Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]
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Zaldora
[justify]Écrits privés et secrets.
2 janvier 2039,
[center][img]https://i.imgur.com/7aYZ2qt.jpg?1[/img][/center]
Il nous semble que seul l'évêché de Jensgård soit, comme le reste du monde, passé à la nouvelle sainte année au 1er janvier. Le reste des diocèses et paroisses de ce pays (Thorval) l'ont fait ou le feront à la Nativité de Jésus Christ, à Pâques, à l'Annonciation, à la Pentecôte, à la Saint Jean, à la Nativité de Marie, à l'Assomption de Marie, etc. Le royaume, cette terre carnavalesque emprunte de Foi, de surnaturel, de magie, de légendes merveilleuses et d'incertitudes, s'est une année encore perdue dans le tourbillon des luttes privées à la fois féodales et claniques. A la ville, les merciers ont continué à s'enrichir et à maltraiter les artisans, pendant que les mendiants de la Cité ne survivaient que par la charité. Nous l'avons vu, le Thorval erre dans la désunion et connait un constant parfum de guerre civile. Il y règne la violence physique dans ce qu'elle a de plus primitive et barbare. En un sens, cette propension à la querelle et au conflit sans fin est propre à l'Enfer où les démons se jalousent, se haïssent et se battent entre eux. Néanmoins, l’Espérance brille et le Saint Esprit souffle malgré tout en ce pays : beaucoup de thorvalois ont Foi en Dieu et, conscient de leurs péchés s'en repentent et s'amendent par les bonnes œuvres. L'horizon indépassable demeure la Hierosolyme céleste.
Au contraire, ailleurs dans le monde, en particulier dans l'Occident, les sociétés sont apaisées. La politique s'y réalise par la discussion, le débat et le consensus. Les gens sont civilisés, polis, éduqués, raisonnables, propres et bienveillants. Du moins, c'est l'image que l'on s'en fait. Si la violence physique ne marque plus ces sociétés, il s'y déroule quelque chose de pire et sourd : la violence symbolique, morale et spirituelle. Dieu a disparu de tous les discours et les pensées. La créature n'en a plus besoin et croit se sauver de ses propres forces. Et pour ceux auxquels restent un brin de foi, le Père n'est plus qu'une entité spirituelle transcendantale et lointaine n'intervenant pas dans le monde des hommes. L'immanence, elle, appartiendrait plutôt à la Nature, à la Main Invisible ou à l'Histoire. L'horizon indépassable des sociétés modernes est le domaine du sensible.
Au final, entre deux modèles très imparfaits et que tout opposent, quel est le pire ?
[center]Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut perdre l'âme et le corps dans la géhenne., Saint Mathieu 10:28[/center]
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]
2 janvier 2039,
[center][img]https://i.imgur.com/7aYZ2qt.jpg?1[/img][/center]
Il nous semble que seul l'évêché de Jensgård soit, comme le reste du monde, passé à la nouvelle sainte année au 1er janvier. Le reste des diocèses et paroisses de ce pays (Thorval) l'ont fait ou le feront à la Nativité de Jésus Christ, à Pâques, à l'Annonciation, à la Pentecôte, à la Saint Jean, à la Nativité de Marie, à l'Assomption de Marie, etc. Le royaume, cette terre carnavalesque emprunte de Foi, de surnaturel, de magie, de légendes merveilleuses et d'incertitudes, s'est une année encore perdue dans le tourbillon des luttes privées à la fois féodales et claniques. A la ville, les merciers ont continué à s'enrichir et à maltraiter les artisans, pendant que les mendiants de la Cité ne survivaient que par la charité. Nous l'avons vu, le Thorval erre dans la désunion et connait un constant parfum de guerre civile. Il y règne la violence physique dans ce qu'elle a de plus primitive et barbare. En un sens, cette propension à la querelle et au conflit sans fin est propre à l'Enfer où les démons se jalousent, se haïssent et se battent entre eux. Néanmoins, l’Espérance brille et le Saint Esprit souffle malgré tout en ce pays : beaucoup de thorvalois ont Foi en Dieu et, conscient de leurs péchés s'en repentent et s'amendent par les bonnes œuvres. L'horizon indépassable demeure la Hierosolyme céleste.
Au contraire, ailleurs dans le monde, en particulier dans l'Occident, les sociétés sont apaisées. La politique s'y réalise par la discussion, le débat et le consensus. Les gens sont civilisés, polis, éduqués, raisonnables, propres et bienveillants. Du moins, c'est l'image que l'on s'en fait. Si la violence physique ne marque plus ces sociétés, il s'y déroule quelque chose de pire et sourd : la violence symbolique, morale et spirituelle. Dieu a disparu de tous les discours et les pensées. La créature n'en a plus besoin et croit se sauver de ses propres forces. Et pour ceux auxquels restent un brin de foi, le Père n'est plus qu'une entité spirituelle transcendantale et lointaine n'intervenant pas dans le monde des hommes. L'immanence, elle, appartiendrait plutôt à la Nature, à la Main Invisible ou à l'Histoire. L'horizon indépassable des sociétés modernes est le domaine du sensible.
Au final, entre deux modèles très imparfaits et que tout opposent, quel est le pire ?
[center]Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut perdre l'âme et le corps dans la géhenne., Saint Mathieu 10:28[/center]
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]
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Zaldora
[justify]Bêtises linguistiques.
6 janvier 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/18/b282.png[/img]
Thorval : une charrue au milieu d'un chemin dans le Smyriland.[/center]
Labourer est une noble tâche, la plus belle avec les semailles et les parcours pastoraux. Gratter le sol est beau sauf si l'on tracte la charrue avec une machine. Là, le geste devient un viol pur et simple du sol. Seuls les citadins imbus de modernité ne sont pas d'accords, croyant faire pousser des salades en papier sur les toits ou imprimer du pain crée par algorithme dans le cloud. Tout pays qui abandonne ses paysans et ses campagnes meurt...
Labourer
Plog (Jernlandais)
Plógur (Dearmoìs et Modurmal)
Plov (Vonalyen et Jensgårdois)
Plógr, Plógar, Plógerr, Plógir etc, selon les dialectes (Vieux-thorvalois)
Plōgaz (Proto-Töttern)
Pflug (Töttern)
Pleuch (Scots)
Plough (Briton)[/justify]
6 janvier 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/18/b282.png[/img]
Thorval : une charrue au milieu d'un chemin dans le Smyriland.[/center]
Labourer est une noble tâche, la plus belle avec les semailles et les parcours pastoraux. Gratter le sol est beau sauf si l'on tracte la charrue avec une machine. Là, le geste devient un viol pur et simple du sol. Seuls les citadins imbus de modernité ne sont pas d'accords, croyant faire pousser des salades en papier sur les toits ou imprimer du pain crée par algorithme dans le cloud. Tout pays qui abandonne ses paysans et ses campagnes meurt...
Labourer
Plog (Jernlandais)
Plógur (Dearmoìs et Modurmal)
Plov (Vonalyen et Jensgårdois)
Plógr, Plógar, Plógerr, Plógir etc, selon les dialectes (Vieux-thorvalois)
Plōgaz (Proto-Töttern)
Pflug (Töttern)
Pleuch (Scots)
Plough (Briton)[/justify]
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Zaldora
[justify]Au pays des Faides légitimes.
8 janvier 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/18/rthk.png[/img]
Deux hommes de la piétaille se préparant à la Faide,
cet automne dans l'Holrland.[/center]
Il ne faut pas croire que le principe de la Faide – guerre privée ou vengeance – soit perçu comme tragique et regrettable. Au contraire, le grand nombre l'a voit comme un moyen légitime de régler les querelles familiales et faire avancer ses ambitions politiques. L'Église n'est pas d'accord mais elle est très impuissante à imposer son avis sur la question, étant même parfois prise pour cible lors des combats, menant à des dizaines d’excommunication. Alors que feu le royaume de Slovianie se morfondait de connaitre trois ou quatre guerres privées dans l'année, au Thorval, ces luttes se chiffrent en plusieurs centaines, voir un millier. Cependant, il ne faut pas y voir de grandes batailles rangées en rase campagne avec des centaines d'hommes montant à l'assaut des murailles, pas plus de dix affrontements de ce genre ne se déroulent dans l'année. L'immense majorité se compose de petites guerres localisées et très diffuses, opposant quelques chevaliers, hommes à pieds ou archers. Escarmouches, coups de main, incendies, razzias, destruction de places fortes, prises d'otage, rançons, assassinats, etc. Si les faides sont nombreuses et diverses, leurs causes peuvent toutefois se résumer en grandes catégories :
Les terres (35%)
Une ou des femmes (33%)
L'honneur bafoué (31%)
Autres (1%)
[/justify]
8 janvier 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/18/rthk.png[/img]
Deux hommes de la piétaille se préparant à la Faide,
cet automne dans l'Holrland.[/center]
Il ne faut pas croire que le principe de la Faide – guerre privée ou vengeance – soit perçu comme tragique et regrettable. Au contraire, le grand nombre l'a voit comme un moyen légitime de régler les querelles familiales et faire avancer ses ambitions politiques. L'Église n'est pas d'accord mais elle est très impuissante à imposer son avis sur la question, étant même parfois prise pour cible lors des combats, menant à des dizaines d’excommunication. Alors que feu le royaume de Slovianie se morfondait de connaitre trois ou quatre guerres privées dans l'année, au Thorval, ces luttes se chiffrent en plusieurs centaines, voir un millier. Cependant, il ne faut pas y voir de grandes batailles rangées en rase campagne avec des centaines d'hommes montant à l'assaut des murailles, pas plus de dix affrontements de ce genre ne se déroulent dans l'année. L'immense majorité se compose de petites guerres localisées et très diffuses, opposant quelques chevaliers, hommes à pieds ou archers. Escarmouches, coups de main, incendies, razzias, destruction de places fortes, prises d'otage, rançons, assassinats, etc. Si les faides sont nombreuses et diverses, leurs causes peuvent toutefois se résumer en grandes catégories :
Les terres (35%)
Une ou des femmes (33%)
L'honneur bafoué (31%)
Autres (1%)
[/justify]
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Tiunterof
[center]Ek koma. (2)[/center]
Suite de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349660#p349660]ce RP.[/url]
[spoiler=Vocabulaire]
Huitzilopochtli : "Le colibri de l'ouest", et "le guerrier ressucité". Dieu Tlaloctlictec de la guerre.
Macahuitl : Épée de bois bordée de lames tranchantes d'obsidienne.[/spoiler]
Le trajet jusqu'à Jensgård avait été particulièrement long. Son avion avait eu du retard et une fois arrivé à Skjarlorg il avait du attendre trois jours. Les bateaux acceptant d'amener des passagers du Vonalya au Thorval n'étaient pas si nombreux et il avait raté celui qu'il avait prévu de prendre. Heureusement pour lui que le Vonalyan ressemblait au Jensgårdois dont il avait appris quelques mots.
Iztli avait eu beaucoup de mal à trouver un professeur capable de lui apprendre l'un des dialectes Throvalois, lorsqu'il était encore au Tlaloctlitlal. D'autant qu'il avait pris soins de se renseigner sur les multiples particularismes linguistiques régionaux histoire de ne pas être complètement démunis si jamais il rencontrait un indigène parlant un quelconque patois plus original que les autres.
Toujours est-il que les quelques formules de politesses Jensgårgoises qu'il avait appris en plus de tout le reste lui avaient permis de communiquer avec les travailleurs portuaires de Skjarlorg, avec force gestes et mimes. Cela n'avait cependant pas été de tout repos d'autant qu'avec toutes les connaissances qu'il avait du absorber il lui arrivait souvent de confondre différentes notions trop proches.
Après une courte nuit à Jensgård, Iztli s'était mis en route pour le Frielandet. Il avait vaguement entendu des locaux évoquer une bande de brigands à la frontière avec les terres royales qui auraient apparemment volé plusieurs bêtes dans les villages voisins. Ou pas, il n'était pas sûr d'avoir bien compris, enfin, il fallait bien se lancer à un moment.
Son court passage en ville lui fit tout de même un drôle d'effet. Tout le monde le regardait bizarrement, mais il s'y était attendu. Pour ne pas trop attirer l'attention cela dit, il avait échangé quelques breloques contre une chemise de lin, des culottes de laine et une blouse à manche longue pour remplacer ses vêtements modernes. Il s'était également fait acquéreur de gants et d'une cape de fourrure à l'odeur de vieux grenier poussiéreux mais qui lui seraient fort utiles s'il devait dormir à la belle étoile. On n'était encore qu'en Janvier et le temps risquait de ne pas être particulièrement clément.
Dans l'auberge Jensgårdoise où il avait passé la nuit, il avait également pu remarquer que ses vêtements n'étaient clairement pas la seule chose qui intriguait les autochtones. Il avait passé la soirée dans la salle commune et plus ou moins tout le monde avait eu le regard posé sur lui. Il n'avait pas entendu grand chose des chuchotements que les gens s'échangeaient mais il se doutait de la teneur de leurs messes basses. À un moment, un grand blond barbu, archétype parfait du Thorvalois, assis à une table près de la sienne avec d'autres hommes d'apparence rustique, s'était même penché sur sa chaise pour toucher les cheveux noirs et lisses d'Iztli, qu'il portait noués derrière la tête. L'incident aurait vite pu partir en bagarre mais étrangement les nordiques n'avaient pas particulièrement réagis aux vociférations du Tlaloctlictec. L'un d'eux s'était signé, laissant Iztli croire que les malotrus craignaient sans doute qu'il leur jette un sort s'ils venaient à se quereller.
Ainsi donc, Iztli se retrouvait sur les routes, à pieds, n'ayant pas pour l'instant le besoin ou les moyens de se procurer une monture. D'autant qu'il n'était jamais monté sur un cheval, l'équitation ne faisant absolument pas partie des mœurs Tlaloctlictecs.
Cette petite randonnée, sur une route mal entretenue, était tout de même plaisante. Le paysage était très différent de ce dont il avait l'habitude, lui qui habitait à l'ouest du Necuiltonoloya, avec son grand soleil, ses plages de sable fins et ses eaux claires. Le nord ouest du Thorval avait son propre charme, un peu plus rugueux et frais, mais quand même attrayant.
Iztli fut cependant tiré de ses rêveries par des bruits de sabots à sa droite. Deux cavaliers venaient de surgir des bois, armes à la main. L'un d'eux portait une lance, et l'autre une grossière hache à la main gauche.
- Hâlte là ! S'écria le lancier. Du moins Iztli s'imaginait que c'était ce qu'il disait au vu de la situation.
Il ne faisait aucun doute que ces deux là étaient des brigands, le Tlaloctlictec dégaina son macahuitl. Il s'ennuyait dans son pays et voulait de l'action ? Il allait être servi !
- Reiða le vostre gull ! S'exclama le second. Sans doute en voulaient-ils à son or.
Comme beaucoup de Tlaloctlictecs, Iztli portait quelques bijoux faits dans ce matériaux que les occidentaux aimaient tant. Mais il n'avait conservé que l'un de ses bracelets sur son biceps droit qu'il gardait bien caché sous ses vêtements. Difficilement, il répondit.
- Je n'ai point de choses... Rien de bien pour, heu... Rien de bien pour prendre.
Sans surprise, les bandits ne le crurent pas et le menacèrent de manière plus ou moins compréhensible. Il entendit plusieurs fois le mot brúnn, le laissant croire que ces sauvages raillaient son apparence.
Voyant que leur victime ne réagissait pas, les brigands se mirent à s'énerver. Iztli doutait de pouvoir se débarrasser d'eux à lui tout seul, mais une idée lui vint.
De la main gauche, il retira le collier qu'il portait au cou, représentant le visage grimaçant de Huitzilopochtli. D'une voix puissante il hurla tout ce qui lui venait à l'esprit en Tlaloctlictec, invitant notamment les deux inconnus à aller se faire cuir le cul, avant de leur cracher dessus.
L'homme portant une hache réagit comme prévu et fit immédiatement faire volte-face à sa monture, l'air effrayé par cet homme étrange aux breloques sataniques.
Moins affecté par ce que son compagnon avait interprété comme des malédictions, le lancier fonça sur Iztli. Laissant tomber son médaillon dans la poussière, le Tlaloctlictec eut à peine le temps de s'esquiver alors que le cavalier le dépassait, sa lance sifflant à quelques centimètres de son visage.
Le Thorvalois ralentit sa monture et se retourna vers l'étranger. Tous deux s'observèrent un instant, jaugeant l'autre. Iztli avait une idée mais il allait falloir agir avec toute la vitesse dont il était capable.
Repartant à l'assaut, le nordique talonna son cheval et pointa sa lance vers l'ennemi. Celui-ci posa son arme par terre puis resta immobile durant un instant, se tenant près à agir. Puis, lorsque l'arme fut sur le point de l'atteindre, il s'écarta juste assez pour qu'elle ne le transperce pas et saisit la hampe à pleines mains.
Le voleur, fortement agrippé à son arme, fut brusquement stoppé dans son élan, contrairement à son cheval lancé au galop. Il chuta donc de sa selle avec un cri, lâchant son arme dans la confusion.
Le choc avait été rude pour Iztli aussi, mais il était toujours debout et s'empressa de jeter la lance au loin, se félicitant au passage d'avoir eu la présence d'esprit d'acheter ces épais gants de fourrure.
Reprenant son macahuitl, il vint se poster près du brigand, encore sonné. Posant délicatement l'une des lames d'obsidienne sur sa gorge offerte. Une fois revenu à lui, le Thorvalois se pétrifia en sentant l'arme sur sa peau, et en voyant les yeux de jais de son adversaire planté sans les siens.
Iztli n'avait jamais tué personne et n'était pas pressé de commencer. Maintenant qu'il était plus près il voyait que le voleur qui l'avait agressé avait l'air à peine sorti de l'adolescence. Et l'odeur d'urine qui lui monta a nez lui fit se dire que le gamin avait sans doute compris la leçon pour l'instant.
Après avoir chassé le morveux à coup de pieds, qui s'enfuit en courant sans prendre la peine de partir chercher son arme, visiblement bien content d'avoir échappé à ce démon venu de loin, Iztli ramassa le collier qu'il avait jeté un peu plus tôt et se remis en route.
Oui, en effet, ce pays avait son charme. Il allait se plaire ici.
Suite de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349660#p349660]ce RP.[/url]
[spoiler=Vocabulaire]
Huitzilopochtli : "Le colibri de l'ouest", et "le guerrier ressucité". Dieu Tlaloctlictec de la guerre.
Macahuitl : Épée de bois bordée de lames tranchantes d'obsidienne.[/spoiler]
Le trajet jusqu'à Jensgård avait été particulièrement long. Son avion avait eu du retard et une fois arrivé à Skjarlorg il avait du attendre trois jours. Les bateaux acceptant d'amener des passagers du Vonalya au Thorval n'étaient pas si nombreux et il avait raté celui qu'il avait prévu de prendre. Heureusement pour lui que le Vonalyan ressemblait au Jensgårdois dont il avait appris quelques mots.
Iztli avait eu beaucoup de mal à trouver un professeur capable de lui apprendre l'un des dialectes Throvalois, lorsqu'il était encore au Tlaloctlitlal. D'autant qu'il avait pris soins de se renseigner sur les multiples particularismes linguistiques régionaux histoire de ne pas être complètement démunis si jamais il rencontrait un indigène parlant un quelconque patois plus original que les autres.
Toujours est-il que les quelques formules de politesses Jensgårgoises qu'il avait appris en plus de tout le reste lui avaient permis de communiquer avec les travailleurs portuaires de Skjarlorg, avec force gestes et mimes. Cela n'avait cependant pas été de tout repos d'autant qu'avec toutes les connaissances qu'il avait du absorber il lui arrivait souvent de confondre différentes notions trop proches.
Après une courte nuit à Jensgård, Iztli s'était mis en route pour le Frielandet. Il avait vaguement entendu des locaux évoquer une bande de brigands à la frontière avec les terres royales qui auraient apparemment volé plusieurs bêtes dans les villages voisins. Ou pas, il n'était pas sûr d'avoir bien compris, enfin, il fallait bien se lancer à un moment.
Son court passage en ville lui fit tout de même un drôle d'effet. Tout le monde le regardait bizarrement, mais il s'y était attendu. Pour ne pas trop attirer l'attention cela dit, il avait échangé quelques breloques contre une chemise de lin, des culottes de laine et une blouse à manche longue pour remplacer ses vêtements modernes. Il s'était également fait acquéreur de gants et d'une cape de fourrure à l'odeur de vieux grenier poussiéreux mais qui lui seraient fort utiles s'il devait dormir à la belle étoile. On n'était encore qu'en Janvier et le temps risquait de ne pas être particulièrement clément.
Dans l'auberge Jensgårdoise où il avait passé la nuit, il avait également pu remarquer que ses vêtements n'étaient clairement pas la seule chose qui intriguait les autochtones. Il avait passé la soirée dans la salle commune et plus ou moins tout le monde avait eu le regard posé sur lui. Il n'avait pas entendu grand chose des chuchotements que les gens s'échangeaient mais il se doutait de la teneur de leurs messes basses. À un moment, un grand blond barbu, archétype parfait du Thorvalois, assis à une table près de la sienne avec d'autres hommes d'apparence rustique, s'était même penché sur sa chaise pour toucher les cheveux noirs et lisses d'Iztli, qu'il portait noués derrière la tête. L'incident aurait vite pu partir en bagarre mais étrangement les nordiques n'avaient pas particulièrement réagis aux vociférations du Tlaloctlictec. L'un d'eux s'était signé, laissant Iztli croire que les malotrus craignaient sans doute qu'il leur jette un sort s'ils venaient à se quereller.
Ainsi donc, Iztli se retrouvait sur les routes, à pieds, n'ayant pas pour l'instant le besoin ou les moyens de se procurer une monture. D'autant qu'il n'était jamais monté sur un cheval, l'équitation ne faisant absolument pas partie des mœurs Tlaloctlictecs.
Cette petite randonnée, sur une route mal entretenue, était tout de même plaisante. Le paysage était très différent de ce dont il avait l'habitude, lui qui habitait à l'ouest du Necuiltonoloya, avec son grand soleil, ses plages de sable fins et ses eaux claires. Le nord ouest du Thorval avait son propre charme, un peu plus rugueux et frais, mais quand même attrayant.
Iztli fut cependant tiré de ses rêveries par des bruits de sabots à sa droite. Deux cavaliers venaient de surgir des bois, armes à la main. L'un d'eux portait une lance, et l'autre une grossière hache à la main gauche.
- Hâlte là ! S'écria le lancier. Du moins Iztli s'imaginait que c'était ce qu'il disait au vu de la situation.
Il ne faisait aucun doute que ces deux là étaient des brigands, le Tlaloctlictec dégaina son macahuitl. Il s'ennuyait dans son pays et voulait de l'action ? Il allait être servi !
- Reiða le vostre gull ! S'exclama le second. Sans doute en voulaient-ils à son or.
Comme beaucoup de Tlaloctlictecs, Iztli portait quelques bijoux faits dans ce matériaux que les occidentaux aimaient tant. Mais il n'avait conservé que l'un de ses bracelets sur son biceps droit qu'il gardait bien caché sous ses vêtements. Difficilement, il répondit.
- Je n'ai point de choses... Rien de bien pour, heu... Rien de bien pour prendre.
Sans surprise, les bandits ne le crurent pas et le menacèrent de manière plus ou moins compréhensible. Il entendit plusieurs fois le mot brúnn, le laissant croire que ces sauvages raillaient son apparence.
Voyant que leur victime ne réagissait pas, les brigands se mirent à s'énerver. Iztli doutait de pouvoir se débarrasser d'eux à lui tout seul, mais une idée lui vint.
De la main gauche, il retira le collier qu'il portait au cou, représentant le visage grimaçant de Huitzilopochtli. D'une voix puissante il hurla tout ce qui lui venait à l'esprit en Tlaloctlictec, invitant notamment les deux inconnus à aller se faire cuir le cul, avant de leur cracher dessus.
L'homme portant une hache réagit comme prévu et fit immédiatement faire volte-face à sa monture, l'air effrayé par cet homme étrange aux breloques sataniques.
Moins affecté par ce que son compagnon avait interprété comme des malédictions, le lancier fonça sur Iztli. Laissant tomber son médaillon dans la poussière, le Tlaloctlictec eut à peine le temps de s'esquiver alors que le cavalier le dépassait, sa lance sifflant à quelques centimètres de son visage.
Le Thorvalois ralentit sa monture et se retourna vers l'étranger. Tous deux s'observèrent un instant, jaugeant l'autre. Iztli avait une idée mais il allait falloir agir avec toute la vitesse dont il était capable.
Repartant à l'assaut, le nordique talonna son cheval et pointa sa lance vers l'ennemi. Celui-ci posa son arme par terre puis resta immobile durant un instant, se tenant près à agir. Puis, lorsque l'arme fut sur le point de l'atteindre, il s'écarta juste assez pour qu'elle ne le transperce pas et saisit la hampe à pleines mains.
Le voleur, fortement agrippé à son arme, fut brusquement stoppé dans son élan, contrairement à son cheval lancé au galop. Il chuta donc de sa selle avec un cri, lâchant son arme dans la confusion.
Le choc avait été rude pour Iztli aussi, mais il était toujours debout et s'empressa de jeter la lance au loin, se félicitant au passage d'avoir eu la présence d'esprit d'acheter ces épais gants de fourrure.
Reprenant son macahuitl, il vint se poster près du brigand, encore sonné. Posant délicatement l'une des lames d'obsidienne sur sa gorge offerte. Une fois revenu à lui, le Thorvalois se pétrifia en sentant l'arme sur sa peau, et en voyant les yeux de jais de son adversaire planté sans les siens.
Iztli n'avait jamais tué personne et n'était pas pressé de commencer. Maintenant qu'il était plus près il voyait que le voleur qui l'avait agressé avait l'air à peine sorti de l'adolescence. Et l'odeur d'urine qui lui monta a nez lui fit se dire que le gamin avait sans doute compris la leçon pour l'instant.
Après avoir chassé le morveux à coup de pieds, qui s'enfuit en courant sans prendre la peine de partir chercher son arme, visiblement bien content d'avoir échappé à ce démon venu de loin, Iztli ramassa le collier qu'il avait jeté un peu plus tôt et se remis en route.
Oui, en effet, ce pays avait son charme. Il allait se plaire ici.
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Zaldora
[justify]Audience publique.
23 janvier 2039,
Un messager de l'Université de Jensgård avait effectué un long périple jusqu'au Teitrland afin de remettre à Frueborg une lettre politique. Le pli en surprit plus d'un dans le clan de Marie : un écu soutenu par deux sirènes, flanqué d'un... quel type d'ange était-ce ? Un séraphin ? Uural ja Liivimaa... le nom faisait penser à une monarchie des confins orientaux de la Dytolie, voir des steppes glaciales de la Natolique. Était-ce un voisin du Royaume des Valvatides formé en 1612 ? Que désirait la cheftaine Karoliina Ivova Velichkova von Tengmalm ? Autant de questions sans réponse. Pour éclairer sa lanterne, Marie III convoqua l'ambassadeur du Jernland dans la Grand'Salle, Erik Vindheim.
[center][img]https://zupimages.net/up/19/19/qbnu.png[/img]
L'ambassadeur Jernlandais[/center]
Ce dernier se montra en habits convenables. En l'espace de quelques mois, il s'était littéralement fondu dans la culture et les mœurs locales, si bien que certains au sein du clan le prenaient pour un espion et ne manquaient pas de le susurrer à l'oreille de la Reine. L'homme était toutefois utile pour le moment. En effet, sa « sapience » sur le monde était grande et il ne se retint pas d'abreuver Marie de celle-ci sur l'Uural ja Liivimaa.
Erik Vindheim précisa que la Double Couronne était l'héritière récente du Royaume des Valvatides, connu localement comme le refuge antique des marchands, du judaïsme et de la Réforme élitiste (protestantisme). Il poursuivit en expliquant que la nouvelle monarchie s'appuyait sur l'identité ouralique bien qu'elle n'était pas très marquée : le mode de vie et les mœurs ressemblaient quand même assez fortement à ceux de l'Occident écrasé par la « Loy des Merciers » (mondialisation). Comme partout dans le monde, la vraie Foi y reculait inexorablement au profit du déisme ou de l’irréligion. L'ambassadeur mentionna ensuite l'importante ribauderie, organisée et encouragée. La chose marqua Marie : si des taverniers et des aubergistes locaux ne se gênaient pas pour transformer leur établissements en bordel, ils le faisaient en cachette et au péril de leur vie. Des dizaines d’œuvres de charité existaient pour sortir les femmes de ces misères. Comment l'Uural ja Liivimaa pouvait-il de son coté encouragé pareil commerce de la misère des femmes ? Afin de ne pas enfoncer le clou, Erik Vindheim passa outre le libertinage, le sado-masochisme, la subculture goth, steam-punk et cybergoth, sans quoi la Double Couronne serait définitivement passée pour satanique. L'homme tenta de rétablir un peu la balance en parlant du Culte des morts qui s'y pratiquait mais ce dernier était dans le fond bien différent de celui présent au Thorval. Au final, Marie demanda ce qu'il en était des banquiers : les avaient-on pendu ou chassé du pays ? Erik Vindheim secoua la tête et répondit que les usuriers avaient droit de cité en l'Uural ja Liivimaa.
Après une telle présentation, les choses ne partaient pas sous les meilleures auspices. Mais qui sait...[/justify]
23 janvier 2039,
Un messager de l'Université de Jensgård avait effectué un long périple jusqu'au Teitrland afin de remettre à Frueborg une lettre politique. Le pli en surprit plus d'un dans le clan de Marie : un écu soutenu par deux sirènes, flanqué d'un... quel type d'ange était-ce ? Un séraphin ? Uural ja Liivimaa... le nom faisait penser à une monarchie des confins orientaux de la Dytolie, voir des steppes glaciales de la Natolique. Était-ce un voisin du Royaume des Valvatides formé en 1612 ? Que désirait la cheftaine Karoliina Ivova Velichkova von Tengmalm ? Autant de questions sans réponse. Pour éclairer sa lanterne, Marie III convoqua l'ambassadeur du Jernland dans la Grand'Salle, Erik Vindheim.
[center][img]https://zupimages.net/up/19/19/qbnu.png[/img]
L'ambassadeur Jernlandais[/center]
Ce dernier se montra en habits convenables. En l'espace de quelques mois, il s'était littéralement fondu dans la culture et les mœurs locales, si bien que certains au sein du clan le prenaient pour un espion et ne manquaient pas de le susurrer à l'oreille de la Reine. L'homme était toutefois utile pour le moment. En effet, sa « sapience » sur le monde était grande et il ne se retint pas d'abreuver Marie de celle-ci sur l'Uural ja Liivimaa.
Erik Vindheim précisa que la Double Couronne était l'héritière récente du Royaume des Valvatides, connu localement comme le refuge antique des marchands, du judaïsme et de la Réforme élitiste (protestantisme). Il poursuivit en expliquant que la nouvelle monarchie s'appuyait sur l'identité ouralique bien qu'elle n'était pas très marquée : le mode de vie et les mœurs ressemblaient quand même assez fortement à ceux de l'Occident écrasé par la « Loy des Merciers » (mondialisation). Comme partout dans le monde, la vraie Foi y reculait inexorablement au profit du déisme ou de l’irréligion. L'ambassadeur mentionna ensuite l'importante ribauderie, organisée et encouragée. La chose marqua Marie : si des taverniers et des aubergistes locaux ne se gênaient pas pour transformer leur établissements en bordel, ils le faisaient en cachette et au péril de leur vie. Des dizaines d’œuvres de charité existaient pour sortir les femmes de ces misères. Comment l'Uural ja Liivimaa pouvait-il de son coté encouragé pareil commerce de la misère des femmes ? Afin de ne pas enfoncer le clou, Erik Vindheim passa outre le libertinage, le sado-masochisme, la subculture goth, steam-punk et cybergoth, sans quoi la Double Couronne serait définitivement passée pour satanique. L'homme tenta de rétablir un peu la balance en parlant du Culte des morts qui s'y pratiquait mais ce dernier était dans le fond bien différent de celui présent au Thorval. Au final, Marie demanda ce qu'il en était des banquiers : les avaient-on pendu ou chassé du pays ? Erik Vindheim secoua la tête et répondit que les usuriers avaient droit de cité en l'Uural ja Liivimaa.
Après une telle présentation, les choses ne partaient pas sous les meilleures auspices. Mais qui sait...[/justify]
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Zaldora
[justify]Justice de la Cité.
31 janvier 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/19/93ir.png[/img]
La prévôté municipale de Jensgård.[/center]
Les affaires judiciaires toujours en cours à la prévôté de Jensgård, jugements et condamnations par contumace :
[quote]An de Grâce 2036 : Ragnarr III pour 10 000 monnaies d'or en dete à le Monct-del-Pieste. Adroit : quarante coups de fouet et assaisinement del dosmaine d'Engegaard. Estat : arrestable.
An de Grâce 2037 : Marie III pour 3000 monnaies d'or en dete à le Monct-del-Pieste. Adroit : dix coups de fouet et assaisinement del chasteau Sainct-Olaf. Estat : arrestable.
An de Grâce 2037 : Jesper XII pour 400 monnaies d'or en dete à le Monct-del-Pieste. Adroit : cinq coups de fouet et assaisinement de cent chevaus. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Afvaldr pour larronnie à le mercier Erland. Adroit : dix coups de fouet et bannissement. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Dómarr pour desloyauté au négoce. Adroit : bannissement. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Siggeirr pour larronnie del beffroy. Adroit : bannissement. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Mikjáll pour murdrissement del bourgmestre. Adroit : pendaison. Estat : arrestable.[/quote]
[/justify]
31 janvier 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/19/93ir.png[/img]
La prévôté municipale de Jensgård.[/center]
Les affaires judiciaires toujours en cours à la prévôté de Jensgård, jugements et condamnations par contumace :
[quote]An de Grâce 2036 : Ragnarr III pour 10 000 monnaies d'or en dete à le Monct-del-Pieste. Adroit : quarante coups de fouet et assaisinement del dosmaine d'Engegaard. Estat : arrestable.
An de Grâce 2037 : Marie III pour 3000 monnaies d'or en dete à le Monct-del-Pieste. Adroit : dix coups de fouet et assaisinement del chasteau Sainct-Olaf. Estat : arrestable.
An de Grâce 2037 : Jesper XII pour 400 monnaies d'or en dete à le Monct-del-Pieste. Adroit : cinq coups de fouet et assaisinement de cent chevaus. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Afvaldr pour larronnie à le mercier Erland. Adroit : dix coups de fouet et bannissement. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Dómarr pour desloyauté au négoce. Adroit : bannissement. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Siggeirr pour larronnie del beffroy. Adroit : bannissement. Estat : arrestable.
An de Grâce 2038 : Mikjáll pour murdrissement del bourgmestre. Adroit : pendaison. Estat : arrestable.[/quote]
[/justify]
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Zaldora
[justify]Écrits privés et secrets (2).
12 février 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/20/zgq3.png[/img]
Une paysanne prise discrètement en photo
par l'auteur du texte.[/center]
Fut un temps où le cœur des sociétés se situait dans les campagnes. La vie des royaumes et des principautés défilaient au rythme des soubresauts de la Ruralité tandis que les cités, isolées, ne représentaient pas grand chose. De nos jours, dans une grande partie du monde, la tendance s'est radicalement inversée : les cités concentrent toutes les institutions d'importance. Elles monopolisent les vies politique, économique et culturelle. La majorité des gens vit en ville, adhère à sa mentalité, y a ses loisirs, ses histoires et y travaille, soit comme gratte-papiers de bureau, soit comme ouvriers dans les banlieues. Pendant ce temps, les campagnes sont aménagées au profit des métropoles. Les champs et les forêts sont recouvertes d'autoroutes, d'hypermarchés, d'usines, de piscines, de terrains de tennis, de résidences secondaires etc. Les ruraux qui subsistent n'en sont plus de vrais : la plupart sont citadins, assez aisés, avides d'imageries bucoliques, trop heureux d'y retrouver les avantages de la ville sans ses inconvénients. Les derniers qui travaillent encore la terre ne sont pas des paysans mais des agriculteurs qui épuisent les sols.
Ce tableau apocalyptique, où la campagne et les cultures paysannes disparaissent inexorablement sous les coups de boutoirs de l'urbanisme, n'est pas une fatalité, et encore moins l'évolution naturelle des sociétés, mais le résultat de choix politiques libres effectués il y a plus ou moins longtemps. En Occident chrétien, le basculement urbain s'amorça essentiellement au XIIIe quand les rois s'appuyèrent sur les bourgeoisies fidèles pour contrer des féodaux cavaliers. En pleine ascension, les bourgeoisies imposèrent peu à peu leurs valeurs et leurs vertus, jusqu'au primat de l'économie sur l'existence. Voilà pourquoi aujourd'hui, les gouvernements du monde n'ont d'yeux que pour améliorer le pouvoir d'achat, augmenter les échanges commerciaux (qui polluent beaucoup), stimuler la consommation et la croissance. Signe de déclin s'il en est...
En Dytolie, le Royaume de Thorval fut le seul à ne pas effectué le basculement urbain, faute de pouvoir central fort capable de l'imposer ou de l'encourager. Les guerres claniques inarrêtables n'aidèrent pas non plus. Toutefois, les suzerains de l'époque voulaient-ils réellement s'accoquiner à la ville ? Dès lors, face au triomphe continental du monde bourgeois et de ses sous-valeurs, l'isolement se révèlera peu à peu la seule solution, entrainant une vie figée, en vase clos, à la merci des puissants sauf à se tenir tranquille, c'est à dire ne pas avoir d'ambitions. Espérons un retournement de situation : la fin de la domination bourgeoise et la revanche des paysans partout !
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]
12 février 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/20/zgq3.png[/img]
Une paysanne prise discrètement en photo
par l'auteur du texte.[/center]
Fut un temps où le cœur des sociétés se situait dans les campagnes. La vie des royaumes et des principautés défilaient au rythme des soubresauts de la Ruralité tandis que les cités, isolées, ne représentaient pas grand chose. De nos jours, dans une grande partie du monde, la tendance s'est radicalement inversée : les cités concentrent toutes les institutions d'importance. Elles monopolisent les vies politique, économique et culturelle. La majorité des gens vit en ville, adhère à sa mentalité, y a ses loisirs, ses histoires et y travaille, soit comme gratte-papiers de bureau, soit comme ouvriers dans les banlieues. Pendant ce temps, les campagnes sont aménagées au profit des métropoles. Les champs et les forêts sont recouvertes d'autoroutes, d'hypermarchés, d'usines, de piscines, de terrains de tennis, de résidences secondaires etc. Les ruraux qui subsistent n'en sont plus de vrais : la plupart sont citadins, assez aisés, avides d'imageries bucoliques, trop heureux d'y retrouver les avantages de la ville sans ses inconvénients. Les derniers qui travaillent encore la terre ne sont pas des paysans mais des agriculteurs qui épuisent les sols.
Ce tableau apocalyptique, où la campagne et les cultures paysannes disparaissent inexorablement sous les coups de boutoirs de l'urbanisme, n'est pas une fatalité, et encore moins l'évolution naturelle des sociétés, mais le résultat de choix politiques libres effectués il y a plus ou moins longtemps. En Occident chrétien, le basculement urbain s'amorça essentiellement au XIIIe quand les rois s'appuyèrent sur les bourgeoisies fidèles pour contrer des féodaux cavaliers. En pleine ascension, les bourgeoisies imposèrent peu à peu leurs valeurs et leurs vertus, jusqu'au primat de l'économie sur l'existence. Voilà pourquoi aujourd'hui, les gouvernements du monde n'ont d'yeux que pour améliorer le pouvoir d'achat, augmenter les échanges commerciaux (qui polluent beaucoup), stimuler la consommation et la croissance. Signe de déclin s'il en est...
En Dytolie, le Royaume de Thorval fut le seul à ne pas effectué le basculement urbain, faute de pouvoir central fort capable de l'imposer ou de l'encourager. Les guerres claniques inarrêtables n'aidèrent pas non plus. Toutefois, les suzerains de l'époque voulaient-ils réellement s'accoquiner à la ville ? Dès lors, face au triomphe continental du monde bourgeois et de ses sous-valeurs, l'isolement se révèlera peu à peu la seule solution, entrainant une vie figée, en vase clos, à la merci des puissants sauf à se tenir tranquille, c'est à dire ne pas avoir d'ambitions. Espérons un retournement de situation : la fin de la domination bourgeoise et la revanche des paysans partout !
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]
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Zaldora
[justify]Chasse seigneuriale.
15 février 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/20/73e3.png[/img]
Un épieu, arme de grand gibier.[/center]
Les lueurs de l'aurore se révélaient à peine sur le château de Frueborg. Les gardes faisaient leurs rondes et presque tous le monde dormait encore. Pour sa part, Marie III était debout dans la cour enneigée, non loin des portes, avec un petit groupe. Celui-ci se composait de ses cousins Vímundr et Túmi, de son frère de lait Gerlef, de son capitaine Sören, de son mari Austmarr, de son petit écuyer Valdríkr et de quelques limiers. La Reine portait une cotte de maille sous laquelle venait un bliaud bleu de laine pour tenir chaud. La bande ne se préparait ni à une expédition punitive contre des brigands, ni à la guerre contre un seigneur ennemi, mais à attraper le repas du soir dans la forêt de Mórgárdr toute proche. L'exercice se fera à l'épieu, un type de chasse particulièrement périlleux dans la mesure où il offrait un combat presque au corps à corps entre la bête, ici un sanglier, et l'homme. La suzeraine espérait en embrocher au moins un. Le rôle des chiens n'était pas de faciliter la tâche mais de pousser les proies à combattre avec la dernière énergie. Aussi, les péripéties dans la lutte permettaient aux attaquants de mettre en relief leur bravoure et leur sang-froid. Pour Marie, une chasse comme celle-ci était aussi bien vivrière que politique. Valdríkr tenait l'épieu en ses mains pendant que la Reine enfilait ses gants en cuir d'agneau doublés d'une douce fourrure de louveteaux massacrés à l'automne. De quoi faire hurler les « vesganes » Santognais s'ils étaient encore là à vagabonder dans le royaume !
« Je vueil chacier icelui sengler avec ma Dame, dit l'écuyer d'un air penaud.
– Non point, répondit Marie, au devant se trove molt dangierz. Ti es trop juene anfant.
– Ma Dame est granment juefne aisi, pouvât estre la mienne grant' sor ! rétorqua le garçon avec audace mais respect.
– Bien dites, Valdríkr. Ti viegne mes avras a remanoir lès de mi, trancha la suzeraine.
– Mercet bielle gente dame ! Juré » sauta de joie le jeunot, tout ravis de partir dans le froid pour une chasse au combien dangereuse.
La troupe s'ébranla, passa les portes et entama à pied la descente de la colline. La forêt à gibier se trouvait à un lieue et demi au sud-ouest en suivant la rivière. [/justify]
15 février 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/20/73e3.png[/img]
Un épieu, arme de grand gibier.[/center]
Les lueurs de l'aurore se révélaient à peine sur le château de Frueborg. Les gardes faisaient leurs rondes et presque tous le monde dormait encore. Pour sa part, Marie III était debout dans la cour enneigée, non loin des portes, avec un petit groupe. Celui-ci se composait de ses cousins Vímundr et Túmi, de son frère de lait Gerlef, de son capitaine Sören, de son mari Austmarr, de son petit écuyer Valdríkr et de quelques limiers. La Reine portait une cotte de maille sous laquelle venait un bliaud bleu de laine pour tenir chaud. La bande ne se préparait ni à une expédition punitive contre des brigands, ni à la guerre contre un seigneur ennemi, mais à attraper le repas du soir dans la forêt de Mórgárdr toute proche. L'exercice se fera à l'épieu, un type de chasse particulièrement périlleux dans la mesure où il offrait un combat presque au corps à corps entre la bête, ici un sanglier, et l'homme. La suzeraine espérait en embrocher au moins un. Le rôle des chiens n'était pas de faciliter la tâche mais de pousser les proies à combattre avec la dernière énergie. Aussi, les péripéties dans la lutte permettaient aux attaquants de mettre en relief leur bravoure et leur sang-froid. Pour Marie, une chasse comme celle-ci était aussi bien vivrière que politique. Valdríkr tenait l'épieu en ses mains pendant que la Reine enfilait ses gants en cuir d'agneau doublés d'une douce fourrure de louveteaux massacrés à l'automne. De quoi faire hurler les « vesganes » Santognais s'ils étaient encore là à vagabonder dans le royaume !
« Je vueil chacier icelui sengler avec ma Dame, dit l'écuyer d'un air penaud.
– Non point, répondit Marie, au devant se trove molt dangierz. Ti es trop juene anfant.
– Ma Dame est granment juefne aisi, pouvât estre la mienne grant' sor ! rétorqua le garçon avec audace mais respect.
– Bien dites, Valdríkr. Ti viegne mes avras a remanoir lès de mi, trancha la suzeraine.
– Mercet bielle gente dame ! Juré » sauta de joie le jeunot, tout ravis de partir dans le froid pour une chasse au combien dangereuse.
La troupe s'ébranla, passa les portes et entama à pied la descente de la colline. La forêt à gibier se trouvait à un lieue et demi au sud-ouest en suivant la rivière. [/justify]
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Zaldora
[justify]Écrits privés et secrets (3).
28 février 2039,
[center][img]http://www.thelionstpauls.com/uploads/1/0/3/0/103061184/published/battle-black-blur-260024.jpg?1525099225[/img][/center]
Nous allons parler de la monarchie car c'est la notion sans doute la plus galvaudée au monde. En voici une définition basée sur l’étymologie : mono « seul » et arke « pouvoir », renvoyant à l'incarnation du pouvoir par un seul, qui en est l'unique source. Vu que le fond vaut mieux que la forme, nous devons constater qu'il existe de nos jours très peu de monarchies, beaucoup de pseudo-monarchies, et quelques royautés.
Parmi les monarchies au sens propre, nous en nommons seulement huit : le Royaume du Gänsernberg, le Grand Duché de Caskar, le Royaume de Vonalya, le Royaume du Karmalistan, le Royaume de Kars, le Royaume de Forluno, la Principauté de Movopolis et l'Empire de Kaiyuan. Leurs différents chefs d'État incarnent tous à divers degrés des éléments monarchiques. Yangchen est puissant en dépit des clans, Mamta Shakhan aussi malgré le Majlis et les mollahs, Abdallah IV est le commandeur des croyants, les forces centrifuges furent écrasés au Caskar au profit des grands-ducs, les princes amarantins demeurent des figures actives et enfin chacun sait qui dirige la nation Töttern. Et que vient faire le Vonalya des ducs, des comtes et des marquis ? Le royaume nordique n'était féodal que dans la forme et dans les faits, les seigneurs ne tenaient leur pouvoir et n'existaient que par le seul bon vouloir du Roi.
Passons désormais à ce que nous appelons les pseudo-monarchies qui sont au nombre de quatorze : l'Empire Estolien, les Provinces-Unies du Txile, le Royaume des Îles Dearmàd, l'Empire d'Epibatie (en pleine mutation), le Royaume d'Illithye, le Royaume d'Albion (grrr la Britonnie, le Commowealth, l'UPO...), le Royaume des Îles Lorthon, le Royaume de Flavie, la Principauté d'Estura, le Royaume d'Avelda, la Double-Monarchie d'Uural-Liivimaa, le Royaume de Sengaï, le Royaume traditionnel au Xilinhar et enfin l'Empire d'Eashatri. Ces États ont le point commun de posséder un ex-monarque à leur tête, désormais réduit à la portion congrue au profit d'un premier ministre, d'un gouvernement ou d'un parlement. Leur influence dans la conduite des affaires politiques est cérémonielle, au mieux. Ils ne l'incarnent plus et ne sont plus l'unique source de tout pouvoir temporel (sachant que les monarques absolus ont souvent cherché à s'approprier également la domination spirituelle comme en Britonnie, grrr).
Enfin, nous retrouvons les royautés au sens propre. Elles ne sont que deux : le Royaume de Thorval et le Royaume des Ménechmes. Ces derniers n'ont au cours de l'histoire pas effectué le basculement de la suzeraineté à la souveraineté, et encore moins de roi féodal à monarque. Marie III et Timotheos III ne sont écoutés que sur une portion du territoire, et doivent constamment lutter pour se maintenir face à des chefs puissants par eux-mêmes. Au Thorval, les conciliabules interminables avec les chevaliers, les conseillers, les vassaux et les familiers avant chaque décision prouvent encore qu'il n'y a pas de monarchie, tout comme les innombrables Things disséminés dans les campagnes, sans oublier les villes libres, et les clans qui ne se soumettent jamais.
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]
28 février 2039,
[center][img]http://www.thelionstpauls.com/uploads/1/0/3/0/103061184/published/battle-black-blur-260024.jpg?1525099225[/img][/center]
Nous allons parler de la monarchie car c'est la notion sans doute la plus galvaudée au monde. En voici une définition basée sur l’étymologie : mono « seul » et arke « pouvoir », renvoyant à l'incarnation du pouvoir par un seul, qui en est l'unique source. Vu que le fond vaut mieux que la forme, nous devons constater qu'il existe de nos jours très peu de monarchies, beaucoup de pseudo-monarchies, et quelques royautés.
Parmi les monarchies au sens propre, nous en nommons seulement huit : le Royaume du Gänsernberg, le Grand Duché de Caskar, le Royaume de Vonalya, le Royaume du Karmalistan, le Royaume de Kars, le Royaume de Forluno, la Principauté de Movopolis et l'Empire de Kaiyuan. Leurs différents chefs d'État incarnent tous à divers degrés des éléments monarchiques. Yangchen est puissant en dépit des clans, Mamta Shakhan aussi malgré le Majlis et les mollahs, Abdallah IV est le commandeur des croyants, les forces centrifuges furent écrasés au Caskar au profit des grands-ducs, les princes amarantins demeurent des figures actives et enfin chacun sait qui dirige la nation Töttern. Et que vient faire le Vonalya des ducs, des comtes et des marquis ? Le royaume nordique n'était féodal que dans la forme et dans les faits, les seigneurs ne tenaient leur pouvoir et n'existaient que par le seul bon vouloir du Roi.
Passons désormais à ce que nous appelons les pseudo-monarchies qui sont au nombre de quatorze : l'Empire Estolien, les Provinces-Unies du Txile, le Royaume des Îles Dearmàd, l'Empire d'Epibatie (en pleine mutation), le Royaume d'Illithye, le Royaume d'Albion (grrr la Britonnie, le Commowealth, l'UPO...), le Royaume des Îles Lorthon, le Royaume de Flavie, la Principauté d'Estura, le Royaume d'Avelda, la Double-Monarchie d'Uural-Liivimaa, le Royaume de Sengaï, le Royaume traditionnel au Xilinhar et enfin l'Empire d'Eashatri. Ces États ont le point commun de posséder un ex-monarque à leur tête, désormais réduit à la portion congrue au profit d'un premier ministre, d'un gouvernement ou d'un parlement. Leur influence dans la conduite des affaires politiques est cérémonielle, au mieux. Ils ne l'incarnent plus et ne sont plus l'unique source de tout pouvoir temporel (sachant que les monarques absolus ont souvent cherché à s'approprier également la domination spirituelle comme en Britonnie, grrr).
Enfin, nous retrouvons les royautés au sens propre. Elles ne sont que deux : le Royaume de Thorval et le Royaume des Ménechmes. Ces derniers n'ont au cours de l'histoire pas effectué le basculement de la suzeraineté à la souveraineté, et encore moins de roi féodal à monarque. Marie III et Timotheos III ne sont écoutés que sur une portion du territoire, et doivent constamment lutter pour se maintenir face à des chefs puissants par eux-mêmes. Au Thorval, les conciliabules interminables avec les chevaliers, les conseillers, les vassaux et les familiers avant chaque décision prouvent encore qu'il n'y a pas de monarchie, tout comme les innombrables Things disséminés dans les campagnes, sans oublier les villes libres, et les clans qui ne se soumettent jamais.
[right]Percefal Fenton-Beckett[/right][/justify]
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Zaldora
[justify]Recouvrement de dettes.
11 mars 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/21/1svr.png[/img]
Un usurier entrain de se faire torturer par des démons,
Sculpture de l'église sainte Aðísla.[/center]
Prenant son courage à deux mains, la Prévôté se décida à mettre sur pieds trois expéditions, composées chacune d'un sergent et dix miliciens issus des Manteaux Bleus, afin d'arrêter les Seigneurs endettés auprès du défunt Mont-de-Piété de Jensgård. La créance totale s'élevait à quelques 14 000 pièces d'or qui, avec d'autres, avait précipité la chute de l'organisme de prêt sur gage libre d'intérêt. Au cours de l'histoire, celui-ci avait appartenu d'abord à l'Église avant de passer aux mains de la bourgeoisie au XVIIIe siècle. Les détachements s'ébranlèrent de la Cité au mois de février et entamèrent un périlleux parcours plein d'embuches vers l'Ùlfrskógr, l'Haguigarðr et le Gamallmunkr. Pour des Jensgårdois qui voyaient rarement autres choses que les faubourgs, les dites contrées apparurent comme de vrais pays de Cocagne, même à la fin de l'hiver : généreuses, fertiles, abondantes, soignés... au combien meilleures que les ingrates terres septentrionales d'avant le Miðgarðr. Avec ses villages, ses fermes, ses champs, ses prairies, ses vergers, ses églises, ses abbayes et ses châteaux, les terroirs outre-monts donnèrent aussi l'impression, toutes proportions gardées, d'un monde plein. Au moins en comparaison à ce que les miliciens avaient l'habitude de voir. Dans le nord, il n'était pas inhabituel de faire plusieurs lieues sans rencontrer ni homme, ni bétail, ni village.
La troupe allant en Ùlfrskógr arriva la première le 5 mars. Hélas, elle s'y fit rapidement arrêter et jeter au cachot par Jesper XII qui n'avait guère envie de céder cent chevaux et de les accompagner jusqu'en ville pour y recevoir le fouet. Celle en route vers Haguigarðr atteignit sa destination quelques jours plus tard, le 8 mars. Campant devant le fort de Suðrvindr, le corps se fit décimer par les arbalétriers de Ragnarr III, ne laissant qu'un survivant afin d'aller témoigner devant la prévôté ce qu'il en coûtait de s'en prendre au puissant Comte. Le dernier groupe rejoignit quant à lui le château de Frueborg, dans le Gamallmunkr, le 11 mars. Une petite armée de fantassins lui barra la route au pied de la colline. Peu habitués aux choses ruralo-féodales, les gardes bourgeois avaient, sans le remarquer, été surveillés par des éclaireurs depuis au moins deux jours. Les pourparlers commencèrent avec le Roi consort, alors que la Reine s'en était allée sauver un village au bruit du tocsin. La discussion ne dura pas longtemps et prit brutalement fin quand le sergent mentionna les dix coups de fouet. Au même moment, plusieurs gens du clan encerclèrent dangereusement les miliciens et le Roi Austmarr ajouta « Si t'atioche un chevel de Marie, Jensigarðr la mausdite flamboiera ! Le clan vengiera l'oltrage dans le sanc ! ». Encerclés, les troupes citadines n'insistèrent pas et déguerpirent avant qu'un bain de sang n'ait lieu.[/justify]
11 mars 2039,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/21/1svr.png[/img]
Un usurier entrain de se faire torturer par des démons,
Sculpture de l'église sainte Aðísla.[/center]
Prenant son courage à deux mains, la Prévôté se décida à mettre sur pieds trois expéditions, composées chacune d'un sergent et dix miliciens issus des Manteaux Bleus, afin d'arrêter les Seigneurs endettés auprès du défunt Mont-de-Piété de Jensgård. La créance totale s'élevait à quelques 14 000 pièces d'or qui, avec d'autres, avait précipité la chute de l'organisme de prêt sur gage libre d'intérêt. Au cours de l'histoire, celui-ci avait appartenu d'abord à l'Église avant de passer aux mains de la bourgeoisie au XVIIIe siècle. Les détachements s'ébranlèrent de la Cité au mois de février et entamèrent un périlleux parcours plein d'embuches vers l'Ùlfrskógr, l'Haguigarðr et le Gamallmunkr. Pour des Jensgårdois qui voyaient rarement autres choses que les faubourgs, les dites contrées apparurent comme de vrais pays de Cocagne, même à la fin de l'hiver : généreuses, fertiles, abondantes, soignés... au combien meilleures que les ingrates terres septentrionales d'avant le Miðgarðr. Avec ses villages, ses fermes, ses champs, ses prairies, ses vergers, ses églises, ses abbayes et ses châteaux, les terroirs outre-monts donnèrent aussi l'impression, toutes proportions gardées, d'un monde plein. Au moins en comparaison à ce que les miliciens avaient l'habitude de voir. Dans le nord, il n'était pas inhabituel de faire plusieurs lieues sans rencontrer ni homme, ni bétail, ni village.
La troupe allant en Ùlfrskógr arriva la première le 5 mars. Hélas, elle s'y fit rapidement arrêter et jeter au cachot par Jesper XII qui n'avait guère envie de céder cent chevaux et de les accompagner jusqu'en ville pour y recevoir le fouet. Celle en route vers Haguigarðr atteignit sa destination quelques jours plus tard, le 8 mars. Campant devant le fort de Suðrvindr, le corps se fit décimer par les arbalétriers de Ragnarr III, ne laissant qu'un survivant afin d'aller témoigner devant la prévôté ce qu'il en coûtait de s'en prendre au puissant Comte. Le dernier groupe rejoignit quant à lui le château de Frueborg, dans le Gamallmunkr, le 11 mars. Une petite armée de fantassins lui barra la route au pied de la colline. Peu habitués aux choses ruralo-féodales, les gardes bourgeois avaient, sans le remarquer, été surveillés par des éclaireurs depuis au moins deux jours. Les pourparlers commencèrent avec le Roi consort, alors que la Reine s'en était allée sauver un village au bruit du tocsin. La discussion ne dura pas longtemps et prit brutalement fin quand le sergent mentionna les dix coups de fouet. Au même moment, plusieurs gens du clan encerclèrent dangereusement les miliciens et le Roi Austmarr ajouta « Si t'atioche un chevel de Marie, Jensigarðr la mausdite flamboiera ! Le clan vengiera l'oltrage dans le sanc ! ». Encerclés, les troupes citadines n'insistèrent pas et déguerpirent avant qu'un bain de sang n'ait lieu.[/justify]