Encyclopédie et atlas du Liang

Frederick St-Luys

Message par Frederick St-Luys »

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[center]4) Moyen-âge central[/center]
    • Dynastie Qiang du Sud (859 à 1033)
      [justify]La dynastie Qiang du sud est fondée en 859 par un membre d'une branche cadette de la maison impériale, Shen Hanzhong, duc de Han, qui adopte comme nom de règne Lin Qiangdi. Commandant militaire renommé, il s'empare du pouvoir à la suite d'un coup d'Etat, chassant du trône l'enfant-empereur Mo, et faisant exécuter les Dix-Sept Eunuques qui exerçaient jusqu'alors la régence.
      L'empire est alors dans une période extrêmement critique. Les Cheghars se sont emparés des Neuf Commanderies du Nord et de la riche province de Yan, tandis que plusieurs grands seigneurs locaux sont en révolte ouverte. Dans le nord, le commandant des troupes frontalières de la steppe s'est auto-proclamé roi Yao du royaume de Min, et marche avec 50.000 vétérans sur Kaijing, la capitale. Dans les montagnes du nord-ouest, un sage taoiste, Yue Gan, a annoncé dans ses prédications la chute du régime impérial, et l'imminence d'une grande convergence cosmique. Attisée par ses discours enflammée, une immense révolte paysanne, la révolte des Brassards Blancs, se déclenche, et plus de 300.000 rebelles convergent vers les plaines centrales. Enfin, dans l'extrême ouest, le gouverneur Dian Wang a totalement cessé de répondre aux ordres qui lui sont envoyés.

      Le nouvel empereur déploie alors une énergie et une pugnacité rares pour contrer ces menaces. Il commence par faire la paix avec les Cheghars, en leur accordant officiellement le territoire qu'ils contrôlent déjà, et en achetant les services de plus de 10.000 archers de cavalerie mercenaires. Rassemblant la garde impériale et les troupes des provinces centrales, il marche à la rencontre de l'armée du roi Yao. La bataille des plaines de Fanmeng (860) signe la fin des ambitions de ce dernier, dont la tête est ramenée sur une pique à Kaijing.
      L'empereur Lin profite du répit assuré par cette victoire pour réorganiser l'armée impériale en brigades plus petites et plus mobiles, pour rationaliser ses moyens, et entamer un vaste programme de construction de places fortes. Les épidémies et la sécession des provinces extérieures sont grandement réduit les capacités militaires de l'empire, aussi une stratégie défensive est à l'époque considérée comme essentielle.
      Malheureusement, déjà un nouveau malheur s'abat sur l'empire. L'immense armée des Brassards Blancs s'abat comme une nuée de sauterelles sur les provinces à l'ouest de Kaijing. Fanatiques, affamés et désespérés, les paysans et leurs chefs détruisent tout sur leur passage. L'empereur mobilise de nouveau l'armée impériale, renforcée par les mercenaires Cheghars et les anciens soldats de l'armée de Min. En une série de batailles, il parvient à briser l'essentiel de l'opposition adverse, mais la subversion de la doctrine taoïste radicale de Yue Gan, et le chaos suivant le passage des rebelles empêchent toute victoire rapide. En parallèle, les raids des Nanbans sur les commanderies du sud de l'empire forcent à diviser l'armée.
      En dix ans de campagnes permanentes, l'empereur Lin parviendra à stabiliser et sécuriser le cœur de l'empire, mais il échouera à léguer à ses enfants les provinces occidentales, définitivement perdues, où trois royaumes se sont graduellement formés: le royaume de Wuyue, le long de la côte de la Mer Intérieure, où régnaient les descendants du gouverneur Dian Wang, le royaume de Liu Bai, gouverné par les Neuf Sages Célestes, successeurs de Yue Gan, et le royaume de Wei, né du chaos de la pacification des Brassards Blancs.

      La dynastie Qiang du Sud durera encore deux siècles, dans un contexte général de fragmentation et de militarisation de la région. Grâce à son contrôle sur les riches provinces centrales, la dynastie parvient toutefois à demeurer prédominante, mais subit une forte mutation culturelle et politique. Le bouddhisme, notamment vajrayana, connaît une certaine résurgence, tandis que le progrès scientifique, notamment militaire, s'accélère. Les sages liangois mettent alors au point la poudre à canon, d'abord dans le cadre de feux d'artifices, puis, de manière plus redoutable, dans des grenades. D'immenses forteresses frontières commencent à surgir de terre, tandis que la conscription est instituée. Très impopulaire, elle parvient toutefois à mobiliser ponctuellement des forces considérables, suffisantes pour tenir en respect les voisins de l'empire.
      A l'extérieur, les Qiang du Sud se montrent réticent à l'aventurisme, et préfèrent largement payer leurs voisins pour obtenir la paix. La fragmentation du khaganat Chegahr dès 871 arrive à point nommé pour limiter les menaces et maximiser les options diplomatiques.

      Néanmoins, au fil des siècles, la dynastie Qiang du Sud connait une érosion continue de son pouvoir. Ne pouvant s'appuyer sur des conquêtes militaires retentissantes ou sur un fort essor économique, elle souffre de graves inégalités et de tensions sociales permanentes, qui voient les jacqueries se multiplier, souvent inspirées de la révolte des Brassards Blancs. Finalement, c'est de la classe mandarinale que viendra le coup de grâce: la baisse continue des salaires des mandarins a laissé nombre d'entre eux au bord de la pauvreté, et continuellement affaibli l'emprise administrative de la famille impériale. C'est en instrumentalisant cette grogne que le Premier Ministre Cheng Fuxian, l'un des plus grands seigneurs de l'est du Liang, parvient à renverser en 1033 le dernier empereur Qiang, Xiaocheng, et le remplacer en tant que souverain. L'ancien empereur, en un rare geste de magnanimité, fut autorisé à porter le titre de marquis de Dianxi, et à finir ses jours dans une maison de campagne.
      C'est le début de la dynastie Xing.

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      • L'empire de l'aigle blanc: la chute des Cheghars et la naissance du khaganat Saïgar unifié (975 à 1262)
        [justify]Les Saïgars sont un peuple natolique dont le passé est largement méconnu, mais qui effectuent une entrée fracassante sur la scène mondiale, en brisant en quelques années le puissant empire Cheghar, au XIème siècle.
        Sous la conduite de leur chef, le Chaya Erzek Batul Korlash, ils passent les monts Baalsoog en 974, et trouvent face à eux un khaganat Cheghar profondément divisé.
        En effet, en 866, le khagan Cheghar légitime, Dhantan Bandhag, avait après une brève guerre civile été déposé par Mhange't Tuopa "Le Borgne", un puissant noyan de l'aile droite, porté au pouvoir par ses pairs. Néanmoins, Mhange't se révéla vite être un tyran violent et impitoyable, et s’aliéna notamment les anciens clans royaux des Bandhag et Chayan. Une nouvelle guerre civile éclate, plus longue et sanglante, au terme de laquelle Mhange't Tuopa perd tout contrôle sur les territoires de "l'aile gauche", c'est-à-dire la moitié orientale de l'empire, qui passent sous l'autorité du jeune frère du khagan légitime, Qutul Bandhag.
        La situation se stabilise progressivement, et pendant près d'un siècle les descendants des deux khagans rivaux se disputeront le pouvoir, sans parvenir à triompher et à réunifier l'empire.

        C'est à ce moment que les Cheghars font face à l'invasion Saïgare. Prises entièrement au dépourves, les armées épuisées des deux khagans Cheghars furent culbutées par les Saïgars, et durent se retirer de l'autre côté de la steppe de Tzaraan Duu. C'est là que se tint en 975 la bataille des Eaux Noires (Kara Gol), qui vit la destruction totale de l'ost Cheghar oriental. Le khagan oriental, Yril'ör Bandhag, meurt, meurt criblé de flèches. En quelques jours, c'est la balance du pouvoir dans toute la Ventélie du nord qui a changé.
        Voyant la menace, le khagan occidental, Ul'gin Tuopa, refusa de livrer bataille aux envahisseurs, et se retira de l'autre côté du désert d'Athar, dans les régions occidentales de l'empire cheghar. Néanmoins, ce fut en vain, comme dès 1010, l'empire Cheghar occidental avait disparu.

        Laissés sans opposition, les Saïgars vont en quelques années recréer une empire gigantesque sur toutes les steppes natolico-ventéliennes, occupant les terres des Cheghars mais aussi des Kuchi, réduisant le jadis puissant empire Cheghar au stade de petit royaume feudataire, concentré sur ses territoires liangois. C'est ainsi que, progressivement, l'ancienne terreur de la steppe se liangisa, et devint un royaume liangois, pacifique et connu pour la qualité de ses oeuvres bouddhistes. Réduit à cette portion congrue, le royaume désormais nommé Chen survécu jusqu'en 1087.

        Néanmoins, après un siècle de conquêtes, le khaganat Saïgar connût ses propres difficultés. Il était en effet en proie à des problèmes religieux graves: les premiers saïgars avaient été partiellement convertis au manichéisme durant le Xème siècle par des missionnaires Kuchi, et les tensions religieuses entre partisans de la religion traditionnelle tengriiste et manichéens n'avaient depuis lors cessé de grandir.
        L'arrivée au pouvoir en 1067 d'un chef fanatiquement manichéen, Chaya Arha Zurant, met le feu aux poudres, et une guerre civile de grande ampleur éclate. Pendant deux ans, les clans rivaux s'entre-tuent sur tout le territoire Saïgar, les villes sont mises à sac, les troupeaux détruits, jusqu'à ce que le khaganat finisse fractionné: au nord, Chaya Arha Zurant et les plus dévots des manichéens continuent de dominer la Steppe Majeure de Tzaraan Duu, formant le Khaganat des Saïgars Noirs (Kara Saïgars), tandis que les tengriistes, nestoriens et bouddhistes migrent vers le sud, s'installant d'abord dans la Steppe Mineure de Khangaï, puis, après avoir forcé les monts Darya, occupant le territoire des anciens royaumes liangois de Liu Bai et de Wuyue, établissant le riche et puissant Khaganat des Saïgars Blancs (Ak Saïgars).[/justify]
      Frederick St-Luys

      Message par Frederick St-Luys »

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      [center]5) Les Xing et la domination touranienne (1033 à 1337) [/center]
        • Dynastie Xing (1033 à 1277)
          [justify]L'ancien Premier ministre des Qiang, Cheng Fuxian, se proclame en 1033 empereur Bai de la Dynastie Dorée des Xing. Son règne est marqué par une tentative vigoureuse de redressement du vieil empire nord-ventélien, favorisée tant par le contexte international et économique que par le génie organisateur du nouveau souverain.

          En effet, le début du XIème siècle est marqué par un net affaiblissement des ennemis traditionnels du Grand Liang. Au nord, le puissant empire Cheghar, qui avait pendant des siècles menacé les peuples sédentaires, s'est écroulé sous les coups de boutoir des Saïgars. Les royaumes nés de l'effondrement de la Dynastie Qiang du nord au VIIème siècle ont été emportés par la marée des Saïgars : le royaume de Liu Bai en 1038, le royaume de Wuyue en 1041, le royaume Cheghar de Chen en 1087. En 1040, ce sont les armées impériales qui annexent le royaume Wei, suite à la défection de plusieurs généraux de Wei. En dépit d'affrontements frontaliers réguliers, les empires Saïgars et Xing demeurent en paix. Les nombreuses guerres civiles, tribales et religieuses des envahisseurs de la steppe favorisent ce statut quo.
          Au niveau économique, le Grand Liang des Xing profite de l'essor de la sériculture. De nouvelles techniques d'élevage des vers à soie ont permis de faire croître considérablement la production, et la soie liangoise trouve de nouveau à s'exporter vers l'occident grâce à la sécurisation des routes commerciales de la steppe par les Saïgars.

          Enfin, au niveau interne, l'empereur Bai se révèle être un génie de l'organisation et de l'administration. Capable de dicter plusieurs lettres à la fois, ne dormant que quatre heures par nuit, infatigable, hautement intelligent et doté d'un instinct sûr, il mène tambour battant la réorganisant des institutions et de l'économie de l'empire. Il s'entoure également d'une cour de personnages brillants, comme le général He Lin, le poète Tian Ding, ou encore le stratégiste, alchimiste et l'ingénieur Dian Shu. Ce dernier met au point des armes qui joueront un rôle central dans la défense du territoire Xing dans les siècles à venir, utilisant notamment une invention promise à un bel avenir: la poudre noire. Parmi les armes créées, il y a la Grue Vermillon (balliste à répétition), le dragon ascendant (arme à feu rudimentaire), l'oeuf de phénix (grenades rudimentaires), la Dent du Dragon (fusées), l'arbalète à répétition, et le procédé Dian Shu d'affinage de l'acier.

          Les principaux troubles du règne de l'empereur Bai se concentrent sur la frontière sud, où des soulèvements multiples des tribus Liao imposent le déploiement de forces considérables. La hausse des taxes, notamment sur les nobles et les habitants des villes, est assez mal vécue, et donne lieu à plusieurs conjurations visant à tuer le souverain, et placer le fils de l'ancien empereur Xiaocheng sur le trône. Néanmoins, toutes échoues, et à partir des années 1050, l'empire retrouve sa stabilité.
          Ainsi, à la mort de l'empereur, en 1060, l'empire a connu un redressement spectaculaire. Pendant près d'un siècle, les souverains suivants de la dynastie Xing jouiront des dividendes de ce règne extraordinaire, et compteront parmi les souverains les plus prospères et les plus puissants de Ventélie, voire du monde. Et ce sont cette richesse et cette puissance qui lui permettront de résister pendant cinquante ans aux assauts des plus formidables des conquérants du moyen-âge: les Syires.[/justify]

        [justify]
        • Chute du Khaganat des Saïgars blancs et émergence de l'empire Siyre
          L'empire Syire, parfois également appelé empire Touranien, trouve ses origines à la fin du XIIème siècle dans la steppe de Khangaï, au-delà des monts Tianzhu, dans l'actuel Liang. A cette époque, la région est sous le contrôle des chefs nestoriens et bouddhistes du Khaganat des Saïgars Blancs (Ak Saïgars).
          Ceux-ci ont migré vers le sud suite aux guerres religieuses qui ont déchiré l'empire Saïgar au XIème siècle, pour s'installer dans la région entre la Mer Intérieure et les monts Tianzhu. C'est une région dotée dans sa moitié sud de nombreuses villes liangoises, située sur le tracé de la route de la soie. Au sud et à l'est, les khagans Saïgars lancent régulièrement des raids sur les riches royaumes ventéliens et marquésiens, en quête de butin et de gloire.

          Mais cet empire est à la fois ethniquement et religieusement très diversifié, donc fragile. Le peuple saïgar ne représente que l'élite: même parmi les nomades, ils sont une minorité. Le reste des nomades se compose de diverses tribus regroupées sous le qualificatif général de "touraniennes": des Cheghars, des Alken, des Raïga, des Seghesh, et, dans le sud de la steppe de Khangaï, des Syires. Cette tribu en particulier place traditionnellement ses ancêtres parmi le clan Sira de l'antique Khaganat Xi, même si les historiens considèrent de manière plus réaliste qu'elle est le résultat de l'amalgamation de nomades Cheghars sur une base de populations locales. Enfin, ces populations mêmes sont numériquement bien inférieures aux immenses masses humaines des cités liangoises du sud-ouest, où la domination Saïgare est parfois incertaine.

          Dans ce contexte, l'emprise des khagans Saïgars Blancs faiblit de plus en plus. Les conflits internes dans leurs domaines sont plus en plus prononcés, qu'ils soient tribaux, religieux, politiques. Ils sont aussi souvent encouragés par l'or des grands rivaux des Saïgars Blancs, les Saïgars Noirs, voire du puissant empire Xing, qui a depuis longtemps fait sienne la politique de laisser les barbares s'entre-tuer.

          C'est durant ces années qu'un nouveau chef arrive au pouvoir parmi les Syires, un homme qui, jadis vendu comme esclave dans le royaume lointain de Rajanagar (actuel Karmalistan), en est revenu animé d'ambitions immenses et d'une volonté inexorable: un Syire nommé Djaghataï. A partir de 1181, il place progressivement l'ensemble des tribus locales sous son contrôle. C'est à ce moment que le khagan des Saïgars Blancs, Hulash Yukul, décide de se débarrasser de cette menace en puissance. Les armées des deux chefs se rencontrent à la Bataille du Lac de Sel (1189), et c'est une déroute pour l'armée Saïgare. Le glorieux Khaganat Saïgar Blanc entier s’écroule en quelques mois, alors que des prétendants émergent partout. Djaghataï doit alors encore guerroyer pendant plus de dix ans, vaincre un à un ses rivaux, repousser des invasions des Saïgars Noirs et des Xing. Pendant ce temps, il réorganise profondément les soldats de sa tribu, en faisant une armée d'une efficacité terrifiante, mécanique de mort parfaitement huilée, et promulgue en 1196 une Grande Loi (Ikh Zasag), destinée à guider les vies de ses sujets. Mais ce n'est qu'au Kurultaï de Talaag Bayan de 1206 qu'il est proclamé Khan des Syires et de tous les peuples de la steppe par les shamanes de Tengri. Du bout des lèvres, il reconnaît encore au Khagan des Saïgars Noirs le pouvoir sur la steppe du nord.

          Afin de consolider sa légitimité, et réaliser ses ambitions, il tourne alors ses armées vers l'extérieur.
          Une première campagne en 1207 contre l'empire Xing se révèle peu fructueuse: les Xing parviennent à détruire au moyens d'engins incendiaires et de fusées les barges que les Syires comptaient utiliser pour traverser le fleuve frontalier Yalan Gol, et il faut annuler toute l'entreprise. L'échec militaire se double de troubles politiques: les ennemis intérieurs de Djaghataï relèvent la tête, tandis que certains parmi les chefs tribaux maugréent qu'un khan incapable de procurer du butin n'est pas un khan digne d'être suivi. Plusieurs années de consolidation politique sont de nouveau nécessaires.

          Une fois sa position sécurisée, il décide alors d'assouvir un vieux rêve: retourner à la tête d'une armée dans les royaumes du sud, où jadis il avait été esclave, et faire connaître la terreur aux habitants complaisants et riches de ces terres. Des campagnes répétées durant les années 1210 lui donnent le contrôle absolu des rives sud-est de la Mer Intérieure. Puis, prétextant l'attaque d'une caravane diplomatique en 1219, il lance ses forces à l'assaut du puissant Sakhanat musulman de Jarqori. La victoire militaire est totale, et dès 1224, c'est le tour du riche royaume hinoudiste de Rajanagar d'être pris. Même les puissants murs des cités de ces royaumes ne parviennent pas à arrêter les Syires, qui ont pris soin d'emmener avec eux des ingénieurs militaires liangois issus des cités liangoises de l'ancien khaganat Saïgar Blanc.

          [center]Ces campagnes et toute l'histoire Syire [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=998&t=13810&start=15#p324654]sont relatées avec davantage de détails[/url] dans l'encyclopédie du Karmalistan, dont je me suis efforcé de synchroniser l'histoire avec celle du Liang.[/center]
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          • Les guerres Syires dans le nord
            Ainsi, au milieu des années 1220, c'est une superpuissance continentale qui s'est établie autour de la Mer Intérieure. Ses armées dominent l'est de la Marquésie et le nord de la Janubie, ainsi que l'ouest de la Ventélie, où la pression sur l'empire Xing et les Saïgars Noirs devient énorme.
            Dès 1226, Djaghataï retourne vers le nord, à la tête d'une armée énorme et chargée de butin. Sa prochaine campagne est une affaire personnelle: l'empire Xing. Il n'a pas oublié l'échec humiliant de 1207. Cette fois-ci le vieux khan prépare plus soigneusement ses forces, et fait construire par ses ingénieurs marquésiens et liangois en cinq jours un immense pont sur le fleuve Yalan Gol. Les chefs militaires Xing sont pris de court, et avant que le gros des forces en provenance des Provinces Centrales n'ait pu arriver, les Syires, terreur du monde, se répandent sur la moitié ouest de l'empire. Une première armée Xing est vaincue à la bataille de Hulan. Djaghataï met alors le siège devant l'importante ville de Yi'an.

            Or, Yi'an avait jadis été fortifiée par le redoutable ingénieur Dian Shu. Plusieurs tentatives d'assaut échouent piteusement, tandis que chaque jour le gros de l'armée impériale Xing, fort de près de 250.000 hommes, approche à marche forcée. La situation des assiégeants devient encore plus difficile quand la peste se répand parmi leurs soldats, fauchant les vastes contingents de miliciens marquésiens et janubiens qui avaient été emmenés de force afin servir de vague humaine lors des assauts.
            Perdant patience, Djaghataï ordonne un assaut généralisé. Les combats sont sanglants, et à plusieurs reprises, les envahisseurs paraissent sur le point de prendre la ville, lorsque soudain la mort du khan cause la fin brutale de l'attaque. Les versions diffèrent: selon le chroniqueur liangois Shi Qulin, le vieux khan aurait été fauché par le projectile d'un trébuchet ou par une fusée alors qu'il encourageait les hommes à s'engouffrer dans une brèche. Selon les chroniques Syires, c'est la peste qui aurait emporté le chef, alité dès le début des combats. Ce qui est certain, c'est qu'en l'absence de khan, aucun chef tribal n'acceptait de prendre d'ordres, et que toute l'offensive s'arrêta. A la nouvelle de l'approche de l'armée impériale, les forces Syires finissent par se retirer au-delà du Yalan Gol.

            Les années suivantes sont des années de recomposition et de consolidation pour l'empire Syire. Les fils du défunt khan se partagent le pouvoir d'une manière plus ou moins harmonieuse. Malgré des frictions occasionnelles, partout les armées Syires progressent: au sud, en Janubie, à l'ouest, en Marquésie, jusqu'aux confins de la Dytolie, et à l'est, en Ventélie.

            Dans cette dernière région, c'est au terme de longs et difficiles campagnes que les Syires parviennent à bout de leurs ennemis dans le nord-est. Dans la steppe de Tzaraan Duu, les Saïgars Noirs manichéens ont vu avec une inquiétude croissante l'extraordinaire expansion de leur voisin. Leur chef, le khagan Elter Öos est persuadé que le royaume de Djaghataï est le Royaume des Ténèbres, par lequel le Seigneur des Ténèbres va éradiquer la lumière de Mani de la Terre. Entre 1230 et 1260, plus de dix-sept campagnes sont nécessaires pour que les Syires viennent à bout des Saïgars. Fanatiques et tout aussi accoutumés aux méthodes de combat de la steppe que les Syires, leur résistance n'est brisée que lorsque les habitants Kuchi des cités de la route de la Soie, las des guerres et de l'obscurantisme de leurs maîtres, se rangent du côté des Syires. Brisé, le vieil empire Saïgar s'écroule. Seules les Quatre tribus des Choiros préservent leur indépendance dans les étendues désolées des steppes occidentales. Malgré tout, les soulèvements manichéens demeureront encore monnaie courante dans la région jusqu'aux invasions Xilkin, plusieurs siècles plus tard.

            En prenant le contrôle de cette région, les Syires établissent pour la première fois une zone de contrôle continu, s'étendant des confins orientaux de la Dytolie aux bords de la Ventélie: c'est notamment par le biais de cet espace extraordinaire, couvert de relais de poste et de caravansérails, et qui peut donc être parcouru par les marchands, que les dytoliens auront leurs premiers contacts directs avec l'orient.
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            • La chute de la dynastie Xing

              Mais la plus difficile des guerres Syires est la conquête du Grand Liang des Xing.
              L'empire est alors entré dans une période de déclin, notamment en raison de la rupture des liens commerciaux avec l'occident et l'explosion des budgets militaires nécessaires pour fortifier la frontière occidental. Les empereurs Xing sont progressivement dépossédés de leur pouvoir par le Général Sauvegardant l'Empire de Barbares, qui agit en véritable maire du palais.

              Malgré ces faiblesses, l'empire demeure un adversaire formidable. Le khan Syire Khalagaï ne s'y trompe pas: En 1235, c'est une armée de 200.000 hommes qu'il organise en trois corps pour attaquer simultanément l'empire par le nord, l'ouest et le sud-ouest.
              L'ouest du Grand Liang est alors ravagé de manière répétée par les armées des adversaires. Souvent, les forces liangoises sont vaincues en rase campagne, où la terrible cavalerie de la steppe peut disloquer et détruire leurs formations. Mais, dans un pays aussi densément peuplé, c'est dans la défense des nombreuses villes fortifiées que les liangois excellent. Utilisant leur arsenal d'armes de jet, d'incendiaires, et de techniques de construction avancées, les défenseurs peuvent mettre en échec les assiégeants pendant des années, à plus forte raison lorsque le ravitaillement par les nombreux fleuves est possible. Ainsi, le siège de Xiandu durera 7 ans (1236-1243), celui de Taiyan 10 ans (1237-1247), et celui de Qiaopi près de 16 ans (1236-1252).

              Les pertes humaines sont effroyables, et à plusieurs reprises, les Syires doivent faire venir des troupes auparavant engagées en Marquésie et en occident pour continuer leur offensive. Parmi les Xing, les campagnes ravagées et la mobilisation de masse des troupes font chuter la production alimentaire, et engendrent de grandes famines. Les historiens estiment que durant cette période, la population de la région connaît une chute drastique, passant de 58 millions à 29 millions.

              Néanmoins, à partir de 1558, il devient manifeste que l'empire Xing est en train de progressivement perdre la guerre. La chute de Qiaopi est un coup dur pour le moral des défenseurs, tandis que progressivement le conflit atteint les Province Centrales, grenier à riz et centre politique de l'empire. Des troubles internes s'ajoutent à cela: un parti "impérialiste" parvient à renverser le pouvoir du Général Sauvegardant l'Empire des Barbares. La désorganisation engendrée donne autant d'opportunités aux envahisseurs de s'emparer de positions.
              Finalement, à partir du milieu des années 1260, l'empire Xing s'effondre progressivement. Les Syires [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1253&t=16253&p=358260#p358260]s'emparent en 1268 de la capitale, Zhongdu[/url], après un siège de quatre ans: à cette occasion, l'empereur Yanzong se suicide, en compagnie de l'ensemble de la cour impériale. La ville est pillée pendant sept jours et sept nuits. Mais, même après cela, pendant quatre ans encore, jusqu’en 1272, un cadet de la famille impériale, Cheng Liao, auto-proclamé empereur Ai de Xing, organise la résistance dans le nord-est de l'empire, depuis les forteresses qui jadis marquaient sa frontière nord.
              Finalement, fin 1272, la tête de Cheng Liao est amenée au khan au bout d'une pique. C'est la fin de la dynastie Xing. Ce dernier règne alors sur les ruines d'un des grands empires du monde.[/justify]
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              • La fracturation de l'empire Syire et la établissement de la dynastie Wei

                Les Syires n'auront toutefois que peu de temps pour jouir de cette victoire chèrement acquise.
                Dès 1281, l'impensable se produit: l'empire est divisé. En effet, le fossé entre les moitiés nord-est et sud-ouest de l'empire est profond. Au-delà des conflits dynastiques et claniques opposant souvent les noyans (seigneurs Syires) fieffés dans les diverses parties de l'empire, il y a une différence de philosophie et de plus en plus souvent de religion entre les deux moitiés. Au sud-ouest, confrontés aux masses religieuses islamiques et hindouistes, les chefs Syires ont adopté une posture de rigorisme religieux, s'agrippant à leur foi Tengriiste. Au nord-est, en particulier à partir de le la fin des guerres contre les terribles Saïgars Noirs, une certaine tolérance s'est installée, plus tard favorisée par l'arrivée des quantités phénoménales de richesses pillées et d'esclaves capturés au Grand Liang.
                Finalement, en 1281, un important Noyan du sud, Qaïdu, entre en rébellion contre le khan élu l'année précédente, Sharlik Khan, alors occupé à mâter une rébellion manichéenne au nord du désert d'Athar. Qualifiant l'élu de "Shizu" ("chien galeux de sédentaire"), il parvient à obtenir l'appui de toutes les troupes situées au sud et à l'ouest de la Mer Intérieure.
                Néanmoins, après plusieurs campagnes, aucun des deux chefs ne parvient à obtenir l'avantage, et un statu quo inconfortable s'installe, entre le Khanat Mara'utoglar de Qaïdu, centré sur l'actuel Karmalistan, et le Khanat Syire légitime, centré sur sa capitale, Aralbakan, l'ancienne Arhöngaat des Saïgars Blancs, dans le sud de l'actuel Liang.

                Cette fracturation marque également un progressif relâchement des conquêtes et des ambitions des Syires. Leurs forces et leur attention sont de plus en plus souvent tournées vers des problèmes internes, en particulier les révoltes régulières sur les territoires du Grand Liang et dans la steppe de Tzaraan Duu. Ainsi, à l'occasion de la Grande Révolte Saïgare de 1310 que le grand général Syre Telenger Ukils doit pratiquement reconquérir intégralement la région.
                En parallèle, la fracturation tribale et politique au sein du Khanat s'accélère rapidement. Au début du XIVème siècle, il y a déjà plusieurs centaines de lignées se réclamant de l'ascendance du conquérant Djaghataï, et autant de prétendants potentiels au pouvoir suprême. Les règnes des Khans deviennent graduellement de plus en plus courts, et leur pouvoir sur les provinces les plus éloignées plus incertain.

                C'est dans ce contexte qu'un liangois aux origines modestes entame son ascension vers le pouvoir. Fils d'un fabriquant de lanternes, Shun Zhi débute sa rébellion le jour où, ivre, il tue accidentellement un soldat Syire dans une taverne. Se sachant perdu si les Syires lui mettaient la main dessus, il parvient convaincre les personnes présentes dans la taverne de s'engager avec lui dans une révolte en bonne et due forme.
                Ces évènements se produisent alors que le contrôle Syire sur l'ancien empire Xing devient de plus en plus ténu chaque jour. De nombreuses bandes de brigands sillonnent les campagnes, des vice-rois sont en rébellion ouverte, et des sectes fanatiques taoïstes et bouddhistes ont armé leurs fidèles. Certains, comme l'Immortel Sage Yu Jin, prétendent instaurer un Royaume Céleste de Dix Mille Ans. D'autres, comme le général Qian Ming, assurent qu'ils désirent rétablir un héritier des Xing sur le Trône Doré.

                Mais contre toute attente, c'est la révolte lancée par le fabriquant de lanterne Shun Zhi qui réussit le mieux. Ce dernier se révèle être un habile meneur d'hommes, tandis que son penchant pour la cruauté à l'égard des Syires électrise le peuple. Rapidement, les bandes guerrières Syires sont dépassées, et doivent évacuer toujours plus de terres liangoises. Finalement, en 1335, le plus grand affrontement de la restauration de l'indépendance liangoise a lieu non pas entre envahis et envahisseurs, mais entre envahis: Shun Zhi vainc à bataille de la Passe de Daling les armées du Royaume Céleste de Dix Mille Ans, et, suivant la tradition liangoise de brutalité extrême envers les vaincus, fait bouillir vif le Sage Yu Jin, mettant par la même occasion fin au mythe selon lequel ce dernier serait réellement immortel.
                Après cela, l'armée de Shun Zhi progresse rapidement vers l'ouest, jusqu'à atteindre la Mer Intérieure pour la première fois depuis les Qiang du Sud. Ce faisant, elle boute les derniers Syires hors du Grand Liang, rétablissant l'empire. En 1337, dans la nouvelle capitale, Jiangdong, Shun Zhi se proclame officiellement empereur Gaozu de Wei, et instaure la dynastie Wei.
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              Frederick St-Luys

              Message par Frederick St-Luys »

              [center]6) Des commencements de la Dynastie Wei à la Deuxième Domination Liangoise de Steppes (1337 à 1570)[/center]
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                • L'établissement de la Dynastie Wei
                  La dynastie Wei marque le début d'un grand essor du Daliang. C'est une période de stabilité politique, de rapide croissance économique, et de développement technologique, après la stagnation des années de domination nomade.
                  Dès le règne du premier empereur Wei, les frontières extérieures se stabilisent au-delà des limites de l'ancien territoire Xing. L'armée, réorganisée selon un système décimal inspiré des Syires, reprend possession des villes côtières de la Mer Intérieure à l'ouest, et s'empare des Dix-Sept Préfectures de Liang sur les contreforts est de la chaîne des monts Tianzhu.
                  La capitale impériale est transférée à Jiangdong, rapidement renommée Tianji, la Ville Céleste, une cité neuve dans le centre des plaines du Daliang. En vingt ans, la ville atteint quatre cent mille habitants. Dans les campagnes, les derniers restes de la vieille aristocratie Xing ayant collaboré avec les envahisseurs sont éliminés, et un système bureaucratique centraliste, basé sur les enseignements du légisme et du qinluaisme, est mis en place.
                  L'empereur lui-même est un homme peu éduqué, au caractère volontiers emporté, mais noté d'une grande intelligence organisatrice. En choisissant habilement ses ministres, il donne à l'appareil d'Etat les fondements solides d'une dynastie pluriséculaire.

                  Cela se confirme durant les règnes suivant, en particulier celui de l'empereur Hongdi. Ce dernier, avec l'aide de son frère le prince Ji'er et de sa sœur la princesse Shang, met au point un dessein qui changera la face de la Ventélie septentrionale: la conquête et la sédentarisation forcée de l'ensemble des steppes du nord. Grâce au recours massif aux armes à feu, issues de la fusion des technologies occidentales et liangoises, les armées du général Ji'er viennent à bout les unes après les autres des cités Kuchi et des hordes Telenge. Pendant ce temps, la princesse Shang construit un réseau redoutable d'espionnage et d'alliances, qui permet de maintenir habilement la supériorité stratégique liangoise dans la région.
                  En vingt ans, toutes les cités Kuchi jusqu'à la lointaine Yarkush, au pied des monts Ilyau, sont sous protectorat Daliangois. De longs réseaux de forts sont édifiés le long des routes caravanières, mais aussi dans le nord, en ce qui deviendra le Long Mur du Daliang, allant de la mer de Beixi au Désert d'Athar, en passant par la Porte d'Or.
                  Pendant ce temps, le royaume des Khans telenge héritiers de l'ancien empire Syire a été amputé de l'essentiel de ses territoires méridionaux, et a du se repositionner sur la moitié nord de la steppe de Tzaraan Duu.
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                  [center][img]https://i47.servimg.com/u/f47/11/41/46/43/dalian11.png[/img][/center]
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                  • La "Première Domination Liangoise"
                    C'est la période de la "Première Domination Liangoise" des steppes qui commence. Pendant soixante ans, les armées de l'empire du Daliang contrôlent l'essentiel de la région, et le Daliang devient la principale puissance régionale. C'est aussi une période de grande prospérité économique, marquée par un accroissement des échanges vers le reste de la Ventélie, le Teikoku et la Dytolie via les ports de Shinzi et de Dingyuan.

                    La Première Domination prend fin en 1462, lorsque la négligence des réseaux d'alliances locales et le délabrement d'une partie des forts permettent le succès des Trois Rébellions. Il s'agit de trois soulèvements brutaux contre la domination liangoise, menés par différentes peuplades de la région: les Telenge, sous la conduite d'Ashgömor Khan, dans le nord, les Xilkins, peuplade nouvellement arrivée, dans le nord-ouest, et les Izari dans les ergs occidentaux du désert d'Athar.
                    Pendant vingt ans, le contrôle du Daliang est gravement menacé. Des troubles politiques à Tianji empêchent l'envoi de renforts, aussi les vices-rois du nord sont souvent livrés à eux-mêmes. Leurs combats contre les rebelles connaissent des fortunes inégales. Après quelques premiers succès durant leur attaque du Long Mur, les Telenge sont décisivement battus à la bataille de Erkhet Gol, et Ashgömor Khan consent à signer une paix humiliante.
                    Dans le nord-ouest, les Xilkins parviennent à se tailler un royaume aux dépends des territoires des protectorats liangois de Yarkush et de Qisho. Leur puissance est telle que les liangois préfèrent composer avec cet encombrant voisin, et consentent à leur laisser les terres conquises.
                    Finalement, les rebelles Izari de l'ouest mènent une longue et difficile guerre de guérilla contre les garnisons liangoises du désert d'Athar. Face à un ennemi insaisissable et connaissant parfaitement le désert rocailleux des Ergs, les soldats liangois sont souvent désarmés. Néanmoins, après la mort du chef Izari Atris durant l'assaut du fort de Hixu, la rébellion perd en vitesse à la faveur d'une reprise des traditionnelles luttes intestines entre clans Izari. Sous dix ans, la rébellion a de facto cessé.
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                    • La fondation du Protectorat Général Septentrional de Liang et la Deuxième Domination Liangoise de Steppes
                      Les évènements des Trois Rébellions ont dangereusement fragilisé l'emprise impériale sur le nord, aussi, en 1472, sous le règne de l'empereur Zhou (1470-1507), l'administration de l'ensemble des territoires au nord de Dashing est réorganisée: la région devient une vaste vice-royauté, dotée de ses propres institutions administratives, afin de raccourcir les délais de réaction et de commandement. C'est la naissance du Protectorat Général Septentrional de Liang, ancêtre de l'actuel Etat de Liang. Le centre politique et militaire du protectorat est placé près de l'ancienne cité Chen de Dailin, dans un village nommé Ji, commandant l'un des ponts sur le fleuve Xin.

                      Grâce à cette autonomie et à une série de gouvernements militaires énergiques, le Protectorat parvient à largement reprendre la main sur le nord. Les cités-Etats Kuchi sont intégrées les unes après les autres: Korlaghan, Zolan, Karaï, Delyan, Qicho, Yarkush... En 1480, à la Bataille de la Rivière Froide, l'armée du Protectorat défait les forces d'Irlik Khan, fils d'Ashgömor. Le khanat Telenge s'effondre alors totalement, et à la fin de l'année, les forces liangoises campent à Khanbalaak, l'ancienne capitale des grands khans, sur les rives du lac Tengre Nud Nor. Et, à la fin de la décennie, après une lourde défaite à Shiraar du khan Xilkin, c'est tout le vaste bassin d'Athar, comprenant la steppe de Tzaraan Duu et le désert d'Athar, qui est sous contrôle liangois. C'est le début de la Deuxième Domination Liangoise des Steppes.

                      Contrairement à la Première Domination, la Deuxième est beaucoup plus durable, car elle n'est pas construite uniquement sur le fondement de la force militaire. Sous la conduite de visionnaires comme le Ministre des Travaux Jian Zhulai et du Grand Secrétaire Shu Fan, une politique économique et sociale ambitieuse est menée. Les structures des villes Kuchi sont intégrées harmonieusement dans l'édifice de l'Etat, notamment en instaurant une fonction publique recrutée sur concours, sur le modèle liangois, mais également en langue locales, Kuchi et Telenge. Sous deux générations, ces nouvelles élites, hautement qualifiées mais loyales à l'Etat liangois, ont largement remplacé les anciennes élites urbaines aristocratiques dans la plupart des cités-Etats Kuchi. Seules Yarkush et Qicho échappent à ce processus.
                      En parallèle, l'installation de routes pavées à travers les montagnes et se prolongeant dans les steppes, dotées de relais-postes et de caravansérails sécurisés, fait exploser le mouvement de personnes et de biens. Avec l'approvisionnement soudain facile en riz et en blé, la population des territoires situés au-delà des monts Tianzhu explose.
                      En parallèle, le mode de vie nomade recule dans tout le sud de la région. Dans la steppe de Khangaï notamment, l'essor de l'agriculture et de l'orpaillage chassent les éleveurs Telenge vers le nord. Ceux-ci laissent la place à d'autres groupes ethniques: Liangois, Kuchi, Alken. C'est dans la steppe de Tzaraan Duu que les nomades trouvent refuge. L'afflux de populations originaires du sud y conduit également à un durcissement des tensions interclaniques, affaiblissant encore davantage les khagans Telenge et Xilkin, restés chefs nominaux de leur peuple.

                      L'empire du Daliang atteint alors son extension maximale, couvrant tout le tiers nord-ouest de la Ventélie, ainsi qu'une partie substantielle du Natolique. Mais, paradoxalement, alors qu'au nord l'empire est à son zénith, au sud, dans les riches et populeuses terres du Vieux-Liang, la gangrène a commencé à gagner la glorieuse capitale Tianji.
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                    Frederick St-Luys

                    Message par Frederick St-Luys »

                    [center]7) L'effondrement du Daliang impérial et l'indépendance du Protectorat Septentrional (1570-1700)[/center]
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                      • Le déclin final de la dynastie Wei et la prise d'indépendance du Protectorat Général Septentrional
                        A l'approche du milieu du XVIème siècle, la dynastie Wei du Daliang entre dans un long processus de déclin.
                        Les causes de ce dernier sont multiples, et ont fait l'objet de longues discussions dans l'historiographie liangoise. Certains pointent du doigt les crues répétées des Trois Fleuves Nourriciers, d'autres les habitudes de gouvernement brutales des empereurs ayant succédé à l'empereur Shaodi (1507-1532), et certains, enfin, le niveau élevé des impôts et la stagnation de la productivité agricole.
                        Les désordres dans les provinces centrales et dans les protectorats montagneux septentrionaux, aux marches du Kaiyuan, conduisent à une politique de répression qui ne parvient pas à cacher l'affaiblissement graduel de l'autorité impériale. Des révoltes éclatent aux quatre coins de l'empire: dans le sud, les tribus Nanji se soulèvent, tandis que dans les plaines les partisans taoïstes de la Secte du Lotus Céleste se tatouent un lotus sur le front, et combattent pour leur chef spirituel, le Libérateur Yi. Enfin, sur la côte nord-est, l'arrivée de missionnaires catholiques dans les ports de la baie de Liangfu a donné lieu à des désordres, comme certains grands propriétaires terriens et marchands ont choisi d'embrasser la nouvelle foi. Cela a déclenché des rivalités avec les autorités religieuses nestoriennes, qui ont traditionnellement le monopole de la représentation des chrétiens dans l'empire.

                        Au chaos dans les campagnes s'ajoute le chaos dans la cour impériale. Les Six Ministres captent une partie de plus en plus substantielle de l'autorité de l'empereur, qui se retrouve impuissant. Les intrigues autour d'eux empoisonnent l'atmosphère de la capitale, en particulier après la mort suspecte de l'empereur Yanjing en 1546, suivie de la longue minorité de son successeur, Yutian Di (1546-1567). Les tensions finissent par atteindre leur point de rupture en 1555, quand le Ministre des Travaux Jin He tente de faire démettre par l'empereur son rival, le Ministre des Rites Yu Dinjao, déclenchant la Guerre de Yanding. Les soldats loyaux à chaque faction finissent par se combattre dans la capitale, Tianji, où le palais de Yu Dinjao est tout bonnement mis en état de siège pendant plusieurs mois. Ce dernier finit étranglé avec une cordelette de soie par l'un de ses hommes, et Jin He doit immédiatement remettre la capitale en état de défense, la révolte de la Secte du Lotus Céleste ayant atteint la région de Tianji.

                        Durant plusieurs années encore, les régions centrales de l'empire sont dévastées par ces troubles, qui anéantissent plus ou moins la capacité du gouvernement central à agir au-delà d'un périmètre toujours plus étroit. Finalement, à la mort de l'empereur Yutian en 1567, quatre successeurs différents sont proclamés par les différentes factions en présence. Mais, dans le nord de l'empire, le protectorat général septentrional est demeuré largement à l'écart du désordre. Au contraire, il a bénéficié d'un important afflux de réfugiés liangois, qui lui permettent d'accélérer fortement le peuple de régions jusqu'alors désertes, mais aussi d'apporter des savoir-faire et de la main-d’œuvre. Les mandarins et le protecteur général Gai Wen sont réticents à s'engager dans le sud, d'autant plus qu'une partie substantielle des forces du protectorat sont encore concentrés dans la moitié nord des steppes, dans les régions de Haixi (actuel Xilinhar) et de Telengar, où les nomades Xilkins et Telenge ont été encore relativement récemment subjugués, et pourraient se soulever en voyant l'armée liangoise se redéployer.

                        Finalement, à partir des environs de 1570, les territoires centraux de l'ancienne dynastie Wei sont dans un état de délabrement extrême. Les fanatiques religieux de la Secte du Lotus Céleste ont réussi à s'implanter durablement dans la région des Trois Fleuves Nourriciers, forçant la cour impériale à s'exiler dans les montagnes de l'est. En parallèle, des seigneurs de guerre occupent les forteresses de l'ouest et du sud, et revendiquent également l'autorité impériale.
                        A ce moment, le protecteur général Gai Wen disposait de la grande et la plus solide des forces parmi les factions de l'ancien empire des Wei. Mais, étant un homme excessivement prudent - ce que certains historiens nationalistes lui reprocheront - il choisit de ne pas engager ses forces dans une longue et difficile campagne de reconquête. Cela revient à prendre acte de l’écroulement durable de l'empire multimillénaire du Grand Liang, dont seule la moitié nord, largement désertique, demeure encore intacte et cohérente: c'est l'indépendance de fait du Protectorat Général Septentrional de Liang. De fait, car personne ne proclame la déchéance de la dynastie Wei, ni l'arrivée au pouvoir d'un nouvel empereur.
                        [center][img]https://i47.servimg.com/u/f47/11/41/46/43/indzop11.png[/img][/center]
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                        • Les premières années d'indépendance
                          Séparé du corps de l'empire, le Protectorat est dans une situation initiale délicate. Il n'y a plus de renforts possibles en provenance du sud, son immense territoire est encore inégalement pacifié, et il n'est pas à l'abri d'incursions de nomades en provenances des steppes au-delà des monts Ilyau et Balsoog. A l'intérieur, la disparition du gigantesque marché impérial est un coup dur pour les cités marchandes Kuchi, de même que l'affaiblissement du trafic sur la route de la soie dans un contexte d'expansion du commerce maritime. Dans l'administration, les mandarins reconnaissent la nécessité de construire un Etat à part entière, doté de ses propres écoles mandarinales, de ses bureaux administratifs calqués sur ceux de l'administration impériale de jadis, de ses processus de décision et de contrôle.

                          C'est la nécessité de construire cet appareil d'Etat, couplée à la présence d'une déjà importante classe mandarinale qui fait durablement obstacle au rétablissement de la monarchie. Lorsque vient le moment de choisir le successeur du protecteur Gai Wen, en 1572, plusieurs hommes forts de l'armée tentent de s'imposer comme empereur. Mais ils se voient opposer une véritable fin de non-recevoir de la part de l'administration centrale à Jizhou, née de la convergence des positions légitimistes pro-Wei et de la défiance de certains mandarins vis-à-vis des commandants des armées, et contrôlant du trésor de guerre servant à payer les troupes. Un équilibre délicat se construit au fil des décennies, chaque succession à la tête de l'Etat se faisant plus aisément que la suivante, comme l'acceptation de l'étrange régime hybride, à la fois républicain et monarchique électif, grandit. Malgré tout, les tensions entre pouvoir militaire et pouvoir civil bureaucratique structureront l'Etat liangois jusqu'au début du XXème siècle.

                          L'instauration de ce gouvernement stable rend également possible l'engagement de politiques économiques colbertistes, qui permettent au Liang de profiter grandement de sa situation et de ses ressources. Les ports de la côte est, comme Kantau et Dingyuan, connaissent leur première période de grande prospérité, comme les exportations vers le reste de la Ventélie passent désormais par la mer, alors que les marchands liangois naviguent jusqu'au Teikoku et au Kaiyuan.
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                          • La société Liangoise durant l'ère de la Grande Stabilité
                            Le XVIIème siècle est connu au Liang comme l'ère de la "Grande Stabilité". L'affirmation graduelle de l'autorité centrale dans le protectorat, l'absence de menaces extérieures et l'enracinement de nouveaux royaumes post-Wei dans la moitié sud de l'ancien empire aboutissent à une évolution originale et proprement Liangoise (au sens moderne) de la société et de la culture de ce pays.

                            Les équilibres ethniques et religieux spécifiques aux steppes et aux plaines côtières donnent lieu à un certain syncrétisme philosophique, religieux et culturel, et la Grande Stabilité est une période d'extraordinaire productivité littéraire, aussi bien en liangois qu'en kuchi, les deux grandes langues littéraires de la région. C'est notamment de cette époque que datent le Jardin des délices de Jin Yuan, le Livre du Tigre et de la Grue de Ming Yangtang, et l'Invocation des Trois Véhicules, du moine bouddhiste Nagajahma. Enfin, c'est également durant cette ère qu'émergent dans les universités de Ying, de Bi'an et de Jizhou les pensée néo-qinluaiste et le néo-légisme, des doctrines politiques nées de la nécessité pour les mandarins de concilier le régime politique original du pays avec les enseignements philosophiques de leurs ancêtres.

                            Dans les villes, la Grande Stabilité est marquée par une expansion urbaine inédite. Dans la région des Dix-Sept Préfectures, plus de cent villes sont fondées entre 1570 et 1700. Dans les cités caravanières Kuchi, l'afflux de liangois donne naissance à de nouveaux quartiers, et à une véritable renaissance. La population de la plus grande des cités du Liang, Ying, dépasse les 350.000 habitants. La culture urbaine liangoise est raffinée, caractérisée par un urbanisme rationalisé et au service de l'affirmation de l'Etat, usant volontiers du plan orthogonal, mais aussi une passion pour les parcs et jardins, ainsi que pour les bains et les bibliothèques. A Dashing, des intellectuels moyistes établissent en 1634 les Cinq-Cent Demeures Sous les Pruniers, le premier complexe de logement "social" du monde.
                            C'est également à cette époque que naissent les prémisses des "Organisations de l'Intérieur" ([url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1253&t=16250#p341089]Neibu Zuzhi[/url]) sous leur forme moderne. Ce sont initialement des groupes de protection urbaines et des gangs, qui ont bénéficié d'une certaine mansuétude de la part des autorités mandarinales, en échange de leur aide dans le maintien de l'ordre. L'intérêt des mandarins était notamment d'éviter de devoir impliquer l'autorité militaire du gouverneur dans la gestion des cités, qui relevait de l'administration civile. Aux frontières de la légalité et du crime, ils deviennent pour le meilleur et pour le pire des piliers de la vie social liangoise.

                            Dans les campagnes, le développement est plus lent, mais une véritable hausse des niveaux de vie est constatée à travers tout l'est du pays, dans les régions des Dix-Sept Préfectures et de Beiling. Des moulins modernes existent partout et facilitent la production de grain dans le nord, tandis que dans le sud, des vastes travaux d’aménagement et d'irrigation augmentent fortement la productivité des rizières. En parallèle, l'introduction de nouvelles cultures en provenance de Dytolie et du nouveau monde contribue à pratiquement éliminer la famine. Enfin, à partir du milieu du XVIIème, l'administration du protectorat organise la construction des Mille Voies Pavées, un réseau routier dense, couvrant l'est du pays, et se prolongeant dans un ensemble de routes militaires reliant à l'est les cités de la steppe, et la Mer Intérieure.

                            En 1700, la société du Liang connait donc une prospérité exceptionnelle, qui est remarquée dans les récits de voyage de plusieurs voyageurs dytoliens.
                          Frederick St-Luys

                          Message par Frederick St-Luys »

                          [center]8) La grande modernisation du Liang (1700-1859)[/center]
                            [justify]
                            • Le Liang à l'heure du Pêcher et du Jasmin

                              A la sortie de l’Ère de la Stabilité, le Protectorat du Liang a émergé comme l'une des grandes puissances de Ventélie. Les décennies précédentes ont été marquées par une gestion militaire et économique prudente des protecteurs et la construction progressive d'un régime politique robuste, que les historiens liangois qualifient de Régime de Pêcher et du Jasmin - les plantes symbolisant respectivement l'autorité militaire du Protecteur Général et l'autorité civile du Situ, le Ministère de masses.

                              Dans les steppes, la situation se déstabilise toutefois. Plusieurs sécheresses forcent des mouvements importants de populations nomades, et conduisent notamment à la division définitive du peuple Xilkin, qui est dorénavant séparé en deux zones de peuplement, de part et d'autre du désert d'Athar, dans l'actuel Xilinhar et dans le nord du Liang. Les erreurs politiques des mandarins locaux et des dirigeants de Jizhou aboutissent à plusieurs révoltes importantes, notamment le Soulèvement des Trois Nobles Chefs, dans le nord et le Haixi, qui nécessitent plusieurs campagnes de pacification, et ravagent la région. Par ailleurs, les accrochages systématiques entre Telenge et Xilkins dégénèrent régulièrement en guerre tribale ouverte, dont la poursuite est un camouflet pour les autorités d'Etat. Malgré certaines revendications, ces soulèvements n'ont toutefois plus le caractère sérieusement autonome et martial des grandes révoltes du siècle précédent: les peuples de la steppe font partie depuis trop longtemps du Liang pour que des dynasties anciennes ou des structures politiques puissent ré-émerger spontanément.
                              Les quelques tentatives de conquête militaire au-delà des monts Balsoog au nord et Ilyau à l'ouest donnent également des résultats décevants, et ne permettent guère plus que d'installer quelques avants-postes.
                              Cependant, même s'il n'y a pas de guerre d'indépendance ouverte, le brigandage et les dévastations en résultant pèsent lourdement sur la prospérité des territoires de steppe du Protectorat. Ce dernier concentre ses moyens de plus en plus sur son sud-est, riche, peuplé et facilement défendable.

                              Dans ces conditions, l'entrée dans le XVIIIème siècle se fait cependant globalement en douceur. Les conditions d'essor économique se maintiennent dans l'est, où la population augmente lentement. En parallèle, les contacts croissants avec l'occident voient l'amorce de la modernisation technologique du pays. L'artillerie, déjà utilisée depuis le moyen-âge par les généraux liangois, est réorganisée et rééquipée. Les traditionnels lance-fusées liangois sont augmentés de canons de bronze à la production systématisée, tandis que, pour la première fois, une flotte militaire de haute mer est mise en place. Le premier navire de haute mer moderne Liangois est le Tianzheng, une frégate de 135m, dotée de 28 canons, qui est lancée en 1724.

                              Six ports sont ouverts en 1757 au commerce occidental, les Six Ports au Sceau d'Or et d'Argent (Dingyuan, Yantau, Wulian, Andu, Jichien, Fan'an), sous la supervision directe des agents du Protecteur. Les échanges font rapidement prospérer ces villes, qui deviennent certains des plus grands centres urbains du pays. Par contrecoup, toutefois, le déclin de la vieille route de la soie devient marqué, et les cités caravanière de l'ouest souffrent par contre-coup.

                              La pénétration des idées occidentales est plus lente, et est longtemps combattue par les élites intellectuels qinluaistes et légistes de Jizhou et de Bi'an, les capitales intellectuelles du pays. Il faut attendre le milieu du XVIIIème pour que des courants de la synthèse l'emportent, donnant naissance à de nombreux aspects la pensée liangoise moderne. C'est notamment à cette époque que les théories du contrat social sont mariées avec les thèses traditionnelles, créant le libéral-légisme, le néo-qinluaisme et le mohisme modernisé.
                              [justify]
                              • Le commencement de la révolution industrielle et la modernisation politique du Liang: "Restaurer la charpente, maintenir les murs"

                                La période de la fin du XVIIIème et du début du XIXème est caractérisée par le début de la modernisation politique, sous l'influence occidentale et des philosophes syncrétiques. Ces derniers, par le jeu de la bureaucratie mandarinale, sont graduellement arrivés dans des positions de pouvoir, et mettent en œuvre leur politique de modernisation. Celle-ci se fait parfois contre les autorités militaires du protectorat, qui adoptent une posture plus conservatrice.
                                Cependant, l'importance croissante des milieux d'affaires, et la pression désormais visible des occidentaux dans le sud de la Ventélie établissent un climat favorable aux réformes politiques. Celles-ci sont à peine ralenties par la Révolte de Shi Yuan, un important soulèvement paysan contre la fiscalité modernisée, dans la région de Beiling, dans le nord-est du pays.

                                Le principal élément de la modernisation set la lutte politique pour l'adoption d'une constitution écrite, la première d'un pays ventélien. Cette dernière, sous le nom de Très Honorable et Exaltée Charte des Dix-Sept Fonctions Indispensables à l'Harmonie de l'Etat, est adoptée en 1817 . A la différence des constitutions occidentales, la notion de légitimité populaire n'y apparait pas encore, mais la bureaucratie liangoise a d'ores et déjà pleinement retenu et appliqué la notion d'Etat de droit. Le principe constitutionnel de hiérarchie des normes et de répartition écrite et rationalisée des compétences est intégré à l'édifice législatif traditionnel. A l'occasion de cette réforme, le pouvoir du Protecteur est pour la première fois encadré significativement, le Zhongshu Sheng gagnant en compétences, pour devenir un organe représentant l'ensemble des mandarins de l'administration d'Etat.

                                Cependant, arrivé au milieu du XIXème siècle, le début de l'industrialisation, l'exode rural massif, la pénétration des idées occidentales, et le développement du social-mohisme engendrent la naissance de réclamations sociales et politiques plus fortes et plus claires. Pour la première fois, les contestations de l'autorité mandarinales ne proviennent plus des chefs militaires, féodaux ou tribaux, mais bien de tronçons de la population urbaine, insatisfaits par les politiques mises en œuvre. Les années 1830, 1840 et 1850 sont marquées par une agitation politique, tout particulièrement dans les Six Ports au Sceau d'Or et d'Argent, et dans les grandes villes du sud-est, comme Bi'an, Jizhou, Dashing et Ying. Durant cette époque, les voyageurs occidentaux au Liang constatent l'étonnante similarité des situations et des revendications par rapport à celles existantes en Dytolie. "Les cités du Lee-ang regorgent de manufactures, d'usines et de boutiques, et à tout instant on y discute d'élections, de délégués et coalitions," relève un voyageur et commerçant originaire du Lorthon, Angus McLowern.

                                Malgré cela, dans les campagnes, le mode de vie traditionnel continue de prévaloir - du moins jusqu'à la constructions des chemins de fer. Dès 1859, le premier est édifié, reliant Jizhou à Shinfeng.

                                Le résultat de ce tourbillon politique, social et économique est une pression toujours croissante sur les autorités en place. Dans la Cité d'Or de Jizhou, le siège du pouvoir, les mandarins du Zhongshu Sheng et le Protecteur Général identifient la nécessité de consentir à des réformes, tout en s'appuyant sur les campagnes et les villes de l'ouest. Par ailleurs, les luttes de pouvoir entre le Protectorat et le Ministère des Masses, longtemps en gestation, finissent par éclater au grand jour, lorsque se produit un schisme entre le Situ et le protecteur Shi'er Yangshen au sujet de la politique dans le nord-ouest. Le protecteur était partisan du maintien des garnisons dans les districts lointains de Haixi et de Beiding, où l'instabilité tribale et les désordres civiques menaçaient gravement l'autorité de l'Etat, tandis que les mandarins privilégiaient la concentration des moyens sur les territoires centrales, entre Shulan, Karashand et le lac Tengre Nud Nör.

                                Finalement, c'est le parti mandarinal qui parvient à l'emporter, aboutissant au retrait des troupes du Haixi et du Beiding. Ce retrait a permis de stabiliser le cœur du territoire liangois et de raccourcir les lignes de communication et de gestion, mais il est également lourd de conséquence: le Haixi et le Beiding deviennent de facto indépendants. Encore aujourd'hui, le Haixi constitue l'Etat du [url=https://simpolitique.net/viewforum.php?f=1316]Xilinhar[/url].

                                C'est cependant dans ce contexte qu'est promulguée la deuxième constitution du Liang, le 17 février 1859, la "Constitution des Principes, Institutions et Procédures Applicables Au Protectorat Général Septentrional de Liang, in absentia de caution impériale". Il s'agit du document qui, malgré plusieurs révisions, préside encore aux destinées du régime politique liangois. Il établit la prédominance du pouvoir civil mandarinal, crée le Wuguohui, la chambre des députés, élus alors au suffrage universel censitaire. Le Situ est réorganisé, et devient un Gouvernement collégial, sans présidant, nommé par le Zhongshu Sheng et le Wuguohui. Les neuf ministères traditionnels sont réorganisés sur le modèle occidental, et le Liang devient un Etat entièrement moderne.
                              Frederick St-Luys

                              Message par Frederick St-Luys »

                              [center]9) Les turbulences de l'industrialisation (1859-1920)[/center]
                                [justify]
                                • La révolte des Sept Trigrammes

                                  Avec l'adoption d'une nouvelle constitution et la stabilisation de ses frontières, le Liang semblait entrer dans une période propice au développement harmonieux. Cependant, les circonstances feront que le demi-siècle suivant sera riche en turbulences et en crises qui mettront à l'épreuve le pays.

                                  D'abord, l'évacuation du Beiding (lot Natolique n°18) et du Haixi ont donné naissance à terme à des Etats indépendants dans ces régions, que Jizhou ne reconnait pas. A partir des années 1860, les tensions sont fortes entre le Haixi et le Liang, et dominées par des lignes de faille ethniques. Et si aucune expédition de reconquête n'est lancée, c'est parce que, dans le sud, un nouveau feu s'est ouvert sur le plateau de Korlaghan (lot Ventélie n°6).

                                  Cette région aride et montagneuse, située entre la cordillère du Kuch Darya à l'ouest et les steppes de Khangaï à l'est forme comme un coin enfoncé dans les terres plates de l'ouest du Liang. Traditionnellement, elle n'était peuplée que de populations de montagnards semi-nomades, apparentés aux Seghesh et aux Alken. Néanmoins, les mouvements de population des XVIIème et XVIIIème siècle ont vu s'installer dans la région des tribus Tayar, originaires des bords orientaux de la Mer Intérieure. Ceux-ci se révèlent chroniquement réticents à l'autorité centrale de Jizhou, et entrent plusieurs fois en rébellion. Mais c'est au XIXème siècle que la région échappe durablement au giron central, sous l'influence d'un homme aux origines mêlées Liango-Tayares, Gai De. Ce mystique inspiré par le christianisme protestant, est à l'origine de la Révolte des Sept Trigrammes. Ce mouvement ethnico-religieux rejette toute domination temporelle par les mécréants athées liangois, et propose d'édification d'un "Royaume Céleste", où, sous l'autorité du Christ Cosmique, les principes des Sept Trigrammes du Tao Christique seront appliqués.

                                  La révolte prend tout particulièrement dans le sud -ouest du Liang, loin des grandes villes, où les minorités ethniques se montrent très réceptives à un discours millénariste et mystique, mais aussi émancipateur.

                                  Entre 1862 et 1878, les armées liangoises et les rebelles se battent dans tout le sud-ouest. Les premiers succès des rebelles leurs permettent de capturer des centres régionaux importants, comme Heilar et Korlaghan, cependant ils échouent devant Shulan et Karashand. En 1869, le général Jiang Jiao est nommé à la tête des forces de pacification du sud-ouest, et entame une campagne lente mais systématique d'élimination des rebelles, qui parvient à sécuriser les plaines en trois ans. Mais les tentatives de reprise des régions accidentées et arides du plateau de Korlaghan se soldent par des échecs. Le conflit continue, avec une intensité variable, jusqu'en 1878. En effet, le poids massif de cette campagne de pacification sur les finances publiques a de plus en plus aliéné les députés et les mandarins, qui finissent par adopter le Jarlik réorganisant les yamens de l'ouest. La nouvelle carte administrative prend tacitement acte de la sécession de la région, qui n'y est représentée que sous forme de pointillés. En parallèle, la mort en 1877 du Glorieux Roi Céleste - titre qu'avait adopté le chef de la rébellion, Gai De - voit un net déclin dans l'agressivité des anciens rebelles, qui, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1253&t=16253&p=358444#p358444]plongés dans des conflits de succession[/url], se contentent dorénavant de défendre leur territoire, sans chercher à apporter la lumière des Sept Trigrammes à leurs voisins des plaines.
                                  [justify]
                                  • Les réformes militaires et la stabilisation des frontières

                                    Néanmoins, les échecs répétés de l'armée de Jiang Jiao dans la pacification du plateau de Korlaghan engendrent une véritable prise de conscience dans les cercles dirigeants militaires et civils du Liang. Malgré sa modernisation technologique, l'armée de terre liangoise reste organisée à l'ancienne, et n'a pas pleinement tiré profit des opportunités de rationalisation qui auraient du accompagner le changement de matériel. Les doctrines surannées et les modes de commandement trop lents ne sont plus en mesure de tirer le meilleur des troupes, tandis que le chemin de fer, qui arrive à partir des années 1880 dans l'ouest, offre un tout nouvel outil aux généraux.

                                    C'est pour cela que d'ici la fin du XIXème, l'armée liangoise fait l'objet d'une modernisation massive. Tout le système d'intendance, de paie, de logement et d'équipement des soldats est rénové sous l'Intendant Général des Bagages Militaires, Wen Zhenshang, tandis que le Général Commandant de l'Aile Gauche, Ji Shangxiao modifie de fond en comble la doctrine d'engagement des forces, sur la base de son traité de stratégie, le Livre des Axiomes de la Guerre et des Armées. Le parc d'artillerie, rééquipé de canons en acier à chargement par la culasse, est réorganisé et homogénéisé, et la formation de ses artilleurs allongée et améliorée. L'infanterie est entièrement réorganisée sur le modèle des divisions, régiments et bataillons occidentaux. Enfin, les auxiliaires de cavalerie Telenge et Xilkin sont détachés de leurs appartenances tribales et réorganisés en régiments de cavalerie réguliers, ce qui n'est pas sans causer des frictions avec certaines tribus.

                                    Grâce à cette armée modernisée et à une nouvelle harmonie entre pouvoirs civil et militaire, le recul graduel des frontières du protectorat est enfin arrêté. L'échec de la mutinerie de Shulan (1902) et la Liquidation de la Clique de Khangaï (1910) consacrent le succès de la nouvelle politique, qui est appuyée après le passage des soldats par une bureaucratie mandarinale réformée: les concours sont largement ouverts, et l'école, déjà très répandue, est rendue gratuite et obligatoire, jusque dans les régions les plus reculées. L'enseignement dans les trois langues (liangois, telenge, kuchi) est un puissant outil d'unification nationale. Après 1910, l'unité du Liang n'est plus sérieusement contestée.
                                    [justify]
                                    • L'industrialisation du Liang

                                      En parallèle à ces développements, qui se tiennent largement à l'ouest des monts Tianzhou, l'industrialisation progresse rapidement dans l'est du pays.
                                      Le chemin de fer se répand très vite. A partir de la fin des années 1850, des lignes relient les principales villes du sud-est, puis, à partir de la décennie suivant, le Beiling jusqu'à Wulian et Andu, ainsi que Karashand, Sherehehar et Heilar de l'autre côté des monts Tianzhou. Il faut cependant attendre 1897 pour que soit ouverte la première ligne trans-liagnoise, qui relie Jizhou, dans l'est, à Shulan, à l'extrême ouest, sur les bords de la Mer Intérieure.
                                      En parallèle à cela, les machines à vapeur se répandent dans l'économie liangoise, et des usines apparaissent dans les grandes cités manufacturières de l'est. Une industrialisation ventélienne y prend racine, basée sur une structure des capitaux assez particulière, née des réseaux et associations commerciaux traditionnels du pays. Certains se réorganisent en banques: c'est le cas de l'Association des Marchands de la Grue, qui devient la banque Liaoyu Qiyê, ou encore de la Clique Financière de Xi Haizhong, qui devient la banque Xi, précurseur de Xi International.

                                      C'est aussi à cette époque que l'exploitation minière au Liang prend pour la première fois son envol: les mines de cuivre des monts Tianzhou font alors partie des principaux fournisseurs du métal dans l'hémisphère oriental, et les devises tirées de l'extraction du cuivre permettent de financer l'achat du fer, dont le territoire liangois manque. En parallèle, des réseaux d'importation de charbon se mettent en place depuis le Haixi, malgré les tensions politiques récurrentes entre la région séparatiste et Jizhou.

                                      Sur le plan social, l'envol industriel du pays est accompagné par un premier exode rural massif. Des centaines de milliers de liangois quittent les campagnes, et se concentrent dans les villes, notamment dans le sud-est du pays. La population de Jizhou passe de 850.000 habitants en 1850 à 1,5 millions en 1920, celle de Ying, de 75.000 à 650.000, et celle de Dashing, de 50.000 à 500.000. C'est une profonde transformation pour la civilisation liangoise, jusque là encore très agricole. La société, la famille, la langue et le mode de vie changent en conséquence, sous l'influence combinée des nouvelles populations urbaines, très éloignées des codes classiques des habitants des villes du Liang, et de l'influence de la culture occidentale. Un syncrétisme culturel se met en place dans certaines grandes villes, notamment dans les anciens Six Ports aux Sceaux d'Or et d'Argent. Cependant, dans certains milieux ces transformations donnent lieu à des réactions de méfiance et de rejet, et les plus traditionalistes se réfugient dans les régions campagnardes, pour y mener une existence loin des agitations de la ville. C'est le Mouvement de la Consolidation dans la Pureté, qui est contemporain du Réveil Taoïste, qui voit la naissance de nombreuses sectes et groupes religieux et mystiques taoïstes. Regardés avec méfiance par les autorités, ceux-ci ont également tendance à chercher refuge au sein d'ermitages, dans les vallées des monts Tianzhou.
                                    Frederick St-Luys

                                    Message par Frederick St-Luys »

                                    [center]IV Informations politiques et institutionnelles[/center]

                                    [center]"L'Etat est le vase dans lequel se trouve le liquide de la société. Il ne doit être ni trop petit, ni trop grand, ni trop fragile, ni trop rigide. Pareil à la porcelaine, il peut être décoré de diverses manières: mais le contenu, lui, reste le même."
                                    Extrait du Traité des Principes de la Souveraineté, de Lin Xian (1802 / 1879), philosophe syncrétique qinluaiste-légiste, membre de la commission ayant rédigé la constitution moderne du Liang.[/center]

                                    [center]Organisation institutionnelle du Liang[/center]

                                    [center][url=https://tof.cx/images/2018/12/29/3cc01760c6bc4daee480ee65ac0d7e3c.png][img]https://tof.cx/images/2018/12/29/3cc01760c6bc4daee480ee65ac0d7e3c.md.png[/img][/url]
                                    Schéma de l'organisation institutionnelle du Liang (cliquez dessus pour agrandir l'image)[/center]

                                    L'organisation institutionnelle atypique du Liang est l'héritière historique de deux logiques: d'une part, la tradition légiste-qinluaiste d'un Etat fort et chargé d'assurer pleinement l'harmonie du pays, et d'autre part, le fait que le pays était initialement seulement un protectorat septentrional de l'empire du Daliang. L'isolation du pays qui accompagné la perte de contact avec Daliang a forcé les mandarins chargés d'administrer le nord d'improviser leurs propres structures, initialement temporaires, puis graduellement de plus en plus permanente.

                                    L'actuelle constitution date du 17 février 1859, et a été modernisée à plusieurs reprises, faisant du Liang au XXIème siècle un État démocratique et libéral. Elle n'est toutefois pas dépourvue de certaines spécificités, et d'une tendance à la technocratie héritée des traditions mandarinales du pays.

                                    L'exécutif ("Situ")
                                    L'exécutif porte le nom de "Situ", ce qui signifie "ministère des masses". Ce dernier ministère était jadis le versant civil de l'administration du Protectorat, qui peu à peu pris le contrôle du versant militaire.

                                    Composition et pouvoirs
                                    Le Situ est composé de neuf ministres ("jiuqing"), chacun assigné à un ministère. Ils siègent en tant que collège d'égaux: il s'agit d'un gouvernement directorial. Ils n'ont aucun chef, et leur nombre impair garanti qu'il n'y a pas d'égalité des voix face à une décision. Chaque jiuqing est libre d'organisation son ministère, dans le respect des prérogatives des autres et du contrôle des juges et de l'Inspection Générale de l’État. De plus, une règle politique tacite veut que depuis les années 1950 aucun gouvernement ne soit composé uniquement des membres d'une ethnie ou d'une affiliation religieuse.

                                    Élection
                                    Les jiuqing sont élus en tant que collège sur une liste par les députés de l'Assemblée Législative, et sont également responsable collégialement devant elle.
                                    Un jiuqing peut être destitué par une décision unanime de ses pairs, associée à un vote de l'Assemblée Législative. Un jiuqing est également considéré comme destitué d'office s'il commet un acte de trahison.

                                    Le législatif
                                    Le pouvoir législatif au Liang est bicaméral: la chambre basse est le Wuguohui (Assemblée Législative) et la chambre haute Zhongshu Sheng (Secrétariat Législatif).

                                    L'Assemblée Législative (Wuguohui)
                                    L'Assemblée Législative est la chambre basse, élue au suffrage universel direct. Elle propose, discute et vote la loi, avant de la transmettre à la chambre haute. Elle élit également le gouvernement ("Situ"), sur la base d'un scrutin de liste représentant proportionnellement les principales forces politiques de l'Assemblée. Elle peut, par une motion de défiance constructive, renverser le gouvernement et lui substituer un autre. En cas d'absence d'accord avec la chambre haute en commission de conciliation, le vote de la chambre basse prévôt en troisième lecture sur les textes budgétaires, fiscaux, militaires, électoraux et constitutionnels.
                                    Elle compte 521 membres, élus tous les cinq ans au scrutin uninominal à deux tours.

                                    Le Secrétariat Législatif (Zhonshu Sheng)
                                    Le Secrétariat Législatif est la chambre haute, héritière de la tradition bureaucratique mandarinale du Liang. Institution technocratique clé du pays, elle propose, discute et vote la loi, même si l'Assemblée Législative peut avoir le dernier mot en troisième lecture sur les textes budgétaires, fiscaux, militaires, électoraux et constitutionnels.
                                    Initialement composée exclusivement de mandarins de haut rang, elle a été réformée en 1989, et comprend désormais un tiers de mandarins de la haute administration, un tiers de personnalités qualifiées sélectionnés par l'Assemblée Législative, et un tiers de mandarins doté d'une ancienneté d'au moins dix ans dans le service public et ayant été sélectionnés par tirage au sort.
                                    Il compte 111 membres, renouvelés tous les cinq ans. Ces membres ne sont généralement pas affiliés à un parti.


                                    Le judiciaire
                                    Le système judiciaire liangois est caractérisé par son dualisme, lui même héritier de la vieille dichotomie entre l'administration civile et militaire du protectorat: d'une part il existe un ordre civil et administratif, d'autre part, un ordre pénal et militaire.

                                    L'organisation des juridictions
                                    Depuis la décision CGC 1971 Jia Wei c/ Administration fiscale du Yamen de Dingliang, c'est la Cour Générale de Révision et non la Cour Générale des Châtiments qui est compétente pour accueillir les recours par voie d'exception pour inconstitutionnalité. En cas de conflit de juridiction entre les deux ordres, un collège paritaire des deux juridictions suprêmes décide de l'attribution du litige
                                    De nos jours, les procédures devant les tribunaux sont fixées par le Code Général de l'Instruction Civile et Administrative ("code gris"), et par le Code de la Discipline, de l'Ordre Martial et des Châtiments" ("code des trois-cent articles").

                                    Les magistrats du siège:
                                    Les juges sont tous des juges professionnels, recrutés sur un concours distinct du concours mandarinal. Afin de garantir l'accès égal au prétoire, des dispositifs d'aide juridique et financière existent. De manière générale, la justice liangoise a une réputation de grande intégrité et d'efficacité, même si parfois ses procédures peuvent paraître longues et compliquées.

                                    Le ministère public:
                                    Chaque juridiction est placée au sein d'un Cercle Judiciaire Provincial (ou de district, à Jizhou), et le cercle comprenant la capitale provinciale est nommée Premier Cercle Provincial. Le Procureur Général du Premier Cercle Provincial y siège, et y exerce une autorité de chef de service sur l'ensemble du ministère public de la province. Leur supérieur à tous est le Mandarin Suprême de l'Administration générale de la justice, lui-même subordonné du Jiuqing en charge de la justice.

                                    [quote][center]Schéma de l'organisation de l'ordre civil et administratif

                                    Cour Générale de Révision
                                    (cassation, révision, exception d'inconstitutionnalité)
                                    Cour Générale d'Appel
                                    (appel)
                                    Tribunal Mandarinal de Yamen
                                    (première instance)

                                    Schéma de l'organisation de l'ordre pénal et militaire :

                                    Cour Générale des Châtiments
                                    (cassation)
                                    Cour d'Appel des Peines et Châtiments
                                    (appel)
                                    Tribunal Pénal de Yamen /de Bannière
                                    (première instance) [/center][/quote]

                                    Autres institutions:

                                    L'inspection générale de l'Etat
                                    L'IGE est une institution indépendante, chargée d'effectuer des audits et des inspections sur place et sur pièces des différents organes de l'Etat et des collectivités locales. Ses résultats sont présentés devant le Parlement. Elle coordonne aussi le travail des inspections financières provinciales.
                                    Les membres de son Conseil de Direction sont nommés pour 8 ans par le Parlement, à raison de 4 tous les 4 ans.

                                    Les autorités indépendantes:
                                    Il s'agit d'un ensemble d'administrations qui ne sont pas directement placées sous le contrôle du Situ, mais seulement inspectées par une commission parlementaire. Elles sont généralement chargées de tâches spécifiques pour lesquelles l'impartialité politique est désirables. Parmi celles-ci, on trouve:
                                    • Autorité nationale de la concurrence harmonieuse
                                    • Autorité nationale de contrôle des marchés financiers
                                    • Agence nationale des brevets et de la propriété intellectuelle
                                    • Agence nationale de préservation des espaces naturels
                                    • Agence nationale de régulation des activités et des libertés en ligne
                                    • Agence de lutte contre les nuisances sonores
                                    • Commission centrale de contrôle des élections
                                    • Agence nationale pour le développement des zones désertiques et de steppe
                                    • Agence nationale de soutien aux PME
                                    • Commission nationale des bourses et du mécénat

                                    [center]Vie politique[/center]

                                    Le Liang est un État démocratique, doté d'une activité politique vivace. Néanmoins, les traditions politiques locales et la structure des institutions imposent aux partis d'arriver à un compromis afin de pouvoir assurer le gouvernement du pays, ce qui limite les crises politiques ouvertes. Les principaux partis politiques sont les suivants:

                                    Parti de l'Harmonie et du Peuple
                                    Le PHP est le parti actuellement au pouvoir au Liang. Il s'agit d'un parti de centre-droit, à l'idéologie légiste-qinluaiste modérée. Il dispose d'un large soutien dans les classes moyennes et supérieures de l'est du Liang, parmi les entrepreneurs et exportateurs, et dans la province d'Athar Issan.
                                    Il contrôle 289 des 511 sièges de l'Assemblée Législative. 6 des 11 membres du gouvernement sont issus du PHP.

                                    Parti de la Prospérité Populaire
                                    Le PPP est un vieux parti, né au XIXème siècle de la confrontation des idées socialistes dytoliennes avec le moyisme traditionnel liangois. Après que ses éléments les plus radicaux l'aient quitté dans les années 1920 afin de fonder le Parti Communiste Liangois (PCL), le PPP s'est progressivement aligné sur une position de socialisme réformiste, puis de centre gauche. Ses bastions électoraux se situent dans le centre, le nord et le nord-est du pays.
                                    Il contrôle 175 des 511 sièges de l'Assemblée Législative. 4 des 11 membres du gouvernement sont issus du PPP.

                                    Parti de l'Equilibre Démocratique
                                    Le PED est un parti démocrate, mâtiné d'élément de tradition qinluaiste. Il est notamment favorable au développement de la démocratie numérique, à la démocratie directe, et à dérégulation financière. Ses électeurs sont principalement citadins, et basés dans les grandes villes de l'est du pays, et, de puis en plus, dans certaines cités en pleine croissance de l'ouest.
                                    Il contrôle 35 des 511 sièges de l'Assemblée Législative. 1 des 11 membres du gouvernement est issu du PED.

                                    Parti Populaire Telenge
                                    Le PPT est un parti régionaliste autonomiste telenge, assez implanté dans le district de Tzaraan Duu. Si sa posture nationaliste telenge relève davantage d'une orientation politique de droite, son programme économique est plus axé à gauche. Il dispose d'une influence assez forte au sein du parlement provincial de Telengar.
                                    Il contrôle 4 des 511 sièges de l'Assemblée Législative.

                                    Parti Communiste Liangois
                                    Le PCL est issu de la scission du Parti de la Prospérité Populaire de 1923, lorsque les éléments les plus radicaux et révolutionnaire décidèrent de former leur propre parti. Si le PCL a pu atteindre des scores assez importants entre 1930 et 1980, il a depuis lors entamé un long déclin, et ne survit que dans quelques bastions, principalement situés dans la province de Khangaï, dans le sud du Liang.
                                    Il contrôle 5 des 511 sièges de l'Assemblée Législative.

                                    Parti de la Grue Dorée
                                    Le Parti de la Grue Dorée est un parti nationaliste liangois, réactionnaire et partisan de la supériorité ethnique des liangois sur les autres ethnies du pays. Se revendiquant du National-Légisme, une idéologie totalitarisante, il aurait notamment des liens avec l'Organisation d'Auto-Défense Liangoise, une organisation mafieuse violente et raciste.
                                    Il contrôle 1 siège de l'Assemblée Législative.

                                    Les indépendants:
                                    2 sièges de l'Assemblée Législative sont contrôlés par des candidats sans-étiquette.
                                    Frederick St-Luys

                                    Message par Frederick St-Luys »

                                    [center]IX Informations sur la culture, l'environnement et le patrimoine[/center]

                                    [center]A) Patrimoine naturel du Liang[/center]

                                    [center][url=https://i33.servimg.com/u/f33/19/30/97/30/liangp10.jpg][img]https://i33.servimg.com/u/f33/19/30/97/30/liangp10.png[/img][/url]
                                    Carte des parcs naturels du Liang (cliquez dessus pour agrandir l'image)[/center]
                                    • Parc national du désert d'Athar
                                      Le plus vaste des parcs nationaux du Liang, avec 105.000 km², soit près d'un dixième de la surface du pays, le parc national d'Athar couvre une bonne partie du tiers nord-ouest de la province d'Athar Issan, dans l'ouest du Liang. Il abrite un désert pratiquement dépourvu d'oasis ou d'eau, et un environnement unique, composé de rochers anciens et de lacs salés, où la vie se réfugie dans des niches écologiques très réduites.
                                      Les associations écologistes contestent régulièrement les jarlik modifiant le périmètre du parc, afin d'autoriser la mise en exploitation des richesses immenses du sous-sol du désert, lequel abrite les premières réserves de platine au monde.
                                    • Parc national du lac Devsan Nor
                                      Situé au centre-ouest du Liang, autour du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1253&t=16276#p353995]lac salé de Devsan Nor[/url], ce parc naturel vise à protéger cet environnement unique. En effet, si l'eau du lac est elle-même bien trop salée pour permettre la survie d'autres choses que des microorganismes extrémophiles, les environs abritent de riches faune et flore, comprenant chacals, léopards, renards, trois espèces de lièvres, et des forêts de papyrus et de palmiers là où le fleuve Hulug Gol se jette dans le lac.
                                      Pour cela, le tourisme dans la région est strictement encadré, afin d'éviter la dégradation de cet espace préservé.
                                    • Parc national de la haute vallée du fleuve Chagaan Gol
                                      Situé à la limite entre les déserts arides de l'ouest et les steppes du centre, le fleuve Chagaan Gol a été pendant de siècles l'artère vitale de la région. Les berges de son moyen et haut cours ont fait l'objet d'un aménagement remontant à l'antiquité, et permettent une riche irrigation des terres alentours. Poissons, hérons et plantes subtropicales abondent dans ce périmètre protégé.
                                    • Parc national du lac Tengre Nud Nor
                                      Le lac Tengre Nud Nor est situé dans le nord de Liang, niché au creux d'une cuvette formée par la collision, il y a des millions d'années, d'un astéroïde avec la simpoterre. Il en a résulté un vaste plan d'eau de 2800km² aux formes harmonieuses, que les Telenge considèrent comme un endroit sacré.
                                    • Parc national des vallées de Karakur (monts Balsoog)
                                      Ce parc couvre un territoire situé dans l'ouest du massif des monts Balsoog, à l'extrême nord du Liang. Il s'agit d'une zone au climat montagneux et continental, couverte de forêts aux altitudes moyennes, qui abrite l'une des plus grandes concentrations de biodiversité du pays, et en particulier les grues des neiges migratrices (Leucogeranus leucogeranus), un animal emblématique du Liang, ainsi que le léopard natolique (panthera pardus natolicus).
                                    • Parc National du Massif de Chengaï (Monts Tianzhu)
                                      Ce vaste parc couvre une bonne partie du tronçon central des monts Tianzhu, et comprennent en particulier la plus haute montagne du Liang, le mont Tengri. Ce part est en particulier connu pour ses chutes d'eau spectaculaires. On y trouve également la seule population de yaks du Liang.
                                      La présence d'importances exploitations minières extrayant du cuivre dans cette zone est parfois source de tensions.
                                    • Parc national des marais d'Anzhu
                                      Situés sur la côte nord-est du Liang, à l'embouchure du fleuve Argan, ce parc protège une zone humide exceptionnelle, abritant plus de 200 espèces rares ou endémiques d'amphibiens.
                                    • Parc national maritime de la baie de Beixi
                                      Ce parc maritime, le plus grand du Liang, couvre le tronçon de côte s'étendant des marais d'Anzhu à la frontière nord du Liang, jusqu'au port d'Andu, dans la province de Wentai. Cette zone présente de nombreuses formations de coraux d'eau froide, et a été pendant des siècles une zone de pêche d'importance, avant que la sur-pêche ne conduise le gouvernement à l'ériger en sanctuaire marin durant les années 1970.
                                    • Parc national de la Porte d'Or
                                      Plutôt petit par sa surface, le parc national de la Porte d'Or couvre la zone naturelle remarquable correspondant à la transition entre les steppes herbeuses de Tzaraan Duu et les terrestres forestières et prairies du Beiling. Cette zone est notamment habitée par une importante population de cerfs roux natoliques.
                                    • Parc national des steppes de Tzaraan Duu
                                      Le deuxième plus vaste des parcs naturels nationaux, il couvre la moitié ouest du district de Tzaraan, au nord-est des rives du lac Devsan Nor. Il s'agit d'une vaste zone de steppes herbeuses peu ou pas touchées par la civilisation moderne, où le mode de vie nomade traditionnel a été préservé. On y trouve d'importantes populations de chevaux sauvages.
                                    • Parc national des collines de Jigong
                                      Situé dans le sud du pays, à l'ouest de Bi'an, ce parc couvre le territoire superbe des collines de Jigong, où l'on trouve quelques uns des paysages les plus enchanteurs du Liang: des millénaires d’aménagement de rizières ont donné à l'endroit une apparence tout à fait caractéristique, tandis qu'un réseau hydraulique naturel exceptionnel a permis de maintenir une grande diversité biologique.
                                    • Parc national de Khangor Yurulg (Khangaï)
                                      Ce parc national se situe dans la moitié ouest de la province de Khangaï, et couvre les plateaux arides et peu peuplés de la région, au sud-ouest du fleuve Kalga. Les formations rocheuses du parc sont notamment connues pour les remarquables exemples d'érosion éolienne qu'on y trouve, tandis que le biome local est dominé par la figure du Mouflon de Khangaï, une espèce endémique d'ovin.
                                    • Parc national maritime des îles Dunqi
                                      Ce parc maritime se situe à l'extrémité est de la péninsule de Yan, et, malgré sa petite surface, comprend certains des territoires marins et côtiers les plus remarquables du Liang, avec des paysages époustouflants, et près de six espèces d'oiseaux de mer endémiques.
                                    [center]B) Faune et flore[/center]

                                    (sera complété)
                                    Frederick St-Luys

                                    Message par Frederick St-Luys »

                                    Mise à jour de l'encyclopédie:
                                    -Ajout de la section historique relative aux années 1700 et 1859 (reproduite ci-dessous).

                                    [spoiler=Nouveau post historique][center]8) La grande modernisation du Liang (1700-1859)[/center]
                                      [justify]
                                      • Le Liang à l'heure du Pêcher et du Jasmin

                                        A la sortie de l’Ère de la Stabilité, le Protectorat du Liang a émergé comme l'une des grandes puissances de Ventélie. Les décennies précédentes ont été marquées par une gestion militaire et économique prudente des protecteurs et la construction progressive d'un régime politique robuste, que les historiens liangois qualifient de Régime de Pêcher et du Jasmin - les plantes symbolisant respectivement l'autorité militaire du Protecteur Général et l'autorité civile du Situ, le Ministère de masses.

                                        Dans les steppes, la situation se déstabilise toutefois. Plusieurs sécheresses forcent des mouvements importants de populations nomades, et conduisent notamment à la division définitive du peuple Xilkin, qui est dorénavant séparé en deux zones de peuplement, de part et d'autre du désert d'Athar, dans l'actuel Xilinhar et dans le nord du Liang. Les erreurs politiques des mandarins locaux et des dirigeants de Jizhou aboutissent à plusieurs révoltes importantes, notamment le Soulèvement des Trois Nobles Chefs, dans le nord et le Haixi, qui nécessitent plusieurs campagnes de pacification, et ravagent la région. Par ailleurs, les accrochages systématiques entre Telenge et Xilkins dégénèrent régulièrement en guerre tribale ouverte, dont la poursuite est un camouflet pour les autorités d'Etat. Malgré certaines revendications, ces soulèvements n'ont toutefois plus le caractère sérieusement autonome et martial des grandes révoltes du siècle précédent: les peuples de la steppe font partie depuis trop longtemps du Liang pour que des dynasties anciennes ou des structures politiques puissent ré-émerger spontanément.
                                        Les quelques tentatives de conquête militaire au-delà des monts Balsoog au nord et Ilyau à l'ouest donnent également des résultats décevants, et ne permettent guère plus que d'installer quelques avants-postes.
                                        Cependant, même s'il n'y a pas de guerre d'indépendance ouverte, le brigandage et les dévastations en résultant pèsent lourdement sur la prospérité des territoires de steppe du Protectorat. Ce dernier concentre ses moyens de plus en plus sur son sud-est, riche, peuplé et facilement défendable.

                                        Dans ces conditions, l'entrée dans le XVIIIème siècle se fait cependant globalement en douceur. Les conditions d'essor économique se maintiennent dans l'est, où la population augmente lentement. En parallèle, les contacts croissants avec l'occident voient l'amorce de la modernisation technologique du pays. L'artillerie, déjà utilisée depuis le moyen-âge par les généraux liangois, est réorganisée et rééquipée. Les traditionnels lance-fusées liangois sont augmentés de canons de bronze à la production systématisée, tandis que, pour la première fois, une flotte militaire de haute mer est mise en place. Le premier navire de haute mer moderne Liangois est le Tianzheng, une frégate de 135m, dotée de 28 canons, qui est lancée en 1724.

                                        Six ports sont ouverts en 1757 au commerce occidental, les Six Ports au Sceau d'Or et d'Argent (Dingyuan, Yantau, Wulian, Andu, Jichien, Fan'an), sous la supervision directe des agents du Protecteur. Les échanges font rapidement prospérer ces villes, qui deviennent certains des plus grands centres urbains du pays. Par contrecoup, toutefois, le déclin de la vieille route de la soie devient marqué, et les cités caravanière de l'ouest souffrent par contre-coup.

                                        La pénétration des idées occidentales est plus lente, et est longtemps combattue par les élites intellectuels qinluaistes et légistes de Jizhou et de Bi'an, les capitales intellectuelles du pays. Il faut attendre le milieu du XVIIIème pour que des courants de la synthèse l'emportent, donnant naissance à de nombreux aspects la pensée liangoise moderne. C'est notamment à cette époque que les théories du contrat social sont mariées avec les thèses traditionnelles, créant le libéral-légisme, le néo-qinluaisme et le mohisme modernisé.
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                                        • Le commencement de la révolution industrielle et la modernisation politique du Liang: "Restaurer la charpente, maintenir les murs"

                                          La période de la fin du XVIIIème et du début du XIXème est caractérisée par le début de la modernisation politique, sous l'influence occidentale et des philosophes syncrétiques. Ces derniers, par le jeu de la bureaucratie mandarinale, sont graduellement arrivés dans des positions de pouvoir, et mettent en œuvre leur politique de modernisation. Celle-ci se fait parfois contre les autorités militaires du protectorat, qui adoptent une posture plus conservatrice.
                                          Cependant, l'importance croissante des milieux d'affaires, et la pression désormais visible des occidentaux dans le sud de la Ventélie établissent un climat favorable aux réformes politiques. Celles-ci sont à peine ralenties par la Révolte de Shi Yuan, un important soulèvement paysan contre la fiscalité modernisée, dans la région de Beiling, dans le nord-est du pays.

                                          Le principal élément de la modernisation set la lutte politique pour l'adoption d'une constitution écrite, la première d'un pays ventélien. Cette dernière, sous le nom de Très Honorable et Exaltée Charte des Dix-Sept Fonctions Indispensables à l'Harmonie de l'Etat, est adoptée en 1817 . A la différence des constitutions occidentales, la notion de légitimité populaire n'y apparait pas encore, mais la bureaucratie liangoise a d'ores et déjà pleinement retenu et appliqué la notion d'Etat de droit. Le principe constitutionnel de hiérarchie des normes et de répartition écrite et rationalisée des compétences est intégré à l'édifice législatif traditionnel. A l'occasion de cette réforme, le pouvoir du Protecteur est pour la première fois encadré significativement, le Zhongshu Sheng gagnant en compétences, pour devenir un organe représentant l'ensemble des mandarins de l'administration d'Etat.

                                          Cependant, arrivé au milieu du XIXème siècle, le début de l'industrialisation, l'exode rural massif, la pénétration des idées occidentales, et le développement du social-mohisme engendrent la naissance de réclamations sociales et politiques plus fortes et plus claires. Pour la première fois, les contestations de l'autorité mandarinales ne proviennent plus des chefs militaires, féodaux ou tribaux, mais bien de tronçons de la population urbaine, insatisfaits par les politiques mises en œuvre. Les années 1830, 1840 et 1850 sont marquées par une agitation politique, tout particulièrement dans les Six Ports au Sceau d'Or et d'Argent, et dans les grandes villes du sud-est, comme Bi'an, Jizhou, Dashing et Ying. Durant cette époque, les voyageurs occidentaux au Liang constatent l'étonnante similarité des situations et des revendications par rapport à celles existantes en Dytolie. "Les cités du Lee-ang regorgent de manufactures, d'usines et de boutiques, et à tout instant on y discute d'élections, de délégués et coalitions," relève un voyageur et commerçant originaire du Lorthon, Angus McLowern.

                                          Malgré cela, dans les campagnes, le mode de vie traditionnel continue de prévaloir - du moins jusqu'à la constructions des chemins de fer. Dès 1859, le premier est édifié, reliant Jizhou à Shinfeng.

                                          Le résultat de ce tourbillon politique, social et économique est une pression toujours croissante sur les autorités en place. Dans la Cité d'Or de Jizhou, le siège du pouvoir, les mandarins du Zhongshu Sheng et le Protecteur Général identifient la nécessité de consentir à des réformes, tout en s'appuyant sur les campagnes et les villes de l'ouest. Par ailleurs, les luttes de pouvoir entre le Protectorat et le Ministère des Masses, longtemps en gestation, finissent par éclater au grand jour, lorsque se produit un schisme entre le Situ et le protecteur Shi'er Yangshen au sujet de la politique dans le nord-ouest. Le protecteur était partisan du maintien des garnisons dans les districts lointains de Haixi et de Beiding, où l'instabilité tribale et les désordres civiques menaçaient gravement l'autorité de l'Etat, tandis que les mandarins privilégiaient la concentration des moyens sur les territoires centrales, entre Shulan, Karashand et le lac Tengre Nud Nör.

                                          Finalement, c'est le parti mandarinal qui parvient à l'emporter, aboutissant au retrait des troupes du Haixi et du Beiding. Ce retrait a permis de stabiliser le cœur du territoire liangois et de raccourcir les lignes de communication et de gestion, mais il est également lourd de conséquence: le Haixi et le Beiding deviennent de facto indépendants. Encore aujourd'hui, le Haixi constitue l'Etat du [url=https://simpolitique.net/viewforum.php?f=1316]Xilinhar[/url].

                                          C'est cependant dans ce contexte qu'est promulguée la deuxième constitution du Liang, le 17 février 1859, la "Constitution des Principes, Institutions et Procédures Applicables Au Protectorat Général Septentrional de Liang, in absentia de caution impériale". Il s'agit du document qui, malgré plusieurs révisions, préside encore aux destinées du régime politique liangois. Il établit la prédominance du pouvoir civil mandarinal, crée le Wuguohui, la chambre des députés, élus alors au suffrage universel censitaire. Le Situ est réorganisé, et devient un Gouvernement collégial, sans présidant, nommé par le Zhongshu Sheng et le Wuguohui. Les neuf ministères traditionnels sont réorganisés sur le modèle occidental, et le Liang devient un Etat entièrement moderne.
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                                        Frederick St-Luys

                                        Message par Frederick St-Luys »

                                        Mise à jour de l'encyclopédie:
                                        -Ajout de la section historique relative aux années 1859 et 1920 (reproduite ci-dessous).

                                        [spoiler=Nouveau post historique][center]9) Les turbulences de l'industrialisation (1859-1920)[/center]
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                                          • La révolte des Sept Trigrammes

                                            Avec l'adoption d'une nouvelle constitution et la stabilisation de ses frontières, le Liang semblait entrer dans une période propice au développement harmonieux. Cependant, les circonstances feront que le demi-siècle suivant sera riche en turbulences et en crises qui mettront à l'épreuve le pays.

                                            D'abord, l'évacuation du Beiding (lot Natolique n°18) et du Haixi ont donné naissance à terme à des Etats indépendants dans ces régions, que Jizhou ne reconnait pas. A partir des années 1860, les tensions sont fortes entre le Haixi et le Liang, et dominées par des lignes de faille ethniques. Et si aucune expédition de reconquête n'est lancée, c'est parce que, dans le sud, un nouveau feu s'est ouvert sur le plateau de Korlaghan (lot Ventélie n°6).

                                            Cette région aride et montagneuse, située entre la cordillère du Kuch Darya à l'ouest et les steppes de Khangaï à l'est forme comme un coin enfoncé dans les terres plates de l'ouest du Liang. Traditionnellement, elle n'était peuplée que de populations de montagnards semi-nomades, apparentés aux Seghesh et aux Alken. Néanmoins, les mouvements de population des XVIIème et XVIIIème siècle ont vu s'installer dans la région des tribus Tayar, originaires des bords orientaux de la Mer Intérieure. Ceux-ci se révèlent chroniquement réticents à l'autorité centrale de Jizhou, et entrent plusieurs fois en rébellion. Mais c'est au XIXème siècle que la région échappe durablement au giron central, sous l'influence d'un homme aux origines mêlées Liango-Tayares, Gai De. Ce mystique inspiré par le christianisme protestant, Gai De, est à l'origine de la Révolte des Sept Trigrammes. Ce mouvement ethnico-religieux rejette toute domination temporelle par les mécréants athées liangois, et propose d'édification d'un "Royaume Céleste", où, sous l'autorité du Christ Cosmique, les principes des Sept Trigrammes du Tao Christique seront appliqués.

                                            La révolte prend tout particulièrement dans le sud -ouest du Liang, loin des grandes villes, où les minorités ethniques se montrent très réceptives à un discours millénariste et mystique, mais aussi émancipateur.

                                            Entre 1862 et 1878, les armées liangoises et les rebelles se battent dans tout le sud-ouest. Les premiers succès des rebelles leurs permettent de capturer des centres régionaux importants, comme Heilar et Korlaghan, cependant ils échouent devant Shulan et Karashand. En 1869, le général Jiang Jiao est nommé à la tête des forces de pacification du sud-ouest, et entame une campagne lente mais systématique d'élimination des rebelles, qui parvient à sécuriser les plaines en trois ans. Mais les tentatives de reprise des régions accidentées et arides du plateau de Korlaghan se soldent par des échecs. Le conflit continue, avec une intensité variable, jusqu'en 1878. En effet, le poids massif de cette campagne de pacification sur les finances publiques a de plus en plus aliéné les députés et les mandarins, qui finissent par adopter le Jarlik réorganisant les yamens de l'ouest. La nouvelle carte administrative prend tacitement acte de la sécession de la région, qui n'y est représentée que sous forme de pointillés. En parallèle, la mort en 1877 du Glorieux Roi Céleste - titre qu'avait adopté le chef de la rébellion, Gai De - voit un net déclin dans l'agressivité des anciens rebelles, qui dorénavant se contentent de défendre leur territoire, sans chercher à apporter la lumière des Sept Trigrammes à leurs voisins des plaines.
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                                            • Les réformes militaires et la stabilisation des frontières

                                              Néanmoins, les échecs répétés de l'armée de Jiang Jiao dans la pacification du plateau de Korlaghan engendrent une véritable prise de conscience dans les cercles dirigeants militaires et civils du Liang. Malgré sa modernisation technologique, l'armée de terre liangoise reste organisée à l'ancienne, et n'a pas pleinement tiré profit des opportunités de rationalisation qui auraient du accompagner le changement de matériel. Les doctrines surannées et les modes de commandement trop lents ne sont plus en mesure de tirer le meilleur des troupes, tandis que le chemin de fer, qui arrive à partir des années 1880 dans l'ouest, offre un tout nouvel outil aux généraux.

                                              C'est pour cela que d'ici la fin du XIXème, l'armée liangoise fait l'objet d'une modernisation massive. Tout le système d'intendance, de paie, de logement et d'équipement des soldats est rénové sous l'Intendant Général des Bagages Militaires, Wen Zhenshang, tandis que le Général Commandant de l'Aile Gauche, Ji Shangxiao modifie de fond en comble la doctrine d'engagement des forces, sur la base de son traité de stratégie, le Livre des Axiomes de la Guerre et des Armées. Le parc d'artillerie, rééquipé de canons en acier à chargement par la culasse, est réorganisé et homogénéisé, et la formation de ses artilleurs allongée et améliorée. L'infanterie est entièrement réorganisée sur le modèle des divisions, régiments et bataillons occidentaux. Enfin, les auxiliaires de cavalerie Telenge et Xilkin sont détachés de leurs appartenances tribales et réorganisés en régiments de cavalerie réguliers, ce qui n'est pas sans causer des frictions avec certaines tribus.

                                              Grâce à cette armée modernisée et à une nouvelle harmonie entre pouvoirs civil et militaire, le recul graduel des frontières du protectorat est enfin arrêté. L'échec de la mutinerie de Shulan (1902) et la Liquidation de la Clique de Khangaï (1910) consacrent le succès de la nouvelle politique, qui est appuyée après le passage des soldats par une bureaucratie mandarinale réformée: les concours sont largement ouverts, et l'école, déjà très répandue, est rendue gratuite et obligatoire, jusque dans les régions les plus reculées. L'enseignement dans les trois langues (liangois, telenge, kuchi) est un puissant outil d'unification nationale. Après 1910, l'unité du Liang n'est plus sérieusement contestée.
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                                              • L'industrialisation du Liang

                                                En parallèle à ces développements, qui se tiennent largement à l'ouest des monts Tianzhou, l'industrialisation progresse rapidement dans l'est du pays.
                                                Le chemin de fer se répand très vite. A partir de la fin des années 1850, des lignes relient les principales villes du sud-est, puis, à partir de la décennie suivant, le Beiling jusqu'à Wulian et Andu, ainsi que Karashand, Sherehehar et Heilar de l'autre côté des monts Tianzhou. Il faut cependant attendre 1897 pour que soit ouverte la première ligne trans-liagnoise, qui relie Jizhou, dans l'est, à Shulan, à l'extrême ouest, sur les bords de la Mer Intérieure.
                                                En parallèle à cela, les machines à vapeur se répandent dans l'économie liangoise, et des usines apparaissent dans les grandes cités manufacturières de l'est. Une industrialisation ventélienne y prend racine, basée sur une structure des capitaux assez particulière, née des réseaux et associations commerciaux traditionnels du pays. Certains se réorganisent en banques: c'est le cas de l'Association des Marchands de la Grue, qui devient la banque Liaoyu Qiyê, ou encore de la Clique Financière de Xi Haizhong, qui devient la banque Xi, précurseur de Xi International.

                                                C'est aussi à cette époque que l'exploitation minière au Liang prend pour la première fois son envol: les mines de cuivre des monts Tianzhou font alors partie des principaux fournisseurs du métal dans l'hémisphère oriental, et les devises tirées de l'extraction du cuivre permettent de financer l'achat du fer, dont le territoire liangois manque. En parallèle, des réseaux d'importation de charbon se mettent en place depuis le Haixi, malgré les tensions politiques récurrentes entre la région séparatiste et Jizhou.

                                                Sur le plan social, l'envol industriel du pays est accompagné par un premier exode rural massif. Des centaines de milliers de liangois quittent les campagnes, et se concentrent dans les villes, notamment dans le sud-est du pays. La population de Jizhou passe de 850.000 habitants en 1850 à 1,5 millions en 1920, celle de Ying, de 75.000 à 650.000, et celle de Dashing, de 50.000 à 500.000. C'est une profonde transformation pour la civilisation liangoise, jusque là encore très agricole. La société, la famille, la langue et le mode de vie changent en conséquence, sous l'influence combinée des nouvelles populations urbaines, très éloignées des codes classiques des habitants des villes du Liang, et de l'influence de la culture occidentale. Un syncrétisme culturel se met en place dans certaines grandes villes, notamment dans les anciens Six Ports aux Sceaux d'Or et d'Argent. Cependant, dans certains milieux ces transformations donnent lieu à des réactions de méfiance et de rejet, et les plus traditionalistes se réfugient dans les régions campagnardes, pour y mener une existence loin des agitations de la ville. C'est le Mouvement de la Consolidation dans la Pureté, qui est contemporain du Réveil Taoïste, qui voit la naissance de nombreuses sectes et groupes religieux et mystiques taoïstes. Regardés avec méfiance par les autorités, ceux-ci ont également tendance à chercher refuge au sein d'ermitages, dans les vallées des monts Tianzhou.
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