Pavillon de l'Hirondelle de Bronze - Textes philosophiques et historiques du Liang

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Frederick St-Luys

Message par Frederick St-Luys »

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Thèmes: La révolte des Sept Trigrammes (II) [/center]

[justify][url=https://simpolitique.net/posting.php?mode=quote&f=1253&p=360051#pr360051](suite du post précédent)[/url]

Or, durant cette période, les récoltes avaient été médiocres, et de nombreux mandarins avaient commis des abus de pouvoir qui n'avaient pas été correctement punis, comme le prescrivait la loi. Nombre d'hommes et de femmes appartenant aux peuples Tayars, Alken, Raïga, mais aussi aux Telenge et aux Kuchi lurent ou se firent lire les manifestes de Gai De, et crurent à ses mensonges...

Tout l'ouest fut alors en proie à une forte agitation, car cela se déroulait au moment de la grande grève des ouvriers travaillant au chemin de fer de Jizhou à Karashand. Les mandarins du Situ atermoyèrent, et refusèrent de considérer que les habitants de l'ouest s'abandonneraient de la sorte aux superstitions et aux paroles d'un homme manifestement fou. Néanmoins, il en fut ainsi, et bientôt des émeutes se produisirent à Heilar, Tashakhur, Tokkan et Ylan. Des hommes de confiance de Gai De y soulevèrent le peuple, et les garnisons ne purent pas toujours les contenir.

Alors, Gai De assembla son armée, et descendit des hautes terres vers Anfan. Il était accompagné de ses Douze Apôtres à la Puissance Martiale de Tigres, de ses Epouses Christiques Célestes, et de trente mille rebelles. Il faisait avancer devant lui des bannières portant un dragon et une grande croix, tandis que des hommes criaient tout haut que le Christ Cosmique allait les libérer de l'oppression des mandarins liang. Ils affirmaient que toute personne périssant dans la lutte pour leur cause connaîtrait une existence éternelle de joie et de richesse dans le Monde Elyséen, où ils seraient servis par des bouddhas nommés "archanges".

C'est seulement à ce moment que le commandement suprême des forces militaires découvrit le sérieux de la situation, et dépêcha une armée pour vaincre les rebelles. Ils obtinrent également l'assistance de plusieurs tribus loyales des Telenge et Xilkin. Grâce à ces forces, ils parvinrent à les empêcher de s'emparer d'Anfan et de Karashand, mais plusieurs autres cités tombèrent.

Pendant encore plusieurs années, ces éléments séditieux causèrent de grands dommages dans tout le sud-ouest du pays, sans qu'il soit possible de les chasser et de les vaincre. Partout, Gai De faisait édifier des temples qu'il nommait "églises cosmiques", et d'où ses hommes de main répandaient leurs mensonges pour semer la confusion parmi le peuple. Les gens ordinaires étaient incités à rejeter le bon ordre, et à tuer les représentants de l'Etat. De nombreux mandarins, instituteurs et citoyens loyaux connurent alors une détestable fin...[/justify]
    [center]Extrait du tome XXIXème de l'histoire liangoise de l'historien Du Zhu (1850-1934)[/center]
    Frederick St-Luys

    Message par Frederick St-Luys »

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    Thèmes: La révolte des Sept Trigrammes (III) [/center]

    [justify][url=https://simpolitique.net/posting.php?mode=quote&f=1253&p=360223#pr360223](suite du post précédent)[/url]

    Cela cause une grande misère dans tout le sud-ouest du pays. Nombre des habitants choisirent de prendre la fuite, et de s'installer dans les grandes villes des Dix-Sept Préfectures, où ils devinrent ouvriers des usines, ou alors dans l'ouest, aux confins du Haixi, où ils participèrent à l'ouverture des mines de charbon. Nombre des tribus des Telenge Heiliari migrèrent vers le nord pour échapper aux assassinats religieux, et d'autres occupèrent leurs terres, ce qui devait causer par la suite de grands torts.

    Le général Jiang Jiao avait alors été nommé par le Protectorat à la tête des forces de pacification du sud-ouest. Il était doté de trente mille cavaliers, dont vingt mille auxiliaires tribaux telenge, et de soixante mille soldats d'infanterie des divisions des drapeaux bleu, vert et gris. Voyant que les tentatives précédentes d'entrée dans le sanctuaire des rebelles, situé dans les montagnes accidentées de Korlaghan, avaient échoué, il décida de mettre à bas la rébellion progressivement, comme la nasse se referme sur les poissons. Il positionna ses forces d'infanterie dans des forts bien défendus, à des endroits stratégiques tout autour des hautes terres, et intervint partout où cela était nécessaire à l'aide de la cavalerie. En même temps, les mandarins avaient pour ordre de ne pas laisser passer le moindre convoi de vivres en direction des régions tenues par les rebelles.

    Rapidement, ceux-ci furent expulsés des villes par la population affamée, et Jiang Jiao fit son entrée dans Heliar durant la 326ème année du règne de l'empereur Yuntian [1872]. La révolte durait alors depuis dix ans, avait coûté des millions de jia, et près de deux cent milliers de vies humaines. Cela alarma le gouvernement de Jizhou, dont le trésor était alors très réduit, et qui devait financer le rachat des compagnies ferroviaires en faillite de l'ouest .

    Jiang Jiao continua malgré tout sa campagne, et reprit durant les années qui suivirent Korlaghan, Tashakhur, Tokkan et Ylan. Il profita du soulèvement des tribus Raïga et Alken contre le prétendu Christ Cosmique pour soutenir ces peuples, et les ramener dans le giron du Protectorat. Bientôt, seules les vallées escarpées et arides des Hautes Terres demeurèrent sous le contrôle des partisans des Sept Trigrammes.

    Le 8ème jour du mois du lotus de la 331ème année du règne de l'empereur Yuntian [1877], le roi céleste Gai De mourut. Certains disent qu'il s'étouffa avec des pépins d'une grenade qu'il mangeait, alors qu'il était ivre. Ses principaux commandants, les Douze Apôtres à la Puissance Martiale de Tigre, se disputèrent alors le pouvoir, et des luttes éclatèrent entre les différentes factions des Sept Trigrammes. L'une des anciennes Épouses Christiques Célestes de Gai De, une femme d'ascendance Raïga nommée Surgu, déclara qu'elle était la réincarnation de la Mère Vierge, et rassembla autour d'elle un important groupe, qui se revendiqua des Neuf Trigrammes Ultimes, et fit la guerre aux autres. La terre des rebelles connut alors de grandes souffrances et misères.

    Voyant cela, les mandarins de Jizhou prirent acte de la calamité comme on accepte une tempête ou un séisme, et publièrent une nouvelle carte dans le Jarlik réorganisant les yamens de l'ouest, qui omettait les régions occupées par les rebelles, lesquelles forment jusqu'aujourd'hui un saillant dans le territoire du pays, même s'il est probable qu'elles reviendront tôt ou tard dans son giron éclairé...[/justify]
      [center]Extrait du tome XXIXème de l'histoire liangoise de l'historien Du Zhu (1850-1934)[/center]
      Frederick St-Luys

      Message par Frederick St-Luys »

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      Arts martiaux liangois[/center]

      "Une vie d'étude de la voie de l'arc ne suffira guère à créer un maître, si l'archer n'a pas atteint la pléinutude de son art par la fortification de son esprit.

      Six mois d'entrainement aux dix exercices militaires, à la marche en formation et au feu en rang feront de n'importe quel homme un arquebusier à même de tuer le plus féroce des guerriers de la steppe.

      Le général avisé entretiendra donc de grandes armées d'arquebusiers, et réservera les archers aux compétitions entre champions."

      Commentaire:

      Les techniques de feu massé, la discipline de corps et l'effet psychologique dévastateur des armes à feu ont fondamentalement changé la physionomie de la guerre dans la steppe. Si les archers de cavalerie nomade constituaient toujours une force tout-à-fait redoutable en embuscade ou lors de raids nocturnes, ils risquaient désormais systématiquement l'annihilation s'ils venaient à être confrontés par des armées sédentaires en bataille rangée. Assiéger un simple fortin devenait potentiellement pour eux un péril mortel.
      Dès 1537, les commanderies liangoises avaient entièrement remplacé leurs unités d'archers par des unités d'arquebusiers, et peu après, l'entièreté de la steppe a été pacifiée. Durant les XVIIIème et XIXème siècles, les dernières hordes nomades s'équipèrent elles-mêmes en armes à feu, mais leur incapacité à se procurer de manière indépendante des munitions et des pièces de rechange avait déjà scellé leur glissement vers l'insignifiance militaire.


      [center]Extrait des commentaires du général Pang Yue (1847-1922) au Manuel Militaire des Wei (modernisé).[/center]
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