[Activités] Fenêtre sur l'Uhmali

Sir_Ulric

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[center][ms]Fenêtre sur le pays[/ms]


[img]http://img11.hostingpics.net/pics/736368FentresurlUhmali.jpg[/img]
De longs cours fluviaux, de vastes terrains arables et de luxuriantes forêts tropicales

Les réalités de la nation seront relayées dans ce sujet[/center]
Sir_Ulric

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[center]Une parcelle de vie

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/562786Bordsereinespoirdulendemain.jpg[/img]
« [ms]Quai du village de Fengfu ( 豐富 ) en périphérie de la rade du Dingdian ( 頂點 ) en la province de Youfeng, nord de l'Uhmali ( 有風 )[/ms] »[/center]

[quote][justify]Pendant qu'au Sud des péripéties confrontaient la Cité-Soleil à des rebelles, au Nord, loin des bagarres entre « millénaristes » et gouvernementaux, un village côtier, sous ses 16°C typiquement subtropicaux et une fine pluie qui perlait à travers le déclin du soleil, prospérait. Ici, rien ne venait faire blêmir la vie, ni les efforts à décupler chaque jour, ni la dureté de l'ouvrage, ni même l'infatigable tradition qui animait de l'aurore au crépuscule les villageois. Ainsi, dans ce paysage, profitant d'un temps de oisiveté, une fois qu'il eut bien sûr fini de mettre les instruments de pêche là où ils devaient être entreposés, Fa, un jeune homme, se divertissait l'esprit en jouant une partie de Go sur un plateau entièrement improvisé avec des cailloux et des tracées glanés ici et là. Il s'y amusait avec son grand-père, qui incarnait son exemple à suivre et son maître. Après tout, cinquante ans d'expériences et le seul à posséder une jonque parmi les propriétaires de sampans et barques de moindre importance, ce n'était pas rien. Quoi qu'il en était, Zhu, le grand-papa, transmettait à son petit-fils un savoir qui lui servirait lorsque celui-ci pêcherait à son tour sur le bras de mer, ceci, en prenant du bon temps.

« Les pastilles sont là, Fa Yi Xiao. Puisque tu as les blanches, tu peux commencer, dit bienveillamment le vénérable, qui observait attentivement ce que son petit-fils allait faire. Fa jouait à ce jeu depuis deux ans déjà, et s'il n'avait toujours pas la maîtrise de son aïeul, il se démarquait.

Jaugeant, au fur et à mesure que la partie progressait, Zhu laissa une certaine largesse à son adversaire-apprentis. Il appréciait voir les avancées que l'homme en devenir acquérait. Il ajouta donc, pendant que la partie apparaissait favorable à son jeune alter-ego :

- Voici une tactique tout à fait pertinente qui t'a fait vite progresser, mais..., continua-t-il en déplaçant ses pions ...une telle percée affaiblie irrémédiablement le reste de la colonne et il ne suffit plus que d'une attaque pour rompre en deux ton armée.

Fa, constatant la détresse subite qui se profilait, et ébahit, resta calme, à si surprendre pour un jeune homme de son âge, et se contenta de respirer lentement, reporta son analyse sur le plateau et rétorqua poliment :

-Zhu Fuqin, vous avez entièrement raison. Je m'affinerai. J'eus été trop téméraire cette fois-ci.

Le vieil homme acquiesça :
- Certes. Il te sera serviable de discerner la témérité de la bravoure dans l'avenir, et même aujourd'hui. Que cela soit pour attraper un poisson ou mener une juste vie, être patient et brave demeurent des clefs pour réussir.

-Merci, Zhu Fuqin. »
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Sir_Ulric

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[center]Entrevue dans la Cour

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/987743449.jpg[/img]
« [ms]Section palatiale à Ruziwu[/ms] »[/center]

[quote][justify]La « Rébellion de Jin » ayant atteint des citoyens externes à l'Uhmali par « l'Incident de la Borne » sur la frontière uhmalo-yanéenne, les pays concernés réagirent rapidement pour se concerter sur l'affaire, sans pour autant organiser un sommet diplomatique solennel. Il s'agissait plutôt de rassembler des dignitaires en l'occasion d'un gala, moins formel, mais tout autant significatif. Pourquoi ? Afin d'amoindrir l'impact public. Les fonctionnaires en avaient déjà suffisamment à gérer de toute façon entre les réformes du monarque et les bémols occasionnés par les rebelles. Quant aux Brittoniques, un scandale voulait être éviter et...pourquoi ne pas profiter de l'instant pour flatter le dragon dans le sens des écailles si ça pouvait faciliter les affaires du Commonwealth. Officiellement, la Cité-Soleil dépêcha donc Su Liang en personne, rien de moins que le ministre des Affaires extérieures, tandis que la Britonnie déploya M. Jackson Barrow, ambassadeur pour le compte de sa nation. Dans la délégation des deux responsables, deux autres personnes reconnaissables participaient aux événements; M. Georges Sinclair - un émérite lettré de l'auguste '' dynastie '' de Yanaon - et S.A. Lei Hai - alors princesse d'Uhmali et sœur du grand-roi -. Nonchalamment, mais toujours avec une courtoisie empreinte de la coutume wenléenne, les deux têtes mandatées et auréolées par des souhaits politiques se rencontrèrent...Les politesses d'usage se firent, des compliments furent délivrés, puis la discussion commença entouré d'agréments fleuris. Pendant que les aguerris hommes d'État se préoccupaient d'eux et des intérêts qui entouraient leur pays, ceux-là donnèrent congé à leurs gens, les laissant se promener et jouir des bontés du gala.

Les convives s'émerveillaient donc devant les ornements floraux et les dorures, quand le comte Sinclair croisa du regard l'hôtesse qui supervisait la bonne tenue de la réunion mondaine. Une jolie et élégante femme à la silhouette gracieuse, à peine trentenaire, aux yeux et cheveux d'un noir splendide, accoutrée d'une qipao traditionnelle bleue. Sinclair, intrigué par cette damoiselle, s'approcha dans le calme et discrètement de celle-ci, esquivant les serviteurs et allant se placer dans un coin pour ne point éveiller de soupçon, gardant l'oreille attentive aux propos de la ravissante dame. De toute manière, puisque l'hôtesse parlait déjà à un invité, il valait mieux éviter d'interrompre les dialogues.

Princesse Lei Hai
Dr Magnusson, selon vous, la disparition du Castorocauda au cours du Jurassique est sans appel. Pourtant, je vous certifie, docteur, qu'une espèce cousine existe encore ici. Je ne remets bien entendu en rien votre expertise anthropologique en doute. D'ailleurs, comme je vous l'ai soulignée dans notre correspondance, j'estime considérablement votre thèse Segments of Evolution ainsi que d'autres de vos recherches. Ceci dit, en ma qualité de biologiste, si vous me permettez d'ajouter mon opinion, je vous dirais que certaines sous-familles, aujourd'hui inscrites au registre des animaux éteints, ne le sont en vérité pas toutes. C'est le cas d'une variété du Megalania prisca qui subsiste aussi en Uhmali, principalement dans le Sud... . La princesse continuait d'argumenter pacifiquement avec son homologue scientifique, prenant en exemple des citations du Dr. Magnusson pour appuyer ses points, sans la moindre agressivité, puis référençant d'autres ouvrages. Plus qu'une femme raffinée, l'hôtesse était une érudite notoire.

L’anthropologue briton continua donc, enjoué...

Dr. Amalrik Magnusson
-Altesse, ma foi, certes ! J'y suis tout à fait ouvert. Je ne dis pas non plus que mes recherches sont abouties., un rire amusé venait s'ajouter sous la moustache retroussée, J'accorde aussi de la valeur à votre exposé universitaire portant sur la faune et la flore marines. Enfin ! Si vous y consentez, nous pourrions ajouter aux études des échantillons qui infirmeront ou confirmeront par tests ADN les liens entre les créatures hypothétiquement disparues et celles qui sont vernaculaires, bel et bien vivantes...

30 à 40 minutes s'écoulèrent, avant que le scientifique ne cède à des besoins de vessie et ne fasse révérence pour partir se soulager. C'est là que le gentilhomme Sinclair se présenta à la dame, où plus tôt il découvrit qui elle était par l'intermédiaire de la conversation avec le vieux savant. Sur le coup, ça l'étonna et il se dit que c'était une distinction de trop à atteindre pour son humble rang, mais après, il se convainquit, en écoutant patiemment, que la princesse n'était pas le genre de personne narquoise que l'on retrouve d'ordinaire dans les salons de Lanfair. Alors, il attendit, et finit par s'initier dès que l'opportunité s'ouvrit, ce qui était le cas avec l'évincement du docteur.

Comte Georges Sinclair :
- Votre Altesse, exprima révérencieusement l'aristocrate devant la damoiselle. Veuillez me permettre une présentation...Je suis Georges Owen Sinclair, comte de Yanaon. Puis-je avoir le privilège d'une discussion ?. Naturellement, la princesse, bienveillamment, accepta, renvoya une inclinaison respectueuse et, sans se faire attendre, brisa la glace.


Princesse Lei Hai
- Oui, M. le Comte. Je vous connais de réputation. Vous êtes l'un des rares non-Wenléen à avoir été diplômé lors des concours cantonaux, si je ne m'abuse ? Vous n'êtes pas inconnu. Si ma mémoire ne me joue aucun tour, vous êtes historien, est-ce cela ? Sinclair, impressionné que son interlocutrice en sache autant, acquiesça, tout en prenant à son tour la parole.

Comte Georges Sinclair :
- En effet. Votre mémoire est impeccable, Altesse. M'accorderiez-vous une promenade, si cela n'est pas inconvenant, près du cours d'eau ? Lei Hai agréa de gaieté de cœur, et une longue discussion intellectuelle s'enclencha, où les deux jetèrent les bases d'une amitié...voire davantage, car les âmes, toutes deux entrouvertes, se côtoyaient chaleureusement sans égarement, avec intérêts. Les dialogues finirent sur un accord mutuel pour poursuivre ultérieurement...
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Sir_Ulric

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[center][img]https://img15.hostingpics.net/pics/448000dilifeng12.jpg[/img]

[ont] L'Amour de l'Étranger [/ont][/center]

[ont]Depuis cette fameuse soirée où Lei Hai et ce galant comte Sinclair se rencontrèrent, les deux âmes s'étaient graduellement énamourés l'une de l'autre, de mois en mois. Un sincère amour platonique* chaperonnait toutes les rencontres, les animait. Parfois, des excusions scientifiques ou mondaines les égayaient et, loin d'être une simple fréquentation romantique, les deux individus jouissaient d'instants mémorables à leur histoire. Cependant, leur relation, pour obtenir gain de cause et naturellement évoluer vers l'union matrimoniale, se devait de passer par la bénédiction du pater familias**. C'est à dire, le grand-roi, mais jusqu'à maintenant, ce chef de clan avait été plutôt évasif ou avait tout bonnement décliné les sollicitations d'audience privée à M. Georges O. Sinclair. Ainsi, quelque peu désespéré, le trentenaire réfléchissait avec la damoiselle qu'il imaginait déjà, peut-être audacieusement, auréolée du titre de comtesse, à ses côtés... :

Princesse Lei Hai
- Mon bon ami, je vous en prie, ne succombez pas. Mon frère est un homme raisonnable, et a sans doute maints problèmes à régler.

Comte Georges Sinclair

Certes ! Vous n'avez sans doute pas tort, mais je m'étonne que de tous les jours que se composent un mois, il n'est point daigné m'offrir quelques minutes de son temps. Il est vrai que j'ai constaté qu'il vivait plusieurs...incommodités lors des réunions au Cercle d'Or, mais rien qu'il ne pourrait surpasser.

Princesse Lei Hai

Je comprends que vous soyez déconcerté, Owen. J'ai moi-même déjà essayé de lui en adresser quelques mots, sans succès. Il a évidemment de multiples tâches à superviser avec les réformes ambitieuses qu'il dicte, mais je soupçonne qu'il cherche volontairement à détourner le sujet. Peut-être a-t-il la tête à autre chose ou peut-être subit-il des contrariétés nous concernant faute de malvenus. ,

Comte Georges Sinclair

Décide-t-il donc d'ignorer les deux ? S'il se soucie des retombées politiques, je puis venir le rassurer, lui dire qu'il n'aura rien à craindre de notre alliance. Avec sa permission, il nous sera possible de nous unir légitimement et pour vous, de joindre ma famille sans mal. Nos descendants n'auraient même pas à souffrir d'une prétention sur le Trône.

Princesse Lei Hai
Owen...

Comte Georges Sinclair
Si seulement Sa Majesté m'offrait une seule opportunité, Dieu m'en est témoin, je...

Princesse Lei Hai
Owen.

Comte Georges Sinclair
...lui prouverai que ceux qui le perturbent ne sont rien.

Princesse Lei Hai
Owen !

Comte Georges Sinclair
Je vous présente mes excuses. Ce sont ces tergiversations...Enfin, que vouliez-vous m'exprimer, ma chère ?

Princesse Lei Hai
J'accepte vos excuses, mon ami. Concernant mon frère, je le connais bien. Il vous écoutera quand le moment sera venu.

Comte Georges Sinclair
J'attendrai l'instant propice, aussi longtemps que nécessaire, alors.

Princesse Lei Hai
Peut-être pas aussi longtemps que vous l'envisagez. Je vous sais prêt à recevoir une réponse, quelle qu'elle soit. Or, si mon frère est débordé, il a aussi des haltes où il prend un peu de temps pour apaiser son esprit. C'est sciemment que je peux vous ouvrir une faille qui vous permettra de vous entretenir avec lui, ne serait-ce que le temps de vous déclarer. Selon moi, il vous écoutera sans heurt.

Comte Georges Sinclair
J'en conviens donc, Lei Hai. Je lui parlerai au moment de votre convenance.


* Il s'agit d'un amour chaste, en dehors de toute sensualité, de type intellectuel, et sans que l'envie de relations sexuelles ne se distingue.
**Chef de famille, de clan, détenant l'autorité sur ses membres.


[/ont]
Sir_Ulric

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[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/329394Amourduntranger.jpg[/img]

[ont] L'Amour de l'Étranger
«L'heure de vérité»
[/ont]
[/center]

[ont]Deux semaines s'étaient encore écoulées, et voilà que l'instant propice arrivait à point. La gente Lei Hai rencontra donc son soupirant, et plutôt que de lui permettre de se faufiler à travers le filet de son frère pour forcer la rencontre, elle l'informa, égayée, que son aîné avait finalement décidé de recevoir M. Sinclair en privé. Le comte, au même titre que la damoiselle, s'en réjouit, mais, en son fort intérieur, se questionnait sur les intentions du frère en question. Pourquoi avoir tant décliné pour maintenant y agréer ? Chose sûre, au moins, il allait dorénavant pouvoir présenter ses doléances auprès de la bonne personne et enfin, qu'importe le résultat, espérer en l'avenir.

L'engouement au cœur, il s'inclina devant la princesse, se retenant de l'étreindre, puis se retira sitôt vers le lieu de son rendez-vous, où le souverain l'attendait. Passant près d'une cohorte de gardes royaux et de chevaliers, Sinclair se disait être heureux de ne pas avoir à les outrepasser, comme initialement prévu. D'un couloir à un autre, Sinclair se fit dirigé par un domestique jusqu'à un salon harmonieusement tamisé, où le roi trentenaire siégeait, avec une théière fumante et deux petites tasses de fine porcelaine. Bujian porta vite son regard vers son convive, l'invitant d'un simple geste à entrer et congédiant le domestique du même coup. Quelques inclinaisons protocolaires s'en suivirent. :


Roi Bujian Ier
- M. Sinclair ! Je vous en prie, asseyez-vous.

Comte Georges Sinclair

Merci, sire.

Roi Bujian Ier

Ainsi donc, M. Sinclair, vous sollicitiez un peu de mon temps, à ce que j'ai cru entendre dire. ,

Comte Georges Sinclair

Tout à fait, Majesté.

Roi Bujian Ier
J’exhausse donc votre vœu. Puisque j'ai accédé à votre insistance, je vous propose de me présenter votre urgence. Que vouliez-vous m'adresser, exactement ?

Comte Georges Sinclair
Sa Sage et Céleste Majesté est pour le moins généreuse et sans détour. Je la remercie, par ailleurs, de m'avoir accordé cette entrevue. Je n'ignore point l'insigne privilège dont je dispose et m'en sens honoré.
Quant au sujet qui m'amène devant vous...Il est...de nature apolitique, et ne nécessite guère de votre part une quelconque manœuvre.


Roi Bujian Ier
Si cela ne concerne en rien votre place au Cercle ni les affaires d'État, ça me sied. Poursuivez, donc.

Comte Georges Sinclair
Bien, sire. Je viens à vous, ô Majesté, afin de solliciter votre bénédiction.

Roi Bujian Ier
Ma bénédiction ? Il vous faudra davantage d'explications.

Comte Georges Sinclair
Je souhaite votre assentiment, sire, pour...parce que...Sire, humblement, je vous demande la permission d'épouser de votre sœur, Lei Hai.

Roi Bujian Ier
Vraiment ! Cela vous étonnera-t-il si je vous fais l'aveu que je connaissais la raison de votre présence ?

Comte Georges Sinclair
Eh...Plus ou moins, en vérité. J'estimais que vous deviez être surchargé par vos réformes ou que vous saviez, mais ignoriez volontairement mes demandes car ces dernières vous embarrassaient. Après tout, je suis...un Dytolien, et même si j'outrepasse cette donnée, il est audacieux d'espérer votre approbation, quand bien même mes intentions sont sincères. Une fois tous ces points passés, peut-être vous souciez-vous des conséquences politiques de ma demande. Sans mot dire des...

Roi Bujian Ier
C'est suffisant, M. Sinclair ! Vous n'avez pas entièrement tort. Il y eut bel et bien des malaises et réflexions sur vous, sauf que, si j'avais franchement et personnellement réprouvé vos fréquentations, j'aurai été à même de vous renvoyez au gré de mon désir. Ceci dit, évidemment, j'ai pensé à ce que cela impliquait, plus encore, en ma qualité de frère. J'ai pensé à ce que je pouvais offrir de mieux à ma sœur, c'est tout. Pour en juger, je vous ais méticuleusement surveillé, M. Sinclair. Finalement, j'ai organisé cette rencontre pour vous entendre, et vous apporter le fruit de mon jugement. M. Sinclair, je sais que vous ne réclamerez aucune compensation de ma part, quelles qu'elles soient. Je vous sais sincère, et je sais que vous êtes un homme d'honneur. En ce sens, j'adhère à votre demande et vous octroie ma pleine et entière bénédiction. Par contre, avant de partir, discutons un peu sur l'avenir, voulez-vous ?

Comte Georges Sinclair
Sire, ô sire ! Je ne puis vous transmette toute ma joie ! Merci, sire, merci ! Bien sûr, je vais rester aussi longtemps que vous le souhaiterez !

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Sir_Ulric

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[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/37476785377206.jpg[/img]

[ont] Fureur d'un Auguste
« Embrasement »
[/ont]
[/center]

[ont] Plusieurs jours après avoir sciemment comblé M. Sinclair et sa sœur, Bujian essayait de réfléchir, même si au fond de lui-même, il restait indéniablement content pour les deux lurons qu'il avait obligeamment bénis. Il est toutefois vrai que ces fiançailles étaient pour le moins singulières en elles-mêmes, mais là n'incarnait pas le noyau des pensées du roi. Toutes autres l'accaparaient.

Tantôt paisible avec l’idée d’une sœurette partante, tantôt agitée par d’autres affaires, Bujian se leva brusquement de sa chaise, renversant son encrier. Il se retira aussitôt vers sa fenêtre, et grimaça.

En effet, depuis son ascension au trône, jamais il n'eut à sortir...ou plutôt, jamais n'eut-il été en mesure de le faire, et ça commençait sérieusement à peser sur sa conscience. Non par souci de vulgaire liberté, en cela pas le moins du monde. Il acceptait déjà pleinement son rôle, dignités et responsabilités comprises. Il s'agissait en vérité d'autre chose. Il s'agissait des conséquences de ses actes sur ses peuples.

Peu après avoir porté son regard vers le lointain horizon, il soupira, moins rasséréné qu’il ne le souhaitait, et se retourna, constatant le dégât qu’il avait malencontreusement occasionné par égarement. Rien ne servait de s’enfuir. Assumer valait mieux. Il se saisit donc lentement d’un chiffon et alla distraitement nettoyer son bureau.

Pourquoi de telles pensées mélancoliques ? Parce qu’il lui semblait que ses directives n’auguraient aucun impact, restaient lettre morte ou semblaient déphasées lorsque ses conseillers lui présentaient. Autrement dit, Bujian se mit à croire que beaucoup lui mentaient, le trompaient et contribuaient à le perdre en inutiles conjectures. Il concevait de plus en plus qu'il était victime, selon lui, de sa propre condition. Son palais mutant en une somptueuse cage et ses plus proches conseillers, alors usurpateurs et falsificateurs, lui racontaient des fabulations sur le pays, les étayaient à travers de faux-rapports, le distrayaient avec des causes factices et le révéraient hypocritement.

Balayant sa surface de travail, le roi releva une vieille photographie où son père, lui-même et sa sœur – alors toute jeune encore – se promenaient dans les jardins. Un souvenir précieux qui amena un sourire à ses lèvres…momentanément. Sitôt le cadre redressé, le sourire s’effaça et son visage s’assombrit, repensant à quel point il était seul, son père décédé et sa sœur, parcourant un autre chemin désormais.

Un nouveau soupire se joint aux mémoires résurgentes. S’il perdait ses proches, Bujian pouvait à sa façon les combler d’éloges. Bénir sa sœur en fut un exemple, diriger les réformes tant rêvées par feu Tsu-Tao au même titre. Ainsi, il ne pouvait se permettre de désespérer. Coûte que coûte, rien de devait arrêter l’épanouissement du pays, là incarnait l’impératif de la vocation royale. Servir !

Mais, si le Dragon, son pays, était gangréné comme il commençait à le croire, si ses soupçons s’avéraient fondés, si une telle supercherie lui pendait au nez, si tel était effectivement le cas, il ne pouvait demeurer dans l’inaction. Pas au détriment de ses gens, pas en sa qualité de monarque, durant son règne ni dans la remembrance de la mémoire de son père, il n’en était pas question, un tel déshonneur ne se produirait pas. Dans un élan de détermination, il fracassa la table de son poing.


Serviteur
- Sire ? , toussota une voix timide en ouvrant la porte.
C’était le serviteur qui lui apportait le thé, béat devant le monarque et l’étincelle qui jaillissait de son regard.


Roi Bujian Ier
- Entre…J’ai un plan!


[center]***[/center]
Pour ne point alimenter une vaine paranoïa, le roi demeura au su et au vu de tous maître de la situation - au moins sous son toit se disait-il - et maintint les apparences de sérénité afin de ne point attiser de soupçons chez ses gens. Outre ça, il parvint aussi, en outrepassant clandestinement ses nombreux surveillants grâce à des astuces (cryptogrammes de distinctes natures) sur des objets anodins, à correspondre avec l'extérieur, avec quelques rares individus de confiance...et justement, patiemment, il attendit que toutes les brides d'informations se rendent à lui, petits fragments par morceaux, et il les eut assemblés, n'éveillant l'intérêt d'aucun autour de lui. Il finit ainsi par déchiffrer, lentement mais sûrement, de lire, constater et dissocier les vraisemblances de la vérité: Il avait raison depuis le début ! Cependant, bien que furieux, il tamisa sa colère, et ficela à son tour une manigance dans la plus admirable tempérance.

Des semaines passèrent normalement. Comme à l'accoutumée, la Journée des Doléances, qui intervient tous les ans et assemble l'entièreté des notables de rang, vit le jour...





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Sir_Ulric

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[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/428435Rjouissances.jpg[/img]

[ont] L’Amour d’un Étranger
« Des noces pour toute la vie »
[/ont]
[/center]
Sons en référence pour les trois instants, plus deux bonis, chanson fétiche pour le duo et cloches post-matrimoniales pour la cerise sur le gâteau
- https://www.youtube.com/watch?v=5_YlDw6lBvI = Au sein de la Cité-Soleil, où beaucoup se jouent l'année durant, centre cosmopolite du pouvoir
- https://www.youtube.com/watch?v=m4oZZhpMXP4 Ambiance à Westminster Abbey / poids de l’histoire ( là où des centaines de souverains furent encensés )
- https://www.youtube.com/watch?v=jHS8LAqHyHs Danse en duo des mariés / Confidence romantique
- https://www.youtube.com/watch?v=_CI-0E_jses = Festivité matrimoniale / le gratin de Lanfair / roi Clarkson III
- https://www.youtube.com/watch?v=3DLVA6UPasM = Cloches / L’union contractée, jusqu’à la mort…


[ont] Premièrement, une conversation entre Bujian et Lei Hai à la Cité-Soleil, pour encenser l’union prochaine selon les rites traditionnellement dévolus. Là où le roi informe sa sœur qu’il ne pourra point être auprès d’elle pour ce moment, car trop l’accaparent au pays. Il est fier de sa sœurette et elle, même si elle est réticence, concède bienveillamment à son frère que son devoir est plus urgent. Ils allument des tiges et le roi, personnellement, la béni.

Extrait de conversation entre Bujian et Lei Hai


Roi Bujian Ier
- Chère sœur, vous voilà déjà rendu-là !

Princesse Lei Hai
- Mon frère, en êtes-vous inquiet ?

Roi Bujian Ier
- Non, Leilei ! À dire vrai, je…je souhaite vous dire que vous incarnerez une merveilleuse épouse, à ne point en douter. En outre, vous m’avez été de sage conseil, par le passé. Je tiens à vous le dire et vous en remercier.

Princesse Lei Hai
- Sire…Merci à vous. Vous m’avez tant protégé ! Quand père ne savait que penser de mes vœux, vous lui parliez et, sans savoir ce que vous lui aviez délivré, il se ravisait.

Roi Bujian Ier
- Certes ! Père n’aspirait qu’à vous offrir le mieux et craignait ne point être suffisamment présent à titre de parent. Il avait tant à faire et en son époque, maints conflits parsemaient le pays. Ses devoirs le contraignaient souvent à s’investir ailleurs, mais chose sûre, Lei Hai, il chérissait toute sa famille.

Princesse Lei Hai
- Je ne nourris aucun soupçon par rapport à l’affection de père. J’ai conscience qu’être roi est bien davantage qu’un métier. Il ne s’agit de rien de moins qu’une vocation, et cela ne laisse que peu de temps. Pour ses actes, père s'est vite fait scandé comme Tsu Tao le Grand, mais si seulement ces gens savaient ce qu’il sacrifiait pour eux.

Roi Bujian Ier
- Allons…Laissons Yuzhou s’occuper de père. Là-haut, il bourgeonne à nouveau et connaît la paix. D’ailleurs, profitons d’un peu de quiétude pendant que les habilleuses parachèvent votre robe.

Princesse Lei Hai
- Bien, sire.

Roi Bujian Ier
- J’ai, de circonstance, un aveu à vous faire...

Princesse Lei Hai
- Qui a-t-il ?

Roi Bujian Ier
- Je devrai me soustraire de la marche nuptiale, bien malgré moi.

Princesse Lei Hai
- Quoi ? Mais pourquoi ?

Roi Bujian Ier
- J’ai des urgences qui…nécessitent impérativement ma présence.

Princesse Lei Hai
- Qui me conduira à l’autel et…eh…je…D’accord. Il est question de devoir - j'en conviens - et je comprends entièrement que vous ne puissiez, à regret, participer à cette cérémonie.

Roi Bujian Ier
- J’étais persuadé que vous sauriez être clémente et honoreriez votre juste amabilité, ma sœur. De plus, je préfère que vous soyez là-bas, près de votre fiancé, plutôt qu’ici.

Princesse Lei Hai
- Sire, mon frère, je m’abstiendrai de demander pourquoi vous souhaitez me voir éloigné, considérant que cela relève de vos affaires. Par contre, vous ne pourrez me refuser une correspondance assidue, soyez-en sûr.

Roi Bujian Ier
- Je n’en espérais pas moins, en vérité.

[center]***[/center]

Deuxièmement, le mariage en lui-même. Dans la cathédrale, les bancs sont comblés d’arrière-trains à l’influence notable. Les poids de l’histoire se ressent, la princesse s’en tient rigoureusement au protocole, se tient devant l’archevêque - Mgr. Amadeus Underwood -, quelque peu nerveuse, mais de l’extérieur, ravissante par son élégante robe, pas moins décente. La cérémonie s’initie, le vieil orgue rugi et la foule, d’un silence révérencieux, reste contemplative. Le mariage, méticuleusement ritualisé, la fiancée participe résolument et docilement. Ce n’est qu’au moment d’ajouter les vœux que déroge un tant soit peu la coutume traditionnelle britonne.

Extrait des vœux échangés


Comte Georges Sinclair
- Lei Hai, il convient de dire à quel point notre parcours a été parsemé d'embûches, mais finalement, devant l'autel et prêts au Saint-Sacrement, nous sommes sur le point de nous lier. C'est donc en ce jour que j'ai l'insigne privilège d'ensemencer mon être passé solennellement pour ne faire jaillir qu'un nouvel arbre qui, indivisiblement, nous constituera. Un bourgeon que nous saurons entretenir, faire croître. C'est ici et maintenant que je promets qu'il n'y aura pas un crépuscule, pas un aurore, qui ne verra un digne témoignage de mon infaillible fidélité pour vous. Aucun océan ne sera suffisamment vaste pour tarir mon amour pour vous, aucun cosmos, aussi infini soit-il, ne pourra espérer engloutir mon serment. Au mieux comme au pire de la vie, je serai près de vous, par l'esprit ou par le corps, et en cela, j'assumerai mes devoirs de plein gré à votre égard, dans tout ce que le Créateur fera surgir sur notre chemin, je le promets en ce lieu, par-delà ce lieu et dans tous les horizons, je respecterai mes vœux...

Princesse Lei Hai
- Georges, je jure ici, en cette bâtisse lourde des générations qu'elle accueillit en son sein, que j’accomplirai mes devoirs filiaux vis-à-vis vous, vous aimerai contre vent et marée, honorerai le Créateur en prenant place à vos côtés aussi longtemps que le souffle prêtera vie à nos âmes, vous serai à jamais fidèle et incarnerai votre indéfectible moitié, que je serai là dans la peine à égale raison que dans la joie, que je partagerai avec vous ad vitam aeternam le destin qui nous a été confiés. J'en fais le serment ici, ayant pour témoin les gens assemblés, Mgr. Underwood et, bien entendu, vous, Georges Owen Sinclair, mon bien-aimé...


[center]***[/center]

Troisièmement et dernièrement, la fête après le mariage. Les mariés s’amusent, les invités sont ravis, le roi Clarkson III adresse, en classique gentleman briton quelques mots pragmatiques référençant l’avenir - un destin plus que radieux s'offre en perspective, M. le Comte. Suite à ça, une danse en duo, la plus romantiquement du monde, et les deux s’aimant comme un couple de cinquante ans d’âge, s’aimant dans toutes leurs coutures, conscients, prêts à assumer pleinement leur promesse d’amour futur, adversités comme bontés, que le Grand Architecte leur destinera.

Extrait à la cérémonie post-matrimoniale


Princesse Lei Hai / Dame Sinclair
- Chéri, ça y est. Nous sommes mariés. Vous faites de moi une femme privilégiée. Owen, je vous aime.

Comte Georges Sinclair
Ma chère, que de reconnaissance réciproque ! Je suis en notre univers, l'un des hommes les plus heureux. Je le dis sincèrement, my little bee, heureux je serai dans les orages, heureux dans les averses, heureux dans les bourrasques, heureux en tout, même dans le désarroi - si tant est qu'il advienne - car nous nous aurons l'un et l'autre ! Quand bien même le jour où l'un de nous retournera à la terre, nous aurons été choyé du temps qui nous aura été accordé. Je vous aime !

Princesse Lei Hai / Dame Sinclair
- Alors, Owen, valsons et dansons, car demain nous mourrons...

Comte Georges Sinclair
- Oui ! Accueillons en nous la Sagesse, soyons des contributeurs à l'Harmonie, sustentons-nous du Savoir et attendons le jour qui nous appellera pendant que nous vivons tous deux unis.

[/ont]
Sir_Ulric

Message par Sir_Ulric »

[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/749464Rformepointbarre.jpg[/img]
« Je veux et j'exige »

[ont] Fureur d'un Auguste
« Nœud gordien »
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[ont] Des semaines passèrent normalement. Comme à l'accoutumée, la Journée des Doléances, qui intervient tous les ans et assemble l'entièreté des notables de rang, vit le jour...

[center]***[/center]

Des années durant, nombres de dignitaires d’importance avaient cédés à la corruption et détournaient sans vergogne les pouvoirs du roi à leurs profits. Le souverain, lui, isolé au sein de son palais et aveuglé par des demi-vérités, ne sut guère ce qui se fomentait. Longtemps, il fut abusé…jusqu’à récemment, jusqu’à il y a un an, où lentement mais sûrement, le roi investigua et trouva chaque élément permettant de coincer ceux qui le manipulaient. Prochain pas pour lui, se réapproprier totalement ses droits.

Il est à dire que l'origine de cet état ne date point d'hier; Entre deux règnes, beaucoup prirent leurs aises. À la veille du trépas de Tsu-Tao et de l’avènement de Bujian, plusieurs fonctionnaires judicieusement positionnés surent mettre à profit leur ruse - jouissant de l’accalmie - et, une fois commencés, ils ne purent s’arrêter. Ils en avaient que trop faits.

[center]***[/center]

Maintes émotions se heurtaient dans l'esprit de Bujian en ce Jour des Doléances, et une valeur plus qu'une autre menait la danse: La persévérance. Oui, le roi, portant loin son regard pour apercevoir des milliers de personnes fourmiller d'une place à l'autre, pour voir les fonctionnaires de rang qui s’engoueraient dans la Cité-Soleil, surveillait tel un aigle ses proies. Rien ne dérogeait en ce jour...rien, en apparence. La cour intérieure, comme à son habitude, se voyait pleine. Les serviteurs scandaient des hymnes rituels, des oriflammes battaient au vent, des musiciens fracassaient des cymbales et tambours, des gardes veillaient - plus nombreux que l'habitude le prescrivait - et les hommes d'État, tout en bas des escaliers de marbre, s'assemblaient conventionnellement en ordre, se préparant à s'incliner révérencieusement - faire kowtow -. Tel un véritable ventriloque ou un metteur en scène, le roi mettait en branle son plan, dans un beau décorum.

Entre ses mains, Bujian - fièrement roi en l'heure - maintenait un parchemin et balayait à nouveau du regard toutes ces personnes qui mettaient face à terre pour lui rendre hommage. Une scène splendide et impressionnante en ce siècle, mais le geste, lui, terni par quelques veules félons. L'événement s'actionnait de la manière la plus solennelle du monde. À part le juste accomplissement de cette scène théâtrale, personne ne se souciait d'autre chose. Personne n'avait même remarqué que le souverain paraissait plus austère, personne n'avait discerné quelques hommes d'armes supplémentaires en place, personne ne voulait voir...sauf Bujian, qui anticipait chaque mouvement des pions.

À sa convenance - suivant donc le rigoureux protocole - le roi s'avança et ne fit que se rendre devant le promontoire pour suive l'acte suivant. C'était là que tout était destiné à s'enclencher. Bujian formula donc, entremêlé d'assurance et de sévérité:


Roi Bujian Ier
- En cette journée aux mille tracas à traiter et aux mêmes exhortations à combler, je m’accomplirai en vertu des devoirs légués par mes pairs à apporter une juste compensation à chacun de mes serviteurs qui apportent fidèlement la voix de mon peuple, mais avant, avant de mener à bien cette mission capitale, j'ai à me désengager temporairement des usages pour vous convenir d'une urgente affaire en lien...Depuis des années, une pénible plaie s'est infectée en le royaume, licencieuse et vicieuse, qui pèse sur mes sujets plus lourdement encore qu'une guerre, plus insidieuse qu'un sicaire dans les ombres. Vous comprendrez donc la dérogation d'aujourd'hui. Vous veillerez à me la pardonner, car roi je suis pour le mieux de mes gens. En cela mon désir se joint à passer outre et avancer ! À ceux qui auront été loyaux et serviables, tels nos ancêtres le préconisent, apprenez dès maintenant que vous serez largement récompensés pour vous efforts et votre dévotion ! Vous vous reconnaîtrez, assurément ! Aux autres, exactement comme vous commencez sans doute à le déduire, c'en est terminé !

À vive allure, au simple son de TERMINÉ, un brouhaha d'ordres fit jaillir des gardes royaux d'une part et d'autre, des soldats qui investirent synchroniquement la cour intérieure et cernèrent sans mal les fonctionnaires. Produisant un effet laissant sans voix. Des centaines d'hommes armés, en joue et formant un gigantesque carré inversé avec baïonnette au poing. Tandis que tous étaient soudainement subjugués, le roi se retourna vers son grand-secrétaire et lui tendit le fameux parchemin jusqu'à présent jalousement préservé, dictant à son homme de le lire au su et au vu de tous. Soucieux, le dignitaire s'en saisit, et initia la lecture. Dès qu'un nom résonnait, deux soldats mettaient aux arrêts l'individu rattaché, sans sourciller, dans une discipline de fer. Des centaines de noms, dont - ô scandale - plusieurs gros bonnets se trouvaient. Après une heure, méticuleusement dépensée et au bout de la liste - véritable proscription - le grand-secrétaire se mit à bégayer. Le roi insista donc vigoureusement pour qu'il en finisse. À ce point, le secrétaire, ébahi, prononça parfaitement son proche nom et celui du chancelier ! Des généraux, maintenant non loin du roi, se chargèrent de ces deux têtes-là aussitôt. Autant dire que le gouvernement venait à peine de chuter, un vrai coup d'État ! Gouverneurs, ministres, militaires, et même juges, venaient de passer à la trappe.


Roi Bujian Ier
- Pour vous qui êtes encore là, vous serez du gouvernement de demain ! Vous êtes ce qu'il y a de mieux en notre pays, ceux qui serviront sans faillir et qui participeront aux justes desseins que j'entretiens pour le royaume ! Quant aux autres suppôts des malfrats que nous venons d'arrêter ici, je vous informe qu'en ce moment même, des entrepôts illégaux sont perquisitionnés , des bureaux envahis et ceux qui faisaient de leur existence le vice de servir les félons sont présentement en train d'être éconduis par nos forces ! Quelques-uns résisteront sans doute, mais nous nous appliquerons ici, avec les fidèles généraux encore parmi nous, à en finir une bonne fois pour toute avec les tergiversations et les faux-semblants ! Pour premier décret, voyez le nouvel emblème de notre nation, symbole alliant notre passé et notre avenir, symbole qui remonte aux entrailles de notre histoire ! Voyez-le, dorénavnt flotter, supplantant toute autre bannière en nos terres !


En liesse, les hommes de lettres et d'armes, saluèrent leur roi sublimé et auréolé d'une espérance presque divine. Au même instant, rien ne fit mentir les promesses du roi. Nombreux étaient ceux qui tombaient sous le coup de l'ordonnance, ne pouvant rien faire.


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[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/405258DrapeaurformdelUhmali.png[/img]
«Drapeau réformé du Grand-Royaume d'Uhmali, sanctionné expressément par ordonnance royale»[/center]
Sir_Ulric

Message par Sir_Ulric »

[center][img]https://img11.hostingpics.net/pics/7183885746c6440e3c5lesincontournablesdelachine.jpg[/img]
« Par le pouvoir des ancêtres, il est décrété... »

[ont] Fureur d'un Auguste
« Rompre...non ! Partitionner...oui ! L'Histoire continue, ininterrompue »
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[ont] Peu après le coup d'éclat du roi par son audacieuse reprise en main du pays, les forces armées essaimèrent un peu partout et envahirent toutes les parcelles du gouvernement, au nom de leur souverain, contraignant et forçant toutes les têtes inscrites au registre à se soumettre et à obtempérer coûte que coûte aux directives royales. Les moins à plaindre étaient tout bonnement sommés à revenir à la capitale pour y être réaffecté et les pires se voyaient éconduis jusqu'au bagne, le temps que leur sort soit scellé, mais si peu de doute subsistait à leur sujet.

Même si le royaume revêtait les allures d'une junte militaire, les conditions humaines au cœur de l'Uhmali ne se dégradèrent en rien. Seules quelques strictes mesures s'ajoutèrent au sein d'un peuple d'ores et déjà docile vis-à-vis de leur monarque quasi-divin. Rien de plus à dire que de courber l'échine devant les vœux royaux. Obéissants, les habitants bon gré mal gré les ordonnances et révéraient les hommes du roi, d'autant plus que ceux qui arboraient l'uniforme militaire bénéficiaient déjà d'une noble réputation dans la conscience. En cela, les citadins et villageois se mirent vite à appuyer fidèlement les ''inquisiteurs'' royaux et à dénoncer les suspicieux ou ceux correspondant aux avis de recherche. En très peu de temps, les individus traqués se rendaient ou étaient manu militari raflés par les forces de l'ordre. Ainsi, en seulement un mois, grâce à la collaboration du public et à la promptitude des agents de la paix, la majorité, dont uniquement deux ou trois avaient instamment échappés au bourreau, avait été mis de l'autre côté des barreaux. Le résultat inespéré d'une chasse à l'homme intensive et massive !

Dorénavant, le roi voulait passer à la vitesse grand V...

[center]***[/center]

Le roi décida de paraître publiquement pour accomplir la suite. Il choisit pour ce faire la bordure des murs d'enceinte de la Cité-Soleil. Lui, outillé d'un microphone et d'amplificateurs ici et là pour être convenablement entendu. La radio relayerait en direct également. Chose également impressionnante, des cadreurs (cameramans) avec leur équipe allaient filmer l'événement. Quelque chose de complètement inusitée, car les monarques semblaient auréolés d'un certain mysticisme et rarement, ils paraissaient.

Gonflé de bravoure et d'assurance, armé de son outillage et prêt à diffuser, Bujian Ier se lança. Il traversa sans mal les escaliers, le couloir des tours et accéda à la façade Est. Là se trouvaient plusieurs serviteurs et gardes royaux, et en contrebas de l'enceinte, une foule immensément nombreuse de sujets en provenance de tous les horizons du royaume. Le roi parut donc, sitôt les citoyens se prosternèrent révérencieusement. Un crieur sollicita la foule à se redresser, accompagné d'une série de retentissements de taigu (gargantuesque tambour traditionnel). La liesse cessa aussitôt, les gens s’aplanirent et écoutèrent religieusement. En ce moment précis, un technicien sur place fit signe au roi qu'il pouvait agir. Bujian s'élança donc, empruntant une démarche gracieuse et droite, puis s'exprima fluidement, d'une forte voix:


Roi Bujian Ier
- Sujets du Grand-Royaume d'Uhmali, d'Est en Ouest, du Sud au Nord, vous tous qui surgissez de vos terroirs et participez à l'une des plus grandioses réunions familiales de ce vaste clan qu'est notre pays ! Voyez-moi en ce jour ! Je suis votre grand-roi, votre père, votre ancien, votre premier serviteur ! Aujourd'hui, je m'apprête à enclencher beaucoup, et mes desseins sont pour vous et ne verront le jour qu'avec vous ! Vous n'êtes pas sans savoir que l'Uhmali, si elle battait de son cœur annuellement, atteindrait sa six-mille-neuf-cent-quatrième année ! Notre calendrier n'en relate guère que six-mille ans et des poussières ! Pourtant, l'Uhmali vit encore, et continuera à vivre aussi longtemps que des Uhmanéens respirent ici ! Soyons fiers de notre lignage et de notre passé. Servons-nous en comme source d'inspiration, comme sujet d'étude ou de réflexion, honorons-le, mais ne nous condamnons point à rester immobiles, stationnaires...Nos ancêtres, mes chers compatriotes, ont bâtis notre pays à obéissant aux préceptes de Yuzhou, en les perpétuant et en offrant en digne héritage de savoir de leurs proches aïeux ! Cependant, ils ne s'interdisaient point de perfectionner leurs ARTS dans l'objectif d'éviter de perdre leurs acquis. Ils enrichissaient leurs talents et ils peaufinaient ! Ils offraient aux ARTS l'apothéose ! C'est pourquoi, sujets du Pays de l'Astre-Scintillant, sujets de votre roi tant honoré, que je vous dis ceci et accomplis cela...Pour que le peuple, sa civilisation, pour que l'Uhmali vive éternellement dans la conscience et dans vos coeurs, dans nos lois et dans l'avenir !


Là, j'initie une nouvelle ère !


...



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Sir_Ulric

Message par Sir_Ulric »

[center][ont]Une éclipse par le pays ![/ont]

[img]https://img4.hostingpics.net/pics/736237EasternOrientalExpresshotelsdesingapour.jpg[/img][/center]

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Au cours de l'année, l'Uhmali a été submergé par de nombreux phénomènes sociaux qui occasionnèrent des troubles et des chocs, ainsi que des avancées significatives à travers la maxime du souverain réformateur: ''À travers l'esprit uhmanéen, par les usages contemporains !''

Il n'en demeure pas moins que les bouleversements rendirent muet le pays, seul dans ses agitations. L'Uhmali en sortit quelque peu agacée, mais plus fortes et unie via la main de fer du monarque, enveloppée de velours. Voici d'ailleurs une liste non-exhaustive des événements qui réduisirent au mutisme les canaux du pays:


-Reformatage des diverses structures institutionnelles
-Émeutes et soulèvements expéditivement réprimés
-Embastillements, série de jugements et peines capitales
-Liaison ferroviaire et routière (asphaltage) à travers les principaux axes du pays
-Restauration officielle de l'Empire uhmaléen et de la dignité impériale auprès du souverain, supplantant Grand-Royaume d'Uhmali
-Refonte du système monétaire ---» Rumi au Chù
-Instauration de la Charte constitutionnelle d'État ---» Monarchie de droit divin à chartée
-Investiture formelle du Sénat de l'Uhmali (bicaméral)
-Élection universelle à base capacitaire (académique) (système par ménage)
-Canonisation d'une nouvelle bannière nationale
-Dissolution de la Régie de l'Aube (gouvernement militaire) au profit de l'organisation civile
-Modernisation des infrastructures urbaines
-Rescrits des normes scolaires, juridiques (dont sur le Labor Code) et professionnelles
-Officialisation des formules calendaires et systèmes d'unités d'usage ---» Grégoriennes&Métriques
-Nationalisation des entreprises ferroviaires en la Imperial Cross Lines
-Nationalisation des branches scolaires fondamentales
-Un nouveau Code de la route, inspiré par le Highway Code britonnique, en vigueur
-Réorganisation des corps armés (modernisation, trie et réduction des effectifs à 100 000 têtes, vente de matériels excédentaires, incorporation des vétérans dans les forces policières)
-Création régalienne du Cadet Corps, inspiré du scoutisme britonnique
-Service militaire obligatoire de 5 ans (via le Cadet Corps en marge des activités scolaires régulières ou, accomplissement du service à l'âge adulte si non-accompli lors de la jeunesse)
-Fondation de Sparkling Radio, chaîne nationale de radiodiffusion
-Acte d'Amitié et de Coopération signé entre la Britonnie et l'Uhmali
-L'empereur Bujian Ier et le roi Clarkson III, confirmant les allégations des journalistes sur le devenir de Yanaon, décidèrent de créer le premier État constitutif binational en fondant la Principauté de Yanaon, divulguant que M. George Owen Sinclair (époux de Mme Li-Hai Sinclair) serait désigné pour être couronné prince de l'État. Les monarques accorderaient au Yanaon, selon les confidences, l'exceptionnelle double citoyenneté aux gens de Yanaon et une dispense totale de service militaire, les États protecteurs l'assurant totalement.

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