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Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/5/e/a/anniversaire_joyeux9-16245fe.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/4/e/f/anniversaire_joyeux9-16245ff.jpg[/img][/url]
La Playa del Sol, à Hispalis, située dans une anse</center>


Au bout de quelques stations de métro et de dix minutes de marche, j'arrivai enfin à la Playa del Sol, celle que m'avait conseillée l'hôtesse d'accueil de mon palace.
Je redoutais un peu son caractère public : en Adélie, c'était souvent signe d'immondices, d'entassement et de désagréments.
Mais à ma grande surprise, l'on m'avait dit vrai : il n'y avait que peu de touristes sur la grève, et, d'après ce que me disaient mes oreilles, ils étaient essentiellement germaniques. Il y avait, de toute évidence, un couple de Quantariens, puisque leur serviette-éponge en portait les couleurs, de façon bien chauvine d'ailleurs...

Au bout de quelques minutes de marche, je parvins enfin à trouver un lieu qui me convenait vraiment, mais la propreté était exemplaire. Au moment où je sortais ma serviette de plage, je vis justement un agent de nettoyage, dans sa combinaison verte et jaune fluorescente, qui passait avec sa pince mécanique et son sac-poubelle. Je lui dis bonjour, il me répondit avec le sourire et je lui dis, dans un castillan qui s'était un peu amélioré, qu'il ne devait pas avoir énormément de travail au vu de la propreté des Numanciens.
Il rit un peu et me répondit qu'en réalité, les Numanciens n'étaient pas spécialement plus propres que les autres mais que l'État, les collectivités locales et les municipalités dépensaient énormément d'argent pour assurer la propreté des espaces publiques, et ce partout dans le pays. J'étais donc détrompé !

Je me déshabillais rapidement, étalai ma crème solaire si généreusement offerte par l'hôtel, puis décidai de me baigner un peu. Je pénétrai précautionneusement dans la Mer de Médie, sous un soleil de plomb, et distinguai au loin de gros méthaniers qui partaient du port industriel de la ville. Après avoir fait un peu trempette dans une eau claire et assez chaude, je ressortis pour me sécher et bronzer un peu, histoire de prouver que j'étais bel et bien allé au Numancia !

Alors que je sortais de l'eau, je voyais que le couple de Quantariens discutait de façon assez musclée avec un Garde Civil, que je reconnus à son étonnant couvre-chef. Je tâchai d'écouter sans me faire repérer et compris rapidement que le "gendarme" reprochait à la jeune femme d'avoir mis un bikini, qui était bien malséant pour un pays prude et puritain comme le Numancia. L'agent lui demanda fermement de mettre un maillot de bain une-pièce ou de se rhabiller, ce qu'elle fit avant de partir avec son fiancé, visiblement furieuse.
On ne badine pas avec la loi numancienne ! L'attentat aux bonnes mœurs n'est jamais très loin dans une nation aussi bigote !


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Des Gardes Civils lors d'une cérémonie d'enterrement de l'un des leurs, à Hispalis</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/5/2/d/temple-de-debod-5--1ea9f96.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/e/e/e/temple-de-debod-5--1ea9f97.jpg[/img][/url]
Le Temple de Debod, sur l'esplanade du même nom, de nuit, à Hispalis</center>


Je gravis quelques marches supplémentaires, un peu ardues, et aidai même une jeune numancienne à transporter son enfant, qui se trouvait dans une poussette, et arrivait enfin sur la fameuse Esplanade de Debod, au nom si exotique et orientalisant.
Entre les palmiers et les palétuviers, probablement importés du Zanyane ou d'Ikagura, s'élevait une vaste perspective faite de bassins envahis par les algues ornée d'arcades de grès et de granite, de colonnades et de faux vestiges dans le goût égyptien, babylonien ou sumérien. Je m'approchai de la plaque explicative et y lus : "A los egiptólogos numánticos que hicieron progresar la ciencia y el saber humano - El Reino Canovista de Numancia agradecido - Don Enrique Somoza, 1997".
Je traduisis machinalement dans ma tête : "Aux égyptologues numanciens qui ont fait avancer la science et le savoir humain - Le Royaume Canoviste du Numancia reconnaissant - Don Enrique Somoza, 1997"

Ainsi donc, le plus célèbre architecte numancien officiait déjà en 1997 ! L'ensemble était assez imposant, mais je regrettais de ne pas le voir de nuit, au vu des nombreux spots qui étaient installés le long des colonnes : le tout devait être fantasmagorique ! Après les quelques clichés de rigueur, je décidai de m'assoir un peu sur un banc, contemplant l'édifice, qui était visiblement visitable, les passants avec leurs chiens en laisse, les couples avec leur landau, les marcheurs et les coureurs...

Le soleil était à son zénith, j'étouffais sous la chaleur harassante de la capitale numancienne malgré l'air marin qui revenait de la mer. Mais bien sûr ! La mer ! La plage !
J'avais prévu mon maillot de bain dans mes affaires et pouvais tout à fait aller me baigner sur une plage hispalienne. En un tournemain, je reprenais le métro Plaza de Numancia puis retournai à mon hôtel, Plaza de la Villa. A la réception, je demandais à l'hôtesse d'accueil où l'on pouvait trouver des plages privées - je détestais les plages publiques, souvent mal entretenues, bondées, où l'on se faisait accoster par n'importe qui !
Elle me regarda un instant, interdite, puis me sourit et me dit : "Il n'y a pas de plages privées à Hispalis. D'ailleurs, je ne crois pas qu'il y en ait au Numancia ! En revanche, vous pouvez tout à fait aller sur la Playa del Sol, qui est la plus connue des grèves de la capitale. Vous verrez, il y a peu de monde. Les Numanciens détestent généralement les bains de soleil et les baignades dans la mer. Avez-vous de la crème solaire ?"

C'était à mon tour de rester stupéfait quelques secondes face à sa question, dont je ne savais si elle était sérieuse.
Je répondis, balbutiant : "Non... je ne crois pas." La jeune femme fouilla alors dans un petit placard situé derrière elle et en sortit un flacon de lait solaire.
"Tenez, cadeau de la maison."

Voyant que j'étais très surpris par son geste, elle me précisa :
"C'est une obligation légale : au regard de la loi nationale, nous devons fournir de la crème solaire à tous nos clients dont nous savons qu'ils vont aller sur une de nos plages, afin de les prévenir des risques de coups de soleil et de cancer de la peau. Bonne après-midi ensoleillée, Monsieur !"


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/1/8/e/mare-menor-plage-...anga-7065-e096f3.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/0/e/3/mare-menor-plage-...anga-7065-e096f4.jpg[/img][/url]
La Playa del Sol, à Hispalis, en heure creuse, décidément aussi peu fréquentée par les Numanciens que l'hôtesse de l'hôtel l'avait dit au touriste adélien !</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/24/6/9/b/xe6cd00z-1e9eaf9.jpg.htm][img]http://img24.xooimage.com/files/8/9/4/xe6cd00z-1e9eafa.jpg[/img][/url]
La Plaza de Numancia, visitée par le touriste adélien</center>


Après la relève de la garde et quelques autres salles plus anodines et quelconques, la visite du Palais Royal d'Occident se finit enfin et je décidai, sur ma lancée, d'entreprendre la visite d'un autre lieu célèbre de la capitale afin de m'imprégner pleinement du lieu.
Sur le plan que m'avait fourni la réception de l'hôtel, je remarquai un petit logotype en lieu et place de la Plaza de Numancia - Place du Numancia, nom prometteur. Tout un programme ! Je repérai la station de métro éponyme, sur la ligne dix, et y arrivai rapidement.

L'immense place se trouvait tout au bout de la Gran Vía, prestigieuse artère commerçante du centre, et offrait un panorama impressionnant, avec ses grands immeubles dans le style art décoratif, ses fontaines, ses bancs, ses étendues herbeuses, ses flâneurs et ses passants.
J'admirai notamment le siège de l'Institut National des Statistiques, en forme de fer à repasser, énorme temple du chiffre, des prévisions et des prospections.

Après quelques minutes à photographier ce lieu immense, je descendis le place et me retrouvai rapidement de l'autre côté de la Calle de Páez, qui la séparait en deux. L'autre partie était certes plus modeste mais était ornée d'une très belle sculpture commémorative où des soldats gisants s'entremêlaient avec des fusils, des baïonnettes et des canons d'artillerie, le tout dans un style dix-neuvièmiste. Le tout était surmonté par un immense ange en fonte qui portait un drapeau numancien et semblait hurler - de douleur, de vengeance... ?

En remontant un peu un chemin en pente douce, je me dirigeai vers ce que mon plan nommait Esplanade de Debod. Le nom me semblait exotique et m'intriguait. Je m'arrêtai un instant car, à côté d'un parc de jeu pour enfants, car s'élevait là une très belle statue d'un écrivain numancien, une religieuse du XVIème siècle, Sor Juana Inés del Carmen.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/4/4/7/monument-sor-juan...-la-cruz-1c1daf9.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/3/1/5/monument-sor-juan...-la-cruz-1c1dafa.jpg[/img][/url]
La statue de Sor Juana Inés del Carmen</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/9/8/6/es_-_madrid_-_pal...do_trono-1e87e1a.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/1/2/5/es_-_madrid_-_pal...do_trono-1e87e1b.jpg[/img][/url]
L'ancienne salle du trône du Palais Royal d'Occident</center>


Nous nous mîmes ensuite à visiter les parties publiques du Palais Royal, notamment plusieurs salons sublimes à l'éclairage tamisé, mal climatisés toutefois puisque, malgré la chaleur caniculaire à l'extérieur, il y régnait un froid glacial contre lequel étaient censé lutter naguère toutes ces immenses cheminées.

Nous nous retrouvâmes notamment dans une sublime salle de tentures où était exposé un chef-d'œuvre de la tapisserie renaissante, tentures au nombre de six, exposant pour les cinq premières un sens chacune (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) et, pour la dernière, le fameux sixième sens, jamais véritablement élucidé. Cette série de broderies portait le nom, d'après la guide, de Dame à la Licorne (La Dama y el Unicornio), et m'intriguait fortement. La sixième tapisserie portait le nom de "A mon seul désir" et était généralement interprété comme l'amour et la miséricorde.

Mais nous ne nous attardâmes pas réellement dans cette pièce puisque nous visitâmes ensuite l'ancienne salle du trône, qui n'était désormais plus utilisée, sauf dans le cas des cérémonies exceptionnelles et particulièrement symboliques. Des lions en or massif gardaient une petite estrade sur laquelle étaient installés deux magnifiques fauteuils rembourrés où siégeaient jadis le Roi et la Reine du Numancia - "los Reyes", comme on avait l'habitude de les appeler collectivement ici.

Nous descendîmes ensuite vers la Cour d'Honneur, où une relève de la Garde Royale ("Guardia Real") devait avoir lieu incessamment...


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/8/4/2/5/licorne-a-20mon-2...-20desir-1172067.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/a/6/8/licorne-a-mon-seul-desir-1e880d9.jpg[/img][/url]
Le sixième sens de La Dame à la Licorne, où l'on distingue, outre une tente, un lion, un macaque, des lièvres, des lévriers...</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/45/4/3/4/200706120022_26_4_0_gra-1e771c8.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/1/c/7/200706120022_26_4_0_gra-1e771c9.jpg[/img][/url]
L'armurerie du Palais Royal d'Occident</center>


Par chance, j'étais tombé sur un jour de visite et pris donc ma place dans la file qui s'étendait sur l'Esplanade de la Gloire, devant l'entrée du public.
J'entendais toutes les langues dans cette queue : de l'espagnol, bien sûr, mais également de l'anglais, de l'allemand, du russe...
Je tombai par hasard sur un concitoyen adélien et nous discutâmes un peu pendant que la file avançait petit à petit. La chaleur était écrasante et les chapeaux, casquettes et ombrelles étaient de sortie.
L'autre touriste britannique venait de Barrow et c'était la troisième fois qu'il venait en voyage au Numancia : il avait déjà visité Vadeable et Emerita Augusta, deux autres villes qui n'étaient malheureusement pas à mon programme.
Une fois à l'intérieur, je pris un billet pour à peine trois euros - l'entrée était réduite pour tous les citoyens almérans - et suivis un guide qui nous faisait signe de nous regrouper un petit attroupement d'une quinzaine de touristes. Sur le badge de la jeune femme, je lus qu'outre le castillan, elle maîtrisait l'anglais, l'allemand, le russe et l'italien, ce qui me parut être une véritable gageure. Elle débita alors en un flot ininterrompu son long discours sur la date de construction du Palais Royal d'Occident, ses premiers occupants, son architecte, le nombre de pièces, de mètres carrés, de cheminées, de fenêtres, de marches d'escalier, le style, les dorures, les sculptures, les tapisseries, les tentures, les rideaux, les tables, les chaises, les canapés, les bergères, les voltaires, les secrétaires, les commodes, les armoires normandes, les lustres, les candélabres, les terrasses... J'appris par la même occasion que les parties privées occupaient la majeure partie du palais, dans l'aile Isabel Ière, récemment rebaptisée en l'honneur de la défunte Reine.
Nous allions visiter, outre la Cour d'Honneur, l'armurerie, la pharmacopée et la quasi totalité de l'aile Felipe I.

Nous nous mîmes alors rapidement en route et commençâmes par visiter la Place de l'Armurerie, qui faisait office de Cour d'Honneur et donnait de l'autre côté de l'imposant portail sur le Temple Réformé Central d'Hispalis. Les réverbères, faits en fonte et en or fin, étaient sublimes avec leurs figures d'angelots et de fleurs de lys. Nous pûmes prendre quelques clichés, puis nous nous dirigeâmes vers l'armurerie, qui m'impressionna par sa taille et le nombre de ses pièces. Nous découvrîmes des plastrons, des heaumes, des plates, des cottes de mailles, des hauberts, des jambières, des genouillères, des gorgerins, des cuirasses, des spalières, des cubitières, des gantelets, des solerets et des harnois à profusion.

Nous entrâmes ensuite dans la pharmacopée, où les apothicaires royaux préparaient jadis les remèdes pour le souverain ou son entourage. L'herboristerie me surprit par ses étagères à perte de vue, avec des bocaux remplis d'onguents et de crèmes diverses.
Mais nous passâmes assez vite à l'aile Felipe Ier, qui réservait encore bien des surprises...


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/26/b/6/2/index2-1b4756b.jpg.htm][img]http://img26.xooimage.com/files/0/3/4/index2-1b4756d.jpg[/img][/url]
L'herboristerie du Palais Royal d'Occident</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/6/8/7/madrid-11-1e60541.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/f/2/b/madrid-11-1e60542.jpg[/img][/url]
La Place d'Occident, juste devant le Palais Royal d'Occident, à Hispalis</center>


Après mon plantureux repas dans ce fameux "Musée du Jambon", je sortis pour me dégourdir les jambes et continuer ma visite de cette capitale qui se révélait plus riche à chaque heure.
Je me divertissais quelques instants sur la Puerta del Sol, écoutant des mariachis originaires de Cubalivie, puis repartis en sens inverse, dans la Calle del Arenal, où je contemplais les superbes bâtiments haussmanniens tout en gardant le nez à portée humaine. Je distinguai également une très belle église, "la Iglesia de San Jerónimo", et, dans un autre registre, les artistes de rues qui, déguisés d'une manière particulière (depuis le mineur jusqu'à l'homme invisible en passant par l'ange ou le toréro), restaient immobiles et recevaient régulièrement des pièces ou même des billets. Impressionné par l'impavidité de l'homme grimé en mineur, avec son casque, sa pioche et sa lanterne, je lui donnai un billet d'une latinia.
Je continuai à déambuler et j'arrivai alors sur la place de l'opéra, baptisée Plaza de Lorenzo Iero, en hommage à un Roi dont j'avais oublié les dates de règne. L'opéra n'étant sans doute pas le monument le plus impérissable de la ville : il s'agissait d'une masse blanchâtre surmontée d'un toit couleur vert-de-gris sans réel intérêt, mais la place Lorenzo Ière était en revanche sublime et presque entièrement piétonnière. Je m'assis sur un banc quelques instants puis décidai de prendre la Calle de Felipe Iero, sans vraiment savoir où je me rendais. Cela n'importait pas réellement : j'étais dans le centre, tout près de la station de métro Ópera, et n'étais donc pas perdu.

Je débouchai rapidement sur la sublime Place d'Occident, dont on m'avait dit grand bien et que tous les dépliants touristiques vantaient comme l'un des lieux les plus majestueux du Numancia.
Les descriptifs ne mentaient pas : une immense fontaine centrale ornait un parc symétrique, planté de pins et de peupliers, qui donnaient sur plusieurs petits cafés aux terrasses bondées et bruyantes. Je m'approchai de ladite fontaine pour observer la statue équestre bâtie en 1966 en l'honneur du plus grand souverain de l'histoire numancienne, Felipe Ier. Plusieurs groupes de touristes almérans ou makarans prenaient des photographies en discutant bruyamment.

Mais ce que je discernai derrière le parc me ravit davantage encore : le Palais Royal d'Occident imposait sa stature néoclassique, à la fois énorme et légère, avec ses fenêtres à chambranles et espagnolettes, ses clochetons, ses cheminées et ses sculptures représentant les premiers rois germaniques du Royaume Suève d'Hispalis. Ils portaient d'ailleurs de bien étranges noms, logés dans leur alcôve : Récarède, Léovigild, Herménégild, Liouwa...

Plusieurs Gardes Civils montaient la garde dans leur guérite, à côté d'immense portes cochères qui donnaient sur les parties privées du Palais Royal. Les somptueuses parties publiques pouvaient en effet être visitées un jour sur trois en période printanière ou automnale et un jour sur deux en période estivale et je me décidai donc : je voulais voir à quoi ressemblait une partie des appartement du Roi du Numancia !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/b/1/b/calle-del-arenal-1c1dacc.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/9/2/e/calle-del-arenal-1c1dacd.jpg[/img][/url]
Les immeubles haussmanniens de la Calle del Arenal</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/4/d/e/11-puerta-del-sol-1e5638c.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/1/a/5/11-puerta-del-sol-1e5638d.jpg[/img][/url]
La statue équestre de Gonzalo Ier érigée sur la Puerta del Sol</center>


Le bâtiment du Conseil Provincial, avec ses clochetons et son horloge, était charmant, et toute la place de la Puerta del Sol était véritablement superbe. Entre deux fontaines et plusieurs bancs s'élevait une immense statue équestre et grillagée d'un souverain numancien dont le nom était gravé dans le granite : Gonzalo Ier.
Il était étrange de voir un monument à la gloire d'un Roi pour un Adélien, au vu de la haine qui était vouée à la monarchie dans mon pays ! Toutes les statues en l'honneur des Rois de l'Empire d'Urvilie avaient été déboulonnées et détruites en leur temps.

Plongé dans mes pensées, je fus brusquement rappelé à la réalité par un homme qui hurlait à l'autre bout de la rue : "¡Compro oro! ¡Compro oro!"
Je reconnais au panneau qu'il agitait en l'air qu'il s'agissait d'un de ces démarcheurs des rues, engagés par des prêteurs sur gage, pour acheter de l'or et d'autres matières précieuses. Le prêt à usure était assez courant dans ce pays, d'après ce que j'avais compris.
Un autre vendeur m'interpella tout aussi fortement, alors que je passais à côté de lui, pour me vendre un billet de loterie. Je refusai poliment, n'aimant guère les jeux de hasard, mais un autre acheteur, un Numancien, visiblement, se précipita vers lui et en acquit pas moins de trois. Je me souvins alors que l'on m'avait dit à l'hôtel que les Numanciens adoraient les jeux de hasard ou de grattage et qu'il s'agissait-là d'une des principales ressources complémentaires de la Couronne. Que d'étrangers mœurs !

Mon ventre gargouilla et je compris alors qu'il fallait vraiment que je trouve un restaurant ! Je déambulai dans la Calle Mayor, sans me presser, et contemplai les frontons des nombreux théâtres. Il m'avait déjà semblé que les Numanciens appréciaient énormément tout type de spectacle, aussi bien la tauromachie que le théâtre, le cinéma ou les événements comme le Concours Mondiovision de la Chanson, qui s'était déroulé aux Arènes Royales quelques temps avant mon arrivée.

Je tirai un peu d'argent à un distributeur de la Banque Nationale Numancienne, qui détenait apparemment le monopole à travers un conglomérat, puis rentrai dans un "Musée du Jambon" (le nom me fit rire plusieurs fois), où l'on me fit signe de monter à l'étage afin d'y trouver la salle de restauration. Elle était spacieuse mais bondée et l'un des serveurs me fit signe de patienter, le temps qu'il débarrassât et dressât une table libre. Je m'occupai en regardant tout autour de moi; à droite se dressait le comptoir, où étaient affairés divers employés.
Face à moi, des dizaines de tables remplissaient un salon lambrissé, orné de lustres et d'appliques anciennes, dont le style contrastait totalement avec celui du rez-de-chaussée, moderne et froid.

Au bout de dix minutes, je pus enfin m'assoir, alors qu'un couple qui bavardait en espagnol descendit pour sortir.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/9/a/7/museo_de_jamon_pu..._del_sol-1e56596.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/6/5/1/museo_de_jamon_pu..._del_sol-1e56597.jpg[/img][/url]
Le "Musée du Jambon" situé sur la Calle Mayor</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/44/1/6/3/estaci-n_aeropuer...e_madrid-1e4cbcd.jpg.htm][img]http://img44.xooimage.com/files/6/f/0/estaci-n_aeropuer...e_madrid-1e4cbce.jpg[/img][/url]
La station de métro empruntée par le touriste adélien pour aller dans le centre ville</center>


Après un parcours du combattant de plus de deux heures à l'Alameda de Osuna, je repris le métro pour me diriger vers la Puerta del Sol, où je voulais me restaurer.
La chaleur était insoutenable dehors mais, fort heureusement, je constatai que les stations de métro étaient entièrement climatisées. Malgré tout, plusieurs femmes âgées, probablement des Numanciennes, agitaient leur éventail ciselé et travaillé, signe de distinction dans ce bien étrange pays.

Une rame pénétra enfin dans la station et les portes s'ouvrirent. Que de monde ! Quelle foule ! Pourtant, respectueusement, les voyageurs à quai laissèrent ceux qui voulaient sortir descendre pour rejoindre l'extérieur, puis tout le monde monta dans l'ordre et le calme... mais pas sans bruit ! Ces gens étaient bavards et parlaient fort ! De vraies pipelettes !

Je pus enfin m'assoir et me reposer quelque peu, bercé par le doux ronronnement du métro sur ses rails. A chaque station, les voix changeaient, s'apaisaient ou redoublaient.

Arrivé à la station Barrio del Pilar, je changeai pour la ligne 2, qui allait me conduire à la Puerta del Sol. J'y fus en peu de temps et je cherchais alors un restaurant sur cette grande place toujours bondée mais vraiment superbe. C'est là que je découvris le Palais de la Province, où siégeait régulièrement le conseil provincial...


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/45/0/3/4/puerta-del-sol-madrid-1e4cf49.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/8/a/8/puerta-del-sol-madrid-1e4cf4a.jpg[/img][/url]
La Puerta del Sol, à Hispalis</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/7/f/1/grotte-au-parc-du-retiro-1c2562f.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/3/4/7/grotte-au-parc-du-retiro-1c25630.jpg[/img][/url]
Une grotte artificielle à l'Alameda de Osuna</center>


Une fois sorti de la serre, je me dirigeai de nouveau vers le petit étang artificiel pour me rafraîchir. La chaleur était quasi insupportable par moments; l'on m'avait pourtant prévenu que le mercure pouvait grimper jusqu'à quarante degrés en été, mais ce n'était qu'une indication chiffrée abstraite, rien de plus. Je m'épongeai le front avec un petit mouchoir en tissu puis contournai le lac et passai sous une très belle grotte artificielle, arrosée par quelques rus torrentueux.

Le tout était agréable et frais, j'y restais donc quelques instants, assis sur un banc, voyant passer les touristes et les Numanciens qui devisaient gaiment.
Au bout de quelques minutes, je me mis de nouveau en route et, au détour d'un chemin, je tombais sur une immense place occupée par une foule assez dense, des guérites de glaciers et des vendeurs de boissons fraîches. J'achetai une bouteille d'eau glacée et me retournai vers le centre de la place.
A ma grande surprise, y trônait une immense statue d'un homme vêtu assez simplement, qui m'avait tout l'air de ressembler à Vladimir Kirov. Je m'approchai pour vérifier son identité sur la plaque en bronze et constatai qu'il s'agissait en effet du dirigeant rostov. Je déchiffrai l'inscription gravée :
"A Vladimiro Kirov, Padre de los Pueblos, Guía de los Rostovianos - El Pueblo Numántico Agradecido"

Je traduisis rapidement dans ma tête ce texte assez simple :
"A Vladimir Kirov, Père des Peuples, Guide des Rostovs - Le Peuple Numancien Reconnaissant"

Mais qu'est-ce que faisait une telle sculpture ici ?


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/4/f/1/statue-kirov-1c932e1.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/8/a/8/statue-kirov-1c932e2.jpg[/img][/url]
La statue en l'honneur de Vladimir Kirov</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/49/e/f/d/parque-del-buen-r...o-madrid-1e39fd0.jpg.htm][img]http://img49.xooimage.com/files/2/d/f/parque-del-buen-r...o-madrid-1e39fd1.jpg[/img][/url]
La Alameda de Osuna réserve nombre de surprises agréables, dans un cadre boisé et aquatique...</center>


Je fus assez surpris, en entrant dans l'immense parc de l'Alameda de Osuna, par la magnificence et la luxuriance du lieu : passée une immense grille en fer forgé et aux superbes dorures, j'entrai dans un lieu animé mais calme, fréquenté mais spacieux, où la sensation de promiscuité n'existait pas.
Je mis mes lunettes de soleil et me dirigeai vers le coin herbeux le plus proche : il n'y avait que l'embarras du choix ! Je ne pensais pas pouvoir m'allonger ainsi sur le gazon sans me faire apostropher par un gardien ou un paysagiste de passage, mais il n'en fut rien et cet hypothétique gardien eût dû faire des remontrances à des dizaines, voire des centaines de Numanciens et de touristes nonchalamment étendus.

Après une petite sieste d'une heure, je fus réveillé par les cris d'enfants s'ébrouant près d'une fontaine. Le soleil était à son zénith et je décidai donc de me promener un peu pour visiter cet immense parc qui s'avéra sublime.
J'arrivai vite près de la roseraie agrémentée de bassins et d'arches dont la femme âgée de l'hôtel m'avait tant vanté les mérites. Et elle ne s'était pas trompée ! Je m'assis quelques instants sur un banc pour contempler le paysage, dont la sérénité était à peine troublée par quelques badauds et couples un brin sentimentaux.

Je me levai ensuite pour contempler les différents bassins puis me dirigeai vers ce qui semblait être un petit lac artificiel. Arrivé sur place, je découvris ce qui semblait être une serre dans laquelle entrait une foule compacte. Intrigué, je ne fis guère attention au jet d'eau qui attirait l'attention de touristes germaniques et suivis les curieux. Vue de l'intérieur, ce pavillon de cristal était plus modeste que de l'extérieur, mais il abritait une superbe collection de plantes exotiques, dont des crocus, ma fleur préférée.

Mais il me restait encore bien des choses à découvrir...


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/0/b/d/fontaine-au-parc-du-retiro-1c25553.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/f/5/e/fontaine-au-parc-du-retiro-1c25554.jpg[/img][/url]
Le fameux jet d'eau de l'Alameda de Osuna découvert par le touriste adélien</center>
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