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[quote="Le Technat National"]<center>Déviants graves, des espoirs de thérapies.</center>
Un psychopathe est une personne insensible, manipulatrice et n’éprouvant aucun remords. Le pourcentage de psychopathes est élevé dans les prisons (35%) par rapport à la population générale, où il est d’environ 1 %. Les psychopathes manquent d’empathie, une réponse émotionnelle essentielle pour bien vivre en société. Mais, la psychopathie a-t-elle une cause neurologique ?
Les faits : pas d’empathie dans le cerveau d’un psychopathe
L’empathie nous motive à prendre soin d’autrui. C’est un processus impliquant plusieurs régions du cerveau : amygdale, hypothalamus, cortex insulaire et cortex orbitofrontal. D’après une étude publiée dans Étude des Neurosciences Humaines, ces aires cérébrales ne sont pas correctement activées lorsque des psychopathes imaginent la souffrance des autres.
Pour comprendre le dysfonctionnement de l’empathie chez ces personnes, les chercheurs ont utilisé l’IRM et observé le cerveau de 121 détenus américains âgés de 18 à 50 ans. D’après un test de personnalité, 37 avaient des tendances « hautement psychopathiques », 44 un profil « intermédiaire » et 40 étaient « faiblement psychopathes ». Les chercheurs ont montré aux participants des images illustrant une souffrance physique, comme un doigt pris dans une porte. Les participants devaient imaginer que cet accident arrivait à eux-mêmes ou à quelqu’un d’autre. Des images contrôles, sans lien avec de la souffrance, leur étaient aussi montrées, par exemple une main sur une poignée de porte.
Lorsque les psychopathes les plus avancés imaginaient une souffrance leur étant infligée, une réponse typique était observée dans les régions du cerveau impliquées dans l’empathie. Donc les psychopathes sont bien sensibles à la pensée de la douleur. Mais seulement s'ils en sont les victimes. Quand les chercheurs ont demandé aux individus d’imaginer que cette souffrance était infligée à d’autres personnes, les régions impliquées dans l’empathie ne s’activaient pas correctement chez les profils hautement psychopathes.
<center>[img]http://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/builds/images/rte/RTEmagicC_Amygdala_position.png[/img]
Position des noyaux amygdaliens, impliqués dans le circuit de l’empathie, tout comme le cortex somatosensoriel, l'insula, le cortex cingulaire et le cortex préfrontal ventromédian. © Wikimedia Commons, DP</center>
Décryptage : un problème de connexions entre aires cérébrales
De plus quand ils imaginaient la souffrance des autres, les grands psychopathes présentaient une réponse accrue dans le striatum ventral, une aire impliquée dans le plaisir : imaginer la souffrance des autres devenait pour eux une source de plaisir.
En plus de les réjouir, la souffrance d’autrui ne les incite nullement à leur porter secours. En effet, les chercheurs ont observé que les aires où naît le sentiment d’empathie (le cortex insulaire et l’amygdale) n’étaient pas connectées aux régions importantes dans la prise de décision comme le cortex orbitofrontal, et le cortex préfrontal ventromédian. Les psychopathes sont donc incapables de décider d’aller aider une personne en détresse.
Espoirs : la porte ouverte à de nouvelles thérapies
Par conséquent, il suffirait que les bonnes aires cérébrales soient activées pour que les psychopathes ressentent de l’empathie. Ces travaux mettent en évidence un problème de connexions entre certaines aires du cerveau, ce qui suggère de nouvelles cibles d’intervention : par exemple, des thérapies cognitives visant à rétablir les connexions manquantes.
La pharmacologie pourrait aussi restaurer les connexions nécessaires à l’empathie pour que les psychopathes recrutent les bons circuits neuronaux lorsqu’ils seraient confrontés à la souffrance des autres.
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Technat National
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Sovana
[quote="Le Technat National"][center]De l'Empathe, approche évolutionniste, adressé à la demande du Comité des Administrateurs Harmonistes sur la demande de l'un d'entre eux[/center]
Le département de la biodynamique du Technat crains de devoir mettre en garde le Comité des Administrateurs Harmonistes au sujet de l'hypothèse d'une société constituée uniquement d'Empathes.
S'il est certain que les multiples mécanismes neuropsychologiques visés favoriseraient grandement l'innovation, qu'elle soit sociale ou technique, et ou une capacité d'adaptation entre rapide et fulgurante, il nous semble important de mettre en avant des points peu observés à la lumière politique.
L'Homo Sapiens est naturellement un superprédateur. Il n'est pas spécialement fort ou vif, mais particulièrement endurant. Adapté aux climats tropicaux par une fourrure moins abondante que la plupart des hominidae, ce qui caractérise avant tout cet espèce est son endurance. L'Homo Sapiens se distingue des autres primates par une peau relativement fine, presque nue, et par le caractère très archaïque et relictuel de sa pilosité. Cela est effet due à sa capacité de transpirer, permettant ainsi une thermorégulation efficace, et particulièrement efficiente pour supporter des efforts sur le long terme. Son intelligence lui a permis d'apprendre à pister des proies, qui, si elles peuvent espérer le distancer sur le court et moyen terme, finissent le plus souvent attrapées, car épuisées. De plus, du fait de certains tendons et muscles, il est capable de se se mouvoir rapidement de manière bipède, scannant ainsi l’environnement facilement, tout en restant stable. De même, par sa morphologie, il est capable de respirer plusieurs fois entre chaque foulées afin d'optimiser l'apport en oxygène, contrairement à la plupart des quadrupèdes, lui conférant ainsi un avantage comparatif particulièrement élevé. Avant donc de contrôler son environement par une action spécifiquement anthropique, l'Homo Sapiens était déjà un prédateur redoutable.
Par la suite, son pouce préhensile et son intelligence lui à permet d’amener l'anthropisation de plus en plus intensive de son environement via le maitrise d'outils complexes.
L'Homo Sapiens est donc un espèce doté d'avantages comparatifs nombreux et particulièrement élevés, au point de sa domination relative sur l’environnement. Toutefois, un déficit d'inhibition latente (le cerveau trie moins les informations reçues, cela doit être fait consciemment), quoique couplé à une multiplicité des connexions neurales et de leur vitesse, entrainerait donc une capacité d'adaptation décuplée, mais amoindrirait les facultés de survies au sens strict. Cette difficulté à discriminer rapidement et efficacement les données entrantes, visuelles par exemple, serait un sérieux désavantages dans de nombreuses situations exigeant des réflexes coordonnés et rapides pour faire face à un environement hostile ou mouvant. En proportion, le nombre d'individus "réactifs et efficaces" en cas d'affrontement direct avec un prédateur, voir en cas de fuite, serait donc drastiquement réduit, ou moins efficient tout du moins.
Un exemple plus récent serait par exemple le métier de pilote de chasse, voir certains autres pilotages, où l'ensemble du champ visuel enregistre perpétuellement des informations mouvantes qu'il est indispensable de correctement discriminer. Il en va toutefois de même pour les autres champs perceptifs.
En conclusion, cela ne signifie pas qu'une société composée uniquement d'Empathes ne saurait avoir de pilotes de chasses ou de voiture de course, mais que si la formation ne prend pas en compte cela, ne s'adapte pas (si cela est possible sans augmenter les risques bien sur), alors Azude disposera que de peu de pilotes à grandes vitesses. Et également moins de conducteurs (quoique ce "moins" reste peu identifiable à l'heure actuelle), du fait simultané de l'automatisation des déplacements individuels via GPS, et de la prise de risque inhérente à une conduite manuelle à grande vitesse.
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Le département de la biodynamique du Technat crains de devoir mettre en garde le Comité des Administrateurs Harmonistes au sujet de l'hypothèse d'une société constituée uniquement d'Empathes.
S'il est certain que les multiples mécanismes neuropsychologiques visés favoriseraient grandement l'innovation, qu'elle soit sociale ou technique, et ou une capacité d'adaptation entre rapide et fulgurante, il nous semble important de mettre en avant des points peu observés à la lumière politique.
L'Homo Sapiens est naturellement un superprédateur. Il n'est pas spécialement fort ou vif, mais particulièrement endurant. Adapté aux climats tropicaux par une fourrure moins abondante que la plupart des hominidae, ce qui caractérise avant tout cet espèce est son endurance. L'Homo Sapiens se distingue des autres primates par une peau relativement fine, presque nue, et par le caractère très archaïque et relictuel de sa pilosité. Cela est effet due à sa capacité de transpirer, permettant ainsi une thermorégulation efficace, et particulièrement efficiente pour supporter des efforts sur le long terme. Son intelligence lui a permis d'apprendre à pister des proies, qui, si elles peuvent espérer le distancer sur le court et moyen terme, finissent le plus souvent attrapées, car épuisées. De plus, du fait de certains tendons et muscles, il est capable de se se mouvoir rapidement de manière bipède, scannant ainsi l’environnement facilement, tout en restant stable. De même, par sa morphologie, il est capable de respirer plusieurs fois entre chaque foulées afin d'optimiser l'apport en oxygène, contrairement à la plupart des quadrupèdes, lui conférant ainsi un avantage comparatif particulièrement élevé. Avant donc de contrôler son environement par une action spécifiquement anthropique, l'Homo Sapiens était déjà un prédateur redoutable.
Par la suite, son pouce préhensile et son intelligence lui à permet d’amener l'anthropisation de plus en plus intensive de son environement via le maitrise d'outils complexes.
L'Homo Sapiens est donc un espèce doté d'avantages comparatifs nombreux et particulièrement élevés, au point de sa domination relative sur l’environnement. Toutefois, un déficit d'inhibition latente (le cerveau trie moins les informations reçues, cela doit être fait consciemment), quoique couplé à une multiplicité des connexions neurales et de leur vitesse, entrainerait donc une capacité d'adaptation décuplée, mais amoindrirait les facultés de survies au sens strict. Cette difficulté à discriminer rapidement et efficacement les données entrantes, visuelles par exemple, serait un sérieux désavantages dans de nombreuses situations exigeant des réflexes coordonnés et rapides pour faire face à un environement hostile ou mouvant. En proportion, le nombre d'individus "réactifs et efficaces" en cas d'affrontement direct avec un prédateur, voir en cas de fuite, serait donc drastiquement réduit, ou moins efficient tout du moins.
Un exemple plus récent serait par exemple le métier de pilote de chasse, voir certains autres pilotages, où l'ensemble du champ visuel enregistre perpétuellement des informations mouvantes qu'il est indispensable de correctement discriminer. Il en va toutefois de même pour les autres champs perceptifs.
En conclusion, cela ne signifie pas qu'une société composée uniquement d'Empathes ne saurait avoir de pilotes de chasses ou de voiture de course, mais que si la formation ne prend pas en compte cela, ne s'adapte pas (si cela est possible sans augmenter les risques bien sur), alors Azude disposera que de peu de pilotes à grandes vitesses. Et également moins de conducteurs (quoique ce "moins" reste peu identifiable à l'heure actuelle), du fait simultané de l'automatisation des déplacements individuels via GPS, et de la prise de risque inhérente à une conduite manuelle à grande vitesse.
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Sovana
[spoiler="Rapport du 17 février 2018"][quote="Département Psychologique du Technat National"]
[center]Rapport sur les Empathes (dénomination internationale : « surdoués »)[/center]
Extrait de l'Étude nationale sur les empathes
A) Proportion dans la population totale
QI > 130 : 2,2 % (Empathes)
120 < QI<130 : 6,7 % (Intelligence supérieure)
110 < QI < 120 : 16,1 % (Intelligence moyenne forte)
90 < QI < 110 : 50 % (Intelligence moyenne)
80 < QI < 90 : 16,1 % (Intelligence moyenne faible)
70 < QI < 80 :6,7 % (Intelligence très faible)
QI < 70 : 2,2 % (Intelligence très faible)
B) Qualités (du plus au moins courant)
Intelligence cognitive :
capacité exceptionnelle à raisonner, goût pour le raisonnement
Esprit de synthèse et compréhension immédiate
Soif d'apprendre
Attirance pour la complexité, difficulté, dans le choix des problèmes à résoudre
Indépendance d'esprit dans l'apprentissage, tendance à l'autodidactisme
Large vocabulaire, facilité d'élocution, plaisir et attirance pour les mots, les expressions verbales
Compréhension rapide des nouveautés
Excellente mémoire à long terme
Saisie aisée des concepts mathématiques ou scientifiques
Goût vorace pour la lecture
Élaboration de pensées abstraites
Capacité à travailler en même temps, intellectuellement, sur plusieurs pistes ou disciplines différentes
Intelligence émotionnelle :
Hypersensibilité
Sens aigu de l'humour ou comique de situation
Sens aigu de l'observation, perspicacité sur les sentiments d'autrui
Sentiments passionnés, affections compulsives
Sensibilité extrême aux changements subtils d'atmosphère
Introversion
Tolérance pour l’ambiguïté
Capacité à envisager un problème sous différents angles, points de vues
Sens du merveilleux, capacité à l'émerveillement
Ouverture aux nouveautés
Stabilité émotionnelle, sérénité
Intelligence Relationnelle
Tendance marquée à questionner ou contester l'autorité, à poser des questions embarrassantes
Propension au non-conformisme
Sentiment d'une différence, d'un décalage permanent avec les autres
Sentiment d'enfermement et de solitude
Très grande propension à la compassion
Très grande propension l'empathie, aider les autres à se comprendre eux-même
Intelligence Créatrice :
Très grande propension à l'invention
Grande originalité dans l'imagination et la création
Curiosité insatiable
Idées inhabituelles
Tendance à connecter entre elles des idées traditionnellement opposés ou indépendantes les unes des autres, à marier les concepts
Imagination vivace et permanente déployée dans tout les domaines d'activité
Qualités Morales :
Perfectionnistes, placent la barre très haut pour eux et les autres
Plus sensibles aux défis personnels qu'aux récompenses décernés par la société
Préoccupés par les questions mystiques, la recherche de la vérité et du sens de la vie
Aiment les défis et les prises de risque
Grande énergie, beaucoup d'attentions et d'efforts, concentration exceptionnelle dans les domaines qui les attirent.
Pouvant travailler jusqu'à l'épuisement
Sporadiquement besoin de contemplation et de solitude
Hypersensibilité à leur environnement dans toutes les acceptations du terme : changements de température, sons incongrus, parfums, dissonances, fautes de goûts, matières des meubles, des tissus de vêtements...
Par manque de confiance en sois autoderision, autocritique, voir autodénigrement
C) Conséquences (voir rapport détaillé)
Divergence
Excitabilité (Hypersensibilité, concentration d'une grande énergie)
Sensibilité
Clairvoyance
Perfectionisme
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[spoiler="Rapport de la Decenie sur les Empathes"]Généralités de l'Empathe :
Hyperactivité cérébrale : Un cerveau dans un état permanent d'hyperactivité, avec des connexions à grande vitesse et qui se déploient dans toutes les zones du cerveau simultanément. Un "bouillonnement" cérébral permanent qui élargit considérablement les capacités de pensée (en arborescence), mais qui deviens facilement très difficile à canaliser.
La vitesse : La vitesse de transmission des informations est significativement plus élevée dans la population des Empathes (on parle de 0,05 mètre par seconde supplémentaire par point de QI en plus). Ce qui signifie que dans le même laps de temps des informations beaucoup plus nombreuses sont intégrées et analysées. Tout va beaucoup plus vite et entraîne une multiplicité des données qui sont traitées simultanément. Le flux cérébral est ininterrompu. Le niveau d'activation est très élevé et l'intensité est difficile à faire baisser. La pensée est donc toujours en marche, impossible à stopper.
Le traitement multispatial : Les informations intérieures et extérieures sont prises dans des réseaux de neurones qui circulent et se répartissent dans plusieurs parties du cerveau. Les connexions ne sont pas localisées dans une zone cérébrale distincte (ce que l'on observe actuellement avec les localisations fonctionnelles). De plus, le traitement est simultané, ce qui signifie que tout est traité en même temps et au même niveau d'importance. Cela entraîne que sélectionner l'information pertinente apparaît dans de nombreux cas comme un défi. S'ajoute à cela le déficit de l'inhibition latente. L’inhibition latente est le processus cognitif permettant de hiérarchiser et trier les stimuli et les informations que notre cerveau doit traiter. Cela permet de rester attentif à ce qui est jugé utile et pertinent par le cerveau au niveau visuel, auditif, tactile par exemple. Ce déficit de tri automatique entraîne chez l'Empathe qu'il doit traiter consciemment une multitude d'informations. Ainsi, organiser et structurer sa pensée deviens parfois difficile pour un Empathe, d'autant plus qu'il est toujours en prise avec les émotions et sensations associées.
La dépendance/indépendance à l'égard du champ : L'indépendance au champ est la capacité à facilement isoler un détail et estomper les informations inutiles dans la tache donnée. A l'inverse, si le cerveau est dépendant au champ il est plus difficile de distinguer la cible et un effort d'attention considérable est nécessaire pour atteindre l'objectif. Ce trait varie selon les personnes et les personnalités. L'Empathe, très souvent bien plus dépendant du champ, est particulièrement perdu dans le foisonnement de sa perception des choses, n'opère pas, la différenciation nécessaire à un traitement rapide et efficace des données. Plus encore, sa dépendance au contexte est amplifiée par la dimension affective. Un Empathe est toujours dépendant du contexte affectif, il ne sait pas, il ne peut pas fonctionner sans prendre en compte les charges émotionnelles présentes.
Les performances selon le contexte : Dans une tache fermée (contexte réduit avec seulement les données nécessaires) l'Empathe est rapide, concentré, efficace. Dans une tache ouverte (possibilités variées, plusieurs façon de faire), il peut s'éloigner rapidement de la consigne, les idées s’enchaînent à grande vitesse, des informations surgissent de la mémoire, et le temps passe, le problème n'est pas résolu ou les erreurs sont nombreuses. Il est donc essentiel de réduire les données pour qu'un Empathe soit efficace.
Soit l'Empathe est hyperconcentré, mais il faut que ça aille vite car beaucoup d’énergie doit être mobilisée. Cela lui permet de mettre à distance toutes les informations parasites, comme s'il fallait retenir la pensée qui va lui échapper et se déployer à son insu. Alors, parfois l'activité est un échec car cela demande trop de ressources intentionnelles, l'activité est "zappée".
Soit le contexte est chargé d'informations, en particulier émotionnelles, et l'Empathe ne parvint plus à canaliser son attention. Il entre dans un mode de veille et ne laisse entrer dans son cerveau que le minimum d'informations vitales. Ce comportement peu donner l'impression d'un mutisme, ou d'une absence d'attention, parfois préjudiciable pour lui et agaçant pour son entourage.
L'Empathe fonctionne en tout ou rien. Mais, pour lui, le tout, c'est souvent trop.
Du "trop penser" à l'impulsivité : Une particularité de fonctionnement à l'origines de conflits inutiles. un Empathe peut parfois donner l'impression d'être idiot tellement il peut parfois réagir, prendre des décisions, de façon irréfléchie. Le plus souvent face à de faibles enjeux : en mode veille, il répond, prend une décision superficielle ou pire, à coté. D'où de nombreuses méprises et des conflits inextricables. Très difficile en effet de comprendre et d'accepter que cet être intelligent et sensible ai pu agir, intervenir, de façon aussi inadaptée. Souvent l'Empathe cherchera donc à persuader qu'il ne l'a pas fait exprès, qu'il n'avait pas bien compris, et aussi surprenant et déroutant que cela soit : c'est vrai. Cela entraîne des impasses de communication : l'autre ne peut entendre une invraisemblance pareille et insiste. Alors l'Empathe, à bout d'arguments justifiables, quitte le « combat ». il se ferme, ne dit plus rien, fuit. Il ne sait plus ce qu'il faut dire et préfère se soustraire à la confrontation par impuissance à l'affronter. Il n'a pas d'arguments valables, lui le sait mais l'autre ne peut l'admettre.
Pensée en arborescence : A partir d'un stimulus, d'une idée, d'une consigne, tout un réseau associatif de pensée se déploie à une très grande vitesse. Chaque idée en génère une autre sans qu'un lien logique sous-tende cette association. De plus, plusieurs axes de pensée se développent simultanément, créant une réelle arborescence de la pensée. Images, sensations, émotions vont alimenter cette arborescence qui devient de plus en plus complexe et dont les multiples « branches » se déploient à l'infini. Rapidement, la densité de pensées est élevées et il devient bien improbable d’espérer les organiser et structurer. Favorable à émergences d'idées nouvelles et créatives, jaillissement d'une pensée riche, forte en images et en émotion, la pensée en réseau n'est pas celle du langage qui explique clairement ni du raisonnement qui argumente logiquement.
La réponse intuitive : ne pas pouvoir accéder aux procédures. Cela est la possibilité de savoir donner un résultat juste sans savoir expliquer comment l'on sait cela. Cela fonctionne en deçà du seuil de conscience. Sur un plan neuropsychologique, cette singularité s'explique par l'activation de connexions neuronales qui empruntent des voies ultrarapides et par là même imperceptibles à la conscience. Les imageries cérébrales montrent l'activation de ces réseaux de neurones chargés d'informations cérébrales souterraines qui s'alimente des connaissances antérieures et de la capacité à créer des connexions inédites. L'intelligence intuitive en est la résultante absolue avec ses pièges et ses immenses ressources.
La mise en mots : face à une situation, et dans multipensées quotidiennes, ce sont les zones du traitement en images qui se mobilisent en premier. L'Empathe voit d'abords en images avant de les transformer en mots. Avec une double difficulté :
_L'image peut être le nouveau point de départ d'associations d'idées arborescentes. Il faut alors « fixer » l'image dans sa tête pour la transformer rapidement en mots. Opération périlleuse car les réseaux associatifs sont très rapides.
_L'image produit un halo de sens qui n'arrive pas à se condenser dans le langage. L'Empathe n'arrive plus à trier et réorganiser sa pensée.
De l'image au mot : Quand l’arborescence s'en mêle et emmêle : ce tourbillon de pensée et d'émotions rend effectivement difficile le passage par la langage. Il faut traduire un brouhaha intérieur, une effervescence de sentiments, une sensation bouillonnante du monde, sans trahir ce que l'on pense, en trouvant le mot juste, au bon moment. En étant sur que l'autre comprendra précisément ce que l'on a à dire. Parler, c'est faire passer ce foisonnement de pensées dans un goulot d'étranglement : les mots doivent s'agencer les uns après les autres, dans un ordre immuable et codé qui permettra de communiquer correctement ce que l'on a à dire. L'impossibilité à dire sans être totalement connecté à sa pensée, dans l'ici et maintenant de ce que l'on souhaite exprimer. L'intensité de la pensée avec sa charge émotionnelle ne se vit et ne peut s'exprimer qu'au moment où elle se déploie. Sa vitesse d'activation et son foisonnement spectaculaire redent difficile l'intégration stable des données. Elles seront souvent perdues pour une utilisation ultérieure. Se remobiliser demande une très forte énergie. La pensée échappe et s'échappe vite. Le trop penser élimine la pensée.
Quand les mots se perdent dans l'arborescence : Vouloir s'exprimer alors que les mots passent si vite dans la tête peut créer de sérieux problèmes de communication et de vraies difficultés relationnelles. Quand on n'arrive pas à exprimer précisément et clairement ce que l'on souhaite dire, que l'on s'embrouille et que tout deviens confus on cours le risque de ne pas être compris, ou compris de travers, ce qui est souvent pire. Les mots viennent aussi difficilement pour traduire ce que l'on ressent. Alors, souvent, l'Empathe se tait. Ne pas parler car on ne sait comment dire. Et parfois, lorsque l'on parler, blesser bien involontairement. Ce n'était pas le bon mot, pas celui qu'il aurait fallu… Se perdre dans sa pensée conduit souvent l'Empathe à passer par des détours pour cerner une idée. C'est parfois la seule solution pour tenter d'éclaircir ses propos.
Ne pas comprendre le sens des mots, quand on ne comprend pas l'implicite :
Pour un Empathe, la précision absolue est fondamentale, il comprend les choses au sens littéral. Pour qu'il comprenne ce que vous voulez dire, il faut lui expliquer le contexte. Sinon, il comprendra autrement.
Cette difficulté à décoder les implicites ordinaires donne parfois la sensation à l'Empathe, qu'importe son âge, qu'il ne comprend rien au monde. Cela renforce son sentiment d'étrangeté et de décalage.
Du coté affectif, le cerveau de l'Empathe montre aussi des singularités :
Un Empathe pense d'abord avec son cœur : C'est la plus présente des spécificités du système émotionnel des Empathes, une de celles qui sont les plus caractéristiques de leur fonctionnement : l'ingérence émotionnelle. Malgré la prééminence majoritairement accordée aux formes de l'intelligence dans le profil de l'Empathe, il apparaît en réalité que c'est plutôt du coté du fonctionnement émotionnel et affectif que se révèle leur plus profonde personnalité, très singulière. D'une certaine façon, on pourrait dire, qu'un Empathe pense d'abord avec son cœur, bien avant de penser avec sa tête. L’hyperréceptivité émotionnelle est centrale chez un Empathe. Véritable éponge, il absorbe en continu la moindre particule émotionnelle en suspension autour de lui. D'une sensibilité exacerbée aux émotions ambiantes, l'Empathe, ressent également, les émotions des autres [Empathie]. D'où le mot azudéen pour désigner cela, plutôt que le terme international surdoué. Son empathie est constante et perturbe ses relations humaines. Il ne peut parvenir à être uniquement avec quelqu'un d'autre dans une attitude simplement réceptive à l'autre. Il est toujours obligé de vivre, en même temps que l'autre, tout ce que celui-ci ressent et vit émotionnellement. Cette perméabilité laisse peu de repos et conduit à des ajustements constants.
L'hyperesthésie ou la perception intensive de tout les sens : Cela désigne la capacité sensorielle exacerbée. Un Empathe a en général des compétences visuelles, auditives, gustatives, olfactives, mais aussi kinesthésiques (le toucher), qui se révèlent très supérieures à la moyenne de la population.
De manière générale l'Empathe peut traiter plus d'informations (auditives par exemple) en même temps, percevoir plus de nuances ou de détails.
La capacité exacerbée des sens perceptifs explique l’extrême réactivité émotionnelle et l'importance de l'affectif. Tout les sens en évail de façon contante élargissent la réceptivité du monde. L'exacerbation des sens génère une sensibilité émotionnelle élevée : tout est perçu et tout le temps. L'hyperstimulatbilité, c'est-à-dire la rapidité du déclenchement d'une réponse émotionnelle à l’organisme, est directement corrélée à l'hyperesthésie.
La grande susceptibilité, retrouvée dans tout les profils des Empathes, est une des conséquences de ce processus neuropsychologique de sensibilité émotionnelle exacerbée et mal contrôlée.
En résumé :
Quand on est Empathe :
_L'hypersensibilité
_l'ingérence émotionnelle constance
_la réceptivité sensorielle exacerbée
_l'empathie qui capte toutes les émotions des autres
_les capacités sur-développées des cinq sens
Sont des composantes indissociables de la personnalité.
L'intelligence de l'Empathe est riche et puissance, mais s'appuie sur des bases cognitives différentes :
_Une activation cérébrale d'une haute intensité
_Un nombre de connexions de neurones significativement plus élevé, des réseaux de neurones qui se déploiement dans toutes les ères du cerveau
_Un traitement des informations en arborescence avec une ramification rapide d'associations d'idées qui ont du mal à se structurer
_Un déficit de l'inhibition latente qui oblige le système cérébral à intégrer toutes les informations en provenance de l’environnement sans tri préalable : les Empathes en ont plein la tête.
_Une impossibilité d'accéder aux stratégies utilisées lors de la résolution d'un problème car les connexions se font à grande vitesse et en deçà du seuil de la conscience
_Une intelligence intuitive et en images qui se débrouille mal du langage, des mots et de la structure verbale[/spoiler]
[spoiler="Département de Psychologie du Technat -Étude sur les Empathes"][quote="Département de Psychologie du Technat -Étude sur les Empathes"][center]Une personnalité aux facettes inattendues
Essaie de typologie[/center]
[indent]40[/indent]Cet essai incomplet et forcément réducteur de typologie ne s'applique qu'aux Empathes testés, confirmés. Ceux qui savent. Trois grands groupes peuvent être distingués. Dans chacun de ces groupes, les personnalités montrent des réelles caractéristiques et le mode de vie n'a ni la même configuration, ni la même incidence sur la satisfaction de vie.
Un rapport au cadre varié :
Ceux qui acceptent le cadre :
[indent]40[/indent]Le cadre général de la vie avec ses limites, ses contraintes, mais aussi ses ouvertures, ses possibilités. Ceux-là jouent le jeu de la vie et acceptent les règles. Évoluer dans un cadre défini est une stratégie d'adaptation au service de soi. C'est une stratégie qui a de nombreux avantages et quelques vraies limites.
Les « sages » ou la passivité dominante
[indent]40[/indent]Ils n'ont pas envie de lutter, pas envie de se rebeller. Ils ont choisi d'accepter pour le meilleur et pour le pire. Ils vivent sans grands espoirs, sans grands idéaux, sans projets fou. Peut être est-ce seulement de la survie. Ils ne sont pas forcément malheureux, mais pas vraiment heureux. Ils ont souvent adopté une philosophie simple qui consiste à profiter de ce que l'on a et ne pas être préoccupé par ce que l'on pourrait avoir. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est une forme de courage, voire de lucidité. Bien sûr, on peut considérer que la frustration est lancinante, mais étouffée. C'est un choix conscient. Pour ne pas trop souffrir, une vie banale est une alternative acceptable.
Le risque : les moments de dépression.
[indent]40[/indent]Certains Empathes qui ont réussi à s’adapter, c'est-à-dire finalement à fonctionner dans le cadre et qui en sont satisfaits, se font parfois « rattraper » par leur fonctionnement d'Empathe à des moments difficiles, de choix, de stress, d'épreuve à surmonter, deux forces vont alors s'opposer : la force adaptative et la force sensitive, propre au fonctionnement de l'Empathe. La force adaptative, plus concrète, plus rassurante, plus habituelle pour lui, va lutter pour garder le contrôle. Mais, dans ce moment délicat de la vie, dans cette faille, toutes les fragilités remontent. Alors l'Empathe va mal, doute, perd ses repères. Sa confiance en lui et en ses capacités est ébranlée, attaquée. Il a soudain un sentiment inquiétant d'être dépassé et qu'il n'y arrivera plus. Il se sent impuissant.
En réalité, il s'agit d'une « dépression » au sens littéral du terme, c'est-à-dire un moment de « creux » où les repères antérieurs sont perdus : ce sont des moments de régression où les mécanismes de contrôle cèdent, où la maîtrise s'effondre. La structure de personnalité peut s'en trouver fortement ébranlée et obliger l'adulte à des réaménagements profonds : de la représentation de soi, de son identité, de son fonctionnement social, de son environnement affectif. Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un rapport de forces : l'intime en soi, réprimé depuis longtemps, presque oublié, mais qui soudain resurgit avec une force inattendue qui peut bouleverser profondément le cours de la vie. Un croisement de vie difficile à vivre. Pour l'Empathe et pour son entourage. Un bouleversement qui doit être restitué dans son contexte afin de lui donner sens, pour retrouver un équilibre de vie. Il ne faut jamais oublier que l'on peut aménager sa structure de personnalité, mais qu'il est difficile, voir impossible, d'en gommer toute l’organisation. « Chassez le naturel, il revient au galop », dit l'adage populaire.
Les challengers ou l'activité dominante
[indent]40[/indent]Autre personnalité, autre stratégie. Les challengers prennent la vie à pleines dents. Toute leur énergie est consacrée à un seul but : réussir, se dépasser, avancer, et faire avancer le monde. Leurs idéaux sont intacts. Leur passion dévorante. Leurs ressources sont entièrement mobilisées pour atteindre cet objectif qui, dès qu'on l'approche, est repoussé encore un peu plus loin. Ceux-là semblent inépuisables, rien ne semble les atteindre, échec les décourager. Au contraire, les difficultés, renforcent leur détermination et leur motivation. Ce sont les challengers qui parviennent le plus facilement à transformer leurs ressources de personnalité en réussite éclatante et en talent. Ce sont ceux-là qui réussissent à transformer leur faiblesse en force, leur fragilité en énergie de vie. Mais il faut être attentif à la dimension anxiogène de ce fonctionnement. Derrière ce succès resplendissant, cette vie éblouissante, ce bonheur éclatant, se cache souvent une angoisse latente que l'activité démesurée tente d'atténuer. Il faut le savoir pour ne pas être surpris par de brusques retombées, aussi brutales qu'inattendues. Cet « arrêt sur image » peut être particulièrement douloureux et ce d'autant plus que celui-ci qui le subit n'en comprend pas bien non plus la violence soudaine et les ressorts intimes. C'est très déstabilisant pour l'Empathe et son entourage. Souvent, ce sont des personnalités que l'on pense si fortes que l'on ne peut comprendre qu'elles s’effondrent ou n'aillent simplement pas bien. Les proches sont perdus et n'attendent qu'une chose, que l'Empathe retrouve son énergie habituelle et redevienne le guide et le leader sur lequel tous ont l'habitude de s'appuyer. Le plus déroutant est effectivement la capacité à rebondir de cet adulte propulsé par une énergie propre mais que semble résister aux alertes les plus sérieuses. Méfiance quand même. Et pour ceux que ce fonctionnement concerne, ne vous perdez pas en chemin. Restez proche de ce que vous êtes. Acceptez les moments d'instabilité, de doute, d'insécurité. Ce sont aussi des moments riches de vie et de nouvelles possibilités.
[background=yellow]Accepter la part plus sombre de soi et la respecter, c'est s'accorder une vraie valeur.[/background]
Ceux qui affrontent le cadre :
[indent]40[/indent]On pourrait les appeler les rebelles. Dans tout ce que cette dénomination a de sympathique, de dynamique, mais aussi de négatif, de destructeur. Quand on n'est jamais d'accord avec rien, que l'on refuse tout. En bloc. Quand le sens critique prend le pas sur toute autre possibilité d'analyser les choses. Quand on est en colère en permanence et que l'on considère tout comme une vaste mascarade inutile, sans intérêt, injuste et insupportable. Alors la frustration l'emporte. La colère recouvre toute force de vie. L’insatisfaction devient chronique et invalidante. On ne parvient plus à avancer. La déception a pris le pas. Le Découragement est trop fort.
Et si c'étaient eux les vrais créateurs ?
[indent]40[/indent]C'est aussi dans le refus du cadre que l'on peut trouver des créateurs, des précurseurs, des « révolutionnaires » qui sauront transformer certaines parcelles de vie t ouvrir de nouvelles voies. Être rebelle comporte de vraies ressources si on sait ne pas rester seulement victime d'une forme de vie qui ne nous convient pas. Pour créer, il faut parfois être hors cadre et s'éloigner des sentiers battus. Être rebelle devient alors un vrai talent.
[indent]40[/indent]Mais tout n'est pas toujours aussi contrasté, et, entre les deux extrêmes, on trouve des rebelles « soft », ceux qui ne sont pas d'accord et qui organisent leur vie en dehors du cadre, mais pas très loin de lui. Ils ne veulent pas tout accepter, mais sont conscients des avantages qu'ils peuvent retirer du système existant. Ils peuvent aussi décider de refuser le cadre, au prétexte de trouver un sens à leur vie mais se sentent alors à côté de la vie et en colère. Contre eux-mêmes, contre ceux qui sont dans le cadre, et contre l'envie d'être dans le cadre. Alors ils font des aller retours entre dedans et dehors. Ils s’accommodent. Ils ne veulent pas renier leur identité profonde, en tout cas celle qu'ils ressentent comme essentielle, mais ils reconnaissent, au moins a minima, les bénéfices que l'on peut retirer d'un système organisé et codifié. Ils cherchent à se poser, mais ne savent pas bien où ni comment. Ils cherchent malgré tout, malgré eux, la reconnaissance des autres, mais de façon désordonnée. La reconnaissance de qui, pourquoi ? Comme s'ils avaient eux-mêmes honte de ce besoin du regard de l'autre. De ce besoin d'amour et de bienveillance des autres. Compliqué… Le sentiment de manque reste dominant.
Ceux qui évoluent sans cadre :
[indent]40[/indent]Eux savent confusément que le cadre existe, mais ils ne savent pas quoi en faire. Ils ne savent pas bien non plus de quoi est fait précisément ce cadre. Alors, dehors, dedans, quelle importance ? Le flou domine leur vie ; les repères sont difficiles à trouver.
Ils vivent mais ne sont pas ancrés. On pourrait parler d'adultes en errance. Ils ne savent pas où se poser. Ils ne se sentent confortables avec rien. Ils cherchent et se cherchent en permanence. Pourtant ils ignorent les raisons et les causes de leur quête. Leurs questions incessantes ne trouvent pas de réponses. Leur pensée, leur vie ne sont jamais au repos. Ils avancent sans but, sans direction, sans projets. L'isolation sociale est quasi systématique et on trouve parmi eux des vraies formes d'inadaptations sociales. Parfois graves.
Quand on ne parvient pas à trouver ses marques, on se sent mal tout le temps et partout. Quand on n'a pas intégré le cadre de l’environnement et que l'on ne s'est pas fixé un cadre intérieur, on est aigri, cynique, désabusé.
Désabusés :
[indent]40[/indent]Ces adultes-là sont dans une sorte d'autodestruction et sont les plus vulnérables aux troubles psychologiques. Ce sont probablement ceux qui souffrent le plus.
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Une typologie pour situer et prendre conscience :
[indent]40[/indent]Cet essaie de typologie a pour seul objectif de poser des points de repères. Ce n'est pas une fatalité de fonctionner de telle ou telle manière. Rien n'est jamais figé, et si on se reconnaît aujourd'hui dans un certain fonctionnement, on peut en changer à tout les stades de la vie et tracer un autre chemin.
Les aléas du sentiment de réussite :
[indent]40[/indent]Le sentiment de réussite est intime, personnel. Éprouver le sentiment de réussir sa vie est indépendant de l'environnement. Ce qui veut dire que l'on peut avoir la douloureuse sensation d'avoir loupé sa vie, alors que les autres seront éblouis par notre réussite socialement reconnue. Ce qui veut dire aussi que l'on peut considérer avoir profondément réussi sa vie malgré le regard apitoyé de notre entourage sur nos choix.
La réussite s'articule dans ce regard sur soi et l'acceptation du regard des autres qui permet de ressentir que l'on est à sa juste place et que l'on s'y sent bien. Le sentiment de réussite résulte d'une alchimie subtile dont le secret est différent pour chacun.
Pour l'Empathe, en proie à de multiples interrogations, au doute permanent, à une remise en question incessante, comment penser sa réussite ?
Pour un Empathe, réussir, est-ce possible ?
Pour un Empathe, c'est vital, mais il pense que c'est impossible. Pas comme il voudrait. Jamais à la hauteur de l'idéal qu'il a de a vie et de lui-même. Pour lui, réussir, c'est faire avancer l'humanité, faire avancer le monde. Il ne s'agit pas d'une réussite professionnelle classique. Ce n'est pas tout à fait ça réussir pour un Empathe, même si cela y participe. Il vit avec une vision plus transcendantale de la réussite. Il souhaiterait tellement l'atteindre. Mais lorsque l'on est capable de percevoir avec une telle lucidité les limites des autres, comment ne pas, d'abord, percevoir ses propres limites ? Alors l'Empathe est rarement satisfait. L'image de réussite qu'il peut parfois donner n'est jamais synchronisé avec sa vision du monde. Pour nous, cette personne a réussi, mais, pour lui la route est encore longue. Y parviendra-t-il un jour ? C'est pour lui une peur viscérale : ne pas y arriver. Il se sent si petit, impuissant, incompétent face à la tache immense qu'il aimerait assumer.
« Mon projet, vous allez sûrement vous moquer de moi, confie Julien, serait d'aider l'humanité à mieux vivre. »
Encore un cran au-dessus, on trouve Michel qui murmure, conscient de la mégalomanie de son désir, que ce qu'il souhaiterait serait d'être un homme comme Jésus ou Bouddha pour transmettre un message au monde et faire profondément évoluer les hommes.
On voit bien le gouffre qui sépare ce qui relève de la réalité et du rêve grandiose. Mais qui taraude, toujours, l'Empathe. Même lorsqu'il n'en dit rien et qu'il semble si rangé dans une vie classique aux bonnheurs simples et à la réussite complaisante. Ne nous y trompons pas : au fond de lui, le projet insensé continue de murmurer.
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Comment être heureux dans ce monde ?
[indent]40[/indent]Les grandes causes aussi bouleversent l'adulte surdoué. Comme un enfant terrifié des malheurs du monde et de l'injustice de la vie. Alors que la plupart d'entre nous finissent par intégrer dans notre vision du monde petits et grands malheurs et à vivre avec tout ce qui nous entoure. Malgré la médiatisation qui nous informe instantanément et avec insistance sur les drames proches ou lointains, nous restant d'abord préoccupés par nos seuls destins individuels. Comme anesthésiés.
Pour l'Empathe se joue intimement un perpétuel dilemme : comment être heureux dans ce monde criant d'injustice, comment se sentir égoïstement bien alors que tant d'autres souffrent, ai-je le droit de rester centré sur ma petite vie sans me préoccuper du destin du monde ? Il ne s'agit pas ici d'une exagération. Mais peu d'Empathes en parlent. Qui le croirait ? Qui partagerait cette compassion et ce sentiment d'impuissance coupable ? On lui ferait immédiatement remarquer qu'on n'y peut rien, qu'on ne peut pas sauver le monde, qu'il est inutile de se faire un tel souci. En résumé, que cette attitude est ridicule et… infantile ! Mais si vous parlez avec lui et qu'il se sent écouté en toute confiance, vous verrez il vous le confirmera : il se sent concerné par tout, tout le temps.
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La part infantile
[indent]40[/indent]Les Empathes partagent une caractéristique toutà fait étonnante et pourtant bien cachée : une part infantile encore très présente. Prête à s'activer à la plus petite sollicitation. Tapie au fond de la « grande personne », mais tellement vivante.
La part infantile est tout ce qui reste de l'enfance : le rêve, la créativité, la certitude que tout est possible. La capacité à s’émerveiller, surtout. La capacité à être submergé par une joie profonde. Pour un tout petit rien. Mais aussi à être terrassé par la moindre injustice, la plus infime souffrance : un animal blessé, un vieux qui a du mal à se relever, l'enfant qui tombe alors qu'il est si fier de ses premiers pas…
Dire de quelqu'un qu'il a des attitudes infantiles est une critique parfois violente et acerbe de la part d'adultes figés dans des certitudes rassurantes et qui s'obligent à n'adopter que des comportements communément acceptables. Un reproche en forme de regret de cette part d'enfance qu'on n'ose plus ressentir ?
La naïveté, expression de la crédulité
[indent]40[/indent]C'est une des grandes particularités de l'Empathe : il continue à croire, comme un enfant. Il croit au merveilleux, au magique. De la vie, des rencontres, des possibles. Sa naïveté le rend prêt à tout croire et à se retrouver très vite submerger par ce que cela entraîne. Les larmes aux yeu arrivent vite. Pourtant, il s'abstient, il se comporte en « grande personne », sérieuse, réfléchie.
Mais il grade, cachée, une âme d'enfant.
L'enthousiasme une énergie immense
[indent]40[/indent]« Mon mari me disait encore hier, c'est incroyable avec toi, tu es capable de t'émerveiller même sur des choses que tu connais déjà. »
C'est un atout inouï. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est une qualité rare, très peu fréquente. Cet enthousiasme que l'on peut ressentir alors que personne ne s'anime est une énergie exceptionnelle.
La face plus sombre de la part infantile : la plainte et le sentiment de toute-puissance, en alternance
[indent]40[/indent]Un Empathe est souvent dans la plainte. Comme un enfant ! Il se plaint de tout, tout le temps. Ce n'est jamais de sa faute, toujours celle des autres. Il y croit en plus. Sincèrement. Comme l'enfant qui pense que s'il a eu une mauvaise note, c'est le prof qui est méchant ou que si un parent le gronde c'est injuste car, dit-il, « J'ai rien fait ! ». C'est ce que l'on appel le fonctionnement externaliste. On considère que les causes du problème sont à l’extérieur. Que notre responsabilité n'est pas engagée. Tout le monde devient potentiellement responsable. Tous, sauf soi-même ! Car cela supposerait une profonde remise en question, opération difficile pour un Empathe fragile qui peine à avoir confiance en lui. « Je veux bien, mais je ne peux pas », répète-t-il…
Mais, lorsqu'il se rapproche dangereusement de ce point de rupture où il se sent vaciller sur ses bases, quand l'image, même vulnérable, qu'il a de lui-même menace de s'effacer totalement, on assiste à une brusque bascule : la maîtrise rigide. Soudain, l'Empathe reprend le contrôle avec une illusion complète de toute-puissance, voire d'omniscience. On retrouve bien là toute la part infantile qui s'exprime : l'omnipotence du petit enfant convaincu qu'il a tout pouvoir sur les choses.
L'Empathe, dans ces moments-là, partage cette certitude puérile : si je veux, j’obtiens. Si je l'ai décidé, rien ne peut me résister. Et j'y arriverai.
De la plainte à la toute-puissance, c'est tout le spectre de la difficile construction de soi qui se révèle. C'est cette fragilité de l'image de soi qui malmène l'Empathe et le fait osciller entre des extrêmes si infantiles. C'est parce qu'il a du mal à construire une représentation stable et confortable de ce qu'il est que l'Empathe flanche et se raccroche à des mécanismes dépassés. Tout les doutes avec lesquels il vit, produits par cette intelligence acérée et cette sensibilité affûtée, brouillent les pistes : qui est-il vraiment ? Ce qu'il perçoit lui est-il suffisamment solide pour s'y appuyer en confiance ? Tel est son grand dilemme.
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Celui qui à l'age du monde
[indent]40[/indent]Mais voila l'autre facette inattendue. La part infantile de l'Empathe côtoie une autre perception : se sentir multiâge.
Qu'est ce que ça veut dire ? Une chose finalement trè simple, la sensation selon les circonstances, les contextes, les personnes avec lesquelles on se trouve, d'avoir simultanément ou successivement des niveaux de maturité différents.
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Oublions l'immaturité, parlons d'hypermaturité
[indent]40[/indent]Voilà encore une conception qui vient à l'encontre de ce que l'on dit souvent de l'Empathe, en particulier de l'enfant, lorsque l'on parle d'immaturité affective. C'est une notion erronée car on confond, immaturité, avec dépendance affective. Oui l'Empathe est d'abord un être affectif. L'ingérence affective est toujours présente chez l'Empathe, y compris dans l'acte cognitif. L'Empathe pense d'abord avec ses émotions avant de penser avec sa tête. Voilà ce qui lui donne parfois ce qualificatif d'immature. Comme si la dominante de l'affectif était seulement le privilège des tout petits enfants !
Au contraire, un Empathe est un caméléon. Il peut jouer un registre très large : il ajuste son comportement, sa pensée, ses actes, pour les adapter au plus près des contraintes de l’environnement. D'une certaine façon, l'Empathe joue avec son intelligence et sa sensibilité pour déterminer son adéquation au monde. Son mode de fonctionnement, sur les versants intellectuels et affectifs, lui donne une hypermaturité très caractéristique.
[background=yellow]L'hypermaturité doit être ici comprise comme cette capacité unique d'analyser avec une lucidité exemplaire toutes les composantes d'une situation et s'y adapter. Ou lutter contre, ce qui revient au même en termes de mécanismes.[/background]
« Il avait toujours semblé à Antoine avoir l'âge des chiens. Quand il avait 7 ans, il se sentait usé comme un homme de 49 ans ; à 11 il en avait les désillusions d'un vieillard de 77 ans. Aujourd'hui, à 25 ans, espérant une vie un peu douce, Antoine a pris la résolution de couvrir son cerveau du suaire de la stupidité. Il n'avait que trop souvent constaté que l'intelligence est le mot qui désigne des sottises bien construites et joliment prononcées, qu'elle est si dévoyée que l'on a souvent plus d'avantages à être bête qu'intellectuel assermenté. L'intelligence rend malheureux, solitaire, pauvre, quand le déguisement de l'intelligence offre une immortalité de papier glacé et l'admiration de ceux qui croient en ce qu'ils lisent. »
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La faille spatio-temporelle : vivre dans plusieurs espaces-temps :
[indent]40[/indent]L'Empathe se sent multiâge, mais il se situe également dans plusieurs espaces temps : passé-présent-futur. Temps du vécu individuel, mais qui est aussi restitué dans l'espace-temps de l'univers. Prendre une décision dans l'ici et maintenant est rendu très difficile par cette prise en compte de l'avant, de l'après, mais aussi de l'ailleurs. La perspective de soi est très différente car relativisée à l’échelle du temps et de l'espace.
Cela correspond à l'impossibilité pour l'Empathe de se détacher du contexte. Son existance, sa raison d'être et de vivre, est dépendante de La Vie, avec un L et un V majuscules. Sa petite vie est reliée au sen du monde. Même si ce sens lui échappe, il ne peut se considérer comme isolé du reste. Toute sa vie personelle, insignifiante, est perpétuellement mise en perspective à l'échelle de l'univers. Pour l'Empathe, seule cette perspective universelle et intemporelle peut avoir du sens et donner du sens à la vie ordinaire de chacun.
Il est évident que cette vision des choses, de sa vie comme de soi, engendre des interrogations aux réponses impossibles. Et qu'elles aboutissent, inexorablement, à des gouffres d'angoisse sans nom.
Pour un Empathe, il existe ainsi rarement d'accord intime entre ce qu'il est et ce qu'il fait. Il persiste une distance, aussi infime soit-elle, qui crée inconfort qui conduira soit au dépassement de soi, soit à une acceptation contrainte, source de frustration.
Pour s'en dégager, certains Empathes vont prendre le contre-pied : en surestiment leur importance et leur vie, ils tentent de défier les questions qui les taraudent. Elles sont étouffées, ils ne les entend plus, préoccupé qu'il est de magnifier son existence et sa personne. Ne nous y trompons pas, c'est une mascarade. Utile parfois, car protectrice. Fragile toujours, car ne mettant jamais à l'abri d'un tremblement intérieur ou d'une secousse extérieure qui fera remonter du plus profond de lui-même l'essence même de son être.
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Le tempo : être toujours en décalage
[indent]40[/indent]Le tempo parle de mouvements. De rythme. Au sens où certains mouvements sont plus rapides que d'autres. Que des mouvements plus lents succèdent aux rythmes accélérés. Être dans le tempo, c'est être dans le mouvement de la vie, calé au même rythme que tout le monde.
Le tempo est le problème central de l'Empathe : lui n'est jamais dans le bon tempo. Il n'est jamais synchronisé avec le mouvement général. Il est en décalage permanent : en avance, ou en retrait. En retard, ou en arrêt.
-En avance, il va souvent beaucoup, beaucoup plus vite. Pour percevoir, analyser, pour comprendre, pour synthétiser. En embrassant dans une perspective large toutes les données d'un problème, d'une situation. Par l'intermédiaire de ses sens toujours en éveil, qui captent, traitent, intègrent les moindres détails en présence. Doté de cette empathie qui confine parfois au masochisme tant les émotions des autres sont vécues par procuration… Alors l'Empathe a une perspective visionnaire : il a aboutit quand les autres démarrent, il a compris quand la formulation de la question n'est pas terminée, il sait quoi faire alors que chacun s'interroge, bref, il va trop vite ! Le rythme des autres lui semble endormi.
Une avance qui l'encombre car il est souvent seul sans personne avec qui partager. Une avance qui l'oblige à attendre, à regarder faire les autres, à repérer leurs faux pas, alors que lui sait. Mais quoi dire, comment dire en permanence ce qu'il faut faire et comment le faire sans passer pour être orgueilleux, fier, et imbu ? Sans passer pour celui à qui l'on dit « De toute façon, tu as toujours raison. » ? Mais dans cette phrase beaucoup d'agressivité masquée, de rivalité, d'envie, de jalousie. D'agacement aussi.
La longueur d'avance de l'Empathe peut se révéler dans un grand nombre de secteurs de la vie personnelle ou professionnelle. En avance sur les autres, en avance sur son temps, en avance sur sa vie. Avoir des idées révolutionnaires, c'est bien, mais il faut les « faire passer » en justifiant. Plus difficile. Savoir, avant que l'autre ait fini, ce qu'il va dire, agaçant pour celui qui parle, qui se sent violé dans son intimité. Comprendre avant et mieux que celui « supposé savoir » peut se révéler dramatique dans l'entreprise patronale… On peut multiplier les exemples à l'infini. Tous ces moments de vie « décalés » et finalement inconfortables. Être en avance, pour quoi faire ?
-En arrêt ou en retrait : ce sont tous ces moments où l'hyperperception de l'environnement peut mettre en exergue un minuscule détail sur lequel l'Empathe fixe son attention. Alors que les autres continuent à avancer, que le rythme de la discussion se poursuit, que la vie chemine, l'Empathe, lui, est immobilisé. Captivé. Cet infime détail qui n’intéresse personne, que personne n'a même remarqué, lui semble d'une importance capitale. Pour lui, si on ne prend pas en compte cette petite partie du problème, de la situation, on ne parviendra pas à un résultat satisfaisant. On passe à côté. Alors s'arrête, examine, réfléchit, tente d'intégrer ce segment du réel. Les autres sont loin, il est toujours là.
-Le retard est une autre forme de décalage. Une noble forme. Cette fois-ci c'est l'hyperconscientisation de la vie qui ne met pas l'Empathe dans le même tempo. Pour lui, certains accordent une importance démesurée à des valeurs qui lui semblent tellement subsidiaires. Que ce soient des valeurs de réussite, d'argent, de biens matériels. Il a parfois l'impression que de nombreuses personnes courent en permanence sans but véritable. Sans donner un sens à leur vie. Et qu'elles vont trop vite sans se poser les questions essentielles : où je vais à cette allure ? Pour quoi faire ? Qu'est ce que je cherche absolument à obtenir ? Quelles sont mes priorités ? Est ce que cette course-poursuite effrénée m'emmène au bonheur ? Etc. Alors l'Empathe les laisse courir mais progresse plus lentement. En prenant le temps de ce qu'il considère comme les « vraies » choses. Il peut s'attarder dans la contemplation d'un paysage, d'un œuvre d'art, d'un spectacle de la nature, de la rue, des humains. Il peut se poser dans une discussion, dans une rencontre qu'il souhaite vivre pleinement. Il peut rêvasser avec fantaisie, nostalgie, jubilation, à des événements passés ou à des projets d'avenir. Et prendre le temps pour tout ça. Le temps de vivre peut-être. Pleinement. Mais ça y est, il n'est plus dans le tempo, et il regarde filer à pleine allure, comme au bord d'une autoroute, cette vie qu'il aborde par un plus petit chemin.
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L'Empathe est rarement dans le bon tempo et ce décalage procure une désagréable sensation d'étrangeté et, paradoxalement, d'incompréhension du monde.
Un décalage dans le tempo génère toujours des problèmes de communication avec les autres : on ne se comprend pas, on est pas synchronisé.
Ne pas être sur le même tempo : grand malentendu avec le monde ![/background]
Quand le tempo n'est pas synchronisé avec ce que l'on vit : ne pas pouvoir profiter des choses :
[indent]40[/indent]C'est une combinaison de la faille spatio-temporelle et du décalage de tempo : l'Empathe a du mal à être totalement dans ce qu'il fait, dans ce qu'il vit. Sa pensée le conduit à restituer son présent dans ses souvenirs ou dans un passé plus large, mais aussi à se projeter dans un futur où il se souviendra de ce qu'il est en train de vivre dans l'ici et maintenant. Cela peut par exemple être quelqu'un se promenant, mais pensant également au paysage environnant durant les siècles passés, s'il a changé, et plus tard, racontant à ses amis cette balade, rendant finalement la personne un peu déconnecté du présent et de son ressentis immédiat.
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Le féminin et le masculin : laisser sa place à chacun
[indent]40[/indent]Nous avons tous, dans notre personnalité, une part féminine et une part masculine. La part féminine correspond à l'ouverture, la sensibilité, l'affectif, la dépendance, le fragile. À l'opposé, la part masculine est celle de la volonté, de la performance, du combat, de l'indépendance, de la force. Vision très schématique, mais suffisante à éclairer les propos qui vont suivre.
Selon que l'on est femme ou homme, l'équilibre de la personnalité favorise l'une ou l'autre de ces composantes. Ce qui ne signifie pas que la part opposée n'existe pas, mais elle est en arrière-plan, plus discrète. La part qui correspond à notre identité sexuelle prend le pas, est prioritairement activée et exprimée. Cela se met en place progressivement au cours de l'enfance, se confirme à l'adolescence.
Mais chez l'Empathe, on trouve encore présent ces deux courants de personnalité de façon très marquée.
Chez l'homme, la part féminine garde une place importante : la sensibilité, la réceptivité affective, le besoin de l'autre, l’intérêt pour les autres, pour les discussions, restent marqués. L'homme s'applique à étouffer cette tendance de sa personnalité qui pourrait susciter moquerie ou raillerie. Lui-même ne trouve pas cela si normal de se sentir plutôt bien avec les femmes avec lesquelles il a une grande facilité d'échange. Qu'il comprend bien. Et pas dans un rapport de séduction. Ce que d'autres hommes ont bien du mal à concevoir.
Pour la femme Empathe, son besoin farouche d'indépendance, son sens du challenge, son talent spontané pour diriger, pour commander, pour mener, dominer, son goût des défis et du combat (psychologique!) laissent émerger fortement cette part du masculin en elle.
[indent]40[/indent]Pour l'homme c'est laisser s'épanouir en lui tout ce qui participe de son charme sensible, plus doux, moins tranchant, plus vulnérable. Même si c'est mal admis dans la communauté des hommes, c'est un grand atout dans sa relation aux femmes. C'est aussi une vraie richesse dans sa relation au monde où le sens esthétique, la répétitivité sensible à l'environnement doivent être valorisés.
Pour la femme, la difficulté est inverse : elle peut utiliser sa part masculine, elle peut s'en servir pour construire sa vie et réussir ses projets, mais elle peut aussi laisser vivre en elle la sensibilité, l'émotivité, la fragilité, le besoin de recevoir qui laissent aux hommes la possibilité de s'approcher d'elle. Qui leur fait moins peur. Qui redonne aux hommes la sensation qu'ils peuvent la protéger.
[background=yellow]Dans la vie en général, la part féminine ouvre au monde. Et bien que cette facette de soi montre une plus grande vulnérabilité, elle est aussi une grande source d'inspiration, de créativité, de plaisir.[/background][/quote][/spoiler]
Source : https://www.heberg.me/V/14227146009072.pdf
[center]Rapport sur les Empathes (dénomination internationale : « surdoués »)[/center]
Extrait de l'Étude nationale sur les empathes
A) Proportion dans la population totale
QI > 130 : 2,2 % (Empathes)
120 < QI<130 : 6,7 % (Intelligence supérieure)
110 < QI < 120 : 16,1 % (Intelligence moyenne forte)
90 < QI < 110 : 50 % (Intelligence moyenne)
80 < QI < 90 : 16,1 % (Intelligence moyenne faible)
70 < QI < 80 :6,7 % (Intelligence très faible)
QI < 70 : 2,2 % (Intelligence très faible)
B) Qualités (du plus au moins courant)
Intelligence cognitive :
Intelligence émotionnelle :
Intelligence Relationnelle
Intelligence Créatrice :
Qualités Morales :
C) Conséquences (voir rapport détaillé)
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[spoiler="Rapport de la Decenie sur les Empathes"]Généralités de l'Empathe :
Soit l'Empathe est hyperconcentré, mais il faut que ça aille vite car beaucoup d’énergie doit être mobilisée. Cela lui permet de mettre à distance toutes les informations parasites, comme s'il fallait retenir la pensée qui va lui échapper et se déployer à son insu. Alors, parfois l'activité est un échec car cela demande trop de ressources intentionnelles, l'activité est "zappée".
Soit le contexte est chargé d'informations, en particulier émotionnelles, et l'Empathe ne parvint plus à canaliser son attention. Il entre dans un mode de veille et ne laisse entrer dans son cerveau que le minimum d'informations vitales. Ce comportement peu donner l'impression d'un mutisme, ou d'une absence d'attention, parfois préjudiciable pour lui et agaçant pour son entourage.
L'Empathe fonctionne en tout ou rien. Mais, pour lui, le tout, c'est souvent trop.
_L'image peut être le nouveau point de départ d'associations d'idées arborescentes. Il faut alors « fixer » l'image dans sa tête pour la transformer rapidement en mots. Opération périlleuse car les réseaux associatifs sont très rapides.
_L'image produit un halo de sens qui n'arrive pas à se condenser dans le langage. L'Empathe n'arrive plus à trier et réorganiser sa pensée.
Pour un Empathe, la précision absolue est fondamentale, il comprend les choses au sens littéral. Pour qu'il comprenne ce que vous voulez dire, il faut lui expliquer le contexte. Sinon, il comprendra autrement.
Cette difficulté à décoder les implicites ordinaires donne parfois la sensation à l'Empathe, qu'importe son âge, qu'il ne comprend rien au monde. Cela renforce son sentiment d'étrangeté et de décalage.
Du coté affectif, le cerveau de l'Empathe montre aussi des singularités :
De manière générale l'Empathe peut traiter plus d'informations (auditives par exemple) en même temps, percevoir plus de nuances ou de détails.
La capacité exacerbée des sens perceptifs explique l’extrême réactivité émotionnelle et l'importance de l'affectif. Tout les sens en évail de façon contante élargissent la réceptivité du monde. L'exacerbation des sens génère une sensibilité émotionnelle élevée : tout est perçu et tout le temps. L'hyperstimulatbilité, c'est-à-dire la rapidité du déclenchement d'une réponse émotionnelle à l’organisme, est directement corrélée à l'hyperesthésie.
La grande susceptibilité, retrouvée dans tout les profils des Empathes, est une des conséquences de ce processus neuropsychologique de sensibilité émotionnelle exacerbée et mal contrôlée.
En résumé :
Quand on est Empathe :
_L'hypersensibilité
_l'ingérence émotionnelle constance
_la réceptivité sensorielle exacerbée
_l'empathie qui capte toutes les émotions des autres
_les capacités sur-développées des cinq sens
Sont des composantes indissociables de la personnalité.
L'intelligence de l'Empathe est riche et puissance, mais s'appuie sur des bases cognitives différentes :
_Une activation cérébrale d'une haute intensité
_Un nombre de connexions de neurones significativement plus élevé, des réseaux de neurones qui se déploiement dans toutes les ères du cerveau
_Un traitement des informations en arborescence avec une ramification rapide d'associations d'idées qui ont du mal à se structurer
_Un déficit de l'inhibition latente qui oblige le système cérébral à intégrer toutes les informations en provenance de l’environnement sans tri préalable : les Empathes en ont plein la tête.
_Une impossibilité d'accéder aux stratégies utilisées lors de la résolution d'un problème car les connexions se font à grande vitesse et en deçà du seuil de la conscience
_Une intelligence intuitive et en images qui se débrouille mal du langage, des mots et de la structure verbale[/spoiler]
[spoiler="Département de Psychologie du Technat -Étude sur les Empathes"][quote="Département de Psychologie du Technat -Étude sur les Empathes"][center]Une personnalité aux facettes inattendues
Essaie de typologie[/center]
[indent]40[/indent]Cet essai incomplet et forcément réducteur de typologie ne s'applique qu'aux Empathes testés, confirmés. Ceux qui savent. Trois grands groupes peuvent être distingués. Dans chacun de ces groupes, les personnalités montrent des réelles caractéristiques et le mode de vie n'a ni la même configuration, ni la même incidence sur la satisfaction de vie.
Un rapport au cadre varié :
Ceux qui acceptent le cadre :
[indent]40[/indent]Le cadre général de la vie avec ses limites, ses contraintes, mais aussi ses ouvertures, ses possibilités. Ceux-là jouent le jeu de la vie et acceptent les règles. Évoluer dans un cadre défini est une stratégie d'adaptation au service de soi. C'est une stratégie qui a de nombreux avantages et quelques vraies limites.
[indent]40[/indent]Ils n'ont pas envie de lutter, pas envie de se rebeller. Ils ont choisi d'accepter pour le meilleur et pour le pire. Ils vivent sans grands espoirs, sans grands idéaux, sans projets fou. Peut être est-ce seulement de la survie. Ils ne sont pas forcément malheureux, mais pas vraiment heureux. Ils ont souvent adopté une philosophie simple qui consiste à profiter de ce que l'on a et ne pas être préoccupé par ce que l'on pourrait avoir. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est une forme de courage, voire de lucidité. Bien sûr, on peut considérer que la frustration est lancinante, mais étouffée. C'est un choix conscient. Pour ne pas trop souffrir, une vie banale est une alternative acceptable.
Le risque : les moments de dépression.
[indent]40[/indent]Certains Empathes qui ont réussi à s’adapter, c'est-à-dire finalement à fonctionner dans le cadre et qui en sont satisfaits, se font parfois « rattraper » par leur fonctionnement d'Empathe à des moments difficiles, de choix, de stress, d'épreuve à surmonter, deux forces vont alors s'opposer : la force adaptative et la force sensitive, propre au fonctionnement de l'Empathe. La force adaptative, plus concrète, plus rassurante, plus habituelle pour lui, va lutter pour garder le contrôle. Mais, dans ce moment délicat de la vie, dans cette faille, toutes les fragilités remontent. Alors l'Empathe va mal, doute, perd ses repères. Sa confiance en lui et en ses capacités est ébranlée, attaquée. Il a soudain un sentiment inquiétant d'être dépassé et qu'il n'y arrivera plus. Il se sent impuissant.
En réalité, il s'agit d'une « dépression » au sens littéral du terme, c'est-à-dire un moment de « creux » où les repères antérieurs sont perdus : ce sont des moments de régression où les mécanismes de contrôle cèdent, où la maîtrise s'effondre. La structure de personnalité peut s'en trouver fortement ébranlée et obliger l'adulte à des réaménagements profonds : de la représentation de soi, de son identité, de son fonctionnement social, de son environnement affectif. Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un rapport de forces : l'intime en soi, réprimé depuis longtemps, presque oublié, mais qui soudain resurgit avec une force inattendue qui peut bouleverser profondément le cours de la vie. Un croisement de vie difficile à vivre. Pour l'Empathe et pour son entourage. Un bouleversement qui doit être restitué dans son contexte afin de lui donner sens, pour retrouver un équilibre de vie. Il ne faut jamais oublier que l'on peut aménager sa structure de personnalité, mais qu'il est difficile, voir impossible, d'en gommer toute l’organisation. « Chassez le naturel, il revient au galop », dit l'adage populaire.
[indent]40[/indent]Autre personnalité, autre stratégie. Les challengers prennent la vie à pleines dents. Toute leur énergie est consacrée à un seul but : réussir, se dépasser, avancer, et faire avancer le monde. Leurs idéaux sont intacts. Leur passion dévorante. Leurs ressources sont entièrement mobilisées pour atteindre cet objectif qui, dès qu'on l'approche, est repoussé encore un peu plus loin. Ceux-là semblent inépuisables, rien ne semble les atteindre, échec les décourager. Au contraire, les difficultés, renforcent leur détermination et leur motivation. Ce sont les challengers qui parviennent le plus facilement à transformer leurs ressources de personnalité en réussite éclatante et en talent. Ce sont ceux-là qui réussissent à transformer leur faiblesse en force, leur fragilité en énergie de vie. Mais il faut être attentif à la dimension anxiogène de ce fonctionnement. Derrière ce succès resplendissant, cette vie éblouissante, ce bonheur éclatant, se cache souvent une angoisse latente que l'activité démesurée tente d'atténuer. Il faut le savoir pour ne pas être surpris par de brusques retombées, aussi brutales qu'inattendues. Cet « arrêt sur image » peut être particulièrement douloureux et ce d'autant plus que celui-ci qui le subit n'en comprend pas bien non plus la violence soudaine et les ressorts intimes. C'est très déstabilisant pour l'Empathe et son entourage. Souvent, ce sont des personnalités que l'on pense si fortes que l'on ne peut comprendre qu'elles s’effondrent ou n'aillent simplement pas bien. Les proches sont perdus et n'attendent qu'une chose, que l'Empathe retrouve son énergie habituelle et redevienne le guide et le leader sur lequel tous ont l'habitude de s'appuyer. Le plus déroutant est effectivement la capacité à rebondir de cet adulte propulsé par une énergie propre mais que semble résister aux alertes les plus sérieuses. Méfiance quand même. Et pour ceux que ce fonctionnement concerne, ne vous perdez pas en chemin. Restez proche de ce que vous êtes. Acceptez les moments d'instabilité, de doute, d'insécurité. Ce sont aussi des moments riches de vie et de nouvelles possibilités.
[background=yellow]Accepter la part plus sombre de soi et la respecter, c'est s'accorder une vraie valeur.[/background]
Ceux qui affrontent le cadre :
[indent]40[/indent]On pourrait les appeler les rebelles. Dans tout ce que cette dénomination a de sympathique, de dynamique, mais aussi de négatif, de destructeur. Quand on n'est jamais d'accord avec rien, que l'on refuse tout. En bloc. Quand le sens critique prend le pas sur toute autre possibilité d'analyser les choses. Quand on est en colère en permanence et que l'on considère tout comme une vaste mascarade inutile, sans intérêt, injuste et insupportable. Alors la frustration l'emporte. La colère recouvre toute force de vie. L’insatisfaction devient chronique et invalidante. On ne parvient plus à avancer. La déception a pris le pas. Le Découragement est trop fort.
[indent]40[/indent]C'est aussi dans le refus du cadre que l'on peut trouver des créateurs, des précurseurs, des « révolutionnaires » qui sauront transformer certaines parcelles de vie t ouvrir de nouvelles voies. Être rebelle comporte de vraies ressources si on sait ne pas rester seulement victime d'une forme de vie qui ne nous convient pas. Pour créer, il faut parfois être hors cadre et s'éloigner des sentiers battus. Être rebelle devient alors un vrai talent.
[indent]40[/indent]Mais tout n'est pas toujours aussi contrasté, et, entre les deux extrêmes, on trouve des rebelles « soft », ceux qui ne sont pas d'accord et qui organisent leur vie en dehors du cadre, mais pas très loin de lui. Ils ne veulent pas tout accepter, mais sont conscients des avantages qu'ils peuvent retirer du système existant. Ils peuvent aussi décider de refuser le cadre, au prétexte de trouver un sens à leur vie mais se sentent alors à côté de la vie et en colère. Contre eux-mêmes, contre ceux qui sont dans le cadre, et contre l'envie d'être dans le cadre. Alors ils font des aller retours entre dedans et dehors. Ils s’accommodent. Ils ne veulent pas renier leur identité profonde, en tout cas celle qu'ils ressentent comme essentielle, mais ils reconnaissent, au moins a minima, les bénéfices que l'on peut retirer d'un système organisé et codifié. Ils cherchent à se poser, mais ne savent pas bien où ni comment. Ils cherchent malgré tout, malgré eux, la reconnaissance des autres, mais de façon désordonnée. La reconnaissance de qui, pourquoi ? Comme s'ils avaient eux-mêmes honte de ce besoin du regard de l'autre. De ce besoin d'amour et de bienveillance des autres. Compliqué… Le sentiment de manque reste dominant.
Ceux qui évoluent sans cadre :
[indent]40[/indent]Eux savent confusément que le cadre existe, mais ils ne savent pas quoi en faire. Ils ne savent pas bien non plus de quoi est fait précisément ce cadre. Alors, dehors, dedans, quelle importance ? Le flou domine leur vie ; les repères sont difficiles à trouver.
Ils vivent mais ne sont pas ancrés. On pourrait parler d'adultes en errance. Ils ne savent pas où se poser. Ils ne se sentent confortables avec rien. Ils cherchent et se cherchent en permanence. Pourtant ils ignorent les raisons et les causes de leur quête. Leurs questions incessantes ne trouvent pas de réponses. Leur pensée, leur vie ne sont jamais au repos. Ils avancent sans but, sans direction, sans projets. L'isolation sociale est quasi systématique et on trouve parmi eux des vraies formes d'inadaptations sociales. Parfois graves.
Quand on ne parvient pas à trouver ses marques, on se sent mal tout le temps et partout. Quand on n'a pas intégré le cadre de l’environnement et que l'on ne s'est pas fixé un cadre intérieur, on est aigri, cynique, désabusé.
[indent]40[/indent]Ces adultes-là sont dans une sorte d'autodestruction et sont les plus vulnérables aux troubles psychologiques. Ce sont probablement ceux qui souffrent le plus.
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Une typologie pour situer et prendre conscience :
[indent]40[/indent]Cet essaie de typologie a pour seul objectif de poser des points de repères. Ce n'est pas une fatalité de fonctionner de telle ou telle manière. Rien n'est jamais figé, et si on se reconnaît aujourd'hui dans un certain fonctionnement, on peut en changer à tout les stades de la vie et tracer un autre chemin.
Les aléas du sentiment de réussite :
[indent]40[/indent]Le sentiment de réussite est intime, personnel. Éprouver le sentiment de réussir sa vie est indépendant de l'environnement. Ce qui veut dire que l'on peut avoir la douloureuse sensation d'avoir loupé sa vie, alors que les autres seront éblouis par notre réussite socialement reconnue. Ce qui veut dire aussi que l'on peut considérer avoir profondément réussi sa vie malgré le regard apitoyé de notre entourage sur nos choix.
La réussite s'articule dans ce regard sur soi et l'acceptation du regard des autres qui permet de ressentir que l'on est à sa juste place et que l'on s'y sent bien. Le sentiment de réussite résulte d'une alchimie subtile dont le secret est différent pour chacun.
Pour l'Empathe, en proie à de multiples interrogations, au doute permanent, à une remise en question incessante, comment penser sa réussite ?
Pour un Empathe, réussir, est-ce possible ?
Pour un Empathe, c'est vital, mais il pense que c'est impossible. Pas comme il voudrait. Jamais à la hauteur de l'idéal qu'il a de a vie et de lui-même. Pour lui, réussir, c'est faire avancer l'humanité, faire avancer le monde. Il ne s'agit pas d'une réussite professionnelle classique. Ce n'est pas tout à fait ça réussir pour un Empathe, même si cela y participe. Il vit avec une vision plus transcendantale de la réussite. Il souhaiterait tellement l'atteindre. Mais lorsque l'on est capable de percevoir avec une telle lucidité les limites des autres, comment ne pas, d'abord, percevoir ses propres limites ? Alors l'Empathe est rarement satisfait. L'image de réussite qu'il peut parfois donner n'est jamais synchronisé avec sa vision du monde. Pour nous, cette personne a réussi, mais, pour lui la route est encore longue. Y parviendra-t-il un jour ? C'est pour lui une peur viscérale : ne pas y arriver. Il se sent si petit, impuissant, incompétent face à la tache immense qu'il aimerait assumer.
« Mon projet, vous allez sûrement vous moquer de moi, confie Julien, serait d'aider l'humanité à mieux vivre. »
Encore un cran au-dessus, on trouve Michel qui murmure, conscient de la mégalomanie de son désir, que ce qu'il souhaiterait serait d'être un homme comme Jésus ou Bouddha pour transmettre un message au monde et faire profondément évoluer les hommes.
On voit bien le gouffre qui sépare ce qui relève de la réalité et du rêve grandiose. Mais qui taraude, toujours, l'Empathe. Même lorsqu'il n'en dit rien et qu'il semble si rangé dans une vie classique aux bonnheurs simples et à la réussite complaisante. Ne nous y trompons pas : au fond de lui, le projet insensé continue de murmurer.
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Comment être heureux dans ce monde ?
[indent]40[/indent]Les grandes causes aussi bouleversent l'adulte surdoué. Comme un enfant terrifié des malheurs du monde et de l'injustice de la vie. Alors que la plupart d'entre nous finissent par intégrer dans notre vision du monde petits et grands malheurs et à vivre avec tout ce qui nous entoure. Malgré la médiatisation qui nous informe instantanément et avec insistance sur les drames proches ou lointains, nous restant d'abord préoccupés par nos seuls destins individuels. Comme anesthésiés.
Pour l'Empathe se joue intimement un perpétuel dilemme : comment être heureux dans ce monde criant d'injustice, comment se sentir égoïstement bien alors que tant d'autres souffrent, ai-je le droit de rester centré sur ma petite vie sans me préoccuper du destin du monde ? Il ne s'agit pas ici d'une exagération. Mais peu d'Empathes en parlent. Qui le croirait ? Qui partagerait cette compassion et ce sentiment d'impuissance coupable ? On lui ferait immédiatement remarquer qu'on n'y peut rien, qu'on ne peut pas sauver le monde, qu'il est inutile de se faire un tel souci. En résumé, que cette attitude est ridicule et… infantile ! Mais si vous parlez avec lui et qu'il se sent écouté en toute confiance, vous verrez il vous le confirmera : il se sent concerné par tout, tout le temps.
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La part infantile
[indent]40[/indent]Les Empathes partagent une caractéristique toutà fait étonnante et pourtant bien cachée : une part infantile encore très présente. Prête à s'activer à la plus petite sollicitation. Tapie au fond de la « grande personne », mais tellement vivante.
La part infantile est tout ce qui reste de l'enfance : le rêve, la créativité, la certitude que tout est possible. La capacité à s’émerveiller, surtout. La capacité à être submergé par une joie profonde. Pour un tout petit rien. Mais aussi à être terrassé par la moindre injustice, la plus infime souffrance : un animal blessé, un vieux qui a du mal à se relever, l'enfant qui tombe alors qu'il est si fier de ses premiers pas…
Dire de quelqu'un qu'il a des attitudes infantiles est une critique parfois violente et acerbe de la part d'adultes figés dans des certitudes rassurantes et qui s'obligent à n'adopter que des comportements communément acceptables. Un reproche en forme de regret de cette part d'enfance qu'on n'ose plus ressentir ?
[indent]40[/indent]C'est une des grandes particularités de l'Empathe : il continue à croire, comme un enfant. Il croit au merveilleux, au magique. De la vie, des rencontres, des possibles. Sa naïveté le rend prêt à tout croire et à se retrouver très vite submerger par ce que cela entraîne. Les larmes aux yeu arrivent vite. Pourtant, il s'abstient, il se comporte en « grande personne », sérieuse, réfléchie.
Mais il grade, cachée, une âme d'enfant.
[indent]40[/indent]« Mon mari me disait encore hier, c'est incroyable avec toi, tu es capable de t'émerveiller même sur des choses que tu connais déjà. »
C'est un atout inouï. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est une qualité rare, très peu fréquente. Cet enthousiasme que l'on peut ressentir alors que personne ne s'anime est une énergie exceptionnelle.
[indent]40[/indent]Un Empathe est souvent dans la plainte. Comme un enfant ! Il se plaint de tout, tout le temps. Ce n'est jamais de sa faute, toujours celle des autres. Il y croit en plus. Sincèrement. Comme l'enfant qui pense que s'il a eu une mauvaise note, c'est le prof qui est méchant ou que si un parent le gronde c'est injuste car, dit-il, « J'ai rien fait ! ». C'est ce que l'on appel le fonctionnement externaliste. On considère que les causes du problème sont à l’extérieur. Que notre responsabilité n'est pas engagée. Tout le monde devient potentiellement responsable. Tous, sauf soi-même ! Car cela supposerait une profonde remise en question, opération difficile pour un Empathe fragile qui peine à avoir confiance en lui. « Je veux bien, mais je ne peux pas », répète-t-il…
Mais, lorsqu'il se rapproche dangereusement de ce point de rupture où il se sent vaciller sur ses bases, quand l'image, même vulnérable, qu'il a de lui-même menace de s'effacer totalement, on assiste à une brusque bascule : la maîtrise rigide. Soudain, l'Empathe reprend le contrôle avec une illusion complète de toute-puissance, voire d'omniscience. On retrouve bien là toute la part infantile qui s'exprime : l'omnipotence du petit enfant convaincu qu'il a tout pouvoir sur les choses.
L'Empathe, dans ces moments-là, partage cette certitude puérile : si je veux, j’obtiens. Si je l'ai décidé, rien ne peut me résister. Et j'y arriverai.
De la plainte à la toute-puissance, c'est tout le spectre de la difficile construction de soi qui se révèle. C'est cette fragilité de l'image de soi qui malmène l'Empathe et le fait osciller entre des extrêmes si infantiles. C'est parce qu'il a du mal à construire une représentation stable et confortable de ce qu'il est que l'Empathe flanche et se raccroche à des mécanismes dépassés. Tout les doutes avec lesquels il vit, produits par cette intelligence acérée et cette sensibilité affûtée, brouillent les pistes : qui est-il vraiment ? Ce qu'il perçoit lui est-il suffisamment solide pour s'y appuyer en confiance ? Tel est son grand dilemme.
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Celui qui à l'age du monde
[indent]40[/indent]Mais voila l'autre facette inattendue. La part infantile de l'Empathe côtoie une autre perception : se sentir multiâge.
Qu'est ce que ça veut dire ? Une chose finalement trè simple, la sensation selon les circonstances, les contextes, les personnes avec lesquelles on se trouve, d'avoir simultanément ou successivement des niveaux de maturité différents.
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Oublions l'immaturité, parlons d'hypermaturité
[indent]40[/indent]Voilà encore une conception qui vient à l'encontre de ce que l'on dit souvent de l'Empathe, en particulier de l'enfant, lorsque l'on parle d'immaturité affective. C'est une notion erronée car on confond, immaturité, avec dépendance affective. Oui l'Empathe est d'abord un être affectif. L'ingérence affective est toujours présente chez l'Empathe, y compris dans l'acte cognitif. L'Empathe pense d'abord avec ses émotions avant de penser avec sa tête. Voilà ce qui lui donne parfois ce qualificatif d'immature. Comme si la dominante de l'affectif était seulement le privilège des tout petits enfants !
Au contraire, un Empathe est un caméléon. Il peut jouer un registre très large : il ajuste son comportement, sa pensée, ses actes, pour les adapter au plus près des contraintes de l’environnement. D'une certaine façon, l'Empathe joue avec son intelligence et sa sensibilité pour déterminer son adéquation au monde. Son mode de fonctionnement, sur les versants intellectuels et affectifs, lui donne une hypermaturité très caractéristique.
[background=yellow]L'hypermaturité doit être ici comprise comme cette capacité unique d'analyser avec une lucidité exemplaire toutes les composantes d'une situation et s'y adapter. Ou lutter contre, ce qui revient au même en termes de mécanismes.[/background]
« Il avait toujours semblé à Antoine avoir l'âge des chiens. Quand il avait 7 ans, il se sentait usé comme un homme de 49 ans ; à 11 il en avait les désillusions d'un vieillard de 77 ans. Aujourd'hui, à 25 ans, espérant une vie un peu douce, Antoine a pris la résolution de couvrir son cerveau du suaire de la stupidité. Il n'avait que trop souvent constaté que l'intelligence est le mot qui désigne des sottises bien construites et joliment prononcées, qu'elle est si dévoyée que l'on a souvent plus d'avantages à être bête qu'intellectuel assermenté. L'intelligence rend malheureux, solitaire, pauvre, quand le déguisement de l'intelligence offre une immortalité de papier glacé et l'admiration de ceux qui croient en ce qu'ils lisent. »
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La faille spatio-temporelle : vivre dans plusieurs espaces-temps :
[indent]40[/indent]L'Empathe se sent multiâge, mais il se situe également dans plusieurs espaces temps : passé-présent-futur. Temps du vécu individuel, mais qui est aussi restitué dans l'espace-temps de l'univers. Prendre une décision dans l'ici et maintenant est rendu très difficile par cette prise en compte de l'avant, de l'après, mais aussi de l'ailleurs. La perspective de soi est très différente car relativisée à l’échelle du temps et de l'espace.
Cela correspond à l'impossibilité pour l'Empathe de se détacher du contexte. Son existance, sa raison d'être et de vivre, est dépendante de La Vie, avec un L et un V majuscules. Sa petite vie est reliée au sen du monde. Même si ce sens lui échappe, il ne peut se considérer comme isolé du reste. Toute sa vie personelle, insignifiante, est perpétuellement mise en perspective à l'échelle de l'univers. Pour l'Empathe, seule cette perspective universelle et intemporelle peut avoir du sens et donner du sens à la vie ordinaire de chacun.
Il est évident que cette vision des choses, de sa vie comme de soi, engendre des interrogations aux réponses impossibles. Et qu'elles aboutissent, inexorablement, à des gouffres d'angoisse sans nom.
Pour un Empathe, il existe ainsi rarement d'accord intime entre ce qu'il est et ce qu'il fait. Il persiste une distance, aussi infime soit-elle, qui crée inconfort qui conduira soit au dépassement de soi, soit à une acceptation contrainte, source de frustration.
Pour s'en dégager, certains Empathes vont prendre le contre-pied : en surestiment leur importance et leur vie, ils tentent de défier les questions qui les taraudent. Elles sont étouffées, ils ne les entend plus, préoccupé qu'il est de magnifier son existence et sa personne. Ne nous y trompons pas, c'est une mascarade. Utile parfois, car protectrice. Fragile toujours, car ne mettant jamais à l'abri d'un tremblement intérieur ou d'une secousse extérieure qui fera remonter du plus profond de lui-même l'essence même de son être.
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Le tempo : être toujours en décalage
[indent]40[/indent]Le tempo parle de mouvements. De rythme. Au sens où certains mouvements sont plus rapides que d'autres. Que des mouvements plus lents succèdent aux rythmes accélérés. Être dans le tempo, c'est être dans le mouvement de la vie, calé au même rythme que tout le monde.
Le tempo est le problème central de l'Empathe : lui n'est jamais dans le bon tempo. Il n'est jamais synchronisé avec le mouvement général. Il est en décalage permanent : en avance, ou en retrait. En retard, ou en arrêt.
Une avance qui l'encombre car il est souvent seul sans personne avec qui partager. Une avance qui l'oblige à attendre, à regarder faire les autres, à repérer leurs faux pas, alors que lui sait. Mais quoi dire, comment dire en permanence ce qu'il faut faire et comment le faire sans passer pour être orgueilleux, fier, et imbu ? Sans passer pour celui à qui l'on dit « De toute façon, tu as toujours raison. » ? Mais dans cette phrase beaucoup d'agressivité masquée, de rivalité, d'envie, de jalousie. D'agacement aussi.
La longueur d'avance de l'Empathe peut se révéler dans un grand nombre de secteurs de la vie personnelle ou professionnelle. En avance sur les autres, en avance sur son temps, en avance sur sa vie. Avoir des idées révolutionnaires, c'est bien, mais il faut les « faire passer » en justifiant. Plus difficile. Savoir, avant que l'autre ait fini, ce qu'il va dire, agaçant pour celui qui parle, qui se sent violé dans son intimité. Comprendre avant et mieux que celui « supposé savoir » peut se révéler dramatique dans l'entreprise patronale… On peut multiplier les exemples à l'infini. Tous ces moments de vie « décalés » et finalement inconfortables. Être en avance, pour quoi faire ?
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Quand le tempo n'est pas synchronisé avec ce que l'on vit : ne pas pouvoir profiter des choses :
[indent]40[/indent]C'est une combinaison de la faille spatio-temporelle et du décalage de tempo : l'Empathe a du mal à être totalement dans ce qu'il fait, dans ce qu'il vit. Sa pensée le conduit à restituer son présent dans ses souvenirs ou dans un passé plus large, mais aussi à se projeter dans un futur où il se souviendra de ce qu'il est en train de vivre dans l'ici et maintenant. Cela peut par exemple être quelqu'un se promenant, mais pensant également au paysage environnant durant les siècles passés, s'il a changé, et plus tard, racontant à ses amis cette balade, rendant finalement la personne un peu déconnecté du présent et de son ressentis immédiat.
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Le féminin et le masculin : laisser sa place à chacun
[indent]40[/indent]Nous avons tous, dans notre personnalité, une part féminine et une part masculine. La part féminine correspond à l'ouverture, la sensibilité, l'affectif, la dépendance, le fragile. À l'opposé, la part masculine est celle de la volonté, de la performance, du combat, de l'indépendance, de la force. Vision très schématique, mais suffisante à éclairer les propos qui vont suivre.
Selon que l'on est femme ou homme, l'équilibre de la personnalité favorise l'une ou l'autre de ces composantes. Ce qui ne signifie pas que la part opposée n'existe pas, mais elle est en arrière-plan, plus discrète. La part qui correspond à notre identité sexuelle prend le pas, est prioritairement activée et exprimée. Cela se met en place progressivement au cours de l'enfance, se confirme à l'adolescence.
Mais chez l'Empathe, on trouve encore présent ces deux courants de personnalité de façon très marquée.
Chez l'homme, la part féminine garde une place importante : la sensibilité, la réceptivité affective, le besoin de l'autre, l’intérêt pour les autres, pour les discussions, restent marqués. L'homme s'applique à étouffer cette tendance de sa personnalité qui pourrait susciter moquerie ou raillerie. Lui-même ne trouve pas cela si normal de se sentir plutôt bien avec les femmes avec lesquelles il a une grande facilité d'échange. Qu'il comprend bien. Et pas dans un rapport de séduction. Ce que d'autres hommes ont bien du mal à concevoir.
Pour la femme Empathe, son besoin farouche d'indépendance, son sens du challenge, son talent spontané pour diriger, pour commander, pour mener, dominer, son goût des défis et du combat (psychologique!) laissent émerger fortement cette part du masculin en elle.
[indent]40[/indent]Pour l'homme c'est laisser s'épanouir en lui tout ce qui participe de son charme sensible, plus doux, moins tranchant, plus vulnérable. Même si c'est mal admis dans la communauté des hommes, c'est un grand atout dans sa relation aux femmes. C'est aussi une vraie richesse dans sa relation au monde où le sens esthétique, la répétitivité sensible à l'environnement doivent être valorisés.
Pour la femme, la difficulté est inverse : elle peut utiliser sa part masculine, elle peut s'en servir pour construire sa vie et réussir ses projets, mais elle peut aussi laisser vivre en elle la sensibilité, l'émotivité, la fragilité, le besoin de recevoir qui laissent aux hommes la possibilité de s'approcher d'elle. Qui leur fait moins peur. Qui redonne aux hommes la sensation qu'ils peuvent la protéger.
[background=yellow]Dans la vie en général, la part féminine ouvre au monde. Et bien que cette facette de soi montre une plus grande vulnérabilité, elle est aussi une grande source d'inspiration, de créativité, de plaisir.[/background][/quote][/spoiler]
Source : https://www.heberg.me/V/14227146009072.pdf