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Zaldora

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[justify]La guerre sans fin (1).
20 mai 2040,

[center][img]https://i.imgur.com/E4TBJm6m.png[/img]
Une faide meurtrière entre les þórdising
et les Urðring.
[/center]
Le temps assez éphémère, mais très sombre, où les brigands levaient de grosses armées, pillaient impunément, siégeaient comme des seigneurs, nageaient dans les richesses et s’abandonnaient d’orgie en orgie était quasi terminé. Ces derniers retournaient à leur tanière et n’avaient d’autre choix que de reprendre leur ancienne vie, aux marges de la société, à détrousser les marchands et les voyageurs, tout en étant considérablement affaiblit. La terre s’était effectivement goulument abreuvée de leur sang et les banquets de corbeaux furent nombreux et rarement si opulents. La violence prendra-t-elle fin ? La paix était hélas improbable : malgré le retour du printemps, la frondaison des arbres, l’éclosion des fleurs, la croissance des blés et le manteau lumineux du soleil, de sombres nuages s’amoncelaient dans les cieux : la Confrérie Sainct-Ólafr se préparait à la guerre pour installer durablement son pouvoir théocratique, alors que les faides féodales et claniques, relativement gelées pendant quelques mois, reprenaient leur ancienne vigueur.

La guerre des bliauds voyait des dynastes locaux de l'Andlitgrár s’entredéchirer afin de défendre l’héritage de leur épouse respective sur le terroir de Stólland. Des escarmouches, entre quelques chevaliers et leurs hommes, avaient ces derniers jours causé deux morts et trois blessés. / La guerre de la crosse et du glaive opposait le seigneur Jensi d’Heiðrausa à l’Abbaye Sainct-Mikjáll pour le contrôle de la forêt Sainct-Ansurr et des villages attenants. Les combats entre la milice abbatiale, composée de paysans, et l’ost seigneurial firent pour l’heure cinq blessés, un moulin incendié et la destruction d’un pilori. / La guerre de la rive mettait, quant à elle, aux prises les dynastes Bórekr IV de Blárláta et Marie V d’Heilsláta pour la captation des taxes du port de Boða. En représailles des attaques contre ses pêcheurs, la seigneuresse fit piller la réserve de son adversaire Bórekr, emportant du grain et des peaux de renard. / Les divers seigneurs et seigneuresses du pays de Sunnudalr se querellaient à coup d’escarmouches pour obtenir l’avouerie (protection, représentation juridique) de l’Abbaye Sainct-Nicolaus qui offrait le paiement d’un impôt assez conséquent. La lutte fit déjà 10 morts et conduisit aux vols de bétail par centaine. / La guerre des épousailles impliquait les fantassins du seigneur Carsten II de Svafrlamiland à ceux de la seigneuresse Halldís III de Þiðrandland après que cette dernière ait rompu unilatéralement les fiançailles de son fils Torráðr avec la fille de son ennemi, Magnhilda, au profit de la cadette du seigneur Ulfvaldr XII, Oddný. Celui-ci pourrait à son tour se mêler à la querelle. Les enjeux reposaient sur des héritages et d'incontournables dots. / La faide entre les clans paysans Urðring et þórdising, dans le Svássland, redoublait de violence, amenant vol de bétail, incendie d’étables, pillages de viande séchée et de fromages mais surtout la mort de dix personnes et cent vingt blessés. Tout commença quand le fils du chef des Urðring dénuda la cadette du chef des þórdising, qui se fit brutalement justice en crevant les yeux de l'accusé. Un acte que les Urðring n’acceptèrent jamais. / La trêve dans la guerre de la Pucelle prit fin la semaine dernière, l’ost du comte de Táunrgarðr envahit aussitôt l’île d'Austrheimr et se préparait à mettre le siège devant le château Norðanstjarna. Ayant peu de solutions, la cheftaine Yngvildr pourrait mettre fin à sa rébellion qui durait depuis plus d’un an. / La trêve de la guerre des trois couronnes prit également fin. La Reine Marie III levait le Ban, aussi bien que ses ennemis, le Baron de Fljótland et son infamant vassal, Víðarr III d’Hurðborg, souhaitant plus que tout reprendre les forteresses que la suzeraine lui avait volé.

Ceci n’était qu’une faible portion des nombreux conflits en cours dont la liste complète serait une fastidieuse et infinie répétition. Alliances, renversement d’alliances, mariages arrangés, mariages secrets, enchevêtrement des juridictions d’une extrême complexité, choc d’intérêts contraires, complots, machinations, intrigues, assassinats, incendies, empoisonnements, etc. Telle était la dure réalité politique du Royaume. Pendant ce temps, des espions Jernlander débarquèrent sur le territoire, par groupe de cinq, alors que la capitale, sous la direction de la Fraternité, était sur le point de conclure une entente d’achat de grain avec les paysans des faubourgs. L'alliance permettrait de court-circuiter les marchands. Néanmoins, les voisins du Nord étaient venus s’en mêler via la manipulation et le sabotage. Jensgard pourrait-elle être privée de pain cet été ? L’emprise de la Fraternité sur la Cité pouvait-elle vaciller ? Assisterons-nous à une lutte d’influence générale entre le Jernland et le Westrait ? Le Thorval était malgré lui entrain de devenir un véritable nid d’espions étrangers. [/justify]
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[justify]La Foi militante (3).
24 mai 2040,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/42/ufa1.png[/img]
Le nouveau Chancelier de Thorval.[/center]

La Foi militante vivait sa première grande victoire dans les campagnes avec la nomination du chanoine Markus Hundólfring comme Chancelier de la reine. La position offrait à la Confrérie Sainct-Ólafr, via l'homme de Dieu, une influence et un pouvoir considérable. Lieutenant, confident et très proche conseiller, le chancelier représentait la suzeraine au sein du royaume, parlait et recevait en son nom, rendait justice en son nom, édifiait sa politique, gardait les sceaux et surveillait le Maitre des Monnaies. Au besoin, il pouvait aussi commander des troupes. Plus qu'un bras droit, il figurait la personne de confiance et la clé de voûte indispensable à la cour.

Markus Hundólfring était un homme de convictions qui s'opposait aux ordalies, aux duels judiciaires et d'honneur, aux lois de la vengeance, aux guerres privées claniques ou féodales, aux tournois et aux châtiments corporels judiciaires. Il était, en outre, l'un des plus vifs contempteurs de l'instauration de la propriété privée et de l'enclosure au Thorval, constamment revendiquées par la haute bourgeoisie citadine au cours de l'histoire. Faute de mieux, il défendait le principe de possession actuel, que celle-ci soit de nature censitaire (paiement du cens), alleutière (libre de droit seigneurial) ou de réserve (dédiés aux seigneurs) ; organisée de manière commune (exemple des communaux qui se limitaient aux landes ou à l'inverse couvraient l'ensemble des terres d'un village) ou clanique (qui se subdivisait entre les terres communes que le clan travaillait ensemble, et les terres personnelles, souvent des potagers, dévolues à chacune des lignées intérieures. Notons pour être exhaustif qu'une possession pouvait très bien appartenir à plusieurs clans en même temps, souvent des alliés vivant au même endroit et travaillant de manière collective). Ce système avait aussi cours en ville mais de manière moins stricte et bien plus lâche. Quoi qu'il en soit, il offrait aux gens des droits plus ou moins étendues de possessions provisoires, limitées et d'usufruit. A l'opposé de la propriété privée, il n'existait pas de droits absolus, exclusifs et éternels sur la chose. Que cela soit les paysans, les bourgeois, les évêques et même les nobles, chacun devait répondre de sa possession devant quelqu'un : son lige, son seigneur, son suzerain, son clan, son village, sa communauté ou, dû aux enchevêtrements, tous à la fois ! Au final, de Propriétaire exclusif et éternel, il n'y avait que Dieu et Celui-ci n'avait de compte à rendre à personne. Markus se contentait de ce système mais souhaitait quand même l'améliorer en supprimant les censives, les réserves et la division clanique pour ainsi atteindre son idéal : la possession collective et fraternelle, pleine et entière, entre chrétiens. D'un point de vue religieux, le chanoine était très loyal au Pape, défendait les croyances de la Foi populaire, prônait une morale publique rigoureuse et n'avait pas de mots assez durs contre l'hérésie protestante.

Concernant la Reine, Markus se tenait parmi les modérés et hésitait sur la marche à suivre lorsque la théocratie sera atteinte : la proclamer Régente sous étroite surveillance ou l'envoyer, de force si besoin, à vie au couvent. De l'autre coté, les radicaux ne s’embarrassaient pas de réflexions byzantines et militaient pour la mise à mort de Marie et de son clan si nécessaire, c'est-à-dire de plus ou moins huit mille personnes.[/justify]
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[justify]La guerre sans fin (2).
30 mai 2040,

[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/42/tk3i.png[/img]
Valdarr V au cours des affrontements. [/center]
Les rencontres de paix n'en étaient pas de vraies. Les revendications des belligérants étaient souvent inconciliables et ces derniers en profitaient surtout pour s'engueuler, se quereller, s'injurier mutuellement et se laisser aller à des traits d'humours ironiques, aigres et grinçants qui finissaient fatalement en pugilat. Les trêves duraient autant que les alliances qui se renversaient sans cesse, rendant la compréhension des évènements, obscurcie par le caractère localisé et changeant des faides, plus difficile encore. L'espoir d'une paix de courte durée, pendant l'été, n'était toutefois pas vain : le temps des foins et des moissons approchait et tout le monde en dépendait. Ainsi, après un mois de mai particulièrement agité, parsemé de combats sanguinaires et de représailles cruelles, une période d’accalmie pourrait s'installer lors des prochains jours. En attendant, au cours des dix derniers jours :

La guerre des trois couronnes vécut ses premiers accrochages depuis la fin de la trêve. La bataille de la forêt de Vænnviðr opposa une vingtaine d'hommes et se solda par une issue incertaine, chaque camps préférant se retirer avec ses blessés. Cela n'était visiblement qu'un avant goût de futurs combats plus massifs et sanglants. Le seigneur Víðarr III, soutenus par son Lige, réclamait toujours que la reine lui rende son domaine, tandis que celle-ci espérait s'implanter définitivement au sein de la région et pendre son adversaire pour ses crimes. / Dépassée et souhaitant épargner la vie de son peuple, la cheftaine rebelle Yngvildr choisit la soumission et plia le genou devant le comte Dragmáll II. Ainsi, les terres d'Austrheimr retournaient dans le giron du Táunrgarðr. Afin de garantir la loyauté de la pucelle, ses deux jeunes frères vivaient désormais en otage au château de Bǫllberborg. / La guerre de l'Honneur voyait la seigneuresse Dómhildr Ière de Seiðrland, douze ans d'âge, lever le ban pour mettre au pas le soulèvement de trois vassaux. Ces derniers se voulaient indépendants et fidèles directs du trône. Ils avaient à cet effet envoyé des diplomates pour prêter Foi et Hommage à Marie III. / La guerre de la dame était le terrain des incessantes querelles armées du fort et orgueilleux Valdarr V de Prúðrlög contre ses cousins Jóalfr et Ægir. Les disputes conduisirent à de multiples petits affrontements, causant sept morts et dix blessés. L'enjeu était la main de la radieuse Iliana. / Dans l'Yrsaland, le conflit entre les clans paysans Hristing et Gunnring, baptisé la guerre des racines, faisait rage. Entre bagarres et représailles, la dispute entraina l'incendie de trois chaumières et le vol de cinquante poules. La cause de l'agitation était la terre, le clan Hristing accusant ses ex-alliés d'avoir envoyé leurs porcs dans ses potagers. / Dans le Danirvágr, la guerre du clergé mettait aux prises le lige Ólafr III, désirant s'arroger les investitures spirituelles, et son vassal Simon II de Biornstaðr, héraut de l'abbé-mitré Lúkas et de tout le clergé local. La lutte entre les pouvoirs spirituel et temporel fit, à cette heure, dix morts. Informée du court des évènements, la Confrérie Sainct-Ólafr pourrait rapidement entrer dans le jeu, moyennant l'adhésion des prêtres et moines de Danirvágr à son mouvement.

Quand il était lancé, le cycle de la vengeance était sans fin, fauchant des vies, faisant couler le sang et menant aux pires désordres qui soient.[/justify]
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[justify]La Foi militante (4).
7 juin 2040,


[center][img] https://www.zupimages.net/up/19/43/z2kt.jpg[/img]
L’abbé-mitré Klement, nouveau Chancelier de la Duchesse Hella.[/center]

La Foi militante poursuivait ses menées afin d’infiltrer les siens auprès de la galaxie de cours seigneuriales, de la plus petite et austère, à la plus grande et raffinée (qui n’était pas celle de la Reine, féodalité oblige, mais du Duc Ísbiǫrn XIII d’Ùlfrskógr). Pour se faire, le mouvement religieux et clérical concentrait ses forces sur les seigneuresses, dans l’ensemble plus pieuses et sensibles aux choses sacrées que ne l’étaient les hommes. Par chance pour les théocrates, les femmes au pouvoir formaient une remarquable nuée au sein du cruel monde féodal thorvalois. La Confrérie s’attelait aussi, si nécessaire, à se frayer un chemin au sein de l’entourage des épouses de seigneurs, comptant sur elles pour influencer positivement leurs maris. Les agents théocratiques étaient redoutables : leur niveau d’organisation, de rigueur et de détermination était complètement nouveau en ces contrées. Si leur première arme était la bonne parole et l’habile discours, ils passaient aussi par des intermédiaires pour se faire introduire et n’hésitaient pas à corrompre, menacer, rudoyer, intriguer, chuchoter, manipuler et saboter.

Après avoir obtenu la place de Chancelier de la Reine, la Foi militante eut ces derniers temps quelques autres beaux succès. Au sein des montagnes occidentales du Royaume, le prêtre Fróði devint par exemple le Chapelain de Margréta IV de Gyðadalr. La position faisait du petit curé de vallée un confident et un potentiel conseiller politique influent. Plus au nord, sur les rives poissonneuses de l’Hreggharr, le chanoine Orri de [l'abbaye] Sainct-Petrus fut nommé Maitre espion officiel de la châtelaine Marie II, un rôle au combien crucial, offrant à son mouvement un contrôle sur les affaires de la seigneurie mais aussi une nouvelle source d’informations sur les complots, machinations et négociations secrètes. Toutefois, le coup de force exceptionnel de la Confrérie résidait dans les hauts pics et les douces collines du Duché de Myllaen où l’intransigeant et pugnace Abbé-mitré Kristian, de l’Abbaye Saint Kjeld, se vit confier l'office de Chancelier par une Grande du Royaume, la puissante Duchesse Hella. Les clercs furent toujours présents au sein des cercles de pouvoirs, et à des postes d’importance au cours de l’histoire. Encore aujourd’hui. Néanmoins, jamais le Thorval n’avait connu une telle vague cléricale, une telle tendance d’Hommes d’Eglise s’immisçant dans les affaires temporelles. Si bien que certains seigneurs commençaient à s’inquiéter et redoutaient de voir le temporel littéralement aspiré au sein du sacré. C’était notamment le cas du Comte Ragnarr III d'Haguigarðr. Ses peurs redoublèrent en apprenant que la Confrérie finançait par ailleurs une véritable armée rejointe par des chevaliers de renom. Depuis, les réunions de sa société secrète, les Chevaliers de l’Espee, se multipliaient. Ses membres avaient dernièrement décidé de mettre leur but initial au second plan afin d’attirer le plus de seigneurs prêts à défendre le temporel face au danger spirituel. A ce titre, ils étaient même prêts à s’allier à Anders II et à la Reine Marie III, pourtant deux grands ennemis de Ragnarr III. La force cléricale paraissait si dangereuse que certains Chevaliers de l’Espee allaient jusqu’à promouvoir une alliance avec la Ligue du Roy. Une entente résolument contre-nature entre la féodalité et les défenseurs du droit romain prônant une monarchie absolue.

Du coté de la Confrérie, l’infiltration rapide des pouvoirs s’effectuait en parallèle de sa montée en puissance parmi le clergé. La Foi militante gagnait à ses desseins foules d’église, de monastères et d’abbayes. Les prêtres et les moines se laissaient séduire par les promesses d’une nouvelle société pacifiée, rurale et chrétienne. Les récalcitrants se faisaient, quant à eux, tordre le bras et rejoignaient la Cause bon gré, mal gré. Les clercs de la Confrérie, occupés à faire avancer les intérêts du mouvement, se préoccupaient désormais davantage de politique que d’Eglise ou de Foi. Cela pouvait à moyen terme leur jouer des tours chez des peuples thorvalois particulièrement croyants. Si l’avènement de la théocratie devait encore surmonter nombre d’obstacles, elle avançait quand même à pas de géants. Les négociations avec les Chevaliers de la Foy suivaient leurs cours mais piétinaient. L’Ordre combattant ne répondait qu’au Pape et rechignait à rejoindre la Confrérie, trop puissante et ambitieuse à son goût. Au point que même la Fraternisté commençait à se méfier de son allié Jensgardois qui prenait décidemment de plus en plus de place. Si jamais les Chevaliers de la Foy s'alliaient finalement au combat Théocratique, la Foi militante deviendrait alors une force sans équivalent dans le monde féodal thorvalois. [/justify]
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[justify]La Foi militante (5).
13 juin 2040,


[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/43/q7w1.png[/img]
La forêt où la pénitence se tint.[/center]

L’écuyer de la Reine, Valdríkr, attendait le retour de Marie III à l’orée de la forêt de Vænnviðr. Cela faisait déjà un bon temps qu'elle s'était enfouie seule dans l'épaisse végétation à peine franchissable, et devait revenir d'un moment à l'autre. Le jeune homme n'aimait pas l'apparence des arbres et se méfiait de leur esprit fougueux. Le sourd bruit de leurs chuchotements colériques le poussait à rester sur ses gardes. Par ailleurs, l'endroit avait, ces dernières semaines, accueillit cinq escarmouches opposant les hommes de la Suzeraine à ceux du Baron de Fljótland. Quelques casques, boucliers et lances brisées témoignaient ici ou là de ces récents combats. Depuis ces évènements, liés à la guerre des trois couronnes, quelques bandes de guerriers en rupture de ban, condamnés à mort, rodaient dans les parages pour détrousser les imprudents. Après plusieurs longues minutes, la Reine reparut de derrière un fourré ; l'écuyer tressaillit de joie et accourra vers elle, amenant avec lui son bliaud, ses poulaines et sa couronne. Toutefois, en s’apprêtant à la saluer, il remarqua un peu de sang couler sous les pieds de sa maitresse. En outre, son dos et ses épaules étaient constellés d’égratignures fraiches et sanguinolentes. Bien que la Reine lui eu parlé de ses pénitences, le faisant promettre de tenir le secret, Valdríkr fut surpris et ne put retenir son ébranlement devant tant de griffures.

« Dame, jou no reson seisit les vostres marchements et dolant en li espoisse ?
– Anfant, Dieu fet pardonnance a li peneant et que vestit a peneau. » répondit doucement Marie, lui présentant son dos meurtri.

Visiblement intrigué, le petit posa d'autres questions. En même temps, il s'appliqua à verser et à nettoyer les plaies avec un flacon d'alcoolat de sauge. Celui-ci avait été acheté chez un proche guérisseur. Toute sorte d'eaux vulnéraires étaient disponibles chez les apothicaires et les Hotels-Dieu. En outre, certains monastères possédaient jusqu'aux recettes. Lorsque les blessures furent traitées, Valdríkr aida la Reine à se revêtir et ils retournèrent ensemble à la forteresse, située à une lieue et demi au nord-ouest. La midi était passée depuis longtemps, il ne fallait pas trainer car la nuit approchait. Les faneurs du pays d'Ánarrland rentraient également chez eux, à leurs chaumières, après une longue journée à retourner l'herbe fraichement fauchée. Celle-ci sera surveillée jusqu'à l'aube par les gardes champêtres.

Ainsi, en plus des jeûnes et des confessions, la Reine s'astreignait dernièrement à une bien lourde pénitence. Elle comptait venir en ce lieu à chaque quart de lune, afin de prier et de traverser, presque nue, les ronces et les fourrés chargés d'épines. L'exercice était intimement lié à sa récente expérience mystique quand Dieu lui fit voir l'Enfer. Une tendance bienvenue qui servait pleinement les intérêts de la Foi militante. A l'échelle du royaume, ce genre de pénitence était néanmoins peu commun. Même chez moines, pourtant grands ascètes, en raison du caractère optimiste, laissant peu de place à l'effroi et au dolorisme, du catholicisme populaire. A l'inverse, il n'était pas non plus béatisme souriant et niais. D’où l'incompréhension et la curiosité du jeune Valdríkr dont l'éducation religieuse ne comporta jusqu'alors pas ce type de pratique extrême.[/justify]
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[justify]Face à l'Islam.
17 juin 2040,

[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/43/kdo0.png[/img][/center]


Le premier contact avec l'Islam eut lieu au VIIIe siècle, pour le commerce, quelque part entre la Dytolie du Sud-est et la proche Marquésie. Peu de choses en furent rapportées, si ce n'est de vagues récits sur de mystérieux peuples du désert aux croyances tout aussi mystérieuses. Du IX au XIe siècles, bien que christianisés depuis longtemps, des vagues de Thorvalois prirent la mer. Naviguant vers l'Ouest, ils pillèrent et dévastèrent les côtes Britonnes ainsi que les villes et les ports de Cérulée (alors sous domination du Croissant). Ils s'attelèrent néanmoins à n'attaquer ni les églises, ni les monastères, allant même jusqu'à les défendre face aux assauts des Jernlander païens. A la fin du XIe, le Thorval fut, comme presque toute la Dytolie, prit dans la fièvre des croisades naissantes. Galvanisé par les prêches du Pape, le Roi Jógeirr Ier se croisa et participa, avec d'autres suzerains, à la prise de la Ville Sainte en 1099. Pour lui, l'expédition vers Hierosolyme fut, inconsciemment, autant un pèlerinage en armes qu'un raid, interdit quelques décennies auparavant par une bulle pontificale. Ensuite, des chevaliers thorvalois se croisèrent régulièrement jusqu'à la fin de la Cinquième Croisade au XIIIe siècle. Plus tard, au crépuscule des XVI et XVIIe, le Royaume s'allia aux États Pontificaux et à plusieurs autres monarchies dytoliennes afin de repousser les avancées de l'Empire solimanide. Ce fut alors plus ou moins le dernier accrochage entre le monde thorvalois et le monde de mahomet. Des ambassadeurs mahométans visitèrent la cour durant les XVIIIe et XIXe siècles. Ainsi, les relations historiques entre Thorvalois et Sarrasins furent marquées par un commerce dans l'ensemble assez timide, beaucoup de confrontations armées, des échanges culturels et scientifiques plus pacifiques (principalement XIVe et XVIIIe siècles), des tentatives missionnaires (XVIII et XIXe siècles) et des controverses religieuses :

Jusqu'au XIIIe siècle, l'Islam était entouré d'un voile de mystère, y compris pour les élites ecclésiastiques. La vision, assez négative du Croissant et de ses fidèles, s'appuyait sur la rumeur, les légendes et les polémiques. Ce n'est qu'avec la transmission d'une version latine de « l'Alcoran » en 1303 que le clergé norrois put pénétrer la Foi des sarrasins. Son intention était de mieux l’appréhender afin de pouvoir la réfuter plus efficacement, et d'amener les Mahométans à la conversion. De là naquit l'élan missionnaire au XVIIe, surtout Franciscains, vers l'Algarbe du Nord et la Marquésie. Malgré des études fort longues et poussées, parfois en présence de savants mahométans, les théologiens norrois échouèrent à trancher sur la nature de l'Islam : par son refus de la divinité du Christ, il semblait être une hérésie chrétienne, résurgence de l'Arianisme. Cependant, son refus des sacrements le rapprochait plutôt du paganisme. Cette position, entre hérésie et paganisme, était toujours celle de l'Église au Thorval en l'an de Grâce 2040. Pour cette dernière, le dialogue avec le Croissant n'était juste que sous la forme de débats théologiques contradictoires. La fièvre croisée était quant à elle bien lointaine ou endormie.

En 2040, la plupart du monde thorvalois n'avait jamais vu de sarrasins de sa vie. Il n'y avait pas de peurs face à un péril islamique qui planerait sur la Dytolie ou en Terre Sainte. La vision qu'avait les peuples vis-à-vis des mahométans (terme normal sans charge péjorative) se référait à la tradition transmise au sein des clans depuis le XVIe siècle tardif : des êtres de chairs et d'os, très différents de nous (religieusement, moralement, culturellement), hostiles à priori, mais avec lesquels il était sans doute possible de discuter, même des choses de la Foi, et de peut-être bâtir des liens amicaux. Par ailleurs, une étonnante fascination traversait les couches de la société, chez les seigneurs et les paysans, pour les princesses sarrasines, insaissisables et envoutantes. Ainsi, si longtemps après les Croisades et les derniers antagonismes violents, il n'y avait au Thorval pas de rejet ou de haine anti-mahométanes. Les critiques à l'égard de l'Islam venaient des théologiens et s'en tenait à un cadre purement théologique de controverses entre Foi différentes.[/justify]
Zaldora

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[justify]La vie au milieu des champs (1).
20 juin 2040,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/43/otrs.png[/img]
Rjóðrstaðr.[/center]

Rjóðrstaðr, en le pays de Forvirkland, était un village à l'histoire récente, issu des défrichements réalisés au XVIIe siècle dans le sud-ouest du Royaume. Il était habité par quatre clans paysans mineurs (188 âmes) éleveurs de vaches, de poules et de lapins dans trois garennes aménagées au printemps. Ceux-ci cultivaient, en outre, des racines (légumes) et des soles de blés suffisantes pour subsister mais pas pour en tirer un quelconque surplus. Les terres claniques étaient travaillées et tenues en commun sous forme d'alleux. Comme de coutume, les seigneurs défendaient et rendaient justice aux villages mais ne les administraient pas, cédant l'autogouvernement aux diverses assemblées traditionnelles. Les paysans du Forvirkland furent dans les premiers à se débarrasser du brigand qui prit le pouvoir à l'été 2039. L'attachant par les pieds, ils le mutilèrent et l’humilièrent jusqu'à ce que mort s'en suivent. Parmi les prêtres, la majorité regarda ailleurs ou encouragea la vengeance paysanne. Bien peu, en revanche, appelèrent à la miséricorde et à la paix.

A quelques jours de la Saint Jean, Rjóðrstaðr se confrontait à plusieurs urgentes questions. La première controverse (fallait-il réunir la BóndiÞing [assemblée paysanne] ou une ÆttÞing commune [assemblée clanique]) fut tranchée par une partie de dés en faveur d'une ÆttÞing commune. Sagement, on préféra régler le désaccord autrement que par le duel à cause des risques d'escalade et de guerres privées que cela pouvait engendrer.

Réunie sur les bancs rocheux près du ruisseau Saincte-Tófa, l'ÆttÞing décida les choses suivantes :

- Après une génération passée à cultiver ses potagers sur les meilleures terres du village, la lignée Ragnarrsson devait en transmettre l'usufruit à la lignée Miúkidóttir pour la prochaine génération. Afin de ne pas les laisser sans rien, les premiers nommés reçurent les ex-possessions Miúkidóttir comptant pour les sols les moins fertiles des environs, tout en demeurant cultivables. Les changements devaient s'effectuer, au plus tard, à l'automne, après la récolte des pommes de terre.
- Le clan paysan Vísburring, bannit de son précédent foyer, était autorisé à s'installer et à bâtir deux longues chaumières près du Rond des Elfes, là ou le sol était entièrement inculte. On leur accorda par ailleurs la possibilité de paître leurs troupeaux sur les communaux et de participer aux moissons communes.

Les décisions prises allaient devoir être confirmées par un vote à main levée, un dimanche après la messe, devant l'église.[/justify]
Zaldora

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[justify]La vie au milieu des champs (2).
25 juin 2040,


[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/43/wezi.png[/img]
Smárgalti.[/center]

En le pays d’Ágætikvísland, Smárgalti était l’un des trois villages régionaux où vivait le clan moyen Bǫðvarring. Ses soles de blés lui permettaient non seulement de se nourrir mais aussi d’échanger le grain en surplus contre de la laine noble. En outre, les paysans Bǫðvarring élevaient des chevaux de trait. La réussite des fenaisons était pour eux cruciale, peut-être même davantage que les moissons les deux mois suivants. Lors des évènements de l’été 2039, le clan essaya de profiter du chaos pour ravir les terres des Dólgþrasiring, des Egiling et des Fjalarring, mais fut rapidement battus par les Chevaliers de la Foy. Au cours de ce misérable épisode, les Bǫðvarring furent proches de l’extermination pure et simple et ne durent la vie sauve qu’à la clémence du Grand-Maitre Mathias Agiring. Depuis, ils faisaient profil bas et semblaient avoir perdu de leur arrogance ancestrale.

Le chef de clan assembla, avant la reprise des activités agricoles, la BóndiÞing du village dans la clairière du bosquet Sáinnlundr, sous le regard des hêtres consacrés à Jésus Christ et aux Saints locaux, parmi lesquels un sanglier. On y délibéra ce qui s'en suit :

- Devant les quantités plus que moyennes de la première coupe, il fut décidé de faucher le prochain regain, de le sécher et de le stocker pour l’hiver. Il était de ce fait complètement défendu à quiconque d’y faire pâturer ses bêtes, en particulier les chevaux, les vaches et les cochons.
- A cause des dernières querelles de jeu avec les Heiðrekring, l’assemblée décida de rompre tout échange (fumier de cheval et grain contre de la laine noble) avec eux. On se mit enfin d’accord afin de pétitionner le seigneur Hrólfr Ier dans le but d'augmenter la « tonxlieu » à l’égard de la seigneurie de Sólbjǫrg.

Les décisions furent votées favorablement devant l'église à la fin de la journée.[/justify]
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[justify]La Foi militante (6).
30 juin 2040,


[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/44/xivv.png[/img]
La Chancelier rencontre l'ambassadeur norrois.[/center]

Les bottes de l’Ambassadeur claquaient sur le sol de pierre. Sa retraite forcée au sein d’Hurðborg lui permit de mieux appréhender les couloirs, les dédales, les colimaçons, les courants d’air, la pénombre [malgré les torches] et même certains passages secrets découverts par ses soins. La forteresse en recelait, une aubaine pour fuir ou s’y cacher ! Il craignait pour sa vie et ne dormait plus que d’un œil depuis des semaines. Il ne se déplaçait plus sans surveiller ses arrières, scruter les lieux, écouter les bruits et anticiper les mouvements des personnes croisées. La nomination d’un membre de la Foi Militante à la Chancellerie de la Reine ne fit qu’aggraver cette paranoïa latente. Ainsi, même Hurðborg n’était plus sûre, infiltrées par les Fous. Cependant, un matin, Erik Vidheim voulut prendre les choses en main et ne plus attendre fatalement le jour fatidique où les fanatiques le conduiront, lui, le supposé serviteur de l’Antéchrist, au bûcher. C’est pourquoi, il décida de se rendre directement auprès de l’ennemi, le Chancelier Markus Hundólfring, dont l’influence auprès de la Reine grandissait de jour en jour.

Son lieu de travail était une salle rectangulaire très austère : au sol, rien que de la pierre grise et froide ; les murs n’arboraient rien non plus si ce n’est deux torches et un large crucifix en fer. Un peu de lumière entrait par les interstices d’une petite fenêtre sans vitre aux volets fermés. Le côté droit de la pièce accueillait une ancienne et imposante armoire de bois décorée d’arcs en plein cintre. Ses portes ouvertes laissaient déborder un fouillis incroyable de vieux rouleaux, manuscrits et livres. Le Jernlander plaignit les soudards qui durent amener ce meuble massif jusqu’ici. Et pour cause, il contenait des traités, des missives, des édits, des œuvres religieuses et non religieuses, des écrits scientifiques, philosophiques, païens, islamiques, liturgiques, théologiques, de batailles, de médecine, de plantes et d’agriculture. On y trouvait également des sagas norroises, des poèmes scaldiques, épiques ou de gestes, des farces, des satyres, etc. Au coté gauche se tenait, studieux, le chancelier devant son écritoire cerné de papiers. L’homme saupoudrait de sable son dernier texte (afin d’en faire sécher l’encre) quand le diplomate se décida d'enfin rompre le silence.

« Messire, este grant’ h…
– Je parle votre langue Maitre Vidheim, interrompit le chancelier dans un Jernlander immaculé.
– Oh. Vous êtes un homme d’autant plus exceptionnel. Vous me facilitez la tâche, messire, car malgré mes efforts, le vieux-thorvalois demeure toujours quelque peu alchimique et ésotérique.
– Autant que ne l’est, pour nous, le nouveau Jernmål. Et je ne parle même pas des idiomes du monde dont la forme est bizarre, alambiquée et ésotérique. Au moins pour la minorité qui cherche à les maitriser.
– Je ne voulais pas vous offenser, Chancelier.
– Dites-moi ce que vous souhaitez Maitre, je n’ai guère le temps ou la passion pour les rondes de jambe, les flatteries et les conversations diplomatiques.
– Eh bien, se raidit l’ambassadeur, allons en directement aux faits : votre mouvement espère-t-il bientôt s’en prendre à ma personne et pousser à la guerre contre ma patrie ?
– En tant que chanoine et érudit, dit-il de son regard perçant, j’abhorre la guerre. Malgré votre sombre politique de paganisation et de promotion des valeurs antéchristiques, le Thorval ne brulera pas vos maisons ni ne portera le fer en vos foyers. Il y a d’autres moyens, plus pures et sacrés, pour ramener les peuples perdus dans les voies de Dieu et de la Bonté. Quant à votre personne, vous n’aurez de moi rien à craindre, sauf à se faire le chantre de l’hérésie soi-disant réformée.
– C’est entendu, Messire. Vous ne semblez pas porter le protestantisme dans votre cœur. Je n’ai, de même, guère de respect pour ces chapelles.
– La relation personnelle à Jésus-Christ est absurde et stérile. L’Eglise, sa communauté, sa vie spirituelle, ses saints et ses sacrements sont les signes visibles de la présence de Dieu sur terre. La Vierge Marie est de même la plus grande Sainte du Ciel et mérite le respect dû à sa dignité supérieure à celle des Anges. Je veillerais personnellement à ce que les négateurs de ces vérités, soi-disant réformés, ne contaminent ni n’empoisonnent nos terres sacrées. Le cas échéant, je n’aurais de repos avant de les avoir complètement éradiqué.
– Certes. J’ai cru entendre que vous aviez d’ambitieux projets humanistes pour le Thorval. Vous conviendrez que rien ne se peut sans le sou. Aussi, les banques…
– Les usuriers n’auront jamais de place au Thorval, pas plus qu’ils n’auront voie au chapitre au sein de la future Théocratie. Sans échange lucratif, sans monnaie, sans accumulation de richesses et sans injustices, elle sera le contrepoids lumineux du monde. Débarrassée des tournois, des duels, des guerres, des lois de la vengeance, des hiérarchies, de la pauvreté et des souffrances, elle figurera aussi un Thorval purifié et guérit. Alors et seulement alors, la Foi et la Justice triompheront partout sur Terre. Le règne du Christ dans les cœurs et les sociétés, tel un brillant soleil, n’aura dès lors pas de fin.
– Une philosophie des plus honorable Messire, mentit l’ambassadeur, mais comment comptez-vous écarter la Reine du chemin de la Foi Militante ? Marie me semble très populaire en ses domaines.
– Les peuples pauvres ont toutes les raisons de l’aimer, soupira le chanoine admiratif, elle est profondément chrétienne et a bon cœur. Je lui vois un grand avenir... avec mes conseils, j’espère l’aider à atteindre l’espérance que je place en elle.
– Dans ce cas, Chancelier, vous devriez, en tant que chanoine, vous atteler en premier lieu à la convaincre de ne plus s’automutiler dans les fourrées et les ronces. Soyez son confident, spirituel s’il le faut. »

L’homme leva les yeux de ses manuscrits, comme s’il venait d’apprendre quelque chose qu’il ne savait pas. Fier de lui, le Jernlander le salua et s’en alla. La discussion s’était mieux passée que prévue : si fou et dangereux qu’il était, l'énergumène savait aussi se montrer pragmatique et clément. Le diplomate cru même entrapercevoir en lui un fin vernie de modération. Chose nouvelle et jusqu’alors inconnue aussi bien au sein de la Foi militante, que de tout mouvement en ce pays. Malgré tout, Vidheim continuera à se méfier du personnage, effrayant à de nombreux égards, et notamment son regard qui semblait vous scruter jusqu'au plus profond de votre âme.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La vie au milieu des champs (3).
2 juillet 2040,


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Býfluga.[/center]
Dans la seigneurie de Vígdjarfr, au Sud-ouest du Royaume, un village de trois cent habitants composé d'une vingtaine de clans (mineurs) jouissait de racines très profondes qui remontaient à l'An-mille. Býfluga, de son nom, était ponctuellement la cible des pillages brigands, des rançonnements de guerres seigneuriales et des affrontements entre clans paysans rivaux. En plus de parcelles emblavées vivrières, le village possédait une centaine de ruches dont le miel servait à produire de larges tonneaux d'hydromel. Une précieuse ressource qui éveillait régulièrement la convoitise de familles ennemies pourtant mieux loties que celles de Býfluga. Les habitants avaient, pour leur protection, confiance en la seigneuresse Hallgríma III qui agissait de son mieux, en dépit des multiples menaces et risques de conflits qui pesaient sur son clan. En ce sens, le village accepta la garde supplémentaire de la Ligue du Roy, non sans méfiance à l'égard de ces étrangers. Le mouvement s'étendait lui aussi au sein des campagnes, moins rapidement que la Confrérie Sainct-Ólafr, mais de manière tout aussi déterminée. Malgré son nom, il n'entretenait aucun rapport avec la Reine.

Les cloches de l'église en bois debout (Stavkirke) appelèrent au rassemblement de la BóndiÞing au sein de la Nef. Là, il fut délibéré :

- Afin d'augmenter la production de miel, le parlement ordonna d'assembler dix ruches de paille spiralées supplémentaires.
- Dans le but de ne pas payer la taille, l'assemblée désigna treize hommes et cinq femmes pour servir dans la garde d'Hallgríma III. Ils seront armés, logés [au sein de la garnison] et nourris au château.
- Au vu de la maturité des blés, le commencement des moissons collectives fut fixé dans quatre à six jours. Il était interdit à quiconque de moissonner de façon individuelle.

Les décisions furent votées favorablement, le lendemain, par l'ensemble des habitants de Býfluga réuni devant l'église.[/justify]
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