[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 13 juillet 2036
L’arnica, dévastée par l’agriculture intensive et la crise économique
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Les garde-champêtres déplorent les vols de cette plante aussi fragile que recherchée Illustration : Plaines de la province d’Espigarie[/center]
Très prisée des laboratoires pharmaceutiques, l’arnica est couramment appelée en Santogne « aur jaune » dans le patois local et « arnica montana » dans sa dénomination scientifique. Comme son nom latin l’indique, la plante affectionne les flancs de montagne jusqu’à 2800 mètres environ. Autant dire que la Santogne est un terrain favorable à son développement. Mais extrêmement fragile, très sensible à l’agriculture intensive et ne pouvant être cueillie qu’à la main et à l’état sauvage, l’arnica est en danger. Depuis les années 2000, le verrou de l’agriculture intensive en Santogne a sauté et aux alentours du fleuve Méguès, des milliers d’hectares de forêt ont cédé leur place à des champs de monoculture, rendant les sols plus acides et impropres au développement de l’arnica. La plante, pourtant, est utilisée pour lutter contre de nombreuses inflammations articulaires et musculaires. À ce mal s’ajoute un autre : la convoitise qu’elle suscite. Selon la qualité de la fleur, celle-ci peut se vendre entre 2 et 3 $. Ramenée à la valeur de la pistole santognaise et à la crise que connaît le pays, cette estimation nourrit donc des ambitions de particuliers qui veulent arrondir leurs fins de mois.
L’affaire est prise au sérieux par les garde-champêtres qui n’hésitent pas à qualifier de braconniers ces cueilleurs sauvages. Hasard du calendrier, les graines d’arnica devraient intégrer sous peu l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340933#p340933]Arche Végétale[/url] inaugurée le 20 avril dernier en Vonalya polaire. Des graines de différentes provinces santognaises seront de fait sélectionnées pour assurer une pérennité à la plante, qui pourrait s’éteindre en milieu naturel sans action politique. Qui plus est, le phénomène devrait s’accélérer dans les prochaines années : la demande ne cesse d’augmenter alors que l’offre tend à diminuer. Cela s’explique aussi par le climat de défiance d’une partie de la population vis-à-vis de la médecine conventionnelle, jugée par des mouvements altermondialistes mais aussi traditionnels comme étant complice à son échelle de la décadence morale et économique du pays.
Une loterie nationale pour sauver le patrimoine santognais ?
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Propriété de l’Etat santognais, ce manoir du Bas-Sarrioux pourrait devenir le premier lot de la loterie nationale.[/center]
L’idée a circulé au sein des députés de la majorité et elle est très sérieuse : organiser une loterie nationale pour sauver le patrimoine de Santogne. Et au premier chef, pour sauver le Château de Garran-Mountivié, qui a été hypothéqué au profit de créanciers lianwadais. L’idée de mettre en jeu le château lui-même pour le sauver a vite été écarté, l’édifice – en réalité les ruines qui lui donnent encore une forme - ne présentant qu’un simple intérêt patrimonial et aucun intérêt d’usage. Les parlementaires se sont rabattus sur d’autres bâtiments nettement moins connus, et qui appartiennent à l’Etat. Avec un ticket de loterie vendu à 3 ₱ SAN, le joueur peut espérer remporter le premier prix : le manoir de Sepnère-le-Clos et son domaine, dans la province du Bas-Sarrioux, d’une valeur estimée de 1.1 millions $. Pour rendre le jeu attractif, d’autres lots sont prévus, de 5 à 100 000 ₱. Pour rendre l’opération rentable, la Santogne compte ainsi sur une participation massive, non seulement auprès du public santognais mais aussi étranger. D’autres pistes, moins ludiques, sont étudiées par le gouvernement et les députés, notamment une campagne de crowdfunding, en comptant cette fois-ci sur la simple générosité des contributeurs… et peut-être en échange d’une réforme politique par la majorité de la population santognaise, par exemple l’amélioration du droit de pétition. Le Mouvement social-démocrate a notamment estimé « lamentable » que le gouvernement tente de marchander une réforme qu’il devrait adopter au nom du seul service public sans attendre la moindre pistole.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 23 juillet 2036
À Saurelles, des « vegans » laissent des taureaux de combat s’échapper dans les rues
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À quelques jours du lancement de la feria, des extrémistes de la cause animale ont libéré quatre taureaux dans les rues de Saurelles Illustration : Taureau dans l’Arène de Saurelles, lors de la féria de l’année dernière[/center]
Les taureaux venaient d’être livrés aux Arènes de Saurelles, pour le lancement de la féria locale prévu à 25 juillet mais ce matin, les enclos ont été retrouvés vides par les propriétaires. Et pour cause : les taureaux ont été vus arpenter les rues de la ville vers neuf heures du matin. Désorientées et énervées, les bêtes s’en sont prises à des piétons, occasionnant trois blessés dont un grave. Une femme de 42 ans a en effet été piétinée par un taureau de 400 kilogrammes, lui provoquant une hémorragie interne. Son état s’est cependant stabilisé et ses jours ne sont plus en danger. L’effraction a été commise par cinq militants de la « cause animale » au petit matin, profitant de l’inattention d’ouvriers venus installer les derniers préparatifs. Interpellés par les services de police venus quelques heures après, les délinquants âgés de 20 à 46 ans ont reconnu et « assumé » les faits mais affirment qu’ils n’ont jamais eu l’intention de les lancer dans les rues de Saurelles. Selon leurs premiers aveux, ces extrémistes auraient perdu le contrôle des taureaux, qui auraient tous les quatre pris la direction du sud, vers le centre-ville.
Sur les quatre taureaux, un manque toujours à l’appel et un autre, totalement incontrôlable, a dû être abattu dans la rue. Les deux autres ont été récupérés par l’équipe de sapeurs-pompiers animaliers pour être rendus à leur propriétaire. L’Association taurine de Saurelles, qui organise annuellement la féria, chiffre le montant des deux pertes à près de 25 000 ₱, sans compter les dommages et intérêts réclamés par la municipalité. La sanction pourrait être plus sévère encore pour les responsables de ce capharnaüm, qui risquent jusqu’à trois années de prison ferme et 100 000 ₱ pour recel, mise en danger d’autrui et coups et blessures involontaires. Organisée depuis trois siècles, la féria de Saurelles est le plus grand événement de l'été dans cette région au sud de la Santogne, avec sa traditionnelle grande corrida de clôture réunissant les plus grands matadors, en provenance notamment de la Léontarie voisine. Cette tradition est, comme beaucoup d’autres, menacée par des « vegans », ces groupuscules violents qui veulent interdire la production de viandes, poissons, produits laitiers et même de miel. Ces militants, qui veulent réduire l’alimentation humaine à des pâturages de vaches et qui s’autoproclamant défenseurs des animaux, ont pourtant par leur délit condamné à mort avant l’heure un des taureaux qu’ils prétendaient protéger.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/kEbcwxN.png[/img] 30 juillet 2036
Les boutiques religieuses de Santogne inondées de produits « made in Eashatri »
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Le Christ multipliait les pains et ça se voit.[/center]
Une Vierge Marie obèse qui écrase un polochon peint en serpent ; un Saint-François et ses colombes unijambistes ou un Saint-Joseph qui semble porter un petit extra-terrestre irradié. Bienvenue dans l’une des très nombreuses boutiques catholiques que compte la République de Santogne. À côté des crucifix et des bibles, des objets de dévotion de toutes sortes sont proposés aux visiteurs. Certains, pas encore déballés, attendent dans leur carton imprimé du label « Made in Eashatri » à destination de « Santtoge » et qui sent le curcuma. Pas de doute, ces items viennent de loin mais à leur vue de leur esthétisme, on se demande si le commerçant ne les a pas commandés pour renouveler son stock de papier-bulles à éclater des heures durant ou pour garnir son blog de photos des pires fautes d’orthographe de ses fournisseurs. Toujours est-il que depuis quelques années, les objets de piété traditionnels ont cédé leur place à leurs ersatz, à un coût dix fois moindre mais vendus à un prix seulement cinq fois inférieur qu’auparavant. L’Association des libraires catholiques de Santogne défend ce choix par la voix de son président Dominique Pueyrredon : « La crise économique que connaît notre pays a impacté de manière importante notre secteur et nous sommes conscients que nos clients n’ont plus les moyens nécessaires pour dépenser autant en objets religieux. Nous continuons de travailler avec des fabricants santognais traditionnels, mais nous visons à atteindre la clientèle la plus large possible en lui offrant un choix maximal. ».
Les artisans santognais qui fournissaient les boutiques accusent quant à eux le coup, avec un recul du chiffre d’affaires de 34 % en moyenne par rapport à il y a dix ans, et demandent que soient adoptés des droits de douane compensateurs sur les produits importés – en provenance généralement de Janubie – pour prendre en compte selon eux un coût de la vie et du travail bien moindre. L’Eashatri est particulièrement pointé du doigt par les partisans du « fabriqué en Santogne ». Conçus et peints à un rythme semi-industriel voire clairement industriel, ces objets bénéficient de plusieurs facilités commerciales au nom du passé commun entre la Santogne et l’Eashatri. En effet, au XVIIe siècle, dans un contexte d’entreprises coloniales multiples qui l’aura notamment amené aux Ménechmes, la Santogne envoie des missionnaires catholiques en Janubie, porter pacifiquement le message du Christ, selon la définition qu’a l’infaillible vicaire des Etats pontificaux du pacifisme. Plusieurs villes de prédilection, comme Dejsali, Iséphir et Adheban rassemblent aujourd’hui un peu plus de 100 000 Santognais, qui y ont légué cathédrales, écoles et orphelinats catholiques. Aujourd’hui, la colonie a officiellement disparu mais quelques accords subsistent. Peu sensibles aux couleurs kitsch de ces artefacts religieux qui donnent définitivement à la Sainte Vierge l’allure d’une gitane d’une mauvaise comédie romantique du cinéma janubien, les artisans avaient déjà obtenu gain de cause en 2029. En effet, après un scandale relatif à l’usage pour la conception de statuettes de peintures dangereuses, les facilitations douanières ont été limitées à une liste exclusive et exhaustive de fournisseurs eashes.
Un collectif veut assainir les comptes publics en déremboursant voire interdisant l’avortement
[img]https://i.imgur.com/I5YEDFI.png[/img] Illustration : Pro et anti-IVG se font face à face lors d’une manifestation à Brunemonge, le 29 juillet 2036.[/center]
Une manifestation s’est tenue hier, à l’initiative du collectif « Sauvons la vie », pour dérembourser et interdire l’avortement en Santogne, déjà légalement limité à des cas précis. Le collectif, qui se veut laïc et transpartisan, compte en son sein de nombreux catholiques traditionalistes mais s’est approprié la rhétorique de la crise budgétaire pour justifier leur revendication, en rappelant « que l’acte abortif en lui-même coûte 263 ₱ SAN à chaque Santognais, dont une grande partie est remboursée par la sécurité sociale étatique », mais que « ce tarif ne prend pas en compte ni le coût des soins annexes, ni celui des séances prévues avant et après l’intervention ni d’autres coûts supportés par la collectivité ». Selon les calculs du collectif, chaque acte abortif coûterait en fait en moyenne 3 745 ₱ multiplié par les quelques 8 000 fois qu’il est réalisé chaque année, s’empressant d’ajouter que ce nombre grossit avec le temps. « Une facture de plus de 30 millions ₱, qui ne prend pas en compte l’incommensurable désastre moral. » selon le président du collectif, Augustin Bonnot.
Au même moment, face à eux, des contre-manifestants sont venus plaider pour la gratuité totale de l’avortement et pour son assouplissement législatif, considérant que l’Etat avait déjà fait un coup de rabot en demandant un ticket modérateur à chaque femme, quel que soit le motif, et qui s’élève à 25 ₱. Le gouvernement actuel botte en touche sur la question et privilégie le status quo. Plusieurs gynécologues santognais qui pratiquent régulièrement l’avortement ont par ailleurs demandés à être reçus par la Première ministre après des menaces de mort anonymes et des actes de vandalisme contre leur cabinet. Tous les gynécologues ne font pas l’objet de telles attaques : en effet, sauf en cas de danger de mort imminent pour la mère, les gynécologies bénéficient d’une « objection de conscience » leur permettant de refuser de pratiquer l’acte, au nom de leurs convictions philosophico-religieuses ou de leur serment d’Hippocrate. Le sujet fait très souvent l’objet de dissensions au sein de l’Ordre des Gynécologues de Santogne, qui rassemble les deux chapelles. Mais ceux qui pratiquent l’avortement l’affirment : ils sont depuis quelques années de plus en plus « fichés », notamment par leurs confrères, et peinent à trouver une oreille attentive au sein du paysage politique.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img] 5 août 2036
EDITO : Le remboursement de la dette santognaise se fera-t-il avec le sang de nos soldats ?[/center]
Aboli au XVIIe siècle, le système féodal semble connaître une résurrection en Santogne mais loin de l’imaginaire romantique des chevaliers jurant fidélité à leur suzerain, les profils ont changé. Désormais, ce sont des créanciers autistes et leurs grands avocats ayant l’impression de dominer le monde alors qu’ils doivent leur survie aux Etats de droit, dont ils ne sont que les déjections puantes, qui s’imposent comme les nouveaux seigneurs. Et leurs vassaux sont des oligarchies électorales déconnectées de la réalité. Ce triste constat est à mettre en perspective avec la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=898&t=13226&p=341392#p341392]rumeur qui court au Montalvo[/url] d’une possible astreinte militaire santognaise en échange d’une énième renégociation de la dette. En d’autres termes, en l’échange d’un recul de l’échéancier, la Santogne s’engagerait à mobiliser ses hommes pour défendre la première puissance économique dytolienne, qui reste un nain militaire. L’information a été démentie par une source proche du gouvernement, qui refuse de payer sa dette du sang de ses soldats, et qui promet – sous couvert d’anonymat – « d’amener les créanciers sur le bûcher ». On y croit. C’est que le Morino fait aujourd’hui la sourde oreille aux demandes montalvéennes, et que le Grand-Duché Caskar – qui cumule les interventions inutiles finissant en eau de boudin – se propose uniquement de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=990&t=14527&p=341370#p341370]voler au secours de la victoire[/url]. Les grands diplomates caskars, dont la roublardise autoproclamée s’évalue au nombre de « metritis » qu’ils ont réussi à installer à travers le monde, ont en effet limité drastiquement les conditions d’un engagement militaire du Grand-Duché. Realpolitik, réelles pertes.
À défaut d’être une nation sœur, la Santogne est donc une nation débitrice du Montalvo. Mais à l’image de la féodalité, la confiance et la fidélité n’engagent que ceux qui y croient. L’ingéniosité des avocats et juristes montalvéens, qui s’évertuent à trouver une clause contractuelle pour contraindre juridiquement la Santogne à envoyer ses hommes au casse-pipe, se limitera à l’absence d’outils coercitifs pour faire appliquer ses engagements. La FIDES fait planer la menace d’une dégradation de la note santognaise si ces derniers ne sont pas respectés, motivée par la possibilité d’expérimenter son abécédaire jusqu’à la lettre Z. L’idée d’une défense céruléenne, effleurée en marge du conflit aminivien, se confronte là encore à la bonne ou plutôt la mauvaise foi d’Etats qui croient rentables de tuer des milliers de leurs hommes pour obtenir un contrat d’exploitation minier dans une zone peuplée de chameaux et de barbus. Autrement dit, elle n’est pas prête d’être concrétisée. Si Cartagina a de bons espoirs de faire fléchir le gouvernement santognais, qui n’en sera pas à sa première trahison, elle entend jouer sur la rhétorique de « l’amitié » entre les deux pays. Mais vous avez déjà été ami avec un vautour, vous ?
[right]Thomas Gérin-Lajoie[/right]
[indent]500[/indent]
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[indent]500[/indent] La Santogne en faits, en chiffres, en vrac ▮ FOOTBALL | Club le plus souvent titré champion de Santogne : AS Castanhières (42 fois depuis 1925 au 1er janvier 2036) ▮ AUTOMOBILE | Escarava, la marque au scarabée, est la marque de voitures la plus vendue en 2035. ▮ POLITIQUE | Depuis 1935, une seule femme a été élue présidente de la République de Santogne : la sociale-démocrate Elise Casaux, entre 1998 et 2004. ▮ MILLIARDIAIRES | Première fortune nationale au 1er janvier 2036 : Josselin Pernet-Landry ($ 2,8 milliards) ▮ PEINTURE | Peinture la plus connue de Santogne : [url=https://i.imgur.com/4Xm1aDN.png]L'Exòde dels vilatgés[/url] (peint par Géraud de Dougarde en 1851) ▮ FESTIVAL DE MUSIQUE | Plus grand festival de musique de Santogne : Cent-Heures de Fos (Fos-sur-Méguès, au mois de juillet) ▮ POLITIQUE | Taux d'abstention le plus important pour une élection générale : 61 % (scrutin d'octobre 2035) ▮ JUSTICE | Dernière exécution : Blandine Fourastier (condamnée pour avoir tué avec préméditation son époux et ses enfants par immolation ; pendue le 14 octobre 2034) [/justify]
« Samuel ? La mer monte… » fait remarquer le premier ; « Alors, achète ! » lui répond le second. La scène se passe sur le littoral des Valvatides, ce pays qui a historiquement servi de refuge aux navires fuyant les terribles tempêtes des mers du nord. Le royaume, dit-on, a eu du nez : il a su saisir l’opportunité d’accueillir les réfugiés juifs au Moyen Âge, dans une Dytolie chrétienne qui interdisait l’usure, et leur a ouvert ses eaux avant Moïse. Un exploit d’anticipation, qui a permis à ce pays situé aux confins de la Dytolie et de la Natolique de se développer, et que l’actuelle gouvernance [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341385#p341385]tente de réitérer[/url]. Cela fait bien longtemps que la hausse des cours d’eau aux Valvatides ne font plus monter ses cours boursiers. En effet, la mer ne fait plus peur aujourd’hui et la baie valvate a perdu de son intérêt. Pourtant, le royaume continue de circoncire sa diplomatie aux seuls contrats commerciaux et accueils de persécutés. Ce repli sur soi, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341370#p341370]politique étrangère des « Casques Arrhes »[/url], a biaisé la bonne compréhension du gouvernement valvate vis-à-vis de ce qui se passe réellement à l’étranger. Celui-ci, inquiet par les rumeurs d’une « InquisiSion », a donc ouvert ses (bonnes) vannes, en déclarant que la politique thorvaloise était hostile au peuple élu.
Le Royaume du Thorval, qui semble pour une fois mieux au fait de ce qui se passe à l’étranger qu’un pays qui veut diagnostiquer ses phares avec des drones, s’ulcère de ces propos mensongers, en faisant désormais des Valvates des personae non gratae. Sur la terre promise valvate, on [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341410#p341410]s’excuse pour ce malentendu[/url], en rappelant que cette confusion vient du fait que les Thorvalois sont superstitieux et croient encore aux trolls. Mais qu’est-ce qui, sur l’apparence physique d’un troll, pourrait justifier cette confusion avec un juif ? Oui, nous sommes bien d’accord : sujet glissant. Pour juger de la bonne foi des Valvates, nous nous en remettons à l’infaillible justice de Dieu, extérieure à tout conflit d’intérêt et impossible à acheter. Mais là encore, Samuel nous prévient : « Que Dieu soit loué ! ».
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 17 août 2036
Le gouvernement veut assainir les banques et lutter contre l’optimisation fiscale
[img]https://i.imgur.com/VS6YQtP.png[/img]
La séparation des banques de dépôt et d’investissement est une vieille rengaine de l’Alliance pour le pouvoir populaire. Illustration : Une agence du Crédit Méridien vandalisée à Forcastel en 2032[/center]
La Première ministre de Santogne, Roseline Delpuech, a détaillé à l’occasion d’une conférence de presse organisée hier deux réformes qui seront bientôt débattues au Parlement. La première concerne la séparation des banques de dépôt et les banques d’investissement ; une idée défendue depuis longtemps à gauche, par l’Alliance pour le pouvoir populaire et quelques sociaux-démocrates. Cette mesure vise à protéger les liquidités des épargnants de leur utilisation sur les marchés, notamment à des fins spéculatives. En effet, en cas de manque de liquidités, voire de faillite de l’établissement bancaire, les épargnants peuvent être mis à contribution. C’est précisément ce qui s’est passé en 2032 avec le Crédit Méridien après une opération d’investissement à très haut risque qui s’est mal soldée. En urgence, l’Etat a ainsi dû renflouer la banque pour protéger au mieux l’épargne des Santognais, ce qui avait à l’époque créé des dissensions au sein du gouvernement conservateur-libéral. Aujourd’hui, cet épisode sert de référence pour justifier la réforme du système bancaire, avec la promesse que l’Etat ne dépensera plus une pistole pour les banques d’investissement. Conservateurs et libéraux la jugent dangereuse, en ce sens où elle irait à contre-courant d’une relance de l’activité économique : disposant de bien moins de liquidités, les banques rechigneraient encore plus à prêter auprès de particuliers et d’entrepreneurs et pourraient compenser le phénomène par une hausse des frais bancaires. L’opposition libérale et conservatrice estime que la réforme ne ferait qu’empirer la situation et alimenter un cercle vicieux ; là où certains mouvements alternatifs la trouvent inutile et sans ambition. Pour Florent Vernier, le secrétaire général du Mouvement Solidarités & Egalités (gauche radicale, non parlementaire), « il est bien stupide de croire que le gouvernement restera les bras croisés si une banque d’investissement venait à manque de liquidités : il la renflouera de son plein gré, c'est évident ».
L’optimisation fiscale est également dans le viseur du gouvernement mais cette fois-ci, les ministres marchent sur des œufs, pour ne pas contrarier le protectorat des Ménechmes. De nombreuses multinationales santognaises font en effet le choix de domicilier leurs profits sur l’archipel hellène, profitant des nombreux accords économiques entre la métropole et le royaume, où ils seront bien moins taxés. Le montage financier est tout à fait légal, et a permis au royaume des Ménechmes de sortir de l’eau, avec de conséquentes rentrées d’argent. La République de Santogne se montre bien moins enjouée, y voyant un sérieux manque à gagner. Déjà interrogé sur cette question, le gouvernement précédent avait botté en touche, en répondant simplement qu’il était préférable que les maisons mères soient domiciliées dans un archipel sur lequel la Santogne a un contrôle, que dans un Etat totalement étranger. Une bien maigre consolation. Aussi, plutôt que de contrarier les Ménechmes avec des mesures coercitives qui risqueraient d’électrifier les relations bilatérales, le gouvernement penche sur une politique plus incitative, en interdisant l’accès aux marchés publics aux entreprises dont le ratio « Impôt payé en Santogne / Chiffre d’affaires » est trop faible. Le gouvernement populiste rappelle que l’Etat est un client éminemment important pour ces entreprises, avec des marchés publics s’évaluant à plusieurs centaines de millions de pistoles, et qu’il doit ainsi reprendre le contrôle de plusieurs secteurs économiques stratégiques. Une déclaration cependant à contre-courant de ce qui se passe réellement, puisque dans le même temps le même gouvernement réfléchit à privatiser certains pans de l’économie – et donc à perdre la main sur les marchés les plus importants.
[right]Alaïs de Fougasc[/right]
[indent]500[/indent]
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[indent]500[/indent] La Santogne en faits, en chiffres, en vrac ▮ INTERNET | 63,42 % de la population a accès à Internet en Santogne. ▮ JUIFS | La Santogne compte au 1er janvier 2036, 11 178 juifs, soit 0,15 % de la population nationale, concentrés essentiellement à l'est. ▮ TUTOIEMENT | Le tutoiement fut longtemps généralisé en Santogne, avant la centralisation du pouvoir opéré vers le XVIIe siècle, qui lui a préféré le vouvoiement. ▮ VILLE PIÉTONNE | La ville thermale d'Aigues-les-Orres, dans la province de Mestreval, interdit tout véhicule motorisé sur son territoire depuis 1977, à l'exception des services d'urgence. ▮ HOMOSEXUALITÉ | La sécurité sociale rembourse partiellement et dans certains cas des thérapies pour aider des homosexuels à changer leur orientation sexuelle.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 21 août 2036
Pour faire face à la pénurie de logements sociaux, des municipalités font appel aux hard discounts
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Des logements à faible loyer pourraient voir le jour juste au-dessus des hard discounts Illustration : Un immeuble de Forcastel en construction, qui accueillera le distributeur teiko Tabe-Subete au rez-de-chaussée[/center]
La crise économique a précédé une crise du logement, qui a frappé ces dernières années les ménages santognais les plus modestes, contraints à la rue. Si les plus miséreux sont accueillis par les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340733#p340733]communautés monastiques thorvaloises[/url], les places sont très rares et ne répondent que très marginalement à la demande de logements sociaux qui a explosé ; d’autant plus les abbayes sont souvent en zones rurales éloignées des bassins d’emplois. L’offre, elle, n’a pas su suivre le rythme et en raison de leurs faibles revenus, les plus modestes sont souvent exclus du parc privé. Face à cette situation, plusieurs municipalités urbaines incitent ainsi les hard-discounters à devenir également syndics de propriété. Ces supermarchés disposent en ville des terrains centraux qui sont très demandés, mais qui restent largement sous-exploités. L’idée serait d’exploiter ce foncier, souvent au-dessus de la surface de vente, en le transformant en logements. L’intérêt pour le hard-discounter est multiple : les ménages qui seraient amenés à s’installer au-dessus d’eux seront très vraisemblablement des clients qui n’auront qu’à descendre les escaliers pour faire leurs provisions et cela lui permettrait également d’exploiter au maximum son terrain. Pour arriver à cette fin, les municipalités proposent d’assouplir la législation cadastrale en leur faveur, de leur accorder des crédits d’impôt et d’autres avantages en nature. En échange, le hard-discounter s’engage à travailler avec la municipalité pour limiter le montant des loyers et y loger des ménages à faibles revenus. Le projet a d’ores et déjà suscité l’intérêt de la chaîne teiko [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1021&t=16364]Subete-Mart![/url] (via son enseigne low-cost Tabe-Subete) qui a démarré un chantier en ce sens dans un quartier défavorisé au sud de Forcastel.
« La crise que connaît le pays est due à sa domination par les neurotypiques »[/center]
L’Association Santognaise des Surefficients et Autistes (ASSA) a rompu avec sa ligne de neutralité politique après une déclaration au vitriol de son président, Célestin Leclère, qui a considéré que « la crise économique santognaise est la suite logique de siècles de domination de neuro-typiques au pouvoir ». Qu’est-ce qu’un neuro-typique ? Ce néologisme inventé par des individus souffrant de troubles du spectre autistique désigne de manière péjorative ceux qui n’en sont pas atteints. Selon Célestin Leclère, les neurotypiques auraient ainsi une propension aux logorrhées, à se croire supérieurs aux autres, et éprouveraient des difficultés de réflexion, agissant au gré de ses pulsions émotives. D’habitude très calme et très posé, le président de l’ASSA serait sorti de ses gongs – « telle une bête enragée » aux dires de la journaliste qui l’a interrogé – après avoir appris une baisse de moitié des subventions publiques que cette association venant en aide aux personnes autistes recevait chaque année. Célestin Leclère accuse le coup : « J’ai fait mes maths : nous devrons nous séparer de 23.5 % de nos effectifs, et réduire de 11.78 % les heures travaillées au sein de notre structure ».
En charge du dossier, le ministre des Affaires sociales et sanitaires, Jean-Louis Lacan, ne mâche pas non plus ses mots, en décrivant une « inversion accusatoire ». « Dans un contexte de réduction de ses dépenses publiques, l’Etat santognais est venu à la conclusion que le bénéfice apporté par cette association n’est pas suffisant pour justifier de telles subventions. » s’explique le ministre, en affirmant « qu’il est impossible de travailler avec Monsieur Leclère, qui s’entête dans ses certitudes, refusant de comprendre la situation de notre pays ». Quant à l’analyse politique du président de l’ASSA sur la « domination des neurotypiques » à la tête de l’Etat, le ministre sourit : « S’il est si « efficient », il n’a qu’à faire campagne, séduire l’électorat et se faire élire ». Une réponse jugée discriminatoire et méprisante par Célestin Leclère, qui s’avoue incapable de jouer le jeu électoral, mais qui n’entame en rien ses propres ambitions politiques, plaidant pour une « gestion enfin rationnelle du pays ». Sur le réseau social PiouPiou, le ministre clôt le débat en se défendant de toute discrimination : « Ce monsieur n’a aucun sens de l’ironie, vous dis-je ! ».
[justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img] 26 août 2036
La petite ville de Cazals vit et meurt au rythme du football
[img]https://i.imgur.com/dohk9mq.png[/img]
À peine 1 000 habitants mais une fabrique de champions footballistiques, qui suscite convoitises et corruptions[/center]
La saison 2036/2037 de la première division du championnat de Santogne de football sera lancée dans quelques jours. Outre les inconditionnels comme l’AS Castanhières ou le Stade Varaunais, le championnat accueillera un petit poucet du nom d’US Cazals, qui a réussi à se hisser dans le trio gagnant de la seconde division de la saison précédente. Dans cette petite ville coincée dans les collines du Champeix-d’Oèst – à l’ouest de la Santogne comme son nom l’indique – le football a su redynamiser et rajeunir l’activité locale. Cazals était en effet destinée comme ses consœurs à finir au mieux comme ville dortoir pour cadres voulant fuir l’agitation d’une ville comme Oradour-sur-Méguès et au pire comme dernière demeure pour septuagénaires. Dans cette ville que fuyaient les jeunes dès qu’ils décrochaient leur baccalauréat, le club de football est la seule opportunité pour eux de se divertir et se dépenser. L’abnégation de son entraîneur, Maxime Lémery, 67 ans, a fini par payer après trente ans de loyaux services. Lui-même ancien footballeur amateur, ce dernier aujourd’hui retraité soumet « ses garçons » à une discipline de fer et d’intenses séances d’entraînement. Son engagement est tel que des parents se sont plaints auprès de la municipalité après qu’il entrât par effraction chez eux pour s’assurer du bon équilibre alimentaire de ses joueurs la veille d’un match important. La mairie, pourtant, a plaidé en faveur de l’entraîneur indiscret pour la simple raison que la moitié des recettes municipales tiennent à l’activité du club et surtout à ses succès. Les maillots et produits dérivés, longtemps vendus directement à l’accueil de la mairie, bénéficient aujourd’hui d’un local bien achalandé en centre-ville. La boutique, ouverte jusqu’à présent seulement les samedis et dimanches, jours de matchs, pourrait l’être trois jours de la semaine grâce à la promotion du club en première division. À peine mille Cazalais mais cinq mille maillots vendus durant la dernière saison, grâce à l’engouement des villages voisins et ce en dépit de la crise économique.
L’horizon, pourtant, s’assombrit pour le club et donc pour la ville. Le pot de terre Cazals doit s’incliner face aux pots de fer des quatorze autres clubs de première division. Si les ressources du club ont permis de rénover et agrandir le stade, les joueurs de l’US Cazals marchandent leurs salaires à la hausse depuis plusieurs mois. Un emprunt a déjà été contracté pour payer, pour la prochaine saison, l’augmentation de salaire de 140 % de son attaquant Florian Brousseau, figure de proue de l’équipe. D’autres menacent clairement de partir s’ils ne bénéficient pas d’une augmentation équivalente. Il y a quelques jours, trois autres joueurs clés du club se sont ainsi porté pâle pour le premier match de la saison prévu ce week-end. La veille, des spectateurs en costard avaient assisté à la reprise de l’entraînement. Maxime Lémery prétend que ses joueurs sont la cible d’une tentative d’OPA hostile de la part des grands clubs comme le Stade Varaunais. Jusqu’à présent, les joueurs de l’US Cazals doivent fidélité à leur club en raison d’obligations contractuelles au moins jusqu’au mercato de décembre mais Maxime Lémery affirme que ses adversaires préparent leur réponse juridique. Fatigué par ces affaires, le vieil homme dit ne plus pouvoir s’investir autant qu’auparavant pour ses garçons, et qu’on le pousse à la retraite forcée. Quel que soit le score ce week-end, ce n’est pas sur la pelouse que se jouera l’avenir de l’US Cazals mais sur le parquet des tribunaux.
[right]Frédéric Gleyzes[/right]
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[indent]500[/indent] La Santogne en faits, en chiffres, en vrac ▮ DIASPORA SANTOGNAISE | Il existe davantage de Santognais résidant à l'étranger qu'en Santogne, un phénomène amplifié par la crise économique. ▮ LOI INSOLITE | Une loi datant de la guerre entre la Santogne et la Lagaranie au XVIIe siècle, jamais abrogée, autorise tout Santognais à tuer tout Lagaran si ce dernier est armé d'un mousquet. ▮ TRANSPORTS | Il n'existe plus aucun réseau de métro en Santogne, depuis l'échec de celui de Forcastel, fermé en 1952. ▮ CANNABIS | Selon un sondage publié en 2036, 54 % de la population santognaise serait favorable à la dépénalisation de la consommation de cannabis, et 45 % pour sa légalisation dans le pays.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 8 septembre 2036
Les Santognais de l’étranger, nouvelle épine du pied du gouvernement
[img]https://i.imgur.com/WDaMYPk.png[/img] Illustration : Une communauté catholique "kirishitan" au Liang, exemple syncrétique de la présence santognaise en Ventélie[/center]
Alors que la population santognaise s’élève à 7.4 millions d’habitants au 1er janvier 2036, le nombre de citoyens santognais représente au moins le double. En effet, près de 8 millions de Santognais sont établis dans un Etat étranger, soit plus que dans le territoire national. L’histoire du pays, ponctuée par de nombreux exils à l’étranger, explique en grande partie cette particularité. Dans sa définition large, qui comprend les descendants lointains de Santognais aujourd’hui détenteurs d’une autre nationalité, la diaspora santognaise est estimée entre 30 et 50 millions d’individus à travers le monde. Loin de vouloir enrayer le phénomène, les gouvernements successifs de la dernière décennie ont facilité au mieux les relations entre les expatriés et la métropole : liaisons aériennes privilégiées, réduction du coût des communications téléphoniques bilatérales, services diplomatiques réactifs… Il ne faut cependant pas choisir une destination exotique pour les trouver, ils sont dans une partie non négligeable établis dans un pays voisin : en Lagaranie du sud-est (actuel évêché d’Arc’hantev, sous autorité de la Couronne santognaise avant le XVIIIe siècle), en Léontarie, en Vasconie et dans une moindre mesure en Aurora. À cela s’ajoutent d’importantes communautés en Cérulée orientale, en Eashatri et en Ventélie orientale.
Si l’Etat santognais justifie ce volontarisme par la volonté d’un « rayonnement international de l’identité et la performance santognaise », la réalité est beaucoup plus prosaïque. La Santogne souhaite surtout amasser le maximum de devises étrangères - par l'intermédiaire de ses expatriés qui envoient de l'argent à leur famille restée au pays - afin de stabiliser le cours de la pistole et éviter tout risque de dévaluation brutale. Le gouvernement populiste pourrait bien mettre un coup d’arrêt à cette politique, considérant qu’une monnaie faible serait au contraire avantageuse au pays pour booster les exportations. C’est oublier que la Santogne reste très dépendante de l’étranger pour un certain nombre de matières premières et d’inputs industriels. Les Santognais de l’étranger, qui sont un électorat très défavorable aux partis de la coalition gouvernementale actuelle, accusent également le gouvernement de pencher sur une réforme électorale pour diminuer leur représentation parlementaire, sous prétexte d’une abstention beaucoup plus forte encore que les Santognais nationaux, atteignant près de 90 % dans certains pays. Le débat est aujourd’hui ouvert : une Santogne forte est-elle une Santogne recentrée sur ses intérêts nationaux ou une Santogne qui s’investit mondialement ?
Le fléau du viol en Santogne de l’Ouest, une réalité largement sous-estimée[/center]
Le mouvement féministe « Riposte des Libérées » (RdL) a rendu publique une enquête attestant de la large sous-estimation du nombre et de la gravité des agressions sexuelles commises contre les femmes dans les régions occidentales de Santogne. Compilant statistiques et témoignages de vingt provinces situées à l’ouest de Forcastel, le nombre de femmes violées ces cinq dernières années serait « de 60 à 80 % inférieur aux données officielles ». Plusieurs raisons expliquent cette forte sous-estimation : l’Ouest santognais est nettement plus conservateur que les régions orientales, à plus forte raison dans les provinces éloignées de la vallée du Méguès. Moins indépendantes financièrement qu’ailleurs – un phénomène par ailleurs aggravé par la crise dont elles sont les premières touchées – les femmes sont plus souvent sous l’emprise de leur époux. Or, la pratique du viol conjugal y est aussi répandue que niée. Quand elles ne décident pas d’abandonner tout simplement la démarche, ces femmes témoignent d’un certain mépris de la part des agents qui reçoivent leurs plaintes au commissariat.
Dans une région imprégnée par les courants catholiques traditionalistes, le « viol conjugal » n’existe pas, il n'y a que des relations sexuelles entre époux conformes aux liens du mariage. Le mari jouit intégralement de sa femme, qui ne peut que répondre à son devoir d’épouse. Il n’est d’ailleurs pas rare, en 2036, d’assister encore à des mariages forcés où l’agresseur épouse sa victime pour s’éviter des poursuites judiciaires, en dépit de la législation contre les violences sexuelles. Ainsi, en 2034, « l’affaire des tournantes de Pénasque » avait fait grand bruit. Cinq jeunes hommes âgés entre 15 et 21 ans avaient ainsi échappé aux poursuites pénales après avoir convenu d’épouser les lycéennes qu’ils avaient violées. Seule autre condition : que le mariage soit uniquement religieux et catholique, devant le refus des autorités civiles de célébrer une telle union. De plus, selon la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340804#p340804 ]législation de Santogne[/url], les mariages religieux peuvent se substituer au mariage civil s’ils sont catholiques. Conflits conjugaux et divorces relèvent dès lors de la charge exclusive de l’Eglise catholique de Santogne, et la législation civile ne peut rien faire. Cette aberration législative, qui date du droit coutumier médiéval, fait encore aujourd’hui l’objet de régulières passes d’armes entre la Santogne et les Etats pontificaux et n’a jamais réussi à être abrogée malgré de nombreuses tentatives.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 12 septembre 2036
Circonscription unique, radiation des expatriés plus faciles :
la réforme électorale opportuniste du gouvernement
[img]https://i.imgur.com/ZntHBIi.png[/img]
Le Vice-Premier ministre a dû affronter une houleuse séance au Parlement[/center]
Sommé par la diaspora santognaise en Eashatri, qui a [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341601#p341601]manifesté à Adheban[/url], le gouvernement a confirmé qu’une réforme électorale sera bientôt soumise à l’examen du Parlement. Deux mesures phares émanent cette réforme : l’instauration d’une circonscription nationale unique en lieu en place des actuelles circonscriptions régionales et le durcissement du droit de vote pour les Santognais de l’étranger. Se défendant d’affaiblir la représentation parlementaire de ces derniers, le Vice-Premier ministre Martial Vallotton a assuré que la République de Santogne souhaitait au contraire revenir au principe d’égalité « 1 Santognais = 1 voix ». Jusqu’à présent, en effet, les 200 députés du Parlement étaient élus sur des listes régionales, de telle sorte à assurer à des provinces reculées et peu peuplées une représentation. Actuellement, les Santognais de l’étranger – qui ne peuvent participer qu’aux élections parlementaires - disposent de leurs propres circonscriptions divisées en continents, qui élisent au total 35 députés. Or, comme en ont témoigné les précédentes élections générales, cet électorat est hostile aux partis populistes. Il est en revanche une grande réserve de voix pour le Rassemblement pour la Liberté, d’obédience libérale, pour les sociaux-démocrates et dans une moindre mesure pour les conservateurs du Parti populaire. L’objectif du gouvernement est ainsi de supprimer ces circonscriptions, pour n’en garder qu’une seule. Les Santognais voteraient pour des listes nationales de 200 noms, indépendamment de leur origine.
La vallée du Méguès, qui concentre la grande majorité de la population, est la grande gagnante de cette réforme. C’est aussi celle qui a permis à l’Alliance du pouvoir populaire (populisme de gauche, 51 sièges) et à la Ligue du Renouveau (populisme de droite, 54 sièges) d’obtenir ensemble une majorité étriquée au Parlement et de prendre en étau le Parti populaire (conservateurs, 60 sièges) pourtant majoritaires. Par un discours d’une demi-heure, Martial Vallotton a défendu bec et ongles sa réforme, y compris sa mesure plus controversée encore sur la radiation des électeurs expatriés. Désormais, pour pouvoir voter, le Santognais à l’étranger doit justifier le fait de maintenir un « attachement » à sa nation d’origine « les cinq dernières années précédant l’échéance », c’est-à-dire cumuler au moins trois mois de présence sur le territoire santognais durant ce laps de temps ou, à défaut, justifier des transferts financiers suffisants. La mesure n’est ni anodine, ni innocente : l’Etat santognais [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341590#p341590]cherche à gagner des devises étrangères[/url] pour couvrir ses arrières en cas de forte dévaluation de la pistole. De plus, les expatriés n’ayant pas participé au scrutin d’octobre 2035 sont de fait radiés des listes et doivent exprimer une demande de réinscription auprès de l’ambassade, selon ces nouvelles modalités. Electoral et financier, l’opportunisme du gouvernement ulcère l’opposition, qui a annoncé le dépôt prochain d’une motion de censure, qui a cependant peu de chances d’aboutir. En attendant, pour les expatriés qui souhaitent garder leur droit de vote, c’est une machine à gaz administrative qui s’annonce, à coup de photocopies de billets d’avion et de justificatifs de transferts de fonds pour prouver l’attachement à un pays qu’ils ont, pour certains, quitté depuis cinquante ans.