Guerre oblige, la plupart des métaux ont vu leur [url=http://www.simpolitique.com/post328745.html#p328745]cours augmenter[/url] ces derniers mois, sous la pression des Etats qui en sont devenus les principaux clients, en vue d’honorer leurs commandes militaires gargantuesques. Si des ressources comme le coltan sont plus facilement accessibles par l’Amarantie depuis l’accord de libre-échange signé avec l’Empire Luciférien, d’autres comme le fer sont de plus en plus difficiles et chers à obtenir. Ainsi, des sociétés spécialisées dans le recyclage de métaux à l’instar du géant [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] – qui a par ailleurs annoncé une installation d’une de ses usines en Oyestarna – naviguent sur cette envolée de cours. Parmi les déchets les plus recherchés, le cuivre, l’aluminium et l’acier font d’ailleurs l’objet de vols réguliers sur les sites industriels, ce qui illustre la tension du marché actuelle. Collectés, les métaux sont triés entre espèces ferreuses – celles qui sont attirées par les aimants, comme l’acier et le fier – et non ferreuses – cuivre, aluminium… Ils sont ensuite broyés, nettoyés avant d’être fondus dans des fours à 1600°C. Reconditionné sous forme de bobines, de barres ou de fils, ils assurent à l’Amarantie une production locale de ces matières premières essentielles et ce, sans perte de propriétés par rapport à leur extraction initiale.
Mais l’essor du recyclage de métaux ne permet pas de répondre à une demande exponentielle. Aussi, la Ligue amarantine entend s’approvisionner auprès de pays étrangers. Si l’option du Karmalistan a été écartée, faute de pouvoir obtenir des conditions avantageuses, l’Amarantie privilégiera son alliance militaire passée avec le Txile, qui possède de nombreux gisements de minerai de fer. Les professionnels du recyclage, qui entendent capitaliser sur cette manne financière, souhaitent ainsi investir les pays mal lotis comme l’Amarantie pour proposer leur service, ou alors dans les pays très dépendant d’une seule ressource, tels que la Hachémanie vis-à-vis du pétrole. Au sein de la Ligue, la perspective d’un approvisionnement du Txile attise colères et inquiétudes, craignant de voir arriver le fer txiléen à un prix défiant toute concurrence.
« Accepteriez-vous de voir votre colis livré par drone ? ». Le résultat est sans appel : pour 65 % des répondants de ce sondage sur le site Internet d’Ampoŝto, le leader national des services postaux, la réponse est « non ». Ils sont à peine moins nombreux à rejeter cette possibilité si elle leur fait gagner un jour ou deux dans leur délai de livraison. Les Amarantins sont-ils à ce point réfractaires aux drones pour expliquer le retard pris par la Ligue dans ce domaine ? La direction marketing d’Ampoŝto nuance les résultats qui viennent refroidir la stratégie du groupe : « c’est normal, nous sommes toujours réfractaires à ce que nous ne connaissons pas, c’est notre rôle de communiquer pour montrer à la population les immenses opportunités que nous offre le drone ». De manière expérimentale, Ampoŝto a ainsi procédé à la livraison d’une vingtaine de colis dans une banlieue pavillonnaire de l’Etat autonome de Haute-Alilée, en partenariat avec une entreprise txiléenne qui les commercialise. Les conditions se prêtaient à un tel exercice : dans cette banlieue aisée, tout le monde possède au moins un jardinet, et la météo était particulièrement clémente, sans la moindre intempérie ou brise pour troubler la quiétude du drone. Une opération 100 % réussie qui ne peut toutefois pas être extrapolée. De plus, une enquête d’opinion fait ressortir le besoin des Amarantins d’avoir un contact physique et, par extension, d’avoir un humain responsable de l’acheminement du colis jusqu’au dernier kilomètre.
C’est que le dernier kilomètre est une problématique bien connue des logisticiens puisque c’est celui, dans un processus de livraison d’une marchandise, qu’on maîtrise le moins et qui est le plus coûteux en temps et en argent, compte tenu de problèmes de différents ordres (difficulté de se déplacer dans les zones d’habitation notamment en centre-ville, absence du destinataire à son domicile…). Chacun y va de sa propre initiative pour y répondre de la manière la plus viable qui soit, à l’instar de la start-up [url=http://www.simpolitique.com/kargodemo-t15715.html]Kargodemo[/url] qui vend à des services postaux des véhicules électriques légers de livraison ; ou encore la multiplication de points relais. Le drone, lui, tente de faire une place dans ce milieu d’idées concurrentielles, et veut à la fois vaincre les appréhensions humaines et les obstacles techniques. C’est là tout l’enjeu des drones d’ailleurs : sécuriser l’acheminement de la marchandise jusqu’à son lieu final. Peu autonomes, les drones sont limités à un rayon de livraison réduit. Incertains, ils peuvent entrer en collision avec des arbres, des antennes, des pylônes, voire des êtres vivants, sans parler du risque d’intempéries. Suscitant la méfiance, ils devront se faire une place dans le cadre légal, avec les questions relatives aux possibles atteintes à la vie privée. Les défis sont nombreux pour les sociétés qui se penchent actuellement sur la conception de ces bijoux technologiques.
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/425067Presse2.png[/img] 3 décembre 2034
L’Internationale Souvarienne part se suicider[/center]
Le XXV Novagloro de l’an I – c’est-à-dire le 25 novembre dernier – l’Etat de l’Internationale Souvarienne a déclaré comme ennemis deux de ses voisins que sont la République Latiumoise, avec laquelle elle partage l’île et le Tardisia, avec lequel elle partage une frontière maritime. Les motifs invoqués, [url=http://www.simpolitique.com/post329800.html#p329800]dont s’est fait l’écho la presse officielle[/url] sont pour le moins doutés : au premier, on reproche son latinocentrisme germanophobe ; au second, son régime colonialiste et monarchique. Aux deux, on reproche des institutions pas assez démocrates aux yeux des Souvariens. Cette profession de foi est l’une des premières décisions du Parlement souverain – la Demokratio – composé de 1000 députés, sont 300 élus, 300 tirés au sort, 300 personnalités de la société civile et 100 parlementaires étrangers. Réorganisés en groupes politiques, la majorité est de type communiste-socialiste, même si d’autres pays de même obédience se sont refusé à reconnaître dans le projet souvarien.
Parmi les solutions avancées, l’Etat souvarien entend lever sur le levier commercial, par des mesures d’embargo et une interdiction de naviguer dans ses eaux territoriales. Ces mesures n’auront aucune efficacité, sinon compromettre un autre de ses projets, celui d’une ouverture au reste du monde. L’[url=http://www.simpolitique.com/post329954.html#p329954]offre souvarienne[/url] à l’appel deseran pour la construction d’établissements de santé a ainsi de fortes probabilités d’être rejeté par l’intéressé. Par ailleurs, l’Etat souvarien n’est pas situé dans une zone géostratégie, rendant tout blocus inefficace ; son nouvel ennemi le Latiumia n’en subira donc aucune conséquence. Pire pour l’Union, cette décision hasardeuse dissuaderait définitivement les quelques navires qui y accostent encore, au profit du Latiumia qui, pourrait dès lors en profiter. Sachant que l’Etat souvarien est le plus dépendant des importations de toute la planète, c’est son voisin du Nord qui aura un excellent moyen de pression. Reste l’option militaire. Mais avec une armée de 35 000 hommes, sans allié – sauf peut-être une Aminavie déjà sous tension – et une très modeste flotte, l’Union Internationale n’a pas les moyens de ses ambitions et même ses effets d’annonce profitent à ses ennemis.
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/335796Presse1.png[/img] 8 décembre 2034
Les élections aliléennes dessineront le Montalvo de demain
[img]https://img15.hostingpics.net/pics/47269823mo.png[/img]
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis (« 3MS »), ancienne baronne de Movopolis, convoite le siège de Présidente d’Alilée,
au grand dam de la Spongorie, mais les 3 candidats sont dans un mouchoir de poche.[/center]
Le 15 janvier prochain, les électeurs de la province montalvéenne d’Alilée seront convoqués aux urnes pour élire les 60 sièges du Sénat local. Si le populisme a gagné la Nazalie et l’autonomisme l’Arovaquie, le Montalvo a désormais les yeux rivés sur sa province la plus pauvre qui fut longtemps la cinquième roue du carrosse et qui, aujourd’hui, a le pouvoir de dessiner le Montalvo de demain, après la parenthèse britonne malheureuse qui avait conduit l’exécutif amarantin à ne pas reconnaître Edmund Butler comme le représentant de la Ligue voisine. Si les différents présidents de province se refusent, par pudeur diplomatique, d’admettre que le tournant pro-UPO du Montalvo était une erreur – à plus forte raison si c’est la leur – on semble toutefois déceler chez eux une volonté de tourner la page. Les relations inter-aliléennes ont été toujours tendues, voire schizophrènes : l’Alilée amarantine reproche à l’Alilée montalvéenne de parasiter ses affaires et à l’inverse, l’Alilée montalvéenne reproche à l’Alilée amarantine de l’inonder avec ses réseaux mafieux, aliénistes et pédérastiques. Les responsables politiques locaux, qui calquent leur agenda sur ceux des électeurs, ont ainsi longtemps joué la carte de la xénophobie anti-amarantine quelque peu primaire.
Pour Palaso Delavilaĝeto, ancien diplomate amarantin ayant travaillé de l’autre côté de la frontière, « le Montalvo est dans l’expectative la plus totale, il attend que des pays étrangers fassent le premier pas pour lui proposer un projet intéressant à la manière d’une femme à séduire qu’il faudrait « surprendre ». Sauf que d’une part, la femme en question ne sait pas ce qu’elle souhaite et d’autre part, elle a violemment rejeté nos premières avances ». Le diplomate fait ainsi référence au volte-face du Montalvo vis-à-vis de l’Union Céruléenne, en dépit des concessions adoptées par la Ligue amarantine. « C’est à ce moment que le positionnement du Montalvo est devenu totalement illisible » conclut le diplomate, qui met notamment en garde [url=http://www.simpolitique.com/post329340.html#p329340]la Bourse de Marejno contre son intention de se délocaliser là-bas[/url], rappelant que « le Montalvo accorde peu de valeur à la parole donnée ». Si l’amertume de Palaso Delavilaĝeto est grande, c’est en raison de sa forte implication dans le projet céruléen. D’autres voix, toutefois, plaident pour redonner une seconde chance au Montalvo, considérant qu’il est indispensable de maintenir des relations cordiales entre voisins, notamment dans une période de troubles où l’Union Internationale, après avoir soutenu le projet céruléen, a annoncé sa volonté de punir ses propres voisins pour des motifs légers.
En réalité, l’exécutif amarantin se dit peu intéressé par le visage du prochain président aliléen et n’a accordé aucun soutien officiel. Durant la conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole du Conseil a considéré que « les personnalités prévalent sur les étiquettes », une manière diplomatique de rappeler qu’indépendamment de leur appartenance politique, les anciens dirigeants ont tous et toujours adopté une position plutôt hostile à l’Amarantie. Ce fut le seul moment de franchise du porte-parole qui a poursuivi son commentaire des élections aliléennes avec une langue de bois, appelant à « travailler ensemble, quel que soit le vainqueur ». Pourtant, de manière officieuse, si la Ligue amarantine n’a aucune préférence, elle a en tout cas un adversaire qu’elle souhaite voir défait, en la personne d’Alessandro Delando. Cet ancien Amarantin, candidat du Parti Conservateur, qui s’érige comme un modèle de réussite, a pour programme de créer un appel d’air à l’encontre de l’Amarantie, notamment vis-à-vis des femmes et des aliénés. Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, qui fut un temps noble à Movopolis, n’a pas les faveurs de toute l’Alilée, loin de là. La candidate du Movimento Basta Corruzione est ainsi l’ennemie de la République mafieuse de Spongorie, en réponse à son intention de lutter contre les réseaux clandestins et l’économie souterraine sur l’île. Elle est à vrai dire mieux appréciée sur la partie continentale de la Ligue, au détriment d’un Lino Chefalla qui n’a qu’une envergure provinciale.
Réactions mitigées en Amarantie face au refus de paiement de la dette des EFO par le Deseret[/center]
La dette énorme des Etats Fédérés d’Olgarie ne sera pas honorée. Au moins pas par la République du Deseret, qui s’est montrée très ferme sur la question. En effet, dans la perspective de la fusion avec le pays voisin décidée par référendum en février prochain, le Président réélu Robert Jacobs s’est désolidarisé de la dette fédérale après avoir néanmoins accepté les dettes des différents Etats fédérés. Mais pouvait-il en être autrement ? Avec un montant de 82 milliards $, équivalent au PIB d’un pays comme le Commonwealth, la dette olgarienne ne pouvait de toute façon pas être honorée par un pays comme le Deseret à peine plus riche. Cette décision, qui a provoqué une onde de choc dans le secteur bancaire mondial, fait également douter de la capacité du Deseret à fusionner. Pour l’éditorialiste spécialisé dans les questions du continent olgarien Ticiano Blankeca, « derrière ses discours fermes et sans concession, le Président Jacobs fait un aveu terrible : le Deseret n’a pas les reins solides pour assumer la fusion avec un pays en déliquescence. L’utopie deserane-olgarienne se confrontera à un douloureux retour à la réalité pour les Deserans, et un retour de bâton pour le président ; seuls les Olgariens qui n’avait plus rien à perdre sont gagnants ».
L’Amarantie détient plus de 11 % de cette dette colossale, soit 9.4 milliards $ ce qui en fait le troisième créancier après les banques olgariennes (32.3 milliards $) et lianwandaises (14.7 milliards $), soit plus du double des banques du Shendoake. Le secteur bancaire amarantin sera ainsi impacté par ce non-remboursement même si le Conseil Exécutif a tenu à minimiser les conséquences de cette décision, et a exclu toute création monétaire pour renflouer les banques dupées. Comme le rappelle [url=http://www.simpolitique.com/post329889.html#p329889]la presse montalvéenne[/url], de nombreux créanciers, des banques ou des particuliers fortunés, ont gardé leurs obligations olgariennes en espérant un retour à la normale pour le pays. L’obligation est en effet l’un des titres de créance les plus sûrs qui soient, tant le risque d’une banqueroute étatique est faible. Pourtant, ce risque existe et les Etats Fédérés d’Olgarie sont là pour le rappeler, même si d’autres pourront être prochainement impactés, comme les Etats actuellement en guerre. En prévision de ce risque, en plus des hostilités diplomatiques, de nombreuses banques ont ainsi vendu les obligations émises par le Vryheid et le Commonwealth. Plus largement, avec tous ces risques combinés, le cours du marché obligataire mondial n’a jamais été aussi bas.
Les opposants à la financiarisation de l’économie se réjouissent de cette nouvelle et rappellent « que la dette de l’un, c’est le risque qu’a voulu payer l’autre ». Firmiano Karan, leader populiste de Haute-Alilée poursuit :
« Qu’est-ce que « le risque » précisément ? C’est le risque de ne pas être payé. Si je vous prête 100 ₤, j’attends que vous m’en rendiez un peu plus pour me dédommager de cet argent dont je ne dispose plus et le dédommagement est plus élevé si je considère qu’il y a risque à ce que vous ne me remboursiez pas. Mais ici, les créanciers ont profité que l’émetteur soit un Etat – c’est-à-dire une entité qui a priori tombe très rarement en faillite – pour en tirer des intérêts toujours plus importants, avec la complicité d’un Etat incapable de prendre ses responsabilités et qui continue à s’endetter. Aujourd’hui, les deux complices se prennent le revers de la médaille : les créanciers n’auront jamais leur dû et les responsables politiques sont éjectés du pouvoir. Malgré cela, les créanciers ont le culot de demander de l’aide pour être renfloués. Mais ils ont été libres de prendre le risque ! En fait, ils veulent se faire payer pour quelque chose qu’ils appellent « risque » mais qu’ils refusent dès qu’il se concrétise ! »
[right]- Firmiano Karan, leader populiste de l’Etat autonome de Haute-Alilée[/right]
Sans en adopter la rhétorique, c’est visiblement l’opinion majoritaire du Conseil Exécutif, qu’il entérinera dans un prochain vote en séance plénière. Rien n’empêche toutefois les différentes entités, de manière individuelle, de renflouer elles-mêmes les banques impactées, mais cela aux frais de contribuables qui ne l’entendent pas de cette affaire.
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/335796Presse1.png[/img] 18 décembre 2034
La République du Caducée élit son plus jeune président
[img]https://img15.hostingpics.net/pics/610205kleono.png[/img]
À 15 ans, Kleono Diligenta devient le plus jeune président de la République du Caducée[/center]
Le dépouillement aura duré jusqu’au petit matin pour confirmer les résultats de l’élection caducéenne la plus indécise qui soit. Plus d’un million et demi d’électeurs ont ainsi été appelés aux urnes pour désigner le prochain président de la République du Caducée, ancienne puissance d’Amarantie qui tente aujourd’hui, désespérément, de remonter la pente. En guise de témoignage de ce déclin amorcé dès les années 1930, plusieurs bureaux de vote ont été aménagés, dans le nord de l’entité dévasté, dans d’anciennes galeries marchandes oxydées, pour atteindre les quelques habitants qui y vivent encore. Partisans du « dégagisme », les Caducéens sont des électeurs volatils qui testent les présidents, les uns après les autres. Dans cette entité, en effet, le président a gardé des pouvoirs assez importants par rapport aux régimes parlementaires voisins puisque c’est lui qui impulse les grands projets, dans cette république restée très centralisée. À l’image des [url=http://www.simpolitique.com/post311256.html#p311256]quartiers fantômes de Kvin-Leŭgoj[/url], le nord du Caducée reste dévasté car trop peu bénéfique électoralement parlant : à peine 25 % de la population vit dans la moitié septentrionale. La réouverture diplomatique de l’Ascensus redonne toutefois de l’espoir, avec des contrats technologiques à la clé même s’ils ne suffiront pas.
C’est dans cette optique que le mouvement Kialo kaj Progreso (« Raison et progrès ») a été porté au pouvoir. Ce parti dit technocrate – même s’il réfute totalement la terminologie – est partisan d’une économie mixte et s’est posé comme adversaire d’une politique de propriété intellectuelle jugée trop favorable aux industriels, contre l’intérêt public. Loin de la gérontocratie ascensuséenne, le mouvement a investi un jeune surdoué de 15 ans, étudiant en informatique, sans trop y croire : Kialo kaj Progreso est en effet un parti marginal sur la scène politique caducéenne. Toutefois, le mode de scrutin a fait l’élection : le président est certes celui qui récolte le plus de voix, mais les électeurs ont plusieurs voix qu’il classe en fonction de leurs préférences (le premier reçoit 1 vote entier ; le second 0.5 vote ; le troisième 0.33 ; ainsi de suite). Kleono Diligenta a ainsi devancé d’à peine 2010.33 votes son principal adversaire le président sortant, favori des industriels. Très peu préparé à cette fonction, Kleono Diligenta a manifesté sueurs et tremblements lors de son discours d’élection. Si ce surdoué répond aux codes de la société amarantine adulte, qui accorde la majorité civile à 14 ans, son inexpérience fait jaser jusqu’au sein de son propre mouvement. La tâche de rebâtir une entité moribonde ne paraît pas à sa portée mais comme à l’accoutumée, les Caducéens sont prêts à tester. Et à jeter.
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/425067Presse2.png[/img] 20 décembre 2034
Nouvelle guerre des égos parmi les partisans de la paix[/center]
Les [url=http://www.simpolitique.com/post330223.html#p330223]accords de paix internationaux de Shengfen[/url], sous l’impulsion du G4 et du Kaiyuan, ont été largement salués par la Coalition. À l’inverse, l’Union Panocéanique reste persuadée que ce groupe des principales puissances économiques lui est hostile et a demandé comme garantie l’adhésion de la Ligue du Montalvo, qui avait été écartée du sommet fondateur avant tout parce que le pays connaissait une instabilité politique qui avait conduit à la régence du général briton Edmund Butler. Reste qu’accéder à cette requête de l’UPO ne dépend ni des belligérants, ni du G4+1 mais du bon vouloir d’une Ligue de Montalvo à la ligne diplomatique floue et habituée des retournements d’alliances. Le chantre de l’orthodoxie budgétaire, partisan de la dématérialisation de la monnaie, a adressé une fin de non-recevoir à cette idée, [url=http://www.simpolitique.com/post330390.html#p330390]par la voix du Président Mazzola[/url], lequel remet en cause la « légitimité » du G4, perçu comme un organe de gouvernance mondiale aux mains du Lianwa. À travers ce refus s’exprime la rivalité entre l’actuelle et l’ancienne première puissance mondiale, davantage qu’une réelle critique sur la légitimité du G4 à négocier la fin du conflit.
La [url=http://www.simpolitique.com/post330288.html#p330288]presse montalvéenne[/url] s’est fait le relais de cette guerre d’égos en contestant tour à tour la légitimité des participants, malgré l’urgence de la résolution du conflit. Pourtant, le dialogue est totalement rompu entre les deux camps belligérants, et la médiation du Kaiyuan à Shengfen est restée lettre morte. Proposée par le Montalvo, la taxe sur la vente de sapins de Noël, pour financer les milliers de veuves du conflit sans aborder les questions litigieuses, n’a pas eu le succès escompté et Raimondo Mazzola semble en accuser le G4 pour cet échec. Le revers essuyé par le Montalvo témoigne toutefois des carences de son réseau diplomatique, qui n’est composé d’aucun véritable allié. Les arguments qu’il défend trouveront un écho certain au sein de l’UPO, qui souhaite pouvoir placer un de ses pions dans les principales organisations internationales. Mais la critique de la légitimité du G4 à négocier la paix se heurte à l’attente de plus en plus forte de pays neutres d’en finir avec la Guerre des Containers. De plus, personne n’est mieux placé pour négocier la paix que les belligérants eux-mêmes. Quand c’est impossible, la solution vient forcément d’un organe « illégitime » (G4, ADI, Ligue Boréale, OCC…) mais après l’échec, peu de monde s’est bousculé au portillon pour formaliser un accord de paix.
[justify][center][img]https://img15.hostingpics.net/pics/873442MuzojaGazetomini.png[/img] 2 janvier 2035
Diplomatie du cinéma : les principales puissances du septième art
[img]https://img15.hostingpics.net/pics/173942CineEashatri.png[/img]
Le soft power janubien doit beaucoup au poétique cinéma eashe[/center]
Le [url=http://www.simpolitique.com/festival-cinematographique-des-temps-presents-t15731.html]festival des temps présents[/url] organisé le mois dernier à Hiérosolyme n’a pas seulement mis à l’honneur le talent de réalisateurs du monde entier, il a aussi mis en évidence le cachet de chaque nation cinématographique. Parmi elles, plusieurs tentent de se faire une place parmi les grands. L’enjeu peut paraître dérisoire, il est pourtant de taille : bien plus que la propagande étatique à laquelle la guerre actuelle nous habitue, le cinéma est le meilleur outil d’autopromotion pour les Etats. Par exemple, l’Amarantin ne connaît rien d’autre de l’Eashatri que ce que le cinéma de ce dernier veut bien montrer et cela vaut pour toutes les nations du monde. Le festival de Hiérosolyme représentait ainsi un challenge pour les réalisateurs concurrents, qui ont dû représenter un pays qui n’est le leur de la manière la plus fidèle qui soit. Bien sûr, tout ceci est implicite : à l’exception de quelques pays qui le pratiquent encore, le cinéma d’Etat écrit par le gouvernement n’existe plus et les réalisateurs donnent aujourd’hui corps à leurs propres idées, leur propre imagination, n’obéissant plus à des stratégies patriotiques. Le formalisme de leurs films trahit toutefois leur provenance.
Ainsi, le cinéma eashe est monopolisé par les [url=http://www.simpolitique.com/productions-des-studios-cinea-t15753.html]studios Cinéa de Lesabad[/url], laissant peu de marge de manœuvre aux cinéastes indépendants. Ces films, que les Amarantins connaissent sous leur forme en version marathi ou britonne sous-titrée en espéranto, jouent de sons et couleurs kitsch. S’inscrivant dans un registre onirique, les films eashes permettent le dépaysement à leur public, mais pas totalement pour qu’il puisse facilement s’identifier à leurs acteurs et actrices. Héritière à la fois du cinéma muet et du théâtre, la comédie musicale eashe permet de véhiculer une image positive d’un pays à l’essor politique fulgurant. Le casting pléthorique de ces films fait ainsi rêver de nombreux jeunes eashes, qui saisissent de l’opportunité qui leur est proposé pour avoir leur quart d’heure de gloire. C’est d’ailleurs le synopsis d’un des derniers films des studios Cinéa, [url=http://www.simpolitique.com/post329545.html#p329545]The chance of my life[/url], qui joue beaucoup sur cette mise en abîme. Même lorsque le cinéma eashe s’essaie à d’autres registres, tels que le fantastique, l’influence de la comédie musicale n’est jamais loin : [url=http://www.simpolitique.com/post323087.html#p323087]Le mur du son[/url] sorti en février 2034 l’a expérimenté. Le film a beau traiter d’un sujet aussi sérieux que l’autisme, il reste empreint d’un optimisme à toute épreuve, à l’image finalement d’un pays, voire d’un continent janubien tout entier.
Le [url=http://www.simpolitique.com/cinema-amarantin-t15755.html]cinéma amarantin[/url] s’inscrit dans un registre totalement différent. À l’image d’un pays configuré en confédération d’entités autonomes, il est éclaté entre différents studios plus ou moins connus du grand public. Il donne par ailleurs une image assez faussée du mode de vie amarantin, ne serait-ce sur la condition féminine. Rappelons en effet qu’en Amarantie, l’ascension sociale est beaucoup plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Or, le cinéma et plus largement les arts scéniques les mettent à pied d’égalité et représentent une manière pour les femmes de m’émanciper. Contrairement à la vie quotidienne, elles y bénéficient d’une véritable stature et d’une réelle visibilité. Cela ne se fait pas de manière totalement désintéressé par certains producteurs, qui espèrent ainsi faciliter l’exportation de leurs films. Plutôt que de dépeindre le réel, les grands studios amarantins préfèrent imaginer un univers dystopique comme dans [url=http://www.simpolitique.com/post329235.html#p329235]Souviens-toi de mes octets[/url]. Les films davantage « terre-à-terre » restent l’apanage des cinéastes indépendants.
[center][img]https://img15.hostingpics.net/pics/645019tever.png[/img] Te ver des studios zeederlandais Polferfilms, ou la stratégie du blockbuster[/center]
Parmi les autres puissances cinématographiques, on retrouve le Zeederland, dont le film [url=http://www.simpolitique.com/post329276.html#p329276]Une île pour mourir[/url] a remporté le deuxième prix à Hiérosolyme, se faisant ainsi un nom dans le cinéma d’action et de guerre. Ces blockbusters de plus de deux heures, bientôt trois, ont pu voir le jour par l’investissement de grands groupes capitalistiques, tels que Thijssen Groep ou Kleine Groep. Cette stratégie de films à gros budgets se rapproche finalement de celle de son voisin la Britonnie, avec les [url=http://www.simpolitique.com/post329278.html#p329278]Dashfire Studios[/url], filiale de la corporation Townsend Thorensen, mais pour l’heure moins couronnée de succès que sa rivale zeederlandaise. D’autres scènes cinématographiques se dégagent enfin, avec le Vonalya qui propose une séduisante représentation de la région boréale, teintée ou de magie ou de romance voire les deux, à travers aussi bien de la série [url=http://www.simpolitique.com/post324263.html#p324263]La Larme des Cieux[/url] qui nous transporte dans un Vonalya médiéval, que du film [url=http://www.simpolitique.com/post329233.html#p329233]La piste du cuivre[/url] lui aussi primé à Hiérosolyme et qui nous emmène vers le Ragvarld, l’autre grand représentant du Grand Nord.
Enfin, la Ventélie reste une source d’inspiration inépuisable. Déjà lui-même très imprégné par l’influence ventélienne, le Caskar rompt avec la culture gréco-latine de la Dytolie du Sud, à l’image de [url=http://www.simpolitique.com/post329239.html#p329239]L’âge des réformes[/url] qui empreinte beaucoup à l’esthétique des films d’animation orientaux. De son côté, le Kaiyuan produit assez peu de films au regard de sa puissance économique et démographique mais il reste une source d’inspiration notamment auprès de l’Eashatri, avec le film [url=http://www.simpolitique.com/post329700.html#p329700]Minds’ dusk[/url] qui s’intéresse à la guerre civile qu’a connu Fuxianji au début du siècle. Ce conflit a précisément eu un effet dévastateur pour la production cinématographique locale, tant est si bien que [url=http://www.simpolitique.com/post310430.html#p310430]80 % des films kaiyuanais sont en réalité produits au Lianwa[/url], à l’image de Shengfen 2030, sorti en février 2033, soit plus de vingt ans après la guerre civile. La petite république insulaire tire en effet son épingle du jeu et a été récompensé à Hiérosolyme pour [url=http://www.simpolitique.com/post329741.html#p329741]Dust[/url], qui nous emmène dans le bourbier poussiéreux d’Ashurdabad. Les studios lianwadais doivent malgré tout affronter la concurrence féroce du [url=http://www.simpolitique.com/smh-t15833.html]Sengaï Movie Home[/url], qui produit à la chaîne des films essentiellement destinés à l’export en vue d’inonder le marché mondial. Ainsi, la bataille du grand écran, en Ventélie comme ailleurs, fait rage et elle oppose deux belligérants, deux stratégies : adapter son cinéma au spectateur étranger ou accoutumer le spectateur étranger à son cinéma.
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/335796Presse1.png[/img] 3 janvier 2035
Vingt centimètres de neige en Alilée : une première en 50 ans
[img]https://img15.hostingpics.net/pics/260651neige.png[/img]
Une ville movopolitaine méconnaissable sous son manteau blanc[/center]
À la faveur d’un hiver beaucoup plus froid que d’habitude, les Aliléens ont été surpris par une épaisse couche de neige venue tapisser le sol au petit matin. Dans la Principauté de Movopolis et en République de Spongorie, c’est en moyenne vingt centimètres de neige qui sont tombés dans la nuit du 2 au 3 janvier. Le phénomène s’observe également, dans une moindre mesure, en Haute-Alilée et au Forluno, contrastant avec l’Amarantie continentale qui n’a pas connu de telles intempéries. À Movopolis et à Tornusjo, la capitale spongorienne, la température moyenne au mois de janvier est de 11°C, le thermomètre peut au plus descendre à 5°C la nuit. Il n’est donc pas rare qu’il frôle le zéro mais les Aliléens sont peu habitués à des épisodes neigeux de telle importance. Peu préparés à y faire face, les employés municipaux responsables de la voirie ont été pris de court, salant sur le tard les routes devenues impraticables, non sans susciter la colère des administrés et des usagers de transports en commun, qui ont dû rester chez eux. Seuls les plus anciens Aliléens se souviennent d’un tel précédent : c’était en février 1986, il était tombé près de 25 centimètres de neige après un épisode de blizzard, qui avait causé la mort de plusieurs dizaines de sans-abris. Déjà à l’époque, l’administration locale n’avait pas été préparée à réagir.
[right]Arĥimedo Botelo[/right]
[hr][/hr]
[center]Tutto, le film caskar déprogrammé en Spongorie, sous la pression de la mafia locale ?
La scène se répète dans plusieurs complexes cinématographiques en République de Spongorie : le film caskar [url=http://www.simpolitique.com/post330644.html#p330644]Tutto[/url] déprogrammé, à quelques jours de sa sortie dans les salles amarantines. Et pour cause, il met en scène la rivalité entre les mafias aliléennes, amarantine et montalvéenne. S’il s’agit d’une fiction, l’histoire semble librement inspirée d’une situation bien réelle en Spongorie, à un moment de fortes tensions avec le Montalvo voisin. Le réalisateur caskar imagine d’ailleurs une femme – Ariana – à la tête de la mafia amarantine lancer toutes ses forces contre son rival Arminio tout aussi déterminé, au point d’en arriver à une neutralisation des deux réseaux.
Autocensure ? Pression sur les salles de cinéma ? Les complexes cinématographiques bottent en touche. Le directeur commercial du complexe cinéma de Tornusjo argue par exemple que le film dure trop longtemps (près de quatre heures !) pour être diffusé dans ses salles. Un « argument des plus ridicules » pour les associations locales de lutte pour la transparence en Spongorie, qui y voient la main de la mafia grécophone Daktylos. À l’inverse, d’autres voix s’élèvent contre cet « excès de prudence » et vont même jusqu’à imaginer une stratégie commerciale de la part du producteur de Tutto. Rédacteur tabloid amarantin Devas Scii, Gallio Triferus fait part de sa nouvelle théorie du complot : « Aucune pression n’est exercée sur les cinémas spongoriens, tout ceci est une incitation d’autant plus grande à regarder le film puisque le regarder, ce serait transgresser les règles de l’ordre établi. Et tout le monde adore la transgression ! Plus on censure quelque chose, plus il a de succès, surtout à l’époque d’Internet et des réseaux pirates. Il y a ainsi une entente entre les cinémas spongoriens et le réalisateur caskar ». C’est en partie vrai : le film est le plus attendu des Amarantins depuis La Perla de Montorive et il s’annonçait être un succès commercial ici. Mais il se heurtera maintenant au bon vouloir des diffuseurs, piégés entre l’impératif du profit et le principe de précaution.
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/425067Presse2.png[/img] 9 janvier 2035
EDITO : L’Amarantie réalise la meilleure performance économique de la violente année 2034
[img]https://img15.hostingpics.net/pics/424720cartecr.png[/img]
Taux de croissance par pays par rapport au 1er janvier 2035 (HRP : réalisation de PhiWill, merci à lui !)[/center]
« Amaranto regas la onojn ! ». Tel aurait pu être le titre de cet article, pour paraphraser celle du papier du tabloïd briton The Sun publié l’année dernière, mais nous leur laissons volontiers les fanfaronnades chauvines pour dresser le constat d’une croissance mondiale moins soutenue que l’an passé en raison de la guerre. Avec une croissance estimée à 25.38 %, l’Amarantie réalise la meilleure performance économique mondiale, juste devant le Montalvo et le Deseret. Le Lianwa, déjà éprouvé durant l’année 2033, accuse un nouveau repli de sa croissance, devenant la quatrième puissance mondiale. La perte de leadership de la petite république insulaire ventélienne est toutefois contrebalancée par son dynamisme au sein du G4, un très bon coup politique qui lui permet d’imposer le lyuan dans le panier de devises qui sert d’étalon monétaire pour concurrencer l’étalon-or jusqu’ici prisé par tous les pays. L’Amarantie a répondu présente à cette initiative tombée du ciel, qui a permis à la lire de peu subir le contrecoup d’une guerre dévastatrice à laquelle elle a participé à la marge. Mais la réelle surprise vient du Deseret, pour lequel la situation a positivement évolué, profitant de la très rapide dislocation des Etats Fédérés d’Olgarie, que même les puissants algorithmes boursiers n’ont pas prévue. Soutenue par l’immigration et la fuite des investisseurs des EFO, la croissance deserane permettra à la désormais troisième puissance mondiale de procéder en toute sérénité à la fusion des deux pays dès le mois prochain.
Les économies des belligérants de la Guerre des Containers ont différemment réagi au conflit : si le Commonwealth maintient une croissance honorable de près de 17 %, celle-ci est soutenue par un endettement et des dépenses publiques sans précédent, notamment dans l’industrie militaire. La guerre a mis à mal le dogme des coupes budgétaires et la rhétorique anti-fonctionnaires primaire qui caractérisent le gouvernement briton. Le Vryheid, handicapé par ses pertes civiles, affiche quant à lui un taux de croissance supérieur à 6 %, là encore soutenu par une production de masse voire aveugle. Le nouveau gouvernement de coalition vrye aura donc la lourde charge de mettre un terme à l’économie de guerre et d’en accompagner la transition. Son projet panalgarbien va toutefois se heurter à l’hégémonie de l’Empire Luciférien qui, même s’il tombe en récession, reste maître du continent. L’Uhmali perd la manche économique face au Txile : dans ce régime très personnifié où le monarque incarne les différentes facettes du pouvoir sans distinction, les choix discutables de l’empereur ont été dévastateurs pour l’économie uhmaléenne.
Autant l’Uhmali que le Mahajanubia et les autres membres de l’Union Panocéanique hypothèquent leur pays, envisageant de faire payer leurs errances politiques aux agresseurs, quitte à ce que la Coalition devienne peu à peu l’agressée aux yeux d’une communauté internationale de moins en moins solidaire de leurs actions. Les revendications de l’UPO dépassent l’entendement et c’est la raison pour laquelle le G4 dans ses accords de paix de Shengfen n’a pas retenu le plan de remboursement demandé par l’organisation britophone. L’incertaine issue de la guerre est contraire aux revendications de vainqueurs de la coalition panocéanique, une mythologie de la victoire entretenue par une propagande devenue aussi caricaturale que pompeuse. En dépit du blocus uhmaléen, le Txile peut toutefois s’enorgueillir d’avoir une croissance de près de 16 %, à l’image du Commonwealth. La république euskale peut compter sur un large réseau diplomatique, et notamment sur l’appui de la province zeederlandaise de Regenland qui lui assure ses exportations même en temps de guerre : une stratégie inverse de celle du circuit économique fermé et autistique du Commonwealth.
Parmi les pays « neutres », il faut souligner celui qui n’en est pas un à proprement parler : le Caskar devient septième puissance mondiale en devenant le chantier naval de l’Union Panocéanique et qui a tout intérêt à ce que la guerre perdure, faute d’une économie autrement diversifiée que la vente d’armes et de navires militaires. C’est la raison pour laquelle le pays de culture gréco-ventélienne s’est lancé dans une diatribe contre les accords de Shenfgen. Un choix identique pour le Montalvo, qui faute d’avoir trouvé une ligne diplomatique concrète continue d’être la base arrière du Commonwealth dans une Dytolie qui lui est plutôt hostile. En réalité, le Montalvo cesse peu à peu d’être dytolien pour redevenir cartaginaise. Son tout récent rapprochement avec le Royaume d’Illythie s’inscrit dans ce projet d’envergure, de quoi donner des raisons d’espérer à un autre projet, celui du Panalgarbe vrye. 2035 sera toutefois l’année de la Janubie, annonçant parallèlement une guerre de leadership entre d’une part, le Mahajanubiaet le Dosalhi britophones et majoritairement musulmans et d’autre part, les hindous Eashatri et l’Oyestarna. Le dynamisme économique et diplomatique est pour l’heure largement du côté hindou. Le Karmalistan est à l’image de sa situation géographique et culturelle, c’est-à-dire coincé entre ces deux zones d’influence, donnant des gages à l’un et l’autre camp, notamment en alimentant le fantasme d’un Karmalistan janubien. Tout de même, à la faveur d’une économie tournée vers des ressources minières très prisées en temps de guerre, le Karmalistan affiche une très bonne performance (environ 18 % de croissance), juste derrière le Vonalya qui paie le prix du manque de diversité de son économie trop dépendante du gaz.
L’issue de la guerre déterminera les nouvelles puissances de demain : l’introuvable paix entre les deux camps peut mener à leur neutralisation respective, au profit d’Etats qui auront affiché une stricte neutralité. Des Etats comme l’Eashatri, le Karmalistan, le Zeederland ou le Kaiyuan ont un grand rôle à jouer : qu’ils soient doués d’une force morale, économique ou diplomatique, ou tout ça à la fois, ils peuvent faire pencher la balance et dessiner le monde de demain.
Ambassadeur de l’Amarantie au Montalvo jusqu’en 2034, Palaso Delavilaĝeto se dit aujourd’hui heureux d’avoir « retrouvé [sa] liberté de parole » et revient avec nous sur l’alliance de plus en plus claire du Montalvo avec l’Union Panocéanique.
Dans les colonnes des Amarantina Folioj le 8 décembre dernier, vous aviez considéré que « le positionnement du Montalvo est devenu totalement illisible ». Aujourd’hui, il est tout à fait clair, non ?
« Le Montalvo a largement consommé son divorce avec la Dytolie, tournant ainsi le dos à plus de deux mille ans d’histoire commune avec notre continent pour aller s’amouracher de quelques pays principalement situés dans l’Océan Janubien dont l’économie fonctionne en roue libre, sur un circuit fermé. Cartagina pèche par orgueil et vanité et tous ses voisins qu’il a méprisés lui rendent aujourd’hui la monnaie de sa pièce. L’exécutif montalvéen ne s’est jamais remis en question depuis le double fiasco de l’Union Céruléenne et de la régence britonne, se contenant de rejeter la faute tantôt à une Amarantie pas assez centralisée à ses yeux, pas assez chrétienne, répondant par la force, avec des solutions radicales. Lorsque vous faites un pas devant un pays qui en recule de deux, le rapprochement est évidemment impossible. »
Le Sénat nazalien, qui [url=http://www.simpolitique.com/post330959.html#p330959]a levé tous ses droits de douane sur les produits uhmaléens[/url], évoque une « tentative de diktat financier » du G4 et appelle le Deseret à privilégier ses intérêts et choisir le camp de la démocratie. Qu’en pensez-vous ? (Rire) « Mais le Montalvo se moque de la démocratie, il veut juste des clients pour sa lire électronique ! Il n’en a pas trouvé en Dytolie et plusieurs pays, comme le Vryheid se sont montrés intéressés. L’Uhmali, de son côté, est totalement isolé en Ventélie et est entré en récession. Il aura besoin de financement pour sortir la tête de l’eau et privilégiera le plan du Montalvo à celui du G4+1. Cette rhétorique sur le « camp de la démocratie » est assez old school comme on dit en bon briton, elle ne trompe plus personne, surtout d’un pays qui a imposé à sa tête un général briton arrivé de nulle part. Quant au Deseret, il reste le pays que le Montalvo méprise le moins et aussi, par sa britophonie, celui le plus à même de se rapprocher de l’UPO. Mais Cartagina arrive avec un train de retard : le Deseret s’assure déjà un leadership régional et privilégie d’autres partenaires, à l’Ouest, en Ventélie. Le Montalvo inspirerait plus de respect en Amarantie s’il arrêtait de déguiser ses intentions de la sorte. »
Tout de même, ne pensez-vous pas que les accords de paix de Shengfen ont l’air d’être écrits par des banquiers du Lianwa ? En quoi l’adoption d’un taux de change libre ou la privatisation des entreprises bancaires contribuent-elles à la paix ?
« Lorsqu’une organisation, fût-elle le G4, vous propose de vous indemniser, elle le fait selon son propre cahier des charges. Les Etats belligérants doivent apporter des preuves de leur bonne foi, c’est-à-dire ne pas détourner l’argent à d’autres fins que celles stipulées dans le traité. Pour ce faire, il faut retirer la mainmise de l’Etat sur le secteur bancaire. On parle tout de même de plusieurs milliards de $, offerts à des pays qui potentiellement ont utilisé des armes chimiques : on peut raisonnablement douter de leur bonne foi, non ? Quand bien même, le G4 s’est déjà montré ouvert à des amendements si vraiment cet article est un blocage à la paix : le Montalvo le sait mais prétend l’ignorer pour préférer la caricature relayée par la propagande de l’UPO ou par des sources d’information complotistes. C’est très inquiétant de savoir que des parlementaires de la première puissance mondiale s’informent via ces canaux. »
La presse mahajanubienne est unanime : [url=http://www.simpolitique.com/post330989.html#p330989]ces sanctions économiques sont inutiles[/url], le marché intérieur de l’UPO se suffit à lui-même. Circulez, il n’y a rien à voir ?
« Si ça peut leur faire plaisir de croire ça. Déjà, ces internautes méconnaissent les règles fondamentales de la réglementation douanière : il ne suffit pas de trouver un revendeur horbarien pour que, miraculeusement, la papaye cultivée au Mahajanubia devienne horbarienne. Sinon, effectivement, les droits de douane ne serviraient à rien. Les droits de douane sont appliqués au pays de production ou à défaut, le pays qui a apporté la dernière plus grande valeur ajoutée, notamment pour les produits complexes. Une papaye que j’achète au Mahajanubia et qui serait conditionnée en Horbarash reste une papaye achetée au Mahajanubia et à ce titre, elle serait taxée à son entrée dans les pays signataires, selon le taux en vigueur. Si la première puissance autoproclamée britonne, par sa magnificence, peut faire abstraction de 30 % de l’économie mondiale, alors elle méritera son titre. Mais je doute que l’Uhmali et le Mahajanubia puissent être des marchés suffisants pour des produits à haute valeur ajoutée du Commonwealth. Il faudra nécessairement exporter ailleurs. Ensuite, imaginez tous les entrepreneurs de l’UPO qui, du jour au lendemain, doivent revoir toute leur logistique. Pour exporter la moindre épingle, ils doivent chercher un Etat périphérique, qui veut bien jouer le rôle de relais. Bien sûr, l’Aminavie, le Caskar, le Montalvo et même le Vonalya répondront présents. Mais ces pays n’ont pas une capacité portuaire infinie et répondront aux besoins de l’UPO après avoir répondu aux leurs. De plus, ce n’est qu’une solution à court terme puisqu’à long terme, les investisseurs préféreront s’installer dans ces Etats pivots que directement dans les Etats exportateurs, pour s’épargner une liasse documentaire pléthorique à chaque envoi. Que le Montalvo s’engouffre dans ce bourbier ne m’étonne pas de ce pays opportuniste incapable de tenir un engagement plus d’un an, de la même manière qu’il n’est pas capable de garder un gouvernement stable plus de six mois : il ne tire absolument aucun bénéfice de la paix, il rentabilise la guerre. Le tout en adoptant une position victimaire, celui du pays snobé par la Dytolie ou le G4. »
[right]Propos recueillis par Tiberius Baro[/right][/justify]
[justify][center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/756052Presse3.png[/img] 2 février 2035
La Céjanosie dresse et pénalise une liste de métiers « pas assez virils »
[img]https://img15.hostingpics.net/pics/754909bankers.png[/img]
Le secteur financier est particulièrement impacté par cette nouvelle lubie législative[/center]
« La Céjanosie pénalise le secteur financier » : nous aurions tellement préféré ce titre d’article mais si c’est factuellement vrai, l’entité la plus misogyne d’Amarantie le fait une fois de plus selon des motivations aberrantes. Non mécontente d’avoir déjà [url=http://www.simpolitique.com/post296863.html#2906313]rendu illégale l’obésité dans son espace public depuis 2031[/url], la république maritime est obnubilée ces dernières décennies par l’idée selon laquelle « la civilisation se dévirilise », pour reprendre le préambule de la Constitution céjanosienne. Mais la Céjanosie a une acceptation très large du processus de dévirilisation : outre l’obésité, elle entendait lutter contre les vidéos « abrutissantes » postées sur Internet où [url=http://www.simpolitique.com/post294531.html#p294531]les jeunes hommes se mettent en scène pour gagner en popularité[/url]. Aussi frustrée que nostalgique, l’entité cultive le fantasme, non sans connotation sexuelle, de l’homme guerrier prêt à abandonner le confort moderne pour affronter une vie beaucoup plus spartiate, organisée en communautés fraternelles. Parmi ces fléaux d’aujourd’hui contre lesquels la Céjanosie entend lutter, figure « l’extrême financiarisation de l’économie ». Pour le député auteur de la proposition de loi, Livio Bakisto, « le monde actuel est dominé par des hommes en costumes-cravates si frustrés d’être inaptes au combat en raison de leurs corps frêles qui n’auraient pas survécu durant les temps antiques qu’ils entendent dominer le monde en manipulant des chiffres sur des tableurs ».
D’autres métiers composent cette liste de métiers « dévirilisants » dressée par l’ultra-majoritaire Parti national. La loi, votée au Parlement local sans grande difficulté, prévoit ainsi pour ces postes un salaire minimum bien moins important, ainsi qu’une augmentation d’impôts pour ceux qui gagnent le plus, avec pour objectif de cibler autant la base que la tête. Les banquiers, traders, comptables, assureurs et autres cadres financiers seront donc assujettis à cette « Taxe Cro-Magnon » comme elle est d’ores et déjà surnommée par ses opposants. Egalement touchés les métiers de la publicité, du marketing et de la communication, ce qui n’est pas sans rappeler l’initiative (toutefois salutaire) de la République de Grande-Rufade d’[url=http://www.simpolitique.com/post303122.html#p303122]interdire les écoles de publicité sur son territoire[/url], selon des motivations assez semblables. Psychologues, métiers des ressources humaines, travailleurs sociaux complètent la liste. Initialement, les journalistes en faisaient également partie mais la pression exercée par le misogyne éditorialiste des Amarantina Folioj Horasiu Zamfir, également représentant de la Céjanosie au Conseil Exécutif, a donné lieu à un amendement express du texte pour exclure ce métier.