Presse générale et provinciale

Arios

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27/04/2032
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2016/08/21/160821034305404908.png[/img]Arovachia Nuova[img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821034305325570.png[/img][/center]

Ne dîtes plus indépendantiste


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La candidate d'Avanti Arovachia se veut pragmatique et autonomiste

Presque deux mois après l'annonce de sa candidature, Addolorata Pozzi a donné sa première grande interview télévisuelle à nos confrères hier soir. Un grand exercice pour cette fille de millionnaire du charbon et de l'industrie arovaque, propulsée sur le devant de la scène par un trop jeune parti cherchant à faire de l'échéance présidentielle un tour de chauffe pour sa conquête du pouvoir qu'il prévoit sur plusieurs années. Durant ce long moment journalistique, l'ancienne égérie des rubriques "Famille" de journaux à paparazzi a tenu à se présenter comme une candidate pragmatique offrant "la seule voie possible" dans le contexte de grandes difficultés financières que nous connaissons.

Fini le cheval de l'indépendance, AA se présente aux Présidentielles comme le levier de la dissociation entre les Provinces afin d'optimiser les conditions de remboursement de la dette et les politiques de valorisation des différentes régions, en tous cas de celles de l'Arovaquie.

"Notre dette est trop importante, les réformes sont paralysées par le fonctionnement faussement fédéral de l'administration. Si nous voulons réformer dans le bon sens, il faut prendre des mesures courageuses et j'en propose plusieurs dont l'autonomisation budgétaire des Provinces afin que le Ministère général de la coordination économique retrouve une place centrale et que les Provinces établissent chacune un budget différent sous conditions, s'il faut, de plafonds et seuils sectoriels communs dans la Défense, l'éducation ou autre."

Pour les détracteurs de la candidate "libérale-autonomiste", qui pacifie ici son discours, il s'agit de poudre aux yeux et d'un moyen détourné mais pervers de fissurer la cohésion montalvéenne et à terme la survie de la Ligue. Intervenants dans l'émission lui ont fait comprendre leur point de vue. Pozzi a choisi ce qui ressemble à de l'honnêteté.

"Mon engagement à Avanti Arovachia traduit ma conviction que l'indépendance à long terme est obligatoire, même si nous restons liés par une histoire et une culture pour parties communes ; mais l'Arovaquie et la Nazalie ne seront jamais le même pays au sens spatial et géographique du terme, et le débat récent sur le câble sous-marin et son coût mirobolant nous le démontre : trois mille kilomètres séparent nos cités et nos populations. [...] La seule autre voie que l'autonomisation, à part l'anarchie, c'est un centralisme aveugle qui étouffera notre croissance au nom de l'égalité".


Gigi Mascarpone se lance dans la course

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L'ancien proxénète et producteur de télé-réalité veut être Président

Girardo Mascarpone a tout fait, si on l'écoute. Il est vrai que son CV est rempli : chauffeur-livreur, propriétaire de restaurants, proxénète notoire aux activités légales comme illégales, propriétaire des plus grandes boîtes de strip-tease de Filipiada à Primonica avant sa faillite et les quelques mois de prison qu'il a effectué, il est revenu sur le devant de la scène dans les années 2020 avec son émission de télé-réalité érotique bien connue. Il vit aujourd'hui grâce aux documentaires internet qu'il réalise de part le monde, sur tout un tas de sujets, mais avec un angle d'approche décalé et humoristique. Traversée du désert ? Non, répondra-t'il.

Né à Filipiada en 1975, son père est dans l'immobilier et sa mère vient d'une famille de pêcheurs. Il a connu la grande époque du Canale Nostro, cette région économique cohérente entre la côte arovaque et l'Est de l'Alilée montalvéenne. Depuis, crises après crises, la région s'est désindustrialisée, n'a pas réussi sa mise en tourisme, a perdu ses pêcheurs au profit du super-port de Primonica, mais à garder assez de friches commerciales pour être enlaidie durablement. Bref, une histoire de décadence locale. Mais la configuration spatiale n'était pas ce qui intéressa le jeune Girardo après ses quelques études de mathématiques.

Partant d'un petit boulot, il a réussi à construire plusieurs empires économiques à l'aide d'un carnet d'adresse hérité en partie de son père. Introduit très vite dans certains milieux, il s'est rapidement lié d'amitié avec de nombreuses personnalités politiques alors régionales et locales, dont Giuseppe Veraldini l'actuel Président de la Ligue. Connu sous le nom de "Gigi" depuis ses frasques très médiatiques qui le conduisent à faire de la prison entre 2007 et 2009, à intermittences, pour proxénétisme dissimulé et fraude fiscale, il quitte plusieurs années la Ligue et mène une vie d'aventurier petit-bourgeois, ou de vacancier permanent, dans plusieurs républiques sud-olgariennes.

Il a annoncé sa candidature sur Internet cette semaine, dans une vidéo de 14 minutes face caméra, avec des photos de lui à la chasse, dans ses bars, avec ses "filles", posant devant des pyramides précolombiennes ou au milieu de temples bouddhistes, comme ce qu'il veut autant de témoignages de sa réussite et de son ouverture. "Je viens pour péter la gueule à Addolorata et aux petits fonctionnaires qui passent leur temps à complexifier le système", déclare-t'il dans sa conclusion. Candidat autoproclamé d'un libéralisme débridé, il veut notamment légaliser les drogues les moins dures et régulariser de très nombreuses armes à feu en circulation comme en faciliter l'accès "pour se défendre contre la Mafia".

À qui prendra-t'il des voix ? Un peu tout le monde ! D'où les critiques nombreuses depuis 24h, qui le comparent à un Per Sullivan, ou pire, à une Spencer beauf, des caractérisations à valeur d'injure dans la société montalvéenne. Se présentant comme "libéral", "permissif du moment que tu fais pas chier ton voisin", ses priorités s'il est élu sont à la conservation de l'unité montalvéenne autant qu'à la négociation, sur des points précis, d'une autonomie bienveillante" pour l'Arovaquie. Un moyen de faire peur à Addolorata Pozzi, plus que ses menaces verbales.
Arios

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30/04/2032
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2016/08/21/160821034305404908.png[/img]Arovachia Nuova[img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821034305325570.png[/img][/center]

Sondages : l'UCS boit du petit lait


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Livia Fiorine, candidate de l'Unione Cristiano-Sociale pour Septembre

Les enquêtes d'opinion se succèdent et la candidate de l'UCS vire en tête ; Livia Fiorine pourrait bien, en septembre prochain, faire remporter les élections présidentielles à son parti, malgré les scores très décevants de Février dernier aux législatives. Comment une telle chose est possible ?

L'UCS est légèrement plus à gauche que N&L, représenté aux élections par le Président sortant Giuliano Verdogliaco. Ces dix dernières années, le populisme était à gauche, et grignotait l'électorat de l'UCS avant de toucher celui de N&L, grâce aux Ecologisti per Tutti qui composèrent la troisième force du Sénat arovaque jusqu'à Février dernier. Depuis quelques mois, l'animosité à l'égard des partis traditionnels et centriste s'est déplacée à l'opposée du curseur politique : vers le libéralisme. Devant l'essor économique, le retour à la croissance, les paupérisés sont rentrés dans le rang centriste tandis que les classes plus aisées ont composé un nouveau pôle d'opinion, qui reproche aux partis traditionnels d'être trop coercitifs, interventionnistes ; en Arovaquie, cette ligne de "droite" va même jusqu'à l'indépendantisme d'Avanti Arovachia.

Livia Fiorine n'est qu'à deux ou trois points de la candidate autonomiste aux intentions de vote au premier tour. Mais en cas de qualification, pour l'instant acquise, elle est donnée largement gagnante avec un minimum de 52,5% face au Président sortant, qui est aussi son ex-compagnon. Giuliano Verdogliaco est mal vu, après un mandat qu'on lui reproche faute de pouvoir se souvenir de ce qu'il a bien pu engager comme réforme. Si l'électorat arovaque est heureux du retour de la croissance, malgré des craintes sur d'autres points comme le chômage ou l'inflation, il n'impute pas cette réussite à un Président auquel on reprocherait presque d'avoir manqué l'occasion de catalyser et augmenter ces bonnes performances.

Mais à quoi ressemblerait une présidence de l'Unione Cristiano-Sociale ? ce vieux parti, hérité il y a bien longtemps des forces démocratiques de centre-gauche, qui s'opposaient aux forces fascistes du même centre-gauche, pourrait proposer un projet particulier et retravailler sa devanture à l'occasion de ces Présidentielles. Livia Fiorine, qui n'est pas à l'abri de la menace d'une candidature supplémentaire à gauche (pour l'instant Addolorata Pozzi et Girardo Mascarpone grignotent surtout la branche libérale de Nazione&Liberta) plus ou moins incitée dans l'ombre, doit très vite cristalliser sa base autour d'un programme qui soit ambitieux, sans faire craindre à l'électorat qu'il viendra saper la dynamique de la croissance par trop d'interventions.

Service civil obligatoire de 4 mois indemnisés, création d'allocations régionales et de dotations aux écoles publiques, restauration des valeurs patriotiques, lutte exacerbée contre les réseaux d'influence opaques... la candidate a présenté déjà une série de mesure lors de son premier déplacement de campagne, sur une base militaire de la côte. L'UCS doit faire "gauche" en faisant à nouveau croire aux capacités de redistribution de l'État et de lutte contre les inégalités d'abord à l'échelle de la Province, au risque de pousser des électeurs xénophobes du côté de Pozzi, sans faire craindre aux gens qui s'en sortent bien que le coût supplémentaire d'une doctrine plus sociale creuserait sans contre-parties le déficit budgétaire annuel.

Sans majorité législative, la "belle Livia" risque de rapidement être bloquée et frustrée ; mais une victoire de l'ex-mannequin permettrait de modifier le Conseil de la Ligue (réunion des Présidents de Province) et de préparer peut-être au retour des chrétiens-sociaux à la tête des exécutifs et des Sénats des autres Provinces dans les années à venir. Eux, plutôt que les centristes de N&L et PdC, peuvent mettre un terme à la fuite des électeurs vers les formations faisant de l'irresponsabilité du positionnement un gage d'authenticité.
Arios

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[center]L'eco di Miliameni
Giornale dell'economia, della politica, per la provincia e tutta la lega ------------ 60ct ---------- 3/05/2032
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Le Vryheid mets la main sur des récifs gaziers

Le Vryheid a unilatéralement étendu son aire économique exclusive en s'appropriant, autour du Cap de Janubie, de nombreux gisements de gazs de part la revendication de la souveraineté d'un récifs de quelques dizaines de m². Cette décision législative, qui fait peu de bruit dans une zone du monde où le seul voisin en bonne santé est l'Aleka de l'apartheid, laisse de marbre des Occidentaux souvent intéressés dans les affaires de la République noire. La Ligue de Montalvo vient de voir, il y a quelques semaines, sa firme Carbonico décrocher l'exploitation des gisements de charbon de l'archipel, tandis que la très proche de l'État Société Vonalyane du Gaz exploitera elle les gisements de gazs DONT ceux capturés sur les eaux internationales.

L'excroissance peu pertinente, en dehors de la motivation des ressources de sous-sol, de la ZEE du Vryheid ne provoquera pas de tollé mondial, faute de voix assez puissante et qui ne soit pas liée aux intérêts de l'archipel. Les régimes occidentaux ont d'autres chats à fouetter, mais la critique pourrait venir du Wenlei qui montrerait une fois de plus après la crise d'Ashurdabad que sa parole porte en dehors de sa zone d'influence stricto sensu.


144 armes de guerre, 4 t de drogues, 25 kg d'explosifs...

Le bilan de l'Opération Gorgone, un mois après son lancement, se révèle être un succès inespéré par la Présidence de Teodoro Esciarcopolo, et pour le Gouvernement central qui bien que rétif à ses débuts, commence à saluer le déroulement sans bavure, ni pertes humaines, de ce vaste coup de filet. Coup de chance : aucun soldat n'a été tué dans l'opération, en dépit d'affrontements parfois violents, et de certains échanges de tirs survenus le long des frontières, ou dans quelques cités, entre militaires et mafieux.

Des centaines de personnes, de jeunes hommes pour la plupart, ont été arrêtées en un mois, dont la moitié relâchée faute de motifs d'accusation. Les politiques de tous bords saluent l'action de la Présidence, regrettant qu'elle ne soit pas intervenue plus tôt. "Ce fut un long travail de renseignement" écrit le Colonel en charge de Gorgone, qui déplore néanmoins le manque de coopération transfrontalière. "Pour des raisons inhérentes à la situation politique fédérale, la Ligue d'Amarantie n'a pas été en mesure de participer à l'opération anti-criminelle ; on redoute que beaucoup des activités illégales aient été suspendus, les personnels et matériels basculés temporairement vers la Spongorie ou le reste de l'Amarantie."

Si l'Opération ne se termine pas officiellement, beaucoup d'effectifs devraient rentrer dans les casernes d'ici deux semaines, militaires comme carabiniers. Les réseaux n'étant pour la plupart pas démantelés, surtout ceux liés à la Mafia Daktylos dont le cœur d'opération est en Spongorie, les activités criminelles reprendront vite avec le soutien d'une partie des populations précarisées des Montinichi ou de Mésalilée. Néanmoins, on a noté en Avril un nombre inhabituel d'inscription sur les listes de chômage, comme si certains souhaitaient diversifier leurs sources de revenus en cas de coup dur...
Arios

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[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/02/12/170212040156426296.png[/img]
4 di maggio 2032

La Lire chute, les professionnels du tourisme se gavent.[/center]

[img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/02/12/170212042353777128.png[/img]
Primonica, la ville qui voulait attirer les retraités étrangers dans sa région

Les marchés mondiaux le confirment de jour en jour, les détenteurs de Lire n'en veulent plus et la vendent à tour de bras, en faisant baisser durablement le prix. Emportés dans la crainte d'un effondrement de l'économie amarantine, les vendeurs se débarrassent de leurs lires amarantines et libèrent au passage les lires montalvéennes, croyant qu'une Ligue emportera l'autre dans sa chute. C'est mal connaître le défaut d'entremêlement des deux économies ! Mais oui, une partition amarantine, même à son degré peu avancé tel aujourd'hui, peut fragiliser à terme l'économie montalvéenne ; cependant, cette fragilisation viendra de l'immigration, de la gestion humanitaire, plutôt que de la finance.

Cependant, l'annonce du défaut insolvable de Movopolis et des difficultés rencontrées la Spongorie, outre qu'elles incitent les touristes à privilégier des destinations plus sûres, sonnent en écho, aux oreilles des amateurs de devises, à la dette gargantuesque de l'État montalvéen au prisme des risques de la Présidentielle arovaques : entre dépenses chrétiennes-sociales et menace autonomiste. Cependant, dans le contexte d'inflation, cette baisse de la valeur de la Lire sur le marché des changes a l'avantage de permettre aux touristes de venir consommer à bien moindres frais dans la Ligue.

On achète aujourd'hui avec 100 $ bien plus de Lires que ce qu'on en achetait pour la même somme il y a quelques semaines. Pour les touristes, il est donc moins cher dans leur monnaie de se procurer des billets, de payer leur hôtel, de consommer sur place. Cette hausse de la consommation touristique, enregistrée mécaniquement en Nazalie et en Arovaquie au-delà des habituels mouvements saisonniers, pourrait même à terme encourager l'inflation des prix surtout dans les zones touristiques.

Par ailleurs, alors que les marchés se débarrassent d'une Lire dont ils font chuter le prix, les exportations en profitent et la balance commerciale se dirige vers l'excédent pour cette année, et aussi longtemps que la Lire vaudra peu. Le seul danger à l'horizon, dans ce contexte de Lire faible, est à l'augmentation toujours plus forte de l'inflation du fait de l'augmentation de la masse monétaire en circulation, de la hausse continue de la demande aussi bien de la part des touristes que de la part de ceux qui profitent de leurs petites lires, neuves, achetées à faible coût dans les duty-free des aéroports étrangers.
Arios

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[center]Cartagina sera
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Giornale della politica nazagliana dal 1948 - Stampato a Cartagina
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15/05/2032
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Laruaudi, le village-poubelle

[img]http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P120710-13.jpg[/img]

À l'image de Laruaudi, de plus en plus de villages de la région pauvre du Lasahari, en Nazalie intérieure, ont ouvert des décharges afin d'accueillir les déchets montalvéens et occidentaux contre des rémunérations qui leur permettent d'investir dans les opérations de viabilisation de leur territoire. Dans ce pays aride, très peu arable, où les tempêtes de sable s'invitent de façon saisonnière, on est prêt à échanger quelques poubelles contre du PIB.

Le PIB par habitant du Lasahari était de 4368 Lires en 2031, devant ceux des régions plus urbaines et plus peuplées de Lajamiglia (4200) et des Riaggiadi (2500). Ce chiffre n'est pourtant pas très parlant, car les inégalités sont grandes et la région tend à se dépeupler. La ville de Lalima, où passe la ligne à chemin de fer, est la porte d'entrée de cette partie du territoire montalvéen, et d'une Nazalie construite historiquement sur la mer et pour la mer.

Depuis quelques années, les dépenses d'entretien de certains tronçons de route explosent, et pour cause : le passage journalier de gigantesques camions, qui récupèrent des containers de déchets dans les petites gares de bourgades pour les emmener dans les décharges privées ou communales, qui poussent comme des champignons au milieu des collines, dans un décor de Far West. Ces mastodontes d'aciers font un travail qui fait la fortune des transporteurs de la région, ce qui leur permet de recruter des conducteurs et des mécaniciens. La filière "poubelle" devient une source de revenus, un filon de richesse, depuis les ports, jusqu'aux gares, et jusqu'aux villages qui à l'image de Laruaudi, ont cédé quelques dizaines d'hectares afin d'entasser des détritus non recyclés, coulés dans le béton ou simplement recouverts de sable.

Et l'on ne s'en cache pas. Cela fait de l'emploi. Le Maire de Laruaudi, Claudio Casigliari, en est à son troisième mandat dans cette commune de quelques maisons groupées autour de la gare, de l'église au frontispice de 1935, et du terrain de foot en goudron jauni. Ses grands parents étaient d'authentiques pionniers fascistes, soldés par l'État pour venir coloniser cette région, où depuis 6 siècles bergers musulmans et chrétiens partagent de maigres pâturages sur des surfaces immenses et esseulées, asséchées. Son idéal à lui, c'est la poubelle, et il ne se prive d'aucun argument, qu'il détaille un à un entre deux mouvements de l'avant-bras pour recoiffer sa mèche de devant tombant de sa tignasse de boucles grises, avant de remettre ses mains sur les hanches de son jean plein de ciment. Ce jour-là, on avait fait venir des maçons de Lalima, à 35 kilomètres, pour retaper la fontaine de la place du village, face la gare. Le maire était venu donner un coup de main, pour cette grandiloquente construction en béton armé, décoré de plâtres néo-baroques, censée apportée l'eau aux troupeaux d'États de bergers salariés, au retour d'une journée dans les alentours arides.

"C'est sûr, je dis pas qu'on va faire du tourisme avec ça, le nom de notre commune est associé aux poubelles mais nous au moins on le dit. En ville, tout est construit sur des poubelles, ici nous c'est propre : on a fait un zonage, avec des trous, c'est propre, on met les ordures, on tasse, on recouvre, on tasse... C'est délimité. Les ordures se barrent pas partout. Et puis la terre ne vaut rien, c'est pas comme en Lajamiglia, ici rien ne pousse, même la palmier dattier a du mal. C'est même écologique de faire ça, je le dis aux pays étrangers, d'un point de vue global c'est écologique de venir mettre ses ordures ici, ça évite de gaspiller des terrains dans les pays où la terre est bonne."

C'est que le détritus rapporte, et les intermédiaires l'on bien compris. Pour une tonne de poubelles entreposées dans les déchetteries du Lasahari, la municipalité ou le propriétaire du terrain touche plusieurs dizaines de Livres, mais les transporteurs maritimes et ferroviaires, qui prennent en charge la marchandise dans les grands ports de Dytolie ou dans les villes de la Ligue, ont déjà prélevé leur marge et payé leurs coûts. Les petites municipalités ont ainsi une source d'argent bienvenue, qui leur permet de faire baisser les impôts pour les entrepreneurs et particuliers ou d'investir directement dans des infrastructures qui rendent l'arrière-pays de Lalima un peu plus attractif : voirie, piscine municipale, jardins, parc...

Certains Maires sont soupçonnés de mouiller dans le conflit d'intérêt, d'obéir à des transporteurs et professionnels de la déchetterie, de fermer les yeux sur l'emploi de travailleurs immigrés illégaux (notamment en provenance d'Algarbe noire) ou sur des décharges sauvages, voire même d'accepter certains déchets qui n'auraient pas dû rentrer sur le territoire. Le Lasahari, qui ne représente que 1,16% du PIB contre 13,46% pour la région côtière du Corso, n'a pas les moyens d'effectuer des contrôles conventionnels comme scientifiques, pour mesurer notamment le taux de radioactivité ; si bien que le Sénat nazalien s'apprêterait à voter un texte renforçant le contrôle de l'entrepreneuriat autour de la déchetterie, pour éviter que tout et n'importe-quoi soit enseveli dans les terres sableuses de l'arrière-pays. De façon saisonnière, les grands troupeaux venus de l'Entroterra passent par la région pour amener leurs bêtes sur la côte afin de fuir les chaleurs estivales ; bergers chrétiens et musulmans, montalvéens et berbères traversent la région, non sans risques car les parcours utilisés depuis des siècles et traversés la nuit bien souvent peuvent, d'une année à l'autre, avoir été coupé par un trou. En 2030, 24 brebis avaient chuté dans l'un d'eux, à 10 km de Lalima.

Alors que les médias et communicants sont souvents prompts à vanter les pistes de la nouvelle économie, du numérique et du tourisme pour désenclaver certaines régions, il semble que le Lasahari, pour l'instant, ne se voit pas d'autre avenir que d'être un gruyère pour les déchets du Bassin céruléen. Si les surfaces concernées sont encore dérisoires, l'impact psychologique de cette voie de développement ne sera pas à négliger pour l'avenir d'habitants paupérisés et depuis longtemps laissés pour compte, dans un paysage désolé.
Arios

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[center]L'eco di Miliameni
Giornale dell'economia, della politica, per la provincia e tutta la lega ------------ 60ct ---------- 21/05/2032
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La Banque centrale commence ses rendez-vous présidentiels

[img]http://www.balcanicaucaso.org/var/obc/storage/images/temi/politica/poteri-istituzionali-contro/191471-1-ita-IT/Poteri-istituzionali-contro_large.jpg[/img]
Fabio Spazziris, le Directeur de la Banque centrale BdM, avec Claudio Zemuro, PdG de la Banca Comerciale di Montefiori

Comme le veut la coutume, la Banque centrale a débuté ses rendez-vous avec les principaux candidats à la Présidentielle, qui se tiendra en Arovaquie en Septembre prochain. L'objectif de ce rendez-vous habituel entre les tenants des institutions financières, et les candidats à la présidence provinciale, est de tenir au courant les postulants des principaux aspects de la situation fiscale qu'ils trouveront à leur arrivée au pouvoir, et surtout d'étudier avec eux les propositions qu'ils portent pour le secteur bancaire, les finances de la Ligue, et plus généralement l'économie.

La Ligue dispose aujourd'hui d'une dette abyssale de 250% du PIB, principalement détenue sur les marchés financiers et non pas chez des épargnants nationaux. La Banca di Montefiori, pour son volet commercial, détient une part importante de cette dette. La Banque siracuzzienne UBS devrait annoncer dans les jours à venir un rabais de 40% des intérêts dus par l'État, suite à la rencontre de Duzzo entre le Président de la Ligue et le Doge de la Cité lacustre, Enrico Dandolo.

"Il est important pour les candidats à la Présidentielle d'une des Provinces d'être tenus au courant de la situation financière de la Ligue. Nous devons avoir une relation d'amitié avec eux, quels qu'ils soient et quoi qu'ils proposent, du moment qu'ils respectent évidemment l'intérêt des Montalvéens. La Ligue repose sur les Banques, et la Banque centrale est le postulat de tout le système financier, donc économique et politique de notre pays." déclarait Fabio Spazziris, le grand manitou de la Banque centrale (Banca di Montefiori), au gala d'ouverture de ces rendez-vous printaniers... en attendant Septembre.
Arios

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[center]L'eco di Miliameni
Giornale dell'economia, della politica, per la provincia e tutta la lega ------------ 60ct ---------- 24/05/2032
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Annexion de Movopolis et de la Spongorie : le Conseil de la Ligue émet un avis défavorable

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La Princ. de Movopolis est bourrée de dettes et ne remplit pas ses villages carte-postale.

On ne peut pas avoir l'argent du beurre et le beurre, et Zénon, le monarque pompeux de la Principauté de Movopolis, l'apprend à ses dépends depuis quelques mois maintenant. Après avoir massivement investi dans ses infrastructures, et dilapidé la fortune de l'État pour montrer aux vallées voisines leur intérêt de rejoindre la Principauté, la monarchie movopolitaine se retrouve dans l'impossibilité de payer sa contribution à une Ligue amarantine qui tente de l'exclure par voie législative, en vain à cause du système de véto.

Un État qui a vidé ses caisses dans les années 2020 pour investir massivement dans ses structures de transport, de villes, de science, en espérant des retombées qui ne sont pas arrivées et en dépit du risque de détournements mafieux, cela ne vous rappelle rien ? En dépit des liens "philosophiques" évidents entre la Principauté et la Ligue de Montalvo, cette dernière vient de mettre fin à la polémique en annonçant officiellement, par la voix de ses trois Présidents, qu'elle était défavorable à l'intégration des régions dont l'Amarantie ne veut plus.

Il y a six jours, le Barnique mettait son véto à l'exclusion de la Spongorie, considérée comme un corps cancéreux en phase terminale de soumission aux réseaux mafieux. Un événement qui apporte de l'eau aux moulins des alarmistes internationaux redoutant une explosion de l'Amarantie, et une contamination de la Ligue de Montalvo au point de faire s'envoler les maigres espoirs de remboursement des dettes publiques dans la région. Dans le climat de montée des autonomistes en Arovaquie, il y aurait bien de quoi s'inquiéter... C'est peut-être aussi cela, qui a incité le Conseil de la Ligue a conclure par la négative au rapport sénatorial sur la faisabilité d'une annexion des régions voisines d'Alilée amarantine.


1- Une impossibilité constitutionnelle à l'agrandissement
La Constitution de 1953 interdit à la Ligue de rechercher son agrandissement. Elle est constitutionnellement programmée pour être l'union de trois provinces italophones. Si Movopolis et la Spongorie devaient rejoindre la Ligue, elles auraient à être annexées à la Province d'Alilée, en devenant les deux principales régions en superficie.


2- Une discontinuité coûteuse
La Principauté de Movopolis et l'Alilée montalvéenne ne sont liées par aucune frontière terrestre. Certes, la Ligue est un pays maritime, mais si la Spongorie demeurait en Amarantie, les seules connexions intra-nationales possibles seraient par les ferrys et l'aérien : au prix de la viabilisation des ports movopolitains et de la construction d'un aéroport conséquent. Pour une facture à plusieurs milliards.
Le deuxième souci de cette discontinuité serait tout simplement économique, plutôt que financier : Clisto est actuellement la cité transfrontalière en vogue, en dépit de l'attentat survenu il y a deux ans et ayant tué de nombreuses personnes ; la ville a beaucoup investi pour ce statut, et elle serait une source d'ombre régionale pour les cités de Movopolis qui ont pourtant bien besoin d'attirer des touristes.


3- La propagation du cancer mafieux
Un point positif à noter : en cas d'annexion des deux régions, les Mafieux d'Alilée seraient privés de beaucoup de leurs bases-arrières, dont ils se servent habituellement pour lancer leurs escarmouches depuis l'étrangers et se replier en cas de contre-offensive de l'État comme ce fut le cas dernièrement lors de l'Opération Gorgone. Néanmoins, la Spongorie et Movopolis montalvéens, rien ne les empêcheraient d'aller se réfugier dans le Royaume de Forluno, là où la monarchie, puissante, pourrait profiter d'eux afin de nuire à son "concurrent territorial" de facto.
Par ailleurs, rien n'indique que l'État serait assez puissant pour abaisser le niveau de la criminalité et de la corruption en Spongorie et à Movopolis, alors que beaucoup des élites locales devraient être utilisées pour renforcer l'administration générale. Au contraire, cette intégration pourrait servir à l'accroissement de la menace mafieuse en Alilée montalvéenne, déjà plombée par un très mauvais dynamisme économique comparativement à la Nazalie et à l'Arovaquie.


4- Une distorsion culturelle
La Constitution de 1953 reconnait à juste titre l'italien comme la langue "nationale" et administrative. Coquetterie localiste, elle note également la présence du dialecte italo-croate d'Arovaquie, de l'arabo-italien de Nazalie, et du grec pour l'Alilée (le principal dialecte encore utilisé)... mais pas l'Espéranto, construction linguistique proprement amarantine et pourtant langue vivante de la majorité des Amarantins aujourd'hui. L'Italien, en Amarantie, n'est pas toujours la principale langue étrangère parlée, mais ressemble plutôt à une LV2 mal apprise et concurrencée par l'Anglais ou l'Espagnol. Si encore les Movopolitains et Spongoriens apportaient la garantie de vouloir travailler... La faiblesse de l'école publique montalvéenne rendrait quasi-impossible l’œuvre d'italianisation de la langue et des mœurs, quelles que soient les volontés des locaux d'intégrer la société.


5- L'impossibilité d'investissement
Intégrer une ou deux de ces grandes régions amarantines ne pourrait se faire sans investir massivement ; si ce ne sont dans des infrastructures déjà présentes, dans l'emploi public ou l'exonération d'impôts afin de favoriser le peuplement de ces immeubles de bureaux et l'installation de commerces dans ces avenues aux volets tirés. Et on a déjà 250% du PIB en dette.


6- La menace pour l'emploi montalvéen
Ces régions, très peuplées, augmenteraient la population montalvéenne de 4,4 millions, sur 13 millions de Montalvéens. Une solution pour combler le déficit démographique ? Peut-être, mais au prix d'un remplacement ethnique et d'une intégration ethnolinguistique ardue. Surtout, ces populations se jetteraient sur les emplois aliléens et montalvéens en faisant enfin renouer les entreprises avec le salaire horaire minimum légal, voire pire en cas d'emploi au noir. L'Alilée montalvéenne représente déjà un eldorado pour de nombreux Amarantins, y compris ceux qui immigrent pour travailler chaque année. Elle a beau être une Province faible, comparativement au niveau de vie précarisé dans ces régions amarantines voisines, l'Alilée demeure attractive aux yeux de ces étrangers. Comment réagiraient les Aliléens, qui sont parfois on le sait porteur d'une xénophobie frontalière aiguë ?


En tous points, les Sénateurs ont apporté les éléments au Conseil de la Ligue pour lui permettre de trancher : dans la situation fiscale et générale actuelle, l'agrandissement au nord ne ferait qu'accroître les menaces et les incertitudes ; une solution contreproductive si le but aurait été d'assurer la tranquillité régionale et la poursuite de l'investissement étranger. La "Locomotive" de la croissance dytolienne va devoir se séparer d'un ou deux wagons, pour ne pas ruiner sa course. Au risque que les wagons aillent exploser au fin fond du ravin. Tous aux abris derrière les frontières.
Arios

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27/05/2032
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Dieu est mort, vive le Prince

Dans cette tribune, l'auteur raille la capacité d'adaptation des diplomates du grand nord dytolien ; païens comme chrétiens, il constate leurs arrangements de cours, leur acceptation d'une paix sans condition et sans Dieu, parle de leur réunion par ce qui les assemble (la bourgeoisie, la richesse, la noblesse de robe), au détriment de leur Foi nationale et de toutes leurs valeurs.

Ils sont venus, ils sont tous là. Octobre 2031, à la Cérémonie d'intronisation du monarque Philippe II, insignifiant roitelet d'un pays dont on a perdu la trace depuis, les têtes couronnées et les corps écharpés de tout le continent et plus largement du Bassin, se sont réunis autour d'une cérémonie au faste historique. Ah, le faste ; l'étiquette ; l'ordre monarchique, l'aristocratie ! Il y a des couleurs, il y a des murs de cathédrales, il y a des drapeaux qui flottent au vent, faits de la laine nationale. C'est l'endroit rêvé, peut-être, pour solder les comptes d'une vieille opposition que l'on juge anachronique, entre paganistes des Mers froides et chrétiens du continent. Après tout, la géographie suffirait, aux yeux des croyants d'opérette, à expliquer ce léger malentendu historique, qui fait que deux grands courants religieux perdurent en Dytolie. Les évangélisateurs devaient manquer de navires.

Certes, ce jour d'octobre, il y avait aussi des musulmans, des rien-du-touts, des indéterminés, des dérangés venus d'Arctique : le Gotha à sa grand'messe. Réunion autour du vide : on célèbre le sacre, de peur de ne pas pouvoir célébrer les résultats d'une politique. On encense, plutôt que l'ambition, la promesse du rang. Les Laïcs ont fait le voyage, respect du protocole oblige, ce protocole venu des grandes monarchies souvent remplacées. C'est peut-être ça, aujourd'hui, qui pousse adorateurs d'Odins et vierges effarouchantes à parler d'une même litanie, à se rapprocher pour mieux s'appuyer l'une sur l'autre, comme deux cartes à la base d'un fragile château.

Les ronds de jambe n'ont pas d'odeur, et si l'on ne vénère pas la richesse dans les vieilles catholiqueries dytoliennes, on vénère néanmoins le standing. Qu'ils sont beaux, ces païens à la barbe taillée, ces païennes à la tresse intemporelle ; leurs hermines sont douces comme celles de nos plus grands papes. Leur force contre la racaille ouvrière aurait de quoi faire rougir l'Osthurie, elle aussi silencieuse ces derniers temps (descendue au fond du cercueil de velours où l'on installe sans heurts les États sans problèmes ?) : dans ces pays au carré, ces pays de païens, ces pays de paysans comme nous-autres, ce sont les Dieux qui définirent l'ordre social, ce sont les Dieux qui engrossent les princesses esseulées avec la bénédiction de leur lointain époux ; jadis à la guerre, aujourd'hui sur le front des affaires, la myriade des seigneurs nordiques a raccourci la barbe, porte lunettes et nœud papillon, mais jouit toujours du même statut conféré par l'ordre éternel des bois de conifères. Malheur à celui qui touche le possédant, car il touche les Dieux.

Catholiques ? Ces autres qui félicitent l'ordre éternel du grand nord superstitieux, qui ont renoncé depuis longtemps à la Croisade. On dit que la croisade fait souffrir les enfants. Et puis l'on dit que les enfants n'ont qu'à choisir leur Foi. Certes, les têtes couronnées des principautés catholiques pensent, seulement parfois, que le combat du Christ est un combat de l'entreprise - au sens de l'évangélisation - intérieure, un combat des mœurs, un combat de la tradition et du maintien. Un combat culturel, en somme. Un combat pour nous-autres, gens du nord, pour le certain esprit qui règne dans nos cités, dans nos forêts, qui règne entre nous, entre gens du nord, jamais vraiment à l'abri de l'apparition soudaine d'un troll, un de ces trolls comme il en demeure sur l'île du Skogurjördin, chez nos cousins, chez nos frères, chez une partie de nous-mêmes, là où Christ n'a pas son mot à dire.

On se parle, on se complaît, on rassure la métaphysique des prêtres en leur montrant un exotisme jumeau, on rassure les universalistes en leur démontrant les similitudes avec l'étranger. "Regardez, ils sont comme nous ! Nous ne sommes pas si différents !". Le Christ a le nez dans la neige, il s'est pris le pied dans un piège à loup. Le vide idéologique, c'est le vide religieux, c'est l'absence de piété vite comblé par l'amour commun du luxe, qu'il soit celui des châteaux dorés où des grand'salles de boiseries fines et de fauteuils cloutés.

Ce mal du siècle, ramenant les individus à des producteurs de nourriture, que l'on entretient dans leur permanence par des politiques économiques se résumant à des droits de douane, est celui d'une trahison des élites à l'égard de la pensée. Mort aux distinctions, nous sommes tous c'est les mêmes ; ça vaut mieux, c'est plus sûr, et puis ça occupe car ça fait discuter, ça fait se tutoyer. L'angélisme entre Majestés touche jusqu'aux isolats de la Mer des Trois Gorges, quand les nordiques viennent tenir la dragée haute aux Caskars ; ici, ce n'est même plus une religion mais un "système" de pensée. On vient taper dans le dos d'irréductibles insulaires, on se promet de délivrer des visas commerciaux - et puis c'est fini, circulez il n'y a plus rien à voir. "Nous ferons en sorte que tout aille bien ! Date et signature".

L'esprit des châteaux-forts a gagné sur celui des cités. Le grand jeu politique est devenu le grand jeu des dynasties. Et entre dynasties, on se comprend. Dans ces pays sans histoires, ces pays sans question, ces pays d'encyclopédie, de lais et de bibles, le soleil a rendez-vous avec la lune ; dans ces pays où les forums n'existent pas, où les places qui vaillent sont celles de la gendarmerie, dans ces pays de forêts plutôt que de villes, ces pays de hameaux plutôt que de bureaux de poste, le bon peuple sait en quoi il doit croire, il n'a pas besoin de se poser à lui-même la question. Et puis il aime sa Patrie, juste ce qu'il faut pour ne pas renverser la caste. Le Souverain se suffit. Quelques coups de boutoir sur un feudataire félon, quelques fonctionnaires de police dans une Marche arrogante, et le calme est revenu. La démocratie est un mensonge, le temps est une illusion, la Foi est un prétexte. Si le Christ existe, il se manifestera tout seul. Si les Trolls existent, ils viendront rétablir l'ordre sans l'aide du pouvoir.

Il reste à attendre, alors sachons attendre en nous donnant la main.
Arios

Message par Arios »

29/05/2032
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2016/08/21/160821034305404908.png[/img]Arovachia Nuova[img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821034305325570.png[/img][/center]

La candidate Fiorine fait crasher les serveurs de Info.mo


[img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/02/20/170220110534347279.png[/img]
En cause, les clichés de la candidate en tenue transparente

Il faut retenir deux choses de cette affaire. Premièrement, les opérateurs internet devraient renforcer certains de leurs serveurs pour s'adapter à une navigation web en essor. Deuxièmement, la campagne présidentielle arovaque commence à perdre en qualité.
Mercredi, les photos volées de la candidate se rendant dans un supermarché ont commencé à circuler sur internet, à partir de blogs en lien avec un site d'information à forte audience. Très vite, la presse internet reprend les clichés, au point que la candidate a demandé aujourd'hui des excuses à ceux qui avaient relayé les photographies.

"J'ai fait une erreur de garde-robe, quand je suis sorti de chez moi il ne faisait pas beau, mais la lumière a changé dans la journée et en rentrant des courses, j'ai bien vu que ma robe était trop transparente. Les paparazzi auraient dû faire preuve de respect et supprimer ces photographies. Je demande des excuses."

Coup monté ou bombe venue de l'opposition ? Difficile de prévoir à l'avance l'influence que cette affaire aura sur les électeurs, et sur les indécis ou abstentionnistes.


Épine de ronce sauvage dans le pied de l'UCS

[img]http://galleria.castedduonline.it/medias/20/uid_1411da67a27.310.0.jpg[/img]
Les Ecologisti per Tutti seront bien de la partie, avec Giovena Dovonarco

Elle veut être l'anti-Fiorine, avec un "vrai programme de gauche", "social et écologiste". L'écologisme, qui n'a pas une grande audience dans la Ligue, commence pourtant à vouloir dire quelque chose en Arovaquie, principale province économique. Après la claque des élections de Février, où les EpT ont conservé leurs 8 sièges sans pouvoir avancer dans leur quête du pouvoir, la participation du parti populiste de gauche aux Présidentielles n'était pas garantie.

Après des semaines de tractation et à 4 mois du scrutin, le parti s'est laissé convaincre par des conseillers de l'ombre pour envoyer Giovena Dovonarco à ce qui pourrait être un nouveau casse-pipe. Pas question de trouver des clichés d'elle en robe, la féministe de 44 ans n'en porte pas - au radicalisme patriotique et au service civil de la candidate UCS, elle veut opposer la démocratie participative et le soutien aux associations de bénévoles. Pour les impôts, elle militera au Conseil pour une plus grande proportionnalité par rapport aux revenus (comme cela à pu se faire au Deseret dernièrement).

Si AA, N&L et les soutiens de Girardo Mascarpone la pointent du doigt comme une folle irréaliste, ils se frottent les mains dans l'ombre car elle pourrait bien affaiblir Livia Fiorine et précipiter la qualification de candidats plus à droite.
Arios

Message par Arios »

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30/05/2032
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L'étrange soutien à Boris V

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La fille de l'Ambassadeur montalvéen en Soverovie ne tarit pas d'éloges...

Elle a 22 ans, il en a plus du double ; et alors ? "Il n'y a pas d'âge pour une amitié sincère", déclare Antonietta di Scarpafone, la fille de l'Ambassadeur montalvéen en Soverovie, en poste depuis 2027.
Les Montalvéens pourraient ne pas se passionner pour l'élection du futur Roi de Soverovie, un pays russo-arctique en proie au dilemne régional et idéologique entre les conservateurs ultras, et les libéraux-démocrates. La fille du très respectable Mercurio di Scarpafone, toujours resté très discret sur sa vie de famille et divorcé de longue date, semble avoir choisi son favori et il s'agit d'un candidat demeurant sur une ligne dure, pour un tournant traditionaliste.

Mais voilà qu'à une amitié comme il en existe entre enfants d'ambassadeurs et amis politiques de Papa, les mauvaises langues viennent rajouter du piquant, sans doute pour vendre du papier. À moins qu'ils ne rajoutent de l'emballage pour vendre moins de piquant. Ce qui soulève les soupçons sur "un peu plus" qu'une amitié entre la jeune femme et le candidat aux élections royales, pourtant défenseur du puritanisme catholique, ce sont outre que ses propos très élogieux, les déplacements suspects entrepris par la jeune femmes jusqu'à son départ du pays, quelques heures avant l'annonce officielle du décès de feue Sa Majesté.

Kurskaw est une ville immense, une de ces villes dans lesquelles on peut se perdre, ne serait-ce que quelques heures par semaine, au bras d'un amant caché derrière ses lunettes et discrètement suivi par des gardes du corps. Kurskaw, laboratoire de la modernité au pays des Rois élus, des caravanes de pionniers en doudounes et des interminables conduites de gaz. Et la rumeur d'une liaison entre la fille de l'ambassadeur et "un important aristocrate local" courraient depuis longtemps, en témoignent aujourd'hui des dizaines de commerçants interrogés.

Ginetta Papadiglis, la directrice d'un salon de thé réputé de l'Avenue Laroslav, revient sur ces longs jeudi après-midi.

"Ici, on connait Mademoiselle di Scarpafone, et Monsieur son Oncle. Un homme discret, d'un certain âge, un véritable "ami de la famille" comme on dit poliment. Je ne sais pas si c'est un couple au sens où vous l'entendez, en tous cas c'est un couple d'amis proche. Son mentor, quelque peu, on sait que Mademoiselle est tentée par la politique, comme son père. Je n'ai appris qu'après quelques mois s'il s'agissait de la fille de l'ambassadeur, et nous savons rester discret sur ces choses-là. Avec le temps, voyez-vous, on prend quelque peu les mœurs du pays où l'on travaille."

Marino Salvatore était payé par l'Ambassade pour surveiller l'appartement d'Antonietta, là où elle vivait pour ne pas être dérangée par les allées et venues du bâtiment officiel. "Une jeune fille discrète", assure-t'il, "mais éperdument amoureuse. Ces choses-là se voient, quand on est un latin. [...] Tous ceux qui la connaissent en sont amoureux, tous les jeunes, c'était dur de la voir recevoir un homme si âgé, par rapport à elle j'entends. Au moins une fois par semaine, elle le recevait dans son appartement, il passait par l'escalier de service comme s'il ne voulait pas être reconnu. Je n'ai jamais su qui il était." Les filles de paie du témoin existent bien, datées des périodes correspondantes. Le "souci" de cet affaire, si l'identité de l'amant s'avérait exacte, est qu'ils commencèrent à se fréquenter en 2028, alors que la jeune femme était encore mineure.

Le 22 mai au soir, Silvio Fonzi s'apprête à prendre les commandes de son appareil, de la compagnie SognarAir qui dispose de quelques liaisons avec la métropole slave. Départ à 23h08, un vol de nuit sur un petit appareil de 80 places, toujours à moitié vide. Il reçoit alors un appel, s'apprêtant à prendre la passerelle, un appel "haut-placé". "On m'a dit que je devais faire attendre l'avion. Quelqu'un avait pu prendre un billet à la dernière minute, et il devait absolument embarquer. Je ne dirais pas qui m'a appelé, je n'en suis même pas sûr moi-même, mais dans le métier il y a un code qui permet de se rendre service. Alors j'ai gagné un peu de temps en retournant aux toilettes, et en discutant avec l'hôtesse à terre, j'ai fumé une cigarette. Puis il y a cette fille qui est accourue, les pommettes rouges, les chaussures à talon à la main, elle marchait avec ses bas sur le goudron et m'a remercié. Je voyais qu'il fallait à tous prix qu'elle prenne cet avion, quelque chose d'anormal se passait. Je n'ai pas cherché à comprendre plus et je suis monté pour prendre les commandes. [...] C'est quelque chose qui se fait, pour ralentir le départ."

Pourquoi la fille de l'Ambassadeur avait-elle besoin de prendre cet avion ? Le décès de la mort du souverain était-il déjà connu dans les hauts cercles à ce moment-là ? La décision de Boris V de participer aux élections était-elle fixée ? A-t'on écarté la jeune maitresse pour éviter les projecteurs ? Dans ce cas, pourquoi commettre une telle maladresse une fois de retour à Cartagina, en affichant publiquement son "amitié" pour le vieil homme ?

Car c'est bien ce que fit Antonietta di Scarpafone, dans les colonnes du journal féminin Signora, en des termes bien flatteurs.

"[...] Je sais que les gens, notamment dans la Ligue, ont une image plutôt négative des candidats conservateurs. Mais il ne faut en rien confondre les conservateurs britonniens, des conservateurs soveroviens. Surtout, c'est une question de personne. J'ai vu à l'intérieur du cœur de Boris, et c'est un homme passionné qui aime son pays autant qu'il aime ses connaissances, ses amies dont j'étais. Il a toujours travaillé dans l'ombre pour la Soverovie, aujourd'hui il veut en faire autant en recentrant le pays sur lui-même, en le coupant de ses partenaires extérieurs, en renouant avec l'esprit de la Soverovie : son âme uniquement slave, ses petits commerçants contre les banques, ses intérêts vitaux contre les compromissions régionales. Avec Boris V comme monarque, la Soverovie sera plus forte que jamais, car plus seule. Cela me rappelle les heures de notre passé glorieux, quand nous étions seuls contre tous, avec un dirigeant fort qui resta à côté de nous jusqu'à les heures les plus sombres de la défaite et des massacres."
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