Fenêtre sur le pays [utilisable sur demande]

Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Aventures d'un pèlerin.
15 janvier 2036,


[center][img]https://i.imgur.com/9w7Fh3L.png[/img]
Fresque d'une chapelle rurale, dans le Skjalmland, dépeignant
le Purgatoire. Son auteur est anonyme.
[/center]

Depuis quelques semaines, les chroniqueurs des monastères rapportent l'histoire d'un mystérieux pèlerin de langue norroise. Ses pérégrinations dans la grande province de Tresletterne le voient porter ses oripeaux dans de nombreux villages. Les miracles abondent partout à son passage, à l'image de la multiplication des pains par le Christ. Les paysans accourent de tout les terroirs et des lieux les plus sauvages pour se blottir dans son ombre guérisseuse, toucher ses bures ou récupérer un morceau de paille des paillasses où il dormit, dans les hostelleries dédiées aux pèlerins.

L'homme bossu, au visage abimé par la maladie, raconte avoir rencontré Dieu, eu des songes surnaturels et entendu le chant du chœur des anges « plus suave que le miel des asbeilles. ». Il décrit aussi son voyage au Purgatoire, par la fosse de Saint-Patrick, située quelque part sur les vieilles terres celtes. Le pèlerin en dépeint des scènes étranges et merveilleuses, puis relate, avec force de détails, le chemin pour en revenir sauf, sans tomber dans les terribles pièges tendus par le Diable. Il explique être lui-même parvenus jusqu'aux Portes de l'Enfer mais fut assez heureux, aux yeux de Dieu, pour apercevoir au loin la Hiérosolyme céleste, et revoir la lumière du soleil. Il encourage les « petits de Dieu » à faire le pèlerinage de Saint-Patrick, sans tenir compte des calembredaines du clergé protestant ayant malheureusement infesté les celtes.

Dans la Foi populaire, le surnaturel est partout. Contrairement au monde moderne désenchanté, le ciel n'est pas fermé, encore moins silencieux : les miracles se produisent chaque jour, en toute instant. L'on raconte qu'un rustre poursuivait quelqu'un dans les murs de l'église St Kjeld, avant d'affirmer cyniquement que le Saint ne bougera pas de son tombeau pour sauver le fuyard. Aussitôt, sa langue se tordit intensément et il mourut dans d’atroces souffrances. Un autre récit relate l'histoire d'un paysan Arndlagien tombant sur sa moisson entrain d'être dévastée par un troupeau. Très en colère, le paysan s'élança avec sa hache mais hélas ! Oubliant le dimanche, il vit sa main se raidir, se crisper et ne pouvoir la rouvrir qu'après bien des dévotions et des prières. Cependant, les miracles ne sont pas toujours punitifs. Au contraire, on recense une flopée inimaginable de guérisons miraculeuses. Les reliques et les objets saints sont d'admirables antidotes, de célèbres purgatifs ! Un aveugle a par exemple recouvré la vue en nettoyant ses yeux avec l'eau qui servit à laver les pieds de Saint Erland.

Les présages, les songes, les prophéties et les visions tiennent constamment en haleine l'imagination des gens, sans épargner les instruits, ni l'aristocratie, pour un monde plus que jamais enchanté, mystérieux et surnaturel. [/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Au cœur du Thorval (11).
26 janvier 2036,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :

[center][img]https://i.imgur.com/0bXA9aD.png[/img]
Le bois Jagden coté Thorval, janvier 2036 AD.

Escapade frontalière[/center]
- Le Margrave Lars XI s'en alla chasser le chevreuil à Jagten, son bosquet favoris situé à cheval entre le Taungrænser (Thorval) et le Będzinow (Slovianie), avec quelques hommes fidèles. Le Grand n'eut cure de s'y geler les os, et la rareté du gibier en pareil saison n'arrêta pas sa détermination. La surprise fut gigantesque quant au détour d'un arbre, l'aristocrate tomba nez à nez avec d'autres nobliaux, à la langue étrange, entrain de se promener. Aussitôt commença une terrible course-poursuite, les slaves fuyant vers l'est la pluie de carreaux décochée vers eux par les nordiques. Dans leur folle chevauchée forestière, les Slovianes entendirent derrière-eux les clameurs menaçantes de leurs poursuivants, qu'ils ne comprirent guère mais qui disaient : « Envahisseurs ! Rapineurs ! Vils couards, je vous aurais ! »

Arrivées à la lisière, coté Sloviane, les damoiseaux slaves purent disparaitre, l'un d'eux avec une flèche carrée dans l'omoplate. La frontière ne dissuada pas le Margrave qui poursuivit ses efforts. Des parts non-négligeables de celle-ci étaient régulièrement traversées par les paysans locaux sans que personne ne trouve à redire. Avec ses hommes, le seigneur norrois pénétra dans plusieurs villages, déboula dans les maisons, causant peurs et grand chahut, mais sans retrouver les fuyards. Il ne se résolut à abandonner que lorsque la cavalerie adverse se fit entendre. Lars XI et ses féaux replongèrent dans la forêt et disparurent. Toutefois, un habitant avait retenu la forme de l'écu affiché sur le tabard des soudards : [url=https://imgur.com/XaSOY1z]d'azur, au lion féroce d'argent, armé et lampassé de gueules[/url]. Guère de doute, cela étaient bien les armes historiques des Margraves de Taungrænser.

Le Pałac Królewski sera rapidement informé de l'incident, tandis que la nouvelle des confins orientaux n'arrivera à Sa Majesté Marie III que dans plusieurs semaines, si tenté qu'elle l'atteigne un jour.


HRP: première fournée d'une série d'évènements, positifs ou négatifs, visant à créer un vécu, à donner de la profondeur et à placer le Thorval et la Slovianie dans un certain contexte régional. A priori, on se dirigerait vers une relation ambiguë, ni ennemi ni franchement ami. :wink: [/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Au cœur du Thorval (12).
7 fevrier 2036,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :

[center][img]https://i.imgur.com/W0DK9Lh.png[/img]
Friemænd, un des villages d'Ældsteland, avec droit de fortification.
Photo datant du 25 août de l'an de grâce 2035.
[/center]
- Le pays d'Ældsteland voyait naitre une nouvelle coutume. Sise sur les basses-terres de la province de Lysbjerg, l'étroite région céréalière (blé, seigle, avoine) était composée de trois petits villages et d'un hameau. Ses racines culturelles et historiques étaient profondes, ce qui légitima l'obtention d'une nuée de franchises et de privilèges. Le Thorval était une galaxie de menues républiques qui s'autogouvernaient, le tout recouvert d'un fin vernis royal feintant l'unité. A Ældsteland, quand mourra l'abbé du Monastère Notre-Dame des oiseaux, ses draps, son lit de plume, son oreiller, ses étoffes et son bonnet de nuit reviendront de droit aux pauvres de l’Hôtel-Dieu Notre-Dame des Bois, l'hôpital le plus proche. Cet exemple de charité était appelé à s'étendre par le bouche à oreille. Touchera-t-il d'autres abbés ? Les évêques et les abbés-mitrés ? L'aristocratie ? Celle-ci n'était pas avares d'aumônes et de legs en tout genre. Les seigneurs n'étaient aujourd'hui pas peu nombreux à rejoindre les Ordres au crépuscule de leur vie, après une existence d'intrigues, de guerres, d'infamies, de crimes et de péchés. Crainte de la Justice Divine ? A l'inverse, les bandits de grand chemin, les routiers, les mercenaires et les écorcheurs ne semblaient, eux, pas avoir la moindre spiritualité. Pas même au seuil de la mort ?

- Les curés des villages de la banlieue paysanne de Jensgård organisaient une Neuvaine en faveur du Conclave avec l'espoir que l'Esprit Saint donnera un Saint Pape à l'Église. Localement, le pontificat d'Aurélien Ier ne restera pas dans les mémoires : les clercs indulgents jugeaient son règne ordinaire quant les plus acerbes n'hésitaient pas à le qualifier de calamiteux. Les enchanteurs, eux, redoutaient l'avènement d'un Pontife rigoureux. Ils cauchemardaient des Frères Inquisiteurs qui viendraient extirper l'hérésie du royaume...[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Sommeil.
Temp présent,


[center][img]https://i.imgur.com/IDm1Kvl.png[/img]
Lit dans une chaumière paysanne.[/center]

Le sommeil des campagnards, noblesse rurale inclus1, se scinde en trois parties : le sommeil profond, la dorveille et le sommeil léger. Les paysans vont au lit au début du soir, au moment des Vêpres (17-18h), et dorment jusqu'à peu après Matines (1h du matin). Dès lors commence la phase de semi-assoupissement, appelée dorveille, pendant laquelle l'on s'adonne aux activités qui s’accommodent de la pénombre : prières, veillée entre amis ou relations intimes. Faire des enfants à ce moment de la nuit est même recommandé par les clercs [savants]. Puis, tous le monde se rendort (aux environs de 3h) jusqu'au lever du soleil, quand chante le coq. Le sommeil se calque sur le cycle jour/nuit ou lumière/obscurité, et permet entre dix et onze heures de repos segmenté par nuit. Cette façon de dormir chez les ruraux n'a rien de conscient ou de méthodique. Elle leur semble naturelle, instinctive, et liée notamment à l'absence complète de lumière artificielle. En ville, les bourgeois sont confrontés à un certain éclairage public, par les lanternes et les chandelles que les gens doivent poser aux fenêtres. Insignifiant par rapport aux métropoles modernes, l'éclairage citadin conduit tout de même à un sommeil biphasique légèrement dégradé où l'heure de coucher est plus tardive et la période de dorveille plus courte. Les habitudes décrites ci-avant sont celles des jours ordinaires. Les événements exceptionnels comme les banquets, les fêtes, la moisson etc sont là pour les bousculer.

Quelque soit le statut social ou la puissance du clan, les gens dorment ensemble dans un lit commun, grand ou long. Ce phénomène est même vrai au sein des Hôtels-Dieu où la majorité des malades se partagent la paillasse. Les couches individuelles sont un fait rare, réservées aux voyageurs dans les auberges, et au clergé dans son ensemble. Des êtres qui, en règle générale, mènent des vies plus solitaires. Sinon, il est possible de trouver des lits individuels dans les hospices les mieux lotis, ainsi que dans les clans très mineurs, comptant moins de dix membres.

1 La noblesse ne peut être ni citadine ni faubourgeoise. Parler de noblesse rurale est un pléonasme dans le contexte thorvalois mais la précision était nécessaire.


[center]---[/center]
Pour l'heure, le royaume n'a pas la moindre idée des évènements en Algarbe et au Dahar. Les seuls bruit de guerre qui l'agitent sont les conflits inter-vassaux. L'information circule à vitesse humaine, elle est lente et se montre tardivement, à plus forte raison si celle-ci provient de l'étranger lointain. Ceci explique l'absence de réactions et non un mépris des victimes de la guerre, rudesse que le Thorval connait plus que n'importe qui d'autre.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Croyances populaires (11).
Temps présents,


[center][img]https://i.imgur.com/KMIgDPr.png[/img]
Le Kirkegrim de l'église Saint Michel de Fruehavn
qui sert aussi de gouttière.[/center]

Les habitants de Fruehavn, ainsi que leurs animaux, peuvent depuis la Saint Anskar (3 février) suivrent la messe à la chapelle de leur village, l'église Saint Michel de Fruehavn, au lieu de se rendre au monastère Saint Sigfrid située à une lieue de là. Édifiée en pierre dans un style gothique, la façade du jeune édifice comporte quatre statues : l'Archange, la Vierge-Marie, le Christ et, pas une gargouille, mais un Kirkegrim, une sorte d'esprit qui garde l'église. Lors de la construction, comme souvent en milieu rural, un agneau a été sacrifié et placé sous l'autel. Ailleurs, l'usage exige plutôt que la petite bête soit enterrée vivante dans les fondements.

Le Kirkegrim est l'âme revenante de l'animal sacrifié, décrite dans les contes et par les témoins de sa présence, sous une forme fantomatique. Habituellement, elle demeure dans le beffroi de l'église et se promène un peu partout la nuit. Sa mission est de protéger la bâtisse sacrée contre les larcineurs et les vandales. La créature peut aussi se montrer taquine en mettant la pagaille chez le curé ou en sonnant indument le tocsin le soir. Ces actes sont néanmoins purement humoristiques et les traditions admettent qu'aucune intention mauvaise n'existe car le Kirkegrim est un être « au costé de Dieu »

Quand un individu entre au sein de l'église, hors temps de messe, il peut apercevoir l'agneau. D'ailleurs, si ce dernier apparait au cimetière – dont il est aussi le protecteur – cela présage la mort prochaine d'un enfant. Si l'agneau est le plus typiquement utilisé, certains villages enterrent un cheval, un cochon ou un sanglier. Le Kirkegrim est un folklore scandinave que l'on trouve aussi dans le monde anglo-saxon. Difficile, toutefois, de déterminer avec certitude si la croyance y fut amenée par les raids nordiques ou déjà présente.[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Voyage périlleux.
21 février 2036,

Sur le massif des Lillehøjder, aux confins orientaux du royaume, trônait le gargantuesque château de pierre des margraves de Taungrænser. La citadelle aux puissants remparts était le cœur politique et militaire des marches. L'édifice avait été bâtit au XVIe siècle sur une colline escarpée à mille mètres d'altitude. Encadrée par deux tours de guets, la porte d'entrée contenait une herse et un mâchicoulis, tandis qu'un tailleur terminait de construire le parapet qui surplombait la toute nouvelle poterne. L'accès principal donnait vers une cour rectangulaire contenant nombres de bâtiments tels que les cuisines ou le donjon, servant de résidence au seigneur. Le château et son enceinte comptaient par ailleurs quinze tours construites au fil des siècles. Y vivaient en plus des châtelains, les hommes de la garnison, les lavandières, les valets d'écurie, les valets de cuisine, les écolâtres, les bergers, le forgeron, le panetier, l'intendant, le chancelier etc. Avec leurs familles, la place forte abritait ordinairement au moins six cent personnes.

Soulevant sa robe, la fille du margrave Lars XI traversa la cour neigeuse et boueuse, serpentant entre les serviteurs, les poules, les chiens, les moutons et les chèvres. Elle appela son père, près de l'entrée, entrain de réajuster son tabard et de sceller sa monture.

[center][img]https://i.imgur.com/6Pd79ss.png[/img]
Lars XI af Taungrænser.[/center]
« Laisse-moi te regarder, dit-il en prenant ses mains, tu es la huitième merveille du monde ! Dire que je te tenais dans la paume de ma main, fusse un temps... Quand as-tu grandit si vite ?
– J'ai dix huit ans, Père.
– Par Saint Erland ! Avais-je le dos tourné si longtemps ?!
– Reste avec nous, Père : le voyage est rude, et tu ne sais pas ce qui t'attends à la cour, supplia l'héritière.
– Je pars le cœur gros. N'ai crainte, nous emsprunterons la Longue route jusqu'à Sankt-Thøger où un navire nous attends.
– J'ai peur que Marie t'arreste, comme le veulent les Slovianes.
– Sous quelles asscusations ? Je n'ai rien à me reprocher, si ce n'est d'avoir chasser deux éclaireurs esnnemis. J'ai protégé le royaume ! Nous verrons si Sa Majesté mérite son trône ou non...
– Père, prend ceci, lâcha-t-elle en lui passant un chapelet autour du cou, tu auras Dieu et la Vierge à tes costés !
– Merci, petite. Le chasteau est tien, je te le confis. Ne te fie à personne, sauf au clan et aux gens de Mesterbjerg1.
– Et si tu ne devais pas revenir ?
– Tu convoqueras le ban et hissera la bannière de la rébellion. J'ai foi en toi, p'tite Mette » assura le seigneur à sa fille avant de prononcer ses adieux.

Lars XI fit ensuite signe à son escuyer de lui amener son glaive. Celui-ci le fit, non sans maladresses. Ils montèrent tout deux en scelle et passèrent la herse du château. Autour d'eux dominaient le vent, la neige et les sapins. En contre-bas, on pouvait apercevoir les chaumières du premier village, desquelles s'échappaient de minces filets de fumée.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
1 Nom du château[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Au pays de la guerre libre.
26 février 2036,

[center][img]https://i.imgur.com/WvIkuFk.png[/img]
Un coin de la Mappethorval, servant de support au Chancelier.[/center]

« ... le pillage de trois vaches, d'une cinquantaine de moutons et de plusieurs étoffes de cuir. Malgré cela, la fejde entre les Alfriking et les Bernting se poursuit... Plus au sud, dans le comté d'Almargård, le seigneur Eggert af Skaaneland se montre particulièrement turbulent dans les incessantes querelles qui l'opposent à ses cousins. Au moins deux manoirs leurs appartenant ont récemment été mis à sac... Au sein de la baronnie de Flodland, les innombrables dynastes locaux ne cessent d'en venir au mains et multiplient les escarmouches : Folmering contre Halfdaning, Guthriking contre Guthmaring, Hildulfing contre Jytting, Lothening contre Magnhilding, Othinkaring contre Ræfing etc... Au pays de Ørnbjerg, les tout aussi continuels renversements d'alliance provoquent un chaos sans fin entre les divers clans pastoraux. La majorité des dits belligérants sont hélas roturiers. L'arrivée probable du clan de Knag Bølle ("la Brute") sera un tournant majeur et pourrait encore davantage embourbé un conflit d'une complexité infinie... La guerre de revendication de la dame Ada af Sigmandlag pour la terre voisine de Sigmandlandet vient de reprendre... L'honneur bafouée de la cheftaine Marie du clan roturier Aisling est à l'origine de trois fejde lancées il y a une semaine dans le Goteland... Le conflit quant à la succession dans le Duché d'Hårland entre les vassaux... Les moqueries adressées à la fille du seigneur Jens af Fårgård viennent de déclencher une fejde contre les clans nobliaux coupables de l’infamie... Le Sønrike voit les petits clans roturiers sombrer au sein d'un cycle de vengeances sans répit... »

Les pièces ne suffisaient plus pour figurer l'ensemble des querelleurs sur l'immense mappethorval déroulée sur la table. Sa Majesté écoutait attentivement son Chancelier l'aviser, en pleine dorveille, sur l'étendue des guerres privées qui déchiraient son royaume. Escarmouches, coups de mains, fratricides, larcins, querelles, honneur, successions, revendications, alliances bafouées et raids revenaient de façon récurrente dans l'exposé. Ils décrivaient la sombre réalité du Thorval, au grand dam de Sa Majesté qui semblait se liquéfier au fur et à mesure des annonces. Comment pouvait-elle pacifier le royaume alors que même son illustre grand-père, le respecté Níels XVII, avait échoué ? La réussite de celui-ci (déplacer les combats vers les terrains de Knáttleikr) relevait en fin de compte du mythe : elle ne concerna que certaines régions, pendant que les Faides se poursuivaient ailleurs. La situation ne changea guère sous l'héritier de ce dernier, le Père de Marie, alors que les gazettes et radio avaient, ces dernières années, encore bien des difficultés à appréhender l'ampleur du phénomène des guerres privées, qui n'avaient jamais réellement cessé. La situation n'était finalement pas pire aujourd'hui que dans le passé, proche ou lointain. Après-tout, quoi de plus facile en ce pays, que de passer inaperçue ? Au levée du jour, les réjouissances gigantesques de Mardi Gras allaient sans doute donner un peu de baume au cœur à la Reine.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Chronique (1).
29 février 2036,

[center][img]https://i.imgur.com/nyyjzsU.png[/img]
Helle af Hårjeland.[/center]
Née en l'an de grâce 2010, Helle est le troisième enfant du seigneur de Hårjeland. Elle connait une enfance mouvementée à cause des querelles et des guerres privées secouant sa région natale. Son éducation est typique de l'aristocratie guerrière, fruit du frère Frans de l'Abbaye Sainte Brigitte de Thorval et de Sigfrid, le maitre d'arme de son Père. Elle succède à ce dernier en 2030, devenant seigneur et cheftaine de clan. Sa vie consiste alors à veiller aux destinées du clan, à guerroyer régulièrement, à s'entrainer quotidiennement et à intriguer du matin au soir car rien n'est dû, ni figer au sein d'une société féodale, la lutte est constante. De part son enfance et le contexte ci-avant, Helle est une femme bien aguerrie, aspirant à devenir Skjaldmø, statut qui au Thorval renvoie à la Chevalerie féminine. La dame doit pour cela encore faire ses preuves au cours d'une grande bataille. Le début de son règne laisse entrevoir une personne sévère mais juste, assez magnanime avec les paysans, de caractère humble mais absolument impitoyable et sans pitié avec ses ennemis.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Justice clanique (2).
15 mars 2035,

Les Valdering était un vieux clan paysan moyen du XVIIe siècle dont les foyers se situaient dans le Nitteland, à quelques dix Leuge de Valborg. Sur leurs alleux, ils faisaient pousser des céréales, du foin, des pommes de terre et les légumes dont on se servait pour faire la soupe ou le ragoût. En plus de ses parcelles, le clan possédait aussi du bétail, principalement des poules, des chèvres et des pigeons. Néanmoins, la grande famille se faisait régulièrement rançonner par de puissants pillards régionaux, les Giskening, qui inspirait la terreur depuis les contreforts du massif des Helligebjerg jusqu'aux rives de la Mer des Crabes. Les seigneurs locaux étaient trop occupés à se quereller entre eux pour leur rendre justice, chose que les Valdering ne remettaient pas en cause pour être eux aussi de sacrés querelleurs. Peu importe, dix membres du clan s'en allèrent à la chasse. Arrivés dans la taverne, ils encerclèrent la bête et la bastonnèrent très violemment. « Tout doux, le chef le veut vivant » lança l'un d'eux alors que Joar s’apprêtait à donner le coup de grâce.

[center][img]https://i.imgur.com/BwxZRjy.png[/img]
Valderhus, l'un des hameaux du clan. Celui-ci accueille le chef Huldrik.[/center]
De retour au village, on amena la prise devant le chef Huldrik. La cathèdre de celui-ci n'était qu'un simple banc recouvert de fourrures. Son visage s'illumina quand il comprit que l'homme à la face boursouflée et au pelisson ensanglanté n'était autre que Níels Halvnæse (« demi-nez), l'un des brigands les plus réputés du terroir, ayant causé bien des malheurs à nombres d'humbles campagnards et à des voyageurs plus riches. Ce surnom lui venait d'un récent combat où il perdit la moitié de son nez après qu'un soudard du seigneur de Nitteland lui eu envoyé un fléau d'armes dans le visage.

« Tu paieras l'affront Huldrik, marmonna le brigand.
– Non. C'est à toi de payer pour tout le mal que tu as commis. Combien d'humbles as-tu pillé, mordrit, rançonné ?
– Les miens me vengeront.
– J'y compte bien, rétorqua-t-il, je les attends.
– Tu ne sais pas à qui tu as à faire, vieux fol ! prévint Níels.
– Comme dit le proverbe, les leçons les mieux apprises sont l'icelles dont le souvenir reste gravé dans la chair. Néanmoins, je suis chrestien et me montrerois magnanime avec toi, en despit de tes crimes : qu'on lui couspe l'oreille destre.
– Soit mausdit ! cracha le brigand.
– Pardon ? Comme tu voudras : couspez lui aussi les deux poings. Tu ne pilleras plus personne. » jugea le chef avec calme.

Quelques minutes plus tard, plusieurs cris stridents ébranlèrent le voisinage et firent s'envoler les oiseaux. Níels Halvnæse hurla de plus belle quand le clan, grand seigneur, lui cautérisa les plaies et le dépeça de son beau pelisson, avant de le jeter au dehors. Quant aux morceaux coupés, on les donna aux chiens.


[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Un allié de l'ombre.
21 mars 2036,

[center][img]https://www.zupimages.net/up/19/11/ywx6.png[/img]
La Grand'salle de Sankt Olaf[/center]
Tandis que l'étreinte de l'hiver se relâchait, Marie et son clan prirent congé de l'Université pour l'austère château Sankt-Olaf, en pleine campagne, à trois bonnes lieues de la capitale. Ce logis n'était toutefois que temporaire, une étape avant Frueborg dont ils durent partir six mois en arrière. Avant de rejoindre les domaines méridionaux, Marie devait arbitrer la querelle entre le roi Slovian et le fort en gueule Margrave de Taungrænser. Ce dernier devait se présenter à la Cour incessamment sous peu. La reine redoutait ce moment et surtout d'être la cible de pressions, car bien des nœuds se devront d'être démêles et l'affaire n'aura rien d'une visite de courtoisie. D'un coté, les slaves réclameront un exemple pour celui qu'ils qualifient d’homicide, alors que de l'autre, le maitre des Marches Orientales saura se défendre et aura une toute autre histoire à raconter. Il n'était par ailleurs pas le type d'homme à se laisser offenser ou à se faire marcher sur les pieds. En somme, deux avenirs semblaient se dessiner : ruiner les relations diplomatiques ou craindre une déstabilisation seigneuriale. Choix cornélien.

Marie se perdait dans ses pensées, alors que ses deux progénitures jouaient avec des parents du clan, et que son espion posait des pièges et condamnait les passages secrets. Tout à coup, un valet survint de nul part, annonçant l'arrivée d'un messager. Sa Majesté déroula la missive :
[center]
[img]https://zupimages.net/up/18/21/0qdz.png[/img][/center]

« De sa tanière elle bondira,
quand l'appel du lion elle ouïra.
»

Le message avait, surement par prudence, été codé : l'énigme était en latin et provenait d'un anonyme. Contre quoi voulait-on la mettre en garde ? Était-ce d'une imminente rébellion ? Et qui était son informateur ? Les Chevaliers de la Foi ? Il allait falloir mener enqueste. Marie déduisit que l'auteur ne pouvait venir que du royaume, grâce à l'écriture gothique que l'on n'usait plus ailleurs. Quant au lion, l'animal figurait sur l'écu d'un grand nombre de clans nobles ou roturiers. Et si...[/justify]
Répondre

Retourner vers « Thorval »