[Histoire] Les 28 Volumes de Ioannes Sgouros

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Basileus1081

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[center]Histoire de l'Aracadie

Par Ioannes Sgouros (Edition de 2026)

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Couverture du livre ; Saint-Georges.


Résumé :

En écriture ...


Sommaire :


[aller=1]Age de Bronze ( -3200 à - 1100 ) : Le temps des Palais.[/aller]

[aller=2]Age Archaïque ( - 700 à - 500 ) : La guerre au sens commun.[/aller]

[aller=3]Age Antique - Classique et Hellénistique ( - 500 à 128 ) : La naissance d’un Empire Hellénistique.[/aller]

[aller=4]Age Antique - Haut ( - 128 à 431 ) : L'Empire au Zénith.[/aller]

[aller=5]Age Antique - Tardif ( 431 à 689 ) : Les barbares sont aux portes.[/aller]

[aller=6]Moyen-âge (689 à 1XXX) : L’Empire Hellénique.[/aller]


Les 28 Volumes :


[ancre=1]Age de Bronze ( -3200 à - 1100 ) : Le temps des Palais.[/ancre]


[ancre=2]Age Archaïque ( - 700 à - 500 ) : La guerre au sens commun.[/ancre]


[ancre=3]Age Antique - Classique et Hellénistique ( - 500 à 128 ) : La naissance d’un Empire Hellénistique.[/ancre]


[ancre=4]Age Antique - Haut ( - 128 à 431 ) : L'Empire au Zénith.[/ancre]


[ancre=5]Age Antique - Tardif ( 431 à 689 ) : Les barbares sont aux portes.[/ancre]


« L’âge sombre commence par un rayon de lumière, celui de la Foi Chrétienne. »

Histoire Impériale Volume III - Manuel Kontostephanos


[ancre=6]Moyen-âge (689 à 1XXX) : L’Empire Hellénique.[/ancre]


« Le chant du signe dites-vous ? C’est pourtant bien un lion qui s’avance ! »

Réponse du général Ioannes Kourkouras dit « le Téméraire » à un de ses officiers à la bataille d'Ancyre.


Introduction :


L’Empire Arcadien tel qu’Arcadius l’a modelé est mort avec l’échec final de Léon II « le pieux » et le recentrage de l’Empire sur le monde hellénophone et chalcédonien. En survivance après les grandes invasions, l’Empire s’est découvert une identité, un attachement à la terre et aux hommes qui peuplent ses villes et ses hameaux, ses vallées et ses montagnes. Unis dans la tourmente, les hellènes d’Arcadie ont adoptés sous le choc des invasions barbares et musulmanes une identité bien à eux. Pont entre l’Orient et l’Occident, l’Empire des Arcadiens s’est animé d’intérêts nouveaux, plus limités et très concrets. L’Empire Universel de Kaisaros à Arcadios s’est transformé en mythe fondateur, la Ville devenu le cœur battant d’un idéal maintenu en vie par des millions de citoyens et sujets des Basileus, mais il a évolué au rythme des traumatismes et des périodes glorieuses et ténébreuses du dernier bastion de la civilisation hellénique. L’hellénisme antique, d’abord chose étrange voir insultante, devient progressivement une source d’inspiration et de fierté pour les arcadiens, l’orthodoxie complétant ce fameux mélange, les arcadiens du moyen-âge se considèrent comme des hellènes autant que des impériaux, leur Ville a tenu un millénaire, ils en tirent la fierté du survivant et en mesurent le drame lorsqu’il s’agit d’énumérer les sacrifices et privations endurées pour la gloire de la Cité éternelle.


Dynastie Valérienne - Paphlagonienne ( 689 - 809 )


« Des étendards et des symboles qui ont offensés les Arcadiens de leurs Basileus, eux seuls peuvent prétendre avoir fait reculer les armées placées sous la bannière du chrisme : ceux frappés du croissant d’or sur fond noir. » Agop Zakharian – Histoire militaire orientale.


L’Empereur Léon II est mort en 689, sa fin, tragique au demeurant, date le début du troisième âge arcadien, celui de l’Empire Hellénique. L’homme a mené ses armées de l’usurpation à la gloire et jusque dans la défaite le grand empereur arcadien a fait rayonner de toutes ses flammes la puissance de l’Arcadie. Mais son héritage est lourd, en premier lieu, l’Empire a presque disparu, sa situation financière est dramatique et ses armées n’existent quasiment plus. Attaqué par les mers et ravagé sur la terre, le territoire de l’Arcadie est au bord de l’implosion et de la destruction. Alors que tout semble perdu, alors que les armées du croissant débarquent en masse sur la côte d’Arcadie, l’usurpateur et Empereur Zénon I dit le Valérien étend les réformes de son successeur : il libère de toute imposition, de toute corruption et de toute obligation civile tout homme servant dans les Thèmes, ces résidus de l’armée impériale stationnés à demeure en province. Lorsque les envahisseurs débarquent, les impériaux quittent leurs foyers. Lanciers, archers et cavaliers, vêtus de chemises et pantalons en haillons, n’ont pas belle allure, mais ils se battent et sans demander d’or ils livrent leurs vies pour la défense de ce qui devient des mots même de Zénon « leur Empire ». Ils engagent une première armée ennemie lorsque celle-ci s’avance pour assiéger Arkadiopolis, victorieux les arcadiens libèrent des cohortes de captifs et disposent de leurs premières armures, des armures de troisième main prises autrefois sur des soldats … impériaux. Zénon doit néanmoins quitter la capitale et faire replier son armée dans les montagnes, au nord de l’Ile. Il mise sur la ténacité des défenseurs de la Cité et coupe au printemps, lors d’un hiver extrêmement rigoureux, les arrières adverses tandis que sa flotte l’emporte sur celle des musulmans, l’océan avalant, tel un miracle, une troisième armée d’invasion et l’intégralité de la flotte ennemie. Le double désastre de 711 est vécu par les populations impériales soumises au joug arabe comme un signe divin, la dernière armée arabe vaincue en 712 c’est le début de la reconquête.


[img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/28/Solidus-Leo_III_and_Constantine_V-sb1504.jpg[/img]

Numismatique : Empereur Zénon 1er.


Assemblant une armée de 38 000 hommes, l’empereur Zénon débarque à Héraclée et reprend progressivement pieds sur la Marquésie, ses Thèmes s’accrochent fermement aux territoires encore aux mains des impériaux en Dytolie. La victoire de Nicée ouvre la voie à la reconquête de la côte et l’Empire borde les territoires arméniens. La mort suspecte de l’Empereur lors de cette campagne consomme les chances de reprendre l’entièreté des provinces perdues. Une guerre perpétuelle s’instaure aux frontières de l’Empire avec ses ennemis. Les successeurs de Zénon, ses fils Antiochos I et Athanase IV, cogèrent l’Empire, il est à noter que les finances de l’Etat ne semblent pas avoir grandement fluctué entre 701 (date de la réforme de Zénon) et 723 (date de sa mort). Le vieux général a reprit des terres ravagées et ses réformes isolent l’immense majorité de la paysannerie guerrière de l’impôt. Aussi l’armée centrale de l’Empire se résume alors à la garde impériale elle-même réduite à un régiment de vétérans équipés avec les moyens du bord.


La guerre civile opposant Antiochos à Athanase (728-735) coute fort cher, elle engloutit et divise l’armée arcadienne et provoque une réduction du territoire contrôlé en marquésie. A ce stade, les arabes reprennent leurs expéditions. Les territoires sont une nouvelle fois victimes des invasions. Par trois fois en vingt ans les offensives arabes produisent les effets dévastateurs connus au 7ème siècle, mais déjà l’objectif, à savoir la cité d’Arkadiopolis et l’intensité soit moins de 150 000 hommes engagés simultanément prouvent le bienfondé de la réforme de Zénon. La défense arcadienne cède du terrain et inflige des pertes considérables aux envahisseurs via un art redécouvert, celui du faible autrefois si méprisé par les légionnaires d’Arcadie : la petite guerre (guérilla). L’assassinat d’Antiochos et la déposition d’Athanase et sa fin misérable dans un monastère est le fait d’un personnage hautement capital dans l’histoire Arcadienne : la cousine et femme d’Athanase IV, Sophie. Intrigante, elle pousse son mari à la guerre avec son coempereur et frère Antiochos. Puis, s’étant donnée à un grand et ambitieux général de son temps, Isaac, l’impératrice obtient la déposition de son époux et accède officiellement au pouvoir en 736. Dans un contexte d’attaques arabes répétées sur fond d’effondrement économique, l’impératrice se doit d’être énergique. Elle élève à la pourpre Isaac, d’origine modeste il est l’exemple de cette aristocratie militaire nouvelle qui émerge avec le système thématique : des paysans peuvent prétendre à devenir empereurs et ce signal fort favorise l’unité impériale basée sur la masse paysanne et non plus sur les villes, en ruines.


L’impératrice Sophie, éprise de culture hellénique, fait traduire les textes de lois en grec arcadien et sa cour, principalement peuplée de dirigeants nouveaux, est de fait hellénisée. Le Latin est définitivement abandonné sous son règne, les mots latins sont hellénisés y compris dans l’armée. Proclamée « Megas Basilissa » (Grande Reine) des Arcadiens, les titres de César et Princeps ainsi que le titre de consul deviennent secondaire, détachés de la reine ils sont octroyés à des fonctionnaires méritants. L’Empire d’Arcadie se transforme en Empire Hellénique.


L’année 739 voit l’armée thématique débordée par des incursions massives, l’objectif des hordes fanatisées au drapeau noir est Angora qu’ils pillent la même année, déportant près de trente mille individus que l’Empire doit racheter à vil prix. L’année suivante, l’Impératrice Sophie proclame la spoliation des biens ecclésiastiques afin de financer la défense de l’Empire. La Cité avait pourtant été défendue face aux arabes par l’énergique et charismatique patriarche Jean II alors âgé de 82, mais l’Empire, fragile ne pouvait encaisser de nouvelles pertes territoriales et de prestige sans voir à court terme la couronne vaciller et des usurpateurs s’élever contre l’impératrice. Une restauration des finances pourrait solder une armée, le temps d’une campagne. Jean II, sortant de son isolement, harangue la foule lors du mois de novembre et celle-ci se précipite sur le Palais Impérial, le Palais Sacré est sur le point d’être saccagé, l’impératrice déposée et victime de la violence populaire mais c’est sans compter sur Isaac, le mari de l’Impératrice qui mobilise la garde impériale. Cette dernière, contre toute attente, se prononce pour le sort de Sophie et sort en armes du Palais, forme ses rangs dans les rues, face aux émeutiers. Sophie, fait perforer et décimer la masse des séditieux par ses prétoriens, les prisonniers sont aveuglés et les mains coupées pour avoir, dans les première heures de la révolte, détruit des étendards pourpres, d’autres exécutés au hasard pour avoir tué des gardes urbains. La « sédition des zélés » demeure gravée encore aujourd’hui dans la Ville sur une fresque montrant l’Impératrice et l’Empereur défendus par des soldats face à une foule et un patriarche à la tête tranchée dans la dernière scène de la fresque de marbre. Et pour cause, après avoir levé la population d’Arkadiopolis contre l’Impératrice le Patriarche excommunie Sophie et Isaac. Rattrapé lors de la répression des émeutes, il est déposé, dépouillé, torturé, aveuglé, castré et finalement, exécuté sommairement dans les geôles. Débarrassée de Jean II, l’impératrice porte au patriarcat un bureaucrate, Théodore dit « le moine ». Théodore est le confesseur de la reine et un fidèle de sa famille. Pieux et acquis à l’Impératrice, il ne saura jamais se fondre dans son personnage, laissant l’absolu pouvoir au seul Palais Sacré.


Isaac lève une armée sur la base des spoliations, les revenus des monastères parviennent en priorité aux coffres de l’Empire, les rentes attachées aux titres sont rognées. En 742, lorsque se présente une nouvelle incursion arabe, c’est Isaac qui doit mener l’armée mais ce dernier est victime du typhus qui sévit alors, sa mort fait craindre le pire. Sa suite n’est assurée par personne, l’impératrice comble de présents ses stratèges et forme un conseil d’Empire. Temporaire puisque ne durant que quelques années il intègre pourtant toutes les grandes figures de l’armée et de la bureaucratie impériale. L’armée centrale, reformée avec les fonds de tiroirs, s’élance avec à sa tête l’impératrice qui entend, grâce aux conseils de ses capitaines, vaincre l’armée arabe. La folie de l’entreprise est telle que Sophie, tenant conseil sur conseil, fait garder à chaque instant sa tente par une nuée de gardes, fait fouiller chaque individu s’approchant, de jour comme de nuit, des étendards impériaux. Anastase de Césarée, qui accompagne en tant que chroniqueur l’Impératrice, découvre qu’un officier arcadien, armé, a été refoulé de la tente par les gardes et massacré devant la troupe. Il fait état de 22 000 hommes en armes et en armures dans le camp impérial, une force au demeurant extrêmement faible numériquement. La bataille se joue après le dépassement des arabes à la passe de « Renon », seul point de passage possible pour l’immense colonne arabe de retour de pillage. La bataille commence en matinée du 4 octobre 742. Les troupes arcadiennes font face aux arabes et frappent leurs boucliers via leurs épées et leurs lances, hurlent et insultent sans discontinuer l’adversaire. L’Impératrice saisit l’opportunité pour interpeler ses hommes, discourir, frapper les esprits. Revêtue d’une armure et d’une tunique pourpre, elle parvient, contre toutes attentes, à motiver la troupe qui hurle à tout rompre « Victoire ! » en réponse à son « […] La victoire est à nous ! ». Exaltée, la troupe reçoit l’ordre d’avancer, l’impératrice ayant sortit son sabre, la charge est déclenchée. Du côté arabe la troupe demeure en désordre, sous estimant cette force déterminée. La bataille dure trois heures, l’impératrice y perd de nombreux hommes mais au zénith le soleil illumine une armée triomphante et face aux arabes décimées Sophie est élevée sur un bouclier par ses officiers, elle entre dans l’histoire comme « Autokrator » et qualifiée par ses hommes de « Basileus » et non de « Basilissa » elle reprend près de 20 000 captifs arcadiens, des milliers d’arabes prisonniers et un fabuleux butin qu’elle cède à ses hommes comme un antique empereur Arcadien.


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Impératrice Sophie à la passe de Renon.


Le triomphe de Sophie réalisé dans la Cité d’Arcadius est un signe évident de relèvement, l’Empire assiégé se considère en mesure d’affronter les armées arabes. Il est également doté de 18 000 combattants permanents alliés à plus de 83 000 miliciens, une force nouvelle s’affirme : l’armée méso-arcadienne. Elle supplante par sa puissance et son influence : la bureaucratie, la cour et les prélats réunis. Sa fidélité va à qui porte une arme et défend les terres de leurs soldats. L’épreuve du fer forge de nouveaux empereurs, les Valériens sont emblématiques de cette nouvelle mutation arcadienne. L’impératrice Sophie, alors âgée de 33 ans et mère de deux fils et une fille, porte à la pourpre Staurakios le Paphlagonien, un bureaucrate ambitieux qui, adoubé par l’armée et les factions impériales, reprend le flambeau d’une administration en morceaux qu’il faut reconstituer et centraliser. L’impératrice mène l’armée une seconde fois à la bataille de Nicomédie opposant un usurpateur Bithynien à l’Empire. Offrant, faute de talents de tacticienne, une implacable volonté qui pèse sur tous les échelons de son armée et notamment de ses capitaines, l’impératrice triomphe de son adversaire qu’elle fait aveugler, le commandant vaincu mourant de ses blessures elle confisque ses terres et engage aux côtés de Staurakios un premier morcellement des vastes Thèmes fondés par Zénon.


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Numismatique : Impératrice Sophie 1ère.

La dynastie Valérienne marque également, par sa politique de récupération des terres impériales sous le joug arabe, la naissance d’une division religieuse entre l’Orient et l’Occident au sein même de l’Empire. Les Hellènes d’orient fuient les terres conquises par les envahisseurs arabes et avec eux trainent déjà un bagage culturel différent des hellènes d’occident. En cause ? L’Iconoclasme. Cette doctrine s’est répandue telle une trainé de poudre dans les populations orientales et helléniques de l’Empire. Intégrées à l’armée dès la reconquête de Zénon ses adeptes forment le gros de la base militaire de l’Empire notamment du fait de leur proximité avec le front musulman avec lesquels ils partagent leur refus des idoles. Les combattants de Renon sont clairement iconoclastes, aucune icône ne figure sur les étendards selon Anastase de Césarée, au contraire il n’y a qu’un étendard, blanc frappé d’un Chrisme noir. Les boucliers, souvent peints avec passion, ne disposent que du chrisme comme symbole. Les Empereurs adoptent rapidement un comportement favorable à cette hérésie mais c’est Sophie qui impose lors du concile de Nicomédie son credo. Le conflit s’impose jusque dans la chambre pourpre où l’Empereur Staurakios s’oppose à la lutte contre les images. Le conflit va durer jusqu’à la mort de Sophie et la mise sous tutelle par Staurakios de ses enfants. Aucun ne sera porté à la pourpre, ses fils finirons moines tandis que le sang de Sophie coulera, via ses filles et par mariage dans le sang des Skleros. L’Impératrice, morte en 778, est transformée en sainte jusqu’à l’essoufflement de l’hérésie qu’elle a portée. Sophie sera démise de sa sainteté, sa condamnation par l’Eglise orthodoxe entérine la fin définitive de l’hérésie.

A sa mort, l’édifice impérial est en pleine restauration. Réformé par Staukarios l’Empire finance une armée croissante et la flotte impérial étend les zones qu’elle contrôle au gré de cette fin de 8ème siècle. Tandis que l’effort des guerriers de la Foi musulmane donne des signes d’affaiblissement, l’Empire, lui, se relève. Staurakios, sans fils, donne la main d’une des filles de Sophie à un officier de la Garde Impériale, Niképhoros Skleros. Vétéran des thèmes occidentaux luttant face aux slaves, chef de la lointaine expédition ayant mené l’armée à la reprise de Philippe (Philippopolis), il est le profil idéal de l’Empereur-soldat dont l’Empire a besoin. Marié à Anna en 802 et Empereur en 809 après le retrait forcé de Staurakios dans un monastère, Nicéphore entame une campagne de répression envers l’hérésie Pauliciennes qui fleurit à la frontière avec les territoires ethniquement arméniens mais tenus par les arabes. D’abord contré à deux reprises par ces fanatiques armés par les arabes, il est en grande difficulté face deux émirs et le chef des pauliciens lors de la bataille d’Ancyre mais emporte la décision aux côtés du général Kourkouas et face à ses adversaires orientaux il réimpose la puissance impériale dans les provinces les plus orientales, réalisant une lettre (équivalent à un antique Edit) imposant de lourdes sanctions aux Pauliciens.

Dynastie des Skléros et des Iasites (809 - 952)

Au cours du 9ème siècle, les Skléros règnent en maitre. Originaires de l’orient impérial, ayant servit dans les rangs de l’armée à tous ses échelons et s’étant distingués aux yeux de la cour au cours de la seconde moitié du règne de Sophie, ils produisent deux empereurs forts, deux autres plus mitigés. Les deux premiers, respectivement Nicéphore (Niképhoros) I, Jean (Ioannes) III, luttent pieds à pieds face aux dernières tentatives arabes d’emporter l’orient impérial. Au cours de son héroïque défense de Nicée en 824, l’Empereur Nicéphore fait approvisionner la ville par le lac bordant la place, puis via une place forte commandant un port ou la flotte impériale déverse vivres, hommes et matériels. Le désastre hivernal touchant les arabes sonne le glas des grandes invasions, les chroniqueurs parlent de plus de cent mille musulmans ayant trouvé la mort, probablement quarante mille selon les historiens contemporains. Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, l’Empereur renforce l’armée mais plus encore la flotte, amorçant la reprise en main des mers par l’Arcadie. Le déclin numérique de la flotte est enrayé, l’armée centrale atteint 28 000 hommes à la fin de sa vie et mieux encore le trésor impérial est estimé à quatre millions de pièces d’or, deux à trois années fiscales sont ainsi économisées en trente quatre ans de règne. L’Empereur, avisé, élève au titre de César son neveu, le futur Jean III.

En 843, l’Empereur Nicéphore I trépasse, enterré dans une Eglise intégrée à un vaste camp militaire non loin de la capitale, il laisse Jean III à la tête d’un puissant Empire comptant huit millions de sujets, homogène et fort bien défendu. Jean va entreprendre une politique favorable aux minorités, il amorce l’affaiblissement volontaire des persécutions religieuses et par traités ou via des incursions guerrières rafle des arméniens, géorgiens et hellènes dans les territoires occupés par les arabes. Sa politique de repopulation forcée tout azimut des territoires récupérés permet, en un siècle, d’atteindre onze millions d’habitants dans l’Empire, sans gains territoriaux décisifs. A la fin de son règne, l’Empire commence à renouer avec les villes, la capitale arcadienne atteint quatre-cent mille âmes, un record après les vagues de peste ayant secoué l’Empire et dévasté la capitale peu avant la conquête arabe. Le premier fils de Jean III, Théophile, meurt quelques mois après sa prise de pouvoir. Maladif, le jeune homme n’a pas atteint 20 ans. Michel, le cadet, parvient à se maintenir au pouvoir durant trois ans après une longue minorité de treize ans. Treize années sous l’autorité d’un certain Anastase Iasites, chef des Scholes d’Orient, qui finit par se faire proclamer César, puis Co-Empereur, et finalement, Empereur. Assassinant le jeune homme de ses mains au Palais, il semble n’avoir jamais été inquiété par le peuple dont la soif de vengeance envers l’incapable Michel II a permit le triomphe d’Anastase.

Sous son autorité, en l’an 911, l’Etat renoue avec les grands travaux antiques. Anastase I fonde des Eglises, soutien le monachisme, rénove les infrastructures et dote la capitale arcadienne de ses premiers canaux, ceux qui forment aujourd’hui le moyen de transport principal des citadins. Son œuvre, avant tout visible et donc civile pour ses contemporains, fut pourtant très militaire. Il fonde une école militaire à Arcadiopolis et sous son règne la flotte impériale atteint 36 000 marins et presque 120 000 hommes de troupe dont 32 000 soldats centraux, la forteresse assiégée se transforme en puissance belliqueuse avec la reconquête des côtes Ciliciennes et des places reliant l’orient impérial aux territoires arméniens qui se libèrent progressivement du joug arabe. Sous son règne, l’Empire renait de ses cendres pour de bon. Mort sans enfant mâle pour lui succéder, ses frères étant jugés impropres à porter la pourpre, c’est vers sa fille que les généraux de l’Empire se tournent. Ils élèvent la gamine de 13 ans quelle était en 952 au sommet de l’Etat Arcadien et mariée rapidement à Nicéphore Phocas dit l'ancien.

[img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/87/Semissis-Anastasius_I-sb0007.jpg[/img]

Numismatique : Empereur Anastase 1er.[/center]
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