Informations (médias du pays)

Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

24 septembre 2038
Seh-rang Beyragh

[center]Économie : la "Nouvelle Route de la Soie", quels défis ?[/center]

Nous interrogerons un spécialiste de la question, le docteur Bekzat Igilik.

_________________________

Nos collègues de Parcham ont publié fin août un numéro très optimiste sur le sujet, prophétisant la constitution d'un "nouveau moteur de la mondialisation". Pourtant, des voix se sont fait entendre du côté des concurrents commerciaux et pourfendeurs du projet, que ce soit au Lébira, mais aussi, curieusement, au Kaiyuan, avec le dernier article de Tan Liunxian du quotidien The Shengfen Inquirer. Quelle réponse apportez-vous à ces critiques ?

D'abord je tiens à souligner la justesse de certaines remarques. Il est en effet certain que le commerce maritime restera la meilleure alternative dans de nombreux cas, comme ces projets nécessitant de franchir jusqu'à une dizaine de droits de douanes théoriques... autant d'intérêts avec lesquels négocier pour ouvrir ces routes.
Néanmoins, il convient de rappeler que ce défi ne remet sérieusement en cause qu'une partie seulement du projet.

Rappelons d'abord que le Kars et le Karmalistan sont nettement plus proches par liaison terrestre que maritime, d'autant que leur voie d'échange principale contourne très nettement le massif "peu sûr" de l'Ala-Tau via la vallée de l'Iaxarte, juste au Sud. Seuls deux pays sont traversés pour une distance totale inférieure à 900 km.
Le Kars et l'Estolie peuvent quant à eux communiquer aussi aisément sur terre que sur mer, leurs deux littoraux et frontières étant très proches et séparés d'un seul pays.

Toutefois, il convient de noter la marginalité géographique de deux membres de cette organisation : la Valdaquie et le Liang.
Comme l'a très justement souligné le journaliste kaiyuanais, deux constats :
_ D'abord, les relations avec la Valdaquie resteront avant-tout navales, pour des raisons géogaphiques évidentes, tant avec l'Estolie, que le Kars et même le Karmalistan.
_ Ensuite, le Liang aura certainement le plus à gagner dans ce projet étant donné l'exceptionnelle durée d'un voyage par bateau entre ses ports et ceux de l'espace dyto-céruléen : le contournement de l'immense masse continentale de la Ventélie du Nord, passant entre le Postun et le Teikoku, pour repasser cap Ouest jusqu'au canal d'Ashurdabad (lui-même aux capacités limitées et en zone de tension, obligeant certains navires et/ou à certaines périodes, de contourner la Janubie...), pour enfin accéder à la zone visée à travers les détroits d'Algarbe-Marharb, prendrait une petite éternité (entre 12 000 et 20 000 km en fonction du contournement emprunté). Par la voie Arctique, le trajet serait raccourci à environ 8 000 km si débarquement par la Dtyolie du Nord, mais il faudra prendre en compte le coût supplémentaire qu'implique l'usage de brise-glaces au moins 7 mois par an.
Regorgeant de ressources naturelles stratégiques en comptant ses voisins (notamment le Xilinhar), le Liang, déjà plaque tournante du commerce avec la Ventélie dont-il garde la "porte Nord", pourra exporter massivement à travers ce raccourci terrestre qui le relie à la Valdaquie, d'une longueur de seulment 2 500 km, soit près du cinquième de son alternative navale !
Certes cette route devra tenir compte des dix pays intermédiaires traversés, mais ceux-ci, tous enclavés, y trouveront facilement leur compte pour exporter leurs propres produits ou importer ce dont ils ont besoin.
Enfin, entre le Karmalistan et le Liang, la voie est simple : elle traverse la Grande Mer Intérieure, ou « Mer de Touranie », ne nécessitant qu'un seul et unique intermédiaire juste au Nord du premier cité. Un pays enclavé qui a lui-même tout a gagner d'un tel accord pour son ouverture via le très stratégique Dahar.

Mais en regard du défi douanier, financier et environnemental d'un tel projet, quelles en sont les motivations principales ?

On en dénombre deux.
D'abord, pour des raisons pratiques. En effet, certains échanges ne peuvent procéder autrement que par une voie terrestre ou lacustre à travers la Touranie, comme les relations de tous les autres pays membres avec le Liang. Si cette organisation ne dispense ni ne libère de tout contact par la mer, elle permettra le désenclavement terrestre de ces pays et la réduction de leur dépendance aux échanges maritimes.
Et c'est là qu'on en vient à la deuxième motivation principale : les raisons sécuritaires.
La guerre de 2034 et surtout celle de 2036 ont démontré l'extrême vulnérabilité des liaisons maritimes. En cause : cette tendance qu'ont les Etats à s'affronter quasi-exclusivement en mer, les dispensant de mettre en jeu leur propre territoire ou en évitant les guêpiers terrestres étrangers. L'Hachémanie, dictature militaire particulièrement agressive (tant envers ses voisins depuis 2035, qu'envers sa propre population depuis 2037), a déjà fermé ses détroits au passage maritime et attaqué le Karmalistan via l'Estuaire du Dar. Une agression ayant entrainé par effet domino l'interposition de l'OCC, désormais protectrice et gardienne exclusive de ce passage stratégique. Afin de réduire la dépendance de certains pays (notamment le Karmalistan) à leur commerce naval, et donc leur vulnérabilité en cas de conflit qui touchera prioritairement ces axes là, la Nouvelle Route de la Soie constitue une opportunité idéale : la voie terrestre ou lacustre du Nord (Touranie) étant beaucoup plus sûre qu'une ouverture maritime Sud remis en cause à la fois par les séparatistes daharans, par la domination régionale de l'OCC et par la menace hachémane... Hachémanie, qui est d'ailleurs membre observateur de l'OCC malgré ses crimes et son intolérance religieuse absolue (le chiisme y est religion obligatoire... pour une population majoritairement sunnite).
Rappelons enfin que la diade entre le Karmalistan et le Sengaï est fermée depuis longtemps, cet État, pourtant passage obligé entre Karagol et la Ventélie, considère le Karmalistan voisin comme un pays hostile au point d'y avoir vraisemblablement envisagé une intervention militaire en 2036.
Autant de risques et de vulnérabilités qui obligent le Karmalistan à se tourner vers les axes continentaux du Nord pour son désenclavement durable.

Pourquoi le Kaiyuan ne fait pas partie de l'organisation ?

Le Kaiyuan, tout comme l'Eashatri, bien qu'acteurs majeurs de l'ancienne Route de la Soie, tout comme ils le seront une fois l'organisation concrétisée, ne sont nullement des carrefours, passerelles, ponts ou intermédiaires. Ces deux immenses et richissimes pays sont plus que des pôles civilisationnels à part entière : ils sont des débouchés et des émetteurs commerciaux. Comme l'est la Dytolie.
Raison pour laquelle l'organisation de la Nouvelle Route de la Soie, se voulant une réunion d'intermédiaires vitaux, une association de passerelles entre pôles économiques, perdrait tout son sens si elle acceptait l'adhésion de ces pays.
Ceci explique alors les titres donnés à ses membres : les « gardiens » de leurs ouvertures géographiques respectives. Expression « pompeuse » que lorsqu'on ne prend pas la peine d'en comprendre le contexte et donc la portée.

[img]https://i.imgur.com/nhXAAgn.png[/img]
_ Les lignes de communication rouges et bleues représentent les principales voies d'échanges rentables.
_ Les lignes rouges concernent à proprement parler la Nouvelle Route de la Soie.
_ Les lignes bleues concernent leurs inévitables contournements internes par voie maritime (ne sont pas mentionnés les évidentes routes maritimes au-delà du canal d'Ashurdabad vers les ports de Ventélie du Sud et d'Aiglantine).
_ La ligne de couleur indigo est un pipeline en construction (Kars-Karmalistan) et/ou en projet (Valdaquie-Estolie).
_ On été ajouté les trois obstacles majeurs justifiant la mise en place de cette organisation tellurocratique :
1- la menace hachémane : dictature militaire particulièrement agressive (tant envers ses voisins depuis 2035, qu'envers sa propre population depuis 2037) ;
2- le barrage sangaïais, aux échanges totalement rompus avec le Karmalistan dont-il est hostile ;
3- le verrou que représente aussi bien l'Isthme shuktène, le canal d'Ashurdabad et l'estuaire du Dar, sous la domination navale militaire des pays de l'OCC depuis la Guerre de 2036, auquel peut-être associé les velléités séparatistes du Dahar riverain.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

25 janvier 2039
Parcham

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2019/19/3/1557343872-logo-coupe-du-monde-de-football-candidature-qatar-2022-svg.png[/img]

Notre pays accueillera bientôt la coupe du Monde de football[/center]

Les Karmalis "n'aiment pas" le football. Cela au point qu'il est même interdit dans certaines régions islamiques du Nord. Le Nord, où règne d'ailleurs une situation de guerre civile larvée. Là bas, les infrastructures existent mais leur état général est particulièrement médiocre. Le pays n'a probablement jamais accueillit de compétition internationale de ce genre tandis que son prestige en terme de performances sportives en général... est probablement le plus faible du Globe. Le Karmalistan n'a aucun champion, et concernant le football, il n'existe qu'une poignée d'équipes amateures locales qui deviendraient la risée du public lors d'un match face à des étrangers professionnels.

Toutefois, au Rajanagar, province du Raj Dahar (là où la sécurité est irréprochable et les infrastructures nombreuses et modernes), la population karmali, curieuse et de bonne volonté, s'ouvre aux autres peuples et à leurs cultures. Elle cherche avec impatience à découvrir les pratiques sportives des peuples venus des autres continents, lesquels intriguent particulièrement les jeunes karmalis en quête d'espoir. Les quelques amateurs de football, souvent des jeunes des classes populaires logeant dans les bidonvilles et quartiers pauvres du Sud, constituant leurs équipes de fortunes par simple goût de l'effort et de l'entraide, rêvent de faire connaître leur passion à leurs compatriotes victimes de l'isolement culturel et religieux de jadis.
Ce rêve pourrait devenir réalité si, par hasard, il était faisable d'envisager la probabilité d'un projet esquissant l'éventualité qu'on puisse songer à émettre l'hypothèse d'organiser une compétition internationale de football dans les villes du Karmalistan, ne serait-ce qu'au Rajanagar [et en Ciskormalie].


C'est ainsi que s'était présentée officiellement la candidature du Karmalistan pour organiser la prochaine Coupe du Monde de football. Sa franchise aura eu raison des délibérations du jury, qui s'est décidé à choisir le pays des steppes de montagnes, à l'unanimité.

Avec une croissance fulgurante de plus de 37%, l'économie karmale est en surchauffe. La nationalisation des secteurs stratégiques (dont fer et acier), les politiques sociales de redistributions de terres et de biens immobiliers, n'auront pas fait fuir les partenaires commerciaux étrangers, qui ne cessent de se multiplier (Commonwealth, Eashatri, Bykova, Valdaquie, Estolie, Aurora, Westrait, Caeturia, Caskar, Kars et Liang). Et si les investissements directs extérieurs sont rares en Kormalie continentale ([url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351060#p351060]le pays conserve sa médiocre note financière -FIDES- de "C", cela en raison du climat sécuritaire encore très sensible, et de sa récente politique de nationalisations[/url]), ils n'hésitent pas au contraire, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350875#p350875]à s'implanter massivement au Raj Dahar[/url], la province littorale semi-indépendante restée "strictement libérale". Celle-ci fait alors office, aux yeux du Shakhanat, de "zone économique spéciale", profitant à l'ensemble ; tel l'adage "un pays, deux systèmes".

Néanmoins, le Karmalistan emmène avec lui, malgré son essor, toutes ses tares, et en premier lieu les conflits armés des marges du territoire, ainsi que le manque persistant d'infrastructures, et plus encore lorsqu'elles sont sportives...

C'est donc en toute logique que la Coupe du Monde se déroulera là où le pays est à la fois "sûr" et "pourvu" : le Sud.
Les sites accueillants les compétitions au Rajanagar (désignation géographique du Raj Dahar), outre le Grand Stade de Daharpur (80 000 places), seront Mirpur, Ormara, Jalalpur, Sujawal et Ahmadabad.
Il est toutefois utile de faire remarquer que celles-ci se dérouleront également en Ciskormalie, au Sud du Karmalistan continental, dans les stades principaux des deux grandes villes de Sanghar et Tarobaïn. La sécurité y sera particulièrement renforcée, bien que ces deux cités n'ont pas connu d'attentats depuis bien des années, et ne font pas partie des "zones sensibles" du pays, lesquelles sont cantonnées à plusieurs centaines de kilomètres aux confins du Nord ou, dans les zones plus proches, mais davantage circonscrites, du Sud-Ouest.

Comme rappelé lors de la présentation de sa candidature, le Karmalistan n'est pas un pays de footeux. Le sport en général est assez peu pratiqué, et le football en particulier, jusqu'à la méconnaissance dans de nombreuses provinces du Nord. Dans le classement 0-10 des palmarès, elle n'est pourvue que de la note de 1. Loin derrière les quatorze favoris que sont le Berlim, le Caeturia, le Dearmad, le Westrait, le Txile, l'Ennis, l'Estolie, le Kars, le Commonwealth, le Lébira, le Lorthon, la Santogne, la Valdaquie et la Vasconie, dont les notes dépassent tous 7.
Néanmoins cette compétition internationale fera découvrir ce sport qui, malgré de fâcheuses apparences (show-biz et m'as-tu vus dans ses dérives), représente en réalité, dans son expression populaire, une superbe occasion de promouvoir l'esprit d'équipe et la solidarité.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

5 février 2039
Parcham

[center]Armement : une affolante pénurie qui vire à la comédie[/center]

Comment reconnait-on un fou ? Comment le définir ? Selon certains psychiatres ou philosophes, le "fou" est celui qui commet la même erreur, inlassablement, tout en ayant la capacité de ne pas la reproduire. Le fou est celui qui, en visant un objectif, a recours à une mauvaise méthode, qui n'aboutira jamais à l'objectif recherché, une fois, deux fois, trois fois et ainsi de suite, sans jamais prendre le recul suffisant pour se résoudre à arrêter ce gaspillage d'énergie.

En début 2038, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17391]Commonwealth[/url] a annoncé son souhait d'acheter à l'étranger des navires et des avions... aucune réponse délivrée à ce jour.
Le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17417]Karmalistan[/url] a lancé un appel d'offre de DCA, il n'eut droit qu'au dixième de sa demande.
L'[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17544]Aurora[/url] a réclamé des navires d'assaut amphibie, un seul s'est manifesté, mais on ne lui a pas proposé le bon produit.
Lorsque l'année 2038 s'achevait, l'[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17618]Ennis[/url], à son tour, a souhaité acquérir des avions, des hélicoptères de combat, des croiseurs et des sous-marins, au choix ! ...pas l'ombre d'un catalogue.
Seule la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17637]Vasconie[/url] a rencontré un certain succès, en parvenant à acheter... 3 frégates au Caeturia... pour un délais d'une année entière.
En ce début d'année 2039, c'est maintenant le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17750]Lébira[/url], pourtant première économie mondiale dans un monde particulièrement touché par la pauvreté, qui s'est lancé dans un appel d'offre ouvert pour n'importe quel type d'arme et n'importe quelle quantité ; autant crier dans un désert.
Plus récemment encore, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17514]le Berlim[/url] a du se contenter de 15 unités achetées sur les... 193 demandées.

Autant dire que l'acharnement de certains gouvernements en matière de remilitarisation par voie commerciale ne mène à rien : force est de constater que l'offre est quasi-nulle. A la pénurie de production, laquelle ne parvient même pas à subvenir aux besoins des États, s'ajoute l'absence quasi-totale d'exportation. Si ce n'est un compte-gouttes d'unités obsolètes... cela tandis que ces "gros lots", directement issus des arsenaux de certaines armées vieillissantes cherchant à se débarrasser de matériel désuet, se cantonnent à des contextes exceptionnels (extrêmes tensions) qui eux-même, se raréfient.

Exceptées les crises valaryane et hachémanienne, qui sont avant-tout intérieures, ou bien encore les chamailleries halieutiques entre la Dytolie et l'Uural-Livimaa, les tensions internationales diminuent. Certains pays en froid se réconcilient ou se découvrent cordialement. Les autres préfèrent s'ignorer plutôt que s'affronter.

Voilà donc un bien curieux phénomène : malgré une demande inexistante et un apaisement politique international généralisé, les appels d'offre militaires se multiplient.
Après tout, avec la publication officielle du lancement d'un programme nucléaire militaire, avec la production massive de missiles balistiques par des gouvernements -insulaires ou littoraux !- qui vraisemblablement espèrent s'imaginer en sécurité en cumulant des armes au rôle tant tactique que stratégique absolument dérisoire (et archi-nul en mer), ou encore la déferlante de condoléances catastrophées pour une simple attaque virtuelle, le Monde, ou plutôt devrait-on dire, le Simpomonde (pour "monde simulé"), n'est plus à ça près. Tout a bien changé depuis l'ère de l'Hégémonie.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

7 février 2039
Seh-rang Beyragh

[center][img]https://i.postimg.cc/G2KWQtLc/flag-white.png[/img]

L'autre géant céruléen[/center]

Au cœur de la Cérulée, située pile sur la route maritime qui sépare Cartagina de ses deux dépendances dytoliennes, se situe une île administrativement solitaire, de superficie relativement modeste, et peuplée d'une trentaine de millions d'habitants seulement, faisant d'elle un "pays moyen". Cet État insulaire "moyen" est d'ailleurs souvent snobé par les médias des autres pays, ou tout simplement ignoré. Et pourtant... il n'est pas abusif d'imaginer à l'avenir une débaptisation de la "Mer céruléenne" au profit de "lac" portant sa gentilée, ou tout du moins une "synonymisation" (s'il nous ait permis d'employer de néologisme) entre ces deux adjectifs.
Il s'agit du Principat caskar.

Quand on parle du Caskar, on pense à cette course à la hauteur jusqu'à l'absurde (modification de dernière minute des plans du gratte-ciel en question pour faire face à la concurrence). On pense également à cette récente affaire Kourtchenkos-Baxter, qui soulève de nombreuses critiques tant au Westrait à l'égard du dernier (mais fut sanctionné), que partout ailleurs, à propos des "mœurs légères" de la première, qui n'aident pas en terme de crédibilité politique et diplomatique.

Ces "mauvais points" rappelés, allons maintenant au-delà des snobismes journalistiques. Nos experts se sont donc penchés sur son statut réel.

Le Caskar est d'abord une très grande puissance militaire. Il dispose ni plus ni moins de la plus puissante marine de guerre du Monde, laquelle est bien supérieure à celle des trois suivants sur le podium (Aurora, Dearmad et Valdaquie). Pour s'en donner un aperçu, notons que la flotte caskare pèse en valeur autant que les marines cumulées de l'Ennis et du Lorthon. Par ailleurs, le Caskar ne fait pas partie de ces pays qui cumulent les porte-avions sans pouvoir les utiliser : ses escadres aériennes sont les 2ème du monde, elle est équivalente aux aviations réunies de l'Ennis et du Berlim. Quant à ses effectifs humains et matériels terrestres, hors-Hachémanie et Valaryan léthargiques, elle est, là encore, sur le podium aux côtés du Karmalistan et du Caeturia.
Le Caskar pourrait battre et conquérir le Lébira à 4 reprises, qu'il lui resterait encore assez de forces pour se défendre. En plus de l'aisance du procédé, elle annexerait ainsi une nation qui lui procurerait suffisamment de richesses pour restaurer toutes ses pertes et s'élever au rang de superpuissance.

Outre l'aspect militaire, le Caskar est aussi une puissance énergétique majeure. Leader mondial de la production de pétrole off-shore, il en est -et de loin- le second plus gros exportateur mondial. Deux fois plus de barils sortent des puits caskars qu'aux îles Lorthon.
Mais le commerce ne se limite pas qu'aux échanges de matières premières ou de biens de consommation. Le Principat insulaire de Cérulée a bâti un véritable empire financier à travers l'Empresio Commissionaris, une multinationale techniquement indépendante, mais de facto proche du pouvoir caskar, à la tête d'un vaste réseau de filiales industrielles répandues dans au moins douze pays différents : Teikoku, Eashatri, Aiglantine, Tlalolctitlal, New Eden, Lorthon, Bykova, Caeturia, Liang, Gänsernberg, Ennis et Karmalistan (Raj Dahar). Auxquels s'ajoutent théoriquement le Posun. Cette exportation massive de capitaux, si elle est bien-sûr donnant-donnant, et juridiquement indépendante du pouvoir caskar, n'en demeure pas moins un formidable levier de pression diplomatique, moyen d'enrichissement autant que vecteur d'influence de l'île sur le reste du Monde.
Plus généralement, le Caskar, pourvu d'un PIB frôlant les 100 milliards $, est listé dans le top-10 des puissances économiques mondiales.

Puissance militaire et énergétique majeure, géant économique massivement exportateur de capitaux, hub commercial aérien et maritime pour toute la région céruléenne en vertu de sa position stratégique, le Caskar est aussi un véritable paradis technique, où son savoir-faire en matière de construction aéronautique (avions de transport), d'exploitation off-shore et de microélectronique et informatique (composantes électroniques, systèmes d'exploitation...) lui donnent une réputation telle que de nombreux pays s'arrachent ses exportations de service ou de transfert technologique (tel que le Dahar, qui reçoit son aide en matière électronique via le Commission et son organe qu'est l'Empresio).

Alors certes, l'absence d'alliés stratégiques fiables ou d'adhésion à une organisation d’États nuance cette analyse au sujet de la puissance caskare. Néanmoins, étant donné la facilité à laquelle certains États (pour ne pas les nommer) usent à tort et à travers des clauses de traité mentionnant une promesse "d'assistance militaire en cas d’agression d'une des deux parties", il est à se demander si celle-ci n'est pas décrédibilisée, en regard des expériences militaires passées où de nombreux "alliés" n'ont pas hésité à abandonner les "leurs" lors de conflits armés, craignant davantage pour leur propre sécurité que pour leur crédibilité internationale. Une fatalité, à laquelle on peut encore ajouter ce fameux piège, que cette forme de clause peut représenter pour des pays qui n'ont absolument pas l'intention de participer à un conflit qui ne les concerne pas.

En raison de l'importance techno-militaro-économique de cet État, mais aussi de l'incertitude qui règne encore sur sa diplomatie, le clivage en trois factions que connaît actuellement l'île, pourrait bien être déterminant quant à l'avenir géopolitique si ce n'est du Monde, du moins de la région céruléenne. Rappelons-les.
- traditionalistes : "Ventéliens féodaux", avocats de la tradition (méfiants à l'égard de la modernité), favorables au confédéralisme et pour l'établissement d'une doctrine de neutralité autarcique ;
- unionistes : "Modernistes", disciples de l'ancienne Grande Duchesse (la défunte Alexandra), favorables au centralisme, au développement industriel, à l'expansion commerciale et au rayonnement diplomatique de l'île ;
- fondamentalistes : "Hellénistes nationaux-capitalistes" issus de la haute bourgeoisie grecque, souscrivent à une "démocratie raciale de marché" (pro-grecque), méprisant tant à l'égard des "métèques" (surtout des orientaux musulmans ou ventéliens) que des chômeurs ou travailleurs pauvres.

Si le point de vue unioniste demeure le plus répandue dans la société caskare, il est en perte de vitesse au profit des deux autres : la tendance qui semble avoir pris le dessus au sommet du pouvoir semble être celle des traditionalistes en la personne des Kourtchenkos, cela tandis que la faction très réactionnaire des "fondamentalistes" est probablement la plus ascendante.
Cette évolution témoigne ainsi d'une forte polarisation politique au Caskar, où les deux factions les plus hostiles sur le plan de la doctrine (ventéliens neutres-traditionalistes contre grecs nationaux-capitalistes) s'affronteront dans un pays encore façonné par les souvenirs et l'héritage du règne de la Grande Duchesse Alexandra.

[img]https://i.postimg.cc/BnPx8Hjg/empresio-rippled.jpg[/img]
L'Empresio Commissionaris, instrument stratégique de la puissance caskare.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

27 février 2039
Parcham

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2019/16/3/1555453037-blason.png[/img]

Makengo : du pillage impérialiste à la conscience de classe ?[/center]

Dieumerci Aboki, Ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Makengo, a donc rencontré en personne sa majesté la reine Mamta Shakhan à Khorramshahr en Ciskormalie centrale.
Il n'est pas anodin que cette visite se soit déroulée dans la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345677#p345677]capitale mondiale de la tapisserie[/url] : contrairement aux autres rencontres, c'est la collaboration culturelle, et horizontale, qui fut mise à l'honneur.
La visite fut couronnée de succès... avec ceci dit, chose curieuse, l'égal intérêt des deux pays.

Situé au Sud de l'Algarbe, le Makengo, fort de ses 54 millions d'habitants, est la seule puissance noire du Monde, et plus grand pays du continent.
Il compte parmi ces grandes nations qui, dotées de fantastiques richesses naturelles, sont victimes de la plus tragique des misères.
Le quart de la production mondiale d'or, le tiers de l'extraction de manganèse, le dixième de la production de diamant, de zinc, de lithium, sans oublier le charbon et le platine. Et pourtant, la population est six fois plus pauvre (814 $) que la moyenne internationale (près de 5000 $).

Ce paradoxe porte un nom désormais largement popularisé : c'est la « malédiction des ressources naturelles ». Selon ce principe, la présence inhabituellement élevée de richesses dans le sous-sol d'une nation la rendrait sujette aux guerres civiles et aux appétits impérialistes étrangers.

Mais force est de constater que cette malédiction n'est jamais systématique, ne touchant qu'une catégorie particulière d'États pourvus de ces ressources. Leurs présences ne sont donc qu'un facteur, qui ne se suffit pas.

Le fait est que le Makengo a été victime d'une "course au partage" des grandes puissances, régie par la loi du premier arrivé. Et ce premier est l'Ennis.
Armé d'un certain recul (le partage impérialiste international des richesses du Makengo s'étant presque achevé) on pourra résumer la situation ainsi, du plus récent au plus ancien :

VALDAQUIE
_ détient en partie la production de diamant
_ récolte 35% des profits tirés de son exportation
_ dispose d'un moyen de pression militaire directement sur place (base militaire)

BERLIM
_ détient la production de zinc et de lithium, pour une durée renouvelable de 5 ans
_ récolte 55% des profits tirés de leur exportation
_ dispose d'une accessibilité militaire spéciale au Makengo (présence quasi-permanente de troupes berlimiennes)

KARS
_ détient le port de Lunda, par où transitent toutes les ressources naturelles exportées du pays, pour 10 ans renouvelables (majorité des actions de la société propriétaire "Sodepolu" : 51%)
_ détient une part minoritaire (49%) dans une société -"Soderag"- gérant l'exploitation et l'exportation agricole du Makengo (banane, canne à sucre, café, cacao, thé, palmier et coton)

ENNIS (État et hommes d'affaires ennissois)
_ détient la totalité de la production d'or, de platine, ainsi que la moitié du manganèse, pour une durée renouvelable de 10 ans
_ récolte 66% des profits tirés de l'extraction-exportation aurifère, celles du platine et du manganèse
_ dispose d'un moyen de pression militaire directement sur place (base militaire)

On distingue dans ce partage deux "groupes". Celui qui ramasse le jackpot dans le premier, et les autres.
Le Kars se contentera (quoique habilement) du contrôle du très stratégique port de la capitale. Néanmoins, on remarquera l'absence d'ingérence militaire karsaise, et le fait que la population de la monarchie musulmane et pétrolière, souffre de toute façon d'un niveau de vie avoisinant celui du pays partenaire (env. 900 $ / hab). Les berlimiens et valdaques sont quant à eux seulement... "moins pauvres" (de 1500 à 1900 $, soit encore nettement inférieur à la moitié de la fortune moyenne d'un Terrien), et doivent se contenter de ressources aux réserves proportionnellement très limitées (diamant, zinc et lithium) en comparaison de l'or ou du manganèse.
L'Ennis en revanche, en plus d'être le grand vainqueur du partage en terme arithmétique, est un cas à part.
S'accaparant les ressources les plus névralgiques à l'économie du pays, voire mondiale en tenant compte des immenses réserves (or et manganèse, dont le Makengo est leader mondial), cela avec un taux de profit inégalé des deux tiers (2x33%), l'Ennis a frappé fort en tant que "premier arrivé". Quant au très rare platine, autre propriété ennissoise, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348419#p348419]sa valeur est en très forte hausse en comparaison du diamant (Valdaquie), qui à l'inverse est victime d'une crise de surproduction[/url].
S'accaparant les trois ressources stratégiques les plus vitales pour l'économie du pays, cette île au revenu moyen par habitant 19 fois supérieur (!) aux makengais, n'a pas besoin de développer d'infrastructures pour le bien-être d'une population déjà repue. Le pillage du peuple le plus pauvre de la planète se fera donc au profit des caprices des actionnaires de la société Todhchaí C.G.A., des empires financiers d'oligarques véreux et bien-sûr, de la remilitarisation d'un pays à l'armée déjà surpuissante, et à la tête de la défense d'une organisation internationale crainte et reconnue, la CND.

Face à une telle ivresse de pillages de populations dix-neuf fois plus pauvres par des oligarques, des politiciens et des officiers généraux, justifié par un "win-win" des plus brumeux, on est en droit de se demander si la situation durera bien 10 ans... du moins sera-t-elle renouvelable une fois la décennie passée et les investissements nécessaires (transferts de capitaux et technologies et recherches propres) réalisés ?

L'adjectif "démocratique" présent dans le nom officiel du pays, le marteau et la houe sur le blason, la bande rouge en mémoire du sang versé pour l'indépendance et l'étoile jaune sur le drapeau... (qui officiellement se contente, avec neutralité, de représenter les "richesses du pays"...) tous ces symboles ne tarderont pas à prendre le sens qui leurs sont dus, une fois les conditions objectives réunies pour la conscientisation révolutionnaire du peuple makengais.

Ce jour-là, c'est l'Ennis qui tremblera.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

28 février 2039
Shakhan'anjar

[center]Coupe du Monde : mission accomplie !

[img]https://i.imgur.com/z6fVLIV.jpg[/img]
Composition de l'équipe de football du Karmalistan (hors remplaçant) : quatre tojiks (iraniens orientaux), deux rajans (indo-pachtounes), deux britons du Dahar, deux qarlouks (ouzbeks) et un bykovien d'Orkodyriane (slave)[/center]

La défaite face à la Vasconnie était attendue. De ce fait, le coup infligé au moral d'une telle défaite resta largement supportable.
Néanmoins, perdre ainsi (4-0) dès le premier match, aux yeux du Monde entier, sur notre propre sol, a suscité de virulentes critiques... [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351611#p351611]au Raj Dahar, en particulier dans les milieux médiatiques et les élites libérales-conservatrices séparatistes[/url].

Mais c'était sans compter la capacité de résilience de notre équipe multiethnique. Quatre tojiks, deux rajans, deux qarlouks, mais aussi deux britons du Dahar et un bykovien d'Orkodyriane (Nord). La surreprésentation de minorités d'origine étrangère (dytoliens et slaves) rappelle en effet le manque d'intérêt des "nationaux / autochtones" pour ce sport d'importation occidentale ; du moins jusqu'à la vieille de l'organisation de cet évènement.
Un sport méconnu, une équipe sous-financée et encore peu expérimentée en comparaison des autres géants du football, une humiliante défaite en match d'ouverture... et les élites daharanes qui surfent sur celle-ci pour renfoncer publiquement les joueurs karmali qualifiés avec mépris "d'amateurs". Tout commençait donc vraiment très mal.
Néanmoins... à la défaite cuisante mais prévisible face à la redoutable Vasconie, le Karmalistan est parvenu à vaincre le Caskar 2 buts à 0, pourtant lui-même vainqueur de la Vasconie quelques jours plus tard ! Ne restait alors que le Katherina, qui fit jeu égal avec le Caskar le premier jour de l'évènement. Ce fut chose faite : la victoire 2-1 de notre pays face aux Olgariens scella notre meilleure performance dans l'histoire du football.
Certes, le groupe fut catégorisé comme "facile". Facile à dire pour des ressortissants étrangers qui oublient de préciser que le point de vue de la "facilité" est particulièrement relatif. Avec une moyenne de note située à 6,7... il est facile en effet d'invoquer la "facilité" pour le groupe A. Mais cette facilité n'a d'intérêt que pour la Vasconie, archi-dominateur du groupe. En comparaison de cette moyenne proche de 7, la note du Karmalistan est nous le rappelons inférieure à 2 (1+1 de bonus d'organisation accordée par les experts), soit la seconde pire des 32 équipes en lisse, après le Caskar. Caskar (note de 0) qui réussit le prodige de vaincre l'équipe archi-favorite de la Vasconie (note de 10) ! Face au surprenant État insulaire, et au Katherina qui détenait aussi la note de 2... rien n'était joué d'avance !

La qualification pour les huitièmes de finale à la coupe du Monde annonce tout simplement la victoire au sens propre : record historique en effet, nous ne pouvions espérer mieux. Le but ultime que s'était fixé les Karmali est ainsi atteint : la fraternité karmalo-daharane prend sa revanche face aux séparatistes.
La reine Mamta, qui a d'ores-et-déjà félicité l'équipe nationale karmale, rencontrera dès demain personnellement les joueurs.

A l'étranger, cette coupe du Monde a réservé par ailleurs quelques surprises : le Caeturia pourtant parmi les cinq principaux favoris, n'a pour l'heure remportée aucun match, et se trouve dans la liste des éliminés potentiels, bien qu'il l'emportera très vraisemblablement face au Sengaï. Le Txile, l'Estolie et le Westrait, les trois favoris de leur "groupes de la mort" respectifs (en effet particulièrement difficile avec huit équipes à note de 8 ou plus), sont tous en position très défavorables, et pourraient bien de ne pas entrer en huitièmes.

Par ailleurs, si par un autre exploit invraisemblable, le Kaiyuan est qualifié à son tour en battant le Berlim (note de 10...), alors le Karmalistan sera, avec le Kaiyuan, la plus surprenante de toute relativement à son niveau, de loin le plus faible des 16 équipes qualifiées.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

9 mars 2039
Shakhan'anjar

Brèves

L'ex-roi d'Hachémanie assassiné
_ Il y a déjà près de trois semaines, l'Illythie a annoncé le décès d'un curieux expatrié : [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351562#p351562]Rashid Ier ben Qabus al Massoud[/url], ancien roi d'Hachémanie. Jeune et dynamique, voire arrogant selon ses détracteurs, on lui doit une diplomatie agressive, une politique de modernisation autoritaire, le bombardement meurtrier du Dahar (800 civils tués) et du Mahajanubia, ainsi que la très polémique construction de casinos sur l'un des principaux lieux saints de l'islam.
Il avait fuit son pays -in extremis- après une révolte populaire islamiste (dit-on à l'initiative du Karmalistan, en riposte à ses agressions militaires). Cherchant à obtenir l'asile politique en Luciférie (l'ELA esclavagiste faisait partie des fidèles alliés de l'Hachémanie), afin d'y obtenir une protection suffisante, il se contentera finalement de la très touristique colonie lébirienne d'Illythie, où Rashid, amateur de show-biz, avait déjà passé ses vacances. Vivant en exil jusqu'à ce jour gaiement dans une luxueuse villa au cœur du continent noir, accompagné de son cortège de gardes du corps et de domestiques (en particulier de très jeunes garçons... achetés en ex-Algarbe luciférienne voisine...), il fut victime le 27 février dernier, d'un attentat lui ôtant la vie.
On n'en sait peu pour le moment, si ce n'est l'usage de pistolets semi-automatiques par des assassins qualifiés de "terroriste" par les médias. L'un d'eux a pu être neutralisé, il serait d'origine orientale.

Développement d'un système d'exploitation
_ Après s'être concurrencés des années, les technopoles d'Alipur et de Tshirshik ont décidé, sous le parrainage du célèbre Shaul Khairajul, de joindre leurs efforts dans le but de concevoir le premier système d'exploitation entièrement karmali. Baptisé "Sharandj", il assurera la gestion de nombreux programmes indispensables à l'informatique, tel un navigateur, un éditeur de texte, un client mail, un lecteur audio et vidéo, ainsi que certains jeux et autres logiciels plus avancés. Sa configuration minimale nécessitera 256 méga-octets de mémoire vive, 3 giga-octets d'espace disque et un processeur d'une puissance de 800 méga-hertz. Néanmoins il va sans dire qu'il restera très loin en terme de performance et de complexité en comparaison des modèles avancés de l'Aurora ou du Jernland. D'autres projets de conception d'OS ont cours à Sujawal et Ahmadabad, dans le cadre de programmes communs avec des chercheurs aurorans et des investissements de l'Emprosia.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

14 mars 2039
Seh-rang Beyragh

[center]Nouvelles Routes de la Soie : une guerre économique contre l'Occident ?[/center]

Après la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349546#p349546]première interview explicative, répondant aux doutes à propos de la rentabilité du projet[/url], nous ré-interrogerons le docteur Bekzat Igilik, mais désormais sur le fond du problème plutôt que sur la forme.

_________________________

Pourquoi le projet des Nouvelles Routes de la Soie suscite-t-il tant d'aigreur ?

Prenons un peu de recul.
D'autres organisations ont été créé avant nous, sans susciter autant de polémiques. Certes, l'OOD (aujourd'hui à nouveau en déclin) a été accusé d'être l'instrument du Txile pour isoler le Caeturia. Certes la CND a été accusé d'ostraciser d'autres puissances dytoliennes, dont le Lébira, l'Aurora et le Commonwealth. Mais il semblerait que le projet des NRS, pourtant nettement moins "tribal", nettement moins militariste, soit l'objet de critiques autrement plus véhémentes et surtout, persistantes, en comparaison de sa fonction surtout commerciale et pacifique.
Alors qu'il fut démontré que l'essence même de cette nouvelle organisation, soit la majorité des liaisons terrestres et lacustres constitutives de celui-ci, serait rentable aux entreprises, certains continuent de ressortir, tels des mantras, exactement les mêmes critiques.
La question est donc maintenant de savoir pourquoi. Certainement parce qu'ils en ont peur. Et que cette peur dévoile justement son potentiel prometteur.

Pourtant, à moyen/long terme, les NRS profiteront à tous les pays alentours (y compris le Jernland, le Bykova ou l'Uural-Livimaa, qui bénéficieront de l'axe Sud-Nord du projet), et surtout, elles ne remettront pas en cause le commerce maritime. La seule menace réelle portée par ce projet est de réduire sensiblement dans la région, la capacité de nuisance militaire des innombrables et gigantesques flottes de guerre qui parcourent les Océans. Les membres de l'Entente Trans-Touranienne réduisant leur dépendance au monde maritime.
Néanmoins, même si le projet, grâce à ses contrecoups naturels, profitera en dernière instance, y compris à des pays comme le Lébira par exemple, la peur quasi-maladive du gouvernement de ce dernier s'explique par le fait qu'il ne sera plus le centre névralgique du commerce mondial. Ce sera désormais moins le Lébira qui contribuera à la prospérité comme source de la croissance mondiale, que la croissance mondiale, et trans-touranienne, qui contribuera comme source de celle du Lébira.
La NRS est donc, sur le plan purement commercial, un projet gagnant-gagnant pour tous. Mais il faut admettre l'existence de ce paradoxe, à savoir que le projet pourrait nuire en terme stratégique, sur long terme, aux thalassocraties, leur pouvoir de nuisance militaire aéronaval et finalement économique diminuant alors même qu'ils récolteront les fruits du développement de nouveaux marchés sur le supercontinent ptolémaïque.

La Cybistrie peut-t-elle sérieusement rejoindre l'organisation, comme elle le souhaite d'une manière ou d'une autre ?

Contre toute attente, ma réponse est oui ! Du moins, en théorie.

La Cybistrie, comme pays de nature orientale et même relativement continentale, à la fois grecque et turque, située entre la Marquézie et la Dytolie, constitue, à l'instar de l'Estolie, un élément majeur non-seulement de la civilisation dite "trans-touranienne", mais aussi des routes terrestres reliant Janubie et Ventélie à la Dytolie. Notons ces points communs culturels fondamentaux qui la lient avec son voisin estolien, mais également avec le Karmalistan, qui, nous rappelons au passage, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=320376#p320376]fut le réceptacle d'une forte influence grecque sous l'Antiquité[/url]. D'un point de vue culturel comme géographique, la Cyybistrie comme Karmalistan sont tous deux imprégnés d'innombrables galeries souterraines naturelles ou semi-artificielles.

Malheureusement, en dépit de ces atouts majeurs, la Cybistrie est gouvernée par une élite sinon peu recommandable, du moins difficile à cerner dans les intentions réelles. Grecque et panhellenique, elle ne semble pas être parvenue à réconcilier sa population, notamment vis à vis des Turcs. Peut-être n'est-ce là même qu'un euphémisme, puisqu'on doute sérieusement que cette harmonie multiethnique fasse partie de leurs desseins.
Contre la Valdaquie voisine qu'il exècre par-dessus tout, et contre le Karmalistan probablement toujours considéré comme le "seul pays musulman du Monde", l’État de Cybistrie croyait pouvoir se mettre le Kars dans la poche, en misant sur l'hypothèse que ce royaume jouerait le rôle d'une Hachémanie 2.0, une sorte "d'État harki" pétrolier, musulman sur papier, anti-musulman de facto. Cela tant contre le très fantasmé "péril islamique karmali" (crainte irrationnelle et dénuée de toute crédibilité depuis la victoire de la gauche et le renforcement des pouvoirs de la reine à Karagol en 2037), que contre l'hégémonisme valdaque, érigé en menace prioritaire, cela avant-même qu'Albarea ne l'accuse -à juste titre- de suivre aveuglément les injonctions de Carthagina.
Seulement voilà, les Karsais sont musulmans : ils n'accepteront pas que le Lébira, se faisant passer pour leur ami contre les dangereux "anti-occidentaux" (!) valdaques et karmalis, leur envoie une missive diplomatique insultant l'islam de "cancer" pour l'Humanité (NDLR : [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=334344#p334344]en référence à la missive diplomatique islamophobe envoyée par le Lébira à son allié hachémnien, sensé être musulman...![/url]), cela pour justifier leur alliance mutuelle.

Certains n'ont pas encore compris que la participation de pays musulmans à de grandes alliances anti-musulmanes est terminée.

Quelle position du Karmalistan dans ces nouveaux enjeux en Cérulée ?

La position très délicate du Karmalistan dans ces enjeux régionaux céruléens, est en effet des plus curieuses.
Nous avons d'un côté, la Ligue de Lébira, alliée du Commonwealth et proche des intérêts de l'Aurora, ayant en commun leur hostilité commune à la CND et à la politique valdaque. Informellement, comme par la force des choses, la très islamophobe Cybistrie fait partie de ce club.
De l'autre, nous avons la CND, dont la Valdaquie, également membre de l'Entente Tran-Touranienne, aux côtés du Kars et du Karmalistan. Ce dernier qui pourtant est un désormais "vieil" allié stratégique tant de l'Aurora que du Commonwealth !
Ce genre d'imbroglio géopolitique est un phénomène qui s'apprête à devenir de plus en plus courant au fil de la multiplication des traités diplomatiques se promettant "assistance militaire mutuelle" : il faudra bien s'y exercer en s'adaptant en fonction des intérêts et, espérons-le, de la justice ou de la paix.

Guerre improbable, paix impossible : assistera-t-on a une guerre commerciale entre l'Orient et l'Occident ?

Si une guerre commerciale éclate, elle ne relèvera pas de la responsabilité des NRS. Celles-ci ont pour fonction de connecter les marchés entre-eux et d'en développer la trajectoire elle-même, cela de façon à la fois décentralisée (liaisons par le bas) et coordonnée (d'où l'Entente Tran-Touranienne).
Notons qu'en matière d'anti-occidentalisme, à l'ETT, on a connu pire : la Valdaquie est membre de la CND, alliance "occidentale" par nature. Tandis que le Karmalistan est à peine moins ouvert sur le monde occidental (des accords diplomatiques et/ou commerciales existent avec le Caeturia, les Lorthon, l'Aurora, la Britonnie, le Berlim...). Même remarque avec le Kars, l'Estolie, et même le plus "oriental" Liang.

La guerre commerciale ne pourra être déclarée que par le Lébira, qui est assez puissant pour la mener en tant que première économie mondiale. Mais son utilité et ses prétextes ne pourront être que rigoureusement politiques.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

23 mars 2039
Shakhan'anjar

[center][img]https://i.imgur.com/O6kcLRW.png[/img]

Les trois vainqueurs de la Coupe du Monde : Valdaquie, Caeturia et Karmalistan[/center]

La Coupe du Monde s'est donc déroulée sous les meilleurs auspices pour s'achever sans aucun incident grave, cela malgré un contexte tendu entre séparatisme daharan et foyer insurrectionnel islamiste renaissant au Pradishar voisin (province du Sud-Est).
Trois pays s'y seront particulièrement distingués selon les facteurs : la Valdaquie, le Caeturia et le Karmalistan.

La coupe revient incontestablement au Caeturia. L'équipe olgarienne s'était lancée dans la compétition avec une certaine maladresse, en se retrouvant troisième de sa poule après son match nul avec l'Aurora et sa défaite contre... la Valdaquie, future finaliste ! et de loin la première de son groupe. Sa victoire 3-0 face au Sengaï, le plus faible de la poule, a permis au Caeturia d'accéder de justesse en huitièmes. Après cette performance moyenne, c'est la victoire face au Kars qui lui a redonné confiance. Néanmoins, la malédiction se poursuit aux quatrièmes de finale : l'excellent Valaryan, vainqueur du Txile, du Livimaa et bien-sûr malheureusement, du Karmalistan, lui oppose une farouche résistance, au point que l'égalité aux 90 minutes réglementaires les oblige à une prolongation de 30 minutes, sans succès là aussi. C'est donc seulement lors des tirs au but que le Caeturia l'emporte grâce au raté d'un valaryan épuisé. La victoire écrasante face à un Teikoku plus faible, n'inspire guère plus de confiance face aux redoutables Tricolorii, de loin les meilleurs en terme de résultat. Invaincus, le parcours des valdaques est resté sans faute tout le long de la compétition, écrasant tour à tour parmi les plus grands des favoris : Dearmad, Vasconie et l'incroyable Ennis !
La finale est donc une surprise. Contre toute attente, les engrenages de la machine à buts Valdaque, la plus performante de la compétition, se sont bloquées.
En définitive, Caeturia qui a pris sa revanche sur la deuxième, et Valdaquie, cumulant les meilleurs résultats, sont les deux grands gagnants sportifs de cette Coupe du Monde 2039.

Le Karmalistan, écrasé lamentablement par la Vasconie lors du match d'ouverture (4-0), puis par le Valaryan en huitièmes (6-1 !), s'en sort finalement pas trop mal : pour une équipe considérée comme "très faible", à l'expérience et au financement plus qu'insuffisants, sa qualification aux huitièmes fut une incontestable surprise et bonne nouvelle. On peut considérer que l'objectif fut atteint, et cela est bien assez pour une population qui connait encore à peine ce sport.

Mais là n'est pas la principale victoire karmale.

Outre ce résultat sportif satisfaisant pour le pays, la victoire est aussi politique : aucun acte de terrorisme, aucun incident grave ou trouble sécuritaire ne vînt perturber la compétition. De ce fait, Mamta Shakhan a envoyé un signal fort tant à la province séparatiste qu'au reste du Monde : le pays, déjà parmi les plus importantes destinations touristiques du Monde (certes, surtout au Dahar), a montré sa capacité à garantir l'organisation d'une compétition internationale majeure en toute sûreté, y compris sur les sites potentiellement "sensibles" de Sanghar et de Tarobaïn.
Les dépenses, en rénovation d'infrastructures et sécuritaires furent naturellement énormes : mais les rentrées massives de devises étrangères et l'image renouvelée du pays, jusqu'alors ternie par les islamistes, la guerre civile larvée et le perpétuel conflit politique entre Karagol et Hyperabad, permettra à la reine karmale de retrouver confiance en elle, confortée dans sa politique audacieuse de développement social et économique.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

25 mars 2039
Shakhan'anjar

[center]L'Entente Trans-Touranienne...
ou les Nouvelles Routes du Cuivre


[img]https://i.imgur.com/9DBF6pL.jpg[/img][/center]

Le cuivre, n'est pas surnommé "l'or rouge" par seul besoin littéraire. Ce métal ductile jusqu'à la malléabilité, facile à désoxyder puis à recycler après usage, résistant à la corrosion marine et atmosphérique, est apprécié par l'Humain depuis des millénaires. Désormais indispensable à de nombreux alliages industriels, il doit sa réputation avant-tout à ses excellentes propriétés de conduction thermique et de conductivité électrique.

Sans compter les alliages qui absorbent à eux-seuls déjà une bonne partie de la demande mondiale, son usage direct s'étend aux secteurs suivants :
_ d'abord, surtout jadis, dans la bijouterie, les pièces de monnaie et les biens de consommation (ustensiles de cuisine, instruments de musique...)
_ compléments alimentaires et fongicides chimiques pour l'agriculture
mais aussi et surtout :
_ équipements électriques et électroniques (20% de teneur en cuivre en moyenne !)
_ réseaux câblés, microprocesseurs et batteries dans les télécommunications
_ construction de bâtiments avec radiateurs et échangeurs de chaleur, tuyauterie d'eau, toitures... plus œuvres architecturales (statues...)
_ construction navale (grâce à son exceptionnelle résistance anti-corrosion)
_ transports avec réservoirs et refroidisseurs d'huile, hélices et divers composants électro-mécaniques,
_ machines-outils et produits d'équipement (telles que les plateformes pétrolières).

Et bien-sûr la liste est non-exhaustive.

Pour couronner le tout, notons que les circuits intégrés et circuits imprimés, indispensables au secteur de l'informatique, tendent tous à délaisser l'aluminium (bauxite) au profit du métal rouge, cela en raison de sa conductivité électrique nettement supérieure. Seule l'argent dispose de propriété supérieure, mais son extrême rareté sur Terre en tant que métal précieux empêche toute généralisation de son usage industriel.
Aussi les concepteurs des composants d'ordinateurs tels que les circuits mentionnés ainsi que les processeurs au Karmalistan, opteront sans surprise pour ce métal présent en abondance dans son sous-sol.

Et justement, cette année, le Karmalistan, membre de l'Entente Trans-Touranienne (ETT), est devenu le premier producteur mensuel de cuivre, dépassant l'ancien leader valdaque, également membre de l'ETT.
Qui plus est, le partenariat signé entre l'ancien leader mondial Alpva (société valdaque qui fit la fortune de l'actuel dirigeant Ursachi) et ShirkatSafar, l'autre géant du cuivre côté karmal, a permis à ces deux sociétés de bâtir l'un des plus puissants duopoles miniers de la planète, assurant à eux seuls, 61% de la production mondiale d'or rouge.
Mais à y regarder de plus près, l'hégémonie ne s'arrête pas là : le Liang et le Kars, précisément les deux autres membres actifs de l'ETT, sont respectivement troisième et quatrième dans le classement, pesant 12% des extractions cupriques chacun. Ainsi ce nouveau "petit quart" combiné s'ajoute aux deux "tiers" précédents : de fait, 85% du cuivre extrait dans le monde provient de la seule Entente Trans-Touranienne, l'organisation internationale des Nouvelles Routes de la Soie.

D'ici la fin de l'année, on estime que la production de cuivre sera ainsi répartie comme suit :

[img]https://i.imgur.com/Dbui4RJ.png[/img]

Ce monopole absolu détenu par l'ETT nous amène à l'explication du titre : faudrait-il renommer le surnom de l'entente en "Nouvelles Routes du Cuivre" ?
D'autant que peu d'autres ressources sont sujettes à une telle hégémonie du côté de l'ETT :
[spoiler="Part de la production de ressources de l ETT dans le Monde"]
Pétrole : 38%
Gaz : 10%
Charbon : 16%
Or : 3%
Fer et Acier : 54%
Cuivre : 85%

Argent : 14%
Diamant : 20%
Platine : 61%
Zinc : 20%
Phosphates : 13%
Titane : 43%
Coltan : 4%
Manganèse : 13%
Uranium : 52%[/spoiler]

Si la part de la production s'élève à 85%, celle des exportations provenant de l'ETT avoisinera très certainement la quasi-totalité des échanges mondiaux de cuivre : malgré sa (très faible) production, le Txile déjà grande puissance économique et donc gros consommateur, est obligé d'en importer. Le Sengaï produit peu et est renfermé sur lui-même... tout comme l'enclavé Gänsernberg. Seul le Caeturia industrialisé et déjà lui-même gros consommateur, peut rivaliser... à son échelle, soit avec un potentiel d'exportation estimé à 5%...

A cela il n'y a aucun doute : de nos jours, ce n'est plus la soie qui symbolisera par excellence les échanges multiformes de la Touranie, mais bien le précieux conducteur rouge.

Finalement, dans le sillage de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352027#p352027]cet article santognais de qualité[/url] synthétisant ce phénomène de dépendance de certains États envers des sociétés uniques, la puissance commerciale de l'ETT pourrait reposer, du moins symboliquement (et donc, politiquement ?) sur le redoutable duopole Alpva-Safar.

[center][img]https://i.imgur.com/Qi42cXq.png[/img]
La mine de cuivre de Marghilan, dans l'Ata-Tau (Karmalistan) ; l'une des plus grandes du Monde[/center]
Répondre

Retourner vers « Karmalistan »