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Zaldora

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[justify]Le forgeron.
31 octobre 2034,


[center][img]https://i.pinimg.com/564x/8b/7e/63/8b7e630d4c046a6cfd4ca1a6673c9249.jpg[/img]
Un forgeron du village de Børging au travail.[/center]

Au Thorval, les métiers de la terre sont incontestablement les plus dignes. Parmi les nombreux artisanats des pays thorvalois, celui qui sort du lot, particulièrement à la campagne, se rattache au travaux du fer. La majorité des villages jouit d'une forge dans laquelle sont confectionnés ou réparés le ferrage des chevaux, le cerclage des roues de charrette, le cercle des tonneaux, les ustensiles de cuisine, les outils des champs (charrue, faux, faucille, etc.) et de jardinage (pelle, bêche, etc.), ainsi que diverses armes. En l'absence d'usines et de production de masse, le forgeron est la personne qui fournit les outils indispensables aux paysans. Cela lui confère une importance primordiale si bien qu'il bénéficie souvent du statut de notable paroissial.

Les forgerons se distinguent l'un vis-à-vis de l'autre par leur dextérité mais aussi par leur spécialité. Ainsi, un tel se déclinera comme maréchal-ferrant tandis que le savoir d'un autre portera plutôt vers la serrurerie. Aujourd'hui, il existe dans le royaume deux types de forgerons : celui qui possède sa forge et travaille à son compte, et le locataire dont la forge et les droits appartiennent à un seigneur. Il vit du produit de son activité mais paye un loyer. Suivant une lente évolution de plusieurs siècles, les forgerons indépendants sont plus courants que leurs compères seigneuriaux, nonobstant que des exceptions à la tendance persistent dans certaines contrées telles que le Comté d'Almargård.

En terme d'apprentissage, les apprentis ne peuvent correctement cerner le métier en restant dans la même forge. Ils doivent effectuer le tour de Thorval afin de parfaire leurs aptitudes car le savoir-faire n'est jamais exactement pareil d'un pays à l'autre. A cet effet, le parcours est parfois perturbé par le chauvinisme de clocher, très puissant, et les guerres privées entre clans, qui restent nombreuses, quoique de faible intensité et à petites échelles. Pour les forgerons, les apprentis sont une aide précieuse lors des grosses pièces ou lorsque le client demande une livraison rapide. La profession ne recrute habituellement pas de compagnons, chose contraire à sa tradition.[/justify]
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[justify]Complots et intrigues (4).
20 novembre 2034,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/11/ywx6.png[/img]
La Grand-Salle du château.[/center]

Depuis ce matin, un air anormalement frais affluait et balayait de sa force l'herbe des contrées septentrionales du royaume. En ce temps, Sa Majesté résidait en son Château de Sankt-Olaf où elle attendait avec impatience la naissance de son deuxième enfant, qui devait naitre dans deux petites semaines. La grand-salle du manoir n'avait pas l'opulence des palais baroques dytoliens, mais grouillait de vie. Les membres du clan allaient et venaient : qui tricotaient, qui buvaient, qui discutaient, qui s'entrainaient a l'épée, qui lisaient, qui se disputaient, qui jouaient aux dés, qui blaguaient, sans oublier les enfants qui criaient et courraient à toute allure dans les couloirs. La demeure recevait peu ou pas de courtisans, si ce n'est ceux des seigneurs du domaine royal, dans la mesure où il n'y avait aucun intérêt à se rapprocher d'une reine féodale, faible par essence, ne pouvant rien offrir facilement, et encore moins en un claquement de doigt comme les monarques absolus ou les présidents. Soudain, il y eut du grabuge aux portes, une certaine cohue se leva et l'agitation alla en grandissant. Il n'en fallut pas davantage pour que le molosse ne fila férocement vers le lieu du tapage, aboyant de tout son saoul. Les pas se rapprochèrent.

« Goda ! Goda ! Goda1 ! appela Grimar, un paysan du clan.
– Oui ?
– J'ai débusqué ce vaurien près de là où les hommes du clan s'entrainaient, affirma-t-il en rudoyant son prisonnier jusqu'à la pièce, y donnait l'air de compter !
– Qui vous ensvoie ? Pour qui espionnez-vous ?
– J.J.Je ne suis pas espion Votre...Goda, m.m.mais un émissaire de l'Organisation Pour l'Humain.
– L'icelle confrérie ne me dit rien, répondit soupçonneusement Sa Majesté.
– Que caches-tu gredin, lança Grimar en agrippant l'étranger par le col, quel est ton secret ? Une sorcière ? Un troll ? Un violeur d'enfant ?!!
– Quelqu'un connoit-il cette confrérie, demanda Marie à l'assistance, non ? Personne ? Bien. Donc, estes vous un homme de Ragnar III ?
– Majesté, non pas du tout. Puis-je écrire à mon, ma confrérie qui saura vous prouver mon identité, et que je ne suis pas votre ennemi ?
– C'est d'accord, décida la reine, toutefois vous ne repartirez que lorsqu'on nous aurons reçu des informations sur les vostre intentions. Pour l'heure, vous estes l'invité du clan des Brothiring. »

Maarten Ambrosius Hartsoeker poussa un ouf de soulagement alors que Grimar lui réajusta maladroitement le costume après l'avoir bien secoué. Une personne était également partie chercher de quoi écrire. Suivant le temps de réponse, qui nécessitera certainement la garantie des Villes-Unies, car l'Organisation pour l'Humain était peu connue au Thorval et pouvait aussi bien être une association humanitaire qu'une Mafia ou un ordre d'assassins, le Zeederlandais aura l'occasion de découvrir la vie, le quotidien, les rites et les traditions d'un clan. Un cadre inhabituel et original pour lui, tandis que la famille nucléaire, réduite à sa plus simple expression, dominait sur sa terre natale. Au cas où, l'humanitaire ne manquera pas d'être surveillé.



1 Gode [masculin], Goda [féminin]. A l'origine, le mot renvoyait à un chef ou à une cheftaine de clan qui disposait de responsabilités politiques et religieuses (paganisme). Avec le temps, le terme finit par désigner tout chef de clan, quel qu'il soit. Suivant une autre évolution, il devint aussi synonyme de Père (gode) et de Mère (goda). Dans le contexte de l'histoire ci-dessus, le mot signifie « Cheftaine ».[/justify]
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[justify]Complots et intrigues (5).
29 novembre 2034,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/11/ywx6.png[/img]
La Grand-Salle du château.[/center]

L'intrigue du Pain ou de la rue de la Farine avait fait grand bruit, même hors du royaume. En à peine trois mois de gouvernance, le corps municipal (bourgmestre + échevins + d'autres personnages invités par tradition qui ne participent pas au processus électoral contrairement aux deux premiers) semblait terriblement affaiblit, au point que d'aucuns parlaient d'une démission imminente. Or, ce n'était absolument pas les ambitions des autorités municipales, moins naïves qu'elles n'en paraissaient et plus rusées qu'on ne le croyaient. Ses plans s'inscrivaient sur le long terme et c'est à cet effet que l'échevin Níels Poul Smørrebrød avait discrètement prit le chemin du sud et traversé deux lieues d'une profonde campagne, jusqu'au Château Sankt-Olaf. Là, le Grand Prince, consort de Sa Majesté, l'avait reçu entouré des gens du clan royal, ce qui ne manqua d'impressionner le bourgeois, ébéniste de son état.

« Roy, tout Jensgård vous remercie. Nous laisser utiliser gratuitement le moulin de Sa Majesté est un geste très généreux.
– Depuis Anskar Bagværksen1, le clan est en froid avec les boulangers de la Cité. Nous n'avons jamais trop apprécié le poids que ces gens ont en ville.
– L'actuelle corporation municipale non plus. En cédant à leurs pleurnicheries, nous avons désormais le bon prétexte pour les court-circuiter et les conduire au dépérissement.
– C'estre très malin. Mais dites-moi, Monsieur, pour contourner les boulangers, il vous faudra aussi réapprendre aux Jensgårdois à pétrir la pâte, remarqua le Prince.
– Que le Roy ne s'inquiète pas, répondit mielleusement l'échevin, nous avons différents accords avec les paysans pour produire le pain, qui sera vendu sur des étals en plein faubourgs.
– Vous avez décidément de la suite dans les idées, échevin !
– Eh oui. La Cité Boulangère de Jensgård n'aura bientôt plus que ses yeux pour pleurer. Qu'elle soit maudite ! s'exclama le bourgeois.
– Paix, bourgeois. Dieu est justice et miséricorde, l'un ne va pas sans l'autre et il est une faute de trop insister sur l'un ou sur l'autre.
– Vous avez raison, je me suis laissé emporté par la fougue.
– N'en parlons plus. Nous sommes donc d'accords : le clan royal prête son moulin et en échange, la corporation municipale accepte un retour moral et politique de Sa Majesté au sein de la ville.
– C'estre bien cela, acquiesça Smørrebrød, le bourgmestre n'a pas oublié comment la reine prit fait et cause pour l'Université.
– Parfait. Marie respectera de toute façon vos libertés communales. Elle n'a pas l'âme d'un tyran.
– Et nous n'en doutons pas, Altesse » conclut le bourgeois.

Ainsi, la décision du corps municipal concernant la rue de la Farine n'était qu'un repli tactique, et les boulangers, qui banquèteront le soir venu, se croyant les rois de Jensgård, ne se doutaient d'absolument rien.



1 Anskar Bagværksen est le bourgmestre sortant de la capitale. Il est un boulanger. Son mandat de deux ans fut controversé et notamment marqué par la Querelle de l'Université et les tensions avec la famille royale.[/justify]
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[justify]Vie des villages et hameaux.
9 décembre 2034,


[img]https://zupimages.net/up/17/51/zlc2.png[/img]
Une carcasse de porc à Sankt-Vilhelm, village situé dans le pays d'Ørnbjerg.

La terre étant gelée et le soleil absent, les paysans ne mettent pas les pieds aux champs et glandent une bonne partie du temps au coin du feu. Plus léger à la saison morte, le labeur ne disparait toutefois pas complètement. Et si chaque mois correspond à un type de travail agricole dominant, décembre est celui du tue-cochon, commun à toute la Dytolie avant l'ère de l'urbanisation massive des nations. L'animal a, au préalable, été engraissé dans les bois au cours de l'automne, et c'est durant l'Avent que les paysans organisent la mise à mort du porc gras, souvent tout le village le même jour. La viande est récupérée puis travaillée en vue de sa conservation. Une partie sera consommée après la messe de minuit, lors du repas gras de Noël et l'autre servira pour le reste de l'hiver et de l'année. Abondante sur les races rustiques telles que le Gaastol, la graisse ne sera pas jetée et une partie servira à produire du saindoux, source importante de matière grasse, dit-on plus précieux encore que la viande.

Les journées d'hiver voient également les paysans ramasser du bois pour se chauffer, parmi lequel se trouve la « bûche de Noël ». Celle-ci sera bénis et l'on récitera une prière (« Dieu, comblez-nous de bonnes récoltes ! », « Dieu, comblez-nous de récoltes abondantes et d'une bonne chasse ! », « Dieu, comblez-nous de pêches miraculeuses ! ») avant de l'allumer dans l'âtre où elle devra se consumer lentement, pendant douze jours, jusqu'à l'Épiphanie. Cette tradition, pré-chrétienne mais christianisée, subsiste solidement encore aujourd'hui. Le blot (sacrifice) qui l'accompagnait à toutefois disparu depuis longtemps.

Enfin, la saison morte est celle du travail de la laine. C'est particulièrement le cas au sein des pays à moutons comme le Rodulfrige où l'on lave, sèche, carde et file la laine. Le filage est souvent une affaire de femmes, aux doigts plus fins, réalisé à la main via un rouet ou un fuseau. Cet artisanat rural permet aux familles un revenu supplémentaire non-négligeable, ou de se confectionner ses propres habits, ou encore de payer une taxe.[/justify]
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[justify]Au Conseil de la Reine.
30 décembre 2035,


[center][img]https://i.imgur.com/oUfhBRJ.png[/img][/center]

Alors que la bûche de Noël se consumait dans l'âtre des chaumières, des châteaux, des monastères et des maisons bourgeoises, un conseil s'était rassemblé, le premier de l'A-D 2035. Les conversations tournèrent principalement autour de la nouvelle prérogative que la reine avait accordé aux Lavting, assemblées provinciales permettant aux peuples de participer au pouvoir et aux affaires de leur territoire. Des territoires soutenus par une cohérence historique et culturelle, que l'on ne pouvait confondre entre eux, que ce soit par la géographie, les coutumes, les pratiques agraires, la langue, les superstitions, etc.

La mesure engendra un véritable enthousiasme, si bien que les Grands Seigneurs ne purent faire autre que ce que leurs sujets réclamaient : laisser passer l'édit, souvent à contre cœur. Déjà épanouie par la naissance de sa deuxième fille à la Saint André (30 novembre), la Reine fut joviale et satisfaite de la victoire, qui était aussi et surtout celle de son clan. En se montrant favorable aux assemblées de province, Marie espérait obtenir un allié de poids car, et ce n'était en soi pas faux, les peuples lui étaient moins défavorables, que ne l'étaient ses vassaux. Désormais, elle pourrait peut-être plus facilement gouverner le royaume et renverser les rapports de force en sa faveur. C'était du moins son espérance pour les prochaines années, car une reine pense au temps long. Rien pourtant n'assurait la réalisation de ces vœux, surtout au sein de contrées si libertaires, indisciplinées, turbulentes et fougueuses vis-à-vis de l'autorité publique, quel qu'elle soit.

Les résultats de la loi agraire, qui conduisaient vers une meilleure distribution des terres arables, fut un autre sujet de gaité. Malgré de réels obstacles et les difficultés de terrain, les sans-terres et les paysans pauvres diminuaient. Cela était très bon, bien que Sa Majesté restait méfiante face aux intrigues que ses vassaux continuaient de mener dans ce domaine.

En fin de séance, le conseil se tourna vers la diplomatie où l'on décida de maintenir l'isolement, loin de la mondialisation, en dépit de l'entre ouverture accepté en 2030.[/justify]
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[justify]Guerres privées (1).
11 janvier 2035,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/01/bc4k.png[/img]
Le seigneur Erik de Sømandland après la
bataille décisive, dans l'enceinte de l’Hôtel-Dieu.
[/center]

1. Faide territoriale entre le seigneur Erik de Sømandland et Jesper de Lilleborg, à cheval entre les provinces de Lysebjerg et de Sidstehøjborg. Après quelques courtes mais violentes batailles, le premier l'a emporté et conquiert cinq cent hectares au détriment de son adversaire, comprenant trois villages et des terres fertiles emblavées. Par tradition, Erik a décidé de confirmer les alleux, les coutumes et les privilèges dont jouissaient précédemment ses nouveaux sujets. C'est aussi une manière de faciliter le changement seigneurial et d'éviter les jacqueries. Afin de consolider sa conquête, le hobereau victorieux entendait se rendre le plus rapidement possible au château de Sandhedklippe afin de porter foi et hommage au Duc Poul pour ces nouvelles terres. Erik ne le savait pas encore, mais le Grand ne l'entendait pas de cette oreille et préparait ses hommes afin de secourir son vassal agressé, Lilleborg... La Faide aura pour l'instant fait 2 morts et 17 blessés.

2. Faide entre les Hansing et les Gerløghing. Les deux clans paysans vivaient dans le pays traditionnel de Gytharike, au Nord-ouest, et se disputaient au sujet d'un vol de bétail. La guerre privée aura jusqu'ici causé 3 blessés légers.

3. Faide entre les Ketilelfing et les Bryting. Les clans belligérants, issus de la paysannerie, essaimaient dans le pays traditionnel de Akkarlag, au Sud sud-ouest. Le motif était l'honneur du clan Ketilelfing, bafoué par les autres. La guerre privée aura pour le moment provoqué un vol de foin et de quelques poules.[/justify]
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[justify]Assemblées des barons (1).
21 janvier 2035,


[center][img]https://zupimages.net/up/19/34/4s15.png[/img]
Château de Frueborg, construit au XVIIe siècle dans le pays de Tertrland par Marie II.
L'objectif était de consolider l'autorité du clan sur le duché de Gamlemunke (domaine royal).
Impressionné par le symbole, plus personne parmi les vassaux n'osa plus troubler le territoire.
L'édifice a aujourd'hui une fonction politique et militaire. Il est sans doute le plus grand
et le plus beau château du clan royal. La bâtisse fait office de chef-lieu de la province.
[/center]

Partie depuis le 20 décembre avec un bout de son clan pour ses possessions méridionales, qui devaient aussi être administrées et arbitrées, la reine Marie III se trouvait depuis quelques jours en son château de Frueborg. Elle avait pour ce 21 janvier convoqué ses barons afin de délibérer sur les questions liées aux G4 et à la guerre des merciers (comme on préférait l'appeler localement). Tout d'abord, un moine copiste du monastère Sainte-Brigitte, dans le Tybo, traduisit à l'oral les Accords et la Résolution, écrits en Briton, et transmis par le Pape. A la table, personne sauf lui ne maitrisait la langue de Shakespeare.

Le margrave Erik X se mit à rire grassement et demanda si le machin avait été écrit par des diplomates ou des usuriers. De manière générale, l'assemblée regretta la préférence évidente des États mondiaux pour la Luciferie au détriment de la Britonnie, en dépit de ses défauts et de l'Histoire, où elle passa le plus clair de son temps à enviander son monde. Un vote concernant d'éventuelles sanctions douanières à l'encontre des belligérants (UPO) allait se tenir :

Mathias V, margrave de Sidstehøjborg : Contre
Erik X, margrave de Søndermandland : Contre
Euzebiusz VII, margrave de Vådkyst : Neutre
Lars XI, margrave de Taungraenser : Contre
Jens, duc de Hårland : Neutre
Søren IV, comte de Taungård : Neutre
Martynas XXI, duc de Tresletterne : Contre
Marie III, pour le duché de Skjalmland et le comté de Tårnlund : Contre

A cinq voix contres et trois neutres, les seigneurs compétents en terme de douanes extérieures avaient décidé de ne pas sanctionner l'UPO. L'affaire devait ensuite être soumise aux Lavting concernées mais peu de chances que celles-ci prennent une autre voie. Dans le contexte de la guerre des merciers, le royaume choisissait de ne pas soutenir les intérêts de l'ELA.[/justify]
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[justify]Civilisation.
7 février 2035,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/04/tqqm.png[/img]
La bibliothèque de Frueborg, exemple du génie architecturale thorvalois.
Exception des quatre bustes de philosophes, œuvres des nations italiques.
Ceux-ci sont illuminés par des petites bougies posées à leurs bases.
[/center]

En ce mercredi des Cendres A-D 2035, après les excès pantagruéliques du Fastelavn (Mardi Gras/Carnaval), la Reine logeait toujours avec sa parentèle en ses terres au delà des Helligebjerg [chaîne de hautes montagnes], au sein du château de Frueborg. Son quotidien se partageait entre ses obligations de mère, de cheftaine du clan, de seigneur et de reine. Depuis un bon mois, elle s'attelait donc principalement à la gestion domaniale, aux arbitrages, à la justice, à la supervision de l'entrainement de ses hommes et aux affaires matrimoniales assorties de quelques intrigues politiques. Dans une société féodale, étendre ses possessions signifiait consolider sa position et agrandir son pouvoir. Marie, autant suzeraine qu'elle était, n'échappait pas à cette réalité.

Le frère Benedikt, écolâtre à l'école-abbatiale Notre Dame des Prés, rendait aujourd'hui visite à Sa Majesté afin de l'aviser sur l'état de la civilisation, et en particulier sur le monde dytolien. La « leçon » se passait au sein de la bibliothèque du château. Ces connaissances pouvaient s'avérer précieuses pour les ambitions géopolitiques du royaume, aussi maigres soient-elles.

(HRP : intervention retranscrite en langage moderne pour une meilleure compréhension des lecteurs)

« La civilisation, comprise comme un continuum de peuples et de nations partageant des caractéristiques politiques, sociales, religieuses et culturelles provenant d'un fond commun, quand bien mesme les formes puissent diverger selon les identités et les géographies. Le Thorval est part intégrante de la Chrétienté depuis sa conversion au Ve siècle. Malgré tout, adopta-t-il une culture sémitique ou latinisante ? Point, le Christ en croix s'incrusta dans les branches de nos entrelacs et l'Église intégra au mieux la culture, les traditions, les croyances, les mythes et les légendes nordiques. Nonobstant, nous ne sommes pas et ne seront plus jamais acceptés dans le monde scandinave, à moins que vos peuples, Reine Marie, voient de nouveau Thor dans les tempêtes, non plus le Dieu trine.

La Chrétienté, hélas, n'existe presque plus. Trop nombreux sont les pays dytoliens à s'être éloigné de la vrai Foi ; et dont la conduite se résume à gérer des richesses. En cela, ils ne sont pas si éloignés des Vikings, à la différence que ces derniers pillaient et enterraient le butin afin de le retrouver au banquet du Valhalla, à leur mort. La Dytolie est redevenue païenne dans ses habitudes, ceci est évident. Cela dit, l'Occident chrétien n'est pas mort et le Thorval représente surement sa dernière chance. Pour cela, la Dytolie doit retrouver l'ascèse, pour ne pas dire l'éthique chrétienne, qui fit sa grandeur et sa gloire. Aujourd'hui, le continent n'est plus grand chose car il préféra troquer ses qualités, Sa civilisation, pour de l'argent et une place de choix dans le monde, qui ne mène nul part si ce n'est dans la perte de repères et le suicide des Hommes. Si le Thorval pouvait être le porte-étendard d'un humanisme, nullement anthropocentrique, cause de déchéance, mais chrétien [...] Réunir les peuples dytoliens selon une communauté civilisationnelle basée sur une Foi et des valeurs communes, et non seulement d'après une un désir de commerce...
»[/justify]
Zaldora

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[justify]Humanitaire.
24 mars 2035,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/04/1w7h.png[/img]
Un camps de migrants dans les marches orientales (septembre 2034)[/center]

L'an dernier, 40 000 Soveroves avaient décidé de migrer vers le Thorval après l'implosion de la mère-patrie. 90% se trouvaient le long des marches orientales gardées par le margrave Lars XI, et les 10% qui restent répartis dans le voisinage très rural des cités de Jensgård et de Valborg. Les campements rudimentaires se constituaient de tentes de toile, de latrines et de brasiers. On les approvisionnait chaque jour de victuailles fournit par les terroirs des environs, de couvertures de laine, de bois et d'eaux potables. Depuis peu, on apportait aussi des cuviers afin que les Slaves n'aillent pas se laver dans les étangs vivriers où le parfum d'un migrant avait tué toutes les brèmes d'une famille paysanne. L'Église catholique était évidemment le pilier de ces œuvres de charité, en même temps qu'elle œuvrait pour apaiser les tensions naissantes...

La situation ne pouvait perdurer des années : Lars XI le savait mieux que quiconque et il comptait bientôt requérir une assemblée des barons afin de traiter le problème. Elle devra au moins regrouper les nobles des marches et les bourgmestres des trois villes du royaume. Les pairs présents auront alors à déterminer si l'accueil est possible, notamment en terme d'intégration : les Soveroves sont catholiques, mais sont-ils capables d'assimiler le caractère clanique de la société, les coutumes locales et la culture ? Une ligne sera adoptée, avant de laisser le dernier mot aux assemblées provinciales ou locales, selon le(s) lieu(x) d'accueil choisit.[/justify]
Zaldora

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[justify]Loyauté (politique).
3 avril 2035,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/05/n0aa.png[/img]
Le seigneur Aghvarth, hobereau régnant sur l'est de Baldrig,
île la plus septentrionale des côtes thorvaloises.
[/center]

Le système politique thorvalois ne s'appuie ni sur la souveraineté royale, ni sur la souveraineté populaire, ni même la souveraineté nationale. Ces choses sont assez peu commune chez le peuple et il en va de même pour d'autres idéologies : libérale, socialiste, nationaliste, royaliste, fasciste etc. Des abstractions qui existent surtout dans le cerveau des philosophes, des penseurs et des intellectuels. La société thorvaloise trouve ses fondements sur les relations d'individu à individu (représentant de leur clan) tissant des liens personnels desquels découlent des devoirs réciproques. C'est le lien féodal qui attache un vassal à son seigneur. La foi et l'honneur reste la base essentielle, l'armature des rapports sociaux. Organiser le pays sur la fidélité réciproque plutôt que le principe d'autorité n'est pas sans risque, d'où les troubles dont souffre le Thorval, entre abus, manquements, complots, intrigues, trahisons, otages et guerres privées. Ainsi va la nature humaine que seul l'exemple donné peut, à long terme, améliorer.

A qui va la loyauté ?
(dans l'ordre pour les premières propositions, simplifiées au maximum pour être compréhensibles)
Chef de clan-Seigneur-Reine : 42%
Chef de clan-Reine-Seigneur : 3%
Seigneur-Chef de clan-Reine : 35%
Seigneur-Reine-Chef de clan : 0%
Reine-Chef de clan-Seigneur : 2%
Reine-Seigneur-Chef de clan : 0%
A la communauté : 5%
A la confrérie : 5%
Au pays traditionnel : 7%
A la Nation : 0%
A une idée, un principe, un concept, une idéologie : 1%
A soi-même : 0%
A la Couronne (État, structure politique liée à l'ordre) : 0%

Le Thorval est féodalo-clanique aussi bien dans sa forme politique, que ses mœurs et ses croyances profondes. La Reine est réellement écoutée dans son domaine et nul part ailleurs. Les gens qui y habitent lui sont loyaux non en raison de sa couronne de reine, mais parce qu'elle est leur seigneur-lige ou leur cheftaine de clan. Au fond, le personnage royal n'est que le lien qui maintient l'ensemble plus ou moins uni. Les seigneurs et les chefs de clans sont les pierres de la forteresse, tandis que Marie III est le torchis qui les relient.[/justify]
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