La vie au Royaume de Vonalya[Utilisable sous demande par mp]

Alwine

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Rage et deuil (3) :

[right]27 février 2033, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Le convois funéraire maritime, grossis des vaisseaux de plusieurs nobles souhaitant rendre hommage à la Reine, était finalement arrivé dans le port de la capitale. Le cercueil royal avait gagné le Temple d'Odin pour y recevoir les honneurs et les soins qui précéderait à son dernier voyage, et aussi pour laisser au peuple de la cité et des alentours venir saluer une Reine qui, si elle n'était pas née ici, y avait néanmoins passé de longues années, et était profondément encrée dans le cœur de la population. Le Roi, lui, avait regagné son Palais, et retrouvé son maître-espion, qui avait voyagé plus rapidement et agit également pendant ce temps. Un maître-espion qui, hélas, n'avait pas eut que des bonnes nouvelles à lui annoncer.

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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « COMMENT ÇA, IL S'EST ÉCHAPPÉ ?!!!! COMMENT A-T-IL PU, PAR TOUS LES MALÉFICES DE LOKI ?!!! »

La voix du souverain éclatait comme le tonnerre, suffisant sans doute à faire grincer des dents les serviteurs qui se trouvaient dans le couloir. Cela n'avait plus d'importance au niveau du secret, toutefois, aussi Munin ne dit-il rien, sachant, comme toujours, qu'il était préférable de laisser l'orage qui était son demi-frère se calmer avant de répondre. De fait, après quelques instants, Patte-De-Foudre sembla avoir assez repris son emprise sur lui-même pour écouter, mais son regard, quand l se tourna vers son homme de l'ombre, brillait toujours de colère.

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Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.
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Arwed Fils-Du-Vent :« J'avoue volontiers ma part de responsabilité. De tous les Ducs, c'était celui que je soupçonnais le moins. Il a toujours été un fidèle soutient de ta politique, tant nationale qu'étrangère, et je ne l'imaginais pas dans ce rôle. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tu ne me feras pas croire que tu as pour autant omis de le surveiller, par les couilles d'Odin ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« Tu sais bien que non. Mais le dispositif était moins dense qu'ailleurs, et cela a certainement participé à sa réussite. Le fait qu'il n'ait pas hésité à abandonner femmes et enfants pour servir de leurre faisant croire que toute la famille se rendait a fait le plus gros du reste... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Des détails, mon frère, je veux des détails ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« C'est très simple, hélas. Holger de Sundebard avait prévu un sosie, visiblement au cas où cela tournerait mal. Quand on a eu vent de son implication, il s'est spontanément rendu « pour éclaircir l'affaire », en compagnie de sa femme et de ses enfants, en gage de bonne foi. Mes hommes ont eut la faiblesse de le croire, et de ne pas examiner de trop prêt l'homme visiblement secoué qui accompagnait la jolie duchesse et les exubérants bambins... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Et le temps qu'ils comprennent le piège, il avait déjà filé, je suppose ? »

Arwed Fils-Du-Vent :« C'est cela. La Duchesse et les héritiers étaient bien les bons, mais le « Duc » n'était qu'un sosie. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je ne l'aurais jamais pensé capable de vendre sa propre famille pour s'enfuir... maudit Holger ! Puisse son âme pourrir dans les profondeurs du dépotoir le plus glacé et puant de Niflheim !!! »

De rage, Patte-De-Foudre abattit un de ses puissants poing sur une table, la faisant trembler sur ses pieds. Alwin n'était pas certain qu'il ne l'ait pas légèrement fendue au passage, vu la force du coup – son demi-frère n'avait pas usurpé son surnom – mais il préféra ne pas faire de commentaire.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « On a des pistes ? »

Arwed Fils-Du-Vent :« En effet. Il semblerait que des pêcheurs aient appercus sur la côte ouest de l'île, loin des zones surveillées, un vaisseau portant les armes du Svarfragar . Selon toute vraisemblance, c'est l'héritier et actuel Comte présomptif, Einar, qui se trouvait déjà en mer lors de notre rafle, et que son père avait vraisemblablement prévenu avant de combattre à mort contre les gardes venus l'arrêter, qui est venu prendre Holger à son bord avant de filer le plus vite possible loin de nos côtes. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Pour aller où ? »

Arwed Fils-Du-Vent :« C'est là la question qui fâche. Le vaisseau d'Einar est assez rapide et a assez d'autonomie pour rallier la plupart des côtes proches. Il ne se risquera pas dans un pays ami, mais il y a encore trop de pays neutres à portée de vaisseaux, des pays généralement corrompus ou à l'état très faible. De là, avec l'argent qu'ils ont sans doute emporté, ils pourraient prendre l'avion pour n'importe où ou presque... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ce n'est pas une réponse acceptable, et tu le sais ! Il ne fait aucun doute qu'Holger est la tête pensante derrière tout ça, même si Odin seul sait pourquoi ! Je le veux, mon frère ! Vivant si possible, mort si ça ne l'est pas, mais je le veux ! Offre une récompense, mobilise nos contacts, fait comme tu veux, mais son sang répondra à celui de ma bien-aimée, j'en fais le serment par Tyr et les Douze Dieux ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« Je comprend, Alwin. Je te jure par Tyr et par Loki que nous le retrouveront. En attendant, nous avons déjà du monde à interroger et juger... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « C'est vrai, trop de monde, hélas. Continue de faire arrêter les seconds couteaux, et nous allons préparer les interrogatoires et les procès de tout ce petit monde. Il faudra aussi réunir le Haut-Conseil, pour éviter que tout ça ne se transforme en crise, mais je serai très clair sur le fait qu'aucun pardon royal ne sera accordé pour ceux qui seront établis comme réellement coupable de ce crime, fait mon confiance... »
Alwine

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Rage et deuil (4) :

[right]3 avril 2033, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Le temps avait passé, mais c'était toujours tout de noir vêtu que Patte-De-Foudre tenait une réunion de son conseil le plus restreint dans un salon de son Palais Royal. L'homme s'était apaisé, bien que sa rage n'ait pas encore véritablement fini de brûler, en partie grâce à la cérémonie funèbre de son épouse, qui avait confiée celle-ci aux mains bienveillantes des Dieux, et en partie de par une nouvelle toute spéciale qu'on lui avait annoncé, et qu'il voulait maintenant s'entendre confirmer.

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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors on en est certain ? C'est bien ce chien galeux, et pas un nouveau sosie ou je ne sais quoi ? »

Par rapport aux entretiens d'urgence que le Roi avait eut avec son maître-espion, un troisième personnage était venu s'ajouter, celui qui, toujours, avec complété la redoutable machine que formait la fratrie royale : Valens le Tonnerre, qui commandait aux armées royales. Mais en l'occurrence, ce fut encore une fois le frère bâtard qui prit la parole, car l'information était après tout son domaine.

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Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.
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Arwed Fils-Du-Vent :« Empruntes, test ADN, dossier dentaire, et tout le reste... tout a été vérifié, jusqu'à ses marques de naissances. Nous sommes certains que c'est bien Holger Verte-Feuille que les amarantins nous ont renvoyé. Il est mort, mon frère, c'est certain. »

Le monarque salua cette nouvelle d'un grognement, visiblement à moitié plongé dans ses pensées. D'un côté, il était bien entendu très heureux de savoir que le traître – qui méritait plus que tous les autres ce titre – à la tête du complot était mort et ne pourrait pas fuir. D'un autre, il ressentait une vive déception à l'idée qu'il soit mort d'une balle en plein cœur et pas dans une salle de torture, et était plus déçu encore de ne pas avoir pu entendre lui-même ses cris d'agonie. C'était là la partie le plus sanglante et ombrageuse de sa personnalité, que ses frères connaissaient bien. Arwed n'ajouta d'ailleurs rien, et jeta un coup d’œil à Valens, le troisième frère finissant par prendre la parole à son tour, d'une voix douce.

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Son Altesse Valens le Tonnerre, Prince du Vonalya et Ministre des Armées.[/center]

Valens le Tonnerre :« Au moins est-il mort, mon frère. Laisse les dieux lui accorder sa juste punition, et quant à nous penchons-nous sur ce que nous devons faire à présent. Le peuple et la noblesse n'attendront pas éternellement avec les accusés en prison et les fiefs sous la direction des gouverneurs royaux détachés de l'armée. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Les nobles, les nobles... ils feraient mieux de ne pas trop l'ouvrir, cette bande de cloportes ! S'ils tentent quelque chose en faveur de ces chiens, je leur montrerai qu'une nuque raide se coupe tout aussi bien qu'une souple ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« Calme toi, Alwin... tu sais que la plupart d'entre eux, même tes ennemis, n'auraient jamais approuvé tout ça. »

Patte-De-Foudre foudroya son demi-frère du regard quelques instants, mais cela ne dura pas, et bien vite il secoua la tête avec un soupir las. Depuis la mort de sa bien-aimée, il avait du mal à contenir sa rage, surtout sur ce sujet. Au bout d'un moment, il reprit d'une voix plus basse.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Vous avez raison, bien sûr, l'un comme l'autre. Alors, quelles sont nos priorités ? »

Valens le Tonnerre :« En un mot, régler toute cette affaire. Il faut que soit tranché par la justice quels sont les coupables et quels sont les éventuels innocents. Cela m'étonnerait d'apprendre que nous en avons dans la noblesse, mais dans la masse des complices de seconds rangs, il y en a sûrement. »

Arwed Fils-Du-Vent :« J'admets que c'est possible, nous avons ratissé large, pour éviter de laisser filer un témoin-clé ou un sous-traitant directement coupable. »

Valens le Tonnerre :« Parallèlement, il faut aussi décider ce que nous allons faire de tous ces fiefs soudainement décapités. Ce n'est pas la situation de l'Urnavuk, où nous avions tout notre temps, avec un seul noble rebelle, fortement impopulaire et totalement vaincu, avec, aussi, l'Armée Royale qui « pacifiait » le territoire et des nobles qui songeaient déjà à tirer chacun le meilleur profit. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Comme ceux qui en ont profité pour caser leur fils par exemple. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Proprement scandaleux ! »

Valens eut un léger rire, et Arwed rit en retour. Alwin, de son côté, se contenta d'un sourire, mais ses frères savaient que c'était déjà un premier pas, et que le fait qu'il ait lui-même lancé la boutade était prometteur. Après quelques instants, le militaire repris.

Valens le Tonnerre :« Proprement scandaleux, en effet. Ici, donc, la situation est différente. Je pense que nous aurions tout intérêt à laisser les fiefs dans la famille, sauf si vraiment elle est toute entière composée de traître ou d'incapables. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Et même dans ce cas-là, nous devrions éviter tout morcellement des frontières ou parachutage d'un noble extérieur. Autant éviter de troubler plus encore les esprits. »

Le monarque prit le temps de considérer les conseils de ceux qui avaient toujours été ses plus proches et fidèles conseillers. Valens et lui s'étaient jadis affrontés, si on peut dire, pour la couronne, mais si tôt l'un porté sur le trône, l'autre lui avait voué sa foi, comme ils se l'étaient promis étant enfants – et dans ses instants les plus sombres, il se surprenait à prier que ses enfants aient autant de sagesse lorsqu'il rejoindrait Odin et sa bien-aimée. Quant à Arwed, il leur avait de tout temps été dévoué. Néanmoins, il restait le Roi, et même eux n'auraient pas tenté de lui imposer quoi que ce soit.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je vous accorde ce point, à une exception. L'expérience initiée par père avec la Baronnie de Sjalvbefrihet s'arrête ici. Ils ont prouvés qu'ils ne savaient que mordre la main qui leur accordait la liberté, soit. Ils retourneront à leur ancien statut, et seront morcelés en petites seigneuries et chefferies à l'intérieur même du comté où on les intégrera ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« Ma foi, cela me semble plus que justifié, mon frère. »

Valens le Tonnerre :« En effet. De toute façon, ils n'ont jamais été très aimés, et leurs actes ont aliénés les faibles sympathies qu'ils soulevaient. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Bien ! Que l'on juge en absolue priorité les nobles titulaires d'un fief électif et leurs héritiers présomptifs. Dès que la culpabilité sera prouvée, nous trancherons les cas. Qu'on enquête aussi sur les héritiers présomptifs non inculpés. Je pense particulièrement à Svaria... »

Valens le Tonnerre :« Il est naturel de s'assurer de ne pas remettre une autre traîtresse à la tête d'un de nos duchés, en effet... »

Arwed Fils-Du-Vent :« C'est certain ! Je m'en chargerai avec une attention particulière. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Parfais. Un autre point à voir dès maintenant ? »

Arwed Fils-Du-Vent :« Hé bien, il y a le cas de celle qui nous a débarrassé du chef des chiens galeux... Ottilia Knutsdottir, jadis d'Urnavuk. »
Alwine

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Discussion en tête à tête :

[right]8 avril 2033, Auberge de la Corne d'Argent, Narvarion.[/right]

La Corne d'Argent était une auberge de la capitale, très prisée des nobles et des quelques autres personnages pouvant s'offrir une telle compagnie. C'était un endroit bien plaisant dans lequel être relégué, un endroit où on pouvait obtenir sans trop de mal la plupart des choses que l'on désirait. Sans doute bien des gens auraient-ils été ravis de s'y voir offrir un séjour tout frais payés pour un temps indéterminés par la Couronne, mais Svaria Danse-Liane n'était pas de ceux-là. Il fallait dire que sa situation était un peu particulière : d'ambassadrice tranquillement installée dans un pays qu'elle avait appris à apprécié, sans parler du prestige de la position, sœur d'un des nobles les plus puissants du Royaume, elle était devenue, lui semblait-il, une prisonnière potentielle discrètement surveillée dans cette cage sans barreau, fussent-ils dorés.

Mais elle savait que la fuite aurait été un aveux de culpabilité, aussi n'avait-elle rien tenté de ce genre. Pour aller où, de toute façon ? Elle s'était contentée de recevoir les « enquêteurs », bien qu'elle soupçonne ceux-ci de porter la double casquette d'agents secrets, et avait répondu à leurs questions. Non, elle n'avait rien avoir avec la trahison de son frère. Non, elle n'avait aucune idée de ses raisons ou de ses motivations. Oui, elle admirait sincèrement Varana la Céleste. Oui, elle aurait volontiers collaborer à l'arrestation de toute personne impliquée dans sa mort. Et non, par la barbe d'Odin, elle n'avait aucune idée de la présence de son frère en Amarantie avant qu'on ne lui apprenne qu'il était réduit à l'état de cadavre dans le salon d'une noble en exil, et qu'elle ne doive mener les démarches pour récupérer son corps... pour que la Couronne puisse vérifier qu'il soit bien mort.

Tout cela était vrai, d'ailleurs, sinon qu'elle aurait sûrement hésité avant de livrer son frère : mais Ottilia lui avait évité cela, sans qu'elle sache s'il fallait la bénir ou la maudire pour cela. Le reste était vrai. Si elle avait été à la place de son frère, elle n'aurait jamais choisi l'Amarantie pour se réfugier : entre le côté évident de la chose, vu son poste et le régime d’anoblissement avec immunité totale proposée par la Principauté, la chose semblait à éviter. C'était peut-être pour cela qu'il l'avait fait, pour ce qu'elle en savait, choisissant la voie qui semblait trop évidente pour être prise. Cela ne lui avait pas réussi ceci dit, et Svaria n'était même pas sûr qu'il aurait pu réussir, à terme : un prince qui vous vendait un titre de noblesse à prix d'argent avait toutes les chances de vous vendre vous à un Roi riche et avide de vengeance...

Quoiqu'il en soit, son frère avait fait ce qu'il avait fait, et comme toujours toute sa lignée devait en payer les conséquences. L'ambassadrice momentanément « sur le carreau » jouait donc le jeu, la tension montant alors que le procès des accusés officiels débutait, la belle ne sachant si elle allait les rejoindre. Elle guettait l'arrivée de gardes venus l'arrêter, mais se fut une invitée toute différente qui se présenta dans ses appartements ce jour-là.


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Dame Svaria Danse-Liane de Sundebard, ex-ambassadrice du Vonalya en Amarantie, héritière présomptive du Duché de Sundebard.[/center]

Svaria Danse-Liane : « Hé bien, pour une surprise... que me vaut l'honneur d'une telle visite ? Seriez-vous venue pour m'éliminer discrètement, ou pour m'arracher vous-mêmes des réponses ? »

Elle était belle, la fille de Duc, et pleine d'esprit. Mais cette fois-là, la mince bravade cachait surtout la pointe de peur qu'elle avait eu en voyant sa visiteuse. Une femme portant un masque sobre de servante d'Odin, et, épinglée au niveau du cœur, une broche en forme de corbeau, taillée dans l'obsidienne. Un costume qu'il n'était pas bon d'arborer par dérision, et qui, vu les deux agents de « police » qu'elle savait intimement être des espions qui encadraient la visiteuse, ne pouvait pas en l'occurrence être usurpé. Mais ce constat ne rendit que plus inquiétant le fait que l'inconnue qui ne l'était pas vraiment enlève son masque, révélant un visage sans âge.

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Hugin, chef en second et voix officieuse de l'Œil Borgne.[/center]

Hugin : « Rien de tout cela, ne vous en faites pas. Je suis venue vous instruire, pas vous tirer des informations, et vous ne rencontrerez probablement pas le Père-de-Tout aujourd'hui... pas de mon fait en tous cas. »

La femme avait une voix douce, tranquille. Et l'ancienne ambassadrice la laissa entrer sans rien ajouter, son escorte restant au dehors. Les deux femmes prirent place, mais Svaria quittait peu des yeux sa visiteuse, qui le nota avec un sourire.

Hugin : « Allons, allons, je vous ai dit que vous n'aviez rien à craindre. Je ne vous tuerai pas pour avoir vu mon visage. Je ne pourrais être qu'une porte-parole parmi bien d'autres, vous savez. Et même dans le cas contraire, mon visage n'importe guère. »

Cela faisait partie de la légende, en effet : que le nom d'Hugin ne soit pas seulement transmis d'une « voix » à l'autre, mais soit porté par plusieurs personnes à la fois. Svaria ignorait ce qu'il en était vraiment, mais elle n'aurait pas eu de mal à croire qu'il n'y ait qu'une porte-parole et qu'elle l'ait en face d'elle. De toute façon, la réalité était la même. Si celle qui portait la voix de l'Œil, quand les services secrets avaient besoin d'une voix, se déplaçait en personne, c'était sans nul doute qu'une décision avait été prise. Le fait que ce ne fut ni de la tuer ni de la torturer était sans doute déjà une bonne chose.

Svaria Danse-Liane : « Bien, je vous crois sur parole. De quoi venez-vous... m'instruire, alors ? »

Hugin : « De votre avenir. Comme vous le savez, les procès des complices de votre frère sont en cours, mais sa culpabilité à lui ne fait aucun doute. Il est donc totalement inenvisageable de laisser ses enfants hérités de lui... ce qui nous amène à vous. »

Svaria Danse-Liane : « ... à moi ?! »

Pour le coup, la jeune femme était véritablement surprise. Non seulement elle n'avait jamais imaginé hériter de son frère en temps normal, elle qui n'était que la troisième de la fratrie et avait plusieurs neveux, mais elle l'imaginait moins encore après sa trahison.

Hugin : « Oui, vous. La trahison de votre second frère ne fait pas de doute non plus, il est actuellement en jugement. Vous, au contraire, vous étiez loin de toute cette affaire, et on a pu prouver qu'aucune communication entre vous et votre frère ne montrait une quelconque implication. Vous ne vous êtes guère envoyé que des cartes de vœux, tout au plus. »

Svaria Danse-Liane : « Et donc, cela me qualifie d'office ? »

Hugin : « Cela vous innocente. Et vous placer sur le trône apaisera le peuple du Duché. Nous ne tenons pas à ce que la révolte reprenne directement depuis les couches populaires. »

Svaria Danse-Liane : « Je suppose qu'il y a un mais ? »

Hugin : « En effet. Vous serez surveillé de très prêt, et vous devrez accepter plusieurs personnes que nous vous désignerons parmi vos auxiliaires proches. Des personnes dont nous sommes sûrs. »

Autant dire des espions. En somme, elle pouvait accéder au pouvoir, mais il faudrait qu'elle accepte que l'Œil regarde continuellement par dessus son épaule, au moins pour une dizaine d'années, sans doute. Elle prit le temps d'y réfléchir, mais fini par hocher la tête.

Svaria Danse-Liane : « Ma foi, je suppose que même ainsi j'aurais tord de me plaindre. Mais je pose une condition, qu'il ne soit fait aucun mal à mes neveux. »

Hugin : « Nous ne sommes pas des monstres voyons, nous ne massacrons pas les enfants. Ils seront dégradés de leur rang de noble et leur lignée écartée officiellement de l'héritage, mais ils ne seront pas inquiétés au-delà. Vous avez ma parole... Votre Grâce. »
Alwine

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Visite princière :

[right]19 août 2033, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Après un dîner plutôt animé, la princesse horbarienne venait de se retirer dans les appartements mis à sa disposition, pour la première nuit qu'elle passerait dans le palais nordique. En dépit des latitudes toutefois, le palais était bien chauffé, et elle devait être à la fois confortablement installée et bien au chaud. Le Roi s'était attardé dans le salon où les royaux personnages avaient partagé un dernier verre en compagnie de quelques conseillers, sa fille restant au près de lui sans même qu'il ait besoin de le demander. Patte-De-Foudre avait approché un fauteuil du généreux feu de bois, y avait rajouté quelques bûches et étendu ses pieds vers les flammes avec un soupir de contentement. Il avait un verre d'hydromel en main, et le faisait pensivement tourner dans sa grande patte tout en contemplant les flammes. Un silence passa, en partie pour laisser le temps à tous les serviteurs de quitter les lieux, avant qu'il ne reprenne la parole.

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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hé bien, la soirée fut plaisante. Elle me plaît plutôt bien, cette princesse janubienne, elle a de la répartie ! »

Le monarque adressa un sourire à sa propre fille, qui le lui rendit. Svanhilde s'était pour se part perchée sur le dossier du large divan qui faisait dos au feu, et tenait en main un fin verre encore remplis à demi d'une liqueur fruité. Elle avait patiemment attendue que son père prenne la parole, et lui répondit maintenant sans perdre son sourire légèrement amusé.

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Svanhilde Rose-De-Givre, Princesse Royale du Vonalya.[/center]

Svanhilde Rose-De-Givre : « Étrangement, je dois dire que cela ne me surprend pas vraiment. Je l'aime bien, moi aussi, et c'est une redoutable négociatrice. Son père a fait un bon choix en lui confiant sa diplomatie, je dirais. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tout comme j'ai assurément fait un bon choix en te chargeant des négociations. »

Contrairement à l'horbarienne, la princesse vonalyanne ne gérait pas la diplomatie, et n'était pas désireuse de le faire, mais entre l'excellent rapport qu'avait fait Parle-d'Or sur sa manière de mener les négociations avec l'Orlanie – des négociations tout à fait fructueuses, en plus, ce qui ne gâchait rien – et le soucis de présenter à Vanmalli un interlocuteur de rang égal, le choix avait été évident. Il était certain que la janubienne avait pu se trouver plus de points communs avec elle qu'elle n'aurait pu le faire avec le vieux roi en deuil. Alors que sa fille levait son verre vers lui et en buvait une légère gorgée, pour saluer ce compliment, Patte-De-Foudre poursuivit.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « D'ailleurs, comment se sont-elles passées, ces négociations ? »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Très bien. Nous avons renouvelé notre amitié, conclus quelques mesures symboliques comme des jumelages, ce genre de choses... bref, l'objectif principal d'une vitrine pour renforcer l'image de notre amitié est atteint. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Te connaissant, je suppose que tu as également inscrit quelques points plus concrets à l'ordre du jour ? »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Bien entendu, père. J'ai réussi à négocier une augmentation de l'abattement de taxes entre nos deux pays, notamment. Nous passerons de cinq à huit pourcents, sans que cela ne nous mette vraiment en danger. Sur que nous produisons nous-mêmes, les horbariens n'ont guère les moyens de nous concurrencer de façon dangereuse. Par contre cela facilitera les transactions pour ce dont nous avons besoin... et ce que nous leur vendons. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je reconnais bien là ton esprit de commerce ! »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Par ailleurs, comme nous en avions discuté, j'ai également discuté d'un partenariat technologique. Nous avons assez peu de technologies à échanger en fait, nos profils technologiques sont assez proches, néanmoins, en m'appuyant sur d'autres points de la discussion j'ai réussi à conclure un partenariat que je pense très profitable : nous leur transmettrons notre savoir en matière de télescope, ce qui leur permettra d'améliorer certains de leurs systèmes optiques, et en échange j'ai décroché leur aide pour les missiles à courte portée. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hé bien ! J'avoue que je ne m'attendais pas à un tel coup de force ! »

Avec un joyeux éclat de rire, Patte-De-Foudre leva son verre et en descendit une grande gorgée, rendant ainsi hommage à la réussite de sa fille, qui sourit à nouveau. Si le Vonalya n'ambitionnait pas de devenir un leader sur le marché des missiles, être capables d'en construire pourrait toujours s'avérer utile, si un jour le climat en venait à la tension...

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je suppose que ces « autres points » renvoient aux closes secrètes dont nous avions parlé... »

Svanhilde Rose-De-Givre : « En effet. Les horbariens s'organisent pour monter une vaste défense régionale contre le Karupurajyam et faire la paix avec le Mahajanubia, mais Spencer les inquiètent. Ils craignent un nouveau coup de folie de sa part qui pourrait retourner ou même simplement paralyser les membres de l'Union Panocéanique au moment crucial, ce qui viderait quasiment leurs pactes régionaux de leur substance. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « D'où le rappel de leurs liens forts avec nous et leur recherche d'autres alliés supplémentaires. »

Svanhilde Rose-De-Givre : « C'est ça... et d'où aussi leur volonté de s'assurer de l'aide en cas de pépin. Un protocole d'assistance mutuelle serait trop ostentatoire et risquerait d'inquiéter leurs divers voisins, sans compter la vulnérabilité de leur pays s'il devait s'engager dans une aventure militaire par chez nous. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Et l'épidémie de grippe, d'engelures et d'autres plaies qui les frapperait sans doute ! »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Aussi, en effet. Tout en réaffirmant notre amitié publiquement, nous avons donc conclu un accord secret : en cas de guerre incluant le Karupurajyam, le Vonalya enverra des troupes pour soutenir l'Horbarash sur simple demande de celui-ci... et au cas où nous aurions besoin d'aide ils nous rendraient la pareil dans la mesure de leurs moyens, bien que le cas soit moins probable et pertinent, comme tu viens de le souligner, donc ils considèrent que nous leur faisons une fleur, bien entendu. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hmmm... et en échange, nos propres missiles, c'est ça ? »

Svanhilde Rose-De-Givre : « C'est ça, et leur promesse de ne pas chercher à nous concurrencer dans le futur sur les télescopes haut-de-gamme. Et de l’assurance que nous serons toujours bienvenus pour acheter des missiles chez eux. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahahah, ça je n'en doute pas ! Félicitation en tous cas ma chérie, tu as mené tout cela de main de maître. »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Merci, père, j'ai fais de mon mieux... »
Alwine

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La Reine est morte...

[right]14 janvier2033, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

En ce froid après-midi de janvier, le monarque du Vonalya recevait un ami et pour ainsi dire un voisin, le baron Dankrad II de Tröskekuling, que ses yeux au bleu très clair avait prédestiné au surnom de Regard-de-Givre bien plus qu'une réelle froideur de sa personnalité. Il était parmi les plus âgés des nobles vonalyans encore en exercice, mais toujours vif d'esprit et assez solide de corps. C'était aussi un vieil allié de la Maison Royale, et un « voisin » au sens territorial du terme, puisque sa baronnie était frontalière du Domaine Royal. Patte-De-Foudre le connaissait depuis son enfance, où son père, déjà, avait grande estime pour le Baron, et il écoutait toujours les avis de celui qui était sans doute un de ses meilleurs soutiens au Haut-Conseil. Le mot de Dankrad lui avait précisé que la conversation ne lui plairait peut-être pas mais le Roi avait choisi d'ignorer la question et de simplement se réjouir de la visite de son ami.

Loin du cadre formel, Alwin le Quinzième recevait le Baron dans un confortable salon chauffé une grande cheminée où crépitait un bon feu qui tenait en respect le froid de l'hiver. Patte-De-Foudre savourait un verre d'hydromel devant la flambée quand un serviteur introduit le noble visiteur, le monarque lui faisant signe avec le sourire de prendre place au près de lui, témoignant d'une certaine familiarité.


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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ah, Dankrad, vient, assied toi, prend un verre et remplis le ! C'est toujours un plaisir de te voir, tu te fais trop rare ! »

Habitué à la familiarité de son monarque, qu'il connaissait du reste depuis l'enfance, le vieux baron s'exécuta sans protester, s'installant sur un siège voisin de celui du monarque, lui aussi un verre à la main.

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Dankrad II Regard-de-Givre, Baron de Tröskekuling.[/center]

Dankrad II Regard-de-Givre : « Ah tu sais, je me fais vieux, et il fait bien froid en cette saison pour balader mes vieux os sur les routes ! »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahahah, je suis heureux alors que tu ais malgré tout trouvé le courage de venir voir ton roi, mon vieil ami ! »

Le baron n'était pas si certain que cela que son souverain aurait toujours cette joie à la fin de la discussion, mais pour un temps il mit cela de côté. Les deux hommes parlèrent un moment devant le feu, le roi se relevant parfois pour ajouter une bûche, échangeant des nouvelles de leur famille et de leurs terres. On aurait tout à fait pu penser avoir affaire à deux vieux propriétaires terriens campagnards, deux amis habitants à une ou deux fermes de distance l'un de l'autre, ou à quelques terrains de chasses l'un de l'autre plutôt, dans de si froides latitudes, qui auraient tissé leur discussion de mille et une allusions à des affaires parfois bien lointaines, qui s'étaient passées des années au par avant, parfois puisant dans les souvenirs transmis par leurs propres pères, surtout dans le cas de Patte-De-Foudre.

Mais ils n'étaient pas cela, bien sûr, même s'ils se considéraient comme voisins et amis. Ils étaient aussi un Roi et l'un de ses plus fidèles Barons, comme le rappelait le cadre luxueux et leurs vêtements de prix, mais surtout comme fini par l'illustrer leur conversation, Dankrad abordant finalement le sujet épineux qui l'avait conduit en ces lieux, en dépit du froid et de la neige, parce qu'il pensait être le mieux placé pour aborder la question avec le monarque.


Dankrad II Regard-de-Givre : « Aaaaah toute cette conversation fut des plus plaisantes, moi Roi, mais il est temps que j'aborde la question pour laquelle je suis venue te voir. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Allons, allons, si c'est si désagréable pourquoi gâcher une si belle discussion ! Laisse cela de côté et reviens me voir dans quelques jours, cela te fera un prétexte ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Je ne sais si mon vieux corps supporterait encore ce froid trajet , fit-il à moitié sur le ton de la plaisanterie, et puis si j'ai fais le voyage c'est bien que je voudrais que cela se règle avant de s'envenimer. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahahaha, je te reconnais bien là ! Hé bien soit, je t'écoute ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Une question commence à enfler dans les coursives du Haut-Conseil et plus largement dans les couloirs de la noblesse en générale... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Comme d'habitude. Il faut bien que la noblesse ait ses propres loisirs. »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Alwin s'il te plaît, cela te concerne de prêt. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « C'est hélas mon fardeau en tant que roi ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « On en est presque venu à se battre sur l'identité de ta future femme. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Sur l'identité de ma... QUOI !?! »

La voix du monarque avait tonné alors qu'il se redressait, et le baron se fit la remarque en grimaçant intérieurement que si sa patte était de foudre son cri était sans nul doute de tonnerre, mais il était résolut et il poursuivit.

Dankrad II Regard-de-Givre : « De ta future femme. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Il n'y a pas de future femme prévue au programme ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Au leur, si. Cela... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Cela est inadmissible surtout ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Alwin, par Tyr et Odin, écoute moi ! Cela fait presque un an maintenant qu'elle est morte, et si tu portes toujours le noir beaucoup considèrent que tu as rompu le deuil. Tu apparais en publique, mène tes affaires, conduit des rencontres internationales, assiste à des cérémonies... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « J'assume mon devoir de Roi, par les couilles de Thor ! Cela ne remet nullement en cause mon chagrin ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Ton chagrin, non. Ton célibat, oui. Un roi sans reine attire toutes les convoitises de tous les pères nobles avec une fille à marier. Tous s'imaginent déjà te faire épouser leur fille, lui faire pondre un ou deux rejetons, et assurer la régence en leur nom s'ils parviennent à les faire élire après ta mort. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hé bien ils peuvent toujours se gratter ! Je vais aller leur dire publiquement que je ne suis pas de retour sur le marché ! »

Dankrad II Regard-de-Givre : « Aucun ne t'écoutera, tu les connais, chacun sera persuadé que tu es déjà en négociation maritale avec un des autres et cherchera à obtenir la meilleure place, y compris en faisant tuer les rivales. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Raaaaaaaaaaaaaaaah mais qu'ais-je fais aux Dieux pour mériter de tels nobles par tous les maléfices de Loki ! »

Dankrad avait une petite idée de motifs, puisés dans son enfance comme dans son règne, qui pouvaient répondre à sa question, mais il n'en dit rien. Il savait que la conversation risquait fort d'être encore bien longue avant de convaincre l'ombrageux souverain...
Alwine

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La Reine est morte... (2)

[right]17 janvier2033, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Le Roi bouillait, et tous les serviteurs du Palais Royal le savaient bien. Ils rasaient soigneusement les murs pour éviter de croiser inutilement la route du monarque, et servaient avec calme et discrétion, avec autant de silence et de retenue que possible. C'était que le souverain avait des colères explosives, et qu'il ne valait mieux pas être sur son chemin quand il était d'humeur ombrageuse. Il était vrai que la chose lui arrivait rarement, car si ses colères pouvaient être promptes elles ne duraient d'ordinaire pas longtemps, mais cela faisait trois jours maintenant que celle-ci ne tombait pas, ou pas de beaucoup. Le gouvernement évitait soigneusement de lui soumettre toute affaire non-urgente, la domesticité s'effaçait, et tout ce petit monde avait vu son dernier espoir de voir cet état passer rapidement revenir justement au château après une absence d'une petite semaine.

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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Me remarier ! Non mais tu te rends compte ! Cette bande de grotesques parasites veut que je me remarie ! Je devrais tous les balayer comme des fétus de pailles tient, faire comme Alexandra et abolir toute cette classe de chiens galeux ! »

Le monarque tempêtait, et comme souvent quand il en était ainsi il allait et venait dans la pièce, en l'occurrence son bureau favoris, de ses grands pas de géant, comme un ours en cage. Jadis, Varana avait su l'apaiser, mais elle n'était plus, et c'était bien là le problème.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Non mais, tu te rends compte, demanda-t-il pour la cinquième fois au moins, depuis le début tout proche de la discussion, tu te rends compte de ce qu'ils demandent, par les couilles d'Odin ?! Ils veulent que je remplacent ta mère ! »

Le dernier espoir n'était ni le sage baron qui avait ouvert les vannes de la colère royale, ni un de ses frères dont il était pourtant très proches, ou un de ses autres conseillers. C'était sa fille, celle de ses filles qui, en intelligence et en calme au moins, ressemblait le plus à sa mère, et qui, jugeant qu'il avait déverser assez de colère pour l'écouter au moins un moment, répondit finalement d'une voix douce à la rage de son père.

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Svanhilde Rose-De-Givre, Princesse Royale du Vonalya.[/center]

Svanhilde Rose-De-Givre : « Je m'en rends compte, oui, tu le sais bien. N'oublie pas qu'elle était ma mère, justement, cela me concerne aussi. »

Patte-De-Foudre poussa un grognement, mais lui accorda ce point. Il pouvait traité par la rage et le mépris les arguments de ses conseillers, même s'ils étaient ses frères, mais s'il avait perdu une femme Svanhilde avait perdu une mère, une mère qu'elle aimait beaucoup. Il ne pouvait prétendre balayer pareillement ses paroles.

Svanhilde Rose-De-Givre : « Tu m'accordes donc de te donner mon avis ? »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Oui, oui, tu sais bien que je te l'accorde toujours sur tous les sujets, de toute façon ! Tu dois être aussi scandalisé que moi, non ? »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Non. Je pense que tu devrais régler la question et te remarier. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tu quoi ?!?! »

Pour le coup, la surprise avait stoppé la marche du monarque en colère et lui avait quelque peu cloué le bec. Il se planta sur place, non loin de la fenêtre, et se retourna d'un bloc vers sa fille qui le regardait avec calme, à demi accoudée sur le dossier d'une des confortables chaises.

Svanhilde Rose-De-Givre : « Tu m'as bien entendu. Ils ont raison, tu sais, un roi seul sur le trône attise toute sorte de projets, et celle-ci n'est que la plus inoffensive. Si en plus cela peut éviter le chaos dans la noblesse, fais-le. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Mais je... tu veux me voir trahir ta mère ?! Pour de la politique de bas égage ?! »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Tu dis ça comme si tu étais resté chaste et fidèle depuis le jour de sa mort... »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Que... je... tu sais que ça n'a rien avoir ! »

Le Roi avait des maîtresses. Ce n'était pas un secret pour sa fille ni pour quiconque au palais, et ce n'était pas spécialement un tabou ou un problème dans la culture vonalyanne. Il en avait déjà d'ailleurs du vivant de sa femme, depuis plusieurs années et sans que ça ne pose problème à celle-ci, comme son père et sans doute la plupart des rois avant lui. Seules les relations avec une femme mariée à un autre auraient été un problème, virtuellement.

Svanhilde Rose-De-Givre : « C'est pourtant un fait. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Un fait sans rapport ! Du vivant de ta mère déjà j'avais des amantes, mais je n'ai jamais eu qu'une épouse, et je l'aimais. Je ne veux pas insulter sa mémoire en prenant une autre épouse ! »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Vraiment ? Tu penses qu'elle préférerait, depuis les halls d'Odin, te voir semer la discorde dans ton propre peuple à cause d'elle, alors même que nous avons réussi à punir ses assassins sans déchirer le pays ? »

Patte-De-Foudre ne répondit pas, car ils connaissaient tous les deux la réponse. Toute sa vie, la sage Varana avait agit pour préserver l'unité et la prospérité du Royaume y compris des colères et des rancunes de son propre époux.

Svanhilde Rose-De-Givre : « Et au fond qu'est-ce que cela changerait ? Les Dieux savent bien où va ton amour. Ce ne sera qu'une amante de plus, simplement plus... officialisée. Cela calmera la noblesse et qui sait, un ou deux princes ou princesses de sang de plus ne feront pas de mal pour occuper des postes-clefs dans quelques années. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « S'ils ne vous piquent pas le trône pour être transformés en marionnette de leurs grands-parents. »

Svanhilde Rose-De-Givre : « Allons, tu nous vois sérieusement nous faire voler le trône par un bébé ? Évite d'épouser Rosalia, et tout devrait bien se passer. »

La remarque tira un léger rire à Patte-De-Foudre, qui ne doutait pas que, placée en reine-mère, sa rivale politique de toujours aurait su s'arroger le pouvoir. Et il n'osait pas imaginer les scènes de ménages avec elle. Il secoua rapidement la tête ceci dit, et n'abandonna pas si facilement son humeur ombrageuse, mais la carapace de colère était fissurée, et les arguments de Svanhilde portait. Il faudrait sans doute encore une longue discussion, mais elle semblait bien partie pour obtenir le miracle tant espéré par l'entourage du Roi.
Alwine

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La Reine est morte... (3)

[right]27 janvier2033, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Cela faisait une bonne semaine maintenant que le monarque avait eut une longue conversation avec sa fille et il avait fini par admettre, après avoir ruminé plusieurs jours, que ce mariage était une idée qu'il ne pouvait pas balayer d'un simple revers de la main, si forte que soit son envie de le faire. Il lui faudrait se remarier, restait à savoir avec qui. Pire : soit les Dieux lui jouaient de drôles de tours, soit quelqu'un avait déjà commencé à répandre la nouvelle à l'étranger, vu [url=http://www.simpolitique.com/ambassade-royale-royaume-vonalya-t13176-105.html#p322424]la missive[/url] qu'il venait de recevoir ! Il avait donc fait appeler un de ses proches, avec dans l'idée qu'il serait son meilleur moyen d'y voir plus clair dans cette affaire, comme dans bien d'autres.

[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/0/c/alwin-50310c1.jpg[/img]

Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hmmmm alors tu as eu le temps de te renseigner ? Quelqu'un a vendu l'information contre un ballotin de chocolat, ou quelque chose comme ça ? »

Le Roi et son interlocuteur conversaient autour d'une table basse, chacun calé dans un confortable fauteuil recouvert de fourrure, une carafe de vin chaud entre eux. Son frère but une longue gorgée de son verre avant de lui répondre.

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Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.
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Arwed Fils-Du-Vent :« Pas tout à fait, mais il y a de ça. Récemment, une délégation de Tlalalo.... Tlola... enfin, de ces dorimariens est venue en visite dans le Royaume pour vendre une gamme de luxe à toute une série de nobles. Personne n'a vendu l'information, mais elle a tellement tourné que la chose a pu fuiter. Ou, comme il l'écrit, cet homme a peut-être juste décidé de profiter de l'occasion. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ce serait un sacré coup de chance vu que j'aurais brûlé sa lettre il y a deux semaines ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« Les dieux lui sourient peut-être... et sa candidate est quand même agréable à regarder, avouons-le. »

Du dossier devant lui, il sortit la photo jointe dans la lettre, assortie de quelques autres clichés de la belle qu'on avait pu se procurer. Aucun doute c'était en effet une belle femme et Alwin contempla les photographies quelques instants avant de soupirer.

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Belle ou pas ce n'est pas la question. Il est hors de question de risquer une tentative de mise sous tutelle du Vonalya par l'étranger après ma mort à travers un jeune héritier. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Cela aurait le mérite de clore le chapitre des rivalités internes. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Certes, mais c'est trop risqué à terme. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Je te l'accorde volontiers, mon frère... mais reste alors à voir qui choisir dans notre noblesse. Cela va encore occasionner des tonnes de chamailleries et de conflits grands et petits, tu le sais ? »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « D'où la seconde raison de ta présence ici : me conseiller. Après tout, tu es le mieux informé. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Hmmm... »

L'espion et prince bâtard prit le temps de se resservir un verre et de faire doucement tourner en réfléchissant à la question, avant d'en boire une bonne gorgée.

Arwed Fils-Du-Vent :« Honnêtement, le meilleur choix c'est de couper court. Ne leur laisse pas le temps de palabrer. Pas de place pour jouer d'influence. Pas d'occasion de venter que leur fille, sœur ou cousine est la plus belle. Choisi sur autre chose. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je dois choisir une moche sans influence ? Tu sais comment me convaincre ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« Ahahah non, quand même pas. Mais... choisi selon la proximité, le souvenir, tout ça. Je crois savoir qu'une des dames de compagnies t'avait tapé dans l’œil... enfin la dernière en date. Et que depuis elle s'est montré... accommodante. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je ne l'ai pas étalé mais oui, tu le sais bien. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Hé bien épouse-la. Tu professeras du fait qu'elle t'ai soutenu dans ton deuil et que l'attachement est né, ainsi que du fait que Varana l'aimait beaucoup. C'est un argument impossible à casser avec une famille plus noble ou une fille plus jolie. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hmmmmffff mais tu as raison, ça pourrait bien leur couper le bec ! »

Le monarque eut un grand éclat de rire, leva son verre et le vida ensuite joyeusement, imité par son frère, toujours heureux de parvenir à le dérider ainsi. Ils burent joyeusement de concert, avant que l'espion ne tapote doucement l'une des photos toujours sur la table.

Arwed Fils-Du-Vent :« Et cette jolie personne, que répondra-t-on à son parent soucieux ? »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hmmmm c'est vrai que ce serait dommage de laisser se perdre un beau petit lot comme ça ! »

Arwed Fils-Du-Vent :« ... et l'alliance matrimoniale avec ce pays au nom imprononçable. Même si la famille impériale est déchue elle reste très populaire. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahah, aussi ! On ne peut guère proposer une future place sur le trône à une famille royale sans trône, mais nous avons encore un neveu célibataire, après tout, rappel toi. »

Arwed Fils-Du-Vent :« Ahah, oui, et Val' qui voulait le caser ! Hé bien il sera servit ! Et notre correspondant si bien tombé aussi, le prestige y sera. »

Alwin XV Patte-De-Foudre : « Et comme tu le sais j'aime faire le bonheur de ma famille et de mes alliés... je ne doute pas que Varwin sera heureux aussi quand il l'aura vu, bwahah ! »

Riant encore, les deux frères se resservirent et, leurs décisions arrêtés, passèrent à d'autres sujets plus légers, ainsi que sur les planifications précises à prendre pour la suite des événements, entre deux gorgées de vin et deux plaisanteries fraternelles.
Alwine

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La Reine est morte... (4)

[right]3 février 2034, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Assise devant la coiffeuse de sa petite chambre, Hildmani n'en revenait toujours pas de ce qui lui arrivait, de la chance inouïe qui se présentait à elle. Troisième fille d'un petit baron provincial, qui ne devait guère son peu de prestige qu'au fait qu'il soit, par quelque hasard de l'histoire, un vassal directe de la Couronne et donc un électeur royal, elle n'avait jamais imaginé, en étant envoyée à la capitale pour servir de dame de compagnie à la Reine, que sa vie connaîtrait plus grand honneur que celui-là. Elle espérait trouver un époux convenable, un fils de noble ou un beau militaire, et pourquoi pas les deux d'un coup, d'ailleurs, faire un bon mariage et vivre une vie paisible en donnant quelques rejetons à son époux. Avec de la chance, elle espérait que la Cour lui permettrait pourquoi pas de rencontrer un héritier et de faire ainsi, au passage, un mariage qui rendrait vertes de jalousies ses deux sœurs aînées, mais vraiment, elle ne rêvait pas à plus que cela.

Même quand elle avait tapé dans l’œil du Roi et qu'elle avait été choisie par lui pour devenir l'une de ses maîtresses, elle n'avait pas imaginé un instant un tel dénouement. Même si cela ne bruissait guère dans le royaume, ce n'était guère un secret à la Cour que le monarque avait des maîtresses, comme la plupart des rois avant lui d'ailleurs, sans que cela ne dérange le moins du monde son épouse. Cela ne dépareillait nullement le rang que pouvait avoir Hildmani, voir même le rehaussait, car une femme assez belle ou intelligente pour capter l'attention du souverain attirait souvent l'attention de jeunes époux potentiels par ricochets, et pour le reste il était extrêmement rare, sauf dans les communautés chrétiennes les plus ancrées dans leurs superstitions, qu'une jeune vonalyanne – ou un jeune vonalyan, tout aussi bien – arrivait très rarement vierge au moment du mariage : on considérait comme plus intéressante une épouse déjà éprouvée aux jeux de l'amour et les relations sexuelles, déjà assez ouvertes pour les gens mariés, n'étaient pas du tout sanctionnées dans le cas des célibataires, surtout encore jeunes.

Et au final, même quand la Reine était morte, elle n'avait jamais rêvé de cela. Tout d'abord elle avait pleuré la Céleste souveraine, comme la plupart de celles et ceux qui l'avaient connus, avec sincérité. Comme la plupart de ses dames de compagnie, sauf celles qui avaient voulu le contraire, elle avait gardé une place à la Cour, servant parfois la princesse Svanhilde, et quand elle avait apporté du réconfort au monarque, cela avait été sans arrière-pensée aucune. Et pourtant, le soir précédant, après lui avoir demandé de le rejoindre dans l'intimité de sa chambre, le Roi lui avait fait une proposition tout à fait sérieuse, et qui n'avait de proposition que le nom, au fond.


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Dame Hildmani Lune-d'Or de Glydmåd, ancienne dame de compagnie de la Reine Varana.[/center]

Hildmani Lune-d'Or : « Hummm... les dieux nous réservent parfois de drôles de surprises, confia-t-elle pensivement à son reflet dans le miroir, tout en brossant lentement ses longs cheveux d'or pâle.

Des surprises, oui, et pas des petites, c'était le cas de le dire. Elle n'en était pas revenu quand, avec une pointe de timidité qui lui ressemblait bien peu, Patte-De-Foudre lui avait demandé de devenir sa seconde épouse. Pour tout dire elle était restée sans voix, et heureusement pour elle qu'elle était déjà allongée, sinon elle serait sans doute tombée à la renverse. Elle avait pensé un instant à une blague, à une cruelle plaisanterie, à une mauvais compréhension, mais non, il lui avait reposé la question, posément, lui rappelant qu'elle pouvait dire non si elle le voulait. La jeune femme eut un petit rire face au miroir en se remémorant sa réaction. Bien sûr qu'elle n'allait pas dire non, qui aurait dit non, dans sa situation ? Elle ne l'aurait pas espéré un instant, ne l'avait même jamais rêvé, mais si ce rêve au-delà de l'espoir s'offrait à elle, bien sûr elle le saisissait, sans hésiter un instant ! L'occasion d'épouser le monarque à la voix de tonnerre, et de devenir elle-même, la petite fille d'un baron lointain, Reine du Vonalya.

Bien sûr, elle n'était pas naïve : elle savait que ce n'était pas un mariage d'amour. Alwin avait aimé sa femme, elle le savait, et elle était persuadé qu'il l'aimait encore. Elle-même n'était pas une petite fille se croyant dans un compte de fée : elle ne s'imaginait pas le grand amour avec cet homme plus vieux qu'elle et dont elle n'espérait pas un instant l'amour ou la fidélité. Elle l'aimait bien, oui, pourvu qu'il lui ait été permis de « bien aimer », son roi. Il la faisait rire quand il le voulait, l'impressionnait terriblement dans sa prestance royale en habit de cours et s'était toujours montré bon et gentil avec elle, sans conditionner cela à leur relation charnelle – dans laquelle, malgré son âge, il s'était montré étonnamment vigoureux. Il était loin d'être parfais, avec ses excès, ses colères, sa tendance marquée à la boisson, entre autres choses, mais c'était un homme avec qui elle pouvait sans problème envisager de vivre. L'amour, en la matière, n'entrait pas en ligne de compte.

Ce matin-là, alors qu'elle se remettait encore de la nouvelle, elle avait été appelée par la princesse Svanhilde, et y avait été en tremblant un peu. Mais la Rose-De-Givre n'avait rien à redire au mariage, au contraire, elle l'approuvait, et elle lui avait souhaité la bienvenue dans la famille. Pourtant, dans ce bref échange, Hildmani avait surtout lu une chose qui de toute façon avait toujours été clair : elle pouvait être reine mais ni remplacer Varana, ni prendre l'ascendant sur les enfants royaux. Elle n'en avait pas l'intention, de toute façon ! Elle se satisferait très bien de la vie dorée qui lui était promise, des larmes de joies que pleurerait sans doute sa mère quand la nouvelle serait rendue publique et – oh oui, certainement !– d'aller voir la tête de ses sœurs aussi souvent que possible, la couronne au front pour bien enfoncer le clou !

La jolie blonde rit d'elle-même en reposant son peigne, et en se dirigeant vers l'armoire, seulement vêtue d'une robe de chambre couleur crème dans cette pièce bien chauffée. Il s'agissait maintenant de choisir sa tenue avec soin : pendant les prochains jours elle allait dîner avec le Roi – son promis ! – souvent et sans doute recevoir avec lui certains membres de la famille royale à qui l'on annoncerait la nouvelle en douceur avant la révélation publique. Il fallait non seulement faire bonne impression pour s'intégrer autant que possible dans ce cercle restreint des tous proches du monarque, mais aussi si pas surtout s'assurer de continuer à charmer son futur époux ! Elle ne savait pas encore exactement pourquoi il l'avait choisie elle – même si elle comptait bien le découvrir ultérieurement – mais en attendant hors de question de prendre le risque de lui déplaire et de voir cette occasion plus qu'unique s'envoler, foi d'Hildmani !
Alwine

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La Reine est morte... (5)

[right]18 février 2034, Palais Royal du Vonalya, Narvarion.[/right]

Comme de juste, les différents membres de la famille royale avaient été prévenus avant la noblesse et le peuple du futur mariage royal. Certains avaient même fait le voyage pour rencontrer la future épouse, et le dernier d'entre eux, surtout parce qu'il venait de loin, était Varwin Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk. Le jeune homme et son père le Prince Valens avaient dîné avec le Roi, la Princesse Svanhilde, le Prince Alwin et, donc, la future nouvelle Reine. Celle-ci avait visiblement été plus ou moins accepté par les enfants du Roi, bien que visiblement de moins bonne grâce par Alwin le Jeune, et Varwin avait en tous cas passé un moment tout à fait agréable avec son oncle, ses cousins et la jeune femme, qui était pleine d'esprit. Il comprenait pourquoi la défunte Reine l'avait gardée parmi ses dames de compagnies, et pourquoi le Roi l'avait choisie entre ses maîtresses pour devenir sa nouvelle épouse. Lui-même aimait autant ne pas voir une famille trop influente entrer dans le cercle de la famille royale élargie, il fallait bien le dire, et s'il aurait préféré que son oncle ne se remarie pas, il reconnaissait volontiers qu'elle faisait une bonne candidate.

Après le repas, le marquis s'était retiré en compagnie de son père, et à la demande de celui-ci. Les deux hommes s'étaient retrouvés dans un petit salon proche de leurs deux appartements, avec une bonne bouteille d'alcool que le jeune homme avait ramené de ses froides terres, une boisson fruitée et bien alcoolisée qui se buvait chaude, et était très appréciée de nombre de ses administrés. Un serviteur venait juste d'en apporter un pichet tout chaud, de servir deux verres et de se retirer quand son père entama la conversation.


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Valens le Tonnerre, Prince du Vonalya et Ministre des Armées.[/center]

Valens le Tonnerre : « Alors... que penses-tu de notre future Reine ? »

La question directe, mais ils étaient après tout dans l'intimité. Le père et le fils se respectaient énormément l'un l'autre, c'était bien pour ça que Valens avait manœuvré pour obtenir un titre pour son héritier, là où il n'en avait jamais cherché pour lui-même. Varwin souffla légèrement sur sa coupe, et répondit avec un sourire.

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Varwin Serre-de-Faucon I, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin Serre-de-Faucon : « Ma foi, elle est très bien, pleine d'esprit, et très belle, bien sûr. Je suis sûr que mon oncle sera heureux avec elle... à dire vrai je l’envierais presque ! »

Le marquis eut un léger rire amusé et bu une gorgée d'alcool encore chaud, mais fut surpris de voir que son père ne riait pas avec lui. Quand il fini par sourire, l'air qu'il pouvait y lire lui sembla d'ailleurs n'augurer rien de bon...

Valens le Tonnerre : « Hé bien, c'est une très bonne chose, ça. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Hummm... quoi « ça », que je l'aime bien ? »

Valens le Tonnerre : « Oui, je l'avoue, mais je parlais plus de l'envie. »

Varwin Serre-de-Faucon : « ... pourquoi ? »

Valens le Tonnerre : « Parce que tu te maries aussi. Et même avant lui. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Parce que quoi !? »

Pour le coup, le jeune homme, qui le voyait venir, eu quand même un mouvent de surprise, reposant un peu trop brutalement peut-être sa coupe. Il n'avait jamais pensé faire un mariage d'amour, mais il pensait, maintenant qu'il était titré, choisir lui-même, surtout qu'à sa connaissance il n'y avait aucune tractation de ce genre en cours dans la noblesse, tout étant polarisé autour du Roi.

Valens le Tonnerre : « Tu m'as compris. Et ne proteste pas, c'est un ordre du Roi. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Du Roi ? Il me refile une candidate déçue ? Je croyais qu'il n'avait même pas laissé présenter les candidatures ? »

Valens le Tonnerre : « Il ne l'a pas fait, mais certains ont essayé quand même. Les candidatures intérieures ont été ignorées. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Mais ? »

Valens le Tonnerre : « Mais il y a eu une candidature extérieure. Tu as été fiancé à une princesse dorimarienne, d'un pays dont je n'arrive strictement pas à prononcer le nom. Là d'où on fait venir notre chocolat. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Mais attend, on a des liens avec un royaume dorimarien ? »

Valens le Tonnerre : « Non, pas exactement. C'est une famille royale, impériale en fait, de jure, qui réclame le trône, tout ça. Néanmoins elle reste très influente, et c'est une bonne occasion de tendre une main à l'Ouest. En plus tu n'as pas à te plaindre, elle est plutôt jolie. »

Varwin Serre-de-Faucon : « C'est toujours ça de pris, je suppose... tu as les informations, du coup, je suppose ? »

Valens le Tonnerre : « Oui, mais avant d'entrer dans les détails il y a une chose importante à préciser. »

Varwin Serre-de-Faucon : « Qui est ? »

Valens le Tonnerre : « Qu'elle arrive dans quelques jours, tout au plus. »
Alwine

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La Reine est morte... (6)

[right]23 février 2034, Hôtel particulier des Naraven, Vihreanil.[/right]

Cela faisait longtemps que Varwin n'était plus revenu à Vihreanil, et n'avait plus goûté à la douceur, toute relative en ce moins de février, de ce climat. C'était plus doux que chez lui, que l'on parle du château de son oncle ou de son propre domaine actuel, de toute façon ! Sans doute faisait-il plus doux encore plus loin au sud-ouest, mais cela aurait été accueillir sa promise en terre à demi chrétienne, et il ne pensait pas que la légère embellie climatique aurait valu de risquer ce possible trait négatif. De fait il avait pas mal réfléchit à l'endroit le plus approprié pour la rencontre, et en était venu à se dire que Vihreanil était sans doute le meilleur endroit pour un premier contact entre eux. Il serait toujours temps plus tard de lui faire découvrir le froid de Narvarion et, peut-être surtout, de la glaciale Urnavuk.

Pour ne pas, malgré tout, à avoir à effectuer les présentations dans le froid, il avait envoyé ses gens la récupérer à l'aéroport et la conduire jusqu'à hôtel particulier que sa famille possédait ici, et qui avait été mis à sa disposition. C'était un endroit royal, au sens propre, construit par un de ses aïeux au XIXe siècle pour avoir un lieu de vie digne de son rang quand il descendait en visite, le plus souvent commercial, dans le sud du royaume. C'était sans aucun doute un cadre des plus dignes pour accueillir une princesse impériale, fut-elle issue d'une famille déchue, ce que tous, de toute façon, feraient grand soin d'ignorer le plus parfaitement du monde, étant donné qu'elle allait épouser un prince du sang, un détail qui fit brièvement sourire le jeune homme. L'union restait de toute façon prestigieuse, même s'il n'y avait aucune preuve que sa maison fut à nouveau appelée à régner dans un futur plus ou moins proche.

Finalement, l'arrivée de la voiture qu'il avait envoyé au devant de la belle fut annoncé, et le prince descendit dans le hall pour assister à l'arrivée de sa fiancée, très élégant dans une tenue noble qui, dans beaucoup de pays du sud, aurait paru bien ancienne, mais qui ici était toujours tout à fait à la mode, une longue cape en fourrure d'ours pendant derrière lui. Il avait envoyé le même ornement, bien utile vu les rigueurs du climat, à sa dame pour qu'il lui soit offert dès son arrivée, et ce fut en effet ainsi emmitouflée qu'il vit arriver la princesse impériale, son joli visage légèrement rougit par le vent. Néanmoins, si tôt à l'intérieur, elle la confia à une domestique, laissant apparaître une magnifique robe des plus colorés, qui la mettait aussi très bien en valeur. Souriant naturellement en constatant que, en effet, son oncle lui avait choisie une épouse tout à fait à son goût, et plus encore, Varwin s'avança au devant d'elle, comme le voulait la coutume.


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Varwin Serre-de-Faucon, Marquis d'Urnavuk et Prince du Vonalya.[/center]

Varwin Serre-de-Faucon : « Sois la bienvenue en ma demeure, Eleuia, ma bien-aimée. Puisse cette maison qui est celle de mon sang être désormais ta maison, tout comme mon domaine sera mon domaine. C'est un plaisir sans fin de te voir ici en ce jour bénis des Dieux, alors que bientôt Freyja, qui assurément t'as déjà dotée en beauté, et Frigg, qui bénira notre union, se pencheront sur nos cœurs pour les faire s'unir. »

Le discours, s'il n'était pas l'unique discours de bienvenue possible, empruntait largement à la tradition la plus formelle, car l'occasion était à la hauteur. Il remarqua qu'une veille femme qui accompagnait la princesse, visiblement une traductrice, répétait chaque mot sur un ton assez bas dans une langue étrange et chantante, et sourit intérieurement en constatant qu'on avait veillé à choisir la traductrice de façon à ce qu'elle ne puisse aucunement faire de l'ombre à la promise. Il fut néanmoins surpris d'entendre cette dernière répondre non directement dans sa langue, mais dans un assez mauvais vonalyan, néanmoins très compréhensible, quoique visiblement en bonne partie appris par coeur.

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Eleuia Qaho'lom, princesse impériale de Chiauhtlaya.[/center]

Eleuia Qaho'lom : « Ta joie ne saurait égaler la mienne, ô mon promis, en ce jour de notre rencontre. Mon cœur déborde de bonheur à l'idée d'unir nos deux chaires, nos deux destins, nos deux Maisons et nos deux peuples. Nos lignées millénaires seront par nous unies par le sang pour des millénaires, et c'est avec un grand plaisir que je serai pour cela ton épouse dévouée. »

La belle avait visiblement fait des efforts non seulement pour commencer à apprendre sa langue, mais encore pour apprendre ce petit discours par cœur, prouvant qu'elle n'était pas qu'une jolie potiche mais qu'elle était aussi assez intelligente pour être intéressante, ce qui n'était bien entendu pas pour déplaire à Varwin. Arrivant à sa hauteur, il prit ses deux mains dans les siennes et les porta à ses lèvres, dans le plus formel des gestes possibles pour accueillir son épouse.

Varwin Serre-de-Faucon : « C'est un plaisir de te connaître, Eleuia. »

Il avait prononcé cette dernière phrase d'une voix plus basse et sur un ton plus familier, moins formel. Il eut le plaisir de voir la jeune femme sourire sans attendre la traduction et lui répondre d'un « moi aussi » un peu hésitant. Lâchant alors ses mains il l'attira contre lui et, l'enlaçant, l'embrassa profondément et assez longuement, un baiser ou elle resta quelque peu passive, mais qu'elle ne repoussa assurément pas. Il la relâcha finalement avec un sourire et lui fit signe de le suivre.

Varwin Serre-de-Faucon : « Bien, suis-moi ! Je vais te montrer tes appartements pour notre séjour ici, puis nous pourrons passer à table... je suis sur que tu as faim après un si long voyage ! Nous pourrons y parler de ce qui sera ta nouvelle demeure, ainsi que de la date du mariage. »

Cette fois, la traductrice entra bel et bien en jeu pour cette phrase plus complexe, mais la belle acquiesça une fois encore de quelques mots dans un vonalyan encore un peu hésitant. Elle avait visiblement prit des cours, peut-être dès que son cousin avait envoyé la proposition de fiançailles... en tous cas ce n'était pas plus mal. Il prit la main de sa promise et la guida dans l'escalier, la traductrice, la petite suite de la princesse et les serviteurs portant ses bagages leur emboîtant le pas. Ce n'était que le premier pas d'une relation qui devrait encore se construire et se solidifier avec le temps, mais pour l'heure Varwin avait découvert une fiancée belle, visiblement un minimum intelligente et également peu farouche, à ce qu'il semblait. C'était plus qu'il n'en demandait, et il sourit en songeant aux soirs à venir. Chez les vonalyans, qui n'avaient nullement la culture de la mariée virginale, il était plutôt rare qu'une union même arrangée arrive à l'autel sans avoir été consommée, et il songeait déjà à la soirée des plus plaisantes qui, avec un peu de chance, l'attendait au bout de cette journée...
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