Dieplandstad était une ville sans grand intérêt outre ses proches attractions naturelles. Ou plutôt, sans grand intérêt pour l'homme qui n'était pas du désert. Car Dieplandstad, c'est-à-dire Ville des terres profondes, était la ville du Zanyaanstat (État zanyaaner) la plus éloignée des côtes. C'était même la ville blanche la plus éloignée des côtes de toute l'Atis-Ababe ! Dieplandstad ne s'était pas forgée comme les autres sur des modèles de développement classique : villes portuaires, villes industrielles... Dieplandstad était, il y a deux cent ans, un point d'escale au milieu des étendues désertiques. Cent ans plus tard, c'était un bourg. Cinquante an plus tard, une petite ville. Et encore cinquante ans après, c'était une fière cité de 112,000 habitants qui se dressait au milieu de ces terres lunaires, phare au milieu du néant des grands champs de rhizomes et de blé d'hiver, capitale du pays profond. La ville comptait beaucoup de petites choses : une petite université pour les descendances des agriculteurs proches, un petit hôpital (pour les gros bobos seulement, sinon mieux valait chercher de l'aide dans les infirmeries protestantes rurales, moins coûteuses), une petite gare, un (tout) petit aéroport, bref, plein de ces choses qui faisaient graviter autour de Dieplandstad tout un monde rural qui venait, ponctuellement, y chercher les commodités du monde moderne.
François Belcour, régent du conseil doyen, avait choisi cet endroit pour accueillir pour la première fois le président du conseil fédéral sélène. Pourquoi Dieplandstad ? Car on pouvait, en une demi-heure d'hélicoptère, se rendre sur l'un des plus beaux sites naturels du pays, que cela ferait de bien belles photographies, et que Belcour espérait, au fond, montrer le meilleur de l'Atis-Ababe tout en restant dans l'originalité.
La visite se déroulerait évidemment sur plusieurs jours. On accueillerait le président du conseil fédéral, lui laisserait le temps de se reposer de son long voyage, puis l'on partirait voir quelques sites en hélicoptère, puis l'on prendrait un avion pour Terreneuve-Ville, capitale fédérale, afin d'entamer les vraies tractations diplomatiques.
En attendant, sur le tarmarc du petit aéroport de Dieplandstad...
Rencontre Atis-Ababe - Sélénie
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Ostendo
[justify]Lorsqu'un conservateur est invité chez un autre, il connaît en général par réciprocité cette sensibilité au protocole et au respect presque aristocratique en vigueur au sein des vieilles républiques, qu'elle soit zanyanaise ou alméraine. Inutile donc d'envoyer le Conseiller aux Affaires Etrangères, qui avait travailler à organiser la rencontre et préparer les sujets à aborder. Le Président du Conseil fédéral était dans ce cas tout indiqué, par son rôle honorifique et cérémoniel.
L'Atis-Ababe représentait cet autre république protestante, fondée sur un désir de liberté presque absolu, où l'Etat était perçu avec méfiance lorsque ses limites n'avaient pas été clairement définies. D'ailleurs, certaines familles de pasteurs avaient tenté l'aventure du Zanyaanstat en fondant des petites communautés agricoles, vivant l'expérience de la "terre promise". Les liens entre le petit pays enclavé et les grands espaces zanyanais s'étaient certes distendus, mais il restait une compréhension sélène envers le modèle de l'Atis Ababe. La question des indigènes n'allaient pas être abordée car jugée trop sensible. C'est que le Congrès et les milieux économiques attendaient de leur côté des résultats pour ce genre de visites, coûteuses aux contribuables. Les députés avaient récemment accepté de s'ouvrir sur l'extérieur et de sortir de la politique de neutralité isolationniste, il ne fallait pas les y repousser et voir la Sélénie replonger dans un lent sommeil, figée dans ses clichés paysagers, entre montagnes, clochers et lacs. Or, diamant platine certes étaient la convoitise des financiers sélènes et des diamantaires de Zurheim, la place financière et économique du pays, mais trouver dans ses terres, parfois inhospitalières et dominées souvent par des pays aux intérêts divergents, un allié était une richesse de bien plus de valeur.
En difficulté en Alméra face à l'hyperactivisme de certaines grandes monarchies traditionalistes, contrée dans son aide aux factions libérales, freinée dans son appétit économique, il fallait absolument développer un réseau international capable de contrer cette masse d'influences qui tentait d'apparaître bienveillante, au centre des relations internationales entre systèmes capitalistes libéraux (-conservateur) et systèmes égalitaristes prolétariens.
L'avion s'immobilisa sur le tarmac et s'ouvrit sur la flanc, par la porte où avait été placée minutieusement l'escalier de cérémonie. L'air était sec et poussiéreux. Le président Spügler, en charge du département de la Défense, descendit de l'avion en admirant l'horizon qui s'étendait face à l'absence de relief.[/justify]
Président du Conseil fédéral sélène, Rudolph Spügler
Monsieur le Régent, c'est avec un plaisir non feint et un immense honneur que je foule cette terre. Au nom du peuple et de la Confédération sélène, permettez-moi de vous remercier pour cette rencontre au sein de votre République afin de nouer des liens solides entre nos deux Etats.
L'Atis-Ababe représentait cet autre république protestante, fondée sur un désir de liberté presque absolu, où l'Etat était perçu avec méfiance lorsque ses limites n'avaient pas été clairement définies. D'ailleurs, certaines familles de pasteurs avaient tenté l'aventure du Zanyaanstat en fondant des petites communautés agricoles, vivant l'expérience de la "terre promise". Les liens entre le petit pays enclavé et les grands espaces zanyanais s'étaient certes distendus, mais il restait une compréhension sélène envers le modèle de l'Atis Ababe. La question des indigènes n'allaient pas être abordée car jugée trop sensible. C'est que le Congrès et les milieux économiques attendaient de leur côté des résultats pour ce genre de visites, coûteuses aux contribuables. Les députés avaient récemment accepté de s'ouvrir sur l'extérieur et de sortir de la politique de neutralité isolationniste, il ne fallait pas les y repousser et voir la Sélénie replonger dans un lent sommeil, figée dans ses clichés paysagers, entre montagnes, clochers et lacs. Or, diamant platine certes étaient la convoitise des financiers sélènes et des diamantaires de Zurheim, la place financière et économique du pays, mais trouver dans ses terres, parfois inhospitalières et dominées souvent par des pays aux intérêts divergents, un allié était une richesse de bien plus de valeur.
En difficulté en Alméra face à l'hyperactivisme de certaines grandes monarchies traditionalistes, contrée dans son aide aux factions libérales, freinée dans son appétit économique, il fallait absolument développer un réseau international capable de contrer cette masse d'influences qui tentait d'apparaître bienveillante, au centre des relations internationales entre systèmes capitalistes libéraux (-conservateur) et systèmes égalitaristes prolétariens.
L'avion s'immobilisa sur le tarmac et s'ouvrit sur la flanc, par la porte où avait été placée minutieusement l'escalier de cérémonie. L'air était sec et poussiéreux. Le président Spügler, en charge du département de la Défense, descendit de l'avion en admirant l'horizon qui s'étendait face à l'absence de relief.[/justify]
Président du Conseil fédéral sélène, Rudolph Spügler
Monsieur le Régent, c'est avec un plaisir non feint et un immense honneur que je foule cette terre. Au nom du peuple et de la Confédération sélène, permettez-moi de vous remercier pour cette rencontre au sein de votre République afin de nouer des liens solides entre nos deux Etats.
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the0
[justify]Passées les habituels salamalecs, séances photos et petits commentaires aux journalistes, les deux chefs de gouvernement s'engouffraient dans une limousine pour rejoindre la Mairie de Dieplandstad où l'on avait fait de trois bureaux une petite suite pour M. Spügler et son équipe. Après une brève installation, le repas fut typiquement atisababien : une succession de petites charcuteries sèches, comme le [url=http://www.oscarsmeatpieshack.com/images/biltong.jpg]droewors[/url], du [url=http://dukesmeats.com/wp-content/uploads/2013/03/Original-Angus-10-1024x768.jpg]bœuf séché[/url], du [url=https://www.thenakedape.co.uk/image/data/Blog%20Images/why-biltong-is-the-perfect-paleo-protein-snack-banner.jpg]biltong d'autruche[/url], un [url=http://www.sa-venues.com/images/cuisine-afrikaans-03.jpg]ragout zanyaaner traditionnel[/url], divers fromages locaux sans grande prétention, puis une [url=http://img.sndimg.com/food/image/upload/w_555,h_416,c_fit,fl_progressive,q_95/v1/img/recipes/80/04/9/picNbhPJy.jpg]melktert[/url], c'est-à-dire un gâteau fondant à la cannelle, entre le cheesecacke et le gâteau au yaourt. Tout cela était très bourratif, mais l'on vivait ici à l'heure zanyaaner, de sorte qu'après une brève ballade digestive dans les jardins de la Mairie où François Belcour et Rudolph Spügler eurent l'occasion de disserter sur la flore endémique du pays, l'on laissât une heure pour que Rudolph Spügler puisse se reposer dans sa chambre (ou faire la sieste, éventuellement, si le coeur y était).
Ce fut le moment attendu de l'excursion dans les merveilleux paysages naturels que Belcour n'avait cessé de vanter à Spügler. Un hélicoptère se posa dans les jardins de la Mairie et s'envola vers la campagne. L'on partit pour le Nord de Dieplandstad, c'est-à-dire vers les étendues désertiques. L'on dépassa rapidement [url=https://c1.staticflickr.com/3/2642/4039332290_077393d21a_z.jpg?zz=1]les espaces encore arables[/url] où l'on faisait pousser des navets, des pommes de terre, parfois du blé d'hiver, pour déboucher sur des terres bien plus arides. Après avoir passé le sommet d'une montagne, devant les yeux des deux chefs de gouvernement s'étalait le [url=http://d1enrelpb4k7zs.cloudfront.net/wp-content/uploads/2013/11/Bryce-Canyon-National-Park.jpg]Canyon de Diepland[/url]. L'on posa rapidement l'hélicoptère sur un plateau pour que les deux hommes puissent apprécier la vue de haut. Ils eurent l'occasion de discuter quelques instants de tout et de rien (laissons là aux deux hommes d'État l'intimité de leur discussion), puis l'on retourna à Dieplandstad pour un repas du soir, plus frugale que le précédent, et l'on dansa la valse alors que le soleil se couchait. Tout cela tournait un peu à la réunion mondaine, à des plaisirs petits-bourgeois ; l'on n'avait pas vraiment l'impression d'être en visite diplomatique au fond... les Atis-Ababiens n'étaient pas encore habitués à recevoir et avaient décidé de ne pas s'engoncer dans un protocole ridicule, mais plutôt de miser la carte de la convivialité, du terroir et de la légèreté. Les sujets importants seraient abordés à Terreneuve-Ville.
C'est pour cette destination que l'on prit un jet privé le lendemain, que l'on atterrit à l'aéroport international Maxence Truchaud Terreneuve-Ville (du nom du premier président de la République de Terreneuve). Là encore, fanfares, mains à serrer, journalistes, et direction le [url=http://static.ladepeche.fr/content/media/image/zoom/2014/03/19/20140319142800216-0.jpg]Palais d'Armance[/url], siège du conseil doyen. Là encore, repas du midi, mais nettement plus moderne, puisque les inspirations étaient multiples : une entrée sélène revisitée, un plat principal mêlant des épices du Thyroptis et des denrées de base atisababiennes, un dessert aux senteurs raksasannes... Terreneuve-Ville, d'envergure internationale, capitale fédérale, faisait preuve de plus d'ouverture.
Le repas s'acheva, l'on laissa une heure pour que les délégations se préparent, et l'on se retrouva dans [url=http://www.in.gov/idoa/virtual-tour/files/Gex1.jpg]une pièce aménagée pour la rencontre[/url].
Sieur François Belcour, régent du conseil doyen
Bien ! Nous avons eu l'occasion de passer de très agréables moments ensemble, monsieur Spügler. Nous avons eu de mémorables discussions sur la botanique, la musique sélène, nos histoires communes. Mais je vous propose que l'on fasse malgré tout, au moins pour nos délégations respectives, un bref état des lieux de notre situation sur la scène internationale, de nos particularités internes... Je vous en prie.[/justify]
Ce fut le moment attendu de l'excursion dans les merveilleux paysages naturels que Belcour n'avait cessé de vanter à Spügler. Un hélicoptère se posa dans les jardins de la Mairie et s'envola vers la campagne. L'on partit pour le Nord de Dieplandstad, c'est-à-dire vers les étendues désertiques. L'on dépassa rapidement [url=https://c1.staticflickr.com/3/2642/4039332290_077393d21a_z.jpg?zz=1]les espaces encore arables[/url] où l'on faisait pousser des navets, des pommes de terre, parfois du blé d'hiver, pour déboucher sur des terres bien plus arides. Après avoir passé le sommet d'une montagne, devant les yeux des deux chefs de gouvernement s'étalait le [url=http://d1enrelpb4k7zs.cloudfront.net/wp-content/uploads/2013/11/Bryce-Canyon-National-Park.jpg]Canyon de Diepland[/url]. L'on posa rapidement l'hélicoptère sur un plateau pour que les deux hommes puissent apprécier la vue de haut. Ils eurent l'occasion de discuter quelques instants de tout et de rien (laissons là aux deux hommes d'État l'intimité de leur discussion), puis l'on retourna à Dieplandstad pour un repas du soir, plus frugale que le précédent, et l'on dansa la valse alors que le soleil se couchait. Tout cela tournait un peu à la réunion mondaine, à des plaisirs petits-bourgeois ; l'on n'avait pas vraiment l'impression d'être en visite diplomatique au fond... les Atis-Ababiens n'étaient pas encore habitués à recevoir et avaient décidé de ne pas s'engoncer dans un protocole ridicule, mais plutôt de miser la carte de la convivialité, du terroir et de la légèreté. Les sujets importants seraient abordés à Terreneuve-Ville.
C'est pour cette destination que l'on prit un jet privé le lendemain, que l'on atterrit à l'aéroport international Maxence Truchaud Terreneuve-Ville (du nom du premier président de la République de Terreneuve). Là encore, fanfares, mains à serrer, journalistes, et direction le [url=http://static.ladepeche.fr/content/media/image/zoom/2014/03/19/20140319142800216-0.jpg]Palais d'Armance[/url], siège du conseil doyen. Là encore, repas du midi, mais nettement plus moderne, puisque les inspirations étaient multiples : une entrée sélène revisitée, un plat principal mêlant des épices du Thyroptis et des denrées de base atisababiennes, un dessert aux senteurs raksasannes... Terreneuve-Ville, d'envergure internationale, capitale fédérale, faisait preuve de plus d'ouverture.
Le repas s'acheva, l'on laissa une heure pour que les délégations se préparent, et l'on se retrouva dans [url=http://www.in.gov/idoa/virtual-tour/files/Gex1.jpg]une pièce aménagée pour la rencontre[/url].
Sieur François Belcour, régent du conseil doyen
Bien ! Nous avons eu l'occasion de passer de très agréables moments ensemble, monsieur Spügler. Nous avons eu de mémorables discussions sur la botanique, la musique sélène, nos histoires communes. Mais je vous propose que l'on fasse malgré tout, au moins pour nos délégations respectives, un bref état des lieux de notre situation sur la scène internationale, de nos particularités internes... Je vous en prie.[/justify]
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Ostendo
Président Spügler
[justify]Je vous remercie pour cette découverte vivante et sincère de votre pays, de vos traditions et de vos gens, qui m'ont émerveillé. J'en ai presque oublié les raisons de ma visite. Mais en effet, après l'agréable passons désormais à l'utile et au volet plus officiel qui, je l'espère, pourra se faire dans un même climat de décontraction, celui que vous avez réussi à distiller si finement lors de ce périple en terre zanyaaner.
Concernant donc la situation diplomatique de la Sélénie, je dirai que nous sommes encore trop jeunes sur la scène internationale pour pouvoir prétendre à une quelconque stature, ainsi que de pouvoir juger décemment l'actualité mondiale. Toutefois, je dirai que le Conseil fédéral, par le biais du Conseiller aux affaires étrangères Monsieur Bertholat, s'évertue à développer des partenariats de manière réfléchie, discrète même, sans précipitation. Nous privilégions les gouvernements qui, pas essence, par leur nature, leur histoire, leurs objectifs, se rapprochent de nos conceptions politiques. Nous avons développer jusqu'à maintenant des relations denses avec la Fédération tarnoise et le Duché de Bassaxe récemment indépendant, avec la Fiémance et le Cobrac dont les discussions toutefois n'ont pas encore débouchées sur un traité même si l'accord de principe est là, ainsi qu'avec le Wildhorn et la Sébaldie. Je ne sais pas si vous avez été informé, mais la récente loi fiémançaise a entraîné une série de réactions et de complications bilatérales, mais rien d'insurmontable qui nécessite mon retour d'urgence en Sélénie.
Sur les spécificités internes de la Sélénie, je crains ne pas avoir le recul et l'objectivité que réclame ce genre d'exercice, étant moi-même acteur inconscient de ces spécificités, mais je tâcherai de faire au mieux. Dans un premier temps, je dirai que la Sélénie est marquée par sa diversité, linguistique, culturelle, qui l'ont amenée à développer une notion de la liberté stricte et sacrée figée dans la Constitution et la Charte des Droits. Les Ligues, Etats fédérés qui composent notre petite confédération, jouissent d'importantes prérogatives politiques qui diluent le pouvoir et l'identité sélène. La Sélénie, par son importante place bancaire et sa fiscalité particulière, est souvent perçue à l'étranger comme un paradis fiscal, pays des banques. Des clichés qui révèlent surtout l'importance du système financier sélène sur l'économie. La société est tolérante, du fait de cette liberté comme fondation de l'identité sélène, mais n'apprécie guère devoir venir en aide à ceux n'assumant pas les choix entrepris. Sans doute est-ce là une réminiscence de la doctrine calviniste et protestante qui a longtemps dominé le paysage religieux.
Je crois avoir fait le tour de la question. Si vous avez des questions plus précises je me ferai un plaisir d'y répondre. J'ai cru comprendre que l'Atis-Ababe possédait également cette esprit de mosaïque de populations, entre zanyaaners, Landbuners et terreneuvois ?[/justify]
[justify]Je vous remercie pour cette découverte vivante et sincère de votre pays, de vos traditions et de vos gens, qui m'ont émerveillé. J'en ai presque oublié les raisons de ma visite. Mais en effet, après l'agréable passons désormais à l'utile et au volet plus officiel qui, je l'espère, pourra se faire dans un même climat de décontraction, celui que vous avez réussi à distiller si finement lors de ce périple en terre zanyaaner.
Concernant donc la situation diplomatique de la Sélénie, je dirai que nous sommes encore trop jeunes sur la scène internationale pour pouvoir prétendre à une quelconque stature, ainsi que de pouvoir juger décemment l'actualité mondiale. Toutefois, je dirai que le Conseil fédéral, par le biais du Conseiller aux affaires étrangères Monsieur Bertholat, s'évertue à développer des partenariats de manière réfléchie, discrète même, sans précipitation. Nous privilégions les gouvernements qui, pas essence, par leur nature, leur histoire, leurs objectifs, se rapprochent de nos conceptions politiques. Nous avons développer jusqu'à maintenant des relations denses avec la Fédération tarnoise et le Duché de Bassaxe récemment indépendant, avec la Fiémance et le Cobrac dont les discussions toutefois n'ont pas encore débouchées sur un traité même si l'accord de principe est là, ainsi qu'avec le Wildhorn et la Sébaldie. Je ne sais pas si vous avez été informé, mais la récente loi fiémançaise a entraîné une série de réactions et de complications bilatérales, mais rien d'insurmontable qui nécessite mon retour d'urgence en Sélénie.
Sur les spécificités internes de la Sélénie, je crains ne pas avoir le recul et l'objectivité que réclame ce genre d'exercice, étant moi-même acteur inconscient de ces spécificités, mais je tâcherai de faire au mieux. Dans un premier temps, je dirai que la Sélénie est marquée par sa diversité, linguistique, culturelle, qui l'ont amenée à développer une notion de la liberté stricte et sacrée figée dans la Constitution et la Charte des Droits. Les Ligues, Etats fédérés qui composent notre petite confédération, jouissent d'importantes prérogatives politiques qui diluent le pouvoir et l'identité sélène. La Sélénie, par son importante place bancaire et sa fiscalité particulière, est souvent perçue à l'étranger comme un paradis fiscal, pays des banques. Des clichés qui révèlent surtout l'importance du système financier sélène sur l'économie. La société est tolérante, du fait de cette liberté comme fondation de l'identité sélène, mais n'apprécie guère devoir venir en aide à ceux n'assumant pas les choix entrepris. Sans doute est-ce là une réminiscence de la doctrine calviniste et protestante qui a longtemps dominé le paysage religieux.
Je crois avoir fait le tour de la question. Si vous avez des questions plus précises je me ferai un plaisir d'y répondre. J'ai cru comprendre que l'Atis-Ababe possédait également cette esprit de mosaïque de populations, entre zanyaaners, Landbuners et terreneuvois ?[/justify]