Rencontre entre la Fiémance et Stalagmanque (2029-09-28)
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Rezzacci
[center]Rencontre confidentielle entre le Royaume des Fiémançais et la Sérénissime République de Stalagmanque
A propos de la délégation de la défense de Stalagmanque à la Fiémance
Stalagmanque (S.R. de Stalagmanque), le 28 septembre 2029[/center]
L'hiver approchait à Stalagmanque et cela se sentait. Le fond de l'air était frais, le ciel s'assombrissait de jour en jour et de moins en moins de gens allaient se baigner dans la lagune. Ce n'était pas le visage le plus agréable que la cité pouvait offrir, mais cela n'empêchait pas les touristes d'affluer toujours plus nombreux pour visiter ce musée en pleine lagune. Les sénateurs, ployés sous le poids des responsabilités et de la rigidité institutionnelle du pays, s'étaient fait une image un peu faussée de Stalagmanque, et ils devaient bien se l'avouer. Elle ne semblait pas si désespérée que ça. Il en faut plus, se disaient-ils, pour faire perdre ses moyens à un Stalagmantin.
Aujourd'hui était un jour d'importance pour la Sérénissime. Ses objectifs étaient, à terme, de supprimer définitivement son armée ; mais pour cela, il fallait quand même que sa défense soit assurée par une puissance mondiale. Et pour éviter le risque de se voir subordonner à la nation protectrice, et ainsi garantir de rester libre, indépendant et strictement neutre, le Sénat avait décidé de demander la protection de trois puissances mondiales. Le premier choix s'était porté sur le Royaume des Fiémançais, en raison des liens culturels et historiques qui lient les deux pays et de la force de frappe militaire dont pouvait faire preuve la Fiémance.
Des mendiants embauchés pour la journée étaient en charge de draguer l'île de la Cité. L'augmentation du niveau des océans, l'érosion et l'affaissement de la lagune avait fait que le sol de l'île était désormais sous l'eau d'une vingtaine de centimètres. C'était pittoresque et les touristes n'avaient jamais été aussi contents ; mais les sénateurs se voyaient obligés de porter des bottes en caoutchouc, et il n'y a rien de plus dégradant qu'une paire de bottes en caoutchouc.
Pour pallier néanmoins à ce problème, une passerelle provisoire en bois faisant la liaison entre le quai de l'île de la Cité et le Sénat de Stalagmanque, où la rencontre allait avoir lieu. Par chance, il ne pleuvait pas. L'émissaire de Fiémance était bien arrivé par l'avion à San Luca, et la voiture l'avait conduit sans problème à Furibaldi. Don Cipiglio, qui était le seul sur le ponton à attendre la venue de l'émissaire, vit au loin arriver la corvette officielle qui contenait le corps diplomatique de Fiémance. La situation d'inondation de l'île empêchait tout accueil diplomatique digne de ce nom, mais tout l'accueil se trouvait à quelques dizaines de mètres, dans le hall du Sénat. Don Cipiglio espérait juste que cela ne froisserait pas l'émissaire.
La corvette s'amarra au ponton, et la délégation en sortit. Don Cipiglio s'élança vers eux, mains tendues, pour les saluer avec ferveur et chaleur :
« Au nom personnel de tous les sénateurs et patriciens de Stalagmanque, je vous souhaite la bienvenue à la Sérénissime. »
Puis il les guida sur la passerelle qui, par chance, avait été très bien construite. Ils pénétrèrent dans le somptueux et luxueux Sénat de Stalagmanque. Dans le hall, les vingt-et-un autres sénateurs attendaient silencieusement la délégation, et un sourire et un soupir de satisfaction parcourut leur assemblée quand ils virent la délégation entrer sans problème. Chaque sénateur vint saluer et remercier l'émissaire de sa visite, puis un petit orchestre de chambre entama l'hymne fiémançais.
Une fois les formalités d'usage remplie, Don Cipiglio conduisit l'émissaire dans une grande salle adjacente. Une longue table la barrait en deux. D'un côté, une série de chaises plus que confortables destinées à la délégation. De l'autre, un fauteuil sénatorial était juste devant la table, pour Don Cipiglio qui conduirait les négociations. En retrait, derrière le fauteuil de Cipiglio, se trouvaient les vingt-et-un fauteuils sénatoriaux dans lesquels s'installèrent ses confrères, en observateurs silencieux de l'entrevue.
« Je suis sincèrement désolé de toute cette mise en scène, mais la présence de tous mes confrères est ici requise. Le Doge étant actuellement dans le coma, nos institutions sont, en quelque sorte, paralysées. La seule manière de prendre des décisions et de faire bouger les choses est de faire parler le Sénat à l'unanimité. Et vu l'importance de l'objet d'entretien aujourd'hui, nous sommes obligés d'assister au complet à la rencontre.
Quoiqu'il en soit, je suis sincèrement ravi de vous voir ici pour nous aider. Nous vous sommes déjà éternellement reconnaissants de vous être déplacés jusqu'ici pour en discuter. »
A propos de la délégation de la défense de Stalagmanque à la Fiémance
Stalagmanque (S.R. de Stalagmanque), le 28 septembre 2029[/center]
L'hiver approchait à Stalagmanque et cela se sentait. Le fond de l'air était frais, le ciel s'assombrissait de jour en jour et de moins en moins de gens allaient se baigner dans la lagune. Ce n'était pas le visage le plus agréable que la cité pouvait offrir, mais cela n'empêchait pas les touristes d'affluer toujours plus nombreux pour visiter ce musée en pleine lagune. Les sénateurs, ployés sous le poids des responsabilités et de la rigidité institutionnelle du pays, s'étaient fait une image un peu faussée de Stalagmanque, et ils devaient bien se l'avouer. Elle ne semblait pas si désespérée que ça. Il en faut plus, se disaient-ils, pour faire perdre ses moyens à un Stalagmantin.
Aujourd'hui était un jour d'importance pour la Sérénissime. Ses objectifs étaient, à terme, de supprimer définitivement son armée ; mais pour cela, il fallait quand même que sa défense soit assurée par une puissance mondiale. Et pour éviter le risque de se voir subordonner à la nation protectrice, et ainsi garantir de rester libre, indépendant et strictement neutre, le Sénat avait décidé de demander la protection de trois puissances mondiales. Le premier choix s'était porté sur le Royaume des Fiémançais, en raison des liens culturels et historiques qui lient les deux pays et de la force de frappe militaire dont pouvait faire preuve la Fiémance.
Des mendiants embauchés pour la journée étaient en charge de draguer l'île de la Cité. L'augmentation du niveau des océans, l'érosion et l'affaissement de la lagune avait fait que le sol de l'île était désormais sous l'eau d'une vingtaine de centimètres. C'était pittoresque et les touristes n'avaient jamais été aussi contents ; mais les sénateurs se voyaient obligés de porter des bottes en caoutchouc, et il n'y a rien de plus dégradant qu'une paire de bottes en caoutchouc.
Pour pallier néanmoins à ce problème, une passerelle provisoire en bois faisant la liaison entre le quai de l'île de la Cité et le Sénat de Stalagmanque, où la rencontre allait avoir lieu. Par chance, il ne pleuvait pas. L'émissaire de Fiémance était bien arrivé par l'avion à San Luca, et la voiture l'avait conduit sans problème à Furibaldi. Don Cipiglio, qui était le seul sur le ponton à attendre la venue de l'émissaire, vit au loin arriver la corvette officielle qui contenait le corps diplomatique de Fiémance. La situation d'inondation de l'île empêchait tout accueil diplomatique digne de ce nom, mais tout l'accueil se trouvait à quelques dizaines de mètres, dans le hall du Sénat. Don Cipiglio espérait juste que cela ne froisserait pas l'émissaire.
La corvette s'amarra au ponton, et la délégation en sortit. Don Cipiglio s'élança vers eux, mains tendues, pour les saluer avec ferveur et chaleur :
« Au nom personnel de tous les sénateurs et patriciens de Stalagmanque, je vous souhaite la bienvenue à la Sérénissime. »
Puis il les guida sur la passerelle qui, par chance, avait été très bien construite. Ils pénétrèrent dans le somptueux et luxueux Sénat de Stalagmanque. Dans le hall, les vingt-et-un autres sénateurs attendaient silencieusement la délégation, et un sourire et un soupir de satisfaction parcourut leur assemblée quand ils virent la délégation entrer sans problème. Chaque sénateur vint saluer et remercier l'émissaire de sa visite, puis un petit orchestre de chambre entama l'hymne fiémançais.
Une fois les formalités d'usage remplie, Don Cipiglio conduisit l'émissaire dans une grande salle adjacente. Une longue table la barrait en deux. D'un côté, une série de chaises plus que confortables destinées à la délégation. De l'autre, un fauteuil sénatorial était juste devant la table, pour Don Cipiglio qui conduirait les négociations. En retrait, derrière le fauteuil de Cipiglio, se trouvaient les vingt-et-un fauteuils sénatoriaux dans lesquels s'installèrent ses confrères, en observateurs silencieux de l'entrevue.
« Je suis sincèrement désolé de toute cette mise en scène, mais la présence de tous mes confrères est ici requise. Le Doge étant actuellement dans le coma, nos institutions sont, en quelque sorte, paralysées. La seule manière de prendre des décisions et de faire bouger les choses est de faire parler le Sénat à l'unanimité. Et vu l'importance de l'objet d'entretien aujourd'hui, nous sommes obligés d'assister au complet à la rencontre.
Quoiqu'il en soit, je suis sincèrement ravi de vous voir ici pour nous aider. Nous vous sommes déjà éternellement reconnaissants de vous être déplacés jusqu'ici pour en discuter. »
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Arios
[...]Dieu tout puissant qui fit la créature
je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté,
je crois, je crois en toi, comme à la Liberté...
Le refrain de l'hymne fiémançais se terminait lorsque Dalmas Filiberti, ou Dalmazzo Filiberti, accompagnait Don Cipiglio jusque dans la salle prévue à la rencontre, qui aurait des allures d'exposé ou de pièce de théâtre, puisqu'il s'agissait de s'exprimer en dialogue devant 29 chaises supportant des Sénateurs probablement soucieux, pensait le Ministre de la diplomatie fiémançaise, de discuter d'un tel sujet que l'occupation militaire de la Cité par un État étranger...
Jusqu'au moment où la diplomatie fiémançaise avait appris qu'une demande semblable avait été adressée par Stalagmanque à la Rostovie, et à la Fédération technocratique, le Palais des Ducs s'était esbaudi d'être considéré comme suffisamment sûr et apprécié pour qu'on lui remette la tâche de protéger militairement la sérénissime lagune, puis l'on s'était trouvé inquiet que des soldats fiémançais et rostovs puissent se retrouver à côté. Filiberti, qui avait le sens de l'Histoire, y vit plutôt le signe que la petite République pouvait jeter les jalons d'une réconciliation, du moins d'un réchauffement des relations, entre Novgorod et Opemont. De plus, au-delà de la réjouissance béate de faire un pas de plus vers la paix mondiale, c'était sur la Mer de Carù que se jouerait cette poignée de main symbolique, et donc clairement dans l'ère d'influence rostove, de quoi satisfaire les partisans de la paix, comme les éternels ennemis de l'Ours rostovique.
Dalmas Filiberti : Ne vous souciez pas pour la disposition... elle me convient, si c'est ainsi que doivent aller les choses dans votre République à cette heure. Je suis envoyé suite à votre demande et si, avant même que cette aide commence, Stalagmanque ne ressent plus le besoin de cette protection militaire, alors je m'en recamperai sans vergogne, Don Cipiglio.
je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté,
je crois, je crois en toi, comme à la Liberté...
Le refrain de l'hymne fiémançais se terminait lorsque Dalmas Filiberti, ou Dalmazzo Filiberti, accompagnait Don Cipiglio jusque dans la salle prévue à la rencontre, qui aurait des allures d'exposé ou de pièce de théâtre, puisqu'il s'agissait de s'exprimer en dialogue devant 29 chaises supportant des Sénateurs probablement soucieux, pensait le Ministre de la diplomatie fiémançaise, de discuter d'un tel sujet que l'occupation militaire de la Cité par un État étranger...
Jusqu'au moment où la diplomatie fiémançaise avait appris qu'une demande semblable avait été adressée par Stalagmanque à la Rostovie, et à la Fédération technocratique, le Palais des Ducs s'était esbaudi d'être considéré comme suffisamment sûr et apprécié pour qu'on lui remette la tâche de protéger militairement la sérénissime lagune, puis l'on s'était trouvé inquiet que des soldats fiémançais et rostovs puissent se retrouver à côté. Filiberti, qui avait le sens de l'Histoire, y vit plutôt le signe que la petite République pouvait jeter les jalons d'une réconciliation, du moins d'un réchauffement des relations, entre Novgorod et Opemont. De plus, au-delà de la réjouissance béate de faire un pas de plus vers la paix mondiale, c'était sur la Mer de Carù que se jouerait cette poignée de main symbolique, et donc clairement dans l'ère d'influence rostove, de quoi satisfaire les partisans de la paix, comme les éternels ennemis de l'Ours rostovique.
Dalmas Filiberti : Ne vous souciez pas pour la disposition... elle me convient, si c'est ainsi que doivent aller les choses dans votre République à cette heure. Je suis envoyé suite à votre demande et si, avant même que cette aide commence, Stalagmanque ne ressent plus le besoin de cette protection militaire, alors je m'en recamperai sans vergogne, Don Cipiglio.
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Rezzacci
Don Cipiglio se sentait ridicule. Il avait l'impression de faire passer au pauvre Filiberti un entretien d'embauche, ou une soutenance de thèse. Mais l'affaire était importante, et Cipiglio ne pouvait s'engager au nom du Sénat si celui-ci n'était pas derrière lui pour l'approuver à l'unanimité. Et comme il fallait réagir et réfléchir vite, il fallait qu'ils soient tous réunis.
« Aucun besoin de décamper, Excellence. Notre situation est telle que nous avons réellement besoin de vous. Vous avez devant vous un rapport détaillé sur toutes nos forces armées. Il n'est guère épais, n'est-ce pas ? Parce qu'en réalité tout ce que nous avons n'est que pacotille. Ne vous fiez pas aux chiffres officiels que l'on peut trouver ailleurs, ils datent d'il y a longtemps, presque 9 ans, et ils étaient écrits sous la forme d'un formulaire militaire type qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui et qui a subi de nombreuses réformes en profondeur. Nous comptons tout mettre à jour, bien entendu, mais nous devons pour cela assurer notre défense.
Je vous l'ai dit, nous sommes aujourd'hui dans l'incapacité la plus flagrante de pouvoir nous défendre nous-même. Même le Gädhland, sans votre intervention, serait capable de nous mettre à mal. Et connaissant la stabilité politique de la mer de Carù en ce moment, eh bien... »
Don Cipiglio partit dans un petit rire nerveux, avant de reprendre contenance et de redresser ses lunettes sur son nez.
« Je n'ai pas besoin de vous dire que ce n'est qu'une question de temps. Notre demande est très simple : nous aimerions que la défense de Stalagmanque soit désormais du domaine des autorités Fiémançaises. Nous faisons suffisamment confiance à ce glorieux royaume pour lui confier, yeux fermés, notre survie.
Néanmoins, avant que vous ne répondiez, j'ai dois vous prévenir d'une chose. Ce que je vais dire n'est pas une preuve du manque de confiance que nous vous portons, mais cela reflète… comment dire ? L'inquiétude que certains d'entre nous peuvent avoir face à notre situation. »
En disant ces mots, Don Cipiglio s'était légèrement retourné pour lancer un regard en coin à un sénateur qui, juste à ce moment-là, regardait ostensiblement par la fenêtre en sifflotant.
« Certains d'entre nous disent que confier notre défense à une seule superpuissance serait de la folie. Il y a toujours un risque de voir cette puissance vouloir inféoder notre nation à ses desideratae. Non pas que nous craignons cela de la Fiémance ; mais il y a toujours des avenirs sombres et funestes auxquels il vaut mieux être préparé. Mieux vaut prévenir que guérir, comme le dit si bien l'adage. Ainsi, c'est pourquoi nous ne solliciterons pas uniquement la protection de la Fiémance, mais aussi de deux autres superpuissances, afin de créer un équilibre entre les protecteurs. Deux d'entre eux devraient, normalement, suffire pour permettre de contrer le troisième si celui-ci se prenait des envies de conquête.
Le deuxième protecteur que nous avons sollicité est la Fédération Transnationale, notamment par la proximité du Duché Stalagmantin qui peut être profitable. Et quant au troisième, eh bien… Il s'agit, ni plus ni moins, de… de la Rostovie. »
Don Cipiglio se tut et baissa les yeux, s'attendant à une décharge de colère. Mais il n'en fut rien. Étrangement, à l'annonce de cette nouvelle, le diplomate sembla moins surpris que ne l'attendait Don Cipiglio. Leurs services secrets seraient-ils déjà au courant de ces manœuvres ? Si oui et s'il Filiberti avait quand même daigné se déplacer ici, sûrement y avait-il de grandes chances que la Fiémance accepte.
« Nous espérons sincèrement que cet équilibre serait salutaire, non seulement pour nous, mais également pour toute la mer de Carù. Trois gendarmes qui travaillent main dans la main ne peuvent être que bénéfique pour la région.
Il y a aussi une autre raison, je dois bien l'avouer. La grande menace qui pesât sur le monde il y a quelques années n'a eut qu'une seule origine : la mésentente entre la Rostovie et le Pelabssa. Une course insensée à l'armement s'est créée entre ces deux nations. Et quand un individu malade, au sens mental, s'est retrouvé à la tête d'un tel arsenal, nous avons été à la limite du désastre thermonucléaire. Nous ne voulons pas que cela recommence, entre la Rostovie et la Fiémance cette fois. Les schémas se répètent, et il faut l'éviter à tout prix. Nous espérons sincèrement qu'une collaboration sur Stalagmanque sera la première pierre, la première étape d'une possible réconciliation entre ces deux superpuissances. Je ne cherche pas ici seulement la sécurité de Stalagmanque. C'est bien l'avenir de l'humanité qui pourra se jouer à Stalagmanque, si vous décidez que vous pouvez coopérer. »
Don Cipiglio se tut enfin. Il espérait de tout son coeur que ça marcherait. Faîtes qu'ils acceptent ! Faîtes qu'ils soient d'accord pour un entretien avec les deux autres puissances pour mettre à plat la protection tripartite de Stalagmanque. Il priait pour que son discours fasse effet, en espérant qu'il ait utilisé les mots adéquats...
« Aucun besoin de décamper, Excellence. Notre situation est telle que nous avons réellement besoin de vous. Vous avez devant vous un rapport détaillé sur toutes nos forces armées. Il n'est guère épais, n'est-ce pas ? Parce qu'en réalité tout ce que nous avons n'est que pacotille. Ne vous fiez pas aux chiffres officiels que l'on peut trouver ailleurs, ils datent d'il y a longtemps, presque 9 ans, et ils étaient écrits sous la forme d'un formulaire militaire type qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui et qui a subi de nombreuses réformes en profondeur. Nous comptons tout mettre à jour, bien entendu, mais nous devons pour cela assurer notre défense.
Je vous l'ai dit, nous sommes aujourd'hui dans l'incapacité la plus flagrante de pouvoir nous défendre nous-même. Même le Gädhland, sans votre intervention, serait capable de nous mettre à mal. Et connaissant la stabilité politique de la mer de Carù en ce moment, eh bien... »
Don Cipiglio partit dans un petit rire nerveux, avant de reprendre contenance et de redresser ses lunettes sur son nez.
« Je n'ai pas besoin de vous dire que ce n'est qu'une question de temps. Notre demande est très simple : nous aimerions que la défense de Stalagmanque soit désormais du domaine des autorités Fiémançaises. Nous faisons suffisamment confiance à ce glorieux royaume pour lui confier, yeux fermés, notre survie.
Néanmoins, avant que vous ne répondiez, j'ai dois vous prévenir d'une chose. Ce que je vais dire n'est pas une preuve du manque de confiance que nous vous portons, mais cela reflète… comment dire ? L'inquiétude que certains d'entre nous peuvent avoir face à notre situation. »
En disant ces mots, Don Cipiglio s'était légèrement retourné pour lancer un regard en coin à un sénateur qui, juste à ce moment-là, regardait ostensiblement par la fenêtre en sifflotant.
« Certains d'entre nous disent que confier notre défense à une seule superpuissance serait de la folie. Il y a toujours un risque de voir cette puissance vouloir inféoder notre nation à ses desideratae. Non pas que nous craignons cela de la Fiémance ; mais il y a toujours des avenirs sombres et funestes auxquels il vaut mieux être préparé. Mieux vaut prévenir que guérir, comme le dit si bien l'adage. Ainsi, c'est pourquoi nous ne solliciterons pas uniquement la protection de la Fiémance, mais aussi de deux autres superpuissances, afin de créer un équilibre entre les protecteurs. Deux d'entre eux devraient, normalement, suffire pour permettre de contrer le troisième si celui-ci se prenait des envies de conquête.
Le deuxième protecteur que nous avons sollicité est la Fédération Transnationale, notamment par la proximité du Duché Stalagmantin qui peut être profitable. Et quant au troisième, eh bien… Il s'agit, ni plus ni moins, de… de la Rostovie. »
Don Cipiglio se tut et baissa les yeux, s'attendant à une décharge de colère. Mais il n'en fut rien. Étrangement, à l'annonce de cette nouvelle, le diplomate sembla moins surpris que ne l'attendait Don Cipiglio. Leurs services secrets seraient-ils déjà au courant de ces manœuvres ? Si oui et s'il Filiberti avait quand même daigné se déplacer ici, sûrement y avait-il de grandes chances que la Fiémance accepte.
« Nous espérons sincèrement que cet équilibre serait salutaire, non seulement pour nous, mais également pour toute la mer de Carù. Trois gendarmes qui travaillent main dans la main ne peuvent être que bénéfique pour la région.
Il y a aussi une autre raison, je dois bien l'avouer. La grande menace qui pesât sur le monde il y a quelques années n'a eut qu'une seule origine : la mésentente entre la Rostovie et le Pelabssa. Une course insensée à l'armement s'est créée entre ces deux nations. Et quand un individu malade, au sens mental, s'est retrouvé à la tête d'un tel arsenal, nous avons été à la limite du désastre thermonucléaire. Nous ne voulons pas que cela recommence, entre la Rostovie et la Fiémance cette fois. Les schémas se répètent, et il faut l'éviter à tout prix. Nous espérons sincèrement qu'une collaboration sur Stalagmanque sera la première pierre, la première étape d'une possible réconciliation entre ces deux superpuissances. Je ne cherche pas ici seulement la sécurité de Stalagmanque. C'est bien l'avenir de l'humanité qui pourra se jouer à Stalagmanque, si vous décidez que vous pouvez coopérer. »
Don Cipiglio se tut enfin. Il espérait de tout son coeur que ça marcherait. Faîtes qu'ils acceptent ! Faîtes qu'ils soient d'accord pour un entretien avec les deux autres puissances pour mettre à plat la protection tripartite de Stalagmanque. Il priait pour que son discours fasse effet, en espérant qu'il ait utilisé les mots adéquats...
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Arios
Bien qu'il adhérait à la situation, le fait de devoir s'exprimer et étaler ses fausses émotions de diplomate face au parterre de Sénateurs lui donnait l'impression d'être à une pièce de théâtre, et il tenta tant bien que mal d'outrepasser ce ressenti.
Dalmas Filiberti : Don Cipiglio... Je vois où Stalagmanque veut en venir et l'intention est fort louable. Si un pays comme le vôtre n'avait pas cette vocation à réunir à la même table la Rostovie et la Fiémance, qui pourrait s'en charger ? Néanmoins, vous devez savoir que nous avons souvent tendu la main à Novgorod, et ça n'a jamais empêché Novgorod de souhaiter imposer sa loi partout ; enfin, si l'on peut appeler cela une loi, je dirais plutôt sa force, son pouvoir. Beaucoup de mères en pleure encore à cette heure.
Il prit un temps de silence.
Dalmas Filiberti : Je crains que le refus ne vienne de la Rostovie elle-même, à vrai dire. Mais quant à mon accord, vous l'avez. Stalagmanque rayonne auprès de trop de chancelleries pour qu'un monarque ou un État puisse envisager sans se gausser d'annexer et de tenir sous sa bottine votre cité. Même Terienkov y avait renoncé.
Dalmas Filiberti : Don Cipiglio... Je vois où Stalagmanque veut en venir et l'intention est fort louable. Si un pays comme le vôtre n'avait pas cette vocation à réunir à la même table la Rostovie et la Fiémance, qui pourrait s'en charger ? Néanmoins, vous devez savoir que nous avons souvent tendu la main à Novgorod, et ça n'a jamais empêché Novgorod de souhaiter imposer sa loi partout ; enfin, si l'on peut appeler cela une loi, je dirais plutôt sa force, son pouvoir. Beaucoup de mères en pleure encore à cette heure.
Il prit un temps de silence.
Dalmas Filiberti : Je crains que le refus ne vienne de la Rostovie elle-même, à vrai dire. Mais quant à mon accord, vous l'avez. Stalagmanque rayonne auprès de trop de chancelleries pour qu'un monarque ou un État puisse envisager sans se gausser d'annexer et de tenir sous sa bottine votre cité. Même Terienkov y avait renoncé.
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Rezzacci
« Oui, en effet… Terienkov avait de la considération pour nous. Enfin, autant qu'un déséquilibré comme lui puisse en avoir. »
Don Cipiglio soupira à l'évocation de ce souvenir. Ils avaient été peu nombreux à appuyer la missive qu'ils avaient envoyé à l'URKR, visant à appeler Terienkov à la raison. Certains avançaient que cela risquait d'attirer l'attention de la Rostovie sur la cité-Etat, et personne n'en voulait. On préférait vivre dans l'anonymat, et bien des années ont dû s'écouler avant que la peur qui tordait le ventre de tous les sénateurs de l'époque ne s'estompât.
Le chef des sénateurs secoua la tête pour se changer les idées.
« Laissez-nous le soin d'amener la Rostovie à la raison. Peut-être ne nous écouteront-ils pas, mais nous avons l'intime conviction qu'ils nous respectent. Je pense, en mon for intérieur, qu'il y a bien une chance pour que la Rostovie et la Fiémance puisse, la main dans la main, travailler ensemble. Nous avons des envoyés là-bas qui nous affirment que la situation a bien changé, et que la Rostovie, du moins pour le moment, a retenu des leçons de ses erreurs passées. Si nous voulons continuer sur cette voie « rédemptoriste », comme ils disent, c'est le moment où jamais.
Il tombe sous le sens que, avec les deux autres co-protecteurs, vous pourrez avoir un accès illimité et sans contraintes à toutes nos installations de défense. Nos arsenaux vous serons ouverts, et vous aurez conjointement accès à tous les plans de défense de la ville. Vous verrez, en effet, que tout notre armement est bien obsolète. Les soldats fiémançais, bien entendu, pourront vivre sans contrainte sur le territoire de la ville, et nous leur permettrons d'avoir des prix avantageux pour le logement, y compris pour loger leurs familles si besoin est. Nous avons eu récemment un exode massif dû à notre isolation récente, et nous bénéficions actuellement d'un nombre non négligeable de logements vides de… bonne qualité, pourrait-on dire.
Évidemment, nous comprendrons que cette surcharge n’apparaît pas forcément, pour vous, un bienfait. À part, peut-être, l'avantage de pouvoir serrer de nouveau la main de la Rostovie, ou peut-être, éventuellement, avoir une base dans la mer de Carù, avoir à votre charge la protection d'un bijou tel que Stalagmanque n'est pas vraiment un cadeau, pourrait-on dire. Nous ne savons pas quelles contributions vous pourriez demander en échange de ce sacrifice, mais nous sommes prêts à entendre vos revendications. »
Don Cipiglio soupira à l'évocation de ce souvenir. Ils avaient été peu nombreux à appuyer la missive qu'ils avaient envoyé à l'URKR, visant à appeler Terienkov à la raison. Certains avançaient que cela risquait d'attirer l'attention de la Rostovie sur la cité-Etat, et personne n'en voulait. On préférait vivre dans l'anonymat, et bien des années ont dû s'écouler avant que la peur qui tordait le ventre de tous les sénateurs de l'époque ne s'estompât.
Le chef des sénateurs secoua la tête pour se changer les idées.
« Laissez-nous le soin d'amener la Rostovie à la raison. Peut-être ne nous écouteront-ils pas, mais nous avons l'intime conviction qu'ils nous respectent. Je pense, en mon for intérieur, qu'il y a bien une chance pour que la Rostovie et la Fiémance puisse, la main dans la main, travailler ensemble. Nous avons des envoyés là-bas qui nous affirment que la situation a bien changé, et que la Rostovie, du moins pour le moment, a retenu des leçons de ses erreurs passées. Si nous voulons continuer sur cette voie « rédemptoriste », comme ils disent, c'est le moment où jamais.
Il tombe sous le sens que, avec les deux autres co-protecteurs, vous pourrez avoir un accès illimité et sans contraintes à toutes nos installations de défense. Nos arsenaux vous serons ouverts, et vous aurez conjointement accès à tous les plans de défense de la ville. Vous verrez, en effet, que tout notre armement est bien obsolète. Les soldats fiémançais, bien entendu, pourront vivre sans contrainte sur le territoire de la ville, et nous leur permettrons d'avoir des prix avantageux pour le logement, y compris pour loger leurs familles si besoin est. Nous avons eu récemment un exode massif dû à notre isolation récente, et nous bénéficions actuellement d'un nombre non négligeable de logements vides de… bonne qualité, pourrait-on dire.
Évidemment, nous comprendrons que cette surcharge n’apparaît pas forcément, pour vous, un bienfait. À part, peut-être, l'avantage de pouvoir serrer de nouveau la main de la Rostovie, ou peut-être, éventuellement, avoir une base dans la mer de Carù, avoir à votre charge la protection d'un bijou tel que Stalagmanque n'est pas vraiment un cadeau, pourrait-on dire. Nous ne savons pas quelles contributions vous pourriez demander en échange de ce sacrifice, mais nous sommes prêts à entendre vos revendications. »
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Arios
Dalmas Filiberti fit mine de réfléchir un instant...
Dalmas Filiberti : La question ne se pose pas en ces termes ; vous protéger militairement est un témoignage que nous pouvons faire de notre souhait pour Stalagmanque qu'elle demeure libre et continue d'éclairer, dans ses moyens, les autres nations du monde. Nous sommes près à payer pour que les valeurs qu'elle porte se diffusent, comme la subtilité, le raffinement de la culture, et bien d'autres. L'identité à laquelle appartient Stalagmanque, par sa nature et ses institutions, mérite aussi d'être défendue, et nous pouvons prendre en partie cela à notre charge.
Au demeurant, la reconnaissance de ce témoignage passerait selon nous par une confiance mutuelle, comme celle que vous nous accorderiez en permettant un accès facilité, sous couverture, à nos agents dans les différents comptoirs que votre Cité risque de recouvrer de par le monde, afin qu'à l'ombre de ses phares la Sérénissime accorde une place à ceux qui défendent par l'intelligence notre commune civilisation.
Dalmas Filiberti : La question ne se pose pas en ces termes ; vous protéger militairement est un témoignage que nous pouvons faire de notre souhait pour Stalagmanque qu'elle demeure libre et continue d'éclairer, dans ses moyens, les autres nations du monde. Nous sommes près à payer pour que les valeurs qu'elle porte se diffusent, comme la subtilité, le raffinement de la culture, et bien d'autres. L'identité à laquelle appartient Stalagmanque, par sa nature et ses institutions, mérite aussi d'être défendue, et nous pouvons prendre en partie cela à notre charge.
Au demeurant, la reconnaissance de ce témoignage passerait selon nous par une confiance mutuelle, comme celle que vous nous accorderiez en permettant un accès facilité, sous couverture, à nos agents dans les différents comptoirs que votre Cité risque de recouvrer de par le monde, afin qu'à l'ombre de ses phares la Sérénissime accorde une place à ceux qui défendent par l'intelligence notre commune civilisation.
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Rezzacci
Don Cipiglio resta interdit un moment. Il savait, comme tout un chacun, que Stalagmanque était de loin la ville la plus cultivée, la plus belle, la plus riche et la plus intéressante au monde, et qu'il était du devoir de tout homme civilisé de la défendre au prix de sa vie. Mais ça, c'était ce qu'on disait devant les médias, jamais on n'y songerait pour de vrai.
« Je devrais bien évidemment en discuter avec mes confrères, mais je crains qu'il n'y ai une chose que vous surestimiez, qui est notre capacité à recouvrir nos comptoirs. Cela prendra du temps, bien évidemment. Nous n'avons plus la force militaire qui nous permit de construire notre premier empire, et je doute que nous ayons autant de poids diplomatique que lorsque nous avons bâti le second, bien pathétique aux yeux du premier. Alors, oui, je ne vois rien qui contrerait le fait d'autoriser la Fiémance à pouvoir interagir avec nos comptoirs, pour la simple et bonne raison que nous n'en avons plus.
Par exemple, parmi les derniers que nous avions en date, eh bien, ils se trouvent justement intégré au Royaume de Fiémance. Autrefois, ils appartenaient à Riviera, ou quelque chose comme ça, je ne me souviens plus trop. Je n'ai plus, non plus, le souvenir du nom des comptoirs… Si, Zerbia, ça je m'en souviens. Mais ils ont été perdus, et je ne vois pas comment nous pourrions les récupérer. Comprenez bien que nous serions plus qu'enchantés de pouvoir vous laisser libre accès à Zerbia, par exemple, si nous récupérions la zone. »
« Je devrais bien évidemment en discuter avec mes confrères, mais je crains qu'il n'y ai une chose que vous surestimiez, qui est notre capacité à recouvrir nos comptoirs. Cela prendra du temps, bien évidemment. Nous n'avons plus la force militaire qui nous permit de construire notre premier empire, et je doute que nous ayons autant de poids diplomatique que lorsque nous avons bâti le second, bien pathétique aux yeux du premier. Alors, oui, je ne vois rien qui contrerait le fait d'autoriser la Fiémance à pouvoir interagir avec nos comptoirs, pour la simple et bonne raison que nous n'en avons plus.
Par exemple, parmi les derniers que nous avions en date, eh bien, ils se trouvent justement intégré au Royaume de Fiémance. Autrefois, ils appartenaient à Riviera, ou quelque chose comme ça, je ne me souviens plus trop. Je n'ai plus, non plus, le souvenir du nom des comptoirs… Si, Zerbia, ça je m'en souviens. Mais ils ont été perdus, et je ne vois pas comment nous pourrions les récupérer. Comprenez bien que nous serions plus qu'enchantés de pouvoir vous laisser libre accès à Zerbia, par exemple, si nous récupérions la zone. »
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Arios
Dalmas Filiberti : Le recouvrement des comptoirs de Santa-Gioana, Santa-Maïetta, Zerbia et Battagia n'est pas envisageable dans leur totalité, car la nature des institution a changé à Rivea. Je ne doute pas que vous avez suivi l'entrée de cette République dans le Royaume de Lurie orientale, qui suit le droit et le gouvernement central fiémançais.
Néanmoins, et toujours dans le cadre de la reconstruction de nos échanges, nous sommes disposés à restituer l'un d'eux à Stalagmanque dans l'intérêt de son rayonnement, et si sa protection militaire n'engage pas une présence autre que purement stalagmantaise. Le rayonnement de Stalagmanque doit faire partie de notre stratégie culturelle.
Zerbia, selon un tracé de frontières modifié dans l'intérêt de la cohérence économique des vallées, peut et doit revenir sous la bannière stalagmantine.
Il sortit les documents sur tablette électronique.
http://nsa38.casimages.com/img/2016/04/05/160405101849854554.png
http://nsa38.casimages.com/img/2016/04/05/160405101849643610.png
Vous pouvez remettre à votre souvenance la position de Zerbia, dont les frontières doivent changer afin de s'allonger vers les alpages. En tous, ce sont 50 000 hectares de haute, moyenne et basse montagne qui peuvent intégrer les comptoirs stalagmantins. Cela entre dans la balance, si vous le voulez bien.
Néanmoins, et toujours dans le cadre de la reconstruction de nos échanges, nous sommes disposés à restituer l'un d'eux à Stalagmanque dans l'intérêt de son rayonnement, et si sa protection militaire n'engage pas une présence autre que purement stalagmantaise. Le rayonnement de Stalagmanque doit faire partie de notre stratégie culturelle.
Zerbia, selon un tracé de frontières modifié dans l'intérêt de la cohérence économique des vallées, peut et doit revenir sous la bannière stalagmantine.
Il sortit les documents sur tablette électronique.
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Vous pouvez remettre à votre souvenance la position de Zerbia, dont les frontières doivent changer afin de s'allonger vers les alpages. En tous, ce sont 50 000 hectares de haute, moyenne et basse montagne qui peuvent intégrer les comptoirs stalagmantins. Cela entre dans la balance, si vous le voulez bien.
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Rezzacci
Don Cipiglio jeta un œil sur la tablette. Tout d'abord, il n'avait pas eu l'occasion d'en voir souvent. Il préférait mener ses affaires sur papier que par informatique, le réseau électronique de Stalagmanque étant suffisamment médiocre pour ne pas lui faire confiance. Aussi profita-t-il de cette merveille technologique qu'on lui présentait.
Mais ce fut quelques secondes plus tard qu'il réalisa ce que Filiberti venait de lui proposer.
« Attendez, je, euh… nous… le comp… enfin, le, je, hem… Je vous prie de m'excuser un moment, s'il-vous plaît. »
Il se leva, la tablette toujours en main, pour se diriger vers ses confrères qui s'étaient mis à parler de vive voix. Les discussions devenaient houleuses et animées, et chacun voulait jeter un œil
La Fiémance devait vraiment avoir besoin d'un avant-poste dans la mer de Carù pour proposer tout un comptoir en tant que « compensation ». La situation y était-elle si tendue ? Les experts géopolitiques de Stalagmanque n'en faisaient pas état ; peut-être serait-il temps d'en changer…
Don Cipiglio revint s'asseoir enfin, après avoir réussi à soutirer un consensus provisoire du Sénat.
« Je dois vous dire, monsieur, que nous ne nous attendions pas à ça. C'est… c'est véritablement un honneur de pouvoir accepter cette condition.
Vous vous souvenez, j'espère, de la méthode d'administration des comptoirs stalagmatins. Un gouverneur stalagmantin sera nommé pour s'en occuper, et il prendra, parmi les autochtones, un conseiller qui lui servira de bras droit. Nous cherchons à avoir, au minimum, 80 % de locaux qui oeuvrent dans l'administration comptoriale, et nous ne cherchons pas à nous immiscer dans les affaires Les lois stalagmantine et locales s'appliquent en même temps avec, en cas de contradiction, préséance de la loi stalagmantine. Je me souviens d'un temps où certains comptoirs d'importance avaient leur propre parlement et votaient leurs propres lois… Mais c'est de l'histoire ancienne, tout cela. Nous nous impliquons généralement grandement dans le développement économique du comptoir, avec, en contrepartie, la possibilité d'exploiter les ressources naturelles et de les importer à Stalagmanque.
Mais ce sont des conditions classiques et tout à fait honnêtes, je le pense. Nous sommes, comment dire ? Ravis, vraiment, de voir cela entrer dans la balance. Si nous arrivons jusqu'au bout des négociations, vous pourrez, de manière éternelle et définitive, compter sur l'amitié de Stalagmanque. »
Mais ce fut quelques secondes plus tard qu'il réalisa ce que Filiberti venait de lui proposer.
« Attendez, je, euh… nous… le comp… enfin, le, je, hem… Je vous prie de m'excuser un moment, s'il-vous plaît. »
Il se leva, la tablette toujours en main, pour se diriger vers ses confrères qui s'étaient mis à parler de vive voix. Les discussions devenaient houleuses et animées, et chacun voulait jeter un œil
La Fiémance devait vraiment avoir besoin d'un avant-poste dans la mer de Carù pour proposer tout un comptoir en tant que « compensation ». La situation y était-elle si tendue ? Les experts géopolitiques de Stalagmanque n'en faisaient pas état ; peut-être serait-il temps d'en changer…
Don Cipiglio revint s'asseoir enfin, après avoir réussi à soutirer un consensus provisoire du Sénat.
« Je dois vous dire, monsieur, que nous ne nous attendions pas à ça. C'est… c'est véritablement un honneur de pouvoir accepter cette condition.
Vous vous souvenez, j'espère, de la méthode d'administration des comptoirs stalagmatins. Un gouverneur stalagmantin sera nommé pour s'en occuper, et il prendra, parmi les autochtones, un conseiller qui lui servira de bras droit. Nous cherchons à avoir, au minimum, 80 % de locaux qui oeuvrent dans l'administration comptoriale, et nous ne cherchons pas à nous immiscer dans les affaires Les lois stalagmantine et locales s'appliquent en même temps avec, en cas de contradiction, préséance de la loi stalagmantine. Je me souviens d'un temps où certains comptoirs d'importance avaient leur propre parlement et votaient leurs propres lois… Mais c'est de l'histoire ancienne, tout cela. Nous nous impliquons généralement grandement dans le développement économique du comptoir, avec, en contrepartie, la possibilité d'exploiter les ressources naturelles et de les importer à Stalagmanque.
Mais ce sont des conditions classiques et tout à fait honnêtes, je le pense. Nous sommes, comment dire ? Ravis, vraiment, de voir cela entrer dans la balance. Si nous arrivons jusqu'au bout des négociations, vous pourrez, de manière éternelle et définitive, compter sur l'amitié de Stalagmanque. »
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Arios
Dalmas Filiberti : C'est nous qui vous sommes redevables au sens ou malgré le défaut qui a agité ses institutions, Stalagmanque s'était rendue acquéreuse auprès de la République de Rivéa des territoires côtiers dont les réalités politiques du moment nous empêche de garantir le retour en bonne et due forme sans créer un remue-ménage institutionnel et électoral, avec déstabilisation de la nation lurienne au sein des territoires de droit et de couronne fiémançais.
Si le comptoir appuie le rayonnement de Stalagmanque, davantage que ses citrons et ses fromages en eux-mêmes mais par sa simple existence, alors nos deux Etats en sortiront grandis et avec eux le projet impérial qui se dessine.
Si le comptoir appuie le rayonnement de Stalagmanque, davantage que ses citrons et ses fromages en eux-mêmes mais par sa simple existence, alors nos deux Etats en sortiront grandis et avec eux le projet impérial qui se dessine.