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Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify][center]Il n’en restera qu’un (4/6)
République maritime de Céjanoise / République maritime de Dentegorie
31 août 2034

République maritime de Céjanoise[/center]

[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/830883maisonretraite.png[/img][/center]

L’été touchait à sa fin mais la chaleur caniculaire brûlait encore les cotes de la République maritime de Céjanoise, avec des températures supérieures à 30°C. Dans la maison de retraite de Pelargona, une petite ville à l’ouest de l’entité, la vieille climatisation semblait donner ses derniers efforts. L’odeur du gaz frigorigène, en contact avec l’humidité persistante des lieux, mêlé à celle des déjections de chaises percées non vidées des pensionnaires, donnait une atmosphère olfactive nauséabonde. Le personnel semblait s’en accoutumer, il n’avait guère le choix. Placido Gxiba, lui, était un notable et n’était guère habitué à ce genre de parfums. Si bien qu’il en venait à trouver plaisante cette senteur d’eau de Javel bon marché que les aides-soignants déversaient allègrement dans les couloirs. Le député du Parti national n’était pas venu faire campagne électorale mais remplir une mission qui lui avait été confiée par son allié Horasiu Zamfir. L’homme suivait l’infirmier-en-chef des lieux, tenant en permanence un mouchoir sur son nez pour limiter tant que possible son calvaire.

[center][img]https://img15.hostingpics.net/pics/767265PlacidoGxiba.jpg[/img]
Placido Gxiba
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
[/center]

Rappeler que la maison de retraite avait mauvaise réputation était un euphémisme mais, au moins, dans la misogyne Céjanosie, hommes et femmes y étaient logés à la même enseigne. Il s’agissait pour la plupart de personnes âgées sans le sou, placées dans ce mouroir et recevant le minimum exigé d’assistance sociale. Placido suivait Olafo, l’infirmier-en-chef dans ce dédale de couloirs. Durant son parcours, il put remarquer plusieurs pensionnaires déshydratés dont certains qui avaient probablement rendu l’âme.

Olafo :
Infirmier-en-chef de la maison de retraite de Pelargona
« Attendez-moi ici quelques instants… »

Placido attendit à l’entrée de la salle du personnel, où plusieurs employés qui n’avaient de « soignants » que le nom profitaient de leur pause, pour jouer aux cartes. Dans un coin de la pièce, une femme âgée avait les mains ligotées sur son fauteuil roulant n’arrêtait de couiner. Visiblement sénile, la femme avait essayé de s’enfuir de l’hospice, et voilà maintenant six heures qu’elle était là à attendre, immobile. Le responsable demanda à ses subordonnés :

Olafo :
Infirmier-en-chef de la maison de retraite de Pelargona
« Le député est là. Tu sais où est Madame Batalo ? »

Livio :
Aide-soignant de la maison de retraite de Pelargona
« Je l’ai jetée au lit il y a dix minutes. Elle est dans la chambre 134. »

« Jeter au lit » signifiait tout simplement dans le vocable professionnel « mettre au lit », mais il témoignait de l’ambiance de travail de cet établissement. Placido Gxiba fut d’ailleurs étonné qu’aucun n’eut la politesse de lui adresser le moindre bonjour, lui le député de la Nation ! Mais il ne fit aucune remarque et se contenta de suivre Olafo vers la chambre 134. Là, une vieille dame végétait dans le lit. Evidemment, elle ne dormait pas : il n’était même pas dix-huit heures, le soleil brillait encore et ne couchera que d’ici trois heures. La femme, muette, contemplait stoïquement le mur décrépi en face d’elle.

[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/459589senior.png[/img]
Madame Batalo[/center]

Olafo :
Infirmier-en-chef de la maison de retraite de Pelargona
« Vous êtes sûr qu’il s’agit de la mère du Premier ministre ? Elle dit n’avoir que des filles, qui sont parties au Thodermoscya il y a longtemps. »

Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Elle n’a plus toute sa tête. Mais regardez bien, elle a les mêmes joues creuses que lui… Pouvez-vous me laisser avec elle, quelques instants, s’il vous plaît ? »

Olafo :
Infirmier-en-chef de la maison de retraite de Pelargona
« Bien sûr. »

Olafo s’éclipsa de la chambre et attendit le député à l’extérieur de celle-ci. Placido fixa la vieille dame, laquelle venait à peine de remarquer sa présence :

Madame Batalo :
« Vous êtes ce charmant infirmier que j’ai rencontré hier ? »

Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Non, Madame. Je suis un ami de votre fils… Oui, vous savez, Renardo. Renardo Stangor… »

Madame Batalo :
« Ah ? Vous êtes sûr ? J’ai un fils ? »

Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Oui. Vous l’avez bien éduqué, il est le Premier ministre de Céjanosie aujourd’hui. Il s’excuse de ne pas venir vous voir, il a un planning très chargé, vous vous doutez bien… Alors, il m’a demandé de réaliser quelques photos et vidéos de vous, pour lui. »

La pensionnaire arbora un large sourire.

Madame Batalo :
« Ah, j’ai toujours su qu’il allait devenir quelqu’un d’important… »

Placido sortit son smartphone et commença à prendre plusieurs photos de Madame Batalo. Ses grains de beauté distinctifs, l’iris de ses yeux… Le député la mitraillait littéralement de clichés, et l’intéressée semblait se prêter au jeu avec beaucoup d’amusement.

[hr][/hr]

[center]République maritime de Dentegorie


[img]https://img4.hostingpics.net/pics/514537amarantinafolioj.png[/img]
Salle de rédaction du journal Amarantina Folioj[/center]

Il était vingt-trois heures au siège des Amarantina Folioj et s’il restait quelques journalistes téméraires et bourreau du travail, l’effervescence matinale était largement retombée. Horasiu Zamfir aimait tout particulièrement écrire à ses éditoriaux à ce moment, dans la nuit. Dans ce lieu désert, il avait pour ainsi dire l’impression de dominer le monde ou tout du moins, être le rédacteur-en-chef du principal quotidien amarantin. Mener une grande carrière de journaliste ne l’intéressait plus, il avait d’autres projets mais pour ce faire, il avait besoin de la machine médiatique. En fait, Horasiu Zamfir était détesté de toute la rédaction des Amafolioj comme on disait ici. Ses collègues lui reprochaient son impulsivité, son obsession misogyne pathologique. Sa tête fut souvent demandée mais Zamfir continuait d’avoir le soutien indéfectible du rédacteur-en-chef. Alors que son statut d’éditorialiste ne lui conférait aucune autorité statutaire sur ses collègues, il était devenu un de leurs supérieurs par la force des choses. Par le passé, Zamfir avait réussi à faire licencier ceux qui lui avaient tenu tête au sein de la rédaction.

Horasiu arriva au siège avec un petit dossier rempli de divers documents émanant de la Société Navale de Céjanosie. Ceux-ci, paraphés « RS » - comprendre « Renardo Stangor » - concernaient une « cession de brevet d’exploitation à la République Aminienne Démocratique et Populaire ». Le dossier se voulait explosif : le Premier ministre céjanosien aurait donné son accord pour transmettre les secrets de fabrication du principal chantier naval amarantin à l’Aminavie, en vue d’une probable délocalisation de l’activité. Tout était évidemment faux, l’Amarantie et l’Aminavie n’avaient jamais signé un tel accord. Et d’ailleurs, le journaliste à qui il demanda de relayer l’information restait dubitatif :


Ĵafaro Hekton :
Journaliste aux Amarantina Folioj
« Ecoutez, Horasiu, j’ai épluché de manière très attentive votre dossier. Tout ce que je peux dire, c’est que les faits allégués sont très graves. Mais comprenez bien que je ne peux pas publier tout de suite. Devas Scii serait ravi d’avoir cette information et de la relayer de sitôt en exclusivité mais ici, nous sommes une maison sérieuse. Je dois vérifier l’authenticité des documents. »

[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/678131journa.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
[/center]

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Vous n’avez pas confiance en moi, Ĵafaro ? »

Ĵafaro Hekton :
Journaliste aux Amarantina Folioj
« Ecoutez, vous êtes censé représenter la Céjanosie au Conseil Exécutif, pas de faire couler votre gouvernement. Je ne vois pas quel est votre intérêt à ce que l’affaire soit publiée. »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Mais Stangor est un crétin ! Il va mener le Parti national à sa perte, je veux éviter ça. Je publierais l’information si je n’étais pas membre du Conseil Exécutif. On parle tout de même d’un enjeu de sécurité nationale : des brevets d’exploitation de nos croiseurs et frégates seront cédés à l’Aminavie, la même Aminavie où a été proclamée une [url=http://www.simpolitique.com/post327000.html#p327000]république britonne[/url]. Nos ennemis vont tout savoir sur notre flotte ! »

Ĵafaro Hekton feuilleta silencieusement les documents mais reste dubitatif. Au bout de quelques secondes, il rendit le dossier :

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Désolé, je ne marche pas. Si ce dossier montre que la sécurité nationale est compromise, ce n’est pas à la presse qu’il faut le montrer mais aux services de renseignement. Je ne peux rien faire pour vous. Je vais devoir rendre des comptes si je publie un tel article, vous le savez ? Pas seulement à la direction des AmaFolioj, mais aussi au Renseignement amarantin. Je ne peux pas attester de l’authenticité du document. Vous, vous le pouvez. Encore désolé. »

Horasiu Zamfir récupéra le dossier, tandis que son collègue retourna à ses occupations, devant son écran d’ordinateur. Les deux hommes étaient maintenant seuls dans la salle de rédaction et l’éditorialiste bouillonnait : ce Ĵafaro savait maintenant trop de choses. Il DOIT publier l’article. Jetant le dossier sur un bureau, il attrapa violemment le poignet du journaliste.

Ĵafaro Hekton :
Journaliste aux Amarantina Folioj
« Mais lâchez-moi, vous êtes fou !!! »

Le journaliste se défendit à coup de genoux dans l’abdomen de Zamfir, qui se recroquevilla sur le choc du coup. Ĵafaro tenta de saisir son téléphone mais Zamfir le retint.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Tu n’es qu’une petite merde de journaliste, c’est-à-dire rien du tout. Quand je te demande de publier une information capitale comme celle-ci, je ne demande pas ton avis, je te demande de le faire. Si tu refuses, j’ai les moyens de rendre plus misérable encore ta minable vie : aucun autre journal ne voudra de toi, pas même Devas Scii et ça peut aller plus loin encore. Je peux écrire ton nom comme « persona non grata » en Amarantie. Tu auras un mandat d’arrêt contre toi, tu finiras tes jours comme fugitif si tu n’es pas jeté en prison avant… ou jeté dans la fosse aux lions. Le peuple est sur les nerfs en ce moment avec la guerre. Si jamais il sait que tu as gardé une info qui menacerait leur sécurité, il va t’étriper et personne ne pourra te sauver. Et quand il aura fini, il s’en prendra à ta mère. »

Ĵafaro Hekton resta bouche bée, puis avala sa salive comme pour signer sa capitulation face au « bouledogue » comme il était surnommé ici. Le journaliste se saisit du dossier et le feuilleta de nouveau. Le bouledogue, lui, s’assit à côté tel un chien de garde prêt à mordre à la moindre erreur.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify][center]Insurgées (2/3)
République maritime de Céjanoise
24 mai 2035[/center]

Fedora et son amie Lizistrata n’avaient plus de nouvelles de Pandora, l’Amazone du Thodermoscya qui parcourait les marchés céjanosiens à la recherche de futures insurgées contre l’ordre aliéniste et misogyne établi dans cette entité. Des mois durant, elles reçurent des instructions de la part de ces étrangères qui se présentaient comme leurs libératrices. Pandora avait appris à Fedora à se servir d’une arme à feu mais surtout, elle demandait à ses pupilles une « discrétion absolue » compte tenu de la dangerosité de l’opération, dans cette région d’Amarantie très militarisée. Heureusement, la Céjanosie n’était pas sans faille, ni aussi propre qu’elle le prétendait. Ici-bas, népotisme et corruption dirigeaient la vie politique.

Fedora ne connaissait pas les détails de l’opération, elle savait juste qu’elle irait dans un pays étranger. Qu’au moment où lui communiquerait une date, il fallait qu’elle se sauve de la demeure de son propriétaire, qu’elle court le plus rapidement possible vers le sud. Elle n’allait pas être la seule : des milliers de femmes aliénées de Céjanosie seraient ainsi libérées, causant un effet d’émeute si soudain et si important qu’il serait impossible à canaliser par les forces de l’ordre céjanosiennes. Bien sûr, en de telles circonstances, l’ordre leur sera rapidement transmis de « faire feu » quoi qu’il arrive et Fedora, comme son amie Lizistrata pourrait alors en faire les frais.

L’absence de nouvelles de Pandora l’inquiétait. Avait-elle été attrapée par les services étatiques ? Sa faction avait-elle abandonné l’idée de les libérer, elle et ses compagnons d’infortune, devant l’ampleur de la tâche ? Ou, plus grave encore : était-ce un traquenard ? Chez Fedora, le cynisme avait remplacé la confiance à force d’épreuves et c’est l’esprit noirci qu’elle rentrait au domicile, ce jour-là. Mais à peine fut-elle entrée qu’elle fut interpellé discrètement par Dario, l’aliéné favori de Cicerono Anasor.


[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/45957129E1.jpg[/img]
Dario
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
[/center]

Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Fedora, il se passe quoi le 8 juin prochain ? »

La jeune femme devint livide en quelques secondes. Cette information impromptue lui donnait l’impression d’avoir la tête coincée dans le billot d’une guillotine prête à servir. La bouche hébétée, elle ne put sortir aucun mot. 8 juin : voilà la date de l’insurrection qu’elle attendait tant. Mais pourquoi Dario en avait connaissance et pas elle ? La crainte du traquenard prenait de plus en plus d’ampleur.

Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Ouais, on a passé un petit moment avec ta copine Lizistrata et elle m’a demandé de vous rejoindre le 8 juin prochain. Quand je lui ai demandé ce qui se passait, elle est devenue tout rouge et s’est tu. Apparemment, elle devait t’en parler. »

Mais quelle conne ! L’imprudence de Lizistrata pouvait complètement compromettre le projet. Fedora lui avait pourtant dit de ne pas faire confiance à Dario, il savait se montrer très persuasif ! De sa voix tremblante, elle posa une question essentielle :

[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/78263547E2.jpg[/img]
Fedora
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
[/center]

Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Est-ce que tu en as parlé au Maître ? »

Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Non. Je devrais ? »

Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« On a juste prévu… une sortie entre filles ce jour-là ! On a besoin de décompresser. »

Dario fixa Fedora mais ne répondit rien. Le mensonge avait-il passé ? Visiblement oui. L’aliéné lui adressa un sourire amical puis partit vaquer à ses occupations et Fedora aux siennes. Deux semaines. Oui, deux semaines. Voilà le temps qui lui restait avant d’espérer gagner la liberté. Le chemin sera semé d’embûches et peut-être au bout de celui-ci lui attendra la mort. Mais la mort était elle aussi une forme d’émancipation.

[hr][/hr]

[center]République de Spongorie[/center]

[center][img]https://i.imgur.com/8KSwoNA.png[/img]
Dejanira
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
[/center]

Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« Ah, il arrive ! »

Le bras droit de la Baronne de la Fratinoja aperçut au loin la silhouette d’un homme impeccablement habillé, à la peau mate qui correspondait assez bien à la description qui lui avait été donné. Avec sa patronne, Kleopatra Magnor, les deux femmes attendaient depuis une demi-heure dans une cave à vins, sur des chaises de fortune.

[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
[/center]

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« C’est pas trop tôt ! Attend-moi. »

[center][img]https://i.imgur.com/PPWHFIn.png[/img]
Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
[/center]

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Nous en avons discuté : nos relations avec le Montalvo sont déjà au plus bas, nous n’avons rien à perdre. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Parfait ! Tant que vous êtes prêts pour le 8 juin prochain. »[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify][center]Insurgées (3/3)
République maritime de Céjanoise
8 juin 2035 – 9h37[/center]

[center][img]https://i.imgur.com/3MEUTk1.png[/img][/center]

Lizistrata maintenait fébrilement l’arme de poing qu’elle braqua contre son propriétaire. Celui-ci avait eu une légère commotion après un coup porté sur la tempe. Dix minutes plus tôt, Banrio – c’est ainsi qu’il s’appelait – l’avait intercepté en plein milieu du couloir pour lui évoquer cette rumeur d’une « sortie entre filles » prévue à onze heures, sans son autorisation. Paniquée, la jeune femme avait accouru vers sa chambre récupérer l’arme pour se défendre. « Je n’ai plus peur de toi, je n’ai plus peur de toi » répétait-elle à son égard, à moitié convaincue au regard de ses tremblements. Mais après dix ans de captivité, Lizistrata n’était plus sûre de rien.

[center][img]https://i.imgur.com/fatyeAj.png[/img]
Lizistrata
Alienée, amie de Fedora
[/center]

Lizistrata :
Alienée, amie de Fedora
« Je te préviens, si tu fais le moindre geste brusque, j’appuie ! »

L’aliénée aurait tant aimer ne pas en venir là. Si ce traître de Dario n’avait rien cafté, à onze heures elle se serait lancé dans la grande évasion prévue de longue date. En sanglots, la jeune femme n’avait pas de particulière envie de tuer son propriétaire, malgré les sévices qu’il a commis sur elle, elle voulait juste fuir cet endroit pour aller n’importe où dans le monde. Banrio Limeo, qui était à genoux, l’arme braqué sur lui tenta lui aussi de se frayer un échappatoire :

Banrio Limeo :
Propriétaire de Lizistrata
« Ecoute… J’ai un rendez-vous très important à dix heures. Si je n’y suis pas, ça risque d’alerter mes gardes du corps qui vont débouler ici. Et je ne pourrai rien faire pour toi, ils auront la liberté de tirer. Laisse au moins le temps de les contacter par téléphone… »

Lizistrata :
Alienée, amie de Fedora
« Pour appeler les flics ? Tu me prends pour une conne ? »

Banrio Limeo :
Propriétaire de Lizistrata
« Pas besoin d’en arriver là… Que veux-tu ? La liberté ? Je peux te l’offrir, là maintenant. Un papier et un stylo et tu es affranchie. Tu m’as rendu de nombreux services ces dix dernières années, à mon tour de t’en rendre un… »

Lizistrata ne répondit rien mais après quelques instants d’hésitation, elle donna à son propriétaire le matériel nécessaire, en maintenant l’arme braquée sur lui. Le riche propriétaire écrivit la lettre d’affranchissement sous l’œil à moitié attentif de son aliénée. Après quelques minutes, l’homme apposa sa signature, difficile à reproduire.

Banrio Limeo :
Propriétaire de Lizistrata
« Maintenant, pose l’arme à terre. S’il te plaît. Voilà, en douceur… »

L’aliénée se saisit d’abord du sésame et recula avec l’arme jusqu’à la porte d’entrée de la demeure. Elle la posa et ouvrit la porte pour prendre la fuite.

[center][img]https://i.imgur.com/Cd3vmDa.png[/img]
Demeure de Banrio[/center]

Elle avait presque une heure et demi d’avance sur le planning mais ça lui permettra d’être plus rapidement, en sécurité, aux ports où l’attendaient les bateaux censés la conduire ailleurs. Mais à peine avoir franchi le portail, sa course s’arrêta net. Elle venait de recevoir un 9 mm dans la boîte crânienne. Tiré depuis le seuil de la maison par Banrio par l’arme qu’elle tenait quelques minutes auparavant. Fatal. La lettre d’affranchissement finit dans le caniveau, peu à peu imbibé de sang de celle qui venait de retrouver la liberté.

Banrio Limeo :
Propriétaire de Lizistrata
« Sale petite peste… »

[hr][/hr]

[center]10h57[/center]

À l’autre bout de la ville, la scène semblait se rejouer pour Fedora qui ignorait ce qui venait se passer pour son amie. Dario avait répété le petit secret à son maître, et l’information n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Sur la demande de Cicerono, Dario prit Fedora pour les cheveux pour lui infliger une correction dans la « Salle Charnelle ».

[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/604146redroomwithcandlelight.jpg[/img]
La « Salle Charnelle » de Cicerono Anasor[/center]

[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/47336341M1.jpg[/img]
Cicerono Anasor
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url]
Propriétaire d’aliénés
[/center]

Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Allez, défoule-toi sur elle, mon cher Dario. »

Dario s’exécuta et baissa son pantalon après avoir baissé celui de sa proie, sous le regard du directeur de Metern KIR qui se versa un apéritif pour profiter pleinement du spectacle. La jeune femme remua vivement pour se défaire de l’emprise de Dario mais l’homme avait une imposante musculature.

Toutefois, en domestique de maison, Fedora n’était pas sans savoir qu’un petit extincteur se cachait derrière le rideau. Alors que Dario donna le premier coup de rein, Fedora tenta désespérément de le saisir. Après plusieurs secondes, elle y parvint enfin et porta un violent coup contre Dario qui met K.O. ce dernier. Alerté par la situation, le propriétaire lâcha son verre et tenta de fuir. L’homme n’était pas très vaillant et avait acheté Dario pour lui assurer sa protection personnelle.


[center][img]https://i.imgur.com/IARPkM5.png[/img][/center]

Fedora le rattrapa sans mal et le plaqua au sol. Sans réfléchir, alors que Dario reprenait tout doucement ses esprits, elle enleva la goupille et intuba son propriétaire avec le tuyau de l’extincteur avant de l’actionner de toutes ses forces.

Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Mais… blblblblble… blblbl. »

L’agent extincteur inonda peu à peu la bouche, puis l’œsophage et enfin les poumons de Cicerono. Dans une rage telle qui ne lui était pas habituelle, Fedora avait vidé la moitié de l’extincteur. Il n’y avait plus de doute sur la mort par asphyxie de son maître. Toute perturbée, elle s’essuya les larmes, jeta l’extincteur et prit la direction de la porte en courant. Il était maintenant 11h15 et elle avait un retard d’un quart d’heure sur le planning. « Dirige-toi vers le sud, aide-toi des voies ferrées s’il le faut. » lui avait dit Pandora, l’Amazone du Thodermoscya, dans une ultime indication.

[center][img]https://i.imgur.com/e6ULp4Y.png[/img]
Trilitanne, une ville de la Céjanosie[/center]

L’insurrection n’avait commencé que depuis quinze minutes mais déjà, les premiers policiers sillonnaient à toute hâte les rues. Ils avaient ordre de tirer sur le moindre suspect. Fedora n’était pas la seule à courir, elle put apercevoir ici et là d’autres aliénés – surtout des femmes – prendre la même direction mais selon des chemins différents. De temps à autre, elle entendit un coup de feu, suivi du cri glaçant de la personne que la balle avait touchée. Toute confuse, elle tenta de se remémorer où était la voie ferrée. Mais l’anarchie inhabituelle dans cette entité si bien contrôlée lui faisait perdre ses esprits.

Inconnue :
« Allez, dépêche-toi, c’est par là ! »

Une inconnue l’avait accosté. Elle courrait elle aussi en direction de l’ouest. C’était à l’évidence une aliénée. Fedora ignorait si elle allait l’amener dans la bonne direction mais dans de telles circonstances, elle ferait confiance à n’importe qui ne tenant pas d’arme. L’inconnue était plusieurs mètres devant elle mais à l’approche d’un carrefour sans visibilité, elle tomba nez à nez face à des policiers céjanosiens qui firent feu immédiatement.

Tétanisée par la scène, Fedora fit demi-tour. Désormais, elle était traquée par deux hommes armés qui n’allait pas la laisser s’enfuir facilement. Ah, enfin le parc ! La voie ferrée n’allait pas être très loin. Un des deux policiers n’était qu’à une vingtaine de mètres d’elle et tenta un tir de temps à autre contre elle. L’un d’eux toucha son bras, provoqua une douloureuse aussi soudaine qu’immense.


[center][img]https://i.imgur.com/zsz71gp.png|/img][/center]

Arrivée sur le chemin de fer, Fedora qui courrait en se tenant le bras blessé jeta un bref regard derrière elle : elle avait visiblement réussi à le semer ! Quelques mètres plus loin, elle vit une arme braquée sur elle. Fausse alerte et grand soulagement : c’était Pandora.

Pandora :
Amazone du Thodermoscya
Organisatrice – parmi tant d’autres – de l’évasion des aliénés du 8 juin 2035

« Vite, on t’attendait ! »

[center][img]https://i.imgur.com/zFwHsCA.jpg[/img]
Fedora
Ex-aliénée de Maître Cicerono Anasor
[/center]

Fedora :
Ex-aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Et Lizistrata ? »

Pandora :
Amazone du Thodermoscya
Organisatrice – parmi tant d’autres – de l’évasion des aliénés du 8 juin 2035

« Je t’expliquerais. Monte dans la voiture ! »

La voiture – un imposant SUV de location - était pleine à craquer d’aliénées. Fedora prit la dernière place qui restait, dans le coffre avant que le véhicule ne fonça en direction de l’ouest, vers l’entité voisine de Caducée. Comme Fedora, ils étaient des milliers à avoir répondu à l’appel du 8 juin de onze heures tapantes. Mais à peine plus de la moitié sera arrivée au bout. Les autres, quand ils n’ont pas la chance d’avoir été tués, seront emprisonnés et torturés pour obtenir d’eux les informations dont la Céjanosie avait besoin. Le calvaire pour les insurgées n’était pas terminé.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify][center]Il n’en restera qu’un (5/6)
République maritime de Céjanoise
29 septembre 2035

République maritime de Céjanoise[/center]

[center][img]https://i.imgur.com/p0GzVoK.jpg[/img][/center]

Parfaitement synchronisé, le défilé militaire paradait les abords du port d’Artigona, la capitale céjanosienne. L’heure était au recueillement : il y a un peu plus d’un an, 112 marins amarantins avaient trouvé la mort dans les eaux de l’Océan Janubien et c’est en leur honneur que tout le gratin politico-médiatique avait fait le déplacement. La Céjanosie était organisatrice de l’évènement, en dépit des troubles internes qui la secouait, puisqu’elle restait la capitale militaire de la Ligue. Elle concentrait la grande majorité des effectifs de la Marine amarantine et assurait le budget militaire, un peu plus que les autres entités. Pour autant, elle n’avait pas le contrôle plein et entier de l’armée de la Ligue, qui restait au bon vouloir du Conseil Exécutif. Celui-ci avait adressé une froide fin de non-recevoir à la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=333927#p333927]demande de la Céjanosie[/url] de l’aider contre la révolte servile du 8 juin dernier.

[center][img]https://i.imgur.com/gn1J1l7.jpg[/img]
Mémorial des soldats morts pour l’Amarantie durant la Guerre des Containers[/center]

Aucun des 112 corps de marins soldats tombés en juillet 2034 ne fut repêché. Au plus fort du conflit, impossible d’entreprendre des recherches dans cette région extrêmement tendue. Et l’Océan, lui, est impardonnable. Un mémorial, sous la protection de la déesse dodécathéiste de la guerre Atena, fut érigé près d’Artigona, non loin de la base navale dont relevaient lesdits soldats. La cérémonie était présidée par l’amiral Krizipo Romedo.

Horasiu Zamfir, le représentant de la Céjanosie, y assistait, comme n’importe quel invité. Il ne faisait pas partie du « gang des 16 », c’est-à-dire des dirigeants des 16 entités qui se tenaient hypocritement les uns à côté des autres pour honorer ensemble la mémoire d’une Ligue prétendument unie pour l’occasion. Que le président céjanosien puisse participer à cette mascarade ulcérait Zamfir mais le confirmait chaque jour dans la conviction que la Céjanosie avait besoin d’une alternance.

Une fois l’hymne entonné, le gang des 16 serra les nombreuses mains des proches des victimes. Pendant ce temps, Horasiu Zamfir s’approcha du vice-amiral


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Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
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Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Où était cette bande d’hypocrites quand des aliénés ont attaqué en toute impunité nos citoyens ? Ces animaux ont mis la Céjanosie sans dessus dessous. Non seulement on doit payer nous-même la facture et en plus, ils continuent de nous exiger de payer pour une armée à qui ils ordonnent de ne pas nous venir en aide ! »

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Valerio Savojon
Vice-amiral de la Marine amarantine[/center]

Valerio Savojon
Vice-amiral de la Marine amarantine
« Vous savez que vous avez mon soutien sur ce dossier. Pas que le mien d’ailleurs : de nombreux de nos hommes ont l’impression d’avoir perdu leurs frères d’armes pour rien, pour un conflit dans lequel l’Amarantie s’est honteusement défilé, la queue entre les jambes. Le Conseil envoie nos hommes dans un conflit qui ne nous concerne absolument pas mais est incapable de les mobiliser pour une réelle. »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Oui, en effet, je peux compter sur votre soutien. Des officiers de l’Armée de terre m’ont donné le leur aussi. Et votre supérieur, vous avez pu tâter le terrain ? »

Valerio Savojon
Vice-amiral de la Marine amarantine
« Oui, j’ai essayé d’avoir son avis. Mais il n’est pas très loquace. Je sais qu’il s’entretient souvent avec le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=325757#p325757]Président Strabo[/url] mais rien ne filtre… »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Et vous, vous croyez que Strabo est capable de résoudre la solution ? »

Valerio Savojon
Vice-amiral de la Marine amarantine
« Honnêtement ? En aucun cas. C’est un président impotent. La Céjanosie a besoin d’un homme de votre stature. »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« C’est aussi ce que je pense. »

La modestie n’étouffait pas le représentant céjanosien, qui après avoir assassiné politiquement le Premier ministre avait maintenant le président en ligne de mire. Les deux hommes s’interrompirent de parler pour serrer quelques mains qui se présentaient à eux. Après quelques sourires conventionnels, ils reprirent leur discussion.

Valerio Savojon
Vice-amiral de la Marine amarantine
« Quel est le programme ? »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Marcher sur des œufs jusqu’à ce que l’opportunité se présente. Ensuite, vous réquisitionnerez toute la flotte et tout l’armement des bases céjanosiennes. Vos collègues de l’infanterie en feront de même. »

Valerio Savojon
Vice-amiral de la Marine amarantine
« Les forces aériennes vous suivront-elles ? »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« C’est ce que je cherche à savoir. Mais on n’a pas besoin d’eux de toute façon. Pas plus que d’un Quintus Strabo, d’un foutu amiral lèche-bottes ou d’un foutu Conseil Exécutif ! »[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify][center]Il n’en restera qu’un (6/6)
Cité-Etat gérontocrate de Montorive
26 octobre 2035[/center]

[center][img]https://i.imgur.com/HfuaF4p.png[/img][/center]

Heredo, le Maître Scribe du Conseil Exécutif, faisait le même rêve : appelé par une douce voix dont il était incapable de dire si elle provenait d’un être humain ou d’une essence divine, il se laissait guider, sur le toit d’un immeuble. La voix l’invitait à rejoindre le toit de l’immeuble d’en face. Un fragile pont séparait les deux bâtisses. En d’autres circonstances, jamais il n’irait s’aventurer sur ce pont branlant mais la voix l’emplissait d’une confiance quasi-surnaturelle. D’un pas serein, il parcourra les premières vieilles planches.

Voix inconnue : « Tu ne trouveras point de justice chez les hommes. Les vainqueurs d’ici-bas sont les perdants là-haut. »

Cela ressemblait à une parabole christique, mais Herodo refusait d’apparaître pour un illuminé. C’est au moment de franchir le deuxième mètre du pont que les planches de bois commencèrent à craquer. Herodo se tint à la corde soutenant le pont mais celle-ci finit par céder. Le Maître Scribe apprit à son insu la loi de la gravité. Dans sa longue chute, tentant désespérément de se raccrocher à quoi que ce soit pouvant lui éviter un atterrissage fatal, son dernier regard fut en direction du ciel, devenu tout blanc.

C’est à cet instant que Herodo se réveilla. Encore une fois, il était tombé de son lit. Il commençait à en avoir l’habitude : il avait fait ce rêve des dizaines de fois. Jetant un coup d’œil à son horloge, il s’aperçut qu’il était en retard pour la réunion du Conseil prévue à neuf heures.


[hr][/hr]

[center][img]https://i.imgur.com/0u7fEoz.png[/img]
Salle du Conseil Exécutif[/center]

Fort heureusement, sa chambre était située non loin de la Salle du Conseil. À vrai dire, comme tout Maître Scribe, Herodo vivait pour la gloire du Conseil Exécutif. Il était le gardien de ces lieux. Il n’avait aucune responsabilité politique mais il était le garant moral de l’intégrité de la Charte et des débats, tant est si bien que les scribes devaient obligatoirement passer par une vie monacale au Saint-Brendan pour s’accoutumer à une vie d’austérité et de principes non négociables.

[center][img]https://i.imgur.com/NErYln8.png[/img]
Hadeso Kavaliro
Président de la République maritime de Dentegorie
Président de séance
[/center]

Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Vous êtes en retard, Maître Scribe… »

[center][img]https://i.imgur.com/pjQpuON.jpg[/img]
Herodo Limeo
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin[/center]

Herodo Limeo :
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin
« Je vous présente mes excuses les plus sincères, Votre Excellence. »

Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Mentionnez que j’ai été élu président de cette séance. »

Normalement, Herodo Limeo ne pouvait retranscrire que ce qu’il avait vu. Mais il était mal placé pour faire un appel au règlement dans sa situation. Cette faute professionnelle pouvait le conduire au licenciement : que serait-il en dehors de ces murs, lui qui ne sait qu’écrire des procès-verbaux de séance et réciter le règlement ?

Hadeso Kavaliro : (à l’audience)
Président de la République maritime de Dentegorie
« Le quorum est donc atteint. Manquent à l’appel la Cité-Etat de Fagrasie, qui n’est toujours pas représentée et la République maritime de Céjanoise. Pour ce dernier, son représentant Horasiu Zamfir m’a tenu à vous informer qu’il était retenu pour une réunion « d’extrême urgence » avec le président Quintus Strabo. Je ne dispose pas plus d’informations. »

[center][img]https://i.imgur.com/bZLZm54.png[/img]
Morgan Stoenesco
Premier Délégué de la Communauté des Melgares[/center]

Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Pour ce qu’il apporte au débat de toute façon... »

Hadeso Kavaliro : (à l’audience)
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je ne me souviens pas avoir donné la parole au représentant de la Communauté des Melgares. »

Effectivement, le fougueux représentant céjanosien avait laissé son fauteuil vide. Depuis qu’il a été nommé à cette fonction, le Maître-Scribe n’avait jamais vu ça. Ce n’était pas sans le déplaire : Zamfir était un personnage odieux et il lui en faisait voir de toutes les couleurs. La séance put toutefois se dérouler en de bonnes conditions, plusieurs débats sans importance ont été traités durant deux heures avant la suspension de séance.

Quand il n’était pas en séance, le Maître-Scribe se chargeait de veiller à recopier tous les textes. À la main. Il pouvait exister une version numérisée bien sûr mais seule la version manuscrite faisait foi. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=310711#p310711]Une tradition apparemment risible mais lourde de sens[/url]. Autant dire que l’homme avait une lourde responsabilité et par le passé, des scribes moins scrupuleux qui avaient écrit que « les femmes jouissent du droit de vote », ce qui leur avait donné de facto ce droit jusqu’à la correction. Ils ont tous été jugés par un procès en ordalie. Autant dire une condamnation à mort.

Quinze heures. Le Maître-Scribe avait presque fini de retranscrire les débats de ce matin lorsque l’on toqua. Herodo était interrogatif : les seules personnes habilitées à venir dans son bureau, au dernier étage du château de Mersanto étaient les différents membres du Conseil Exécutif et le bourreau. Un homme de petite taille se tenait derrière la porte, avec un petit sourire aux lèvres.


[center][img]https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
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Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Bonjour, cher Maître-Scribe. Je peux vous parler une minute ? J’ai une information capitale à vous communiquer. »

Le Maître-Scribe n’opposa pas de résistance, même si la présence de Zamfir lui était si désagréable. Il était maintenant toute ouïe.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Le Président Strabo a démissionné. Je suis donc président par intérim de la République maritime de Céjanoise. Vous devez le retranscrire. »

Le Maître-Scribe écarquilla les yeux. Aucune information de ce type n’avait circulé depuis ce matin. Et l’usage voulait que ce soit le démissionnaire lui-même qui annonce sa démission, non son présumé successeur. Herodo fit un signe des mains pour marquer sa désapprobation.

Herodo Limeo :
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin
« Je ne peux pas le faire sans document qui l’atteste, avec le cachet officiel et sa signature. Je suis désolé, Excellence, ce sont les règles. »

Horasiu s’avança dans le bureau, les mains dans le dos, contemplant la bibliothèque recensant quelques précieuses archives de l’histoire du Conseil Exécutif qui s’y trouvent.

[center][img]https://i.imgur.com/kzUoX5W.png[/img]
Bibliothèque et bureau du Maître Scribe[/center]

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« C’est vrai, ce que l’on dit ? Dans cette bibliothèque, il existe un exemplaire de la Charte authentique et d’autres factices ? Puis-je consulter la Charte ? Je souhaiterais avoir confirmation sur un article… »

Le Maître-Scribe ne pouvait là encore pas opposer de résistance. Tous les représentants pouvaient lire la Charte à tout moment, même si cette pratique était tombée en désuétude. Il s’exécuta donc sans un mot et ouvrit la Charte à la page demandée, celle de la République maritime de Céjanoise, qui n’avait pas été mise à jour depuis plusieurs années.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Je vous propose une dernière fois d’écrire simplement de remplacer « Quintus Strabo » par « Horasiu Zamfir » en face de la mention « Président de la République ». S’il vous plaît. »

Herodo s’apprêtait à refuser une dernière fois lorsque Horasiu prit sa main de force, l’écrasa contre la plume. Et commença à la diriger vers ladite mention.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Soit vous le faites, soit je le fais. »

Voilà le comportement habituel du représentant céjanosien. Herodo réussit à libérer sa main de son emprise et après quelques secondes d’hésitation, bon gré mal gré, il s’exécuta. Il raya la mention « Quintus Strabo » pour la remplacer par « Horasiu Zamfir ». Mais l’intéressé ne semblait pas satisfait.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Vous me mentez, Maître-Scribouillard de merde. Ce n’est pas la Charte authentique. Je vous connais assez pour savoir que vous ne céderez pas. Donnez-moi la Charte authentique. Où est-elle ? »

Herodo Limeo :
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin
« Je ne vous le dirai pas. »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« OÙ EST-ELLE ?!! »

Le Céjanosien avait hurlé dans les oreilles du Maître-Scribe, à tel point qu’il en attrapa des acouphènes. Mais il savait très mal mentir. Et par erreur, il lança un bref regard vers la Charte authentique. Cela ne manqua pas à la vigilance de Zamfir, qui se saisit du document. Herodo tenta en vain de le reprendre en vain. C’est alors que Zamfir sortit une armée à feu.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Maintenant, vous allez m’obéir et écrire tout ce que je vous dicterai. Le moindre écart, la moindre tentative de me pigeonner et je vous renvoie l’ascenseur sur-le-champ. Compris ? »

Le Maître-Scribe acquiesça et se saisit de sa plume.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Bien, vous écrivez : « En ma qualité de Maître-Scribouillard de merde, j’atteste que M. Quintus Strabo a démissionné le 26 octobre 2035 et à ce titre, c’est le représentant de l’entité qui le remplace à son poste, avec les mêmes pouvoirs. ». »

Herodo n’écrivit rien de tout ça, il se contenta de barrer le nom de l’ancien président pour le remplacer par le nouveau. C’était largement suffisant. Il lâcha ensuite la plume, écœuré par ce qu’il venait de faire. Zamfir arbora un très large sourire et baissa son arme.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Parfait. »

Il se tut un moment. Puis leva de nouveau son arme.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Vous venez d’être pris en flagrant délit de falsification de la Charte et comme le prévoit la Charte… »

Herodo Limeo :
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin
« Quoi ?! Mais c’est vous qui… »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« COMME LE PREVOIT LA CHARTE, celle-ci ayant une valeur sacrée, sa falsification condamne son auteur à la justice des dieux au travers d’un procès par ordalie. Vous serez défénestré depuis le dernier étage de ce Château et si les dieux jugent de votre innocence en vous laissant en vie, alors vous serez libéré de toutes charges. À moins que vous ne préfériez le goût de mon pistolet. »

Horasiu fit reculer le Maître-Scribe jusqu’à une fenêtre, fermée. Mais alors qu’il feignit de l’ouvrir, Herodo vire-volta et tenta de se saisir de l’arme du représentant céjanosien. Celui-ci tira par réflexe mais la balle ne fit que briser le verre de la fenêtre. Horasiu poussa violemment le scribe vers celle-ci qui tenta de se rattraper par le bord. Il était à deux doigts de faire une chute fatale. Les bouts de verre du montant de la fenêtre creusèrent la chair des mains du scribe. Mais Zamfir adressa le coup de pied final.

C’est une chute de cinquante mètres qui attendait maintenant Herodo. L’issue ne faisait aucun doute. Mais le scribe refusait d’avoir comme dernière image celle de son assassin et ferma les yeux pour se plonger dans le noir complet. Le monde des vivants avait rendu sa justice, Herodo attendait maintenant celle des cieux, la seule qui compte réellement.


[center][img]https://i.imgur.com/RQNjhZm.png[/img][/center][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify][center]Pigeon sur rue (1/ ?)
Cité-Etat de Montorive
15 avril 2036[/center]

Deux [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=888&t=13877&p=339609#p339609]pigeons voyageurs[/url] évoquent ensemble dans leur cage leur prochain voyage.

[center][img]https://i.imgur.com/l9HiXmm.png[/img]
Rjomo
Pigeon immatriculé #6054[/center]

Rjomo :
Pigeon immatriculé #6054
« Rou-rou, roucou, rou-rou, rou-rou, rrrrrrourrrrou, roucoul ! »

[center][img]https://i.imgur.com/59oUbFn.png[/img]
Ivo
Pigeon immatriculé #5984[/center]

Ivo :
Pigeon immatriculé #5984
« Rrroucou, rou-rou, rou-cou, roucoul, rou-rou-rou… Rou-cou, rou-rou, roucoul, rou ? »

Rjomo :
Pigeon immatriculé #6054
« Rou. Rou-rou, rou-cou-rou, rou-rou, roucoul, rou-cou, rou-rou. »

[center][img]https://i.imgur.com/VKnX3pe.png[/img][/center]

Rjomo :
Pigeon immatriculé #6054
« Rou-cou rou ? »
Ivo :
Pigeon immatriculé #5984
« Rou-rou ! Rou-cou-, rou, rrrou-cou, rou-rrrrou !!! Rou-cou, roucoul ? »

Rjomo :
Pigeon immatriculé #6054
« Roucoul, rou-rou, rou-cou, rou-cou, rourrrou, rou-rou. »

Ivo :
Pigeon immatriculé #5984
« Rou-rrrrou, rrrrrou-cou !* »

[hr][hr]

* Traduction : « Tu es un génie, Rjomo ! »[/justify]
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