[RP] Le Tigre de Janubie

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Hohenhoff

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L'installation du tigre :

Badal était profondément un citadin : il aimait l'immédiateté qu'apportait la ville, la capacité à tout avoir à portée de main, et cela à tout moment. Néanmoins, c'était là un goût qui lui était venu pendant ses études, puis pendant qu'il avait tracé son chemin vers la richesse comme homme d'affaire. Tout au fond de lui, si on grattait il y avait encore l'enfant de la « campagne », si l'on pouvait qualifier de campagne le lieu où il avait grandit enfant, à savoir la résidence de son père, perdue dans la campagne horbarienne. Ce n'était pas une enfance de paysan, proche de la terre et toutes les fadaises que l'on pouvait imaginer de façon ordinaire : non, c'était une enfance tout à fait confortable, pour ne pas dire luxueuse, mais à l'écart de la ville, là où le pouvoir paternel pouvait s'exercer tout à loisir, là où personne ne venait lui chercher noise. C'était sans doute pour cela qu'il s'assurait toujours de reproduire ce schéma, plus ou moins consciemment, ce qu'il avait fait encore une fois à Movopolis.

Il n'était pas du genre à chercher un vieux château, une ruine antique, ou quelque chose du genre. En amont de son arrivée, il avait fait acheter un terrain et y avait fait bâtir une villa moderne, bien entendu dotée d'un large parc solaire qu'il avait fait installé par des ingénieurs venus spécialement d'Horbarash. L'ensemble était situé au centre d'un large domaine, où il comptait faire aménager un bois, des jardins et ainsi de suite. Il avait également veillé à avoir une demeure en ville, bien entendu, mais cet endroit offrirait la discrétion et le calme nécessaire pour pouvoir mener ses affaires sans être dérangé, même si, pour l'instant tout du moins, il ne comptait pas forcément verser dans l'illégalité à Movopolis. Mais si la chose s'avérait nécessaire ou tout simplement profitable, l'immunité judiciaire pourrait s'avérer utile, alors autant déjà avoir sa tranquillité à disposition dans cette « seconde patrie » qu'il avait acheté à coup de dollars sonnants et trébuchants, en partie, d'ailleurs, pour avoir un lieu de replis si un jour la justice horbarienne lui cherchait des noises.

Ce n'était pas la première fois qu'il avait l'idée de s'installer ailleurs, dans un pays globalement plus « évolué », au moins sur le plan technique, mais il avait jusqu'ici toujours reculé parce qu'il craignait de ne pouvoir retrouver aussi facilement une situation aussi confortable, ne fut-ce qu'au niveau du personnel. On pouvait très facilement avoir la main-mise sur des horbariens pauvres qui étaient totalement dépendants de vous pour espérer vivre correctement ou ne fut-ce que survivre. C'était beaucoup plus difficile à faire quand on avait affaire à une population sensément éduquée, consciente de ses droits et assez riche pour se payer de quoi manger avec ou sans vous. Heureusement Movopolis et l'Amarantie de façon plus générale avaient résolut ce problème en gardant légale une idée depuis longtemps abandonnée dans la plupart des autres pays du monde : l'esclavage, aliénation comme on avait coutume de dire ici.

Certes, Movopolis n'était pas la plus esclavagiste des entités amarantines, mais ce n'était pas bien grave, dans la mesure où il ne comptait pas spécialement faire étalage de la situation de son personnel... un atout de plus au fait d'habiter quelque peu à l'écart. Les cadres de son personnel seraient composés de certains de ses fidèles serviteurs venus de Janubie, qu'il avait envoyé faire son marché à sa place dans les entités les plus esclavagistes. Jardiniers, bonniches, cuisiniers, damoiselles de compagnie, serviteurs divers et variés, il s'agissait de constituer une nouvelle équipe, car il aurait été quelque peu incertain d'importer le petit personnel depuis l'Horbarash : l'esclavage amarantin ne concernant que les seuls Amarantins, ils auraient été fichus de fuir pour chercher un sort meilleur d'un côté ou de l'autre.

Pour l'heure, il n'avait pas fait grand chose sinon prendre ses mesures de bases, qui restaient encore à affiner, et se prêter à quelques escarmouches numériques avec la classe communiste locale, qui semblait tristement virulente, mais heureusement largement en minorité. Une fois qu'il aurait fini de s'installer et qu'il serait retombé sur ses pieds, il comptait bien rebondir toutefois et entreprendre de nouvelles choses, notamment, pourquoi pas, en proposant une alternative infiniment plus crédible aux projets pseudo-écologistes délirants défendus par les communistes locaux. Damner le pion à ces gens là sur leur propre terrain était toujours une bonne chose, après tout.
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