Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]
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Zaldora
[justify]Le jeu de séduction (2).
24 novembre 2036,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/6wxs.png[/img]
Frueborg, vue sur le Donjon et sa ronde intérieure.
Au rez-de-chaussée, les fenêtres éclairées à la lumière
des bougies donnent sur la salle des Hommes d'armes. [/center]
Les Hommes de l'ère désenchantée ressentaient une grande tristesse au fond de leur cœur. Ils étaient tels des arbres en pot ne recevant plus la sève revigorante : vivants mais morts, beaux et pourtant très malades. Quand la fontaine de l'émerveillement disparaissait, l'Homme se retrouvait nu dans les ténèbres, sous l’œil maudit et vide de Satan, le Prince de ce monde.
Prise dans les méandres des complots, des conseils de guerre et des rapports d'espionnage, Marie craignait parfois de finir comme son père, détruit par la politique. Dieu merci, ses liens claniques, ainsi que ses deux jeunes filles, soleils de son existence, lui procuraient un grand bonheur qui adoucissait la dureté du contexte féodal. Les poèmes d'Anatolios amenaient également de l'eau à ce moulin. La Reine ne pouvait se dire insensible aux vers amoureux du Comte, qu'une servante glissait discrètement le soir dans sa Chambrée du Donjon. Après deux mariages politiques, Marie n'avait jamais connu pareils sentiments et rêvait plus que jamais d'un mariage heureux. Le secret dans lequel se jouait la séduction accroissait encore davantage son enthousiasme, bien que certains codes de l'amour courtois ne s'y trouvaient pas (union impossible, par exemple).
Anatolios apprit par une domestique l'émerveillement de Sa Majesté et en fut transporté. Dès lors, le monde changea autour de lui : douces devinrent les nuits froides, parfumés l'odeur des étables et raffinées les mœurs des thorvalois. Le paradis était descendu sur terre et le Seigneur avait installé sa demeure à la campagne. Le 24 novembre de l'An de Grâce 2036, Anatolios tomba fortuitement sur Marie (ou non ?) : « Mon gentil chevalier, aduit à mes pieds la peau d'icelui Grand Leu de Rugland et je t’ouvrirois mon cœur en entier » lui chuchota-t-elle avant de s'évanouir dans les escaliers conduisant au Donjon. L'homme lança un signe d'approbation et sembla galvaniser par la demande. Cette dernière était, on ne peux plus, sérieuse et n'avait rien d'un stratagème idiot. Assurément un périlleux voyage ! se dit l'hellène à lui même. Toutefois, il ne put s'empêcher d'être reconnaissant envers sa bien aimée : Marie lui offrait une chance de prouver sa valeur mais n'exigeait pas qu'on lui rapportasse le Graal comme certaines autres femmes courtisées l'exigeaient. Dans l'amour courtois, la Dame était au dessus de son courtisan et vénérée par celui-ci, étant à la merci de chacun de ses désirs. Demain, Anatolios commencera les longs préparatifs de sa future quête. Pour l'heure, il savait seulement que le monstre était une grosse bête mystérieuse qui effrayait la vallée de Rugland. Le clergé du lieu pensait que c'était un ouargue, cousin éloigné du loup Fenrir, fils du mauvais génie Loki.
[center]
---
[img]https://i.imgur.com/VoMoz16.jpg[/img]
Les rares témoins relatent un immense et lugubre 'leu'.
On ne sait pas s'il est solitaire ou chef de meute.[/center]
[/justify]
24 novembre 2036,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/6wxs.png[/img]
Frueborg, vue sur le Donjon et sa ronde intérieure.
Au rez-de-chaussée, les fenêtres éclairées à la lumière
des bougies donnent sur la salle des Hommes d'armes. [/center]
Les Hommes de l'ère désenchantée ressentaient une grande tristesse au fond de leur cœur. Ils étaient tels des arbres en pot ne recevant plus la sève revigorante : vivants mais morts, beaux et pourtant très malades. Quand la fontaine de l'émerveillement disparaissait, l'Homme se retrouvait nu dans les ténèbres, sous l’œil maudit et vide de Satan, le Prince de ce monde.
Prise dans les méandres des complots, des conseils de guerre et des rapports d'espionnage, Marie craignait parfois de finir comme son père, détruit par la politique. Dieu merci, ses liens claniques, ainsi que ses deux jeunes filles, soleils de son existence, lui procuraient un grand bonheur qui adoucissait la dureté du contexte féodal. Les poèmes d'Anatolios amenaient également de l'eau à ce moulin. La Reine ne pouvait se dire insensible aux vers amoureux du Comte, qu'une servante glissait discrètement le soir dans sa Chambrée du Donjon. Après deux mariages politiques, Marie n'avait jamais connu pareils sentiments et rêvait plus que jamais d'un mariage heureux. Le secret dans lequel se jouait la séduction accroissait encore davantage son enthousiasme, bien que certains codes de l'amour courtois ne s'y trouvaient pas (union impossible, par exemple).
Anatolios apprit par une domestique l'émerveillement de Sa Majesté et en fut transporté. Dès lors, le monde changea autour de lui : douces devinrent les nuits froides, parfumés l'odeur des étables et raffinées les mœurs des thorvalois. Le paradis était descendu sur terre et le Seigneur avait installé sa demeure à la campagne. Le 24 novembre de l'An de Grâce 2036, Anatolios tomba fortuitement sur Marie (ou non ?) : « Mon gentil chevalier, aduit à mes pieds la peau d'icelui Grand Leu de Rugland et je t’ouvrirois mon cœur en entier » lui chuchota-t-elle avant de s'évanouir dans les escaliers conduisant au Donjon. L'homme lança un signe d'approbation et sembla galvaniser par la demande. Cette dernière était, on ne peux plus, sérieuse et n'avait rien d'un stratagème idiot. Assurément un périlleux voyage ! se dit l'hellène à lui même. Toutefois, il ne put s'empêcher d'être reconnaissant envers sa bien aimée : Marie lui offrait une chance de prouver sa valeur mais n'exigeait pas qu'on lui rapportasse le Graal comme certaines autres femmes courtisées l'exigeaient. Dans l'amour courtois, la Dame était au dessus de son courtisan et vénérée par celui-ci, étant à la merci de chacun de ses désirs. Demain, Anatolios commencera les longs préparatifs de sa future quête. Pour l'heure, il savait seulement que le monstre était une grosse bête mystérieuse qui effrayait la vallée de Rugland. Le clergé du lieu pensait que c'était un ouargue, cousin éloigné du loup Fenrir, fils du mauvais génie Loki.
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[img]https://i.imgur.com/VoMoz16.jpg[/img]
Les rares témoins relatent un immense et lugubre 'leu'.
On ne sait pas s'il est solitaire ou chef de meute.[/center]
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Zaldora
[justify]La Guilde des Assassins (2).
27 novembre 2036,
Au plus près de la réalité, le royaume ne pouvait se décrire ni comme un État fédéral, ni comme une Confédération, et encore moins comme une Centralisation. Il n'était par ailleurs ni une aristocratie, ni une oligarchie mais plutôt un tissu monarchique et corporatif à tendance autogestionnaire regroupé autour d'une Reine par de très lâches liens féodaux. Ainsi, le royaume était une organisation faîtière offrant un cadre juridique à la cohabitation de différents seigneurs, chefs de clan, provinces, pays, républiques (au sens propre), villages, villes, métiers et communautés diverses. Le royaume ne disposait de presque aucune institution commune, offrant à l'hétérogène ensemble ci-avant une liberté quasi-souveraine. C'était dans ce cadre libre et anarchique, de continuel chevauchement des juridictions, et de lutte entre intérêts contradictoires, que naquit, en l'An de Grâce 2034, la Cité Boulangère de Jensgård. Les privilèges obtenus pour la rue de la Farine offrirent aux Boulangers une autonomie politique et financière presque complète. Le principe ne dérangea personne, la liberté de s'autogouverner étant un droit coutumier qu'aucune autorité ne pouvait légitimement supplanter. En revanche, la stratégie de la Boulangerie pour arriver à ses fins – fermer les greniers municipaux et agiter le spectre de la famine – fit couler beaucoup d'encre. Peu de temps en arrière, alors qu'ils dirigeaient la Cité, les Boulangers [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=315524#p315524]firent également preuve d'un zèle implacable face aux mendiants, les jetant par dizaine en prison[/url]. Un comportement peu chrétien et injuste dénoncé par Sa Majesté en ce temps.
Un soir, Anskar Bagværksen, éminent boulanger et ancien bourgmestre de la capitale, arpentait les ruelles sombres de Jensgård. La Cité Boulangère était son œuvre, tout comme les anciennes rafles de mendiants. Il revenait d'un entretien avec le nouveau chef de la ville, boucher de son état, dont il parut assez satisfait. Soudain, une ombre svelte, féminine et menaçante surgit devant lui.
[center][img]https://i.imgur.com/zpxrlAH.png[/img]
Astrid, qu'on pense avoir aperçu cet été à Jensgård. [/center]
« Qui es-tu, femme ? demanda le bourgeois en compissant ses chausses.
– Le Dies Iræ, rétorqua la tueuse, qui es-tu l'homme ?
– Je suis An-Anskar Ba-ba-bagværksen, je s-s-sers la v-v-ville en pé-pé-pétrissant le p-p-pain.
– Ce n'estoit pas ce que j'ai demandé…
– Tiens... des couronnes d'or ! Va-t-on chemin !
– Tu beivras la coupe jusqu'à la lie pour ton maltraitement sur les povres.
– A moi la g… »
En un éclair, Astrid lui ficha le poignard en plein cœur. Anskar se figea et s'effondra dans les bras de sa tueuse, qui le déposa délicatement au sol. Elle regarda derrière et fila tel un félin sous le manteau de la nuit. A la levée du jour, Astrid redeviendra une simple paysanne, mère aimante d'un garçon de moins d'un an, épouse de Söfren du clan Ivaring.[/justify]
27 novembre 2036,
Au plus près de la réalité, le royaume ne pouvait se décrire ni comme un État fédéral, ni comme une Confédération, et encore moins comme une Centralisation. Il n'était par ailleurs ni une aristocratie, ni une oligarchie mais plutôt un tissu monarchique et corporatif à tendance autogestionnaire regroupé autour d'une Reine par de très lâches liens féodaux. Ainsi, le royaume était une organisation faîtière offrant un cadre juridique à la cohabitation de différents seigneurs, chefs de clan, provinces, pays, républiques (au sens propre), villages, villes, métiers et communautés diverses. Le royaume ne disposait de presque aucune institution commune, offrant à l'hétérogène ensemble ci-avant une liberté quasi-souveraine. C'était dans ce cadre libre et anarchique, de continuel chevauchement des juridictions, et de lutte entre intérêts contradictoires, que naquit, en l'An de Grâce 2034, la Cité Boulangère de Jensgård. Les privilèges obtenus pour la rue de la Farine offrirent aux Boulangers une autonomie politique et financière presque complète. Le principe ne dérangea personne, la liberté de s'autogouverner étant un droit coutumier qu'aucune autorité ne pouvait légitimement supplanter. En revanche, la stratégie de la Boulangerie pour arriver à ses fins – fermer les greniers municipaux et agiter le spectre de la famine – fit couler beaucoup d'encre. Peu de temps en arrière, alors qu'ils dirigeaient la Cité, les Boulangers [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=315524#p315524]firent également preuve d'un zèle implacable face aux mendiants, les jetant par dizaine en prison[/url]. Un comportement peu chrétien et injuste dénoncé par Sa Majesté en ce temps.
Un soir, Anskar Bagværksen, éminent boulanger et ancien bourgmestre de la capitale, arpentait les ruelles sombres de Jensgård. La Cité Boulangère était son œuvre, tout comme les anciennes rafles de mendiants. Il revenait d'un entretien avec le nouveau chef de la ville, boucher de son état, dont il parut assez satisfait. Soudain, une ombre svelte, féminine et menaçante surgit devant lui.
[center][img]https://i.imgur.com/zpxrlAH.png[/img]
Astrid, qu'on pense avoir aperçu cet été à Jensgård. [/center]
« Qui es-tu, femme ? demanda le bourgeois en compissant ses chausses.
– Le Dies Iræ, rétorqua la tueuse, qui es-tu l'homme ?
– Je suis An-Anskar Ba-ba-bagværksen, je s-s-sers la v-v-ville en pé-pé-pétrissant le p-p-pain.
– Ce n'estoit pas ce que j'ai demandé…
– Tiens... des couronnes d'or ! Va-t-on chemin !
– Tu beivras la coupe jusqu'à la lie pour ton maltraitement sur les povres.
– A moi la g… »
En un éclair, Astrid lui ficha le poignard en plein cœur. Anskar se figea et s'effondra dans les bras de sa tueuse, qui le déposa délicatement au sol. Elle regarda derrière et fila tel un félin sous le manteau de la nuit. A la levée du jour, Astrid redeviendra une simple paysanne, mère aimante d'un garçon de moins d'un an, épouse de Söfren du clan Ivaring.[/justify]
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Zaldora
[justify]Pensées politiques.
3 décembre 2036,
Un nouveau courant de pensée sont nés et en rejoignent d'autres :
Den Mødrene
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/08/21/mini_18082107025137817.png[/img][/center]
Face aux rapports traditionnellement égaux entre hommes et femmes, couplés à des tendances matriarcales diffuses, le courant Mødrene souhaite faire basculer la société vers un matriarcat réel et assumé. La mère, et par extension la femme, y détiendra l'influence, l'autorité et le pouvoir civils ; elle sera l'objet de toute les attentions. L'héritage ira uniquement aux filles et le système familial strictement matrilinéaire. Les hommes seront soumis aux femmes, non par misandrie, mais par amour envers eux, pour leur maturation, leur épanouissement, leur grand bien et leur salut éternel (c'est traditionnellement la mère qui transmet la Foi et les valeurs catholiques à ses enfants). Les pères n'auront donc pas à disparaître mais vivrons dans l'ombre des mères, et auront à accepter la présence accrue des oncles et des tantes dans l'éducation des enfants (déjà le cas, mais pas assez selon Den Mødrene). Le courant matriarcal se dit profondément catholique et rejette en cela certains points caricaturaux des mouvements néo-matriarcaux étrangers : libertinage, lesbianisme, bisexualisme, polyandrie, adulterisme. Parmi ses autres revendications, Den Mødrene souhaite une société de cheftaines sans hiérarchie, ainsi que la répartition égalitaire des terres et de la production agraire. Enfin, le mouvement est très porté sur le culte de la Vierge Marie et des Saintes. Ses chances de monter en influence au sein de la société sont prometteuses.[/justify]
3 décembre 2036,
Un nouveau courant de pensée sont nés et en rejoignent d'autres :
Den Mødrene
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/08/21/mini_18082107025137817.png[/img][/center]
Face aux rapports traditionnellement égaux entre hommes et femmes, couplés à des tendances matriarcales diffuses, le courant Mødrene souhaite faire basculer la société vers un matriarcat réel et assumé. La mère, et par extension la femme, y détiendra l'influence, l'autorité et le pouvoir civils ; elle sera l'objet de toute les attentions. L'héritage ira uniquement aux filles et le système familial strictement matrilinéaire. Les hommes seront soumis aux femmes, non par misandrie, mais par amour envers eux, pour leur maturation, leur épanouissement, leur grand bien et leur salut éternel (c'est traditionnellement la mère qui transmet la Foi et les valeurs catholiques à ses enfants). Les pères n'auront donc pas à disparaître mais vivrons dans l'ombre des mères, et auront à accepter la présence accrue des oncles et des tantes dans l'éducation des enfants (déjà le cas, mais pas assez selon Den Mødrene). Le courant matriarcal se dit profondément catholique et rejette en cela certains points caricaturaux des mouvements néo-matriarcaux étrangers : libertinage, lesbianisme, bisexualisme, polyandrie, adulterisme. Parmi ses autres revendications, Den Mødrene souhaite une société de cheftaines sans hiérarchie, ainsi que la répartition égalitaire des terres et de la production agraire. Enfin, le mouvement est très porté sur le culte de la Vierge Marie et des Saintes. Ses chances de monter en influence au sein de la société sont prometteuses.[/justify]
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Zaldora
[justify]La Grande quête (2).
12 décembre 2036,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/34/kkvi.png[/img]
Le seigneur Tormod (cheveux blancs) et sa garde durant une rafle. [/center]
Des gémissements s'élevèrent à la fin de l'été à Elskeligaard et se poursuivirent au cours des lunes suivantes jusqu'à décembre. La petite région se trouvait sous la juridiction de Tormod, vassal discret du domaine propre de Marie III. Ni son défunt père, ni elle n'eurent à se plaindre de lui. Pourtant, les bruits et les rapports d'espionnage l'accusaient désormais gravement. Ceux-ci laissaient entendre que le vieux seigneur enlevaient des paysannes non-mariées pour les violer, avant d'offrir les pauvrettes en tournante à ses guerriers. Plusieurs frères et cousins auraient aussi été battus alors qu'ils tentaient de sauver leurs parentes. Tormod rejeta les rumeurs et s'assura de son innocence auprès de Sa Majesté dans une missive parfumée qu'un coursier apporta il y a quelques jours à Frueborg.
Marie douta néanmoins de son honnêteté, d'autant que les témoignages à charge affluaient quotidiennement à la Cour. La Reine ne voulut plus attendre, cette affaire devait être tirée au clair. Elle rassembla une troupe de cent hommes et chevaucha, étendards au vent, jusqu'à Elskeligaard. Des paysans la reçurent jovialement et semblèrent reprendre espoir. Depuis son manoir, le seigneur refusa toutefois de parlementer et demanda à Marie de s'en retourner dans ses foyers. Las, la reine lança l'assaut quelques minutes plus tard, submergeant facilement le bâtisse. Myriade parmi les violeurs périrent durant la bataille, courte mais violente. Le messire fut trainé hors de sa cachette pour assister à son procès. La neige se mit à tomber et le vent baissa. Superbe dans son armure, la suzeraine se tenait face à l'accusé, tandis que l'ost l'entourait. Là, Tormod reconnut aussi plusieurs visages de ses victimes. Une dizaine avait effectivement été assemblée.
« Vostre Majesté n'est point bonne avec son féal serviteur, protesta véhément l'accusé de haut-lignage.
– Silence, ordonna la Reine, moult d'icelles doulces paysannes et d'iceux bels puceaux emblasment la vostre personne de les avoir deshosnoré et murdri.
– Menteries !
– Nous possédons des tesmoins, poursuivit Marie.
– Menteries ! Menteries ! Menteries ! » tempêta Tormod.
Le procès continua. Nonobstant les protestations seigneuriales, chaque témoin défila un par un. En dépit du froid, le rituel s’étendit sur plusieurs longues minutes. Chaque scène fut contée et chaque détail rapporté, tous plus sordides les uns que les autres, au plus près de l'horreur des viols collectifs. La foule, mêlant bellatores et laboratores, eut le sang troublé et fut prise d'une sainte colère. Le lynchage fut évité in-extrémis tandis que le hobereau donnait des signes de défaillance. Finalement, sa volonté défaillit.
« Je confesse, avoua finalement le nobliau, tels sont mes crimes. J'irais dans vos cachots, Majesté.
– Vous n'auroiz pas à le faire, dit-elle, faisant signe à son grand capitaine.
– Grâce vous soit rendue belle Dame, remercia-t-il surpris en tendant ses liens, je c…»
Le grand capitaine trancha la gorge [non les cordes] d'un coup sec. Le sang se déversa à flot et fit une marre autour du seigneur, partit comparaître devant son Créateur. Le clan de Tormod fut déchu et bannit du royaume, alors que Elskeligaard, sa motte, ses terres emblavées et ses bois revinrent en la juridiction royale. Le soir, les habitants festoieront ensemble leur libération.[/justify]
12 décembre 2036,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/34/kkvi.png[/img]
Le seigneur Tormod (cheveux blancs) et sa garde durant une rafle. [/center]
Des gémissements s'élevèrent à la fin de l'été à Elskeligaard et se poursuivirent au cours des lunes suivantes jusqu'à décembre. La petite région se trouvait sous la juridiction de Tormod, vassal discret du domaine propre de Marie III. Ni son défunt père, ni elle n'eurent à se plaindre de lui. Pourtant, les bruits et les rapports d'espionnage l'accusaient désormais gravement. Ceux-ci laissaient entendre que le vieux seigneur enlevaient des paysannes non-mariées pour les violer, avant d'offrir les pauvrettes en tournante à ses guerriers. Plusieurs frères et cousins auraient aussi été battus alors qu'ils tentaient de sauver leurs parentes. Tormod rejeta les rumeurs et s'assura de son innocence auprès de Sa Majesté dans une missive parfumée qu'un coursier apporta il y a quelques jours à Frueborg.
Marie douta néanmoins de son honnêteté, d'autant que les témoignages à charge affluaient quotidiennement à la Cour. La Reine ne voulut plus attendre, cette affaire devait être tirée au clair. Elle rassembla une troupe de cent hommes et chevaucha, étendards au vent, jusqu'à Elskeligaard. Des paysans la reçurent jovialement et semblèrent reprendre espoir. Depuis son manoir, le seigneur refusa toutefois de parlementer et demanda à Marie de s'en retourner dans ses foyers. Las, la reine lança l'assaut quelques minutes plus tard, submergeant facilement le bâtisse. Myriade parmi les violeurs périrent durant la bataille, courte mais violente. Le messire fut trainé hors de sa cachette pour assister à son procès. La neige se mit à tomber et le vent baissa. Superbe dans son armure, la suzeraine se tenait face à l'accusé, tandis que l'ost l'entourait. Là, Tormod reconnut aussi plusieurs visages de ses victimes. Une dizaine avait effectivement été assemblée.
« Vostre Majesté n'est point bonne avec son féal serviteur, protesta véhément l'accusé de haut-lignage.
– Silence, ordonna la Reine, moult d'icelles doulces paysannes et d'iceux bels puceaux emblasment la vostre personne de les avoir deshosnoré et murdri.
– Menteries !
– Nous possédons des tesmoins, poursuivit Marie.
– Menteries ! Menteries ! Menteries ! » tempêta Tormod.
Le procès continua. Nonobstant les protestations seigneuriales, chaque témoin défila un par un. En dépit du froid, le rituel s’étendit sur plusieurs longues minutes. Chaque scène fut contée et chaque détail rapporté, tous plus sordides les uns que les autres, au plus près de l'horreur des viols collectifs. La foule, mêlant bellatores et laboratores, eut le sang troublé et fut prise d'une sainte colère. Le lynchage fut évité in-extrémis tandis que le hobereau donnait des signes de défaillance. Finalement, sa volonté défaillit.
« Je confesse, avoua finalement le nobliau, tels sont mes crimes. J'irais dans vos cachots, Majesté.
– Vous n'auroiz pas à le faire, dit-elle, faisant signe à son grand capitaine.
– Grâce vous soit rendue belle Dame, remercia-t-il surpris en tendant ses liens, je c…»
Le grand capitaine trancha la gorge [non les cordes] d'un coup sec. Le sang se déversa à flot et fit une marre autour du seigneur, partit comparaître devant son Créateur. Le clan de Tormod fut déchu et bannit du royaume, alors que Elskeligaard, sa motte, ses terres emblavées et ses bois revinrent en la juridiction royale. Le soir, les habitants festoieront ensemble leur libération.[/justify]
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Zaldora
[justify]Homo agricola.
20 décembre 2036,
Les écoles de pensée grandissent. Une énième a vu le jour aux alentours de décembre, rejoignant le tout récent matriarcat égalitaire.
Den Fysiokraterne
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/0blc.png[/img][/center]
De l'impression d'une agriculture bridée, à défaut d'être méprisée, naquit dans les milieux bourgeois Jensgårdois l'école de pensée physiocrate. Selon elle, toute richesse viendrait de la terre car elle seule multiplie les biens : une graine semée en génère d'autres, apportant un produit net évident. « Le cultivateur produit par génération, par augmentation réelle des biens. L'artisan produit par addition des matières premières et des subsistances converties en travail » : multiplication d'une part, vulgaire addition de l'autre, l'image est saisissante. Ainsi, la société se diviserait en trois : la classe productive composée de la paysannerie, la classe des propriétaires et la classe stérile regroupant artisans et commerçants qui ne font que transformer ou vendre les matières premières de l'agriculture. C'est le Thorval éternel dans ce qu'il a de plus profond qui s'exprime dans cette apologie de la terre, et ce refus à l'égard de l'industrie et du progrès. En terme de fond, Den Fysiokraterne croit reconnaître l'existence de lois naturelles, influençant l'économie, que les autorités politiques doivent accepter et garder afin de maintenir un ordre juste et parfait. En ce sens, le courant physiocrate professe un libéralisme économique assumé et une hausse des performances agricoles, la culture de la terre étant la seule pourvoyeuse réelle, non seulement de richesses, mais aussi de bonheur. L'argent en tant que telle, ainsi que l'industrie, n'intéressent pas Den Fysiokraterne. Au niveau pratique, les physiocrates souhaitent révolutionner la campagne en mettant fin aux douanes intérieures, à la politique des alleux, à la gestion commune des activités agricoles, aux assolements triennaux et aux communaux. En remplacement des vieux systèmes archaïques, ils proposent un remembrement général du foncier afin de bâtir de grandes propriétés clôturées au profit d'une bourgeoisie consciente des lois naturelles. Celles-ci passeraient ensuite des accords de fermage avec les paysans afin d'éviter un exode rural catastrophique au profit des stériles. De nouvelles pratiques agraires verraient aussi le jour, tout en veillant à ne pas sombrer dans les abus cataclysmiques de l'agriculture moderne, ayant détruit les sols et réduit la classe productive, les paysans, à la portion congrue. En somme, Den Fysiokraterne prône un libéralisme des campagnes, plein-sol, à la différence du libéralisme hors-sol de Den Nutidige. Les idées physiocrates intéressent une certaine bourgeoisie, mais sont d'ors-et-déjà rejetées par la paysannerie, l'Église et les féodaux qui tout trois auraient beaucoup à y perdre.
20 décembre 2036,
Les écoles de pensée grandissent. Une énième a vu le jour aux alentours de décembre, rejoignant le tout récent matriarcat égalitaire.
Den Fysiokraterne
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/0blc.png[/img][/center]
De l'impression d'une agriculture bridée, à défaut d'être méprisée, naquit dans les milieux bourgeois Jensgårdois l'école de pensée physiocrate. Selon elle, toute richesse viendrait de la terre car elle seule multiplie les biens : une graine semée en génère d'autres, apportant un produit net évident. « Le cultivateur produit par génération, par augmentation réelle des biens. L'artisan produit par addition des matières premières et des subsistances converties en travail » : multiplication d'une part, vulgaire addition de l'autre, l'image est saisissante. Ainsi, la société se diviserait en trois : la classe productive composée de la paysannerie, la classe des propriétaires et la classe stérile regroupant artisans et commerçants qui ne font que transformer ou vendre les matières premières de l'agriculture. C'est le Thorval éternel dans ce qu'il a de plus profond qui s'exprime dans cette apologie de la terre, et ce refus à l'égard de l'industrie et du progrès. En terme de fond, Den Fysiokraterne croit reconnaître l'existence de lois naturelles, influençant l'économie, que les autorités politiques doivent accepter et garder afin de maintenir un ordre juste et parfait. En ce sens, le courant physiocrate professe un libéralisme économique assumé et une hausse des performances agricoles, la culture de la terre étant la seule pourvoyeuse réelle, non seulement de richesses, mais aussi de bonheur. L'argent en tant que telle, ainsi que l'industrie, n'intéressent pas Den Fysiokraterne. Au niveau pratique, les physiocrates souhaitent révolutionner la campagne en mettant fin aux douanes intérieures, à la politique des alleux, à la gestion commune des activités agricoles, aux assolements triennaux et aux communaux. En remplacement des vieux systèmes archaïques, ils proposent un remembrement général du foncier afin de bâtir de grandes propriétés clôturées au profit d'une bourgeoisie consciente des lois naturelles. Celles-ci passeraient ensuite des accords de fermage avec les paysans afin d'éviter un exode rural catastrophique au profit des stériles. De nouvelles pratiques agraires verraient aussi le jour, tout en veillant à ne pas sombrer dans les abus cataclysmiques de l'agriculture moderne, ayant détruit les sols et réduit la classe productive, les paysans, à la portion congrue. En somme, Den Fysiokraterne prône un libéralisme des campagnes, plein-sol, à la différence du libéralisme hors-sol de Den Nutidige. Les idées physiocrates intéressent une certaine bourgeoisie, mais sont d'ors-et-déjà rejetées par la paysannerie, l'Église et les féodaux qui tout trois auraient beaucoup à y perdre.
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Zaldora
[justify]La Haute assemblée.
24 décembre 2036,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/7f1s.png[/img]
Passage nord vers la clairière sacrée... [/center]
En cette brumeuse veille de Nativité, alors que l'âtre des chaumières et des forteresses consumait lentement la Bûche bénie, pourvoyeuse de bonnes récoltes et protectrice contre les mauvais esprits, et que les clans danseront bientôt en ronde autour de l'arbre de Noël, les échos montaient au sein des tavernes quant à une possible convocation de la Højting au printemps.
Semblable à des États-Généraux, la vénérable « Haute assemblée » ne connaissait pas de saisonnalité, et se réunissait sur demande de Sa Majesté à la clairière sacrée de Morgård dans la province de Gamlemunkke. Le parlement accueillait usuellement les délégués des Oratores (Ceux qui prient, le clergé), des Bellatores (Ceux qui combattent, la noblesse guerrière) et des Laboratores (Ceux qui travaillent, avec une forte prééminence des clans paysans au détriment des bourgeois, sous représentés et sans réelle influence sur les délibérations). Selon les époques, l'assemblée su en moyenne attirer entre 800 et 1000 personnes, venues débattre de questions urgentes et primordiales pour le royaume. En 1705 ans d'existence, la Højting fut convoquée à soixante-dix reprises, la dernière s'étant tenue en décembre de l'An de Grâce 2030.
La clairière sacrée de Morgård était l'endroit où se déroulait traditionnellement les Hautes assemblées. Chargé de mysticisme, le lieu était un terrain vallonné et herbeux de 2 tønde, entouré de chênes et de hêtres consacrés à Dieu. Au fond, à l'ouest de la clairière, se tenait un frêne immense, haut de 130 pieds et sans âge connu. Selon la tradition, il était le Frêne du Christ, sous lequel les Rois et les Reines de Thorval plaçaient coutumièrement leur cathèdre lors des réunions. Les délégués des trois ordres s'asseyaient en face, sur le sol ou sur des bancs, selon qu'ils aient pensé à en amener ou non. D'après la légende, le Frêne du Christ existait également à l'âge Païen mais était plus connu sous le nom d'Yggdrasil, tandis que Morgård servait aussi de lieu de rassemblement pour les assemblées d'importances.
Voici les grands enjeux qui pourraient être délibérés lors de la Højting du printemps de l'An de Grâce 2037 :
Retour à l'hibernation.
Le mariage de la Reine.
Le passage au Matriarcat, poussé par le courant Den Mødrene.
Davantage d'alleux aux paysans.
Fin des procès aux animaux et introduction dans la coutume de la notion de « possession » pour ces derniers, poussé par les bourgeois.
Arbitrage des conflits seigneuriaux et des querelles claniques. [/justify]
24 décembre 2036,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/7f1s.png[/img]
Passage nord vers la clairière sacrée... [/center]
En cette brumeuse veille de Nativité, alors que l'âtre des chaumières et des forteresses consumait lentement la Bûche bénie, pourvoyeuse de bonnes récoltes et protectrice contre les mauvais esprits, et que les clans danseront bientôt en ronde autour de l'arbre de Noël, les échos montaient au sein des tavernes quant à une possible convocation de la Højting au printemps.
Semblable à des États-Généraux, la vénérable « Haute assemblée » ne connaissait pas de saisonnalité, et se réunissait sur demande de Sa Majesté à la clairière sacrée de Morgård dans la province de Gamlemunkke. Le parlement accueillait usuellement les délégués des Oratores (Ceux qui prient, le clergé), des Bellatores (Ceux qui combattent, la noblesse guerrière) et des Laboratores (Ceux qui travaillent, avec une forte prééminence des clans paysans au détriment des bourgeois, sous représentés et sans réelle influence sur les délibérations). Selon les époques, l'assemblée su en moyenne attirer entre 800 et 1000 personnes, venues débattre de questions urgentes et primordiales pour le royaume. En 1705 ans d'existence, la Højting fut convoquée à soixante-dix reprises, la dernière s'étant tenue en décembre de l'An de Grâce 2030.
La clairière sacrée de Morgård était l'endroit où se déroulait traditionnellement les Hautes assemblées. Chargé de mysticisme, le lieu était un terrain vallonné et herbeux de 2 tønde, entouré de chênes et de hêtres consacrés à Dieu. Au fond, à l'ouest de la clairière, se tenait un frêne immense, haut de 130 pieds et sans âge connu. Selon la tradition, il était le Frêne du Christ, sous lequel les Rois et les Reines de Thorval plaçaient coutumièrement leur cathèdre lors des réunions. Les délégués des trois ordres s'asseyaient en face, sur le sol ou sur des bancs, selon qu'ils aient pensé à en amener ou non. D'après la légende, le Frêne du Christ existait également à l'âge Païen mais était plus connu sous le nom d'Yggdrasil, tandis que Morgård servait aussi de lieu de rassemblement pour les assemblées d'importances.
Voici les grands enjeux qui pourraient être délibérés lors de la Højting du printemps de l'An de Grâce 2037 :
Retour à l'hibernation.
Le mariage de la Reine.
Le passage au Matriarcat, poussé par le courant Den Mødrene.
Davantage d'alleux aux paysans.
Fin des procès aux animaux et introduction dans la coutume de la notion de « possession » pour ces derniers, poussé par les bourgeois.
Arbitrage des conflits seigneuriaux et des querelles claniques. [/justify]
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Zaldora
[justify]En route.
30 décembre 2037,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/houu.png[/img]
Une mère près d'un camps militaire, au pays de Fitjar
(juin 2036). [/center]
Les mères sont tenues en haute estime et jouent un rôle prépondérant au sein de la société. Si la famille repose sur le clan et que les parents y sont en principe égaux, les penchants matriarcaux procurent aux mères une position d'exception, au dessus des autres gens de la parentèle. Les clans sont centrés autour d'elles. Les mères sont réputées d'avoir un charisme inné, renfermant un puits de sagesse et d'amour magnifié par la capacité unique de donner la Vie. Les Goda (= mères) incarnent l'honneur de leur clan, en font vivre le souvenir et veillent à ce que les hommes le redressent en cas de besoin. Elles maintiennent la cohésion familiale et arbitrent les querelles internes. Elles sont aussi les maitresses incontestées de l'éducation des enfants et règnent sans partage quant aux affaires claniques. Enfin, les Goda sont les gardiennes des traditions et de la piété familiales, devant en assurer la transmission.
Les mères, et par extension les femmes, profitent d'un nombre élevé de droits. Ces dernières peuvent refuser un mariage, hériter, devenir seigneur, porter les armes, commander, exercer les métiers savants, tenir artisanat, porter plainte devant la justice laïque ou religieuse et voter aux assemblées. Les cadettes qui rejoignent le clan des maris – les ainées exercent la filiation matrilinéaire – sont propriétaires de leur dot, peuvent garder le nom de leur clan et reçoivent une douaire. Que ça soit directement en tant que cheftaine/seigneur ou indirectement par l'emprise sur le mari, la mère exerce dans le foyer et en public une influence politique et morale considérable. Une autorité qualifiée de souveraine.
Si dans l'Église la femme ne possède pas le sacerdoce, les bonnes sœurs y sont légions et certaines abbesses sont très puissantes. Les exemples de monastères doubles dirigés par une abbesse ne sont pas rares. Celles-ci y exercent leur autorité aussi bien sur les moniales que les moines. Malgré tout, personne, ni même les matriarcaux, n'espère ouvrir le sacerdoce à la gente féminine.
15% des clans ont une femme pour ancêtre commun.
40% des seigneurs sont des femmes.
55% des clans ont une cheftaine au sommet, dénotant une inclinaison matriarcale évidente.
Le royaume est mûr. Compte tenu de la situation, le plein basculement vers le matriarcat ne nécessitera qu'une chose : instaurer la souveraineté de la filiation matrilinéaire, et toutes les conséquences indues. Dès lors, les dernières « préférences mâles » mise en place par pragmatisme politique plus que par idéal quant toute la Dytolie était féodale, disparaitront pour de bon.
[center]---[/center]
En ce début d'année, les matriarcaux rencontrent les prêtres et les mitrés afin de les rassurer sur la doctrine. Leur philosophie s'intéresse au temporel et n'a aucune ambition sur le spirituel. Il est nullement question de remettre en cause le mariage, de vanter le libertinage ou de faire disparaître les pères. Le courant pense que la position des mères est telle qu'il n'y a guère besoin de poser un voile pudique sur les hommes. Par les divers parlements avec l'Église, les hérauts du matriarcat espèrent obtenir le soutien des Oratores à la future Haute Assemblée ![/justify]
30 décembre 2037,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/houu.png[/img]
Une mère près d'un camps militaire, au pays de Fitjar
(juin 2036). [/center]
Les mères sont tenues en haute estime et jouent un rôle prépondérant au sein de la société. Si la famille repose sur le clan et que les parents y sont en principe égaux, les penchants matriarcaux procurent aux mères une position d'exception, au dessus des autres gens de la parentèle. Les clans sont centrés autour d'elles. Les mères sont réputées d'avoir un charisme inné, renfermant un puits de sagesse et d'amour magnifié par la capacité unique de donner la Vie. Les Goda (= mères) incarnent l'honneur de leur clan, en font vivre le souvenir et veillent à ce que les hommes le redressent en cas de besoin. Elles maintiennent la cohésion familiale et arbitrent les querelles internes. Elles sont aussi les maitresses incontestées de l'éducation des enfants et règnent sans partage quant aux affaires claniques. Enfin, les Goda sont les gardiennes des traditions et de la piété familiales, devant en assurer la transmission.
Les mères, et par extension les femmes, profitent d'un nombre élevé de droits. Ces dernières peuvent refuser un mariage, hériter, devenir seigneur, porter les armes, commander, exercer les métiers savants, tenir artisanat, porter plainte devant la justice laïque ou religieuse et voter aux assemblées. Les cadettes qui rejoignent le clan des maris – les ainées exercent la filiation matrilinéaire – sont propriétaires de leur dot, peuvent garder le nom de leur clan et reçoivent une douaire. Que ça soit directement en tant que cheftaine/seigneur ou indirectement par l'emprise sur le mari, la mère exerce dans le foyer et en public une influence politique et morale considérable. Une autorité qualifiée de souveraine.
Si dans l'Église la femme ne possède pas le sacerdoce, les bonnes sœurs y sont légions et certaines abbesses sont très puissantes. Les exemples de monastères doubles dirigés par une abbesse ne sont pas rares. Celles-ci y exercent leur autorité aussi bien sur les moniales que les moines. Malgré tout, personne, ni même les matriarcaux, n'espère ouvrir le sacerdoce à la gente féminine.
15% des clans ont une femme pour ancêtre commun.
40% des seigneurs sont des femmes.
55% des clans ont une cheftaine au sommet, dénotant une inclinaison matriarcale évidente.
Le royaume est mûr. Compte tenu de la situation, le plein basculement vers le matriarcat ne nécessitera qu'une chose : instaurer la souveraineté de la filiation matrilinéaire, et toutes les conséquences indues. Dès lors, les dernières « préférences mâles » mise en place par pragmatisme politique plus que par idéal quant toute la Dytolie était féodale, disparaitront pour de bon.
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En ce début d'année, les matriarcaux rencontrent les prêtres et les mitrés afin de les rassurer sur la doctrine. Leur philosophie s'intéresse au temporel et n'a aucune ambition sur le spirituel. Il est nullement question de remettre en cause le mariage, de vanter le libertinage ou de faire disparaître les pères. Le courant pense que la position des mères est telle qu'il n'y a guère besoin de poser un voile pudique sur les hommes. Par les divers parlements avec l'Église, les hérauts du matriarcat espèrent obtenir le soutien des Oratores à la future Haute Assemblée ![/justify]
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Zaldora
[justify]A la campagne.
2 janvier 2037,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/mv9p.png[/img]
Place d'un village situé au nord-ouest du royaume. [/center]
Au Thorval, en ces temps d'incertitudes, chaque entrée d'un étranger au sein du village est systématiquement rapporté au seigneur concerné, ou au chef de clan le plus puissant. La notion d'étranger demeure floue et large. Elle se rapporte à tout passant ou visiteur, quand bien même il habiterait un village des alentours. Les variantes dans son habillement, dans son patois et dans ses habitudes le rendent irrémédiablement suspect aux yeux des paysans. Pourquoi vient-il ? Comment interpréter sa présence ? Est-il là pour tuer ? Violer ? Empoisonner le puits ? Semer la discorde ? Voler le bétail ? Face à l'inconnu, les ruraux ont tendance à se méfier et à se replier sur les éléments familiers, sûrs et immuables. En l'An de Grâce 2036, ce sentiment s'est exacerbé.
Le royaume est une société féodale et clanique, où la division du travail demeure à l'état embryonnaire. L'existence tourne autour de communautés villageoises autarciques, vivants au rythme des pluies et s'appuyant sur une économie naturelle où la production sert principalement à combler les besoins élémentaires (céréales, légumineuses, fromages, beurre, crème, fruits…). Tendant à se renforcer, la solidarité traditionnelle au sein des villages s'appuie sur les liens familiaux et les alliances. Ainsi, l'attache familiale, la parenté et les liens du sang sont des notions omniprésentes.
Les rarissimes échos parvenant du monde extérieur inspirent peu de choses aux ruraux et ne font guère d'envieux, si ce n'est quelques tentations cycliques éphémères. Le modèle offert par les principales nations du monde (HRP : les Njs) est la société de consommation, où le désir de consommer est stimulé à l'infini et où les deux seuls objectifs de la politique sont la croissance et le pouvoir d'achat. Or, cette organisation sociale est l'antinomie parfaite de ce que sont les paysans et paysannes du royaume.
Le consommateur est matérialiste, quand le thorvalois est métaphysiciste.
Le consommateur est individualiste, quand le thorvalois est communautaire.
Le consommateur a une conception marchande du monde, quand le thorvalois favorise l'autarcie de sa communauté clanique.
Le consommateur vise les intérêts à court terme, quand le thorvalois regarde la prospérité de son clan à long terme.
Grâce à des informateurs, la Reyne connait quelques faits diplomatiques du dehors mais son savoir ici reste brumeux à 99%. Elle a par ailleurs conscience de la domination des merciers (mondialisation) mais a une parfaite méconnaissance du monde moderne, son mode de vie, ses avancées technologiques, sa réalité etc.
[/justify]
2 janvier 2037,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/35/mv9p.png[/img]
Place d'un village situé au nord-ouest du royaume. [/center]
Au Thorval, en ces temps d'incertitudes, chaque entrée d'un étranger au sein du village est systématiquement rapporté au seigneur concerné, ou au chef de clan le plus puissant. La notion d'étranger demeure floue et large. Elle se rapporte à tout passant ou visiteur, quand bien même il habiterait un village des alentours. Les variantes dans son habillement, dans son patois et dans ses habitudes le rendent irrémédiablement suspect aux yeux des paysans. Pourquoi vient-il ? Comment interpréter sa présence ? Est-il là pour tuer ? Violer ? Empoisonner le puits ? Semer la discorde ? Voler le bétail ? Face à l'inconnu, les ruraux ont tendance à se méfier et à se replier sur les éléments familiers, sûrs et immuables. En l'An de Grâce 2036, ce sentiment s'est exacerbé.
Le royaume est une société féodale et clanique, où la division du travail demeure à l'état embryonnaire. L'existence tourne autour de communautés villageoises autarciques, vivants au rythme des pluies et s'appuyant sur une économie naturelle où la production sert principalement à combler les besoins élémentaires (céréales, légumineuses, fromages, beurre, crème, fruits…). Tendant à se renforcer, la solidarité traditionnelle au sein des villages s'appuie sur les liens familiaux et les alliances. Ainsi, l'attache familiale, la parenté et les liens du sang sont des notions omniprésentes.
Les rarissimes échos parvenant du monde extérieur inspirent peu de choses aux ruraux et ne font guère d'envieux, si ce n'est quelques tentations cycliques éphémères. Le modèle offert par les principales nations du monde (HRP : les Njs) est la société de consommation, où le désir de consommer est stimulé à l'infini et où les deux seuls objectifs de la politique sont la croissance et le pouvoir d'achat. Or, cette organisation sociale est l'antinomie parfaite de ce que sont les paysans et paysannes du royaume.
Le consommateur est matérialiste, quand le thorvalois est métaphysiciste.
Le consommateur est individualiste, quand le thorvalois est communautaire.
Le consommateur a une conception marchande du monde, quand le thorvalois favorise l'autarcie de sa communauté clanique.
Le consommateur vise les intérêts à court terme, quand le thorvalois regarde la prospérité de son clan à long terme.
Grâce à des informateurs, la Reyne connait quelques faits diplomatiques du dehors mais son savoir ici reste brumeux à 99%. Elle a par ailleurs conscience de la domination des merciers (mondialisation) mais a une parfaite méconnaissance du monde moderne, son mode de vie, ses avancées technologiques, sa réalité etc.
[/justify]
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Zaldora
[justify]La Belle Bastarde.
9 janvier 2037,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/36/6ikp.png[/img]
Les premiers pas dans la neige... [/center]
Au mois de septembre, un fidèle de la Reine [clerc de l'Université] partit en son nom assister à une foire agricole d'hiver qui se tenait dans un pays côtier du nord-ouest de la Dytolie. L'émissaire s'en alla des mois et ne réapparut qu'hier à Frueborg en compagnie d'une bête incroyable qui, d'après ses dires, serait le fruit de croisements successifs entre des races thorvaloises locales, trois races autochtones du dit-pays et une ancienne britonne. Rustique, la vache pâturerait d'excellente façon et s'adapterait idéalement à une alimentation basée sur l'herbe. En quantité, ses aptitudes laitières seraient intrinsèquement supérieures à celles des pures races du royaume, tout en offrant un lait d'excellente qualité – riches en matières grasses et en protéines – pour la fabrication des crèmes et fromages paysans.
Malgré l’extravagance des propos, la Reine fit « une place à l'estable » pour la nouvelle venue et baptisa la race « Belle Bastarde », mi-nordique mi-romane. Un nom pouvant paraître infâmant mais qui l'était moins qu'« Estrangère » comme certains du clan proposèrent de la nommer. La bête venant de terres anciennement colonisées par les Vikings saura-t-elle surpasser les bestiaux locaux ? Ou du moins se faire une place parmi eux ? Personne ne pouvait le prédire avec certitudes car rien n'allait jamais de soit ! La pomme de terre, par exemple, fut connut et introduite en 1561. Pourtant, les paysans et paysannes ne l'adoptèrent qu'en 2001, soit quatre siècles plus tard.
En production conventionnelle, dans le monde, la Belle Bastarde (IRL la Normande) produisait environ 6500 litres de lait par an. Néanmoins, compte tenu des pratiques d'élevages locales particulièrement vieilles, avec notamment la prise en compte de la part du veau, le rendement tournerait à seulement 1200 litres, n'utilisant pas ou peu le potentiel réel de la vache. Une telle quantité de lait serait toutefois déjà supérieure à celle connut jusqu'ici.[/justify]
9 janvier 2037,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/36/6ikp.png[/img]
Les premiers pas dans la neige... [/center]
Au mois de septembre, un fidèle de la Reine [clerc de l'Université] partit en son nom assister à une foire agricole d'hiver qui se tenait dans un pays côtier du nord-ouest de la Dytolie. L'émissaire s'en alla des mois et ne réapparut qu'hier à Frueborg en compagnie d'une bête incroyable qui, d'après ses dires, serait le fruit de croisements successifs entre des races thorvaloises locales, trois races autochtones du dit-pays et une ancienne britonne. Rustique, la vache pâturerait d'excellente façon et s'adapterait idéalement à une alimentation basée sur l'herbe. En quantité, ses aptitudes laitières seraient intrinsèquement supérieures à celles des pures races du royaume, tout en offrant un lait d'excellente qualité – riches en matières grasses et en protéines – pour la fabrication des crèmes et fromages paysans.
Malgré l’extravagance des propos, la Reine fit « une place à l'estable » pour la nouvelle venue et baptisa la race « Belle Bastarde », mi-nordique mi-romane. Un nom pouvant paraître infâmant mais qui l'était moins qu'« Estrangère » comme certains du clan proposèrent de la nommer. La bête venant de terres anciennement colonisées par les Vikings saura-t-elle surpasser les bestiaux locaux ? Ou du moins se faire une place parmi eux ? Personne ne pouvait le prédire avec certitudes car rien n'allait jamais de soit ! La pomme de terre, par exemple, fut connut et introduite en 1561. Pourtant, les paysans et paysannes ne l'adoptèrent qu'en 2001, soit quatre siècles plus tard.
En production conventionnelle, dans le monde, la Belle Bastarde (IRL la Normande) produisait environ 6500 litres de lait par an. Néanmoins, compte tenu des pratiques d'élevages locales particulièrement vieilles, avec notamment la prise en compte de la part du veau, le rendement tournerait à seulement 1200 litres, n'utilisant pas ou peu le potentiel réel de la vache. Une telle quantité de lait serait toutefois déjà supérieure à celle connut jusqu'ici.[/justify]
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Zaldora
[justify]Bureaucratie.
ce jour,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/36/3ouq.png[/img][/center]
Au Thorval, les notions d' « État » et d' « Administration » sont très relatives, au bas mot. Cette faiblesse est compensée par l’existence de clans et de communautés très solidaires. En conséquence, la bureaucratie, véritable sang des nations modernes, est quasi absente. Ne cherchez point de guichet, vous n'en trouverez pas, où que vous alliez.
Carte d'identité ? Aucune.
Passeport ? Aucun.
Divers actes d'état-civil ? Aucun.
État-civil ? Aucun.
Tout autre document administratif ? Aucun.
Les seules choses qui se rapprochent de paperasses sont le Cadastre et le Sauf-conduit. Le premier est une carte qui dresse la situation du foncier dans un village, alors que le second est l'engagement oral d'un seigneur garantissant la sécurité et la liberté aux voyageurs et aux étrangers. Il donne droit à une escorte armée ou à une assurance : le noble est tenu de rembourser les gens qui se seraient fait dévaliser sur ses terres. En revanche, ceux n'étant pas sous la protection d'un Sauf Conduit n'auront à s'en prendre qu'à eux mêmes et ne pourront, en cas de mésaventures, réclamer quoi que ce soit.[/justify]
ce jour,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/36/3ouq.png[/img][/center]
Au Thorval, les notions d' « État » et d' « Administration » sont très relatives, au bas mot. Cette faiblesse est compensée par l’existence de clans et de communautés très solidaires. En conséquence, la bureaucratie, véritable sang des nations modernes, est quasi absente. Ne cherchez point de guichet, vous n'en trouverez pas, où que vous alliez.
Carte d'identité ? Aucune.
Passeport ? Aucun.
Divers actes d'état-civil ? Aucun.
État-civil ? Aucun.
Tout autre document administratif ? Aucun.
Les seules choses qui se rapprochent de paperasses sont le Cadastre et le Sauf-conduit. Le premier est une carte qui dresse la situation du foncier dans un village, alors que le second est l'engagement oral d'un seigneur garantissant la sécurité et la liberté aux voyageurs et aux étrangers. Il donne droit à une escorte armée ou à une assurance : le noble est tenu de rembourser les gens qui se seraient fait dévaliser sur ses terres. En revanche, ceux n'étant pas sous la protection d'un Sauf Conduit n'auront à s'en prendre qu'à eux mêmes et ne pourront, en cas de mésaventures, réclamer quoi que ce soit.[/justify]