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Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      13 juin 2037

      Pour lutter contre la pression des lobbies sur les députés, certains d'entre eux proposent…
      que leurs votes au Parlement soient secrets !


      [img]https://i.imgur.com/kPIwIbU.png[/img]
      Patrice Mallet, le député conservateur du Parti populaire, est le porte-voix de cette proposition.[/center]

      L’enquête de nos confrères de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343608#p343608]La Tribune des Bâtisseurs[/url] a fait grand bruit. Après la révélation de ce système généralisé d’achats de votes de députés par des lobbies, de nombreux citoyens santognais ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. Patrice Mallet, qui a déjà montré son agacement face à ces accusations, raconte avoir subi un « flot d’insultes et de menaces pendant plusieurs jours ». Le parlementaire, très proche des milieux d’affaires, présenté comme un mouton de Panurge par ses opposants préfère se poser en bouc émissaire. L’homme, qui n’est pas avare en termes de propositions chocs, qui n’aboutissent généralement pas, souhaite que les votes des textes au Parlement soient secrets. La motivation de cette proposition se résume en ces mots : puisque les lobbies font pression sur les députés pour qu’ils votent dans leur sens, le fait de rendre le vote secret les empêchera d’identifier les bons et mauvais clients de leurs avances.

        • « Ceux qui plaident pour la transparence dans vie politique sont les mêmes qui s’émeuvent de prétendues pressions lobbyistes sur des parlementaires. À chaque vote, les services du Parlement diffusent le nom des députés qui ont voté pour, contre et ceux qui se sont abstenus : à cet instant, les lobbies se saisissent du document pour faire pression sur ceux qui ont voté contre leur intérêt et surtout sur ceux qui se sont abstenus. Ne trouvez-vous donc aucune cohérence à ce que nous élisions à bulletins secrets pour le président du Parlement mais que pour les votes de textes, ce secret soit rompu au nom d’une sacrosainte « trans-pa-rence » ? »

          [right]- Patrice Mallet
          Député du Parti populaire au Parlement de Santogne[/right]

      La proposition ne fait pas l’unanimité au sein de son groupe, mais il ne la rejette pas totalement. Elle fait même des émules auprès de plusieurs députés de la Ligue du Renouveau. Rendre secrets les votes de textes permettrait, selon eux, de s’émanciper du diktat de leur président du groupe, qui rappelle à l’ordre ceux qui n’ont pas suivi la consigne du vote et, pour les députés de la majorité, ceux qui auraient voté contre la position du gouvernement. « Avec cette réforme, finis les députés godillots ! » promet Patrice Mallet. La confidentialité des votes de texte, gage de réelle indépendance des députés vis-à-vis des lobbies et des consignes de partis ? Les associations anti-corruption s’étranglent face à cette « mesure totalement indigne d’une démocratie ». La plus connue d’entre elles, Ethipol « ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer », en rappelant que « la transparence des votes est le seul moyen pour les citoyens de contrôler l’action de leurs députés, de leur demander des compter et de les sanctionner si besoin par la voie électorale. On voudrait nous faire croire que les députés gagneraient en indépendance mais ils ne feraient que garder secrète une allégeance dont ils ont peut-être honte. Il faut finalement y voir un aveu de faiblesse. Imaginez un peu le scénario, on serait dans l’incertitude totale, avec des partis qui trahiraient leurs promesses sans que les électeurs le sachent ! ». Enième provocation de Patrice Mallet ou réelle réforme à venir ? Tout le monde s’accorde à dire cependant qu’une telle mesure serait retoquée par la Cour Suprême, à moins d’une modification constitutionnelle.

      [right]Roger de Féret[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      26 juin 2037

      Un jeu de piste pour apprendre la vie des saints catholiques

      [img]https://i.imgur.com/ljiXZrr.png[/img]
      Le but du jeu est « d’attraper » tous les saints et saintes[/center]

      Passionnés de jeux vidéo, six jeunes catholiques santognais ont mis au point Pelerinapp, une application mobile ludique en réalité augmentée. Le principe du jeu consiste à déplacer son avatar dans un monde virtuel, calqué sur la localisation et les déplacements réels du joueur, à la recherche de deux-cents figures de la sainteté catholique qui apparaissent virtuellement au détour d’une rue, d’un buisson et bien sûr de l’église qui lui est consacrée. Trois années de travail ont été nécessaires à l’élaboration de ce projet innovant mais aux dires de Baptiste Pichard, l’un de ses concepteurs, « les contraintes n’étaient pas techniques mais administratives ». Les développeurs ont en effet dû demander l’autorisation de plusieurs administrations pour récupérer les données GPS nécessaires et mettre le jeu en conformité avec la législation sur le respect de la vie privée. Toutes les voies ne sont donc pas recensées dans le jeu, notamment celles attenantes aux bases militaires ou autres lieux sensibles, pour des raisons évidentes. Pour les cimetières, le jeu a reçu des dérogations administratives et peut ainsi faire apparaître des saints aléatoirement, autour notamment de certaines chapelles.

      Le jeu, qui devrait être lancé au 1er juillet, juste au moment des départs en vacances d’été, suscite des réactions contrastées. L’Eglise catholique de Santogne, d’abord réfractaire, a ensuite accordé son soutien, voyant une occasion de raviver la foi auprès de la jeune population, dans un contexte où [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=16787&p=344009#p344009]le catholicisme recule en valeurs relatives[/url], au profit de mouvements protestants qui, précisément, rejettent le culte des saints et de leurs reliques. Outre les prouesses techniques, Pelerinapp devrait rencontrer un franc succès même s’il reste cantonné au périmètre santognais. Les développeurs espèrent pouvoir étendre le terrain de jeu à la Léontarie, à l’Arpelat ou à la Vasconie, mais reconnaissent bien volontiers qu’ils auront bien du mal à convaincre les autorités de Lagac’hann, qui ne verront pas d’un bon œil le principe du jeu vidéo, sans compter que le pays dispose d’un réseau mobile plus que limité. Pour des raisons différentes, la Phalanstérie pourrait également être un terrain hostile à leur développement, compte tenu de la laïcité d’Etat et d’une mauvaise opinion à l’égard de la croyance religieuse. En Santogne en tout cas, les réactions ne se sont pas faits attendre du côté des mouvements traditionalistes, qui trouvent ce jeu « grotesque et irrespectueux ».


      [right]Etienne Bossuet[/right]

      [hr][/hr]


      [center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]

      Avec la création d’une enclave capitaliste, Phalanstérie pose
      sa main dans le feu pour voir si ça brûle
      [/center]

      Curieuse décision en République populaire phalanstérienne, l’Assemblée du peuple a [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344135#p344135]autorisé une enclave capitaliste[/url] à une très large majorité. Initiateur du texte, le Parti Communiste et Ouvrier – majoritaire au Parlement - motive ce texte par le souhait de ne pas se montrer sectaire. On imagine cependant encore plus mal la réciproque dans un pays capitaliste, qui déciderait d’une enclave socialiste avec collectivisation des moyens de production. L’expérimentation se veut temporaire – à peine un an, à partir du 1er août prochain – et très localisée, sur les seules côtes mistralines qui longent le littoral lacustre de la Phalanstérie. Le texte n’a toutefois pas fait l’unanimité au sein du PCO, vingt-quatre frondeurs ont décidé de voter contre, arguant à juste titre que cette expérimentation est synonyme de renonciation à la pleine souveraineté économique et surtout d’un aveu de faiblesse.

      Des décrets devront préciser les contours de ce projet d’enclave capitaliste en terre socialiste, qui n’est pas sans penser aux maisons closes des communes limitrophes de la Santogne où les autorités ferment volontairement les yeux pour pouvoir capter des rentrées d’argent que la loi, pourtant, interdit. Le but est le même, à plus grande échelle et sur des secteurs d’activité plus variés : capter la consommation mondiale, sans renoncer à son système économique. Difficile en effet pour les entreprises étrangères de se faire une place sur le marché phalanstérien à moins d’obtenir une autorisation de l’Etat. À titre d’exemple, l’entreprise Maïstrau, spécialisée dans l’électroménager, s’est confrontée à la méfiance de la république populaire, qui craignait une concurrence avec son propre constructeur, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1018&t=17103]La Quotidienne[/url], qui bénéficie d’un monopole sur la production en Phalanstérie depuis 1962. L’enclave des côtes mistralines est vu par la direction de Maïstrau comme une chance de pénétrer le marché phalange à saisir absolument, une situation qu'elle connaît déjà bien puisqu'elle de la même manière qu'elle a déjà expérimenté cette politique d'enclaves au Lagac'hann, avec l’Évêché de Penmarc'hmor, le seul à autoriser l'industrie productiviste.


      [right]Tibotz Casaban[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      9 juillet 2037

      Au Peyre-Levades, un meeting politique ou une fête du cochon ?

      [img]https://i.imgur.com/DxkqjCB.png[/img]
      Lors d’un meeting, la Ligue du Renouveau a fait grillé du cochon, non loin d’un camp de réfugiés aminiens[/center]

      Ils étaient un peu plus de mille militants de la Ligue du Renouveau, l’un des deux partis au pouvoir, officiellement pour « définir la stratégie du parti pour la deuxième moitié du mandat ». Elue en octobre 2037, la coalition gauche populiste-extrême droite repose sur des bases très friables, qui ont pour seul point commun l’opposition aux partis dits traditionnels. Comme bon nombre de pays dytoliens, la Santogne a dû accepter sa part de migrants aminiens fuyant le califat – environ trente mille – dont une partie a trouvé refuge dans la province de Peyre-Levades. C’est sur ce thème toujours fédérateur que la Ligue du Renouveau a tenu un meeting, en martelant le slogan « Assimilation ou Remigration ». La rhétorique est restée la même depuis des années, à la seule différence que la Ligue est aujourd’hui au gouvernement, et qu’elle a accepté en dépit de tout sa quote-part de migrants aminiens. Provocation ultime du parti de la Première ministre : un stand de cochon grillé sur un terrain situé à seulement 500 mètres d’un camp de réfugiés aminiens en attente de régularisation. Quelques militants, qui ont l’impression de faire de la politique en mangeant leur saucisson, sont fiers de prendre part à l’initiative. Quand il s’agit de leur demander si leur démarche n’est pas de la provocation gratuite, inutile et puérile, l’un d’eux répond : « Ils ne peuvent pas être incommodés par une odeur qu’ils ne connaissent pas ! ».

      Le trolling est assumé mais le discours politique reste désespérément creux. Le meeting a été organisé en terre sociale-démocrate et ne doit la mobilisation de ses militants qu’aux prix imbattables de sa buvette. Pour les militants encartés, les ribs de porc sont gratuites. Pour les autres, elles sont à un prix réduit. La bière, par contre, est vendue 30 % plus cher pour éviter que le meeting ressemble à une beuverie et pour renflouer les caisses du parti. Mais le plus important réside dans la photo qui sera prise, celle de militants fiers de leur gouvernement. Ce n’est évidemment qu’une photo et certaines voix s’élèvent contre ce mariage entre la carpe et le lapin entre la Ligue du Renouveau et l’Alliance du pouvoir populaire. Cette dernière a permis de débloquer les fonds nécessaires à l’accueil des migrants, une décision assumée « pour que l’immigration ne se fasse pas dans l’anarchie ». Une couleuvre difficilement avalée par l’extrême-droite alliée. Mais les deux partis trouvent leur compte, chacune avale sa couleuvre tour à tour.

      [center][img]https://i.imgur.com/GuZAnrC.png[/img][/center]

      Une situation qui ne plaît pas aux électeurs puisque selon les dernières prédictions sondagières, si l’élection avait eu lieu ce dimanche, la coalition perdrait sa majorité absolue acquise au forceps en 2035. La Santogne serait alors encore moins gouvernable qu’elle ne l’est : aucune coalition ne se dégagerait, les conservateurs du Parti populaire refusant de s’allier avec les sociaux-démocrates depuis maintenant une décennie, en raison d’une radicalisation des électeurs comme des cadres du principal parti de droite.

      [center][img]https://i.imgur.com/ifKG0kL.png[/img][/center]

      Evoquée par la presse mais exclue par l’intéressée jusqu’à présent, une liste conduite par la ministre de l’Economie, Inès Teyssère, indépendante, ferait un carton en remportant un quart des sièges, tout en laissant la possibilité de reconduire les actuels membres de la coalitionmais à des postes moins décisionnels. Populaire, l’ancienne juge anti-corruption promet de « nettoyer le pays de fond en comble »… qui fut également une promesse de la Ligue et l’Alliance du pouvoir populaire, avec le résultat qu’on leur connaît. L’abstention resterait toujours grande gagnante du scrutin : près de 68 % des interrogés disent de ne pas vouloir participer au prochain scrutin général, sept points de plus qu’en 2035. En tout cas, pour les militants présents au meeting du Peyre-Levades, davantage sensible aux thématiques terre-à-terre, on s’est demandé si la lutte contre la corruption… était du lard ou du cochon.

      [right]Justin Cazal[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      8 août 2037

      Hôpitaux bondés, solutions snobées ?

      [img]https://i.imgur.com/xzFQczs.png[/img]
      Des sœurs infirmières, notamment étrangères, apportent leur aide à des hôpitaux bondés[/center]

      Alors que s’apprête à ouvrir le Salon de la Santé et de la Médecine à Balthazard (Aiglantine), il est temps de dresser un état des lieux des hôpitaux en Santogne. Comme bien d’autres services publics, les hôpitaux se sont vus exiger une baisse de leurs dépenses dans un contexte de crise de la dette, alors même que les besoins sont grandissants. Cette décision politique a eu diverses conséquences sur la santé publique : réduction du personnel ; patients refusant de se faire soigner devant les frais ; allongement des délais d’attente… Si les ménages les plus aisés peuvent compter sur les cliniques privées, les plus nécessiteux doivent prendre leur mal en patience dans les services d’urgence, avec des délais d’attente parfois supérieurs à 12 heures. Or, si le personnel reste très compétent, il a de plus en plus de mal à faire face aux affluences. Premiers sacrifiés de la politique de rigueur, les postes infirmiers ont été la variable d’ajustement pour continuer à payer des médecins qualifiés qui menaçaient de quitter la Santogne. Un chantage à l’exode lucratif : très sollicités, les médecins peuvent recevoir quelques pots-de-vin de la part de clients excédés des délais d’attente, une situation à laquelle le gouvernement fait difficile face.

      Le serment d’Hippocrate ne semble pas résister à l’appel du gain. Heureusement pour le milieu infirmier, pour compenser la suppression de postes, des congrégations de sœurs – dominicaines pour la plupart – apportent leurs concours et leur sincérité à la profession, en échange de faibles indemnités. Ce retour des nonnes a provoqué l’ire des mouvements de gauche laïcarde, en particulier les populistes de l’Alliance du pouvoir populaire. « Bouffeur de curés » notoire, le député Aurelian Vaugrenard – dont le dernier fait d’armes est d’avoir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343867#p343867]fumé un joint d’un kilo face caméra[/url] – s’est étranglé sur PiouPiou avec le ton provocateur qu’on lui connaît désormais :

      • « Plus d’un siècle pour laïciser le pays et il suffit d’une politique d’austérité pour que les curés et les vieilles filles reviennent en force soigner nos compatriotes ! J’espère qu’ils ne vont pas en profiter pour tripoter nos gamins !!! »

        [right]- Aurelian Vaugrenard
        Député de l’Alliance du pouvoir populaire[/right]


      Des propos honteux, qui gênent le Vice-Premier ministre Martial Vallotton, avec qui il entretient une amitié de longue date. C’est que sa haine contre tout ce qui se rapproche au christianisme l’empêche d’analyser objectivement les faits : sous couvert de laïcisation, les associations catholiques ont été poussées à la sortie dans les principaux services publics, afin que la propagande laïque d’Etat puisse prospérer librement. Or, les solidarités ont été depuis complètement désorganisées par de tels positionnements dogmatiques. Quoi qu’en dise la gauche anti-religieuse, la cohésion sociale nécessaire à la Santogne passera par une réaffirmation de la foi.

      [right]Lucian Chabrol[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      18 août 2037

      Vives réactions internationales à l'annonce du plan santognais contre l'évasion fiscale[/center]

      Incisive et peu diplomate, la ministre de l’Economie Inès Teyssère est restée fidèle à elle-même lors de la publication d’un communiqué annonçant une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344580#p344580]série de mesures[/url] pour lutter contre l’évasion fiscale : transmission des informations fiscales ; levée du secret bancaire en cas d’infraction fiscale constatée ; reporting des entreprises étrangères pays par pays. Les mesures ne sont pas révolutionnaires mais elles sont assorties de « menaces » (ou tout du moins ressenties comme telles auprès des diplomaties étrangères), parmi lesquelles rupture des liens officiels, embargo, fin des accords d’extradition et de visas. Adaptées en fonction des pays et selon la gravité de la situation, ces mesures s’inscrivent dans un plan de la « carotte et le bâton ». Les Etats qui coopèrent recevront, eux, leur carotte matérialisée par divers avantages en nature, comme des facilités économiques, diplomatiques et une coopération militaire. La méthode Teyssère rappelle celle de la juge anti-corruption qu’elle était avant d’intégrer le gouvernement, n’hésitant pas à prononcer des peines très lourdes si la main tendue était rejetée. Les réactions ont été diverses à l’annonce de cette réforme. Ainsi, la Ligue de Lébira a-t-elle décidé de snober l’injonction, affirmant que la Santogne surestime sa capacité d’influence. Le constat est en effet implacable, la Santogne est en position de faiblesse par rapport aux autres pays, de la même manière que le Lébira a prononcé son divorce avec la Dytolie avec laquelle elle n’a jamais pu trouver un partenaire à sa hauteur.

      Si le gouvernement du Valaryan ne s’est pas encore officiellement exprimé sur le sujet, la presse économique s’est fait l’écho d’un refus catégorique de la part du pouvoir local de l’île de Glitz, pièce maîtresse de l’évasion fiscale de Dytolie. Pour un pays qui ne dispose pas du premier produit intérieur brut mondial, la réaction se comprend, l’île devant sa survie à ses services bancaires et sa pêche. La presse lagarane a elle aussi montré sa réserve, cette fois-ci par voie officielle mais a surtout mis en exergue le caractère incisif du communiqué, et l’absence de communication entre les deux pays. Autrement dit, elle a peu goûté à la méthode Teyssère, qui devra mettre de l’eau dans son vin pour arriver à son but. L’intéressée s’est d’ailleurs exprimé à l’occasion de la conférence de presse hebdomadaire :

        • « La République de Santogne reste bien évidemment ouverte au dialogue et le caractère direct – certains diront brutal – de ce communiqué ne doit pas induire en erreur sur nos réelles intentions. Le but du ministère de l’Economie n’était pas de braquer nos partenaires, je m’en excuse. Toutefois, nous maintenons nos trois grandes conditions et aucune convention fiscale bilatérale ne sera signée sans qu’elles y figurent.

          Je ne crois pas manquer de modestie en rappelant que je suis une femme de parole. En tant que juge, lorsqu’on prononce un jugement, on ne peut revenir en arrière. J’aimerais que ce principe transparaisse toute la politique. Je regrette ainsi que des pays qui ont signé une charte d’une union douanière sacralisant l’orthodoxie budgétaire, l’honnêteté dans les relations économiques et l’échange d’informations, se réfugient derrière le secret bancaire pour protéger des clients en infraction.

          Ce faisant, la relation de confiance est rompue et sans confiance, les engagements ne tiennent pas. C’est la raison pour laquelle la Santogne ne pourra honorer l’engagement qui la lie à ses créanciers si ceux-ci se montrent trop peu coopératifs, voire même complices.
          »

          [right]- Inès Teyssère
          Ministre de l’Economie de la République de Santogne[/right]

      Ce propos n’est pas sans rappeler celui tenu par le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1182&t=15495&p=344649#p344649]Premier ministre du Lorthon[/url] qui a salué la décision, tant est si bien que plusieurs observateurs politiques santognais se demandent si Daniel Ceallach n’est pas l’homme qui murmure à l’oreille du gouvernement. L’amitié entre lui et le Vice-Premier ministre Martial Vallotton n’est d’ailleurs un secret pour personne et lorsque le Lorthon a séparé banques de dépôt et d’investissement, la Santogne lui a emboîté le pas l’année suivante. Au sein du Parlement, cette réforme a provoqué là encore de vives réactions. Pour les libéraux et les conservateurs, elle est un « casus belli » qui pourrait motiver le dépôt imminent d’une motion de censure. Celle-ci a toutefois peu de chances d’aboutir. Un député de la Ligue du Renouveau a ainsi laisser entendre que « la Santogne n’a plus rien à perdre dans une telle démarche : les agences de notation la détestent déjà » et « qu’[il] ne voyait pas en quoi la situation pourrait être économiquement pire ». Le parlementaire s’avance même en prétendant que l’initiative santognaise, loin d’être folle serait avant-gardiste. « Le gouvernement a jeté un pavé dans la mare, il est aujourd’hui attaqué de toutes parts mais son initiative préconfigure une harmonisation des règles fiscales au niveau mondial. ». Tout un programme.

      [right]Roger de Féret[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      3 septembre 2037

      Le Parlement autorise la culture de cannabis à titre expérimental en Santogne
      (ou quand l’enfer est pavé de bonnes intentions)


      [img]https://i.imgur.com/njayb2B.png[/img]
      Derrière une apparente liberté économique, le texte vise à étouffer les petits producteurs au profit des gros[/center]

      Après deux années de débats au Parlement, la Santogne a autorisé à une courte majorité la culture de cannabis sur le sol national mais à titre expérimental. Cette décision a moins des visées récréatives ou médicales pour la Santogne que financières. Dans un contexte de forte dévaluation de la pistole, la Santogne espère ainsi s’assure une nouvelle source de recettes fiscales non négligeable. C’est cet impératif économique qui a ainsi supplanté les oppositions idéologiques et morales de députés dont la conscience était majoritairement « hostile à la fumette ». Avec 94 voix contre 88, le texte n’a été adopté que grâce à l’Alliance du pouvoir populaire, aux libéraux et aux sociaux-démocrates. Le Parti populaire, conservateur, a unanimité voté contre tandis que la Ligue du Renouveau a été très divisée sur la question. C’est que l’argument économique peine à convaincre la ministre Inès Teyssère, qui s’est vue déposséder l’examen du texte au profit du ministère de l’agriculture. La ministre la plus populaire du gouvernement réitère ses mises en garde, en tuant dans l’œuf l’idée selon laquelle la légalisation couperait les vivres aux réseaux mafieux : « La différence, c’est qu’ils ne se cacheront plus désormais… mais ils garderont tout de même la main sur le réseau ! ». Sans être farouche, Inès Teyssère a concédé sa « déception » à l’annonce du vote du texte, tandis que d’autres à l’image d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343867#p343867]Aurelian Vaugrenard[/url] a laissé exploser leur joie, par un « Hourra » dans l’hémicycle. En privé, une proche de la ministre Teyssère analyse : « C’est la république des copains, monsieur le Vice-Premier ministre n’a pensé qu’à son plaisir et celui de son pote. Tout le monde sait que le numéro 2 du gouvernement est un consommateur habituel. Le mois dernier, son col de chemise puait le shit, c’était infect ! ».

      En guise de réponse à ces inquiétudes, l’Etat assure qu’il gardera la main le temps de l’expérimentation sur les cultures en étant la seule autorité habilitée à décerner les autorisations. Curieux paradoxe : la culture individuelle domestique reste, elle, punie et passible d’une contravention. Les sanctions pourraient même revues à la hausse : « Désormais, personne n’a d’excuse ! Les amateurs devront se mettre en règle. » résume de manière autoritaire un des députés pourtant les plus pro-cannabis. Pour les passionnés du chanvre, c’est ce qu’on appelle une haute trahison, qui se voient confisquer la certaine liberté dont ils jouissaient quand ils étaient dans la clandestinité au profit d’un lobby industriel qui se mettra bientôt en branle pour avoir la mainmise entière sur le marché. Le texte est donc très favorable au capitalisme : seules les corporations pourront présenter les garanties solides exigées par l’Etat tandis que la culture artisanale cèdera sa place à une culture intensive dans les régions rurales les plus défavorisées, notamment dans le Sud. Qui gagne au change ? Ni le petit producteur artisanal – qui se voit déposséder de son activité – ni le consommateur - qui devra faire face à un marché oligo- voire monopolistique, avec une augmentation du prix du gramme. Bref, les espoirs du peuple partent en fumée avec ce texte, au grand plaisir de la bourgeoisie. Une fois de plus.

      [center][img]https://i.imgur.com/eKEVX9b.gif[/img]
      "Voilà. Ça, c'est fait." répond la bourgeoisie[/center]

      [right]Thomas Gérin-Lajoie[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      27 septembre 2037

      Lobby gay et carriérisme entachent le conclave

      [img]https://i.imgur.com/304qnT1.png[/img]
      Illustration : le cardinal westrait Samuel Emerson[/center]

      Le 15 septembre dernier, Sa Sainteté Innocent XIV a annoncé publiquement sa renonciation à la charge papale. L’événement, rare dans l’histoire de l’Eglise, a largement été commenté, au gré de nombreuses théories qui valident toutes l’existence de groupes de pression qui auraient agi dans les couloirs des Etats pontificaux pour le pousser à la renonciation. Peu actif sur la scène internationale, trop peu politisé, trop « théologien », Innocent XIV paie ainsi le douloureux prix de sa discrétion et de son humilité. Son départ digne contraste avec le conclave houleux qui se prépare. C’est ainsi que s’engage depuis une dizaine de jours une campagne électorale qui en tait le nom. Et même si l’usage interdit aux cardinaux de se « porter candidat », le cardinal Samuel Emerson adopte tous les codes d’un candidat d’une foire électorale : ce marxiste, qui cumula au Westrait les fonctions d’évêque et de délégué syndical, est notamment favorable à la célébration d’unions homosexuelles dans l’Eglise. Le cardinal Emerson est ainsi partisan d’une ligne dite « réformiste » de l’Eglise, qui peut notamment aboutir à l’abandon du latin au profit des langues vernaculaires et de l’ordination de femmes prêtres. Une ligne qui consiste à construire une Eglise bâtarde, fille d’une Eglise catholique multiséculaire et des lubies protestantes qui caractérisent l'Olgarie. Ce faisant, le cardinal Emerson a donc soufflé sur les braises de sa propre [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344997#p344997]tentative d’assassinat[/url] perpétrée il y a deux jours. Une tentative échouée par l’un de ses fidèles, qui a servi de bouclier. Un homme de foi si aimé que ses fidèles sont prêts à donner leur vie pour lui : l’image de campagne idéale pour le cardinal-candidat, qui a profité d’une messe en l’honneur de ce nouveau martyr du culte emmersoniste pour réunir tous ses soutiens.

      À cela près que les soutiens de Samuel Emerson ne seront pas les électeurs du conclave qui s’ouvrira dans les prochains jours. Nul n’est en effet en mesure de dévoiler l’identité du prochain souverain pontife, mais quel que soit le nom de son successeur, il est certain qu’il ne sera pas étranger au complot qui a renversé Sa Sainteté Innocent XIV. À la faction progressiste et réformiste – dont les cardinaux Emerson, Balkanski et Moliac sont les figures les plus représentatives – s’opposerait une faction conservatrice tout aussi politisée que la première. Le cardinal lorthonien Alan Mac Dougall veut associer le monde des affaires au sceptre et à l’épée. Sa grande proximité avec les milieux protestants en ferait à l’évidence un pape bling-bling, à l’image du carriérisme et de l’ambition politique qui étouffe cet ancien membre du Parti Conservateur. Le cardinal-archevêque de Schloss-am-Donar (Hohengraf, Valaryan) affiche lui aussi un certain carriérisme politique. Incarnant la ligne ultramontaine, qui affirme la primauté du pape sur le pouvoir politique, il entend ainsi être à rebours du pontificat d’Innocent XIV. Cette ligne se comprend à l’aune des discriminations que rencontrent les catholiques du Valaryan. Le conclave qui s’annonce est donc celui des contraires qui s’affrontent et quel que soit l’élu annoncé au prochain Habemus papam, il devra faire le ménage au sein du collège cardinalice pour ne pas se retrouver dans la même situation que son prédécesseur.

      [right]Lucian Chabrol[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      28 septembre 2037

      Légitimisme et conservatisme : un panorama mondial

      [img]https://i.imgur.com/0vgyZZO.png[/img][/center]

      Le monde face à l’autorité en 2037, tel est le titre d’un essai de sciences politiques de l’écrivain santognais Cyril Landry. Durant une année, ce dernier a tenté d’analyser les populations d’une trentaine de pays pour connaître leur rapport à l’autorité, qu’elle soit morale ou politique. Pour ce faire, deux axes sont retenus : les populations des pays sont dans un premier temps évaluées en fonction de leur degré de « conservatisme » ou de « progressisme ». Revendiquent-elles un ordre moral défini par des valeurs traditionnelles hostiles aux changements, ou sont-elles plutôt guidées par un idéal de « progrès social », c’est-à-dire sociétalement plus libéral ? Le premier reproche que l’on peut adresser à Cyril Landry, c’est d’astreindre son analyse sur ces deux notions largement éculées et qui nécessitent tellement de nuances qu’elles deviennent difficiles à quantifier comme il l’a fait. Le deuxième axe, plus intéressant, consiste à définir les populations selon leur propension à être légitimistes, c’est-à-dire à soutenir l’autorité de l’Etat, parfois en dépit de leurs convictions propres, ou à l’inverse d’être dans un rapport beaucoup plus contestataire voire conflictuel.

      Le quadrant permet de dégager quatre familles de pays :
      Conservateurs légitimistes : Pour les populations de ces pays, l’ordre moral ne peut se maintenir dans un ordre institutionnel instable, la contestation intense est propice à l’anarchie, par définition source de vices.
      Progressistes légitimistes : Pour les populations de ces pays, les acquis sociétaux et sociaux reposent sur des bases fragiles et seraient en péril si l’autorité de l’Etat venait à être fortement perturbée, d’où la nécessité d’encadrer la liberté et les institutions le plus souvent démocratiques.
      Conservateurs contestataires : Peu nombreuses, les populations de ces pays craignent de voir leur monde s’écrouler. Meurtries par les fléaux d'aujourd'hui (mondialisation par exemple) et idéalisant le passé, elles tendent à rejeter le consumérisme comme marqueur de la société moderne.
      Progressistes contestataires : À l’inverse des progressistes légitimistes, les populations de ces pays soutiennent l’idée qu’un peuple qui ne conteste pas l’autorité doit craindre son pouvoir. La contestation, voire la révolution permanente permet ainsi de garder la classe dirigeante en alerte, pour qu’elle ne dévie pas de l’idéal de progrès.


      [right]Bruno Allaire[/right][/justify]
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HRP : Une analyse plus détaillée sera sans doute proposée plus tard. L'article se veut être une "mise en bouche" pour faire acheter le livre aux lecteurs du journal.
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      6 octobre 2037

      Le principal site santognais du conglomérat teiko Gyôkai occupé par les grévistes

      [img]https://i.imgur.com/STwF6o0.png[/img]
      Les voies d'accès au site logistique sont complètement bloquées[/center]

      Le site des Baux-de-Varaunes du conglomérat Gyôkai, qui emploie près de 520 salariés à temps complet, est bloqué depuis deux jours par un mouvement social. En cause notamment, des heures travaillées non rémunérées, un management tyrannique, près d’une centaine de licenciements en moins d’un an et des recours de plus en plus fréquents à des intérimaires ont mis le feu aux poudres. Profitant d’un foncier très attractif, le conglomérat ventélien avait fait l’acquisition de ce site de 25 hectares il y a dix années, en lieu et place d’un centre de recyclage. Le site, inauguré en grandes pompes par les élus et notables locaux, promettait des milliers d’emplois directs et indirects dans une région fortement impactée par le chômage. Plus récemment connu pour proposer des logements sociaux au-dessus [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341483#p341483]des supermarchés Tabe-Subete[/url], le conglomérat qui les possède a une activité très variée et c’est par le site des Baux-de-Varaunes que matières premières et marchandises finies circulent. Produits bruts comme objets de luxe sont stockés dans ce labyrinthe bien connu des grévistes, qui en ont coupé les accès routiers avec des barricades. Une information, pas encore officielle, indique notamment que le conglomérat envisagerait de délocaliser le site au Gänsernberg, pour profiter notamment de conditions fiscales plus avantageuses, expliquant notamment pourquoi l’activité avait ralenti ces derniers mois.

      « Nous avons compris leur petit manège : de manière lâche, ils vident peu à peu l’entrepôt. Si jamais ils avaient annoncé la délocalisation avec un entrepôt plein, ils savent qu’on aurait pu saboter la marchandise pour faire entendre notre voix. On ne va pas leur donner ce plaisir ! » résumé le porte-parole syndical Silvan Cézan. L’information de la délocalisation aurait circulé au travers de réseaux de pirates informatiques. De plus, aux syndicats se sont jointes des organisations plus ou moins formelles de sympathie communiste, qui ont apporté un concours décisif dans le blocage du site. Nul ne peut pénétrer sur le site sans en avoir obtenu leur autorisation. L’action, qui semble préparée depuis plus longtemps, s’inscrit dans un contexte de progression et radicalisation des mouvements communistes, comme le souligne la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1314&t=16967&p=345061#p345061]presse valaryane[/url], trouvant notamment des échos au Kaiyuan, en Valdaquie, au Westrait et en Litavie ; auxquels s’ajoutent des appuis officiels comme la Phalanstérie et le Bykova. La direction de Gyôkai, qui n’a pas commenté la rumeur de délocalisation, a considéré ce procédé « inadmissible » et a appelé les autorités santognaises à reprendre le contrôle du site. Le gouvernement, toutefois, est pris entre deux feux, entre celui de se plier aux exigences d’un conglomérat qui offrent les logements sociaux que l’Etat ne peut plus se permettre, et celui de renouer avec le peuple qui l’a élu et qui lui reproche de jouer avec les criminels en col blanc dont Gyôkai ne serait qu’un avatar supplémentaire. En attendant de résoudre cette difficile voire impossible équation, l’Etat entend jouer le rôle de médiateur et recevoir les doléances.

      [right]Etienne Bossuet[/right]

      [hr][/hr]

      [center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]

      Scènes d’horreur dans plusieurs villes de l’Ouest : 11 gynécologues mutilés et aveuglés[/center]

      Dans la nuit du 5 au 6 octobre, ce ne sont pas moins onze gynécologues d’Oradour-sur-Méguès, de Fabrègue et des environs qui ont été sauvagement attaqués par des groupuscules extrêmement violents alors qu’ils sortaient de leur cabinet. Une attaque très bien coordonnée qui ne laisse rien au hasard, le renseignement santognais suspecte fortement [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343450#p343450]des militants traditionalistes[/url]. Mains amputés, yeux crevés : les attaques visaient à les rendre totalement inopérants. Au mois de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342430#p342430]janvier[/url], les gynécologues avaient manifesté dans la capitale pour alerter aussi bien les autorités que l’opinion publique sur leurs conditions de travail et sur les menaces qu’ils recevaient. La réponse du gouvernement ne fut pas à la hauteur des enjeux puisque voilà onze médecins mutilés de manière irrémédiable. Pour trois d’entre eux, le pronostic vital est d’ailleurs engagé. L’Ouest santognais est depuis plusieurs années gangrénées par la peste brune traditionaliste.

      [right]Tibotz Casaban[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      11 novembre 2037

      « Il ne fallait pas nous donner un uniforme s’ils ne voulaient pas qu’on forme une armée ! »

      [img]https://i.imgur.com/ZMkRgaB.png[/img]
      Reconnaissables par leurs casquettes rouges, les grévistes de Gyôkai n’entendent pas céder
      Illustration : un lance-roquettes de fortune pour éloigner les forces de l'ordre[/center]

      La détermination est palpable. Plus d’un mois après le début du conflit, les salariés de cet immense site logistique qui dessert la Santogne et le reste de la Dytolie occidentale en divers produits du conglomérat teiko Gyôkai tiennent toujours le piquet de grève. Protégée par plus d’un kilomètre de barricades de fortune, la route habituellement traversée par un défilé incessant de poids lourds montre un nouveau visage, celui de la détermination de salariés qui perdront bientôt leur métier alors que le conglomérat enregistre des bénéfices. Le casus belli ainsi trouvé, l’indignation a permis aux 520 travailleurs de se fédérer autour d’un seul mot d’ordre : ne rien lâcher, ne rien céder. Jour et nuit, les salariés se relaient pour assurer en permanence une occupation des lieux. « Si on lâche notre vigilance, ils vont réoccuper les lieux et on sera baisés. On a un moyen de pression, ils sont pris à la gorge. Il ne fallait pas nous donner un uniforme s’ils ne voulaient pas qu’on forme une armée ! » témoigne un salarié chaudement encagoulé – l’hiver s’installe peu à peu dans cette zone montagneuse - qui porte une casquette rouge du nom de l’entreprise teiko. Le « moyen de pression » dont il parle se trouve derrière lui : bien qu’à moitié vide, le site logistique garde sous haute surveillance des dizaines de milliers de références d’articles, un trésor de plusieurs millions de pistoles.

      Le conglomérat annonce aussi son casus belli : si les salariés vendaient le moindre article qui lui appartient, il « mettrait tout en œuvre » pour reprendre ses droits, quitte à passer par une milice privée. Le gouvernement santognais, quant à lui, est dans une position médiane et opportuniste. En effet, les tentatives des groupes d’intervention pour reprendre le contrôle des lieux ont toutes été vaines. « En aucun cas, je ne mettrai en péril la vie de mes hommes pour sauver des objets d’une entreprise étrangère qui veut foutre le camp ! » aurait déclaré en « off » le commandant Gaucelin Caraveque, qui dirige l’unité d’élite habilitée à ce genre d’opérations. C’est que les forces de l’ordre se voient mal mater une grève dont elles comprennent les motivations. Plusieurs policiers, sensibles à la cause des grévistes – et qui ont eux-mêmes un proche impacté – ont ainsi pris un arrêt maladie analysé comme une objection de conscience. Le gouvernement a d’ores et déjà exclu toute intervention de l’armée santognaise… mais se montrerait prêt à laisser agir des milices privées si le Teikoku s’engage à respecter l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344580#p344580]ultimatum lancé par la ministre de l’economie[/url]. Realpolitik, quand tu nous tiens. Gyôkai, qui murmure à l’oreille du pouvoir teiko, espère quant à lui une reddition de la part des grévistes, qui ne sont plus rémunérés depuis le début du conflit social, et par la coupure de l’alimentation en électricité et en eau du site logistique. Un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1257&p=345589#p345589]appel aux dons sur Longanee[/url] a ainsi été lancé pour permettre aux 500 salariés de continuer le mouvement. Cependant, plusieurs dizaines ont déjà accepter de s’en retirer en échange d’une prime de licenciement proposée par Gyôkai. Le bras de fer continue.

      [right]Justin Cazal[/right][/justify]
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