Rencontre tendue Quem-Numancia

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Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>RENCONTRE TENDUE QUEM-NUMANCIA</center>


Le ton était rapidement monté entre les deux nations d'origine latine, le Numancia et le Quem.
L'assassinat d'un diplomate numancien, Rodrigo del Támora, par des milices communistes sur l'île principale de l'archipel mi-chrétien, mi-hindouiste n'avait pas été condamnée par le roitelet local, qui voyait un certain intérêt à déstabiliser son ancienne métropole ou tout du moins à lui mettre des bâtons dans les roues.
Malgré tout, Sa Majesté Sérénissime Felipe V avait reçu l'autorisation d'atterrir dans la capitale du Quem, ancienne Archipel Couronné ("Archipiélago Coronado") lors de la colonisation numancienne, qui avait été rebaptisée Freetown suite à l'intrusion des Adéliens. Felipe avait toutefois décidé de la jouer ferme et de continuer à désigner les lieux tels que les explorateurs et conquistadores numanciens les avaient appelés : il atterrirait donc à Puerto Real, métropole de quatre millions d'habitants.

Il comptait bien obtenir réparation de la part du roitelet du Quem et lui imposer ses conditions, et ce d'autant plus que son régime, en pleine transition, n'était guère plus soutenu par la population, tant chrétienne qu'hindouiste, qui redoutait jadis de tomber dans le giron de l'Astara suite au Panislic Act et avait maintenant peur de voir l'Adélie, ancienne colonisatrice, de nouveau s'immiscer dans les affaires internes, militairement, politiquement ou économiquement.
Plusieurs manifestations avaient eu lieu dans les principales métropoles de cet archipel de trente-huit millions d'habitants, notamment à Puerto Real, Las Palmas (actuelle Palm Springs, deux millions d'habitants) et Zaragoza (actuelle Caesar City, un millions d'habitants) : l'écrasante majorité de la population souhaitait conserver de bonnes relations avec l'ancienne puissance colonisatrice, qui avait apporté la prospérité par le passé et semblait incarner, à tort ou à raison, la stabilité et le dynamisme économique dans le respect de valeurs et des traditions cher aux Quemiens.

L'indépendance avait été acquise sur les Numanciens plus d'un siècle auparavant, en 1898, grâce aux élites bourgeoises qui n'avaient pas su ou pas pu empêcher l'Adélie, considérée depuis lors comme un ennemi hégémonique, de reprendre l'Archipel Couronné à son compte pour le renommer White Islands (1899), puis Quem Islands (1933). Barrow n'avait jamais considéré cet archipel autrement que comme un point d'appui stratégique pour son armée et n'y avait quasiment rien investi; en revanche, l'Adélie y avait maintenu son autorité par la répression. Le peuple, qui n'avait pas participé à l'indépendance de 1898, regrettait l'époque numancienne où de substantielles aides au développement avaient été apportées.
Après l'indépendance de 1965, sur l'Adélie, seule la dynastie des Góngora, qui n'avait plus de numancien que le nom, avait voulu maintenir des liens forts avec Barrow, contre la volonté de toute la population. Mais après l'indépendance, l'Adélie s'en était totalement désintéressé dans une optique transaltévienne, totalement tournée vers le Pelabssa et la Shawiricie, ce qui avait provoqué un jeu de malentendus et n'avait guère favorisé la croissance de l'archipel.


Lorsque Felipe V atterrit dans son avion privé sur le seul aéroport international du Quem, à Puerto Real (alias Freetown), il remarqua bien vite que le développement anarchique entamé par la Couronne quemienne créait de grosses inégalités de développement. Au loin, quelques pauvres derricks à l'arrêt, totalement rouillés, signalaient les tentatives d'extraction des fantastiques ressources pétrolières de l'archipel, vite avortées.
Dans son trajet en berline noire jusqu'au "palais" royal, le Roi du Numancia remarqua des bidonvilles, aujourd'hui totalement disparus de son pays, et de nombreux immeubles coloniaux latins en ruine, jamais entretenus.
Il arriva enfin dans la demeure du Roi, Luis II, fils du premier souverain indépendant, Luis Ier, et fut introduit auprès du monarque, qui n'était visiblement pas enchanté de sa visite.
Une fois que les deux hommes furent seuls, Felipe prit la parole en premier et alla droit au but :


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/0/6/a/dyn007_original_3...0dae9d98-111095d.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/6/4/5/dyn007_original_3...0dae9d98-111095f.jpg[/img][/url]

Felipe V : Bien, Votre Majesté - dit-il ironiquement -, je n'irai pas par quatre chemins : l'assassinat de notre diplomate par vos milices communistes n'a jamais été dénoncé et déploré par vos services. Notre service d'espionnage, le CIR, pense même sérieusement que vous avez favorisé leur action, pour une fois, voire même que vous avez assassiné Don Rodrigo del Támora et maquillé ce meurtre.
Vous n'êtes guère en mesure de pouvoir encore imposer vos desiderata et vos petites combines plus longtemps, d'autant plus que la population, chrétienne ou hindouiste, est lasse de vos facéties et de votre attitude soumise à l'Adélie, Adélie qui se moque bien de vous par ailleurs.
De deux choses l'une : soit vous accédez à nos exigences et nous n'irons pas plus loin; soit nous serons obligés de vous déclarer la guerre et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour renverser votre régime fantoche qui n'a plus lieu d'être.

Nos conditions sont simples :
- Nous exigeons le désarmement total de vos forces armées, dont toutes les armes et tout le matériel devront être remis au Numancia
- La mise sous protectorat du Quem, qui deviendra désormais dominion exclusif du Numancia
- La cession de l'ensemble de vos gisements pétroliers et gaziers au Numancia
- Votre abdication et votre exil à Vadeable, dans le Nord du Numancia, où vous serez assigné à résidence et surveillé, bien que traité royalement, cela va sans dire
- La signature d'un document dans lequel vous reconnaissez officiellement la domination numancienne comme légitime; où vous affirmez que je suis le seul souverain du Quem; où vous acceptez que votre pays revienne dans le giron du Numancia, tant économiquement que politiquement ou culturellement; où vous renoncerez, vous ainsi que l'ensemble des éventuels prétendants quemiens au trône, à tous vos droits et deviendrez sujets numanciens; où vous reconnaîtrez l'Adélie comme ennemi tant du Numancia que du Quem

Ai-je été parfaitement clair ?</center>
MJ Coordinateur

Message par MJ Coordinateur »

Après quatres heures de discussions, le Quem ne voulait toujours pas cédé. Le Roi s'esclaffait même désormais, lui qui avait tant rigolé de la défaite des prédécesseurs de son homologues contre l'Astara voisin, qui capitulait en ce moment même contre des communistes du tiers-monde. C'étaient les mots du Roi du Quem.

On en vient à séparer les deux hommes qui n'échangeaient plus que par diplomates jouant les facteurs dans une aile du Palais.

à 19h, c'était clair, le Numancia partait et le Quem s'apprêtait à faire une déclaration de boycott du Numancia de la part des nations du monde, pour "ses manigances visant à l'expension d'Hispalis outre-mer".
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