[2035] L'année sombre

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Alwine

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[center]L'année sombre :

[center]"L'année sombre", ou officiellement l'année 2035, désignera rapidement dans le récit de l'année vonalyanne moderne cette période de grands troubles qui aura marqué les difficultés de la fin du règne d'Alwin XV Patte-De-Foudre, règne par ailleurs long et prospère à tous points de vue. Les événements qui l'auront émaillée marqueront durablement l'histoire vonalyanne du milieu du XXIe siècle, et ne seront parfois connus que tardivement dans le reste du monde, donnant lieu à de nombreux mouvements de panique au passage...

[HJ : Le but de ce tropic sera dans un premier temps d'accueillir les RPs accompagnant la remise en route du Vonalya. Dans un second temps j'y posterai peut-être des RPs moins importants revenant sur certains événements prenant place pendant cette "année sombre" plus en détail. Ce tropic pourra être participatif et accueillir les postes d'autres joueurs si leur pays intervient dans la crise d'une façon ou d'une autre.][/center]
Alwine

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Un sombre horizon :

[right]Année 2035, Vonalya.[/right]


Les choses avaient été de mal en pis lors de cette « année sombre », l'année 2035 du calendrier chrétien. Au début, cela avait simplement semblé être un creux comme tous les royaumes en connaissent de temps à autre. Après le bouillonnement des mariages royaux et princiers, les efforts diplomatiques de toute part dans le Nord, un certain ralentissement s'était fait sentir, mais cela avait semblé presque normal, une simple passe avant que le renard vonalyan ne rebondisse vers de nouveaux défis et de nouvelles réussites.

Hélas, il n'en avait pas été ainsi, que du contraire. La lente érosion des alliés nordiques du Vonalya, et la fermeture ou du moins la réduction de leurs marchés économiques et culturels, avait porté un rude coup au royaume scandinave. La Kvorquénie en tête, les pays du nord-ouest avaient sombré les uns après les autres, à l'exception du Thorval. À l'ouest, le Ragvarld montrait déjà dès le début de l'année des signes d'affaiblissement, se remettant mal des conséquences de l'éruption qui avait eut lieu au Lorthon. Au final, le réseau vonalyan se fragilisait au cœur même du grand nord, avec un effritement de plus en plus certain de la Ligue Boréale et même de la plupart des autres alliés. Le refus du Deseret de payer la dette des Etats Fédérés d'Olgarie n'avait fait qu'ajouter à la confusion en plongeant dans la tourmente les plus petites des banques vonalyannes qui s'étaient lancées dans l'aventure.

Le plan extérieur n'était toutefois que le début, les troubles intérieurs suivants rapidement, attisés par les conséquences de l'éruption et de la Guerre des Conteneurs, qui avaient toutes les deux perturbés les flux aériens et maritimes du Vonalya, puis par la réduction des importations de nourriture dues à ces mêmes causes mais aussi à la réduction du nombre d'alliés. Non seulement le Vonalya avait souffert de l'éruption, mais ses fournisseurs directs aussi, et certains autres fournisseurs directs se fermaient un à un et les flux commerciaux se réduisaient... hors ces flux commerciaux amenaient notamment de la nourriture sur les rivages de l'archipel vonalyan.

Hélas, la crise était arrivée au plus mauvais moment puisque, aux alentours du mois d'avril, le roi vonalyan, qui semblait être le pilier immuable de la nation, avait sombré dans une profonde maladie qui l'affaiblissait énormément. Alors que Patte-de-Foudre se trouvait incapable de réagir concrètement, les factions se multiplièrent à la Cour, avec une partie de la noblesse se rassemblant autour de la nouvelle Reine – totalement dépassée par les événements – et de son futur enfant, voyant déjà en eux la marionnette parfaite si d'aventure d'aventure l'enfant, fille ou garçon, naissait avant la mort du monarque. Le prince Alwin le Jeune rassemblait autour de lui l'armée et les plus radicaux des nobles et des hauts responsables cependant que la princesse Svanhilde Rose-de-Givre essayait de son mieux de calmer les choses en espérant une guérison de son père.

Malheureusement, en dépit de l'action des meilleurs médecins vonalyans, le mal du roi, qui se révélait être un cancer à avancée rapide, refusait de se résorber, et le royaume déjà fragilisé sombra dans l'insécurité à mesure que les diverses tensions déjà présentes dans le pays en profitaient pour s'exprimer. Des vendettas privées profitèrent que le regard royal ne pèse plus sur les intéressés pour se régler, donnant naissance à un climat d'insécurité. La nourriture peinait toujours à arriver, les échanges étaient au plus bas, le secteur bancaire peinait à se remettre de la crise olgarienne et le domaine scientifique piétinait faute de fonds et de directives claires, du moins dans la plupart des domaines.

La situation dégénéra néanmoins vers les mois de septembre et novembre : devant le désordre de plus en plus manifeste du pays, et l'inaction de ses cousins, le Marquis et prince Varwin Serre-de-Faucon, sous les conseils de son épouse la princesse Eleuia, avait commencé à monter les Comtes du grand nord contre le pouvoir central en les convainquant qu'eux, qui maîtrisaient après tout la richesse première du pays, le gaz, avaient tout intérêt à faire sécession « le temps d'y voir plus clair » pour préserver le niveau de vie de leur population et, implicitement, leur propre rang et leur propre richesse. En novembre, c'était chose faite et la Confédération de Nordlig, centrée autour de l'Urnavuk et du prince de sang royal, qui tirait sa légitimité de ce rang même, ainsi que de celui de son épouse, connue au Vonalya, après tout, comme une princesse impériale.

Dans la foulée, certains nobles du sud du royaume, à l'autre bout de l'archipel donc, agacés de voir leurs territoires « gangrenés » selon eux, par les migrants thorvalois, qui pesaient de plus en plus lourd sur l'économie locale depuis que la nourriture se faisait plus rare, avaient réussi à monter une cabale contre eux en insistant sur leur caractère chrétien, dans l'espoir de mettre ce rejet des immigrés, à terme, sur le dos de la question religieuse. Comble de l'ironie, ils avaient embauché à prix d'or des brigands... thorvalois pour mettre la pression sur les immigrés et les quelques rares chrétiens locaux, avec l'idée de pouvoir les « lâcher » si jamais les choses tournaient mal.

Alors que la situation se pourrissait, le reste du monde, inquiet par le long silence diplomatique vonalyan, entendait ces quelques sombres nouvelles et réagissait avec force, nourrissant la panique chez les expatriés vonalyans, notamment en Ventélie. Du côté du roi, Alwin le Jeune rassemblait l'armée pour mater tous ces rebelles, bloqués par la faction rivale de sa jeune sœur Alwine, née en juillet, d'un père déjà malade, qui ne voulait pas le voir s'auréoler de gloire, menant le camp royal au bord d'une guerre larvée.

Dans cette ambiance tendue, avec un royaume au bord de l'explosion et des partenaires étrangers qui pariaient déjà sur la fin et le délitement du Vonalya, un événement à moitié imprévu, ou plutôt qui avait longtemps tardé, vint changer la donne :


[right]Alwin Patte-de-Foudre fini par rejoindre l'assemblée d'Odin.[/right]


[Si vous pouviez ne pas réagir directement, une suite en quelques parties et plus localisée dans le temps viendra compléter les choses ce soir.]
Alwine

Message par Alwine »

Une lueur d'espoir :

[right]13 décembre 2035, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


Le Roi était mort... vive le Roi ? C'était la formule consacrée dans les royaumes suderons, mais au Vonalya une question se posait d'abord : qui allait être le nouveau monarque ? D'ordinaire, il y avait un temps de latence après la mort d'un souverain, une période de deuil qui culminait avec les funérailles en grandes pompes du suzerain mort, puis l'élection de celui ou celle qui viendrait après lui sur le trône vonalyan. Les circonstances étaient particulières, toutefois, car on était devant un véritable début de guerre civile, qui pourrait bien tourner en guerre générale : entre le nord, où une confédération de nobles indépendants avait plus ou moins déclaré son intention de se séparer du reste du pays, le sud, où certains nobles peu scrupuleux attisaient les haines religieuses depuis longtemps enfuies en engageant des mercenaires étrangers, et le reste du pays, où les partisans de l'un ou l'autre héritier, s'opposant sur la ligne à tenir, menaçaient d'en venir aux armes entre eux avant de pouvoir lever celles-ci vers l'un ou l'autre côté, la situation était pour le moins exceptionnelle, dans le mauvais sens du terme.

Le seul avantage c'était qu'avec la crise et la maladie du Roi, la plupart des vassaux directs, les nobles qui dépendaient directement du Roi et élisaient celui-ci au sein de la famille royale, se trouvaient déjà à Narvarion. Alwin Patte-de-Foudre périt le dix du mois de décembre : le treize, avec grande diligence, l'aînée des filles du Roi, Svanhilde Rose-de-Givre, avait déjà fait venir les quelques nobles restants à devoir voter, sauf ceux qui ne pouvaient se déplacer et, bien entendu, ceux qui se trouvaient dans le Nord. Alors qu'Alwin le Jeune tempêtait dans la salle du Conseil en prônant le déploiement rapide de l'armée royale et des armées nobles fidèles dans le Nord, pour écraser la révolte, et de « remettre ce vote et les vaines paroles à plus tard », sa sœur aînée fit irruption dans la pièce.


[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/d/5/svansimp1-5274782.jpg[/img]

Svanhilde Rose-De-Givre, Héritière présomptive du Vonalya.[/center]

Svanhilde Rose-De-Givre : « Il suffit, mon frère ! Nous ne transigerons pas avec nos traditions les plus sacrées, surtout en heure grave et triste. Sur la mémoire de notre père, seul un monarque légitimement couronné mènera ou ne mènera pas notre armée dans le Nord ! »

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/e/4/d/a6f2457a5a09e7878...70e4b838-52b5b0a.jpg[/img]

Alwin le Jeune, Héritier présomptive du Vonalya.[/center]

Alwin le Jeune : « Tu... »

Le fougueux jeune homme s'apprêtait à proférer des paroles sans doute fougueuses, mais les ravala en voyant qui entrait dans la pièce à sa suite. Onze personnages, portant tous de longues robes de différentes couleurs, hommes comme femmes. Onze. Dix pour les Dix Dieux Majeurs, et Un qui parlait au nom de tous. Ce fut celui-ci, le Haut-Prêtre du Vonatur, le chef de toute la religion vonalyanne, qui tapa une fois sur le sol avec son bâton, calmement, sans proférer une parole. C'était Ulfgar Main-de-Pierre, qui parlait au nom de tous les Dieux, et refuser l'élection en sa présence aurait valu une apostasie, et le renoncement de facto au trône. Alwin le Jeune se contenta donc de jeter un regard brûlant de colère à sa sœur.

Alwin le Jeune : « Si c'est ce que tu veux tu l'auras ! Je serai roi quand j'irai écraser Varwin et tous ces autres imbéciles ! »

Il s'en fut préparer ses partisans, sur un sourire amusé de sa sœur, et les préparatifs purent commencer. Le lendemain, le Vonalya se choisirait un nouveau Roi... ou peut-être, qui sait, une nouvelle Reine, car si Alwin semblait sûr de lui, Svanhilde, elle, avait visiblement encore un ou deux as dans sa manche. Celui-ci - ou celle-ci - serait en tous cas chargé de rétablir un semblant de paix et d'ordre dans un Royaume qui en avait décidément terriblement besoin s'il ne voulait pas risquer de sombrer définitivement dans le chaos et, peut-être, de donner raison à ceux qui présidaient déjà sa fin...
Alwine

Message par Alwine »

Une lueur d'espoir (2) :

[right]14 décembre 2035, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


Comme de coutume, l'assemblée s'était unie au sein de la salle dédiée, au cœur du palais royal, sur le site où, disait-on, dans le vent et la neige, les premiers compagnons du premier roi du Vonalya l'avait élu. Aujourd'hui, que la localisation soit exacte ou pas, c'était une vaste salle circulaire avec plusieurs étages de bancs garnis de confortables coussins où s'asseyaient les nobles, en principe dans l'égalité, de facto depuis des siècles par ordre de rang, les plus puissants étant les plus proches du centre. Au centre se tenaient les quatre candidats : Svanhilde la Rose-de-Givre, Alwin le Jeune, Valériane la Mouette et Alwine l'Enfant, présentement dans les bras de sa mère. Il n'y avait aucune limite d'âge, basse ou haute, pour monter sur le trône, et même s'il était rare de voir un enfant-roi c'était en théorie tout à fait valide.

Proche des candidats se trouvait le Haut-Prêtre, qui regarda lentement les gradins. Il était possible d'identifier assez facilement les principaux soutiens des uns et des autres. Le clan d'Alwin était composé majoritairement de nobles ayant fait carrière dans l'armée ou aillant des querelles à vider dans le Nord. Celui d'Alwine, mené par la vraie âme de la candidature, le Duc Sigmar V d'Herligabrun, reprenait les nobles désireux de plus de pouvoir à la noblesse. Valériane n'avait pas vraiment cherché à rassembler un parti, et Svanhilde, malgré de nombreux soutiens épars, ne semblait pas avoir vraiment constitué un clan de partisans autour d'elle, quoiqu'elle semble confiante. La salle était en partie vide et ce fut sur cette constatation que le Haut-Prêtre ouvrit la séance.

Ulfgar Main-de-Pierre :
« Les nobles de la plus nordiques de nos terres, ayant agis comme des traîtres, ne sont pas dignes de siéger. Les Dieux déclarent leur vote nul et non avenu !»

La phrase était rituelle et permettait de débuter sans attendre, ce qui fut fait. Chacun pu présenter un discours, exposant ses forces, ses atouts, son projet et en l'occurrence surtout son projet pour la crise en cours, bref, eut son occasion de convaincre. Le plus passionné fut Alwin, exposant sa vision de guerre victorieuse et vertueuse qui purgerait enfin le pays de ses traîtres, et la plus posée Svanhilde, qui défendis une version plus pacifique, alors qu'Hildmani Lune-d'Or, qui devait parler pour sa fille, ne fit que quelques bafouilles, et que Valériane fut très brève. Mais rapidement, quand vint les votes, le soutient inconditionnel d'une certaine personne à une certaine autre fit totalement pencher ledit vote...

[center][img]http://img110.xooimage.com/files/a/f/3/74fc78d0636961905...adf181ed-51e9124.jpg[/img]

Rosalia V la Féline, Duchesse de Vihreanil.
[/center]

Rosalia V la Féline : « En mon âme et conscience je vote pour Svanhilde Rose-de-Givre, qui nous guidera vers la félicité et la joie. »

La noble la plus puissante du Royaume qui prenait la parole, ce n'était pas rien, surtout en parlant la premier. Cela, en plus de ses arguments, suffit à faire élire la belle Svanhilde, qui devrait sans doute un jour repayer cette intervention providentielle au moment où elle en avait le plus besoin, mais qui pour l'heure avait ce qu'elle voulait. Il était temps de prendre ses marques et de, très rapidement, prendre des mesures. Elle savait que son frère avait tord sur ce coup-là, et que du sang pourrait ne créer que plus de morts et finir par dégénérer en véritable guerre civile. Non, il fallait agir autrement, et elle savait comment, heureusement. Pour ce qui était du sud, l'approche religieuse et la menace suffiraient sûrement, et au nord, déployer la flotte était dangereux.

En effet, Varwin Serre-de-Faucon était le fils de Valens le Tonnerre, chef des forces armées et avec dans ses rangs bon nombre de vonalyans. Envoyer l'armée serait très aléatoire : qui sait s'ils ne décideront pas de refuser le combat voir de les rejoindre ou d'autres choses encore ! Non, envoyer une armée vonalyanne ne serait pas une bonne idée, mais heureusement il y avait dans le monde quantité d'armées et de flottes non vonalyannes pour leur mettre un petit « coup de pression » et pousser son cousin à régler tout cela pacifiquement et que tout s'emballe.. car si elle avait reconquis le Nord par la force, pour le coup, on aurait vraiment été devant un scénario catastrophe tant pour le royaume que pour l'économie... il fallait donc une autre issue, et pour cela rien ne valait le fait de faire appel à un allié, un allié qui plus est déjà tout proche...
William Hamleigh

Message par William Hamleigh »

[center][ont]Négociation musclée[/ont][/center]
[center][URL=https://www.casimages.com/i/180425103634903565.jpg.html][IMG]https://nsa39.casimages.com/img/2018/04/25/180425103634903565.jpg[/IMG][/URL][/center]

17 décembre 2035, mer polaire.


[justify]Tout s'était fait très rapidement. L'amiral en chef de la flotte de guerre et le maréchal de la force aérienne avaient été tirés de leur sommeil par un coup de téléphone du Premier Ministre en personne. En fait, c'est tout l'État qui s'était éveillé en cette froide nuit de décembre, une opération militaire était éminente et avait été ordonnée depuis le plus haut degré du pouvoir national. Le Roi Richard avait lui aussi été réveillé par ses majordomes, toute intervention militaire étant impossible sans son accord. Une partie de la flotte de guerre avait appareillé et faisait route vers les terres gelées du continent polaire. Les 50 Typhoon FGR Mk-4 s'étaient tous mis en chemin vers la base aérienne des Eighlands et s'y réunissaient.

Les ordres étaient simples : dissuader toute escalade d'ampleur nationale du conflit intestin au Royaume du Vonalya. Récemment élue, la Reine Svanhilde Rose-de-Givre du Vonalya avait contacté Daniel Ceallach par ligne directe. Pas alliés mais pas ennemis non plus, le Royaume des îles Lorthon avait assisté impuissant à la montée de l'anarchie au sein du royaume scandinave. Face à l'évidence d'une guerre civile prochaine, le Lorthon restait l'un des seuls pays proches qui puisse montrer ses muscles et dissuader la révolte. C'est ce qu'il était convenu de faire, aucun coup de feu ne devait être tirer. Pourtant les armes étaient belles et bien chargées.

L'armée de terre avait également été mobilisée à la frontière polaire entre le Lorthon et le Vonalya. Il fallait à tout prix forcer Varwin Serre-de-Faucon à la reddition. Vers 6 heures du matin un communiqué fut envoyé à son palais lui sommant de se rendre sans quoi un déluge de bombes s’abattrait sur son fief et ceux de ses sympathisants. Conscient qu'il n'avait aucune chance, Varwin accepta les clauses du contrat proposé par le Lorthon et fut exfiltré à bord d'un bâtiment militaire vers Narvarion.

Alors que tout semblait réglé, un navire de type zodiac apparut sortant du port, battant pavillon noire flanqué du corbeau d’Odin, il fonçait droit sur un bâtiment lorthonien. Après trois avertissements suivis de trois refus d’obtempérer, le zodiac reçu une rafale de la mitrailleuse embarquée à bord d'un Typhoon, aucun de ses 5 passagers n'en réchappa. Une fois sur place, les forces spéciales confirmeront qu'il s'agissait d'un acte isolé, empreint de folie et de désespoir d'un petit groupuscule. Varwin confirma rapidement s'être désolidarisé de cette ultime attaque.

Sa Majesté la Reine fut immédiatement informée de la tournure positive qu'avait pris l'opération. Sa visite sur les lieux est attendue sous peu.
[/justify]
Alwine

Message par Alwine »

Une lueur d'espoir (3) :

[right]18 décembre 2035, Besktigar, Baronnie de Varmakut.[/right]


Alors que la Reine mettait en œuvre ses plans dans le Nord, elle avait aussi conscience qu'il était urgent de régler la situation également dans le Sud. Pour se faire, elle avait envoyé un homme de confiance, et surtout mobilisé les puissances locales. Si certaines choses avaient pu aller aussi loin, c'était évidemment en partie parce que les plus puissants des nobles locaux avaient choisi de fermer les yeux. Mais comme la plus puissante – littéralement – des nobles locaux avait aussi été le plus fervent soutient à l'élection de la nouvelle Reine, celle-ci fermerait très certainement les yeux à son tour sur ce choix de non-action. Ainsi allait la politique vonalyanne, et un monarque qui oubliait la juste gratitude qui était due à ceux qui l'avait élu, ou mieux encore qui avait porté son élection, pouvait certes se maintenir au pouvoir mais avec une grogne intense de la Noblesse, ce qui n'était jamais vraiment conseillé, et pouvait mener à une chute du trône à moyen terme.

Svanhilde ne voulait pas faire cette erreur-là, et avait donc directement impliqué la noblesse locale dans la résolution du « conflit », si on pouvait appeler ça comme ça. La première « pièce » de son action avait été de faire répandre dans les baronnies touchés, au sud-est de l'île de Vonaborg, une nouvelle tout droit venue du Thorval, en précisant bien qu'il était signé par le Grand-Chambellan royal lui-même, au nom de la Reine, à savoir que le principal groupe qui agissait dans le cadre de la soit disant « persécution des chrétiens » n'étaient autre que... des bandits thorvalois, soudoyés par des nobles locaux qui souhaitaient se débarrasser d'une partie du flux de migrants thorvalois. Une autre partie des violences était aussi le fait de guerres claniques directement entre les migrants venus du Thorval.

En somme, en fait de « persécution religieuse » on avait surtout des chrétiens qui s'en prenaient à d'autres chrétiens... et cette annonce suffit déjà à faire retomber une bonne partie de la pression locale. Cela avait aussi un autre but, qui fut rapidement atteint : rendre impopulaire les malfrats concernés dans tous les groupes. Jusqu'ici, les rusés brigands avaient réussi à jouer sur les deux tableaux, s'abritant parfois au près de certaines communautés chrétiennes en mettant en avant leur origine, parfois au près de communautés vonaturiennes en mettant en avant leurs actes. Après l'annonce, les chrétiens leur fermèrent leur porte, faisant grande confiance à la parole de « la sainte reine du Thorval », cependant que les vonaturiens en firent de même et, pour les plus radicaux, tentèrent même de les éliminer quand ils se présentèrent... forcément, ceux qui étaient ouverts à protéger les persécuteurs des chrétiens étaient aussi ouverts à éliminer des chrétiens armés quand ils pouvaient le faire sans trop de heurts.

Le temps – trois jours – que les représentants de la Duchesse de Vihreanil revienne dans le fief de celle-ci avec l'envoyé royal - la Duchesse elle-même étant restée encore quelques temps dans la capitale - que la force de coercition soit mise sur pied et qu'elle arrive dans la Baronnie de Varmakut, où se trouvait l'épicentre des violences, les brigands étaient déjà aux abois. Alors qu'une partie de la population les soutenait jusque-là, c'était maintenant tout le contraire, et dès l'arrivée des forces conjointes de la Reine et de la Duchesse, les chefs principaux du groupe de bandits furent rapidement dénoncés, et la troupe ne tarda pas à se rendre vers leur cachette. Il ne s'agissait pas d'une troupe de policiers mais bien de soldats solidement armés, qui étaient venus pour exterminer la menace une bonne fois pour toute. En quelques heures à peine, les brigands furent débusqués, sur base des dénonciations d'un groupe radicale vonaturien qui jusque-là les avait soutenu en les ravitaillant notamment.

Mais une fois acculés, les brigands firent démonstration du fait que le sang thorvalois était aussi du sang viking et ne se laissèrent pas acculer sans combattre, faisant face aux troupes venus les neutraliser l'arme à la main et... le bouclier au bras. Oui, c'étaient des thorvalois quand même.

[center][img]https://i.imgur.com/cTcrRLE.png[/img]

Groupe de bandits thorvalois sévissant au Vonalya.[/center]

L'échauffourée fut brève, mais sanglante, les thorvalois tombant par surprise sur la troupe de soldats, qui imaginait les trouver repliés dans un bâtiment plus loin. Trouvèrent la mort cinq soldats, les deux radicalistes locaux qui les avaient guidés là, et l'ensemble du groupe d'une vingtaine de bandits. La version officielle serait que les soldats, forcés de se défendre, avaient dû sortir les armes lourdes et avaient été forcés de massacrer les terroristes, qui avaient éliminés les « traîtres ». La vérité était plus nuancée : si l'assaut avait bien été violent, les thorvalois faisant, outre les cinq morts, pas mal de blessés, mais dès que la contre-attaque s'était organisée ils avaient été éliminés sans pitié, y compris ceux qui voulaient se rendre. Quant aux « guides », ils avaient été massacrés avec les autres, l'occasion étant belle, après tout, de nettoyer un peu de « vermine » supplémentaire. Une fois le massacre terminé, le chef de l'expédition regarda le résultat avec un air las.

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/6/5/7/harding-529cfb5.jpg[/img]

Harding IX Tête-De-Pierre, Baron de Balahvidram, responsable de la résolution de la crise au nom de la Reine.
[/center]

Harding IX Tête-De-Pierre : « Ce n'était guère plaisant, mais voici au moins une bonne chose de faite... »

Soldat : « Il n'y avait pas d'honneur dans la fin de ce combat, Messire. »

Harding IX Tête-De-Pierre : « En effet, mais du moins les choses sont réglées... crois-moi, j'ai vu ce que donnait une guerre civile, et je ne laisserai ni une bande d'excité thorvalois ni une bande de petits nobles débiles plonger le Vonalya là-dedans en ranimant les vieux spectres de guerre religieuse ! »
Alwine

Message par Alwine »

Une lueur d'espoir (4) :

[right]18 décembre 2035, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


L'échange s'était fait en mer entre un vaisseau lorthonien et un vaisseau vonalyan, le « prisonnier » de haut rang étant transféré sur un canot. C'était sans doute la partie la plus inconfortable du voyage pour un rebelle de facto qui n'avait guère subit la brutalité du fond de cale ou d'autres joyeuseté : prisonnier de marque pour les lorthoniens, il avait été traité avec égard une fois passé entre les mains des gens de son propre peuple, bien qu'on veille à ne pas le laisser s'enfuir. Et, amené par un vaisseau rapide, il fut dès le lendemain présenté devant sa cousine, qui à présent gouvernait aux destinées du Vonalya. Il n'était pas chargé de chaînes et à dire vrai même pas attaché, les gardes se contentant de le laisser seul dans un petit cabinet confortablement meublé qu'il avait déjà vu quelques fois. Il resta debout, très digne, jusqu'à ce que la Reine entre, seule. Il s'inclina légèrement, elle répondit d'un simple sourire, puis la dame s'assit dans un fauteuil et lui fit signe de prendre place face à elle, laissant planer un silence qu'il fini par briser.

[center][img]https://cdn.discordapp.com/attachments/353594073732612107/358750007924621313/varwin.jpg[/img]

Varwin I Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin I Serre-de-Faucon :
« Ma foi... on dirait une réunion de famille. Je ne suis ni menotté ni gardé, tu n'as pas peur que le rebelle que je suis essaye d'éliminer la nouvelle Reine ? »

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/d/5/svansimp1-5274782.jpg[/img]

Svanhilde II Rose-De-Givre, Reine du Vonalya.[/center]

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Tu es de la famille, Varwin. Et je suis encore capable de te tirer une balle dans le genoux si tu y tiens. »

Le jeune homme eut un mince éclat de rire, même s'il savait que sa cousine était sérieux. Il était ici en position de faiblesse, c'était le cas de le dire, et même sur le plan physique, s'il dominerait sans doute au corps à corps elle soulignait qu'elle était armée, même si ce n'était pas visible, et pas lui. Il garda donc le silence cette fois, et la laissa poursuivre.

Svanhilde II Rose-De-Givre :
« Ah, Varwin, que vais-je faire de toi, franchement ? J'ai pu mobiliser les lorthoniens pour mettre fin au chaos immédiat, mais tu as des partisans dans le nord, sans compter les soutiens financiers que tu reçois de l'étranger... »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Que... comment tu sais ça ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Tu ne devrais pas sous-estimer notre oncle. Je sais que tu reçois des fonds de ta belle-famille, et que des lettres sont échangées... je ne tiens pas à ouvrir un conflit externe en plus du reste à ce stade ! Sans compter l'influence de ton père. »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Et donc ? Tu es en train de me dire que j'ai un peu trop d'amis pour finir plus court d'une tête ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Tu en as assez pour que j'y réfléchisse à deux fois avant de donner l'ordre. Donc, tu as cinq minutes... pourquoi tout ce merdier, par les couilles d'Odin ?! »

Le ton agacé de la nouvelle Reine était brusquement monté, et Varwin la connaissait assez pour savoir que c'était un signe dangereux. Le surnom de sa cousine venait en partie de son caractère froid, et quand elle montrait sa colère il était généralement grand temps de tout faire pour la détourner, quand ce n'était pas déjà trop tard...

Varwin I Serre-de-Faucon :
« Écoute... tout partait à veau-l'eau. Tu as repris le pays en main, et j'en suis content... félicitation pour le couronnement d'ailleurs. Mais à un moment, j'ai bien cru que le royaume était prêt à imploser. Alors oui, j'ai pris les devant pour sauvegarder le Nord. C'est le cœur du pays, économiquement parlant. S'il avait sombré dans la guerre civile, tes amis lorthoniens auraient pu planifier une invasion au lieu de te donner un coup de main. Alors j'ai agis pour le solidifier et m'assurer qu'il soit toujours en un morceau à la fin de la crise. »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Et là tu me dis que tu allais remettre tout en ordre, mais que je t'ai juste arrêter trop vite ? »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Hé bien... non, pas exactement, bien sûr. J'aurais négocié un statut de principauté associée peut-être, je sais pas vraiment, tu as rétablis ça bien plus vite que j'aurais cru ! Mais tu me connais assez pour savoir que je n'aurais pas été à l'affrontement armé ! En attendant, le nord est resté unis et préservé des troubles... on a même achevé des recherches pendant que le reste des labos pédalaient dans la semoule ! »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Quoi ? »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Tu m'as entendu. On a finalisé les nouvelles technologies d'extraction. Si on est réintégré sans trop de casse il y a même moyen que la technologie ne souffre pas trop du retour à la normale. »

La nouvelle Reine ne répondit pas tout de suite, restant un long moment plongé dans ses pensées. Son cousin lui apportait des objets de réflexion, et de ce qu'elle en savait, il était toujours populaire dans le nord du pays, lui le Prince qui avait lié son destin au leur au milieu de la tourmente. Le déploiement des alliés lorthoniens avait permis de régler l'aspect immédiat de la révolte sans impliquer l'armée, mais c'était le nord, une énorme côte glacée qui pourrait fournir de la guérilla pour des décennies, sans parler des dégâts sur les productions de gaz... et de cette nouvelle technologie mise dans la balance.

Svanhilde II Rose-De-Givre :
« Hmmm tu m'as donné à réfléchir... je trancherai ton cas après en avoir parlé avec mes conseillers... mais tu peux te rassurer sur le fait que je pourrais trancher ton cou, ne t'inquiète pas trop... »
Alwine

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Une lueur d'espoir (5) :

[right]20 décembre 2035, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]


La paix était revenue, voilà qui était actée. Mais maintenant il y avait une autre question : comment s'assurer de la maintenir. Si les productions gazières avaient repris normalement et que les méthaniers avaient repris la route des pays de tout le simpomonde qui étaient demandeurs du gaz vonalyan, il fallait encore s'assurer que cela se poursuive, et ce n'était pas forcément gagner. Il y avait encore une réelle grogne chez les nobles du nord, qui, s'ils n'avaient pas voulu risquer la confrontation avec une flotte étrangère plus les troupes loyales à la nouvelle reine, estimaient toujours qu'ils avaient risqué de payer une note salée pour le reste du pays, et qu'ils avaient leurs propres besoins qui ne souffraient pas toujours de se retrouver mis en concurrence avec les problèmes du reste du pays.

Parallèlement, il était indéniable que d'autres problèmes s'étaient posés, et que la situation avait faillit dégénérer pour de bon sur l'île de Vonaborg notamment. Si son père avait régné par une poigne forte et très centralisée, Svanhilde réfléchissait de plus en plus à décentraliser certaines choses, ce qui permettrait aussi de régler certaines autres choses au passage... dont le cas du « prisonnier » qu'on lui amenait justement aujourd'hui, après deux jours de détention.

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Varwin I Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin I Serre-de-Faucon :
« Je recommanderai tes prisons, ma royale cousine, c'est ma foi des plus agréables ! »

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Svanhilde II Rose-De-Givre, Reine du Vonalya.[/center]

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Tu es aux arrêts dans tes propres appartements, Varwin... mais je suis content que la situation t'amuse, ma foi. »

Le jeune homme semblait en effet plus détendu maintenant que sa vie n'était plus dans la balance. Bien entendu, il avait encore beaucoup à perdre potentiellement, mais c'était toujours un certain soulagement, après tout.

Varwin I Serre-de-Faucon :
« Alors, mon destin a-t-il été tranché par toi et ton conseil ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « En effet, ton destin et celui du royaume. »

En effet, la jeune femme avait passé beaucoup de temps à parler avec plusieurs représentants du Haut-Conseil et aussi plusieurs conseillers de son père. Elle avait fait certaines promesses pour être élue, et cette réforme qu'elle projetait pouvait déjà être un moyen de remplir certaines d'entre elles, y compris de manière que ses soutiens n'avaient pas prévus.

Varwin I Serre-de-Faucon :
« Et du coup, quelle sera ma sanction ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Condamné à vie... à être gouverneur royal. Du moins si tout se passe bien. »

Pour le coup, le jeune homme sursauta et se redressa dans son fauteuil, l'attention allumée. Il espérait au mieux conservé son fief, certainement pas récupérer une nouvelle charge...

Varwin I Serre-de-Faucon :
« Gouverneur ? »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Gouverneur du Nord. Puisque tes ouailles veulent plus d'autonomie je vais leur en donner... un peu. À eux et aux autres. Les différentes provinces vont recevoir un gouverneur, qui aura une série de pouvoirs et de responsabilités. »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Le rebelle promu gouverneur, tu penses que ça va passer ? Pas que je m'en plaigne hein, comprends-moi bien. »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « On accentuera sur le fait que tu as agis pour préserver ta province, et que tu mérites donc d'en recevoir la responsabilité... la presse ira dans la direction qu'on lui indiquera, de toute façon, comme toujours. »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Ahah ton père ne formulait jamais ça comme ça ! »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Comme tu t'en rendras compte si ce n'est déjà fais, je ne suis pas mon père... alors, tu me jures fidélité comme gouverneur, ou bien tu préfères le peloton d'exécution pour trahison ? »

Varwin I Serre-de-Faucon : « Du calme du calme ne mord pas ! Je te jurerai fidélité, bien entendu, ô ma Reine. »

Svanhilde II Rose-De-Givre : « Étrangement, je me doutais bien que tu te rangerais à mon point de vue... »
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