Opération "Vol de l''Epervier" [RP commun]

Répondre
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

OPÉRATION VOL DE L'ÉPERVIER

Ce mois de Juin 2015, tout allait de travers en Rostovie : le pays venait de sombrer dans le pire des libertarianismes. Si aucune réforme concrète n'a encore été lancé -le nouveau Président Riazanov se veut pragmatique- les préparatifs sont déjà en travaux avec ce maître-mot : LIBÉRALISATION.

Alors que Davanrov venait de quitter notre monde, Saratova était en train d'agoniser dans un hélicoptère qui la transportait à la Plaine du Kraï de Yakoutsk.

Une fois l'hélico atterri, le pilote ordonna au second passager (tous deux soldats de l'ANR) de jeter le corps de l'ancienne Présidente à terre, avant de repartir.
Le soldat s'exécuta immédiatement : il quitta le cockpit en direction du secteur pour passagers. Jusqu'à ce qu'il vit Saratova, consciente, en proie à de violentes quintes de toux.
Il hésita à la toucher, elle qui fut il y a à peine quelques semaines, la plus puissante femme du Monde...

Pilote : Bon, qu'est-ce tu fouts Fedor ?

Fedor : Je... Tu es sûr qu'il faut...

Pilote : On obéit aux ordres. Point barre.

Fedor : Mais... Est-ce que tu sais qui elle est ? Ce qu'elle représente pour la Rostovie toute entière ? ELLE VA MOURIR ! Anatoli !

Pilote : Écoute Fedor, elle était pour moi aussi une fabuleuse dirigeante, vraiment extraordinaire, qui a vraiment fait beaucoup progresser la Rostovie en ce qui concerne la paix intérieure et le retour à une solidarité réelle et désintéressée. Ce n'est pas moi qui le dit, en tant que militaire, mais c'est ma famille, ma femme et mes enfants, qui l'admiraient sincèrement. Toutefois, je n'ai pas très envie de voir ma femme empaler sur un pic en métal et mes enfants se faire violer par les barons de la mafia d'Ahradinur. Tu comprends ça ?

Fedor : Je refuse de la laisser mourir. Je comprends pour ta famille, tu n'y es donc pour rien. Je suis prêt à endosser toute la responsabilité. Laisse moi ici, avec elle, je l'aiderai à survivre sans que RIazanov n'en sache rien.

Pilote : Mais tu es fous ? Remontes tout de suite !

-Fedor descend avec Saratova dans la Toundra.-

Fedor : Je serais le traître. Vous me traquerez. Je ne veux pas qu'elle meurt. En bon soldat, je travaille pour l'avenir de mon pays.

Pilote : Je ne peux pas te forcer à remonter, mais tu risques la mort... !

Fedor : Plutôt mourir libre que de vivre en esclave dans un régime tel que celui que nous prépare Riazanov.

-Après une discussion tendue, les deux hommes firent leurs adieux...-

Pilote : Mon ami, je ne pourrai pas cacher bien longtemps ta trahison. Je ferai du mieux que je peux, mais je veux pas qu'il arrive quoi que se soit à ma famille.

Fedor : Je comprends. N'hésite pas à communiquer le lieu, de toute façon, je serais déjà partie avec elle. Merci quand même pour ton aide. Adieu Anatoli !

C'est alors que l'hélicoptère de transport Mil-26 quitta la région direction Iakoutsk, puis Novgorod. Les autorités furent très vite alertées, et l'OKB poursuivra le traître et la pauvre Pucelle et ex-Présidente, qui frôlait la mort depuis plusieurs heures. Ces deux derniers avancèrent péniblement dans la Toundra en direction du port le plus proche et le plus sûr : Moskvaï.

L'opération "Vol de l'épervier", en souvenir de cette bonne vieille opération "Vol du faucon", allait marquer profondément, sur le long terme, l'Histoire rostove.
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

Fedor vit peu à peu l'hélicoptère décoller et s'élever dans le ciel, jusqu'à ce qu'il ne cessât son mouvement ascensionnel, à une quinzaine de mètres au-dessus du sol, pour s'éloigner de la zone. A genoux dans la neige, le corps inerte de Nina Saratova sur son giron, il regarda l'appareil s'éloigner jusqu'à ce qu'il ne fût plus qu'un minuscule point dans l'horizon.
Lorsqu'il ne put plus le distinguer au loin, il réalisé que ce n'était pas un rêve. Jusqu'à ce que l'hélicoptère ne disparût, Fedor vivait comme dans un songe, abasourdi par sa propre décision de trahir les autorités rostoves illégitimes. Il n'avait senti ni le vent produit par les pales lui fouetter le visage. Il n'avait pas plus entendu le bruit assourdissant du moteur et du rotor. Mais lorsque l'hélicoptère fut loin de cette région désolée et froide du Turrïyvostok, le copilote comprit qu'il ne rêvait pas : il cauchemardait.
Il avait pris une grave décision, qui allait impliquer jusqu'à son existence elle-même. Il savait que son frère d'armes, qui n'était pas un mauvais bougre mais tenait à sa vie et à celle de ses proches, ne pourrait dissimuler très longtemps sa trahison et devrait charger la mule au maximum pour se dédouaner de toute implication. Il savait qu'il était en danger, que Nina Saratova était menacée de mort et qu'il serait bientôt poursuivi par les hommes restés fidèles au régime libéral de Grigorïi Riazanov. Le pilote, Anatoli, ne pourrait pas mentir pendant longtemps et il arriverait bientôt à Novgorod : il ne fallait plus rêvasser mais passer à l'action.

Il entreprit d'abord de se relever délicatement tout en prenant soin de ne pas brusquer Nina Saratova, moribonde. Tout musclé et viril qu'il était, Fedor ne put s'empêcher de lâcher une larme sur le corps de la jeune femme, de plus en plus mal en point. Il ne connaissait pas exactement la nature du poison qui lui avait été injecté, mais une chose était certaine : il était létal et ne tarderait pas à achever son œuvre. Physiquement, malgré le froid (dix degrés en journée, zéro degré la nuit) et les grands espaces, le copilote pourrait tenir assez longtemps en portant l'ancienne présidente sur son dos. Mais d'autres problèmes tout aussi épineux se posaient : où aller ? Le jeune soldat ne connaissait pas la région, étant originaire de la capitale et n'ayant jamais vraiment voyagé dans ces contrées reculées. Certes, l'entraînement des troupes d'élite rostoves comprenait entre autres des "lâchers" en pleine nature, dans des situations de totale désorientation, mais ce n'était que des exercices. Fedor était désormais confronté à une situation concrète dont il allait falloir se sortir. Et en combien de temps pourrait-il rallier la ville la plus proche ? Et comment ne pas s'y faire repérer par la population, par une garnison en faction, par quelque délateur ?

Une nouvelle quinte de toux et des tremblements de Nina Saratova sortirent le militaire de sa contemplation. Elle avait visiblement très froid, ce qui était logique : même en été, la toundra de l'extrême Orient n'était pas vraiment un milieu tropical. Un vent mauvais soufflait en rafales sur ce paysage désolé. Fedor se contorsionna pour ôter sa veste et en envelopper la jeune femme, dont le front était brûlant mais qui grelottait tout à la fois. Une fièvre terrible devait la harceler. Les effets du poison étaient de plus en plus nets et il fallait réfléchir vite et bien. Au loin s'élevait une modeste chaîne de montagnes, comme apparue de nulle part. A vue de nez, son pic le plus élevé ne devait pas dépasser les mille cinq cents mètres et, sur son flanc, une légère fumée grisâtre s'élevait. Fedor courut vers sa direction pour s'en rapprocher et distinguer d'où venait cette fumée. Puis il s'arrêta net, se souvenant qu'il avait des jumelles dans la besace qui transportait son maigre équipement. Il passa Nina Saratova sur son dos et la tint tant bien que mal le temps de déterminer la nature de ce qui, au loin, produisait cette fumée. "Une bourgade !" s'exclama-t-il intérieurement. Ce n'était pas le sauvetage du siècle, mais ce pouvait être un premier élément. La petite ville, qui devait tout au plus abriter trente mille âmes, était nichée sur le dos d'une chaîne dont Fedor n'avait vu le nom que sur des cartes stratégiques : la chaîne de Moskvaï. Il n'était pas loin du port militaire du même nom, important complexe qui grouillait de militaires. Mais la bourgade en elle-même semblait calme et traditionnel, aux antipodes de cette zone portuaire capitale pour l'accès de la Rostovie sur la Mer de Carù. Cette ville se nommait Ust'-Omchug, mais le copilote ignorait jusqu'à son existence quinze minutes auparavant.

Fedor se mit à courir le plus vite qu'il put, tâchant de faire abstraction du vent qui lui mordait le visage et de la peur qu'il avait au ventre. De temps à autre, il s'arrêtait en chemin pour donner un peu à boire à Nina Saratova (mais sa gourde se vidait bien rapidement), l'emmitoufler un peu mieux dans sa pelisse et tenter de la rassurer. Mais il ne trouvait pas les mots pour rasséréner une personne à l'article de la mort, à peine consciente, qui ponctuait le chemin de ses râles et de ses quintes de toux caverneuse. Au loin, des nuages menaçaient déjà la steppe herbeuse et grasse. Il avait appris dans son école militaire qu'en été, ce type de région était encore pire qu'en hiver. Certes, la végétation rase y était plus jolie qu'un épais tapis de neige, mais les températures n'étaient pas réellement clémentes. Surtout, de terribles orages éclataient presque chaque nuit, déversant des trombes d'eau au sol et créant dans certains endroits une boue ocre qui empêchait toute progression. Elle était un peu semblable à la raspoutitsa qu'il connaissait bien et qui caractérisait presque toute la Rostovie.

Or, le soir approchait dangereusement et il devait se hâter. Il poursuivit sa route en direction d'Ust'-Omchug, s'arrêtant parfois, effrayé par le hululement d'une chouette harfang qui se réveillait avec le tomber de la nuit. Davantage pour se rassurer lui-même que pour soutenir moralement Nina Saratova, il lui parlait par à-coups et monosyllabes. Parfois, un vol de tétras se dirigeant vers la mer surprenaient les deux silhouettes qui se dessinaient dans l'immensité du plateau. Mais la jeune femme ne s'en rendait pas vraiment compte. La chaleur diurne, qui était plus élevée qu'à l'accoutumée, diminuait peu à peu, tandis que les nuages se précisaient à l'horizon. La ville s'était singulièrement rapprochée et il ne devait rester qu'une bonne heure de marche au soldat, qui ne fatiguait pas. Mais ce n'était pas le poids de son "fardeau" qui l'inquiétait le plus : il était effrayé à l'idée d'être pris en chasse par les hommes de Riazanov ou d'être pris sous un orage qui compliquerait toute progression. Il ne put malheureusement échapper au début des pluies diluviennes à un quart d'heure à peine de l'arrivée de cette ville à flanc de montagne.

Il en distinguait désormais mieux les bâtiments, même sous la pluie battante et dans le fracas du tonnerre. C'était là des maisons traditionnelles et un seul immeuble collectif comme il en existait beaucoup plus dans la plupart des villes rostoves. Il n'y avait visiblement pas un chat dehors, les habitants ayant préféré se réfugier dans leurs modestes demeures pour échapper à l'intempérie. Plus exténué par le climat que par la marche, Fedor arriva enfin à l'entrée de la ville, dont le nom s'affichait sur une petite pancarte standardisée. Les faubourgs de la bourgade étaient caractérisés par la subsistances d'une vingtaine d'isbas que l'on attendait plus en rase campagne qu'aux abords d'une ville, même petite. S'essuyant le visage mouillé, il posa Saratova sur un petit banc en pierre situé juste devant une cahute et son jardin potager de petite taille. Il ne savait où aller et ne voulait pas que Nina Saratova restât plus longtemps sous cette pluie battante qui ne risquait que d'aggraver son état. Alors qu'il allait frapper à la première porte venue, un inconnu qu'il n'avait pas vu venir le héla.




Inconnu : Qui va là ? Que faites-vous ici ? Et qu'est-ce que vous transportez ?

Fedor : Monsieur, je suis un soldat en faction non loin d'ici et j'ai... retrouvé ce corps le long de la route, alors que j'étais en patrouille. Je me suis retrouvé sous l'orage et la jeune femme que je porte est très malade. Il faut la soigner. Vous pouvez m'aider ?

Inconnu : Venez avec moi dans ma petite maison. Ce n'est pas le luxe de vos casernes, mais ça fera bien l'affaire pour voir ce qu'elle a.



L'inconnu, un homme de taille moyenne masqué par la nuit et sa gabardine, avait mis du temps à répondre. Il semblait méfiant et Fedor eut peur qu'il ne les dénonçât. Mais il n'avait pas vraiment le choix : il fallait se mettre au sec et se reposer un peu. Il fallait que Nina Saratova pût s'allonger un moment, même si le temps était précieux.
La maison de cet homme, qui devait avoir une quarantaine d'années tout au plus, était à deux pas de là. Il s'agissait d'une petite demeure, légèrement moins délabrée que les autres, dont sortait une petite lumière. Les trois individus pénétrèrent dans la demeure construite sur un seul étage, où un poêle à charbon éclairait la pièce principale et fournissait une chaleur agréable. La température avait en effet bien baissé avec l'arrivée de la nuit et un peu de tiédeur ne pouvait faire de mal. L'inconnu ôta rapidement sa gabardine, qu'il posa sur la table au centre de la pièce, et conduisit Fedor et son "fardeau" vers la pièce contiguë. Beaucoup plus petite, elle offrait pour seul mobilier un lit, une table basse et un miroir. Aux murs étaient accrochés quelques portraits, jaunis par le temps, d'une femme aux traits agréables. Un crucifix trônait au-dessus du lit, sur le mur du fond, et une icône magnifique, seule richesse de cette homme, était posée sur la table basse, à côté d'une lampe à pétrole. L'inconnu l'embrasa avec une allumette.




Inconnu : Je suis désolé, ce n'est pas le centre-ville, ici, et la petite vingtaine de maisons traditionnelles que vous avez vues à l'entrée de la bourgade n'ont pas encore été raccordées à l'électricité. Ils nous l'ont promis, à Moskvaï, mais vous savez comment c'est, les promesses...


L'homme apporta ensuite ses deux seules chaises dans la chambre, tandis que la pluie battante frappait le toit, s'écoulait le long des gouttières et claquait sur la vitre.
Il rapporta aussi de la pièce principale, d'où venait l'agréable chaleur du poêle, un samovar et trois tasses, pour boire le thé, puis il examina Nina Saratova.




Inconnu : Elle est bien mal en point, en effet. Elle a une fièvre de cheval et n'arrête pas de tousser. Vous savez ce qu'elle a exactement ?



Fedor fut tiraillé entre l'envie de révéler l'empoisonnement à cet homme, qui aurait peut-être une solution, et celle de lui mentir pour ne pas être démasqué. Il choisit un mélange des deux.



Fedor : Je ne sais pas trop, mais d'après ce que j'ai eu de formation médicale à l'armée, je dirais qu'elle a dû manger quelque chose d'empoisonné. Peut-être des champignons vénéneux...

Inconnu : Des champignons, n'est-ce pas ?



L'inconnu avait prononcé cette question comme s'il savait pertinemment que le soldat lui avait raconté un mensonge aussi énorme que lui. Il se dirigea alors vers la lampe à pétrole et en augmenta l'intensité.



Inconnu : Je vais être franc avec toi - si tu me permets de te tutoyer. Ce ne sont pas des champignons qui ont fait ça. Et je pense que tu le sais.

Fédor : Je... Euh... Je n'en sais rien, je vous jure !

Inconnu : Pas la peine de me mentir, mon cher...



Il s'approcha du soldat pour regarder la plaque qu'il portait sur son uniforme, plaque qui indiquait son prénom, patronyme et nom.



Inconnu : Mon cher Fédor. Je ne vous dénoncerai pas. Je n'en ai aucunement l'intention, ne serait-ce que pour mon frère...

Fédor : Vous avez un frère ?... Il... Il est ici ? Il habite avec vous ?

Inconnu : Mon pauvre Fédor, mon frère est mort très récemment. Il s'appelait Ivan.

Fédor : Toutes mes condoléances. Mais... honnêtement, je ne sais pas ce qui lui est arrivée, à cette jeune femme. Je ne connais même pas son nom !

Inconnu : Comme si tu n'avais pas reconnu Nina Saratova...



Cette phrase, exprimée dans un souffle, sonna comme le pire des coups de tonnerre de l'orage de cette soirée-là. Fédor resta pétrifié un instant. Il ne savait que penser, que faire. Cet homme lui voulait-il du mal ? Allait-il lui en faire, à lui et à Nina ? Il se tint prêt à dégainer le couteau à cran d'arrêt qu'il gardait dans l'une de ses bottes, mais l'homme reprit la parole en le fixant dans les yeux.



Inconnu : Nous devons fuir, Fédor. Les hommes de Riazanov ne sont sans doute pas loin. Je pensais récupérer Nina seule, mais visiblement, tu as eu un peu plus de courage que ceux qui t'accompagnaient.

Fédor : Mais... mais qui êtes-vous pour savoir tout ça ?

Inconnu : Mes traits ne te disent-ils vraiment rien ?



L'inconnu approcha son visage de la lampe à pétrole qui brûlait sur la table basse. Il était étonnamment proche de ceux d'Ivan Davanrov, ce qui troubla au plus haut point le copilote. Il s'écria alors, sans presque le vouloir :


Fédor : Mais vous ne pouvez pas être Ivan Davanrov, c'est impossible !

Inconnu : Je ne suis pas mon frère aîné, non ! Je suis Konstantin Davanrov. Et je me cache, comme toi, des hommes de Riazanov, ceux qui ont empoisonné Nina, lâchement exécuté Ivan après l'avoir accusé de crimes qu'eux-mêmes avaient commis.
Malgré la disgrâce de tous les "saratoviens", j'ai conservé beaucoup d'amis tapis dans l'ombre, des réseaux de renseignements et de fourniture très utiles en cas de coup dur. J'ai été informé que Nina allait être larguée dans le coin, même si je ne savais pas exactement quand. Et l'on peut dire que c'est la divine providence qui t'a mis entre elle et moi. Mais trêve de papotages, nous devons partir !

Fédor : Tout de suite ?!

Konstantin : Oui, tout de suite. Il n'y a pas une minute à perdre, Novgorod a déjà dû être alerté depuis plus d'une heure et demie de ta trahison, ses chiens sont sans nul doute à nos trousses. Nous allons prendre le camion avec lequel je suis venu ici incognito et nous diriger vers Moskvaï.

Fédor : Mais c'est un port militaire, une ville de garnisons ultra-surveillée, c'est trop risqué !

Konstantin : Il faudra prendre ce risque, Fédor. C'est là-bas que nous allons retrouver nos partisans de l'extérieur, ceux qui vont nous aider à sauver Nina et, Dieu m'entende, la Rostovie. Des hommes du Corps d'Intelligence Royal numancien et des services secrets thorvaliens nous y attendent, camouflés. Allez, dépêche-toi, Fédor, on n'a pas toute la nuit !



Fédor reprit le corps de Nina Saratova, qui toussait à s'en déchirer les poumons, sur ses épaules, et suivit Konstantin dans l'arrière-cour, où se situait le petit camion. Au loin, vers la plaine où il avait atterri, le militaire distingua les phares d'un cortège de trois ou quatre voitures rapides de l'armée. Il fallait partir vite, les hommes de Riazanov n'étaient qu'à trois quarts d'heure d'Ust'-Omchug. Rapidement, Davanrov tourna le clef de contact et démarra. Il prit la direction de Moskvaï en toute hâte et, une demi-heure plus tard, le véhicule arrivait aux portes de ce port...
Zaldora

Message par Zaldora »

Le camion pénétra dans Moskvaï qui correspondait à sa réputation : les soldats de l'ANR assuraient l'ordre et étaient omniprésents, leurs véhicules monopolisaient les routes et des casernes étaient disséminé un peu partout. Une forte militarisation en raison du port de la ville, vital et indispensable à la Rostovie géopolitiquement parlant. Y mouillaient quelques uns des fleurons de la marine militaire slave tel le sous marins nucléaire Koutouzov.

Fédor : Il y a surement meilleur endroit pour une extraction.

Konstantin : Moskvaï est la porte de sortie la plus proche, Nina ne résisterait pas à un long périple.

Nina somnolait à cause de la fièvre et paraissait de moins en moins consciente. Fédor lui épongea le front et chuchota quelque chose, vraisemblablement des mots d'encouragement.

Fédor : Ou nous attendent-ils ?

Konstantin : Dans un hangar de la zone industrielle. De là, on devrait pouvoir rejoindre discrètement le port et quitter cette ville.

Un point de contrôle de l'armée régulait les entrées et sorties de la zone. Kostantin présenta ses faux papiers à l'unité en charge. Ils lui avaient été fournit par un espion thorvalien infiltré qui l'avait également informé du largage de Nina dans la région, ainsi que sur la mission de sauvetage organisée en coopération par le SNSI, le CIR et le RN. Fédor, partit se cacher à l'arrière avec Nina, était fébrile et craignait un contrôle renforcé. Mais ce ne fut finalement pas le cas, le camion redémarra, lui permettant de pousser un ouf de soulagement.

Fédor : Comment as-tu fait pour passer ?

Konstantin : Pour eux, je me nomme Ivan Demidov, un habitant de la ville, travaillant de longue date ici.

Fédor : Mais que fait-on si le VRAI Demidov se pointe ?

Konstantin : Le Thorvalien m'a dit d'être tranquille sur ce point.

Fédor : Il l'a descendu ?

Konstantin : Oui, c'était un Kiroviste convaincu.

La pénombre permit au camion d'avancé discrètement dans le centre industriel. Il arriva enfin devant le hangar de rendez-vous. Dehors, les rues étaient quasi-déserte et une brume venait d'envahir les lieux.

Fédor : Es-tu certain que c'est ici ? L'endroit me parait totalement vide.

Konstantin : Oui, absolument. Crismon ??? Ridder ???

Aucune réponse n'arriva de l'obscurité.

Konstantin : Merde, quelque chose ne s'est pas passé comme prévu...

Tout à coup, le hangar s'illumina... Stepan Banderev se trouvait là, à quelques mètres, munit d'un sourire narquois mettant à jour toute la perversité de son âme. Derrière, un de ces compagnons tenait en joue nos amis.

Banderev : Crismon et Ridder sont morts.

Konstantin : Mais comment ?

Banderev : L'OKB est redoutable, Konstantin. A GENOUX TOUT LES DEUX.

Menacé par derrière, Kostantin et Fédor obéirent, alors que Nina toussa violemment.

Banderev : Bizarre que cette salope ne soit pas déjà morte. La froideur du sol va définitivement l'achever, et j'ai déjà hâte de la regarder crever lentement, dans d'atroces souffrances.

Fédor : Fils de...

Banderev dirigea alors son regard vers le soldat "mutins", et s'approcha de lui, toujours avec son sourire sadique aux lèvres. Il ricana légèrement avant de décocher un violent coup de pieds dans la face de son otage qui vola en arrière. Banderev se jeta sur lui.

Banderev : Tu vas mourir pour ton affront !

Sans le moindre remord, Stepan l'étouffa sous le regard consterné de Konstantin, et les gémissements de Saratova.

Banderev : Maintenant, c'est à ton tour Kostantin. Igor, passe moi ton arme. Igor ? IGOR ?

...

Crismon : Igor est absent. Les mains en l'air, crapule.

Ridder : Ce dernier s'est malheureusement mis à saigner de la gorge et n'a pas survécu aux transport à l'hôpital.

Banderev : Et ceux qui devaient vous intercepter ?

Ridder : Qui ça ? Ah, tu parles de autres gigolos ! On les a tué aussi, et filez leur couilles à manger aux loups.

Crismon : De vrais lavettes cela.

Ridder : Crismon, emmène Nina et Kostantin. Moi, je m'occupe du minus.

Crismon aida Konstantin à se relever, et prit Nina sur son dos. Il donna ensuite le Gigakov (celui d'Igor) à Ridder, avant de partir. Fixant Banderev dans les yeux, le Thorvalien déchargea l'arme et la jeta hors de portée.

Ridder : A mains nues... Ah au fait, comment va Terrerov ? Je serais heureux de lui crever l'autre œil.

Le combat débuta alors. Les protagonistes étaient, contrairement au commentaire du nordique, de carrure égale. Ils se renvoyaient coup sur coup, tous plus violents les uns que les autres. Le sang coulait sur leurs visages mais aucun d'eux ne semblait faiblir. C'est alors que le Rostov parvint à esquiver un assaut du Thorvalien, lui permettant de le saisir par derrière au niveau du cou.

Banderev : IDIOT. Tu es finis !

Puisant dans ses dernières forces, Ridder entraina son adversaire sur le coté et lui fit percuté le mur.

Ridder : C'est bon, la récrée est terminée.

Au diable le combat loyal, l'agent attrapa son couteau de combat, accroché sur la cheville, et lui transperça le front avec.

Ridder : Retourne auprès de ton maitre, puanteur libértaire.

Le scandinave prit quelque secondes pour reprendre son souffle. Il remarqua ensuite la moitié d'un parpaing trônant sur le sol et décida de s'en servir.

Ridder : Pour tout les enfants traumatisés, pour toutes les femmes réduit à l'esclavage et enfin pour toutes les vies que toi et ta clique de mafieux pervers avez gâché !

Avec une rage sans pareille, l'espion explosa le parpaing sur le slave et lui fendit le crâne. Avant de foncer rejoindre Crismon et le reste des compagnons, Ridder fit une prière devant le corps inerte de Fédor, un grand homme sans qui rien n'aurait été possible. Dans le camion, Crismon s'occupait de Nina, tandis que Davanrov conduisait. A Moskvaï, personne n'avait idée de ce qui se tramait, les hommes de la SA avaient été discrets en dissimulant chacun des corps. Après dix minutes de conduire à vive allure, le véhicule arriva au port. Au vu de la surveillance, la discrétion était de mise.

Crismon : A partir de là, on doit continuer à pieds.

Profitant de l'obscurité et sans prendre le moindre risque, Ridder et Crismon mirent leur talent d'infiltration à l'épreuve pour se jouer des patrouilles et rejoindre la rade ou un sous-marin "ami" les attendaient . Avant d'embarquer, Ridder se retourna et dit.

Ridder : Tak, Dzerine !

Svetozar Dzerine, troisième homme fort du pays et kirovien convaincu, les avait bien aidé, en habilitant le submersible Tarnosien à pénétrer dans la rade...
Amaski

Message par Amaski »

<center>[img]http://img199.imageshack.us/img199/5502/dolfijnsousmarinb.jpg[/img]</center>
L'Arkanta était un vieux sous-marin tarnois officiellement hors service mais qui en réalité accomplissait toutes les missions qui nécessitait un navire n'étant enregistré nul part et donc le nom fut déjà oublié par la plus part des militaires. Le sous-marin était parti de Soprano dont le port était devenu le refuge pour de nombreuses navires étrangers fuyant les conflits en Alméra vers le port de Moskvaï, un port militaire perdu à l'Est de la Rostovie. Pour éviter de réveiller plus de soupcons que nécessaire, le sous-marin avait suivi un cargo tarnois transport les dernières livraisons de fer vers la Rostovie en se positionnant sous le navire à fin de perturber les radars rostoves. De toute façon les forces rostoves étaient trop préoccupés à préparer l'invasion du Kirep pour s'occuper d'un vieux cargo en route vers un port rostove pour livrer quelques tonnes de fer. Le sous-marin avança alors vers les mers alméranes en passant par le Pesak. Les accords secrets avec le Kirep permettait de pouvoir passer ses eaux sans aucun problème et ainsi de mettre cap sur la Rostovie, plus précisément vers Moskvaï. Le sous-marin ne fut pas un des plus grands sous-marins tarnois mais plutôt de taille modeste ce qui devait permettre de mieux manœuvrer dans les eaux mal connues d'une Rostovie en pleine mutation politique, certains en usant même le nom de chaos. Le capitaine du navire fut un jeune marin juste sorti de l'académie mais pleine de conviction et aussi d'ardeur patriotique raison pourquoi on l'avait confié la mission. Son nom fut Jael Orlak, un nom qui au début du 21ème siècle grégorien ne voulait rien dire, n'avait aucune signification mais qui à partir des années 60' allait devenir un nom connu par tous les enfants tarnois. Pour le moment il fut qu'un simple capitaine au service de son pays mais les décennies à venir allaient transformer ce jeune idéaliste en un des plus ardents chefs d'état de l'histoire tarnoise mais ceci fut bien évidemment toute une autre histoire et n'allait pas se réaliser avant trente ans. Quand le nom d'Orlak résonnera dans les rues, Annabelle et Felipe seront déjà des vieux souverains ou déjà sous terres. Peut être aussi des révolutions les auront renversés de leurs trônes ? Le Monde aura terriblement changé, les anciennes idées remplacés par d'autres concepts et les villes changés de face. L'Arkanta arriva discrètement dans le port de Moskvaï et prit place dans la rade. L'eau fut moyennement profond permettant au sous-marin de rester discrètement sous l'eau avec seulement la tourelle sortant des eaux. Orlak sortit avec deux soldats du sous-marin, sortit un navire gonflable qu'ils jetaient à l'eau pour ensuite y prendre place et s'avancer vers la plage à rames. Le moteur ne pouvait pas être utilisé car il aurait provoqué trop de bruit et par conséquence d'attention non-désirée. Une fois à la plage, les trois militaires mettaient pied sur la plage pour attendre que les agents almérans apportent l'ex-présidente rostove. A Borisk, on ne croyait pas une seule seconde que cette femme allait encore avoir quelconque rôle à jouer dans la politique rostove et donc on voyait peu de sens de se faire tant de peine de sauver une femme alors qu'il avait des choses plus urgentes à faire. Mais par solidarité avec les autres pays de la Sainte Alliance on avait participé à cette opération nolens volens. Orlak regarda vers le port, on pouvait voir des patrouilles faire leurs tours. Rien de surprenant, L'habituel rite que tenaient les soldats du port. C'est alors qu'un petit groupe s'avança en contournant les patrouilleurs. Ce devait être eux se dit Orlak. Orlak ordonna aux soldats de se tenir prêt. Un d'eux qui avait allumé une cigarette l'éteignit rapidement en la jetant au sol et en l'écrasant avec sa botte noire. Le groupe s'approcha et on vit comment ils transportaient avec eux une femme dans un état qui faisait de la peine à voir. Orlak salua les agents occidentaux de manière assez formelle. Même si on était dans le même camp, Orlak n'aimait pas vraiment les almérans, il restait des traces de méfiance dans l'esprit collectif que la politique cacha avec soin mais que les siècles n'avaient pas encore pu effacer totalement. On embarqua donc Nina et les agents dans le petit bateau pour ramer vers le sous-marin. Les deux agents qui portaient des traces de lutte semblaient épuisés. Orlak les sourit leur lança :

- Ne vous inquiétez pas, une fois dans le navire, vous pourrez vous restaurer et dormir un bon coup. De toute façon nous aurons pour des très nombreuses heures avant de contourner le Jeekim et arriver à San Raphael.

Les deux soldats ramaient au rythme régulier permettant dans moins de trois minutes d'arriver au sous-marin. On embarqua donc Nina très soigneusement dans le navire. Les autres suivaient et quand le dernier fut dedans, on ferma le sous-marin. Plusieurs soldats prirent Nina et l'apportèrent à l'infirmerie pour s'occuper d'elle ou mieux dit pour permettre au médecin de bord de s'en occuper- Celui-ci tenta alors de stabiliser la biomécanique de Nina avec des infusions d'herbes qui au détriment de ce que prétendaient les occidentaux furent bien plus efficace que beaucoup de médicaments industriels qui fonctionnaient sur le principe de la bombe atomique surtout les antibiotique. Ceci devait au moins éviter d'empirer sa situation. Le médecin procéda ensuite à une acupuncture avec le but de stimuler le système nerveux aux points-clés visant de décontracter les nerfs et par ceci de permettre aux signaux électriques qu'y circulaient de pouvoir à nouveau circuler librement. Les nerfs furent la base de la biomécanique humaine, une chose qu'on n'avait jamais complètement saisi à l'Ouest. Le médecin lui enleva alors les aiguilles et la laissa se réposer. De toutes les médecines, le sommeil fut de loin le meilleur remède. Entre temps les agents occidentaux furent nourrit et logés pour les permettre de se reposer après tant d'aventure. Le sous-marin continua son chemin vers le Tae Wan en repassant par le Psek, Les eaux furent tranquilles vu que la flotte du Kirep avait été évacuée depuis longtemps de la zone. Le silence sous les eaux empêchait de pouvoir s'imager qu'à la surface, le Monde plongea dans les guerres, les attentats et la haine. Ce semblait cyclique, une année de paix, ensuite une année de guerre pour à nouveau une année de guerre mais finalement, après 2013, le Monde actuel fut encore tranquille sauf que Kirov fut à nouveau là. Le retour de Kirov n'avait même pas fait la une dans les journaux tarnois. Ce fut un retour grotesque, finalement attendu et comme un mauvais film, on se lassait déjà au début sans avoir envie de connaître la suite. On avait donc à nouveau les anciennes folies, les anciennes discours apocalyptiques et donc rien n'avait vraiment changé en Rostovie.

Après une douzaine d'heures, le sous-marin arriva dans le port de Soprano. Le port fut en pleine agitation car des nombreux navires de guerre essayaient de prendre place dans un port destiné avant tout au commerce. Les destroyers et croiseurs tentaient de prendre place à côté de cargos et navires de pêche. Le sous-marin n'entra pas dans le port principal mais passa par un petit canal vers un port secondaire, réservé pour des bateaux privés des élites. Ce fut une journée ensoleillée, au ciel bleu et personne pourrait en ce lieu croire que le Monde fut en guerre. Le sous-marin émergea alors et on alla chercher Nina de l’infirmerie pour la transporter hors du sous-marin. Dehors sur le quai attendait une ambulance. Deux sanitaires arrivèrent et mettaient Nina sur un lit portable blanc. On l’amena donc dans l'ambulance et une fois dedans, le conducteur mit du gaz pour aller au plus vite vers l'hôpital central de Soprano. L'ambulance traversa l'avenue principale de la ville qui fut à neuf heures du matin encore peu peuplée en gens et véhicules. Munit de la sirène appelant les autres de se mettre de côté, l'ambulance brûla plusieurs feux et arriva cinq minutes plus tard vers l'hôpital central ou l'ambulance entra par derrière. Plusieurs infirmiers attendaient déjà à l'entrée et accouraient vers l'ambulance pour prendre en charge Nina. Les deux agents assit dans l'ambulance furent après tant d'aventure devenu des spectateurs passifs maintenant qu'il ne fallait plus tirer mais soigner. Nina fut amené dans une des chambres de l'hôpital. Elle y fut seule et aux portes se tenaient deux Robes noirs, l'élite de la police politique de l'Empire, aussi terrifiant que réputé pour leur cruauté. Des chiens de garde dont même Nute Fan ne pouvait que rêver et dieu qu'on savait que les rêves de Nute Fan ne furent pas les plus innocents au Monde.

<center>[img]http://img9.imageshack.us/img9/9205/krankenhaus.jpg[/img]</center>
Le médecin en charge de Nina fut un certain Jhan Zern, un médecin d'une cinquantaine d'année ayant étudié dans une des plus prestigieuses facultés de médecine au Monde, celle d'Ophrone. Il étudia le cas de Nina. L’empoisonnement fut très sérieux, à vrai dire il ne pensait pas qu'elle allait survivre même avec des médicaments adéquats. La durée de l'empoisonnement fut trop longue. Néanmoins il devait faire quelque chose pour la sauver. C'est alors qu'il décida de risquer un paris. De toute façon Nina fut presque morte, les soins n'avaient que ralentit la destruction mais elle restait en danger de mort. La biomécanique fut profondément attaquée. Il lui injecta alors une dose de théodian liquide. Ce produit valait par gramme 1000 dollars faisant de lui un des médicaments le plus cher au Monde mais vu que c'était à l'Etat de payer la facture, il pouvait permettre ce coup. Le hic fut que le théodian liquide pouvait soit sauver d'une manière spectaculaire avec des effets de prolonger la vie soit tuer, ce fut surtout une question de génétique donc ce fut un paris de 50 à 50 voir même pire. De toute façon à ce niveau, c'était ceci ou rien. Il lui injecta dans la heure suivante encore deux doses. C'est alors que Nina s'endormit. Jhan Zern craignit qu'elle fut morte mais deux heures plus tard, Nina se réveilla comme si elle aurait juste fait une longue sieste. Zern préféra garder pour soi l'injection de théodian. En le même moment, Kirov renaissait de ces cendres.
Répondre

Retourner vers « Conflits et événements mondiaux »