La Confrérie du Nod

Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/QvIu3ZP.png[/img]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=9UmfH_cwdwo#t=0m12s]Musique d'ambiance (qui, par sa beauté, symbolise à elle-seule la philosophie du mouvement !)[/url]

Nom officiel : Nod Barodari / Nodning Birodarligi / Confrérie du Nod
Nom courant : Nod

Idéologie : communisme pacifiste, millénarisme abrahamique paléochrétien, totalitarisme égalitaire, universalisme internationaliste, communalisme autonome, ascétisme, théorie de l'Amour Universel
Activité principale : vie communautaire "pacifique, fraternelle, joyeuse, ascétique et égalitaire" en marge de la société

Dirigeant : INCONNU ["Qobyl" ?]
Ethnies concernées : Syirs, Qarlouks

Zone d'implantation : Turgaï (confédération communaliste de Turgaï), au nord-est du Karmalistan
Effectifs militaires : pas d'armée (pacifisme), présence toutefois d'un service de renseignement (afin de prévenir du danger, "défense en amont")

Position du gouvernement karmal : jusqu'alors "ignorance relative"

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Photo du fondateur non-disponible

Chef du renseignement :
[img]https://i.imgur.com/d9RrVz6.png[/img]
Temürkhan, chef du renseignement et de la sécurité préventive du Nod

Commentaire : La "secte de Turgaï" comme on l'a surnomme, rassemble des personnes de tous types, enfants, femmes, hommes, vieillards, qarluks et syirs majoritairement, mais aussi quelques tojiks et rajans. On estime ses adeptes à une petite dizaine de milliers.
Fonctionnant selon un système confédéral de communautés politiquement autogérées et matériellement interdépendantes, sa raison d'être n'est pas autre chose que l'accomplissement du célèbre mythe karmali des Marqués de Caïn, à savoir rétablir la Justice sur Terre au profit des "bannis", de tous les opprimés, cela au moyen d'une révolution qu'ils désirent pacifique, locale et progressive. Se revendiquant d'une idéologie communiste sous inspiration paléochrétienne, la secte oriente ses adeptes vers trois principes de vie : égalité sociale réelle, esprit collectif et amour désintéressé. A l'intégration, chacun d'eux reçoivent une marque spécifique sur l'épaule, une queue de chélicérate scorpiones, les faisant adhérer à la tribu de Caïn, celle qui doit bâtir une Humanité nouvelle, pour tous les opprimés du Monde, les marginaux exclus du jardin d'Eden, errant alors vers les terres inhospitalières de l'Est, vers... "le Nod" (la "terre de l'errance"). D'où son nom.
Pourtant, d'après l'Ancien Testament, c'est Dieu Lui-Même qui les y a chassé, lorsque Caïn commit le premier meurtre de l'Histoire : l'assassinat de son frère cadet Abel. C'est pourquoi en effet, les "frères" du Nod s'estiment "pécheurs parmi les pécheurs". Et à titre de réparation collective, ils s'imposent à eux-même, donc à chacun de leurs adeptes, un mode de vie particulièrement ascétique : aucune possession personnelle, aucune distinction professionnelle, aucune hiérarchie politique. Ni avoir, ni gloire, ni pouvoir. Les relations sexuelles n'existent que dans les couples mariés, et au-delà de 25 ans (rigoureusement interdites avant). Les couples n'ont droit qu'à une intimité limitée, et sont absorbés voire totalement soumis à la vie de la communauté. L'homme et la femme sont strictement égaux, et afin de compenser l'infériorité physique de la seconde, on impose au premier un enseignement supplémentaire sur son devoir d'humilité personnelle. Le travail est obligatoire et partagé équitablement entre tous selon leurs possibilités. Les richesses produites n'appartiennent à personne, et sont soumises à un "droit d'usage" pour tous ceux qui en ressentent le besoin avec l'approbation et la surveillance de la collectivité. Anecdote caractéristique exprimant le caractère impitoyable de la Confrérie : officiellement, hors du couple en privé (demeure familiale), tout ce qui concerne la sexualité (de la pratique illégale -même légère- à une simple "blague") ...est puni de mort.
Il est intéressant de noter d'ailleurs que, paradoxalement, la nature confédérale de l'organisation n'empêche pas l'usage du qualificatif "sectaire" dans la mesure où toutes les communautés partagent ce même dogme, à la fois politique et religieux. C'est pourquoi nombreux sont ceux qui, à gauche de l'échiquier politique karmale, estiment qu'il s'agit d'avantage d'une "inepte petite théocratie communiste" plutôt que d'une authentique expérience anarchiste et libertaire.
Néanmoins, par-delà cet ascétisme, le bonheur, ou plutôt "la joie", fait partie des objectifs ultimes de la secte pour chacun de ses membres. Ainsi d'innombrables jeux et fêtes populaires sont organisés pour rythmer les semaines de chaque communautés. Le pacifisme, l'entraide ("un pour tous, tous pour un") et le respect de la nature font également faire partie de leurs valeurs fondamentales. D'ailleurs, malgré sa présence juridique, la peine de mort ne semble avoir jamais été appliqué pour le moment (décisions prisent par des "tribunaux populaires communaux"). La souplesse des sentences, l'absence totale de police, l'interdiction de la torture, et la présence de cellules de soutien psychologique pour les personnes qui s'estiment en difficulté adoucissent considérablement l'intransigeance de cette organisation pourtant réputée "totalitaire".
Enfin, au bout de ce "cheminement joyeux dans la pauvreté volontaire", la Confrérie de Nod promet à ses adeptes le retour prochain du Messie sur Terre (qu'importe sa forme), lequel rachètera les péchés des "fils de Caïn". Ils ont un mot pour définir ce phénomène salvateur, ce but suprême rendu possible par l'ascension révolutionnaire qu'ils s'efforcent d'accélérer : "la Rédemption".

Si la date de sa fondation à Turgaï est estimée vers 2029, l'identité de son fondateur est obscure (ses propres membres ne semblent pas le connaitre non-plus, d'après le KhAD, les puissants services secrets du Karmalistan). On dit de lui qu'il se nommerait "Qobyl", le terme perso-turc pour désigner... Caïn.
L'organisation politique extrêmement horizontale de cette secte, où toutes les décisions sont prises collectivement par les membres de petites communautés à la fois autonomes administrativement et interdépendantes économiquement, semble avoir fait disparaître ce personnage.
Le seul homme qui se détache véritablement de ces étranges communautés est son protecteur en matière de renseignement et de "défense pacifique préventive". Bien que son passé demeure un mystère, le KhAD connaît son visage et dispose de quelques informations à son sujet à l'état présent. Il s'agit d'un certain "Temürkhan", un homme au visage dur, visiblement marqué par une expérience difficile et hors du commun, un homme au regard glaçant qui suscite l'inquiétude quant à ses intentions véritables, un homme au caractère froid et méthodique, faisant de lui un agent aussi malin que redoutable. Grâce à lui, la secte a survécu de longs mois sans avoir à mobiliser de forces armées : non-seulement elle survit face aux islamistes qui lancent quelques incursions depuis l'ouest et le sud, mais elle parvient à échapper à toutes les opérations para-gouvernementales, pourtant régulières dans toute la région dans le cadre de la croisade du Dahar contre "toutes les forces communistes" (PRDK-ML et leurs alliés du Syirkhanat).

La radicalité de la secte lui aliène beaucoup de monde... mais en séduit aussi beaucoup d'autres. De fait, ses effectifs augmentent, et à un rythme dangereux pour le gouvernement, à tel point qu'on envisage de l'éradiquer une fois bonne fois pour toute lors d'une opération chirurgicale consistant à "tuer l'animal dans son œuf", avant qu'il n'éclose et se répande dans d'autres régions. Mais ce "Temürkhan" veille, et semble parvenir avec brio à bloquer toute initiative grâce à une sorte de "réseau de l'ombre", et à la relation fraternelle qu'il tisse avec le PRDK-ML.

Couleur sur la carte : rouge

Soutien extérieur : aucun [me contacter par mp pour soutien officiel, discret ou secret, indiqué ou non-indiqué]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

Je me permet de reposter, reformuler et mettre à jour une ancienne publication de la V3, qui me paraît essentielle et parfaitement synthétique de l'esprit de la Confrérie.
Contre la fable des abeilles... la fable des babouins

[img]https://i.imgur.com/HF4AGIv.jpg[/img]

Le babouin (papio).
Cette espèce de primates est connue pour la violence omniprésente qui règne à l'intérieur même de ses organisations tribales, celle qui anime les relations entre ses membres, notamment les individus mâles de niveaux hiérarchiques différents. En plus du patriarcat, le système de classes sociales est une structure naturelle évidente chez toutes les tribus de babouins : au sommet de la hiérarchie se trouvent en effet les mâles "alphas", les plus forts, ceux qui vivent le plus longtemps, ceux qui peuvent frapper les autres sans avoir à craindre d'en subir les conséquences, ceux qui peuvent copuler avec les femelles, ceux qui peuvent manger avant tous les autres ne laissant que des "restes" aux mâles inférieurs.

Par observation discrète et approfondie, des chercheurs zoologistes sont parvenus à suivre l'histoire d'une tribu de babouins traditionnelle. On y retrouvait donc les mâles alpha d'un côté, qui menaient le reste de la tribu, à savoir les femelles et les mâles inférieurs de catégories bêta et oméga, de l'autre. Chez ces deux dernières catégories, le stress moyen, mesuré grâce à des méthodes spéciales en plus des signes cliniques observables, était évalué comme "dangereusement élevé" pour leur santé... à l'inverse des mâles alpha, oppresseurs "assis" qui n'ont pas à se soucier d'un avenir déjà assuré par leurs privilèges considérés par tous -avec fatalité- comme naturels. Et en effet, l'espérance de vie s'avère significativement plus courte chez les mâles bêta et oméga. Mais ainsi l'exige la loi naturelle.
Bien-évidemment, l'origine de ce stress nocif insupportable dans la vie de ces primates de rang inférieur ne fait aucun doute. Il s'agit des coups portés par les mâles alpha et la crainte qu'ils inspirent. Ceux-ci sont de loin les plus violents, et s'amusent à frapper régulièrement leurs femelles aussi bien que leurs subordonnés mâles. Chez les babouins, la violence proprement dite, c'est-à-dire "gratuite", est devenue une caractéristique de leur espèce au point qu'on la pense inscrite dans leurs gênes.
Et pourtant, force est de constater qu'ils ne le sont pas tous : ce sont les mâles alpha qui, hors de leurs trois heures de repas quotidien, ont pour habitude de harceler, humilier et même torturer leurs subordonnés. A l'inverse, chez les victimes, c'est la fragilité, la passivité, la soumission et la peur qui règnent. Et il convient d'insister sur ce point : rien d'anormal à cela pour les zoologistes qui les observent, il s'agit d'un comportement banal, caractéristique de cette espèce de primates (bien plus que chez les chimpanzés ou les bonobos), y compris pour la tribu dont nous allons vous parler.

On l'a vu, les mâles alpha ne manquent jamais une occasion d'imposer ou plutôt d'exercer leur domination : ils apprécient tout simplement cette pratique. Quant à leurs victimes, femelles et mâles inférieurs, elles en souffrent au quotidien. Physiquement plus faibles, elles sont incapable de s'en délivrer. Néanmoins, malgré le stress, ces opprimés sont aussi les plus affectueux, les plus doux, et pas seulement les femelles : les mâles bêta et omega, que certains pourraient qualifier de "féminisés", sont décris comme étant délicats, empathiques, aidants, ils n'hésitent pas d'ailleurs à secourir leurs homologues à chaque fois qu'ils sont en difficulté. Cette attitude des dominés contraste avec celle des dominants qui font régulièrement preuve de leur cruauté et préfèrent laisser tomber leur congénère appelant à l'aide. Ceux qui prétendent que le sadisme n'existe pas dans le règne animal (sous-entendu, exceptés chez les homo sapiens) ont tort : le mâle alpha babouin n'hésite pas à aller jusqu'à torturer son subordonné pour sa seule satisfaction, sans aucune raison cohérente. Il s'agit là encore d'un comportement observable typique de cette espèce.

Revenons à notre tribu, celle observée par les chercheurs en question.
Un jour qu'une petite carcasse d'un animal mort est découverte, c'est le grand festin du côté de notre tribu... du moins pour les mâles alpha, et en fait... seulement pour eux. Malgré la faim qui les tenaille, les autres mâles restent à l'écart, de même que les femelles, de sorte qu'il ne leur reste plus rien à manger : les dominants ont tout ingurgité !

Il est communément admis pour cette espèce que la violence et les strates sociales sont considérées comme naturelles, "génétiques", jusqu'à s'inscrire dans la définition même du babouin. Il en est de même pour toutes les tribus et il en restera toujours ainsi.
Qu'auriez-donc vous fait pour améliorer le sort des femelles, mâles bêta et omega, sinon par moralité, du moins dans l'espoir d'allonger leur espérance de vie ?
Sans doute feriez-vous le nécessaire pour leur apprendre à gérer leur stress, en leur donnant la possibilité d'être plus sûr d'eux, ou sinon à mieux encaisser les coups, du moins à leur apprendre à se défendre individuellement.
Vous avez vos solutions, celles qui consistent à limiter les dégâts tout en préservant l'intouchable, l'immuable et la sacro-sainte "loi naturelle"...
...la Nature avait les siennes.

Au grand malheur des zoologistes, la viande ingurgitée par les mâles alpha abritait un hôte : le bacille de la tuberculose. Quelques heures plus tard, les mâles alpha étaient décimés. Les uns après les autres, la bactérie les avait méthodiquement éliminés.

C'est alors que curieusement... s'opéra une véritable mutation. Pour ne pas dire une révolution. Dans cette tribu décapitée, sans chef, personne ne repris le flambeau de la domination. A la stupéfaction des zoologistes, les autres mâles refusèrent d'employer la violence pour occuper la place vacante, et, conservant leur comportement pacifique, organisèrent ensemble avec les femelles, une reconfiguration sociale radicale : disposant chacun d'un égal pouvoir, leur vie était transformée. Plus de brimade, plus de concurrence, plus de hiérarchie. Désormais, l'égalité, l'entraide systématique, la douceur des relations mutuelles (câlins, typiques chez certains primates) rythmaient leur vie quotidienne. L’agressivité sadique ou compétitive, l'ostracisme, l'abandon, les souffres-douleurs avaient disparu. Les signes cliniques généraux ainsi que les prélèvements cellulaires et sanguins démontrèrent clairement que les niveaux d'anxiété et d'hypertension avaient drastiquement chuté. L'espérance de vie était similaire à celle des défunts alpha, voire la surpassait, et cette fois-ci chez tous les individus de la tribu.
Comme si une telle transformation ne suffisait pas, au fil des mois, les nouveaux membres (des recrues naturellement aggressives provenant d'autres organisations traditionnelles, c'est-à-dire fondées sur la hiérarchie), plutôt que d'apporter leur propre conception (le fort domine le faible) finirent par se soumettre et par adopter le nouveau modèle... sous l'implacable pression de l'ensemble de la communauté qui les accueille. Notons que les individus récalcitrants sont punis physiquement par tous les autres. "Carriéristes" et agressifs à leur arrivée, les nouveaux "adhérents" accomplissent ainsi tous la même mutation : ils se plient progressivement aux principes de la tribu, jusqu'à l’intériorisation : nivellement du pouvoir, égalité totale, attitude solidaire et pacifique.

Cette "tribu égalitaire" est en réalité observée par les hommes depuis plus d'une vingtaine d'années en Algarbe. Elle prospère encore actuellement. Son degré d'agressivité est anormalement bas, l'entraide au contraire est systématisée. Cela avec une espérance de vie qui dépasse la moyenne de toutes les autres connues.

Toute ressemblance avec les sociétés humaines ne serait que purement fortuite.

IRL : véridique.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/BMBSr7D.jpg[/img]

Khota Burkhan Delkhy (première ébauche de résumé)

La Cité de Dieu sur Terre.
Tel est, depuis maintenant trois ans, le surnom moqueur que donne ironiquement les médias syirophones officiels d'Altaï-Ata (capitale régionale) à la communauté de Turgaï (elle même guidée par la Confrérie). Cette dénomination est d'ailleurs reprise couramment par les disciples eux-mêmes.

Bien que formellement fondée (selon le KhAD) en 2029, soit exactement deux millénaires après la mort et la résurrection de Jésus-Christ, la Confrérie du Nod prétend être née lorsque advînt le premier opprimé de l'Histoire. Et en l’occurrence, le personnage biblique de Caïn. [HRP : voir résumé au premier message de ce sujet.]
Des textes anciens découverts par des archéologues britons au début du XXe siècle, font remonter la première mention connue de cette confrérie à 1800 ans avant J-C (site de la "Nouvelle Henokh", au Nord-Est de l'Arkadyriane). Toujours dans l'ombre, elle aurait joué un rôle majeur dans l'Histoire. Elle serait à l'origine d'une série d'évènements historiques dans le Monde entier, et en particulier au Karmalistan :
_ l'essor des premiers monothéismes connus (mazdéïsme puis zoroastrisme chez les mèdes et farsi, judaïsme jusqu'en -4/-3, christianisme et islam à travers certains courants)
_ réformes de Lycurgue (en Cérulée / Amarantie, Thrace ou Thodermoscya)
_ quelques pratiques culturelles, dont le rite des kourganes (tumulus de la steppe) et des pyramides de crânes
_ Afrasiab, fondateur de la cité d'Altaï-Ata et des Tourans en -700 (d'où émergeront les peuples sürgüngë / qarlouks, syirs et khüns), serait un membre du Nod
_ certaines tribus sarmatares (dont amazones, du moins les toutes premières communautés)
_ le mythique Estropié, époux de la première reine amazone et assassiné par ses rivaux jaloux, serait un membre du Nod
_ les Sürgüngë et leurs terribles invasions contre l'empire greco-arkadyrian
_ enseignements sur le Karma bouddhiste (courant mahayana)
_ secte juive des Esséniens et communautés chrétiennes cénobites des premiers siècles
_ soulèvement populaire de Mazdak et sa réforme sociale du zoroastrisme (mazdakisme)
_ contribue à la victoire arabo-turque (marqazo-qarlouke) d'Artuxgar en 751
_ al-Bukhari et Yakûb as-Saffâr
_ Djaghataï et les invasion syires
_ Taragaï et les invasions syiro-qarloukes
_ hérésies chrétiennes médiévales (catharisme)
_ Savonarole (archidiacre de la secte)
_ hussites-taborites et insurgés anabaptistes en Dytolie-Nord
_ insurrection paysanne de Campanella en Cérulée
_ communautés chrétiennes-amérindiennes et des esclaves affranchis révoltés des Palmares de Dorimarie pendant la Renaissance
_ révolte ventélienne des Taiping
_ sociétés secrètes révolutionnaires du XIXe siècle en Dytolie (notamment la conjuration des Égaux, le carbonarisme et la Ligue des Justes)
_ expérience des kibboutz et kholkhozes
_ expériences communistes du XXe

Les Negdel du Tchingis Ardyn

[img]https://i.imgur.com/LcJDk8p.jpg[/img]

En réalité, la Confrérie proprement dite, est en soi distincte de la "Communauté de Turgaï", laquelle s'organise en quelque sorte sur le modèle de l'Ujamaa africain d'Algarbe, de l'Icarie cabetienne ou du phalanstère fouriériste. La Confrérie régie la communauté, comme une religion régirai une société théocratique ou un parti communiste une société socialiste, quoique plus imparfaitement encore. Elle a donc ses propres règles, mais secrètes, distinctes de celles, officielles, de la Communauté. Et si son influence théorique y est indiscutable, son pouvoir pratique est encore très limité.

Le nom précis et formel de la Communauté de Turgaï, véritable fédération de communautés "guidée" par la Confrérie, est « Tchingis Ardyn Baïguullaga », qui signifie "organisation du peuple universel" en langue syire (mongol). Parfois raccourci en T.A.B. ou "Tchingis Ardyn".
Et à son tour, cette "Fédération avec un grand C", se subdivise en plusieurs communautés autonomes, qu'on appelle « Negdel » qui signifie plus simplement « union/association » en langue syire.

Les sept règles politiques des Negdel de la Communauté de Turgaï s'inspirent de la Déclaration d'Arusha (socialisme africain d'Algarbe) :
1- Tous les humains sont égaux.
2- Tous les humains sont frères.
3- Chaque humain a droit au respect, à la dignité et à la protection de la Communauté.
4- Chaque humain majeur membre est frère, camarade et citoyen à part entière : il dispose de droits égaux à n'importe quel autre membre.
5- Tout frère-camarade-citoyen a droit à la liberté d'expression, de mouvement et de croyance dans le cadre de la Communauté.
6- Les richesses naturelles et les richesses produites appartiennent à tous les membres de la Communauté.
7- Les moyens de production sont la propriété publique de la Communauté.

Première spécificité sociale : l'argent n'existe pas. Les biens utiles sont produits et stockés en fonction de la demande et destinés au libre-usage de tous les citoyens selon le principe : "à chacun selon ses besoins". Les biens "inutiles" (tel que les pierres précieuses) sont utilisés notamment dans le troc, pour les relations avec l'extérieur (commerce avec les autres communautés syries, voire le Syirkhanat lui-même). Malgré cela, on recherche au possible l'autarcie économique.

L'organisation du travail est purement collectiviste : les moyens de production sont rigoureusement publics, les biens produits appartiennent à tous, le travail est obligatoire et encadré par un système égalitaire de répartition des tâches. Si des spécialisations existent dans la plupart des "secteurs stratégiques" tel que l'agriculture (surtout pastorale), l'artisanat, le commerce intra- ou extra- communautaire, ainsi que la recherche, cela en fonction des facultés de chacun, c'est le partage des tâches par roulements qui prédomine. Il est absolument obligatoire en ce qui concerne les tâches ménagères, effectuées par tous, sans exception, et à tour de rôle (sauf bien-sûr, par d'éventuelles personnes malades). Les travaux les plus dégradants sont toujours réalisé à plusieurs, souvent en binôme. Sauf en certains cas (comme dans la recherche, ou chez certaines personnes), le travail solitaire est extrêmement mal-vu.
L'administration et la gestion de la Communauté sont le devoir de l'assemblée populaire, le Hural (distincte du Qurultaï propre au Syirkhanat), qui prend ses décisions démocratiquement (à la majorité) et nomme ses représentants (quota minimal de 30% de femmes/hommes) soit par tirage au sort, soit par élections trimestrielles.

L'éducation des enfants est communautaire : arrachés à leurs parents dès l'âge de sept ans, ils ne vivent plus que par et pour la communauté. Ils étudient ensemble, mangent ensemble dans un réfectoire commun. Si l'éducation est permanente (elle subsiste et s'affine jusqu'à la mort à travers les travaux théoriques, la recherche, la propagande...), le travail physique ne commence véritablement qu'à partir de l'âge de 15 ans. Les deux sexes ne sont strictement séparés que dans les dortoirs.
L'éducation publique comprend à la fois une instruction "technique" (lecture, écriture, calcul), et une propagande clairement communiste.

Chose curieuse, des petits temples sont élevés (un par negdel, parfois mobiles -sur yourtes-) où l'on voue un culte à l'Être Suprême, Dieu unique, créateur de la Nature, et -par elle- des Hommes. Incarnation absolue de la Raison (Vérité), de la Vertu (Amour) et de la Justice (Égalité), cet Être Suprême a créé l'Humanité par Amour, et en nous accordant une certaine liberté (soumise aux relations d'interdépendance entre les hommes), espère nous voir faire le bon choix, celui de la Vérité (par la méditation et la recherche scientifique) et plus encore celui de l'Amour du prochain (par l’Égalité -la Justice ne peut être que divine- et la solidarité).

Enfin, notons que ces communautés connaissent trois mode de vie (selon la saison et le Negdel) :
_ une vie sédentaire de cultivateurs dans un village communautaire
_ une vie nomade et pastorale dans des yourtes spécialisées
_ une vie souterraine et artisanale dans des réseaux de tunnels et de cavités sous la surface du sol ou en flanc de montagnes (protection préventive, malgré le caractère optimiste et l'orientation pacifiste du TAB).

[img]https://i.imgur.com/vx18QtI.jpg[/img]
Deux refuges caractéristiques du système encore largement semi-nomade d'un Negdel : une bâtisse de village et une yourte côte à côte.

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[img]https://i.imgur.com/C89UqZN.png[/img]

Concernant la Confrérie du Nod, proprement dite.
Secte théocratique communiste qui aspire à libérer l'Humanité de toute forme d'oppression, elle s'oppose au TAB (pacifiste) pour ses appels inlassables à la révolution mondiale à la fois par la guerre populaire et par les conspirations politiques. Volontairement soumise au TAB (à l'image de la relation bolcheviks-Soviet), la Confrérie guide les principes théoriques, donne son opinion et influence les décisions du Hural (assemblée populaire), mais s'y confronte parfois, et dans ce cas, en dernière instance, s'y plie.
Ceci expliquant le caractère foncièrement pacifique, décentralisé et "socialiste-utopique" des Negdel (nettement majoritaire), contrastant avec le fanatisme révolutionnaire et le centralisme de la secte (tendance minoritaire).

On peut résumer la philosophie de la Confrérie en plusieurs points.

_ En matière théologique, elle est résolument croyante (Vertu). Sa religion ne "s'ajoute pas" ni ne se "synthétise" à son orientation communisante, il ne s'agit pas de fusion et encore moins d'une addition. Il est question au contraire d'un raisonnement logique (du moins prétendu comme tel et propre à la Confrérie) selon lequel la vie humaine ne peut que subsister après la mort, selon les indices laissés par la physique quantique, l'infiniment petit - où les mystérieuses lois modelant l'espace-temps ne sont plus les mêmes. Réalités scientifiques qui à leur tour prouveraient l'existence de Dieu.
Cette nature religieuse, monothéiste avec inspirations zoroastriennes et bouddhistes, mais se réclamant fondamentalement de l'abrahamisme (judaïsme-christianisme-islam), prétend subordonner la foi à la science. La Confrérie prétend ainsi incarner la "religion de la Raison", où la croyance repose sur les froides lois de la logique et de la matière.
D'un point de vue tactique, cela est particulièrement utile et donc dangereux du point de vue de l'ennemi, puisque les tués pour la Cause sont ainsi sanctifiés, élevés en martyrs, et les promesses d'un paradis au-delà de la mort contribuent à effacer, sinon amoindrir, la peur de perdre la vie chez ses fidèles, rassurés de se savoir immortels et donc d'autant plus motivés à combattre.

_ En matière de théorie de la connaissance, elle se proclame ouvertement matérialiste (Raison) : la nature précède l'esprit, c'est donc l'objet qui façonne le sujet (et non l'inverse). L'environnement temporel (évènements passés) et spatial (nature et société) détermine absolument l'individu, selon un processus d'une complexité telle qu'une forme de "liberté" paradoxale, interdépendante, aussi fragile que précieuse, semble émerger de ce même processus ; à savoir un Mouvement indéfini d'unités singulières qui se divisent en deux unités distinctes par le choc des contradictions internes (un se divise en deux, d'où naîtra le dépassement, à l'image par exemple, du neutron libéré par les fission et fusion nucléaires, selon la définition de l’Énergie découverte par Lorentz, Poincaré puis Einstein).
Et puisque les pensées et la sensation ne sont que le reflet d'une réalité matérielle qui s'impose à nous, cette liberté paradoxale, ni mesurable, ni même perceptible, ne peut être qu'une force collective, celle du peuple. Le peuple étant une coalition des produits les plus élevés de la matière et de son évolution.
Certains observateurs notent ainsi une certaine similitude entre cette "religion matérialiste" promue par le Nod, et la doctrine aristotelo-thomiste du species ou "détermination cognitionnelle" propre aux sous-courants non-augustiniens du catholicisme.

_ En matière politique, elle est entièrement et indéfectiblement communiste (Justice).
Puisque l'homme est déterminé, on ne peut le juger en tant que personne (la responsabilité individuelle est si infime qu'elle n'est pas mesurable). Ce qui signifie qu'il est dépendant d'autrui, donc interdépendant. D'où l'importance cruciale de l'idée du Peuple en tant que force suprême de l'Histoire et entité la plus élevée de l’Évolution. Il s'agit donc de construire une société qui puisse permettre à tous d'accéder au bonheur par la vertu (c'est le rare point d'accord avec l'augustinisme chrétien : fonder la Cité de Dieu sur Terre). Au niveau de la vie "privée" (au sens large) de chaque personne humaine, le devoir de tous est donc l'amour inconditionnel du prochain, considéré comme son frère par-delà ses fautes et errements moraux, cela jusqu'à l'humilité, l'autocritique et le don de soi. Au niveau de la vie publique au sens strict, à savoir la vie politique, le devoir est d'abord la confrontation des idées (théorie), puis la confrontation des armes (pratique), à savoir l'agit-prop et la résistance armée jusqu'à la terreur au service du Peuple. Le frère nodien se doit donc d'être un agneau dans sa vie personnelle, et un loup dans son activité politique. Il convient ainsi de distinguer clairement la Confrérie des socialismes utopiques chrétiens de jadis, lesquels niaient la lutte des classes.
Adhérant à une conception "linéaire-complexe" à "cycles ouverts" du temps (une sorte de flèche en spirales, plutôt qu'une simple ligne droite, mais surtout aux antipodes du circuit fermé selon la conception cyclique propre aux nationalismes), la Confrérie promeut le changement radical de la société et nie résolument l'existence d'une quelconque "nature humaine immuable". Elle cherche à émanciper l'humain de tout ce que ses ennemis considèreraient comme de "d'inévitables" voire "bonnes" "oppressions naturelles", à savoir tout-à-la-fois (ordre décroissant) de la propriété, de l'individu, de la famille et de la nation, ses quatre irréductibles ennemis. En droite ligne de cette idéologie du Progrès, la Confrérie à la manœuvre derrière ces communautés ne cache donc pas son intention de créer un Homme Nouveau, toujours davantage humble, égal et solidaire, présent dans le Peuple comme un poisson dans l'eau.
Ce qui la distingue précisément du PRDK-ML en plus de sa nature messianique-religieuse ? Probablement la lutte de lignes, qui n'existe que dans le cadre du Hural propre à chaque Negdel. Au sein de la Confrérie, véritable secte théocratique totalitaire, elle est plus que limitée, voire n'existe pas lorsque l'on sort des fondamentaux théoriques de la Confrérie.

Pour en savoir plus sur la théorie de la connaissance, cet extrait d'un texte russe récemment publié par la secte de Temürkhan :
[quote]Le communisme, au sens kiroviste du terme, est d'abord une idée réaliste, une idée construite sur la base d'un constat rationnel opéré par l'Homme sur les choses et les évènements spatio-temporels qui l'environnent (temps donc histoire, espace donc géographie). A partir de cette réalité qu'il perçoit (représentation par les sens), qu'il découvre (par les recherches scientifiques) et qu'il déduit (par le raisonnement logique), l'Homme se dote d'un axiome fondamental : par ma volonté rationnelle d'être assoiffé d'amour, et en conformité avec le sens logique et mécanique de l'Histoire, je reconnais que l'Humanité a le droit et le devoir de poursuivre librement et dignement sa quête de Justice égalitaire et d'Amour véritable de tous et pour tous. Conformément à ce premier postulat, l'Homme s'efforce donc d'accélérer le sens de l'Histoire pour bâtir une société nouvelle fondée sur ces deux vertus suprêmes.
Néanmoins, puisque la réalité environnementale s'impose à l'homme (inné biogénétique et acquis empirique) et puisque le collectif domine (directement ou indirectement, mais systématiquement) l'individu, le facteur déterminant par lequel l'Homme peut exercer son pouvoir (pour ensuite déclencher en société des cercles vicieux ou vertueux) ne peut être que l'infrastructure socio-économique, à savoir le mode de production.
Ce "mode de production" est lui-même issu d'un long processus de facteurs déterminants, antérieurs à l'homme : la mort des étoiles créent les planètes et leur géologie (structure atomique et moléculaire, énergie...), la géologie terrestre au sens large détermine la géographie (ou plutôt les natures élémentaires, organique et minérale), géographie physique qui à son tour détermine les forces productives (moyens naturels utilisés par l'homme pour vivre ou survivre, dont lui-même).
Ce processus fondamental (qui anime l’Évolution) est le résultat de forces contradictoires, lesquelles sont dépassées ensuite par d'autres forces qui naissent de ces rapports de forces et les abolissent. Une fois produites par les contradictions entre l'homo sapiens et son environnement naturel, les forces productives (donc les outils au sens large) entrent alors en contradiction avec les rapports de production (organisation sociale, relations interhumaines pour leur survie par l'usage des outils) ce qui a pour conséquence la transformation, ou plutôt l'évolution du mode de production, à savoir l'agencement lui-même entre le type d'économie et sa structure sociale (forces productives + rapports de production).

Pour sa survie d'abord, mais ensuite pour sa vie elle-même, l'homme vivra dans et pour ce modèle économique. C'est ainsi qu'au bout du compte, telles les racines donnent l'arbre, telle la tige donne la fleur, c'est le mode de production qui détermine les croyances, elles-mêmes issues de l'expérience de la vie en société modelée par son infrastructure économique. Et qu'enfin, ces croyances déterminent en partie... le comportement humain.
Les contradictions qui animeront le mode de production, pousseront les hommes à évoluer, phénomène progressif ou brutal, pacifique ou violent, qui a transformé la société antique (esclavage) en société féodale (servage ou vassalité -corporatisme-), puis la société féodale en société capitaliste (salariat-prolétariat), et, inévitablement, la société capitaliste en société communiste (société sans classe, égalité universelle).
Pour mener à bien cette évolution, il convient de l'accélérer. Aussi déterminé soit-il, l'homme est doté d'une liberté profonde, mystérieuse et impossible à quantifier, produit d'une série de facteurs d'une complexité telle que cette liberté en est justement le fruit. C'est tout le paradoxe entre déterminisme total et liberté personnelle : les deux existent et s'imbriquent, les deux se déterminent. Une relation qui bien-sûr dans ses caractéristiques élémentaires, dépasse l'entendement humain.

Le réel (concret) détermine l'irréel (abstrait). Le matériel détermine l'immatériel. L'économie détermine la société. La société détermine l'homme. Voilà le seul raisonnement qui soit scientifiquement valide et qui se prouve tous les jours, sous nos yeux, dans notre vie quotidienne : pas de Justice sans égalité, pas de paix sans conditions de paix, pas d'amour sans preuve d'amour.

En définitive, pour en revenir aux deux vertus suprêmes (objectif absolu des communistes) : c'est bien la Justice sociale qui précède l'Amour véritable, lequel n'est qu'hypocrisie sans la première, puisque déconnecté du réel (qu'est l'injustice ambiante), la souffrance des uns pour satisfaire les besoins de jouissance des autres dénatureront tous les bons sentiments, puisque basées sur une présomption instinctive, sur une malhonnêteté égocentrique.[/quote]

Organisation révolutionnaire qui prétend défendre les opprimés, "suivre le mouvement réel" et promouvoir une société égalitaire, elle n'en demeure pas moins extrêmement hiérarchisée -selon un ordre unique de pouvoir de décision (l'aisance matérielle est à l'inverse rigoureusement la même pour tous)-, chaque membre devant prouver sa fidélité, sa détermination et ses compétences avant de monter en grade. La chasse aux infiltrés du KhAD est impitoyable.

Hiérarchie au sein de la Confrérie :
[quote]1_ Guide-Suprême : prophète et fondateur (réincarnation de Caïn, personnage mythique, l'existence de son actuel titulaire fait l'objet de polémiques)
1.2_ Exarque : informel « chef de l’État » du Nod, "1er N°2" (Temürkhan)

2_ Grand-Exécuteur : « chef de l’exécutif » du Nod, commande la police intérieure, "2ème N°2" (Temürkhan, seconde fonction)
3_ Vicaire : assistant/conseiller du Grand-Exécuteur, préside l'Archidiaconat, "N°3" (Arkhar)
4_ Exécuteurs : les 9 autres membres du Cercle Interne, rôle décisionnaire capital

-A partir d'ici, on sort du Cercle Interne (sorte d'équivalent religieux du Comité Central d'un PC).-

5_ Grand-Confesseur (plus puissant non-membre du Cercle Interne, doit obéir à ce dernier)
6_ archidiacres (abbés)
7_ confesseurs
8_ diacres
9_ apôtres
10_ grand-frères (acolytes et disciples)
11_ frères (initiés)
12_ croyants[/quote]

Le nombre de membres ne dépasserait pas quelques milliers à travers l'ensemble du Karmalistan. Mais on ignore l'influence qu'elle entretient hors du pays.
Le chef suprême de la secte, considéré comme un messie, se fait appeler par plusieurs noms :
_ Qobyl (en farsi ou en arabe)
_ Kaïn (en turque-qarlouk)
et, anecdotiquement :
_ Kirov (en russe)
_ Kane (en anglais)

Son vrai nom est inconnu, son visage est inconnu. En clair son identité est si cachée que beaucoup nie son existence : il ne serait qu'un personnage mythique invoqué pour nourrir la propagande de la secte.

Allégorie du rapport Confrérie du Nod (secte de Qobyl) et Communauté de Turgaï (les Negdel du Tchingis Ardyn) :

[img]https://i.imgur.com/yCzE5jo.jpg[/img]

...avant que le dragon ne grandisse.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

Ces textes ne sont pour l'instant que de purs brouillons théoriques, sujets à d'éventuelles modifications mineures ultérieures.
______________________________________________________________________________________________________________

[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/04/7/1517140784-976787templedunod.jpg[/img]
Un temple du Nod à Turgaï.

L'ÊTRE SUPRÊME
[url=https://www.youtube.com/watch?v=tmw3w9dtZVo]Musique pour la lecture[/url]

[quote]De même qu'on respire, parce qu'on a quelque chose à respirer ; on aspire, parce qu'on a quelque chose à aspirer.

Henri Guillemin[/quote]

En tant que religion monothéiste de ligne abrahamique, le Nod conçoit l'existence d'un Être Suprême. Non pas comme un juge capricieux, susceptible et vulnérable aux flatteries, mais comme incarnation alter-personnelle de l'objectivité absolue. Puisque tout-puissant, parfait et objectif, ce Dieu ne peut-être qu'aux antipodes des pitoyables entités "divines" de l'Antiquité (chez les grecs, égyptiens, et autres polythéismes, où leurs dieux se chamaillent, se vexent, se vengent et servent leurs minables intérêts individuels). Mais il n'est pas pour autant une espèce de maître à esclaves, barbu arrogant assis sur un trône doré dans un quelconque "royaume" hiérarchique grotesque, avec de fastidieuses chorales ou pitoyables harems, tel qu'imaginé par certains juifs, chrétiens ou musulmans.
Non. L'Être Suprême du Nod représente la Dignité elle-même. Sa description n'est pas chose aisée : il est extrêmement complexe à définir. A vrai dire, sa compréhension dépasse l'entendement humain. Il est l'Alpha et l’Oméga, le visible et l'invisible, l'Espace mais aussi le Temps, donc le "Tout évolutif". En clair, il est le réel en mouvement.
Notons à ce titre que, malgré son inhérente perfection, il est... en mouvement, donc "en devenir"... ce qui implique une imperfection initiale ! Ce paradoxe, véritable casse-tête pour ceux qui s'aventurent à saisir cette théorie, repose donc sur cette interprétation d'un Dieu qui soit à la fois Tout (réel) et Un (idéal), à la fois Perfection incréée et Mouvement perpétuel.
Pour ne rien simplifier, il incarne, dans son essence profonde, trois principes fondamentaux (défendus politiquement par le Nod) : Il est la Raison (la Vérité scientifique), la Justice (l’Égalité sociale) et la Vertu (l'Amour entre les êtres)... et chacune d'elles sont Lui.
En définitive, puisqu'il est être et principe, totalité et devenir, son état n'est pas "uniquement" passé (il n'a rien à voir avec une sorte de créateur maladroit qui boude sa création l'échappant dans son évolution, scénario alors invoqué par certains croyants réactionnaires comme prétexte pour ne rien changer à la situation initiale. Son état est à la fois passé, présent et futur. Autrement dit, le mouvement dans sa globalité, qu'il soit cyclique ou linéaire (évolution), fait partie intégrante de sa création, jusqu'à être Lui, et donc résulte de sa Volonté rationnelle et imperceptible.

Ainsi dépourvu de "négatif" (au sens strict du terme), d'être opposé à sa hauteur (puisque tout-puissant ; le Nod s'oppose au manichéisme), l'Être Suprême n'a qu'un seul ennemi : ce qu'il n'est pas, à savoir les contre-principes fondamentaux que sont le faux (mensonge), l'oppression (injustice) et le vice (égoïsme) -toujours dans cet ordre !-. Des errements corrupteurs, favorisés par un être démoniaque, dont l'existence est elle aussi complexe à expliquer ou définir, d'autant plus que l'Être Suprême est sensé désigner le "tout" (!). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a bien une contradiction eschatologique entre un élément juste et victorieux (en devenir), et un élément faux qui s'efforce de survivre, ou plutôt de tarder à disparaître. La synthèse (dépassement de la contradiction) n'étant absolument pas une fusion du "Bien et du Mal", mais bien une victoire totale du Bien sur le Mal. On arrive ainsi à comprendre que si l'Être Suprême est "tout", il est un "tout en mouvement" (le progrès, la force, la dignité), aux antipodes du Démon qui est le "rien qui stagne" (l'arriération et la bassesse).
C'est ainsi que le Démon, bien qu'inférieur à l'Être Suprême, cherche à bloquer (en fait ralentir) son (inévitable) éveil. Si celui-ci a lieu, il sera alors définitivement vaincu et détruit.

Quant au "royaume des Cieux", il est l'avenir, l'irrémédiable futur des sociétés humaines réunifiées.

D'un point de vue purement scientifique, l'Être Suprême, son ennemi démoniaque, ou encore la survie de l'âme (sanctification de la matière au paroxysme de sa complexité) après la mort, ne peuvent s'appréhender que dans le cadre des lois de la physique quantique. Dans cette "dimension", un fait peut être et ne pas être tout-à-la-fois, le temps lui-même s'émancipant de notre perception (il peut même reculer !). Cette interposition ahurissante des états explique la complexité de l'origine du mouvement dans la physique classique, de son énergie initiale, par laquelle s'opère le processus dialectique des contradictions dépassées. Puisque les lois de la physique quantique (à commencer par les mesures de l'Espace-Temps) n'ont rien à voir avec celles de la physique classique, celle que nous parvenons bien davantage à domestiquer, il nous est permis de dévoiler l'existence d'une forme très furtive de "hasard", et donc par elle, de manière plus précise, d'une forme extrêmement fine et vulnérable de liberté, du moins à l'échelle des particules. Il s'avère en effet qu'à une certaine échelle et dans le cadre de certaines limites, un photon soit capable de "choisir", littéralement, sa destination. Dans le débat (purement scientifique, et pas philosophique !) sur le déterminisme, Albert Einstein et Niels Bohr avaient ainsi tous les deux raisons, mais chacun à leur manière et dans leur dimension respective. L'esprit humain à son tour, comme manifestation la plus élevée et complexe de la matière, est pourvu de cette liberté, mais de façon inconsciente. Une liberté toute relative, puisque totalement dépendante de son environnement intérieur (inné) et extérieur (acquis). Cette liberté ne pouvant alors exercer son pouvoir qu'à l'échelle historique (temps large) et populaire (espace large), grâce aux structures socio-économiques d'abord, puis aux interactions humaines. C'est le rapport infrastructure (forces productives et rapports sociaux de production déterminant ensemble le mode de production) - superstructure (mœurs, culture, religion...).

En toute logique, l'Être Suprême ne peut donc pas être représenté de façon précise, et en tout cas certainement pas d'une façon anthropomorphique. Le Nod rejoint sur ce terrain l'Islam, et vomit comme "blasphèmes" les représentations chrétiennes de Dieu en homme antique gras en toge, poilu et barbu, ou en... bébé (Jésus divinisé).
Toutefois, là où le Nod rejoint le christianisme (sans pour autant s'aliéner certaines interprétations islamiques), c'est sur la "personnalité" de cet Être Suprême. On l'a vu, l'Être Suprême est totalement objectif et donc froidement rationnel. Néanmoins, comme pour le reste concernant Dieu, cette rationalité n'est pas dénuée de paradoxes. L'objectivité suprême dépasse elle-aussi notre entendement. De même qu'un juge doit prendre en compte les circonstances atténuantes d'un acte malveillant commis par un opprimé sur un oppresseur, l'Être Suprême, par Raison et Justice, choisira un camp. Plus encore, il ira jusqu'à s'identifier -symboliquement- au premier contre le second. En tant que "tout évolutif", "mouvement réel", l'Être Suprême incarne la révolte de l'opprimé contre l'injustice et ses artisans (les oppresseurs), il incarne cette lutte des contraires, de l'esclave assoiffé de justice, contre le maître, première victime du mensonge et de l'égoïsme. A l'inverse, le Démon, tentateur, cherchera à doper l'orgueil des hommes pour les détourner de la Vérité et ralentir le processus.
L'Être Suprême, s'identifiant à la Révolution, ce processus dialectique par lequel l'opprimé renverse, neutralise et subverti son oppresseur (l'évolution de la nature rejoint l'évolution historique), se place ainsi systématiquement du côté des humbles, des pauvres, des petits et des ostracisés. Il prône comme aspiration l'Amour du prochain en tant qu'égal, mais comme moyen la défense acharnée des marginaux contre les satisfaits.
L'entité démoniaque défendra de son côté les oppresseurs, les riches, les puissants, cela par le mirage du mérite individuel. Il cherchera donc à détacher l'individu du "tout en mouvement", pour l'isoler et en faire une fausse divinité auto-construite, égocentrique, et arrogante. Il cherche des conflits, mais des conflits stériles, une violence au service du maintien de l'ordre établi, au service des oppresseurs... s’apparentant alors à du sadisme (la pire des ignominies), puisque employée irrationnellement par des gens qui possèdent déjà les privilèges.

Pour les disciples et apôtres du Nod, servir l'Être Suprême (leur aspiration première), consiste à... servir le Peuple et son mouvement réel, à savoir la Révolution. Ils sont appelés à l'humilité personnelle, à l'abnégation en faveur des opprimés, à la solidarité égalitaire et à l'action révolutionnaire (œuvrer au renversement de la classe possédante pour construire une société juste par tous les moyens nécessaires qui ne remettraient en cause sa fondation).

A ce titre, la Confrérie reprend au christianisme d'innombrables paraboles bibliques :

[quote]Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers.
Matthieu 20, 16[/quote]

[quote]Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Matthieu 5, 3-12 [Les Béatitudes][/quote]

[quote]Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux.
Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.

Matthieu 19, 23-24[/quote]

Ainsi que des versets du Coran :

[quote]Nous [Dieu] avons envoyés nos prophètes avec des preuves indubitables. Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la balance afin que les hommes établissent ʾal-qist [la justice/l’équité].
Sourate 57, Verset 25[/quote]

[quote]En vérité, Dieu n’est pas injuste envers les hommes mais ce sont les hommes qui se font du tort à eux-mêmes.
Sourate Yunûs (Jonas) S.10, V.44[/quote]

[quote]Ô mon peuple, faîtes équitablement pleine mesure et plein poids, ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre.
Sourate Hûd, S.11, V.85[/quote]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/8VuAihe.jpg[/img]

[url=https://www.youtube.com/watch?v=isRoU4r96ZE]Ambiance[/url]
LA MATIÈRE ET L'ESPRIT
(entre Hegel et Engels)


Le Nod est une "religion des sciences de la nature", une "croyance matérialiste".
A l'opposée des thèses idéalistes (Descartes, Berkeley, Kant, Dühring... ou "agnostiques" comme Hume) et celles des "empiriocritiques" (Avenarius, Mach, Bogdanov...), selon lesquels -en définitive- rien n'existe en dehors de nos sens, des rapports avec notre "Moi" (les choses environnantes n'étant alors que des phénomènes, ou des "complexes de sensations") ; le Nod à l'inverse, conçoit les sensations comme une des propriétés de la matière en mouvement, soit comme une simple image, un reflet du monde extérieur, lequel existe indépendamment de notre volonté (les choses s'imposent à nous). L'objet façonne le sujet, avant que celui-ci n'interagisse ensuite avec le premier.
Cependant, si, dans la lignée de Feuerbach et d'Engels (notamment dans l'un de ses ouvrages phares surnommé "Anti-Dühring"), le Nod affirme que "l'esprit n'est que le produit le plus élevé de la matière", il précise toutefois que cette matière productrice ne se réduit pas aux "fonctions visibles actuellement découvertes" du cerveau humain. La matière comprend aussi des éléments qui n'ont pas encore été découvert, voire invisibles, reposant entre-autres sur l'infiniment petit et ses lois très particulières.
Ainsi, de l'affirmation de Ludwig Feuerbach selon laquelle "ce monde matériel ("stofflich"), perceptible par les sens, auquel nous appartenons nous mêmes, est la seule réalité", le Nod rectifiera : "ce monde matériel, perceptible ou non par les sens [...], est la seule réalité". Il s'émancipe donc (en fait, à l'instar d'Engels et de Marx !) du "matérialisme mécaniciste", dit "vulgaire", qui n'a pas encore saisi les dernières avancées scientifiques, passait outre le raisonnement dialectique et refusait de faire de la philosophie un combat actif (au profit d'une simple interprétation).

C'est donc naturellement par le réel au sens strict, c'est-à-dire en fait, la matière en mouvement, et par lui/elle seul(e), que tout être humain accède à la Vérité, à l'Être Suprême, et donc à ses trois principes fondamentaux (Raison, Justice, Vertu). L'Histoire est ainsi considérée comme un mouvement ininterrompu de la matière, à la fois voulu, orchestré et représenté par l'Être Suprême (l'Incréé créateur, incarnation des trois principes fondamentaux), matière qui, dans son ensemble et sa complexité (quantité faisant qualité), prend la forme d'un véritable "Esprit" en croissance. Par la confrontation des contradictions internes à chaque chose, de thèses en antithèses, il s'opère une synthèse (dépassement de la contradiction), laquelle n'est pas une fusion, mais plutôt une absorption victorieuse : la victoire du vrai sur le faux, de l'égalité sur l'oppression, de la communion sur l'individualisme. Phénomène qui n'implique donc l'absorption que dans la mesure où la complexité des choses se manifeste concrètement par une variation de gris plutôt que par un manichéisme "blanc ou noir" de chaque côté.
Ainsi, pour le Nod, matière et esprit ne s'opposent pas. Matière et Esprit désignent une seule et même substance (la seconde étant la plus haute -complexe- manifestation de la première). Une substance en évolution perpétuelle et divinisée en tant que "tout" en devenir. Et au cours de l'Histoire, au cours de son évolution, cette substance s'éveille... pour devenir conscience, selon un processus plus ou moins rapide. Le but de chaque homme étant de favoriser l’Éveil de cette conscience historique absolue (Hegel), en accélérant le processus des contradictions dépassées, cela par l'exacerbation des contradictions du "facteur clé", à savoir le système socio-économique présent (capitalisme), donc par la révolution et le renversement de l'ordre établi. Ce dernier devant être remplacé par un nouveau mode de production socialiste (le Nod adhère à la dichotomie marxiste infra et super-structure [voir "facteur-clé" expliqué à la fin du troisième message de ce sujet]).
De confrontations en confrontations, cette chaîne en spirale de conflits dépassés (processus révolutionnaire conduisant à la victoire de l'opprimé face à l'oppresseur) doit permettre la formation progressive d'un tout harmonieux, d'une société idéale, parfaite (rationnelle, juste et vertueuse), où l'Humanité se sera fondue dans le tout, en communion avec l'Esprit éveillé, l'Être Suprême.

En clair, au matérialisme comme fondement philosophique du Nod, s'ajoute une forme d'idéalisme, mais un idéalisme purement hégélien (dit "absolu", anti-relativiste et non-subjectiviste), lequel part toujours du principe que la matière est première, et existe indépendamment de nos perceptions. Le seul idéalisme qui inspira le respect de Lénine.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[img]https://i.imgur.com/J4AskNA.jpg[/img]

LA TARIQA NAQSHBANDIYYA
[url=https://www.youtube.com/watch?v=w5bjJdfEVjY]ambiance[/url]

On l'a vu, la Confrérie du Nod n'est pas qu'un parti politique. Véritable religion universaliste, elle se revendique de l'héritage du prophète Abraham / Ibrahim, le père du monothéisme et de "multiples nations". Elle partage de ce fait d'innombrables points de convergence tant avec le judaïsme et le christianisme qu'avec l'islam.

Religion absolument majoritaire au Karmalistan, l'Islam fait l'objet d'une attention toute particulière pour les disciples du Nod. Résolument monothéiste (respect du Tawhid, l'unicité divine), fondée sur les valeurs collectives (fraternité, humilité), et le Djihad (de l'effort personnel par soumission à Dieu à la solidarité armée en faveur de ses frères en religion), l'Islam est caricaturé par ses pires ennemis (capitalistes) comme un "vulgaire communisme avec Dieu". De ce fait, cette croyance orientale vieille d'un millénaire et quatre siècles, n'est pas un ennemi du Nod. Elle est considérée comme une "voie juste" à l'origine, mais altérée par le temps et les hommes. Une "interprétation ancienne", aux règles souvent caduques qu'il faut revoir.

Aussi, à l'instar de la majorité des musulmans karmalis (et surtout qarlouks) le Nod rejette catégoriquement à la fois le mutazilisme et le salafisme ;
1_ le mutazilisme est condamné pour avoir trahi le message des Prophètes, en raison de son relativisme doctrinal sous-jacent et de ses théories grotesques sur le libre-arbitre (on reprend toutefois sa méthode de réflexion, le Kâlam) ;
2_ le salafisme, et notamment sa sous-branche wahhabite, est condamné pour avoir sombré dans le dogmatisme borné -interprétation littérale du Kor'an- jusqu'à vouer un culte à l'injustice sous prétexte de "fatalité divine", véritable pourrissement social et technique, lui-même à l'origine de son hypocrisie morale omniprésente (on reprend toutefois sa défense inflexible du Tawhid et son rejet des superstitions).

Dans tout le vaste spectre des sous-embranchements des madahib du Sunnisme (écoles juridiques pour l'interprétation des règles temporelles de la Sharia), c'est en réalité la voie soufi de Naqshband qui fut choisi comme juste direction, par la majorité du peuple karmal... et à sa manière, par le Nod.

La Tariqa de Naqshband ("la voie de ceux qui sont attachés à l'empreinte de Dieu", ou "de ceux qui sont attachés à la marque divine, gravée dans le cœur des hommes" *), est une voie soufi, résolument sunnite et particulièrement rigoriste mais attachée à la Justice, qui souligne l'importance de l'abnégation dans la vie humaine. Par ailleurs, elle considère ses fidèles comme des chercheurs, en quête de vérité, en quête de Dieu, en quête du respect de son commandement. L'imperfection des hommes empêchant toute prétention à la complétude du savoir. Il mêle ainsi rigorisme moral et... progrès.
* littéralement : Naqsh signifie "gravure" et band signifie "lien".

Cette confrérie soufi, particulièrement populaire et très pratiquée au Karmalistan, n'est pas née à une date précise, et n'a pas toujours portée ce nom. Elle s'est développée progressivement au fil d'une longue chaîne initiatique (silsila), changeant d'appellations au fur et à mesure des approfondissements doctrinaux : d'abord as-Siddiqiyya, puis 'at-Tayfouriyya et enfin Khwajaganiyya (voie du maître Hamdani) avant d'obtenir son nom actuel après la mort de son "maître-fondateur" le plus connu, Muhammad Bahâ’uddin Shâh Naqshband, surnommé le "sultan des Saints". Elle fait partie de la maddhab (école de jurisprudence -fiqh-) du grand imam Abu Hanifa (hanafisme, très majoritaire au Karmalistan), dont elle reprend entre-autres le principe du qiyâs, raisonnement rigoureux par analogies en vue de trouver des solutions complexes issues d'un contexte entravant l'ijtihâd (effort -dit improprement- d'interprétation) des oulémas/mollahs et muftis dans l'étude du Kor'an et de la sunna.

Officiellement et théoriquement, le fondateur de cette confrérie n'est autre que le premier Calife rashidun, Sayyidina Abou Bakr as-Siddiq, le troisième converti musulman de l'Histoire, célébré tant pour son courage que pour son indulgence, tant pour sa détermination que pour sa patience, tant pour sa générosité que pour sa piété. Mais plus que tout cela encore, Abu Bakr fut honoré pour son sens de la Justice (d'où il tire son adjectif, "le véridique") : il a toujours prôné le respect des non-musulmans, et s'est engagé avec zèle à affranchir tous les esclaves convertis sur sa route. Aux yeux de Mahomet, il était incontestablement son "meilleur sahaba" (compagnon) qu'il nomma en successeur ("Si je ne suis plus, consulte Abu Bakr !" disait-il).

Mais de facto, historiquement, c'est un tojik d'Arkadyr, Muhammad Bahâ’uddin Shâh Naqshband, qui en acheva la théorisation au XIVe siècle, à partir d'innombrables écrits et pensées effectués en amont. Né en 1317, il fut instruit toute son enfance par des maîtres - disciples de la confrérie déjà existante (alors surnommée as-Siddiqiyya ou Khwajaganiyya). Doté de pouvoirs particuliers, il prôna tout au long de sa vie un ascétisme mystique, fondé sur la discrétion et le don de soi en faveur des indigents. Il invita ses disciples à faire de même : "travaillez à la sueur de votre front, puis faîtes don du fruit de ce labeur aux nécessiteux". Mort en 1388, son enseignement forgera l'islam de tout un peuple, et demeurera le courant islamique dominant jusqu'à nos jours au Karmalistan.

[img]https://i.imgur.com/S1lw0VB.jpg[/img]
Le Mausolée de Naqshband à Arkadyr, centre-nord du Karmalistan.

La tariqa (voie) Naqshbandiyya fonde ses enseignements sur plusieurs principes fondamentaux, dont voici les quatre plus caractéristiques :
_ la lutte contre l'injustice**
_ le zuhd, l'abnégation, l'effacement de soi (lutter contre son égo, par amour pour Dieu)
_ le service (en faveur d'autrui, jusqu'au sacrifice de sa personne)
_ la méditation silencieuse du cœur (attachement permanent à Dieu de tout son cœur, marqué de sa présence)
** ce qui la distingue fondamentalement des nombreux courants déviants de l'hanbalisme : ceux-ci, contre le "péché de sédition", préférant justifier les inégalités entre les hommes par une très opportuniste "volonté divine" qui permettrait à certains de se passer de l'indispensable don de soi pour Dieu.

Outre ces principes, cette voie est également connue pour la pratique du dikhr ("évocation"), une séance (généralement silencieuse) de méditation collective en souvenir de Dieu, ainsi que pour ses théories accordant une grande importance à l'interprétation des rêves.
Enfin, à l'instar de l'asharisme (école théologique d'al-Ash'ari), cette branche très traditionaliste (salafi) du soufisme, les disciples de la voie de Naqshband adhèrent à la méthode Ilm al-Kâlam (qui signifie "science de la discussion/réflexion" ou simplement "dialectique") pour défendre son point de vue ou faire progresser la quête de Vérité (donc celle d'Allah), à savoir le procédé d'une argumentation rationnelle. Toutefois, cette adhésion s'accompli dans le cadre de l'école mâturîdite, distincte de l'asharisme pour sa parenté avec la maddhab d'Abu Hanifa (alors que sa rivale -plus "littérale"- s'apparente à celle d'al-Hanbal).

Ayant façonné des siècles d'Histoire au Karmalistan, la voie de Naqshband est, par sa franche hostilité au littéralisme borné, par son rigorisme moral conduisant à l'abnégation altruiste, son souci ardent de la Justice sociale jusqu'à la lutte armée, son sens de la Raison par la quête dialectique, et par sa marque divine (Naqsh) si caractéristique[***], est considérée par la Confrérie du Nod comme l'un des grands chemins qui mène à elle ; à savoir un véritable terreau populaire, d'où germera, contre les shirk (associationnistes / polythéistes), les incroyants et les hypocrites, la révolution prochaine.
Il suffira de pousser encore jusqu'à son paroxysme, le renversement de la conception rétrograde, opportuniste et malhonnête des privilèges justifiés par le mérite : l'injustice conduisant au péché, cela parce que TOUS les hommes ont pour devoir l'égale et absolue soumission à Dieu. Le nanti est par définition, un mécréant.

[HRP : *** voir premier message de ce sujet.]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

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Salat et Zakat : l'islam des muhâjirûn

En arabe, "muhajir" (prononcez "mouhadjir") signifie émigrant, errant, exilé, réfugié. A l'origine, il désigne les premiers musulmans, compagnons de Mahomet qui durent s'exiler à Yathrib. Ce qu'on appelle l'Hégire, soit le début de l'ère islamique. Depuis lors au Karmalistan, ce mot arabe représente, à titre symbolique, les apatrides, bannis d'une terre natale et fertile, et condamnés à l'errance par la force des choses. En un mot, ils sont les opprimés musulmans karmali, qui suivent tout-particulièrement la Salat (prière) et la Zâkat (aumône), deux des cinq piliers de l'islam retenus par la Confrérie. Des opprimés qui, après l'errance, empruntent la juste voie, le sentier lumineux du Zuhd (abnégation pour la Justice).

L'islam n'est pas qu'une religion : elle est une force collective qui révolutionna les rapports sociaux de production. Telle la courbe supérieure d'une spirale, l'islam est d'abord fille logique de la contradiction sociale majeure du Marqaz qui s'est développée au cour des Ve, VIe et VIIe siècles de l'ère chrétienne, avec ses retours mais surtout ses avancées. Cette discordance infra-structurelle opposait Ahl al-Wabar, soit le vieux nomadisme pastoral (mode de vie des Bédouins) à Ahl al-madar - la nouvelle sédentarisation urbaine ou périurbaine des cités du centre du Hedjaz (Kandjar-Hachémanie). De cette confrontation, en plus du démantèlement de l'esprit de corps et de ses mécaniques d'entraide, naquit une nouvelle classe de grands marchands, enrichis grâce au commerce d'ivoire algarbien, d'or local, de soie ventélienne, et d'esclaves (surtout noirs).
La société préislamique du Marqaz n'était alors point marquée du sceau de Dieu : y régnait le vice, soit les passions égocentriques à travers la cupidité dont l'habituelle pratique usuraire, l’idolâtrie comme les superstitions jusqu'à la sorcellerie, le tribalisme fondé sur la vendetta, l'abandon du plus vulnérable (mécaniquement ostracisé), et bien-sûr l'esclavage, qu'on ne peut concevoir alors que comme un droit absolu de jouissance (jusqu'à la mise à mort) sur sa possession humaine réifiée.
Cette situation de délabrement moral n'était en réalité que le corollaire logique des contrastes sociaux qui infestaient chaque clan, entre les familles aristocratiques... et toutes les autres.
Alors que l'opulence de quelques-uns leur permet de vivre en toute sérénité, la misère qui touche certaines tribus nomades (notamment chrétiennes) favorise les razzias, devenues légions. Cela dans une spirale de violences et de ripostes selon la loi du talion. Le malthusianisme était pratiqué avant l'heure : lors des crises de surpopulation, on enterrait vivantes les jeunes filles, les handicapés et autres indigents. La cruauté n'avait alors aucune limite dans cette société intrinsèquement esclavagiste.

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Comme nous le savons, c'est après les révélations de l'ange Gabriel (vers 610) que Mahomet fut appelé à changer le Monde, à substituer la Vérité et la Vertu au Vice et aux mensonges de son temps. Avant son exil pourtant, le prophète de l'islam fut tenu en échec : malgré la sagesse de ses enseignements, les méthodes de persuasion pacifique utilisées se révélèrent impuissantes face à l'omnipotence du mode de production esclavagiste, ses inébranlables cupidités et égoïsmes.
C'est finalement par la terreur que l'islam pu mettre un terme à ces horreurs : devenu marginal, raillé, ostracisé et méprisé, Mahomet fait l'expérience de l'oppression. Les hommes du tortionnaire quraychite Abu Jahl les traquent et les harcèlent sans relâche. En 615 meure la première martyre en islam, Sumayyah bint Khayyat, une esclave noire convertie, torturée puis transpercée d'une lance de la main même d'Abu Jahl.
Mahomet finit par fuir à Yathrib (622) avec ses compagnons, les muhâjirun, les « errants », les exilés. Là bas, par la « Constitution de Médine » (alliance des émigrants -muhâjirun- et ansârs - « aidants », musulmans de Yathrib -) ils bâtissent une doctrine éminemment révolutionnaire, où politique et religion se mêlent, pour former un véritable mouvement de résistance populaire. Sont proclamés la fraternité et l'égalité des Hommes. L'opprimé n'est plus méprisé ou abandonné. La rupture fondamentale avec l'ancien monde est alors achevée : ce ne sont plus les liens du sang, le talent ou la naissance qui régissent les relations humaines, mais la croyance en un Dieu unique, en une cause commune, fruit de sa suprême volonté. La défense de l'opprimé et de l'égalité entre les Hommes est le pire de tous les sacrilèges aux yeux du conformiste privilégié de son temps, fidèle égoïste en serviteur de sa classe sociale.
Mais pour renverser l'ordre établi, abolir l'oppression, par amour et don de soi à Dieu (et à travers Lui, autrui), un seul moyen efficace : la terreur.
Le 17 mars 624, les musulmans qui ont pris les armes et se sont constitués en théocratie révolutionnaire, écrasent leurs ennemis quraychites. L'esclavagiste sadique Abu Jahl est éliminé. C'est la bataille de Badr.
Le djihad est théorisé, l'ascétisme est institué, les esclaves convertis sont libérés. L'alcool est prohibé, autant que la viande de porc, les excès dans la fête et la débauche dans la vie sexuelle. La prière (Salat) et l'aumône (Zakat) sont prescrits à tous. Les richesses sont partagées. Montrant l'exemple autant qu'il l'a pu, Mahomet mourra sans laisser d'autre héritage qu'une vieille tunique, un médiocre pagne et son armure.
C'est alors que le pendule de l'islam oscillera entre vertu et terreur.

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Abu Bakr As-Siddiq, le premier calife bien-guidé (rashidun) et troisième converti musulman de l'Histoire, célébré tant pour son courage que pour son indulgence, tant pour sa détermination que pour sa patience, tant pour sa générosité que pour sa piété, rend la Justice avec sagesse (d'où il tire son adjectif, "le véridique") : il prônera toujours le respect des non-musulmans, et s'engagera avec zèle à affranchir tous les esclaves convertis sur sa route.
Le deuxième calife rashidun, Omar ibn al-Khattab, répandra l'islam par le fer et le sang sur tout le Marqaz, et y ordonnera la mise à mort de tous les sorciers.
Le troisième, Othmân, poursuivra les conquêtes de ses prédécesseurs, mais son règne signera l'arrêt de mort de la prodigalité islamique des premiers temps. L'appât du gain se répandra à nouveau au sein même de l'Umma, et Othman ira jusqu'à nommer un opportuniste à la tête de la conquête [damascène -en attente d'une ville rp-], le quraychite Mu'awiya.
Sous Ali ibn Abu Talib, quatrième calife, le conflit contre l'injuste et traître Mu'awiya provoquera la première Fitna : c'est la fracture de l'islam.
Cette tragédie, la première d'une série d'autres qui pervertiront la religion musulmane des siècles durant, fut anticipée par un homme, qui découvrit avant tout-autre le danger corrupteur que représentaient, tant la politique de Mu'awiya, que, de manière plus générale, le caractère nocif du pouvoir et des fortunes amassées par les chefs musulmans lors des conquêtes.

Cet homme est le grand muhajir Abu Dharr Al-Ghifari. Avant même la révélation, ce nomade de la tribu des Ghifar vomissait la corruption morale des Arabes du Marqaz et leur culte superstitieux des idoles. D'abord méfiant vis à vis de Mahomet, il s'intéresse d'abord à lui en raison des persécutions dont il fait l'objet. Il prend assez vite la décision de le rallier lorsqu'il découvre la sagesse de sa cause.
Musulman zélé, il reçoit l'ordre de ne surtout pas témoigner de sa foi dans cette ville hostile qu'était Mecca. Pourtant, le téméraire Abu Dharr désobéit et proclame sa conversion à tous, en criant du plus fort qu'il pu : « Ô Quraïshites, je témoigne qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allâh et que Muhammad est son Messager. » Les quraïchites se jettent sur lui et lui infligent d'innombrables coups. En sa qualité de membre d'une tribu crainte de pillards nomades contrôlant le passage emprunté par les caravanes de leurs marchands (le Waddan), il est relâché, le corps toutefois recouvert de blessures. Chargé par le prophète de convertir les membres de sa tribu, il accomplit sa tâche au-delà de ses espérances : les Ghifar compteront parmi les premiers fidèles combattants de l'islam. Exilé avec lui en 622 lors de l'Hégire, il est l'un des plus proches amis du prophète. Reconnu pour son sang froid autant que pour son courage, sa parole est écoutée avec attention. Cependant, en raison de sa droiture et de son engagement auprès des pauvres, cherchant à susciter chez eux une conscience commune contre leur état, il ne tarda pas à s'attirer de nombreux ennemis. Partout où il allait, il prononçait ces mots en référence à la sourate IX, verset 35 : « Annonce à ceux qui ammassent l'or et l'argent qu'ils auront des cautères de feu, avec lesquels leurs fronts seront cautérisés, le Jour de la rêsurrection. »
Envoyé à [Damas] sous le règne d'Othman, il assiste, consterné, aux dérives morales jusqu'à ses coreligionnaires : entretien politique des injustices sociales, insuffisance de l'aumône jusqu'au reniement de la Zakat et par conséquent, tout ce qui en découle, à savoir l'arrogance des riches, la violence, la corruption, les goûts immodérés du luxe et de la luxure. Il dénonce alors avec virulence les pratiques gouvernementales despotiques et cupides de Mu'awiya, qu'il accuse de favoriser cette débauche égoïste dans sa ville par pur intérêt personnel.
Lorsqu'Abu Dharr invoque les célèbres versets contre la thésaurisation, Mu'awiya prétend qu'il ne s'agit que d'une révélation aux infidèles, un avertissement « aux Gens du Livre ». Abu Dharr lui répond : « Non ! ils ont été révélés pour nous et pour eux. », avant de lui conseiller de rendre toutes leurs possessions privées, terres cultivées par d'autres, fermes à bétail, palais... au trésor public.
De nombreuses élites musulmanes (les riches refusaient bien-sûr de renoncer à leurs biens) se retournent alors contre Abu Dharr, et celui-ci est rappelé à [Médine] par le calife Othman, qui prend le parti de Mu'awiya.
Réduit au silence, il s'isole du monde, à ar-Rabdha, et se plonge, en anachorète, dans l'étude et la prière. Son ascétisme est tel qu'elle suscite un jour la curiosité d'un visiteur.
Celui-ci lui demande : « Où sont tous tes biens ? »
- « Nous avons une maison là-bas [c’est-à-dire dans l’Au-delà], répondit Abû Dharr, où nous envoyons nos biens les plus précieux. »
Comprenant sa réponse, le visiteur insiste : « Mais tu dois bien posséder des choses tant que tu es ici ! »
Abu Dharr termine : « Le propriétaire de cette maison ne nous laissera pas y demeurer à jamais. »
L'individu, faible et mortel, n'a rien. Tout appartient à Dieu, et à Dieu seul.
Ayant eu vent de sa pauvreté matérielle, Mu'awiya, geste de condescendance, lui envoya trois cents dinars. Abu Dharr lui renvoya l'argent, avec ce message :
« L’émir de [Syrie] ne trouve-t-il pas un serviteur plus méritant de cette somme que moi ? »

Abu Dharr mourut en 652 de l'ère chrétienne. Cinq ans plus tard, Mu'awiya s'insurge contre le Califat d'Ali (un fervent admirateur d'Abu Dhar), accusé, sinon du meurtre, du moins de ne pas mener l'enquête à bien sur l'assassinat de son prédécesseur et mentor, Othman. C'est la célèbre bataille de Siffin, au cours de laquelle les deux finissent par convenir d'un arbitrage. Arbitrage qui générera une seconde fitna, à l'intérieure même de la première : celle des kharijites, qui assassinèrent Ali (661), accusé de trahison, celle d'avoir osé pactiser avec l'ennemi de Dieu qu'était Mu'awiya. Ce dernier fondera ensuite la dynastie des Omeyyades, qui salira dès ses origines (et jusqu'à nos jours malgré quelques tentatives de retour sous les Abbassides) l'authenticité de la religion islamique.
Notons que chez ces mêmes kharijites, le parti des azraqites représente ce fanatisme puriste qu'on retrouve chez les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=278867#p278867]zélateurs[/url] des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=271903#p271903]dérives[/url] [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=57&t=7924&start=15]ultra-révolutionnaires[/url] qui infestèrent nos rangs [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=202278#p202278]jadis[/url].

Abu Dharr rappela les cinq commandements du Messager, auxquels souscrits pleinement la Confrérie :
_ aimer les pauvres et d'être proches d'eux.
_ voir celui qui est en-dessous de moi et de ne pas voir celui qui est au-dessus de moi.
_ dire la vérité même si elle est amère.
_ ne craindre le reproche de personne, en vue de Dieu.
_ dire beaucoup: « Il n'est de force et de puissance que par Dieu ».

[img]https://i.imgur.com/L2bjlbR.jpg[/img]

Dans la terrible sourate du repentir, où cette religion rappelle son intransigeance monothéiste (défense du Tahwid contre les associationnismes juif et chrétien), l'islam, à l'instar du marxisme, émet une impitoyable condamnation de l'accumulation de richesse. Quand l'argent, alors simple instrument théorique pour gérer les flux d'échanges, devient une marchandise qu'on stocke et avec lequel on spécule, alors les portes de l'Enfer s'entre-ouvrent, pour laisser s'échapper toutes sortes d'autres vices.

C'est ainsi que la pratique de la Zâkat, véritable taxe sur le patrimoine chargé d'en finir avec l'accumulation de richesses, diffère de la charité par son caractère à la fois généralisé et systématisé.
Quant au « libéralisme » supposé de Mahomet, il repose en réalité sur son aversion des monopoles, soit par définition, ceux qui sont détenus par des agents privés au sens large (individuels, familiaux, tribaux ou étatiques). « Celui qui monopolise est fautif » enseignent les hadiths. Pourquoi ? Parce que ces monopoles naissent et se nourrissent tout-à-la-fois de l'injustice (capitalisme), et sème en définitive la corruption dans les âmes, non-seulement chez les oppresseurs, mais également jusqu'aux opprimés eux-même.

Sourate IX (du « repentir »), versets 34 et 35
[quote]34. Ô vous qui croyez! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent, les biens des gens illégalement et [leur] obstruent le sentier d’Allah. A ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux,

35. le jour où (ces trésors) seront portés à l’incandescence dans le feu de l’Enfer et qu’ils en seront cautérisés, front, flancs et dos: voici ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes. Goûtez de ce que vous thésaurisiez.[/quote]
Sourate II, versets 273-278
[quote]273. Aux nécessiteux qui se sont confinés dans le sentier d’Allah, ne pouvant pas parcourir le monde, et que l’ignorant croit riches parce qu’ils ont honte de mendier - tu les reconnaîtras à leur aspect - Ils n’importunent personne en mendiant. Et tout ce que vous dépensez de vos biens, Allah le sait parfaitement.

274. Ceux qui, de nuit et de jour, en secret et ouvertement, dépensent leurs biens (dans les bonnes œuvres), ont leur salaire auprès de leur Seigneur. Ils n’ont rien à craindre et ils ne seront point affligés.

275. Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent: «Le commerce est tout à fait comme l’intérêt». Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis auparavant; et son affaire dépend d’Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu! Ils y demeureront éternellement.

276. Allah anéantit l’intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Allah n’aime pas le mécréant pécheur.

277. Ceux qui ont la foi, ont fait de bonnes œuvres, accompli la Ṣalāt et acquitté la Zakāt auront certes leur récompense auprès de leur Seigneur. Pas de crainte pour eux, et ils ne seront point affligés.

278. Ô les croyants! Craignez Allah; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants.[/quote]
[quote]280. A celui [débiteur] qui est dans la gêne, accordez un sursis jusqu’à ce qu’il soit dans l’aisance. Mais il est mieux pour vous de faire remise de la dette par charité! Si vous saviez![/quote]

[img]https://i.imgur.com/Tsh548c.jpg[/img]

Entre djihad et guerre populaire, entre Hégire et Longue Marche, entre matérialisme dialectique et Ilm al-Kâlam, l'islam, en particulier contre ses propres démons intérieurs, doit être considéré comme une religion au potentiel éminemment révolutionnaire.

Nod ne signifiant rien de moins que « errer », son disciple est un muhajir !

[HRP : et les prochaines porteront sur le christianisme... encore plus explicitement révolutionnaire.] [img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/7/1523760797-vlad-smile2.png[/img]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

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L'islam du Nod : un islam féminin au service de la pureté égalitaire
[url=https://www.youtube.com/watch?v=O8LIiFbB6bk]Nasheed : la femme vertueuse en islam[/url]

Comme pour tous les écrits religieux -l'islam n'échappant pas à la règle-, le Coran est interprétable. Même les partisans du strict littéralisme, non-seulement procèdent déjà à une forme d'interprétation en prenant cette décision risquée, mais sont très souvent réduits à choisir entre deux versets contradictoires aux yeux des Hommes.

En simple : l'islam défendu par le Nod est celui de l’assoiffé de Justice, de l'opprimé qui s'insurge, de sa dignité, de sa légitimité. Une révolte contre tous ceux -musulmans compris-, qui prennent la place due à Dieu seul, en se passant de leur devoir de soumission ("islam"), en jugeant personnellement autrui, en l'oppressant ou en accumulant les richesses pour ses seuls intérêts, égoïstes ou familiaux/claniques/tribaux. Aussi l'opprimé assoiffé de Justice est-il également, et même avant-tout, un humble assoiffé de Dieu.
Inutile d'en détailler le corollaire : l'islam du Nod, fondée sur l'égal devoir de soumission au Très Haut pour tous les Hommes, est effroyablement rigoriste.

En effet, s'ériger en divinité, que ce soit de jure -orgueil- ou de facto -égoïsme-, n'est pas autre chose que de commettre le péché de blasphème (tajdif). Le blasphème implique l'apostasie (irtidād). L'apostasie implique la mécréance (kafir). La mécréance implique la mort.

A partir d'un certain seuil de richesse (variant selon le contexte et les personnes "à charge", souvent à peine quatre fois le salaire moyen d'une société donnée, avec excès patrimoniaux), le propriétaire de ces biens, en cumulant -pour son confort et ses ambitions- des biens superflus alors indispensables à tant d'autres (indigents, sans-abris, miséreux...), se place en ennemi objectif de la communauté islamique et de l'Humanité entière. De fait, il se prétend "supérieur" en terme de mérite (justification de ses propres privilèges) : en clair, il se juge lui-même, il juge les autres... cela à la place de Dieu. Par conséquent, il devient un blasphémateur.
Pratiquer une violence injustifiée, calomnier, mépriser autrui en tant que personne, ou, y compris pour un musulman, opprimer le disciple d'une autre religion, à savoir lui imposer des souffrances à son profit personnel, vénal, familial, clanique ou tribal, revient à s'autoproclamer juge... à la place de Dieu. Son responsable devient blasphémateur.

Mais le « péché » de blasphème, comme le comprend le Nod, est généralement le fruit de déterminismes naturels ou sociaux qui dépasse l'esprit humain. C'est se conformer au devoir d'humilité que de reconnaître l'innocence naturelle des Hommes, créatures vulnérables de Dieu. C'est également se conformer à la Science et au matérialisme dialectique : c'est avant-tout l'existence sociale qui détermine la conscience. Ce serait faire preuve à la fois d'orgueil et d'ignorance superstitieuse, que de prétendre en la souveraine liberté du jugement humain, au détriment de Dieu, du mouvement de la matière et de l'environnement social qui en découle. Aussi le blasphème n'est donc plus un « péché », mais seulement un « acte mauvais ». Aucun homme ne pouvant se permettre d'être juge (sous peine de blasphémer), aucun ne peut décider que tel acte est un péché. Il est cependant accessible aux grands et petits savants, de constater la présence « en acte » d'un blasphème. Acte mauvais, puisque oppressif, auquel il convient de remédier en purifiant son auteur (coupable et/ou victime). Une purification qui ne consiste absolument pas à « punir » (seul Dieu punit), mais plutôt à guérir (rééducation), autant qu'en vue de protéger la société du danger qu'il représente.

Ceci étant dit, il convient désormais de purifier cette religion.
[img]https://i.imgur.com/vrEt9yB.png[/img]

Parmi les critiques les plus courantes adressées à l'islam : sa conception inégalitaire du rapport social homme-femme.
Le premier de tous les opprimés, plutôt la première, est bien la femme. Petite - elle subie le joug de ses frères, jeune - elle subie le joug de son père, épouse - elle subie le joug de son mari.
Il ne s'agit pas d'un systématisme, mais d'une généralité bien réelle qu'il convient de reconnaître. Comme il faut avouer l'existence d'une très fréquente oppression en terre d'islam, notamment à l'encontre des minorités religieuses, même lorsque celles-ci s'acquittent de la Jizia, l'impôt qui assure la protection de celles-ci par la Umma.

Il convient, par amour inconditionnel que l'on se doit d'éprouver pour l'Être Suprême, et le respect total envers ses commandements, de ne pas nier nos propres maux, ne pas fermer les yeux sur les défauts, moins « inhérents » que caractéristiques, au monde musulman. Il convient de nous efforcer à en finir avec toutes ces tares, malheureusement très humaines.

Commençons par la polygamie (ou tétragynie), premier des vices de l'islam. Comment l'expliquer jadis ? Celle-ci avait ses raisons (surpopulation féminine par sur-mortalité masculine), tant chez les premiers prophètes (Abraham...) que chez les premiers musulmans ou les anabaptistes. Mais lorsque l'équilibre démographique entre les sexes est restauré, la polygamie se transforme en injustice, et donc en vice, d'abord pour toutes ces femmes « satellisées » (où la jalousie est mécaniquement favorisée), ensuite pour ces autres hommes, moins fortunés, qui souffriront du manque de femmes disponibles. Seuls les très riches -et donc les blasphémateurs- peuvent se permettre de cumuler les épouses.
Par conséquent, la polygamie, comme vecteur d'injustice autant que de débauche, est -sans aucune concession- ajoutée à la liste des blasphèmes, aussi bien pour le Nod que pour les authentiques confréries musulmanes du Karmalistan.

Concernant ensuite, la « valeur supérieure » de l'homme sur la femme, notamment en matière d'héritage (d'objets personnels) ou de témoignage (une parole d'homme valant celles de deux femmes), celle-ci dépend en réalité, fondamentalement, du contexte historique des premiers musulmans. En effet à l'époque, le pourvoyeur de toute famille était systématiquement l'homme, le père, le mari, le frère. Par conséquent, la femme leur devait le respect, pour les efforts accrus que l'homme devait fournir pour la survie de ses personnes à charge.
Mais qu'on ne s'y trompe pas : de la connexion avec Dieu depuis la conscience, par la prière et toutes bonnes actions que ce soit, la femme n'a absolument aucun compte à rendre à l'homme. Dieu est seul juge, Dieu seul traite les prières et efforts de ses fidèles, homme et femme.
En vérité, aux yeux de Dieu, homme et femme sont rigoureusement égaux. Leurs différences de traitement et la considération dont les femmes firent l'objet du temps des premiers musulmans n'ayant que des origines purement déterminées par le contexte social.

Il est question enfin de la prétendue violence physique autorisée à certains hommes à l'endroit de leurs épouses : d'après le Coran, en plus du châtiment théorique contre l'adultère prouvé (lapidation), un mari a le droit de « frapper » son épouse. Cela en vertu du célèbre verset 34 de la sourate 4.
En effet, dans ce verset, l’Éternel dit : « […] Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. »
Dans le Coran, le mot « désobéissance » est particulier. On n'y trouve pas l'équivalent arabe précis « 'isyaan » (« désobéissance » au sens courant et futile du terme), mais un autre mot, distinct : « nouchouz ». Ce terme qualifie, pour une épouse (comme pour un époux), les comportements graves suivants : renier, éprouver du mépris, trahir, mentir, tromper -briser ses vœux de mariage-, pervertir (se détourner de Dieu et inciter les autres à faire de même).
Le processus de réaction de l'époux doit être suivi scrupuleusement, par étapes (selon la vision islamique du Nod, soit les confréries affiliées, pas le Nod en tant que tel) :
_ d'abord l'exhorter franchement, mais toujours avec douceur, « au moment opportun », où chaque partie est apte à écouter, cela accompagné par une bonne action, particulière, consistant à retrouver ses faveurs ;
_ ensuite, si ces efforts sont vains et qu'elle s'entête, l'attrister en lui « tournant le dos » au lit, en refusant tout rapport sexuel, manifester de la pudeur et de la froideur défensives... cela malgré toute la difficulté de cette tâche à terme pour un homme (!) ;
_ enfin, si elle s'obstine encore dans la trahison, le mensonge, la tromperie, le mépris ou les actes contre Dieu, malgré tous les efforts et sacrifices du mari, il est seulement « permis » (« moubah »), c'est-à-dire ni conseillé, ni encouragé (« moustahab »), de procéder à un acte fort en signification, une « frappe symbolique », « qui ne laisse aucune trace ». Et encore : celle-ci n'est autorisée que lorsque toute autre solution aura été définitivement et assurément écarté. Pas de coups répétés, pas d'os brisés, pas un seul bleu, pas une seule cicatrice, pas une seule goutte de sang : nous sommes à des années lumières de toutes ces horreurs qui conduisent... au blasphème. Non, il s'agit bien d'une tape légère, pas même une claque (toute violence au visage est haram !), et évidemment isolée, non-répétée.
Si elle regrette et se corrige, ou tente de se corriger, c'est la norme habituelle qui est appliquée.

Norme, en vertu de laquelle, toute violence physique unilatérale, même en réaction à un « nouchouz », ne respectant pas scrupuleusement chacune ces étapes, et/ou dépassant les limites de cette « tape symbolique » faible, exceptionnelle et singulière, est condamnée avec la plus impitoyable des intransigeances.

Un homme qui bat son épouse (violences physiques répétées -même prétendument « justifiées »-), se rend juge en même temps qu'il appréhende celle qui doit être sa « bien-aimée » comme une « propriété personnelle », une « esclave ». A ce titre, il se place hors de l'Humanité en tant que blasphémateur. Acte d'apostasie dont l’échappatoire ne peut être que la mort, ou la condamnation aux travaux forcés à perpétuité.
Quant au viol, même intra-conjugal, il n'est pas moins sévèrement puni.
La position du Nod à l'égard du viol, est elle aussi précise et martelée : il s'agit ni-plus ni-moins que du pire de tous les crimes. Si prouvé, son responsable est soit puni de mort, soit condamné à une peine incompressible à vie de travaux forcés, cela dans les pires conditions possibles.
Les confréries musulmanes qui lui sont affiliées ne sont pas moins sévères contre cette abjection : les peines contre le violeur vont de cent coups de fouets à la mise à mort par lapidation.
Dans tous les cas, la victime peut bien-entendu divorcer unilatéralement.

Ceci étant dit, la Confrérie du Nod va plus loin. A l'égalité théorique « spirituelle », remise dans son contexte et donc relative, entre les hommes et les femmes, du temps des premiers musulmans, doit se substituer une égalité bien réelle, cela grâce aux exigences relatives à l'évolution du mode de production. Évolution inévitable, indispensable et juste, conforme à la volonté du Très Haut.

En tant qu'être physiquement moins apte à l'autodéfense que son opposé, il en découle davantage de souffrances. Et l'homme, profitant de sa supériorité physique, et parallèlement, financière, pour opprimer la femme, perverti par-là même jusqu'aux tréfonds de son propre esprit. Comme partout où elle exerce son règne, l'injustice est d'autant plus désastreuse qu'elle sème le vice dans le comportement humain, jusqu'aux opprimées elles-mêmes.
Beaucoup de religieux prétendent qu’élever le rang de la femme à l'égal de l'homme dans tous les domaines de société, revient à la « débaucher ». Une telle supposition est d'abord factuellement fausse : c'est au contraire l'injustice, les différences de traitement, les dépendances unidirectionnelles, qui sèment frustrations, jalousies, ressentiments, mépris, haines et colères. L'égalité réelle (pas bourgeoise-bohème), favorise au contraire la vertu dans les mentalités et les comportements, telle que la solidarité horizontale par amour sincère, et l'humilité de tous, envers tous et au profit de tous. Enfin et surtout, cette absurde supposition implique de croire en amont à la prétendue inhérente supériorité de l'homme, et donc de justifier le fait qu'il puisse s'approprier un autre être humain, à savoir son épouse, sa fille, ou sa sœur... ce qui implique, une fois encore, un blasphème.
Ô, combien de musulmans trahissent-ils leur propre religion ! Ô combien sera terrible la colère divine !

Pas d'égalité, pas de vertu. Pas de vertu, pas de soumission réelle à Dieu. Et donc point de salut.
Le Nod, y compris à travers ses branches islamiques, défendra donc toujours l’égalité totale réelle, avec acharnement, par la Terreur révolutionnaire. Parce que tous se doivent partage dans la pauvreté volontaire, instruction au service du peuple et respect mutuels dans la solidarité. Cela, jusqu'aux relations de couple et à la sexualité elle-même (avant une future et éventuelle abolition, lorsque le contexte techno-social y sera favorable), où une relation et une considération rigoureusement égales entre homme et femme sont défendues avec intransigeance. La soumission amoureuse, bénie par Dieu, doit être mutuelle. C'est seulement là qu'elle est la plus belle, la plus fascinante et bienfaitrice. Étendue à tous, elle devient amour-camaraderie, soudant une communauté entière.
Ô quelle vision sublime ! Qu'il est nécessaire de tout œuvrer afin qu'elle s'accomplisse !

Ainsi le Nod assume sa défense d'un islam au féminin, aussi rigoriste et terrifiant qu'une étoile à l'agonie, aussi doux et lumineux que le sourire d'une femme vertueuse.

[img]https://i.imgur.com/jZABMSK.png[/img]

Il y a fort longtemps, un imam, issue d'une confrérie affiliée au Nod, disait :
[quote]Sans la femme, l'homme ne serait plus rien. C'est à elle qu'il doit, non-seulement sa survivance comme espèce, non-seulement le développement de son cœur comme arme de sa conscience, mais aussi le développement de sa sagesse : la femme musulmane, celle qui n'a pas vendu son âme à l'oppression, au marché et au capitalisme, est l'agent "invisible" qui apaise les colères, efface les excès, développe l'amour familial et communautaire, oriente les décisions capitales vers toujours plus de sagesse. Elle ne fait pas que féconder et éduquer les enfants. Elle élève l'âme du mari, et même indirectement, celles du père et du frère. Sa sagesse intérieure, bien souvent supérieure à celle de l'homme, est le bien le plus précieux jamais insufflé par Dieu dans l'âme humaine.
Piété, humilité, amour : telles sont les trois grandes vertus de la femme en Islam. Certaines pseudo-féministes en pays bourgeois considèrent ces valeurs comme "infantilisantes" pour leur sexe. Elles se trompent lourdement : là où la femme excelle est justement ce qui a le plus d'importance en ce monde aux yeux de Dieu. Le monde de l'esprit, de l'âme, de la conscience... et la sagesse qui en découle, voilà ce qui nous distingue des animaux. Sans la femme et sa grandeur, l'homme ne serait qu'un stupide animal.

A l'écoute de votre conscience et en regard de l'enseignement divin incréé transcrit dans le Saint Coran, j'appelle chaque homme à considérer sa femme et sa sœur comme ses égaux en dignité.[/quote]
Cependant... si la fidélité jusqu'à la mort, l'humilité jusqu'aux épreuves humiliantes, la piété jusqu'à l'ascétisme, et l'amour désintéressé jusqu'à la plus naïve des béatitudes, représentent bien les plus sublimes des vertus... elles sont des vertus aussi belles lorsqu'elles sont pratiquées par des femmes que lorsqu'elles le sont par des hommes. Quiconque s'en substitue, trahit ses devoirs tant envers Dieu qu'envers autrui. Ainsi personne n'échappe à la Justice révolutionnaire, celle -temporelle- du Peuple émancipé, celle -éternelle- du Très Haut.
Et ceux qui se mettront en travers de cette Justice égalitaire, en invoquant des "différences essentialistes" pour satisfaire leurs intérêts égoïstes, seront anéantis sans aucune pitié par l'ire de la Révolution théocratique communiste.

En mémoire de Mariam, la mère restée vierge de 'Isa, femme à la vertu exceptionnelle, « la meilleure de tous les temps » aux dires du prophète selon certains hadiths, celle qui a donné son nom à la dix-neuvième sourate, et de Khadija, première épouse du prophète et « la mère des croyants », premier être humain musulman de l'Histoire, ayant foi en la mission divine avant-même Mahomet et qui, malgré son origine noble et riche, a survécu spirituellement à l'épreuve de la persécution, de la misère et de la famine... en raison de sa foi, sans jamais faillir.

https://youtu.be/MAemwQwIwnM

Ici bas ne compte que le Peuple, n'est infaillible que la Matière en mouvement, ne rend justice que l'élan révolutionnaire.
En toute chose, n'est supérieur que le Très Haut, n'est parfait que le Très Haut, ne juge et punit que le Très Haut.
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[center]DES PHILOSOPHIES ORIENTALES[/center]
HRP : exceptionnellement, les quatre publications qui vont suivre seront une réédition d'écrits datant de la V3. Ils seront intégralement revus et réadaptés au contexte de la V4, et si nécessaire modifiés et retravaillés.
Le(s) confucianisme(s)

Confucius (-551 à -479)
Le Confucianisme est l'école de pensée majoritaire et dominante en Ventélie. Par sa flexibilité formelle, il s'agit davantage d'une philosophie que d'une religion, et elle constitue donc à ce titre un atout pour sa capacité d'adaptation, car il n'est pas du genre à enfermer les hommes dans un fanatisme d'étiquette, où le vocabulaire est plus important que la signification concrète, où la forme des choses est plus importante que leur substance où la couleur est plus important que l'essentiel. Il est donc capable de se fondre et s'imbriquer dans différentes religions ou autres écoles de pensée, du moment que son idéal de fond est respecté.
Comme il a été décrit de différentes manières dans diverses encyclopédies royales du monde ventélien, le Confucianisme défend une doctrine claire, précise, qui le distingue nettement de toutes les autres grandes philosophies austro-orientales.
Toutefois, cette école de pensée se base, concrètement, sur un ensemble de rites qu'elle estime indispensable pour le bien de l'homme : rituels en l'honneur des ancêtres, de la famille... ainsi sont-ils détaillés dans le "livre des rites" (ou "des odes").
Il s'agit donc d'une philosophie intrinsèquement spiritualiste, qui défend plus concrètement des valeurs telles que :
_ la fidélité (fidélité à sa nature, fidélité à ses principes)
_ le dévouement (se mettre au service de sa hiérarchie, et des grands principes de sa société, avec conviction et loyauté)
_ le respect des ancêtres (par les rituels)
_ le respect de la hiérarchie (de la famille -donc surtout du père-, de la noblesse, du souverain)
_ le respect du passé et des anciennes traditions
Et cela au nom du but suprême de chaque individu : atteindre, par le respect de tous ces devoirs, le "li" (ou "noblesse spirituelle"), indispensable à l'harmonie du monde.

Contrairement à ce que diront plus tard deux de ses plus grands disciples, le confucianisme originel déclare que l'homme n'est ni bon, ni mauvais en soi : tous peuvent devenir sages ou sots.
Et si l'on peut donner à Confucius un certain mérite, c'est d'avoir reconnu que le comportement humain dépend toujours des circonstances dans lesquelles il agit. Toutefois, et paradoxalement, il laisse l'homme à son libre-arbitre, en fait surtout à son aptitude à la perfectibilité. Ce qui peut être par ailleurs, une forme d'optimisme : l'homme est donc perfectible, il n'est pas condamné à resté mauvais parce qu'il le serait "par nature".
En cela, le Nod souscrit à cet entremêlement de liberté intérieure (qu'il considère toutefois comme indicible) et influence extérieure.

Là où Confucius se contredit fondamentalement, c'est qu'une fois la reconnaissance du rôle logique et évident des circonstances environnementales dans le comportement humain actée, il prétend ensuite qu'à la seule perfectibilité de l'individu découlera la perfectibilité de la société. Il vante donc tout naturellement l'homme auto-construit, et l'exemple individuel, comme moteur du bien de la société. L'attitude exemplaire de l'un qui inspire les autres et se répand de frères à frères, de familles en familles, puis de provinces en provinces. "Il faut s'améliorer soi-même avant de chercher à améliorer le monde."
Mais d'où provient le perfectionnement du premier vertueux si le "comportement découle toujours des circonstances" ?...

Comme rappelé précédemment, c'est pour répondre à ce casse-tête kaiyuanais que deux de ses plus grands disciples rejetteront l'idée d'un homme neutre, amoral à la base, c'est-à-dire, "ni bon, ni mauvais".

Le principal disciple de Confucius après sa mort est Mencius (-370 à -290). Chef de la "faction optimiste" de cette école de pensée, il considère que l'homme est naturellement bon : "tout homme est doté d’un cœur qui ne supporte pas la souffrance d’autrui." Plutôt que de lui imposer un excès de contraintes morales pour l'aider à grandir, il faut donc laisser-faire l'enfant calmement, dans la mesure où il doit comprendre que l'effort reste indispensable. C'est-à-dire qu'à l'image du développement d'une plante, l'arracher pour l'aider à pousser (par un excès de discipline et de punitions) revient au même que ne jamais s'en occuper (absence totale d'encadrement et d'éducation).
L'idée qui se cache derrière la pensée de Mencius est finalement que le "premier vertueux", celui qui donnera l'exemple pour tous les autres, provient tout simplement de sa propre nature. Et c'est elle qui favorisera la multiplication de ces bons comportements.
Reprenant l'essentiel de la pensée confucéenne, il lui reproche toutefois d'oublier la politique économique : "la morale ne commence qu'une fois l'estomac rempli". En plus du caractère inné de la bonté humaine, il en déduit que la politique économique est absolument primordiale. De plus, il esquisse une première ébauche de démocratie en réclamant que le prince suive l'impulsion du peuple.
Il s'agit de l'école confucéenne la moins éloignée de la philosophie du Nod.

Selon Xunzi (Siun-tseu, -300 à -237), le confucéen pessimiste, l'homme est au contraire naturellement mauvais. "L'homme travaille ? il veut se reposer. L'homme a froid ? il veut se réchauffer. L'homme a faim ? il veut s'empiffrer." Son instinct naturel serait donc la preuve de sa méchanceté intrinsèque. Aussi, tout homme se doit d'être éduqué par la carotte et le bâton, sous une discipline stricte. Il faut donc le punir, et ne pas hésiter à être le plus sévère possible.
Le premier vertueux, celui qui donne l'exemple avant tous et pour tous les autres, serait donc celui qui aura été suffisamment puni par son père ou son maître d'école.
C'est la pensée de Xunzi qui inspirera ceux que l'on appellera plus tard les "légistes" au Makara : il défend ainsi une vision très autoritaire du confucianisme, beaucoup plus centrée sur l’obéissance que sur la réflexion.

Mencius : "l'homme est bon, il suffit de le nourrir"
Xunzi : "l'homme est mauvais, il suffit de le punir"

Indubitablement, le confucianisme est une pensée réactionnaire.
L'homme doit plus regarder et respecter le passé que l'avenir. Il doit se soumettre avec loyauté à sa hiérarchie sans la discuter : la femme soumise à son mari, le paysan soumis à son seigneur, le sujet soumis à son roi. Au nom de l'harmonie, encore et toujours, l'esclavage ne doit surtout pas être remis en cause, parce qu'il est une coutume qui participe à l'ordre, à la stabilité de la société. Les théories thomistes du catholicisme dytolien rejoignent cette vision, aux côtés des contre-révolutionnaires du XIXe siècle comme de Bonald : dans les mondes respectifs de la famille et du royaume, l'enfant et le paysan sont en bas, la mère et le seigneur en intermédiaires, le père et le roi en haut, dominateurs. Une entreprise doit fonctionner, elle aussi, comme une famille : le patron domine ses ouvriers comme un père doit dominer ses enfants. Le caractère oppressif de cette prétendue "saine" domination, sera relativisé par le bon comportement du patron, qui, sachant toujours de lui-même se mesurer, punira ses ouvriers "toujours avec modération". Il en est de même des relations entre maîtres esclavagistes et leurs esclaves.
A cette immonde hypocrisie fondée sur l'Injustice au nom de l'Harmonie, on ajoute dans cette droite ligne que l'échelle individuelle est la seule qui compte, puisque ce n'est que par l'auto-perfectibilité de l'individu que l'on améliorera à terme la société entière. L'orgueilleux exemple des uns changera le comportement des autres... que ce soit par la nature humaine (le patron, foncièrement bon, respectera toujours ses ouvriers qu'importent les circonstances et les formes que sa domination prendra) ou par la discipline éducative (le patron éduquera ses ouvriers par la carotte salariale et les deux bâtons de la violence au travail et du licenciement). Au même titre que l'enfant, une épouse qui tient tête à son mari, un ouvrier paresseux, un esclave indiscipliné... doivent être punis pour apprendre leur servilité. A l'inverse, le père de famille, le patron et le noble sont les seules catégories humaines véritablement aptes à l'auto-perfectibilité. Elles sont donc naturellement et ontologiquement supérieures à toutes les autres. Chacun doit "connaître et respecter sa place" en société pour l'ordre, la paix et l'harmonie.

L'homme auto-construit, mais réservé à quelques élites : telle est la déduction fondamentale du Confucianisme, Mencius y apportant l'élément optimiste du "laisser faire" naturel, Xunzi y apportant l'élément "responsabiliste" punitif de la sanction brutale. Théoriquement, par la violence ou le laisser-faire, tous sont capable d'atteindre le LI, la noblesse spirituelle suprême. Mais en définitive, concrètement, personne -ou trop peu- l'atteindra, en raison du caractère gravement contradictoire (et donc absurde) d'une société où l'Injustice est reine. On inculque à tous une bonté qu'il faut atteindre alors que la logique de base reste la même pour tous : "chacun pour soi" et "que le meilleur gagne". Chercher à devenir bon à partir d'une morale égoïste, est une cause perdue. Tout simplement parce qu'on ne peut pas chercher à devenir "meilleur que les autres" sur le plan moral... sans tomber dans l'orgueil. Quelqu'un qui oserait se proclamer "plus altruiste que les autres" prouverait par-là même son absence d'altruisme. Telle est la triste réalité de cette école de pensée foncièrement élitiste : un serpent qui se mord la queue. Le véritable altruiste est celui qui cherche la bonté de tous. Pas uniquement de lui-même, pas uniquement de ses proches semblables. Mais pire que cela encore : une société dans laquelle la "concurrence entre bontés morales" s'accompagne d'une rigidité sociale absurde entre catégories inférieures et supérieures, ne fera pas que stopper le progrès technique, et donc le niveau de vie des habitants (qui n'est de toute façon pas le but du confucianisme) mais il entretiendra les ressentiments, entretiendra les jalousies, les souffrances absurdes et autres ignominieuses injustices, surtout lorsque l'on sait que c'est cette même relation hiérarchique qui perverti l'homme. Le dominant ne se conduira jamais vraiment comme une bonne personne face au dominé, comme un "père pour ses enfants", pour la raison logique et scientifique que cette relation est injuste : elle trie les bons des moins bons en fonction de facteurs arbitraires. L'enfance est universelle : tout le monde y passe. L'apprentissage également. Mais au nom de quoi certaines catégories sociales n'auraient pas le droit d'apprendre ? Au nom de quoi certaines personnes auraient le droit d'être chefs, ou d'être bons, et d'autres non, malgré des âges semblables et des facultés potentiellement similaires ? Et il ne faut pas y voir là une quelconque jalousie de gens qui cherchent à devenir "puissant parmi les puissants", mais à l'inverse justement, une preuve d'altruisme à l'égard de ces mêmes "puissants", qui pervertissent leurs esprits (sinon leurs âmes) autant que celles des autres, en semant, de fait, la souffrance, puis la jalousie et/ou la colère chez les opprimés.
Est-ce l'irrationalité rituelle ou pseudo-divine (le "respect des ordres et de la place de chacun en société pour son harmonie") qui justifie de telles oppressions ? Ou est-ce alors le libre-arbitre de cet homme auto-construit ("l'auto-perfectibilité individuelle pour sa noblesse d'esprit") ?
Et pourtant, dans un excès de sagesse peut-être, Confucius admettait la soumission de chacun aux circonstances de la vie. Une contradiction qui semble, à première vue, indépassable... tel le fameux paradoxe de l’œuf et de la poule.
Et pourtant... ce dépassement a bien eu lieu. Mais avant ce jour fatidique, le premier rival de Confucius (chronologiquement parlant), Laozi, tentera de s'en émanciper en refusant d'y répondre... "vider les têtes, remplir les ventres".

[quote]RÉSUMÉ DE LA PENSÉE CONFUCÉENNE
===> tout est coutume et tradition pour l'harmonie sociale

_ société patriarcale, conservatrice et autoritaire
_ l'amour s'organise en cercles concentriques : famille (individus), clan (ville), tribu (région), Etat (pays), Humanité (monde). Il est aussi inégalitaire (en accord avec la hiérarchie sociale) : le "petit frère" doit respect au "grand frère" qui en retour le protège.
_ le juste est "subjectivé" : l'individu est laissé à son libre-arbitre et à son aptitude à la perfectibilité (responsabilité individuelle)
_ culte des ancêtres (deuil de trois ans à la mort des parents)
_ respect scrupuleux des traditions
_ respect de la hiérarchie (sagesse et tradition > roi-philosophe > seigneur > père de famille > femmes et enfants)
_ fondamentaux inégalitaires
_ vertu de charité (plutôt que la solidarité : rajout d'une notion de hiérarchie)
_ valeurs morales traditionnelles (fidélité, loyauté, honneur, famille, empereur...)
_ branche idéaliste (Mencius) : l'homme est bon naturellement, le prince doit suivre l'impulsion du peuple
_ branche réaliste (Xunzi) : ne pas confondre inné et acquis, l'homme nait méchant et égoïste, c'est l'éducation qui le transforme pour qu'il devienne bon[/quote]
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[center]DES PHILOSOPHIES ORIENTALES (2)[/center]

Le Taoïsme

Philosophie religieuse consécutive d'une rencontre entre plusieurs courants, mais théorisée par un certain Laozi (dit "Lao Tzeu"), le taoïsme est contemporain des premières théories confucéennes (vers le VIe siècle avant J-C). Le Tao signifie "la voie". Il est symbolisé par le Yin et le Yang, la complétude homme-femme, lumière-ténèbres, mouvement-immobilité.
Contrairement à ce qu'on en dit parfois avec trop de "nationalisme" (certains dytoliens ont tendance à mélanger toutes les philosophies makaranes pour en faire un bloc monolithique civilisationnel), il s'agit d'une doctrine radicalement opposée tout à la fois à la philosophie confucéenne et à la religion bouddhiste.
A l'harmonie civile et culturelle de Confucius en relation avec le monde céleste, le Tao oppose l'harmonie naturelle, dans une relation exclusive entre l'homme et la nature,
A la loyauté et au respect de la hiérarchie des confucéens, les tao misent sur la seule liberté individuelle,
A l'espoir confucéen de perfectibilité morale, les tao croient à la fatalité d'une nature toute-puissante et immuable (le "Tao") à laquelle sont soumis tous les hommes,
Au besoin d'éducation et d'effort réclamé par les confucéens, les tao proposent la quiétude naturelle et le fameux "non-agir" (abandon de soi aux forces cosmiques du Tao),
A la quête de savoir promut par Confucius, les tao se contentent au contraire de "faire le vide".

Où l'on peut comparer le confucianisme avec les doctrines "post-chrétiennes de droite" (traditionalismes, nationalismes et autres conservatismes), l'on pourra également mettre sur le même plan le taoïsme et les idées de la "gauche libertaire" ou anarchiste dytolienne.
"Écologique", le taoïsme appelle en effet, passivement mais logiquement, au respect de la nature : l'homme est soumis à elle et il doit impérativement le reconnaître. Naturellement (sens propre comme au figuré), il doit donc se laisser emporter par ses sens. Il doit "faire le vide", le "vide en soi" pour se laisser emporter dans le courant de la vie, plus forte que lui. Ce fatalisme implique donc un laisser-aller marqué par la légèreté, l'insouciance, la spontanéité et les plaisirs de la vie. Ceci dans un cadre avant-tout individualiste puisque les instincts naturels appellent plus souvent à l'égoïsme qu'à l'altruisme. Au moins malgré tout, cet égoïsme aura le mérite de ne pas être calculateur. Il sera donc un renfermement sur soi-même, pour une parole franche et spontanée, une vie légère faite de petits plaisirs.
Cet individualisme libertaire vanté concrètement par le taoïsme va très loin puisqu'il inverse les valeurs les plus conventionnelles :
_ "la faiblesse est plus forte que la force"
_ "la stupidité marque l'intelligence suprême"
_ "vider les têtes, remplir les ventres"
De cet éloge de l'absurde, le Tao prétend à la "plénitude du vide". Dans cette même logique, la sexualité est à son tour perçue comme une énergie sacrée qui rapproche l'homme du Nirvana, cet aboutissement ultime du bouddhisme ou de certains courants hindouistes. Mais à l'inverse du bouddhisme, il n'est pas question d'un quelconque respect d'autrui : seul le "soi" compte. Une étrange combinaison entre soi intérieur et sexualité qui pourrait bien mener à la promotion de l'onanisme...
Il fait ainsi preuve d'un profond relativisme, à l'instar de certains mouvements dytoliens de gauche (ou... d'ultra-droite néo-païens) : toutes choses, considérées par certains comme bonnes ou mauvaises, sont de justes et inévitables conséquences du Tao. Le bien et le mal font partie d'un même tout, et ils sont donc fondamentalement ni "bons", ni "mauvais". Le mal n'est pas le mal, le bien n'est pas le bien.
Quoiqu'il en soit, selon tout bon taoïste, la quête de l'immortalité constitue l'ultime mission de tous, et elle implique concrètement, il est vrai, une vie solitaire de simples et petites habitudes proches de la nature, parsemée de méditations à la fois rituelles et sensorielles.

En fin de compte, le taoïsme "politisé" (malgré son apolitisme revendiqué) n'est pas une philosophie ascétique. Au contraire, lorsque le contexte et sa ré-interprétation s'y prêtent, il peut très vite dégénérer en une forme exacerbée d'épicurisme. Et s'il est vrai qu'on ne peut pas non-plus accuser, aussi bien Épicure que le Tao, de mener à la "débauche" (Épicure pouvait même faire preuve d'austérité en prônant la retenue et la modération dans tous les plaisirs, comme sa défense de la franche amitié amoureuse plutôt que de la passion dépravée), cette philosophie orientale l'y pousse inévitablement lorsqu'elle se manifeste au sein d'un environnement esclavagiste, féodal ou capitaliste. Heureusement, cela n'est pas le cas des communautés fermées (monastères), bornant leurs adeptes à une simple vie solitaire, généralement saine, "d'ermite contemplatif".

Contre une vision linéaire -au sens de "progressive"- du temps (défendue par exemple, par les chrétiens millénaristes et les communistes), les tao suivent la tradition ancestrale des sociétés primitives polythéistes, qui codifient leur mode de vie, leurs codes moraux et leurs mentalités selon une vision cyclique du temps : celle des saisons et des divers cycles qui rythmes le climat, la vie des plantes et des animaux. Il ne peut donc y avoir de morale universelle unique, ni même véritablement de but à atteindre...
Naturellement hostile au développement technique, le taoïsme pourrait également être accusé d'isoler les individus, de prôner explicitement la stupidité au sens concret du terme, ainsi que la passivité de manière générale, par fatalisme et soumission à la nature.

Ce relativisme libertaire, ce fatalisme essentialiste, ce "naturisme" (sens idéologique), ce renfermement sur soi, cette vision cyclique du temps et cette rhétorique camusienne par l'absurde (qui finalement rejoint à son tour, par son aspect lamentablement pessimiste, la philosophie sartrienne de la déconstruction amorale...), sont rejetés par le Nod aussi impitoyablement que ne l'est le confucianisme. Notre confrérie substituent à ces essentialismes, l'universalisme de la Vertu, l'espérance et la foi au progrès (moral comme économique), le civisme par l'éducation, l'ouverture respectueux aux autres, la vision linéaire de l'Histoire et le raisonnement par le recul et le bon sens.

Comme nous partageons avec le Confucianisme certains aspects (défense du civisme, pratique et préservation de quelques saines traditions, respect des personnes âgées et du passé, recherche de sagesse...), il en va de même avec le Taoïsme pour son amour de la vie simple, la jouissance saine et candide des petits plaisirs dans le respect de la nature. Néanmoins ces aspects ne sont partagés qu'idéalement : ces deux philosophies, fondamentalement réactionnaires sont en tant que telles, impitoyablement rejetées par le Nod.
Au passéisme féodal, hiérarchisant et tribal du confucianisme, nous opposons le progrès universel pour un futur égalitaire.
Aux fatalités immuables du Tao, et à son individualisme essentialiste, nous opposons l'espérance révolutionnaire et la construction collective pour dépasser l'état de nature.



[quote]RÉSUMÉ DE LA PENSÉE TAOÏSTE :
===> tout est nature

_ naturalisme, toute-puissance du Tao (donc... de la nature), responsable de TOUT... l'homme doit donc chercher à vivre en harmonie avec lui (donc avec la nature), trouver l'équilibre
_ hédonisme individualiste (recherche du plaisir pour soi)
_ naturisme : la nature est bonne ===> prône l'inaction, la nature doit te guider, donc ton instinct
_ essentialisme : la soumission aux lois qu'imposent la nature entraîne une justification des injustices dans la société
_ yin et yang (individualisme, développement personnel)
Le Yang représente entre autres le blanc, le masculin, le soleil, la clarté, la chaleur, le plein, etc. Le Yin quant à lui représente entre autres, le noir, le féminin, la lune, le sombre, le froid, le vacant, etc.
_ "vider les têtes, remplir les ventres" : c’est en ne sachant pas qu’on sait, c’est quand on agit le moins que son action est la plus efficace, la faiblesse est plus forte que la force, la stupidité marque l’intelligence suprême, ou la civilisation est une décadence.
_ non-agir, faire le bien sans y penser, spontanéisme : ils laissent les gestes et leur corps opérer seul, sans intention consciente de la volonté... la nature, bonne, nous guidera
_ s'oppose à la technique
_ retour à l'état de nature : un bon gouvernement est un gouvernement qui ne gouverne pas (apolitisme)[/quote]

[img]https://i.imgur.com/YDRYK9X.jpg[/img]
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