[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Prince_Mavrocordat_coat_of_arms..jpg/220px-Prince_Mavrocordat_coat_of_arms..jpg[/img][/center]
Chers membres du Conseil,
Ma cliente, Son Excellence Madame Mavrocordato di Sutzopolis, s'est engagée sous la protection du Prince pour les mêmes raisons que tous : afin de faire du Movopolis un pays sain et fort. Or, il n'est de richesses que la solvabilité.
Après avoir mis le nez dans les textes législatifs et les ratés du fonctionnement contemporain de la Principauté, ma cliente a eu l'idée fabuleuse mais néanmoins réaliste, de mieux encadrer une population qui avait besoin de repères, d'un cadre. À quoi bon, sinon, louer les mérites de la monarchie ?
Pour ce faire, la magnifique Mara-Mamela, a l'honneur de vous présenter le texte qu'elle déposera devant le Conseil, dans l'espoir qu'il puisse être le premier pas à une reprise en main des corps et des âmes dans cette province de malaria et de criminalité.
[quote]Nom du ou des signataire(s) de la proposition de loi : Son Excellence Mara-Mamela Mavrocordato di Sutzopolis
Compétence : Sécurité
Intitulé de la proposition de loi : Proposition de loi pour l'extension maximale du périmètre de surveillance électronique publique
Exposé des motifs : Afin d'économiser sur les frais d'enquêtes, de procédures de justice, les coûts de la dégradation publique. Afin d'aider au maintien de la Loi.
Principales dispositions :
Du bon comportement en public,
-Tout établissement d'accueil de public (bar, restaurant, boutique, etc...) disposant d'une licence doit équiper ses locaux, avec un taux d'angle mort inférieur à 5%, en outils de surveillance électronique, à ses frais. Ces caméras enregistreuses seront reliées aux commissariats des forces de l'ordre et centres de stockage et d'exercice de la surveillance électronique.
-Tout établissement public, d'accueil ou de travail (mairies, salles de mariage, bureaux de fonctionnaires...), doit équiper ses locaux en outils de surveillance électronique, avec un taux d'angle mort inférieur à 5%. Ces caméras enregistreuses seront reliées aux commissariats des forces de l'ordre et centres de stockage et d'exercice de la surveillance électronique.
-Une proportion minimale de 45% de taux de couverture de l'espace public en matériel de surveillance électronique doit être obligatoire dans les agglomérations de plus de 15 000 habitants, privilégiant les grandes artères et rues fréquentées. Ce matériel doit être dissimulé le plus possible, afin de ne pas troubler le mode de vie des citoyens. Ces caméras enregistreuses seront reliées aux commissariats des forces de l'ordre et centres de stockage et d'exercice de la surveillance électronique.
Du bon comportement sur la route,
-La proposition de Loi engagerait la Principauté à parer aux lacunes de la Ligue amarantine sur la surveillance des routes, des sites d'automobiles, autoroutes, infrastructures diverses, intercités ou intra-urbains. Pour cela, l'équipement maximal du réseau routier et autoroutier public en radars électroniques est plébiscitée. L'objectif à atteindre, d'ici 2040, étant la radarisation de l'ensemble du réseau routier, depuis les centre-villes jusqu'aux grandes voies.
-Le coût d'une amende pour dépassement de vitesse <5 km/h doit être élevé à 40 Lires ; >5 km/h à 80 Lires ; >22 km/h à 450 Lires et retrait du permis avec obligation de le repasser dans les deux mois.
Du bon comportement sur Internet,
-Le délai obligatoire de conservation des habitudes de navigation de tout citoyen ou non-citoyen depuis un post situé sur le territoire de Movopolis, qu'importe le lieu d'hébergement du site consulté, doit être passé à 6 ans, par les fournisseurs d'accès à Internet.
-Les habitudes de navigation peuvent être réclamées, pour besoin d'enquête, par les forces de l'ordre pour toute suspicion portant sur un suspect ou un témoin dans le cadre d'une enquête judiciaire.
-Les habitudes de navigation peuvent être réclamées, par les services de sondages publics, en vue uniquement de la fabrication d'outils d'analyse pour une meilleure connaissance de l'opinion.
-Les particuliers n'auront pas le droit d'acquérir un logiciel de brouillage de leur navigation (VPN/Proxy), sans qu'une demande justifiée préalable soit réalisée auprès des services de la Principauté.[/quote]
Ma cliente et son équipe chiffrent le coût public de sa mesure à 0,4 milliards de Lires montalvéennes en installation, et 0,02 milliards par an en entretien et procédures. Les économies réalisées sur les frais de justice, d'enquête, et les réparations de dégradations, sont estimées de notre part à 0,2 milliards par an. Ce programme devrait ainsi être rentable dès la troisième année.
Recevez toute ma considération et celle de Madame Mavrocordato,
Antoberto Puglie,
Avocat et représentant de SE. M. MdS.
[Mavrocordato] Éponger Movopolis !
-
Arios
La prétendante aliléenne avait passé sa première nuit dans son lit 7 places, tout juste installé la veille. Revenue d'une soirée qui n'avait décidemment pas été à son goût, à la rencontre des autres acquéreurs de chartes nobiliaires, à l'invitation de Zénon, elle avait dû se reposer.
Elle était éveillée, assise contre ses gros oreillers de plumes d'oie, regardant les images de l'Eco di Miliameni du matin, buvant une tasse de café qu'elle reposait à côté des croissants sur son plateau à chaque fois qu'elle voulait tourner une page. Ses cheveux lui tombaient sur le corps, enserré dans un pyjama à petites fleurs de cerisiers.
Antoberto, son avocat et représentant, était entré dans la pièce, mais Mara n'y prêta pas plus d'attention, jusqu'à ce qu'une question lui vienne.
Mara-Mamela Mavrocordato di Sutzopolis : Comment s'appelle celui-là, déjà ?
Elle lui tendit une image du journal.
Antoberto Puglie : Il s'agit de Giuliano Verdogliaco, nous traitons souvent avec lui, souvenez-vous.
Mara : Ah oui, c'est donc à ça qu'il ressemble. J'espère qu'il va gagner l'élection, je l'aime bien. Il est laid, cependant.
Antoberto attendit qu'une servante sortit de la pièce, après qu'elle eut emporté des draps sales dans une bassine, pour se rapprocher du lit où il s'assoit. Au bout de quelques instants, il prit le sein droit de Mara dans une main pour le sentir, le bouger, le faire glisser dans sa main, le malaxer enfin, d'abord au-dessus du pyjama, puis en passant directement la main sous le haut. Mara ne pipait mot et continuait à regarder son journal.
Mara : Celui-là, par contre, il n'est pas beau. Je ne sais pas qui c'est.
Antoberto prenait apparemment toujours le même plaisir à cette séance de palpation matinale. Mais ce jour, comme inspiré par l'air lourd du Movopolis et l'excitation des lieux d'or et d'ivoire en plastiques, il sembla terminer son plaisir plus rapidement. Une fois qu'il eut terminé, il reboutonna le haut de sa protégée, puis se mit debout pour mieux lui parler.
Antoberto : Bon, il va falloir vous lever, excellente Mara. J'ai quelque chose à vous montrer avant cela, ce sur quoi nous avons travaillé dans l'avion hier matin. Vous savez, vous me souteniez qu'il faudrait bien que les gens d'ici se mettent au travail, et arrêtent d'être méchants avec les autres. Alors, votre équipe a pensé à ce visuel, sur lequel vous êtes vraiment magnifique. Vous allez me dire. J'ai hâte d'avoir votre avis.
Il fit descendre la toile de projection et installa son rétro-projecteur sur une table-basse face au mur opposé au lit. Le temps de le relier à son notebook et d'ouvrir le bon fichier, il projeta l'image.
Mara : Ouh-là, ça lui fait des grosses fesses.
Antoberto : Alors, que pensez-vous de ce visuel ?
Mara : Oh, oh... Si Massimo... Je me demande bien ce que Massimo en pense.
L'acquéreuse était visiblement enchantée. Elle souriait, comme gênée, ravie par la situation.
Mara : Oh, mais, c'est beau, ça brille.
Antoberto : Cela vous plait ? ça me fait plaisir.
Mara : Dis-donc, ça brille, c'est de la lumière.
Antoberto, visiblement ravi aussi, acquiesçait et finit par se parler à lui-même.
Antoberto : C'est un peu long, mais les formats bus sont un peu long ici, d'après Eusebio ça correspond, de toute façon ils en font des petits modèles aussi mais j'ai peur qu'après sur les petits ça tasse la silhouette, il faut que je regarde ça avec les gars. Après le logo serait plus vers le haut si on fait des modèles horizontaux, ce qu'on va devoir faire de toute façon. Le côté paillette c'est voulu aussi, il faudrait pas croire que c'est du mauvais goût, de toutes façons niveau mode les jeunes ici c'est à peu près la même chose que de l'autre côté de la baie, donc le côté sexy strass de l'aigle il colle bien à un certain genre. Faut dire aussi que les nanas qui étaient très là-dedans adolescentes maintenant elles ont des gamins sur le dos et des préoccupations genre grosse chômeuse aussi. Le mot populaire on était d'accord, autant concentrer l'esprit dans un mot pour pas vulgariser trop l'ensemble. Même si c'est vulgaire, mais c'est pas le même vulgaire quoi.
Puis comme Mara-Mamela s'était remise à feuilleter son journal.
Antoberto : Ouais bon aller je range.
Et il rangea, l'ordinateur, la toile, le rétro-projecteur, la table-basse.
Antoberto : Bon bien ma délicieuse Mara, je te souhaite une bonne journée, on se verra pas au déjeuner par contre, j'ai des types à voir pour les statuts et autres conneries.
Mara : De toutes façons, il peut être laid et gagner quand même, c'est pas lié.
Antoberto : Je te dis au revoir, bise.
Mara : Bise !
Antoberto sortit, son ordinateur sous le bras.
Mara : Massimo ! Anto est passé ! Tu l'as raté !
Elle était éveillée, assise contre ses gros oreillers de plumes d'oie, regardant les images de l'Eco di Miliameni du matin, buvant une tasse de café qu'elle reposait à côté des croissants sur son plateau à chaque fois qu'elle voulait tourner une page. Ses cheveux lui tombaient sur le corps, enserré dans un pyjama à petites fleurs de cerisiers.
Antoberto, son avocat et représentant, était entré dans la pièce, mais Mara n'y prêta pas plus d'attention, jusqu'à ce qu'une question lui vienne.
Mara-Mamela Mavrocordato di Sutzopolis : Comment s'appelle celui-là, déjà ?
Elle lui tendit une image du journal.
Antoberto Puglie : Il s'agit de Giuliano Verdogliaco, nous traitons souvent avec lui, souvenez-vous.
Mara : Ah oui, c'est donc à ça qu'il ressemble. J'espère qu'il va gagner l'élection, je l'aime bien. Il est laid, cependant.
Antoberto attendit qu'une servante sortit de la pièce, après qu'elle eut emporté des draps sales dans une bassine, pour se rapprocher du lit où il s'assoit. Au bout de quelques instants, il prit le sein droit de Mara dans une main pour le sentir, le bouger, le faire glisser dans sa main, le malaxer enfin, d'abord au-dessus du pyjama, puis en passant directement la main sous le haut. Mara ne pipait mot et continuait à regarder son journal.
Mara : Celui-là, par contre, il n'est pas beau. Je ne sais pas qui c'est.
Antoberto prenait apparemment toujours le même plaisir à cette séance de palpation matinale. Mais ce jour, comme inspiré par l'air lourd du Movopolis et l'excitation des lieux d'or et d'ivoire en plastiques, il sembla terminer son plaisir plus rapidement. Une fois qu'il eut terminé, il reboutonna le haut de sa protégée, puis se mit debout pour mieux lui parler.
Antoberto : Bon, il va falloir vous lever, excellente Mara. J'ai quelque chose à vous montrer avant cela, ce sur quoi nous avons travaillé dans l'avion hier matin. Vous savez, vous me souteniez qu'il faudrait bien que les gens d'ici se mettent au travail, et arrêtent d'être méchants avec les autres. Alors, votre équipe a pensé à ce visuel, sur lequel vous êtes vraiment magnifique. Vous allez me dire. J'ai hâte d'avoir votre avis.
Il fit descendre la toile de projection et installa son rétro-projecteur sur une table-basse face au mur opposé au lit. Le temps de le relier à son notebook et d'ouvrir le bon fichier, il projeta l'image.
Mara : Ouh-là, ça lui fait des grosses fesses.
Antoberto : Alors, que pensez-vous de ce visuel ?
Mara : Oh, oh... Si Massimo... Je me demande bien ce que Massimo en pense.
L'acquéreuse était visiblement enchantée. Elle souriait, comme gênée, ravie par la situation.
Mara : Oh, mais, c'est beau, ça brille.
Antoberto : Cela vous plait ? ça me fait plaisir.
Mara : Dis-donc, ça brille, c'est de la lumière.
Antoberto, visiblement ravi aussi, acquiesçait et finit par se parler à lui-même.
Antoberto : C'est un peu long, mais les formats bus sont un peu long ici, d'après Eusebio ça correspond, de toute façon ils en font des petits modèles aussi mais j'ai peur qu'après sur les petits ça tasse la silhouette, il faut que je regarde ça avec les gars. Après le logo serait plus vers le haut si on fait des modèles horizontaux, ce qu'on va devoir faire de toute façon. Le côté paillette c'est voulu aussi, il faudrait pas croire que c'est du mauvais goût, de toutes façons niveau mode les jeunes ici c'est à peu près la même chose que de l'autre côté de la baie, donc le côté sexy strass de l'aigle il colle bien à un certain genre. Faut dire aussi que les nanas qui étaient très là-dedans adolescentes maintenant elles ont des gamins sur le dos et des préoccupations genre grosse chômeuse aussi. Le mot populaire on était d'accord, autant concentrer l'esprit dans un mot pour pas vulgariser trop l'ensemble. Même si c'est vulgaire, mais c'est pas le même vulgaire quoi.
Puis comme Mara-Mamela s'était remise à feuilleter son journal.
Antoberto : Ouais bon aller je range.
Et il rangea, l'ordinateur, la toile, le rétro-projecteur, la table-basse.
Antoberto : Bon bien ma délicieuse Mara, je te souhaite une bonne journée, on se verra pas au déjeuner par contre, j'ai des types à voir pour les statuts et autres conneries.
Mara : De toutes façons, il peut être laid et gagner quand même, c'est pas lié.
Antoberto : Je te dis au revoir, bise.
Mara : Bise !
Antoberto sortit, son ordinateur sous le bras.
Mara : Massimo ! Anto est passé ! Tu l'as raté !
-
Arios
Une placette de petite ville, alentours de Movopolis. Antoberto est accompagné par un garde-du-corps. Ils ont déjà commandé des thés glacés. Il fait chaud, c'est le soleil d'octobre qui ne veut pas finir. Mara-Mamela, assise dans sa chaise en plastique, est en train de brûler sur son avant-bras, entre les rayons et le revêtement métallisé de la table. Antoberto a ses lunettes sur le nez, il est en train de regarder ses papiers sortis d'une pochette en carton.
Antoberto Puglie : Putain j'y vois rien avec les verres soleil. J'y vois rien sans non plus avec la lumière alors bon.
Garde du corps : Je crois qu'elle va prendre un coup de soleil sur le bras là.
Antoberto Puglie : Mara enlève ton bras, mets le sous la table. Tiens, voilà, oui il est brûlant, tu vas attraper mal.
Mara : C'est mal.
Antoberto se remit à lire, puis à parler à moitié à voix haute, comme avec son garde du corps.
Antoberto : Movopolis, le côté j'me la raconte, c'est quand même un sport national, c'est comme ça qu'ils ont flambé les bijoux de famille.
Puis il releva les yeux, se redressa, regarda Mara, le garde du corps, la fontaine sur la place... avant de continuer.
Antoberto : Non sérieux ça se dit pas flamber les bijoux de famille, ça se dit pas, même pas besoin de vérifier, je vérifie pas.
Mara : Massimo, c'est bien d'être allé en voyage, c'est l'aventure.
Le garde-du-corps acquiesça avec un petit sourire.
Antoberto : Ça y est, y'a Ducon qui arrive.
De l'autre côté de la place, s'avançant, un grand blond avec une cravate verte avait été repéré par Antoberto, qui s'avançait dans leur direction, une main dans la poche de son veston et l'autre tenant un porte-document. Il s'approcha, leur serra la main avec un grand sourire, pris une chaise à l'invitation d'Antoberto Puglie et s'assit à leurs côtés.
Antoberto : Je t'ai commandé un café, mais tu peux prendre autre chose. On se tutoie d'accord ? Enfin vous êtes d'accord ?
L'homme : Ah merci, mais pas de souci je peux payer.
Antoberto : Oui non pas de souci c'est pas la question je t'ai juste commandé, mais t'inquiète je paye en fait pas de problème ; ça va c'est pas si cher non plus quoi.
Il rit, comme on rit dans ces cas-là.
Mara : C'est le banquier ?
L'homme : Oui, voilà, enchanté Madame, je suis très honoré de vous rencontrer.
Antoberto : C'est une baronne maintenant, c'est Madame la Baronne.
L'homme, confus : Pardon, Madame la Baronne, toutes mes excuses.
Antoberto rit, avec le garde du corps.
Antoberto : Je te fais marcher, t'inquiète, on est entre nous. Au fait, je peux vous tutoyer ou pas, vous m'avez pas répondu ?
L'homme : Oui, bien sûr, je vous en prie.
Les cafés arrivent.
Antoberto : Tu peux me tutoyer aussi, bien sûr. J'ai pris des cafés, nous on a déjà pris du thé glacé, parce-que Mara elle aime bien, et puis on est arrivé il y a une plombe déjà, alors voilà. Mais je peux te recommander un thé si tu veux.
L'homme : Ah, désolé, c'est que c'est un peu la banlieue ici alors pour venir...
Antoberto le coupe.
Antoberto : Non mais t'inquiète je disais pas ça pour ça, on est venu à l'avance pour bosser un peu, je regarde des choses de droite de gauche, sur la Principauté. Avec Mara on est du matin de toute façon. Et puis le gorille il est de quand on l'appelle.
L'homme est visiblement mal à l'aise par cette dernière sortie. Mais il se remet à sourire quand il voit le garde du corps sourire à son tour avec Antoberto, qui plaisantait visiblement.
Antoberto : Bon, si on peut être à l'aise un petit moment sans avoir un serveur autour... C'est pas comme si on parlait de choses graves, mais j'aime pas non plus être trop entouré.
Mara : Ça brûle, le bras. J'ai mon bras qui brûle. C'est le soleil, ça m'a fait brûler.
Le garde du corps avait pris délicatement le bras de la jeune baronne pour caresser là où elle avait mal.
Antoberto : Alors nous voilà, on est dans un délire, si tu veux, genre populaire light, classe mais proche du peuple. Je dirais pas high standing, mais bon, on a Mara, tu la vois, elle est jolie, l'angle d'attaque systématique c'est Mara, elle est en top, si je voulais la faire vulgaire c'est le produit. Alors physiquement Mara c'est du niveau, elle a des formes, elle est mignonne, elle a le côté latin, en même temps elle peut faire très masculine, de toutes façons t'as vu son ancien book.
L'homme : Oui, j'ai pu regarder son book hier, c'est vrai elle est tout à fait charmante, même si le live date déjà un peu.
Antoberto : Il date oui, mais bon, 50% des photos qu'on utilise dans la com j'imagine que ça sera de l'ancien, toutes façons, ce qu'on peut faire nouveau c'est les portraits, tout ça, enfin bref la source à images elle est bien vivante. Donc on fait de la com' sur l'objet Mara, qui veut vanter un certain art de vivre.
L'homme : Pardon j'interromps mais j'avais une grande question, mais c'est peut-être une question bête hein, mais Movopolis il n'y a pas d'élections quoi, pas avant 2039 et c'est un truc vachement interne, retreint, du coup je comprends mal l'idée de campagne de popularité et d'activisme politique si la ligne c'est toujours être contre les autres, les nobles du Conseil.
Relevé, contre le dos de la chaise en plastique, faisant le double menton derrière ses lunettes noires, l'air incompréhensif et surpris.
Antoberto : Hè, t'es con ou t'es con ?
Puis très vite
Antoberto : J'déconne, j'déconne, j'déconne, ah ah ah, je t'ai eu. Non, j'déconne, bien sûr, le prends pas mal, c'était de l'humour.
Un temps crispé, puis soulagé, l'homme pouffe
L'homme : Pas de souci, pas de souci.
Antoberto : Alors ouais, il n'y a pas d'élections, bonne remarque.
Mara : Bonne remarque.
Antoberto : Y'a pas d'élections, mais nous on s'en fou. Regardant le garde du corps, tu t'en fous toi ? Puis regardant Mara à sa réponse, toi aussi Mara tu t'en fous ?
Mara : On s'en fou.
Antoberto : Oui on s'en fou, mais je vais aller plus loin, on s'en fou même du Conseil si tu veux. Mara, elle pense que le Conseil c'est un peu peanuts, c'est une bande de tocard. J'veux dire, tu l'as vois ? Au moment où elle verra le prince, tu vois ce que je veux dire. L'important c'est le Prince, j'veux dire la classe c'est d'être pote avec le Prince, pas avec les autres abrutis. Mara c'est simple, Mara c'est le Prince, le peuple.
S'arrêtant, stupéfait.
Antoberto : Attend, je le note ça, Mara - le Prince - le Peuple, c'est bon, ça pétille, c'est pas pour tout de suite mais ça jette du pâté.
Et il note, sur un bout d'une de ses feuilles qui parlent de la démographie de la Principauté.
Antoberto : Tu veux un autre café ?
L'homme : Non merci, mais je comprends mieux l'affaire en effet, au final vous vous en foutez de faire passer vos textes ?
Antoberto : Bah je veux dire, les connards seront décrédibilisés assez vite. J'ai même envie de dire, plus ils feront passer des trucs, plus ils seront détestés. Nous, tant qu'on fait rien valider, on ne peut pas nous le reprocher. Après dans l'idéal, tu vois, Mara, c'est une femme de convictions, quand elle veut un truc elle le veut, quand elle pense un truc elle le pense.
Mara, comme ennuyée par la conversation, regardait la fontaine. Elle avait rabaissé ses lunettes noires sur les yeux, le garde du corps avait fini de masser son avant-bras. Une bretelle de son soutien-gorge tombait, sous le t-shirt blanc qu'elle portait, sur l'épaule blanche parcourue de petites tâches de rousseur et maigres grains de beauté.
L'homme : De toutes façons vous avez vu avec mon patron, l'argent vous aurez les premiers versements, histoire de faire campagne.
Antoberto : Merci, t'es un frère. De toutes façons, Mara elle a les sous, nous on a les sous, on paye ton patron, on te paye, on commence à rembourser dès l'emprunt réalisé. On peut même te payer la plupart dès l'emprunt réalisé. On peut tellement payer, que je me demande là sur le moment pourquoi on prendrait un emprunt en fait, c'est vrai, c'est con, puisqu'on a déjà l'argent, je ne sais pas qui a eu cette idée d'emprunt. Disons que c'est pour être plus safe, quoi.
L'homme : Moi c'est plus pour vous que je... j'ai quelques réserves. Dans votre affaire vous gagnez rien en fait, je vois pas où vous gagnez.
Un petit silence, petit mais un peu long quand même.
Antoberto : Tu as déjà joué aux échecs, mon frère ?
Mara : Massimo j'en ai marre, je veux rentrer.
Antoberto : Aux échecs, tu ne peux pas savoir si tu as gagné, avant que chaque pièce ait atteint sa cible.
Peu après, ils se quittèrent, le banquier ayant confirmé leur possibilité d'emprunter pour la "campagne de popularité" de Mara.
Antoberto Puglie : Putain j'y vois rien avec les verres soleil. J'y vois rien sans non plus avec la lumière alors bon.
Garde du corps : Je crois qu'elle va prendre un coup de soleil sur le bras là.
Antoberto Puglie : Mara enlève ton bras, mets le sous la table. Tiens, voilà, oui il est brûlant, tu vas attraper mal.
Mara : C'est mal.
Antoberto se remit à lire, puis à parler à moitié à voix haute, comme avec son garde du corps.
Antoberto : Movopolis, le côté j'me la raconte, c'est quand même un sport national, c'est comme ça qu'ils ont flambé les bijoux de famille.
Puis il releva les yeux, se redressa, regarda Mara, le garde du corps, la fontaine sur la place... avant de continuer.
Antoberto : Non sérieux ça se dit pas flamber les bijoux de famille, ça se dit pas, même pas besoin de vérifier, je vérifie pas.
Mara : Massimo, c'est bien d'être allé en voyage, c'est l'aventure.
Le garde-du-corps acquiesça avec un petit sourire.
Antoberto : Ça y est, y'a Ducon qui arrive.
De l'autre côté de la place, s'avançant, un grand blond avec une cravate verte avait été repéré par Antoberto, qui s'avançait dans leur direction, une main dans la poche de son veston et l'autre tenant un porte-document. Il s'approcha, leur serra la main avec un grand sourire, pris une chaise à l'invitation d'Antoberto Puglie et s'assit à leurs côtés.
Antoberto : Je t'ai commandé un café, mais tu peux prendre autre chose. On se tutoie d'accord ? Enfin vous êtes d'accord ?
L'homme : Ah merci, mais pas de souci je peux payer.
Antoberto : Oui non pas de souci c'est pas la question je t'ai juste commandé, mais t'inquiète je paye en fait pas de problème ; ça va c'est pas si cher non plus quoi.
Il rit, comme on rit dans ces cas-là.
Mara : C'est le banquier ?
L'homme : Oui, voilà, enchanté Madame, je suis très honoré de vous rencontrer.
Antoberto : C'est une baronne maintenant, c'est Madame la Baronne.
L'homme, confus : Pardon, Madame la Baronne, toutes mes excuses.
Antoberto rit, avec le garde du corps.
Antoberto : Je te fais marcher, t'inquiète, on est entre nous. Au fait, je peux vous tutoyer ou pas, vous m'avez pas répondu ?
L'homme : Oui, bien sûr, je vous en prie.
Les cafés arrivent.
Antoberto : Tu peux me tutoyer aussi, bien sûr. J'ai pris des cafés, nous on a déjà pris du thé glacé, parce-que Mara elle aime bien, et puis on est arrivé il y a une plombe déjà, alors voilà. Mais je peux te recommander un thé si tu veux.
L'homme : Ah, désolé, c'est que c'est un peu la banlieue ici alors pour venir...
Antoberto le coupe.
Antoberto : Non mais t'inquiète je disais pas ça pour ça, on est venu à l'avance pour bosser un peu, je regarde des choses de droite de gauche, sur la Principauté. Avec Mara on est du matin de toute façon. Et puis le gorille il est de quand on l'appelle.
L'homme est visiblement mal à l'aise par cette dernière sortie. Mais il se remet à sourire quand il voit le garde du corps sourire à son tour avec Antoberto, qui plaisantait visiblement.
Antoberto : Bon, si on peut être à l'aise un petit moment sans avoir un serveur autour... C'est pas comme si on parlait de choses graves, mais j'aime pas non plus être trop entouré.
Mara : Ça brûle, le bras. J'ai mon bras qui brûle. C'est le soleil, ça m'a fait brûler.
Le garde du corps avait pris délicatement le bras de la jeune baronne pour caresser là où elle avait mal.
Antoberto : Alors nous voilà, on est dans un délire, si tu veux, genre populaire light, classe mais proche du peuple. Je dirais pas high standing, mais bon, on a Mara, tu la vois, elle est jolie, l'angle d'attaque systématique c'est Mara, elle est en top, si je voulais la faire vulgaire c'est le produit. Alors physiquement Mara c'est du niveau, elle a des formes, elle est mignonne, elle a le côté latin, en même temps elle peut faire très masculine, de toutes façons t'as vu son ancien book.
L'homme : Oui, j'ai pu regarder son book hier, c'est vrai elle est tout à fait charmante, même si le live date déjà un peu.
Antoberto : Il date oui, mais bon, 50% des photos qu'on utilise dans la com j'imagine que ça sera de l'ancien, toutes façons, ce qu'on peut faire nouveau c'est les portraits, tout ça, enfin bref la source à images elle est bien vivante. Donc on fait de la com' sur l'objet Mara, qui veut vanter un certain art de vivre.
L'homme : Pardon j'interromps mais j'avais une grande question, mais c'est peut-être une question bête hein, mais Movopolis il n'y a pas d'élections quoi, pas avant 2039 et c'est un truc vachement interne, retreint, du coup je comprends mal l'idée de campagne de popularité et d'activisme politique si la ligne c'est toujours être contre les autres, les nobles du Conseil.
Relevé, contre le dos de la chaise en plastique, faisant le double menton derrière ses lunettes noires, l'air incompréhensif et surpris.
Antoberto : Hè, t'es con ou t'es con ?
Puis très vite
Antoberto : J'déconne, j'déconne, j'déconne, ah ah ah, je t'ai eu. Non, j'déconne, bien sûr, le prends pas mal, c'était de l'humour.
Un temps crispé, puis soulagé, l'homme pouffe
L'homme : Pas de souci, pas de souci.
Antoberto : Alors ouais, il n'y a pas d'élections, bonne remarque.
Mara : Bonne remarque.
Antoberto : Y'a pas d'élections, mais nous on s'en fou. Regardant le garde du corps, tu t'en fous toi ? Puis regardant Mara à sa réponse, toi aussi Mara tu t'en fous ?
Mara : On s'en fou.
Antoberto : Oui on s'en fou, mais je vais aller plus loin, on s'en fou même du Conseil si tu veux. Mara, elle pense que le Conseil c'est un peu peanuts, c'est une bande de tocard. J'veux dire, tu l'as vois ? Au moment où elle verra le prince, tu vois ce que je veux dire. L'important c'est le Prince, j'veux dire la classe c'est d'être pote avec le Prince, pas avec les autres abrutis. Mara c'est simple, Mara c'est le Prince, le peuple.
S'arrêtant, stupéfait.
Antoberto : Attend, je le note ça, Mara - le Prince - le Peuple, c'est bon, ça pétille, c'est pas pour tout de suite mais ça jette du pâté.
Et il note, sur un bout d'une de ses feuilles qui parlent de la démographie de la Principauté.
Antoberto : Tu veux un autre café ?
L'homme : Non merci, mais je comprends mieux l'affaire en effet, au final vous vous en foutez de faire passer vos textes ?
Antoberto : Bah je veux dire, les connards seront décrédibilisés assez vite. J'ai même envie de dire, plus ils feront passer des trucs, plus ils seront détestés. Nous, tant qu'on fait rien valider, on ne peut pas nous le reprocher. Après dans l'idéal, tu vois, Mara, c'est une femme de convictions, quand elle veut un truc elle le veut, quand elle pense un truc elle le pense.
Mara, comme ennuyée par la conversation, regardait la fontaine. Elle avait rabaissé ses lunettes noires sur les yeux, le garde du corps avait fini de masser son avant-bras. Une bretelle de son soutien-gorge tombait, sous le t-shirt blanc qu'elle portait, sur l'épaule blanche parcourue de petites tâches de rousseur et maigres grains de beauté.
L'homme : De toutes façons vous avez vu avec mon patron, l'argent vous aurez les premiers versements, histoire de faire campagne.
Antoberto : Merci, t'es un frère. De toutes façons, Mara elle a les sous, nous on a les sous, on paye ton patron, on te paye, on commence à rembourser dès l'emprunt réalisé. On peut même te payer la plupart dès l'emprunt réalisé. On peut tellement payer, que je me demande là sur le moment pourquoi on prendrait un emprunt en fait, c'est vrai, c'est con, puisqu'on a déjà l'argent, je ne sais pas qui a eu cette idée d'emprunt. Disons que c'est pour être plus safe, quoi.
L'homme : Moi c'est plus pour vous que je... j'ai quelques réserves. Dans votre affaire vous gagnez rien en fait, je vois pas où vous gagnez.
Un petit silence, petit mais un peu long quand même.
Antoberto : Tu as déjà joué aux échecs, mon frère ?
Mara : Massimo j'en ai marre, je veux rentrer.
Antoberto : Aux échecs, tu ne peux pas savoir si tu as gagné, avant que chaque pièce ait atteint sa cible.
Peu après, ils se quittèrent, le banquier ayant confirmé leur possibilité d'emprunter pour la "campagne de popularité" de Mara.