La vie au Royaume de Vonalya[Utilisable sous demande par mp]
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Alwine
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Alwine
Réception du courrier :
[right]23 Février 2032, Narvarion.[/right]
Svaring Wyrdodin était rédactrice à la Plume de Corbeau depuis des années, maintenant. Quand un événement culturel se passait quelque part au Vonalya ou dans la sphère d'influence du Royaume, elle était toujours la première au courant, et elle n'avait pas son pareil pour dénicher les occasions qui valaient la peine qu'elle envoie ses « fins limiers » sur une inauguration, une exposition ou quelque autre concours. Dans le monde de la presse vonalyanne, elle était respectée, et dans celui de l'art elle était même redoutée, pour sa capacité, quand elle daignait encore prendre la plume elle-même, à lancer ou à détruire une carrière en quelques critiques pointues – tout cela sans parler de son influence dans la Guilde des Journalistes, dont elle était un des membres-clés, l'une des maîtresse les plus apprécié et respecté de l'assemblée de la Guilde. En bref, c'était, dans son milieu, une femme avec qui il fallait compter.
Il arrivait parfois qu'elle reçoive des courriers venus de l'étranger, généralement des propositions pour parrainer tel ou tel événement, ou même simplement lui donner une place dans ses pages, avec l'espoir d'attirer vers celui-ci une clientèle de riches amateurs de culture vonalyans. Ceci dit, quand elle ouvrit la missive qu'on avait déposé dans son courrier ce jour-là, elle se demanda comment elle avait pu arriver là. De deux choses l'une, soit l’apprentie responsable du courrier avait encore de gros progrès à faire en matière de sélection pertinente de l'information, soit quelqu'un avait voulu lui faire une blague.
[quote="Le courrier du matin"]De : Agents anonymes
[right]Au : La Plume de Corbeau (journal privé)[/right]
Objet : Danger UNICS
[center]Niveau : SECRET[/center]
Date : 20 Février 2032
[quote="Thunderoad"]Au nom de la paix dans le monde,
Nous agissons au service d'un commanditaire privé extrêmement puissant souhaitant bien entendu garder l'anonymat et qui a lui-même pu se procurer, auprès du gouvernement alekan , les documents suivants que vous trouverez avec des preuves matérielles diverses de leurs authenticité .
[spoiler="From One Sea to the Other"][quote="Nix de Niemandel"]De : Union Nationale Inuit Circumpolaire Souveraine
Au : Ministère des affaires étrangères de l'Aleka
Bonjour,
En raison des relations que nos pays entretiennent, nous aimerions nous enquérir de votre position vis-à-vis de l'envoi possible de contractor en Kaskadia par des entreprises de notre pays. Nous supposons qu'une telle action nuirait à nos relations, néanmoins ces entreprises étant d'origines privées il y a une limite à notre influence sur les actions qu'elles pourraient entreprendre et qui pourrait nuire à la pérennité des dites entreprises.
Ainsi notre question est : Seriez-vous prêt à payer les entreprises ayant prévu de proposer leurs services au Kaskadia pour qu'elles n'interviennent pas ?
[right]Mes salutations.[/right][/quote][/spoiler]
[center]Salutations respectueuses .[/center]
[right]Signé, lu et approuvé ce jour.[/right][/quote][/quote]
Ailleurs, dans un autre journal, il ne faisait aucun doute qu'on aurait publié cette information croustillante, au besoin en l'assortissant d'une jolie analyse. En faisant une rapide recherche, le journaliste de cet autre journal aurait sans doute vu que d'autres titres étrangers avaient déjà donné écho à cela, d'ailleurs, le temps que la lettre arrive finalement sur son bureau, et aurait sans doute rattrapé le retard en publiant une analyse commentée faisant notamment écho à la tonitruante réponse publique finale de l'administration alekane. Oui, en fait c'est très probablement ce qu'aurait fait n'importe quel compagnon-journaliste de l'Éclair ou de n'importe quelle feuille de choux régionale secondaire qui aurait eut l'information en même temps que la très professionnelle et très respectée Svaring Wyrdodin, laquelle, toutefois, eut une réaction toute différente après avoir relu une fois la lettre pour s'assurer de ne pas s'être trompé sur le contenu.
Elle la roula en boule.
La lança dans la corbeille.
Et l'effaça aussitôt de ses pensées.
C'est qu'à la Plume de Corbeau, et surtout sous celle de la très respectable Svaring Wyrdodin, on parlait d'art, de culture, de beauté. Certainement pas de quelque chose d'aussi grossier et vulgaire que la politique !
[right]23 Février 2032, Narvarion.[/right]
Svaring Wyrdodin était rédactrice à la Plume de Corbeau depuis des années, maintenant. Quand un événement culturel se passait quelque part au Vonalya ou dans la sphère d'influence du Royaume, elle était toujours la première au courant, et elle n'avait pas son pareil pour dénicher les occasions qui valaient la peine qu'elle envoie ses « fins limiers » sur une inauguration, une exposition ou quelque autre concours. Dans le monde de la presse vonalyanne, elle était respectée, et dans celui de l'art elle était même redoutée, pour sa capacité, quand elle daignait encore prendre la plume elle-même, à lancer ou à détruire une carrière en quelques critiques pointues – tout cela sans parler de son influence dans la Guilde des Journalistes, dont elle était un des membres-clés, l'une des maîtresse les plus apprécié et respecté de l'assemblée de la Guilde. En bref, c'était, dans son milieu, une femme avec qui il fallait compter.
Il arrivait parfois qu'elle reçoive des courriers venus de l'étranger, généralement des propositions pour parrainer tel ou tel événement, ou même simplement lui donner une place dans ses pages, avec l'espoir d'attirer vers celui-ci une clientèle de riches amateurs de culture vonalyans. Ceci dit, quand elle ouvrit la missive qu'on avait déposé dans son courrier ce jour-là, elle se demanda comment elle avait pu arriver là. De deux choses l'une, soit l’apprentie responsable du courrier avait encore de gros progrès à faire en matière de sélection pertinente de l'information, soit quelqu'un avait voulu lui faire une blague.
[quote="Le courrier du matin"]De : Agents anonymes
[right]Au : La Plume de Corbeau (journal privé)[/right]
Objet : Danger UNICS
[center]Niveau : SECRET[/center]
Date : 20 Février 2032
[quote="Thunderoad"]Au nom de la paix dans le monde,
Nous agissons au service d'un commanditaire privé extrêmement puissant souhaitant bien entendu garder l'anonymat et qui a lui-même pu se procurer, auprès du gouvernement alekan , les documents suivants que vous trouverez avec des preuves matérielles diverses de leurs authenticité .
[spoiler="From One Sea to the Other"][quote="Nix de Niemandel"]De : Union Nationale Inuit Circumpolaire Souveraine
Au : Ministère des affaires étrangères de l'Aleka
Bonjour,
En raison des relations que nos pays entretiennent, nous aimerions nous enquérir de votre position vis-à-vis de l'envoi possible de contractor en Kaskadia par des entreprises de notre pays. Nous supposons qu'une telle action nuirait à nos relations, néanmoins ces entreprises étant d'origines privées il y a une limite à notre influence sur les actions qu'elles pourraient entreprendre et qui pourrait nuire à la pérennité des dites entreprises.
Ainsi notre question est : Seriez-vous prêt à payer les entreprises ayant prévu de proposer leurs services au Kaskadia pour qu'elles n'interviennent pas ?
[right]Mes salutations.[/right][/quote][/spoiler]
[center]Salutations respectueuses .[/center]
[right]Signé, lu et approuvé ce jour.[/right][/quote][/quote]
Ailleurs, dans un autre journal, il ne faisait aucun doute qu'on aurait publié cette information croustillante, au besoin en l'assortissant d'une jolie analyse. En faisant une rapide recherche, le journaliste de cet autre journal aurait sans doute vu que d'autres titres étrangers avaient déjà donné écho à cela, d'ailleurs, le temps que la lettre arrive finalement sur son bureau, et aurait sans doute rattrapé le retard en publiant une analyse commentée faisant notamment écho à la tonitruante réponse publique finale de l'administration alekane. Oui, en fait c'est très probablement ce qu'aurait fait n'importe quel compagnon-journaliste de l'Éclair ou de n'importe quelle feuille de choux régionale secondaire qui aurait eut l'information en même temps que la très professionnelle et très respectée Svaring Wyrdodin, laquelle, toutefois, eut une réaction toute différente après avoir relu une fois la lettre pour s'assurer de ne pas s'être trompé sur le contenu.
Elle la roula en boule.
La lança dans la corbeille.
Et l'effaça aussitôt de ses pensées.
C'est qu'à la Plume de Corbeau, et surtout sous celle de la très respectable Svaring Wyrdodin, on parlait d'art, de culture, de beauté. Certainement pas de quelque chose d'aussi grossier et vulgaire que la politique !
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Alwine
Prière du soir :
[right]31 Mai 2032, Jurbard.[/right]
Maria vivait dans la Baronnie de Jormukorg, sur l'Île d'Ydmakorg. Comme beaucoup de petite fille des familles chrétiennes vonalyannes, particulièrement dans les lieux où le christianisme n'était pas très répandu, elle devait son nom à la Vierge Marie, la Mère de Dieu, et elle en était fière, même si ses parents lui en avaient choisi une variante, pour ne pas créer une allusion trop directe. Ils n'étaient vraiment pas beaucoup de chrétiens, dans le village de Jurbard où elle vivait avec ses parents : il y avait eux, les Hardolrg et les Krogsborg, soit au total peut-être une grosse trentaine de personne, dans un grand village qui comptait plus de cinq cents habitants. Ils étaient bien loin d'ailleurs de la communauté la plus proche, même aussi petite que la leur, mais voilà, c'était ainsi : ses ancêtres avaient été touchés par la lumière de Jésus-Christ, et Maria n'aurait abandonné cette lumière pour rien au monde, même si elle devait se tenir seule avec quelques autres au milieu d'une foule de gens qui priaient d'austères dieux dont la face était gravée dans les statues de pierre du temple du village.
Autrefois, leurs familles avaient dû se cacher, cacher leur foi, leur lumière intérieure. Av aient dû fuir souvent, surtout quand elles n'étaient pas assez nombreuses pour faire face. Certaines s'étaient regroupées, dans le sud, surtout, d'autres étaient restées, avaient fuit et au contraire s'étaient dispersées. Voilà comment on en arrivait à une petite communauté de trois familles, perdues au milieu d'une petite île, avec aucune autre communauté chrétienne qui soit toute proche. Mais leur foi avait perduré, et aujourd'hui, elle pouvait s'exprimer librement, la liberté de culte était permise. Oh, leurs chapelles étaient restées bien discrètes, mais elles étaient bien là. Et ils ne manquaient pas de prêtres, car quand la foi est vécue de façon si vivante, si profonde, les vocations ne manquaient pas plus que la piété des fidèles. Même Jean Hardolrg et sa cousine Sophiane, qui vivaient loin de tout dans la seule forêt de l'île, du travail du bois, avaient eu un prêtre pour aller vivre prêt d'eux et faire la messe, le catéchisme et l'instruction à leurs enfants !
Ce jour-là, comme tous les jours, Maria termina sa journée comme elle l'avait commencée, en prière. Devant son petit lit, la jeune fille de seize ans pria le Seigneur Jésus, et le Bon Dieu, et le Saint-Esprit, de veiller sur sa famille, de continuer à leur apporter la paix dans ce village qu'elle aimait, et de permettre aux gens du sud une bonne récolte, pour qu'elle ait toujours du pain sur la table et à la messe. Elle pria avec douceur pour qu'un jour le cœur de tous ses amis et ses voisins s'ouvre, et qu'ils trouvent eux aussi Jésus qui leur tendait la main, là, au bout du chemin, chacun à son rythme, chacun à son temps, et parce que son cœur était doux elle pria pour que Dieu accorde sa miséricorde à ceux qui ne sauraient pas voir la Bonne Nouvelle de son Fils avant leur mort, pour qu'il ne leur en tienne pas trop rigueur, parce qu'ils étaient pour la plupart des gens bien. Et, comme elle le faisait chaque soir et chaque matin depuis qu'elle avait entendu, à la radio, qu'elle était enceinte, elle pria pour que la grossesse de la douce Reine du Thorval se passe au mieux.
Maria aimait assez la figure que représentait la Reine Marie, dont elle avait vu une photo, une fois. Après tout, c'était la reine amie de Monseigneur Bødkersen, le chef de l'église, pour qui le curé ne manquait jamais de joindre une prière à celle qu'il faisait pour l'Évêque du Vonalya et pour le doyen de l'île, la reine très chrétienne, qui avait tout naturellement une place particulière dans le cœur des chrétiens vonalyans, eux qui dépendaient de l'église du Thorval. Malgré tout, cela ne changeait pas la fidélité de Maria au roi Alwin Patte-De-Foudre, bien entendu, simplement, elle ne souhaitait que du bien à cette douce reine étrangère sans l'être vraiment, qui, elle en était convaincu, était un des phares qui si Dieu le voulait ferait rayonner la chrétienté jusqu'aux rivages d'Ydmakorg. En tout dernier, Maria pria pour rester encore longtemps dans son village, même si elle savait qu'elle devrait peut-être en partir, si elle ne parvenait pas à convaincre un beau jeune homme de se convertir pour l'épouser, ou si un étranger ne venait pas dans leur communauté chercher épouse. Ce serait à elle, alors, de partir et de trouver son époux dans une autre communauté chrétienne, pour que le troupeau de Dieu continue de prospérer sans tare, mais cela, elle le chassait vite de son esprit, chaque soir, concentrant plutôt son esprit sur des prières d'amour avant que ne vienne le temps d'aller dormir...
[right]31 Mai 2032, Jurbard.[/right]
Maria vivait dans la Baronnie de Jormukorg, sur l'Île d'Ydmakorg. Comme beaucoup de petite fille des familles chrétiennes vonalyannes, particulièrement dans les lieux où le christianisme n'était pas très répandu, elle devait son nom à la Vierge Marie, la Mère de Dieu, et elle en était fière, même si ses parents lui en avaient choisi une variante, pour ne pas créer une allusion trop directe. Ils n'étaient vraiment pas beaucoup de chrétiens, dans le village de Jurbard où elle vivait avec ses parents : il y avait eux, les Hardolrg et les Krogsborg, soit au total peut-être une grosse trentaine de personne, dans un grand village qui comptait plus de cinq cents habitants. Ils étaient bien loin d'ailleurs de la communauté la plus proche, même aussi petite que la leur, mais voilà, c'était ainsi : ses ancêtres avaient été touchés par la lumière de Jésus-Christ, et Maria n'aurait abandonné cette lumière pour rien au monde, même si elle devait se tenir seule avec quelques autres au milieu d'une foule de gens qui priaient d'austères dieux dont la face était gravée dans les statues de pierre du temple du village.
Autrefois, leurs familles avaient dû se cacher, cacher leur foi, leur lumière intérieure. Av aient dû fuir souvent, surtout quand elles n'étaient pas assez nombreuses pour faire face. Certaines s'étaient regroupées, dans le sud, surtout, d'autres étaient restées, avaient fuit et au contraire s'étaient dispersées. Voilà comment on en arrivait à une petite communauté de trois familles, perdues au milieu d'une petite île, avec aucune autre communauté chrétienne qui soit toute proche. Mais leur foi avait perduré, et aujourd'hui, elle pouvait s'exprimer librement, la liberté de culte était permise. Oh, leurs chapelles étaient restées bien discrètes, mais elles étaient bien là. Et ils ne manquaient pas de prêtres, car quand la foi est vécue de façon si vivante, si profonde, les vocations ne manquaient pas plus que la piété des fidèles. Même Jean Hardolrg et sa cousine Sophiane, qui vivaient loin de tout dans la seule forêt de l'île, du travail du bois, avaient eu un prêtre pour aller vivre prêt d'eux et faire la messe, le catéchisme et l'instruction à leurs enfants !
Ce jour-là, comme tous les jours, Maria termina sa journée comme elle l'avait commencée, en prière. Devant son petit lit, la jeune fille de seize ans pria le Seigneur Jésus, et le Bon Dieu, et le Saint-Esprit, de veiller sur sa famille, de continuer à leur apporter la paix dans ce village qu'elle aimait, et de permettre aux gens du sud une bonne récolte, pour qu'elle ait toujours du pain sur la table et à la messe. Elle pria avec douceur pour qu'un jour le cœur de tous ses amis et ses voisins s'ouvre, et qu'ils trouvent eux aussi Jésus qui leur tendait la main, là, au bout du chemin, chacun à son rythme, chacun à son temps, et parce que son cœur était doux elle pria pour que Dieu accorde sa miséricorde à ceux qui ne sauraient pas voir la Bonne Nouvelle de son Fils avant leur mort, pour qu'il ne leur en tienne pas trop rigueur, parce qu'ils étaient pour la plupart des gens bien. Et, comme elle le faisait chaque soir et chaque matin depuis qu'elle avait entendu, à la radio, qu'elle était enceinte, elle pria pour que la grossesse de la douce Reine du Thorval se passe au mieux.
Maria aimait assez la figure que représentait la Reine Marie, dont elle avait vu une photo, une fois. Après tout, c'était la reine amie de Monseigneur Bødkersen, le chef de l'église, pour qui le curé ne manquait jamais de joindre une prière à celle qu'il faisait pour l'Évêque du Vonalya et pour le doyen de l'île, la reine très chrétienne, qui avait tout naturellement une place particulière dans le cœur des chrétiens vonalyans, eux qui dépendaient de l'église du Thorval. Malgré tout, cela ne changeait pas la fidélité de Maria au roi Alwin Patte-De-Foudre, bien entendu, simplement, elle ne souhaitait que du bien à cette douce reine étrangère sans l'être vraiment, qui, elle en était convaincu, était un des phares qui si Dieu le voulait ferait rayonner la chrétienté jusqu'aux rivages d'Ydmakorg. En tout dernier, Maria pria pour rester encore longtemps dans son village, même si elle savait qu'elle devrait peut-être en partir, si elle ne parvenait pas à convaincre un beau jeune homme de se convertir pour l'épouser, ou si un étranger ne venait pas dans leur communauté chercher épouse. Ce serait à elle, alors, de partir et de trouver son époux dans une autre communauté chrétienne, pour que le troupeau de Dieu continue de prospérer sans tare, mais cela, elle le chassait vite de son esprit, chaque soir, concentrant plutôt son esprit sur des prières d'amour avant que ne vienne le temps d'aller dormir...
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Alwine
Espionnage :
[right]21 juillet 2032, Grand Temple de Loki, Narvarion.[/right]
Tout avait commencé par une filature, ou tout du moins ce que ses hommes avaient fortement soupçonné d'en être une. Un inconnu prudent l'avait suivie, surveillant visiblement ses faits et gestes, jusqu'à ce que les hommes qui couvraient toujours ses arrières le découvrent et tendre de lui mettre la main dessus, sans succès toutefois, ce qui prouvait une certaine habileté de la part de l'espion. C'est qu'on abusait pas si facilement les suivants du Maître des Mensonges, comme le prouvait le fait même que la surveillance ait été déjoué par ceux qui veillaient sur la Grande Prêtresse. Au Vonalya, le Culte avait du pouvoir, et était donc une force politique, hors toutes les forces politiques trempaient plus ou moins dans l'espionnage, la violence et la corruption. Et pour les affaires de l'ombre, le clergé de Loki tenait assurément le haut du pavé sur les onze autres, sans véritable surprise pour qui connaissait les Dieux scandinaves, d'ailleurs.
On avait une vague description de l'impudent, et les espions du Temple avaient été mis sur le coup, se livrant à une recherche assidue pour retrouver l'inconnu, histoire de savoir pour qui il travaillait. Sur le moment, il était bien entendu toujours possible qu'ils découvrent avoir fait une erreur, ou avoir affaire à un dérangé solitaire, mais les mesures prises par précautions une fois ce premier élément découvert prouvaient le contraire : sur l'autel du Dieu Rusé, dans le saint des saints du grand temple, devant la Flamme Dansante qui ne s'éteignait jamais, le chef des services d'espionnages du culte – un organisme parfaitement légal, affilié à la police ecclésiastique, bien que cette affiliation soit discrète – avait déposé face à sa Grande Prêtresse un certain nombre de micro posés en divers endroits avec visiblement un but très clair : espionner la cheftaine du culte elle-même.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/5/d/c/lokarensia-51c6af3.jpg[/img]
Lokarensia Danse-Flamme, Grande Prêtresse du Dieu Loki.[/center]
Lokarensia Danse-Flamme :« Ainsi donc il n'y a plus de doute. Quelqu'un a tenté de me faire mettre sur écoute, et probablement de surveiller mes faits et gestes. »
Lokarensia était encore très belle, même si elle était loin de l'éclatante flamboyance de ses vingts ans, au port digne d'une princesse ou d'une reine. Un de ses nombreux titres était celui de Fiancée de Loki, et tous s'étaient toujours accordés à dire que, pour cette fois du moins, le Dieu des Vents s'était choisi une compagne que bien des mortels auraient eut à lui envié – et on était convaincu, dans le clergé comme dans une large partie du peuple vivant proche du Temple, ou connaissant l'histoire, que le dieu volage venait bel et bien visiter sa promise de loin en loin. Néanmoins, c'était par l'intelligence et par la ruse, bien plus que par le charme, qu'elle s'était hissée jusqu'à son rang et qu'elle le conservait depuis de nombreuses années, maintenant, des années qui lui avaient en outre donné une certaine expérience. Son regard était glacial alors qu'elle considérait les objets découverts par ses services dans son propre temple.
Lokarensia Danse-Flamme :« Ce sont des gens audacieux pour tenter ainsi de mettre sur écoute un Dieu, il faut leur laisser ça. Ou inconscient, bien sûr. Quoi qu'il en soit, nous devons découvrir qui est derrière ce petit jeu. »
Il y avait deux grandes possibilités, bien sûr. Soit il s'agissait d'un mouvement dans le jeu de pouvoir millénaire que se livraient entre eux les douze cultes majeurs qui composaient le grand Culte du Vonatur, la religion vonalyanne, soit ils avaient affaire à une manœuvre étrangère. L'autre grand pouvoir vonalyan, celui formé par la noblesse, monarchie incluse, n'aurait eut aucun intérêt à prendre le risque de titiller ainsi la Grande Prêtresse, et le niveau de l'opération éliminait les amateurs enthousiastes. Si avait dû parier, Lokarensia aurait sans nul doute misé sur l'étranger, car sa solide réputation personnelle et son influence dans le jeu religieux vonalyan semblait rendre la première moins crédible, surtout que ses collègues savaient bien qu'à ce genre de jeu elle avait les meilleures ressources, rendant risquer une confrontation sur ce terrain précis.
Le fait que le matériel – maintenant désactivé, bien sûr, sinon elle n'aurait pas parlé à portée de voix de ceux-ci – n'était pas de fabrication vonalyanne semblait également plaider pour cette seconde hypothèse, mais pour l'heure ses services n'avaient pas encore pu en déterminer précisément la provenance. De toute façon, la Grande Prêtresse n'avait heureusement pas besoin de certitude pour agir dans cette affaire, aussi pouvait-elle commencer à agir sans que l'espion n'ait été retrouvé ou le matériel clairement identifié, même si les efforts ne seraient pas relâchés pour autant sur ces deux fronts, bien entendu.
Lokarensia Danse-Flamme :« Bien, tu vas faire prévenir mes estimés collègues, ainsi que notre estimé prieur-en-chef. Bien sûr, que tes hommes en profitent pour les sonder, et les surveillent ensuite. Soit l'un d'eux est à l'origine de tout cela, et nous le découvrirons vite, soit ils ont tout intérêt à se tenir également sur leurs gardes. Il est très peu probable qu'une opération étrangère ne me vise que moi seule personnellement. »
Après tout, le Vonatur était un seul culte, et les étrangers tout particulièrement ne comprenaient souvent pas grand chose aux subtilités de celui-ci. Si la source venait d'en-dehors des frontières – et sa logique autant que son intuition le lui soufflait, même si elle continuerait de se couvrir sur tous les fronts – il y avait fort à parier que les autres cultes aient eux aussi été placés sous écoute, et il n'était pas inutile qu'ils prennent des mesures contre cela, tout en ouvrant l’œil de leur côté. En attendant de connaître les intentions de l'autre partie, mieux valait ne pas risquer de fuites d'informations de la part de ses collègues – et elle doutait que leurs services soient assez doués pour s'apercevoir seuls du problème sans qu'elle ne leur donne un petit coup de pouce. Si un de ses collègues réagissait pour se couvrir, elle saurait que le coup venait de lui, et si on découvrait des micros dans leurs fiefs elle saurait pareillement que la menace était extérieure.
Lokarensia Danse-Flamme :« Prend aussi contact avec la Couronne, et tient les au courant dès que nous aurons du nouveau pour confirmer d'où vient le problème. Notre bon Patte-De-Foudre est concerné aussi, surtout si ça vient de dehors. Que nos services collaborent pleinement avec ceux du Roi sur cette affaire. Je veux savoir qui ose essayer de me piéger, et pourquoi. Et je veux le savoir au plus vite. Alors offrons toute notre aide pour aider à le découvrir. »
Si les services secrets royaux étaient les plus performants du pays, comme de juste, ceux du culte de Loki arrivaient sans doute sur la seconde marche du podium, et Danse-Flamme ne doutait pas de l'efficacité de la collaboration. Elle renvoya le chef de ses espions, qui la salua, posa un genou à terre devant la Flamme et s'éclipsa en emportant les micros inactifs. Même si, chose improbable car le travail avait été fait par de vrais professionnels, un de ces petits engins était passé entre les mailles du filet quelque part dans le Temple, elle ne craignait pas que sa contre-manœuvre soit découverte, car ici, dans le saint des saints du Dieu du Feu, seuls entraient les prêtres et les prêtresses de haut rang, pour entretenir la Flamme Dansante et pour honorer leur Dieu. Personne n'aurait pu poser de micro ici, parce qu'aucun agent ennemi n'aurait jamais pu y entrer.
Une fois seule, Lokarensia s'agenouilla devant l'autel du Dieu dont elle était la servante et l'amante, en ce lieu ou, plus d'une fois, un homme possédé par l'esprit brûlant, rusé et venteux de Loki l'avait pénétré avec une divine ardeur, pour le prier d'aider ses fidèles à dénouer ce mystère, lui qui était le maître de toutes les tromperies et le père de tous les mensonges...
[right]21 juillet 2032, Grand Temple de Loki, Narvarion.[/right]
Tout avait commencé par une filature, ou tout du moins ce que ses hommes avaient fortement soupçonné d'en être une. Un inconnu prudent l'avait suivie, surveillant visiblement ses faits et gestes, jusqu'à ce que les hommes qui couvraient toujours ses arrières le découvrent et tendre de lui mettre la main dessus, sans succès toutefois, ce qui prouvait une certaine habileté de la part de l'espion. C'est qu'on abusait pas si facilement les suivants du Maître des Mensonges, comme le prouvait le fait même que la surveillance ait été déjoué par ceux qui veillaient sur la Grande Prêtresse. Au Vonalya, le Culte avait du pouvoir, et était donc une force politique, hors toutes les forces politiques trempaient plus ou moins dans l'espionnage, la violence et la corruption. Et pour les affaires de l'ombre, le clergé de Loki tenait assurément le haut du pavé sur les onze autres, sans véritable surprise pour qui connaissait les Dieux scandinaves, d'ailleurs.
On avait une vague description de l'impudent, et les espions du Temple avaient été mis sur le coup, se livrant à une recherche assidue pour retrouver l'inconnu, histoire de savoir pour qui il travaillait. Sur le moment, il était bien entendu toujours possible qu'ils découvrent avoir fait une erreur, ou avoir affaire à un dérangé solitaire, mais les mesures prises par précautions une fois ce premier élément découvert prouvaient le contraire : sur l'autel du Dieu Rusé, dans le saint des saints du grand temple, devant la Flamme Dansante qui ne s'éteignait jamais, le chef des services d'espionnages du culte – un organisme parfaitement légal, affilié à la police ecclésiastique, bien que cette affiliation soit discrète – avait déposé face à sa Grande Prêtresse un certain nombre de micro posés en divers endroits avec visiblement un but très clair : espionner la cheftaine du culte elle-même.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/5/d/c/lokarensia-51c6af3.jpg[/img]
Lokarensia Danse-Flamme, Grande Prêtresse du Dieu Loki.[/center]
Lokarensia Danse-Flamme :« Ainsi donc il n'y a plus de doute. Quelqu'un a tenté de me faire mettre sur écoute, et probablement de surveiller mes faits et gestes. »
Lokarensia était encore très belle, même si elle était loin de l'éclatante flamboyance de ses vingts ans, au port digne d'une princesse ou d'une reine. Un de ses nombreux titres était celui de Fiancée de Loki, et tous s'étaient toujours accordés à dire que, pour cette fois du moins, le Dieu des Vents s'était choisi une compagne que bien des mortels auraient eut à lui envié – et on était convaincu, dans le clergé comme dans une large partie du peuple vivant proche du Temple, ou connaissant l'histoire, que le dieu volage venait bel et bien visiter sa promise de loin en loin. Néanmoins, c'était par l'intelligence et par la ruse, bien plus que par le charme, qu'elle s'était hissée jusqu'à son rang et qu'elle le conservait depuis de nombreuses années, maintenant, des années qui lui avaient en outre donné une certaine expérience. Son regard était glacial alors qu'elle considérait les objets découverts par ses services dans son propre temple.
Lokarensia Danse-Flamme :« Ce sont des gens audacieux pour tenter ainsi de mettre sur écoute un Dieu, il faut leur laisser ça. Ou inconscient, bien sûr. Quoi qu'il en soit, nous devons découvrir qui est derrière ce petit jeu. »
Il y avait deux grandes possibilités, bien sûr. Soit il s'agissait d'un mouvement dans le jeu de pouvoir millénaire que se livraient entre eux les douze cultes majeurs qui composaient le grand Culte du Vonatur, la religion vonalyanne, soit ils avaient affaire à une manœuvre étrangère. L'autre grand pouvoir vonalyan, celui formé par la noblesse, monarchie incluse, n'aurait eut aucun intérêt à prendre le risque de titiller ainsi la Grande Prêtresse, et le niveau de l'opération éliminait les amateurs enthousiastes. Si avait dû parier, Lokarensia aurait sans nul doute misé sur l'étranger, car sa solide réputation personnelle et son influence dans le jeu religieux vonalyan semblait rendre la première moins crédible, surtout que ses collègues savaient bien qu'à ce genre de jeu elle avait les meilleures ressources, rendant risquer une confrontation sur ce terrain précis.
Le fait que le matériel – maintenant désactivé, bien sûr, sinon elle n'aurait pas parlé à portée de voix de ceux-ci – n'était pas de fabrication vonalyanne semblait également plaider pour cette seconde hypothèse, mais pour l'heure ses services n'avaient pas encore pu en déterminer précisément la provenance. De toute façon, la Grande Prêtresse n'avait heureusement pas besoin de certitude pour agir dans cette affaire, aussi pouvait-elle commencer à agir sans que l'espion n'ait été retrouvé ou le matériel clairement identifié, même si les efforts ne seraient pas relâchés pour autant sur ces deux fronts, bien entendu.
Lokarensia Danse-Flamme :« Bien, tu vas faire prévenir mes estimés collègues, ainsi que notre estimé prieur-en-chef. Bien sûr, que tes hommes en profitent pour les sonder, et les surveillent ensuite. Soit l'un d'eux est à l'origine de tout cela, et nous le découvrirons vite, soit ils ont tout intérêt à se tenir également sur leurs gardes. Il est très peu probable qu'une opération étrangère ne me vise que moi seule personnellement. »
Après tout, le Vonatur était un seul culte, et les étrangers tout particulièrement ne comprenaient souvent pas grand chose aux subtilités de celui-ci. Si la source venait d'en-dehors des frontières – et sa logique autant que son intuition le lui soufflait, même si elle continuerait de se couvrir sur tous les fronts – il y avait fort à parier que les autres cultes aient eux aussi été placés sous écoute, et il n'était pas inutile qu'ils prennent des mesures contre cela, tout en ouvrant l’œil de leur côté. En attendant de connaître les intentions de l'autre partie, mieux valait ne pas risquer de fuites d'informations de la part de ses collègues – et elle doutait que leurs services soient assez doués pour s'apercevoir seuls du problème sans qu'elle ne leur donne un petit coup de pouce. Si un de ses collègues réagissait pour se couvrir, elle saurait que le coup venait de lui, et si on découvrait des micros dans leurs fiefs elle saurait pareillement que la menace était extérieure.
Lokarensia Danse-Flamme :« Prend aussi contact avec la Couronne, et tient les au courant dès que nous aurons du nouveau pour confirmer d'où vient le problème. Notre bon Patte-De-Foudre est concerné aussi, surtout si ça vient de dehors. Que nos services collaborent pleinement avec ceux du Roi sur cette affaire. Je veux savoir qui ose essayer de me piéger, et pourquoi. Et je veux le savoir au plus vite. Alors offrons toute notre aide pour aider à le découvrir. »
Si les services secrets royaux étaient les plus performants du pays, comme de juste, ceux du culte de Loki arrivaient sans doute sur la seconde marche du podium, et Danse-Flamme ne doutait pas de l'efficacité de la collaboration. Elle renvoya le chef de ses espions, qui la salua, posa un genou à terre devant la Flamme et s'éclipsa en emportant les micros inactifs. Même si, chose improbable car le travail avait été fait par de vrais professionnels, un de ces petits engins était passé entre les mailles du filet quelque part dans le Temple, elle ne craignait pas que sa contre-manœuvre soit découverte, car ici, dans le saint des saints du Dieu du Feu, seuls entraient les prêtres et les prêtresses de haut rang, pour entretenir la Flamme Dansante et pour honorer leur Dieu. Personne n'aurait pu poser de micro ici, parce qu'aucun agent ennemi n'aurait jamais pu y entrer.
Une fois seule, Lokarensia s'agenouilla devant l'autel du Dieu dont elle était la servante et l'amante, en ce lieu ou, plus d'une fois, un homme possédé par l'esprit brûlant, rusé et venteux de Loki l'avait pénétré avec une divine ardeur, pour le prier d'aider ses fidèles à dénouer ce mystère, lui qui était le maître de toutes les tromperies et le père de tous les mensonges...
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Alwine
Prisonnier :
[right]21 août 2032, Grand Temple de Loki, Narvarion.[/right]
Il avait fallu un mois pour obtenir un résultat, et encore n'était-on pas très sûr de ce que l'on avait obtenu. Pour l'heure, les micros n'avaient encore rien livrés, mais cela ne voulait pas dire grand-chose dans la mesure où on manquait encore de données fiables et sérieuses pour comparer le matériel à ce que pouvaient fournir les divers pays du simpomonde. On était simplement sûr qu'ils n'étaient pas d'origine vonalyanne, et qu'on avait pas non plus pu remonter jusqu'à quiconque au Vonalya pour lui faire porter le chapeau. Parallèlement, on avait trouvé des micros dans d'autres Temples, mais très peu, comme si la manœuvre discrète engagée pour savoir qui était derrière tout ça avait mis la puce à l'oreille de quelqu'un, un « quelqu'un » qui s'était empressé de faire retirer tous les micros facilement récupérable. La traque discrète du suspect que l'on avait vu espionner la Grande Prêtresse avait également fait chou blanc.
Pourtant, un mois plus tard, on avait bien quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Un homme qui s'était fait arrêté deux semaines plus tôt à l'aéroport de Narvarion, alors qu'il allait prendre un vol pour la Soverovie. Son air particulièrement suspect, qui semblait vouloir cacher quelque chose à tous prix, avait mis la puce à l'oreille des douaniers vonalyans, qui avaient entrepris une fouille approfondie. Résultat, on avait retrouvé plusieurs armes non-enregistrées, soigneusement cachées dans le double-fond de sa valise. Partant de là, des officiers spécialisés avaient été mis sur l'affaire, et les choses étaient ainsi faites qu'une bonne partie des spécialistes du mensonge et de la roublardise du Vonalya étaient d'assidus fidèles du Dieu du Mensonge et de la Roublardise. L'information était remontée jusqu'à la Grande Prêtresse, et elle avait joué de ses relations pour que le prisonnier lui soit livré, sous la supervision de deux officiers des services secrets.
C'était un masque de pure forme, bien entendu, les deux officiers étant deux fidèles qu'elle connaissait bien, des hommes qu'elle avait elle-même initié aux mystères du Père des Mensonges, mais ils étaient bien des officiers de la police, et la procédure était donc parfaitement légale, au Vonalya. On aurait pu le faire torturer, mais la Couronne avait demandé en leur remettant le prisonnier qu'on n'en fasse rien. C'était un soverov, qui rentrait en Soverovie, et s'il était possible qu'il ne soit qu'un intermédiaire agissant pour une puissance tierce, il était aussi possible qu'il agisse pour un prince soverov, un archevêque soverov ou le pouvoir soverov lui-même, hors la Couronne tenait beaucoup à l'amitié avec la Soverovie. Et comme Lokarensia n'avait pas spécialement envie de voir revenir le temps des croisades où les chrétiens, quand ils trouvaient de ses pareilles, les faisaient brûler pour qu'ils aillent « rejoindre le Diable nordique qu'ils adoraient », elle était assez d'accord avec ce point de vue.
L'homme était donc simplement en garde-à-vue, et il ne disait rien. Il s'en tenait simplement à son histoire de touriste soverov. Il disait ne rien savoir de ces armes. Il répétait encore et encore les détails de son voyage touristique. Ce qui le rendait bien entendu éminemment suspect. Aucun touriste digne de ce nom ne serait resté calme après deux semaines de détentions entre la prison de l'aéroport, celle de la police de Narvarion et enfin celle du Temple. Un touriste normal aurait déjà changé plusieurs fois de version, aurait tourné et retourné ses souvenirs, aurait menacé avec plus de fougue, supplié avec plus de désespoir. La vérité était une chose subjective, mouvante, qui changeait dans l'esprit de celui qui croyait s'y accrocher. Quand rien ne changeait, c'était tout simplement qu'on avait pas affaire à la vérité.
Malgré tout, devant l'impossibilité de torturer le prisonnier, Lokarensia était dans une impasse. Elle savait qu'elle avait affaire à quelqu'un de louche, et probablement, vu la coordination des événements et les impeccables papiers – officiels mais tout neufs, tous, sans exceptions – à un membre du réseau d'espionnage qui avait essayé de la tourner, mais elle ne pouvait ni le prouver, ni découvrir avec certitude qui était derrière tout ça. Elle fit légèrement la moue, depuis l'autre côté de la glace insonorisée et sans teint derrière laquelle elle regardait le prisonnier dans sa cellule – le fait qu'il ait semblé tout de suite comprendre de quoi il retournait à propos de cette glace jouant encore moins en faveur du scénarios du type ordinaire qui se serait retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, soit dit en passant.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/5/d/c/lokarensia-51c6af3.jpg[/img]
Lokarensia Danse-Flamme, Grande Prêtresse du Dieu Loki.[/center]
Lokarensia Danse-Flamme :« Bon, ça ne peut pas durer éternellement. Ils vont finir par lui inventer une fausse famille qui va le réclamer. Faites savoir à la Couronne que je retire mon veto au fait qu'ils contactent les soveroves. Mais faites part de mes soupçons à Ingrid et dites-lui que je considérerais comme une faveur personnelle qu'elle fasse en sorte de savoir de quoi il en retournait. »
Oui, juste Ingrid. Si la plus célèbre des comtesses vonalyannes n'était pas à proprement parler une initiée du Dieu du Vent, elle fréquentait néanmoins, entre d'autres, ses autels. On ne pouvait pas espérer s'appeler Parle-d'Or sans chercher la bénédiction des Dieux qui commandaient à l'éloquence, et Loki en faisait assurément partie.
Lokarensia Danse-Flamme :« En attendant, concentrez vos efforts sur la Soverovie. Nous avons toutes sortes d'accord avec eux. Les nobles n'ont même pas besoin de visa pour y aller. Débrouillez-vous, mais faites comparer ces micros avec le matériel « made-in-Soverovia ». »
L'exécutant qui était au près d'elle attendit un moment un ordre supplémentaire éventuel, et, sur un signe de sa maîtresse, salua pour aller s'exécuter. Lokarensia reporta son regard perçant sur son suspect, se jurant que, d'une façon ou d'une autre, elle tirerait le fin mot de cette affaire.
[right]21 août 2032, Grand Temple de Loki, Narvarion.[/right]
Il avait fallu un mois pour obtenir un résultat, et encore n'était-on pas très sûr de ce que l'on avait obtenu. Pour l'heure, les micros n'avaient encore rien livrés, mais cela ne voulait pas dire grand-chose dans la mesure où on manquait encore de données fiables et sérieuses pour comparer le matériel à ce que pouvaient fournir les divers pays du simpomonde. On était simplement sûr qu'ils n'étaient pas d'origine vonalyanne, et qu'on avait pas non plus pu remonter jusqu'à quiconque au Vonalya pour lui faire porter le chapeau. Parallèlement, on avait trouvé des micros dans d'autres Temples, mais très peu, comme si la manœuvre discrète engagée pour savoir qui était derrière tout ça avait mis la puce à l'oreille de quelqu'un, un « quelqu'un » qui s'était empressé de faire retirer tous les micros facilement récupérable. La traque discrète du suspect que l'on avait vu espionner la Grande Prêtresse avait également fait chou blanc.
Pourtant, un mois plus tard, on avait bien quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Un homme qui s'était fait arrêté deux semaines plus tôt à l'aéroport de Narvarion, alors qu'il allait prendre un vol pour la Soverovie. Son air particulièrement suspect, qui semblait vouloir cacher quelque chose à tous prix, avait mis la puce à l'oreille des douaniers vonalyans, qui avaient entrepris une fouille approfondie. Résultat, on avait retrouvé plusieurs armes non-enregistrées, soigneusement cachées dans le double-fond de sa valise. Partant de là, des officiers spécialisés avaient été mis sur l'affaire, et les choses étaient ainsi faites qu'une bonne partie des spécialistes du mensonge et de la roublardise du Vonalya étaient d'assidus fidèles du Dieu du Mensonge et de la Roublardise. L'information était remontée jusqu'à la Grande Prêtresse, et elle avait joué de ses relations pour que le prisonnier lui soit livré, sous la supervision de deux officiers des services secrets.
C'était un masque de pure forme, bien entendu, les deux officiers étant deux fidèles qu'elle connaissait bien, des hommes qu'elle avait elle-même initié aux mystères du Père des Mensonges, mais ils étaient bien des officiers de la police, et la procédure était donc parfaitement légale, au Vonalya. On aurait pu le faire torturer, mais la Couronne avait demandé en leur remettant le prisonnier qu'on n'en fasse rien. C'était un soverov, qui rentrait en Soverovie, et s'il était possible qu'il ne soit qu'un intermédiaire agissant pour une puissance tierce, il était aussi possible qu'il agisse pour un prince soverov, un archevêque soverov ou le pouvoir soverov lui-même, hors la Couronne tenait beaucoup à l'amitié avec la Soverovie. Et comme Lokarensia n'avait pas spécialement envie de voir revenir le temps des croisades où les chrétiens, quand ils trouvaient de ses pareilles, les faisaient brûler pour qu'ils aillent « rejoindre le Diable nordique qu'ils adoraient », elle était assez d'accord avec ce point de vue.
L'homme était donc simplement en garde-à-vue, et il ne disait rien. Il s'en tenait simplement à son histoire de touriste soverov. Il disait ne rien savoir de ces armes. Il répétait encore et encore les détails de son voyage touristique. Ce qui le rendait bien entendu éminemment suspect. Aucun touriste digne de ce nom ne serait resté calme après deux semaines de détentions entre la prison de l'aéroport, celle de la police de Narvarion et enfin celle du Temple. Un touriste normal aurait déjà changé plusieurs fois de version, aurait tourné et retourné ses souvenirs, aurait menacé avec plus de fougue, supplié avec plus de désespoir. La vérité était une chose subjective, mouvante, qui changeait dans l'esprit de celui qui croyait s'y accrocher. Quand rien ne changeait, c'était tout simplement qu'on avait pas affaire à la vérité.
Malgré tout, devant l'impossibilité de torturer le prisonnier, Lokarensia était dans une impasse. Elle savait qu'elle avait affaire à quelqu'un de louche, et probablement, vu la coordination des événements et les impeccables papiers – officiels mais tout neufs, tous, sans exceptions – à un membre du réseau d'espionnage qui avait essayé de la tourner, mais elle ne pouvait ni le prouver, ni découvrir avec certitude qui était derrière tout ça. Elle fit légèrement la moue, depuis l'autre côté de la glace insonorisée et sans teint derrière laquelle elle regardait le prisonnier dans sa cellule – le fait qu'il ait semblé tout de suite comprendre de quoi il retournait à propos de cette glace jouant encore moins en faveur du scénarios du type ordinaire qui se serait retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, soit dit en passant.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/5/d/c/lokarensia-51c6af3.jpg[/img]
Lokarensia Danse-Flamme, Grande Prêtresse du Dieu Loki.[/center]
Lokarensia Danse-Flamme :« Bon, ça ne peut pas durer éternellement. Ils vont finir par lui inventer une fausse famille qui va le réclamer. Faites savoir à la Couronne que je retire mon veto au fait qu'ils contactent les soveroves. Mais faites part de mes soupçons à Ingrid et dites-lui que je considérerais comme une faveur personnelle qu'elle fasse en sorte de savoir de quoi il en retournait. »
Oui, juste Ingrid. Si la plus célèbre des comtesses vonalyannes n'était pas à proprement parler une initiée du Dieu du Vent, elle fréquentait néanmoins, entre d'autres, ses autels. On ne pouvait pas espérer s'appeler Parle-d'Or sans chercher la bénédiction des Dieux qui commandaient à l'éloquence, et Loki en faisait assurément partie.
Lokarensia Danse-Flamme :« En attendant, concentrez vos efforts sur la Soverovie. Nous avons toutes sortes d'accord avec eux. Les nobles n'ont même pas besoin de visa pour y aller. Débrouillez-vous, mais faites comparer ces micros avec le matériel « made-in-Soverovia ». »
L'exécutant qui était au près d'elle attendit un moment un ordre supplémentaire éventuel, et, sur un signe de sa maîtresse, salua pour aller s'exécuter. Lokarensia reporta son regard perçant sur son suspect, se jurant que, d'une façon ou d'une autre, elle tirerait le fin mot de cette affaire.
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Alwine
[Note : Du fait du déroulement étalé des rencontres-rp, ce texte est posté seulement maintenant, néanmoins son cadre chronologique in-RP est bien à replacer plus tôt, comme indiqué.]
Discussion politique :
[right]14 juillet 2032, Palais Ducal de Vihreanil.[/right]
Le Baron de Voresborg parlait. Longuement. Il parlait d'un problème qui lui semblait capitale, et la Duchesse, toujours maîtresse d'elle-même, faisait semblant de l'écouter. Le Baron était un petit personnage insignifiant, qui n'était jamais parvenu à remplir le costume pourtant modeste sous-tendu par son titre. Il ne s'intéressait qu'aux problèmes insignifiants, les choses réellement importantes lui passant généralement largement au-dessus de la tête, et quand d'aventure il se penchait – sans doute par le seul effet du hasard – sur quelque chose de réellement important, il ne parvenait jamais à l'éclairer de quelque bon sens que ce soit. En y réfléchissant, elle se demandait si elle ne préférait pas encore quand il venait lui exposer des choses réellement insignifiantes, au moins elle n'avait pas à se soucier qu'il mette le nez à mauvais escient dans quelque chose d'important !
Mais la Duchesse ne montrait rien de son agacement. Aucun noble ne régnait sur un territoire égal au sien, aucun noble n'avait si éclatante capitale, si puissante armée ou si fière histoire, dans tout le Vonalya. Mais le vrai fondement de sa puissance ne tenait à rien de tout cela, le fondement de sa puissance venait de son influence politique. Bien sûr, tous ses autres atouts aidaient considérablement à encrer sa position de meneuse, et la tradition aidait sans nul doute aussi, mais ce n'était qu'en jouant habillement de ses influences qu'elle parvenait plus ou moins à fédérer une solide majorité autour d'elle au Haut Conseil. Si insignifiant et agaçant fut-il, le Baron valait une voix, et il avait des amis, des parents. L'envoyer sur les roses, hélas, aurait ouvert une brèche dans sa majorité, très probablement.
Le problème, bien sûr, venait que Voresborg était voisin de Vihreanil. Ce qui laissait bien trop d'occasion à Vanirung III Patte-De-Fouine – à son avis « tête de fouine » aurait mieux convenu, et encore, cela serait resté assez flatteur pour lui – de venir lui parler. Elle avait appris à se montrer patiente et à laisser passer l'horage, mais elle dû intervenir quand il commença à parler « d'assassiner ce jeune coq avant qu'il ne noue cette démoniaque alliance ». C'était justement pour ce genre d'éléments qu'elle préférait encore l'entendre pérorer sur des problèmes sans importance.
[center][img]http://img110.xooimage.com/files/a/f/3/74fc78d0636961905...adf181ed-51e9124.jpg[/img]
Rosalia V la Féline, Duchesse de Vihreanil.[/center]
Rosalia la Féline :« Non, Vanirung, nous ne ferons assassiner personne dans cette affaire. Ce serait justement le prétexte idéal pour redéclencher une guerre de religion, et, si notre culpabilité était prouvée, Patte-De-Foudre n'aurait même aucune raison de nous soutenir quand les chrétiens s'allieront pour nous écraser. »
Vanirung Patte-De-Fouine :« Nous écraserions facilement cette poignée d'incroyants ! »
Rosalia la Féline :« Tu oublies, mon cher Vanirung, que ce mariage est justement le signe que les chrétiens continentaux les soutiendraient, ce qui ferait un peu trop pour nous. »
La Duchesse, hélas rompue à l'exercice, depuis le temps, gardait une voie douce, et ne laissant rien paraître de son irritation. Le petit Baron rumina la question un moment, n'ayant visiblement pas pris ce point en compte. C'était bien une large partie du problème, d'ailleurs !
Vanirung Patte-De-Fouine :« Mais... on ne peut quand même pas rester sans rien faire ! Ce.. ce jeune coq prétentieux ne peut pas épouser une fille de reine ! »
Rosalia la Féline :« Il peut et il le fera. Il le fera parce que cela ne nous causera pas de si grands tords que tu ne le penses, mon ami, et parce que cela servira nos intérêts. »
Pour le coup, le petit homme en resta muet, ce que Rosalia considérait déjà comme une victoire. Elle profita de l'occasion pour s'engouffrer dans la brèche, même si intérieurement elle se navrait de devoir expliquer l'évidence à son « invité » - qui s'était invité tout seul, bien sûr.
Rosalia la Féline :« Premièrement, le mal potentiel est nul. Ce mariage est un mariage chrétien, il ne regarde qu'eux. Cela renforcera sans doute l'emprise de ce vieux renard de Croc-d'Ours sur sa petite bande, mais il les contrôle déjà plus ou moins totalement, de toute façon. Si prestigieux que soit son mariage, il ne fera que l'enfoncer plus dans la sphère chrétienne, et le jour où un chrétien dictera leur conduite aux vrais croyants n'est pas prêt d'arriver ! Qu'il se renforce donc chez lui, cela ne fera que renforcer la nécessité d'être fort face à ces hérétiques. »
Au passage, la perte de prestige résiduelle, quoique réduite, toucherait avant tout le Duc de Sundebard, tout en poussant celui-ci à solidifier de puissantes alliances, et tout cela la renforcerait encore un peu plus, mais cela elle ne jugea pas utile de le dire au petit Baron.
Rosalia la Féline :« Deuxièmement, au final, une princesse soverove viendra vivre ici, au Vonalya. Les soveroves sont de loin les plus cinglés de toute cette bande de fanatiques hérétiques qui s'intitule « catholicisme », et les plus dangereux, entre leurs envies de missions brutales et leurs ordres de guerriers dévoués à leur soit-disant dieu crucifié. Cette Anastasia est trop habile et a les dents un peu trop longues à mon goût. Elle aurait pu décidé un jour que le Vonalya se porterait mieux avec une grosse croix à tous les coins de rue, quitte à sacrifier au passage quelques chrétiens dans l'espoir d'en récolter plus à la fin.
Quelque chose me dit qu'elle sera moins aventureuse en sachant sa fille à portée d'être la première à se faire massacrer si jamais elle commet l'erreur de faire en sorte de ranimer les guerres de religion. En résumé, ce mariage nous fournira une superbe otage contre la folie des grandeurs soveroves, ce qui est toujours une bonne chose, ma foi. »
La Duchesse avait pas mal simplifié les choses, mais elle n'en vit pas moins la compréhension fleurir lentement dans les yeux du Baron. Elle savait qu'elle avait franchit l'étape où il allait ruminer les informations et les idées fournies. Dans quelques jours, par elle ne savait quel branchement bizarre dans sa petite cervelle embrumée, il se persuaderait que toute l'idée était de lui, et il la présenterait comme telle, y compris s'il venait à en reparler avec elle. C'était quelqu'un comme ça. Pour l'instant ceci-dit, il était parti à retourner l'idée dans sa tête, et donc il allait la laisser en paix, probablement pour le reste de sa visite. Ce qui valait largement son pesant d'or, il n'y avait aucun doute possible là-dessus.
Discussion politique :
[right]14 juillet 2032, Palais Ducal de Vihreanil.[/right]
Le Baron de Voresborg parlait. Longuement. Il parlait d'un problème qui lui semblait capitale, et la Duchesse, toujours maîtresse d'elle-même, faisait semblant de l'écouter. Le Baron était un petit personnage insignifiant, qui n'était jamais parvenu à remplir le costume pourtant modeste sous-tendu par son titre. Il ne s'intéressait qu'aux problèmes insignifiants, les choses réellement importantes lui passant généralement largement au-dessus de la tête, et quand d'aventure il se penchait – sans doute par le seul effet du hasard – sur quelque chose de réellement important, il ne parvenait jamais à l'éclairer de quelque bon sens que ce soit. En y réfléchissant, elle se demandait si elle ne préférait pas encore quand il venait lui exposer des choses réellement insignifiantes, au moins elle n'avait pas à se soucier qu'il mette le nez à mauvais escient dans quelque chose d'important !
Mais la Duchesse ne montrait rien de son agacement. Aucun noble ne régnait sur un territoire égal au sien, aucun noble n'avait si éclatante capitale, si puissante armée ou si fière histoire, dans tout le Vonalya. Mais le vrai fondement de sa puissance ne tenait à rien de tout cela, le fondement de sa puissance venait de son influence politique. Bien sûr, tous ses autres atouts aidaient considérablement à encrer sa position de meneuse, et la tradition aidait sans nul doute aussi, mais ce n'était qu'en jouant habillement de ses influences qu'elle parvenait plus ou moins à fédérer une solide majorité autour d'elle au Haut Conseil. Si insignifiant et agaçant fut-il, le Baron valait une voix, et il avait des amis, des parents. L'envoyer sur les roses, hélas, aurait ouvert une brèche dans sa majorité, très probablement.
Le problème, bien sûr, venait que Voresborg était voisin de Vihreanil. Ce qui laissait bien trop d'occasion à Vanirung III Patte-De-Fouine – à son avis « tête de fouine » aurait mieux convenu, et encore, cela serait resté assez flatteur pour lui – de venir lui parler. Elle avait appris à se montrer patiente et à laisser passer l'horage, mais elle dû intervenir quand il commença à parler « d'assassiner ce jeune coq avant qu'il ne noue cette démoniaque alliance ». C'était justement pour ce genre d'éléments qu'elle préférait encore l'entendre pérorer sur des problèmes sans importance.
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Rosalia V la Féline, Duchesse de Vihreanil.[/center]
Rosalia la Féline :« Non, Vanirung, nous ne ferons assassiner personne dans cette affaire. Ce serait justement le prétexte idéal pour redéclencher une guerre de religion, et, si notre culpabilité était prouvée, Patte-De-Foudre n'aurait même aucune raison de nous soutenir quand les chrétiens s'allieront pour nous écraser. »
Vanirung Patte-De-Fouine :« Nous écraserions facilement cette poignée d'incroyants ! »
Rosalia la Féline :« Tu oublies, mon cher Vanirung, que ce mariage est justement le signe que les chrétiens continentaux les soutiendraient, ce qui ferait un peu trop pour nous. »
La Duchesse, hélas rompue à l'exercice, depuis le temps, gardait une voie douce, et ne laissant rien paraître de son irritation. Le petit Baron rumina la question un moment, n'ayant visiblement pas pris ce point en compte. C'était bien une large partie du problème, d'ailleurs !
Vanirung Patte-De-Fouine :« Mais... on ne peut quand même pas rester sans rien faire ! Ce.. ce jeune coq prétentieux ne peut pas épouser une fille de reine ! »
Rosalia la Féline :« Il peut et il le fera. Il le fera parce que cela ne nous causera pas de si grands tords que tu ne le penses, mon ami, et parce que cela servira nos intérêts. »
Pour le coup, le petit homme en resta muet, ce que Rosalia considérait déjà comme une victoire. Elle profita de l'occasion pour s'engouffrer dans la brèche, même si intérieurement elle se navrait de devoir expliquer l'évidence à son « invité » - qui s'était invité tout seul, bien sûr.
Rosalia la Féline :« Premièrement, le mal potentiel est nul. Ce mariage est un mariage chrétien, il ne regarde qu'eux. Cela renforcera sans doute l'emprise de ce vieux renard de Croc-d'Ours sur sa petite bande, mais il les contrôle déjà plus ou moins totalement, de toute façon. Si prestigieux que soit son mariage, il ne fera que l'enfoncer plus dans la sphère chrétienne, et le jour où un chrétien dictera leur conduite aux vrais croyants n'est pas prêt d'arriver ! Qu'il se renforce donc chez lui, cela ne fera que renforcer la nécessité d'être fort face à ces hérétiques. »
Au passage, la perte de prestige résiduelle, quoique réduite, toucherait avant tout le Duc de Sundebard, tout en poussant celui-ci à solidifier de puissantes alliances, et tout cela la renforcerait encore un peu plus, mais cela elle ne jugea pas utile de le dire au petit Baron.
Rosalia la Féline :« Deuxièmement, au final, une princesse soverove viendra vivre ici, au Vonalya. Les soveroves sont de loin les plus cinglés de toute cette bande de fanatiques hérétiques qui s'intitule « catholicisme », et les plus dangereux, entre leurs envies de missions brutales et leurs ordres de guerriers dévoués à leur soit-disant dieu crucifié. Cette Anastasia est trop habile et a les dents un peu trop longues à mon goût. Elle aurait pu décidé un jour que le Vonalya se porterait mieux avec une grosse croix à tous les coins de rue, quitte à sacrifier au passage quelques chrétiens dans l'espoir d'en récolter plus à la fin.
Quelque chose me dit qu'elle sera moins aventureuse en sachant sa fille à portée d'être la première à se faire massacrer si jamais elle commet l'erreur de faire en sorte de ranimer les guerres de religion. En résumé, ce mariage nous fournira une superbe otage contre la folie des grandeurs soveroves, ce qui est toujours une bonne chose, ma foi. »
La Duchesse avait pas mal simplifié les choses, mais elle n'en vit pas moins la compréhension fleurir lentement dans les yeux du Baron. Elle savait qu'elle avait franchit l'étape où il allait ruminer les informations et les idées fournies. Dans quelques jours, par elle ne savait quel branchement bizarre dans sa petite cervelle embrumée, il se persuaderait que toute l'idée était de lui, et il la présenterait comme telle, y compris s'il venait à en reparler avec elle. C'était quelqu'un comme ça. Pour l'instant ceci-dit, il était parti à retourner l'idée dans sa tête, et donc il allait la laisser en paix, probablement pour le reste de sa visite. Ce qui valait largement son pesant d'or, il n'y avait aucun doute possible là-dessus.
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Alwine
À espion, espion et demi :
[right]12 janvier 2033, Lieu inconnu, Vonalya.[/right]
La base ne payait pas de mine, de prime abord, avec son intérieur loin des surfaces brillantes et clinquantes que l'on imaginait généralement pour les lieux d'espionnage deux-point-zéro du XXIe siècle. Ici, les plafonds bas des couloirs voûtés accueillaient encore de vielles lampes à la lumière un peu jaune, les murs étaient en béton le plus souvent nu, et les bureaux voisinaient avec de vastes salles de stockage papier. Non pas que les services ne soient pas sur la toile : il y avait des terminaux, ailleurs, des agents spécialisés dans le numérique et tout ce qui s'en suivait. Mais l'homme à la tête de tout cela était de la vieille école, et il avait plus d'une fois vérifié pendant l'Hégémonie puis pendant sa chute que même le meilleur hacker du monde ne pouvait pas accéder à vos données à distances quand elles se trouvaient dans un bon vieux dossier papier. Toujours précieux, pour un service dont le but principal avait toujours été le contre-espionnage.
L'homme en question était assis derrière son bureau, en train d'examiner une série de rapport de son regard rapide, qui sautait d'une information à l'autre avec vivacité, quand un de ses subordonnés entra et salua. Celui qui était à la tête du premier service d'espionnage du pays, l'Œil Borgne, et qui, bien que dépendant officiellement de la police royale, en était en fait totalement autonome, et donnait plutôt des ordres à ses responsables que l'inverse, fini de lire son rapport puis releva le regard vers son visiteur, un regard froid, comme toujours.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/7/a/sis03cf-5230efd.png[/img]
Munin, chef de l'Œil Borgne.[/center]
Munin :« Qui a-t-il, Valraven ? »
Il connaissait bien entendu le vrai nom de son subordonné. En l'occurrence celui-ci, un de ses proches lieutenants, savait aussi à qui il avait affaire en réalité. Néanmoins, comme c'était la règle dans le service, ils utilisaient toujours leurs noms de code dans le cadre de toute conversation professionnelle, afin d'éviter toute révélation malheureuse en cas d'écoute, et surtout afin d'éviter toute mauvaise habitude qui pourrait amener à une erreur en une autre occasion. Son subordonné, un homme blond à la courte barbe qui blanchissait déjà sous le passage des ans, lui répondit avec une légère grimace.
Valraven :« Espionnage, chef, par un de nos alliés. »
Munin :« Quoi, encore ? Est-ce que plus personne ne donne de sens au mot « allié » de nos jours ? »
Il y avait une certaine exaspération, bien que légère,dans la voix de l'Œil. La dernière fois qu'une action d'envergure avait été découverte, avec la collaboration des services du Temple de Loki, elle venait de la Soverovie, pourtant allié déclaré du royaume. Et visiblement, les soveroves n'étaient pas les seuls à jouer à ce genre de petits jeux stupides avec leurs propres alliés.
Valraven :« Cela vient du Caskar, chef. »
Munin :« Bah tient, logique ! On dirait qu'ils sont tellement acharnés à contrer la Soverovie par tous les moyens qu'ils s’échinent à copier tous leurs travers. S'ils continuent à ce rythme la prochaine étape c'est la campagne de conversion hostile des minorités religieuses... »
Taciturne, comme à son habitude, Valraven fit glisser un dossier résumant les points les plus intéressants de l'affaire sur le bureau de son chef, qui écarta les autres et le parcouru rapidement. Une affaire de ce genre avait bien sûr une absolue priorité.
Munin :« Hummf... et ils se sont aperçu de quelque chose ? »
Valraven :« De rien pour l'instant, chef. Ils continuent comme si de rien n'était. »
Munin :« Bien, très bien, même. On a même les moyens de faire pression s'ils essayent de jouer au plus malins et n'ont pas la courtoisie de se retirer gentiment. Nous avons donc tous les atouts en main. »
L'homme que l'on nommait d'après l'un des deux corbeaux qui nichaient sur les épaules d'Odin, tout comme le service était nommé d'après l’œil que le Père-de-Tout avait sacrifié pour obtenir la clairvoyance, prit le temps de réfléchir quelques instants, puis donna ses directives d'une voix ferme.
Munin :« Agissons sans perdre de temps. Nous allons envoyer à ce... »
Valraven :« Daska, chef. »
Munin :« C'est ça, à ce Daska donc, un dossier reprenant nos éléments, en ce compris des copies des données que nous avons décodées. Et leur faire savoir que soit ils retirent leurs hommes d'eux-mêmes et ne reviennent plus ici, soit nous les identifions et nous leur renvoyons dans des cercueils. Et arrange-toi pour faire également comprendre que s'ils essayent de faire tourner ça au bras de fer, nous diffuserons les données décryptées à tous les concernés. »
Valraven :« Ils risquent de mal le prendre. De ce que j'ai vu, ils auraient plutôt tendance à penser à de la collaboration. »
Munin :« Honnêtement, je m'en fiche pas mal. Notre service a fait du contre-espionnage sa discipline-reine, ce n'est pas pour rien. Personne n'a a disposer d'un regard sur tout ce que nous faisons. Les seuls espions au Vonalya doivent être ou vonalyans, ou morts, cela ne prête pas à discussion. Dans un second temps ceci dit tendons-leur la main. Proposons-leur toutes les collaborations qu'ils voudront. Mais à la condition express qu'ils dégagent de chez moi. »
Valraven :« Bien, chef. Devons-nous solliciter l'avis du Roi ? »
Munin :« Non, exécution immédiate. Je me charge d'Alwin, comme d'habitude. De toute façon je ne doute pas qu'il approuvera, il a horreur qu'on regarde par-dessus son épaule. Il est probable qu'il en aurait fait écarteler un ou deux pour l'exemple, si on le laissait faire spontanément. Ça a toujours été le plus ombrageux, de toute façon. »
Valraven salua et sortit, partant s'assurer de l'exécution des ordres de son supérieur, qui resta quelques instants songeur. Il ne comprenait pas ces nations qui pensaient gagner en influence en infiltrant leurs alliés, mais ils étaient mal tombés, ici. Au moins le message serait clairement passé en Soverovie comme au Caskar : le Vonalya était indépendant, il n'était pas ouvert aux ordres ni aux espions étrangers, et ceux qui espéraient se gagner son soutient dans une guerre d'influence auraient mieux fait de ne pas l'oublier trop vite...
[right]12 janvier 2033, Lieu inconnu, Vonalya.[/right]
La base ne payait pas de mine, de prime abord, avec son intérieur loin des surfaces brillantes et clinquantes que l'on imaginait généralement pour les lieux d'espionnage deux-point-zéro du XXIe siècle. Ici, les plafonds bas des couloirs voûtés accueillaient encore de vielles lampes à la lumière un peu jaune, les murs étaient en béton le plus souvent nu, et les bureaux voisinaient avec de vastes salles de stockage papier. Non pas que les services ne soient pas sur la toile : il y avait des terminaux, ailleurs, des agents spécialisés dans le numérique et tout ce qui s'en suivait. Mais l'homme à la tête de tout cela était de la vieille école, et il avait plus d'une fois vérifié pendant l'Hégémonie puis pendant sa chute que même le meilleur hacker du monde ne pouvait pas accéder à vos données à distances quand elles se trouvaient dans un bon vieux dossier papier. Toujours précieux, pour un service dont le but principal avait toujours été le contre-espionnage.
L'homme en question était assis derrière son bureau, en train d'examiner une série de rapport de son regard rapide, qui sautait d'une information à l'autre avec vivacité, quand un de ses subordonnés entra et salua. Celui qui était à la tête du premier service d'espionnage du pays, l'Œil Borgne, et qui, bien que dépendant officiellement de la police royale, en était en fait totalement autonome, et donnait plutôt des ordres à ses responsables que l'inverse, fini de lire son rapport puis releva le regard vers son visiteur, un regard froid, comme toujours.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/7/a/sis03cf-5230efd.png[/img]
Munin, chef de l'Œil Borgne.[/center]
Munin :« Qui a-t-il, Valraven ? »
Il connaissait bien entendu le vrai nom de son subordonné. En l'occurrence celui-ci, un de ses proches lieutenants, savait aussi à qui il avait affaire en réalité. Néanmoins, comme c'était la règle dans le service, ils utilisaient toujours leurs noms de code dans le cadre de toute conversation professionnelle, afin d'éviter toute révélation malheureuse en cas d'écoute, et surtout afin d'éviter toute mauvaise habitude qui pourrait amener à une erreur en une autre occasion. Son subordonné, un homme blond à la courte barbe qui blanchissait déjà sous le passage des ans, lui répondit avec une légère grimace.
Valraven :« Espionnage, chef, par un de nos alliés. »
Munin :« Quoi, encore ? Est-ce que plus personne ne donne de sens au mot « allié » de nos jours ? »
Il y avait une certaine exaspération, bien que légère,dans la voix de l'Œil. La dernière fois qu'une action d'envergure avait été découverte, avec la collaboration des services du Temple de Loki, elle venait de la Soverovie, pourtant allié déclaré du royaume. Et visiblement, les soveroves n'étaient pas les seuls à jouer à ce genre de petits jeux stupides avec leurs propres alliés.
Valraven :« Cela vient du Caskar, chef. »
Munin :« Bah tient, logique ! On dirait qu'ils sont tellement acharnés à contrer la Soverovie par tous les moyens qu'ils s’échinent à copier tous leurs travers. S'ils continuent à ce rythme la prochaine étape c'est la campagne de conversion hostile des minorités religieuses... »
Taciturne, comme à son habitude, Valraven fit glisser un dossier résumant les points les plus intéressants de l'affaire sur le bureau de son chef, qui écarta les autres et le parcouru rapidement. Une affaire de ce genre avait bien sûr une absolue priorité.
Munin :« Hummf... et ils se sont aperçu de quelque chose ? »
Valraven :« De rien pour l'instant, chef. Ils continuent comme si de rien n'était. »
Munin :« Bien, très bien, même. On a même les moyens de faire pression s'ils essayent de jouer au plus malins et n'ont pas la courtoisie de se retirer gentiment. Nous avons donc tous les atouts en main. »
L'homme que l'on nommait d'après l'un des deux corbeaux qui nichaient sur les épaules d'Odin, tout comme le service était nommé d'après l’œil que le Père-de-Tout avait sacrifié pour obtenir la clairvoyance, prit le temps de réfléchir quelques instants, puis donna ses directives d'une voix ferme.
Munin :« Agissons sans perdre de temps. Nous allons envoyer à ce... »
Valraven :« Daska, chef. »
Munin :« C'est ça, à ce Daska donc, un dossier reprenant nos éléments, en ce compris des copies des données que nous avons décodées. Et leur faire savoir que soit ils retirent leurs hommes d'eux-mêmes et ne reviennent plus ici, soit nous les identifions et nous leur renvoyons dans des cercueils. Et arrange-toi pour faire également comprendre que s'ils essayent de faire tourner ça au bras de fer, nous diffuserons les données décryptées à tous les concernés. »
Valraven :« Ils risquent de mal le prendre. De ce que j'ai vu, ils auraient plutôt tendance à penser à de la collaboration. »
Munin :« Honnêtement, je m'en fiche pas mal. Notre service a fait du contre-espionnage sa discipline-reine, ce n'est pas pour rien. Personne n'a a disposer d'un regard sur tout ce que nous faisons. Les seuls espions au Vonalya doivent être ou vonalyans, ou morts, cela ne prête pas à discussion. Dans un second temps ceci dit tendons-leur la main. Proposons-leur toutes les collaborations qu'ils voudront. Mais à la condition express qu'ils dégagent de chez moi. »
Valraven :« Bien, chef. Devons-nous solliciter l'avis du Roi ? »
Munin :« Non, exécution immédiate. Je me charge d'Alwin, comme d'habitude. De toute façon je ne doute pas qu'il approuvera, il a horreur qu'on regarde par-dessus son épaule. Il est probable qu'il en aurait fait écarteler un ou deux pour l'exemple, si on le laissait faire spontanément. Ça a toujours été le plus ombrageux, de toute façon. »
Valraven salua et sortit, partant s'assurer de l'exécution des ordres de son supérieur, qui resta quelques instants songeur. Il ne comprenait pas ces nations qui pensaient gagner en influence en infiltrant leurs alliés, mais ils étaient mal tombés, ici. Au moins le message serait clairement passé en Soverovie comme au Caskar : le Vonalya était indépendant, il n'était pas ouvert aux ordres ni aux espions étrangers, et ceux qui espéraient se gagner son soutient dans une guerre d'influence auraient mieux fait de ne pas l'oublier trop vite...
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Alwine
Partir en voyage :
[right]21 janvier 2033, Palais Royal, Narvarion.[/right]
La neige tombait encore dans les froids jardins glacés du Palais de Narvarion, mais ce n'était pas elle qui allait arrêter les domestiques qui, derrière les vitres épaisses, préparaient les bagages royaux. Non pas ceux du Roi, pour une fois, lui qui voyageait maintenant assez souvent en-dehors des frontières, plusieurs fois par année au moins, pour des rencontres diplomatiques, des couronnements, et autres événements du même genre. Non, cette fois s'étaient les bagages de la Reine que les serviteurs préparaient, la belle Varana qui s'en allait visiter sa famille, dans le lointain septentrion de la Marche de Förkylvæg, la plus vaste des marches du grand nord qui formaient la frontière entre le territoire vonalyan et les confins glacés du Pôle Nord où aucune nation n'avait véritablement de souveraineté, parce que nul ne pouvait y vivre en autonomie.
Ce n'était pas si souvent que la souveraine retournait chez elle : Narvarion était devenu son foyer, après des décennies de mariage, et il était plus commode pour sa famille de lui rendre visite que l'inverse. Néanmoins, sa vieille mère l'avait réclamé au près d'elle, et pour tout dire l'épouse de Patte-De-Foudre n'était pas contre l'idée de renouer avec les plaisirs glacés de son enfance, les chasses dans les confins glacés où ne manquerait pas de l'entraîner son frère et toute la famille qui se trouvait là-bas. Son époux avait proposé de l'accompagner, mais elle sentait bien qu'il préférait rester à Narvarion en cette période où le pays planifiait de nouvelles avancées diplomatiques, et où l'on dressait les plans pour l'année à venir. Cela faisait longtemps, de toute façon, qu'elle ne vivait plus collée à son époux. Ils s'aimaient, mais leur amour était justement assez fort pour tolérer de prendre un peu d'espace de temps en temps.
Pour l'heure, la Reine supervisait le bouclage des bagages, histoire d'éviter de n'avoir à se mettre que des robes de satin dans son château natal, où ce n'était pas vraiment l'ambiance générale. Car il fallait bien dire que, même du temps où il n'y était qu'un beau-fils princier et non encore le Roi, le caractère direct et sans prétentions de son époux s'y était toujours admirablement intégré.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/4/f/0/varana-5233e94.jpg[/img]
Sa Majesté Varana la Céleste, Reine Consort du Vonalya.[/center]
Varana la Céleste :« Non, Elga, je n'ai pas besoin d'autant de robes ! Je vais voir ma mère, pas à une série de réceptions mondaines. Une ou deux ce sera bien suffisant, au pire une de mes nièces me prêtera quelque chose. Mettez plutôt d'avantage de fourrure, pour que mon frère ait le plaisir de me faire braver le froid ! »
En dépit de quelques reprises nécessaires du même genre, les bagages furent finalement bouclés à la convenance de la souveraine. C'était le genre de choses qu'elle veillait de toute façon toujours à superviser, fut-ce pour son époux. Non pas par soumission féminine, ce qui était loin de sa nature, mais plutôt parce que ce grand dadais n'était pas du genre à se soucier de ce genre de choses, hélas ! Et justement, comme elle pensait à lui, son époux s'encadra, souriant, comme toujours, à l'entrée de la pièce.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/0/c/alwin-50310c1.jpg[/img]
Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors ma chérie, ta décision est prise, tu es sur le départ ?, »
Varana la Céleste :« Je ne pars pas bien loin, ne t'en fais pas, et je serai vite revenue. Tu peux sans soucis rester ici et jouer à la politique comme tu aimes tant le faire. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahah, jouer, hein ? Je te rappel que je suis le Roi, femme ! Par Loki, ces « jeux » comme tu dis sont tout ce qu'il y a de plus sérieux ! »
Varana la Céleste :« Je ne le sais que trop bien, mon époux. Mais je sais aussi que tu t'amuses plus dans ce jeu des rois qu'aucun enfant dans ses jeux d'enfants. »
Et, en souriant, de venir déposer un doux baiser affectueux sur les lèvres de sson époux, qui ne pu, en réponse, que rire à nouveau. Elle le connaissait bien, après tout, vu toutes les années qu'ils avaient passé ensemble. Elle était celle qui tempérait le mieux ses ardeurs guerrières, mais aussi celle qui comprenait le mieux, sans doute, comment fonctionnait le monarque parfois bien fantasque.
Alwin XV Patte-De-Foudre : « En parlant de charge royale, j'espère que tu prends avec toi une suite digne de ton rang, et de ta protection, ma Reine. »
Varana la Céleste :« Mon époux serait-il inquiet pour ma sécurité dans la maison de mon frère ? Ne crains rien, j'y serai en sécurité. Quant à la suite, j'emmène le strict nécessaire, à vrai dire. Ce ne seraient pas de vraies vacances si je me déplaçais avec toutes mes dames de compagnies ? »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors maintenant j'apprends que ta mère ne fait que servir de prétexte à des vacances loin de moi, fit en riant le souverain.
Varana la Céleste :« Plutôt de la Cour, mon très cher. Et puis tu devrais être content que je laisse mes dames de compagnie derrière moi, y compris la petite qui semble t'avoir taper dans l’œil[/i], fit-elle à son tour non sans une certaine malice.
Et le monarque de rire à nouveau, avant de venir déposer un tendre baiser sur le front de sa femme, souriant. En dépit de leurs piques affectueuses, Patte-De-Foudre se réjouissait de la voir passer du temps avec sa famille... et les Dieux savait que parfois lui aussi il aurait bien voulu avoir cette excuse pour s'éloigner un peu du Palais ! Qui sait, maintenant que son neveu était lui aussi un Marquis du grand nord, ce serait peut-être lui qui se fendrait d'une visite familiale, la prochaine fois ! [/i]
[right]21 janvier 2033, Palais Royal, Narvarion.[/right]
La neige tombait encore dans les froids jardins glacés du Palais de Narvarion, mais ce n'était pas elle qui allait arrêter les domestiques qui, derrière les vitres épaisses, préparaient les bagages royaux. Non pas ceux du Roi, pour une fois, lui qui voyageait maintenant assez souvent en-dehors des frontières, plusieurs fois par année au moins, pour des rencontres diplomatiques, des couronnements, et autres événements du même genre. Non, cette fois s'étaient les bagages de la Reine que les serviteurs préparaient, la belle Varana qui s'en allait visiter sa famille, dans le lointain septentrion de la Marche de Förkylvæg, la plus vaste des marches du grand nord qui formaient la frontière entre le territoire vonalyan et les confins glacés du Pôle Nord où aucune nation n'avait véritablement de souveraineté, parce que nul ne pouvait y vivre en autonomie.
Ce n'était pas si souvent que la souveraine retournait chez elle : Narvarion était devenu son foyer, après des décennies de mariage, et il était plus commode pour sa famille de lui rendre visite que l'inverse. Néanmoins, sa vieille mère l'avait réclamé au près d'elle, et pour tout dire l'épouse de Patte-De-Foudre n'était pas contre l'idée de renouer avec les plaisirs glacés de son enfance, les chasses dans les confins glacés où ne manquerait pas de l'entraîner son frère et toute la famille qui se trouvait là-bas. Son époux avait proposé de l'accompagner, mais elle sentait bien qu'il préférait rester à Narvarion en cette période où le pays planifiait de nouvelles avancées diplomatiques, et où l'on dressait les plans pour l'année à venir. Cela faisait longtemps, de toute façon, qu'elle ne vivait plus collée à son époux. Ils s'aimaient, mais leur amour était justement assez fort pour tolérer de prendre un peu d'espace de temps en temps.
Pour l'heure, la Reine supervisait le bouclage des bagages, histoire d'éviter de n'avoir à se mettre que des robes de satin dans son château natal, où ce n'était pas vraiment l'ambiance générale. Car il fallait bien dire que, même du temps où il n'y était qu'un beau-fils princier et non encore le Roi, le caractère direct et sans prétentions de son époux s'y était toujours admirablement intégré.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/4/f/0/varana-5233e94.jpg[/img]
Sa Majesté Varana la Céleste, Reine Consort du Vonalya.[/center]
Varana la Céleste :« Non, Elga, je n'ai pas besoin d'autant de robes ! Je vais voir ma mère, pas à une série de réceptions mondaines. Une ou deux ce sera bien suffisant, au pire une de mes nièces me prêtera quelque chose. Mettez plutôt d'avantage de fourrure, pour que mon frère ait le plaisir de me faire braver le froid ! »
En dépit de quelques reprises nécessaires du même genre, les bagages furent finalement bouclés à la convenance de la souveraine. C'était le genre de choses qu'elle veillait de toute façon toujours à superviser, fut-ce pour son époux. Non pas par soumission féminine, ce qui était loin de sa nature, mais plutôt parce que ce grand dadais n'était pas du genre à se soucier de ce genre de choses, hélas ! Et justement, comme elle pensait à lui, son époux s'encadra, souriant, comme toujours, à l'entrée de la pièce.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/0/c/alwin-50310c1.jpg[/img]
Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors ma chérie, ta décision est prise, tu es sur le départ ?, »
Varana la Céleste :« Je ne pars pas bien loin, ne t'en fais pas, et je serai vite revenue. Tu peux sans soucis rester ici et jouer à la politique comme tu aimes tant le faire. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ahah, jouer, hein ? Je te rappel que je suis le Roi, femme ! Par Loki, ces « jeux » comme tu dis sont tout ce qu'il y a de plus sérieux ! »
Varana la Céleste :« Je ne le sais que trop bien, mon époux. Mais je sais aussi que tu t'amuses plus dans ce jeu des rois qu'aucun enfant dans ses jeux d'enfants. »
Et, en souriant, de venir déposer un doux baiser affectueux sur les lèvres de sson époux, qui ne pu, en réponse, que rire à nouveau. Elle le connaissait bien, après tout, vu toutes les années qu'ils avaient passé ensemble. Elle était celle qui tempérait le mieux ses ardeurs guerrières, mais aussi celle qui comprenait le mieux, sans doute, comment fonctionnait le monarque parfois bien fantasque.
Alwin XV Patte-De-Foudre : « En parlant de charge royale, j'espère que tu prends avec toi une suite digne de ton rang, et de ta protection, ma Reine. »
Varana la Céleste :« Mon époux serait-il inquiet pour ma sécurité dans la maison de mon frère ? Ne crains rien, j'y serai en sécurité. Quant à la suite, j'emmène le strict nécessaire, à vrai dire. Ce ne seraient pas de vraies vacances si je me déplaçais avec toutes mes dames de compagnies ? »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors maintenant j'apprends que ta mère ne fait que servir de prétexte à des vacances loin de moi, fit en riant le souverain.
Varana la Céleste :« Plutôt de la Cour, mon très cher. Et puis tu devrais être content que je laisse mes dames de compagnie derrière moi, y compris la petite qui semble t'avoir taper dans l’œil[/i], fit-elle à son tour non sans une certaine malice.
Et le monarque de rire à nouveau, avant de venir déposer un tendre baiser sur le front de sa femme, souriant. En dépit de leurs piques affectueuses, Patte-De-Foudre se réjouissait de la voir passer du temps avec sa famille... et les Dieux savait que parfois lui aussi il aurait bien voulu avoir cette excuse pour s'éloigner un peu du Palais ! Qui sait, maintenant que son neveu était lui aussi un Marquis du grand nord, ce serait peut-être lui qui se fendrait d'une visite familiale, la prochaine fois ! [/i]
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Alwine
Rage et deuil :
[right]14 février 2033, Palais du Marquis, Förkylvæg.[/right]
« Calme toi, mon frère. Nous devons agir avec prudence dans cette affaire, et attendre d'avoir des preuves solides pour frapper les véritables coupables. »
L'homme qui parlait tentait de prendre une voix calme, apaisante, pour raisonner, comme il pouvait parfois le faire, l'invité de marque du Palais de Förkylvæg, qui parcourait comme un vent de tempête les plus luxueux des appartements de marque prévus pour les invités, et mis à sa disposition par le Marquis aux yeux marqués de larmes à leur arrivée. Hélas, s'il le pouvait parfois, il était loin d'être le mieux disposé à ce genre d'apaisement. Celle qui y était le mieux disposait gisait dans le froid de la mort, plusieurs salles plus bas, sur un blanc catafalque. Et c'était bien là tout le problème.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/0/c/alwin-50310c1.jpg[/img]
Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]
Alwin XV Patte-De-Foudre : « De la prudence ? De la prudence ?!?! Ils ont tué ma femme, Arwed, ma femme par tous les Dieux ! Il n'y a pas de prudence à avoir, je veux leur sang, leur sang à tous, inondant ce foutu pays jusqu'à ce que chaque centimètre carré de glace passe du blanc au rouge ! »
La voix du Roi éploré grondait comme le tonnerre, et la rage dans ses yeux, si énorme fut-elle, peinait à masquer le chagrin. Il avait pleuré, plus tôt. Les larmes avaient coulé dès leur départ, mais il avait toujours gardé un espoir, l'espoir que le message puisse se tromper, qu'il puisse y avoir une erreur. Mais il n'y avait pas d'erreur, et il y avait pire encore, ils l'avaient découvert en arrivant, ce que le beau-frère du monarque n'avait pas voulu confier à un messager : la blessure de Varana, la blessure d'une flèche qui, sans la tuer, l'avait néanmoins précipitée dans la mort en lui faisant perdre le contrôle de son traîneau. Une mort immédiate aurait mieux valu, mais on n'en faisait pas la remarque à un mari éploré, ni à un roi vengeur.
« Leur sang a déjà coulé, tu le sais. Vilfrid t'a montré leurs corps, ou ce qu'il en restait. »
Car s'était sa sœur, après tout, et Vilfrid Couleurs-Du-Ciel, Marquis de Förkylvæg, avait les meilleurs pisteurs de tout son territoire, parmi les meilleurs chasseurs du grand nord. Il les avait tué, bien sûr, il les avait massacré pour la plupart, ne ramenant que deux prisonniers, et une collection de têtes dont les corps correspondant avaient généralement été abandonnés aux crocs des charognards septentrionaux.
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ils n'ont certainement pas eut cette idée lumineuse tout seul, cette bande de chasseurs débiles ! Tu es mon demi-frère, par Loki, et le chef de mes foutus putain de services secrets ! Alors j’attends des réponses, je les attend tout de suite, des noms, des gens à étriper ! »
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/7/a/sis03cf-5230efd.png[/img]
Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.[/center]
Arwed Fils-Du-Vent :« Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi, Alwin, jusque dans les halls d'Odin, ou les enfers de Hel. Mais c'est justement pour ne pas faire d'erreur et ne laisser filer aucun commanditaire que nous devons agir avec prudence. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ou nous pourrions torturer ces chiens, et leurs familles, et leurs parents ! Raser leur foutu village pouilleux, et continuer de raser tous ceux de cette côte maudite, jusqu'à ce qu'ils parlent ou soient tous morts ! »
La rage embrasait la voix et l'âme du souverain. Le plus ombrageux de ses frères, avait-il confié à son second, un mois plus tôt. Le plus sanguin aurait-il pu également dire, le plus furieux dans le chagrin, comme il le confirmait ici une nouvelle fois. En réponse, celui qui avait toujours été l'homme de l'ombre derrière son petit demi-frère le regarda longuement, jusqu'à ce qu'il calme ses allées et venues dans la pièce pour lui rendre son regard.
Arwed Fils-Du-Vent :« Si nous faisons ça, cela fera un tollé. Un peu chez nous, beaucoup dans le reste du monde. Les nordiques du Haut-Conseil vont grincer des dents, et la presse internationale te décrira comme un boucher sanguinaire. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « ILS ONT TUÉ MA FEMME ! Ils ont tué la Reine, par les couilles d'Odin ! »
Arwed Fils-Du-Vent :« Cela ne doit pas nous faire oublié la justice, sinon nous serons en position de faiblesse, tous tes efforts... »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je pisse sur le Haut-Conseil, tu m'entends ! Et ce que penseront ces barbares dégénérés du sud, je m'en contrefiche, tu m'entends ! Je suis le Roi ! S'il le faut, je peux massacrer tous mes sujets, nobles compris ! »
Le prince bâtard ne répondit rien, se contentant de regarder longuement son frère. Il aurait pu lui dire que ce n'était pas, que cela n'avait jamais été, le genre de Roi qu'il voulait être, le genre de Roi qu'il était depuis toutes ces années. Il aurait pu lui dire que Varana n'aurait jamais voulu le voir se comporter ainsi. Il aurait pu lui dire bien des choses encore, mais il ne dit rien, ses graves yeux gris parlant pour lui, et finalement Patte-De-Foudre gronda, et détourna la tête.
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Sois maudit, mon frère, et maudite la rage que Thor fait bouillir dans mon sang, et que Loki attise des braises de la haine. Fais à ta manière, mais fais vite. Tu as une totale carte blanche, mais je n'attendrai pas bien longtemps, je le crains. Apporte-moi des réponses, mon frère, quelqu'un à qui faire rendre gorge par la hache du bourreau, et je lui accorderai le procès qu'il ne mérite pas, par souvenir d'elle. Mais si je n'ai pas ma vengeance ainsi je l'aurai autrement, alors dépêche-toi. »
La voix du monarque avait perdu ses accents de tempête, son regard avait perdu son feu, et la peine qu'il pu y lire alors sans obstacle firent détourner les yeux au maître-espion. Il n'ajouta rien, salua une fois, très profondément, comme une promesse. Puis Arwed Fils-Du-Vent, fruit volage des reins d'un Roi, fidèle serviteur et confident d'un autre, que l'on appelait aussi Munin, s'en fut, tel le noir corbeau des légendes, pour rapporter à son maître les informations dont il avait un si profond désir.
[right]14 février 2033, Palais du Marquis, Förkylvæg.[/right]
« Calme toi, mon frère. Nous devons agir avec prudence dans cette affaire, et attendre d'avoir des preuves solides pour frapper les véritables coupables. »
L'homme qui parlait tentait de prendre une voix calme, apaisante, pour raisonner, comme il pouvait parfois le faire, l'invité de marque du Palais de Förkylvæg, qui parcourait comme un vent de tempête les plus luxueux des appartements de marque prévus pour les invités, et mis à sa disposition par le Marquis aux yeux marqués de larmes à leur arrivée. Hélas, s'il le pouvait parfois, il était loin d'être le mieux disposé à ce genre d'apaisement. Celle qui y était le mieux disposait gisait dans le froid de la mort, plusieurs salles plus bas, sur un blanc catafalque. Et c'était bien là tout le problème.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/0/c/alwin-50310c1.jpg[/img]
Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]
Alwin XV Patte-De-Foudre : « De la prudence ? De la prudence ?!?! Ils ont tué ma femme, Arwed, ma femme par tous les Dieux ! Il n'y a pas de prudence à avoir, je veux leur sang, leur sang à tous, inondant ce foutu pays jusqu'à ce que chaque centimètre carré de glace passe du blanc au rouge ! »
La voix du Roi éploré grondait comme le tonnerre, et la rage dans ses yeux, si énorme fut-elle, peinait à masquer le chagrin. Il avait pleuré, plus tôt. Les larmes avaient coulé dès leur départ, mais il avait toujours gardé un espoir, l'espoir que le message puisse se tromper, qu'il puisse y avoir une erreur. Mais il n'y avait pas d'erreur, et il y avait pire encore, ils l'avaient découvert en arrivant, ce que le beau-frère du monarque n'avait pas voulu confier à un messager : la blessure de Varana, la blessure d'une flèche qui, sans la tuer, l'avait néanmoins précipitée dans la mort en lui faisant perdre le contrôle de son traîneau. Une mort immédiate aurait mieux valu, mais on n'en faisait pas la remarque à un mari éploré, ni à un roi vengeur.
« Leur sang a déjà coulé, tu le sais. Vilfrid t'a montré leurs corps, ou ce qu'il en restait. »
Car s'était sa sœur, après tout, et Vilfrid Couleurs-Du-Ciel, Marquis de Förkylvæg, avait les meilleurs pisteurs de tout son territoire, parmi les meilleurs chasseurs du grand nord. Il les avait tué, bien sûr, il les avait massacré pour la plupart, ne ramenant que deux prisonniers, et une collection de têtes dont les corps correspondant avaient généralement été abandonnés aux crocs des charognards septentrionaux.
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ils n'ont certainement pas eut cette idée lumineuse tout seul, cette bande de chasseurs débiles ! Tu es mon demi-frère, par Loki, et le chef de mes foutus putain de services secrets ! Alors j’attends des réponses, je les attend tout de suite, des noms, des gens à étriper ! »
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/7/a/sis03cf-5230efd.png[/img]
Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.[/center]
Arwed Fils-Du-Vent :« Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi, Alwin, jusque dans les halls d'Odin, ou les enfers de Hel. Mais c'est justement pour ne pas faire d'erreur et ne laisser filer aucun commanditaire que nous devons agir avec prudence. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ou nous pourrions torturer ces chiens, et leurs familles, et leurs parents ! Raser leur foutu village pouilleux, et continuer de raser tous ceux de cette côte maudite, jusqu'à ce qu'ils parlent ou soient tous morts ! »
La rage embrasait la voix et l'âme du souverain. Le plus ombrageux de ses frères, avait-il confié à son second, un mois plus tôt. Le plus sanguin aurait-il pu également dire, le plus furieux dans le chagrin, comme il le confirmait ici une nouvelle fois. En réponse, celui qui avait toujours été l'homme de l'ombre derrière son petit demi-frère le regarda longuement, jusqu'à ce qu'il calme ses allées et venues dans la pièce pour lui rendre son regard.
Arwed Fils-Du-Vent :« Si nous faisons ça, cela fera un tollé. Un peu chez nous, beaucoup dans le reste du monde. Les nordiques du Haut-Conseil vont grincer des dents, et la presse internationale te décrira comme un boucher sanguinaire. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « ILS ONT TUÉ MA FEMME ! Ils ont tué la Reine, par les couilles d'Odin ! »
Arwed Fils-Du-Vent :« Cela ne doit pas nous faire oublié la justice, sinon nous serons en position de faiblesse, tous tes efforts... »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Je pisse sur le Haut-Conseil, tu m'entends ! Et ce que penseront ces barbares dégénérés du sud, je m'en contrefiche, tu m'entends ! Je suis le Roi ! S'il le faut, je peux massacrer tous mes sujets, nobles compris ! »
Le prince bâtard ne répondit rien, se contentant de regarder longuement son frère. Il aurait pu lui dire que ce n'était pas, que cela n'avait jamais été, le genre de Roi qu'il voulait être, le genre de Roi qu'il était depuis toutes ces années. Il aurait pu lui dire que Varana n'aurait jamais voulu le voir se comporter ainsi. Il aurait pu lui dire bien des choses encore, mais il ne dit rien, ses graves yeux gris parlant pour lui, et finalement Patte-De-Foudre gronda, et détourna la tête.
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Sois maudit, mon frère, et maudite la rage que Thor fait bouillir dans mon sang, et que Loki attise des braises de la haine. Fais à ta manière, mais fais vite. Tu as une totale carte blanche, mais je n'attendrai pas bien longtemps, je le crains. Apporte-moi des réponses, mon frère, quelqu'un à qui faire rendre gorge par la hache du bourreau, et je lui accorderai le procès qu'il ne mérite pas, par souvenir d'elle. Mais si je n'ai pas ma vengeance ainsi je l'aurai autrement, alors dépêche-toi. »
La voix du monarque avait perdu ses accents de tempête, son regard avait perdu son feu, et la peine qu'il pu y lire alors sans obstacle firent détourner les yeux au maître-espion. Il n'ajouta rien, salua une fois, très profondément, comme une promesse. Puis Arwed Fils-Du-Vent, fruit volage des reins d'un Roi, fidèle serviteur et confident d'un autre, que l'on appelait aussi Munin, s'en fut, tel le noir corbeau des légendes, pour rapporter à son maître les informations dont il avait un si profond désir.
-
Alwine
Rage et deuil (2) :
[right]18 février 2033, Palais du Marquis, Förkylvæg.[/right]
Dans les froides salles mortuaires du palais nordique, on avait commencé à préparer la Reine pour le voyage par voie de mer jusqu'à la capitale. Comme le Roi ne goûtait guère ce spectacle, il était remonté jusque dans ses appartements, lui qui avait passé la majeure partie de son temps jusqu'ici au près de sa femme défunte, priant aux autels funéraires qui avaient été érigés près de son catafalque. Il était remonté aussi parce que son « corbeau » était de retour, ce frère qu'il avait lancé sur la piste des meurtriers de sa bien-aimée, et surtout de ceux qui se tenaient derrière ce meurtre lui-même.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/8/0/c/alwin-50310c1.jpg[/img]
Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors, mon frère, viens-tu avec des nouvelles ? Je te préviens que ma patience passera bientôt les bornes ! La voir ainsi allongé sur la pierre blanche... cela me rappel à chaque fois tout ce que j'ai perdu... »
La voix du monarque était lourde, chargée de toute la profondeur de son chagrin, mais son regard brillait d'une étincelle de colère. Les chrétiens pouvaient bien se contenter de pieuse prière aux morts, mais dans le sang des enfants du Nord courait un besoin plus primaire, plus concret, celui de réclamer le prix du sang. Et Munin savait toute le prix qu'avait pour son frère le sang de Varana.
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/7/a/sis03cf-5230efd.png[/img]
Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.[/center]
Arwed Fils-Du-Vent :« J'ai des nouvelles, en effet. Nous sommes partis des indices sur les lieux et des témoignages sous la torture des deux prisonniers pour remonter jusqu'à trois chefs sur la côte, et de là nous avons pu identifier d'autres échelons. »
Avec un profond soupir, le monarque se laissa tomber dans un fauteuil, en faisant signe à son maître-espion de faire de même. Le souverain se sentait soulager de ces nouvelles, car en dépit de ses menaces il n'était guère désireux de répandre en vain le sang innocent, autant parce qu'il ne voulait pas se changer en boucher que parce qu'il préférait se concentrer sur les véritables coupables. De son pas souple, Arwed prit une carafe de cristal remplie d'un alcool ambré, qui attendait sur une table, et en servit un verre pour lui ainsi qu'un autre pour son royal frère, tout en commençant son exposé.
Arwed Fils-Du-Vent :« Un des chefs a réussi à se suicider avant que nous ne puissions mettre la main dessus, et l'autre était visiblement résolut à mourir, mais heureusement le troisième c'est montré plus... faible. »
Le prince bâtard marqua une pause au milieu de son service, comme s'il réfléchissait à cette déclaration, mais Patte-De-Foudre ne l'interrompit pas pour autant, ayant appris avec le temps que mieux valait ne pas trop se pencher sur ce que son demi-frère considérait comme des faiblesses. Arwed obtenait des résultats, et c'était tout ce qui intéressait le Roi.
Arwed Fils-Du-Vent :« Les chefs nous ont assez facilement donnés d'autres noms : comme eux il s'agissait surtout de chefs vassaux du Gundoruk, de Kugösta et d'Hedasjoler, quand ce n'est pas directement de Förkylvæg même. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Autrement dit un lot reprenant entre autres le fief de mon beau-frère, d'un cousin de ma femme et d'un des plus fervents partisans de la politique royale dans le Nord. »
Arwed Fils-Du-Vent :« Le but étant visiblement de te faire te retourner contre tes alliés, ou « au pire » de simplement te donner l'image d'une simple action des chefs locaux hostiles au pouvoir royal. »
Patte-De-Foudre se contenta d'un grognement en réponse, voyant bien que si son frère parlait ainsi, c'était qu'il avait découvert une toute autre orientation. Il accepta le verre que lui tendait l'espion, qui alla s'asseoir face à lui en prenant lui-même une gorgée.
Arwed Fils-Du-Vent :« En réalité, les chefs étaient pilotés, certains consciemment, d'autres non, par des nobles extérieurs aux territoires concernés. La motivation transmise aux chefs recrutés en toute conscience était une action en faveur de la liberté du « grand nord lapon », et autres fadaises du genre, mais de fait l'alliance de l'ombre serait composée, apparemment, d'ennemis de Vilfrid et de sa famille, d'ennemis du pouvoir royal dans le Nord, indépendantistes ou non, ainsi, comme toujours, de quelques ambitieux, dont un en particulier. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tu sais que j'attends des noms, Arwed. »
Arwed Fils-Du-Vent :« Je le sais, mon frère. Mes services ont dressés une liste en remontant de proche en proche : de Svarfragar, d'Uppdefinga, de Sjalvbefrihet... »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « QUOI ?!? tonna le monarque à la voix d'orage, en faisant éclater son verre sous le coup de la rage. Ces chiens d'autonomistes ?! Après tout ce que notre père a fait pour eux ?!! »
Le souverain bouillonnait, et le chef-espion le laissa se calmer un peu, en buvant lui-même une nouvelle gorgée d'alcool. Patte-De-Foudre s'était légèrement coupé à la main, mais cela ne saignait pas beaucoup, aussi son demi-frère ne jugea-t-il pas utile de lui faire la remarque. Quand il sembla avoir reprit assez de son empire sur lui-même pour l'écouter, Arwed reprit.
Arwed Fils-Du-Vent :« Je le sais, Alwin. J'étais là quand il nous a expliqué ce qu'il comptait faire avec eux, tu le sais bien. Et crois-moi, je suis tout aussi scandalisé que toi... avec eux, donc, nous avons aussi pu identifier une implication des dirigeants de Tvinnagard et de Ranifrosing, ainsi que des nobles influents d'autres endroits, notamment l'héritier en titre de Malwern. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tu ne vas pas me dire que c'est ce jeune idiot l'ambitieux ? »
Arwed Fils-Du-Vent :« Non, tu t'en doutes, c'est là que le bat blesse. Je n'ai pas encore de certitude sur l'ambitieux qui, tu l'as deviné, doit nécessairement être le clef de voûte de tout ça. C'est aussi, hélas, le mieux dissimulé. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Et celui que je veux le plus. »
Arwed Fils-Du-Vent :« Cela va sans dire. Le soucis c'est que si nous bougeons trop vite, il aura probablement fuit à l'étranger avant que nous n'ayons eut le temps de faire parler ses complices. J'ai une liste relativement courte, parce que ceux qui seraient assez puissants ne sont pas légions. Les Ducs, quelques Marquis, un ou deux gros Comtes, pas plus. Nous pourrions agir en douceur et voir lequel bouge... »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hummfff... Tu peux éliminer Rosalia. Elle serait plus que ravie de me voir tomber, mais ce ne sont pas ses méthodes, et elle respectait trop... elle la respectait trop. »
Le monarque avait eut une douloureuse hésitation quand il avait faillit prononcer le nom de la défunte, mais une fois encore le maître-espion ne releva pas, cette fois-ci par respect pour sa douleur elle-même.
Arwed Fils-Du-Vent :« D'accord, c'est entendu. Je pense que le mieux est de laisser croire que nous avons démasqué « seulement » un complot autonomiste, et de mettre la main sur les concernés. Cela devrait alerter suffisamment le concerné pour qu'il bouge, et au pire nous pourrons toujours mettre un membre mineur du conseil de la Baronnie de Sjalvbefrihet à la question si ce n'est pas le cas. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ah, voilà qui me plairait presque ! Faisons cela, mon frère. Je compte sur toi pour agir vite et bien pendant que j'accompagnerai ma bien-aimée jusqu'au lieu de son ultime voyage... »
[right]18 février 2033, Palais du Marquis, Förkylvæg.[/right]
Dans les froides salles mortuaires du palais nordique, on avait commencé à préparer la Reine pour le voyage par voie de mer jusqu'à la capitale. Comme le Roi ne goûtait guère ce spectacle, il était remonté jusque dans ses appartements, lui qui avait passé la majeure partie de son temps jusqu'ici au près de sa femme défunte, priant aux autels funéraires qui avaient été érigés près de son catafalque. Il était remonté aussi parce que son « corbeau » était de retour, ce frère qu'il avait lancé sur la piste des meurtriers de sa bien-aimée, et surtout de ceux qui se tenaient derrière ce meurtre lui-même.
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Sa Majesté Alwin XV Patte-De-Foudre, Roi du Vonalya.[/center]
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Alors, mon frère, viens-tu avec des nouvelles ? Je te préviens que ma patience passera bientôt les bornes ! La voir ainsi allongé sur la pierre blanche... cela me rappel à chaque fois tout ce que j'ai perdu... »
La voix du monarque était lourde, chargée de toute la profondeur de son chagrin, mais son regard brillait d'une étincelle de colère. Les chrétiens pouvaient bien se contenter de pieuse prière aux morts, mais dans le sang des enfants du Nord courait un besoin plus primaire, plus concret, celui de réclamer le prix du sang. Et Munin savait toute le prix qu'avait pour son frère le sang de Varana.
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Arwed Fils-Du-Vent, prince bâtard du Vonalya
alias
Munin, chef de l'Œil Borgne.[/center]
Arwed Fils-Du-Vent :« J'ai des nouvelles, en effet. Nous sommes partis des indices sur les lieux et des témoignages sous la torture des deux prisonniers pour remonter jusqu'à trois chefs sur la côte, et de là nous avons pu identifier d'autres échelons. »
Avec un profond soupir, le monarque se laissa tomber dans un fauteuil, en faisant signe à son maître-espion de faire de même. Le souverain se sentait soulager de ces nouvelles, car en dépit de ses menaces il n'était guère désireux de répandre en vain le sang innocent, autant parce qu'il ne voulait pas se changer en boucher que parce qu'il préférait se concentrer sur les véritables coupables. De son pas souple, Arwed prit une carafe de cristal remplie d'un alcool ambré, qui attendait sur une table, et en servit un verre pour lui ainsi qu'un autre pour son royal frère, tout en commençant son exposé.
Arwed Fils-Du-Vent :« Un des chefs a réussi à se suicider avant que nous ne puissions mettre la main dessus, et l'autre était visiblement résolut à mourir, mais heureusement le troisième c'est montré plus... faible. »
Le prince bâtard marqua une pause au milieu de son service, comme s'il réfléchissait à cette déclaration, mais Patte-De-Foudre ne l'interrompit pas pour autant, ayant appris avec le temps que mieux valait ne pas trop se pencher sur ce que son demi-frère considérait comme des faiblesses. Arwed obtenait des résultats, et c'était tout ce qui intéressait le Roi.
Arwed Fils-Du-Vent :« Les chefs nous ont assez facilement donnés d'autres noms : comme eux il s'agissait surtout de chefs vassaux du Gundoruk, de Kugösta et d'Hedasjoler, quand ce n'est pas directement de Förkylvæg même. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Autrement dit un lot reprenant entre autres le fief de mon beau-frère, d'un cousin de ma femme et d'un des plus fervents partisans de la politique royale dans le Nord. »
Arwed Fils-Du-Vent :« Le but étant visiblement de te faire te retourner contre tes alliés, ou « au pire » de simplement te donner l'image d'une simple action des chefs locaux hostiles au pouvoir royal. »
Patte-De-Foudre se contenta d'un grognement en réponse, voyant bien que si son frère parlait ainsi, c'était qu'il avait découvert une toute autre orientation. Il accepta le verre que lui tendait l'espion, qui alla s'asseoir face à lui en prenant lui-même une gorgée.
Arwed Fils-Du-Vent :« En réalité, les chefs étaient pilotés, certains consciemment, d'autres non, par des nobles extérieurs aux territoires concernés. La motivation transmise aux chefs recrutés en toute conscience était une action en faveur de la liberté du « grand nord lapon », et autres fadaises du genre, mais de fait l'alliance de l'ombre serait composée, apparemment, d'ennemis de Vilfrid et de sa famille, d'ennemis du pouvoir royal dans le Nord, indépendantistes ou non, ainsi, comme toujours, de quelques ambitieux, dont un en particulier. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tu sais que j'attends des noms, Arwed. »
Arwed Fils-Du-Vent :« Je le sais, mon frère. Mes services ont dressés une liste en remontant de proche en proche : de Svarfragar, d'Uppdefinga, de Sjalvbefrihet... »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « QUOI ?!? tonna le monarque à la voix d'orage, en faisant éclater son verre sous le coup de la rage. Ces chiens d'autonomistes ?! Après tout ce que notre père a fait pour eux ?!! »
Le souverain bouillonnait, et le chef-espion le laissa se calmer un peu, en buvant lui-même une nouvelle gorgée d'alcool. Patte-De-Foudre s'était légèrement coupé à la main, mais cela ne saignait pas beaucoup, aussi son demi-frère ne jugea-t-il pas utile de lui faire la remarque. Quand il sembla avoir reprit assez de son empire sur lui-même pour l'écouter, Arwed reprit.
Arwed Fils-Du-Vent :« Je le sais, Alwin. J'étais là quand il nous a expliqué ce qu'il comptait faire avec eux, tu le sais bien. Et crois-moi, je suis tout aussi scandalisé que toi... avec eux, donc, nous avons aussi pu identifier une implication des dirigeants de Tvinnagard et de Ranifrosing, ainsi que des nobles influents d'autres endroits, notamment l'héritier en titre de Malwern. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Tu ne vas pas me dire que c'est ce jeune idiot l'ambitieux ? »
Arwed Fils-Du-Vent :« Non, tu t'en doutes, c'est là que le bat blesse. Je n'ai pas encore de certitude sur l'ambitieux qui, tu l'as deviné, doit nécessairement être le clef de voûte de tout ça. C'est aussi, hélas, le mieux dissimulé. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Et celui que je veux le plus. »
Arwed Fils-Du-Vent :« Cela va sans dire. Le soucis c'est que si nous bougeons trop vite, il aura probablement fuit à l'étranger avant que nous n'ayons eut le temps de faire parler ses complices. J'ai une liste relativement courte, parce que ceux qui seraient assez puissants ne sont pas légions. Les Ducs, quelques Marquis, un ou deux gros Comtes, pas plus. Nous pourrions agir en douceur et voir lequel bouge... »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Hummfff... Tu peux éliminer Rosalia. Elle serait plus que ravie de me voir tomber, mais ce ne sont pas ses méthodes, et elle respectait trop... elle la respectait trop. »
Le monarque avait eut une douloureuse hésitation quand il avait faillit prononcer le nom de la défunte, mais une fois encore le maître-espion ne releva pas, cette fois-ci par respect pour sa douleur elle-même.
Arwed Fils-Du-Vent :« D'accord, c'est entendu. Je pense que le mieux est de laisser croire que nous avons démasqué « seulement » un complot autonomiste, et de mettre la main sur les concernés. Cela devrait alerter suffisamment le concerné pour qu'il bouge, et au pire nous pourrons toujours mettre un membre mineur du conseil de la Baronnie de Sjalvbefrihet à la question si ce n'est pas le cas. »
Alwin XV Patte-De-Foudre : « Ah, voilà qui me plairait presque ! Faisons cela, mon frère. Je compte sur toi pour agir vite et bien pendant que j'accompagnerai ma bien-aimée jusqu'au lieu de son ultime voyage... »