Médias du Voiji Kodalstvo | のメディア ヴォイジ・コダルストヴォ

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Gelebor

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[center]Médias du Voiji Kodalstvo[/center]
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Titre de l'article : La légende de Jigoro Kanatachi

Auteur de l’article : Jin Ozumo

Date de publication : 23 Septembre 2039

Editeur : Chikyū to sosen
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[justify]Pour beaucoup, c’est avec lui que tout a commencé et que tout a fini. Sa mort, le 19 Mars 1959, a magnifié sa légende et créé un sentiment de manque instantané. Les années qui ont suivi, nombreux sont ceux qui ont tenté de marcher sur ses traces, mais il fallait se rendre à l’évidence : en son absence, la formule de ses films ne tenait pas debout. Le chef-d’œuvre, c’était lui, son charisme, son arrogance exemplaire, sa formidable animalité. Le cinéma voijien a rayonné grâce à lui. Presque un siècle après sa mort, il en est encore le champion incontesté. Sa marque demeure la plus profonde ! La plus profonde ! La plus indélébile ! Tant dans nos souvenirs d’enfants admiratifs que dans nos enthousiasmes de cinéphiles devenus grands. Il paraissait donc impossible de ne pas lui rendre un nouvel hommage… S’il est temps de faire la part des choses entre le mythe et la réalité, une évidence s’impose : Jigoro Kanatachi est l’un des plus grands artistes du cinéma de tous les temps.[/justify]


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Gelebor

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[justify] Combattant sublime, Jigoro Kanatachi était trop grand ! Trop fort pour le cinéma du Teikoku ! Que reste-t-il de son parcours météorique quatre-vingt ans après sa mort ? Au-delà de l’artiste martial génial et de l’athlète magnifique, l’image d’un auteur en devenir qui n’a pu qu’esquisser les contours de son œuvre et laisser partout dans le monde nippon des adeptes qui tentent encore de décrypter son message.

Le 19 Mars 1959, Jigoro Kanatachi meurt dans son appartement de Taishima. Laminé par la pression incessante d’un vedettariat qu’il avait souhaité plus que tout, il laisse sept séries B et des séquences de plusieurs films inachevés. D’un bout à l’autre du pays, le public découvre en quelques mois l’acteur défunt au travers de ce maigre héritage et fait de lui un symbole d’une nation. Ironie cruelle, la mort l’aura privé de la reconnaissance à laquelle il avait rêvé toute sa vie, mais elle lui aura permis de parachever son œuvre : la construction d’une image si fascinante que personne ne pourrait plus jamais lui disputer. La disparition de Jigoro Kanatachi, entourée d’une aura mystérieuse, engendrera bon nombre de légendes urbaines, que fans et journalistes se feront une joie de colporter avec frénésie. Contrastées, ces histoires présentent Kanatachi comme un toxicomane mort en plein ébat ou comme un philosophe éliminé par des mafieux jaloux et des moines qui ne lui auraient pas pardonné d’avoir trahi certains secrets occultes. Ces fantaisies – bien absurdes, s’entend-on bien ! – nées de l’imagination d’un public éploré reflètent symboliquement les fantasmes liés à ce personnage. L’image de Jigoro Kanatachi mort, ce héros intouchable terrassé dans les bras d’une actrice de théâtre teiko rejoint ainsi celle tout en paradoxe du mythe dans lequel il s’était coulé. Celui d’un homme entré dans le Bushido comme une religion mais capable d’une brutalité barbare, à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident, entre la tradition vertueuse et la tentation du scandale, la maîtrise des pulsions et le passage à l’acte.

Cette image n’est pas née par hasard. Dans ses rares interviews, Kanatachi parlait régulièrement de sculpture. Il définissait le « Kazejutsu » (l’art martial de la tempête) en expliquant qu’il était parti d’un bloc de roche dont il avait retiré des pans entiers jusqu’à l’obtention d’une œuvre idéale – un art martial efficace, définitif. De la même manière, il évacua progressivement de sa biographie les éléments qui ne participaient pas à sa déification. C’est dans cette démarche, unique dans l’Histoire du Cinéma voijien, que réside l’aspect le plus révolutionnaire de son parcours ! Pour retrouver aujourd’hui un peu de Kanatachi, on ne peut éviter de passer par ce mythe… [/justify][/quote]
Gelebor

Message par Gelebor »

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[justify]Cette confusion entre réalité et fiction semble avoir été présente dès ses origines. Quand il naît en Juin 1912, sa mère le prénomme Gaikoku Kanatachi : « Celui qui atteint la célébrité ». C’est ensuite Yumei Aoki, un ami de la famille, chef de studio, qui lui accorde le surnom de « Hageshī ryū », le Dragon féroce, sur lequel il bâtira sa légende après que sa célébrité lui ait été refusée. Fasciné par les Manha, il s’est très tôt dirigé vers le cinéma. Dès l’âge de six ans, il apparaît dans toute une série de mélodrames savoureux teiko. Premier choc, il incarne en 1932 un jeune Ronin voulant laver son honneur, la moue perpétuelle, déjà impeccable d’arrogance, avec dans le regard cette colère sourde, cette menace permanente qui semble prête à surgir. Plus tard, quand il évoquera sa jeunesse, Kanatachi se décrira comme un jeune homme sauvage et querelleur, un séduisant héro issu du Folklore nippon.

[center][img]https://i.goopics.net/eQ4EP.png[/img][/center]

Il ne s’agit pas simplement de la mythomanie d’une star soucieuse de magnifier son parcours de self-made man, mais bien des premières salves d’une stratégie extrêmement raffinée. En utilisant la fiction, et un background déjà ancré dans l’inconscient collectif des spectateurs, Kanatachi savait ce qu’il faisait. Lorsque le service de préservation morale du peuple teiko l’approche en 1939, il revient du Voiji Kodalstvo. Il a joué dans des séries télévisées régionales, a épousé une femme slave et côtoyé des sommités dytoliennes. Pour les Teiko, il est presque assimilé à un Occidental. C’est évidemment ce qui peut arriver de pire à un patriote. Afin d’accélérer son ascension, il doit dans un premier temps donner des gages de son appartenance à la nation. A cet effet, il va se raccrocher aux codes du cinéma teiko et tracer son portrait en utilisant l’image du « soldat exemplaire », mais aussi celle du « résistant » qu’il incarnait dans ses premiers films. Quand il aura enfin trouvé sa voie, Kanatachi deviendra un bon fils, sage et vertueux de la nation. Il aura brillamment tiré la leçon du film majeur de sa jeunesse. Dans un premier temps du moins, il collera à cette image de fils prodigue revenu triompher au pays après avoir parcouru les colonies.

En associant fiction et réalité pour montrer finalement sa soumission à la tradition, Kanatachi sera immédiatement accepté par le public teiko. Bien sûr, son ambition ultime est toute autre : devenir une star mondiale. Il a hélas dû affronter sans trop broncher de tenaces préjugés raciaux pour au final ne jouer que dans des séries au rabais, indignes de lui. Le roman de sa vie se double d’une belle histoire de revanche. Conscient qu’il ne parviendra pas à s’imposer outre-mer, il retournera aux colonies. Pour lui un simple purgatoire avant la consécration. La rage au ventre, il va ainsi s’intégrer dans le système local.[/justify][/quote]
Gelebor

Message par Gelebor »

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[justify]Malgré l’idée astucieuse d’un Kenjutsu contemporain (dictée par des impératifs économiques, la compagnie ne pouvant guère concurrencer les beaux films costumés), l’Histoire est taillée sur le modèle de tous les actioners de l’époque : un héros abusé par des malfrats, une vengeance aveugle et un nationalisme bon teint. Ce dernier point sera d’ailleurs à l’origine d’un regain du patriotisme dans les colonies nippones, frappées durement par la grande honte nationale que fut celle de la capitulation. Le Dragon féroce dégommant les ennemis traditionnels des Nippons – Occidentaux de préférence –, la critique vit en lui un opprimé brisant ses chaînes, un symbole de l’Extrême-Orient en révolte. Le racisme très primaire des films de Kanatachi n’est pas une initiative de sa part néanmoins, mais du scénariste han Lu bing qui n’hésitait jamais, en bon scribe, à flatter les plus bas instincts du public.

Conscient que cette interprétation lui ouvre le public des exclus, Kanatachi se gardera bien de la dénoncer. Habile, il saura même s’en servir pour dissimuler le véritable cœur de son œuvre, la remise en cause du héros nippon qui passera par l’actualisation des valeurs établies, à commencer par celles de l’art martial.

Kanatachi va multiplier et manipuler avec brio les paradoxes. Ses personnages présentent très souvent les caractéristiques d’un disciple : le respect du « sensei », la chasteté totale, la rigueur de l’entraînement. Pourtant, sa représentation de l’art martial à l’écran fait voler toute idée d’obédience à la tradition… En recherchant l’efficacité à tout prix, en revenant aux sources du combat, il donne un nouveau sens au geste martial et devient une sorte de guerrier originel, spontané, incroyablement brutal et animal. Le contraire d’un Sensei. Cette conception inédite a suscité des controverses parmi les tenants de l’orthodoxie martiale de notre nation. Dans la très touchante interview de 1933 que donnait Sosuke Ikami, le réalisateur du Kenjutsu par excellence, le gardien de la tradition !, celui-ci regrettait l’absence chez Kanatachi du salut que tout pratiquant adresse à son adversaire, une sorte de courtoisie martiale. Son Kenjutsu, séduisant mais dépourvu de délicatesse, est un outil déformé de son sens premier. Un objet de cinéma plié à la volonté de l’auteur.

Plus tard, après la capitulation, les scénaristes tenteront de modifier les scripts pour intégrer cette idée dans une trame acceptable par le public voijien. Dans chacun de ses nouveaux films, Kanatachi trahit systématiquement la parole donnée à son père, renie les ordres des anciens, bafoue la culture de son pays… Mais toujours pour sauver leur honneur bafoué. La violence, moteur de ses personnages, est largement justifiée par le fait qu’il ne combat que des ennemis de la tradition : des étrangers certes mais aussi des Teiko corrompus (principalement par l’orgueil, le gout du lucre et l’individualisme). A l’opposé, Kanatachi est bien sûr présenté comme une personne intègre, collectiviste, généreuse à l’égard des plus démunis, totalement reclue dans son combat.

En trois films, Le Triomphe de la Volonté, Le Tigre Ombrageux, La Rose d’Epine, Kanatachi réussit son pari. Il impose sa conception du héros et écrase le box-office nippon. L’étape suivante est logiquement celle de la consécration. Elle passe par une dissolution totale de ses liens avec le Teikoku, dont l’acteur en conservera les traits culturels marqués (les aphorismes, la sagesse orientale) susceptible de séduire le plus grand nombre. Dans « La Revanche », film conçu par des réalisateurs voijiens, Kanatachi devient un vengeur qui tue certes bon nombre de Dytoliens, mais énormément aussi de Nippons accusés d’intelligence, de collaboration et de proximité avec l’ennemi, c’est-à-dire « l’étranger » ! Le clou du spectacle est atteint lors du combat final contre son propre maître qui a trahi sa propre école de Kenjutsu en vendant ses locaux et des biens ancestraux à des Occidentaux accusés des pires maux, pour son bénéfice personnel. Les plus perspicaces y verront une valeur symbolique hallucinante. En tuant son « ancêtre » qui a « trahi lui-même et son héritage », Kanatachi trace une césure nette entre son pays natal et la métropole. Mais au passage, c’est aussi un peu sa propre civilisation qu’il a terrassé, et les miroirs, nombreux dans ses films, renvoient l’image d’un combattant épuisé, décharné, détruit intérieurement par sa trahison et celle de ses Pères et de ses Frères.

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Sublime dans sa violence, la dernière séquence de ce film préfigure ce que serait sans doute devenu le cinéma de Kanatachi, s’il avait vécu plus longtemps : un cross-over entre les civilisations, où la fraternité impossible débouche systématiquement sur une violence barbare.
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Gelebor

Message par Gelebor »

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Titre de l’article : La révolution numérique tarde à faire son apparition !

Auteure de l’article : Oliga Yuki

Date de publication : 28 Septembre 2039

Editeur : Hitobito[/center]


[justify]Ce n’est un secret pour personne pour que notre presse possède une certaine « appétance » pour les énormes tirages papiers. Nos grands journaux ont fait jusqu’ici des incursions timides vers le numérique.

Au Voijia, la presse conserve un fort parfum de tradition tant les grands journaux demeurent de véritables institutions avec des tirages impressionnants dans un pays agraire comptant 27 millions d’habitants. Le Chikyu to Sosen, grand quotidien conservateur qui se définit lui-même comme le premier journal mondial, affiche 3 millions d’exemplaires quotidiens, devant Aki no hana (2 millions d’exemplaire). Le plus ancien, Shinjitsu, créé en 1903, se vend à 2,3 millions d’exemplaires pour son édition du matin. Fort de 1200 employés, dont 500 journalistes et de 17 imprimeries, « notre tirage est stable alors que la publicité ne représente pas même le dixième de nos pages, c’est-à-dire nettement moins que les journaux des Gaijins qui sont à 50% », explique Onikawa Hanabusa, journaliste dans ce quotidien.

Tous ces titres appartiennent naturellement à des groupes centenaires qui, au fil des années, ont compensé la baisse de leurs recettes issues de la presse par diverses activités. La plupart sont ainsi présent via des sociétés-sœurs dans l’audiovisuel. Elles détiennent de surcroît des des maisons d’édition, organisent des événements culturels appréciés du public et disposent d’importantes rentes immobilières. Cet univers monolithe mais extrêmement bien rôdé a bien du mal à s’actualiser, même si les indicateurs suggèrent qu’un changement est nécessaire : le pays connaît un essor démographique qui se traduit par une hausse importante de la population des moins de dix-huit ans, laquelle se désintéresse du format papier, tandis que les recettes s’érodent.

Cet été, un magnat du groupe publicitaire « Ora ! Ora ! » a imaginé un nouveau concept. Un concept ô combien révolutionnaire ! Cet été donc, ce magnat a lancé Yuno, un kiosque pour smartphones qui diffusera gratuitement des magazines sous format numérique, moyennant une petite redevance de la part de ces derniers. Le service devrait compter, avant la fin de l’année, quelques 30 titres de 30 maisons différentes accessibles sur tous les smartphones. L’offre sera, espérons-le !, vite étendue aux autres terminaux et opérateurs, ainsi qu’aux consoles de jeux et ordinateurs fixes. Une application, aux dires du créateur, est sérieusement envisagée, et permettra d’acheter, de lire sans être connecté et de classer des magazines dont les numéros resteront disponibles en ligne une fois terminée. « D’après nos informations, au Teikoku notamment, le marché des mangas et des livres sur mobiles croît de manière exponentielle et représente aujourd’hui l’équivalent de plusieurs centaines de millions de dollars. Songez au potentiel que cela représenterait pour nous », a souligné le publicitaire.

Le téléphone mobile, qui est au Voiji Kodalstvo le moyen usuel pour accéder à l’Internet, n’a pas encore pris le virage de la presse numérique, essentiellement pour des raisons techniques. Les écrans de nos portables demeurent trop petits, rendant toute lecture fastidieuse. L’arrivée des Smartphones il y a quelques années tout juste a bouleversé ce schéma et poussé les fabricants à commercialiser des portables munis d’écrans plus larges.

Les Nippons étant souvent férus de nouvelles technologies, cette initiative, aidée par des réformateurs politiques, pourrait contribuer à faire décoller le marché de la presse numérique. Pour l’instant, les lecteurs se dirigent plutôt vers les éditions électroniques des grands journaux, un domaine dans lequel le journal « Sakura » a été le premier à s’aventurer. Il reste aujourd’hui numéro un pour le nombre de pages consultées, mais son site n’est pas un grand pourvoyeur de recettes, constatent ses promoteurs.[/justify]
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Gelebor

Message par Gelebor »

[quote][center][img]https://i.goopics.net/D8Lql.png[/img][/center]
[center]Titre de l'article : Les aspects éthiques du Transhumanisme

Auteur de l'article : Yurori Hanake

Date de publication de l'article : 3 Octobre 2039

Editeur : Shinjitsu
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[justify]Qu'est-ce que le Transhumanisme ? Dans un premier temps, il convient de définir ce terme. Le transhumanisme est une idéologie résolument progressiste sur les technologies futuristes qui disposent du potentiel de modifier intégralement ou en partie notre condition humaine. Elle fait la promotion de leurs utilisations tous azimuts afin de nous permettre de vivre la vie que nous souhaitons mener, l'existence qui nous convient, d'agrandir les champs de nos possibles, dans le but de réaliser nos rêves. Certaines de ces technologies sont déjà utilisées à l’heure actuelle, sans que nous n'y prêtons attention, d’autres sont en cours de développement et pourraient révolutionner nos modes de vie dans un futur assez proche. Enfin, certaines technologies alimentent nos fantasmes depuis de longues années, on les a peut-être vues dans des films de science-fiction étrangers mais elles nous ont toujours semblé si lointaines. Néanmoins, tous les indicateurs actuels suggèrent que la réalité pourrait rattraper la fiction plus vite qu'on n'ait pu l'anticiper...[/justify]


[center][img]https://i.goopics.net/gEv4o.jpg[/img][/center]


[justify]Lorsqu’on s’intéresse de près au mouvement transhumaniste, l’un des aspects les plus importants à considérer concerne les questions qui procèdent de l'éthique et de la morale que le développement de ces nouvelles technologies soulève. Que ce soit la création de clones humains, la recherche sur les cellules souches, le développement de robots intelligents, l’avènement d’une intelligence artificielle égale voire supérieure à l’intelligence humaine, l’augmentation de l’espérance de vie dans des proportions démentielles, les modifications et les « améliorations » opérées sur le corps de l'être humain jusqu’à le transformer en une sorte d’hybride mi-Homme mi-machine ou encore le rapport de ces technologies aux religions…

Tous ces aspects donc, à mesure que l’innovation technologique se poursuit dans les décennies suivantes, doivent être sérieusement étudiés. Nous devrons nous interroger sur les éléments qui caractérisent l'identité de l'espèce humaine ainsi que sur le chemin que nous voulons emprunter à l’Humanité pour la suite de notre Histoire. La recherche sur les cellules souches pose des problèmes éthiques vis-à-vis de leur origine. En effet, celles-ci sont généralement prélevées sur des embryons humains. Ainsi, la loi n’autorise la recherche sur ces cellules que si elles proviennent d’embryons issus de procréations médicalement assistées (appelés embryons « surnuméraires »), que les donneurs ont donné leur consentement et que ces recherches sont « susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs ». En revanche, le clonage, et plus particulièrement le clonage humain, suscite de nombreuses controverses dans le domaine de la bioéthique. Le sujet divise beaucoup, notamment dans le domaine religieux, où certains argumentent que le clonage revient à « imiter l'oeuvre des Dieux » et détruire des vies humaines (les clones) tandis que d’autres se focalisent d’avantage sur les potentiels progrès en médecine que ces techniques peuvent apporter et se montrent nettement plus conciliants avec celles-ci. De plus, le clonage humain nous confronte à de nombreux questionnements d’ordre philosophique, juridique et sociologique : « Les clones peuvent-ils être considérés comme des individus à part entière ou sont-ils juste de pâles copies ? », « devons-nous les considérer comme nos égaux ou doit-on créer des lois spécifiques pour les clones ? », etc. La cybernétique est une des technologies les plus intéressantes actuellement et ce sera d’autant plus le cas dans les prochaines années. Mais c’est aussi une des technologies qui posera le plus de controverses. En effet, pour l’instant les applications que nous avons vues sont prometteuses et restent dans un but médical mais d'ici les prochaines années, nous observerons l'apparition de toutes sortes de modifications corporelles destinées à améliorer l’être humain. Les prothèses de membres bioniques deviendront plus puissantes que nos bras et jambes naturelles, les exosquelettes seront indubitablement utilisées à des fins militaires et permettront toutes sortes d’exploits surhumains.

Une hiérarchisation entre les humains « augmentés » et les autres, qui seront considérés comme inférieurs et qui auront des capacités moins développées sera naturellement réalisée. Ceci contribuerait à aggraver un fond de tension sociétal déjà éprouvé par les inégalités socio-économiques, puisque seuls les plus riches pourront faire l'acquisition de ces meilleures technologies, ce qui les avantagera encore plus tandis que les plus pauvres seront laissés loin derrière.

Les technologies actuelles ont déjà eu pour résultat une forte augmentation de l’espérance de vie des personnes qui en bénéficieront. Des projets envisagés comme le téléchargement de l’esprit offrent la perspective de dépasser complètement la barrière de la mort en opérant la migration de notre esprit dans un ordinateur, nous affranchissant de nos limites physiques. Il s’agit là d’un des sujets primordiaux dans notre civilisation depuis la nuit des temps. Le rapport à la mort va se complexifier pour beaucoup de nos compatriotes et l’immortalité peut sembler un rêve pour certains comme un horrible cauchemar pour d’autres.

Mais cependant... Les technologies dont il est question vont nous permettre de vivre une vie plus longue, plus riche, tout en optimisant notre qualité d'existence. A bien y réfléchir, l’être humain n’a pas attendu le transhumanisme pour défier la nature grâce à la technologie. Une personne qui porte une prothèse, un appareil auditif ou un pacemaker ne peut-il pas être déjà considérée comme un cyborg... ? Dans ce cas, le transhumanisme peut être vu comme le simple prolongement naturel de ce désir ancré dans l’être humain à vouloir sans cesse repousser ses limites et faire de ses rêves une réalité ! Cependant les améliorations que le transhumanisme promet peuvent facilement dériver et donner lieu à une société encore plus inégalitaire, voire à l’eugénisme. Au lieu d’être fondées sur le hasard de la distribution des gènes et de l’éducation, les inégalités se baseront probablement sur les possibilités financières de chacun : les plus aisés se paieront les meilleures améliorations. Il est également possible que les modifications dont bénéficiera l’être humain favoriseront le développement d’une société uniformisée, où tout le monde se ressemblera et détiendra plus ou moins les mêmes caractéristiques. Ce qui soulève une facette de ce problème tout aussi important : la disparition de ce que certains considèrent comme l’identité de l’être humain en tant que telle. Dans un monde où chacun est identique et où la technologie a fusionné avec notre corps biologique, comment se situer par rapport au monde et à l’univers ? Comment faire la part des choses ? L’Homme ne va-t-il pas finir par se perdre lui-même à mesure qu'il recherche la perfection, convoitant en d'autre mots la place qui appartient aux Dieux ? [/justify][/quote]
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