RP | Activités internes
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Sébaldie
[justify][center]Les mamelles du monde (2/?)
Sengaï
9 mars 2033[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/zkzVGZ4.png[/img][/center]
La « Fondation Maisons d’Harpocrate » (« Fondaĵo Domoj de Harpokrato » en espéranto) était une promesse de la candidate Ariana Magnor : si elle était élue Miss Universe, elle mettrait sa notoriété au service des orphelins à travers le monde. Le tempo était d’autant mieux choisi que les Amarantins étaient en ce moment amenés à [url=http://www.simpolitique.com/post310723.html#p310723]se prononcer sur les bénéficiaires du 1 % du fonds souverain accordé à des œuvres philanthropiques[/url]. Elle était d’une certaine manière repartie en campagne sous les couleurs de sa nouvelle fondation dont l’objectif était notamment la création d’orphelinats, reconnaissables par l’abeille qui ornait le logo officiel. L’enjeu en valait la peine : 740 millions de lires étaient accordés à l’œuvre qui aura suscité le plus d’adhésion au sein de l’Amarantie. Le choix était donc fait de parcourir les contrées les plus lointaines, pour montrer les grandes ambitions du bébé de la reine de la beauté.
Ariana Magnor était bien sûr sensible au sort de ces orphelins. Non pas parce qu’elle n’a jamais connu ses parents : elle connaissait son père mais son père feignait de ne pas la connaître et pour cause, il s’agissait du roi de Forluno, Sa Majesté Scipiono Ier. Sa mère, quant à elle… Ariana aurait préféré qu’elle mourût en couches. Non, si elle était sensible au sort de ces orphelins, c’est sans doute parce qu’elle n’a jamais connu, comme eux, l’amour des parents pour leurs enfants.
Dans l’avion qui l’amenait au Sengaï, Ariana était observée par sa mère, Kleopatra. Le voyage fut silencieux, les deux femmes ne se parlaient pas. Kleopatra se contentait de lui envoyer la fumée de sa cigarette au visage, en buvant un verre de vin. La matriarche regardait à travers le hublot le paysage montagneux.
[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)[/center]
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Enfin ! Sept heures d’avion, je n’en pouvais plus. J’ai des fourmillements partout dans les jambes. Tu verras quand tu auras mon âge. »
Elle s’adressait à sa fille, toujours avec cet air inquisiteur. Officiellement, Kleopatra était la trésorière de la fondation. Redoutable femme d’affaires, elle était là pour s’occuper de toute la partie commerciale et logistique tandis que sa fille se contentait d’être la coqueluche des médias. C’était au pied des montagnes du Songphang que la mère et la fille avaient rendez-vous. Tandis que Ariana irait visiter un orphelinat de fortune, Kleopatra irait peaufiner à l’ombre des caméras les derniers détails de la rénovation de l’orphelinat pour le mettre sous les couleurs de l’abeille. Faisaient également partie du voyage quelques orphelins amarantins aidés, qui n’ont jamais quitté le pays et qui étaient très enjoués à l’idée de passer quelques jours de vacances à l’autre bout du monde, en compagnie d’autres enfants.
[center][img]https://i.imgur.com/XgQiixA.png[/img][/center]
Elles avaient rendez-vous dans un village au pied de la montagne. Un cameraman inquiet se demandait si la batterie de sa caméra allait être suffisante le temps de la capture d’images. Pas l’ombre d’une prise électrique dans ce « trou à rats » pour reprendre son expression. Ariana, elle, faisait comme si elle n’entendait rien. Elle observait au loin sa mère, qui avait déjà rallumé une autre cigarette et qui regardait de manière indifférente les environs. Elles s’approchèrent longtemps des taudis qui composaient le village et les cris des enfants tibétains, enjoués à l’idée de rencontrer ces étrangers, se faisaient de plus en plus entendre. Toute la délégation amarantine fut accueillie par l’habitant qui baragouinait le mieux les langues étrangères, c’est-à-dire au plus une dizaine de mots.
[center][img]https://i.imgur.com/0AE1tLl.png[/img][/center]
Alors qu’Ariana profitait gaiement de la compagnie des orphelins tibétains qui l’entouraient, une des petites orphelines de la délégation amarantine commençait à se tordre de douleur au niveau de l’estomac. La clope au bec, en pleins pourparlers avec les contremaîtres du chantier du nouvel orphelinat, Kleopatra observa scrupuleusement la fille et en avertit le médecin amarantin, qui avait fait le voyage :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Docteur, on a besoin de nous. »
Bien qu’occupée à jouer avec les enfants tibétains, Ariana remarqua la scène de l’orpheline amarantine, aussitôt prise en charge par le médecin. Pour en avoir le cœur net, elle se rapprocha de sa mère pour lui demander :
[center][img]https://i.imgur.com/oczeayn.png[/img]
Ariana Magnor
Miss Univers 2033
Miss Amarantie 2032[/center]
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Que se passe-t-il ? »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Rien de grave. Le décalage horaire… Et puis, elle a mangé trop de chocolat… Mais laisse-moi m’en occuper, ta place est là-bas. »
Un peu dubitative par les explications de sa mère, Ariana retourna profiter de l’effervescence du village, sous une nuée de caméras. Toute l’après-midi, Miss Universe se prêtera au jeu des journalistes, à l’instar des enfants amusés par la situation. Bien loin de ces festivités, Kleopatra s’était éclipsée, en compagnie des contremaîtres…
Le soir même, après une harassante journée, Ariana retrouva sa mère sous la confortable tente aménagée par la délégation amarantine. Elle souhaitait avoir des nouvelles de la santé de la petite fille amarantine.
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Alors, qu’a dit le médecin ? »
Kleopatra, toujours la clope au bec, était assise, tenant un livre dans l’autre main.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je t’ai déjà dit que ça allait. Quelques crampes d’estomac, rien de grave. J’espère que tu seras plus photogénique que le soir de ton intronisation. Si tu passes pour une cruche, aucun Amarantin ne voudra parrainer ta fondation. »
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Ne t’inquiète pas pour ça, maman. *Soupir* Je veux vraiment me donner à fond dans ce projet. Ce serait super si nous gagnions la somme mise en jeu. On pourrait ouvrir des orphelinats à travers tout le monde. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Redescends sur Terre, Ariana, et comporte-toi comme une adulte. La partie est loin d’être gagnée : crois-tu vraiment que tous ces pédérastes en Amarantie voteront pour une fondation tenue par une femme ? »
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Mais… Pourquoi m’as-tu suivie alors si tu n’y crois pas du tout ? Je te connais bien, maman, tu ne t’engage jamais dans un projet sans avoir un minimum de garanties. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Parce que, malgré tout, tu as eu une très bonne idée avec cette fondation. Mais tu es trop idiote pour comprendre pourquoi. Cet après-midi, j’ai rencontré quelques personnes qui connaissent d’autres personnes influentes au Sud du pays, qui pourraient nous permettre d’avoir une partie du marché thaï, à fort pouvoir d’achat. Ils voulaient un échantillon, j’ai dû ruser… »
Ariana resta immobile. Elle avait hélas bien compris : sa mère avait utilisé les orphelins amarantins comme mules pour fournir des échantillons de drogues aux Thaïs du Sengaï, alors qu’elle s’était promise à ne pas utiliser d’enfants.
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« C’est horrible… Tu avais promis de ne pas le faire ! Je suis sûre que tu me mens sur la santé de cette petite fille. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je te mentirais si je disais qu’elle avait avalé ça avec facilité. Tu t’imagines avaler une saucisse rigide sans mâcher ? Et bien, c’est ce qu’elle a ressenti. Je me garderais bien de tes leçons de morale car c’est moi qui tient les affaires car tu es incapable de le faire. Le dixième de ce que je fais, tu serais incapable de le faire. Je me tue à la tâche et c’est toi qui a les honneurs… »
Kleopatra posa son livre sur une table de chevet, ainsi que sa paire de lunettes. Elle tira sur sa cigarette pour prendre une grande inhalation et rejeter la fumée sur le visage d’Ariana. Avec un regard glacial, elle continua sa litanie :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais tout ça, tu ne le comprends pas. Parce que tu es une sale petite ingrate capricieuse. Tu ne penses qu’à toi, tu es certaine de dominer le monde avec ton titre. Mais ma pauvre, tout cela est éphémère : un jour, ta peau sera toute ridée, plus aucune camera ne s’intéressera à une vieille femme laide. On se moquera bien de ce que tu as été. Mais malgré le fil du temps, tu resteras cette gamine, cette fille naïve. À ce moment, tu voudras retourner dans les jupons de ta mère mais elle ne sera plus là. Tu seras juste une vieille fille et… »
La baronne de la Fratinoja ne put terminer sa phrase. Telle une cocotte-minute, Ariana laissa échapper sa colère bouillonnante. Sans réfléchir, elle gifla sa mère avec une telle force qu’elle lui fit faire tomber sa cigarette. Même si elle tremblait d’énervement, le geste était incroyablement ferme. C’était la première fois qu’Ariana en venait aux mains contre une mère qu’elle avait toujours crainte. Kleopatra en fut d’ailleurs choquée, foudroyant du regard sa fille qui semblait déjà avoir des regrets pour son geste et qui la fuyait des yeux.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« D’accord, j’ai bien compris le message. Tu as un répit : je te laisse terminer ta campagne électorale, tout ce cinéma mais, sache-le… oh oui, sache-le et ne l'oublie pas… Tu vas me le payer, ma fille. »[/justify]
Sengaï
9 mars 2033[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/zkzVGZ4.png[/img][/center]
La « Fondation Maisons d’Harpocrate » (« Fondaĵo Domoj de Harpokrato » en espéranto) était une promesse de la candidate Ariana Magnor : si elle était élue Miss Universe, elle mettrait sa notoriété au service des orphelins à travers le monde. Le tempo était d’autant mieux choisi que les Amarantins étaient en ce moment amenés à [url=http://www.simpolitique.com/post310723.html#p310723]se prononcer sur les bénéficiaires du 1 % du fonds souverain accordé à des œuvres philanthropiques[/url]. Elle était d’une certaine manière repartie en campagne sous les couleurs de sa nouvelle fondation dont l’objectif était notamment la création d’orphelinats, reconnaissables par l’abeille qui ornait le logo officiel. L’enjeu en valait la peine : 740 millions de lires étaient accordés à l’œuvre qui aura suscité le plus d’adhésion au sein de l’Amarantie. Le choix était donc fait de parcourir les contrées les plus lointaines, pour montrer les grandes ambitions du bébé de la reine de la beauté.
Ariana Magnor était bien sûr sensible au sort de ces orphelins. Non pas parce qu’elle n’a jamais connu ses parents : elle connaissait son père mais son père feignait de ne pas la connaître et pour cause, il s’agissait du roi de Forluno, Sa Majesté Scipiono Ier. Sa mère, quant à elle… Ariana aurait préféré qu’elle mourût en couches. Non, si elle était sensible au sort de ces orphelins, c’est sans doute parce qu’elle n’a jamais connu, comme eux, l’amour des parents pour leurs enfants.
Dans l’avion qui l’amenait au Sengaï, Ariana était observée par sa mère, Kleopatra. Le voyage fut silencieux, les deux femmes ne se parlaient pas. Kleopatra se contentait de lui envoyer la fumée de sa cigarette au visage, en buvant un verre de vin. La matriarche regardait à travers le hublot le paysage montagneux.
[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)[/center]
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Enfin ! Sept heures d’avion, je n’en pouvais plus. J’ai des fourmillements partout dans les jambes. Tu verras quand tu auras mon âge. »
Elle s’adressait à sa fille, toujours avec cet air inquisiteur. Officiellement, Kleopatra était la trésorière de la fondation. Redoutable femme d’affaires, elle était là pour s’occuper de toute la partie commerciale et logistique tandis que sa fille se contentait d’être la coqueluche des médias. C’était au pied des montagnes du Songphang que la mère et la fille avaient rendez-vous. Tandis que Ariana irait visiter un orphelinat de fortune, Kleopatra irait peaufiner à l’ombre des caméras les derniers détails de la rénovation de l’orphelinat pour le mettre sous les couleurs de l’abeille. Faisaient également partie du voyage quelques orphelins amarantins aidés, qui n’ont jamais quitté le pays et qui étaient très enjoués à l’idée de passer quelques jours de vacances à l’autre bout du monde, en compagnie d’autres enfants.
[center][img]https://i.imgur.com/XgQiixA.png[/img][/center]
Elles avaient rendez-vous dans un village au pied de la montagne. Un cameraman inquiet se demandait si la batterie de sa caméra allait être suffisante le temps de la capture d’images. Pas l’ombre d’une prise électrique dans ce « trou à rats » pour reprendre son expression. Ariana, elle, faisait comme si elle n’entendait rien. Elle observait au loin sa mère, qui avait déjà rallumé une autre cigarette et qui regardait de manière indifférente les environs. Elles s’approchèrent longtemps des taudis qui composaient le village et les cris des enfants tibétains, enjoués à l’idée de rencontrer ces étrangers, se faisaient de plus en plus entendre. Toute la délégation amarantine fut accueillie par l’habitant qui baragouinait le mieux les langues étrangères, c’est-à-dire au plus une dizaine de mots.
[center][img]https://i.imgur.com/0AE1tLl.png[/img][/center]
Alors qu’Ariana profitait gaiement de la compagnie des orphelins tibétains qui l’entouraient, une des petites orphelines de la délégation amarantine commençait à se tordre de douleur au niveau de l’estomac. La clope au bec, en pleins pourparlers avec les contremaîtres du chantier du nouvel orphelinat, Kleopatra observa scrupuleusement la fille et en avertit le médecin amarantin, qui avait fait le voyage :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Docteur, on a besoin de nous. »
Bien qu’occupée à jouer avec les enfants tibétains, Ariana remarqua la scène de l’orpheline amarantine, aussitôt prise en charge par le médecin. Pour en avoir le cœur net, elle se rapprocha de sa mère pour lui demander :
[center][img]https://i.imgur.com/oczeayn.png[/img]
Ariana Magnor
Miss Univers 2033
Miss Amarantie 2032[/center]
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Que se passe-t-il ? »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Rien de grave. Le décalage horaire… Et puis, elle a mangé trop de chocolat… Mais laisse-moi m’en occuper, ta place est là-bas. »
Un peu dubitative par les explications de sa mère, Ariana retourna profiter de l’effervescence du village, sous une nuée de caméras. Toute l’après-midi, Miss Universe se prêtera au jeu des journalistes, à l’instar des enfants amusés par la situation. Bien loin de ces festivités, Kleopatra s’était éclipsée, en compagnie des contremaîtres…
Le soir même, après une harassante journée, Ariana retrouva sa mère sous la confortable tente aménagée par la délégation amarantine. Elle souhaitait avoir des nouvelles de la santé de la petite fille amarantine.
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Alors, qu’a dit le médecin ? »
Kleopatra, toujours la clope au bec, était assise, tenant un livre dans l’autre main.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je t’ai déjà dit que ça allait. Quelques crampes d’estomac, rien de grave. J’espère que tu seras plus photogénique que le soir de ton intronisation. Si tu passes pour une cruche, aucun Amarantin ne voudra parrainer ta fondation. »
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Ne t’inquiète pas pour ça, maman. *Soupir* Je veux vraiment me donner à fond dans ce projet. Ce serait super si nous gagnions la somme mise en jeu. On pourrait ouvrir des orphelinats à travers tout le monde. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Redescends sur Terre, Ariana, et comporte-toi comme une adulte. La partie est loin d’être gagnée : crois-tu vraiment que tous ces pédérastes en Amarantie voteront pour une fondation tenue par une femme ? »
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Mais… Pourquoi m’as-tu suivie alors si tu n’y crois pas du tout ? Je te connais bien, maman, tu ne t’engage jamais dans un projet sans avoir un minimum de garanties. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Parce que, malgré tout, tu as eu une très bonne idée avec cette fondation. Mais tu es trop idiote pour comprendre pourquoi. Cet après-midi, j’ai rencontré quelques personnes qui connaissent d’autres personnes influentes au Sud du pays, qui pourraient nous permettre d’avoir une partie du marché thaï, à fort pouvoir d’achat. Ils voulaient un échantillon, j’ai dû ruser… »
Ariana resta immobile. Elle avait hélas bien compris : sa mère avait utilisé les orphelins amarantins comme mules pour fournir des échantillons de drogues aux Thaïs du Sengaï, alors qu’elle s’était promise à ne pas utiliser d’enfants.
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« C’est horrible… Tu avais promis de ne pas le faire ! Je suis sûre que tu me mens sur la santé de cette petite fille. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je te mentirais si je disais qu’elle avait avalé ça avec facilité. Tu t’imagines avaler une saucisse rigide sans mâcher ? Et bien, c’est ce qu’elle a ressenti. Je me garderais bien de tes leçons de morale car c’est moi qui tient les affaires car tu es incapable de le faire. Le dixième de ce que je fais, tu serais incapable de le faire. Je me tue à la tâche et c’est toi qui a les honneurs… »
Kleopatra posa son livre sur une table de chevet, ainsi que sa paire de lunettes. Elle tira sur sa cigarette pour prendre une grande inhalation et rejeter la fumée sur le visage d’Ariana. Avec un regard glacial, elle continua sa litanie :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais tout ça, tu ne le comprends pas. Parce que tu es une sale petite ingrate capricieuse. Tu ne penses qu’à toi, tu es certaine de dominer le monde avec ton titre. Mais ma pauvre, tout cela est éphémère : un jour, ta peau sera toute ridée, plus aucune camera ne s’intéressera à une vieille femme laide. On se moquera bien de ce que tu as été. Mais malgré le fil du temps, tu resteras cette gamine, cette fille naïve. À ce moment, tu voudras retourner dans les jupons de ta mère mais elle ne sera plus là. Tu seras juste une vieille fille et… »
La baronne de la Fratinoja ne put terminer sa phrase. Telle une cocotte-minute, Ariana laissa échapper sa colère bouillonnante. Sans réfléchir, elle gifla sa mère avec une telle force qu’elle lui fit faire tomber sa cigarette. Même si elle tremblait d’énervement, le geste était incroyablement ferme. C’était la première fois qu’Ariana en venait aux mains contre une mère qu’elle avait toujours crainte. Kleopatra en fut d’ailleurs choquée, foudroyant du regard sa fille qui semblait déjà avoir des regrets pour son geste et qui la fuyait des yeux.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« D’accord, j’ai bien compris le message. Tu as un répit : je te laisse terminer ta campagne électorale, tout ce cinéma mais, sache-le… oh oui, sache-le et ne l'oublie pas… Tu vas me le payer, ma fille. »[/justify]
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Sébaldie
[justify][center]Les abeilles (1/?)
Royaume de Forluno
19 avril 2033
[img]https://i.imgur.com/xEtNlRn.jpg[/img][/center]
Si le royaume de Forluno était représenté sur ses armoiries par une abeille, ce n’était pas pour le simple folklore, ni même pour l’intérêt que portait le Roi pour l’apiculture. Dans cette entité surpeuplée d’Amarantie, pour loger les quelques huit millions d’individus, des quartiers avaient été ainsi sortis de terre pour répondre à une demande de logement de plus en plus pressante. Un essaim d’immeubles, dont la vue aérienne rappelle la forme alvéolaire des ruches. Mais bien loin d’avoir la capacité de travail d’abeilles, les habitants de ces quartiers se murent dans une certaine oisiveté, selon un chômage plus ou moins forcé.
À dix-neuf ans, Tirezio était l’un d’eux. Majeur depuis cinq ans comme le prévoyait la législation amarantine, il était en droit depuis ce temps d’avoir son propre logement. Il avait fait un autre choix, celui de vivre avec sa mère, à peine seize ans son ainée. En Amarantie, plus vite les filles accomplissaient leur devoir de mère, plus vite elles pouvaient se libérer au moins partiellement du joug phallocrate. Tirezio était le deuxième et le dernier de sa fratrie, son frère aîné avait fait le choix de prendre son indépendance. Pour briser la solitude de sa mère et pour continuer de bénéficier de la bonne connexion Internet, Tirezio se contentait de vivre dans ce petit appartement avec elle, sans son père. D’ailleurs, il ignorait l’identité réelle de son père, il était sûrement le fils d’un homosexuel qui a choisi l’insémination artificielle pour se garantir une descendance ou, alors, était-il le fils d’un de ces hétérosexuels dont les homosexuels se payaient les services pour ensemencer une femme, incapables de pouvoir le faire eux-mêmes. En Amarantie, encore nombreuses étaient les femmes dont la vie se résumait à celle des reines mère abeilles, condamnées à procréer jusqu’à mort s’ensuive.
Tirezio n’avait pas été élevé dans le mépris des femmes ou tout du moins, comme de nombreux mâles amarantins, il nourrissait une certaine admiration pour leur propre mère, preuve vivante de courage, qu’aucune autre femme ne pouvait égaler. La plupart des Amarantins ne respectent en effet qu’une seule femme, leur propre mère. Les autres étaient des catins superficielles. Ce lien était d’autant plus important qu’ils ne connaissaient généralement que le modèle de famille monoparentale. Un modèle qui, très tôt, conférait aux garçons le rôle « d’homme dans la maison » et ce d’autant plus que leur mère, dans certaines entités comme le Forluno, se voyait privée de réelle autonomie. Légalement incapables d’avoir un compte bancaire à leur nom, elles l’attribuaient à leur fils aîné, puis cadet dès qu’ils atteignaient la majorité, fixée à 14 ans.
[center][img]https://i.imgur.com/WUBxfXt.jpg[/img]
Tirezio[/center]
Ces événements avaient fait naître chez Tirezio une virilité exacerbée. Le jeune homme pouvait passer des heures à contempler dans le miroir les résultats de sa dernière séance de musculation, dans la salle située au bas de son immeuble. Sinon, il passait son temps sur l’Internet, à écouter les derniers groupes à la mode de la dernière édition du [url=http://www.simpolitique.com/post310396.html#p310396]For’Hiphopo[/url], ce festival de rap situé non loin de chez lui, à Delfenojus. Dernièrement, entre le visionnage de deux vidéos pornographiques, Tirezio s’adonnait à un rituel : écouter un des innombrables « rappels islamiques », postés sur les réseaux sociaux par des mahométans zélés. C’est que Tirezio avait trouvé dans l’Islam une voie qui correspondait enfin, résolument plus « moderne » que le culte dodécathéiste devenu davantage un folklore culturel qu’une véritable religion. La liberté de culte était certes autorisée en Amarantie mais le passé du pays, confronté aux invasions barbes de Marquésie et des pirates musulmans, avait jeté l’opprobre sur la religion révélée par le prophète Mahomet. Une toute petite mosquée, souterraine, existait à quinze kilomètres de chez lui. Tirezio s’y rendait quelques fois le vendredi, quand il n’avait pas fait la grasse matinée. Sans réellement comprendre lui-même pourquoi, il entretenait désormais une certaine haine des « païens » et son nouvel iconoclasme le faisait abhorrer toutes les nombreuses représentations des dieux amarantins, et ce quand bien même Dieu était unique.
Freja :
Mère de Tirezio
« Tu regardes encore ces vidéos ? »
Tirezio n’avait pas entendu sa mère entrer dans sa chambre. Il regardait effectivement une nouvelle vidéo de propagande islamique. Il se retourna vers elle :
Tirezio :
« Cette vidéo est super, mashallah ! Les païens doivent être anéantis. »
Freja :
Mère de Tirezio
« Tu ne changeras pas le monde, mon fils. Aide-moi plutôt à porter les sacs jusqu’en bas de l’immeuble. »
Freja s’abaisse pour attraper deux sacs d’ordures particulièrement lourds et encombrants. Tirezio en profita pour regarder la poitrine de sa mère. À peine âgée de 35 ans, elle lui était très désirable. Au festival de rap, les groupes britons l’auraient qualifiée de « MILF », non sans raison. Tirezio se leva de sa chaise et s’approcha de sa mère, pour lui adresser quelques gestes de tendresse, et lui caresser la poitrine.
Freja :
Mère de Tirezio
« Pas maintenant, Tirezio. J’ai beaucoup de choses à… »
Elle ne put terminer sa phrase puisque son fils commença à l’embrasser langoureusement. Elle n’opposa pas de réelle résistance. En Amarantie, peu d’hommes étaient intéressés à l’idée de partager son intimité, et elle avait eu la chance d’avoir un fils intéressé par le sexe faible. Les relations incestueuses n’étaient pas particulièrement réprimées en Amarantie. Chacun trouvait l’amour là où il le souhaitait, voire là où il le pouvait…
Tirezio :
« Ceux qui t’ont fait souffrir brûleront en enfer. Inchallah. Je m’en assurerai. »
Peu gênée, bien au contraire, par les marques d’amour très agréables de son fils, Freja fut en revanche interloquée par cette dernière phrase. Elle prit les deux gros sacs et, sans un mot, repartit de la chambre. Tirezio, lui, se contenta de retourner à la prière…[/justify]
Royaume de Forluno
19 avril 2033
[img]https://i.imgur.com/xEtNlRn.jpg[/img][/center]
Si le royaume de Forluno était représenté sur ses armoiries par une abeille, ce n’était pas pour le simple folklore, ni même pour l’intérêt que portait le Roi pour l’apiculture. Dans cette entité surpeuplée d’Amarantie, pour loger les quelques huit millions d’individus, des quartiers avaient été ainsi sortis de terre pour répondre à une demande de logement de plus en plus pressante. Un essaim d’immeubles, dont la vue aérienne rappelle la forme alvéolaire des ruches. Mais bien loin d’avoir la capacité de travail d’abeilles, les habitants de ces quartiers se murent dans une certaine oisiveté, selon un chômage plus ou moins forcé.
À dix-neuf ans, Tirezio était l’un d’eux. Majeur depuis cinq ans comme le prévoyait la législation amarantine, il était en droit depuis ce temps d’avoir son propre logement. Il avait fait un autre choix, celui de vivre avec sa mère, à peine seize ans son ainée. En Amarantie, plus vite les filles accomplissaient leur devoir de mère, plus vite elles pouvaient se libérer au moins partiellement du joug phallocrate. Tirezio était le deuxième et le dernier de sa fratrie, son frère aîné avait fait le choix de prendre son indépendance. Pour briser la solitude de sa mère et pour continuer de bénéficier de la bonne connexion Internet, Tirezio se contentait de vivre dans ce petit appartement avec elle, sans son père. D’ailleurs, il ignorait l’identité réelle de son père, il était sûrement le fils d’un homosexuel qui a choisi l’insémination artificielle pour se garantir une descendance ou, alors, était-il le fils d’un de ces hétérosexuels dont les homosexuels se payaient les services pour ensemencer une femme, incapables de pouvoir le faire eux-mêmes. En Amarantie, encore nombreuses étaient les femmes dont la vie se résumait à celle des reines mère abeilles, condamnées à procréer jusqu’à mort s’ensuive.
Tirezio n’avait pas été élevé dans le mépris des femmes ou tout du moins, comme de nombreux mâles amarantins, il nourrissait une certaine admiration pour leur propre mère, preuve vivante de courage, qu’aucune autre femme ne pouvait égaler. La plupart des Amarantins ne respectent en effet qu’une seule femme, leur propre mère. Les autres étaient des catins superficielles. Ce lien était d’autant plus important qu’ils ne connaissaient généralement que le modèle de famille monoparentale. Un modèle qui, très tôt, conférait aux garçons le rôle « d’homme dans la maison » et ce d’autant plus que leur mère, dans certaines entités comme le Forluno, se voyait privée de réelle autonomie. Légalement incapables d’avoir un compte bancaire à leur nom, elles l’attribuaient à leur fils aîné, puis cadet dès qu’ils atteignaient la majorité, fixée à 14 ans.
[center][img]https://i.imgur.com/WUBxfXt.jpg[/img]
Tirezio[/center]
Ces événements avaient fait naître chez Tirezio une virilité exacerbée. Le jeune homme pouvait passer des heures à contempler dans le miroir les résultats de sa dernière séance de musculation, dans la salle située au bas de son immeuble. Sinon, il passait son temps sur l’Internet, à écouter les derniers groupes à la mode de la dernière édition du [url=http://www.simpolitique.com/post310396.html#p310396]For’Hiphopo[/url], ce festival de rap situé non loin de chez lui, à Delfenojus. Dernièrement, entre le visionnage de deux vidéos pornographiques, Tirezio s’adonnait à un rituel : écouter un des innombrables « rappels islamiques », postés sur les réseaux sociaux par des mahométans zélés. C’est que Tirezio avait trouvé dans l’Islam une voie qui correspondait enfin, résolument plus « moderne » que le culte dodécathéiste devenu davantage un folklore culturel qu’une véritable religion. La liberté de culte était certes autorisée en Amarantie mais le passé du pays, confronté aux invasions barbes de Marquésie et des pirates musulmans, avait jeté l’opprobre sur la religion révélée par le prophète Mahomet. Une toute petite mosquée, souterraine, existait à quinze kilomètres de chez lui. Tirezio s’y rendait quelques fois le vendredi, quand il n’avait pas fait la grasse matinée. Sans réellement comprendre lui-même pourquoi, il entretenait désormais une certaine haine des « païens » et son nouvel iconoclasme le faisait abhorrer toutes les nombreuses représentations des dieux amarantins, et ce quand bien même Dieu était unique.
Freja :
Mère de Tirezio
« Tu regardes encore ces vidéos ? »
Tirezio n’avait pas entendu sa mère entrer dans sa chambre. Il regardait effectivement une nouvelle vidéo de propagande islamique. Il se retourna vers elle :
Tirezio :
« Cette vidéo est super, mashallah ! Les païens doivent être anéantis. »
Freja :
Mère de Tirezio
« Tu ne changeras pas le monde, mon fils. Aide-moi plutôt à porter les sacs jusqu’en bas de l’immeuble. »
Freja s’abaisse pour attraper deux sacs d’ordures particulièrement lourds et encombrants. Tirezio en profita pour regarder la poitrine de sa mère. À peine âgée de 35 ans, elle lui était très désirable. Au festival de rap, les groupes britons l’auraient qualifiée de « MILF », non sans raison. Tirezio se leva de sa chaise et s’approcha de sa mère, pour lui adresser quelques gestes de tendresse, et lui caresser la poitrine.
Freja :
Mère de Tirezio
« Pas maintenant, Tirezio. J’ai beaucoup de choses à… »
Elle ne put terminer sa phrase puisque son fils commença à l’embrasser langoureusement. Elle n’opposa pas de réelle résistance. En Amarantie, peu d’hommes étaient intéressés à l’idée de partager son intimité, et elle avait eu la chance d’avoir un fils intéressé par le sexe faible. Les relations incestueuses n’étaient pas particulièrement réprimées en Amarantie. Chacun trouvait l’amour là où il le souhaitait, voire là où il le pouvait…
Tirezio :
« Ceux qui t’ont fait souffrir brûleront en enfer. Inchallah. Je m’en assurerai. »
Peu gênée, bien au contraire, par les marques d’amour très agréables de son fils, Freja fut en revanche interloquée par cette dernière phrase. Elle prit les deux gros sacs et, sans un mot, repartit de la chambre. Tirezio, lui, se contenta de retourner à la prière…[/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Les mamelles du monde (3/?)
Aminavie
18 mai 2033[/center]
Depuis [url=http://www.simpolitique.com/post310818.html#p310818]l’épisode malheureux du Sengaï[/url], où Ariana, excédée par sa mère, avait fini par la gifler, les deux femmes ne s’adressaient plus la moindre parole, ni le moindre regard. Et ce depuis plus de deux mois. Elles tentaient tant que possible de s’éviter et pour ce faire, Kleopatra avait fait appel à une nouvelle recrue : Dejanira, une jeune femme prometteuse de la Communauté des Melgares, qui avait rejoint la « Fratinoja », l’organisation mafieuse à la tête de laquelle était Kleopatra depuis un petit moment déjà. Tous les échanges se faisaient par son intermédiaire : elle était à la fois la confidente de la fille que de la mère. Mais sa patronne, c’était la mère et elle ne l’oubliait pas. Malgré l’incident, les deux femmes entendaient continuer leur campagne à l’international pour promouvoir l’action de la « Fondation Maisons d’Harpocrate », qui agit en faveur des orphelins du monde entier. L’étape de cette semaine les emmenait en Nord-Algarbe, en Aminavie plus précisément.
[center][img]https://i.imgur.com/j2kpeAg.jpg[/img][/center]
Kleopatra avait également fait le chemin pour superviser toute la logistique de cet évènement. Mais elle continuait de suivre son propre sillon, laissant Ariana accompagnée de Dejanira. Les deux filles avaient rendez-vous dans un quartier populaire de la capitale aminavienne, pour suivre l’avancée des travaux de l’orphelinat. Dans ce labyrinthe de ruelles, elles étaient escortées par Abdelkarim, un natif du quartier, vers le lieu du chantier. Mais plus elles avançaient, plus Ariana se posait des questions. On lui avait parlé d’un quartier malfamé… mais à ce point ? Elle réajusta le voile islamique qu’elle avait enfilé sur la tête, comme pour se protéger des regards étranges des hommes qui peuplaient les rues. En fait, il n’y avait QUE des hommes. Aucune femme, aucun enfant.
[center][img]https://i.imgur.com/oczeayn.png[/img]
Ariana Magnor
Miss Universe 2033
Miss Amarantie 2032[/center]
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Dejanira, je suis inquiète… Je n’ai pas confiance... Revenons sur nos pas, si tu veux bien.
[center][img]https://i.imgur.com/8KSwoNA.png[/img]
Dejanira
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor[/center]
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Oui, tu as raison, ce quartier est un coupe-gorges. »
Mais à peine Ariana et Dejanira eurent-elles le temps de faire demi-retour qu’elles furent toutes les deux attrapées par une horde d’hommes, qui commençaient à déshabiller de force et les séparèrent tous les deux.
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Lâchez-moi ! À l’aide ! À l’aide ! »
Ariana fut emmenée dans une autre ruelle en impasse. Elle se débattait comme elle put mais elle ne pouvait pas faire le poids face à cinq hommes qui la violentaient, avant de la violer, un par un. Les sanglots de Miss Universe furent atténués par un bâillon. Face à elle, Abdelkarim sortit son smartphone et commença à filmer la scène… Plus d’une demi-heure de calvaire pour la jeune femme…
[center][img]https://i.imgur.com/5qhFDBB.jpg[/img][/center]
Pendant ce temps, Kleopatra s’était recluse dans un quartier un peu moins malfamé pour s’y prélasser au soleil. Elle avait trouvé un salon de thé à peu près correct dans une rue commerçante de la ville, néanmoins mouvementée et bruyante. Mais ses ampoules au pied l’empêchaient d’aller plus loin. Le salon proposait une terrasse extérieure, où Kleopatra décida de s’installer, rapidement servie par le propriétaire de ce lieu d’un thé à la menthe. L’Aminavie était peut-être un pays laïc, il n’en demeurait pas moins une société conservatrice, attachée aux principes islamiques. Contrairement à sa fille, Kleopatra avait choisi de ne pas mettre un voile, laissant sa chevelure blondâtre à la lumière du soleil. Mais c’est surtout sa désinvolture que les hommes comme les femmes de ce quartier populaire de Aït Tinifer regardait, avec un air désapprobateur, lorsqu’ils passèrent devant elle. Comme à son habitude, Kleopatra avait les jambes croisées, une cigarette au bout des doigts de sa main droite, accoudée à la table, crachant sa fumée quitte à incommoder les badauds. Un homme, en particulier passa devant elle, la regarda avec un profond mépris, vociféra quelques insultes en arabe, et cracha aux pieds de l’Amarantie. Interloquée par ce comportement, Kleopatra s'exclama :
[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)[/center]
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais ce sont de vrais porcs ici. C’est quoi, leur problème ? »
Alors qu’elle but son thé, une femme voilée l’approcha. Kleopatra ne la reconnut pas immédiatement et se mit un peu en retrait, craignait de recevoir un crachat sur le visage cette fois-ci. Mais en y regardant de plus près, ce n’était que Dejanira, la nouvelle recrue de la Fratinoja, qui faisait la liaison entre la mère et la fille.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Ah, Dejanira, tu tombes bien. J’ai vraiment envie de quitter cet endroit. Que m’apportes-tu ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« La vidéo, comme vous me l’avez demandée. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Tu as un hématome dans le cou… Ils t’ont violentée ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Oui mais ce n’est rien, ce sera plus réaliste comme ça. Ils m’ont laissée partir quand je n’étais plus à portée de sa vue. »
Dejanira sortit un smartphone et défila les écrans pour montrer la vidéo. Kleopatra se saisit de l’appareil mais plissa les yeux. Sa vue baissait et avec tout ce soleil, elle ne voyait rien.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je n’y vois rien du tout. Tu peux la mettre sur la télévision de la chambre d’hôtel ? »
Dejanira acquiesça et les deux femmes quittèrent la rue commerçante pour rejoindre l’hôtel situé à quelques centaines de mètres de là. L’hôtel affichait certes complet mais c’est parce que Kleopatra avait réservé toutes les chambres par mesure de sécurité. Parmi elles, une lui était réservée, une à sa fille, une à Dejanira et une au duo de gardes postés devant l’établissement. Kleopatra s’assit sur le lit et se versa un verre de vin pendant que sa subordonnée s’occupait de retransmettre la vidéo du téléphone portable sur l’écran de télévision. Avant de démarrer la vidéo, Kleopatra demanda :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« A-t-elle parlé de moi quand tu l’as vue ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Oui, elle m’a dit textuellement qu’elle voulait repartir sur de bonnes bases avec vous, que malgré vos divergences, elle voulait aller de l’avant. »
Kleopatra ne répondit rien. Après quelques instants, l’image apparut. Il s’agissait ni plus ni moins de la séquence du viol d’Ariana, filmée par cet « inconnu » sur son smartphone. Impassible, Kleopatra regarda la scène, prenant de temps à autre une gorgée de vin. Tous les sons étaient également retransmis, des rires du groupe d’hommes aux pleurs d’Ariana. Après une demi-minute, Kleopatra commenta la scène :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Il ne devait pas être une dizaine, voire une quinzaine ? J’en compte à peine sept. »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Si… Mais beaucoup de sont désistés… À cause du ramadan, apparemment. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Normalement, c’est eux qui auraient dû me payer pour ça et pas l’inverse. Il paraît que dans leur religion, les hommes à leur mort, s’ils vont au Paradis, ont droit à 72 vierges. Et les femmes, elles doivent se contenter de 72 puceaux ?! »
Dejanira sourit à la remarque et s’installa aux côtés de sa supérieure pour regarder la scène.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Ce sera plutôt 71. Ils pourront décompter ma fille… Ah ! Stoppe la vidéo ! »
Dejanira s’exécuta rapidement et revint à l’image demandée par Kleopatra. On y voit un instant où Ariana regarder, en sanglots, la caméra du smartphone.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Maintenant, nous sommes quittes, ma fille. »[/justify]
Aminavie
18 mai 2033[/center]
Depuis [url=http://www.simpolitique.com/post310818.html#p310818]l’épisode malheureux du Sengaï[/url], où Ariana, excédée par sa mère, avait fini par la gifler, les deux femmes ne s’adressaient plus la moindre parole, ni le moindre regard. Et ce depuis plus de deux mois. Elles tentaient tant que possible de s’éviter et pour ce faire, Kleopatra avait fait appel à une nouvelle recrue : Dejanira, une jeune femme prometteuse de la Communauté des Melgares, qui avait rejoint la « Fratinoja », l’organisation mafieuse à la tête de laquelle était Kleopatra depuis un petit moment déjà. Tous les échanges se faisaient par son intermédiaire : elle était à la fois la confidente de la fille que de la mère. Mais sa patronne, c’était la mère et elle ne l’oubliait pas. Malgré l’incident, les deux femmes entendaient continuer leur campagne à l’international pour promouvoir l’action de la « Fondation Maisons d’Harpocrate », qui agit en faveur des orphelins du monde entier. L’étape de cette semaine les emmenait en Nord-Algarbe, en Aminavie plus précisément.
[center][img]https://i.imgur.com/j2kpeAg.jpg[/img][/center]
Kleopatra avait également fait le chemin pour superviser toute la logistique de cet évènement. Mais elle continuait de suivre son propre sillon, laissant Ariana accompagnée de Dejanira. Les deux filles avaient rendez-vous dans un quartier populaire de la capitale aminavienne, pour suivre l’avancée des travaux de l’orphelinat. Dans ce labyrinthe de ruelles, elles étaient escortées par Abdelkarim, un natif du quartier, vers le lieu du chantier. Mais plus elles avançaient, plus Ariana se posait des questions. On lui avait parlé d’un quartier malfamé… mais à ce point ? Elle réajusta le voile islamique qu’elle avait enfilé sur la tête, comme pour se protéger des regards étranges des hommes qui peuplaient les rues. En fait, il n’y avait QUE des hommes. Aucune femme, aucun enfant.
[center][img]https://i.imgur.com/oczeayn.png[/img]
Ariana Magnor
Miss Universe 2033
Miss Amarantie 2032[/center]
Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Dejanira, je suis inquiète… Je n’ai pas confiance... Revenons sur nos pas, si tu veux bien.
[center][img]https://i.imgur.com/8KSwoNA.png[/img]
Dejanira
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor[/center]
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Oui, tu as raison, ce quartier est un coupe-gorges. »
Mais à peine Ariana et Dejanira eurent-elles le temps de faire demi-retour qu’elles furent toutes les deux attrapées par une horde d’hommes, qui commençaient à déshabiller de force et les séparèrent tous les deux.
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Lâchez-moi ! À l’aide ! À l’aide ! »
Ariana fut emmenée dans une autre ruelle en impasse. Elle se débattait comme elle put mais elle ne pouvait pas faire le poids face à cinq hommes qui la violentaient, avant de la violer, un par un. Les sanglots de Miss Universe furent atténués par un bâillon. Face à elle, Abdelkarim sortit son smartphone et commença à filmer la scène… Plus d’une demi-heure de calvaire pour la jeune femme…
[center][img]https://i.imgur.com/5qhFDBB.jpg[/img][/center]
Pendant ce temps, Kleopatra s’était recluse dans un quartier un peu moins malfamé pour s’y prélasser au soleil. Elle avait trouvé un salon de thé à peu près correct dans une rue commerçante de la ville, néanmoins mouvementée et bruyante. Mais ses ampoules au pied l’empêchaient d’aller plus loin. Le salon proposait une terrasse extérieure, où Kleopatra décida de s’installer, rapidement servie par le propriétaire de ce lieu d’un thé à la menthe. L’Aminavie était peut-être un pays laïc, il n’en demeurait pas moins une société conservatrice, attachée aux principes islamiques. Contrairement à sa fille, Kleopatra avait choisi de ne pas mettre un voile, laissant sa chevelure blondâtre à la lumière du soleil. Mais c’est surtout sa désinvolture que les hommes comme les femmes de ce quartier populaire de Aït Tinifer regardait, avec un air désapprobateur, lorsqu’ils passèrent devant elle. Comme à son habitude, Kleopatra avait les jambes croisées, une cigarette au bout des doigts de sa main droite, accoudée à la table, crachant sa fumée quitte à incommoder les badauds. Un homme, en particulier passa devant elle, la regarda avec un profond mépris, vociféra quelques insultes en arabe, et cracha aux pieds de l’Amarantie. Interloquée par ce comportement, Kleopatra s'exclama :
[center][img]https://i.imgur.com/MQH9EMv.jpg[/img]
Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)[/center]
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais ce sont de vrais porcs ici. C’est quoi, leur problème ? »
Alors qu’elle but son thé, une femme voilée l’approcha. Kleopatra ne la reconnut pas immédiatement et se mit un peu en retrait, craignait de recevoir un crachat sur le visage cette fois-ci. Mais en y regardant de plus près, ce n’était que Dejanira, la nouvelle recrue de la Fratinoja, qui faisait la liaison entre la mère et la fille.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Ah, Dejanira, tu tombes bien. J’ai vraiment envie de quitter cet endroit. Que m’apportes-tu ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« La vidéo, comme vous me l’avez demandée. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Tu as un hématome dans le cou… Ils t’ont violentée ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Oui mais ce n’est rien, ce sera plus réaliste comme ça. Ils m’ont laissée partir quand je n’étais plus à portée de sa vue. »
Dejanira sortit un smartphone et défila les écrans pour montrer la vidéo. Kleopatra se saisit de l’appareil mais plissa les yeux. Sa vue baissait et avec tout ce soleil, elle ne voyait rien.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je n’y vois rien du tout. Tu peux la mettre sur la télévision de la chambre d’hôtel ? »
Dejanira acquiesça et les deux femmes quittèrent la rue commerçante pour rejoindre l’hôtel situé à quelques centaines de mètres de là. L’hôtel affichait certes complet mais c’est parce que Kleopatra avait réservé toutes les chambres par mesure de sécurité. Parmi elles, une lui était réservée, une à sa fille, une à Dejanira et une au duo de gardes postés devant l’établissement. Kleopatra s’assit sur le lit et se versa un verre de vin pendant que sa subordonnée s’occupait de retransmettre la vidéo du téléphone portable sur l’écran de télévision. Avant de démarrer la vidéo, Kleopatra demanda :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« A-t-elle parlé de moi quand tu l’as vue ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Oui, elle m’a dit textuellement qu’elle voulait repartir sur de bonnes bases avec vous, que malgré vos divergences, elle voulait aller de l’avant. »
Kleopatra ne répondit rien. Après quelques instants, l’image apparut. Il s’agissait ni plus ni moins de la séquence du viol d’Ariana, filmée par cet « inconnu » sur son smartphone. Impassible, Kleopatra regarda la scène, prenant de temps à autre une gorgée de vin. Tous les sons étaient également retransmis, des rires du groupe d’hommes aux pleurs d’Ariana. Après une demi-minute, Kleopatra commenta la scène :
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Il ne devait pas être une dizaine, voire une quinzaine ? J’en compte à peine sept. »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor
« Si… Mais beaucoup de sont désistés… À cause du ramadan, apparemment. »
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Normalement, c’est eux qui auraient dû me payer pour ça et pas l’inverse. Il paraît que dans leur religion, les hommes à leur mort, s’ils vont au Paradis, ont droit à 72 vierges. Et les femmes, elles doivent se contenter de 72 puceaux ?! »
Dejanira sourit à la remarque et s’installa aux côtés de sa supérieure pour regarder la scène.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Ce sera plutôt 71. Ils pourront décompter ma fille… Ah ! Stoppe la vidéo ! »
Dejanira s’exécuta rapidement et revint à l’image demandée par Kleopatra. On y voit un instant où Ariana regarder, en sanglots, la caméra du smartphone.
Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Maintenant, nous sommes quittes, ma fille. »[/justify]
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Sébaldie
[justify][center]Les mamelles du monde (4/?)
Il n’en restera qu’un (2/6)
Communauté des Melgares
28 janvier 1980[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/SdoeGQO.jpg[/img][/center]
Sage-femme : « Allez, poussez plus fort… ils sont deux ! »
Centre hospitalier d’Ortubo. Le travail avait commencé depuis plus de six heures maintenant. Rubena était complètement exténuée. On était en plein hiver et pourtant, elle avait l’impression d’être sous le soleil de plomb d’Alilée, ou carrément dans un four. La douleur était si intense qu’elle était prête à les sortir au marteau s’il le fallait. Cette jeune fille, à peine âgée de 17 ans, allait déjà être mère de deux enfants, des jumeaux. Elle le savait depuis grâce aux formidables progrès de l’imagerie médicale réalisée ces dernières années, et rien que cette perspective la plongeait déjà dans une forme de primo-dépression. Rubena était ici chez elle, dans la Communauté des Melgares, fille de la Baronne de la Fratinoja et la grand-mère voulait déjà s’assurer que la relève de sa relève soit prête.
Sage-femme : « On y est preeeeeesque ! »
[center][img]https://i.imgur.com/2unNWlc.jpg[/img]
Rubena Magnor (en 1980)
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor[/center]
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Par Artemiso ! Achevez-moi, je n’en peux plus !!! »
Le calvaire fut terminé lorsque Rubena entendit le cri des deux enfants portés par la sage-femme, l’un était un garçon et l’autre une fille.
Sage-femme : « Félicitations, ce sont un garçon ET une fille. »
« Hein ? » marmonnait Rubena qui récupérait doucement de l’accouchement. Elle était peu enchantée de la nouvelle annoncée par la sage-femme, regardant notamment le garçon d’un profond mépris.
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Vous m’aviez dit que ce seraient des jumeaux ! Pourquoi ce bébé a un… »
Sage-femme : « Ce sont bien des jumeaux. Des faux-jumeaux mais monozygotes. »
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Monoz… Je ne comprends rien à ce que vous dites. Ma mère va me tuer, elle s’attendait à avoir deux petites-filles… »
[center]14 avril 1994[/center]
La Baronne de la Fratinoja n’aura pas tué Rubena, mais Rubena, elle, continuera de maudire cet enfant, convaincue que ce dernier avait comme « volé » la deuxième fille qui lui était promise, convaincue par ailleurs qu’il était une punition infligée par la déesse Artemos. Par le temps, elle avait fini par accepter la sanction : sans le rejeter, elle essaie par tous les moments de l’ignorer, elle ne lui adressait aucun signe formel d’amour, et se contentait d’être une mère nourricière, subvenant à ses besoins. Ce mépris que Rubena avait à l’égard de son fils n’entachait pas la solide fraternité existant entre lui et sa sœur, Kleopatra. Le frère et la sœur étaient les meilleurs amis du monde.
Alors qu’ils étaient tous deux de discuter de sujets de pré-adolescents, ils furent interrompus par leur mère, Rubena qui, comme à son habitude, était venue parler à sa fille… Depuis quelques années déjà, Rubena sollicitait sa fille Kleopatra pour lui faire rencontrer des adultes qu’elle ne le connaissait pas, en réalité des collaborateurs de la mafia de la Fratinoja. À 14 ans, Kleopatra ignorait tout de leur identité et elle s’ennuyait ferme lors de ces réunions où elle se contentait d’être assise, des heures durant, pour écouter les affaires des adultes. Mais elle se pliait à cet exercice car elle craignait sa mère autant qu’elle l’aimait.
[center][img]https://i.imgur.com/0cDKXhk.jpg[/img]
Rubena Magnor (en 1994)
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor[/center]
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Kleopatra, tu peux venir s’il te plaît… seule. »
Comme d’habitude, Rubena tenait son fils à l’écart de toutes ces magouilles, ce qu’il supportait très mal mais qu’il gardait pour lui, intérieurement. Gênée de voir son frère exclu de cette entreprise mère-fille, Kleopatra était tenue au secret absolu. Avec un sourire gêné en sa direction, elle suivit sa mère, vers un lieu qu’elle n’avait jamais visité auparavant… Une pièce sans fenêtre, mal éclairée, isolée… Kleopatra vit un homme ligoté au bout de la pièce et avant même qu’elle ne put poser une question à sa mère, celle-ci se retourna et lui parla avec un ait très grave, droit dans les yeux.
[center][img]https://i.imgur.com/SfOdsV8.jpg[/img][/center]
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Ma fille chérie, tu sais que ta mère a toujours été là pour veiller à ce que tu ne manques jamais de rien. Je suis fière d’avoir élevé une fille aussi mature pour son âge, aussi reconnaissante… Mais tu as aujourd’hui 14 ans, c’est-à-dire qu’aux yeux de la loi, tu es majeure. Tu n’es plus une enfant. Tu sais, tous les adultes que tu as rencontrés ces derniers mois, ils ne sont peut-être des amis, ils sont peut-être ennuyeux mais ils sont nécessaires pour ton avenir. Une mère doit protéger sa fille… »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Maman, je suis reconnaissante pour tout ce que tu fais pour nous mais ne pense pas qu’à moi, tu as un fils aussi et… »
Rubena interrompit brusquement sa fille, visiblement énervée :
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Ton frère n’a pas besoin de moi, il se débrouillera bien tout seul ! L’Amarantie est un pays fait pour lui, il trouvera sa place ! Tandis que nous, nous devons nous battre. Ta grand-mère et avant ça la mère de ta grand-mère se sont toutes battues pour que les femmes aient un havre de paix, ici, dans la Communauté des Melgares. Elles n’ont pas hésité à faire des choses désagréables. La lutte ne se gagne pas la fleur au fusil… Tiens, prends ça. »
Rubena tendit un revolver à sa jeune et lui montra l’homme assis et ligoté en face d’elle.
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« La première fois est souvent difficile. Je vais t’aider à placer correctement tes mains, tu n’auras plus qu’à appuyer. Surtout, tu restes dans cette position ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais… Maman… »
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Cette ordure ne mérite pas tes pleurs. Ne me déçois pas…
Vingt minutes plus tard, Kleopatra retourna, seule, dans le salon de la maison des Magnor. Livide, complètement déboussolée, elle marchait d’un pas très lent, et ne prêtait même plus attention à son frère, resté dans la pièce en train de ruminer :
Frère de Kleopatra :
« Alors, vous vous êtes amusées ? La maman et sa fifille ont passé du bon temps ? Elle a encore parlé sur mon dos ? Réponds au moins quand je te parle ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« S’il te plaît, c’est pas le moment… »
Frère de Kleopatra :
« Je ne sais pas ce que vous manigancez contre moi mais ça doit être du lourd ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« On manigance rien contre toi… »
Frère de Kleopatra :
« Alors, dis-moi ce qui se passe, bordel ! Je pensais qu’on se confiait tout ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je… Je ne peux rien dire. »
Frère de Kleopatra :
« Comme par hasard ! »
Furieux, il quitta le salon et alla rejoindre sa chambre. Depuis ce jour, le frère et la sœur ont cessé d’être les meilleurs amis du monde, au grand plaisir de Rubena, joyeuse d’avoir éliminé ce nouvel obstacle au dessein de sa fille.
[center]23 mai 2033
Cité-Etat gérontocrate de Montorive
[img]https://i.imgur.com/A4hDFyp.jpg[/img][/center]
Au Château de Merŝanto, principal lieu de pouvoir de la Ligue amarantine, le représentant de la République maritime de Céjanoise, Horasiu Zamfir s’attaquait à plusieurs dossiers demandés par le Président de la République. L’homme, qui ne se plaisait guère dans ce rôle, remplissait sa fonction avec les pieds de plomb mais n’entendait pas en rester là. Il s’organisait pour trouver des soutiens, autour de sa propre personne cette fois-ci, pour s’imposer au poste de Premier ministre, qui lui avait été honteusement subtilisé.
Fatigué de ce poste certes très bien payé mais horriblement répétitif, Horasiu prit le temps de faire une pause. Bien que très peu fumeur, il s’alluma une cigarette dont il jetait les cendres à travers la grande fenêtre de son bureau, qui donnait la vue sur toute la Cité-Etat. Il regarda la décoration austère de ce château en pierres mais son regard se posa par hasard sur la pile de journaux et revues qui lui avait été distribuée pour se tenir au courant des actualités. En tant que représentant, il avait droit gratuitement à la presse nationale et locale et d’ailleurs, il était lui-même un des journalistes les plus connus d’Amarantie, connue pour ses éditos misogynes dans Amarantina Folioj, assez désapprouvés sur la forme par sa hiérarchie mais plébiscités par le lectorat. D’ailleurs, c’était précisément la couverture de l’édition hebdomadaire-magazine des Amarantina Folioj, [url=http://docdro.id/rZMW5Dg]Amarantina Folioj – Ekstra[/url] qui surplombait la pile, avec une une sur la femme d’Eric Bertaud. Mais Horasiu était surtout intéressée par ce titre dans la manchette : « Miss Universe – Enquête sur l’agression d’Ariana Magnor en Aminavie ».
Il posa sa cigarette et commença à feuilleter l’article dont il est question. Il n’avait pas été tenu au courant de cette information… Parmi les photos, une représentait Ariana Magnor avec sa mère Kleopatra. Horasiu secoua la tête et se faisait cette réflexion, tout seul, à haute voix :
[center][img]https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif[/center]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Ah, Kleopatra… Je reconnais bien ta patte dans cette affaire, ma chère sœur… »[/justify]
Il n’en restera qu’un (2/6)
Communauté des Melgares
28 janvier 1980[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/SdoeGQO.jpg[/img][/center]
Sage-femme : « Allez, poussez plus fort… ils sont deux ! »
Centre hospitalier d’Ortubo. Le travail avait commencé depuis plus de six heures maintenant. Rubena était complètement exténuée. On était en plein hiver et pourtant, elle avait l’impression d’être sous le soleil de plomb d’Alilée, ou carrément dans un four. La douleur était si intense qu’elle était prête à les sortir au marteau s’il le fallait. Cette jeune fille, à peine âgée de 17 ans, allait déjà être mère de deux enfants, des jumeaux. Elle le savait depuis grâce aux formidables progrès de l’imagerie médicale réalisée ces dernières années, et rien que cette perspective la plongeait déjà dans une forme de primo-dépression. Rubena était ici chez elle, dans la Communauté des Melgares, fille de la Baronne de la Fratinoja et la grand-mère voulait déjà s’assurer que la relève de sa relève soit prête.
Sage-femme : « On y est preeeeeesque ! »
[center][img]https://i.imgur.com/2unNWlc.jpg[/img]
Rubena Magnor (en 1980)
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor[/center]
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Par Artemiso ! Achevez-moi, je n’en peux plus !!! »
Le calvaire fut terminé lorsque Rubena entendit le cri des deux enfants portés par la sage-femme, l’un était un garçon et l’autre une fille.
Sage-femme : « Félicitations, ce sont un garçon ET une fille. »
« Hein ? » marmonnait Rubena qui récupérait doucement de l’accouchement. Elle était peu enchantée de la nouvelle annoncée par la sage-femme, regardant notamment le garçon d’un profond mépris.
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Vous m’aviez dit que ce seraient des jumeaux ! Pourquoi ce bébé a un… »
Sage-femme : « Ce sont bien des jumeaux. Des faux-jumeaux mais monozygotes. »
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Monoz… Je ne comprends rien à ce que vous dites. Ma mère va me tuer, elle s’attendait à avoir deux petites-filles… »
[center]14 avril 1994[/center]
La Baronne de la Fratinoja n’aura pas tué Rubena, mais Rubena, elle, continuera de maudire cet enfant, convaincue que ce dernier avait comme « volé » la deuxième fille qui lui était promise, convaincue par ailleurs qu’il était une punition infligée par la déesse Artemos. Par le temps, elle avait fini par accepter la sanction : sans le rejeter, elle essaie par tous les moments de l’ignorer, elle ne lui adressait aucun signe formel d’amour, et se contentait d’être une mère nourricière, subvenant à ses besoins. Ce mépris que Rubena avait à l’égard de son fils n’entachait pas la solide fraternité existant entre lui et sa sœur, Kleopatra. Le frère et la sœur étaient les meilleurs amis du monde.
Alors qu’ils étaient tous deux de discuter de sujets de pré-adolescents, ils furent interrompus par leur mère, Rubena qui, comme à son habitude, était venue parler à sa fille… Depuis quelques années déjà, Rubena sollicitait sa fille Kleopatra pour lui faire rencontrer des adultes qu’elle ne le connaissait pas, en réalité des collaborateurs de la mafia de la Fratinoja. À 14 ans, Kleopatra ignorait tout de leur identité et elle s’ennuyait ferme lors de ces réunions où elle se contentait d’être assise, des heures durant, pour écouter les affaires des adultes. Mais elle se pliait à cet exercice car elle craignait sa mère autant qu’elle l’aimait.
[center][img]https://i.imgur.com/0cDKXhk.jpg[/img]
Rubena Magnor (en 1994)
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor[/center]
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Kleopatra, tu peux venir s’il te plaît… seule. »
Comme d’habitude, Rubena tenait son fils à l’écart de toutes ces magouilles, ce qu’il supportait très mal mais qu’il gardait pour lui, intérieurement. Gênée de voir son frère exclu de cette entreprise mère-fille, Kleopatra était tenue au secret absolu. Avec un sourire gêné en sa direction, elle suivit sa mère, vers un lieu qu’elle n’avait jamais visité auparavant… Une pièce sans fenêtre, mal éclairée, isolée… Kleopatra vit un homme ligoté au bout de la pièce et avant même qu’elle ne put poser une question à sa mère, celle-ci se retourna et lui parla avec un ait très grave, droit dans les yeux.
[center][img]https://i.imgur.com/SfOdsV8.jpg[/img][/center]
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Ma fille chérie, tu sais que ta mère a toujours été là pour veiller à ce que tu ne manques jamais de rien. Je suis fière d’avoir élevé une fille aussi mature pour son âge, aussi reconnaissante… Mais tu as aujourd’hui 14 ans, c’est-à-dire qu’aux yeux de la loi, tu es majeure. Tu n’es plus une enfant. Tu sais, tous les adultes que tu as rencontrés ces derniers mois, ils ne sont peut-être des amis, ils sont peut-être ennuyeux mais ils sont nécessaires pour ton avenir. Une mère doit protéger sa fille… »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Maman, je suis reconnaissante pour tout ce que tu fais pour nous mais ne pense pas qu’à moi, tu as un fils aussi et… »
Rubena interrompit brusquement sa fille, visiblement énervée :
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Ton frère n’a pas besoin de moi, il se débrouillera bien tout seul ! L’Amarantie est un pays fait pour lui, il trouvera sa place ! Tandis que nous, nous devons nous battre. Ta grand-mère et avant ça la mère de ta grand-mère se sont toutes battues pour que les femmes aient un havre de paix, ici, dans la Communauté des Melgares. Elles n’ont pas hésité à faire des choses désagréables. La lutte ne se gagne pas la fleur au fusil… Tiens, prends ça. »
Rubena tendit un revolver à sa jeune et lui montra l’homme assis et ligoté en face d’elle.
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« La première fois est souvent difficile. Je vais t’aider à placer correctement tes mains, tu n’auras plus qu’à appuyer. Surtout, tu restes dans cette position ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Mais… Maman… »
Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor
« Cette ordure ne mérite pas tes pleurs. Ne me déçois pas…
Vingt minutes plus tard, Kleopatra retourna, seule, dans le salon de la maison des Magnor. Livide, complètement déboussolée, elle marchait d’un pas très lent, et ne prêtait même plus attention à son frère, resté dans la pièce en train de ruminer :
Frère de Kleopatra :
« Alors, vous vous êtes amusées ? La maman et sa fifille ont passé du bon temps ? Elle a encore parlé sur mon dos ? Réponds au moins quand je te parle ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« S’il te plaît, c’est pas le moment… »
Frère de Kleopatra :
« Je ne sais pas ce que vous manigancez contre moi mais ça doit être du lourd ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« On manigance rien contre toi… »
Frère de Kleopatra :
« Alors, dis-moi ce qui se passe, bordel ! Je pensais qu’on se confiait tout ! »
Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
« Je… Je ne peux rien dire. »
Frère de Kleopatra :
« Comme par hasard ! »
Furieux, il quitta le salon et alla rejoindre sa chambre. Depuis ce jour, le frère et la sœur ont cessé d’être les meilleurs amis du monde, au grand plaisir de Rubena, joyeuse d’avoir éliminé ce nouvel obstacle au dessein de sa fille.
[center]23 mai 2033
Cité-Etat gérontocrate de Montorive
[img]https://i.imgur.com/A4hDFyp.jpg[/img][/center]
Au Château de Merŝanto, principal lieu de pouvoir de la Ligue amarantine, le représentant de la République maritime de Céjanoise, Horasiu Zamfir s’attaquait à plusieurs dossiers demandés par le Président de la République. L’homme, qui ne se plaisait guère dans ce rôle, remplissait sa fonction avec les pieds de plomb mais n’entendait pas en rester là. Il s’organisait pour trouver des soutiens, autour de sa propre personne cette fois-ci, pour s’imposer au poste de Premier ministre, qui lui avait été honteusement subtilisé.
Fatigué de ce poste certes très bien payé mais horriblement répétitif, Horasiu prit le temps de faire une pause. Bien que très peu fumeur, il s’alluma une cigarette dont il jetait les cendres à travers la grande fenêtre de son bureau, qui donnait la vue sur toute la Cité-Etat. Il regarda la décoration austère de ce château en pierres mais son regard se posa par hasard sur la pile de journaux et revues qui lui avait été distribuée pour se tenir au courant des actualités. En tant que représentant, il avait droit gratuitement à la presse nationale et locale et d’ailleurs, il était lui-même un des journalistes les plus connus d’Amarantie, connue pour ses éditos misogynes dans Amarantina Folioj, assez désapprouvés sur la forme par sa hiérarchie mais plébiscités par le lectorat. D’ailleurs, c’était précisément la couverture de l’édition hebdomadaire-magazine des Amarantina Folioj, [url=http://docdro.id/rZMW5Dg]Amarantina Folioj – Ekstra[/url] qui surplombait la pile, avec une une sur la femme d’Eric Bertaud. Mais Horasiu était surtout intéressée par ce titre dans la manchette : « Miss Universe – Enquête sur l’agression d’Ariana Magnor en Aminavie ».
Il posa sa cigarette et commença à feuilleter l’article dont il est question. Il n’avait pas été tenu au courant de cette information… Parmi les photos, une représentait Ariana Magnor avec sa mère Kleopatra. Horasiu secoua la tête et se faisait cette réflexion, tout seul, à haute voix :
[center][img]https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif[/center]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Ah, Kleopatra… Je reconnais bien ta patte dans cette affaire, ma chère sœur… »[/justify]
-
Gwenael
Se déroule en même temps que [url=http://www.simpolitique.com/post316978.html#p316978]ce RP[/url]
[center]Une vue générale sur l'Empire (3/5)
Royaume de Forluno
08 septembre 2033[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/j8GNx1Z.jpg[/img]
Palais de Forluno[/center]
[justify]Comme à son habitude lors des rencontres diplomatiques, le Royaume de Forluno, après s'être personnellement occupé des derniers préparatifs, attendait son invité sur le perron de son Palais. Il s'apprêtait à recevoir le Grand Vizir Rekhmirê, régent de fait du Royaume de Hyptatie. La rencontre entre les deux hommes était officiellement destinée à rapprocher les royaumes de Forluno et de Hyptatie, l'un amarantin et l'autre luciférien, afin de faire contrepied à l'alliance barniquo-tyronarie. Du moins, c'était la version que Scipiono Ier avait délivré aux Hyptates dans [url=http://www.simpolitique.com/cabinet-diplomatique-vizir-royaume-hyptatie-t13542.html#p316224]sa missive[/url], mais l'objectif était tout autre en réalité. En effet, au cours d'un [url=http://www.simpolitique.com/activites-internes-t13335.html#p316216]entretien organisé à huit-clos avec la Première Ministre du Royaume d'Orlanie[/url], le Roi de Forluno avait accepté d'aider la Générale à centraliser les institutions de l'Empire Luciférien. Pour ce faire, il était nécessaire que le Royaume de Hyptatie ne soit pas représenté lors du vote qui allait se tenir au Conseil Impérial, décidant de l'adoption de la réforme centralisatrice. Scipiono Ier avait donc la charge de retenir le Grand Vizir sur ses terres, tandis que la mafia algarbienne se chargeait de l'enlèvement de la Reine de Hyptatie peu avant la séance du Conseil. L'opération était tout au bénéfice du monarque forlunien, qui voyait là l'occasion d'affaiblir la mafia grecque sur ses terres en renforçant l'emprise de la mafia algarbienne, tout en dotant son royaume d'un allié de poids en Algarbe, sans pour autant risquer que son implication dans l'affaire ne soit découverte. Par ailleurs, la Générale Marie-Claire Boyer avait su déployer des arguments extrêmement... convaincants, en dévoilant son plan à Scipiono. Au moment d'accueillir le Grand Vizir Rekhmirê, le Roi de Forluno afficha un sourire faussement bienveillant.[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/nXkXnuP.jpg[/img]
Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine[/center]
[justify]Scipiono Nistor : « Soyez le bienvenu à Patrosio, Excellence. J'espère que votre voyage à été agréable. »
Rekhmirê, convaincu d'être venu sur le sol forlunien afin de négocier une alliance entre la puissante entité amarantine et le Royaume de Hyptatie, n'avait pas la moindre idée de la supercherie dont il était victime. Comment aurait-il pu avoir le moindre doute ? La ruse mise au point par la Première Ministre Orlane était d'inspiration purement amarantine. En effet, c'était le parrain de la mafia algarbienne, Eric Bertaud, également membre de la noblesse de Movopolis, qui lui avait soufflé l'idée de l'isolement d'un membre du Conseil, après avoir brièvement étudié l'histoire du pays dans lequel il résidait. Le Grand Vizir était, certes, assez anxieux, connaissant l'importance du vote qui allait se dérouler au Conseil Impérial en son absence, mais il restait confiant quand aux chances que la réforme centralisatrice soit rejetée par la majorité des État-membres. Il n'eut donc aucun mal à rendre son sourire au Roi de Forluno.[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/3hphLZs.png[/img]
Son Excellence Rekhmirê
Grand Vizir du Royaume de Hyptatie
Représentant légal du Royaume de Hyptatie au Conseil Impérial[/center]
[justify]Rekhmirê : Il le fut tout à fait, Majesté, je vous remercie. Bien que nos royaumes respectifs soient situés sur deux continents différents, ils ne sont pas si éloignés l'un de l'autre à l'échelle mondiale.
Le Roi de Forluno ne comprenait pas l'intérêt de cette remarque. Ne sachant que répondre, il se contenta d'acquiescer brièvement avant d'inviter le Grand Vizir à entrer dans le palais. Il espérait tout de même que son invité soit rapidement prévenu des événements qui se déroulaient en Algarbe, ne souhaitant être encombré trop longtemps par la présence d'un personnage si peu intéressant.
Scipiono Nistor : « C'est vrai... Je suggère que nous entrions dès à présent dans le Palais. L'air y sera plus frais et nous serons plus à l'aise pour poursuivre notre entretien. »
Rekhmirê : « Je vous suis. »
Les deux hommes franchirent le perron du Palais et gravirent une à une les marches du grand escalier de marbre, pour atteindre la salle de réception préparée par le Roi de Forluno en personne.
Rekhmirê : « Je dois vous dire que c'est avec une certaine surprise, mais aussi avec une grande satisfactionn que nous avons accueilli votre missive, Majesté. C'est évidemment avec joie que le Royaume de Hyptatie coopérera avec le Forluno afin de contrer l'influence du couple barniquo-tyronari. »
Bien entendu, le Roi de Forluno n'avait aucune attente quand à une éventuelle alliance avec la Hyptatie. Il se contenta donc de sourire en hochant la tête, laissant le Grand Vizir développer la suite de sa pensée.
Rekhmirê : « Vous avez évoqué, dans votre missive, le danger que représentait pour vous l'accord de libre-échange signé entre le Tyronar et le Barnique, ainsi que la nécessité pour nos deux États de mener une action commune afin de se prémunir contre cette menace. Quel type d'action envisagez-vous exactement afin d'atteindre cet objectif ? »
Scipiono Nistor : « Eh bien... »
Scipiono n'avait aucune idée de la réponse à apporter au Grand Vizir. S'il avait évoqué la menace représentée par le Barnique dans sa missive, c'était avant tout pour justifier l'invitation de Rekhmirê sur ses terres. En réalité, il n'existait aucune rivalité entre le Royaume de Forluno et l’État autonome du Barnique. Les deux entités se considéraient l'une et l'autre avec indifférence, à vrai dire. Le monarque amarantin n'avait donc pas songé aux mesures qui pouvaient être prises pour contenir les marchandises tyronaries transitant par le Barnique, n'ayant pas pensé que le Grand Vizir aborderait ce sujet aussi vite dans la conversation. Se sentant pris au piège, il sentit des gouttes de sueur commencer à perler sur un front. Cependant, son calvaire fut interrompu par l'ouverture de la porte du salon de réception.
Laquais : « Pardonnez-moi de vous interrompre si brutalement, Majesté. L'un des membres de la délégation hyptate désire parler au Grand Vizir de toute urgence. »
Le Roi de Forluno ne put empêcher un léger rictus de se dessiner sur son visage. Il n'était, certes, en présence du Grand Vizir que depuis quelques minutes, mais il était déjà impatient de s'en débarrasser.
Scipiono Nistor : « Je comprends. Laisse-le donc entrer. »
Le serviteur du Grand Vizir pénétra dans la pièce et se pencha à l'oreille de son maître. Après quelques secondes de chuchotements, Rekhmirê se leva d'un bond.
Rekhmirê : « Pardonnez-moi, Votre Majesté, mais des événements graves se déroulent en Algarbe. Il semblerait que Sa Majesté la Reine Néfertiya IV ait été enlevée peu après son atterrissage à Belphore. Il faut que je regagne l'Empire au plus vite. »
Le Roi de Forluno feignit l'étonnement. Il n'était pas très bon acteur, surtout après le stress de la situation précédente. Mais le Grand Vizir était lui même tellement anxieux qu'il ne remarqua rien.
Scipiono Nistor : « Pas possible ? Dans ce cas, hâtez-vous, mon ami. »
Rekhmirê : « Je suis vraiment navré de devoir quitter votre royaume aussi vite. J'espère sincèrement que nous nous reverrons. »
Scipiono Nistor : « J'en suis convaincu. »
Rekhmirê suivit le laquais forlunien et son propre serviteur hors de la pièce, tandis que le Roi de Forluno restait assis dans le creux de son fauteuil, se contentant d'agiter la main pour saluer le Vizir. Lorsque la porte se referma, il laissa s'échapper un soupir de soulagement.
Scipiono Nistor : « Allez, bon vent ! »
Il se pencha sur la table basse et ouvrit la boîte en bois qui se trouvait posée dessus. Il en sortit un cigare qu'il porta à sa bouche et alluma lentement. Faisant une énième entorse à son régime, Scipiono Ier avale une bouffée de fumée qu'il recracha en faisant de plusieurs ronds. Il avait bien besoin de ça pour se remettre après une telle journée...[/justify]
[center]Une vue générale sur l'Empire (3/5)
Royaume de Forluno
08 septembre 2033[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/j8GNx1Z.jpg[/img]
Palais de Forluno[/center]
[justify]Comme à son habitude lors des rencontres diplomatiques, le Royaume de Forluno, après s'être personnellement occupé des derniers préparatifs, attendait son invité sur le perron de son Palais. Il s'apprêtait à recevoir le Grand Vizir Rekhmirê, régent de fait du Royaume de Hyptatie. La rencontre entre les deux hommes était officiellement destinée à rapprocher les royaumes de Forluno et de Hyptatie, l'un amarantin et l'autre luciférien, afin de faire contrepied à l'alliance barniquo-tyronarie. Du moins, c'était la version que Scipiono Ier avait délivré aux Hyptates dans [url=http://www.simpolitique.com/cabinet-diplomatique-vizir-royaume-hyptatie-t13542.html#p316224]sa missive[/url], mais l'objectif était tout autre en réalité. En effet, au cours d'un [url=http://www.simpolitique.com/activites-internes-t13335.html#p316216]entretien organisé à huit-clos avec la Première Ministre du Royaume d'Orlanie[/url], le Roi de Forluno avait accepté d'aider la Générale à centraliser les institutions de l'Empire Luciférien. Pour ce faire, il était nécessaire que le Royaume de Hyptatie ne soit pas représenté lors du vote qui allait se tenir au Conseil Impérial, décidant de l'adoption de la réforme centralisatrice. Scipiono Ier avait donc la charge de retenir le Grand Vizir sur ses terres, tandis que la mafia algarbienne se chargeait de l'enlèvement de la Reine de Hyptatie peu avant la séance du Conseil. L'opération était tout au bénéfice du monarque forlunien, qui voyait là l'occasion d'affaiblir la mafia grecque sur ses terres en renforçant l'emprise de la mafia algarbienne, tout en dotant son royaume d'un allié de poids en Algarbe, sans pour autant risquer que son implication dans l'affaire ne soit découverte. Par ailleurs, la Générale Marie-Claire Boyer avait su déployer des arguments extrêmement... convaincants, en dévoilant son plan à Scipiono. Au moment d'accueillir le Grand Vizir Rekhmirê, le Roi de Forluno afficha un sourire faussement bienveillant.[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/nXkXnuP.jpg[/img]
Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine[/center]
[justify]Scipiono Nistor : « Soyez le bienvenu à Patrosio, Excellence. J'espère que votre voyage à été agréable. »
Rekhmirê, convaincu d'être venu sur le sol forlunien afin de négocier une alliance entre la puissante entité amarantine et le Royaume de Hyptatie, n'avait pas la moindre idée de la supercherie dont il était victime. Comment aurait-il pu avoir le moindre doute ? La ruse mise au point par la Première Ministre Orlane était d'inspiration purement amarantine. En effet, c'était le parrain de la mafia algarbienne, Eric Bertaud, également membre de la noblesse de Movopolis, qui lui avait soufflé l'idée de l'isolement d'un membre du Conseil, après avoir brièvement étudié l'histoire du pays dans lequel il résidait. Le Grand Vizir était, certes, assez anxieux, connaissant l'importance du vote qui allait se dérouler au Conseil Impérial en son absence, mais il restait confiant quand aux chances que la réforme centralisatrice soit rejetée par la majorité des État-membres. Il n'eut donc aucun mal à rendre son sourire au Roi de Forluno.[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/3hphLZs.png[/img]
Son Excellence Rekhmirê
Grand Vizir du Royaume de Hyptatie
Représentant légal du Royaume de Hyptatie au Conseil Impérial[/center]
[justify]Rekhmirê : Il le fut tout à fait, Majesté, je vous remercie. Bien que nos royaumes respectifs soient situés sur deux continents différents, ils ne sont pas si éloignés l'un de l'autre à l'échelle mondiale.
Le Roi de Forluno ne comprenait pas l'intérêt de cette remarque. Ne sachant que répondre, il se contenta d'acquiescer brièvement avant d'inviter le Grand Vizir à entrer dans le palais. Il espérait tout de même que son invité soit rapidement prévenu des événements qui se déroulaient en Algarbe, ne souhaitant être encombré trop longtemps par la présence d'un personnage si peu intéressant.
Scipiono Nistor : « C'est vrai... Je suggère que nous entrions dès à présent dans le Palais. L'air y sera plus frais et nous serons plus à l'aise pour poursuivre notre entretien. »
Rekhmirê : « Je vous suis. »
Les deux hommes franchirent le perron du Palais et gravirent une à une les marches du grand escalier de marbre, pour atteindre la salle de réception préparée par le Roi de Forluno en personne.
Rekhmirê : « Je dois vous dire que c'est avec une certaine surprise, mais aussi avec une grande satisfactionn que nous avons accueilli votre missive, Majesté. C'est évidemment avec joie que le Royaume de Hyptatie coopérera avec le Forluno afin de contrer l'influence du couple barniquo-tyronari. »
Bien entendu, le Roi de Forluno n'avait aucune attente quand à une éventuelle alliance avec la Hyptatie. Il se contenta donc de sourire en hochant la tête, laissant le Grand Vizir développer la suite de sa pensée.
Rekhmirê : « Vous avez évoqué, dans votre missive, le danger que représentait pour vous l'accord de libre-échange signé entre le Tyronar et le Barnique, ainsi que la nécessité pour nos deux États de mener une action commune afin de se prémunir contre cette menace. Quel type d'action envisagez-vous exactement afin d'atteindre cet objectif ? »
Scipiono Nistor : « Eh bien... »
Scipiono n'avait aucune idée de la réponse à apporter au Grand Vizir. S'il avait évoqué la menace représentée par le Barnique dans sa missive, c'était avant tout pour justifier l'invitation de Rekhmirê sur ses terres. En réalité, il n'existait aucune rivalité entre le Royaume de Forluno et l’État autonome du Barnique. Les deux entités se considéraient l'une et l'autre avec indifférence, à vrai dire. Le monarque amarantin n'avait donc pas songé aux mesures qui pouvaient être prises pour contenir les marchandises tyronaries transitant par le Barnique, n'ayant pas pensé que le Grand Vizir aborderait ce sujet aussi vite dans la conversation. Se sentant pris au piège, il sentit des gouttes de sueur commencer à perler sur un front. Cependant, son calvaire fut interrompu par l'ouverture de la porte du salon de réception.
Laquais : « Pardonnez-moi de vous interrompre si brutalement, Majesté. L'un des membres de la délégation hyptate désire parler au Grand Vizir de toute urgence. »
Le Roi de Forluno ne put empêcher un léger rictus de se dessiner sur son visage. Il n'était, certes, en présence du Grand Vizir que depuis quelques minutes, mais il était déjà impatient de s'en débarrasser.
Scipiono Nistor : « Je comprends. Laisse-le donc entrer. »
Le serviteur du Grand Vizir pénétra dans la pièce et se pencha à l'oreille de son maître. Après quelques secondes de chuchotements, Rekhmirê se leva d'un bond.
Rekhmirê : « Pardonnez-moi, Votre Majesté, mais des événements graves se déroulent en Algarbe. Il semblerait que Sa Majesté la Reine Néfertiya IV ait été enlevée peu après son atterrissage à Belphore. Il faut que je regagne l'Empire au plus vite. »
Le Roi de Forluno feignit l'étonnement. Il n'était pas très bon acteur, surtout après le stress de la situation précédente. Mais le Grand Vizir était lui même tellement anxieux qu'il ne remarqua rien.
Scipiono Nistor : « Pas possible ? Dans ce cas, hâtez-vous, mon ami. »
Rekhmirê : « Je suis vraiment navré de devoir quitter votre royaume aussi vite. J'espère sincèrement que nous nous reverrons. »
Scipiono Nistor : « J'en suis convaincu. »
Rekhmirê suivit le laquais forlunien et son propre serviteur hors de la pièce, tandis que le Roi de Forluno restait assis dans le creux de son fauteuil, se contentant d'agiter la main pour saluer le Vizir. Lorsque la porte se referma, il laissa s'échapper un soupir de soulagement.
Scipiono Nistor : « Allez, bon vent ! »
Il se pencha sur la table basse et ouvrit la boîte en bois qui se trouvait posée dessus. Il en sortit un cigare qu'il porta à sa bouche et alluma lentement. Faisant une énième entorse à son régime, Scipiono Ier avale une bouffée de fumée qu'il recracha en faisant de plusieurs ronds. Il avait bien besoin de ça pour se remettre après une telle journée...[/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Il n’en restera qu’un (3/6)
Cité-Etat gérontocrate de Montorive / République maritime de Céjanoise
9 février 2033[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/kDCPuNG.jpg[/img]
Horasiu Zamfir dans son bureau du Conseil exécutif[/center]
Représentant la République maritime de Céjanoise [url=http://www.simpolitique.com/post310362.html#p310362]depuis février 2033[/url], l’éditorialiste ultra-misogyne Horasiu Zamfir, avait vu sa carrière politique bondir. Mais l’homme, viscéralement attaché à sa Céjanosie natale ruminait depuis des mois à cette nomination comme représentant au Conseil exécutif, basé à Montorive, capitale de la Ligue amarantine. Le Conseil exécutif était un mouroir, c’est ainsi que Zamfir le percevait. Il préférait agir pour sa République que simplement la représenter au Conseil et ce, quand bien même il était mieux payé pour cette fonction. N’accusant toujours pas le fait d’avoir été écarté au poste de Premier ministre après sa fidélité inexorable au président local, il préparait son retour forcé sur la scène céjanoise. Il s’était certes constitué une stature nationale grâce au Conseil mais il ne pouvait pas se permettre de bâtir une carrière en Céjanosie et étant coincé ici, dans la Cité-Etat de Montorive.
[center][img]https://i.imgur.com/mzVqua9.png[/img]
Renardo Stangor
Premier ministre de la République maritime de Céjanoise
(Tel qu’imaginé par Horasiu Zamfir et son complice)[/center]
Il lui fallait revenir dans le jeu céjanosien. Vite. Sa cible était toute trouvée : Renardo Stangor, l’usurpateur, celui qui lui a subtilisé le poste de chef de gouvernement qu’il convoitait tant. Horasiu voulait l’étranger de toutes ses forces jusqu’à ce que ses yeux sortent de leur orbite. Il n’admettait qu’un politicien de carrière de 56 ans comme ce Stangor, sans charisme, ait pu être nommé par le Président de la République, juste parce qu’il est un compagnon de route de ce dernier depuis un moment. Pour revenir dans le jeu, il devait le détruire, par tous les moments. Si la Céjanosie autorisait la vendetta et l’étranglement de vengeance, la question ne se serait même posée : il aurait façon. Malheureusement, la Céjanosie comme le reste de l’Amarantie étaient des Etats de droit.
Conscient de l’harassante mission qui l’attendait, Zamfir était accompagné d’un de ses fidèles compagnons, à qui il lui avait promis un ministère une fois au pouvoir : Placido Gxiba, un député céjanosien fidèle parmi les fidèles, grand fan des papiers de Horasiu et de ses interventions télévisuelles.
[center][img]https://i.imgur.com/gWXV9RQ.jpg[/img]
Placido Gxiba
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise[/center]
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Oh oh oh ! Ça a l’air excitant tout ça ! Horasiu Premier ministre ! Horasiu Premier ministre ! »
L’intéressé sourit, visant une photo du Premier ministre en exercice avec une fléchette, sous les rires très prononcés de Placido, qui faisait partie des députés du Parti national hostile à la nomination d’une telle huître charismatique. Le journaliste en quête d’avenir politique préféra garder une image de modeste :
[center][img]http://img11.https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif[/center]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Attends, nous n’y sommes pas encore. Déjà, tu as réussi à réunir plusieurs députés dans notre combat et c’est déjà beaucoup. Il faut absolument qu’ils restent silencieux sur leurs intentions, ne rien transparaître. Ils doivent rester les députés godillots, qui votent tous les textes du gouvernement. De toute façon, une fois au pouvoir, nous reviendrons dessus. C’est seulement quand je donnerai mon feu vert qu’il faudra constituer une fronde violente.
J’ai résumé le plan en quatre mots-clés. Tu es prêt ? »
Toujours hilare, aidé par une verre de bon vin, Placido acquiesça. Horasiu dévoila le verso d’un tableau blanc sur lequel il avait écrit quatre mots en espéranto :
[quote]DISKREDITI – RIDINDIGI – ŜOKI – MOTIGI
Discréditer – Ridiculiser – Choquer – Tuer (politiquement !)[/quote]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Discréditer, ridiculiser, choquer, tuer. Dans cet ordre et uniquement dans cet ordre. Au Parlement, as-tu des contacts avec l’opposition ? »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Avec l’opposition ?! Juste quelques politesses. Mais en ce temps qui courent, j’ai encore davantage confiance dans les députés de l’opposition que dans ceux du Parti national. Ils ne demandent pas mieux que de se faire Stangor aussi ! Pourquoi cette question ? »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Stangor participera bientôt à un débat télévisé face à un député de l’opposition. Son bilan politique est difficile à attaquer mais il y a des dossiers qu’il connaît mal. Il ne connaît rien en législation sur le travail ou encore, sur le dossier de l’achat par le Vryheid du rachat de VSV et du port de Fagrase. Il n’a jamais mis les pieds sur le moindre port, et c’est un sujet qui fâche. Il se contente de fiches rédigées par les gratte-papiers surdiplômés de ses services car il sait que l’opposition est encore plus nulle que lui, et qu’elle connaît moins bien les dossiers. Il faut que son opposant à la télé le détruise durant ce débat, en montrant qu’il est beaucoup mieux documenté. Je vais faire pencher quelques amis des Amarantina Folioj, qui te rédigeront des fiches qu’il faudra transmettre à un député de l’opposition de confiance. Attend de savoir qui la chaîne invitera, ils inviteront un minable incapable de faire le poids, sûrement ce crétin de Periklo et s’attendront à ce que Stangor le bouffe. Mais grâce aux fiches, ce sera la victoire du pot de terre contre le pot de fer. »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Et je suppose que c’est la phase Discréditer. Mais c’est risqué, l’opposition risque de récolter nos fruits ! »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« C’est quand la dernière fois que l’opposition a remporté une élection en Céjanosie ? »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Euh… C’est vrai… Et après, comment veux-tu le ridiculiser ? »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Pour ça, tous les moyens sont bons. Je connais bien Stangor, il sera piqué dans son orgueil après le débat et voudra faire montrer au président qu’il a le soutien de tous les députés. Il va sûrement les inviter à un congrès médiatisé. Utilise l’adresse e-mail du Parti et préviens juste une heure avant que la réunion est annulée, reportée à une date ultérieure. Toutes les caméras seront déjà présentes et elles filmeront une salle déserte, avec juste cette tête de con et ses lieutenants. De plus, je parlerai à Devas Scii pour sortir des informations bidons. »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Hahaha ! Il va vraiment paraître pour un con ! »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Une fois discrédité et ridiculisé, il sera considérablement affaibli. Et s’il n’est toujours pas limogé, il faudra choquer. J’ai ma petite idée sur la question. Et si ça ne suffit pas, il faudra le tuer. Politiquement bien sûr. »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Oh oui ! Oh oui ! Le tuer, le tuer ! Politiquement bien sûr ! »
Les deux hommes rirent de manière plus prononcée encore, l’alcool accompagnant cette franche partie de rigolade dans les appartements privés de Horasiu du [url=http://www.simpolitique.com/post311999.html#p311999]Château de Merŝanto[/url]. Etait-ce l’un de ces plans que l’on écrivait sur un coin de nappe après minuit dans une soirée déjà bien arrosée ou un plan mûri d’avance ? Horasiu ne buvait quasiment jamais, voilà un début de réponse.[/justify]
Cité-Etat gérontocrate de Montorive / République maritime de Céjanoise
9 février 2033[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/kDCPuNG.jpg[/img]
Horasiu Zamfir dans son bureau du Conseil exécutif[/center]
Représentant la République maritime de Céjanoise [url=http://www.simpolitique.com/post310362.html#p310362]depuis février 2033[/url], l’éditorialiste ultra-misogyne Horasiu Zamfir, avait vu sa carrière politique bondir. Mais l’homme, viscéralement attaché à sa Céjanosie natale ruminait depuis des mois à cette nomination comme représentant au Conseil exécutif, basé à Montorive, capitale de la Ligue amarantine. Le Conseil exécutif était un mouroir, c’est ainsi que Zamfir le percevait. Il préférait agir pour sa République que simplement la représenter au Conseil et ce, quand bien même il était mieux payé pour cette fonction. N’accusant toujours pas le fait d’avoir été écarté au poste de Premier ministre après sa fidélité inexorable au président local, il préparait son retour forcé sur la scène céjanoise. Il s’était certes constitué une stature nationale grâce au Conseil mais il ne pouvait pas se permettre de bâtir une carrière en Céjanosie et étant coincé ici, dans la Cité-Etat de Montorive.
[center][img]https://i.imgur.com/mzVqua9.png[/img]
Renardo Stangor
Premier ministre de la République maritime de Céjanoise
(Tel qu’imaginé par Horasiu Zamfir et son complice)[/center]
Il lui fallait revenir dans le jeu céjanosien. Vite. Sa cible était toute trouvée : Renardo Stangor, l’usurpateur, celui qui lui a subtilisé le poste de chef de gouvernement qu’il convoitait tant. Horasiu voulait l’étranger de toutes ses forces jusqu’à ce que ses yeux sortent de leur orbite. Il n’admettait qu’un politicien de carrière de 56 ans comme ce Stangor, sans charisme, ait pu être nommé par le Président de la République, juste parce qu’il est un compagnon de route de ce dernier depuis un moment. Pour revenir dans le jeu, il devait le détruire, par tous les moments. Si la Céjanosie autorisait la vendetta et l’étranglement de vengeance, la question ne se serait même posée : il aurait façon. Malheureusement, la Céjanosie comme le reste de l’Amarantie étaient des Etats de droit.
Conscient de l’harassante mission qui l’attendait, Zamfir était accompagné d’un de ses fidèles compagnons, à qui il lui avait promis un ministère une fois au pouvoir : Placido Gxiba, un député céjanosien fidèle parmi les fidèles, grand fan des papiers de Horasiu et de ses interventions télévisuelles.
[center][img]https://i.imgur.com/gWXV9RQ.jpg[/img]
Placido Gxiba
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise[/center]
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Oh oh oh ! Ça a l’air excitant tout ça ! Horasiu Premier ministre ! Horasiu Premier ministre ! »
L’intéressé sourit, visant une photo du Premier ministre en exercice avec une fléchette, sous les rires très prononcés de Placido, qui faisait partie des députés du Parti national hostile à la nomination d’une telle huître charismatique. Le journaliste en quête d’avenir politique préféra garder une image de modeste :
[center][img]http://img11.https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif[/center]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Attends, nous n’y sommes pas encore. Déjà, tu as réussi à réunir plusieurs députés dans notre combat et c’est déjà beaucoup. Il faut absolument qu’ils restent silencieux sur leurs intentions, ne rien transparaître. Ils doivent rester les députés godillots, qui votent tous les textes du gouvernement. De toute façon, une fois au pouvoir, nous reviendrons dessus. C’est seulement quand je donnerai mon feu vert qu’il faudra constituer une fronde violente.
J’ai résumé le plan en quatre mots-clés. Tu es prêt ? »
Toujours hilare, aidé par une verre de bon vin, Placido acquiesça. Horasiu dévoila le verso d’un tableau blanc sur lequel il avait écrit quatre mots en espéranto :
[quote]DISKREDITI – RIDINDIGI – ŜOKI – MOTIGI
Discréditer – Ridiculiser – Choquer – Tuer (politiquement !)[/quote]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Discréditer, ridiculiser, choquer, tuer. Dans cet ordre et uniquement dans cet ordre. Au Parlement, as-tu des contacts avec l’opposition ? »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Avec l’opposition ?! Juste quelques politesses. Mais en ce temps qui courent, j’ai encore davantage confiance dans les députés de l’opposition que dans ceux du Parti national. Ils ne demandent pas mieux que de se faire Stangor aussi ! Pourquoi cette question ? »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Stangor participera bientôt à un débat télévisé face à un député de l’opposition. Son bilan politique est difficile à attaquer mais il y a des dossiers qu’il connaît mal. Il ne connaît rien en législation sur le travail ou encore, sur le dossier de l’achat par le Vryheid du rachat de VSV et du port de Fagrase. Il n’a jamais mis les pieds sur le moindre port, et c’est un sujet qui fâche. Il se contente de fiches rédigées par les gratte-papiers surdiplômés de ses services car il sait que l’opposition est encore plus nulle que lui, et qu’elle connaît moins bien les dossiers. Il faut que son opposant à la télé le détruise durant ce débat, en montrant qu’il est beaucoup mieux documenté. Je vais faire pencher quelques amis des Amarantina Folioj, qui te rédigeront des fiches qu’il faudra transmettre à un député de l’opposition de confiance. Attend de savoir qui la chaîne invitera, ils inviteront un minable incapable de faire le poids, sûrement ce crétin de Periklo et s’attendront à ce que Stangor le bouffe. Mais grâce aux fiches, ce sera la victoire du pot de terre contre le pot de fer. »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Et je suppose que c’est la phase Discréditer. Mais c’est risqué, l’opposition risque de récolter nos fruits ! »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« C’est quand la dernière fois que l’opposition a remporté une élection en Céjanosie ? »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Euh… C’est vrai… Et après, comment veux-tu le ridiculiser ? »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Pour ça, tous les moyens sont bons. Je connais bien Stangor, il sera piqué dans son orgueil après le débat et voudra faire montrer au président qu’il a le soutien de tous les députés. Il va sûrement les inviter à un congrès médiatisé. Utilise l’adresse e-mail du Parti et préviens juste une heure avant que la réunion est annulée, reportée à une date ultérieure. Toutes les caméras seront déjà présentes et elles filmeront une salle déserte, avec juste cette tête de con et ses lieutenants. De plus, je parlerai à Devas Scii pour sortir des informations bidons. »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Hahaha ! Il va vraiment paraître pour un con ! »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Une fois discrédité et ridiculisé, il sera considérablement affaibli. Et s’il n’est toujours pas limogé, il faudra choquer. J’ai ma petite idée sur la question. Et si ça ne suffit pas, il faudra le tuer. Politiquement bien sûr. »
Placido Gxiba :
Député du Parti national de la République maritime de Céjanoise
« Oh oui ! Oh oui ! Le tuer, le tuer ! Politiquement bien sûr ! »
Les deux hommes rirent de manière plus prononcée encore, l’alcool accompagnant cette franche partie de rigolade dans les appartements privés de Horasiu du [url=http://www.simpolitique.com/post311999.html#p311999]Château de Merŝanto[/url]. Etait-ce l’un de ces plans que l’on écrivait sur un coin de nappe après minuit dans une soirée déjà bien arrosée ou un plan mûri d’avance ? Horasiu ne buvait quasiment jamais, voilà un début de réponse.[/justify]
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Sébaldie
[justify][center]Limites affranchissables (1/3)
Cité-Etat de Dorobie
10 décembre 2033
[img]https://i.imgur.com/JAtJorA.jpg[/img]
Cité-Etat de Dorobie[/center]
L’administrateur de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, Aristofano Negustesco, avait pour mission principale de représenter les intérêts de la Ligue amarantine. Une tâche aussi valorisante qu’ingrate, qui lui donnait souvent le mandat pour diriger l’armée amarantine par exemple, mais qui avait aussi son revers de la médaille : celui de contenter les seize entités composant la Ligue et de trouver le consensus. Encore et toujours le consensus. Le vieil homme de 85 ans, se rendait aujourd’hui dans la Cité-Etat de Dorobie, ce faux lieu spirituel, cette théocratie de papier, où les temples dodécathéistes étaient devenus des pièges à touristes, et où la sincérité de la foi avait cédé au maintien d’un folklore à but lucratif. La Cité-Etat de Dorobie était en fait un parc d’attractions géant, de plus de 250 000 habitants, qui offrait aux touristes, en particulier étrangers, un dépaysement total. Voilà bien longtemps que la Dorobie n’était plus administrée par un religieux. Elle l’était aujourd’hui par un professionnel du tourisme justement, répondant au nom de Midorio Bergamoto.
[center][img]https://i.imgur.com/YL3fYRU.png[/img]
Midorio Bergamoto, l’administrateur de la Cité-Etat de Dorobie, marchand du temple en chef[/center]
Artistofano s’était rendu à la Chambre des rédacteurs civils, l’équivalent de la chambre basse parlementaire de la Dorobie, où l’administrateur tenait son bureau. En vain, l’administrateur ne s’y trouvait pas. « Il vagabonde dans la cité » lui avait répondu un glacial employé sans le regarder. C’est effectivement mêlé dans la foule, habillé comme un vulgaire touriste, que Artistofano le retrouva.
[center][img]https://i.imgur.com/St4CSBG.png[/img]
S.E. Aristofano Negustesco
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
Chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine[/center]
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Midorio, vous m’aviez donné rendez-vous à la Chambre des rédacteurs… »
Il y avait une pointe d’agacement dans le propos du vieil homme, qui n’appréciait guère être traité comme n’importe quel Amarantin. L’intéressé était occupé à admirer l’effervescence d’une ville touristique qu’il avait contribué à se développer ces dernières années, enterrant peu à peu les véritables lieux calmes propices à la spiritualité, remplaçant les prêtres par des marchands du temple. Il se retourna vers Aristofano qu’il fit mine de ne pas reconnaître :
[center][img]https://i.imgur.com/Aq14Ipt.png[/img]
Midorio Bergamoto
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie[/center]
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Ah, Aristofano ! Je vous avais oublié. Allez, sans rancune ! Vous deviez me parler, je vous écoute. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« P… Pardon ? Vous voulez parler ici, au milieu de tous ces gens ? »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Bon nombre d’entre nous sont étrangers et ne pipent pas un mot d’esperanto. Je vous apprécie beaucoup, vous êtes comme mon papi, mais je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Je vois que les usages diplomatiques se perdent mais qu’importe, je ne suis pas venu pour cela. Vous savez, l’Amarantie compte signer le Traité de Cabusa sur la libre-circulation, dont les cosignataires sont Siracuzzia, le Montalvo et la Lucagne. Dorobie est une belle ville, elle fait rêver beaucoup de curieux, qui ont l’impression de retourner à l’époque antique. Tous ces touristes potentiels, sans les formalités admi… »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Hop, hop, hop ! Je vous arrête tout de suite. La Dorobie n’approuvera pas ce texte. Comme vous le dites, il y a beaucoup de Non-Amarantins qui viennent ici et la Cité a toujours respecté son principe de neutralité sur les affaires étrangères. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Allons, soyez sérieux. Il ne s’agit pas d’affaires étrangères mais de créer un espace commun. Vous auriez tout à y ga… »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« On sait très bien où vous voulez nous mener. Je lis la presse et… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« La presse… » *Lève les yeux*
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Oui, la presse et vous avez pour projet d’abolir l’aliénation en Amarantie, car après ce traité de libre-circulation, ce sera la seconde requête des Montalvo, Lucagne et compagnie. Dorobie est un haut-lieu du dodécathéisme et elle ne se soumettra pas à ces foutus donneurs de leçons chrétiens. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Gardez vos envolées lyriques pour vos électeurs. Ce n’est pas après 60 ans de vie politique que je vous me laisserai convaincre par ces beaux discours. Déjà, il n’a jamais été question d’abolir l’aliénation en Amarantie, mais de l’interdire dans les entreprises amarantines, puis dans celles des pays de l’espace commun. »
Aristofano regardait autour de lui : en permanence, en Dorobie, circulaient des badauds habillés en toge – été comme hiver – ou l’une de ces tenues antiques folkloriques. Ils ne le faisaient bien sûr pas de leur plein gré, ils étaient aliénés et leurs propriétaires étaient payés pour donner à la Cité-Etat son cachet touristique qui paraissait si authentique… Aristofano connaissait bien cette combine.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Vous pourrez toujours faire circuler vos aliénés, comme actuellement, ils ne dépendent d’aucune entreprise. Bref, je souhaiterais vivement compter sur votre voix lors de la prochaine séance du… »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Non, c’est non ! Je refuserai de me soumettre aux exigences des chrétiens. »
Le vieil homme soupira. Son interlocuteur se moquait ouvertement de lui. Aristofano savait très bien où il voulait le mener, il sortit donc un bloc-notes de sa poche intérieure de veste ainsi qu’un stylo. Avec une certaine nonchalance, il lui demanda :
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Bon, que vous faut-il pour avoir votre vote ? »
Midorio Bergamoto afficha un très large sourire. Il se moquait bien évidemment de ce traité, il n’en avait cure et il savait que la réforme sur l’aliénation n’allait pas impacter sa Cité-Etat. Mais il avait l’avantage d’être la douzième voix manquante pour faire adopter le texte, et il voulait la marchander.
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Comme vous le dites, Aristofano, Dorobie aspire à être un haut-lieu touristique. Notre gare est trop petite pour accueillir… »
Machinalement, Aristofano écrivit l’ensemble des doléances de Midorio sur son carnet. Il avait fait ça des milliers de fois. Parfois, il résistait à de tels marchandages… Parfois non, comme ici. Les autres entités entendaient profiter des bonnes relations du quinquagénaire avec le Fonds souverain amarantin, qui finançait de nombreux projets de ce type à travers tout le pays. Fatigué, Aristofano cédait de plus en plus à de telles exigences. Après ça, il s’en ira passer d’innombrables coups de fil pour satisfaire les demander. La journée risquait d’être longue, très longue.
[hr][/hr]
[center]Cité-Etat gérontocrate de Montorive
15 décembre 2033[/center]
Comme convenu, [url=http://www.simpolitique.com/post320962.html#p320962]Dorobie avait voté en faveur du texte[/url]. C’était davantage une victoire pour Dorobie que pour Aristofano, l’ambassadeur des intérêts de la Ligue. Le Fonds souverain amarantin était en train de budgétiser le projet d'agrandissement de la gare, demandé par Midorio. Le soir même, dans sa villa perchée non loin du [url=http://www.simpolitique.com/post311999.html#p311999]Château de Merŝanto[/url], il s’adonna à un bain dans sa piscine privée, chauffée et à bulles, en présence de son compagnon, Setho Jarcenton. Il avait besoin d’une relaxation après ce nouveau marathon politique…
[center][img]https://i.imgur.com/hArdpB4.jpg[/img]
Aristofano Negustesco (à gauche) et son compagnon Setho Jarcenton (à droite)[/center]
Setho Jarcenton :
Compagnon d’Aristofano Negustesco et député de l’[url=http://www.simpolitique.com/politique-assemblee-cite-montorive-t13777.html]Assemblée de la Cité de Montorive[/url] (Amaranta Unua)
« Oh la la ! Toi, ça ne va pas. Encore une dure journée ? »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Oui, je suis fatigué. Fatigué de ces enfantillages. »
Setho Jarcenton :
Compagnon d’Aristofano Negustesco et député de l’[url=http://www.simpolitique.com/politique-assemblee-cite-montorive-t13777.html]Assemblée de la Cité de Montorive[/url] (Amaranta Unua)
« Attend, je vais te réconforter… »
Setho plongea sa main entre les cuisses d’Aristofano et commença à effectuer des mouvements de va-et-vient, pour procurer du plaisir à son compagnon. En vain, même après plusieurs minutes, la verge reste aussi nonchalante que son propriétaire.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Comme je te l’ai dit, je suis fatigué. »
Aristofano ferma les yeux pour profiter pleinement de ce bain. Le poids des années, mêlé à l’usure du pouvoir l’avait exténué. Pourtant, il continuerait de donner sa vie pour l’honneur de la Ligue amarantine. Sa vie.[/justify]
Cité-Etat de Dorobie
10 décembre 2033
[img]https://i.imgur.com/JAtJorA.jpg[/img]
Cité-Etat de Dorobie[/center]
L’administrateur de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, Aristofano Negustesco, avait pour mission principale de représenter les intérêts de la Ligue amarantine. Une tâche aussi valorisante qu’ingrate, qui lui donnait souvent le mandat pour diriger l’armée amarantine par exemple, mais qui avait aussi son revers de la médaille : celui de contenter les seize entités composant la Ligue et de trouver le consensus. Encore et toujours le consensus. Le vieil homme de 85 ans, se rendait aujourd’hui dans la Cité-Etat de Dorobie, ce faux lieu spirituel, cette théocratie de papier, où les temples dodécathéistes étaient devenus des pièges à touristes, et où la sincérité de la foi avait cédé au maintien d’un folklore à but lucratif. La Cité-Etat de Dorobie était en fait un parc d’attractions géant, de plus de 250 000 habitants, qui offrait aux touristes, en particulier étrangers, un dépaysement total. Voilà bien longtemps que la Dorobie n’était plus administrée par un religieux. Elle l’était aujourd’hui par un professionnel du tourisme justement, répondant au nom de Midorio Bergamoto.
[center][img]https://i.imgur.com/YL3fYRU.png[/img]
Midorio Bergamoto, l’administrateur de la Cité-Etat de Dorobie, marchand du temple en chef[/center]
Artistofano s’était rendu à la Chambre des rédacteurs civils, l’équivalent de la chambre basse parlementaire de la Dorobie, où l’administrateur tenait son bureau. En vain, l’administrateur ne s’y trouvait pas. « Il vagabonde dans la cité » lui avait répondu un glacial employé sans le regarder. C’est effectivement mêlé dans la foule, habillé comme un vulgaire touriste, que Artistofano le retrouva.
[center][img]https://i.imgur.com/St4CSBG.png[/img]
S.E. Aristofano Negustesco
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
Chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine[/center]
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Midorio, vous m’aviez donné rendez-vous à la Chambre des rédacteurs… »
Il y avait une pointe d’agacement dans le propos du vieil homme, qui n’appréciait guère être traité comme n’importe quel Amarantin. L’intéressé était occupé à admirer l’effervescence d’une ville touristique qu’il avait contribué à se développer ces dernières années, enterrant peu à peu les véritables lieux calmes propices à la spiritualité, remplaçant les prêtres par des marchands du temple. Il se retourna vers Aristofano qu’il fit mine de ne pas reconnaître :
[center][img]https://i.imgur.com/Aq14Ipt.png[/img]
Midorio Bergamoto
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie[/center]
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Ah, Aristofano ! Je vous avais oublié. Allez, sans rancune ! Vous deviez me parler, je vous écoute. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« P… Pardon ? Vous voulez parler ici, au milieu de tous ces gens ? »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Bon nombre d’entre nous sont étrangers et ne pipent pas un mot d’esperanto. Je vous apprécie beaucoup, vous êtes comme mon papi, mais je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Je vois que les usages diplomatiques se perdent mais qu’importe, je ne suis pas venu pour cela. Vous savez, l’Amarantie compte signer le Traité de Cabusa sur la libre-circulation, dont les cosignataires sont Siracuzzia, le Montalvo et la Lucagne. Dorobie est une belle ville, elle fait rêver beaucoup de curieux, qui ont l’impression de retourner à l’époque antique. Tous ces touristes potentiels, sans les formalités admi… »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Hop, hop, hop ! Je vous arrête tout de suite. La Dorobie n’approuvera pas ce texte. Comme vous le dites, il y a beaucoup de Non-Amarantins qui viennent ici et la Cité a toujours respecté son principe de neutralité sur les affaires étrangères. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Allons, soyez sérieux. Il ne s’agit pas d’affaires étrangères mais de créer un espace commun. Vous auriez tout à y ga… »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« On sait très bien où vous voulez nous mener. Je lis la presse et… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« La presse… » *Lève les yeux*
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Oui, la presse et vous avez pour projet d’abolir l’aliénation en Amarantie, car après ce traité de libre-circulation, ce sera la seconde requête des Montalvo, Lucagne et compagnie. Dorobie est un haut-lieu du dodécathéisme et elle ne se soumettra pas à ces foutus donneurs de leçons chrétiens. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Gardez vos envolées lyriques pour vos électeurs. Ce n’est pas après 60 ans de vie politique que je vous me laisserai convaincre par ces beaux discours. Déjà, il n’a jamais été question d’abolir l’aliénation en Amarantie, mais de l’interdire dans les entreprises amarantines, puis dans celles des pays de l’espace commun. »
Aristofano regardait autour de lui : en permanence, en Dorobie, circulaient des badauds habillés en toge – été comme hiver – ou l’une de ces tenues antiques folkloriques. Ils ne le faisaient bien sûr pas de leur plein gré, ils étaient aliénés et leurs propriétaires étaient payés pour donner à la Cité-Etat son cachet touristique qui paraissait si authentique… Aristofano connaissait bien cette combine.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Vous pourrez toujours faire circuler vos aliénés, comme actuellement, ils ne dépendent d’aucune entreprise. Bref, je souhaiterais vivement compter sur votre voix lors de la prochaine séance du… »
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Non, c’est non ! Je refuserai de me soumettre aux exigences des chrétiens. »
Le vieil homme soupira. Son interlocuteur se moquait ouvertement de lui. Aristofano savait très bien où il voulait le mener, il sortit donc un bloc-notes de sa poche intérieure de veste ainsi qu’un stylo. Avec une certaine nonchalance, il lui demanda :
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Bon, que vous faut-il pour avoir votre vote ? »
Midorio Bergamoto afficha un très large sourire. Il se moquait bien évidemment de ce traité, il n’en avait cure et il savait que la réforme sur l’aliénation n’allait pas impacter sa Cité-Etat. Mais il avait l’avantage d’être la douzième voix manquante pour faire adopter le texte, et il voulait la marchander.
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Comme vous le dites, Aristofano, Dorobie aspire à être un haut-lieu touristique. Notre gare est trop petite pour accueillir… »
Machinalement, Aristofano écrivit l’ensemble des doléances de Midorio sur son carnet. Il avait fait ça des milliers de fois. Parfois, il résistait à de tels marchandages… Parfois non, comme ici. Les autres entités entendaient profiter des bonnes relations du quinquagénaire avec le Fonds souverain amarantin, qui finançait de nombreux projets de ce type à travers tout le pays. Fatigué, Aristofano cédait de plus en plus à de telles exigences. Après ça, il s’en ira passer d’innombrables coups de fil pour satisfaire les demander. La journée risquait d’être longue, très longue.
[hr][/hr]
[center]Cité-Etat gérontocrate de Montorive
15 décembre 2033[/center]
Comme convenu, [url=http://www.simpolitique.com/post320962.html#p320962]Dorobie avait voté en faveur du texte[/url]. C’était davantage une victoire pour Dorobie que pour Aristofano, l’ambassadeur des intérêts de la Ligue. Le Fonds souverain amarantin était en train de budgétiser le projet d'agrandissement de la gare, demandé par Midorio. Le soir même, dans sa villa perchée non loin du [url=http://www.simpolitique.com/post311999.html#p311999]Château de Merŝanto[/url], il s’adonna à un bain dans sa piscine privée, chauffée et à bulles, en présence de son compagnon, Setho Jarcenton. Il avait besoin d’une relaxation après ce nouveau marathon politique…
[center][img]https://i.imgur.com/hArdpB4.jpg[/img]
Aristofano Negustesco (à gauche) et son compagnon Setho Jarcenton (à droite)[/center]
Setho Jarcenton :
Compagnon d’Aristofano Negustesco et député de l’[url=http://www.simpolitique.com/politique-assemblee-cite-montorive-t13777.html]Assemblée de la Cité de Montorive[/url] (Amaranta Unua)
« Oh la la ! Toi, ça ne va pas. Encore une dure journée ? »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Oui, je suis fatigué. Fatigué de ces enfantillages. »
Setho Jarcenton :
Compagnon d’Aristofano Negustesco et député de l’[url=http://www.simpolitique.com/politique-assemblee-cite-montorive-t13777.html]Assemblée de la Cité de Montorive[/url] (Amaranta Unua)
« Attend, je vais te réconforter… »
Setho plongea sa main entre les cuisses d’Aristofano et commença à effectuer des mouvements de va-et-vient, pour procurer du plaisir à son compagnon. En vain, même après plusieurs minutes, la verge reste aussi nonchalante que son propriétaire.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Comme je te l’ai dit, je suis fatigué. »
Aristofano ferma les yeux pour profiter pleinement de ce bain. Le poids des années, mêlé à l’usure du pouvoir l’avait exténué. Pourtant, il continuerait de donner sa vie pour l’honneur de la Ligue amarantine. Sa vie.[/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Limites affranchissables (2/3)
Saint-Brendan
14 mai 2014
[img]https://i.imgur.com/zvInhEX.png[/img]
Monastère sur l’île de Saint-Brendan[/center]
Près de trois heures de marche au cœur des sentiers accidentés de la République Monastique de Saint Brendan de Conflert avait conduit le jeune Herodo dans l’un des monastères les plus élevés de l’île. Le trajet fut pénible et Herodo n’y mettait pas réellement le cœur à l’ouvrage. Les mains dans les poches de son survêtement, il traîna les pieds pour réaliser les derniers kilomètres, sous le regard quelque peu intimidant des deux moines qui l’ont accompagné, tout en silence durant tout le trajet. Le plus âgé des deux, la soixantaine passée, n’éprouvait aucun mal à gravir le sommet avec ses sandales, aidé de son bâton de randonnée. Derrière, un moine âgé de la trentaine, arborant une longue barbe noire, atteignant facilement les deux mètres de haut, fermait la marche. Il avait pour mission de surveiller le jeune Herodo.
[center][img]https://i.imgur.com/d5uShBQ.png[/img][/center]
Âgé de 24 ans, Herodo était une de ces petites frappes originaires d’Amarantie, qui avait été attrapée lors d’un braquage raté d’un centre commercial de la République maritime de Dentegorie, l’une des entités amarantines. Ayant le choix entre la prison et le Saint Brendan, il avait fait le choix du Saint Brendan. Il commençait à le regretter. Au moins, en prison, il aurait pu discuter avec ses potes. Ici, son téléphone affichait la même mention en esperanto : « Aucun réseau disponible ».
[center][img]https://i.imgur.com/UujCPot.png[/img]
Herodo tentant désespérément de capter du réseau au Saint-Brendan[/center]
Alors que durant le trajet, pour briser la monotonie d’un trajet fait en compagnie de ces deux religieux chrétiens très peu loquaces - à plus forte raison parce qu’ils ne parlaient pas la langue bizarre de ce jeune Amarantin – Herodo sortit son téléphone de la poche de son sweatshirt. Le moine barbu s’en agaça et avec un geste de la main, il enjoignit le jeune à lui donner le téléphone. Il était confisqué désormais.
Herodo : « Vas-y, touche pas à mes affaires ! »
Le moine ne répondit pas. Il se saisit du téléphone, le jeta à terre et l’écrasa avec son énorme pied, pour ne laisser que les composants électroniques. À charge de Herodo de les ramasser : hors de question de laisser ces cochonneries polluer les lieux. Intimidé par le colosse, le jeune se pencha sans broncher. Comme pour le narguer, l’écran de son téléphone était fixé sur cette mention « Aucun réseau disponible ». Le moine plus âgé, lui, n’avait pas attendu et continuait son chemin sans se préoccuper de ce qui se passait dans son dos.
[hr][/hr]
[center]Cité-Etat gérontocrate de Montorive
28 janvier 2034[/center]
Vingt-deux s’étaient écoulés depuis l’entrée de Herodo au monastère. Maintenant âgé de 46 ans, il était méconnaissable. Dès son entrée, il avait dû troquer sa tenue de sport pour un habit beaucoup plus sobre. Le jeune homme donna du fil à retordre à la communauté mais après plusieurs années, Herodo était devenu « Frère Lancelin ». Cependant, la justice dentegorienne ne l’avait pas envoyé là-bas, au Saint Brendan, pour qu’il entre dans les ordres ni même pour qu’il y trouve un lieu propice à la spiritualité, mais pour qu’il s’adonne d’arrache-pied à l’écriture manuscrite, à l’infatigable copie à la plume d’oie de textes extrêmement longs, sans le moindre impair.
[center][img]https://i.imgur.com/E6R0EEH.png[/img][/center]
Le Conseil exécutif avait l’habitude d’envoyer des délinquants au Saint Brendan pour les soumettre à la vie la plus rudimentaire mais surtout pour les habituer à la monotonie, aux règles, aux codes. Herodo était l’une des dernières recrues. De moine copiste, il était devenu scribe attitré par le Conseil exécutif [url=http://www.simpolitique.com/post310711.html#p310711]à la rédaction manuscrite de la Charte de la Ligue[/url], comme cela se faisait depuis des siècles. Les Amarantins étaient des iconophiles, attachés aux rites et au sommet du [url=http://www.simpolitique.com/post311999.html#p311999]Château de Merŝanto[/url] – le principal lieu de pouvoir du pays – une équipe de scribes se relayait sans interruption pour veiller à garder l’intégrité de la Charte, à en rédiger des copies à l’infini, à les actualiser quitte à tout réécrire depuis le début. Ces textes étaient loin des écritures auxquelles Herodo s’adonnait au Saint-Brendan, mais les Amarantins accordaient autant d’importance à la Charte que les moines en accordaient aux Ecritures. Herodo, qui avait fait vœu de célibat – notamment exigé par le Conseil amarantin – s’adonnait à cette tâche sans problème, avec ferveur et honnêteté. Quitter le monastère, il y a dix ans, était un crève-cœur mais c’était la condition posée par l’Amarantie.
Alors qu’il regardait la bibliothèque du Conseil, remplie de copies de la Charte, son regard s’arrêta à un ouvrage à la reliure usée et aux pages jaunies, un ouvrage qui l’avait guidé pendant ces douze années au monastère. Il en connaissait, autant pour la Charte, la moindre page, le moindre mot, le moindre signe de ponctuation. Rédigée en latin, la Bible était devenue son guide. Depuis plusieurs mois, il en avait la conviction : le Seigneur allait bientôt le rappeler à lui. Il ne savait pas quand, ni comment, ni où mais il avait cette intime conviction.
[center][img]https://i.imgur.com/paISNY9.png[/img][/center][/justify]
Saint-Brendan
14 mai 2014
[img]https://i.imgur.com/zvInhEX.png[/img]
Monastère sur l’île de Saint-Brendan[/center]
Près de trois heures de marche au cœur des sentiers accidentés de la République Monastique de Saint Brendan de Conflert avait conduit le jeune Herodo dans l’un des monastères les plus élevés de l’île. Le trajet fut pénible et Herodo n’y mettait pas réellement le cœur à l’ouvrage. Les mains dans les poches de son survêtement, il traîna les pieds pour réaliser les derniers kilomètres, sous le regard quelque peu intimidant des deux moines qui l’ont accompagné, tout en silence durant tout le trajet. Le plus âgé des deux, la soixantaine passée, n’éprouvait aucun mal à gravir le sommet avec ses sandales, aidé de son bâton de randonnée. Derrière, un moine âgé de la trentaine, arborant une longue barbe noire, atteignant facilement les deux mètres de haut, fermait la marche. Il avait pour mission de surveiller le jeune Herodo.
[center][img]https://i.imgur.com/d5uShBQ.png[/img][/center]
Âgé de 24 ans, Herodo était une de ces petites frappes originaires d’Amarantie, qui avait été attrapée lors d’un braquage raté d’un centre commercial de la République maritime de Dentegorie, l’une des entités amarantines. Ayant le choix entre la prison et le Saint Brendan, il avait fait le choix du Saint Brendan. Il commençait à le regretter. Au moins, en prison, il aurait pu discuter avec ses potes. Ici, son téléphone affichait la même mention en esperanto : « Aucun réseau disponible ».
[center][img]https://i.imgur.com/UujCPot.png[/img]
Herodo tentant désespérément de capter du réseau au Saint-Brendan[/center]
Alors que durant le trajet, pour briser la monotonie d’un trajet fait en compagnie de ces deux religieux chrétiens très peu loquaces - à plus forte raison parce qu’ils ne parlaient pas la langue bizarre de ce jeune Amarantin – Herodo sortit son téléphone de la poche de son sweatshirt. Le moine barbu s’en agaça et avec un geste de la main, il enjoignit le jeune à lui donner le téléphone. Il était confisqué désormais.
Herodo : « Vas-y, touche pas à mes affaires ! »
Le moine ne répondit pas. Il se saisit du téléphone, le jeta à terre et l’écrasa avec son énorme pied, pour ne laisser que les composants électroniques. À charge de Herodo de les ramasser : hors de question de laisser ces cochonneries polluer les lieux. Intimidé par le colosse, le jeune se pencha sans broncher. Comme pour le narguer, l’écran de son téléphone était fixé sur cette mention « Aucun réseau disponible ». Le moine plus âgé, lui, n’avait pas attendu et continuait son chemin sans se préoccuper de ce qui se passait dans son dos.
[hr][/hr]
[center]Cité-Etat gérontocrate de Montorive
28 janvier 2034[/center]
Vingt-deux s’étaient écoulés depuis l’entrée de Herodo au monastère. Maintenant âgé de 46 ans, il était méconnaissable. Dès son entrée, il avait dû troquer sa tenue de sport pour un habit beaucoup plus sobre. Le jeune homme donna du fil à retordre à la communauté mais après plusieurs années, Herodo était devenu « Frère Lancelin ». Cependant, la justice dentegorienne ne l’avait pas envoyé là-bas, au Saint Brendan, pour qu’il entre dans les ordres ni même pour qu’il y trouve un lieu propice à la spiritualité, mais pour qu’il s’adonne d’arrache-pied à l’écriture manuscrite, à l’infatigable copie à la plume d’oie de textes extrêmement longs, sans le moindre impair.
[center][img]https://i.imgur.com/E6R0EEH.png[/img][/center]
Le Conseil exécutif avait l’habitude d’envoyer des délinquants au Saint Brendan pour les soumettre à la vie la plus rudimentaire mais surtout pour les habituer à la monotonie, aux règles, aux codes. Herodo était l’une des dernières recrues. De moine copiste, il était devenu scribe attitré par le Conseil exécutif [url=http://www.simpolitique.com/post310711.html#p310711]à la rédaction manuscrite de la Charte de la Ligue[/url], comme cela se faisait depuis des siècles. Les Amarantins étaient des iconophiles, attachés aux rites et au sommet du [url=http://www.simpolitique.com/post311999.html#p311999]Château de Merŝanto[/url] – le principal lieu de pouvoir du pays – une équipe de scribes se relayait sans interruption pour veiller à garder l’intégrité de la Charte, à en rédiger des copies à l’infini, à les actualiser quitte à tout réécrire depuis le début. Ces textes étaient loin des écritures auxquelles Herodo s’adonnait au Saint-Brendan, mais les Amarantins accordaient autant d’importance à la Charte que les moines en accordaient aux Ecritures. Herodo, qui avait fait vœu de célibat – notamment exigé par le Conseil amarantin – s’adonnait à cette tâche sans problème, avec ferveur et honnêteté. Quitter le monastère, il y a dix ans, était un crève-cœur mais c’était la condition posée par l’Amarantie.
Alors qu’il regardait la bibliothèque du Conseil, remplie de copies de la Charte, son regard s’arrêta à un ouvrage à la reliure usée et aux pages jaunies, un ouvrage qui l’avait guidé pendant ces douze années au monastère. Il en connaissait, autant pour la Charte, la moindre page, le moindre mot, le moindre signe de ponctuation. Rédigée en latin, la Bible était devenue son guide. Depuis plusieurs mois, il en avait la conviction : le Seigneur allait bientôt le rappeler à lui. Il ne savait pas quand, ni comment, ni où mais il avait cette intime conviction.
[center][img]https://i.imgur.com/paISNY9.png[/img][/center][/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Limites affranchissables (3/3)
Cité-Etat gérontocrate de Montorive
6 mars 2034[/center]
« C’est aujourd’hui, vers onze heures, que se tient le vote d’un amendement de la Charte de la Ligue Amarantine, visant l’interdiction pour les entreprises à faire travailler des individus reconnus aliénés, sans contrat de travail, sur le territoire amarantin et celui des signataires du Traité de Cabusa parmi lesquels le Montalvo, Siracuzzia, les Deux-Lucagnes… Le texte, qui a initialement suscité les foudres des partisans les plus farouches du système aliéniste, semble avoir trouvé un consensus pour son adoption. Mais rappelons que pour être adopté, un amendement de la Charte doit être adopté par l’unanimité des suffrages exprimés du Conseil Ex… »
Aristofano Negustesco écoutait à peine les informations du journal télévisé de sept heures. Le vieil homme, qui pourtant a été le fer de lance de cet amendement, avait travaillé d’arrache-pied pour arriver au consensus dont parle le journaliste. Des milliers d’heures de conversations téléphoniques, des centaines de contacts différents mais plus laborieux encore : seize gars à mettre d’accord autour d’un texte commun, les représentants de chacune des seize entités. Certains avaient donné leur feu vert d’emblée, les autres se sont vu acheter leur vote par des promesses d’investissements dans leur entité si le texte était adopté. La Cité-Etat de Dorobie voulait sa gare, l’Etat autonome du Barnique voulait ses marchés ventéliens, la République mafieuse de Spongorie voulait l’arrêt de l’enquête de la Haute Cour contre elle… Aristofano Negustesco était le plus amarantin de tous, sinon le seul : il pensait aux intérêts de la Ligue avant tout. Du haut de ses 85 ans et de plus de 60 ans d’expérience politique, il s’était consolidé un réseau capable de contenter tout le monde. Le texte allait être adopté… et les Amarantins, par leurs impôts, le paieront au prix fort. Mais l’Amarantie devait asseoir sa légitimité au sein d’une Union Céruléenne dont elle a été écartée dans ses prémices pour des raisons éthiques.
[center][img]https://i.imgur.com/EY9b1wu.png[/img]
S.E. Aristofano Negustesco
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
Chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine[/center]
Les yeux rougis par la fatigue, il ne voyait pratiquement plus la tête du journaliste qui continuait à déblatérer ses informations en continu. Il ne l’entendait même plus. C’était comme si un voile s’installait progressivement devant ses yeux et qu’un bouchon s’enfonçait lui aussi progressivement dans ses oreilles. Lassé d’entendre ce journaliste plein d’arrogance, qui s’adonnait à une « analyse » avec d’autres « spécialistes », Aristofano éteignit sa télévision et s’en alla difficilement préparer le texte du Conseil exécutif pour la conférence de presse qui suivrait le vote du Conseil. Il n’éprouvait même pas de satisfaction à l’idée de voir ses efforts récompensés, il souhaitait juste que cette machine s’arrête et que ce texte appartienne au passé. Il était même prêt à accepter son rejet, exténué par tant de compromissions.
[center][img]https://i.imgur.com/0u7fEoz.png[/img]
Salle du Conseil Exécutif[/center]
Il était bientôt onze heures et la salle du Conseil Exécutif se remplissait peu à peu des dirigeants des seize entités ou de leur mandataire. Dans l’antichambre de celle-ci, Aristofano interpella l’un d’eux de manière très discrète :
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Horasiu, puis-je vous faire pleinement confiance ? Vous voterez ce texte, n’est-ce pas ? »
[center][img]https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif[/center]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Je suis un homme de parole face aux hommes de parole. J’ai l’assurance que vous honorerez votre part de contrat, j’honorerai la mienne. Sachez que cette décision m’a été très difficile à prendre, la Céjanosie est très attachée au maintien de ses traditions… Mais j’entends prouver par mon vote « pour » qu’elle n’est pas une entité bête et militarisée, qu’elle est aussi une entité ouverte au dialogue. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« J’honorerai ma part : vous aurez l’exclusivité des prochains chantiers navals si le texte est adopté. Bien, on se retrouve tout à l’heure… »
Onze heures tapantes. Alors que chacun regagna sa place, Aristofano intercepta le président de la République maritime de Dentegorie…
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Hadeso, j’ai une faveur à vous demander… »
Intrigué par cet appel, Hadeso Kavaliro stoppa net sa marche vers son siège et discuta avec le gérontocrate en aparté, ce qui éveilla quelques suspicions parmi les autres membres du Conseil, qui regardèrent au loin la scène.
[center][img]https://i.imgur.com/NErYln8.png[/img]
Hadeso Kavaliro
Président de la République maritime de Dentegorie[/center]
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je vous écoute, Aristofano… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Pouvez-vous présider la séance à ma place ? Je ne sais pas à qui d’autre demander, vous êtes l’un des seuls en qui j’ai confiance ici. »
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je suis honoré… mais c’est votre texte, Artistofano. Vous avez travaillé dur pour arriver jusque-là. Pour le symbole, il est mieux que vous présidiez vous-même la séance. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« On s’en fout des symboles. Je ne serai pas productif aujourd’hui, je préférerais honnêtement que ce soit vous. Bientôt, je casserai ma pipe et il faut que vous soyez armé pour prendre le relais. »
Un peu décontenancé par la froideur inhabituelle du pourtant très diplomate Aristofano, Hadeso Kavaliro acquiesça sans broncher à la requête et s’installa sur le siège central qu’occupe protocolairement le président de séance. En-dessous de lui, trois scribes retranscrivent les débats dans leurs moindres détails, avec en son centre le scribe-en-chef, [url=http://www.simpolitique.com/post322599.html#p322599]Herodo Limeo[/url], qui était également le garant du règlement du Conseil, retranscrivant au procès-verbal tous les faits importants. Aristofano, lui, regagna le siège de Hadeso, à côté de celui du représentant de la Communauté des Melgares.
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Bonjour à tous. Son Excellence Aristofano Negustesco vous prie de l’excuser pour ne pas présider la séance d’aujourd’hui. J’assurerai cette fonction à sa place. L’ordre du jour appelle le vote d’un amendement de la Charte de la Ligue interdisant aux entreprises enregistrées dans l’Espace Céruléen de faire appel à des individus classés comme aliénés par les institutions amarantines, pour y travailler sans contrat de travail. Les débats sont terminés, Excellences, veuillez juste dire si vous « Pour », « Contre », « Neutre » à l’appel du nom de l’entité que vous représentez. Je démarre. République maritime de Dentegorie : Pour. »
1 voix, 0 Contre, 0 Neutre. Il suffisait d’une seule voix « Contre » pour rejeter le texte. Les scribes notèrent avec toute la précision nécessaire le déroulé du scrutin.
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Communauté des Melgares. »
[center][img]https://i.imgur.com/bZLZm54.png[/img]
Morgan Stoenesco
Premier Délégué de la Communauté des Melgares[/center]
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Pour. »
2 voix, 0 Contre, 0 Neutre. Vote logique : la progressiste et féministe Communauté des Melgares en avait fait un de ses chevaux de bataille, même si le texte ne lui paraissait pas assez si ambitieux.
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Etat autonome du Barnique. »
[center][img]https://i.imgur.com/LF23GqN.png[/img]
Ajakso Mondregor
Gouverneur de l’Etat autonome du Barnique[/center]
Ajakso Mondregor :
Gouverneur de l’Etat autonome du Barnique
« Neutre. »
2 voix, 0 Contre, 1 Neutre. Toute la salle avait retenu sa respiration au moment du vote de l’Etat autonome du Barnique, la plus esclavagiste des entités. C’était une première victoire mais elle n’était pas suffisante. Restait un vote tout aussi indécis, sinon davantage :
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« République maritime de Céjanoise. »
Long silence dans la Salle Pourpre. Le représentant de la Céjanosie sourit, se pencha en arrière et faisant tourner un stylo entre ses doigts. Morgan Stoenesco, le Premier Délégué de la Communauté des Melgares, commenta la scène avec son voisin de gauche, représentant la Cité-Etat des Octaves :
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Regarde cet enfoiré. Il va voter contre. »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Contre. »
Huée de toutes parts dans la salle du Conseil exécutif. Le représentant Zamfir condamnait le texte à son rejet. Devant le brouhaha, le président de séance rappela à l’ordre l’audience :
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« S’il vous plaît, un peu de calme. Le vote continue malgré tout. Cité-Etat gérontocrate de Montorive. »
Les insultes fusèrent à l’encontre de Horasiu Zamfir, qui avait pourtant donné sa parole. Poursuivre le vote n’avait a priori aucun intérêt, l’unanimité n’allait de toute évidence ne pas être atteinte. Aristofano Negustesco, pour la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, resta silencieux et totalement indifférent à toute l’agitation autour de lui. Il avait depuis quelques minutes un air hébété.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Je… J… J… »
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Silence, s’il vous plaît ! Je n’entends pas le vote de Son Excellence Aristofano Negusteco ! »
Après plusieurs coups de marteau, Hadeso obtint le silence demandé. Mais plus personne n’était concentré, certains membres du Conseil se levèrent de leur siège pour quitter la salle, ne voyant pas l’intérêt de rester dans cette chambre d’enregistrement.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Je… Gnia… J… J… »
Aristofano Negustesco recentra l’attention de toute la salle vers lui. L’homme de 85 ans était en train de se mordre la langue littéralement, et même la mâcher comme un chewing-gum. Visiblement, quelque chose n’allait pas. Puis il commença à rire de manière nerveuse.
[center][img]https://i.imgur.com/Aq14Ipt.png[/img]
Midorio Bergamoto
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie[/center]
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Eh bien, au moins ça fait rire notre papy ! »
[center][img]https://i.imgur.com/nXkXnuP.jpg[/img]
Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine [/center]
Scipiono Ier :
Roi de Forluno et membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
« Vous voyez bien qu’il nous fait une crise, non ? Appelez des secours ! »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Vous… vo… voyez bien… qu… que… il fait une… cr… crise… non ? »
Par réflexe, le voisin d’Aristofano, Morgan Stoenesco, commença à mettre le vieil homme hilare en position latérale de sécurité mais se rétracta. Voyant que le gérontocrate répétait tout ce qui se disait, il eut une idée.
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Répétez après moi, Aristofano : Que mon sang… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Qu… Que mon sang… »
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« … revigore l’Amarantie par mon sacrifice… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« …rev… revi… revigore… l’Ama… ran… tie… par… mon… sa… sacri…sacrifice »
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« … en faveur de ce texte. »
Toute l’audience du Conseil comprenait le stratagème : Morgan faisait prononcer à son homologue de Montorive [url=http://www.simpolitique.com/post315270.html#p315270]la phrase solenelle faisant adopter un texte sans majorité, en condamnant à mort celui qui l’a prononcée[/url]. Complètement paniqué face à cette situation, seul Horasiu Zamfir se révolta :
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Mais arrêtez-le, bordel de merde ! Je vais te casser la gueule, sale petit merdeux ! »
Le fougueux représentant céjanosien quitta vivement son siège mais fut ceinturé par le garde de la Salle. Zamfir avait beau se débattre, il ne faisait pas le poids face à ce colosse.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« …en fa… fa… faveur… de… de… ce t-t-texte. »
La formule avait été prononcée et Aristofano piqua du nez, laissant échapper un long filet de bave de sa bouche. La phrase condamnait Aristofano à la mort sacrificielle. Pour sa première présidence de séance, Hadeso Kavaliro resta bouche bée. Au moindre coup de marteau, il lancerait le processus d’exécution.
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Vous voyez bien qu’il n’a pas toute sa tête ! Il a dit ça sous la contrainte et la folie ! Condamnez à mort ce sale merdeux de Stoenesco : il a prononcé la phrase en premier ! »
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je… Je m’en remets à la décision du Maître-Scribe. Maître ? »
Le Maître Scribe, formé dans la République monastique de Saint-Brendan, n’aimait guère être le centre de l’attention. Pourtant, désormais, tous les regards étaient rivés sur lui. Ses deux scribes acolytes ne pouvaient guère l’aider. En effet, Aristofano avait prononcé la phrase le condamnant à la mort sacrificielle… Mais pouvait-il envoyer un homme malade, inconscient sur l’échafaud ? Plus largement, pouvait-il seulement envoyer un homme à la mort ? D’un côté, il ne pouvait pas trahir son métier, qui l’interdisait formellement de mentir. Mais de l’autre, sa foi catholique le tourmentait de l’intérieur. Après de longues secondes d’hésitation, il choisit son camp, et le fit savoir d’une toute petite voix :
[center][img]https://i.imgur.com/pjQpuON.jpg[/img]
Herodo Limeo
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin[/center]
Herodo Limeo :
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin
« J’atteste avoir entendu Son Excellence Aristofano Negustesco prononcer la formulation faisant… euh… adopter le texte en contrepartie de son sacrifice corporel. Son Excellence Morgan Stoenesco a lui aussi prononcé la formulation, mais ayant déjà participé au vote, elle ne peut être retenue… »
Il avait choisi le camp de l’Amarantie contre celui de sa foi. De l’autre côté de la salle, Horasiu Zamfir, toujours ceinturé par le garde, ruminait :
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Petit scribouillard de merde... Tu vas le payer ! »
Et comme toute scribe, il dut reporter ses propres propos et ceux de Zamfir sur papier. Honteux, le Scribe Principal n’osait plus lever la tête et regarder les autres membres du Conseil. Au-dessus de lui, le président Hadeso Kavaliro devait formaliser le sacrifice par un simple coup de marteau. Il ne pouvait y déroger… Lâchant un petit « Et puis merde… » à peine audible, le président dentegorien frapper le marteau sur son socle.
[center][img]https://i.imgur.com/N59ssBd.jpg[/img]
Lamberto
Garde officiel du Conseil exécutif amarantin
Bourreau officiel du Conseil exécutif amarantin[/center]
À ce moment précis, le jeune garde lâcha Horasiu Zamfir. Il avait en effet aussi le rôle de bourreau officiel. Tout frais dans le métier, il ne s’était guère entraîné en tant que bourreau puisque son prédécesseur, qui l’a formé, n’avait jamais dû recourir à une situation, qui s’est réalisée à peine trois fois depuis le XVIe siècle. Lamberto attrapa le vieil homme victime d’un AVC, par le coude et sans le brusquer, l’amena vers l’échafaud de la Cour Centrale du Château, en compagnie des autres membres du Conseil et des scribes. Il lui ligota les mains, lui fit plier les genoux et fit poser sa tête sur l’échafaud, avec de saisir de sa poussiéreuse hache, qu’il utilisait surtout pour couper les arbres morts aux abords du Château du conseil. Peu de membres du Conseil osa regarder la scène : seul Horasiu Zamfir, qui ne décolérait pas, se mordait la lèvre. Il avait à cet instant envie de saisir la hache du bourreau et de tous les décapiter un par un, en commençant par le représentant melgarien, puis par ce minable scribe.
[center][img]https://i.imgur.com/gMFPQCo.png[/img][/center]
Se couvrant le visage, le bourreau Lamberto leva la hache pour frapper la nuque du gérontocrate. La plupart des membres du Conseil se retourna pour ne pas assister au spectacle. Peu expérimenté, le bourreau ne parvint pas à décapiter le vieil homme en un seul coup : il restait à Aristofano un tiers de son cou, reliant sa tête au reste de son corps. Le choc du coup avait fait voler en l’air la paire de lunettes du vieil homme mais le coup avait été fatal : il était mort. Le Maître-Scribe, qui se retenait de vomir devant cette scène qu’il devait décrire sur son procès-verbal invita le tout aussi gêné bourreau à finir son travail : l’acte ne sera officialisé que si la tête est définitivement séparée du reste du corps. Lamberto redonna un deuxième coup, pour ce faire. C’est avec la langue de travers, et les yeux encore ouverts que la tête d’Aristofano, maintenant séparée de son corps, roula jusqu’aux pieds de Horasiu Zamfir, comme par vengeance. Une longue minute s’écoula, sans silence. Tout le monde était choqué par ce qui venait se passer. Mais désormais, l’Amarantie ne serait plus la même.
[center][img]https://i.imgur.com/St4CSBG.png[/img]
S.E. Aristofano Negustesco
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
Chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
1949-2034[/center][/justify]
Cité-Etat gérontocrate de Montorive
6 mars 2034[/center]
« C’est aujourd’hui, vers onze heures, que se tient le vote d’un amendement de la Charte de la Ligue Amarantine, visant l’interdiction pour les entreprises à faire travailler des individus reconnus aliénés, sans contrat de travail, sur le territoire amarantin et celui des signataires du Traité de Cabusa parmi lesquels le Montalvo, Siracuzzia, les Deux-Lucagnes… Le texte, qui a initialement suscité les foudres des partisans les plus farouches du système aliéniste, semble avoir trouvé un consensus pour son adoption. Mais rappelons que pour être adopté, un amendement de la Charte doit être adopté par l’unanimité des suffrages exprimés du Conseil Ex… »
Aristofano Negustesco écoutait à peine les informations du journal télévisé de sept heures. Le vieil homme, qui pourtant a été le fer de lance de cet amendement, avait travaillé d’arrache-pied pour arriver au consensus dont parle le journaliste. Des milliers d’heures de conversations téléphoniques, des centaines de contacts différents mais plus laborieux encore : seize gars à mettre d’accord autour d’un texte commun, les représentants de chacune des seize entités. Certains avaient donné leur feu vert d’emblée, les autres se sont vu acheter leur vote par des promesses d’investissements dans leur entité si le texte était adopté. La Cité-Etat de Dorobie voulait sa gare, l’Etat autonome du Barnique voulait ses marchés ventéliens, la République mafieuse de Spongorie voulait l’arrêt de l’enquête de la Haute Cour contre elle… Aristofano Negustesco était le plus amarantin de tous, sinon le seul : il pensait aux intérêts de la Ligue avant tout. Du haut de ses 85 ans et de plus de 60 ans d’expérience politique, il s’était consolidé un réseau capable de contenter tout le monde. Le texte allait être adopté… et les Amarantins, par leurs impôts, le paieront au prix fort. Mais l’Amarantie devait asseoir sa légitimité au sein d’une Union Céruléenne dont elle a été écartée dans ses prémices pour des raisons éthiques.
[center][img]https://i.imgur.com/EY9b1wu.png[/img]
S.E. Aristofano Negustesco
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
Chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine[/center]
Les yeux rougis par la fatigue, il ne voyait pratiquement plus la tête du journaliste qui continuait à déblatérer ses informations en continu. Il ne l’entendait même plus. C’était comme si un voile s’installait progressivement devant ses yeux et qu’un bouchon s’enfonçait lui aussi progressivement dans ses oreilles. Lassé d’entendre ce journaliste plein d’arrogance, qui s’adonnait à une « analyse » avec d’autres « spécialistes », Aristofano éteignit sa télévision et s’en alla difficilement préparer le texte du Conseil exécutif pour la conférence de presse qui suivrait le vote du Conseil. Il n’éprouvait même pas de satisfaction à l’idée de voir ses efforts récompensés, il souhaitait juste que cette machine s’arrête et que ce texte appartienne au passé. Il était même prêt à accepter son rejet, exténué par tant de compromissions.
[center][img]https://i.imgur.com/0u7fEoz.png[/img]
Salle du Conseil Exécutif[/center]
Il était bientôt onze heures et la salle du Conseil Exécutif se remplissait peu à peu des dirigeants des seize entités ou de leur mandataire. Dans l’antichambre de celle-ci, Aristofano interpella l’un d’eux de manière très discrète :
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Horasiu, puis-je vous faire pleinement confiance ? Vous voterez ce texte, n’est-ce pas ? »
[center][img]https://i.imgur.com/KnhnoP9.png[/img]
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif[/center]
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Je suis un homme de parole face aux hommes de parole. J’ai l’assurance que vous honorerez votre part de contrat, j’honorerai la mienne. Sachez que cette décision m’a été très difficile à prendre, la Céjanosie est très attachée au maintien de ses traditions… Mais j’entends prouver par mon vote « pour » qu’elle n’est pas une entité bête et militarisée, qu’elle est aussi une entité ouverte au dialogue. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« J’honorerai ma part : vous aurez l’exclusivité des prochains chantiers navals si le texte est adopté. Bien, on se retrouve tout à l’heure… »
Onze heures tapantes. Alors que chacun regagna sa place, Aristofano intercepta le président de la République maritime de Dentegorie…
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Hadeso, j’ai une faveur à vous demander… »
Intrigué par cet appel, Hadeso Kavaliro stoppa net sa marche vers son siège et discuta avec le gérontocrate en aparté, ce qui éveilla quelques suspicions parmi les autres membres du Conseil, qui regardèrent au loin la scène.
[center][img]https://i.imgur.com/NErYln8.png[/img]
Hadeso Kavaliro
Président de la République maritime de Dentegorie[/center]
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je vous écoute, Aristofano… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Pouvez-vous présider la séance à ma place ? Je ne sais pas à qui d’autre demander, vous êtes l’un des seuls en qui j’ai confiance ici. »
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je suis honoré… mais c’est votre texte, Artistofano. Vous avez travaillé dur pour arriver jusque-là. Pour le symbole, il est mieux que vous présidiez vous-même la séance. »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« On s’en fout des symboles. Je ne serai pas productif aujourd’hui, je préférerais honnêtement que ce soit vous. Bientôt, je casserai ma pipe et il faut que vous soyez armé pour prendre le relais. »
Un peu décontenancé par la froideur inhabituelle du pourtant très diplomate Aristofano, Hadeso Kavaliro acquiesça sans broncher à la requête et s’installa sur le siège central qu’occupe protocolairement le président de séance. En-dessous de lui, trois scribes retranscrivent les débats dans leurs moindres détails, avec en son centre le scribe-en-chef, [url=http://www.simpolitique.com/post322599.html#p322599]Herodo Limeo[/url], qui était également le garant du règlement du Conseil, retranscrivant au procès-verbal tous les faits importants. Aristofano, lui, regagna le siège de Hadeso, à côté de celui du représentant de la Communauté des Melgares.
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Bonjour à tous. Son Excellence Aristofano Negustesco vous prie de l’excuser pour ne pas présider la séance d’aujourd’hui. J’assurerai cette fonction à sa place. L’ordre du jour appelle le vote d’un amendement de la Charte de la Ligue interdisant aux entreprises enregistrées dans l’Espace Céruléen de faire appel à des individus classés comme aliénés par les institutions amarantines, pour y travailler sans contrat de travail. Les débats sont terminés, Excellences, veuillez juste dire si vous « Pour », « Contre », « Neutre » à l’appel du nom de l’entité que vous représentez. Je démarre. République maritime de Dentegorie : Pour. »
1 voix, 0 Contre, 0 Neutre. Il suffisait d’une seule voix « Contre » pour rejeter le texte. Les scribes notèrent avec toute la précision nécessaire le déroulé du scrutin.
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Communauté des Melgares. »
[center][img]https://i.imgur.com/bZLZm54.png[/img]
Morgan Stoenesco
Premier Délégué de la Communauté des Melgares[/center]
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Pour. »
2 voix, 0 Contre, 0 Neutre. Vote logique : la progressiste et féministe Communauté des Melgares en avait fait un de ses chevaux de bataille, même si le texte ne lui paraissait pas assez si ambitieux.
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Etat autonome du Barnique. »
[center][img]https://i.imgur.com/LF23GqN.png[/img]
Ajakso Mondregor
Gouverneur de l’Etat autonome du Barnique[/center]
Ajakso Mondregor :
Gouverneur de l’Etat autonome du Barnique
« Neutre. »
2 voix, 0 Contre, 1 Neutre. Toute la salle avait retenu sa respiration au moment du vote de l’Etat autonome du Barnique, la plus esclavagiste des entités. C’était une première victoire mais elle n’était pas suffisante. Restait un vote tout aussi indécis, sinon davantage :
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« République maritime de Céjanoise. »
Long silence dans la Salle Pourpre. Le représentant de la Céjanosie sourit, se pencha en arrière et faisant tourner un stylo entre ses doigts. Morgan Stoenesco, le Premier Délégué de la Communauté des Melgares, commenta la scène avec son voisin de gauche, représentant la Cité-Etat des Octaves :
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Regarde cet enfoiré. Il va voter contre. »
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Contre. »
Huée de toutes parts dans la salle du Conseil exécutif. Le représentant Zamfir condamnait le texte à son rejet. Devant le brouhaha, le président de séance rappela à l’ordre l’audience :
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« S’il vous plaît, un peu de calme. Le vote continue malgré tout. Cité-Etat gérontocrate de Montorive. »
Les insultes fusèrent à l’encontre de Horasiu Zamfir, qui avait pourtant donné sa parole. Poursuivre le vote n’avait a priori aucun intérêt, l’unanimité n’allait de toute évidence ne pas être atteinte. Aristofano Negustesco, pour la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, resta silencieux et totalement indifférent à toute l’agitation autour de lui. Il avait depuis quelques minutes un air hébété.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Je… J… J… »
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Silence, s’il vous plaît ! Je n’entends pas le vote de Son Excellence Aristofano Negusteco ! »
Après plusieurs coups de marteau, Hadeso obtint le silence demandé. Mais plus personne n’était concentré, certains membres du Conseil se levèrent de leur siège pour quitter la salle, ne voyant pas l’intérêt de rester dans cette chambre d’enregistrement.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Je… Gnia… J… J… »
Aristofano Negustesco recentra l’attention de toute la salle vers lui. L’homme de 85 ans était en train de se mordre la langue littéralement, et même la mâcher comme un chewing-gum. Visiblement, quelque chose n’allait pas. Puis il commença à rire de manière nerveuse.
[center][img]https://i.imgur.com/Aq14Ipt.png[/img]
Midorio Bergamoto
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie[/center]
Midorio Bergamoto :
Administrateur civil de la Cité-Etat de Dorobie
« Eh bien, au moins ça fait rire notre papy ! »
[center][img]https://i.imgur.com/nXkXnuP.jpg[/img]
Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine [/center]
Scipiono Ier :
Roi de Forluno et membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
« Vous voyez bien qu’il nous fait une crise, non ? Appelez des secours ! »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Vous… vo… voyez bien… qu… que… il fait une… cr… crise… non ? »
Par réflexe, le voisin d’Aristofano, Morgan Stoenesco, commença à mettre le vieil homme hilare en position latérale de sécurité mais se rétracta. Voyant que le gérontocrate répétait tout ce qui se disait, il eut une idée.
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« Répétez après moi, Aristofano : Que mon sang… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« Qu… Que mon sang… »
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« … revigore l’Amarantie par mon sacrifice… »
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« …rev… revi… revigore… l’Ama… ran… tie… par… mon… sa… sacri…sacrifice »
Morgan Stoenesco :
Premier Délégué de la Communauté des Melgares
« … en faveur de ce texte. »
Toute l’audience du Conseil comprenait le stratagème : Morgan faisait prononcer à son homologue de Montorive [url=http://www.simpolitique.com/post315270.html#p315270]la phrase solenelle faisant adopter un texte sans majorité, en condamnant à mort celui qui l’a prononcée[/url]. Complètement paniqué face à cette situation, seul Horasiu Zamfir se révolta :
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Mais arrêtez-le, bordel de merde ! Je vais te casser la gueule, sale petit merdeux ! »
Le fougueux représentant céjanosien quitta vivement son siège mais fut ceinturé par le garde de la Salle. Zamfir avait beau se débattre, il ne faisait pas le poids face à ce colosse.
Aristofano Negustesco :
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive, membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine et chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
« …en fa… fa… faveur… de… de… ce t-t-texte. »
La formule avait été prononcée et Aristofano piqua du nez, laissant échapper un long filet de bave de sa bouche. La phrase condamnait Aristofano à la mort sacrificielle. Pour sa première présidence de séance, Hadeso Kavaliro resta bouche bée. Au moindre coup de marteau, il lancerait le processus d’exécution.
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Vous voyez bien qu’il n’a pas toute sa tête ! Il a dit ça sous la contrainte et la folie ! Condamnez à mort ce sale merdeux de Stoenesco : il a prononcé la phrase en premier ! »
Hadeso Kavaliro :
Président de la République maritime de Dentegorie
« Je… Je m’en remets à la décision du Maître-Scribe. Maître ? »
Le Maître Scribe, formé dans la République monastique de Saint-Brendan, n’aimait guère être le centre de l’attention. Pourtant, désormais, tous les regards étaient rivés sur lui. Ses deux scribes acolytes ne pouvaient guère l’aider. En effet, Aristofano avait prononcé la phrase le condamnant à la mort sacrificielle… Mais pouvait-il envoyer un homme malade, inconscient sur l’échafaud ? Plus largement, pouvait-il seulement envoyer un homme à la mort ? D’un côté, il ne pouvait pas trahir son métier, qui l’interdisait formellement de mentir. Mais de l’autre, sa foi catholique le tourmentait de l’intérieur. Après de longues secondes d’hésitation, il choisit son camp, et le fit savoir d’une toute petite voix :
[center][img]https://i.imgur.com/pjQpuON.jpg[/img]
Herodo Limeo
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin[/center]
Herodo Limeo :
Maître Scribe du Conseil Exécutif amarantin
« J’atteste avoir entendu Son Excellence Aristofano Negustesco prononcer la formulation faisant… euh… adopter le texte en contrepartie de son sacrifice corporel. Son Excellence Morgan Stoenesco a lui aussi prononcé la formulation, mais ayant déjà participé au vote, elle ne peut être retenue… »
Il avait choisi le camp de l’Amarantie contre celui de sa foi. De l’autre côté de la salle, Horasiu Zamfir, toujours ceinturé par le garde, ruminait :
Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif
« Petit scribouillard de merde... Tu vas le payer ! »
Et comme toute scribe, il dut reporter ses propres propos et ceux de Zamfir sur papier. Honteux, le Scribe Principal n’osait plus lever la tête et regarder les autres membres du Conseil. Au-dessus de lui, le président Hadeso Kavaliro devait formaliser le sacrifice par un simple coup de marteau. Il ne pouvait y déroger… Lâchant un petit « Et puis merde… » à peine audible, le président dentegorien frapper le marteau sur son socle.
[center][img]https://i.imgur.com/N59ssBd.jpg[/img]
Lamberto
Garde officiel du Conseil exécutif amarantin
Bourreau officiel du Conseil exécutif amarantin[/center]
À ce moment précis, le jeune garde lâcha Horasiu Zamfir. Il avait en effet aussi le rôle de bourreau officiel. Tout frais dans le métier, il ne s’était guère entraîné en tant que bourreau puisque son prédécesseur, qui l’a formé, n’avait jamais dû recourir à une situation, qui s’est réalisée à peine trois fois depuis le XVIe siècle. Lamberto attrapa le vieil homme victime d’un AVC, par le coude et sans le brusquer, l’amena vers l’échafaud de la Cour Centrale du Château, en compagnie des autres membres du Conseil et des scribes. Il lui ligota les mains, lui fit plier les genoux et fit poser sa tête sur l’échafaud, avec de saisir de sa poussiéreuse hache, qu’il utilisait surtout pour couper les arbres morts aux abords du Château du conseil. Peu de membres du Conseil osa regarder la scène : seul Horasiu Zamfir, qui ne décolérait pas, se mordait la lèvre. Il avait à cet instant envie de saisir la hache du bourreau et de tous les décapiter un par un, en commençant par le représentant melgarien, puis par ce minable scribe.
[center][img]https://i.imgur.com/gMFPQCo.png[/img][/center]
Se couvrant le visage, le bourreau Lamberto leva la hache pour frapper la nuque du gérontocrate. La plupart des membres du Conseil se retourna pour ne pas assister au spectacle. Peu expérimenté, le bourreau ne parvint pas à décapiter le vieil homme en un seul coup : il restait à Aristofano un tiers de son cou, reliant sa tête au reste de son corps. Le choc du coup avait fait voler en l’air la paire de lunettes du vieil homme mais le coup avait été fatal : il était mort. Le Maître-Scribe, qui se retenait de vomir devant cette scène qu’il devait décrire sur son procès-verbal invita le tout aussi gêné bourreau à finir son travail : l’acte ne sera officialisé que si la tête est définitivement séparée du reste du corps. Lamberto redonna un deuxième coup, pour ce faire. C’est avec la langue de travers, et les yeux encore ouverts que la tête d’Aristofano, maintenant séparée de son corps, roula jusqu’aux pieds de Horasiu Zamfir, comme par vengeance. Une longue minute s’écoula, sans silence. Tout le monde était choqué par ce qui venait se passer. Mais désormais, l’Amarantie ne serait plus la même.
[center][img]https://i.imgur.com/St4CSBG.png[/img]
S.E. Aristofano Negustesco
Administrateur principal de la Cité-Etat gérontocrate de Montorive
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
Chargé de facto des Affaires étrangères de la Ligue Amarantine
1949-2034[/center][/justify]
-
Sébaldie
[justify][center]Insurgées (1/3)
République maritime de Céjanoise
17 juin 2034[/center]
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La « Salle Charnelle » de Cicerono Anasor[/center]
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/47336341M1.jpg[/img]
Cicerono Anasor
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url]
Propriétaire d’aliénés[/center]
Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Oui, Monsieur, Metern serait intéressé par vos batteries de toutes vos concessions… Oui, voilà… Non, ne nous vendez pas autant, donnez l’impression que vos stocks sont plus faibles… Oui, exactement, c’est pour faire monter le cours, ça arrange nos parties respectives… »
Dans la Salle Charnelle, reconnaissable par ses rideaux rouges, Cicerono était installé dans son canapé de manière nonchalante, la chemise entrouverte. Il était au téléphone, en train de travailler. En effet, l’essentiel de son travail, il le passait à conclure des marchés avec des fournisseurs en métaux, de toutes natures. Ici, il négociait avec d’importants concessionnaires automobiles pour reprendre leurs batteries au plomb usagées. Metern KIR était une importante société amarantine de recyclage de métaux, dans un pays dépourvu de matières premières.
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/12828778se.png[/img][/center]
Mais Cicerono n’était pas seule dans la Salle Charnelle. En face de lui, à quelques mètres de là, il dévorait des yeux le spectacle silencieux qui se produisait. Deux de ses aliénés masculins s’adonnaient, pour son plaisir visuel, à une partie de jambes à même le sol, sur le soyeux tapis acheté en Hachémanie. Le monde islamique était à vrai dire habitué à voir des hommes à quatre pattes sur les tapis qu’il produisait, Cicerono en faisait un usage pas si différent. La bouche bée, l’esprit envoûté, une main dans son pantalon, Cicerono en oublia son interlocuteur au téléphone :
Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Euh… Oui, oui, je suis en ligne, Monsieur. Excusez-moi pour ce moment de déconcentration, on a sonné à ma porte... Non, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas important… Un instant, je vous prie. »
Cicerono se leva de son canapé et s’adressa silencieusement à ses deux aliénés en mimant les mots « Je reviens ». Il regagna son bureau, il ne voulait pas perdre ce contrat pour quelques secondes de déconcentration…
Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Donc, en étions-nous… Ah oui, voilà. Sachez aussi que le cours de l’aluminium a augmenté de 2.61 % en l’histoire de quelques jours et cela peut… »
Les deux participants de l’orgie visuelle prirent une pause. Cela faisait une heure qu’ils s’adonnaient à l’exercice pour le bon plaisir de leur maître. Le participant actif, dont le corps était généreusement proportionné, souffla un peu et tapota le fessier de Kojo, son jeune partenaire, lui aussi aliéné.
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/45957129E1.jpg[/img]
Dario
Aliéné de Maître Cicerono Anasor[/center]
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Allez, p’tit, va prendre une douche, le Maître n’reviendra pas avant une demi-heure. Profite-en pour prendre une aspirine, le Maître est long à rassasier. Demande à Fedora de t’en préparer. FEDORAAAAA ! »
Tandis que le jeune Kojo prit la direction de la salle de bains, Dario appela la troisième aliénée du Maître Cicerono. La jeune femme, qui était une petite frappe durant son adolescente, avait complètement raté sa scolarité et avait été achetée par le Maître Cicerono il y a sept ans. Jusqu’à il y a peu, elle travaillait comme manutentionnaire au sein de Metern mais la nouvelle législation amarantine interdisait désormais l’embauche d’aliénés dans les entreprises nationales. Un progrès ? Pas du goût de Fedora, qui était maintenant cantonnée au rôle de domestique, ne sortant de la maison que pour les courses alimentaires. Elle détestait ce nouveau rôle et s’épanouissait davantage comme ouvrière manutentionnaire, où elle avait au moins une vie sociale. Depuis, elle était entourée du Maître et de ses deux compagnons masculins d’infortune. Elle entra dans la Salle Charnelle, qui sentait le fauve après tous ces débats.
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/78263547E2.jpg[/img]
Fedora
Aliénée de Maître Cicerono Anasor[/center]
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« C’est toi qui m’a appelée, Dario ? »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Ouais, aère un peu la pièce, on étouffe… Et prépare une aspirine pour Kojo. Il est endurant, le p’tit, mais jusqu’à quand ? »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Non mais je suis pas ta bonne. Il est où, le Maître ? »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Il téléphone pour le travail, il reviendra pas de s’tôt. J’suis crevé… »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Oh, le malheureux, crevé à baiser à toute la journée… Qui va nettoyer la pièce après, à ton avis ? À minuit, je serai encore debout. »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Allez, exagère pas, ç’aurait pu être pire. T’aurais pu tomber dans la maison de ce taré de Maître Delago, à l’aut’ bout du quartier. Le type qui s’achète un nouvel aliéné tous les trois mois. D’ailleurs, j’voulais te parler d’un truc… Le Maître veut qu’on lui fasse un gosse. »
Alors qu’elle ouvrait les fenêtres pour aérer la pièce, Fedora fut comme pétrifiée par ce qu’elle venait d’entendre.
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Quoi… Tu veux dire… que… On va devoir faire ça ensemble ? Et… que je vais devoir me taper l’éducation du gosse durant toute son enfance ? »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Ouais, t’as tout pigé. Le Maître va avoir 50 ans cette année et il s’inquiète de pas avoir d’héritier. Il m’a présenté des mères porteuses mais ça a pas marché. Il veut des géniteurs de confiance comme toi et moi… Et puis, il dit que j’ai de bons gènes, un truc du genre… Allez, Fedora, fais pas la gueule, t’as de la chance de tomber sur moi… Et crois-moi, je le fais pas plaisir, je réponds aux demandes du Maître. »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Facile à dire. Tu vas pas jouer à la nounou pendant dix ans. Tu sais, on est pas logés à la même enseigne : toi, t’as le bon rôle. »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Bah, écoute, moi j’ai pas à me plaindre du Maître, il me traite bien. J’pouvais pas espérer mieux comme avenir, sans diplôme et tout… Et puis, est-ce qu’une seule fois, il t’a frappé ? »
Effectivement, Maître Cicerono n’avait jamais levé la main sur un de ses aliénés, pas même sur Fedora. À vrai dire, c’est comme si elle n’existait pas, il ne lui adressait même pas la parole et chargeait le plus souvent Dario de lui transmettre tout ce qu’il souhaitait lui dire. En fait, Fedora était seule : elle passait les journées à astiquer l’immense manoir de son maître, surtout après les orgies qu’il organisait avec une cinquantaine d’invités, qui mettait la demeure sans dessus dessous.
[hr][/hr]
[center]18 juin 2034
[img]https://img4.hostingpics.net/pics/329727marche.png[/img][/center]
Le jour du marché était le seul de la semaine où Fedora profitait d’un peu de liberté et surtout de l’arrivée de l’été et de sa douceur. Dans cette petite ville de l’Ouest de la Céjanosie, il n’y avait qu’un marché hebdomadaire, et comme le Maître exigeait de manger des produits frais tous les jours, elle avait pour tâche de les choisir très méticuleusement. C’était aussi l’occasion pour elle d’avoir un peu de vie sociale, et notamment d’avoir des nouvelles de son amie, Lizistrata, aliénée dans une autre maison mais qui, comme son œil au beurre noir en témoignait, était tombé sur un Maître moins conciliant. Les deux filles parlèrent ouvertement, tout en faisant leurs courses :
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/969760Lizistrata.png[/img]
Lizistrata
Alienée, amie de Fedora[/center]
Lizistrata :
Alienée, amie de Fedora
« T’inquiète pas pour mon œil, c’est pas grand-chose. Ton Maître veut coucher avec toi, c’est ça ? »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Non, il est pédé comme un phoque. Et en plus, il a de mauvais gènes apparemment. Il est diabétique de naissance, je dois faire hyper attention à ce que j’achète… Non, en fait, il veut me faire coucher avec l’autre aliéné, Dario… Et se déclarer officiellement comme le père de l’enfant. »
Lizistrata :
Alienée, amie de Fedora
« Dario, Dario… Ah oui, je vois qui ! C’est pas un méchant gars, pourtant ? Et il est pas trop moche et même bien foutu. »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« C’est pas la question, Lizi’. J’ai pas envie d’être déjà mère. Surtout mère d’un enfant qui ne sera jamais vraiment le mien. Par contre, pour le nourrir et lui torcher le cul, on me demandera d’être là. Et comme il veut absolument tout contrôler, je vais rester enfermée à la maison. Il dit qu’il me fait confiance mais il croit que je vais aller fumer ou picoler en cachette… Bref, que j'ai le moindre comportement nuisible au gosse. Je vais devenir folle si je reste enfermée toute la journée ! »
Aux côtés des deux jeunes filles, une femme, la casquette enfoncée dans la tête, les interpella très discrètement, sans les regarder, profitant du brouhaha du marché :
Femme inconnue :
« Ce n’est pas une fatalité. On prépare une action. Vous voulez être des nôtres ? »
Difficile de voir le visage de cette femme mais l’accent la trahissait : elle n’était pas amarantine, ou alors, grecophone de Movopolis ? Méfiantes, les deux aliénées se reculèrent.
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« P… Pardon ? Est-ce que je vous connais ? »
Femme inconnue :
« Non. Mais on peut vous aider. Vous venez tous les dimanches au marché, c’est bien ça ? »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Euh, oui… »
Femme inconnue :
« D’accord. Le marché n’est pas très grand, vous me retrouverez si vous êtes partantes. On en reparlera une prochaine fois, les murs ont des oreilles… Surtout, ne dites rien à personne, n’ayez confiance qu’en vous-mêmes. »
Et la femme disparut, se faufilant à travers la foule du marché. Fedora et Lizistrata se regardèrent, intriguées mais surtout extrêmement méfiantes. Elles savaient que des « indics » se cachaient, parfois même eux-mêmes aliénés, pour récupérer des informations sur d’autres aliénés et leur fidélité vis-à-vis de leur maître, en leur faisant miroiter des opérations de résistance. Ceux qui sont tombés dans le piège l’ont le plus souvent payé de leur propre vie. Comme l’inconnue le disait si bien : Fedora et Lizistrata ne pouvaient faire confiance qu’en elles-mêmes…[/justify]
République maritime de Céjanoise
17 juin 2034[/center]
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/604146redroomwithcandlelight.jpg[/img]
La « Salle Charnelle » de Cicerono Anasor[/center]
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Cicerono Anasor
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url]
Propriétaire d’aliénés[/center]
Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Oui, Monsieur, Metern serait intéressé par vos batteries de toutes vos concessions… Oui, voilà… Non, ne nous vendez pas autant, donnez l’impression que vos stocks sont plus faibles… Oui, exactement, c’est pour faire monter le cours, ça arrange nos parties respectives… »
Dans la Salle Charnelle, reconnaissable par ses rideaux rouges, Cicerono était installé dans son canapé de manière nonchalante, la chemise entrouverte. Il était au téléphone, en train de travailler. En effet, l’essentiel de son travail, il le passait à conclure des marchés avec des fournisseurs en métaux, de toutes natures. Ici, il négociait avec d’importants concessionnaires automobiles pour reprendre leurs batteries au plomb usagées. Metern KIR était une importante société amarantine de recyclage de métaux, dans un pays dépourvu de matières premières.
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Mais Cicerono n’était pas seule dans la Salle Charnelle. En face de lui, à quelques mètres de là, il dévorait des yeux le spectacle silencieux qui se produisait. Deux de ses aliénés masculins s’adonnaient, pour son plaisir visuel, à une partie de jambes à même le sol, sur le soyeux tapis acheté en Hachémanie. Le monde islamique était à vrai dire habitué à voir des hommes à quatre pattes sur les tapis qu’il produisait, Cicerono en faisait un usage pas si différent. La bouche bée, l’esprit envoûté, une main dans son pantalon, Cicerono en oublia son interlocuteur au téléphone :
Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Euh… Oui, oui, je suis en ligne, Monsieur. Excusez-moi pour ce moment de déconcentration, on a sonné à ma porte... Non, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas important… Un instant, je vous prie. »
Cicerono se leva de son canapé et s’adressa silencieusement à ses deux aliénés en mimant les mots « Je reviens ». Il regagna son bureau, il ne voulait pas perdre ce contrat pour quelques secondes de déconcentration…
Cicerono Anasor :
Directeur commercial de la société [url=http://www.simpolitique.com/metern-kir-t15096.html]Metern KIR[/url] et propriétaire d’aliénés
« Donc, en étions-nous… Ah oui, voilà. Sachez aussi que le cours de l’aluminium a augmenté de 2.61 % en l’histoire de quelques jours et cela peut… »
Les deux participants de l’orgie visuelle prirent une pause. Cela faisait une heure qu’ils s’adonnaient à l’exercice pour le bon plaisir de leur maître. Le participant actif, dont le corps était généreusement proportionné, souffla un peu et tapota le fessier de Kojo, son jeune partenaire, lui aussi aliéné.
[center][img]https://img4.hostingpics.net/pics/45957129E1.jpg[/img]
Dario
Aliéné de Maître Cicerono Anasor[/center]
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Allez, p’tit, va prendre une douche, le Maître n’reviendra pas avant une demi-heure. Profite-en pour prendre une aspirine, le Maître est long à rassasier. Demande à Fedora de t’en préparer. FEDORAAAAA ! »
Tandis que le jeune Kojo prit la direction de la salle de bains, Dario appela la troisième aliénée du Maître Cicerono. La jeune femme, qui était une petite frappe durant son adolescente, avait complètement raté sa scolarité et avait été achetée par le Maître Cicerono il y a sept ans. Jusqu’à il y a peu, elle travaillait comme manutentionnaire au sein de Metern mais la nouvelle législation amarantine interdisait désormais l’embauche d’aliénés dans les entreprises nationales. Un progrès ? Pas du goût de Fedora, qui était maintenant cantonnée au rôle de domestique, ne sortant de la maison que pour les courses alimentaires. Elle détestait ce nouveau rôle et s’épanouissait davantage comme ouvrière manutentionnaire, où elle avait au moins une vie sociale. Depuis, elle était entourée du Maître et de ses deux compagnons masculins d’infortune. Elle entra dans la Salle Charnelle, qui sentait le fauve après tous ces débats.
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Fedora
Aliénée de Maître Cicerono Anasor[/center]
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« C’est toi qui m’a appelée, Dario ? »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Ouais, aère un peu la pièce, on étouffe… Et prépare une aspirine pour Kojo. Il est endurant, le p’tit, mais jusqu’à quand ? »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Non mais je suis pas ta bonne. Il est où, le Maître ? »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Il téléphone pour le travail, il reviendra pas de s’tôt. J’suis crevé… »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Oh, le malheureux, crevé à baiser à toute la journée… Qui va nettoyer la pièce après, à ton avis ? À minuit, je serai encore debout. »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Allez, exagère pas, ç’aurait pu être pire. T’aurais pu tomber dans la maison de ce taré de Maître Delago, à l’aut’ bout du quartier. Le type qui s’achète un nouvel aliéné tous les trois mois. D’ailleurs, j’voulais te parler d’un truc… Le Maître veut qu’on lui fasse un gosse. »
Alors qu’elle ouvrait les fenêtres pour aérer la pièce, Fedora fut comme pétrifiée par ce qu’elle venait d’entendre.
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Quoi… Tu veux dire… que… On va devoir faire ça ensemble ? Et… que je vais devoir me taper l’éducation du gosse durant toute son enfance ? »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Ouais, t’as tout pigé. Le Maître va avoir 50 ans cette année et il s’inquiète de pas avoir d’héritier. Il m’a présenté des mères porteuses mais ça a pas marché. Il veut des géniteurs de confiance comme toi et moi… Et puis, il dit que j’ai de bons gènes, un truc du genre… Allez, Fedora, fais pas la gueule, t’as de la chance de tomber sur moi… Et crois-moi, je le fais pas plaisir, je réponds aux demandes du Maître. »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Facile à dire. Tu vas pas jouer à la nounou pendant dix ans. Tu sais, on est pas logés à la même enseigne : toi, t’as le bon rôle. »
Dario :
Aliéné de Maître Cicerono Anasor
« Bah, écoute, moi j’ai pas à me plaindre du Maître, il me traite bien. J’pouvais pas espérer mieux comme avenir, sans diplôme et tout… Et puis, est-ce qu’une seule fois, il t’a frappé ? »
Effectivement, Maître Cicerono n’avait jamais levé la main sur un de ses aliénés, pas même sur Fedora. À vrai dire, c’est comme si elle n’existait pas, il ne lui adressait même pas la parole et chargeait le plus souvent Dario de lui transmettre tout ce qu’il souhaitait lui dire. En fait, Fedora était seule : elle passait les journées à astiquer l’immense manoir de son maître, surtout après les orgies qu’il organisait avec une cinquantaine d’invités, qui mettait la demeure sans dessus dessous.
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[center]18 juin 2034
[img]https://img4.hostingpics.net/pics/329727marche.png[/img][/center]
Le jour du marché était le seul de la semaine où Fedora profitait d’un peu de liberté et surtout de l’arrivée de l’été et de sa douceur. Dans cette petite ville de l’Ouest de la Céjanosie, il n’y avait qu’un marché hebdomadaire, et comme le Maître exigeait de manger des produits frais tous les jours, elle avait pour tâche de les choisir très méticuleusement. C’était aussi l’occasion pour elle d’avoir un peu de vie sociale, et notamment d’avoir des nouvelles de son amie, Lizistrata, aliénée dans une autre maison mais qui, comme son œil au beurre noir en témoignait, était tombé sur un Maître moins conciliant. Les deux filles parlèrent ouvertement, tout en faisant leurs courses :
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Lizistrata
Alienée, amie de Fedora[/center]
Lizistrata :
Alienée, amie de Fedora
« T’inquiète pas pour mon œil, c’est pas grand-chose. Ton Maître veut coucher avec toi, c’est ça ? »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Non, il est pédé comme un phoque. Et en plus, il a de mauvais gènes apparemment. Il est diabétique de naissance, je dois faire hyper attention à ce que j’achète… Non, en fait, il veut me faire coucher avec l’autre aliéné, Dario… Et se déclarer officiellement comme le père de l’enfant. »
Lizistrata :
Alienée, amie de Fedora
« Dario, Dario… Ah oui, je vois qui ! C’est pas un méchant gars, pourtant ? Et il est pas trop moche et même bien foutu. »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« C’est pas la question, Lizi’. J’ai pas envie d’être déjà mère. Surtout mère d’un enfant qui ne sera jamais vraiment le mien. Par contre, pour le nourrir et lui torcher le cul, on me demandera d’être là. Et comme il veut absolument tout contrôler, je vais rester enfermée à la maison. Il dit qu’il me fait confiance mais il croit que je vais aller fumer ou picoler en cachette… Bref, que j'ai le moindre comportement nuisible au gosse. Je vais devenir folle si je reste enfermée toute la journée ! »
Aux côtés des deux jeunes filles, une femme, la casquette enfoncée dans la tête, les interpella très discrètement, sans les regarder, profitant du brouhaha du marché :
Femme inconnue :
« Ce n’est pas une fatalité. On prépare une action. Vous voulez être des nôtres ? »
Difficile de voir le visage de cette femme mais l’accent la trahissait : elle n’était pas amarantine, ou alors, grecophone de Movopolis ? Méfiantes, les deux aliénées se reculèrent.
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« P… Pardon ? Est-ce que je vous connais ? »
Femme inconnue :
« Non. Mais on peut vous aider. Vous venez tous les dimanches au marché, c’est bien ça ? »
Fedora :
Aliénée de Maître Cicerono Anasor
« Euh, oui… »
Femme inconnue :
« D’accord. Le marché n’est pas très grand, vous me retrouverez si vous êtes partantes. On en reparlera une prochaine fois, les murs ont des oreilles… Surtout, ne dites rien à personne, n’ayez confiance qu’en vous-mêmes. »
Et la femme disparut, se faufilant à travers la foule du marché. Fedora et Lizistrata se regardèrent, intriguées mais surtout extrêmement méfiantes. Elles savaient que des « indics » se cachaient, parfois même eux-mêmes aliénés, pour récupérer des informations sur d’autres aliénés et leur fidélité vis-à-vis de leur maître, en leur faisant miroiter des opérations de résistance. Ceux qui sont tombés dans le piège l’ont le plus souvent payé de leur propre vie. Comme l’inconnue le disait si bien : Fedora et Lizistrata ne pouvaient faire confiance qu’en elles-mêmes…[/justify]