Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]
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Zaldora
[justify]La cause norroise (1).
6 décembre 2039,
La Reine s'était physiquement bien remise de l'accouchement prématuré qui faillit lui ôter la vie. Psychologiquement, la perte du bébé (le deuxième enfant de suite) avait néanmoins laissé des traces et Marie semblait nager dans une profonde tristesse, une mélancolie de laquelle on ne sortait pas. Au point d'effrayer la parenté qui redoutait de la voir abdiquer. Cela serait catastrophique pour l'ensemble du clan et certains membres chuchotaient déjà à l'ombre des alcôves la possibilité de l'étouffer dans son sommeil en cas de force majeure. Le bien commun du clan dépassait la valeur de ses individualités. L'ambassadeur Jernlander entra dans la Grand'salle de la forteresse et vit la suzeraine assise sur la cathèdre seigneuriale, vêtue d'une cotte et d'un bliaud de laine noire. Le feu crépitait dans l'âtre. A ses cotés, pour ne pas dire à son chevet, se tenait le Roi consort Austmarr qui la soutenait de son mieux. Les traits de Marie étaient maussades et découragés, trahissant une douleur inextinguible.
Le diplomate présenta ses salutations et renouvela ses condoléances. Avec prudence et empathie, il se mit à l'aviser de l'Affaire de l'Arctique, croyant que ceci pouvait peut être intéresser la Cour. Erik Vindheim exposa les faits en veillant à garder un lexique, une syntaxe et un contexte compréhensible pour son auditoire. Il n'était par exemple pas intelligent de citer "nationalisme", "filière pétrolière" ou "niveau de vie" au risque de perdre son monde. Le diplomate mentionna les tensions entre norrois et gaéliques, ainsi que les agitations populaires naissantes dans son pays et le risque que la chose se produise au Thorval, par une sorte de fraternité norroise qui surpasserait les haines claniques.
Marie posa quelques questions et se concerta brièvement avec son mari, avant d'annoncer l'envoyer chez les gaéliques et les norrois du Grand Nord pour parler en son nom et arbitrer le conflit. Dans son périple, il sera par ailleurs accompagné de l'écrivain Percefal Fenton-Beckett qui agissait comme clerc auprès de la suzeraine depuis le mois d'août. La décision avait du sens : Austmarr (né Anatolios) et Percefal étaient les seuls, par leurs connaissances du monde moderne, aptes pour la mission. La Reine leur accorda toute latitude et ne voulut pas se mêler de la stratégie, plus par méconnaissance des questions que par désintérêt.
Le plan que les deux compères élaboreront lors de leur voyage, destination, via le Jernland, Skjarlorg, Fort William et Urnavuk afin de rencontrer tour à tour des représentants du Haut Conseil, du gouvernement Lorthonien, de Unité Gaélique et de Génération Norroise. Discuter avec tout les acteurs et ne mépriser personne sera au cœur de leur stratégie, tout en veillant au mieux à préserver le bien de la cause norroise.
[quote]Plan de paix
- Retrait des troupes Ennissoises et Lorthoniennes de l'Arctique Vonalyen
- Organisation d'un nouveau référendum gaélique dans l'ouest accepté par le Haut Conseil
- Surveillance du processus par des observateurs neutres originaires de Saint-Brendan
- Victoire du Oui : indépendance et reconnaissance mutuelle ; Victoire du Non : forte autonomie pour les gaéliques.[/quote][/justify]
6 décembre 2039,
La Reine s'était physiquement bien remise de l'accouchement prématuré qui faillit lui ôter la vie. Psychologiquement, la perte du bébé (le deuxième enfant de suite) avait néanmoins laissé des traces et Marie semblait nager dans une profonde tristesse, une mélancolie de laquelle on ne sortait pas. Au point d'effrayer la parenté qui redoutait de la voir abdiquer. Cela serait catastrophique pour l'ensemble du clan et certains membres chuchotaient déjà à l'ombre des alcôves la possibilité de l'étouffer dans son sommeil en cas de force majeure. Le bien commun du clan dépassait la valeur de ses individualités. L'ambassadeur Jernlander entra dans la Grand'salle de la forteresse et vit la suzeraine assise sur la cathèdre seigneuriale, vêtue d'une cotte et d'un bliaud de laine noire. Le feu crépitait dans l'âtre. A ses cotés, pour ne pas dire à son chevet, se tenait le Roi consort Austmarr qui la soutenait de son mieux. Les traits de Marie étaient maussades et découragés, trahissant une douleur inextinguible.
Le diplomate présenta ses salutations et renouvela ses condoléances. Avec prudence et empathie, il se mit à l'aviser de l'Affaire de l'Arctique, croyant que ceci pouvait peut être intéresser la Cour. Erik Vindheim exposa les faits en veillant à garder un lexique, une syntaxe et un contexte compréhensible pour son auditoire. Il n'était par exemple pas intelligent de citer "nationalisme", "filière pétrolière" ou "niveau de vie" au risque de perdre son monde. Le diplomate mentionna les tensions entre norrois et gaéliques, ainsi que les agitations populaires naissantes dans son pays et le risque que la chose se produise au Thorval, par une sorte de fraternité norroise qui surpasserait les haines claniques.
Marie posa quelques questions et se concerta brièvement avec son mari, avant d'annoncer l'envoyer chez les gaéliques et les norrois du Grand Nord pour parler en son nom et arbitrer le conflit. Dans son périple, il sera par ailleurs accompagné de l'écrivain Percefal Fenton-Beckett qui agissait comme clerc auprès de la suzeraine depuis le mois d'août. La décision avait du sens : Austmarr (né Anatolios) et Percefal étaient les seuls, par leurs connaissances du monde moderne, aptes pour la mission. La Reine leur accorda toute latitude et ne voulut pas se mêler de la stratégie, plus par méconnaissance des questions que par désintérêt.
Le plan que les deux compères élaboreront lors de leur voyage, destination, via le Jernland, Skjarlorg, Fort William et Urnavuk afin de rencontrer tour à tour des représentants du Haut Conseil, du gouvernement Lorthonien, de Unité Gaélique et de Génération Norroise. Discuter avec tout les acteurs et ne mépriser personne sera au cœur de leur stratégie, tout en veillant au mieux à préserver le bien de la cause norroise.
[quote]Plan de paix
- Retrait des troupes Ennissoises et Lorthoniennes de l'Arctique Vonalyen
- Organisation d'un nouveau référendum gaélique dans l'ouest accepté par le Haut Conseil
- Surveillance du processus par des observateurs neutres originaires de Saint-Brendan
- Victoire du Oui : indépendance et reconnaissance mutuelle ; Victoire du Non : forte autonomie pour les gaéliques.[/quote][/justify]
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Zaldora
[justify]Croyances populaires (13).
22 décembre 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/35/fdvm.png[/img]
Une aurore boréale visible dans le royaume il y a quelques mois.[/center]
En temps normaux, les aurores boréales n'étaient observables qu'entre 65 et 75° de latitude Nord, soit très près du cercle polaire et au delà. Néanmoins, quand l'activité magnétique solaire se faisait plus intense, le phénomène lumineux venant du Grand Nord débordait de sa zone naturelle et pouvait être visible jusqu'à l'équateur. Loin de toute explication savante, les aurores boréales donnaient lieu au Thorval à d'innombrables légendes mélangeant paganisme et christianisme. Elles faisaient partie de la croyance commune parmi les seigneurs, les paysans, les moines, les prêtres, les mendiants et les bourgeois de basse condition. Pour l'imaginaire surnaturel et magique des peuples thorvalois, les lumières norroises représentaient selon les villages et les provinces :
- Le souffle des guerriers célestes racontant leurs combats dans le ciel contre les démons.
- Le souffle des baleines.
- La danse des esprits de certains animaux comme les saumons.
- Le reflet du soleil ou de la lune sur l'armure de Saint Michel et de ses milices célestes.
- Les torches allumées par les âmes du paradis pour accueillir les nouveaux arrivants.
- Le signe céleste marquant la libération des âmes se trouvant au Purgatoire. L'arc-en-ciel, associé au bifröst, avait la même signification.
- Le signe annonciateur d'une catastrophe, surtout quand elles se dotaient d'une teinte rouge, associée à la guerre.[/justify]
22 décembre 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/35/fdvm.png[/img]
Une aurore boréale visible dans le royaume il y a quelques mois.[/center]
En temps normaux, les aurores boréales n'étaient observables qu'entre 65 et 75° de latitude Nord, soit très près du cercle polaire et au delà. Néanmoins, quand l'activité magnétique solaire se faisait plus intense, le phénomène lumineux venant du Grand Nord débordait de sa zone naturelle et pouvait être visible jusqu'à l'équateur. Loin de toute explication savante, les aurores boréales donnaient lieu au Thorval à d'innombrables légendes mélangeant paganisme et christianisme. Elles faisaient partie de la croyance commune parmi les seigneurs, les paysans, les moines, les prêtres, les mendiants et les bourgeois de basse condition. Pour l'imaginaire surnaturel et magique des peuples thorvalois, les lumières norroises représentaient selon les villages et les provinces :
- Le souffle des guerriers célestes racontant leurs combats dans le ciel contre les démons.
- Le souffle des baleines.
- La danse des esprits de certains animaux comme les saumons.
- Le reflet du soleil ou de la lune sur l'armure de Saint Michel et de ses milices célestes.
- Les torches allumées par les âmes du paradis pour accueillir les nouveaux arrivants.
- Le signe céleste marquant la libération des âmes se trouvant au Purgatoire. L'arc-en-ciel, associé au bifröst, avait la même signification.
- Le signe annonciateur d'une catastrophe, surtout quand elles se dotaient d'une teinte rouge, associée à la guerre.[/justify]
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Zaldora
[justify]Prendre du bon temps à la Nativité.
24 décembre 2039,
Il était sans doute la personne la plus redoutée du royaume. Les hommes fuyaient son regard et craignait son ombre ; sa cruauté et sa férocité inspiraient dorénavant la terreur dans tout le monde thorvalois. Dénué de pitié, ses raides donnaient lieu à d’effroyables bain de sang et à de terribles scènes d’horreur. Il s'amusait à affamer et à torturer ses prisonniers, il prenait également un malin plaisir à violer les mères sous le regard des enfants, avant de les découper. Alors que la plupart des gens célébraient la nativité en veillant sur la bûche bénie, en dansant en ronde devant l’Arbre de Noël et en allant à la messe, le brigand Álmarr préféra se réchauffer dans la poitrine d’une fille de joie. Le roi des hors-la-loi entra incognito, emmitouflé dans sa cape, à la Succube. A l'extérieur, la neige tombait sous un vent qui glaçait les os. L’établissement était vide, pas un chat, comme si une descente de gardes avait foutu tout le monde dehors. Après tout, les forteresses d'Hurðborg étaient à moins d'une lieue au sud-est. Pas vraiment surpris par la venue, le tavernier indiqua d’un regard la chambre et fit de son mieux pour ne pas compisser ses chausses. Álmarr était affamé et s’y rendit en toute hâte. La coureuse des remparts l’attendait là, assise sur le lit, en petite tenue. Mort de faim, il se jeta littéralement sur elle, avant de se mettre à hurler comme un possédé. Presque au même moment, un homme entra avec un marteau de guerre. Il vit Álmarr se débattre par terre, saignant des yeux et essayant, sans y parvenir, d’enlever les couteaux qu’Edna avait enfoncé.
« Tu commences, décida l’espionne.
– Avec plaisir, répondit Tom, c’est pour toutes les personnes que tu auras martyrisé, vieux débris. »
L’agent abattît le marteau sur le genou du brigand, qui se brisa en un bruit effroyable. Edna renouvela le geste sur l’autre avec encore plus de rage, éclatant l'articulation en plusieurs morceaux.
« Pitié, pitié, sanglota l’aveugle.
– Tu n’en eu aucune pour tes victimes, rétorqua Edna, nous n’en aurons aucune pour toi. »
L’espionne enfonça alors une hache dans l’entrejambe, sous les cris stridents du supplicié, puis la retira brusquement, emportant avec elle l’ensemble des parties viriles qui volèrent contre un mur. A sa suite, Tom envoya le lourd marteau sur les deux bras qui se scindèrent en deux sous le choc. Le torturé gémissait et n’avait pas perdu connaissance, preuve même qu’il était une force de la nature. Edna continua en balançant plusieurs fois le gros marteau sur les côtes du bandit, lui aplatissant la cage thoracique, touchant les poumons, perçant les tripes etc. Le brigand cracha du sang, s’y étouffa et rendit l’âme. Il mourut ainsi, sans porter d'armes, ce qui, d'après les dires locaux, risquait de lui fermer les portes du Paradis avant même son jugement divin.
« Je m’occupe de la tête, décida le Westréen, essaye de trouver une boite pour l’envoi. On lui laisse les couteaux dans les yeux ?
– Oui, ça fait joli sur ce fumier. » plaisanta la Westréenne.
La carrière de celui qui se voyait Roi s’était terminée de la plus piteuse des façons, en chialant devant ses bourreaux. Qu’allait advenir sa grande armée ? Allait-elle s’unir derrière un nouveau chef ou se diviser irrémédiablement ?[/justify]
24 décembre 2039,
Il était sans doute la personne la plus redoutée du royaume. Les hommes fuyaient son regard et craignait son ombre ; sa cruauté et sa férocité inspiraient dorénavant la terreur dans tout le monde thorvalois. Dénué de pitié, ses raides donnaient lieu à d’effroyables bain de sang et à de terribles scènes d’horreur. Il s'amusait à affamer et à torturer ses prisonniers, il prenait également un malin plaisir à violer les mères sous le regard des enfants, avant de les découper. Alors que la plupart des gens célébraient la nativité en veillant sur la bûche bénie, en dansant en ronde devant l’Arbre de Noël et en allant à la messe, le brigand Álmarr préféra se réchauffer dans la poitrine d’une fille de joie. Le roi des hors-la-loi entra incognito, emmitouflé dans sa cape, à la Succube. A l'extérieur, la neige tombait sous un vent qui glaçait les os. L’établissement était vide, pas un chat, comme si une descente de gardes avait foutu tout le monde dehors. Après tout, les forteresses d'Hurðborg étaient à moins d'une lieue au sud-est. Pas vraiment surpris par la venue, le tavernier indiqua d’un regard la chambre et fit de son mieux pour ne pas compisser ses chausses. Álmarr était affamé et s’y rendit en toute hâte. La coureuse des remparts l’attendait là, assise sur le lit, en petite tenue. Mort de faim, il se jeta littéralement sur elle, avant de se mettre à hurler comme un possédé. Presque au même moment, un homme entra avec un marteau de guerre. Il vit Álmarr se débattre par terre, saignant des yeux et essayant, sans y parvenir, d’enlever les couteaux qu’Edna avait enfoncé.
« Tu commences, décida l’espionne.
– Avec plaisir, répondit Tom, c’est pour toutes les personnes que tu auras martyrisé, vieux débris. »
L’agent abattît le marteau sur le genou du brigand, qui se brisa en un bruit effroyable. Edna renouvela le geste sur l’autre avec encore plus de rage, éclatant l'articulation en plusieurs morceaux.
« Pitié, pitié, sanglota l’aveugle.
– Tu n’en eu aucune pour tes victimes, rétorqua Edna, nous n’en aurons aucune pour toi. »
L’espionne enfonça alors une hache dans l’entrejambe, sous les cris stridents du supplicié, puis la retira brusquement, emportant avec elle l’ensemble des parties viriles qui volèrent contre un mur. A sa suite, Tom envoya le lourd marteau sur les deux bras qui se scindèrent en deux sous le choc. Le torturé gémissait et n’avait pas perdu connaissance, preuve même qu’il était une force de la nature. Edna continua en balançant plusieurs fois le gros marteau sur les côtes du bandit, lui aplatissant la cage thoracique, touchant les poumons, perçant les tripes etc. Le brigand cracha du sang, s’y étouffa et rendit l’âme. Il mourut ainsi, sans porter d'armes, ce qui, d'après les dires locaux, risquait de lui fermer les portes du Paradis avant même son jugement divin.
« Je m’occupe de la tête, décida le Westréen, essaye de trouver une boite pour l’envoi. On lui laisse les couteaux dans les yeux ?
– Oui, ça fait joli sur ce fumier. » plaisanta la Westréenne.
La carrière de celui qui se voyait Roi s’était terminée de la plus piteuse des façons, en chialant devant ses bourreaux. Qu’allait advenir sa grande armée ? Allait-elle s’unir derrière un nouveau chef ou se diviser irrémédiablement ?[/justify]
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Zaldora
[justify]Livraison mystérieuse.
31 décembre 2039,
Les galeries latérales de la Grand’salle étaient bondées en cette froide matinée. Via les rares vitraux colorés de la forteresse, on pouvait apercevoir le manteau blanc des arbres, des champs et des prairies. La neige tombait drue depuis la veille et plusieurs morceaux de glaces se formaient dans le puissant courant du (fleuve) Ǫlfossá. De gros feux, constamment alimentés par les servantes, réchauffaient le lieu où la Reine tenait les audiences publiques côte à côte avec le Roi consort. Les paysans et les paysannes défilaient depuis l’aube à la recherche de secours, d’arbitrage, de justice etc. Les sujets évoqués allaient de la panne de la roue d’un moulin, au vol d’une meule de fromage, en passant par les ravages d’un renard dans le poulailler, les divagations d’un groupe de porcs, le besoin d’un nouveau puit, les tonneaux brisés lors de la fête des fous etc. Certains savaient qu’ils s’adressaient à Marie mais la plupart pensait être en face d’une des nombreuses Châtelaines régionales. Il faut dire que la suzeraine ne tenait Hurðborg que depuis quelques mois. Les histoires étaient jusqu’alors simples et rustiques. Elles devaient toutefois être réglées sérieusement car il n'en fallait que peu pour mettre le feu aux poudres, même parmi les petits clans qui défilaient en majorité aujourd’hui. Le prochain groupe changea complètement la donne et conduisit l’audience vers une autre dimension : les paysans se plaignèrent d’Álmarr et de ses brigands, dont les méfaits tracassaient la région depuis novembre.
« L’iceux houliers murdrissent fillots et gastent les fillotes ! Ils colchient les nostre commusnaux avec leurs gros piés ! décrivit l'un des paysans, atteint de nanisme, en mimant vulgairement le sort réservé aux filles par les bandits.
– Ne crent point, petit homme ! A l’icelle merdaille rostiront li séan. » promit Marie.
Soudain, un valet cria « Place ! Place ! Place ! » dans toute la pièce. La foule s'écarta, le laissant amener près des cathèdres un coffre en bois bardé de fer. La reine descendit de sa chaise et s’approcha doucement. Le servant ouvrit le couvercle, Marie n’en crut pas ses yeux et se tourna un temps vers le Roi.
« Bon genz, lo mort l’arrière-faix de truie-larde Álmarr ! » proclama-t-elle en montrant la tête du bandit à l’assemblée, avant de la remettre au sein du coffre.
Les clameurs de surprise laissèrent rapidement place à la joie et la Reine pu triomphalement annoncer lever le ban, et envoyer son écuyer sceller son cheval et quérir son épée. Malgré tout, Marie se dit devoir enquêter au plus vite afin de connaitre l’identité de ce nouvel allié et déterminer si l’assassinat venait de son clan ou non. Il arrivait souvent que des hommes du clan fassent des choses sans l’en aviser avant. [/justify]
31 décembre 2039,
Les galeries latérales de la Grand’salle étaient bondées en cette froide matinée. Via les rares vitraux colorés de la forteresse, on pouvait apercevoir le manteau blanc des arbres, des champs et des prairies. La neige tombait drue depuis la veille et plusieurs morceaux de glaces se formaient dans le puissant courant du (fleuve) Ǫlfossá. De gros feux, constamment alimentés par les servantes, réchauffaient le lieu où la Reine tenait les audiences publiques côte à côte avec le Roi consort. Les paysans et les paysannes défilaient depuis l’aube à la recherche de secours, d’arbitrage, de justice etc. Les sujets évoqués allaient de la panne de la roue d’un moulin, au vol d’une meule de fromage, en passant par les ravages d’un renard dans le poulailler, les divagations d’un groupe de porcs, le besoin d’un nouveau puit, les tonneaux brisés lors de la fête des fous etc. Certains savaient qu’ils s’adressaient à Marie mais la plupart pensait être en face d’une des nombreuses Châtelaines régionales. Il faut dire que la suzeraine ne tenait Hurðborg que depuis quelques mois. Les histoires étaient jusqu’alors simples et rustiques. Elles devaient toutefois être réglées sérieusement car il n'en fallait que peu pour mettre le feu aux poudres, même parmi les petits clans qui défilaient en majorité aujourd’hui. Le prochain groupe changea complètement la donne et conduisit l’audience vers une autre dimension : les paysans se plaignèrent d’Álmarr et de ses brigands, dont les méfaits tracassaient la région depuis novembre.
« L’iceux houliers murdrissent fillots et gastent les fillotes ! Ils colchient les nostre commusnaux avec leurs gros piés ! décrivit l'un des paysans, atteint de nanisme, en mimant vulgairement le sort réservé aux filles par les bandits.
– Ne crent point, petit homme ! A l’icelle merdaille rostiront li séan. » promit Marie.
Soudain, un valet cria « Place ! Place ! Place ! » dans toute la pièce. La foule s'écarta, le laissant amener près des cathèdres un coffre en bois bardé de fer. La reine descendit de sa chaise et s’approcha doucement. Le servant ouvrit le couvercle, Marie n’en crut pas ses yeux et se tourna un temps vers le Roi.
« Bon genz, lo mort l’arrière-faix de truie-larde Álmarr ! » proclama-t-elle en montrant la tête du bandit à l’assemblée, avant de la remettre au sein du coffre.
Les clameurs de surprise laissèrent rapidement place à la joie et la Reine pu triomphalement annoncer lever le ban, et envoyer son écuyer sceller son cheval et quérir son épée. Malgré tout, Marie se dit devoir enquêter au plus vite afin de connaitre l’identité de ce nouvel allié et déterminer si l’assassinat venait de son clan ou non. Il arrivait souvent que des hommes du clan fassent des choses sans l’en aviser avant. [/justify]
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Zaldora
[justify]Le temps grâce la nature.
21 janvier 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/36/no1t.png[/img]
Une haute fourmilière dans une forêt thorvaloise.
Elle était un des signes permettant de prévoir la météo.[/center]
Ábjǫrn maniait de la fourche et « jetait » le foin vers les vaches. Tout à coup, il entendit les sanglots du dernier-né arrivant par la porte donnant sur la partie habitée de la longère. Le paysan y logeait avec sa parenté qui comprenait son épouse, ses deux fils, son unique fille, son frère, sa belle sœur, ses nièces et quelques autres cousins, soit la totalité du clan des Ásketilling. Ces derniers étaient alliés aux Dofring, clan moyen du Lœkland offrant protection contre leur grand ennemi, les Njótring. Une sanglante querelle déchirait les différents camps depuis plusieurs décennies. Ainsi était le « Petit jeu » des faides paysannes et des guerres privées menées par les hobereaux, en opposition au « Grand jeu » qui renvoyait aux luttes des seuls seigneurs suzerains. Néanmoins, au milieu de l'hiver, la principale préoccupation d'Ábjǫrn était de manger et de se réchauffer. Les enlèvements, les incendies et les bagarres attendront le printemps. Il vit pourtant, ces derniers jours, bien des chevaliers traverser la route pour rejoindre leur Seigneur, preuve que le Grand Jeu ne s’arrêtait jamais vraiment. A l'automne, le paysan passa plusieurs longs instants à scruter les signes de la nature et lui comme d'autres ne furent pas surpris quand le rude hiver tomba sur le pays.
Sans station météo, ni météorologue, les paysans réussissaient malgré tout à prévoir le temps en observant la nature. Après de longs siècles, le bon sens populaire était parvenu à décrypter les indices qui annonçaient la pluie, le gel ou le grand soleil. Ces prévisions n'étaient en soi ni meilleures ni moins bonnes que celles des professionnels à l'étranger qui malgré des connaissances supérieures et des instruments dernier cri pouvaient complètement se tromper. Voici quelques indices repérés par les paysans et les paysannes thorvalois, dont la justesse fut, pour certains d'entre eux, prouvée scientifiquement au XXe siècle par des savants Jernlanders. Cette observation de la nature fut aussi le lot quotidien, jadis, des campagnards de toute la Dytolie et du monde.
Petit florilège :
Des nuages très hauts dans le ciel sous forme de griffe présagent un temps chaud.
Des nuages sous forme de ruban à travers le firmament annoncent la pluie.
Des nuages immaculés en boule sont le présage d'un temps changeant, avec de la pluie pour les prochains jours.
Si les fourmis avancent en ligne, le mauvais temps est proche. Si les fourmilières sont hautes durant l'automne, l'hiver sera difficile.
Si l'araignée renforce sa toile, la pluie et le vent marqueront les prochains jours. Si elle demeure inactive, la pluie est à la porte. Peu avant les puissants intempéries, elle se réfugie à l'intérieur des maisons.
Si les chiens se montrent nerveux et se pissent dessus, cela annonce l'orage prochain.
Si les poissons s'agitent à la surface de l'eau, idem.
Si les grenouilles croassent la nuit, cela indique un beau soleil le lendemain.
Si les coccinelles butinent de fleur en fleur, la chose présage un beau temps toute la semaine.
Si les hirondelles volent bas, il va pleuvoir.
Si les chauve-souris sortent nombreuses la nuit, c'est signe de soleil durant plusieurs jours.
Quand les sauterelles chantent, c'est l'annonce de la fin des gelées.
Les mouches piquent avant chaque gros temps.
Si les pommes de pin se referment, cela signifie qu'il va pleuvoir.
Si le chêne devient vert avant le frêne, l'été sera chaud et sec.
Si la feuille de hêtre cueillit le jour de la Toussaint est humide et molle, l'hiver sera rude. Si elle est sèche et craquante, l'hiver sera « clément ».
S'il y a encore des feuilles sur les feuillus à la Saint Martin, l'hiver sera dur.
Si vous trouvez des noisettes, des fruits sauvages et des aubépines en abondance, cela indique un hiver long et froid.
Si les gousses d'ail sont difficiles à peler ou si la peau de l'oignon est épaisse, l'hiver sera rigoureux.
Une lune brillante au contour net indique qu'il fera beau le lendemain, mais froid le surlendemain.
Une lune rousse présage un temps froid, et même des gelées.
Si le temps qu'il fait le sixième jour suivant la Pleine Lune ou la Nouvelle Lune est identique en tous points à celui qu'il faisait le cinquième jour, le même temps persistera les huit jours prochains.
etc.[/justify]
21 janvier 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/36/no1t.png[/img]
Une haute fourmilière dans une forêt thorvaloise.
Elle était un des signes permettant de prévoir la météo.[/center]
Ábjǫrn maniait de la fourche et « jetait » le foin vers les vaches. Tout à coup, il entendit les sanglots du dernier-né arrivant par la porte donnant sur la partie habitée de la longère. Le paysan y logeait avec sa parenté qui comprenait son épouse, ses deux fils, son unique fille, son frère, sa belle sœur, ses nièces et quelques autres cousins, soit la totalité du clan des Ásketilling. Ces derniers étaient alliés aux Dofring, clan moyen du Lœkland offrant protection contre leur grand ennemi, les Njótring. Une sanglante querelle déchirait les différents camps depuis plusieurs décennies. Ainsi était le « Petit jeu » des faides paysannes et des guerres privées menées par les hobereaux, en opposition au « Grand jeu » qui renvoyait aux luttes des seuls seigneurs suzerains. Néanmoins, au milieu de l'hiver, la principale préoccupation d'Ábjǫrn était de manger et de se réchauffer. Les enlèvements, les incendies et les bagarres attendront le printemps. Il vit pourtant, ces derniers jours, bien des chevaliers traverser la route pour rejoindre leur Seigneur, preuve que le Grand Jeu ne s’arrêtait jamais vraiment. A l'automne, le paysan passa plusieurs longs instants à scruter les signes de la nature et lui comme d'autres ne furent pas surpris quand le rude hiver tomba sur le pays.
Sans station météo, ni météorologue, les paysans réussissaient malgré tout à prévoir le temps en observant la nature. Après de longs siècles, le bon sens populaire était parvenu à décrypter les indices qui annonçaient la pluie, le gel ou le grand soleil. Ces prévisions n'étaient en soi ni meilleures ni moins bonnes que celles des professionnels à l'étranger qui malgré des connaissances supérieures et des instruments dernier cri pouvaient complètement se tromper. Voici quelques indices repérés par les paysans et les paysannes thorvalois, dont la justesse fut, pour certains d'entre eux, prouvée scientifiquement au XXe siècle par des savants Jernlanders. Cette observation de la nature fut aussi le lot quotidien, jadis, des campagnards de toute la Dytolie et du monde.
Petit florilège :
Des nuages très hauts dans le ciel sous forme de griffe présagent un temps chaud.
Des nuages sous forme de ruban à travers le firmament annoncent la pluie.
Des nuages immaculés en boule sont le présage d'un temps changeant, avec de la pluie pour les prochains jours.
Si les fourmis avancent en ligne, le mauvais temps est proche. Si les fourmilières sont hautes durant l'automne, l'hiver sera difficile.
Si l'araignée renforce sa toile, la pluie et le vent marqueront les prochains jours. Si elle demeure inactive, la pluie est à la porte. Peu avant les puissants intempéries, elle se réfugie à l'intérieur des maisons.
Si les chiens se montrent nerveux et se pissent dessus, cela annonce l'orage prochain.
Si les poissons s'agitent à la surface de l'eau, idem.
Si les grenouilles croassent la nuit, cela indique un beau soleil le lendemain.
Si les coccinelles butinent de fleur en fleur, la chose présage un beau temps toute la semaine.
Si les hirondelles volent bas, il va pleuvoir.
Si les chauve-souris sortent nombreuses la nuit, c'est signe de soleil durant plusieurs jours.
Quand les sauterelles chantent, c'est l'annonce de la fin des gelées.
Les mouches piquent avant chaque gros temps.
Si les pommes de pin se referment, cela signifie qu'il va pleuvoir.
Si le chêne devient vert avant le frêne, l'été sera chaud et sec.
Si la feuille de hêtre cueillit le jour de la Toussaint est humide et molle, l'hiver sera rude. Si elle est sèche et craquante, l'hiver sera « clément ».
S'il y a encore des feuilles sur les feuillus à la Saint Martin, l'hiver sera dur.
Si vous trouvez des noisettes, des fruits sauvages et des aubépines en abondance, cela indique un hiver long et froid.
Si les gousses d'ail sont difficiles à peler ou si la peau de l'oignon est épaisse, l'hiver sera rigoureux.
Une lune brillante au contour net indique qu'il fera beau le lendemain, mais froid le surlendemain.
Une lune rousse présage un temps froid, et même des gelées.
Si le temps qu'il fait le sixième jour suivant la Pleine Lune ou la Nouvelle Lune est identique en tous points à celui qu'il faisait le cinquième jour, le même temps persistera les huit jours prochains.
etc.[/justify]
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Zaldora
[justify]Renaissance de l'Université
27 janvier 2040,
[center][img]https://www.zupimages.net/up/18/44/p6dc.png[/img]
Emblème de l'Université[/center]
L'Université de Jensgård rouvrit ses portes en janvier après s'être cloitré en ses murs à la suite du sac de la ville et de l'insécurité engendrée. Suivant des semaines d'hésitation, le Recteur et les Gradués de l'institution centenaire consentirent à se soumettre au nouveau pouvoir municipal (coalition paléocommuniste-clérical) grâce à la diplomatie des chanoines de la Confrérie Sainct Ólafr. L'Université daigna aussi léguer 600 livres [300 kg] de son or pour aider à renflouer les caisses de la ville après que la haute bourgeoisie ait emporté le trésor lors de sa fuite à Sankt-Thøger. Pour le Mestre Jensi, premier appariteur de la faculté de droit, le don ressemblait davantage à un tribu, afin d'être laissé tranquille, qu'un soudain élan de libéralité. La Cité reprenait peu à peu vie : les maisons étaient reconstruites et balayés, la vie économique des quartiers artisans se relançait, et l'Université donnait à nouveau des cours de sapience et organisait des disputatio. En ce froid mois de janvier, une partie des clercs [savants] s'intéressait à la campagne, au Thorval et dans le monde. Pour se faire, ils comptaient passer par le Saint Siège afin de profiter de ses archives, ses réseaux etc.
Part de la population travailleuse [active] dans l'agriculture - y sont inclus les personnes ayant une seconde activité primaire (pêche, bois mais pas les mines) en plus de la terre.
1. Thorval : 96%. La part des paysans cumulant l'agriculture avec une autre occupation primaire est négligeable.
2. Tlaloctlitlal : 65%
3. Kaiyuan : 44%
4. Karmalistan : 40%
5. Slezanie : 32%
6. Makengo : 30%
7. Jernland : 14%
8. Westrait : 11%
9.
10.
HRP : Vous pouvez m'envoyer vos % sur Discord. N'oubliez pas de vous baser sur la population active, pas totale !
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27 janvier 2040,
[center][img]https://www.zupimages.net/up/18/44/p6dc.png[/img]
Emblème de l'Université[/center]
L'Université de Jensgård rouvrit ses portes en janvier après s'être cloitré en ses murs à la suite du sac de la ville et de l'insécurité engendrée. Suivant des semaines d'hésitation, le Recteur et les Gradués de l'institution centenaire consentirent à se soumettre au nouveau pouvoir municipal (coalition paléocommuniste-clérical) grâce à la diplomatie des chanoines de la Confrérie Sainct Ólafr. L'Université daigna aussi léguer 600 livres [300 kg] de son or pour aider à renflouer les caisses de la ville après que la haute bourgeoisie ait emporté le trésor lors de sa fuite à Sankt-Thøger. Pour le Mestre Jensi, premier appariteur de la faculté de droit, le don ressemblait davantage à un tribu, afin d'être laissé tranquille, qu'un soudain élan de libéralité. La Cité reprenait peu à peu vie : les maisons étaient reconstruites et balayés, la vie économique des quartiers artisans se relançait, et l'Université donnait à nouveau des cours de sapience et organisait des disputatio. En ce froid mois de janvier, une partie des clercs [savants] s'intéressait à la campagne, au Thorval et dans le monde. Pour se faire, ils comptaient passer par le Saint Siège afin de profiter de ses archives, ses réseaux etc.
Part de la population travailleuse [active] dans l'agriculture - y sont inclus les personnes ayant une seconde activité primaire (pêche, bois mais pas les mines) en plus de la terre.
1. Thorval : 96%. La part des paysans cumulant l'agriculture avec une autre occupation primaire est négligeable.
2. Tlaloctlitlal : 65%
3. Kaiyuan : 44%
4. Karmalistan : 40%
5. Slezanie : 32%
6. Makengo : 30%
7. Jernland : 14%
8. Westrait : 11%
9.
10.
HRP : Vous pouvez m'envoyer vos % sur Discord. N'oubliez pas de vous baser sur la population active, pas totale !
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Zaldora
[justify]Régénérescence de la capitale.
4 février 2040,
[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/37/syab.png[/img]
Eldir, figure et maitre à pensée des paléo-communistes.
Au sein de la Cathédrale Sainct Erlandr, les yeux fixés
sur le crucifix surplombant l'autel.[/center]
Jensgård changeait de visage lentement mais surement. Celle qui n'était capitale que de nom [les Rois et Reines n'y tinrent la cour qu'entre 1535 et 1541], et qui fut longtemps le royaume de la haute bourgeoisie, allait elle enfin devenir le paradis des mendiants et des pauvres ? C'est à ce but que travaillaient la Fraternisté et son allié de la Confrérie Sainct Ólafr. La spéculation sur le blé, les émeutes, la mise à sac de la ville et l'anarchie urbaine furent-elles au final un mal pour un bien ? Sans ces évènements, la Cité serait surement toujours la chasse gardée des riches bourgeois.
Depuis leur avènement, les paléo-communistes et les théocrates avaient mené plusieurs luttes d'importance. A chaque fois, ils furent largement soutenus par les habitants du bourg lors des votations devant la place de la Cathédrale ou de la Maison Communale. Désormais, la Cité avait :
Abolit la prison pour dette.
Fait annuler les dettes du bas peuple envers la haute bourgeoisie.
Mis en commun les champs et vergers présents à l'intérieur des murs.
Prit le contrôle et confié à la possession commune les greniers et moulins municipaux.
Prit le contrôle et confié à la possession commune les étuves urbaines, avant d'en séparer les hommes des femmes.
Mis un terme à la prostitution dans plusieurs tavernes avant de pendre les taverniers.
Tout ne se fit néanmoins pas sans heurts. Ni les Boulangers, ni les Etuviers ne consentirent à se laisser déposséder sans réagir. Les diverses saisies furent violentes et chaotiques, causant 55 morts et de nombreux blessés, la lame tranchante des Frères jouant un rôle éminent dans les combats. La Fraternisté n'était pas pacifique et n'hésiterait pas à faire couler le sang pour atteindre ses buts.
Beaucoup restait encore à faire... comme réorganiser le guet urbain, désorganisé, violent et indiscipliné depuis... toujours.[/justify]
4 février 2040,
[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/37/syab.png[/img]
Eldir, figure et maitre à pensée des paléo-communistes.
Au sein de la Cathédrale Sainct Erlandr, les yeux fixés
sur le crucifix surplombant l'autel.[/center]
Jensgård changeait de visage lentement mais surement. Celle qui n'était capitale que de nom [les Rois et Reines n'y tinrent la cour qu'entre 1535 et 1541], et qui fut longtemps le royaume de la haute bourgeoisie, allait elle enfin devenir le paradis des mendiants et des pauvres ? C'est à ce but que travaillaient la Fraternisté et son allié de la Confrérie Sainct Ólafr. La spéculation sur le blé, les émeutes, la mise à sac de la ville et l'anarchie urbaine furent-elles au final un mal pour un bien ? Sans ces évènements, la Cité serait surement toujours la chasse gardée des riches bourgeois.
Depuis leur avènement, les paléo-communistes et les théocrates avaient mené plusieurs luttes d'importance. A chaque fois, ils furent largement soutenus par les habitants du bourg lors des votations devant la place de la Cathédrale ou de la Maison Communale. Désormais, la Cité avait :
Abolit la prison pour dette.
Fait annuler les dettes du bas peuple envers la haute bourgeoisie.
Mis en commun les champs et vergers présents à l'intérieur des murs.
Prit le contrôle et confié à la possession commune les greniers et moulins municipaux.
Prit le contrôle et confié à la possession commune les étuves urbaines, avant d'en séparer les hommes des femmes.
Mis un terme à la prostitution dans plusieurs tavernes avant de pendre les taverniers.
Tout ne se fit néanmoins pas sans heurts. Ni les Boulangers, ni les Etuviers ne consentirent à se laisser déposséder sans réagir. Les diverses saisies furent violentes et chaotiques, causant 55 morts et de nombreux blessés, la lame tranchante des Frères jouant un rôle éminent dans les combats. La Fraternisté n'était pas pacifique et n'hésiterait pas à faire couler le sang pour atteindre ses buts.
Beaucoup restait encore à faire... comme réorganiser le guet urbain, désorganisé, violent et indiscipliné depuis... toujours.[/justify]
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Zaldora
[justify]Dans la tempête (9).
10 février 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/37/xinw.png[/img]
Les raides des troupes royales contre les brigands ont commencé.
Certaines expéditions sont conduites par Marie III en personne.[/center]
La Dame entra dans la Grand'Salle sous la clameur des gens parmi lesquels se trouvaient des hommes du clan, des hobereaux, des dames, des prêtres, des chevaliers, des fantassins, des capitaines et des paysans. Plus que les hourras, la Reine loua Dieu d'être à nouveau au chaud après des heures passées dehors à la merci du vent, du froid, de la neige et de la boue. Marie se déchargea de sa cervelière et de son camaille sur son écuyer ; elle ôta ensuite ses gants et se rinça le visage dans un seau jusqu'à ce que la dernière trace de sang soit partie. Au fond de la pièce, une âme juvénile échappa à sa nourrice et accourue vers la Reine qui la prit amoureusement en ses bras. Suivant les retrouvailles entre mère et fille, la suzeraine gravit les quelques degrés la séparant des cathèdres. Elle avait gardé épée et portait toujours une grande partie de son armure, preuve que les expéditions pouvaient se poursuivre dans la journée. Depuis la mort du chef brigand Álmarr, Marie et ses hommes multipliaient les raides contre les bandits, faisant nombreux morts et encore davantage de prisonniers. Les cibles n'étaient toutefois, pour l'heure, que des campements ennemis petits ou moyens : la cheftaine préférait attendre le rassemblement complet de son ban avant d'attaquer l'armée d'Álmarr. Malgré la guerre des chefs qui s'y jouait et les désertions qui l'a fragilisaient, celle-ci demeurait une force à ne pas négliger, capable d'exploit. Selon les dernières dépêches, les brigands étaient un peu partout contestés et chassés de leurs fiefs, soit par les peuples paysans soit par d'anciens seigneurs déterminés à retrouver le pouvoir. L'époque semblait prendre un tournant vers la restauration des coutumes, le rétablissement d'une certaine paix et la fin de l'ère des brigands riches et enhardis aux ambitions seigneuriales, voir royales. L'assassinat du plus puissant d'entre eux, Álmarr Mains d'aciers, paraissait avoir donné un ascendant, si ce n'est militaire, au moins psychologique à tout ceux qui ne voulaient pas du règne sans partage des criminels. Néanmoins, de nombreuses expéditions et batailles restaient encore à être menées. Par exemple, la libération de la forteresse de Vetrborg, prise à l'oncle de la Reine par Ǫrnólfr « Dent de Loup » promettait son lot de violences, de larmes, de difficultés, de drames et de sang. Soudain, un petit groupe de soudards royaux pénétra dans la Grand'Salle avec deux paysans en main. C'étaient Tom et Edna, les espions du Westrait.
« Marie Reyne, iceux paisants distat estre murdrisseurs de diffamé Álmarr, informa le sergent plus large et rustaud du groupe.
– Este verai ? Avat lo malfar abraillé ? Poeir li demostraison di l'vostre faict ?
– Oui, répondit fièrement Tom à la suzeraine... en Westréen (bourde).
– Saxons espies ! cria Valdríkr, son écuyer.
– Gardes, arrestez li ! » ordonna la Reine à sa suite.
Les Westréens ne tentèrent rien et se laissèrent saisir afin de ne pas aggraver leur cas. Edna lança un regard noir à son partenaire avant qu'une voix familière ne cris « Pais ! Pais ! Pais Marie-Reyne ! L'iceux estre les nostres acosins. » Leiðulfr sortit de la foule et s'avança jusqu'à la Reine pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Elle fut d'abord surprise, puis satisfaite, et fit relâcher l'étreinte de ses guerriers, remerciant les invités du Nouveau Monde pour leur fier service. En vieux thorvalois, plus ou moins hésitant, Edna ajouta qu'elle et son camarade possédaient nombres de talents et qu'ils étaient prêts à se placer à son service pour un certain temps, à condition qu'aucun ordre n'aille contre le bas peuple, ici ou ailleurs, ou contre leur patrie d'origine. Après courte réflexion, Marie opina du chef, faisant confiance en son chevalier Leiðulfr, qui se portera garant. Tom vint en premier prêter serment. Pour se faire, le Westréen posa un genou en terre, joignit les mains et prononça la formule « Feal estre à Marie et Dieu je jure ». La reine referma ensuite ses mains jointes sur les siennes, le releva et l'embrassa. Il était désormais son homme. Edna suivit le même cérémoniel, au bout duquel elle devint aussi l'homme de la suzeraine, qui avait déjà une petite idée où les envoyer.[/justify]
10 février 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/37/xinw.png[/img]
Les raides des troupes royales contre les brigands ont commencé.
Certaines expéditions sont conduites par Marie III en personne.[/center]
La Dame entra dans la Grand'Salle sous la clameur des gens parmi lesquels se trouvaient des hommes du clan, des hobereaux, des dames, des prêtres, des chevaliers, des fantassins, des capitaines et des paysans. Plus que les hourras, la Reine loua Dieu d'être à nouveau au chaud après des heures passées dehors à la merci du vent, du froid, de la neige et de la boue. Marie se déchargea de sa cervelière et de son camaille sur son écuyer ; elle ôta ensuite ses gants et se rinça le visage dans un seau jusqu'à ce que la dernière trace de sang soit partie. Au fond de la pièce, une âme juvénile échappa à sa nourrice et accourue vers la Reine qui la prit amoureusement en ses bras. Suivant les retrouvailles entre mère et fille, la suzeraine gravit les quelques degrés la séparant des cathèdres. Elle avait gardé épée et portait toujours une grande partie de son armure, preuve que les expéditions pouvaient se poursuivre dans la journée. Depuis la mort du chef brigand Álmarr, Marie et ses hommes multipliaient les raides contre les bandits, faisant nombreux morts et encore davantage de prisonniers. Les cibles n'étaient toutefois, pour l'heure, que des campements ennemis petits ou moyens : la cheftaine préférait attendre le rassemblement complet de son ban avant d'attaquer l'armée d'Álmarr. Malgré la guerre des chefs qui s'y jouait et les désertions qui l'a fragilisaient, celle-ci demeurait une force à ne pas négliger, capable d'exploit. Selon les dernières dépêches, les brigands étaient un peu partout contestés et chassés de leurs fiefs, soit par les peuples paysans soit par d'anciens seigneurs déterminés à retrouver le pouvoir. L'époque semblait prendre un tournant vers la restauration des coutumes, le rétablissement d'une certaine paix et la fin de l'ère des brigands riches et enhardis aux ambitions seigneuriales, voir royales. L'assassinat du plus puissant d'entre eux, Álmarr Mains d'aciers, paraissait avoir donné un ascendant, si ce n'est militaire, au moins psychologique à tout ceux qui ne voulaient pas du règne sans partage des criminels. Néanmoins, de nombreuses expéditions et batailles restaient encore à être menées. Par exemple, la libération de la forteresse de Vetrborg, prise à l'oncle de la Reine par Ǫrnólfr « Dent de Loup » promettait son lot de violences, de larmes, de difficultés, de drames et de sang. Soudain, un petit groupe de soudards royaux pénétra dans la Grand'Salle avec deux paysans en main. C'étaient Tom et Edna, les espions du Westrait.
« Marie Reyne, iceux paisants distat estre murdrisseurs de diffamé Álmarr, informa le sergent plus large et rustaud du groupe.
– Este verai ? Avat lo malfar abraillé ? Poeir li demostraison di l'vostre faict ?
– Oui, répondit fièrement Tom à la suzeraine... en Westréen (bourde).
– Saxons espies ! cria Valdríkr, son écuyer.
– Gardes, arrestez li ! » ordonna la Reine à sa suite.
Les Westréens ne tentèrent rien et se laissèrent saisir afin de ne pas aggraver leur cas. Edna lança un regard noir à son partenaire avant qu'une voix familière ne cris « Pais ! Pais ! Pais Marie-Reyne ! L'iceux estre les nostres acosins. » Leiðulfr sortit de la foule et s'avança jusqu'à la Reine pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Elle fut d'abord surprise, puis satisfaite, et fit relâcher l'étreinte de ses guerriers, remerciant les invités du Nouveau Monde pour leur fier service. En vieux thorvalois, plus ou moins hésitant, Edna ajouta qu'elle et son camarade possédaient nombres de talents et qu'ils étaient prêts à se placer à son service pour un certain temps, à condition qu'aucun ordre n'aille contre le bas peuple, ici ou ailleurs, ou contre leur patrie d'origine. Après courte réflexion, Marie opina du chef, faisant confiance en son chevalier Leiðulfr, qui se portera garant. Tom vint en premier prêter serment. Pour se faire, le Westréen posa un genou en terre, joignit les mains et prononça la formule « Feal estre à Marie et Dieu je jure ». La reine referma ensuite ses mains jointes sur les siennes, le releva et l'embrassa. Il était désormais son homme. Edna suivit le même cérémoniel, au bout duquel elle devint aussi l'homme de la suzeraine, qui avait déjà une petite idée où les envoyer.[/justify]
-
Zaldora
[justify]La cause norroise (2).
26 février 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/38/2ghf.jpg[/img]
De retour au Thorval, le Roi consort décida de passer la nuit
dans la tour fortifiée de Feginnland et espérait rejoindre la cour d'ici la mi-mars 2040.[/center]
Le Roi consort Austmarr (Anatolios aux Ménechmes) revenait bredouille, quelques mois plus tard, de son périple dans le Grand Nord où la Reine l'envoya afin d'arbitrer les querelles grandissantes entre gaéliques et norrois. La mission échoua par le manque de légitimité. Lui et son acolyte, l'écrivain Percefal Fenton-Beckett, comprirent que l'affaire devenait une chasse gardée de la CND et qu'ils n'étaient pas appelés à s'en mêler. Dans leur chevauchée, les deux compères firent halte au sein d'une tour fortifiée située sur les terres d'une petite enclave royale, Feginnland, au cœur du pays de Jámtamǫrk. Selon ce qu’en entendit le Roi, les seigneurs de la région étaient parmi les moins turbulents du royaume, en terme de guerre. Ils étaient toutefois également les hommes et les femmes les plus difficiles à appréhender. Personne ne savait où se trouvait leur loyauté et quelles tortueuses intrigues ils menaient à l’abri des regards.
Âgé et épuisé, Percefal sombra dans les bras de Morphée, sous les épaisses fourrures de sa couche, sans même avoir mangé. Austmarr veilla lui quelques temps, près du feu, à réfléchir dans l’atmosphère froide, humide, austère et à peine éclairée des lieux. Lui et son ami étaient des étrangers en ce si mystérieux royaume. Avec le temps, ils avaient néanmoins réussi, chacun leur tour, à se faire accepter comme des membres à part entière du monde thorvalois. Eux avaient mille fois plus de connaissances sur la diplomatie et l’ère moderne que le plus érudit des gradués de l’Université. Raison pour laquelle on les envoya en mission dans le Grand Nord. Pour le vieux Percefal, cela était sans doute la première et dernière mais Austmarr, lui, se voyait comme le lieutenant de la Reine quant aux relations avec les lointains horsains. A ce titre, l’hellène ne cessait de penser à l’avenir et à comment garantir la pérennité du royaume.
Elle était actuellement assurée par le Jernland, fait quand même inquiétant au vu de comment évoluait le pays norrois. En effet, les militaires y appelaient non seulement Odin à sortir de l’oubli mais s’apprêtaient aussi à pucer leur peuple et, pire que tout, à robotiser l’agriculture. Les Thorvalois ne connaissaient pas les robots mais avaient déjà vu et détruits des automates, réputés envoûtés et mauvais pour leur imitation du vivant. Austmarr ne croyait pas en un sens de l’Histoire transformant en phénomènes inexorables des notions diverses telles que l’exode rural, l’urbanisation, la mécanisation agricole, la mondialisation… Il les voyait plutôt comme les fruits amers d’une volonté politique, un volontarisme imposé par les gouvernements de gré ou de force au nom d’intérêts commerciaux et financiers. Donc, pour combien de temps encore le Jernland acceptera-t-il de protéger le Thorval sans rien demander en retour ? Que fera-t-on si demain les généraux exigeaient la paganisation complète du pays ? Son urbanisation, sa monétarisation et son industrialisation afin de « faire face aux grands enjeux du XXIe siècle » ? Ces perspectives inquiétaient fortement le Roi consort, au moins autant que l’influence grandissante que semblait prendre le Westrait au sein du pays. Qu’une confrérie paléo-communiste ait pris le pouvoir à Jensgard ne semblait déranger personne parmi les féodaux, la Reine encore moins, qui en paraissait même satisfaite. Des rumeurs affirmaient aussi que deux espions du Nouveau Monde s’étaient mis à son service. Qu’est-ce-que tout ceci préparait ? Le royaume allait-il directement passer de la féodalité à un communisme à son image, sans passer par le bourgeoisime triomphant ? Et cela, comble des choses, avec l’assentiment de Marie ? Certaines caractéristiques traditionnelles du Thorval comme le communalisme agraire, l’holisme des clans ou l’esprit de communauté faciliterait une telle transition. Quant aux hiérarchies, elles étaient clairement établies en théorie, mais très poreuses dans la réalité, affaiblit par un clanisme ancien penchant traditionnellement vers une certaine égalité.
L’avenir du Thorval consistait-il donc à choisir entre deux maitres : le Jernland ou le Westrait ? L’un autoritaire, économiquement libéral et ultra-contemporain par certains côtés, et l’autre conseilliste, résolument socialiste, et qui n’était pas de son temps mais du suivant ? Austmarr ne voulait pas y voir les seuls choix possibles. La scène internationale se composait de nations essentiellement intéressées par la multiplication sans fin des échanges économiques afin de garantir une croissance devenue une fin en soi. Les ambitions des organisations régionales étaient toutes d’ordre commerciale, économiques et technologique. Il y avait donc de la place pour un dessein nouveau : une nef non pas mercantile ou économique, mais historico-culturelle, civilisationnelle. La LIM tentait d’incarner une telle coupole pour les musulmans mais la chose restait timide et passait loin derrière les questions douanières. Galvanisé par toutes ses réflexions, le Roi Austmarr se dit qu’il usera de toute son influence pour que le Thorval puisse prochainement incarner cet idéal, permettant autant de sortir le monde de l’emprise du Veau d’or que pour le Thorval d'échapper à l'emprise du Jernland ou du Westrait. L'époux de la suzeraine était vraisemblablement le seul à posséder une vision globale de la politique.
PS. Merci ColouriseSG ![/justify]
26 février 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/38/2ghf.jpg[/img]
De retour au Thorval, le Roi consort décida de passer la nuit
dans la tour fortifiée de Feginnland et espérait rejoindre la cour d'ici la mi-mars 2040.[/center]
Le Roi consort Austmarr (Anatolios aux Ménechmes) revenait bredouille, quelques mois plus tard, de son périple dans le Grand Nord où la Reine l'envoya afin d'arbitrer les querelles grandissantes entre gaéliques et norrois. La mission échoua par le manque de légitimité. Lui et son acolyte, l'écrivain Percefal Fenton-Beckett, comprirent que l'affaire devenait une chasse gardée de la CND et qu'ils n'étaient pas appelés à s'en mêler. Dans leur chevauchée, les deux compères firent halte au sein d'une tour fortifiée située sur les terres d'une petite enclave royale, Feginnland, au cœur du pays de Jámtamǫrk. Selon ce qu’en entendit le Roi, les seigneurs de la région étaient parmi les moins turbulents du royaume, en terme de guerre. Ils étaient toutefois également les hommes et les femmes les plus difficiles à appréhender. Personne ne savait où se trouvait leur loyauté et quelles tortueuses intrigues ils menaient à l’abri des regards.
Âgé et épuisé, Percefal sombra dans les bras de Morphée, sous les épaisses fourrures de sa couche, sans même avoir mangé. Austmarr veilla lui quelques temps, près du feu, à réfléchir dans l’atmosphère froide, humide, austère et à peine éclairée des lieux. Lui et son ami étaient des étrangers en ce si mystérieux royaume. Avec le temps, ils avaient néanmoins réussi, chacun leur tour, à se faire accepter comme des membres à part entière du monde thorvalois. Eux avaient mille fois plus de connaissances sur la diplomatie et l’ère moderne que le plus érudit des gradués de l’Université. Raison pour laquelle on les envoya en mission dans le Grand Nord. Pour le vieux Percefal, cela était sans doute la première et dernière mais Austmarr, lui, se voyait comme le lieutenant de la Reine quant aux relations avec les lointains horsains. A ce titre, l’hellène ne cessait de penser à l’avenir et à comment garantir la pérennité du royaume.
Elle était actuellement assurée par le Jernland, fait quand même inquiétant au vu de comment évoluait le pays norrois. En effet, les militaires y appelaient non seulement Odin à sortir de l’oubli mais s’apprêtaient aussi à pucer leur peuple et, pire que tout, à robotiser l’agriculture. Les Thorvalois ne connaissaient pas les robots mais avaient déjà vu et détruits des automates, réputés envoûtés et mauvais pour leur imitation du vivant. Austmarr ne croyait pas en un sens de l’Histoire transformant en phénomènes inexorables des notions diverses telles que l’exode rural, l’urbanisation, la mécanisation agricole, la mondialisation… Il les voyait plutôt comme les fruits amers d’une volonté politique, un volontarisme imposé par les gouvernements de gré ou de force au nom d’intérêts commerciaux et financiers. Donc, pour combien de temps encore le Jernland acceptera-t-il de protéger le Thorval sans rien demander en retour ? Que fera-t-on si demain les généraux exigeaient la paganisation complète du pays ? Son urbanisation, sa monétarisation et son industrialisation afin de « faire face aux grands enjeux du XXIe siècle » ? Ces perspectives inquiétaient fortement le Roi consort, au moins autant que l’influence grandissante que semblait prendre le Westrait au sein du pays. Qu’une confrérie paléo-communiste ait pris le pouvoir à Jensgard ne semblait déranger personne parmi les féodaux, la Reine encore moins, qui en paraissait même satisfaite. Des rumeurs affirmaient aussi que deux espions du Nouveau Monde s’étaient mis à son service. Qu’est-ce-que tout ceci préparait ? Le royaume allait-il directement passer de la féodalité à un communisme à son image, sans passer par le bourgeoisime triomphant ? Et cela, comble des choses, avec l’assentiment de Marie ? Certaines caractéristiques traditionnelles du Thorval comme le communalisme agraire, l’holisme des clans ou l’esprit de communauté faciliterait une telle transition. Quant aux hiérarchies, elles étaient clairement établies en théorie, mais très poreuses dans la réalité, affaiblit par un clanisme ancien penchant traditionnellement vers une certaine égalité.
L’avenir du Thorval consistait-il donc à choisir entre deux maitres : le Jernland ou le Westrait ? L’un autoritaire, économiquement libéral et ultra-contemporain par certains côtés, et l’autre conseilliste, résolument socialiste, et qui n’était pas de son temps mais du suivant ? Austmarr ne voulait pas y voir les seuls choix possibles. La scène internationale se composait de nations essentiellement intéressées par la multiplication sans fin des échanges économiques afin de garantir une croissance devenue une fin en soi. Les ambitions des organisations régionales étaient toutes d’ordre commerciale, économiques et technologique. Il y avait donc de la place pour un dessein nouveau : une nef non pas mercantile ou économique, mais historico-culturelle, civilisationnelle. La LIM tentait d’incarner une telle coupole pour les musulmans mais la chose restait timide et passait loin derrière les questions douanières. Galvanisé par toutes ses réflexions, le Roi Austmarr se dit qu’il usera de toute son influence pour que le Thorval puisse prochainement incarner cet idéal, permettant autant de sortir le monde de l’emprise du Veau d’or que pour le Thorval d'échapper à l'emprise du Jernland ou du Westrait. L'époux de la suzeraine était vraisemblablement le seul à posséder une vision globale de la politique.
PS. Merci ColouriseSG ![/justify]
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Zaldora
[justify]La cause norroise (3).
10 mars 2040,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/39/c4yn.png[/img]
La chapelle où la Reine et le Roi se sont rendus pour parler en privé
d'affaires sérieuses.[/center]
Le Roi consort traversa le grand pont avec son acolyte et pénétra dans la forteresse sud où il confia son cheval à un garçon d’écurie. Après trois mois, Austmarr était enfin de retour à Hurðborg et y fut triomphalement accueilli malgré la faillite de sa mission dans le Grand Nord. Les gens, les cousins, les neveux et les nièces se précipitèrent pour le saluer et lui souhaiter la bienvenue. A son tour, Marie l’enlaça longuement, trop heureuse de le retrouver bien portant et plus « bel » que jamais. Austmarr fit ensuite la connaissance des nouveaux féaux de la Reine, Tom et Edna. D’une honnêteté bourrue, il ne dissimula guère sa méfiance et se montra suffisamment taciturne, froid, distant et austère pour que ces derniers le remarque. Les rumeurs disaient donc vrai : Marie avait bel et bien recruté deux espions Westréens qui profitaient de sa naïveté pour tisser en toute tranquillité leur toile communiste nauséabonde dans le royaume. La chose lui déplaisait et il se promit à lui-même de les avoir à l’œil. Qui sait ce que les saxons avaient pu tramer en son absence ? Un complot ? Un assassinat ? Et c’était sans compter la chute de Jensgård, désormais dirigée par une entente entre le clergé citadin, conscient de son devoir social, et un mystérieux clan de frères arc-en-ciel encore plus revêche que les soudards de sa femme. Qui plus est, la Fraternité, comme on l’appelait, contrôlait maintenant la moitié de Sankt-Thøger et menaçait dangereusement la haute-bourgeoisie Jensgårdoise qui s’y était refugiée. Personne en ce pays ne semblait craindre, ni rejeter, le péril rouge pourtant grandissant. Originaire de Cérulée orientale, Austmarr était semble-t-il le seul à connaitre l’ampleur de la menace qui se jouait. Le problème se devait d’être réglé tôt ou tard mais en ce jour, le Roi s’inquiétait davantage de ce qu’il découvrit au Jernland.
Après s’être débarrassé de sa cotte de maille et s’être rassasié de brochet et de pain, il décida de partager ses découvertes avec Marie, à l’écart de la cour, au sein de la chapelle Saint Ásgæirr située dans un petit bois à l’est du château. Le Roi avait pris soin de faire venir le chapelain et de brouiller les pistes de l’ambassadeur Jernlander qui, à son goût, fouinait un peu trop dans les couloirs isolés. Près du fond baptismal, Austmarr décrivit ce qu’il avait vu et entendu. Il s’épancha particulièrement, pour ne pas dire complètement, sur cette « blave gran ferrée » de laquelle les chefs Jernlander souhaitaient marquer leurs peuples, renvoyant au « sceel de l’beste » décrit dans l’Apocalypse, et faisant des maitres du Jernland autant de serviteurs de l’Antéchrist. Selon le Roi, l’Antéchrist n’était pas un homme mais un système mercantile, la « loy des merciers », adossé au nihilisme tant de la Foi que de tout type de valeurs, de repères, d’idées… déclarant fièrement et orgueilleusement l’absurdité de l’existence. Le prêtre considéra quelques minutes les hypothèses d'Austmarr, avant de se ranger derrière, croyant lui aussi à l'imminence de la Fin des Temps, proposant enfin de réciter un exorcisme pour libérer les terres Jernlander de l'emprise des princes de l'Enfer.
La suzeraine bu les paroles de son mari comme du petit lait et se montra stupéfaite. Si le Jernland avait effectivement choisi le mal et était devenu l’obligé du Diable, les relations de bon voisinage risquaient de sévèrement en pâtir, à moins que le diplomate Erik Vidheim ne reprenne rapidement la main. Néanmoins, la Fin du Monde approchant, le Chapelain salua la Reine et le Roi mais ne s'en alla pas avant de les avoir convier à se confesser au plus vite, exercice dont tout deux avaient certainement besoin. Car après la mort, il sera trop tard pour s'amender.[/justify]
10 mars 2040,
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La chapelle où la Reine et le Roi se sont rendus pour parler en privé
d'affaires sérieuses.[/center]
Le Roi consort traversa le grand pont avec son acolyte et pénétra dans la forteresse sud où il confia son cheval à un garçon d’écurie. Après trois mois, Austmarr était enfin de retour à Hurðborg et y fut triomphalement accueilli malgré la faillite de sa mission dans le Grand Nord. Les gens, les cousins, les neveux et les nièces se précipitèrent pour le saluer et lui souhaiter la bienvenue. A son tour, Marie l’enlaça longuement, trop heureuse de le retrouver bien portant et plus « bel » que jamais. Austmarr fit ensuite la connaissance des nouveaux féaux de la Reine, Tom et Edna. D’une honnêteté bourrue, il ne dissimula guère sa méfiance et se montra suffisamment taciturne, froid, distant et austère pour que ces derniers le remarque. Les rumeurs disaient donc vrai : Marie avait bel et bien recruté deux espions Westréens qui profitaient de sa naïveté pour tisser en toute tranquillité leur toile communiste nauséabonde dans le royaume. La chose lui déplaisait et il se promit à lui-même de les avoir à l’œil. Qui sait ce que les saxons avaient pu tramer en son absence ? Un complot ? Un assassinat ? Et c’était sans compter la chute de Jensgård, désormais dirigée par une entente entre le clergé citadin, conscient de son devoir social, et un mystérieux clan de frères arc-en-ciel encore plus revêche que les soudards de sa femme. Qui plus est, la Fraternité, comme on l’appelait, contrôlait maintenant la moitié de Sankt-Thøger et menaçait dangereusement la haute-bourgeoisie Jensgårdoise qui s’y était refugiée. Personne en ce pays ne semblait craindre, ni rejeter, le péril rouge pourtant grandissant. Originaire de Cérulée orientale, Austmarr était semble-t-il le seul à connaitre l’ampleur de la menace qui se jouait. Le problème se devait d’être réglé tôt ou tard mais en ce jour, le Roi s’inquiétait davantage de ce qu’il découvrit au Jernland.
Après s’être débarrassé de sa cotte de maille et s’être rassasié de brochet et de pain, il décida de partager ses découvertes avec Marie, à l’écart de la cour, au sein de la chapelle Saint Ásgæirr située dans un petit bois à l’est du château. Le Roi avait pris soin de faire venir le chapelain et de brouiller les pistes de l’ambassadeur Jernlander qui, à son goût, fouinait un peu trop dans les couloirs isolés. Près du fond baptismal, Austmarr décrivit ce qu’il avait vu et entendu. Il s’épancha particulièrement, pour ne pas dire complètement, sur cette « blave gran ferrée » de laquelle les chefs Jernlander souhaitaient marquer leurs peuples, renvoyant au « sceel de l’beste » décrit dans l’Apocalypse, et faisant des maitres du Jernland autant de serviteurs de l’Antéchrist. Selon le Roi, l’Antéchrist n’était pas un homme mais un système mercantile, la « loy des merciers », adossé au nihilisme tant de la Foi que de tout type de valeurs, de repères, d’idées… déclarant fièrement et orgueilleusement l’absurdité de l’existence. Le prêtre considéra quelques minutes les hypothèses d'Austmarr, avant de se ranger derrière, croyant lui aussi à l'imminence de la Fin des Temps, proposant enfin de réciter un exorcisme pour libérer les terres Jernlander de l'emprise des princes de l'Enfer.
La suzeraine bu les paroles de son mari comme du petit lait et se montra stupéfaite. Si le Jernland avait effectivement choisi le mal et était devenu l’obligé du Diable, les relations de bon voisinage risquaient de sévèrement en pâtir, à moins que le diplomate Erik Vidheim ne reprenne rapidement la main. Néanmoins, la Fin du Monde approchant, le Chapelain salua la Reine et le Roi mais ne s'en alla pas avant de les avoir convier à se confesser au plus vite, exercice dont tout deux avaient certainement besoin. Car après la mort, il sera trop tard pour s'amender.[/justify]