Encyclopédie - Histoire du Gandhari

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Plutark38

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[center]Histoire du Gandhari[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/dR17y.jpg[/img][/center]

SOMMAIRE


I- Préhistoire

1- Les premières traces humaines (-12 000/-10 000 av. J.-C.)

2- Les tribus primitives (-10 000/-2000 av. J.-C.)


II- Antiquité


1- Le premier royaume du Gandhari (-2000 à -954 av. J.-C.)

2- Les âges sombres (-954 av. J.-C. à -627 av. J.-C.)

3- Le règne de la dynastie Jatowal (-627 av. J.-C. à -328 av. J.-C.)

4- L'Empire de la dynastie Ghaman (-328 av. J.-C. à 602 ap. J.-C.)


III- Moyen-Âge


1- Le Royaume médiéval indou (602 à 726)

2- La domination musulmane (726 à 1007)

3- La dynastie Kanwari (1007-1657)


IV- Époque moderne


1- L'autocratie sikh (1657-1687)

2- La dynastie Watarah (1687-1969)

3- La Révolution de 1969


V- La République


1- La République socialiste (1969-2006)

2- La République conservatrice (2006-2039)

3- La Révolution de Janvier 2039

4- Le triomphe communiste et le début de la Seconde République
Plutark38

Message par Plutark38 »

[center]Focus 1: La Révolution de 2039 (1/2)[/center]

[center][img]https://i.goopics.net/eQE1x.jpg[/img][/center]
[center]Portrait officiel du Président Sankar Amrish (2024-2039)[/center]


[justify]La Révolution de 2039 a marqué la chute d'un régime autoritaire et de la Première République.
A la fin de l'année 2038, le gouvernement ne souffre d'aucune contestation et dirige le pays d'une main de fer. Au fil des années, le président Amrish a su instaurer son autorité en employant les ficelles de la propagande et l'usage des forces de l'ordre pour réprimer toute velléité émancipatrice.
Soucieux de garder une adhésion populaire, Sankar Amrish a toujours refusé l'emploi de méthodes sanglantes et n'a donc jamais fait tirer sur la foule. Cette approche n'empêchait néanmoins pas les forces de l'ordre d'employer une doctrine violente qui débouchait régulièrement sur des blessés. Si quelques citoyens sont probablement décédés des suites de leurs blessures après une violente charge policière, le pouvoir s'est toujours arrangé pour que ce soit tu dans les médias. Les proches étaient également menacés de représailles s'ils révélaient publiquement la cause du décès de leur proche.

[center][img]https://i.goopics.net/x5OwR.png[/img][/center]
[center]Chambre du Peuple élue en 2037[/center]

A la Chambre du Peuple, une écrasante majorité de députés étaient issus des rangs conservateurs. Les législatives de 2037 avaient en effet donné au Président 254 sièges sur 465. Son allié nationaliste Saran Baniwhal disposait de 117 sièges. Le principal parti d'opposition était le Parti Travailliste avec 94 sièges. La plupart des autres partis ne bénéficiaient pas assez de voix pour être représentés au Parlement car Amrish avait imposé un seuil de 5% pour obtenir des sièges.
Disposant de la majorité à lui seul, Amrish pouvait donc faire ce que bon lui semblait.
Son action dans les dernières années de son mandat s'est avant tout concentrée sur le dossier de l'agriculture. Soucieux de profiter des bons rendements agricoles de l'est du pays, Sankar Amrish a assoupli les droits des travailleurs afin d'en tirer le maximum de leur force de travail. L'emploi des enfants était très courant, surtout dans les familles désœuvrées qui dépendaient beaucoup du fruit de leur récolte. Si le travail dans les champs était éprouvant, ce n'était pas dans les plus petites exploitations que les conditions étaient les plus difficiles.

Les grands propriétaires terriens, cible de prédilection de Sankar Amrish aux élections, employaient par centaines une main d’œuvre qui se caractérisait par sa pauvreté. Loin des villes et dépourvue de toute compétence, les propriétaires jouaient du pouvoir qu'ils avaient sur cette main d'oeuvre. La loi étant très permissive, il n'était pas rare de voir des employés frappés au prétexte de leur faible productivité. A cela s'ajoutait la menace de perdre son emploi et d'être donc obligé de rejoindre les bidonvilles de Sojatpur pour espérer du travail journalier comme cireur de chaussure ou conducteur de tuktuk. Ces métiers étaient bien moins rentables qu'un engagement dans une ferme et ne suffisaient pas à éviter une vie dans la misère.

Être employé dans une exploitation agricole était gage d'un niveau de vie acceptable bien que toujours précaire. Le principal avantage était d'avoir un toit sur la tête et d'être nourri par son employeur. En revanche, il ne fallait guère espérer avoir une vie épanouie car les conditions de travail étaient difficiles. Un seul jour de repos était accordé par semaine et les journées de travail duraient 10 heures avec une pause repas d'une demi heure. Une majorité d'homme était employée, la plupart des femmes n'arrivant pas à tenir le rythme infernal imposé. Un employé devait constamment faire avec une pression sur ses épaules et l'obligation de toujours faire mieux. La justice fermait les yeux sur les éventuels cas de maltraitance au nom de la nécessité d'accroître le rendement pour favoriser l'autarcie du pays. Il s'agissait donc d'une oppression aussi bien physique de psychologique.

Les racines de la révolution de 2039 remontent à un épisode plutôt anodin mais dont les conséquences ont tout chamboulé. Tout commence le 21 décembre 2038 lorsqu'un jeune employé d'une ferme de taille imposante se fait battre par son employeur pour ne pas avoir atteint les objectifs de la semaine. Nombre d'employés avaient déjà assisté à un passage à tabac de leur collègue pour les même motifs mais cette fois-là devait être celle de trop.
Révolté par les violences à répétition, un employé du nom de Ipninder Ghumman s'est saisi d'un morceaux de bois et a asséné un coup à son employeur, le tuant sur le coup. Anticipant des représailles, les employés ont alors pris les devants en prenant le contrôle de la ferme. Alertés par la révolte, les forces de l'ordre se sont précipité pour rétablir la situation et faire prisonnier Ipninder Ghumman. Armés de fourches, de pelles et de torches enflammées, les employés révoltés ont décidé de faire face et de résister aux attaques de la police. Débordée, la police n'a pu que fuir en vue de revenir avec des effectifs supplémentaires, emportant avec elle Ghumman.

La nouvelle de la révolte paysanne s'est alors répandue comme une traînée de poudre dans la campagne de l'est du pays. Partout des employés ont organisé des opérations coup de poings contre leurs employeurs pour dénoncer leurs conditions de vie. Les formes d'action ont vite pris la forme de grèves massives puis de manifestations demandant la libération d'Ipninder Ghumman.
Dédaignant l'importance de cette révolte et ses racines, Sankar Amrish a eu recours dès la première semaine de janvier à des briseurs de grèves. Ne supportant pas d'être reconduit de force sur leur poste de travail, les employés ont alors décidé de résister pacifiquement en faisant grève sur leur poste de travail. Ceux qui étaient frappés encaissaient les coups tandis que les autres s'organisaient pour résister aux briseurs de grève. Il n'était pas rare de voir des rixes éclater entre les employés et les briseurs de grève. La colère était néanmoins si forte que le travail n'a jamais pu reprendre.

Massivement diffusés sur les réseaux sociaux, les images de paysans tabassés pour avoir fait grève ont rapidement fait scandale et on poussé des gens dans la rue pour dénoncer la cruauté de Sankar Amrish. Exigeant à la fois la libération de Ghumman et un meilleur traitement des paysans, les citoyens ont vite rejoint la lutte.
De quelques centaines les premiers jours, Sojatpur est rapidement devenu le théâtre de manifestations quotidienne de plusieurs milliers de personnes.

Sentant le vent tourner pour Sankar Amrish, le député travailliste et ancien maire de Sojatpur, Rajindar Dahalo a alors décidé de faire occuper une place de la ville et installer une scène sur laquelle chacun pourrait venir s'exprimer tour à tour.
Dans ses discours, le leader travailliste appelle chaque citoyen à se lever contre l'oppression et à réclamer le retour de la démocratie. Écouté par des milliers de personnes chaque jour, Rajindar Dahalo devient la personne mobilisatrice contre le régime.
Son appel est rapidement entendu par un mouvement clandestin très en vu parmi les milieux ouvriers de Gollokurunda: le Parti Communiste...



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Plutark38

Message par Plutark38 »

[center]Focus 1: La Révolution de 2039 (2/2)[/center]




[justify]Interdit depuis près de dix ans, le Parti Communiste Gandharien ne fonctionne qu'en réseau clandestin, principalement dans la région de Gollokorunda.
Tandis que Sojaptur vit au rythme des manifestations quotidiennes sous l'égide de Rajindar Dahalo, les ouvriers et les mineurs commencent à discuter discrètement de l'opportunité de marquer leur soutien au mouvement de protestation. C'est ainsi que le matin du 6 janvier, les ouvriers et mineurs décident de converger sur une place de Gollokorunda et de l'occuper en permanence à l'image de ce qui se fait 700 kilomètres à l'est. Très peu de travailleurs prennent leur poste, ce qui provoque une paralysie de l'activité.
Bien décidés à briser la grève, la police intervient pour transporter de force les grévistes sur leur poste de travail. Cette tentative de mettre fin à la contestation dans la ville ouvrière a débouché sur une intervention des communistes clandestins qui ont alors sortis leurs armes et les ont brandi vers les forces de l'ordre. Encerclée, la police n'a pu que rebrousser chemin.
La coordinatrice du mouvement communiste clandestin, Asha Lota a alors ordonné la prise de l'hôtel de ville. Les troupes communistes et ouvrières, coordonnées par Ranbir Nandlah ont pris le contrôle de la ville dans la soirée du 6 janvier.

A Bunaghar, les évènements dans les campagnes de l'est, à Sojatpur et à Gollokorunda commencent à devenir un motif de grande préoccupation. Le jeune dirigeant libéral, Parampal Kahlon demande à rencontrer le président Sankar Amrish pour trouver une issue au conflit. Refus. Profitant du fait que la presse est encore assez libre, il décide alors de publier une tribune dans le grand quotidien national Ganatantr pour demander une issue pacifique à la crise. Signée par des personnalités de la société civile, la tribune est un succès et marque un début de mobilisation le 11 janvier dans la capitale.
Les manifestants prennent alors la rue pour demander une évolution du régime politique qui est jugé trop rigide et conservateur. Le mouvement fait notamment recette parmi les lycéens et les étudiants qui décident d'occuper lycées et facultés. Une à une, les universités de la capitale décrètent la suspension des cours. Le mouvement étudiant gagne rapidement les autres grandes villes.
C'est en effet la grogne universitaire qui apporte la contestation à Palanai puis à Channapuram.

A Bunaghar, les forces de l'ordre dispersent les manifestations au gaz lacrymogène et au tir de balles en caoutchouc. Ces méthodes ne résolvent en rien la crise, bien au contraire, car le 15 janvier a lieu à Bunaghar une grande manifestation réunissant 550 000 personnes. Pour la première fois, le départ de Sankar Amrish est réclamé. Les motif de ce changement de revendications sont le refus du président d'entendre les citoyens contestataire et sa réponse musclée.
Malgré les tentatives de répression, la détermination des citoyens n'est pas entamée. Parampal Kahlon réclame la mise en place d'une Seconde République parlementaire pour mettre fin au présidentialisme.

Le 21 janvier, Sojatpur passe à deux doigts d'un massacre lorsque la police menace de tirer à balle réelle sur les manifestants. Loin d'effrayer les contestataires, des policiers sont alors lynchés et deux d'entre eux sont tués. Craignant pour leur vie, les forces de l'ordre se retirent. Sankar Amrish fait une allocution le soir même où il menace de recourir à la loi martiale et au couvre feu. Il déclare également que tous les manifestants sont hors-la-loi et qu'il ne cédera pas.
Face à cet exercice de fermeté, les manifestants redoublent de colère et décident d'encercler pacifiquement le palais présidentiel. Le 22 janvier au matin, des centaines de milliers de gandhariens affluent autour du palais pour prouver leur ténacité.
Sankar Amrish se retrouve alors pris au piège et cherche une solution. Ses proches lui conseillent de faire intervenir l'armée et d'assumer un massacre, ce qu'il refuse car il considère que cela créerait plus de problèmes que nécessaire.

Lorsque Sankar Amrish tente une sortie à son balcon, il est conspué et perçoit alors une haine profonde à son égard. Refusant à la fois de céder et de commettre un massacre qui le rangerait parmi les pires dictateurs de la planète, le président décide de jeter l'éponge le 26 janvier au matin. Il présente sa démission et celle de son gouvernement, persuadé qu'il a encore assez de soutien pour gagner de nouvelles élections.
La nouvelle est alors source de scènes de liesses partout dans le pays. La présidente de la Chambre du Peuple, Amita Ladli devient immédiatement Présidente de la République. Se donnant deux jours pour ramener le calme et nommer un Premier ministre, la présidente par intérim décide également de gracier Sankar Amrish. La nouvelle passe plutôt mal mais ne se traduit pas par des réactions populaire, l'euphorie de la victoire étant bien présente.
Tandis que beaucoup s'attendent à ce que Rajindar Dahalo soit nommé Premier ministre d'un gouvernement de transition, c'est le jeune leader libéral Parampal Kahlon qui est nommé. Des élections constituantes sont alors convoquées pour fin février. Parampal Kahlon est chargé de conduire les travaux sur une nouvelle constitution en collaboration avec la chambre constituante.

Les élections constituantes du 26 février 2039 voient une coalition d'union nationale pour la démocratie sortir vainqueur. Elle regroupe les libéraux, les travaillistes, les écologistes et les communistes dont le parti est de nouveau autorisé par décret présidentiel.
Les conservateurs, fidèles au président déchu font liste commune avec les nationalistes.
Victorieuse, la liste d'union nationale remporte 56% des suffrages contre 41% pour l'union de la droite. Ce résultat permet d'ouvrir la voie au changement de constitution.
Les conservateurs sont de leur côté persuadés que le pouvoir peut être reconquis lors des élections programmés à l'issue du vote de la nouvelle constitution. Début mai, les travaux de la constituante se terminent et la constitution est votée, ouvrant la voie à des élections qui seront fixées pour le 27 juillet.[/justify]
Plutark38

Message par Plutark38 »

[center]Focus 2: Histoire de la République - La République Socialiste (1969-2006) (1/2)[/center]


[justify]La République du Gandhari a été proclamée le 4 avril 1969 après la chute de la monarchie suite à une révolution soudaine et violente. Le dernier Raja de la dynastie Watarah, Venkata V, est contraint à l'abdication après une répression féroce qui n'a fait que renforcer la colère populaire.
Les Gandhariens ne supportaient plus le régime de plus en plus autoritaire qu'imposait le souverain alors que partout dans le monde entier la démocratie s'imposait.
Le Raja signe son abdication le 4 avril et dans la foulée des personnalités politiques issues de la gauche modérée proclament la République avec le soutien de milliers de gandhariens. La monarchie cède la place à un gouvernement provisoire chargé d'élaborer la nouvelle constitution.
Des personnalités fortes émergent telles que Sangat Boperai, Amandev Jastar, Bhavana Sanda ou encore Vachan Atwal. La droite, incarnée par le parti Hindou-Démocrate ne parvient pas à s'imposer comme une force solide.
Le Parti Communiste Gandharien est de son côté assez faible mais constitue un allié envisageable pour le Parti Social-Démocrate du Gandhari.
C'est donc un gouvernement entièrement social-démocrate dirigé par Sangat Boperai qui conduit la transition et élabore la nouvelle constitution.
Boperai souhaite un régime présidentiel, dans lequel le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif se complètent mais ne peuvent se renverser mutuellement. Le projet de constitution consacre la création d'un parlement monocaméral de 465 sièges appelé "Chambre du Peuple". Le Président qui est à la fois chef d’État et chef du Gouvernement est de son côté élu directement par la population pour 4 ans alors que le parlement se renouvelle tous les 2 ans de moitié.
La constitution est soumise à référendum et remporte une adhésion de 68,87% le 2 septembre 1969. Le processus électoral est ensuite lancé immédiatement et le scrutin présidentiel et législatif se tient le 25 novembre 1969.
Le Parti social-démocrate présente donc Sangat Boperai au poste de Président de la République tandis que les conservateurs du parti Hindo-Démocrate soutiennent Sikander Kharak. Les communistes présentent également un candidat, Amanbir Mahra. Sangat Boperai remporte les élections dès le premier tour avec 65,4% des suffrages, devant Sikander Kharak (29,4%) et Amanbir Mahra (5,2%). A la Chambre du Peuple, Sangat Boperai remporte près de 70% des sièges contre environ 30 pour les conservateurs. Les communistes ne parviennent à faire élire que 4 députés.
Ces élections constituent les première élections libres au Gandhari, ce qui constitue un grand moment que de nombreux gandhariens ont gardé en mémoire des années durant. L'ambiance électorale, les grands discours de Sangat Boperai et les spots télévisés ont marqué toute une génération qui a pris goût à la démocratie.
Le président Boperai qui devient 1er Président de la République du Gandhari ne se revendiquait pas comme socialiste au sens premier et rejetait même le communisme. Sous sa présidence, il a pris soin de marginaliser le parti rouge et même à le diaboliser.
Sa politique s'est essentiellement concentrée sur le développement des grandes métropoles du pays. Il a également libéralisé l'économie en créant un véritable droit d'entreprendre et a aboli le système corporatiste qui était en vigueur sous la monarchie. Rapidement vue comme le président des villes, sa popularité se dégrade alors que les populations rurales ont du mal à percevoir la différence entre la république et la monarchie en raison du peu d'évolution dans leur qualité de vie. Les grands propriétaires terriens qui sont pour la plupart d'ascendance noble ne sont pas expropriés et continuent d'exercer leur emprise sur les populations rurales de l'est du pays. Ce compromis entre républicains et noblesse rurale monarchiste permet de garantir une certaine stabilité et exclut tout risque de conflit ouvert.
A la mi-mandat, en 1971, Boperai perd quelques sièges au profit des conservateurs tandis que les communistes progressent légèrement. La majorité présidentielle n'est toutefois pas compromise et le président peut continuer sa politique d'équilibre entre les différentes forces du pays. La gauche dure critique toutefois le chef de l’État et l'accuse de mener une politique non conforme aux aspirations populaires d'un niveau de vie accru.
Les entreprises qui bénéficient d'une politique fiscale généreuse parviennent à embaucher à tour de bras. Le chômage diminue mais la précarisation des contrats qui bénéficient surtout aux femmes désireuse d'avoir une petite source de revenus ne permet pas de réduire la pauvreté. Le Gandhari semble s'installer dans une période économique de flottement, avec des entreprises disposant d'une main d’œuvre peu coûteuse mais avec en parallèle une pauvreté qui ne se résorbe pas.
Boperai surfe sur ces résultats pour se faire réélire en 1973 avec un score toutefois largement en baisse. En effet, un second tour se tient pour la première fois cette année-là comme le candidat conservateur Sikander Kharak (44,8%) parvient à mettre le président en ballotage (47,9%). Les voix communistes, qui se reportent toutefois péniblement, permettent à Boperai d'être réélu avec 52,4% des voix. Kharak se félicite de son côté d'avoir réalisé 47,6% au second tour et affiche son optimisme de voir un jour sa famille politique accéder au pouvoir.
Les élections législatives qui se tiennent en même temps réduisent la majorité de Boperai qui ne dispose plus que 52% des sièges. Les communistes, en progression notable en détiennent 5%.
Le président profite de son second mandat pour accélérer sa politique libérale et entreprend de privatiser les compagnies minières pour réinvestir l'argent obtenu dans le financement de mesures sociales comme l'établissement de 2 semaines de congés payés. Son argumentaire est accueilli assez fraîchement et le secteur minier se met en grève. Décidant d'opter pour une certaine intransigeance, Boperai fait employer des briseurs de grève. Si la majorité des députés sociaux-démocrates soutiennent la position présidentielle, une minorité se dresse contre les méthodes du chef de l'Etat et annonce son refus de voter la privatisation des mines. La grève est certes brisée mais les dissidents joignent leurs voix à la droite (en faveur de la privatisation mais qui s'y oppose par réflexe d'opposition) et aux communistes. Le projet de loi est rejeté, ce qui déclenche une crise parlementaire. Les dissidents sont exclus du parti et créent le Parti Socialiste du Gandhari. Parmi ces dissidents on trouve notamment Amandev Jastar, partisan d'une politique plus orientée à gauche sans pour autant verser dans le communisme et le marxisme.
Aux élections intermédiaires, de novembre 1975, Boperai perd sa majorité au Parlement (40% des sièges) et doit traiter avec les socialistes (10% des sièges) et les communistes (5% des sièges). Il ne s'y fera jamais et démissionnera quelques semaines après les élections de mi-mandat. Une élection anticipée se tient donc en janvier 1976. Elle oppose le socialiste Amandev Jastar, la sociale-démocrate Bhavana Sanda, le communiste Amanbir Mahra et le conservateur Kharak. Amandev Jastar arrive en tête du premier tour avec 39,8%, suivi de Sikander Kharak avec 31,5%, de Bhavana Sanda avec 19,3% et enfin du communiste Mahra qui réalise un score historique pour son parti de 9,4%.
Au second tour, la figure charismatique d'Amandev Jastar l'emporte avec 57,3% des voix. Promettant un véritable virage à gauche, le nouveau président entame un règne qui durera 16 ans.[/justify]
Plutark38

Message par Plutark38 »

[center]Focus 2: Histoire de la République - La République Socialiste (1969-2006) (2/2 )[/center]


[justify]Immédiatement après sa victoire, Amandev Jastar change les règles constitutionnelles par référendum pour passer à un régime semi-présidentiel. Victorieux, il dissout ensuite le Parlement et lance une coalition qui réunit socialistes et communistes. Les élections législatives de mars 1976 permettent à cette coalition d'obtenir la majorité absolue (45% pour les socialistes, 13% pour les communistes).
Pour la première fois de l'histoire du Gandhari, des communistes entrent au gouvernement et œuvrent à la mise en place d'un programme commun des forces de gauche. Conformément aux orientations politiques d'Amandev Jastar, les communistes acceptent les compromis et édulcorent leurs positions, ce qui crée des tensions et de controverses au sein du Parti Communiste qui se divise entre soutien à la participation au gouvernement et interrogation face aux intentions du parti qui accepte de renier une partie de ses exigences.
Les ministres communistes du premier gouvernement de Noordev Paton occupent finalement des rôles assez secondaires comme les Transports, l’Égalité et les Droits et l'Education et n'ont pas moyen de peser sur la politique économique du gouvernement.
En matière de politique économique, Jastar et Paton reviennent sur la fiscalité avantageuse des entreprises et mettent en place des malus sur le recours aux contrats précaires. Les dépenses publiques explosent au nom de l'efficacité du service public mais dans le même temps, Jastar fait réorganiser la fonction publique pour l'épurer des dépenses jugées superflues.
Sa position ambigüe est critiquée par les syndicats qui l'accusent d'être insincère et de mener une fausse politique de refonte du service public. Cependant, ayant l'opinion derrière lui, il passe ses deux premières années sans rencontrer de difficultés majeures.
En janvier 1978, le ministère de l'économie annonce un chômage repartant à la hausse et pointant un coût du travail pénalisant pour les entreprises qui sont contraintes de supprimer des emplois.
C'est la désillusion et pour limiter les dégâts le gouvernement Paton fait un geste en direction de entreprises en baissant les impôts. Cet acte est jugé intolérable par le Parti Communiste dont le Comité central vote le retrait du gouvernement. Les trois ministres communistes doivent donc démissionner, ouvrant une crise politique. Ne bénéficiant pas de la majorité absolue au Parlement à trois voix près, Noordev Paton est obligé de négocier avec les sociaux-démocrates de Bhavana Sanda. Cette dernière exige un abandon de l'orientation gauchiste pour apporter son soutien, ce qu'accepte le Premier ministre Paton qui remanie son gouvernement. Ce dernier se sent humilié par les sociaux-démocrates et décide de maintenir un rapport de force avec eux en restant inflexible sur certaines orientations. Alors que Sanda, ministre du Travail, prône une augmentation du temps de travail, Paton n'hésite pas à la désavouer publiquement, quitte à désarçonner la fragile coalition entre les socialistes et les socio-démocrates. Désireux d'éviter un conflit entre Sanda et Paton, le président Jastar décide de chercher un compromis entre les deux. Le temps de travail est donc allongé d'une heure hebdomadaire. Les syndicats entament alors une grève pour faire échec au projet mais cette dernière finira par s'étioler et s'éteindra rapidement, faute de soutien et de grévistes déterminés.
A la fin de l'année 1979, Amandev Jastar parvient à inverser la tendance sur le chômage, ce qui le place en position de force pour les élections de 1980 qu'il remporte largement dès le premier tour et obtient une majorité à lui seul, rendant le soutien des socio-démocrates superflus.
Noordev Paton est donc reconduit au Palais du Gurbaghat Taoni pour un troisième gouvernement dans lequel il limoge Sanda et ses alliés.
Le deuxième mandat d'Amandev Jastar est celui d'une politique qui parvient à concilier politique de l'offre et de la demande. Les socialistes acceptent le fait que l'entreprise est un acteur majeur de l'économie, ce qui braque les communistes. Néanmoins, les roses font voter toute une série de protection et de normes en faveur des salariés pour les protéger des excès du marché.
La politique budgétaire est globalement tournée vers l'entreprise et l'investissement, ce qui implique de ne pas revaloriser les salaires chaque année.
En 1983, Noordev Paton est mis en cause dans une affaire de transfert de fonds occultes de son micro-parti vers une entreprise minière du pays connue pour son hostilité au gouvernement socialiste. Rapidement accusé de connivence avec des "oligarques", Paton est contraint de démissionner de son poste de Premier ministre après 7 ans à la tête du gouvernement. Il s'en ira en dénonçant un complot contre lui et en clamant son innocence.
Décidé à s'ouvrir mais aussi désireux de plomber sa rival Bhavana Sanda, Jastar nomme cette dernière Première ministre. Elle ne restera en place que dix mois, balayée par les élections législatives de 1984 qui donnent une majorité aux conservateurs. Victorieux aux présidentielles face à Sikander Kharak, Jastar est dans l'obligation de le nommer Premier ministre après les législatives.
La cohabitation entre les deux homme sera plus que chaotique et plongera le pays dans une agitation sans précédent.
Désireux de mener une politique conservatrice et de gommer les acquis de la période de gouvernance socialiste, Kharak se heurte vite à un mur et plonge le pays dans une grève dure, notamment lorsqu'il prône l'abrogation d'une semaine de congés payés sur les deux au nom du soutien à la productivité et à la compétitivité des entreprises gandhariennes.
La grève dure alors près d'un mois, non sans manifestations massives et heurts. Inflexible au début, Kharak est contraint de renoncer à la fin du mois de mars 1986. Jusqu'en 1988, le Premier ministre n'osera pas entreprendre de réforme trop ambitieuse, de crainte de cabrer le pays une fois de plus et de perdre son poste cette fois-ci.
L'immobilisme conservateur et le souvenir de la grève de 1986 aura raison de Kharak qui fera le score électoral le plus bas qu'il ait jamais fait. Face à cette violente déconvenue, Kharak annonce son retrait de la vie politique et cède les commandes du parti à Brahamdev Saluja.
De son côté, Amandev Jastar entame son quatrième mandat avec Ashar Lohan comme Premier ministre, d'obédience socialiste avec certaines accointances avec le communisme.
Ce sera donc une politique placée sous le signe du social mais le dernier mandat de Jastar est miné par une série de scandales politico-financiers qui impliquent aussi bien les conservateurs que les socialistes. Vite assimilé à la "caste de pourris", la popularité du président dégringole au point qu'il renonce à se présenter aux élections de 1992. Il se retire de la politique et ne viendra plus jamais au premier plan. Il sera néanmoins célébré comme une figure majeure de la République Gandharienne.
Ce sera Ashar Lohan qui sera élu président en face de Brahamdev Saluja. Sa présidence s'étendra jusqu'en 2000 mais sera marquée par une hausse du chômage et de la pauvreté consécutifs à une crise économique.
Le dernier président de l'ère socialiste, Hakam Tatli sera élu en 2000, réélu en 2004 mais contraint de démissionner en 2006 à cause d'un énième scandale de corruption dans lequel il trempait allègrement.
Excédés, les Gandhariens décident d'élire Brahamdev Saluja qui place à la tête de son parti le jeune Sankar Amrish âgé de 37 ans et président des jeunesses conservatrices...[/justify]
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