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AROÑARIAKO HEGOALDEA
Palais Barradako (Donostia, Txile) | 05/04/2036
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Le Palais Barradako à Donostia, siège du Ministère txiléen des Affaires Étrangères.[/cap][/center]
L'ancien
Lehendakari (président) txiléen Pantxiko Eraul avait été convoqué plus tôt dans la matinée par son ancien ministre des Affaires Étrangères, encore et toujours à son poste malgré la démission d'Eraul. Il se trouvait dans le hall d'entrée du salon personnel de l'homme d’État txiléen, attendant avec impatience l'invitation de son ancien allié politique à entrer dans son cabinet. Bien sûr, il ne voulait pas laisser transparaître cela, et conservait un air digne, tout en consultant son cellulaire de temps à autres pour s'assurer du bon déroulement de ses affaires personnelles. Il s'était lancé dans la finance après sa démission, et il avait tôt fait de reprendre les rênes des entreprises familiales, ce qui lui avait valu un prestige et une réputation importante dans le milieu des affaires, au niveau national comme régional. Il faut dire qu'avoir été chef d’État lui conférait une certaine autorité naturelle que peu d'employés et subordonnés remettaient en cause, et les affaires allaient bon cours pour l'ancien premier citoyen de la République.
Mais aujourd'hui était un jour spécial pour Pantxiko Eraul : sa convocation par Bartolome Landabarri avait posé les fondements d'une vive curiosité dans la pensée de l'ex-
Lehendakari, tout en soulevant l'espoir secret d'Eraul de refaire une entrée triomphante sur la scène politique, après avoir récupéré du prestige depuis sa démission qui lui avait valu une sévère chute dans l'opinion publique. Accepter un poste au Ministère des Affaires Étrangères, c'était s'assurer de redorer son propre blason en agissant efficacement et en bénéficiant de l'élan de popularité du gouvernement actuel, celui du
Kantziler (chancelier) Iñaki Bidaurre. Un poste d'ambassadeur dans un pays lointain ne le dérangeait pas non plus : de quoi se divertir quelques années tout en bénéficiant et de l’État txiléen et de ses activités financières, et les ambassades en Dytolie, les plus cotées, ont une réputation inébranlable de retraite dorée. Mais voilà que la porte d'accès au bureau personnel du ministre txiléen s'ouvrait devant ce dernier, qui invita Pantxiko Eraul à entrer dans la pièce.
Une fois qu'ils y furent, le secrétaire personnel de Bartolome Landabarri se saisit de ses propres affaires et s'en alla, refermant la porte sur les deux interlocuteurs. L'ancien chef d’État scrutait la pièce avec méticulosité tandis que son interlocuteur le fixait avec insistance, cherchant son regard. Les deux txiléens s'assirent de part et d'autre du bureau très spartiate du ministre, qui tendit sans piper mot un bout de feuille à son interlocuteur. Ce dernier, toujours sans rien dire, se contenta de remercier le ministre qui, assit en face de lui, attendait la réaction de l'ancien
Lehendakari au fur et à mesure de la lecture du document officiel qu'il venait de lui tendre. Une fois qu'il eut fini la lecture du document et avant qu'il ne puisse se prononcer à ce sujet, Bartolome lui tendit une seconde feuille, au sommet de laquelle on pouvait lire «
Accords txiléo-paskoans d'Aroñari ». L'ancien chef d’État entama la lecture du second document officiel, avant de le déposer sur le bureau du ministre assit en face de lui. Sans attendre la réaction de Pantxiko, Bartolome se racla la gorge et entama :
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Bartolome Landabarri et Pantxiko Eraul[/cap][/center]
BARTOLOME LANDABARRI | « Monsieur Eraul, ou si vous me le permettez, Pantxiko, nous avons été amis de longue date et ma nomination à ce poste de ministre des Affaires Étrangères par le passé, lors de votre premier quinquennat en 2029, n'a sans doute pas été étrangère à cette amitié sincère qui nous liait alors et qui, je l'espère, nous lie encore malgré votre démission intempestive du poste de chef d’État. Voyez-vous, en tant que dépositaire de l'autorité txiléenne en ce qui concerne la politique étrangère et extérieure sur le plan diplomatique, je suis chargé de diriger les relations diplomatiques du Txile à l'international. Comme vous avez sans doute pu le lire, je n'irai pas par quatre chemins pour vous l'annoncer puisque vous le savez déjà : je vous nomme personnellement ambassadeur txiléen en République des îles Paskoak. Vous représenterez les Provinces-Unies du Txile sur le territoire paskoan depuis l'ambassade txiléenne à Aroñari, et vous serez donc sous mes ordres en ce qui concerne la ligne diplomatique générale, mais vous aurez une certaine marge de manœuvre en tant qu'exécutant de la tâche diplomatique. »
PANTXIKO ERAUL | « Je vous remercie, Bartolome, de l'honneur que vous me faites en me conférant la fonction de représentant du Txile dans l'archipel paskoan. Sachez que le passé reste dans le passé, et que l'inimitié qui a pu mener à votre nomination au poste de ministre des affaires étrangères alors que ma propre démission vous incitait à le quitter, est un sentiment passé. Je vous considère comme un homme d’État intègre et pragmatique, et c'est ce qu'il faut pour le Txile, plus que d'un leader charismatique mais lourdement politisé. Mais quelle est donc la raison, si vous me le permettez, de l'établissement d'une ambassade txiléenne à Aroñari, capitale paskoane ? Nous avons pourtant eu des relations houleuses avec la République archipélagique par le passé, notamment sous ma présidence, et sous votre ministère également lors de mon premier quinquennat. Je croyais pourtant que l'échec de 2032 aurait rendu les relations txiléo-paskoanes quasiment inexistantes. »
BARTOLOME LANDABARRI | « Voyez-vous, le virage de politique diplomatique que nous avons entamé lors de votre second quinquennat en 2034, notamment par l'ouverture diplomatique du pays, a permis d'ouvrir de nombreuses possibilités pour le Txile sur la scène internationale, en fracturant profondément le bloc politique des isolationnistes, qui se sont retrouvés minoritaires au Parlement txiléen et divisés entre l'aile gauche et l'aile droite. Vous avez ouvert un boulevard pour le prince, qui n'a eu qu'à s'enfoncer dans la brèche pour faire entrer le Txile dans une ère d'économie florissante, de démographie galopante et de renouveau militaire. Gaspar II souhaite donc vous gratifier officieusement de vos services rendus à la patrie txiléenne en vous confiant l'une des ambassades les plus convoitées actuellement. En effet, le rapprochement entre les Provinces-Unies du Txile et la République des îles Paskoak n'est pas anodin, et la normalisation des relations txiléo-paskoanes s'inscrit dans un processus d'envergure visant à étendre la sphère d'influence txiléen au-delà du simple continent dorimarien et de la façade néchinésienne. »
PANTXIKO ERAUL | « Je comprends. Mais pourquoi donc m'avoir choisi à moi, Bartolome, alors que j'ai échoué par le passé à maintenir une politique diplomatique cohérente qui aurait pu sauvegarder le Txile de la guerre à nos portes, lorsque j'étais encore chef de l’État txiléen ? Vous savez également que je suis un social-libéral convaincu, de l'autre côté de l'échiquier politique centriste de l'actuel gouvernement libéral-conservateur d'Iñaki Bidaurre. Qui vous dit que je n'inciterai pas les îles Paskoak à garder leurs distances avec le gouvernement txiléen actuel pour préparer un retour en grande pompe de l'ancien
Lehendakari ? Personnellement, je suis particulièrement ravi de votre offre, mais ma conscience politique ne peut s'empêcher de tiquer sur ce détail. Souhaiteriez-vous m'écarter de la course politique ? Je sais bien que je n'ai plus mes chances et que mon ancien parti, le
Txilen Berritzeko Alderdia, a subi un lourd rapprochement avec les socialistes, mais je pourrais très bien tenter ma chance du côté des libéraux de la
Zentro-Eskuineko Muntaia. Pourquoi aurais-je ce poste, et non pas un ancien ambassadeur en quête d'une retraite paisible ? »
BARTOLOME LANDABARRI | « Pantxiko, vous n'êtes effectivement pas le seul candidat potentiel que nous avons envisagé pour ce poste d'ambassadeur auprès de la République paskoane, mais de tous nos candidats, vous êtes le meilleur. Et pourquoi donc, me direz-vous encore ? La réponse est bien simple : c'est une affaire sensible que voilà, car les îles Paskoak ont un lourd passif indépendantiste et autonomiste, inhérent à la population indigène présente dans le nord de l'archipel, principalement sur l'île de Rapañoa. Le prince a donc espéré de vous que vous soyez à la hauteur de la tâche et que vous serviez le Txile comme vous avez servi la République. Izko Aturalde, le
Lehendakari paskoan, nous est quelque peu favorable, mais c'est sans doute pour conserver son poste qu'il souhaite se rapprocher des Provinces-Unies txiléennes. Vous devrez donc agir avec circonspection. Vous pouvez disposer, un avion décollera pour les îles Paskoak d'ici quelques jours pour que vous puissiez prendre vos quartiers dans la nouvelle ambassade, à Aroñari. Vous pourrez également continuer vos activités financières là-bas, puisqu'il s'agit de la principale place financière de l'archipel voire même de toute la Dorimarie méridionale. »
L'ancien chef d’État s'en alla, laissant seul Bartolome, qui, après s'être assuré du départ de son interlocuteur, décrocha le combiné téléphonique à sa droite, posé sur une étagère. Après quelques secondes d'attente, le monarque txiléen se fit entendre à l'autre bout du fil. Le ministre txiléen des Affaires Étrangères fit son rapport au souverain, et le prince salua le résultat positif de la rencontre entre les deux anciens alliés politiques qu'étaient Bartolome et Pantxiko. Pantxiko Eraul avait également emporté le traité diplomatique txiléo-paskoan avec lui, ce qui laissait présager du plus vif intérêt de l'ancien
Lehendakari pour son nouveau poste, bien qu'il n'en avait laissé rien transparaître lors de leur entrevue. Gaspar se racla la gorge dans le combiné puis dit sur un ton limpide : «
Contactez Izko Aturalde. Faites-lui savoir qu'un vieil ami à lui sera sur l'île de Vitorio, dans le sud de l'archipel, d'ici à quelques jours. Faites-lui également savoir que nous espérons la meilleure coopération possible entre lui-même et le nouvel ambassadeur, afin que le rapprochement entre le Txile et les îles Paskoak se déroule sans heur et se fasse à notre avantage. Gora ta Gora Txile ! »
[spoiler="ACCORDS TXILÉO-PASKOANS"][center]
TRAITÉ
Accords txiléo-paskoan d'Aroñari
31 mars 2036[/center]
Les Provinces-Unies du Txile, ci dénommé Txile, et la République des îles Paskoak, ci dénommé îles Paskoak, ont conclus les accords suivants, s'appliquant, sauf mention spécifique, sur tout le territoire des deux états, qu'il soit ou non métropolitain.
I. RECONNAISSANCE ET RESPECT MUTUEL
- Le Txile reconnaît les îles Paskoak comme étant une nation souveraine et indépendante. Le Txile s'engage à respecter cette souveraineté. Il reconnaît en outre l'entièreté de son territoire, y compris maritime.
- Le Txile s'engage à envoyer un ambassadeur aux îles Paskoak pour assurer au mieux le dialogue entre les deux états.
- Les agents, représentants et ressortissants du Txile se soumettront dès lors aux lois des îles Paskoak lorsqu'ils se rendront sur le territoire des îles Paskoak.
- Le Txile s'engage à ne pas contribuer à l'affaiblissement de l'autorité des îles Paskoak sur son territoire et à ne pas envoyer de troupes aux îles Paskoak ou dans ses territoires extra-nationaux sans l'accord préalable de ce dernier.
- Le Txile s'engage à ne pas s'en prendre, de quelque manière que ce soit, aux ressortissants des îles Paskoak et à leurs biens, que ceux-ci se trouvent dans les îles Paskoak ou à l'étranger.
- Le Txile s'engage à ne pas s'en prendre aux ressortissants des îles Paskoak et à leurs biens lorsque ceux-ci se trouvent dans le Txile, ceci dans la mesure où les dits ressortissants respectent les lois du Txile.
- Les îles Paskoak reconnaît le Txile comme une nation souveraine et indépendante. Les îles Paskoak s'engage à respecter cette souveraineté. Il reconnaît en outre l'entièreté de son territoire, y compris maritime.
- Les îles Paskoak s'engage à envoyer un ambassadeur au Txile pour assurer au mieux le dialogue entre les deux états.
- Les agents et représentants et ressortissants des îles Paskoak se soumettront dès lors aux lois du Txile lorsqu'ils se rendront sur le territoire du Txile.
- Les îles Paskoak s'engage à ne pas contribuer à l'affaiblissement de l'autorité du Txile sur son propre territoire et à ne pas envoyer de troupes au Txile sans l'accord préalable de cette dernière.
- Les îles Paskoak s'engage à ne pas s'en prendre, de quelque manière que ce soit, aux ressortissants du Txile et à leurs biens, que ceux-ci se trouvent au Txile ou à l'étranger.
- Les îles Paskoak s'engage à ne pas s'en prendre aux ressortissants du Txile et à leurs biens lorsque ceux-ci se trouvent dans les îles Paskoak, ceci dans la mesure où les dits ressortissants respectent les lois des îles Paskoak.
II. CULTURE, ÉDUCATION ET TOURISME
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à mettre sur pied des programmes d'échanges entre leurs musées, facilitant le prêt d’œuvres et de collections entre les deux pays.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à fonder dans leur pays un musée consacré à l'autre pays, permettant aux citoyens du Txile comme aux habitants des îles Paskoak de s'instruire sur l'histoire générale de l'autre peuple.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à ouvrir leurs ports et aéroports aux vaisseaux et avions civils de l'autre pays lorsqu'ils auront besoin de faire escale dans leurs voyages.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à mettre en place des programmes d'échange d'étudiants entre leurs différentes universités, et à faciliter les démarches pour l'obtention de visas d'étudiants pour les étudiants étant ressortissants de l'autre pays. Un programme de bourses sera également mis en place pour aider les étudiants moins favorisés à profiter de cette chance, dans la mesure des budgets des deux pays.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à mettre sur pied des facilités de visas pour les artistes.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à faciliter l'obtention de visas touristiques entre leurs deux pays, à en abaisser le coût et à favoriser les liaisons maritimes et aériennes entre leurs deux états.
III. ÉCONOMIE
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à ouvrir librement le commerce sur leur sol aux marchands de l'autre pays et plus largement à ouvrir les échanges commerciaux entre les deux pays.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à mettre en place un accord de libre-échange entre eux.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à établir une convention fiscale bilatérale pour ne pas imposer doublement les contribuables recevant un revenu d'un des États signataires et résidant dans un autre État signataire.
- Les îles Paskoak s'engagent à faciliter l'implantation des entreprises du Txile sur son sol, avec les mêmes considérations que pour les entreprises nationales.
- Les îles Paskoak s'engagent à organiser un désengagement étatique progressif de l'économie nationale sur une période de dix ans.
IV. JUSTICE
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à faciliter la coordination entre leurs polices et leurs systèmes judiciaires en général, avec une communication et une coopération active accrues.
- Dans le cas de criminels ayant commis des délits dans les deux pays, le Txile et les îles Paskoak s'engagent à ce qu'ils soient jugés dans les deux pays. Si la culpabilité est établie des deux côtés, les peines se cumuleront. En cas de peine de mort dans l'un des deux procès et pas dans l'autre, la peine de mort sera appliquée en priorité sur l'emprisonnement.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à reconnaître mutuellement les jugements de leurs tribunaux.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à créer une base de données commune qui permettra aux forces de police des deux pays de collaborer plus efficacement.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à ce qu'en cas de mise à mort d'un ressortissant de l'un des deux pays par l'autre, le corps ou à défaut les restes puissent être rendus à la famille du criminel si celle-ci en fait la demande.
V. DÉFENSE
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à ouvrir à leurs vaisseaux et avions respectifs les ports et aéroports militaires de leurs deux pays.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à collaborer en mer contre les vaisseaux pirates ou ennemis chaque fois que la chose sera possible et nécessaire.
- Le Txile s'engage à porter assistance aux îles Paskoak dans le cas où les îles Paskoak subiraient une agression extérieure chacun intervenant alors pour assurer sa défense.
- Le Txile et les îles Paskoak s'engagent à mettre en place des entraînements communs entre leurs différents corps d'armée pour permettre à chaque armée de profiter de l'expérience de l'autre.
- Les îles Paskoak s'engagent à confier une base militaire et navale au Txile sur son sol pour y faciliter la défense.
- Les îles Paskoak s'engagent à conférer à l'état-major du Txile un droit de regard sur les activités et les effectifs de son armée.
Fait à Donostia, le 31 mars 2036, cosigné par :
- Son Excellence Bartolome Landabarri, Ministre des Affaires Étrangères des Provinces-Unies txiléennes
- Son Excellence Izko Aturalde, Lehendakari de la République paskoane
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