[justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img] 16 décembre 2039
Rebaptiser des cols de montagne pour les rendre effrayants :
l’idée étonnante pour lutter contre le tourisme alpin de masse
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Trop de touristes s’aventurent sur les flancs du Brec d’Argent[/center]
« Avec elle, je ne compte plus les jours / Sur le Col de l’Amour. » chantait au début des années 2000 Gabriel Aubert dans son titre phare. Le succès de la chanson avait dans la foulée crée une vague de touristes qui traversent ce sentier très connu pour s’attaquer au point culminant de la Santogne. Attirant des amoureux de tous horizons, cette région de l’Argentône, au nord-est du pays, a été victime de son succès. Le tourisme de masse, s’il fait les affaires des hôteliers, restaurateurs et autres loueurs de matériel alpin, n’est pas sans signer un lourd tribut à l’environnement. Quand ce ne sont pas des dépôts sauvages de déchets, les touristes peuvent provoquer par leur nombre important des avalanches. La dernière meurtière, en février 2035, a ainsi emporté 23 personnes. Alpinistes amateurs, ces touristes ne semblent pas prendre en considération la dangerosité potentielle des lieux. Et pour cause : nombreux y viennent après avoir été séduits par des selfies pris sur le lieu et surtout par la confiance des noms des sites : Col de l’Amour, Pic de l’Espoir, Mont des Cieux... La situation est, selon les associations de protection de l’environnement, devenue « critique » cette année. L’Argentône a en effet connu une saison record, grâce au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351981#p351981]mouvement des touristes hohengrafiens vers les montagnes santognaises[/url]. L’Hohengraf est en effet l’autre grande destination du tourisme de montagne, et le conflit a durement impacté l’économie d’une région qui en est très dépendante.
Si les pouvoirs publics ne cessent d’alerter sur les risques encourus par le tourisme de masse ici haut, ils confessent leur impuissance face à l’emballement des réseaux sociaux pour ces lieux aux noms magiques. Pas question pour autant de prendre des mesures qui seraient attentatoires au chiffre d’affaires des professionnels du tourisme. C’est donc de manière tout à fait sérieuse que le gouvernement a annoncé qu’il rebaptisera plusieurs de ces sites victimes de leur succès avec des noms plus adaptés. Le Col de l’Amour deviendrait le Col de l’Oubli, la Vallée Bleue prendrait quant à elle le nom de « Vallée du Diable ». Le choix, qui irrite les professionnels, est parfaitement assumé du côté du ministère de la Culture et du Tourisme : « Pour garder son authenticité, la montagne doit rester ce qu’elle était historiquement, un lieu merveilleux mais craint, inquiétant, que seuls les plus vigoureux, les plus courageux peuvent arpenter. Travestir la vérité ne sert à rien et se révèle même extrêmement dangereux. ». Si des familles peuvent être rebutées par ces changements, il est peu probable que la réforme porte ses fruits. D’ores et déjà, des boutiques surfant sur une « économie de la peur » proposent des rites chamaniques à 35 ₱ la séance de vingt minutes pour garantir à l’aventurier une ascension dont il reviendra sain et sauf.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img] 24 décembre 2039
La destruction de la forêt épibate aurait été prédite en 1439
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Hermétiste de la Renaissance, Galhard de Mesmin serait l’auteur de plusieurs prophéties[/center]
Et si les pouvoirs lébiriens et épibates changeaient de ligne de défense pour justifier le bombardement de napalm sur les forêts environnantes du cosmodrome de Mellacchi, en redécouvrant les écrits de Galhard de Mesmin ? En prétextant finalement que ce qui s’était passé était écrit depuis longtemps et qu’ils ne faisaient que s’inscrire dans le sens de l’histoire. Né au cœur de la Santogne, dans la province des Ortiguères en 1395, Galhard de Mesmin que l’on affublera par la suite du titre de « Magister Galhard » est l’auteur de nombreuses prophéties qui auraient trouvé leur concrétisation au cours de sa vie et des siècles après sa mort. Féru de sciences occultes, le savant était devenu la coqueluche des courtisans du roi passionnés d’astrologie. Peintre raté, il se bâtit une renommée auprès de la noblesse en prédisant une très violente tempête qui s’abat sur la capitale santognaise en 1435. Sans doute atteint de schizophrénie extrême, il se consacre à partir de cet instant à son pouvoir de divination et s’arrache en 1437 son œil droit qu’il déguste avec du fromage pour, dit-il, améliorer ses capacités. Ce sont plus de deux mille aphorismes qui sont ainsi rédigés sous sa plume et chacun d’entre eux fait l’objet d’exégètes passionnés à partir du XIXe siècle, à une époque où l’on commence à écrire le roman historique de la nation santognaise. On lui attribuera notamment l’exactitude de sa prédiction du renversement du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343687#p343687]Roi Ugolin II[/url] en 1938, à l’aune d’un de ces aphorismes : « Fol roi castré et ligoté vendra son fief à des usuriers ». Le Roi Urgolin II, dernier roi de Santogne, est en effet un arriéré mental (« fol »), fruit d’une relation consanguine qui l’a rendu inapte à la procréation (« castré »). Des décisions hasardeuses, influencées par son conseiller juif Avraam Atias (« des usuriers »), précipiteront la chute de la monarchie santognaise au profit de la bourgeoisie (« vendra son fief »). Sombrant dans la folie, le Roi Ugolin II finit ses jours avec une camisole de force (« ligoté ») dans un prestigieux hôpital psychiatrique.
Dans le cas de l’Epibatie, le Magister Galhard aurait écrit : « Quarante la veille, leur force se déculpe. Et le roi d’ébène continue de contempler les astres sous la lueur du feu. ». Relayée d’innombrables fois depuis les événements par des aficionados du prophète santognais souvent proche de mouvances complotistes, telles que les Délugistes, la citation s’interprète difficilement de prime abord. Le roi d’ébène ferait ici référence à Giorggis IV, l’Empereur d’Epibatie dont la couleur de peau noire n’est pas sans rappeler celle du bois d’ébène ayant par ailleurs baptisé le golfe arrosant le Makengo. Il aurait sauvé le cosmodrome (« continue de contempler les astres ») en approuvant la destruction au napalm de plusieurs hectares de forêts (« sous la lueur du feu »). L’événement s’est déroulé en décembre 2039, à la veille de l’année 2040 (« quarante la veille »). Les historiens plus sceptiques réfutent cette interprétation, en mettant une nouvelle en garde les lecteurs du Magister Galhard. L’hypothèse la plus probable est que le prophète n’est en fait qu’un simple narrateur de faits historiques, réaménagés à sa sauce et largement romancés. L’aphorisme relaterait plutôt une bataille entreprise en 1075 par le Roi Ebrard VII contre l’un de ses puissants vassaux, le Duc Ceri de Mestreval, dont il a assiégé le château grâce à du feu grégeois un soir de pleine lune, avec l’aide de ses alliés. Ce qui expliquerait pourquoi le roi « continue de contempler les astres ». Il aurait donné rendez-vous à ses alliés pour attaquer de surprise son ennemi. De 40 unités de soldats, les rangs auraient ainsi gonflé à près de 400. Quant à l’ébène, c’est un bois très noble, avec lequel des trônes royaux ont été conçus. Mais la politique n’est toujours qu’une question d’interprétations.
Alors que plusieurs bases spatiales ont procédé au lancement des satellites sortis des usines d’Orbis Communications, se pose de plus en plus la question de la pollution spatiale, constituée de débris de fusées, satellites, outils oubliés par les astronautes qui gravitent autour de la Terre. Si le monde humain est encore loin de saturer l’immensité de l’espace, la Santogne y apporte toutefois une importante contribution de par la nature même de son économie, qui fait la part belle à la conception de satellites artificiels. Le risque n’est pas tant que les débris atterrissent au sol : ils seraient pour la plupart carbonisés par la chaleur due aux frottements avec l’air. Le risque n’est pas nul mais fortement négligeable. Il est plutôt question des risques de collusion d’un débris avec un autre objet en orbite. Même le plus petit des débris, qui en raison de sa taille n’est pas répertorié par les agences spatiales, peut occasionner de lourds dégâts. En orbite, un objet circule à une vitesse de 8 à 10 kilomètres par seconde, soit entre 29 000 et 36 000 km/h. Aussi, un fragment d’aluminium d’un millimètre a la même énergie cinétique qu’une boule de pétanque lancée à 100 km/h. Le choc contre un satellite n’en est ainsi que plus terrible. Problème : l’absence de régulation et de coopération internationales font de l’espace une terra ullius, littéralement une terre sans maître, à l’image des eaux internationales.
Dès lors, non contrainte à la moindre obligation, la Santogne refuse de payer seule ces externalités négatives qui découlent de son activité. Et à l’évidence, la communauté internationale s’émeut peu des débris spatiaux, y compris les associations environnementales qui se disent peu concernées par ce qui n’impacte pas la Terre directement. Entreprise détenue majoritairement par l’Etat santognais, Orbis Communications devrait prochainement voir sa présidence renouvelée par nomination du gouvernement et à cet effet, le gouvernement devrait annoncer l’entrée en service opérationnelle de sa propre base de lancement. Jusqu’à présent en effet, si la Santogne construisait ses propres satellites, elle en déléguait le lancement auprès des bases txiléennes et sengaïaises. La saturation de ces dernières a rendu urgente la construction d’une base santognaise. Mais elle a aussi contribué d’autant plus à la pollution spatiale : voilà plusieurs années que la Santogne ne prend plus la peine de retirer de l’orbite ses vieux satellites obsolètes, trop endommagés et donc non opérationnels. Et pour cause : le calendrier de ces bases étrangères, qui doivent répondre tout à la fois à leur propre demande et à celle de leurs partenaires régionaux, est si serré que la Santogne est contrainte d’utiliser exclusivement les quelques créneaux disponibles au lancement de ses satellites dernière génération, ses propres ou ceux de ses partenaires de la CND.
[img]https://i.imgur.com/r0uDdFJ.png[/img] | Une allocution du Nouvel an vindicative et une mise sous pression du Président Darrieussecq
[justify]Lors de son [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356037#p356037]allocution du 1er janvier[/url], la Première ministre Inès Teysseire a usé de la rhétorique qu’on lui connaît. Plaidant pour la convocations d’élections anticipées en raison des irrégularités mais aussi – et surtout – convaincue de la possibilité d’obtenir à elle seule la majorité absolue, la cheffe du gouvernement a mis sous pression le Président Barnabé Darrieussecq, à qui revient la décision. Elu en 2034 avec un soutien transpartisan, le mandat du président s’achève d’ici juin. D’après des sources proches du président, ce dernier est peu enclin à accepter la mainmise d’un seul parti sur les institutions santognaises et garde des relations avec la Ligue du Renouveau, qui entend bien être un partenaire fidèle mais exigeant au gouvernement Teysseire. Sans surprise, la Première ministre a par ailleurs annoncé le lancement d’une réforme de l’impôt sur les sociétés, en faisant le pari de mettre sur le même plan les réseaux mafieux et les paradis fiscaux opaques. Une prise de position diplomatiquement risquée mais prévisible.[/justify]
[img]https://i.imgur.com/UGBQJab.png[/img] | Des médailles en chocolat pour le rugby santognais
[justify]Toutes les deux outsiders aux [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354907#p354907]Jeux Dytoliens[/url] qui se sont tenus du 7 au 31 décembre 2039, les équipes santognaises de rugby masculine et féminine ont réussi à atteindre leurs petites finales. Chez les filles du XV, le soleil était au beau fixe malgré la grisaille glaciale des Îles Lorthon puisqu’elles ont réussi à se hisser en tête, avec un sans-faute grâce à leur exploit du match d’ouverture face au pays organisateur. Sans doute un peu trop confiantes dans l’enceinte d’un stade acquis à leur cause, les Lorthoniennes ont dû céder leur victoire attendue à la Santogne. Autre match d’exception à retenir, chez les messieurs cette fois-ci, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=355926#p355926]la Santogne et la Slézanie[/url] le 26 décembre. À égalité de points, les deux équipes y ont joué leur qualification en demi-finale. Malgré un petit avantage pour l’équipe slézane, les deux équipes ne parviennent pas à se partager et c’est par une égalité – assez rare en rugby – que s’achève le match. Grâce à la différence de points inscrits, c’est finalement la Santogne qui se qualifie in extremis avant de s’incliner – disons-le logiquement – face à une équipe ennissoise en grande forme. Même scénario du côté des femmes, où les Slézanes ont vengé leurs homologues masculins, 3-11 en leur faveur. La Santogne sauvera l’honneur à l’issue des deux petites finales, toutes les deux gagnées à l’arrachée face aux mastodontes ennissoises (pour les femmes) et niwi (pour les hommes). Insuffisant malheureusement pour figurer sur le podium des médailles. Les Îles Lorthon s’imposent à la première place chez lui, devant l’Ennis et la Slézanie.[/justify]
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 6 janvier 2040
Avec sa réforme de l’impôt sur les sociétés, la Santogne lance une bombe
contre l’optimisation fiscale et les multinationales[/center]
Après quelques semaines de tractations pour s’assurer du soutien des députés de la Ligue du Renouveau et certains sociaux-démocrates, le gouvernement a soumis à l’étude des députés son projet de loi visant à réformer l’impôt sur les sociétés, qui se veut être la réforme phare économique de la nouvelle législature. La Santogne est loin d’être un paradis fiscal pour les entreprises puisque celles-ci sont taxées en moyenne autour de 25 % de leur bénéfice, un taux qui diffère selon l’importance de l’entreprise et qui peut être revu à la baisse en fonction des crédits d’impôt. Rédhibitoire pour certains, ce taux a toutefois permis d’assainir – au moins à court terme - des finances publiques plombées par la crise mais il a surtout amené à la délocalisation des sièges sociaux vers des Etats plus avantageux. Nombreuses grandes entreprises ont fait ainsi le choix des Ménechmes et se reportent depuis la création de la CND vers l’Ennis, tout en continuant de faire l’essentiel de leur chiffre d’affaires en Santogne. Un montage rendu possible par le fait que c’est sur le bénéfice déclaré en Santogne que l’impôt est calculé. La désormais Première ministre, qui a fait de la lutte contre l’optimisation fiscale son cheval de bataille, a ainsi plaidé pour un autre calcul de l’assiette fiscale, qui ne serait plus fonction du système fiscal en vigueur dans l’Etat où se situe le siège social de l’entreprise concernée, mais du bénéfice effectivement réalisé. « Si Cycoluce affiche un bénéfice de 10 millions de pistoles et qu’il a réalisé 80 % de son chiffre d’affaires en Santogne, alors il devra s’acquitter d’un impôt sur ses 8 millions de bénéfices » tranche Husain el-Kaleel Rouvier, le Vice-Premier ministre, en taclant le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343125#p343125]fabricant d’ordinateurs personnel[/url] dont le siège social est aujourd’hui situé aux Ménechmes. Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Economie a précisé que les entreprises qui ne coopèrent pas en refusant de dévoiler la part de leur chiffre d’affaires réalisé en Santogne n’iront pas loin. L’information pourra être retrouvée à travers la TVA que l’Etat aura collecté de leur part. « Considérons un taux de TVA unique de 10 %, s’il apparaît que l’Etat a collecté de la part de cette entreprise pour 1 million ₱, alors cela signifierait que l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions ₱ en Santogne. » précise Husain el-Kaleel.
Pourtant, la réforme est assez hostile aux multinationales qui exercent en Santogne et elle pourrait bien les décourager non seulement d’installer leur siège social ici, mais aussi d’y vendre leurs produits et services sur le marché santognais. Un risque qu’est prêt à prendre le gouvernement, confiant dans l’attractivité pour les entreprises du marché santognais, lui-même incorporé au FCE. La proposition d’Inès Teysseire aura d’ailleurs inspiré son allié jernlander, dans sa lutte contre l’évasion fiscale. Pour autant, le gouvernement ne veut pas jouer uniquement sur la coercition et invite les entreprises, pour être moins taxés, à user de crédits d’impôts qui viendront faire baisser le bénéfice. Le projet de loi prévoit ainsi l’instauration d’un crédit d’impôt R&D qui permettra de dégrever les entreprises qui justifie de dépenses d’investissement dans un Etat membre de la CND. La disposition est de nature à satisfaire l’allié ennissois, inquiet pour son secret bancaire et par cette réforme qui rendrait bien moins attractive la délocalisation du siège social dans la république gaélique. C’est d’ailleurs le gros écueil de ce projet de loi : comment faire payer les mauvais payeurs, qui refusent de s’acquitter de leur devoir fiscal auprès de la Santogne, s’ils ont leur siège social dans un Etat lui-même peu coopérant ? Certains pays ont en effet adressé une lettre morte à la demande de la Santogne [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344580#p344580]d’échanger des informations[/url] et de lever le secret bancaire lorsqu’un contribuable est accusé de fraude. Dans ce cas, la Santogne plaide pour l’entreprise fraudeuse l’interdiction pure et simple d’exercer sur sol des activités. « Ces cas de figure sont rares : les pays avec lesquels nous commerçons le plus ont déjà consenti à signer ce pacte » précise-t-on du côté du ministère de l’Economie. Y compris, faut-il comprendre entre les lignes, avec l’Ennis. Non sans contrepartie informelle ? Mais l’Ennis ne sera pas le seul à faire entendre sa voix sur ce projet de loi, qui augure une énorme bataille de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353076#p353076]lobbys au Parlement[/url] pour atténuer autant que possible, voire annihiler cette réforme fiscale.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img] 24 janvier 2040
Une cellule psychologique pour accompagner les jeunes baroudeurs
santognais à leur retour au pays
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Pauline et Gauthier (ici sur les plages de Sainte-Madrague) ont du mal à oublier leur voyage en Algarbe[/center]
Caprice d’enfants gâtés ? Ou malaise réel à ne pas négliger ? Sept millions de Santognais habitent ailleurs qu’en Santogne et parmi ces expatriés, des milliers de jeunes concrétisent leur rêve d’aller voir du pays – ou plutôt du monde – au nom de la rencontre d’autres cultures, prenant ainsi au mot l’adage selon lequel « les voyages forment la jeunesse ». La pratique, réservée à partir de la Renaissance, à une élite fortunée s’est aujourd’hui largement démocratisée au gré de plusieurs facteurs dont le progrès technologique, la chute des coûts et des durées de voyages qu’il a induite, ainsi par l’émergence et l’affirmation d’une société du loisir, où l’offre de travail est bien inférieure à la demande. Cette jeunesse oisive, à peine majeure et ayant décroché son baccalauréat, n’est pas sans rappeler le phénomène plus large, prégnant en Santogne, des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343799#p343799]célibataires parasites[/url], ces enfants qui tardent à quitter le foyer parental. Sans doute apeurés par la perspective de se lancer dans des études puis dans une vie active qui ne leur laisseront pas le temps de concrétiser leurs projets, ces jeunes s’imposent une année sabbatique faite de voyages à travers le monde. Avec plus ou moins d’organisation, ils parcourent ainsi toute la Dytolie, s’aventurent parmi les autochtones du Txile ; s’adaptent aux coutumes vestimentaires du Makengo ou se prennent en photo en train de faire une posture de yoga en Gandhari. Parfois même, le fait de raconter son tour du monde sur les réseaux sociaux est plus important que le tour du monde lui-même. La génération juvénile actuelle valorise les « expériences » et érige comme but de vie d’en vivre le plus possible, là où leurs aînés semblent plutôt rechercher à se garantir des conditions matérielles satisfaisantes. Une différence générationnelle qui s’explique par un vécu différent de la crise économique des années 2020. Plus encore que les actuels trentenaires et quadragénaires, la jeunesse actuelle a été élevée avec l’idée que leur vie se ferait certainement hors de Santogne et que le modèle santognais n’en était pas un. Une forme de relativisme culturel qui les invite à aspirer voire à se réapproprier des cultures étrangères.
Après un an de péripéties et de rencontres, le retour n’en est que plus froid et pénible, tant est si bien que le ministère de la Santé a recensé des cas de dépression chez ces baroudeurs revenus plus nombreux que chez leurs pairs qui n’ont pas quitté la Santogne. Ces dépressions peuvent être la conséquence de séjours qui se sont mal passés, de jeunes qui ont déchanté en voyant que finalement l’herbe n’était pas plus verte ailleurs. Mais le plus souvent, ces jeunes ont tellement apprécié leur hiatus d’un an qu’ils ne parviennent pas à retrouver un quotidien « banal », de quoi alerter les services sanitaires qui ont mis dans les grandes villes des cellules psychologiques adaptées à leur situation. « On leur apprend à apprécier le quotidien et à dédramatiser leur retour. Imaginez simplement : ces jeunes ont eu l’impression de vivre une vie extraordinaire pendant un an. Ils étaient au centre de l’attention aussi bien sur les réseaux sociaux – où leur « communauté » se passionnait pour leur voyage – que sur place où ils étaient des curiosités pour les locaux. Puis, à leur retour du pays, ils redeviennent de parfaits inconnus suscitant l’indifférence. L’ascenseur émotionnel est très fort et ils connaissent le syndrome des stars éphémères. » résume Marianne Puyerredon, psychologue qui dirige la cellule de Fos-sur-Méguès.
Cette impression d’être la coqueluche locale est confirmée par ces baroudeurs eux-mêmes. Pauline, qui a visité le Makengo à l’automne dernier raconte : « Les locaux, ils étaient là autour de moi, intrigués par moi. Ils n’avaient pour la plupart jamais vu une blonde en vrai. ». Son esprit encore en Algarbe, son petit ami Gauthier – qui porte encore en Santogne la tenue traditionnelle makengaise – ne parvient pas à s’y faire à la Santogne : « Là-bas, la musique, les arts, la culture étaient partout. Ici, c’est nul, y’a que des gens aigris qui ne pensent qu’à travailler. J’ai pas envie de devenir comme eux, leur mode de vie n’est pas le mien. Il n’est pas fait pour moi. ». Corolaire de ce blues du retour au pays, ces jeunes attrapent souvent une haine assez déraisonnée de la Santogne, proportionnelle aux fantasmes qu’ils projettent sur des pays dont ils n’ont vu que la partie émergée. « Si à 20 ans, tu n’es pas sorti une seule fois de Dytolie, c’est que tu as raté ta vie » ose l’InVider Saccado dans l’une de ses vidéos partagées plus de 500 000 fois. Saisonnier dans une station de ski aux Valvatides, le vidéaste à succès projette dans trois mois de tenir un bar à chats au Teikoku. Puis prendre le costume de croupier d’un casino caeturien à l’automne 2040. Le tout en noyant les réseaux sociaux de photos exceptionnelles et en arborant son palmarès. « J’ai visité quasiment au moins une fois tous les pays du monde. De l’Aurora par contre, je n’ai vu par contre que l’aéroport, des agents de sécurité ont prétendu que je présentais un risque de sécurité nationale parce que j’étais en Santogne. Mais sinon, même le Thorval, je l’ai fait. » précise-t-il après une annonce pour la marque Comane – concepteur de produits de randonnée - dont il est l’égérie et l’influenceur à 10 000 ₱ de revenus publicitaires mensuels.
« Autant la Santogne est capable de faire une cartographie de la Terre depuis l’espace, autant elle est tout bonnement incapable de cartographie l’espace depuis la Terre. » souligne le principal club d’astronomie santognaise, qui s’inquiète d’une pollution lumineuse de plus en plus prégnante en raison à la fois d’une reprise économique effrénée et de l’étalement urbain en conséquence. Tout à fait sérieusement, les astronomes plaident pour une nouvelle crise comme celle que le pays a connue dans les années 2020 : « Les gouvernants avaient fait des économies sur l’éclairage public. » décrit le président de l’association, non sans regret. En conséquence, ce sont dans les coins les plus reculés du massif de l’Argentône que sont situés les meilleurs sites d’observation télescopique. Pour autant et paradoxalement, alors que la Santogne est en pointe dans le domaine satellitaire, le pays affiche un retard dans les techniques d’observation de l’espace, concurrencé en Dytolie par l’Archavêne. Un retard qui s’explique par des choix politico-économiques : l’observation spatiale trouve assez peu de débouchés économiques au-delà d’astronomes amateurs alors qu’Orbis Communications vend à prix d’or des solutions GPS à des clients institutionnels et privés.
« Des Etats sont prêts à payer des millions pour simplement suivre un navire étranger qui mouille trop près de leurs côtes… sont-ils prêts à en faire autant pour cartographier des constellations ? ». Une question rhétorique pour les astronomes qui ont décidé d’investir eux-mêmes dans un logiciel capable d’atténuer au possible les effets de la pollution lumineuse et de mettre en exergue des astres jusqu’ici occultés.Dans des conditions parfaites d’observation, l’être humaine est capable de recenser à l’œil nu 3 000 étoiles et ce nombre monte à 10 000 avec un logiciel performant d’astronomie amateur. On rappellera toutefois que la Voie lactée compte quelque 200 milliards d’étoiles. Ne bénéficiant pas de fonds publics et faute de débouchés lucratifs, la conception de ce logiciel devrait prendre plusieurs années de travail.
Incessants. Les aller-retours d’autocars arrosent la vieille ville fortifiée de Mallonnès de touristes toute la journée et toute l’année. L’ouvrage médiéval, construit entre le Xe et le XIIIe siècle, qui surplombe la ville, est récemment devenu une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=355405#p355405]merveille du monde moderne[/url]. Un titre qui, si est à la hauteur de la beauté du lieu, amplifie d’autant plus le phénomène de tourisme de masse. Peu adaptées à la société de loisirs, les rues de la vieille ville, étroites et pavées, sont inaccessibles aux automobiles. Tout autour de la forteresse, ce sont ainsi des véhicules à perte de vue qui témoignent de l’affluence des touristes venus photographier le vestige du passé de l’intérieur et goûter aux nombreux petits commerces et restaurants. Les boutiques de souvenirs plus ou moins artisanaux et honnêtement authentiques, réalisent toutes d’excellents bénéfices malgré des loyers prohibitifs. On en oublierait que la vieille ville fortifiée est encore habitée par quelque 200 habitants, parfois les commerçants eux-mêmes mais plus souvent par des membres de la vieille noblesse de la Maison de Mallonnès ou quelques étrangers fortunés en quête kitsch. La vie n’est cependant pas aisée pour ses habitants, qui ne peuvent stationner aucun de leurs véhicules motorisés, qui doivent supporter l’afflux des touristes, qui ne peuvent pas isoler leur habitation au nom du respect de l’authenticité architecturale… Concilier respect du lieu et impératif économique est une équation difficile. Et les externalités du tourisme sont nombreuses : des tonnes de déchets chaque année, des pavés qui nécessitent des rénovations coûteuses…
C’est ainsi que la municipalité de Mallonnès, dirigée majoritairement par les libéraux du Rassemblement pour la liberté ont institué une taxe d’entrée quotidienne pour les touristes à chacune des entrées de la vieille ville fortifiée. Un billet majoré le samedi, où il peut attendre 10 ₱. L’objectif est officiellement de protéger le patrimoine. Mais dans un contexte où la Santogne a décroché l’organisation de la prochaine [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356312#p356312]Coupe footballistique de l’UDDNFI[/url], l’opération se veut évidemment lucrative pour maximiser les rentrées économiques. Une décision qui ulcère les commerçants qui sont à l’intérieur des murs qui craignent pour leur chiffre d’affaires. « Les libéraux qui dirigent la municipalité, chantres de la libre-circulation, ne sont pas rassasiés par nos impôts locaux, ils en veulent toujours plus ! » grogne un artisan fabricant de souliers en bois verni, l’une des spécialités de Mallonnès, alors que de fausses cigales accrochées au mur de son atelier craquettent en plein mois de février. Les habitants, eux, ont reçu un laisser-passer gratuit qui les exempte de la taxe de séjour. Les défenseurs de patrimoine sont partagés par la mesure, considérant d’une part qu’il convient de limiter le tourisme et d’arrêter de faire du Vieux Mallonnès un parc d’attractions médiévales ; et d’autre part que cette décision contrevient à l’idée même d’une merveille du monde : « C’est maintenant acté, la Vieille ville fortifiée fait partie du patrimoine de l’Humanité et il devrait être disponible à tout un chacun. » critique le collectif « Sauvons la Cité de Mallonnès ».
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 8 février 2039
Après la réforme de l’impôt sur les sociétés, des entreprises santognaises
annoncent qu’elles cesseront leur activité dans leur pays
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Cycloluce, dont le siège est établi aux Ménechmes depuis longtemps, fait partie de ces entreprises[/center]
L’annonce était à moitié prévisible tant le lobbying a été important ces dernières semaines au Parlement santognais. Si le gouvernement a réussi à arracher une assez confortable majorité – de 115 voix contre 80 – le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356475#p356475]projet de loi réformant l’impôt sur les sociétés[/url] a jeté un pavé dans la mare. Cette réforme phare connue depuis longtemps a pour principale disposition de modifier la base imposable des sociétés exerçant une activité sur le territoire santognais, indépendamment de la domiciliation de leur siège social. Prenant comme assiette la fraction dévolue aux ventes en Santogne des bénéfices consolidés de la société ou à défaut de coopération, le chiffre d’affaires qu’elle y a réalisé sur la base de la TVA reversée à l’Etat, s’extraire de l’impôt sur les sociétés devient impossible. Si le bénéfice peut être – plus ou moins artificiellement – minoré au gré des crédits d’impôt, dégrèvements avantageux et autres tours de passe-passe de comptables, les marges de manœuvre sont étroites. Mais le satisfecit du gouvernement se confronte à la dure réalité : plusieurs entreprises ont annoncé cesser toute activité de commerce ou de prestations de services sur le sol santognais en réaction à cette réforme, considérant qu’elles se dégageront une marge trop faible après impôt pour que ce soit encore intéressant. Parmi ces entreprises, le fabricant informatique Cycloluce qui a fait le choix de se domicilier aux Ménechmes depuis les années 2020, et qui a été explicité visé par le nouveau ministre de la diplomatie Husain el-Kaleel Rouvier, mettra fin aux contrats commerciaux qui les liait à des distributeurs santognais. Il sera ainsi à l’avenir très difficile pour un Santognais d’acheter un ordinateur ou une tablette de la marque Cycloluce. « Le groupe Cycloluce s’insurge du procès que lui fait l’Etat santognais. L’optimisation fiscale est une pratique légale et le groupe a considéré que le Royaume des Ménechmes offrait plus de forces vives capables de répondre aux enjeux du groupe. La réforme votée par le Parlement santognais est une déclaration de guerre contre cette pratique et nous ne pouvons pas le tolérer. Les premières victimes de cette loi contre-productive seront les Santognais eux-mêmes, qui verront leur choix se réduire. » a communiqué Cycloluce le lendemain du vote au Parlement.
Si les économistes considèrent qu’il n’y a pas lieu de céder au catastrophisme, tous pointent les conséquences sociales importantes que cette réforme peut avoir mais également au niveau diplomatique. Si Cycloluce n’avait pas de points de vente propres en Santogne et n’a donc pas de masse salariale dans le pays, c’est en revanche le cas d’autres sociétés qui lui emboiteront le pas. Le groupe Intercolo, qui possède plusieurs campings dans le pays. Le siège social de la société domiciliée en Ennis lui permet de s’acquitter d’un impôt assez dérisoire. Selon la direction de ce groupe hôtelier, les économies réalisées par l’optimisation fiscale lui permettaient de payer confortablement ses milliers de salariés à temps plein, à temps partiel, saisonniers et étudiants. La gestion du camping exige un main-d’œuvre pléthorique et la nouvelle donne législative l’expose à un plan social d’ampleur. Quant aux crédits d’impôts, ils sont difficilement applicables même dans le cas d’Intercolo qui a son siège social basé dans un pays de la CND : « On gère des campings ! Alors, le crédit d’impôt innovation… ça nous fait une belle jambe. On ne va pas faire de la R&D sur du karaoké ou des séances de stretching. » balaie ironiquement le groupe. Diplomatiquement, la Santogne s’expose également à des refus de coopération avec les pays extra-communautaires, notamment en termes financiers. La stratégie du « parler vrai » choisi par le gouvernement Teysseire risque donc d’envenimer la situation là où la modération et le compromis sont exigés. Mais si plusieurs sociétés ont déjà acté leur décision de quitter la Santogne, la loi n’a cependant pas terminé son parcours législatif puisqu’elle doit encore se confronter à l’avis de la Cour Suprême, qui a déjà été saisie par des parlementaires de l'opposition et plusieurs lobbys.
[img]https://i.imgur.com/r0uDdFJ.png[/img] | Le Président Darrieussecq refuse de convoquer des élections anticipées, au grand dam du gouvernement
[justify]Le gouvernement n’a pas réagi à l’annonce mais on imagine qu’il n’a pas du employer des mots tendres pour qualifier la décision du Président Darrieussecq de ne pas convoquer des élections anticipées en dépit des irrégularités constatées lors du scrutin d’il y a six mois, et a considéré que « le gouvernement disposait de la majorité suffisante pour gouverner ». Une déclaration politique étonnante de la part du numéro un protocolaire de Santogne. Officiellement, Barnabé Darrieussecq craint en effet que des élections anticipées mènent à une majorité absolue de l’Action Réformiste d’Inès Teysseire. Or, depuis les années 1960, aucun parti n’est jamais parvenu à lui seul à obtenir les 101 sièges nécessaires. Officieusement cependant, la Ligue du Renouveau – qui soutient pourtant le gouvernement sans y participer - aurait été à l’œuvre pour influencer le président, craignant de devoir perdre son propre d’influence de faiseur de rois si Teysseire disposait à elle seule de la majorité. Un baroud d’honneur pour Barnabé, qui cédera son siège au mois de juin, à l’occasion de l’élection présidentielle qui se joue au scrutin indirect.[/justify]
[img]https://i.imgur.com/NSqlbkO.png[/img] | Gestation pour autrui : une riche Santognaise s’arrange pour avoir deux enfants le même jour
[justify]Son rêve était d’avoir des jumeaux. Lissandrina Guilloux, veuve du fondateur de la cristallerie du même nom, près de Fos-sur-Méguès, avait pris le soin de congeler ses ovocytes et les paillettes de de sperme de son défunt mari au Katherina et au Westrait, deux pays qui ont légalisé la pratique, de manière plus ou moins encadrée. Ne ménageant pas ses peines, la femme de 45 ans a tenté d’inséminer plusieurs mères porteuses le même jour. Les échecs sont nombreux mais à force de persévérance, l’opération est couronnée de succès au mois de mai et à quelques jours d’intervalle, en juin 2039, deux mères porteuses – l’une au Westrait et l’autre au Katherina – confirment porter l’enfant du couple. Pour respecter la lubie de la commanditaire, une fois le premier né au Westrait le 3 mars dernier, il est procédé dans l’immédiat à un accouchement forcé chez la seconde mère au Katherina et pour faciliter le travail, une césarienne est pratiquée, mettant au passage en danger la vie de ladite mère porteuse. L’abnégation paie puisque Baptiste nait au Katherina à 21h40, quatorze heures après son frère Florentin à des milliers de kilomètres de là, au Westrait. Lissandrina Guilloux devient ainsi la première mère au monde d’enfants nés le même jour, mais non jumeaux. De quoi poser en outre des questions quant à l’héritage d’Emile Guilloux leur père… mort il y a deux ans.[/justify]