[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 16 septembre 2036
La Santogne planche sur une dématérialisation de sa monnaie, comme la lire montalvéenne
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Ancienne juge anticorruption, Inès Teysseire, devenue ministre de l’Economie sous une étiquette indépendante,
est une ardente défenseuse de la dématérialisation de la monnaie.[/center]
La crise économique santognaise a conduit à une explosion de pots-de-vin versés aux fonctionnaires de l’administration, qui a atteint son paroxysme dans les années 2020. Demandes de logement social, de permis de construire pour une entreprise ou un particulier, achat de silence d’agents de répression des fraudes… Toute démarche était l’objet de faits de corruption. La situation était telle que le gouvernement, lui aussi touché, a dû intervenir par des purges massives et l’instauration de tribunaux compétents pour traiter rapidement les nombreux dossiers. Inès Teysseire a connu son ascension à ce moment-là : spécialisée en droit commercial, cette Santognaise du sud s’est bâtie une réputation après un bras de fer juridique avec le conglomérat liangois Xi International Mining qui avait initialement gagné l’appel d’offres pour la concession de mines de charbon à Pénasque (extrême-ouest de Santogne). Des connivences entre le ministère de l’Economie et le groupe Xi avaient alors été établies, ce dernier ayant bénéficié d’un surplus d’informations par rapport à ses concurrents lui permettant de remporter l’appel. En 2028, en appel, la Juge Teysseire a ainsi annulé l’attribution de la concession au groupe Xi, le condamnant par ailleurs à indemniser les entreprises concurrentes. L’affaire a mis sur le devant de la scène politique cette femme aujourd’hui âgée de 56 ans, décrite comme un « bourreau de travail » passionnée d’opéra et de chats.
Si Inès Teysseire compte de nombreux ennemis dans le milieu d’affaires, son travail est unanimement salué dans la classe politique et constitue une prise de guerre pour les populistes au pouvoir. Après avoir refusé plusieurs propositions d’entrée au gouvernement, elle a finalement sauté le pas après les élections de l’année dernière non pas à la Justice comme attendu mais au ministère de l’Economie et des Finances, ce qui en fait la seule membre de l’exécutif indépendante de tout parti politique. La juge aujourd’hui ministre a toutefois monnayé sa place, exigeant une grande latitude d’action pour assainir l’économie nationale, menaçant de démissionner si ses prérogatives n’étaient pas assez suffisantes. L’occasion pour la Juge Teysseire de plancher sur un projet qui lui tient à cœur depuis des années : procéder progressivement à la dématérialisation de la pistole santognaise, afin de garantir la traçabilité des transactions et ainsi lutter contre l’économie parallèle alimentée par les réseaux sociaux ; mais aussi mieux contrôler les actions de groupes terroristes dans le pays. Peu aguerrie à la politique, ses ambitions pourraient être contrecarrées par la relative impopularité de cette mesure mais elle a reçu l’aval de la Première ministre Roseline Delpuech et du Vice-Premier ministre Martial Vallotton. Elle ne cesse de prendre en exemple la réussite montalvéenne, considérant la Ligue italique comme l’une des destinations les plus sûres au monde pour les investisseurs. Souhaitant en faire de même avec la Santogne, c’est un chantier immense qui l’attend.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 9 octobre 2036
Les « anti-vaccination » gagnent du terrain en Santogne
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Certains « antivax » affirment qu’un agent pathogène proche de celui de la toxoplasmose (illustration de synthèse)
est en réalité inoculé aux patients pour les rendre plus bienveillants à l’égard du pouvoir.[/center]
Les chiffres du ministère de la Santé sont éloquents : entre 2026 et 2036, le taux de personnes vaccinées en Santogne a diminué, passant de 79 % à 65 % de la population. Paradoxalement, les vaccins – au moins les plus courants – font partie des rares actes médicaux qui n’ont pas été déremboursés par la sécurité sociale étatique. Par ailleurs, en Santogne, la vaccination reste « conseillée » mais n’est pas obligatoire. En effet, les tentatives par les gouvernements précédents de la rendre obligatoire au moins pour les très jeunes enfants pour enrayer notamment les épidémies de rougeole se sont heurtées à une violente opposition de la part de différentes mouvances, allant des catholiques traditionalistes aux militants de « l’écologie profonde ». Si les raisons de ce refus diffèrent selon leur profil, les opposants sont unanimes : le vaccin n’est non seulement pas une nécessité mais il est en plus dangereux pour l’organisme. Toutefois, cette liberté de refuser le vaccin a un prix : le système de santé et les mutuelles refusent en échange de prendre à leur charge le traitement contre les pathologies qui font l’objet d’une prévention vaccinale.
Parmi les arguments déjà connus, les mouvances traditionalistes perçoivent les vaccinations comme une tentative de s’opposer à la volonté divine et affirment, en prenant l’exemple du papillomavirus, qu’elles favoriseraient la promiscuité sexuelle et propageraient l’idée selon laquelle, avec un vaccin, le sexe serait sans risque. Du côté des « écologistes profonds », on assimile le vaccin comme un poison qui pollue le corps et l’esprit, comme il polluerait l’environnement. Les autres revendications sont plus politiques : refus de la vaccination pour refuser le profit des laboratoires pharmaceutiques et leurs connivences avec le système politique ou encore, refus de la vaccination considérée comme une atteinte aux libertés individuelles… Plus récemment, une théorie gagne en popularité sur les réseaux sociaux : celle-ci affirme que les vaccins inoculés aux patients contiendraient en réalité un agent permettant de les « assagir » et les rendre plus faibles. Les tenants de cette théorie prennent pour comparaison l’agent pathogène de la toxoplasmose, qui est capable de modifier le comportement de son hôte. En effet, les rongeurs infectés par le parasite ont moins peur de leurs prédateur félin et éprouvent même une certaine excitation sexuelle dans les zones marquées par l’urine du chat. Cette théorie, mal ficelée mais populaire, extrapole l’étude en affirmant que les vaccins rempliraient la même fonction mais au lieu que les infectés éprouvent une empathie à l’égard des chats, ils l’éprouveraient à l’égard des dirigeants. Dans un contexte de crise, sujet aux révoltes sociales, cette idée fait son chemin malgré des démentis formels d’un collectif de médecins et biologistes qui la trouve « bonnement ridicule ».
[justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img] 12 octobre 2036
Les associations LGBT de Santogne interpellent l’ONG « Fiertés » sur la situation dans le pays
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Les thérapies de reconversion sexuelle sont dans le viseur[/center]
Pas assez grave pour susciter l’intérêt de la communauté internationale médiatique mais tout de même inquiétante. C’est ainsi que les associations santognaises décrivent la situation des personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres dans le pays. En effet, depuis la dépénalisation de l’homosexualité en 1997, rien n’a changé et les homosexuels sont toujours confrontés à des discriminations quotidiennes, dans le domaine du travail ou de l’attribution de logements par exemple. De plus, l’homophobie n’est toujours pas considérée par la jurisprudence comme un motif recevable lors d’un litige. L’année dernière, un locataire expulsé par son propriétaire après que celui-ci ait appris son homosexualité a intenté une action en justice auprès du tribunal d’Oradour-sur-Méguès. Pour justifier l’expulsion, le propriétaire a fait valoir que son locataire troublait la tranquillité de l’immeuble par des « attentats à la pudeur » - notamment pour avoir embrassé son compagnon dans les parties communes, la scène ayant été rapportée par plusieurs voisins. Si la justice a donné gain de cause au locataire en matière civile – une clause mineure du bail de location n’ayant pas été respectée – il a été débouté en matière pénale sur le caractère homophobe de cette expulsion. Celle-ci a ainsi été confirmée, assortie de très faibles dommages et intérêts remboursant à peine les frais d’avocats.
Si la Santogne n’est pas à proprement parler un « enfer » pour les homosexuels qui peuvent vivre leur sexualité sans toutefois la manifester trop ostensiblement dans l’espace public, leur quotidien est ponctué de ce genre de petites attaques subtiles et cyniques. « L’Etat santognais nous laisse être homosexuel, mais préférerait qu’on ne le soit pas. C’est ainsi que nous le percevons. » décrit Cédric Gérin-Lajoie, président de l’association Gaietés & Libertés (G&L). Ce dernier affirme que l’homophobie santognaise suscite peu d’émoi auprès de la communauté internationale en raison de sa prétendue modération mais aussi parce qu’elle est plus sournoise qu’au Nephiland ou lors des tentatives de Gay Prides au Sengaï. Il entend interpeller l’organisation [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1212&t=16854]Fiertés[/url], basée à New-Warrington au Cangamé mais qui a une notoriété internationale, sur un point en particulier, celui des thérapies de reconversion sexuelle. Celles-ci, qui visent à aider les homosexuels à changer leur orientation sexuelle, consistent à associer des stimulus à contenu homosexuel à des sensations déplaisantes, à l’aide de chocs électriques et olfactifs. L’objectif est de développer une aversion pour le même sexe auprès du patient. « Ils font ça avec l’argent public, notre argent ! » s’ulcère Cédric Gérin-Lajoie, qui rappelle que la sécurité sociale rembourse partiellement, dans certains cas, ces thérapies, quand « manifestement, le patient éprouve un profond malaise vis-à-vis de son identité sexuelle ». Ces thérapies restent toutefois très marginales mais elle permettraient de mettre en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées les communautés LGBT de Santogne.
Football : la Santogne s’incline dès les quarts de finale à la Coupe de Dytolie
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Inconsolables, les Santognais emmenés par Matthieu Lortie (illustration) se sont inclinés en quarts face aux Slovians[/center]
Difficile de se faire une place parmi les champions en Dytolie et en sa qualité d’outsider, la Santogne l’a appris à ses dépens. Si l’équipe est capable de tutoyer les sommets, elle s’est confrontée d’entrée de jeu à la redoutable équipe du Montalvo. Durant 90 minutes, les Santognais ne sont pas parvenus à percer la défense de la squadra qui a pu dérouler deux buts dès la première mi-temps. Toutefois, profitant des faiblesses d’une équipe morinoise qui avait habitué à mieux et celles de son voisin lagaran qui n’a jamais été une grande nation footballistique, la Santogne échoua à prendre la première place de son groupe de poules, jugée plus confortable. Plus remontés que jamais, les Santognais ont démarré leur quart de finale avec confiance face aux Slovians en ouvrant le score grâce à un penalty marqué par le capitaine Matthieu Lortie. À égalité au bout du temps réglementaire, les deux équipes ont joué les prolongations. La Santogne a perdu son rêve de participer aux demies au cours des deux dernières minutes du match, durant lesquelles elle a encaissé deux buts slovians, donnant la victoire aux Slaves. Au terme des deux heures de jeu, la fatigue aidant, et avec la conviction d’avoir perdu bêtement leur match, les Santognais n’ont pu qu’assister, inconsolables, à la victoire de leur adversaire.
Ailleurs, il faut retenir le Lorthon, qui a pu se défaire du piège tendu par l’autre pays anglophone de la compétition, seule réelle surprise de cette compétition. Les Montalvéens, quant à eux, ont eu quelques sueurs froides avec leurs adversaires vonalyans venus des terres arctiques et l’Etera a sorti son épingle du jeu face à la Turquanie avant de s’incliner assez logiquement face à la Slovianie en demi-finale. Le Lorthon en fait de même, avec plus de résistance toutefois, face au favori Montalvo. La finale, qui oppose donc le Montalvo à la Slovianie, n’est pas sans rappeler justement le quart de finale Santogne-Slovianie. À l’image des Santognais en effet, les Slovians ont vu la victoire leur échapper lors des toutes dernières minutes du match dans le temps additionnel. Le Montalvo, après avoir manqué la marche des quarts en 2034, est sacré champion de Dytolie.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img] 23 octobre 2036
Développeurs « indé » et salariés du jeu vidéo créent
une « Worker’s Game Union » santognaise
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Le Studio Citrine, principal développeur santognais, est décrié pour ses conditions de travail[/center]
Au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340197#p340197]mois de mai dernier[/url], des développeurs westraits ont annoncé la création de leur propre syndicat, le Worker’s Game Union. Le principal quotidien du pays, People’s Daily, rappelle en effet que derrière l’image d’une industrie où il fait bon de travailler, se cache des réalités beaucoup moins agréables. Cette situation n’est pas propre au Westrait. En effet, en Santogne, des salariés du studio Citrine (à qui l’on doit le jeu de survie [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341340#p341340]Zombie Tour[/url]), se sont mis en grève en octobre 2035 en pleine période électorale, pour mettre en lumière leurs conditions de travail. Maxence Genest, porte-parole de la contestation, décrivait alors la situation : « La direction prend prétexte de notre passion pour le jeu vidéo pour nous réduire à des variables d’ajustement. Lors des périodes de « crunch » (période de bouclage d’un jeu vidéo qui conduit à une très forte augmentation d’heures travaillées, ndlr), nous pouvons aligner les journées de 15 heures, sans la garantie qu’elles soient toutes payées ». Depuis, la société a mis fin à son contrat en jouant d’une disposition légale, celle du « contrat de projet », c’est-à-dire la possibilité d’embaucher une personne le temps d’un projet défini tel que la conception d’un jeu. Ce contrat assouplit drastiquement les réglementations de temps de travail habituelles et ne donne droit à aucune indemnisation après sa rupture. Maxence Genest est aujourd’hui un développeur indépendant, et a été sensible à l’appel westrait, souhaitant en faire une antenne santognaise sous le nom francisé d’Union des Travailleurs du Jeu Vidéo (UTJV).
Le sort des salariés du Studio Citrine n’avait guère ému les prétendants à la chancellerie santognaise lors des précédentes élections, ce qui témoigne du peu de crédit que la classe politique, usée et déconnectée de la réalité, accorde à l’industrie du jeu vidéo. Le député du Parti populaire (conservateur), Colin Lemaigre, avait même raillé la contestation en considérant que « l’Etat n’a pas de temps à perdre avec ces marginaux à sweat à capuche sans vrai métier ». Les populistes aujourd’hui au pouvoir, avaient accordé un soutien a minima à la grève, sans toutefois donner de suites concrètes, se contentant d’annoncer un audit national dans le secteur. Bien que les jeux vidéo fassent partie de notre quotidien depuis près de 40 ans, ils restent relégués en Santogne à un pan de l’économie totalement secondaire et dispensable. L’établissement d’une convention collective, voulue par la jeune UTJV se heurte au refus quasi-unanime du Parlement de pénaliser les entreprises avec de telles normes, dans un contexte de crise économique. Pourtant, les points de litige sont nombreux : outre le volume horaire, les développeurs indépendants dénoncent le « salariat déguisé dont ils sont la cible quand des studios font appel à eux pour sous-traiter une partie du développement. Les femmes, qui représentent 10 % des effectifs en moyenne, se plaignent quant à elles d’un manque de considération de la part de leurs pairs et plus encore de leur hiérarchie. Pour toutes ces raisons, l’UTJV entend consolider avec son cousin westrait une union ambitieuse pour que les grands studios cessent de se jouer d’eux.
Le procès en canonisation des moines d’Aigues-Lisses
divise la communauté catholique et royaliste
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Les moines d’Aigues-Lisses ont tous été pendus en 1655 pour leur insoumission au Roi Léon Ier Illustration : détail d’un tableau d’Enguerrand Laslanes, peint en 1664[/center]
Déjà béatifiés, les moines d’Aigues-Lisses font actuellement l’objet d’un procès en canonisation de la part du conseil cardinalice. La procédure, qui date déjà depuis plusieurs années, pourrait aboutir à faire de ces moines de nouveaux saints de l’Eglise catholique. Si la plupart des saints ont été canonisés suite à des miracles attestés, une dérogation existe pour les martyrs et en cette qualité que les moines seraient reconnus. Retour en 1655 : depuis dix années, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341464#p341464]Léon Ier[/url] règne d’une main de fer sur le royaume de Santogne dont il s’autoproclame monarque de droit divin. Mais il est confronté depuis plusieurs années à des velléités de la part de nobles et du clergé qui ne lui pardonnent pas d’avoir déposé puis exécuté le roi précédent, ainsi que l’intégralité de maisons nobiliaires qui lui étaient hostiles. L’Eglise catholique est en froid avec le Roi Léon Ier depuis que ce dernier eût annulé son mariage avec la Comtesse Alienor du Bas-Sarioux, et lui reproche de manière générale son comportement peu catholique et tyrannique, faisant couler en continu le sang d’innocents. En 1655, pour s’assurer de la fidélité du clergé séculier comme régulier vis-à-vis de lui, le Roi exige de chacun qu’ils prêtent serment, par lequel ils reconnaissent son autorité comme une volonté divine. Prêtres et moines qui refusent de s’y soumettre sont, pour les plus chanceux, bannis du royaume et pour les moins chanceux exécutés sans aucune autre forme de procès.
Les moines de l’abbaye d’Aigues-Lisses font partie de ces irréductibles le refusant. Lorsque les gardes royaux l’interrogent, le Père Supérieur aurait eu ce mot : « Sa Majesté tient son pouvoir de la main du Dieu. Mais pas du mien. », sous-entendant qu’il le tiendrait de l’Antéchrist. Cette ultime provocation lui coûtera cher : il sera condamné à être progressivement écartelé, les quatre membres attachés à quatre chevaux, jusqu’à mort s’ensuive. L’agonie durera près de cinq heures pour le Père Supérieur. Dans le même temps, sans même être interrogés, tous les autres moines seront tous pendus en place publique le matin du 14 mars 1655. L’ordre d’exécution annonce d’autres chefs d’accusation à l’encontre du monastère, en prétendant que « la sodomie s’y pratiquait régulièrement » mais à l’aune de multiples documents, l’historiographie moderne réfutera cette version et affirmera que c’est bien pour leur insoumission au Roi que tous les membres de la communauté auront été exécutés.
Le procès en canonisation fait débat en Santogne, et témoigne des dissensions au sein des communautés royalistes et catholique du pays. Loin s’en faut, tous les royalistes ne soutiennent pas le retour de la dynastie de Léon Ier sur le trône de Santogne, précisément pour le comportement « déshonorable » de ce dernier mais aussi parce que son héritier présomptif n’est personne d’autre que le Roi des Ménechmes lui-même, de religion orthodoxe. Cela s’explique par le mariage entre Léon Ier de Santogne et la Reine Christína des Ménechmes, qui a donné une descendance légitime. Les partisans du Roi Léon Ier sont les adversaires les plus virulents à la canonisation des moines de d’Aigues-Lisses, pour des raisons évidentes. Ils sont rejoints par une partie de la communauté catholique, qui réfute les dernières recherches historiographiques et pensent que les moines se sont réellement prêtés au pêché de sodomie. Enfin, des nationalistes laïcs estiment qu’une canonisation des moines serait un coup porté contre l’image Roi, qui fut selon eux le « plus grand dirigeant de Santogne », celui qui aura porté la voix et la culture du pays jusqu’aux quatre coins du monde. Les débats devraient s’éterniser : un procès de canonisation dure jusqu’à plusieurs décennies.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 27 octobre 2036
La séparation des banques votées : une première victoire à l’étriquée pour Inès Teysseire
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Huit mois ont été nécessaires à la ministre de l’Economie (illustration) pour gagner
le premier round d’une vaste réforme de l’assainissement du système bancaire et économique.[/center]
Inès Teysseire, la ministre de l’Economie, n’a pas voulu perdre de temps. Déposé en août dernier, le projet de loi sur [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341451#p341451]la séparation des banques de dépôt et d’investissement[/url] a été adopté par le Parlement cet après-midi. L’adoption s’est toutefois faite à une majorité plus courte que prévu : 100 voix contre 97, trois parlementaires s’étant abstenus, alors que la majorité parlementaire est de 105 députés sur les 200 que compte le Parlement. Le projet de loi, promulgué dans la foulée, acte la séparation pour 1er avril 2037. À cette date, tout établissement bancaire devra justifier d’une séparation nette de ses activités de dépôt et d’investissement. Cette politique, déjà adoptée au Lorthon, est le premier acte d’une réforme beaucoup plus large voulue par la ministre de l’Economie : assainir le tissu économique par la dématérialisation de la pistole santognaise à moyen terme. La ministre, qui a multiplié les voyages au Montalvo pour s’imprégner de la lire dématérialisée, entend ainsi renouer la confiance, très ébranlée, des Santognais vis-à-vis des banques en les convainquant d’y déposer leurs liquidités, avec la certification que leur argent ne sera pas utilisé à des fins beaucoup plus incertaines. Autre mesure phare de la loi, la fermeture aux marchés publics santognais des sociétés qui payent insuffisamment d’impôts dans le pays par rapport au chiffre d’affaires qu’elles réalisent.
La démarche de la ministre est cependant très risquée, cette loi ayant été adoptée au détriment des relations entre l’Etat et le secteur bancaire. La réaction des créanciers de Santogne est notamment à craindre, cette loi étant jugée protectionniste et hostile à leurs intérêts. Inès Teysseire, ancienne juge corruption, démontre par ailleurs que son caractère intraitable est peu compatible avec le jeu politique, où il faut mettre de l’eau dans son vin. Cela expliquerait pourquoi des députés de la majorité se sont abstenus ou ont même voté contre le projet de loi. La ministre de l’Economie est confondue du bienfondé de cette réforme : « En garantissant les épargnes de chacun, on garantit aussi que les entreprises soient payées pour leurs prestations avancées. Trop de sociétés ont fait faillite en Santogne parce que leurs clients n’ont pu honorer leur facture parce que des banquiers ont joué avec leur épargne. » a-t-elle expliqué aux micros des stations de radio au petit matin. Cette bourreau du travail a tenté une rencontre amicale avec artisans et commerçants itinérants des marchés mais elle fut rapidement chahutée par ces derniers, très hostiles à l’idée de dématérialisation. Directe, pragmatique mais décidément peu politique, Inès Teysseire a lancé une bombe suite à cette mésaventure qui l’a passablement agacée : « Forcément qu’il y a une opposition ! L’économie souterraine est faite de tous ces artisans qui se font payer au noir par les particuliers qui veulent faire refaire leur toiture sans que l’Etat le sache. ». De quoi susciter une levée de boucliers de la part des intéressés et de leurs représentants au Parlement. Pourtant, le plus dur reste à faire et il sera extrêmement difficile, dans ces conditions, de faire adopter une réforme de dématérialisation de la pistole. Opportunistes, des députés de l’opposition veulent bien monnayer leur vote à ce projet par un abandon de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341613#p341613]réforme électorale[/url] qui leur est hostile. Inès Teysseire, qui a défié en tant que magistrat les plus grands conglomérats, devra mener un bien noble combat devant le Parlement, celui du marchandage, celui de la politique finalement.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 5 novembre 2036
Au Lorthon, les musulmans imposent leurs premières mosquées
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Pour la Santogne, le premier édifice mahométan remonte à 1554. Illustration : Mosquée Al-Hashmi, construite dans la province de Castelarrès, par les envahisseurs musulmans.[/center]
Le centre-ville de Fort William, capitale des Îles Lorthon, ne sera plus le même : le Premier ministre Daniel Ceallach a en effet inauguré en grandes pompes l’un des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341909#p341909]deux premiers lieux de culte musulman du pays[/url]. Autre grande ville, Marisburry, n’y échappe pas non plus : son centre historique sera désormais dénaturé par l’imposant croissant islamique d’un minaret qui écrasera de sa hauteur les environs. Le gouvernement du royaume insulaire nordique assure que le pays ne pouvait y échapper en raison d’une démographie de plus en plus forte, qui tient autant à l’immigration aminienne qu’à la propension naturelle des musulmans à prcréer de manière irraisonnée et irrationnelle. Les sujets de Sa Majesté Richard III devront quant à eux payer l’addition. Au cas où le peuple lorthonien venait à s’insurger, le gouvernement a préparé son implacable rhétorique : la communauté musulmane de Lorthon est jeune et dynamique, ce qui permet de contrebalancer une population vieillissante, qui pourrait à terme condamner le pays à la léthargie économique. Plus prosaïquement, le gouvernement sous-entend aux Lorthoniens que s’ils ne voulaient pas de musulmans sur leur territoire, ils auraient dû se montrer beaucoup plus prolifiques en matière de fécondité. Pas sûr cependant que la communauté musulmane de Lorthon apporte les petites têtes blondes dont le pays aurait besoin quand la manne pétrolière viendra à s’essouffler.
L’inauguration de ces deux mosquées reste en lui-même un épiphénomène mais il témoigne du nanisme démographique et de la perte de vitalité du continent dytolien. Cela ne date pas d’hier : lorsque le sultan algarbien Safar al-Rahaman envahit la Dytolie du Sud au XIIe siècle, il profite du surnombre de son armée par rapport aux armées dytonnes, pourtant mieux équipées. Il faudra plus d’un siècle pour venir à bout de la domination musulmane en Léontarie et en Santogne. Mais cette croisade ne viendra pas totalement à bout de la présence des fidèles de Mahomet ici-bas. Les mosquées construites à cette période en Santogne ont toutes été détruites sur les ordres du Roi. Néanmoins, une communauté musulmane subsiste en Santogne et prolifère plusieurs siècles plus tard grâce aux conflits religieux internes à la Chrétienté. La contestation de l’autorité papale prend alors diverses formes, tantôt celle du protestantisme, tantôt celle du catharisme, qui a survécu au Moyen Âge malgré les épreuves. Tous ces contestataires voient dans les musulmans présents en Santogne des alliés objectifs à leur cause et leur accordent leur tolérance. C’est dans ce contexte qu’est construite la Mosquée Al-Hashmi, dans la province de Castelarrès, encore active de nos jours. Ce sont près de 100 000 musulmans qui peuplent la Santogne actuelle, un nombre qui ne cessera de progresser si le pays suit l’exemple lorthonien.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img] 20 novembre 2036
Agressé parce qu’il pratique la gymnastique rythmique
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Aimeric Chassaing a été agressé à Forcastel « parce qu’il fait un sport de tapettes ».
Blessé, ce jeune prodige ne pourra pas participer aux championnats du monde. [/center]
Ils ne sont qu’une centaine en Santogne, à pratiquer la gymnastique rythmique en étant un homme. Cette discipline sportive, qui consiste à réaliser une chorégraphie à l’aide de rubans, de ballons, de cordes, reste très largement féminisée. Et c’est pour cette raison qu’Aimeric Chassaing, 24 ans, a été agressé au sortir d’un entraînement dans son club de Forcastel. Trois individus cagoulés l’ont frappé à la tête puis, une fois à terre, le gymnaste a reçu de nombreux coups dans le dos et sur les jambes. Le jeune homme s’est également fait voler son téléphone et son portefeuille. Victime de nombreuses contusions, une partie du visage tuméfiée, il a été transporté d’urgence à l’hôpital de Forcastel après l’appel de la directrice du gymnase qui l’a retrouvé gisant dans une ruelle adjacente. Si ses jours ne sont pas en danger, Aimeric Chassaing peut en tout cas faire ses adieux aux championnats du monde de gymnastique, qui doivent se dérouler en janvier prochain, au Teikoku.
Ses agresseurs n’ont pas été identifiés mais une plainte a d’ores et déjà été déposée. Elle pourrait cependant ne pas aboutir en raison de l’absence de témoins. Et si par chance, elle venait à se concrétiser en procès, les juges ne retiendront pas le caractère homophobe de l’agression, pourtant manifeste. La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340804#p340804]législation[/url] ne le permet pas, comme nous l’avions déjà démontré en [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341789#p341789]octobre dernier[/url]. Si la victime a affirmé s’être également fait insulter de « tapette », le ministère public contacté par nos soins a d’ores et déjà indiqué que cette information ne pouvait être retenue en l’absence de témoins, mais aussi parce « qu’une personne homosexuelle agressée ne l’est pas forcément en raison de sa condition d’homosexuel ». Longtemps exclue à la gente masculine, la gymnastique rythmique s’est peu à peu ouverte à elle, avec des compétitions internationales désormais organisées. Pour y participer, les hommes doivent répondre à des critères précis, notamment avoir le corps rasé et porter un justaucorps de gala. Les détracteurs de cette ouverture considèrent quant à eux que les hommes qui pratiquent ce sport sont « ridicules à souhait ». Aimeric Chassaing, qui pouvait prétendre à une médaille aux prochains championnats, ne cache pas son amertume au lendemain de son agression, réfléchissant même à s’exiler dans un pays. Une fois encore, la Santogne fait fuir ses talents.
En marge d’un festival hindou-hippie, des mariages blancs à foison
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De nombreux mariages mixtes sont recensés entre des femmes santognaises et des hommes eashes.
Ces dernières ciblent en particulier des femmes seules de plus de 40 ans.[/center]
Comme chaque année, le « Festival Namasté » s’est tenu au mois de septembre dans la province du Darbac, au nord-est de Forcastel. Cette manifestation, créée par des Santognais d’origine eashe, vise à mettre à l’honneur la culture hindoue. Très prisé de tous les mouvements hippies en tous genres, le festival a déjà été sous le feu des critiques en raison de consommation importante de cannabis –illégale en Santogne - et d’orgies avérées entre participants, en marge du festival mais sur la scène publique. Le succès de l’évènement, qui fait les beaux jours de la petite bourgade de Bancelan où il s’est installé, est également une opportunité pour des Eashes peu scrupuleux. Ces derniers, qui bénéficient de visas avantageux en raison des liens entre la Santogne et l’Eashatri, mettent leur grappin sur des festivalières, le plus souvent quadragénaires et esseulées, pour les séduire. À terme, l’objectif est de contracter un mariage, pour ainsi faciliter leur naturalisation santognaise. Le procédé peut paraître étonnant mais la Santogne, malgré ses dettes, reste une destination attractive pour des ressortissants d’un pays dont le PIB par habitant ne dépasse pas les 500 $, contre dix fois plus en Santogne. De plus, la crise économique du pays a également conduit à des tours de vis dans les budgets liés à la sécurité et à l’immigration.
Mis en examen, les organisateurs du festival réfutent leur appartenance à un réseau d’ampleur de mariages blancs entre jeunes hommes eashes et femmes santognaises dans la fleur de l’âge, et estiment que la faute relève d’inefficacité de l’Etat. La question est d’autant plus épineuse qu’il est difficile d’identifier les mariages sincères des mariages de complaisance. Violaine, 44 ans, née catholique et aujourd’hui hindoue comme en atteste son tilak au front, dit « vivre une idylle » avec Arjuna, qui a la moitié de son âge. Le jeune homme est peu loquace, ne sachant pas parler français, mais Violaine affirme que « les vrais amoureux n’ont pas besoin de déclarations d’amour pour attester de leur passion l’un pour l’autre ». La femme, rencontrée au marge de l’édition 2036 de ce festival dont elle est une habituée, arbore fièrement son alliance de mariage et nous livre quelques confidences : « Imaginez-vous le rêve que je vis actuellement : un homme jeune, beau et gentil qui vient faire des avances à une femme de plus de 40 ans. Forcément, j’ai été sur mes gardes au début… mais j’ai fini par sauter le pas en m’apercevant de sa sincérité. Nous sommes mariés depuis deux ans maintenant. ». La naturalisation d’Arjuna, qui passe six mois en Eashatri et les six autres en Santogne, est encore en cours, ralentie par les soupçons des services de l’immigration, mais selon les dires de Violaine, « elle est en bonne voie, [nous pourrons] vivre sans se cacher ». Son cas est loin d’être banal mais comme les autres, il est traité avec beaucoup de prudence, l’Immigration devant trancher entre la passion d’un Eashe pour des cougars ou une relation totalement opportuniste qui veut augmenter son niveau de vie facilement. En Santogne, on compte ainsi une cinquantaine de mariages mixtes entre un Eashe et une Santognaise, et dans la moitié des cas, la différence d’âge est d’au moins vingt ans.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 27 novembre 2036
Commerçants et artisans en colère lancent une « opération sans TVA » avant Noël
[img]https://i.imgur.com/j58fInu.png[/img] Illustration : Marché de Noël sur la Grande Place de Forcastel[/center]
La contestation des commerçants et artisans de Santogne ne désemplit pas après les propos polémiques de la ministre de l’Economie, Inès Teyssère, tenus [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341890#p341890]le mois dernier[/url]. L’ancienne magistrat avait alors considéré que l’économie souterraine était le fait d’un mouvement massif d’artisans qui se faisaient payer au noir, pour ne rien déclarer à l’Etat. Depuis, la ministre a présenté ses excuses mais a refusé de retirer le projet de dématérialisation de la monnaie qu’elle a mis sur les rails pour lutter contre ladite économie souterraine, qui représente un manque à gagner colossal pour l’Etat santognais. Partant du principe que « ceux qui n’ont rien à se reprocher ne trouveront rien à reprocher » à cette réforme, Inès Teysseire est devenue la bête noire d’un collectif d’artisans et de commerçants qui, à quelques semaines de Noël, proposent de ne pas faire facturer la TVA à leurs clients. Loin d’être majoritaire dans le secteur, cette initiative a suscité l’ire du gouvernement. « Ils ont le droit de ne pas répercuter la TVA sur leur prix de vente, tant qu’ils finissent par la payer à l’Etat au final » a tranché Roseline Delpuech, la Première ministre interrogée à ce propos lors d’une conférence de presse, qui a renouvelé son « entière confiance » à Teysseire.
En Santogne, le taux normal de la TVA s’élève à 20 % en 2036, soit 5 points de plus qu’il y a dix ans. Cette augmentation progressive, diluée d’année en année, a été mal vécue par les professionnels comme pour les clients et les partis populistes aujourd’hui au pouvoir en ont fait leur cheval de bataille : « Sous notre mandat, aucune augmentation de la TVA ne sera votée. Mieux, nous diminuerons son taux normal d’un point. » peut-on ainsi lire sur le site Internet de la Ligue du Renouveau (populistes de droite, ndlr). En attendant, le collectif est déterminé dans son action mais pose une seule condition à ses clients pour bénéficier de cette exonération : un paiement en espèces exclusivement. S’ils se savent dans l’illégalité, les commerçants et artisans impliqués connaissent la fragilité du fisc santognais, dont les effectifs ont été réduits ces dernières années, qui aura bien du mal à contrôler des fraudes aussi massives. L’initiative ne fait pas l’unanimité aux pourtant gagnants clients : interrogés sur le marché de Noël de Forcastel qui vient d’ouvrir pour un mois, des Santognais témoignent de leur « écœurement » face à un « comportement puéril » et « antipatriotique », « à l’heure où la Santogne a besoin d’être unie pour lutter contre ses créanciers et les autres mafieux de leur genre ».
[right]Alaïs de Fougasc[/right]
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[indent]500[/indent] La Santogne en faits, en chiffres, en vrac ▮ CONSCRIPTION | En 2005, le service militaire obligatoire s'étend aux femmes, avant d'être abrogé pour tous en 2017. ▮ CIRCULATION ROUTIÈRE | En Santogne, la circulation se fait à droite, sauf dans quelques villages de montagne, où elle se fait à gauche par praticité comme par "tradition". ▮ CATASTROPHE MINIÈRE | La fosse n°3 de la Compagnie des mines de Pénasque s'est effondrée en 1949, provoquant la mort de 400 mineurs, constituant la pire catastrophe minière du pays. ▮ DEPUTÉS INAMOVIBLES | En 1936, pour faciliter la transition de la monarchie à la république, 50 députés du Parlement proches de l'ancien roi y siegeaient à vie. Le dernier s'est éteint en 1967. ▮ ANTIPAPES | En réguliers conflits avec la Papauté au cours de son histoire, la Santogne a élu plusieurs antipapes pour contester la légitimité du pape "officiel".
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 3 janvier 2037
Candebégude, le village des centenaires menacé
[img]https://i.imgur.com/t4rakJt.png[/img]
À 90 ans, Bernat, le berger du village, parcourt encore les montagnes chaque été[/center]
Pour arriver jusqu’à Candebégude, au nord de la province de Calade-les-Cabres, il faut s’armer de patience et de bonnes jambes. Cette bourgade de 400 habitants n’est reliée au reste de la Santogne, sinon de la civilisation moderne, que par une route en mauvais état caillouteuse. Pas de double voie ici et de toute façon, pour quelle utilité ? Le village ne compte presque pas de véhicules motorisés et a été l’une des dernières villes du pays à être reliées au réseau électrique national. Il fait en revanche partie des « zones blanches » que le Vice-Premier ministre Martial Vallotton a promis d’éradiquer d’ici 2045. Mais c’est pour un autre fait que Candebégude s’est bâtie une réputation : zone blanche, elle aussi une zone bleue, c’est-à-dire une région caractérisée par une longévité nettement supérieure à la moyenne. Sur les 400 habitants que compte le village, on recense quinze centenaires et le triple de nonagénaires. A l’image de Bernat, le berger de 90 ans, qui gravit chaque été les pentes ardues de la montagne pour la transhumance, non mécontents de vivre aussi longtemps, les habitants vivent en excellente condition. Suscitant la curiosité de chercheurs en gérontologie et même de quelques touristes, les Candebégudiens tiendraient leur longévité de leur mise à l’écart du reste de la civilisation, aussi polluée que stressante.
Le doyen du village, Amadèu, affiche le score de 110 ans. Né en 1926, l’homme ne s’exprime qu’en patois santognais, devenu désuet dans le reste du pays depuis au moins les années 1970, bien que quelques expressions populaires aient subsisté. Affable, le vieil homme donne sa recette : bien manger, bien dormir, bien bouger et… bien forniquer. Se targuant d’au moins une demi-heure de marche par jour, il tenait l’épicerie locale jusqu’en 2035. Une trop forte fiscalité a conduit à sa fermeture malheureuse et, contraint à la retraite forcée, Amadèu raconte que c’est à partir de cette sédentarité imposée qu’il a commencé à avoir de premiers problèmes de santé, lui qui n’a jamais été à l’hôpital de sa vie. Sans surprise, l’alimentation locale se caractérise par une faible consommation carnée, une abondance de fruits, de légumes, de céréales et surtout l’absence de produits raffinés. C’est que le village continue à adopter une économie de subsistance, où l’on consomme strictement ce dont on a besoin. Les importations sont très difficiles et quand bien même la région n’est aucunement rentable pour les industriels. À l’inverse, la tentation d’aller faire ses courses ailleurs se bute là encore à un réseau de transports défaillant. Amadèu comme les autres ne se plaignent pas de leur enclave, bien au contraire, ils se considèrent même comme les « Thorvalois de Santogne ». C’est que, et c’est l’un des autres facteurs explicatifs de cette longévité, les liens sociaux sont très forts entre les villageois. Une sexualité épanouie complète la liste des secrets d’une vie longue en bonne santé.
Ce havre de paix et d’immortalité se confronte toutefois à plusieurs écueils apparus depuis la crise économique. La politique de rigueur et les hausses d’impôts ont rendu la vie plus difficile à ces « retraités actifs », qui ont pour beaucoup leur propre activité, sans supérieur hiérarchique, et qui se transmettaient de pères en fils ou de mères en filles. Dès lors, on assiste depuis une dizaine d’années à un inédit exil des jeunes qui s’accommodaient jusqu’alors de ce mode de vie traditionnel, contraints à l’installation dans des villes leur offrant plus d’opportunités. Conséquence directe : les générations ne se renouvellent plus, le village vieillit dangereusement et le lien social se voit délité par l’arrivée de retraités « étrangers » (c’est-à-dire de personnes étrangères au village), attirés par la promesse d’élixir de jouvence mais qui se plaignent du confort rudimentaire. Cantebégude est entrée dans la modernité.
Le Bykova devient une destination privilégiée pour les expatriés santognais
[img]https://i.imgur.com/6DCJqcf.png[/img]
Le Bykova attire travailleurs santognais qualifiés et non qualifiés[/center]
Longtemps dépendante de la production d’énergies fossiles, la République populaire de Bykova entend diversifier son économie par l’industrie et la production de biens de consommation. Fini le temps où le consommateur santognais rechignait à sortir de son garage sa voiture de marque RAZ (Retnya Avtomobilny Zavod, ndlr) pour éviter d’être la risée de son quartier. Longtemps considérées comme des « caisses à savon », ces voitures au design rudimentaire ont conquis depuis plusieurs années le marché santognais en raison de leur prix et leur robustesse, dans un contexte de baisse de pouvoir d’achat. Surtout, le Bykova apparaît comme une destination attrayante et pleine d’opportunités pour de nombreux Santognais qui veulent fuir la sinistrose du chômage. Ils sont de plus en plus à faire le choix de cette république populaire boréale au nord de la Natolique. Surtout, contrairement au profil-type de l’expatrié, hautement diplômé et aisé, aspirant à de meilleures opportunités de carrière, l’expatrié santognais au Bykova semble se confondre avec le profil-type du Santognais. On y retrouve aussi bien des ingénieurs que des ouvriers qui, tous, sont victimes d’un marché du travail cadenassé en République de Santogne. Ils font tous abstraction de la singularité idéologique du Bykova, qui a adopté l’économie socialiste, profitant de conditions de travail avantageuses et de perspectives d’évolution.
Les ingénieurs qui arrivent au Bykova témoignent tous de la même chose : le changement de paradigme. Alors qu’ils étaient habitués, en Santogne et plus encore dans des pays plus imprégnés par le capitalisme, à concevoir des produits faits pour répondre à des envies du moment selon les règles de l’obsolescence programmée, ils estiment avoir retrouvé au Bykova l’essence même de leur métier, c’est-à-dire concevoir des produits le plus fonctionnels possibles, qui arrêtent de faire la part belle au design et aux promesses marketing. « Avec le temps, j’étais devenu un commercial. Je m’en dégoûtais. La liquidation judiciaire de ma société a finalement été une bonne nouvelle, j’ai repris goût à mon métier. » témoigne Gautier, installé à Zaboroch’ye depuis 2034. Autre particularité de la diaspora santognaise au Bykova : sa proportion de femmes, plus élevée que dans les autres pays. Attirées par la promesse d’une égalité salariale et d’une meilleure considération de leur statut de femmes, elles ont fait le choix de quitter une Santogne, encore imprégnée (au moins dans l’Ouest conservateur) d’un certain patriarcat. Tous sont détenteurs d’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=883&t=13258&p=342250#p342250]permis C[/url], un visa accordé aux ressortissants d’Etats dytoliens sous conditions de résidence d’au moins un an sur le territoire bykovien. Regroupés dans des associations d’expatriés santognais, ils entendent faire pression sur le gouvernement santognais pour sceller un accord plus favorable avec leur pays d’accueil.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 6 janvier 2037
Le prix du préservatif sujet à de très fortes variations régionales
[img]https://i.imgur.com/IyX4oj2.png[/img]
Lorsqu’il n’est pas à la disposition gratuite, le préservatif se vend en moyenne 70 centimes l'unité.
À l’ouest du pays, ce prix peut grimper jusqu’à 5 pistoles, à peine moins qu'un paquet de cigarettes[/center]
Au terme d’une soirée romantique ou pris d’une envie du moment, vous êtes prêt à vous lancer. Mais, non prévoyant, vous avez oublié votre boîte de préservatifs. En fonction de la région où vous vous trouvez en Santogne, vous pourrez facilement combler cette carence ou, au contraire, vous résignez à payer une fortune, voire à rentrer bredouille. Dans l’Ouest conservateur du pays, les hommes attestent de difficultés de plus en plus importantes pour s’approvisionner en moyens de contraception, alors qu’ailleurs, la plupart des villes sont dotées au moins d’un distributeur automatique. En conséquence, le prix peut aller du simple au décuple mais au-delà de la simple fixation du prix par l’offre et la demande, des témoignages s’accordent sur l’existence probable d’une « taxe invisible » sur la vente des contraceptifs, à l’initiative des commerçants eux-mêmes et parfois même des pouvoirs publics. Dans la moitié occidentale de la Santogne, la pratique religieuse reste très forte, avec la présence de nombreuses et influentes communautés catholiques traditionalistes. Le Parti populaire, d’essence conservatrice, enregistre ici ses meilleurs scores et fait généralement la razzia sur les mairies lors des élections municipales. Ses principaux concurrents étant des partis plus conservateurs encore que lui.
À Gerdosque, petite ville de la province de Trémolie, le maire ne cache pas ses accointances avec des associations se réclamant de la « Fraternité du Christ-Roi ». L’une de ses décisions les plus polémiques fut de démonter les trois distributeurs de préservatifs installés aux abords des pharmacies, au nom de la « pudeur publique », considérant que l’espace public n’a pas vocation à promouvoir des actes sexuels, même (surtout ?) protégés. L’élu a par ailleurs fait une apparition remarquée l’été dernier à Brunemonge, à l’autre bout du pays, à l’occasion d’une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341371#p341371]manifestation anti-IVG[/url], où il a appelé le gouvernement à mettre en place « immédiatement » une politique nataliste. À l’aune de ces déclarations, sa décision se comprend mieux. Au meilleur des cas, le préservatif y est vendu, mais à un prix exorbitant, atteignant 5 pistoles l’unité, soit juste un peu moins qu’un paquet de cigarettes. Résigné, le partenaire mâle n’a d’autres choix que de s’imposer une chasteté pour préserver ses finances ou « prendre le risque ». Cette situation est largement dénoncée par les associations de prévention sexuelle, souvent proches des mouvements LGBT, qui craignent une recrudescence des maladies sexuellement transmissibles ainsi qu’une explosion de grossesses non désirées, augmentant paradoxalement le recours aux avortements que le maire de Gerdosque voudrait tant bannir. Au-delà de ces questions, quel usage est-il fait de cette taxe sous-jacente sur les préservatifs ? Elle profite assurément aux officines mais les opposants craignent qu’elles financent également les communautés traditionalistes, profitant de l’envie urgente des consommateurs.
[right]Alaïs de Fougasc[/right]
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[indent]500[/indent] La Santogne en faits, en chiffres, en vrac ▮ RECORD | Pour la deuxième année consécutive, Lionel Descombes a été sacré « homme le moins connu de Santogne » par le principal registraire de records. ▮ MANGAS | En 2031, les députés du Parti populaire ont presque réussi à interdire la diffusion de mangas et d’animes teikos sur le territoire santognais. Leur texte a été rejeté à trois voix d’écart. ▮ NOMBRE DE BISES | En moyenne, pour se saluer entre amis, les Santognais font trois bises. ▮ DÉCORATION HONORIFIQUE | En 1973, un certain Aurélien Bourseiller a été élevé Chevalier de l'[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341497#p341497]Ordre du Mérite[/url]... sauf qu'il n'a jamais existé. L'institution, victime d'un canular, n'a toutefois jamais retiré la décoration.[/justify]