[justify]Ici seront postés les rps non politiques, mais pouvant avoir une incidence sur le cours des événements en Eashatri et sur les décisions qui y sont prises.[/justify]
Liste des RP en cours sur cette page:
Un réveil... [url=http://www.simpolitique.com/internes-t15471.html#p325818](1)[/url][url=http://www.simpolitique.com/post325837.html#p325837](2)[/url][url=http://www.simpolitique.com/post325886.html#p325886](3)[/url][url=http://www.simpolitique.com/post327800.html#p327800](4)[/url][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p327851](5)[/url][url=http://www.simpolitique.com/post328001.html#p328001](6)[/url]
Le vivre ensemble [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p341647](1)[/url][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p341656](2)[/url][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p341908](3)[/url][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p342050](4)[/url][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p342092](5)[/url][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&t=15471&p=325816#p342093](6)[/url]
[justify]A l'université de Rashasiaphur, les instruments des laboratoires de géologie étaient tous braqués sur le volcan. Si cela ne faisait aucun doute que le volcan allait bientôt entrer en éruption, maintenant que le magma n'était qu'à quelques vingtaines de mètres de la surface du volcan, tous les scientifiques du pays espéraient que l'éruption tarderait à venir. Au moins quelques jours, que l'anticyclone centré exceptionnellement sur le Sud de l'Eashatri ne s'échappe de la zone, ce qui limiterait la stagnation des cendres dans la troposphère, et aurait donc des conséquences sur le court terme bien moins marquées que si l'anticyclone se maintenait : moins de retombées de cendres dans le pays, une zone impropre au trafic aérien de taille plus réduite, la formation de dioxyde de souffre plus rare... Mais bien entendu, comme à chaque fois qu'on souhaite de toutes ses forces un scénario peu probable... et bien, ce dernier ne se réalise pas.
Les chercheurs du département de géologie faillirent ne pas se rendre compte du changement. Leurs yeux embués de sommeil faussaient leur perception des indications que les sismographes leur transmettaient. Leur système d'équilibre les avertit de manière plus directe: la terre trembla. Très peu, mais suffisamment pour que cela soit perceptible. Magnitude, 3,2. Le schéma classique allait-il se mettre en route au milieu de la nuit ? Il fallait bien y croire. Le temps que tous comprennent, une réplique du premier séisme eut lieu, plus faible cette fois-ci, avec une magnitude de 2,4. 2 séismes en 7 secondes. Restait donc à savoir ce qu'il en était de la situation sur le cratère du volcan. Pour cela, il fallait attendre qu'un satellite international passe au dessus du pays, ce qui n'adviendrait pas dans les six prochaines heures. En attendant, il était impossible d'envoyer quiconque vérifier par hélicoptère si le cratère était ouvert à nouveau, puisque si tel était le cas, l'éruption pouvait commencer à tout moment.
Le protocole de retrait des appareils de mesure surveillant le volcan était donc déclenché. Le directeur de l'Université allait devoir passer un appel au Ministère de l'Intérieur. Désormais, la question de savoir quelle serait l'information qui ferait la une des journaux du pays ce matin, avait une réponse connue de tous les scientifiques...[/justify]
[justify]De tous les ministres présents ce matin au Cabinet de la Première Ministre, aucun n'était de bonne humeur. Et ce n'était pas vraiment parce qu'ils avaient été tirés de leur sommeil au milieu de la nuit pour assister à une réunion d'urgence du Conseil des Ministres, c'était parce qu'il était très probable que le Rashari se réveille aujourd'hui. Tous connaissaient sur le bout des doigts les tâches qu'ils devaient accomplir, mais il se devaient de e pas créer de mouvements de panique.
Au moins, ils avaient eu la chance de voir que l'évacuation des villages situés sur les flancs du Rashari s'était déroulée sans encombres trop manifestes, et sans trop de difficultés. Ils n'allaient donc pas avoir à évacuer dans l'urgence les quelques 86 000 habitants de la zone, puisque cela avait était fait les jours précédents, mais il restait néanmoins à s'assurer que la vie continue en Eashatri, mais avec des mesures de sécurité suffisantes pour que les habitants ne courent pas de risques inconsidérés. Cela mettait à mal le budget annuel, mais il valait mieux briser un budget que briser un peuple.
Ainsi les ministres discutèrent rapidement de l'ordre des opérations, puis chacun se mit à effectuer la ou les tâches qui lui avaient été confiées : pour commencer, le Ministre de la Santé, Sasmit Mahem allait déclencher l'approvisionnement en masques de protection, en vue d'en commencer la distribution dans les rues des métropoles eashates dès le lendemain, puis de la généraliser à l'ensemble du pays d'ici la fin de la semaine. Pendant ce temps, Mavi Oroshe, le Ministre des Affaires Etrangères, se chargerait de prévenir les autorités des pays voisins qui allaient directement être impactés par le réveil du Rashari, du fait des nuages de cendres. Si le Karmalistan et le Dosalhi devraient être épargnés, il ne fallait pas néanmoins négliger la perturbation du trafic aérien qui allait avoir lieu. Pour ce qui est de l'Oyestarna, le sud du pays était presque certain de voir tomber des cendres dans les semaines à venir, aussi il était obligatoire que les autorités du pays puissent en être informées assez tôt.
La Première Ministre, Emma Ravikhan, irait sur les médias télévisés du pays pour expliquer la situation, tandis que le Ministère de l'Intérieur, sous l'égide d'Imran Bahari, publierait les communiqués nécessaires à la communication des informations dont le Gouvernement disposait sur le Rashari. Chettur Tavade, la Ministre des Transports et de l'Aménagement, fermerait certaines routes à la circulation de manière temporaire, pour que le matériel de première protection soit fourni dans chacune des localités, et se chargerait également de l'écriture de plusieurs communiqués pour assurer la sécurité du passage par le canal de l'Isthme Shuktène. Pour Aidan Sarres, Ministre de la Culture, il allait falloir protéger les monuments les plus suceptibles d'être endommagés par les cendres, tandis que son collègue Yamir Kahari, Ministre du Tourisme, commencerait à revoir à organiser la sortie des touristes du territoire d'Eashatri, afin que le Gouvernement ait à assurer la sécurité d'un nombre amoindri de personnes. Quant à Eredin Tobephki, en tant que vice-Premier Ministre et Ministre de l'Enseignement, il allait rassurer la population, et irait dans plusieurs écoles de la capitale, afin que les parents laissent leurs enfants aller dans ces lieux, souvent bien mieux protégés des cendres que les maisons dans lesquelles les élèves habitaient.[/justify]
[center]Un Réveil... (3) publié le 27/11/2017[/center]
7 octobre 2034, Eran-Topur, 9h08 heure d'Eskha (4h38 heure mondiale):
[justify]Au centre de recueil des données météorologiques des Mérèbes, situé au sein de l'Université d'Eran Topur, la communauté de scientifiques s'affairait. Dix-sept simulations avaient été lancées, avec différents degrés de précision des calculs. Trois simulations, les trois les plus simples, avaient abouti à un résultat bien navrant: dans l'état actuel des conditions atmosphériques, le nuage de cendres du Rashari s'étalera jusque le centre de l'Oyerstarna d'ici une semaine. Puis les vents pousseront les cendres pour former un arc de cercle autour de la côte de Janubie orientale. Pour ce qui est des retombées, un demi-centimètre de cendres pourrait tomber quotidiennement sous le nuage, ce demi-centimètre pouvant être multiplié par 10 pour la région d'Eskha. Des simulations aux résultats assez pessimistes donc.
Aussi, les analystes d'Eran-Topur suivaient avec attention les différents rapports qui pleuvaient depuis les départements de géologie de chacune des universités du pays,
analysant l'activité sismique au pied du Rashari, et toutes craignant que l'éruption ne commence dans les prochaines heures, puisque l'activité sismique du Rashari ressemblait à s'y méprendre, à celles relevées entre le 15 et le 16 novembre 1986, entre le 4 et le 12 février 1958 ou encore entre le 12 et le 15 juillet 1925, qui avaient précédées les trois dernières éruptions du volcan.
L'un des volcans à l'activité la plus régulière du monde faisait part de son réveil. Et, désormais, la menace était imminente... Il ne restait plus qu'à savoir quand aura lieu le prochain séisme dont la population se rendra compte, dès lors le compte-à-rebours sera lancé pour une éruption de quatre à huit mois.[/justify]
[center]___________[/center]
[justify]Eskha, 7 octobre 2034, 11h24 heure d'Eskha (6h54 heure mondiale):
Un satellite était enfin passé au-dessus de l'Eashatri, quarante minutes plus tôt. Et fort heureusement, aucun nuage n'avait empêché le satellite d'observer la zone que les autorités eashates lui avaient demander d'observer... Vu depuis l'espace, la photographie du Rashari dévoilait... une faille au niveau du cratère, qui n'était pas là quelques jours plus tôt. Vu le zoom qui avait dû être fait, la qualité de l'image ne permettait ni d'évaluer la profondeur de la faille, ni d'en évaluer la largeur avec précision. Sur 12 mètres, la terre volcanique du cratère semblait s'être écartée, d'une distance d'environ soixante centimètres. Pour les chercheurs de l'antenne du centre d'observation du Rashari située dans la capitale eashate, cela ne faisait aucun doute: le Rashari allait très prochainement entrer en éruption, même s'il était impossible de savoir quand... Lorsque la faille serait suffisamment grande, la terre s'effondrerait sur une surface variable, atteignant moins de 5 mètres carrés, et dès lors l'éruption pourrait commencer, par le dégagement de toute la lave sous pression située à quelques dizaines de mètres en contrebas.
Cette fois-ci, il était peut-être temps d'avertir la presse mondiale, en plus de la presse nationale... Si déjà les journaux du pays ne l'avaient pas fait.[/justify]
[justify]Astapur, 7 octobre 2034, 16h31 heure d'Eskha (12h01 heure mondiale):
Si les journaux s'étaient tous pris de la nouvelle de l'éruption prochaine du Rashari, la population, elle, n'y avait accordé qu'une attention très relative: depuis des mois,
le Gouvernement eashate et les médias se préparaient à une éruption, et le sujet revenait au moins une fois par semaine dans les différents journaux, y compris ceux de la télévision publique, si bien que, que l'on soit analphabète ou non, tout le monde savait qu'une éruption allait avoir lieu bientôt, même si personne ne savait quand. Et donc aujourd'hui, alors que le bientôt signifiait d'ici la fin de la semaine, la plupart des habitants s'attendaient à ce que la prochaine éruption survienne seulement d'ici quelques mois. Mais il est difficile d'ignorer le réveil d'un volcan, sans que celui-ci ne vous surprenne.
Aussi, Astapur, métropole eashate située à plus de 280 kilomètres du volcan, fut témoin de la surprise d'Eskha: les images de GTE, la télévision publique eashate tournaient en boucle sur les écrans de la métropole située à proximité du canal récemment inauguré. Non pas qu'elle fut totalement épargnée du séisme qui suivit, mais les effets furent bien moins impressionnants: le sol trembla suffisamment pour que les passants s'en rendent compte, mais cela n'eut pas la moindre conséquence, mis à part que tous eurent le réflexe de s'arrêter. A Eskha, les objets en équilibre précaire tombèrent, sous la puissance d'un séisme de magnitude 4,2, comme cela serait annoncé quelques minutes plus tard.
Sur les plateaux de l'émission spéciale à propos de l'éruption du Rashari, les présentateurs interrogeaient la Première Ministre qui leur répondait depuis le Parlement, à l'issue d'une session extraordinaire, qui venait de se terminer. Après quelques questions, auxquelles Emma Ravikhan cherchait à répondre en étant la plus rassurante possible, la terre se mit à trembler, et un des micros installés au dessus d'Emma Ravikhan s'effondra sur son épaule, et l'interview se déroulant en direct, les images furent aussitôt diffusés sur tous les postes du pays, sans filtre. Après une courte pause, le temps que les secousses s'arrêtent, la Première Ministre reprit néanmoins avec calme sa phrase, très lucide, expliquant qu'il n'y avait pas eu le moindre dégât à part la "chute malencontreuse d'un certain objet qui ne devait pas être à la place à laquelle le ciel voulait qu'il se trouve".[/justify]
Amni était un village situé sur le versant Ouest du [infobulle="Carte sur laquelle on peut voir l'aire occupée par le Rashari"][url=https://media.discordapp.net/attachments/373481900209340418/386197318233489411/image.png?width=632&height=597]Rashari[/url][/infobulle]. Situé à moins de vingt kilomètres du cratère, il avait été évacué comme tant d'autres, pour la fin septembre 2034, puisque les autorités avaient préféré évacuer la population vivant sur les flancs du volcan avant même que l'on puisse dire avec précision quand le volcan allait s'éveiller, afin d'éviter tout mouvement de panique. Bien entendu, quand une évacuation générale avait lieu, il était rare qu'il n'y ait pas de récalcitrants. En l'occurrence, soixante des mille deux cent quarante-deux habitants avaient décidé de ne pas quitter leur foyer. Les forces de l'ordre n'arrivant pas à les convaincre de quitter les lieux, s'étaient résignés et avaient eu comme derniers mots à leur intention une expression typiquement locale: "Le danger survient quand les yeux sont fermés". Ils ne savaient pas à quel point ils allaient avoir raison.
Au centre du village, une légère faille s'ouvrit, permettant aux gaz situés à l'intérieur du volcan de s'échapper. Ce type de fumées étaient assez réputées: un cocktail létal dès de très faibles doses, à base d'hydrure de souffre et de dioxyde de souffre. La dose mortelle étant de 350 parties par million, le gaz qui s'échappa durant la soirée ne manqua pas une seule victime, puisqu'il avait une concentration presque 10 fois plus forte. Et comme toute fumée ne vient pas sans feu... Une légère coulée de lave s'échappa de l'ouverture, puis continua à descendre la pente dans la rue principale, avant d'atteindre finalement la mairie de la bourgade.
Sans pompiers, ni sans personne encore vivant pour limiter la propagation du feu par diverses moyens, l'incendie se propagea très rapidement. Demain, lorsqu'un des satellites passerait au dessus de l'Eashatri, s'il était attentif au Rashari, il ne manquerait pas de remarquer qu'un des villages avait tout simplement été rayé de la carte.[/justify]
Exactement ce qu'il ne fallait pas qu'il arrive : ce matin à huit heures, la Première Ministre apprenait la nouvelle, qui rendait vain tous ses efforts pour rassurer la population et les investisseurs étrangers: le Rashari avait commencé à faire ses premières victimes, d'une manière particulièrement sournoise.
[quote]... Cette nuit, un village de l'ouest du Rashari, situé à 17 km à l'ouest du cratère du Rashari, a été ravagé par les flammes, la zone, totalement interdite d'accès en raison des risques encourus, a été observée par des satellites internationaux, et il a été découvert qu'Amni avait disparu de la carte, et qu'une partie de la ville était désormais sous une couche assez fine de lave, couvrant une surface de 2 km². Il est quasiment certain que la ville n'avait pas été évacuée à 100%, certains ayant nécessairement refusé l'évacuation générale du Rashari il y a quelques jours, mais au vu des relevés anormalement élevés d'hydrure de souffre, faits à Rashasi ce matin, avec des taux avoisinant 4 ppm, il est quasiment certain qu'un dégagement de ce gaz hautement mortel a eu lieu durant la nuit, et donc, qu'il n'y ait aucun survivant. [/quote]
Et si les coulées précédant l'éruption avaient lieu aussi vite et déjà avec des émanations toxiques... L'éruption de 1986 ne serait qu'un vague nuage en comparaison de celle qui attendait l'Eashatri cette année... Le cycle des éruptions, qui survenaient habituellement tous les 30 ans environ, avait été retardé cette fois-ci, et le Rashari allait montrer de quoi il était capable...
[center]________________[/center]
Sommet du Rashari, 8 octobre 2033, 18h22 heure d'Eskha (12h52, heure mondiale) :
Cela faisait une demi-heure que la terre se dilatait, puis se compressait, par secousses régulières, avec des amplitudes de séismes comprises entre 2 et 3 sur l'échelle de Richter. Puis pendant 5 minutes, plus rien, plus aucune secousse. Toutes les caméras du pays étaient tournées vers le Rashari, et le volcan, dans sa clémence, semblait avoir repris son calme.
5 minutes 12 secondes de silence absolu.
Sans séisme, la faille du cratère s'était écartée, et s'était approfondie de trois mètres.
5 minutes 17 secondes. Le fond de la faille s'effondra, sur une brèche de quelques centimètres. Aussitôt, la pression accumulée dans la chambre magmatique du volcan s'engouffra par l'ouverture, et le nuage de cendres quitta le volcan. En quelques secondes, le voici déjà arrivé à 3000 mètres d'altitude, et la lave commençait à couler des flancs du cratère, entièrement emporté par l'éruption.
[center][img]http://www.virtualuppermantle.info/images/Volcanoes/Andes/Calbuco/volcano-eruption1.jpg[/img]
Vue du Rashari, le 8 octobre 2034 à 18h 22min 32s, depuis l'Est du Volcan
[img]http://strangesounds.org/wp-content/uploads/2015/12/mount-etna-eruption-picture.jpg[/img]
Vue du Rashari, le 8octobre 2034 à 18h23min 14 secondes, depuis le Nord du Volcan[/center]
18h23 minutes, 14 secondes: Le nuage de cendres avait atteint la tropopause, et commençait à monter dans la stratosphère, à quelques 13 kilomètres d'altitude, quand la partie basse du nuage commença à se mélanger plus à l'air ambiant, en suivant la direction des vents: le Nord et l'Ouest.
[center][img]https://media.discordapp.net/attachments/373481900209340418/386825574972391426/Eruption_Rashari-Eskha_Islamabad.jpg?width=967&height=597[/img]
19h36 : Le nuage atteint le périphérique eskhan, par l'est, à une vitesse d'environ 60 km.h-1.[/center]
[justify]En période de campagne électorale, les politiciens donnent toutes leurs capacités pour appeler les électeurs à voter pour eux. Entre phrases engagées et incisives, discours riches et parfois contradictoires, débats passionnés et même virulents, et polémiques essentielles mais aussi violentes, les nerfs des électeurs sont parfois mis à rude épreuve. Cela est encore plus vrai en Eashatri, pays qui ne comporte que deux chaînes télévisées, chaînes qui consacrent plus de 70% de leur temps d'antenne à la politique lorsque le pays entre en période électorale. En ce 18 septembre 2036, cela fait précisément quatre heures que les politiciens de tous bords se succèdent à l'antenne, interrompus uniquement par les questions des journalistes, mais aussi quelques plages de publicité.
Sur les radios du pays, on assiste au même phénomène, alors même que le secteur est moins contrôlé. Et aujourd'hui, tous les journalistes n'ont qu'une expression à la bouche : le vivre-ensemble. Certains prétendent que l'Eashatri est la nation du vivre-ensemble, faisant cohabiter plusieurs religions, parfois antithétiques, sous un même drapeau, et ayant même réussi à atténuer les tensions ethniques au nord du pays, entre shuktènes et taktounes. D'autres journalistes voient plus un Eashatri ultra-mondialisé, dans lequel l'identité des plus faibles disparaît au profit de celle des élites, et ces mêmes journalistes interrogent leurs auditeurs sur la question de savoir si vraiment le vivre-ensemble eashate est vraiment une bonne chose. Mais aucun ne se pose la question de savoir si le vivre-ensemble affiché par l'Eashatri n'est pas un vernis prêt à craquer, surtout durant cette période électorale, où les tensions sont aussi exacerbées qu'en un certain mois d'avril 2027, bien que moins cristallisées.
Pranav non plus ne se pose pas cette question. Non, lui, le policier de [url=https://cdn.discordapp.com/attachments/464759528395767808/472368582597017600/unknown.png]Rehani[/url], ne peut que rejoindre ceux qui voient l'Eashatri comme un Empire qui cherche trop à se mondialiser, et qui pervertit son identité pour que tout le monde puisse se reconnaître dans les combats que mène l'Empire, alors même que ce dernier est tellement tourné vers l'international qu'il en oublie ses sujets. C'est exactement pour cette raison que Pranav votera LI le 3 décembre prochain. En autres partis qui défendraient l'idée de se reconcentrer sur l'identité eashate, il y aurait aussi le FPF pourtant, mais Pranav ne veut pas entendre parler de ces gens-là. Si beaucoup l'ont oublié, lui ne peut pas ignorer le fait que ces extrémistes vont beaucoup trop loin dans leurs combats, et n'hésitent pas à assassiner pour soutenir leur cause. Il y a trente-deux ans, c'est comme ça que 5 800 personnes avaient trouvé la mort, un matin de septembre. Un village entier, rayé de la carte, pour une affaire de religion. Et ça aucun enfant ne l'apprenait en cours d'histoire, comme chacun des événements de la Guerre d'Indépendance.
Aussi, aux yeux de Pranav, même si le FPF avait changé de cible, s'en prenant désormais plus au christianisme qu'à l'islam, Pranav ne voulait pas être lié de quelque manière que ce soit à ce parti. C'était d'ailleurs la seule chose qui pourrait changer son vote pour la LI : le fait que la Ligue Impériale avait fait du FPF son premier allié. Mais bon, au cours de la campagne, la Ligue reverrait peut-être la liste de ses alliés, et se rapprocherait peut-être plus du MPE.[/justify]
[justify]Maintenant que la campagne était lancée, l'ensemble de la classe politique eashate organisait des meetings pour chacun des partis de l'Empire, et certaines places étaient bien plus convoitées que d'autres. Pour Chettur Tavade, la cheffe du PES, cela compliquait les choses, et dès aujourd'hui, le 20 septembre 2036, elle devait se résigner à choisir des créneaux qui ne lui seraient pas favorables si elle voulait pouvoir réunir plus de 10 000 personnes. Ainsi, par exemple, pour la ville de Rehani, elle était forcée de prendre la Salle Barhan le 26 novembre, le lendemain du discours de l'UDP, et la veille du discours d'Operkh pour la GTI. Autrement dit, pour se démarquer et convaincre des électeurs de cette circonscription de voter pour son parti, elle aurait de nombreuses difficultés. Si elle avait eu le choix, Tavade aurait choisi une date plus lointaine, le 29 novembre, mais la salle Barhan fêtait durant ces jours-là la mort de l'auteur qui lui avait donné son nom. Et juste avant, la salle était réservée pour le MPE.
En faisant son emploi du temps pour les deux mois à venir, plongée dans ses pensées, elle n'entendit pas le téléphone de son bureau sonner pour lui signaler que son visiteur était arrivé. Elle resta donc penchée sur son ordinateur, quand on toqua à la porte de son bureau, ce qui la fit sursauter, et renverser quelques crayons sur son bureau. Elle les jeta rapidement dans un tiroir, sans prendre le temps de les ranger, afin que son bureau puisse sembler impeccable, et qu'elle puisse paraître maîtresse de la situation, alors même qu'elle avait oublié qu'elle devait recevoir quelqu'un aujourd'hui
"Entrez !"
La porte s'ouvrit sur Eredin Tobephki, le fondateur de l'UDP, parti centriste avec lequel le PES s'était allié lors des dernières élections législatives, sous l'impulsion de Chettur Tavade, justement. Elle ne savait absolument plus pourquoi elle avait rendez-vous avec lui aujourd'hui. néanmoins, M. Tobephki ne semblait pas l'avoir remarqué, et affichait un sourire sincère, qui retira presque le stress que Chettur portait en elle.
"Bonjour Chettur ! Ça fait plaisir de te revoir dans ton bureau de campagne !
-Bonjour Eredin, sourit-elle. Oui, je suis contente de pouvoir mener campagne par moi-même, cette fois-ci ! Le recueil de signature s'annonce même concluant pour le moment, ce qui est bon signe !
-Pour toi aussi ? J'en suis heureux pour toi ! Même si cela signifie que je n'aurais pas le coup de pouce de la réunion PES-UDP pour faire monter mes listes dans les sondages !
-Je vois que tu es d'humeur rieuse... Pourtant, tu es...", commença-t-elle, avant de lire les nouvelles sur son ordinateur. "Ton bras droit va être heureuse ! Vous allez recevoir en pleine période de campagne, 2 000 000 Uars de subventions qui auraient dû vous être versées l'année dernière et qui ne l'ont pas été à cause d'une erreur du Ministère de l'Economie, qui avait inversé vos effectifs avec ceux du FPF... Je comprends ta bonne humeur, c'est une situation confortable !
-Oui c'est une bonne nouvelle, même si ça va alimenter les théories complotistes voulant que je sois dozénaliste... et que mon parti soit surfinancé pour cette raison. Mais ce n'est pour cette raison que je voulais te parler. Tu t'en souviens au moins ?"
Lisant sur les traits affichés par Chettur Tavade, Eredin Tobephki éclata de rire.
"Je voulais te proposer un marché pour échanger les dates de nos meetings à Rehani ! J'avais cru comprendre que faire ta réunion entre mon discours et celui de Sadiq Operkh n'était pas parmi une situation que tu appréciais ! Et moi, ça m'arrangerait aussi de passer le 22, puisque mon discours sera télédiffusé et le samedi, les audiences sont toujours plus élevées.
-Oui, oui, ça ne pose pas de problème ! Oh tu me retires une épine du pied tu sais ! Je préfère largement parler après Pashuv Maraahni qu'avant Sadiq Operkh...
[justify]6 novembre 2036. Le supérieur direct de Pranav avait établi les emplois du temps de ces effectifs pour la fin du mois, et Pranav était déçu : lui qui s'attendait à pouvoir avoir la chance d'assurer la sécurité du meeting d'Afka Dolam, le 17 novembre, au lieu de quoi, lui et son équipe allaient être affectés à la sécurisation de la salle Barhan quelques jours plus tard, pour le discours de politiciens dont il ne se souvenait même pas du nom tant ceux-ci ne l'intéressaient pas. Il était dépité, mais pour autant il ne comptait pas laisser la place à un autre : en période de législatives, les gradés de la police eashate étaient souvent mis à l'épreuve, puisqu'au sommet de l'état des têtes allaient surement tomber, et la pyramide devrait évoluer, permettant à certains de gravir les échelons... Et comme Pranav ambitionnait sérieusement de devenir chef de la division de police du Sud-Est de Rehani, il était donc hors de question qu'il n'accomplisse pas la mission qu'on lui présentait. C'est pourquoi, bon gré mal gré, il coordonnerait la sécurité de ce meeting, dans l'espoir d'obtenir une belle promotion une fois les législatives terminées, mais en attendant, il ne se tuerait pas à la tâche non plus.
Pour ses hommes, l'annonce qu'ils allaient assurer la sécurité de la salle Barhan le 26 novembre était un soulagement. Cela signifiait qu'ils allaient pouvoir consacrer un peu plus de temps à leurs familles respectives, puisque la salle Barhan était facile à sécuriser d'une part, et d'autre part le politicien vedette de cette journée était Eredin Tobephki. Et ça ne signifiait pas rien ! Ayant des origines hellènes, il était plein aux as et dépenserait donc déjà une folle somme dans des compagnies de sécurité privées, et même si ce n'était pas le cas, le dozénaliste serait surement protégé par la fameuse organisation souterraine dont les rumeurs affirmaient avec certitude qu'il faisait partie.[/justify]