Presse d'Illythie & d'Épibatie

Arios

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Après un mois d’occupation, l’Armée épibate se retire d’Amosciderenat - 26|07|38

La ville autonome haute-illythe a été abandonnée par les troupes impériales, après une opération de fouille de plus d’un mois, et plusieurs attentats à leur encontre, de la part d’éléments violents démontrant le tempérament agressif et la dangerosité des Illythes. «Ce n’est pas la fin de la partie » a déclaré à ses soldats, à destination des Haut-Illythes, le Colonel Saia, responsable de l’opération au nord. On peut croire que la décision de retrait est venue d’en haut, de la sphère politique, car la détermination des militaires à aller jusqu’au bout de ce qu’ils considéraient ouvertement comme une opération « redressement de bretelles » était pourtant de marbre.

Il se dit que Gighida aurait fait un cadeau à Cartagina, dont la situation intérieure s’est encore dégradée avec la récente sécession violente d’une partie de l’ex-Armée royale d’Illythie, qui a organisé une tentative de coup d’État. La Ligue de Lébira est déchirée sur l’affaire de l’occupation d’une partie de la Haute-Illythie, autonome, par les forces impériales épibates – un événement vu dans le monde illythe comme une agression, y compris par une majorité d’Illythes lébiriens – tandis que leurs compatriotes céruléens n’en avaient pas grand-chose à faire, et pour ceux ayant l’habitude de se tenir informés de l’actualité mondiale, préféraient la perspective d’un maintien d’alliance avec l’Empire noir (spatial, balistique, ressources naturelles…).

Les Amosciderenatiens ainsi que l’ensemble des Haut-Illythes n’ont pas manqué de manifester fièrement dans leurs rues, après le départ des troupes épibates bien sûr – dans leur débauche d’orgueil vain, certains ont même sorti les fameuses armes qu’ils prétendaient ne pas avoir, pour tirer en l’air, comme célébrant l’indépendance de fait que les Épibates, pour des raisons géopolitiques stratégiques, semblent leur concéder aujourd’hui.
Arios

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26/07/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Finance : Gighida va distribuer l’équivalent de 1 milliards de Lires dans le pays pour inciter à la monétisation

Difficile de construire une puissance sans le concours de ses citoyens. Et difficile de mobiliser une population, quand elle se contente pour beaucoup du troc, et réserve les devises à l’exercice superstitieux de la thésaurisation. C’est pour favoriser la monétisation que la capitale veut distribuer gratuitement près d’1 milliard de Lires papier, une coupure que l’on dit imprimée spécialement pour l’occasion. « Les gens adorent ces petites images » expliquait le responsable Algarbe centrale de la Banca di Montefiori commerciale, qui accompagne avec d’autres Banques l’opération.

La monnaie est bien présente en Épibatie mais elle se concentre trop : autant en terme d’espace, autour de Gighida et dans la dizaine de villes qui entoure la capitale et lui répondent, que socialement, réservée aux classes supérieures, à la petite bourgeoisie, et aux soldats. Même le clergé se montre plutôt hermétique à la pratique de la monnaie, vivant à 90 % des dons et prélèvement en nature exercés dans les campagnes, du don gratuit pour les ermites, et même de soldes en nature confiées par la hiérarchie (habits, livres, alcools, compagnes, etc.).

« Nous allons faire un investissement. Nous allons distribuer de l’argent, sans contrepartie, dans l’objectif qu’il se mette à circuler. Une fois que l’argent gagnera en visibilité, il gagnera en respectabilité, et les gens se mettront à le rechercher directement, car il est pratique, plutôt qu’à rechercher sans cesse une contre-partie en nature à leurs produits. Plus la roue de l’argent circulera, plus il sera désiré, nécessaire, et donc plus les gens travailleront pour l’obtenir. » veut croire le ministre chargé de l’économie, Esciet Abedda.

Les coupures seront distribuées en monnaie épibate, et en Lires lébiriennes papiers (un tirage rare, pour une monnaie théoriquement électronique) « afin d’habituer les gens avec une monnaie de grands échanges».
Arios

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28/07/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Sécheresse : Chez les populations bantoues, les Amarantins pointés du doigt

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Nomades noirs en marge du territoire d'Aznella[/center]

Elle se répand comme une trainée de poudres chez les populations noires du pays. Les Épibates, également, et même jusqu'à certains Illythes s'en persuadent : la sécheresse que connait le pays ces temps-ci serait orchestrée. Si de nombreuses communautés refusent aux nomades noirs d'ascendance bantoue le droit d'être compris autrement que comme partie prenante de l'écosystème naturel, ceux-ci parlent bien de "mains humaines" pour désigner celles à l'origine, selon eux, du climat actuel : plus froid, et plus sec, qu'à l'accoutumée.

Les conséquences des températures basses se font sentir sur les cours d'eau, dans le centre du pays, à un niveau historiquement bas du fait des retenues de glace en amont. Mais la pluviométrie, également plus basse, manque aussi bien dans les grandes savanes, dont l'herbe meurt petit à petit sans renouvellement suffisant. La situation devient alarmante pour de nombreuses tribus pastorales, Illythes comme Noirs. Mais ces derniers, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345083#p345083]régulièrement objets de politiques environnementales dans certains territoires[/url], réfugiés dans d'autres mais toujours au risque [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=348257#p348257]de tentatives d'épuration ethnique[/url]. Si les nomades rencontrés dans la basse-vallée de l'Anuzza sont plutôt ouverts au monde et acculturés a minima, de nombreuses tribus ont intériorisé, face aux Illythes surtout, un comportement de proie et choisi la stratégie de survie de l'isolement, qui les met encore davantage en péril en cas d’événements aléatoires comme les modifications climatiques.

Le soir autour des feux, les histoires vont bon train autour de l'origine de la sécheresse. Les théories les plus plébiscitées mettent toutes en cause les Amarantins, assimilés bien souvent aux Zumejoviens. On y mêle de très vieilles légendes, et des archétypes culturels récurrents. Il y aurait, là-bas très au sud, un grand sorcier amarantin, dansant sur le cratère d'un volcan pour le refroidir, et le monde avec lui. On imagine aussi, des armées d'esclaves porteurs de seaux, récupérant l'eau dans les ruisseaux pour la remonter à dos d'homme là où le froid la fige. D'autres, plus amateurs de science-fiction sans le savoir, imaginent d'énormes machines aspirant les nuages quand ils naissent sur les sommets, ou d'énormes barrages construits dans le ciel pour empêcher la pluie de tomber. Ils ne savent pas tout à fait comment, mais ils savent pourquoi : on veut les faire disparaître.
Arios

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"Nous, voulons bien du pétrole raffiné lébirien" - 28|07|38

[center][img]http://wazemaradio.com/wp-content/uploads/2016/08/birhanu.jpg[/img]
Le ministre de l'économie, Esciet Abedda[/center]

  • "Les Dytoliens sont toujours au temps des châteaux-fort. Ils n'ont pas compris que le monde est entré dans un nouveau millénaire. J'encourage les Céruléens à se tourner vers l'Algarbe, plutôt que de courir derrière des nains sur le pied de guerre. Nous, voulons bien des investissements lébiriens. Nous, voulons bien du pétrole raffiné lébirien." a déclaré le ministre impérial de l'économie lors d'un discours aux fonctionnaires de la woreda d'Acoracci.

Parmi les ministres de l'Empereur, Esciet Abedda est probablement le plus en faveur de l'alliance avec la Cérulée. Mais il est vivement critiqué, et à raison suspecté de ne pas forcément chercher à défendre les intérêts de l'Épibatie. Si nous n'irons pas, comme la rue, l'accuser de vouloir la vendre à l'étranger, force est de constater son étonnante verve lorsqu'il s'agit de défendre la Ligue de Lébira. Ses relations avec [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=346030#p346030]la Présidente de la Woreda d'Acoracci-Deghdi[/url], devant laquelle il a conduit son discours est qui est réputée pour sa passion du développement économique, témoignent du camp qu'a choisi Abedda : et il n'est pas celui de l'Église, de Jésus, ni de l'Armée, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=348533#p348533]qu'il a éhontément critiqué dernièrement[/url].

Demain, Abedda réclamera peut-être l'arrêt de la colonisation, pour respecter le droit des vers de terre et des arbres. Il appellera peut-être à accueillir les familles céruléennes qui fuient l'invasion musulmane et païenne de leur pays. Les Épibates l'écoutent comme ils écoutent un conteur en guenilles courant par vaux et par monts. Plus il se prend au sérieux, plus il est drôle, jusqu'au jour où on le chasse.
Arios

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[right]5/08/2038[/right]
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L'Église épibate appelle à "mettre dehors" les "prosélytes pauliniens"

[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/03/12/190312110531377086.png[/img]
Le haut-clergé épibate particulièrement agacé par "l'effort missionnaire" catholique[/center]

L'Église d'Épibatie le répète et le clame : "l'Épibatie n'est pas un morceau de latérite à évangéliser". Revendiquant les origines chrétiennes du pays qui remontent au IVème siècle, elle hausse le ton de semaine en semaine contre la surdité de l'Église catholique, et particulièrement du Patriarcat de Cartagina, dont dépend l'essentiel de la communauté missionnaire catholique en Épibatie. Les congrégations enseignantes et les ordres monastiques s'ajoutent aux frères mendiants, et sœurs, qui viennent pour "propager leur dogme au détriment des croyances fondamentales des Épibates, chrétiens depuis plus longtemps, et plus fidèlement qu'eux".

Si l'Église catholique reconnait deux natures en Christ, pour l'Église d'Épibatie, qui a refusé le concile de Chalcédoine en 451, la part divine de Jésus-Christ a complètement supplanté sa nature humaine. S'ajoutent à cette différence fondamentale le poids des siècles, les différences de Canon, la culture et le rite... sans oublier un certain nationalisme dont est emprunt la communauté ecclésiastique épibate. L'influence croissante du catholicisme pèse sur l'humeur du Patriarche épibate, Abuna Basilios, qui multiplie les synodes épibates pour réunir le clergé et l'appeler à combattre spirituellement des intrusions qu'il voit comme pilotées depuis Cartagina et les États Pontificaux latins.

Le grand traumatisme de l'Église d'Épibatie remonte au XIXème siècle, lorsque la frange illythe de l'Église copte, qui formait une certaine unité en Méso-Algarbe jusqu'à cette époque, a abandonné sa doctrine pour se ranger derrière les Catholiques, conservant son rite mais abandonnant ses dogmes... pour des raisons jugées économiques depuis Gighida. Une trahison qui n'a cessé de modeler les esprits et les parcours des clercs épibates depuis deux siècles bientôt, expliquant son sentiment d'être aujourd'hui une forteresse assiégée, et renforçant sa peur sotériologique à l'origine de ses prises de paroles brutes.

Si le Patriarche, "Pape" épibate Abuna Basilios s'est bien gardé de prendre lui-même la parole, le dernier communiqué de l'Église épibate monte encore d'un cran sur l'échelle d'une certaine agressivité. Le texte appelle clairement à "mettre dehors les prosélytes pauliniens", en référence à Saint Paul, l'apôtre qui joua un rôle capital dans la mise en place du christianisme occidental et "l'occidentalisation", voire la "latinisation" de celui-ci dès les premières décennies du Ier siècle, au détriment des visions et interprétations plus orientales qui peinèrent à s'imposer. L'adjectif paulinien devint dès lors dans la rhétorique des Évêques orientaux et algarbiens hostiles au dogme dessiné par Paul, un qualificatif sinon péjoratif, traduisant au moins le scepticisme sur les aboutissants d'une conduite religieuse.
Arios

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18/08/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Littérature : Lelizza Disciano publie son nouveau roman

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La romancière épibate la plus lue du pays, avec 35 000 ventes de son ouvrage précédent[/center]

"C'est une histoire d'amour assez banale, si ce n'est qu'elle se passe dans l'enceinte du Palais impérial, entre celui qu'on suppose être l'Empereur, et une femme de la cour", timidement, la jeune quadragénaire nous résume en quelques mots le scénario de son Profumo, son nouveau roman qui sortira mercredi dans les kiosques de la capitale, et dans le courant de la semaine prochaine dans les villes alentours - pour la côte ouest, il faudra compter sur la fin du mois. Assise à la table en formica de sa cuisine, elle a remonté ses manches au niveau des pouces pour saisir sa tasse de café noir dont elle déguste une gorgée après l'autre en attendant notre question suivante.

Le monde de la cour, Lelizza Disciano le connait bien ; elle a été une des journalistes officiels de l'administration du Palais impérial pendant près de trois ans. Elle a vu de près le fonctionnement intérieur du "cœur du réacteur", au moins de son quartier mondain. C'est peut-être un peu aussi ce qui enserre la nouvelle de cette publication, tandis que son précédent livre se passait au beau milieu d'un Arctique lointain et imaginaire... "J'ai voulu revenir à un univers dont les Épibates sont plus familiers" se défend-elle sans quitter de ses grands yeux les nôtres et en avalant une nouvelle gorgée de café. Mais était-ce vraiment sa motivation principale ?

"N'est-ce pas un peu votre histoire, sinon une histoire réelle, que vous vouliez là raconter ?" Après un rire un peu forcé, Lelizza réponds par la négative. Pour elle, la littérature peut être dénuée de message : "c'est une histoire potentiellement réelle, mais c'est une histoire fausse - des qui lui ressemblent, il y aurait pu en avoir des dizaines. Le cadre n'est pas important."

Arctico avait dépassé les 35 000 ventes, Ragazze della notte les 28 000 ventes, et Borsette (ndlr : sacs à main) plus de 40 000 il y a déjà dix ans. Son dernier ouvrage avait été publié également en amharique et vendu à plus de 4 000 exemplaires.
Arios

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27/08/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Défense : Une partie de l'armée épibate s'entrainera avec les Lébiriens

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Soldats épibates dans la savane du nord[/center]

"L'Armée épibate ne se veut pas cantonner éternellement au ciel de plomb de la savane du pays". Il n'en fallait pas moins, de la part du Colonel Fatto, que cette phrase brutale digne de la propagande d'un obscur état dytolien, pour galvaniser ses soldats sur l'aboutissant des manœuvres binationales qu'il soutient et assume dans la nature épibate avec les régiments envoyés par Cartagina dans le cadre du partenariat algarbien.

C'est qu'une partie de l'Armée épibate a dénoncé ce choix fait par l'Empereur d'autoriser les régiments qui le souhaiteraient de participer à des exercices communs avec la Ligue de Lébira, historiquement proche de l'ex-colonie de la basse-vallée de l'Anuzza, et dont les intérêts en Épibatie sont grandissants (autour du partenariat scientifique spatial, ou dans l'implantation de grandes firmes dans le bassin de Gighida). Le Colonel Saia, par exemple, a déclaré qu'il considérait ces manœuvres comme "une erreur", eu égard à l'effort épibate contre la contrebande et les ruses des Haut-Illythes, cousins de 2,3 millions de Lébiriens.

Le haut-État-Major a donné son accord mais les principaux chefs d'armées ne sont pas d'accord. Cela n'empêchera pas les troupes sous la direction du Colonel Fatto de délivrer leur savoir-faire en matière de mouvements dans la savane et les milieux de mangrove... en échange de futurs exercices d'entrainement en milieu aride nazalien, et en milieu humide en Arovaquie. Des mouvements que Cartagina veut maintenir confidentiels, préférant dans le contexte géopolitique dytolien actuel remanier le calendrier afin d'insister sur les entrainements en Épibatie, plutôt que ceux en Dytolie. Une trentaine d'exercice sont prévus sur dix-huit mois dans l'Empire, jusque dans des espaces de jungle profonde et en haute-montagne.
Arios

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[right]27/08/2038[/right]
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À la Cité-monastique de Gerebba, les moines apprennent encore à aimer l'Empereur

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La cité de Gerebba est creusée dans un plateau[/center]

On estime à 50 000 mètres cube de roches qui ont été retirées du sol pour construire, ou plutôt sculpter, la Cité de Gerebba dans le haut-plateau dominant le cours de l'Ibabbi. Cet effort sur-humain réalisé par les Épibates sous le commandement de leur Roi des rois, Saint Gebbre, à l'entrée du treizième siècle, et qui s'est poursuivi durant plusieurs décennies pour aménager des églises successives entourant le site, a été motivé par la volonté des dirigeants de l'époque d'établir en Épibatie, non loin du site important de Sciaghiste, un lieu de pélerinage autant accessible par les Épibates de la région de la capitale, Gighida, que par les habitants des lointaines vallées du sud. Mais surtout, il s'agissait pour le pouvoir chrétien de donner une solution de facilité pour les habitants, que la situation géopolitique empêchait de pouvoir se rendre sereinement en Terre Sainte.

  • "À l'époque de domination byzantine sur la Cérulée, au moins jusqu'au neuvième siècle, de nombreux Épibates se rendent en pèlerinage en Marquésie ; pas tous n'en reviennent, loin de là, mais les chemins existent et tout une économie existe autour de ces voyages. Avec l'expansion de l'Islam, et surtout les contre-offensives chrétiennes à partir du douzième siècle, la route perd en sûreté. L'Épibatie chrétienne, bientôt coupée du reste de la Chrétienté, doit trouver des solutions alternatives, et ne peut plus se permettre que ses chevaliers les plus pieux, défenseurs de la dynastie, aillent risquer leur vie, inermes, sur les chemins du pèlerinage, ou pire dans les guerres croisées des Latins." explique Dino Sciarabbe Attebbi, moine gardien du patrimoine de Gerebba.

Depuis huit siècles, Gerebba est donc un site monastique vivant, qui accueille de jeunes Épibates de tout l'Empire se consacrant au monachisme, ou bien à la prêtrise. Chaque année, trois cent jeunes y rentrent pour des formations allant de quelques semaines à plusieurs années. Le site accueille un grand nombre de pèlerins, dont la présence transitoire fait vivre tout une économie régionale adaptée - beaucoup s'arrêtent à Gerebba comme à un refuge, sur le chemin de la capitale, et parfois de bien plus loin. Les moines épibates qui y vivent n'ont pas tous la même règle, certains étant reclus, d'autres vivant en communauté, ouverte ou restreinte par rapport au monde extérieur. Un personne laïc accompagne de plus en plus les missions d'hospitalité liées à la cité monastique.

En 1981, deux attentats à la bombe avaient meurtri la cité sacrée. Revendiqués par un groupe armé adversaire du pouvoir impérial et prônant l'idéologie socialiste, ils avaient fait plus d'une trentaine de victimes lors d'une messe. S'en était suivi une course-poursuite et des perquisitions de l'Armée impériale dans les alentours, la région et même d'autres territoires de l'Empire, qui avait conduit à la condamnation de plus de 450 personnes liées de près ou de loin au groupe terroriste, et plus de 60 mises à mort.
Arios

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30/08/2038
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Pour le moment, Gighida s'étend en demeurant un grand village

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En un siècle, le visage de Gighida a changé. Le visage, mais moins ses fonctions et son fonctionnement. Dans les faits, les immeubles de pierres chaulées et les cases en terre ont été peu à peu engloutis par les constructions nouvelles, d'immeubles en béton et en squelette d'acier. Mais ces immeubles neufs ont conservé jusqu'à présent une taille relativement modeste, de quatre à cinq étages, et le goudronnage des rues n'a été que très disparate, aujourd'hui encore incomplet - la raison principale étant la remise répétée aux calendes grecques de nombreux travaux d'installation de canalisations, d'entrée ou de sortie.

Il n'est pas rare de trouver, entre deux immeubles, une roche restée là, d'où s'échappe un filet d'eau alimentant une fontaine. On constate encore, entre les ilots de bâti, les grandes pâtures ou les plus grands chefs de l'Épibatie médiévale laissaient demeurer leurs troupeaux. On distingue toujours les quartiers en fonction de l'amont et de l'aval des pentes sur lesquelles ils sont accrochés. Les hommes encore partagent les rues, devant les escaliers qui s'enfoncent quasi-systématiquement sous les bâtiments, vers la cave que les habitants, malgré la modernité des constructions, ont toujours voulu garder. Les bêtes parfois y sont encore tenues, qu'elles soient pour le trait, pour la bouche ou pour le lait.

Le développement de Gighida est en effet assez anarchique. Loin des grands travaux de planification qu'ont pu connaitre plusieurs pays algarbiens, l'Épibatie est demeurée "libérale" en la matière... le gros de l'urbanisation, que l'on doit aux années 1950-2030, n'a été piloté que par les initiatives privées, les collectifs de citoyens organisant des "cagnottes" pour l'aménagement de nouveaux immeubles qui serviraient ainsi à l'installation de membres de leurs familles, enfants essentiellement. C'est la bourgeoisie épibate, dans ses strates hautes les plus larges, qui a dessiné la capitale, non sans renier l'expérience des anciens malgré l'appel toujours plus important aux méthodes modernes.

Autour de cette ville labyrinthique de petits immeubles, une ceinture verte s'étend assez naturellement. Les autorités municipales, relais des désirs des plus grandes familles, ont veillé longtemps à conserver cet écrin de verdure qui servirait, en cas de siège de la région, à l'alimentation des troupeaux qui demeurent dans la capitale. Au-delà, les constructions sauvages sont tolérées - mais elles sont le fait là de moins d'ingénierie sociale... les pauvres, les exilés de leur propre ville, les rêveurs envieux de la capitale, y ont bâti une ville deux fois plus grande, de petites cases mélange de vieux murs en terre et de taules, d'objets de récupération. La deuxième ceinture de Gighida est donc bien un bidonville.

Il faut aller au-delà pour retrouver la campagne, dopée par la consommation de la capitale. Ses vallées aux rus libres, ses collines mangées chaque jour, ses églises au milieu des champs de pois, de sorgo et de teff, ses plantations de caféiers, ses bananiers, ses forêts d'acacias, d'eucalyptus, ses odeurs de cannelle et de figues séchées, ses fontaines et ses pierres oubliées là sous la mousse qui les retient ensemble. Dans ce paysage immense, Gighida n'est qu'un grand village, où l'on fait un peu autre chose, mais que les oiseaux peuvent traverser sans se perdre.
Arios

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3/09/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Économie : Gighida et Cartagina actent la normalisation des droits des entrepreneurs

[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/03/22/190322114844216611.png[/img]
L'Ambassadrice Maria-Felicia Dutto et les ministres épibates du commerce[/center]

Faciliter l'installation d'entreprises épibates dans la Ligue de Lébira, et évidemment son contraire : l'installation d'entreprises lébiriennes dans l'Empire d'Épibatie. Un travail qui a pris de nombreux mois, et un rythme quelque peu bousculé par les tensions internes à l'Épibatie et ses répercutions sur la politique dans la Province d'Illythie. Encore impuissante à agir seule sur le volet douanier du fait de sa participation au Traité de Lébira avec le Commonwealth, Cartagina n'avait lancé avec Gighida qu'un projet de normalisation des procédures et des échéanciers d'accompagnement pour les entrepreneurs respectifs des deux pays.

Cartagina est quelque peu habituée des tentatives de prise de leadership en Algarbe. On se souvient du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=332836#p332836]G5 Algarbe au lendemain de la désastreuse Guerre des Containers[/url], où il s'était agi de mettre autour d'une table les principaux protagonistes algarbiens du conflit. Mais il y a sept ans déjà, à peine sortie de la crise économique, la Ligue de Montalvo [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=295495#p295495]se rêvait comme la grande organisatrice d'une union économique[/url] qui lui permettrait de construire cet espace vital commercial dont toute puissance a besoin. Finalement, la décennie 2030 aura été celle des tentatives, avortées, d'organisation à d'autres échelles... avec l'Union céruléenne, morte dans les cartons faute d'entrain des Siracuzziens et au grand dam de l'Amarantie, puis l'Union Douanière Occidentale qui se voulait un pont entre nord et sud de la Dytolie, puis enfin la Communauté des Nations Dytoliennes dont Cartagina ne fait pas partie et à laquelle elle n'a, surtout pas, été conviée.

Les Algarbianistes, après une demi-douzaine d'année de mesure dans leurs propos, se laisse à nouveau aller à l'enthousiasme. Déjà importants, les échanges économiques entre l'Empire amharique et la Ligue céruléenne sont encore freinés par une application de droits de douanes, bien qu'aléatoire faute de moyens matériels et du fait d'une grande tolérance, ou corruption, des douaniers lébiriens illythes comme des Épibates. En se mettant d'accord sur les normes, le droit et le suivi, Cartagina laisse entendre son prochain mouvement : l'émancipation des règles du carcan du Traité de Lébira, ou tout du moins leur évolution. Car si Lanfair est en train de perdre son empire, Cartagina parait bien vouloir s'en construire un.
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