L'Encyclopédie du Mateorszag

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Osterfith

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<center>ENCYCLOPEDIE NATIONALE DE L'ETAT OLIGARCHIQUE DU MATEORSZAG

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SOMMAIRE

  • [url=http://www.simpolitique.com/post177586.html#177586]I. Géographie[/url]
    II. Histoire
    III. Système Politique
    IV. Société et Économie
    V. Législation
    VI. Résumé
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I. GÉOGRAPHIE

A - Localisation et superficie

Le Mateorszag est situé au Sud de Vicaskaran sur le Territoire D3 selon les conventions de géolocalisations en vigueur. Il est essentiellement bordé par la mer : à l’Est, à l’Ouest et au Sud. Le pays ne possède qu’une frontière terrestre septentrionale avec la République d’Esmark au Nord-Est et le Luania au Nord-Ouest.

Le pays est aussi constitué deux iles de taille non négligeable. A l’est se trouve l’ile du Lazadoszag. Au sud on retrouve l’ile volcanique et peu peuplée d’Esznald.

Outre la République d’Esmark et le Luania, le Mateorszag est aussi située non loin de la République de Tel-Erib (basé sur l’ile du Prince).

La partie continentale du Mateorszag s’étend sur 3 026 520 km².

B - Géologie et hydrographie

Le pays est traversé, en sa partie intérieure, par une longue chaine montagneuse venant du Nord du Vicaskaran que les Mateori nomme la Cordilera. Les altitudes sont plus élevées dans la partie Nord et Sud de la chaine, atteignant, parfois, plus de 3000 mètres. Dans sa partie centrale, les altitudes avoisinent mais restent inférieures à 1000 mètres.

Liste des sommets Mateori majeurs :
  • Mont Hegy : 3 616 mètres
    Mont Kourag : 3 555 mètres
    Mont Fosa : 3 114 mètres
    Mont Etmos : 3 005 mètres
    Volcan Hetna : 2 977 mètres
    Mont Losai : 2 844 mètres
De nombreuses rivières et fleuves coulent sur le territoire Mateori. Ces cours d'eau sont d'une importance capitale pour l'agriculture, l'élevage et le transport national. Les plus notables sont, sans doute, le fleuve Magas (au Nord-Est), le fleuve Hajnal (au Sud-Ouest) et le fleuve Gondor (au Sud-Est). Le fleuve majeur de l'Esmark, l'Iquañez se jette dans la mer au Nord-Est du pays. Les habitants l'appellent la Szaj.

On distingue deux grandes étendues planes remarquables. L'une au Nord-Ouest, le Siksag, et l'autre au Sud située entre l'Hajnal et le le Gondo : la plane du Kozott.

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C - Climat et agriculture

Situé dans la région australe du Vicaskaran, le Mateorszag est un pays au climat tempéré océanique et continental. Le climat océanique est dominant sur la côte Ouest du Mateorszag tandis que l’on retrouve un climat majoritairement continental au Nord-Est du pays.

Le climat océanique, à l’Ouest, est très favorable à une agriculture variée et efficace, grâce à une faible pluie régulière tout au long de l’année. De plus, les hivers y sont doux et humide, les étés sont relativement frais. Le gel et la sécheresse sont rares.

Le Nord-Est est, lui, fortement irrigué par les nombreuses rivières le traversant. L’agriculture (céréalière principalement) y reste donc relativement florissante mais c’est surtout l’élevage qui y a été développé sous l’impulsion de différents programmes politiques ces dernières années. Les étés sont chauds et orageux, les hivers froids.

La partie médiale du pays est largement montagneuse, et un climat très varié y prédomine. Les habitants y ont perfectionné l’élevage au fils des décennies.

L’ile d’Esznald n’est pratiquement pas habitée notamment en raison du climat qui y est polaire. L'ile de Lazadoszag dispose d'un climat océanique similaire au climat de la cote Ouest.

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D - Organisation du territoire

Le territoire est divisé en trois provinces : l'Eszak (au Nord), le Kozepso (au centre) et le Develdeki (au Sud). Chaque province est divisée en plusieurs préfectures. Les préfectures sont ensuite partagées en Districts. Viennent ensuite les Sous-Districts puis les cantons. On dénombre 7 préfectures, 74 districts, 748 sous-districts, 3741 cantons et environ 19000 communes.

Le réseau ferroviaire et routier est archaïque, n'ayant plus fait l'objet de grands réaménagements depuis plus de quarante ans. Le transport fluvial et maritime est privilégie autant que possible. Certains grands axes routiers sont tout de même indispensables : récemment, l'axe transverse Loujingrad-Marka par Forras a été aménagé afin de faciliter les échanges entre la côte Ouest et la côte Est.

Le pays étant en début d'industrialisation, la population urbaine n'a cessée d'augmenter au cours des dernières décennies. On retrouve, logiquement, les plus grands pôles urbains à l'embouchure ou sur la côte des grands fleuves ou sur le littoral maritime. Les villes importantes situées à l'intérieur du pays sont des villes minières (Belso, par exemple). La Capitale administrative du pays se trouve à Gasgatasi, la ville reste toutefois peu peuplée, étant réservée à la noblesse et aux fonctionnaires. Le pays est pourvu de deux véritables poumons économiques : Tudov au Sud et Hatgeyek au Nord. La population urbaine totale avoisine les 20 millions soit un taux d’urbanisation de 39%.

Liste des villes Mateori majeures
  • Tudov : 5 156 100 hbts
    Hathegyek : 5 010 000
    Marka : 3 150 000
    Uveg : 1 515 300
    Eltal : 1 136 200
    Korona : 756 350
    Uszo : 531 710
    Palack : 215 340
    Belso : 129 360
    Czolade : 112 550
    Louijingrad : 109 410
    Felecz : 108 910
    Forras : 105 190
    Nyelv : 103 100
    Tipp : 101 210
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II. HISTOIRE

A - Période pré-coloniale (1500 av. J.-C. - 1830)
Les dates des paragraphes ci-dessous sont supposées av. J.-C.

Le territoire du Mateorszag est habité à partir d'approximativement 4000 par des populations restreintes et dispersées. Ces habitants sont des chasseurs-cueilleurs-pêcheurs dont la principale préoccupation est la présence de pumas. Nomades, ils ne bâtiront aucun bâtiment ou cité persistant à travers l'Histoire. Vers 2000, il semblerait qu'ils débutèrent le développement de l'agriculture et de l'élevage : on a retrouvé un certain nombre d'outils utilisés pour ces activités. Le développement des tribus reste lent, et aucune d'entre elles ne semble prendre l'ascendant sur l'autre.

A partir de 1500, une tribu venant du Nord parvient à remporter plusieurs conflits contre ses adversaires et asseoir sa domination sur la région : ce sont les Asuyu. Le royaume Asuyu aura une influence majeure sur la région. Il organise une économie fondée sur les capacités fonctionnelles plutôt que les capacités matérielles (la richesse d'une personne est mesurée par le travail qu'il peut fournir ou ordonner plutôt que par les biens qu'il possède) qui contribue à la forte augmentation de la nativité durant cette période.

En 958, suite à une guerre de succession, le Royaume Asuyu chute. Trois Royaumes tentent de lui succéder : le Bea Asuyu ("le Vrai Asuyu"), le Rodana et le Coltasuyu ("le Grand Asuyu"). La période de troubles dura plus de trois siècles sans qu'aucun des trois Royaumes ne réussissent à prendre le dessus sur l'autre de façon permanente. C'est finalement une révolte populaire inter-royaumes, mené par un paysan nommé Jick'n, qui viendra à bout des trois ennemis, vers -635.

L'Empire Jick'n impose un régime politique fortement hiérarchisé, s'appuyant sur une armée puissante. Tellement puissante que de nombreux coups d'états militaires secoueront l'histoire de l'Empire, sans changer en profondeur la structure de l'Empire. L'Empire mène alors une guerre sans fin au niveau de la frontière Nord contre les Royaumes Luanais.

Les dates des paragraphes ci-dessous sont supposées ap. J.-C.

En 112, une tribu Luanaise réussit à prendre le contrôle de l'empire après avoir soutenu plusieurs rebellions. Soucieuse d'être acceptée dans la région, la tribu préserve la langue impériale (le m'aszori) mais change radicalement la culture du pays en instaurant une économie traditionnelle fondée sur la possession de richesses (d'or, notamment) et en établissant l'esclavage. L'Empire ne restera que 120 ans sous l'emprise Luanaise mais les changements instaurés par ces derniers influenceront à jamais la culture de la région.

Suite à une période décomposition de l'Empire, 7 Royaumes se partagent le pays. La cohabitation sera plutôt agitée mais en 544, une nouvelle menace du Nord arrive : l'Empire Geryaz. Les 7 royaumes s'unissent donc sous la bannière d'un homme : le seigneur de guerre Bari Eszt'p. L'union repousse l'Empire Geryaz et Bari Eszt'p fonde le Premier Empire M'aszori. Le nouveau régime est basé sur une société de castes et un système proche du communisme.

De 547 à 1830, les forces centripètes et centrifuges influenceront successivement le climat politique du territoire M'aszori :
  • 547-691 : Premier Empire M'aszori
    691-759 : Révoltes puis Période des Cinq Rois
    759-1015 : Royaume de Val'z puis Second Empire M'aszori
    1015-1129 : Invasions de pirates puis Période des Deux Empires
    1129-1555 : Troisième Empire M'aszori
    1555-1730 : Nouvelles révoltes et Période Néotribale
    1730-1830 : Quatrième Empire M'aszori
Les nombreuses révoltes et guerres, l'administration centralisée corrompue et la pauvreté globale marquent cette période sombre de l'Histoire du pays. Si bien que l'arrivée des colons Rostoves est vu par une partie de la population comme une bénédiction voire un "signe divin"

B - Période coloniale (1830 - 1909)

En 1830, une expédition audacieuse partant du littoral oriental de la Rostovie (Alméra), suivant la côte septentrionale de Jeekim puis longeant la côte occidentale du Vicaskaran, débarque dans la région la plus australe du continent. Accueillis sans hostilités, les colons établissent un premier campement proche de l'actuelle Eltal.

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La Rostovie y établit une colonie de peuplement et évangélise progressivement la population indigène. La cohabitation est pacifique et reste globalement amicale bien que certains groupes réfractaires aux colons se réfugient dans le Mont Hegy, notamment, et organisent une résistance active. Le meilleur symbole de l'union entre les deux peuples est la langue. Pour faciliter les échanges, une langue véhiculaire empruntant au russe et au M'aszori, le Mateori, s'impose naturellement au cours des décennies dans les populations tant indigènes que Rostoves.

Toutefois, la colonie, presque utopique, va finalement s'effondrer. Bien que les épidémies de variole ou de rougeole furent efficacement contrôlées par les autorités Rostoves (qui prirent en compte l'expérience des Numanciens en Esmark), une épidémie de grippe fera près de 5 000 morts, principalement chez les aborigènes, en 1893. Cet épisode tragique est relayé par les résistants qui accusent les colons d'empoisonner le peuple autochtone. Le mouvement prend de l'ampleur, tandis que Piotr II arrive au pouvoir, dans la métropole. Il envoie un nouveau gouverneur Alexandre Baranov pour mater la rébellion et "rentabiliser" la colonie. Baranov lance une offensive sur les campements des résistants les obligeant à se réfugier en dehors des frontières, en Luania. Pensant le problème traité, il se concentre sur la mise en place d'un système politique beaucoup plus autoritaire envers les indigènes les réduit au statut - non-officiel - de serf. Toutefois, sans surprise, ces derniers se révoltent. Le mouvement résistant, mené par Min'k, lance offensive à partir du Luania sur Eltal et Baranov est assassiné en Janvier 1894.

Chez les colons, les avis sont partagés : la majorité veulent rétablir la paix avec les indigènes, mais l'armée en place décide de défendre l'honneur de la Rostovie. La situation devient critique. L'armée n'est pas soutenue par le peuple, est mal organisée et se trouve en large infériorité numérique. Les embuscades se répètent et le conflit s'éternise alors que les deux camps s'obstinent dans l'affrontement.

En Mars 1895, la situation semble toujours aussi figée : les aborigènes contrôlent presque tout le Nord du pays, seule Hatgeyek résiste, grâce à la force navale Rostove. En manque d'hommes, d'armes et de munitions, le Colonel Fedorov, en charge des troupes Rostoves, attend en réalité les renforts et le réapprovisionnement en provenance de la métropole. Ils ne viendront jamais. La résolution de la crise viendra finalement d'un homme : le commandant des milices, Aleksei Loujine. Jusqu'alors, les milices avaient fait le choix de ne pas s'engager dans le conflit. Loujine va, clandestinement, négocier avec les indigènes les plus modérés afin de fragiliser les résistants. Il convainc ensuite une partie de l'armée rejoindre son commandement puis avec l'appui des indigènes alliés, il réussit à vaincre les rebelles de Min'k en Octobre 1895 en quatre batailles :
- le 5 Octobre, une faible partie des troupes débarquent à Hatgeyek en diversion
- le 6 Octobre, le gros des troupes avancent en deux régiments vers Ameot. Un régiment se positionne dans la région vallonnée, tandis que l'autre avance en rang serré vers le champs de bataille. Le soir-même les deux armées s'affrontent. L'armée de Min'k divisée est en mauvaise position et opère un retrait stratégique mais ils sont coupés par le second régiment, ce qui provoque une fuite désorganisée des rangs rebelles. Loujine ordonne à ses soldats d'orienter leur fuite vers l'Ouest pour éviter un regroupement des indigènes, et s'assure de couper toute communication entre leur deux corps d'armée.
- le 10 Octobre, au Sud de Palack, les armées se retrouvent de nouveau sur le champs de bataille. Les troupes de Rostoves n'ont alors presque plus de munitions et sont toujours en infériorité numérique. Toutefois, les soldats indigènes semblent craintifs. Les alliés modérés de Loujine sortent alors de Palack, se faisant passés pour des renforts. Lorsque les combats commencent, Min'k et ses officiers les plus importants sont piégés et capturés. Les résistants se rendent.
- le 11 Octobre, le second corps d'armée, positionné à Hatgeyek - et proche de rentrer dans la Citadelle - refuse de se rendre. Loujine lance alors un ultime assaut sur Eltal afin de faire pression sur les derniers résistants. L'assaut est victorieux, mais Hatgeyek tombe.
- le 15 Octobre, se comprenant définitivement encerclés, les derniers rebelles acceptent de se rendre.

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En bleu, les mouvements des armées de Loujine. En rouge les mouvements initiaux des armées de Min'k. En violet le mouvement des alliés de Loujine.

Min'k est assassiné tandis que les autres prisonniers sont seulement contraint à l'exil voire libérés sans condition. Le geste permet la réunification des deux peuples. Loujine est proclamé gouverneur avec le soutien du peuple mais sans l'aval de Piotr II, le 1er Janvier 1896. La guerre a cristallisé l'isolement du pays. La métropole Rostove accepte finalement de financer - en partie - la réhabilitation du pays suite à la guerre mais augmente les taxes. Le peuple garde une profonde rancoeur envers Pyotr II, et Aleksei Loujine jouit d'un prestige inégalé. Il met en place un système d'inspiration communiste afin de permettre aux habitants de payer les taxes demandées par l'Empereur. Peu à peu, la société se réorganise de manière radicale selon les idées de Loujine qui s'inspire librement des modèles d'Alexandre Chekouine, grand philosophe Mateori.

C - Indépendance (1909 - ...)

L'âme de l'indépendance
Alexandre Chekouine est né le 27 septembre 1801. Fils d'un riche commerçant, il est bien éduqué et vit une enfance confortable au sein d'un milieu social bourgeois. Cependant, il nourrit au fil des années une haine sévère envers son père, ses camarades puis la bourgeoisie dans son ensemble. A 18 ans il commence à long voyage à travers la Rostovie, au cours duquel il rencontre le peuple. Ses idées se radicalisent. Il critique avec hargne et verve la religion (orthodoxe, notamment) et s’oppose à son influence sur la politique. Fortement pacifiste, il dénonce une politique expansionniste folle et abusive, dépassant l'entendement. Ses poèmes, essais et pamphlets sont peu diffusés, mais parviennent tout de même à l'attention de l'Empereur Vladimir III. Il sera jugé en 1824, à 23 ans. Condamné à la prison pendant 5 ans, il décide de ne plus s'opposer ouvertement au régime. Il écrit des contes et romans, ne dénonçant que subtilement et à travers des personnages et situations fictives l'Empereur. Son texte le plus célèbre, écrit en prison et publié en 1829, est sans doute Le Conte du Vagabond narrant les aventures d'un vagabond naïf à travers "l'empire des magiciens". Chekouine se réintègre, progressivement, dans le milieu bourgeois, grâce aux succès de ses comédies au théâtre. Il est pourtant arrêté en 1835, accusé d'avoir tenu des salons clandestins visant à propager une pensée hérétique. Il est contraint à l'exil au Vicaskaran. Il débarque dans la région de l'actuelle Mateorszag, alors appelé le Juznyj. Il devient très vite connu parmi les colons, il est l'un des moteurs du rapprochement avec les indigènes et de la cohabitation pacifique. Influencé par la philosophie locale, il développe une pensée politique de plus en plus pratique et devient conseilleur du gouverneur. Il incite à la mise en place d'un système politique ordonné mais souple, permettant l'ascension sociale à toute personne "méritante" (il définit précisément le mérite) mais imposant tout de même à chacun de rester dans son domaine d'expertise. Les détails de son modèle politique ne sont que partiellement connus. en effet à partir de 1835, Chekouine rejette l'écriture et s'exerce à l'art de la rhétorique : il ne sera plus qu'un orateur. Certains de ses discours et de ses dialogues publics ont été recensés dans Les Analectes du Sage mais les versions diffèrent plus ou moins fortement, et la chronologie n'est pas parfaitement respectée, ce qui donne lieu à un certain nombre de contradictions et d'imprécisions. Ironiquement, pour lui qui était un fervent ennemi de la religion - ou en tout cas de son impact sur l'organisation politique et sociale - il fut surnommé le Prophète de l'Indépendance, et ses idées furent suivies de manière fanatique par le peuple Mateori pendant plus d'un siècle. Il décède le 9 Juillet 1899 après avoir été le plus proche conseiller du gouverneur Aleksei Loujine lors de ses dernières années.
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La dernière photographie prise d'Alexandre Chekouine, datant de 1898</center>

Le corps de l'indépendance
Aleksei Loujine est né le 15 Octobre 1844 à Tudov. Fils d'un artisan rostove, il connait un début de vie paisible. Il passe son service militaire puis reprend l'entreprise de son père tout en rentrant dans la milice civile. Il y gravit progressivement les échelons et en devient le Commandant en Avril 1890. Il fait alors partie de l'élite coloniale, et est très respecté, autant par ses hommes que par l'armée. Il rencontre Alexandre Chekouine lors d'une soirée mondaine. Ce dernier deviendra son mentor et ce sont ses conseils qui inciteront Loujine à s'opposer à Baranov puis à ne pas rentrer en guerre contre les indigènes. A la mort de son mentor, après la guerre, le Gouverneur Loujine décide de mettre en marche le plan de réorganisation sociale qu'ils avaient établi ensemble. Il rentre directement en conflit avec l'Empereur en refusant de payer les taxes. La décision entraîne plusieurs affrontements entre la milice (supportant Loujine), et l'armée (censés être sous les ordres de l'Empereur). Plusieurs régiments décident, toutefois, de soutenir Loujine et l'Empire ne semble pas avoir les moyens ni la volonté de renforcer son autorité sur la région. En 1900, la situation se résolut avec la proclamation de l'autonomie Mateori : deux des trois garnisons Rostoves quittent la colonie et le Gouverneur se voit donner le droit de monter une armée autonome Mateori. Les taxes sont réduites au strict minimum. Le gouverneur est cependant toujours théoriquement nommé par l'Empereur, et peut-être destitué à tout moment. La région connait une période de paix, mais en Juin 1909, Aleksei Loujine prend la décision de ne plus payer les taxes imposées par l'Empire. Il est automatiquement destitué, mais la population le soutient, et le nouveau gouverneur est renversé. L'armée Rostove intervient de nouveau, avec des renforts venus de la métropole, mais elle est défaite par les troupes Mateori. Le décès de Piotr II provoque la fin de la répression des indépendantistes et le 14 Janvier 1910, la Déclaration d'Indépendance du Mateorszag, rédigée par Aleksei Loujine et ses conseillers, entérine la prise d'indépendance du pays.

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Aleksei Loujine, en 1901</center>

Nouveau régime, nouvelle constitution

La Constitution est rédigée par Aleksei Loujine qui s’entoure de 19 conseillers. Les 20 hommes imaginent une institution politique concentrant la majorité du pouvoir et chargée d’assurer les intérêts du peuple et de l’Etat : c’est le congrès ducal. Ils en sont les premiers membres. Il est prévu que ce congrès accueille de nombreux membres chaque année pour constituer une élite intellectuelle capable de gérer, au mieux, le pays. Cela est conforme au concept de Compartimentation d’Alexandre Chekouine, un idéal visant à positionner chaque individu d’une société dans une situation qui lui est favorable, dans laquelle il excelle. La Compartimentation de la société est à l’origine du format pyramidal qui a marqué l’organisation du pays depuis. Loujine est élu à l’unanimité par les 20 premiers ducs, Archiduc et forme un gouvernement qui va s’atteler à faire appliquer la nouvelle constitution. La répartition territoriale très précise et étudiée est mise en place durant cette période. Le statut de Comte (szamit) est créé, à l'origine pour veiller au bon fonctionnement des nouvelles institutions et au respect des nouvelles frontières internes (notamment au niveau communal cf. Intégration Communale dans le glossaire). Le règne de Loujine est très bien reçu par le peuple qui est séduit par les réformes sociales égalitaristes visant à assurer la répartition équitable des ressources agricoles et l’accès à l’éducation au plus grand nombre. Sa réussite permettra d’imposer la Constitution et de lui donner toute sa légitimité.

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En violet, les Archiducs conservateurs radicaux, en bleu clair les modérés et en vert le premier Archiduc progressiste</center>

Élections de 1920 - Mandat de Roman Dholoskoi - le Triomphe du Collectivisme

Aleksei Loujine, malgré le succès de ses réformes, refuse de se présenter aux élections une nouvelle fois. A 76 ans, il se considère trop âgé, et prépare plutôt son fils, Nikolai, à l’élection. C’est une erreur. Une majorité de Ducs, bien que respectant l’Archiduc, considère que son fils ne mérite pas sa position. Nikolaï Loujine perd face à Roman Dholoskoi, un haut-fonctionnaire important et prônant une centralisation administrative à rétrocontrôle militaire et académique (cf. Rubrique Société et Économie) ainsi qu'un collectivisme renforcé. Il est opposé au socialisme égalitariste de Loujine qu'il juge «seulement apte à plonger le pays dans un marasme économique sans précédent». Les débats ayant opposé Nikolai Loujine et son cousin Stanislav à Roman Dholoskoi sont considérés comme les plus grands débats de l'histoire politique du pays. Ce dernier en sortit largement vainqueur et permis aux principes collectivistes de devenir des piliers la société Mateori. Après cet évènement, l’ancien Archiduc décide de se retirer définitivement de la vie politique nationale et devient administrateur dans la région de l’actuelle Louijingrad (alors un simple village de pêcheurs nommé Terkep). Nikolaï Loujine perd son importance dans la Maison Loujine et Stanislav Loujine le remplace en tant que leader de l'opposition.

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Roman Dholoskoi en 1924 </center>

Roman Dholoskoi s'attelle rapidement à l'application de ses nombreux concepts politiques : collectivisme, émulationisme, complémentarisme fonctionnel et démocratisme militaire. Il inaugure les unités fonctionnelles vivrières qui deviennent les unités fonctionnelles d'auto-suffisance (UFAS). Les unités fonctionnelles sont une association de communes capables, entre elles, de subvenir à leurs besoins alimentaires et matériels. Elles permettent aux communes de pratiquer une agriculture spécialisée et de s'industrialiser. Ces institutions s'opposent au principe de polyculture traditionnelle prôné par Aleksei Loujine. Dholoskoï instaure les greniers collectivistes qui collectent toutes les ressources produites par les communes et rétribuent ces dernières en fonction de la valeur de leur production. Encore une fois, cela s'oppose au principe égalitariste d'équivalorisation d'Aleksei Loujine. Enfin, l'Archiduc organise l'armée de manière à ce qu'elle soit indépendante des différents niveaux d'organisation territoriale (communes, cantons, sous-districts, districts,...). L'armée devient l'organe de l'expression populaire : elle est autorisée à destituer tout haut-fonctionnaire (excepté l'Archiduc) en charge d'une administration territoriale s'il ne satisfait pas la population. Ce haut-fonctionnaire ne peut toutefois pas être remplacé par un membre de l'Ordre Militaire, il ne peut donc pas s'agir d'un putsch militaire à proprement dit. Pour s'assurer que l'armée soutienne effectivement l'avis du peuple, la montée en grade est censée se faire, en partie, par le bas : les unités élisent leur propres officiers. Cela est, cependant, moins vrai pour les grades supérieurs, les généraux étant promus par l’État-major. Le mandat de Roman Dholoskoï est tout aussi important pour le Mateorszag que celui d'Aleksei Loujine. Leurs règnes auront été complémentaires permettant d'appliquer deux facettes de la philosophie politique de Chekouine souvent opposées par les hauts fonctionnaires de l'époque : le Collectivisme et le Socialisme. S'il est souvent admis que le Mateorszag dispose d'un système collectiviste, on ne pourrait se permettre d'ignorer les nombreuses réformes socialistes encore en vigueur : régime des retraites, couverture médicale universelle, programmes d'aides aux communes,...

Élections de 1930 - Mandat de Stanislav Loujine - les Grands Travaux

Stanislav Loujine était le plus célèbre opposant de Roman Dholoskoï. Néanmoins, il l'admirait grandement, et, une fois arrivé au pouvoir, il ne chercha pas à annuler ses réformes. Au contraire, ils chercha à associer et préserver l'héritage politique des ses deux prédécesseurs. Son mandat fut principalement marqué par la résolution de la crise de surproduction (qui avait débutée lors du mandat de Dholoskoï et causé son échec aux élections), par les avancées culturelles du pays célébrant le mélange des populations autochtones et slaves et construisant peu à peu l'identité nationale du Mateorszag et enfin par l'entreprise de grands travaux permettant d'augmenter la communication entre les différents districts du pays. Loujine fit construire de nombreux navires pour encourager le commerce et le transport fluvial et entrepris de long travaux ferroviaires à travers le pays. La construction des lignes de chemin de fer fut toutefois un fiasco total ruinant de nombreuses communes n'ayant tout simplement pas les moyens techniques et financiers pour ce type de travail. Les locomotives étaient pour la plupart défectueuses, et roulaient sur des rails de chemin de fer mal fabriquées. De nombreux accidents marquèrent l'inauguration progressive des trains de Loujine, et leur coût finira de creuser le gouffre financier du Mateorszag. L'Archiduc terminera son mandat en étant peu respecté par des Ducs qui dénonceront fortement son incompétence et surtout sa tendance à nommer à des postes clés des amis plutôt que des hommes méritant le poste. Ce comportement des Archiducs, jugé anti-aristocrate, perdure pourtant encore aujourd'hui. C'est aussi sous le règne de Stanislav Loujine que Gasgatasi, la capitale administrative du pays, est construite ainsi que de nombreux monuments à la gloire de Chekouine, d'Aleksei Loujine et du Mateorszag.

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Stanislav Loujine en 1938</center>

Élections de 1940 - Mandat de Fiodor Grigochevski - Séparation des Pouvoirs et changement des mœurs

Fiodor Grigochevski fut l'un des 20 premiers Ducs du Mateorszag. Il était aussi magistrat de la cour suprême, position ultime de l'ordre judiciaire. Après le retrait de la vie politique d'Aleksei Loujine il soutint fortement le régime de Roman Dholoskoï puis s'opposa activement au pouvoir des Loujine. En effet, il dénonçait leur contrôle à la fois sur l'armée, sur le gouvernement et sur le pouvoir judiciaire (une majorité des magistrats de la cour suprême étaient liés à la Maison Loujine). C'était aussi un penseur politique visionnaire qui militait pour les droits des femmes, l'interdiction du travail des enfants de moins de 13 ans, la dépénalisation de l'homosexualité et la défense de la liberté d'expression. Malgré ses prises de position tranchées sur des sujets controversés, il parvint grâce à sa force de persuasion et sa compétence administrative démontrée à s'imposer aux élections avec un score de 59,8%. Il imposa une politique économique d'austérité pour rétablir la santé financière de l’État, durant les cinq premières années de son mandat. Il força un remaniement de la cour suprême avec le soutien du congrès ducal afin d'éviter une majorité trop importante de la maison Loujine (il mis en place un concours de la magistrature, qui permit de choisir les nouveaux magistrats). Afin de contrer le travail des enfants, il développa le système d'éducation en obligeant tout canton à disposer d'une école (nommée "conservatoire"). En fin de mandat, Grigochevski émit l'idée d'un concours ducal obligatoire pour obtenir le statut de Herceg. L'idée est, évidemment, très mal reçue par le Congrès et la côte de popularité de l'Archiduc chute fortement à l'approche des éléctions.

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Fiodor Grigochevski en 1940</center>

Élections de 1950 - Mandat de Nikolaï Boulgarine - Stabilisation puis Révoltes de Septembre

Nikolaï Boulgarine est Premier Conseiller de l'Archiduc durant le mandat de Fiodor Grigochevski. Il ne soutint toutefois pas l'idée d'un concours ducal. Au fil des tours d'élection, il apparait évident que Nikolaï Boulgarine est plus populaire que Grigochevski. Au 7ème tour, ce dernier quitte l'élection, et au 12ème tour il apporte son soutien public à Boulgarine qui l'emporte finalement de justesse face à Andreï Sienski soutenu par la Maison Loujine. Boulgarine entame plusieurs négociations commerciales avec des pays étrangers. Il encourage aussi le développement industriel et la production de charbon. Dans l'ensemble son mandat est calme, avec très peu de réforme. Pourtant, en Septembre 1960, de grandes révoltes communistes éclatent dans les régions minières. Nikolaï Boulgarine privilégie la négociation avec les rebelles, mais le mouvement ne semble faire que prendre de l'ampleur, de manière inexplicable. Andreï Sienski - devenu Général - promet au Congrès de résoudre le conflit si on lui fournit les forces nécessaires. Il réussit en effet à mater les rebelles et à capturer leurs chefs, en perdant très peu de soldats. Sienski voit sa côte grimper énormément, et est adopté par la Maison Loujine. Plusieurs historiens ont émis l'hypothèse que la rébellion fut fomentée directement par la Maison Loujine afin d'éviter un second mandat de suite de Boulgarine.

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Nikolaï Boulgarine en 1955</center>

Élections de 1960 - Mandat d'Andreï Sienski Loujine - De l'Ordre avant toute chose

Sans surprise, Andreï Loujine remporte les élections avec un très bon score. L'élection sera toutefois longue à cause du nombre de candidats très important. Rapidement, il met en route les changements tant désirés par sa maison depuis plus de 15 ans : il réinstaure le système de cooptation pour la nomination des magistrats (le Concours de la Magistrature reviendra sous le mandat d'Artsybachev, 20 ans plus tard), censure de la totalité des journaux considérés communistes ou anarchistes (les deux mouvement sont confondus par le gouvernement), renforce le service de renseignement intérieur afin de traquer les "antipatriotes", il développe une politique de la paranoïa accusant toutes les puissances du monde de chercher à voler les richesses du Mateorszag. Tous les échanges commerciaux avec l'extérieur sont - officiellement - fermés et le pays se renferme complètement sur lui-même. Une propagande active tant littéraire que cinématographique domine les médias, et les Loujine gouvernent le pays d'une main de fer grâce à la corruption et la planche à billet.

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Andreï Loujine en 1961</center>

Élections de 1970 - Mandat de Sergueï Loujine - Crise de l'Inflation et Redressement

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Sergueï Loujine en 1978</center>

Sergueï Loujine remporte sans difficulté les élections de 1970 et succède ainsi à Andreï Sienski, qui lui-même devient Premier Conseiller et chef du Gouvernement. Jusqu'à 1972, le pays est donc toujours gouverné par une Maison Loujine qui détient les pleins pouvoirs. Cependant, la création de monnaie trop intense sous leur régime provoque - logiquement - une inflation incontrôlée qui - couplée à l'ouragan Vytek de 1971 - amène une crise générale dans le pays. L'inégalité de redistribution entre les communes de service et les communes agricoles atteint son paroxysme. Les communes agricoles ne peuvent finalement plus bénéficier des services d'Etat (hôpitaux, retraite, éducation) et ne sont plus en mesure de compenser la chute de production causée par l'ouragan (les réserves de devises ont perdu trop de valeur). Certaines font Sécession du Mateorszag (processus imaginé par Roman Dholoskoï en 1929, qui permet, dans des circonstances extra-ordinaires, à une administration Mateori de fonctionner indépendamment de l'Etat du Mateorszag afin d'assurer le minimum vital pour ses habitants). Plusieurs révoltes paysannes secouent le pays. Sergueï Loujine prend des mesures radicales : il se sépare d'Andreï Sienski (qui perd le nom Loujine), et institue son principal opposant, Pavel Artsybachev, Ministre d'Etat (l'équivalent du chef du Gouvernement). Artsybachev cherche réinstaurer la confiance dans le Heszag (monnaie du Mateorszag) : il fonde la Banque Indépendante, rétablit l'étalon-argent, conclue des échanges avec les pays voisins afin d'augmenter les réserves d'argent et d'or du pays et d'élever la valeur du Heszag. Il réduit les services d'Etat, et augmente les taxes afin de rétablir un équilibre entre les communes. Les communes sécessionnistes sont réincorporées dans le pays. Pavel Artsybachev bénéficie suite au redressement du pays d'un prestige sans égal. Sergueï Loujine décide alors de l'éloigner du pouvoir en 1976, il l'accuse de corruption et de conspiration contre le régime. Artsybachev est condamné dans un premier temps par la Cour Suprême, mais il gagne en appel grâce à un jury plus favorable. Néanmoins, Artsybachev perd une partie de son prestige parmi les Ducs, tandis que Sergueï Loujine prend plusieurs mesures visant à rétablir la popularité de sa Maison : il diminue la censure et entame lentement des relations commerciales avec l'extérieur. Surtout, il intronise un grand nombre de Ducs (plus de 15000 !) en échange d'un vote favorable aux élections de 1980.

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Explication de la Crise de 1972</center>

Élections de 1980 - Mandat de Pavel Artsybachev - Crise de l'Inflation et Redressement

Tous les efforts entrepris par Sergueï Loujine ne suffisent pourtant pas à contrer le prestige de Pavel Artsybachev qui parvient à remporter les élections - de justesse, tout de même.
Osterfith

Message par Osterfith »

III. SYSTEME POLITIQUE

A - Grandes Maisons aristocratiques

Le Mateorszag est un état oligarchique aristocratique. C'est donc une élite intellectuelle, militaire et sociale qui dirige le pays. Les décisions sont prises par un collège supérieur (troisième niveau de la pyramide sociale) : la classe des Ducs qui forment le Congrès Ducal élisant l'Archiduc (ou Foherceg) tous les 10 ans. Le nombre de Ducs, ou Hercegs en Mateori, varie de manière importante en fonction de l’Archiduc en place et de la tendance générale. En effet, l’Archiduc est élu par les Ducs mais il est aussi chargé d'introniser les nouveaux. Généralement, le gouvernement nomme les nouveaux Ducs en respectant un système de cooptation. Il peut, cependant, en théorie nommer qui il souhaite pour peu que le candidat soit un comte (deuxième niveau de la pyramide sociale). On dénombre, actuellement entre 45 et 55.000 Hercegs. Le titre de Duc n'est pas héréditaire.

Ce système de cooptation a vu l'émergence de Maisons dont le principe originel est simple : les premiers hommes politiques importants ont œuvré pour permettre à leurs fils/filles de devenir Duc/Duchesse à leur tour. Certaines familles sont devenues suffisamment influentes pour se permettre de coopter un membre - ou plus - par an : ce sont les Grandes Maisons. On en dénombre 13. Elles ne se limitent bien-sûr plus aux membres de la même famille; il est tout de même courant que les membres ne faisant pas partie de la famille adoptent le nom de la Maison. L'exemple le plus célèbre est sans doute Andreï Sienski Loujine, qui pris le nom de "Loujine" à 44 ans, 3 ans avant de devenir Foherceg. Les Maisons sont fortement critiquées par une partie des Comtes (ou Szamits) et par certains Ducs isolés. Elles sont accusées d'aller à l'encontre des principes aristocratiques de l'Etat censés assurer aux plus méritants de diriger. L'idée de la mise en place d'un Concours Ducal est fortement soutenu par les nouveaux comtes isolés politiquement. Mais les Maisons tiennent fortement le pouvoir et ne semblent pas pouvoir être délogées.

Les 13 Maisons Fondamentales :
  • Loujine
  • Pozdnychev
  • Kouraguine
  • Dholoskoï
  • Artsybachev
  • Lounianenko
  • Odoïevski
  • Boulgarine
  • Negariov
  • Grigochevski
  • Kontchalovski
  • Saratov
  • Iakov
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Répartition des Ducs dans les 13 différentes Maisons, seul 8% du Congrès Ducal n'est pas affilié à l'une des Grandes Maisons</center>

B- Courants idéologiques majeurs

Les Ducs s'assemblent en fonction de leur Maison mais aussi en fonction de leurs idées politiques. On peut lister cinq courants fondamentaux. Tout d'abord, le Conservatisme Radical (longtemps dominant, soutenu par la majorité des membres des Maisons Loujine et Kouraguine), comme le terme l'indique il prône une immobilité politique quasi-totale et la conservation des codes en place : autarcie, système de classes, Maisons puissantes. Les conservateurs soutiennent une militarisation de la société. Le Conservatisme Modéré (qui est resté influent grâce à des postes de conseillers des Radicaux au pouvoir) est un courant mal défini. Il est généralement composé d'anciens Radicaux partis pour un désaccord sur une idée précise plutôt que pour un désaccord global. Certains sont préoccupés par les questions environnementales, d'autres souhaitent une meilleure mobilité sociale. Ces dernières années, les idées du courant ont pourtant semblé s'unir derrière celles d'un homme : Sergueï Kontchalovski. Général, puis chef de l'État-Major de l'Armée de Terre il est un militaire extrêmement respecté. Il lutte pour une dé-militarisation de la société et la mise en place d'une armée de métier moderne, et encourage le développement de l'industrie lourde. Chef de la Maison Kontchalovski, historiquement liée aux Radicaux, son changement de bord a affaibli le courant radical. Le courant Progressiste fut longtemps un courant minoritaire mais la politique Radicale désastreuse de la dernière décennie a permis au mouvement de prendre de l'ampleur, notamment grâce à l'arrivée d'économistes respectés (Anton Dovjenko, Andrei Kozintsev,...) et d'un Duc au réseau important : Fiodor Pozdnychev. Les idées progressistes sont nombreuses mais la principale est sans doute l'ouverture (relative) des frontières et l'augmentation des exportations. Les Progressistes privilégient fortement l'Ordre Académique à l'Ordre Militaire et soutiennent l'augmentation de la durée minimale d'études. Le progressisme, bien que restant minoritaire au Congrès Ducal, est le courant d'idées majoritaire du gouvernement en place. Le courant Communiste recommande une fermeture des frontières mais surtout une abolition du système pyramidal. Inexistant il y a 80 ans, le courant s'est développé ces 10 dernières années avec l'échec de la politique Radicale et la réussite de régimes communistes à l'étranger. Il reste néanmoins largement minoritaire : la population le craint et il n'arrange pas les Hercegs. Les Impérialistes ou Expansionnistes louent les bienfaits de la guerre et de la conquête militaire. Esmark, Luania, Tel-Erib, toutes ces nations sont considérées inférieures par les Impérialistes qui sont favorables à la diffusion du modèle Mateori de l'Ordre. Ils considèrent ces États chaotiques comme les représentants du Mal libéral et moderne. Ils sont minoritaires, mais ils disposent tout de même de plus d'influence que les communistes. Ils possèdent des liens étroits avec les Radicaux.

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En pourcentage de Hercegs non-neutres, ces chiffres sont des estimations ; il n'existe pas de chiffres officiels, les courants politiques ne sont pas des partis officiels et ne tiennent donc pas de liste d'adhérents.</center>

C- Ordres Aristocratiques

Le troisième élément à prendre compte est l'Ordre des Ducs. En effet, chaque Duc possède une fonction précise ou un domaine d'expertise. Il existe quatre Ordres fondamentaux, regroupant plusieurs fonctions. Ces quatre Ordres sont : l'Ordre Fonctionnaire et Administratif, l'Ordre Militaire, l'Ordre Académique et l'Ordre Judiciaire. Les Ordres peuvent s'unir pour faire valoir des intérêts propres. Ils peuvent donc décider de prendre une orientation politique commune. Par exemple, récemment, l'Ordre Militaire habituellement rattaché au courant Radical s'est en partie unit derrière Sergueï Kontchalovski pour soutenir une modernisation et une professionnalisation de l'armée. De même, l'Ordre Académique est en grande partie défenseur des idées progressistes. Quant à l'Ordre Fonctionnaire, ses orientations sont souvent nombreuses et variées. Il semble tout de même être associé, un peu plus que la moyenne, au Conservatisme Radical. Enfin, l'Ordre Judiciaire est minoritaire est majoritairement neutre. Par ailleurs, les 74 Magistrats de la Cour Suprême (poste ultime d'un Duc de l'Ordre Judiciaire) ne votent pas et sont chargés de veiller au déroulement "bon et juste" des élections. Pour autant, certains membres importants de l'Ordre ont soutenu Fiodor Pozdnychev durant l'élection de 2020. Certains ont dénoncés le risque de conflits d'intérêts voire de corruption. Ces allégations semblent néanmoins peu crédibles.

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En pourcentage de Hercegs</center>

D - Gouvernement & Congrès

Le Gouvernement a pour fonction de préparer, rédiger et faire passer les projets de lois et les amendements. Il est nommé par le Chef du pouvoir exécutif et législatif : l'Archiduc ou Foherceg. L'Archiduc actuel est Fiodor Pozdnychev élu en Janvier 2020. Il a constitué un Gouvernement supérieur constitué de 10 membres. Sergueï Kontchalovski est le chef du gouvernement et le Premier Conseiller de l'Archiduc. Il est chargé de superviser en détail l'action des différents ministres et arrange les relations inter-ministérielles. Le ministre des Affaires étrangères est Pyotr Pozdnychev, frère du Foherceg. Ivan Maïakovski, associé à la Maison Kontchalovski, est le Ministre de la Défense supervisant l'Etat-Major des forces armées dirigé par le neveu du Premier Conseiller, Alexandre Kontchalovski. Le Gouvernement se doit de présenter ses projets politiques pour les prochaines années au Congrès Ducal. Le Congrès peut prendre la décision de bloquer tout amendement ou projet de loi. Pour cela, au moins 75% des congressistes présents lors de la session doivent être opposés à la modification de la constitution. Les sessions doivent être annoncées au moins 14 jours à l'avance par le Président du Congrès ou l'Archiduc. Ce dernier a le droit d'annoncer une session extra-ordinaire avec un délai de 5 jours, dans des circonstances exceptionnelles. Il n'y a qu'une seule session fixe obligatoire, par an : le 1er Janvier (sauf années d'élection, où la session se fait le jour de l'intronisation du nouveau Foherceg, courant Janvier). Le Président du Congrès est élu tous les 5 ans. Présentement, Tikhomir Dholoskoï occupe le poste et ce depuis 3 ans.
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(cliquez pour agrandir)</center>

E - Élections

L'Archiduc est élu au suffrage direct par le Congrès Ducal, à la majorité absolue. Le processus ne prévoit pas un nombre limite de tours d'élection : les tours (ou sessions d'élection) se succèdent donc jusqu'à ce qu'un candidat obtiennent plus de 50% des voix. La part minimum de votants pour que le tour soit pris en compte est de 10% des Ducs, soit environ 10.000 votants par session. Généralement les premiers tours ne mobilisent qu'une faible partie des Hercegs, ce qui donne lieu à certaines surprises lors des derniers tours. Hormis la première élection de 1910 (Aleksei Loujine est élu à l'unanimité par les 20 Ducs de l'époque), le nombre de sessions varie entre 9 (élections de 1920) et 19 (élections de 1990).
Osterfith

Message par Osterfith »

IV. SOCIETE ET ECONOMIE

A - Introduction

La société Mateori est organisée en regard des grands concepts politiques d'Alexandre Chekouine. Les dirigeants du pays qui se sont succédé n'ont cessé d'essayer d'appliquer et de préciser au mieux ses idées. Le Chekouinisme est basé sur une compartimentation minutieuse de la société, une auto-suffisance globale du pays et sur les principes de l'Etat-Providence.

B - Une organisation collectiviste

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