Chroniques Archavenates

Répondre
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

[center]Chroniques Archavenates

[img]http://www.cepravoi.fr/mag/wp-content/uploads/2017/10/LlibreVermell_original_Page_3.jpg[/img]

Vivez l'histoire d'Archavêne comme si vous y étiez

[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1379&t=18105&p=356462#p356462]7 avril 1357 : Couronnement de Pierre et Agnès de Gombet[/url]
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=1379&t=18105&p=356165#p356165]14 juillet 1865 : Première ascension du mont Grand'Bèca[/url][/center]
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

[quote][center]14 juillet 1865 : Première ascension du mont Grand'Bèca

[url=http://zupimages.net/viewer.php?id=19/36/ah1j.jpg][img]https://zupimages.net/up/19/36/ah1j.jpg[/img][/url]
L’expédition Von Matterhorn au sommet du Grand'Bèca, gravure d'époque[/center]

[justify]Joseph Von Matterhorn se réveilla en sursaut. Une rafale de vent venait de défaire un des auvents de sa tente et le claquement l'avait tiré d'un sommeil sans rêve. Après quelques secondes de flottement, il se souvint de où il se trouvait : à mi-pente dans l’ascension du Grand'Bèca, le dernier sommet invaincu de l'Artinois, qui culminait selon les estimations les plus récentes des géomètres à plus de 4 475m. A ses côtés, trois notables et aventuriers étrangers revenant d'un voyage exploratoire en Ventélie. Jospeh ne savait pas exactement de quelle nationalitée ils étaient. A l'accent, probablement de Dytolie Occidentale - Ennis ? Lorthon ? Brittonie ? Il ne les connaissait que depuis l'avant-veille après tout, via une rencontre tout à fait fortuite alors qu'il commençait à être en proie au désespoir.

Il y a encire de ça deux jours, cela faisait alors 3 semaines qu'il croupissait à Cervmaat, petit village d'une centaine d'âme au pied de la montagne. A l'origine envoyé ici par un riche mécène peindre la majesté de la montagne au début du mois de mai, il avait fini par se piquer d'alpinisme, et après sa mission terminée, avait passé le mois de juin à s'entrainer. Avec en tête un immense défi : devenir le premier homme à atteindre le sommet du Grand'Bèca. Pour cela, il avait engagé Jean-Antoine Carrel, un guide et alpiniste Flave de grand renom, jusqu'au 12 juillet. Les deux hommes ne s'entendaient pas, mais ils avaient un objectif commun. Mais le sort s'était acharné et chacune de leur tentative s'était soldée par un cuisant échec à mi-chemin. Puis, le 12, alors qu'il était parti exploré la face ouest afin de repérer leur prochaine approche, Joseph croisa Jean-Antoine avec une demi-douzaine d'autres Flaves. Le club d'Alpinisme du Royaume de Flavie, nouvellement créé, voulait marquer le coup et conquérir le Grand'Bèca, sommet étant situé sur la frontière entre les deux pays et prévoyait de lancer une expédition par la face ouest dès le lendemain. Cela avait ulcéré Joseph qui la veille encore comptait sur son dorénavant rival pour parvenir à faire l'ascension.

Revenu d'humeur massacrante à Cervmaat, il buvait un mauvais fendant de dépit quand ces trois aventuriers, Francis, Charles et Douglas l'avaient abordé. Joseph s'était alors épanché sur le défi qu'il s'était fixé, la "trahison" de Jean-Antoine et sa volonté de partir grimper dès le lendemain le Grand'Bèca, par la face Est réputée impossible. Piqué au vif par le défis, ils avaient proposé à Joseph de l'accompagner dans son expédition. Ils avaient avec eu un guide local, Michel Craz. Joseph et ses compagnons de circonstances passèrent alors le reste de la journée à planifier leur expédition suicide et dénicher deux porteurs. Le lendemain 13 juillet, ils partirent à l'assaut de la montagne par la face est. La première journée d'ascension s'était passée sans réels problèmes et ils avaient pu monter un bivouac à 3 400m d'altitude assez tôt dans l'après-midi afin de ne pas être surpris par un éventuel blizzard et de pouvoir se reposer avant le grimpée fatidique du lendemain.

Et ils étaient maintenant ce lendemain de vérité. Joseph enfila ses bottes et son équipement et sorti de la tente. L'aube commencer à pointer le bout palot de sa figure, et il alla réveiller le guide Craz et les deux porteurs afin qu'ils préparassent la collation matinale. Puis, revenu dans la tente, il réveilla alors ses compagnons. Après un casse-dalle copieux et rapidement englouti, ils empaquetèrent leur barda et repartir à l'ascension, aux alentours de 5h30 du matin. Ils suivirent la ligne de crête de la face est jusqu'à 9h avant de devoir bifurquer et attaquer la face nord directement. La difficulté commençant à sérieusement s'élever, la progression ralentie alors considérablement. En particulier, Douglas semblait particulièrement chahuté par la montagne, et il requerrait maintenant une assistance continue de la part de Croz. Puis enfin, vers 11h alors que l'altitude atteignait plus de 4 200m, la pente commença doucement à s'adoucir et la progression se fit plus simple. En vue du sommet, Joseph et Craz, qui commençaient à tisser des liens d'amitiés, coururent pour atteindre le sommet ensemble et vainquirent le Grand'Bèca ex aequo. Alors, sous leurs yeux, quelques 200m plus bas, ils virent la cordée Flave en train de monter par la face ouest et leurs firent de grands signes. Jean-Antoine Carrel les entendit, leva le nez, jura et, probablement dégouté, fit alors demi-tour sans même chercher à finir.

Une fois les autres arrivés au sommet, ils restèrent une heure avant de commencer le plus périlleux, la descente. Alors qu'ils attaquaient la partie la plus technique à peine une heure après le départ du sommet, la progression était devenue vraiment lente, un seul homme se déplaçant à la fois et Douglas nécessitant une assistance à chaque pas. Michel Craz, en tête de cordée, passait le premier puis se retournait et plaçait littéralement les pieds et mains de Douglas dans les prises avant de reprendre sa progression, pendant que les autres suivaient péniblement derrière. Soudain, alors que Craz venait de se retourner pour avancer après avoir assisté Douglas, ce dernier glissa et tomba de tout son poids sur le guide qui perdit l'équilibre. Joseph l'entendit grogner "impossible" avant de basculer dans la pente, Douglas à sa suite. Les 5 autres personnes se cramponnèrent à ce qu'ils purent au mieux de leur capacité. Le poids des deux hommes dévalant la pente fut cependant trop puissant, et arracha littéralement Charles à ses prises, puis ce fut au tour de Francis. Alors que le sort de Joseph, qui était le suivant, semblait sceller, la corde rompu. Joseph et les deux porteurs virent alors leurs 4 compagnons glisser, cherchant desserrement à se raccrocher à la vie, qui à une saillie, qui à un escarpement, avant de basculer un à un dans le vide, comme dans un tour de magie morbide. Les trois survivant restèrent quelques instants sous le choc à contempler le gouffre dans lequel avec disparu les compagnons avec lesquels ils avaient fêté leurs victoires moins de 100 minutes plus tôt. Mais le temps n'était pas au deuil. Le jour déclinait et ils devaient impérativement rejoindre le bivouac avant la tombée du jour.

Dès le lendemain, ils rejoignirent Cervmaat et essayèrent de monter une expédition de secours. Celle-ci ne peut partir au premières lueurs de l'aube, le curée de Cervmaat promettant l'excommunication aux paroissiens manquant l'office du dimanche. Une fois la messe passée, une vingtaine d'hommes partirent à la recherche d'éventuels survivants, miraculeusement sauvé par la neige. Il n'en fut rien. Vers la 15h, le corps des trois étrangers furent retrouvés, complètement brisés et désarticulés par une chute de plus de 1 000m. Du corps de Michel Craz, lui, ne fut jamais retrouvé qu'une botte et une paire de gants, le reste étant probablement resté coincé dans la pente. Les dépouilles furent alors enterrées sur place, sous le regard de la montagne qui leur avait tout donné puis tout pris. Le Grand'Bèca était vaincu, mais il avait vendu chèrement sa peau.[/justify][/quote]
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

[quote][center]7 avril 1357 : Couronnement royal de Pierre et Agnès de Gombêt

[url=http://zupimages.net/viewer.php?id=19/37/65bh.jpg][img]https://zupimages.net/up/19/37/65bh.jpg[/img][/url]
Un noble se prosterne et embrasse les mains du cadavre d'Agnès[/center]

[justify]Pierre regardait la foule silencieuse amassée dans la grande salle du palais royal de Franchambève. Toute la haute noblesse du royaume s'y était réunie afin d'assister à son couronnement en tant que roi de Gombêt. Au sien, mais également celui de sa femme Agnès. Pourtant Angès était morte depuis 2 ans. Mais il était hors de question qu'elle ne fut pas reine. Car après tout, elle était la source de tout. De la situation présente, de son couronnement, de sa vie tout simplement. Comment son existence bien réglée avait-elle pu prendre un tel tournant ? Toujours occupé à sa contemplation de la foule immobile, comme frappée de stupeur, il laissa son esprit divaguer.

Il se souvint de la première fois qu'il avait vu Agnès. C'était il y a plus de 10 ans maintenant. Alors jeune prince d'une vingtaine d'année, son père le roi Amédée II l'avait marié à une princesse royale venue du l'Empire Tottern pour des raisons de politique matrimoniale tout a fait classique. Il était alors tombé fou amoureux d'une suivante de la princesse. Il n'avait encore jamais rien vu d'aussi beau que cette Agnès von Zahringhen, blonde comme les blés aux yeux bleus d'azur, resplendissante d'une une robe de mousseline bordeaux et à la coiffure savamment nattée. Rapidement devenu très proche, ils n'avaient cependant jamais franchi la limite qui convenait à l'honneur. Mais rapidement, le décès de sa femme en couche moins de deux ans plus tard ouvrit la voie aux amants qui se marièrent en secret grâce à la complicité du confesseur de la dame.

Son père le roi Amédée, mis au courant, refusa cette union qu'il jugeait indigne et dans un une colère que Pierre ne lui connaissait pas, fit enfermer une Agnès désespérée au couvent de notre Notre-Dame de Fallavaux. Pierre se souvint de son désespoir, et de la multitude d'efforts qu'il du faire pour se ménager des complicités dans la place pour pouvoir rejoindre sa femme devant Dieu au sein du couvent et finir par partager avec elle les plus beaux et plus heureux moments de sa vie. Agnès fini par tomber enceinte et accoucher, ce qui ne pu être caché au roi. L'inquiétude se mêla alors à sa colère. Depuis quelques mois déjà le père d'Agnès, en Asdriche, était entré en rébellion ouverte contre son souverain, et il était très préoccupé par les conséquences d'une telle naissance. Si l'Empereur Tottern estimait qu'une telle naissance mettait en danger son trône et considérait qu'il trahissait un soutien Gombêt au vassal félon, s'en était terminé de la paix et il s'exposait à une invasion étrangère. Appuyé par son conseil royal, il prit alors la décision qui s'imposait selon lui : éliminer Agnès.

Mis au courant, Pierre se souvenait avoir galopé jusqu'à tuer son cheval afin d'atteindre le couvant à temps. Il n'était arriver que pour voir sa belle gisant décapitée sur le sol du cloître, son fils pataugeant dans le sang de sa mère. Il avait senti son monde s'écrouler. Abattu, las, il avait pleurer toutes les larmes de son corps sur la dépouille de son épouse. Des larmes de tristesse d'abord, puis des larmes de rage. Il allait se venger, et rien de l'arrêterait quitte à damner son âme s'il le fallait ! Il rameuta rapidement sa suite et ses fidèles et il leva une armée. Deux ans de campagne s'en était suivi, à se battre contre son père pour finir par l'occire lui-même d'un coup d'épée dans le buste, dans un défaut de la cuirasse. S'en était fait. Il avait accompli le premier acte de sa vengeance et était maintenant le mettre.

Émergeant de ses souvenirs, Pierre leva de nouveau les yeux sur la foule. Puis, s'avançant légèrement il prit la parole.

- Mes fidèles et loyaux vassaux, je suis heureux que vous ayez assisté à notre couronnement en tant que roi de Gombet, Agnès et moi. Mon épouse et moi-même allons maintenant recevoir vos hommages-liges.

Il lu la confusion s'accentuer dans leurs yeux. Puis sur l'insistance de l'officier du palais, timidement, un premier baron gravit les degrés qui le séparait du trône, vint s'agenouiller devant lui, lui prit la main pour la baiser et lui jura fidélité. Pierre lui intima alors de procéder de même avec sa femme. Le baron le regarda alors avec un choc. Agnès avait été exhumé pour l'occasion, sa tête fixé sur ses épaules et son corps bandé pour le maintenir d'un seul tenant. L'homme saisi alors la main cadavérique d'Agnès, senti les os rouler sous les bandes et l'odeur putride de la mort, et la baisa avant de se relever lentement et de rejoindre l'assemblée livide. Pierre allait forcer tout ces hommes à reconnaître Agnès comme sa femme et comme reine. Pierre allait forcer tout ces hommes, qui avaient prit le parti de son père, à faire face à l'horreur de leurs actes. Un a un, tous ces fiers aristocrates qui avaient dénigré cette union "contre nature" feraient amande honorable et embrasseraient la main décharnée de sa femme.

Mais sa vengeance n'était pas encore complète. Après avoir fait rendre gorge à son père, le commanditaire, et avoir humilié les barons de son père, les mauvais conseils, il restait à châtier les meurtriers. Quittant la salle où l'aristocratie Gombette restait hébété de ce qu'il venait de se passer, il descendit un escalier en colimaçon dans les profondeurs des geôles du château où il fini par arriver dans une pièce brillamment éclairée par des braseros. Pendu à de longues chaines, gémissant, deux hommes sales et hirsutes se tenaient contre le mur. Ces deux hommes avaient tenu et décapité sa femme, et ils allaient maintenir périr pour ça. S'ils avaient été un peu malmené, aucun des deux n'avait été mutilée ou torturé outre mesure, il les voulait aussi frais et alertes que ce peut pour ce qu'il allait leur offrir. S'approchant d'eux, il leur déclara :

- Lorsque vous avez tué ma femme, vous m'avez tué également ce jour la. Aucun homme ne peut vivre sans cœur, et vous m'avez arraché le mien comme vous avez arraché Agnès à cette terre. Il est de temps d'assumer vos actes.

Se retournant, il saisi sur un établi une grande lame effilée et se dirigea vers le premier homme, qu'il fit installer et sangler sur une grande table de bois épais. Alors, minutieusement, il lui découpa les côtes et ouvrit la cage thoracique afin de dégager le muscle palpitant qui servait de cœur à ce malfrat. Puis, d'un coup sec, il le lui arracha à mains nues. Les artères résistèrent un moment avant de céder. Il se tourna alors vers l'autre meurtrier complètement horrifié par la scène qu'il venait de voir, lui présenta le cœur de son compagnon avant de le faire sangler à cette même table, sur le ventre cette fois-ci. Le second compère, les yeux écarquillés d'effroi et la bouche baignant dans le sang du précédent, rendis péniblement l'âme de la même façon, le cœur arraché par le dos.

Pierre était épuisé par ces épreuves, mais ça n'était pas encore terminé. Maintenant que tous étaient châtiés, il restait à rendre justice à sa femme. Agnès avait rejoint l'abbaye de Notre-Dame de Fallavaux, où elle avait séjourné durant sa retraite, pendant son séjour dans les geôles, et enfourchant un cheval, il rejoignit l'édifice distant d'une dizaine de lieux du palais royal. Arrivé sur place, la nouvelle cérémonie d'enterrement, royale celle-ci, allait pouvoir procéder et mettre un terme à cette épouvantable tourmente qui durait depuis maintenant des années. Il allait pouvoir faire son deuil. Au sein-même de l'abbaye, il avait fait bâtir un immense tombeau de marbre et de stuc pour son épouse, sur lequel avait été sculpté un gisant grandeur nature d'une fidélité époustouflante. En face de ce tombeau, il avait également fait sculpter le sien où il viendrait reposer dans le futur, de telle sorte que le jour du jugement dernier, la première chose que chacun d'entre-eux verrait en se relevant de leurs sépultures respectives serait l'un l'autre.[/justify][/quote]
Répondre

Retourner vers « Archavêne »