenir indépendante. L’équipement est obsolète, l’entraînement moyen et le moral dans les chaussettes.
La cité de Bel Proximus, majoritairement d’obédience révolutionnaire, va envoyer, avec l’aide du Kirkstan, un ensemble de 67000 individus pour défendre la ville le temps de finir les opérations. La modernité de l’équipement est moyenne, l’entraînement est moyen, mais un moral assez optimiste.
Pendant, ce temps, profitant que le gros des troupes se concentre sur Bel Proximus, les cités de Tartari et de Plutonis mettent tout en œuvre pour acquérir l’indépendance, qui promet d’être imminente.

[HRP : premièrement, j’ai l’accord de Chaarden sur le Kirkstan qui apporte son aide, accord HRP conclu par MP pour simplifier les choses.
Deuxièmement, ce bilan n’est pas une annonce publique : il est juste là pour que les joueurs, et non les pays, puissent avoir un aperçu de la situation, et permettre au MJ d’avoir les informations utiles condensées et ainsi faire son choix plus aisément. /HRP]
Sovana

Message par Sovana »

<center>Pax Azudiana</center>

La tentative de remplacer les révolutions violentes par des révolutions pacifiques continuait. L'éléctricité était coupée ? Qu'à cela ne tienne ! Les opéras étaient toujours ouverts, la bataille sociologique continuait. Les agents azudiens recrutèrent parmis les meilleurs librettistes, compositeurs, et musiciens de tout le pays afin de créer une pièce vatant les valeurs et les réussites du sunnisme.

Une reserve émmanant de l'Etat Azudien avait été constituée afin de payer les meilleurs compositieurs, librettistes, acteurs, musiciens, et autres, ainsi que réserver un maximum d'opéras.
564.005.000 USP$ furent engagés, pour une durée de 3 mois, pour le moment 10% des opéras ayant acceptés.

Les territoires de la cité de Stalagmanque, le judicat de Furibaldi et l’ancien judicat de Logudoro furent soigneusement évités et l'île de Nursie ne fût pas visitée.

Plusieurs représentations auraient lieux dans tout le pays dans les 3 mois qui allaient suivre.

[En attante du synopsis par Victor Kim]
Rezzacci

Message par Rezzacci »

<center>18 mars 2019


Canal 88.8, Canal de l’Université de Stalagmanque</center>

Dr. Giacomo Maxbene : Bonjour, chers auditeurs. Nous savons que la plupart des auditeurs n’ont plus accès à l’électricité, et notre audience est donc sensiblement réduite. Je vous dirais bien que je compatis à votre peine, mais comme tous ceux qui m’écoutent ont de l’électricité, alors ce serait parler dans le vide. Bref. Ici le Dottore Giacomo Maxbene, responsable du service ondulatoire de l’Université, qui vous parle et fait son rapport pseudohebdomadaire sur l’actualité scientifique de Stalagmanque. Aujourd’hui, nous accueillons notre invité, le Dottore Fernando Carusel, professeur de Géographie. En effet, en ce trente-huitième jour de révolution, vous êtes le seul à s’être réellement intéressé à cet épiphénomène sociologique, n’est-ce pas ?

Dr. Fernando Carusel : En effet. J’aimerais également préciser que ceci n’est pas un épiphénomène, une broutille, comme beaucoup semblent le faire remarquer. Cet évènement est réellement grave et important. J’ai été le seul à vous prévenir que le peuple allait se soulever, mais vous m’avez traité de Cassandre. Personne ne m’écoute !

Dr. G.M. : C’est ça, c’est ça, tais-toi. Bon, pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Vous aviez fait une jolie carte, publiée dans le Héraut, expliquant les différents niveaux de sensibilité révolutionnaire.

Dr. F.C. : En effet. Cependant, cette carte reste une estimation relativement grossière. Depuis ma titularisation, je n’ai pas mis un pied dehors de l’enceinte de l’Université, et je n’allais pas commencer pour une telle histoire, aussi importante soit-elle. Cependant, mes informations restent fiables, et je reste convaincu de mes conclusions. Je suis même ravi – du point de vue de ma conscience professionnelle – que mes prédictions se sont révélées exactes.

Dr. G.M. : Depuis quand les universitaires ont-ils une conscience professionnelle ?

Dr. F.C. : Vous en faîtes partie, je vous le rappelle.

Dr. G.M. : C’est bien ce que je dis, justement. Vous parliez de prédictions, lesquelles sont-ce ?

Dr. F.C : Mes prédictions selon Bel Proximus, Tartari et Plutonis. Ces villes sont en effet indépendantes depuis un ou deux jours : plus de conseil municipal, plus d’armes ni de clefs ni de charte de la ville, plus de recteur ni de podestat. Les trois cités sont officiellement indépendantes du point de vue de Stalagmanque, selon les lois. Chacune, par ailleurs, a constitué son propre Démosburo, sa propre Troïka et Burokratika, et se sont renommées : République Populaire et Maritime de Bel Proximus, Républiques Populaires de Tartari et Plutonis.

Dr. G.M. : Les procédures devront-elles être suivies, alors ?

Dr. F.C. : Bien entendu ! Le gouvernement, s’il ne veut pas perdre toute crédibilité, se doit de respecter les lois. Même si la réalisation technique reste ardue, la Magistrature des Eaux s’évertue à rendre stérile les terres d’Héphaïs, et est en train de créer un programme de salinisation pour les campagnes de Bel Proximus, Tartari et Héphaïs. Le point le plus complexe reste néanmoins la question : quelles terres saliniser ?

Dr. G.M. : Comment ça ? Vous n’en donniez pas sur votre carte ? N’étaient-ce point les frontières de la Grande-République Populaire d’Héphaïs, en rouge ?

Dr. F.C. : Eh bien force nous est de constater que la question des frontières des nouveaux pays n’est pas complètement… définie. On se retrouve dans le cas de certains fiefs médiévaux, dont les zones frontalières appartenaient autant à un feudataire qu’à l’autre. La raison précise est l’inébranlable optimisme des révolutionnaires. En effet, ceux-ci escomptent bien conquérir, si ce n’est toute la Stalagmanque, au moins toute la partie continentale, de Torovgrad à Malatesta. A ce moment, si leurs plans n’ont pas encore changé, toutes les Troïka constituées jusque lors se réuniront pour former une Nomenklatura qui discutera des frontières en fonction des entités politiques formées, de l’importance de chaque Troïka, et éventuellement des frontières historiques des périodes au continent morcelé.

Dr. G.M. : Cela veut-il dire qu’il y aura autant de républiques populaires qu’il y a de villes ou de villages en Stalagmanque ?

Dr. F.C. : Bien sûr que non, voyons. Prenons l’exemple de Bel Proximus : comme vous le voyez sur cette carte, les…

Dr. G.M. : Excusez-moi, Dottore, mais c’est inutile : nous sommes à la radio, et personne ne peut voir la carte que vous me mettez sous les yeux.

Dr. F.C. : Ce n’est pas pour ces idiots d’auditeurs, c’est pour vous, bougre de sombre ! Donc, disais-je, vous voyez sur cette carte : la cité de Bel Proximus est déjà en train de grignoter du territoire vers la mer afin d’y avoir un accès direct et non plus uniquement fluvial. Les villes et villages de Rodeghi, San Doremi, Flugiocasta, Mardillo et Umbro sur Casta ont déjà perdus leurs liens avec la Sérénissime – perte du recteur, du conseil, des clefs et tutti quanti – et sont tombées sous la coupe de la Troïka de Bel Proximus. Ces cinq villes n’ont pas leur propre Troïka et ne participeront pas à la grande Nomenklatura finale de partage des frontières, mais devront juste subir. Enfin, d’après nos informations les plus récentes. Il reste néanmoins possible que le futur n’appartienne qu’au bon vouloir d’un MJ externe…

Dr. G.M. : MJ ?

Dr. F.C. : Mangeur de Jambon : un terme géopolitique tiré du folklore judéo-stalagmantin, qui désignait au haut Moyen-Age le pape et autres hautes instances catholiques qui, invisibles mais omnipotentes, imposaient leurs vues et décisions aux juifs et décidaient de leur destin. Le Mangeur de Jambon, ou MJ, est, dans notre jargon, un acteur totalement extérieur aux évènements, mais qui possède tout de même son mot à dire dans le déroulement.

Dr. G.M. : Bon, je pense que vous polluez les ondes depuis suffisamment longtemps. J’estime qu’il est temps d’en finir avec vous définitivement.

Dr. F.C. : Hein ?

Dr. G.M. : Passons à présent aux nouvelles concernant les avancements du projet spatial. Comme chacun le sait, le Dottore Leonardo Uiberléi….

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<center>789 canal des Grenadiers
Guilde des Electriciens
</center>

Les rues ne sont jamais réellement vide à Stalagmanque, bien que parler de rues soit un peu superflu. Les larges trottoirs bordant les canaux, eux, par contre, regorgeaient toujours de gens, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, passant d’un commerce à l’autre, d’un étal à l’autre, où se bousculaient musiciens de rues, mendiants, camelots et parasites des rues en tous genres.
Il est donc évident que, dans une telle agitation, même une fois la nuit longtemps tombée, n’importe qui peut passer inaperçu à travers cette foule. On raconte même que toute invasion de la cité serait empêchée par les camelots et mendiants qui ne lâcheraient pas d’une semelle les étrangers.
Un individu, qui ne se distinguait du reste de ses congénères que par des bésicles d’un autre âge, traversait donc la foule d’une manière invisible, ne se faisant remarquer de quiconque et personne. Il pénétra dans la Guilde des Electriciens en saluant le portier, et se rendit au bureau d’Honoré Balsami, le patron de ladite guilde. Ce dernier le fit s’assoir.


Honoré Balsami : Personne ne vous a suivi ?

Maître Arcady Strougastki : Difficile à dire. N’importe qui aurait pu me suivre dans la foule. Mais j’ai pris le maximum de précautions. Puis-je savoir la raison de ma venue ici, je vous prie ? Vous avez fait mander un haut responsable révolutionnaire pour une affaire de la plus haute importance, mais sans préciser de quel type d’affaires il s’agissait. Sachez que nous vous sommes toujours rancuniers du fait d’avoir suivi la loi stalagmantine et d’avoir coupé le courant. N’est-ce pas contraire aux lois réglementant les guildes ?

H.B. : Non. Nous étions obligés d’obéir. La loi contre le prosélytisme est antérieure aux règlements des guildes leur autorisant le libre choix d’accès de vente, elle avait donc la prééminence. Mais c’est justement à ce propos que je voulais vous voir.

Me. A.S. : Ah bon ?

H.B. : Eh oui. Suivre la loi est très préjudiciable pour la guilde, voyez-vous. Nous avons perdu plus des deux tiers de nos consommateurs, et ainsi les recettes et bénéfices qui allaient avec.

Me. A.S. : Vous seriez prêt à nous revendre de l’électricité ?

H.B. : Bien sûr, mais pas à n’importe quel prix, ni de n’importe quelle façon. Premièrement, vous payerez l’électricité trois fois plus chère…

Me. A.S. : Eh bien, ça promet…

H.B. : Ecoutez, je joue la licence de ma guilde avec cette opération, moi ! Je dois avoir des garanties derrière. Et justement, à ce propos, j’ai imaginé un plan qui me permettrait de vous revendre de l’électricité en toute légalité. Enfin, pour moi.

Me. A.S. : J’avoue que là, vous m’intriguez et m’intéressez…

H.B. : L’enlèvement, bien entendu ! Vous m’enlevez, et demandez que vous ne me laissiez la vie sauve qu’à condition d’avoir accès à de l’électricité. La loi est claire là-dessus : si le patron de la guilde est enlevé et que la rançon consiste en ses ressources qu’il n’a pas légalement le droit de vendre à ces personnes, alors la guilde est autorisée à laisser l’accès à ces ressources au groupe en question, à la condition que le prix soit nettement plus élevé.

Me. A.S. : Vous seriez prêt à être enlevé ?

H.B. : Il en va de la survie de mon budget ! Mais ne vous inquiétez pas, je vais vous rendre la vie facile. Demain, comme tous les mardis, je vais à la laverie pour faire mon linge. Je n’ai pas confiance en mes domestiques pour ce genre de tâches, et c’est toujours la grande joie de retrouver des petites pièces dans les poches. Bref, j’y serais, la laverie du canal Farandolgutri, à partir de dix heures le matin : un horaire creux, personne n’y vient, et il vous sera aisé de me capturer.

Me. A.S. : Formidable ! Je rentre tout de suite chez moi pour monter l’organisation.

H.B. : Oh, juste un point important : je veux essayer de respecter le maximum de lois, et donc il faudra me promettre d’éviter tout prosélytisme irrégulier.

Me. A.S. : Ne vous inquiétez pas. Ce sont les sunnistes les plus virulents, et ils n’appartiennent pas à notre parti. Nous ferons notre possible pour vous aider, monsieur. Maintenant, excusez-moi, mais je dois recruter des hommes afin de pouvoir vous enlever dans les règles de l’art. Passez le bonjour à votre dame.

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<center>Palais des Doges
Bureau du Conseil des VII
</center>

Don Figaro Mercante : Sacrebleu ! Ce n’est pas possible !

Basilio Zetti : Et quoi donc, Figaro ?

Don F.M. : Regarde ce que ces illuminés de sunnistes osent faire, et juste sous notre nez !

B.Z. : Quoi, les opéras ? Mais je trouve, au contraire, que c’est quelque chose de formidable. Il n’y a rien de plus réjouissant qu’une œuvre de circonstance.

Don F.M. : Librettiste !

B.Z. : Pas d’insultes, je te prie. Mais je dois me rendre compte qu’à ce niveau, il est vrai, ils ont fait fort. Ces sunnistes doivent être bien au courant de notre mode de fonctionnement. Le fait que l’opéra soit une terre de liberté d’expression absolue n’est pas quelque chose que l’on crie sur les toits.

Don F.M. : Si, sur les toits des opéras.

B.Z. : Hoho, de l’humour ! Tu te dérides enfin !

Don F.M. : Comment ça de l’humour ?

B.Z. : Ce n’était pas de ?... Bon, peu importe. Mince ! Regarde-moi ça, dans le rapport, les noms des librettistes et compositeurs !

Don F.M. : Brettini, Longhordo, van Marijns…

B.Z. : Noduli, Mercato… Que du lourd ! Nom d’un chien, ces opéras vont être de véritables œuvres d’Art ! N’importe qui devrait y succomber !

Don F.M. : Tu veux dire qu’on a une chance de gagner, alors ?

B.Z. : Parfaitement ! Si les révolutionnaires classiques et les sunnistes se tirent dans les pattes pour l’indépendance de la Corne Furibalditaine, ils peuvent se neutraliser ! Nous n’aurons qu’à récupérer les morceaux !

Don F.M. : Espérons que tu dises vrai. Il ne manquerait plus qu’ils s’associent…

B.Z. : Alors là, nous sommes foutus : le pouvoir des armes et des mots contre celui de la Loi…

Don F.M. : Aucune chance.
Sovana

Message par Sovana »

<center>Pax Azudiana

Un rapport préliminaire avait été demandé au CES afin de choisir les lieux les plus propices. L'ex-judicat de Logudoro avait été une des régions désignées, de part ses valeurs religieuses considérées comme "humanistes". C’était l'une des régions où il y faisait le mieux bon vivre coté cohésion sociale et lien social. L'entraide était monnaie courante, faire connaître le sunnisme, amour laïque, dans cette région en le corrélant avec l'amour de la religion ne devrait pas être chose trop ardue.

"La Fuerza del Umanisemo" avait été plutôt bien accueillit par l'opéra au vue des noms des compositeurs et librettistes, sans parler des musiciens. Les noms aidant, les Stalagmanciens, quoique septiques furent au rendez-vous. La première représentation eu lieu en soirée, peu avant le crépuscule, une légère brise ébouriffée les quelques brins d'herbes autour de l'opéra. La simple approche de l'opéra offrait une sensation mystérieuse, envoûtante, appuyée par le changement de température à l'entrée de l'opéra, presque engourdissant.

L'histoire démarrée calmement : par un pays aux tons vénitiens où l'on suivait la vie humble d'une plébéienne, quoi qu’ami avec un membre de la guilde des livres, il avait réussi à obtenir plusieurs ouvrages à un prix moindre. Malgré sa condition elle jouissait donc d'une grande culture et d'une éducation autodidacte, en faisant quelqu'un d'intrigant. Elle était également très pieuse et souhaitait voir l'humanité en paix.
Mais rapidement les actions s’enchaînaient, sous le rythme effréné de la musique :

Soudainement des révoltes diverses se firent entendre [url=http://www.youtube.com/watch?v=9ly11XcypFE&feature=relmfu]contre l'oligarchie déclinante, communistes majoritairement[/url]. Mais l'héroïne ne voulait pas de ces révoltes, violentes et mauvaises. C'est alors que surgit de l'ombre le sunnisme. Mais il était faible, tel un nouveau né. Luttant sur tout les fronts, et trop peu connu pour trouver un point d'accroche, un bastion. Petit à petit l'héroïne se rendit compte que [url=http://www.youtube.com/watch?v=ZYeYold6Uys&feature=related]le sunnisme était non seulement pacifique, mais qu'elle se reconnaissait dans bien de ses valeurs[/url], que là était le moyen d’unir les croyants et les moins croyants dans l'amour de leur prochain.
Elle décida de s'engager dans la révolution sunniste, elle fit quelques actions au sein de sa cellule locale, avec assez de succès jusqu'à devenir leader, mais hélas les communistes étaient plus influents. Chaque jour un peu plus ils prenaient le contrôle de sa ville, contre la volonté des populations, qui voulaient un régime plus juste mais non un régime violent.

S'ensuit une suite de péripéties dans lesquelles l'héroïne est poursuivit par le nouveau régime, autour d'elle plusieurs de ses amis sunnistes sont exécutés sans qu'elle puisse agir. La répression commence mais elle enjoint les populations à manifester calmement en s'asseyant dans la rue, distribue secrètement des tracts. Elle gagne bientôt le soutient de la population et [url=http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=eDw5n82afAw]défait le gouvernement local communiste au péril de sa vie[/url], mais le gouvernement est trop faible et récent, il ne peut rien contre les masses qui l'accompagne.
Elle installe un gouvernement éclairé, dirigé par une élite sunniste : le Conseil des Sages (Troïka), issue de l'Académie Sunniste ( Demosburo) secondé par un organe technocratique composé de spécialistes et de polyvalents : le Technat Executif ( Burokratika).

S'ensuit une ère de prospérité dans cette enclave au milieux des régions communistes sur les règles Paix-Progrès-Prospérité et Commerce-Neutralité-Coopération. Bien plus tard on entrevois[url=http://www.youtube.com/watch?v=Ypnii5BcD74&feature=related]le monde régit par une fédération mondiale[/url], modérée et prospère, respectant chaque culture, l'Administration mondiale ne faisant que répartir les ressources équitablement selon les besoins. L'enclave est devenue un des pôle sunniste/humanistes influent à travers le monde, philosophiquement et culturellement avec l'Empire Tarnois et Azude. Le communisme et le libéralisme ont disparus, seuls restent de l'ancien temps les régimes traditionnaux chrétiens, voyant ainsi leur prestige rehaussé, notamment le Thorval. L'opéra se termine sur une musique chantant les louanges des modérés et humanistes, travaillant main dans la main pour un futur meilleur.

Les Stalagmanquais furent septiques, jusqu'à ce que la pièce commence. La majestuosité des décors, pains mains et le raffinement des costumes, pourtant loin d'être fastes était proprement éblouissant. Les applaudissements à la fin furent nourris et certains scandaient même les slogans sunnistes. Tout avait été bien calculé, les valeurs sunnistes corrélés au religieux avait séduit.
</center>
Chaarden

Message par Chaarden »

Ce n'est qu'un début, continuons le combat !

Bien, la révolution ne doit pas s'endormir.

Les officiers kirkstanais envoyés il y a quelques mois avec des chargements d'armes font correctement leur boulot, les révolutionnaires anciennement armés de fourches et d'arc et se battant à coup de poing de front préfèrent à présent utiliser des tactiques de guérilla face à l'armée régulière, et jetant grenades à tours de bras.

Toutefois, la région de Bel Proximus semble être presque la seule sous contrôle totalement bolchevik. Une révolution qui ne cherche pas à gagner du territoire et qui n'a donc aucun but n'a pas lieu d'être. Il faut frapper de coups en coups plus fort, en avançant, terassant les ennemis. Afin d'accélérer ce processus de déstabilisation de l'armée stalagmantine, le Kirkstan décide d'envoyer secrètement du renfort par avion.

Voila comment l'influence communiste va gagner sur le pays :


(vu avec Rezzaci)

Pazzacévi est à environ 60 km de Bel Proximus.
Cette ville d'environ 125'000 habitants (à confirmer) possède un rôle majeur dans le pays. Dépendante en denrées alimentaires, faire tomber la ville, c'est de la tarte, comme disent les militaires kirkstanais présents sur place. De plus, la ville est très ancienne, de ce fait, elle est entourée de murailles fortifiées parfois rénovées qui enferment la ville dans des pierres et des tours de sentinelle aujourd'hui utilisée par la police et l'armée régulière pour contrer les quelques offensives légères qui y ont eu lieu. Bref, il est temps que cette ville passe sous contrôle bolchevik, et plus vite que ça.

Première étape :

Les avions de transport militaire kirkstanais sont mobilisés afin de transporter des hommes à l'aéroport de Bel Proximus.

Militaires et armements kirkstanais envoyés au Stalagmanque :

1 régiment (2'500 hommes)
1 bataillon (500 hommes)

Ah oui... on balance la sauce.

-> 18ième régiment d'infanterie légère
_15 véhicules de transport motorisés
_10 chars légers
_2 hélicoptères de transport
_2'500 Gigakov-1
_Quelques milliers de grenades

-> 123ième bataillon d'infanterie lourde
_ 10 véhicules de transports motorisés
_5 chars lourds
_2 hélicoptères de combat
_500 Gigakov-1
_Quelques milliers de grenades

Equipements envoyés par cargaison une fois les hommes arrivés :

_Caisses de mines anti-char/personnel
_Grenades à fragmentation
_Petits explosifs
_Gilets pare-balle

Deuxième étape :

Important !

-Les équipements et militaires kirkstanais arrivent de façon irrégulière, afin de ne pas éveiller les soupçons. Vu leur nombre, les voyages sont dispatchés tout au long d'une seule semaine, voir plus.
-Pour des raisons de discrétions, les drapeaux kirkstanais sont retirés des armes avant le départ du Kirkstan.
-Les soldats retirent l'uniforme kirkstanais et enfilent les tenues des révolutionnaires locaux. Ils portent néanmoins un signe distinctif (lacets noirs ? Couteau à manche rouge ? Personne ne sait) afin de se reconnaitre sur le champ de bataille.

-> Tout ça est fait dans le but que personne ne prenne connaissance de l'implication du Kirkstan dans l'affaire.

Troisième étape :

Début du siège de la ville.

1* Emeute dans les rues afin d'occuper les forces de l'ordre.
2* Pendant ce temps, les paysans recouvrent les entrées de la ville avec du fumier, des charettes etc...
3* Pendant l'émeute, les postes de police, lieux importants etc... sont fracassés à l'explosif
4* Les magasins vendant de la nourriture sont brûlés. Les entrepôts stockants de la nourriture subissent le même sort. Le but est d'affamer la ville.

Quatrième étape :

1* Les civils pro-révolutionnaires rejoignent rapidement leurs maisons, se cachent dans les caves, les greniers afin d'éviter les forces de l'ordre.
2* Au dehors, les révolutionnaires encerclent la ville et prennent position.
3* Les révolutionnaires demandent les clefs de la ville et la dissolution immédiate du conseil municipal ainsi que l'imposition des lois révolutionnaires dans la ville.

Brèves :

Le siège a pour but d'affamer la ville afin que les civils retenus à l'intérieur forcent les représentants fidèles au régime à se rendre.

Les révolutionnaires bloquent les convois de nourriture allant vers la ville.

Les civils soutenant la révolution bolchevik entretiennent de discrètes correspondances la nuit avec les révolutionnaires. De ce fait :

-Si des civils sont massacrés par les forces de l'ordre dans la ville, les révolutionnaires lancent l'assaut, dirigés par les militaires kirkstanais.
-Seuls les civils sympathisants bolchevik ont à manger.

La grosse artillerie :

Par mesure de sécurité, les armes lourdes kirkstanaises, chars d'assaut et hélicoptères de combat, sont cachées (dans les bois et/ou les granges des villages alentours) et inutilisées. Elles ne sont sorties que si, et seulement si, les forces de l'ordre assiégés tentent une sortie.
Toutefois, si les officiers kirkstanais présents sur place décident d'attaquer la ville, les armes peuvent éventuellement sortir et foncer dans les rues de la ville.



Avec cette aide massive kirkstanais, Pazaccévi allait-elle tomber ? Surement ! Selon les estimations, la ville ne peut pas tenir un siège longtemps, à cause du manque d'agriculture et de réserves dans le coin.
Rezzacci

Message par Rezzacci »

<center>Chapitre Suivant : le retour des bourgeois à particules
Où il est raconté ce que l’on y verra

8 Appelstraat, Grachtdam, J. de Nord-Nursie, S.R. de Stalagmanque
</center>

Devant Joost Tulpdam, environ une centaine des bourgeois les plus notables de toute la Nurzijk s’étaient rassemblée. Voir tous ces chapeaux noirs et ces fraises était un spectacle saisissant, surtout pour qui naquit au XXIe siècle.
La révolution nursienne se passait un peu différemment que la continentale. En effet, plutôt que politique, les changements étaient économiques. Et après l’économique prenait le pas sur le politique.

En premier lieu, et cela remontait à des siècles, la Compagnie Grachtdamoise de la Tulipe cachait, derrière son air gentil de multinationale anonyme, un côté méchant de multinationale anonyme. Fraudes, dols, actions non sociales, esclavages, comptabilités truquées, autant de fraudes interdites par n’importe quelle organisation à but lucratif posté à Stalagmanque, qui échappe même aux idées les plus folles du Fisc et qui seraient trouvées abject par les membres de la Soffitta. Très vite, le pouvoir politique de la Compagnie augmenta : ses directeurs prenaient les postes administratifs importants, les fonds publics étaient détournés dans les poches néerlandophones, et les véritables propriétaires de l’île étaient membres de la Compagnie.

Son organisation politique était assez simple : l’île de Nurzijk était divisée en 11 districts, chacun dirigé par sa chambre, elle-même sous le contrôle des actionnaires du district. Chaque chambre élit un certain nombre de directeurs en fonction de son poids économique. Les directeurs se réunissent pour élire le Conseil des Dix-Sept, qui possède les pleins pouvoirs sur la Compagnie. Ce Conseil élit un Commissaire des Comptes, qui sert tant de porte-parole que de chef exécutif officieux.
Ce Commissaire des Comptes était un certain Willem van Violet, homme très discret dont très peu de personnes avaient entendu parler.


Joost Tulpdam : Mes frères, nous voici enfin rassemblés. Le souhait, les vœux de nos pères sont sur le point d’aboutir. Depuis trop longtemps nous subissons l’ire tyrannique de la Sérénissime qui, pour des motifs quelconque, nous assiégea et réussit, par on ne sait quel moyen, à nous asservir. Les rares moyens de résistance que nous avions étaient bien dérisoires, et ce n’est qu’avec peine que la Compagnie Grachtdamoise de la Tulipe engrangea des fonds pour parfaire à son indépendance. Gloire aux écritures comptables falsifiées.
Mais aujourd’hui, tout change. L’attention du Sénat est focalisée sur les troubles continentaux, qui, pour notre plus grand plaisir, s’étendent à qui mieux mieux. Dans peu de temps, et c’est moi qui vous le dit, la Sérénissime République de Stalagmanque, parangon du despotisme glouton, ne sera plus. Il est temps d’entrer dans une ère nouvelle, une ère de liberté économique et civique, une ère où le pouvoir ne sera plus concentré en une élite tout à fait incongrue.
La route sera cependant longue. Il reste, vaille que vaille, des fanatiques du régime oligarchique italophone, et l’Inquisition reste toujours debout. Soyons unis, actionnaires, et nous arriverons au but : la gloire, l’indépendance, la richesse !

Les cris, vivats et hourras s’élevèrent dans la salle. Aussitôt des messages étaient envoyés à toutes les villes d’importances de Nursie afin de débuter l’indépendance et les débuts de la République Marchande de Nurzijk.

………………………

<center>Sénat de Stalagmanque, Stalagmanque, S.R. de Stalagmanque</center>

Gratte-papier n°1 : Alors, tu l’as vu ?
Gratte-papier n°2 : Tu veux dire l’opéra sunniste ?
G1 : Bien sûr, c’est ce dont tout le monde parle. Alors ? T’en as pensé quoi ?
G2 : Sincèrement ? Une merveille. Le style, quoiqu’un peu avant-gardiste, reste éblouissant. Sans compter un livret admirablement composé, et une distribution à se mettre à genoux. Tu aurais dû aller le voir.
G1 : Tu plaisantes ? Et aller sur le continent ? C’est bien trop dangereux !
G2 : Tu oublies que les idées voyagent plus vite que les guerriers.
G1 : Ce qui veut dire ?
G2 : Ce qui veut dire qu’il y a des représentations à Fortezza Oveste. Bon, la salle est un peu petite, l’orchestre minable, mais ça vaut le coup.
G1 : Tu veux dire que les idées révolutionnaires s’infiltrent jusqu’en Furibaldi ? Mais c’est la catastrophe !
G2 : Bien sûr que non. A Logudoro, certes, il y a danger de révolution, mais ce sont des illettrés incultes et influençables. Ici, il y a beaucoup plus de paternalisme.
G1 : Attends, tu viens bien de dire : danger de révolution ?
G2 : Bien sûr, Logudoro reste tout de même le bastion stalagmantin continental.
G1 : Mon pauvre vieux, tu n’as pas idée.
G2 : Quoi ? Ne me dit pas que…
G2 : Et si. Logudoro a succombé, et est devenue indépendante. La situation ne pourrait être pire.
Gratte-papier n°3 : Et si je vous disais que la cité de Pazaccévi est tombée, elle aussi ?
G1 & G2 : Comment ça ?
G3 : Le siège populaire a fonctionné, le recteur s’est rendu. Pazaccévi est désolidarisée de Stalagmanque.
G1 : Mais ça veut dire que par effet de cascade Doncca, Tremor et Asthmise vont tomber dans peu de temps !
G3 : C’est ce que les pontes du service craignent. Mais vous ne savez pas le pire encore : la population fuit Stalagmanque et Furibaldi.
G2 : Mais pourquoi ?
G3 : On ne sait pas. Tout ce qu’on constate, c’est que les bourgeois vont investir les marchés modernes, que ceux qui venaient pour apporter des sous à la famille provinciale retournent voir la famille, et une quantité phénoménale de néerlandophones sont retournés en Nursie. En tout, on estime les départs à 50.000 personnes, et ça risque d’augmenter.
Gratte-papier n°4 : Hosannah ! Une merveilleuse nouvelle !
G2 : Pas possible ? En cette période ?
G4 : Et ça nous vient des derniers auxquels on pourrait penser : la noblesse stalagmantine nous offre ses fonds et ses moyens logistiques !
G3 : On peut savoir pourquoi ?
G4 : Tout ce qui est dit, c’est que le patriarche des Gialli aurait fait une promesse à son fils, ce qui implique que toute la noblesse part à Stalagmanque.
G2 : Dîtes, quand même, j’ai l’impression que cette histoire part un peu dans tous les sens.
G1 : Comment ça ?
G2 : Et bien, analyse la situation. D’un côté, nous avons de simples révolutionnaires populistes et le Sénat. Jusque-là, ça pourrait aller : une révolution classique, n’est-ce pas ?
G3 : Certes, certes.
G2 : Mais voilà. La noblesse se ramène, la jurande de la Guilde des architectes se part de plus beaux atouts, le journal Mi-figue mi-raisin pérore sans queue ni tête, les organismes culturels restent inhabituellement silencieux, les Nursiens se tiennent à carreau mais l’Inquisition les tient à l’œil… Trop de pistes, trop d’acteurs, trop de nœuds. C’est pas normal.
G3 : Mais qu’est-ce que tu veux faire ? Pour retirer suffisamment d’information des preuves que nous avons pour trouver un quelconque raisonnement, il faudrait une force de traitement phénoménale ! Et les ordinateurs seraient inutiles ici, n’en parlons.
G1 : Force de traitement ? Mais je sais exactement où aller !
G4 : Hein ?
G1 : Des milliers de personnes qui se relaient sans arrêt, qui collectent toutes les informations du pays, les trient, les tabulent, les rangent, les inventorient et les enregistrent, et qui, selon les légendes, auraient plus de réponse qu’un Oracle.
G2 : Non, tu ne penses quand même pas aller aux…
G1 : Si.
G3 : Mais personne n’en est jamais revenu sain d’esprit !
G4 : Y aller, c’est la perdition assurée !
G1 : Messieurs, nous n’avons pas le choix. L’avenir de la République est entre nos mains. Je vous propose de nous rendre le plus rapidement possible… aux Archives.

……………………..

<center>Echangeur ferroviaire de Bel Tamen, J. de San Luca, S.R. de Stalagmanque</center>

Vladimir Tetri : Je ne vois toujours pas pourquoi vous m’avez emmené ici.

Sur une colline surplombant l’échangeur ferroviaire se tenaient la Troïka d’Héphaïs. Arcady Strougatski tressautait, excité comme une puce ; Vladimir Tetri restait circonspect ; et Julius Etyphê, fatigué, se reposait dans la voiture.
L’échangeur ferroviaire s’étendait devant leurs yeux. D’une complexité à faire pâlir de peur Maurits Cornelis Escher, des dizaines de lignes se croisaient et s’entrecroisaient, partant dans toutes les directions et joignant toutes les gares du pays, des plus impressionnantes comme les plus oubliées. Au centre de cet entrelacs de lignes se trouvait une tour branlante en bois, d’aspect très précaire et fragile, tour à partir de laquelle le vieux préposé jonglait avec les innombrables aiguillages. Ce passage avait toujours été très délicat à manœuvré, et était source de nombreux accidents.
Les yeux de Strougatski allaient successivement de sa montre ouverte dans sa main à l’aiguillage endormi.


Arcady Strougatski : Voyez-vous, on dénombre exactement 72 locomotives, toutes à charbon, dans la Sérénissime République, et toutes sont en service continu, excepté les périodes de révision. Et les lignes de chemin de fer étant d’ordre purement privé, il est aisé de s’y insérer et de modifier les horaires de départ des trains.
V.T. : Je ne vois toujours pas.
A.S. : Vous ne voyez pas ? C’est pourtant limpide. Nous allons pouvoir faire ici le plus gros sabotage de toute la révolution. Tous les trains du pays vont se rejoindre ici au même moment, sur cet échangeur.
V.T. : Mais je croyais que la SPCS possédait un système de calcul qui évitait toute collision.
A.S. : Ce qui est vrai. Et j’ai laissé à chaque train une marge de manœuvre de quelques secondes. Dix secondes de retard, et il y a collision. Surtout que le vieux préposé, dans sa tour, n’arrivera jamais à tout coordonner. Croyez-moi. D’ailleurs, regardez ! L’express de 14h32, en provenance de Venthouze, arrive tout juste !
V.T. : Et là-bas, au Nord, le direct Triponte-Malatesta !
A.S. : Et à l’Est, l’omnibus latitudinal ! On va rire !
V.T. : Et il y en a encore plein d’autres ! Oh, Arcady, tu es un génie. C’est un magnifique spectacle…

Les trains avançaient à toute vitesse, roulant suffisamment vite pour rester sur l’horaire. Ils affluaient de toute part, en une inévitable collision. Le vieux préposé, dans sa tour, voyait le danger arriver, et s’agrippait, d’un air résolu, aux leviers de commandes de l’aiguillage.
Mais quelque chose n’allait pas, nota Strougatski. Il semblait que chaque train était exactement à son horaire.
Nom de Dieu ! Jura-t-il. Il semblerait que les compagnies ferroviaires privées soient beaucoup plus précises et ponctuelles que les compagnies nationales !
Déjà deux trains étaient passées dans encombre, et trois se croisèrent en se frôlant d’un cheveu. L’habilité du vieux préposé était phénoménale, et aucun des deux membres de la Troïka n’en croyait ses yeux.


A.S. : C’est… physiquement… impossible…

Les trains étaient alors cinq à chaque fois à se croiser, tous les uns après les autres, négociant les virages avec une rapidité folle, et manquant à chaque fois la collision. Les aiguillages changeaient à une vitesse effarante, dans des grincements du diable ; la tour d’aiguillage tremblait de tous ses clous ; les panaches de fumées envahissaient l’air de volutes poussiéreuses ; les roues crissaient sur les rails, produisant étincelles flamboyantes.
Tout fut terminé en moins de trois minutes. Le dernier train s’en alla tranquillement, en direction de Garicitta, sans qu’il n’y ait eu le moindre accident. La zone retrouva son calme, et le vieux préposé reprit sa sieste.
Vladimir Tetri ôta son chapeau.


V.T. : C’était tout bonnement magnifique. Je n’ai jamais vu de spectacle plus beau.
A.S. : Dieu existe. Et il protège les stalagmantins.
V.T. : Bon, ce fut un fiasco total. Inutile de parler de tout cela à quiconque, n’est-ce pas ?
A.S. : Tout à fait de votre avis

………………………..

<center>Bilan : </center>

La ville de Logudoro est devenue indépendante sous régime sunniste, et sous le nom de République Populaire et Sunniste de Logudoro.
La cité de Pazaccévi a succombé au siège populo-kirkstanais, et est connue sous le nom de République Indépendante Populaire de Pazaccévi.
Sous l’impulsion de leur sœur, les cités de Doncca, Tremor et Asthmise sont sur la voie de l’indépendance politique.
Des troubles éclatent en Nursie. Le pouvoir stalagmantin est impuissant face à la montée indépendantiste en Nursie.
Un total de 50.000 personnes environ a fui l’île de Furibaldi et la cité de Stalagmanque soit vers la Nursie, soit vers le continent, soit vers l’étranger.
Plusieurs milliers de ducats sont investis dans la lutte contre-révolutionnaire de la part de la noblesse stalagmantine.
Amaski

Message par Amaski »

Message à l'attention de la République de Stalagmanque

[img]http://imageshack.us/a/img842/4427/joachimvonribbentrop1.jpg[/img]

Vos Excellences,

Nous avons été informés que la ville de Logudoro a décidé de se séparer de votre pays pour former un pays indépendant choisissant le régime suniste comme sa voie politique. Si nous sommes heureux de voir les valeurs du Sunisme s'étendre, nous sommes inquiets de la décomposition de votre république qui est une mauvaise chose. Sachez que notre pays n'est pas responsable de cette sécession, au contraire nous la regrettons d'avantage que nous avons la joie de la voir adopter le Sunisme.

Mais les faits sont ainsi. Nous voudrions maintenant demander à votre gouvernement de ne prendre aucune action militaire ou violente contre la ville de Logudoro. Pour notre part nous allons contacter la ville pour la demander de ne pas faire usage de violence contre vous. Nous pensons que l'actuel conflit entre Logudoro et vous doit être résolu par le dialogue et le compromis. Nous ne désirons pas que le Sunisme soit usé pour nourrir des guerres mais qu'il soit la base de plus de dialogue et d'amour entre les humains.

Avec nos respects,

~~ Wilker von Roderkanien ~~

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Message à l'attention de la République Suniste de Logudoro

Frères et soeurs,

Nous avons été informés que vous avez décidé d'adopter le Sunisme en tant que mode de vie. Ceci peut que rejouir notre pays néanmoins nous sommes inquiets de la situation actuelle dans votre région. Sachez que vous avez notre entier soutien pour développer votre ville selon les concepts du Sunisme.

C'est en tant que nation soeur sur le plan idéologique que nous vous demandons de ne pas faire usage de violence contre la République du Stalagmanque mais de faire valoir le dialogue et l'harmonie. Egalement nous vous prions d'enlever le terme Populaire dans le titre de votre cité, le Sunisme n'est pas du socialisme. Le mot populaire souille le prestige du Sunisme.

Soyez assuré de notre soutien et notre conviction que votre ville saura être un lieu de prospérité, progrès et paix,

~~ Wilker von Roderkanien ~~
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