Rencontre entre l'Atis et Ababe et le Maok à Lokaroum
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Alwine
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/4/4/____affo-4c48c9a.jpg[/img]
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
[right]24 Septembre 2030, Aéroport de Lokaroum.[/right]
Une fois encore, Malinia attendait à l'aéroport de Lokaroum. Depuis l'ouverture du pays celui-ci avait été rénové et agrandit pour être à la mesure de sa nouvelle stature, celle d'un aéroport où des gens de tous les coins du simpomonde pouvaient se croiser, mais la piste s’accueille des délégations diplomatiques restait toujours tranquille, avec juste les curieux en arrière-plan, agitant l'un ou l'autre drapeau de bienvenue. Après plusieurs voyages diplomatiques à l'étranger, cela faisait du bien de retrouver cette piste, cette petite routine agréable, en quelque sorte, qui donnait un cadre plus sûr à la rencontre. Non pas qu'elle ait été souvent en difficulté à l'extérieur bien entendu, mais bon ! En l'occurrence, cela paraissait aussi approprié, à l'heure de recevoir un diplomate zanyanais, ce qui n'était plus arrivé depuis trop longtemps, aux yeux de Malinia. Les dernières rencontres zanyanaises s'étaient faites à domicile, et il était bon de montrer que le Maok accueillait encore tout aussi bien les grands sommets zanyanais.
En l'occurrence, il s'agissait de rencontrer la République de l'Atis et de l'Ababe, un état fédéral complexe, perclu de régionalismes, doté d'une population mêlée de blancs, almérans de souche, et de noirs d'origine zanyanaise, avec une majorité numérique des premiers... et où régnait un certain esprit de supériorité de la part des blancs, indubitablement. Néanmoins, en dépit de cela, c'était aussi un état chrétien, comptant notamment cinq millions de catholiques environs, et surtout un état zanyanais : il était donc inenvisageable de ne pas ouvrir le dialogue avec eux, en dépit de leurs défauts. Et puis, on ne pouvait pas dialoguer qu'avec les nations qui semblaient « parfaites », à moins de vouloir constituer un bloc idéologique évidemment, au contraire : c'était en s'ouvrant aux autres en dépit de leurs imperfections que l'on pouvait espérer, sur le long terme, leur montrer leurs erreurs et les guider dans la bonne direction. En attendant, le dialogue devait au moins permettre de gagner un nouvel allié zanyanais et de faire encore progresser la paix sur le continent.
Alors qu'on lui annonçait l'arrivée prochaine de l'appareil, Malinia mit ses pensées de côté et attendit l'arrivée de son ou ses visiteurs. Elle attendait devant la haie d'honneur qui attendait les dignitaires à la sortie de la zone de débarquement, menant jusqu'à la voiture, en compagnie d'un interprète. Bientôt, elle pourrait poser les premières pierres de ce qui serait, elle l'espérait, une nouvelle relation de confiance et positive avec un autre pays zanyanais...
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
[right]24 Septembre 2030, Aéroport de Lokaroum.[/right]
Une fois encore, Malinia attendait à l'aéroport de Lokaroum. Depuis l'ouverture du pays celui-ci avait été rénové et agrandit pour être à la mesure de sa nouvelle stature, celle d'un aéroport où des gens de tous les coins du simpomonde pouvaient se croiser, mais la piste s’accueille des délégations diplomatiques restait toujours tranquille, avec juste les curieux en arrière-plan, agitant l'un ou l'autre drapeau de bienvenue. Après plusieurs voyages diplomatiques à l'étranger, cela faisait du bien de retrouver cette piste, cette petite routine agréable, en quelque sorte, qui donnait un cadre plus sûr à la rencontre. Non pas qu'elle ait été souvent en difficulté à l'extérieur bien entendu, mais bon ! En l'occurrence, cela paraissait aussi approprié, à l'heure de recevoir un diplomate zanyanais, ce qui n'était plus arrivé depuis trop longtemps, aux yeux de Malinia. Les dernières rencontres zanyanaises s'étaient faites à domicile, et il était bon de montrer que le Maok accueillait encore tout aussi bien les grands sommets zanyanais.
En l'occurrence, il s'agissait de rencontrer la République de l'Atis et de l'Ababe, un état fédéral complexe, perclu de régionalismes, doté d'une population mêlée de blancs, almérans de souche, et de noirs d'origine zanyanaise, avec une majorité numérique des premiers... et où régnait un certain esprit de supériorité de la part des blancs, indubitablement. Néanmoins, en dépit de cela, c'était aussi un état chrétien, comptant notamment cinq millions de catholiques environs, et surtout un état zanyanais : il était donc inenvisageable de ne pas ouvrir le dialogue avec eux, en dépit de leurs défauts. Et puis, on ne pouvait pas dialoguer qu'avec les nations qui semblaient « parfaites », à moins de vouloir constituer un bloc idéologique évidemment, au contraire : c'était en s'ouvrant aux autres en dépit de leurs imperfections que l'on pouvait espérer, sur le long terme, leur montrer leurs erreurs et les guider dans la bonne direction. En attendant, le dialogue devait au moins permettre de gagner un nouvel allié zanyanais et de faire encore progresser la paix sur le continent.
Alors qu'on lui annonçait l'arrivée prochaine de l'appareil, Malinia mit ses pensées de côté et attendit l'arrivée de son ou ses visiteurs. Elle attendait devant la haie d'honneur qui attendait les dignitaires à la sortie de la zone de débarquement, menant jusqu'à la voiture, en compagnie d'un interprète. Bientôt, elle pourrait poser les premières pierres de ce qui serait, elle l'espérait, une nouvelle relation de confiance et positive avec un autre pays zanyanais...
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[justify]Beaucoup d'intellectuels avaient formulé la thèse que le complexe fondamental des Blancs de l'Atis et de l'Ababe était, au fond, d'être des occidentaux déchus, des chrétiens éloignés des terres traditionnelles alméranes. Selon cette théorie, notamment présentée par l'historien adélien Henry Y. Blenstein, le zèle conservateur et romantique atisababien n'est qu'une tentative de compenser cette infériorité perçue. Le juif Blenstein (comme on l'appelait en Atis-Ababe après qu'il eut osé émettre une théorie aussi honteuse) avait touché assez juste. Le romantisme atisababien, l'exaltation du sens patriotique se heurtait au principe de réalité lorsque les nécessités de la diplomatie faisaient admettre que oui, au Zanyane, l'on était bien entouré de Nègres...
Ernest Hoek, l'officier de affaires étrangères, était à ce niveau un parfait atisababien : lorsqu'il posait le pied en Alméra, il courait les cathédrales médiévales et les paysages vallonnés de Fiémance et du Thorval et se sentait fièrement blanc et chrétien. Mais quand il franchissait les frontières terrestres pour visiter d'autres pays zanyanais, il parait son coeur d'une certaine prétention, d'un léger refus à admettre que c'est bien sur cette terre nègre que lui et ses ancêtres avaient pris place.
Mais les Atisababiens n'étaient a priori pas des expansionnistes, pas des partisans du combat à l'extérieur. Cela s'expliquait par deux facteurs. Le premier, c'était que les Blancs étaient déjà bien trop occupés avec ces millions de nègres qui peuplaient leurs terres atisababiennes. Le fantasme secret de tout Atisababien ayant bien lu ses classiques littéraires romantiques était de débarrasser cette terre des sauvages, pas de combattre les Nègres à l'extérieur - en somme, l'on avait la tête ailleurs, d'autres chats à fouetter que de combattre la négritude en-dehors des frontières de la République. Le second, c'est que les Atisababiens étaient des propriétaires terriens purs et durs. Même les urbains conservaient des parcelles à la campagne qu'ils faisaient exploiter par d'autres. Presque tout le monde disposait quelque part d'un lopin. Cet attachement à la terre nourrissait le souverainisme, et le souverainisme raisonné commande, de la même manière que l'on ne souhaite pas voir d'ingérence chez soi, de ne pas ingérer chez l'autre. A cet égard, les intellectuels atisababiens n'avaient a priori aucun mal à considérer les autorités nègres de pays nègres comme parfaitement légitimes, non pas en raison de l'harmonie, du gouvernement des Nègres par les Nègres, mais seulement parce que dehors, ce n'était pas chez eux. Une raison moins noble et moins raisonnée était aussi que les Blancs atisababiens détestaient les Nègres présents sur leurs terres précisément parce qu'ils étaient sur leurs terres. Les Blancs appelaient à l'exclusivité, à l'unicité, pas au partage. Ils n'avaient donc aucune raison de mépriser ou haïr le Nègre du Maok car après tout, ce n'est pas un Nègre qui mérite la même haine que les indigènes de l'intérieur des terres atisababiennes - celui-là ne les complexait pas, ne ternissait pas leur ambition d'une terre aussi noble et pure qu'une terre almérane.
Ernest Hoek arrivait donc, outre ce sentiment initialement décrit de honte, de damnation que d'être Blanc sur cette terre, cette pensée refoulée et sublimée par un nationalisme blanc déroutant de puissance, - il arrivait donc en parfaite cordialité, dans l'espoir évident de forger des liens avec les autres pays zanyanais - pourquoi pas un allié ? -, fussent-ils Nègres ou toute autre chose.
On lui ouvrait la porte, il descendit du petit aéronef gouvernemental (vétuste au demeurant) et salua chaleureusement son homologue en langue adélienne, dans l'espoir de pouvoir trouver une langue commune qu'il appréciât plus : le zanyaaner, le fiémançais, voire le latin...[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
C'est un grand plaisir que de vous rencontrer au sein de votre merveilleux territoire, Votre Excellence.
Ernest Hoek, l'officier de affaires étrangères, était à ce niveau un parfait atisababien : lorsqu'il posait le pied en Alméra, il courait les cathédrales médiévales et les paysages vallonnés de Fiémance et du Thorval et se sentait fièrement blanc et chrétien. Mais quand il franchissait les frontières terrestres pour visiter d'autres pays zanyanais, il parait son coeur d'une certaine prétention, d'un léger refus à admettre que c'est bien sur cette terre nègre que lui et ses ancêtres avaient pris place.
Mais les Atisababiens n'étaient a priori pas des expansionnistes, pas des partisans du combat à l'extérieur. Cela s'expliquait par deux facteurs. Le premier, c'était que les Blancs étaient déjà bien trop occupés avec ces millions de nègres qui peuplaient leurs terres atisababiennes. Le fantasme secret de tout Atisababien ayant bien lu ses classiques littéraires romantiques était de débarrasser cette terre des sauvages, pas de combattre les Nègres à l'extérieur - en somme, l'on avait la tête ailleurs, d'autres chats à fouetter que de combattre la négritude en-dehors des frontières de la République. Le second, c'est que les Atisababiens étaient des propriétaires terriens purs et durs. Même les urbains conservaient des parcelles à la campagne qu'ils faisaient exploiter par d'autres. Presque tout le monde disposait quelque part d'un lopin. Cet attachement à la terre nourrissait le souverainisme, et le souverainisme raisonné commande, de la même manière que l'on ne souhaite pas voir d'ingérence chez soi, de ne pas ingérer chez l'autre. A cet égard, les intellectuels atisababiens n'avaient a priori aucun mal à considérer les autorités nègres de pays nègres comme parfaitement légitimes, non pas en raison de l'harmonie, du gouvernement des Nègres par les Nègres, mais seulement parce que dehors, ce n'était pas chez eux. Une raison moins noble et moins raisonnée était aussi que les Blancs atisababiens détestaient les Nègres présents sur leurs terres précisément parce qu'ils étaient sur leurs terres. Les Blancs appelaient à l'exclusivité, à l'unicité, pas au partage. Ils n'avaient donc aucune raison de mépriser ou haïr le Nègre du Maok car après tout, ce n'est pas un Nègre qui mérite la même haine que les indigènes de l'intérieur des terres atisababiennes - celui-là ne les complexait pas, ne ternissait pas leur ambition d'une terre aussi noble et pure qu'une terre almérane.
Ernest Hoek arrivait donc, outre ce sentiment initialement décrit de honte, de damnation que d'être Blanc sur cette terre, cette pensée refoulée et sublimée par un nationalisme blanc déroutant de puissance, - il arrivait donc en parfaite cordialité, dans l'espoir évident de forger des liens avec les autres pays zanyanais - pourquoi pas un allié ? -, fussent-ils Nègres ou toute autre chose.
On lui ouvrait la porte, il descendit du petit aéronef gouvernemental (vétuste au demeurant) et salua chaleureusement son homologue en langue adélienne, dans l'espoir de pouvoir trouver une langue commune qu'il appréciât plus : le zanyaaner, le fiémançais, voire le latin...[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
C'est un grand plaisir que de vous rencontrer au sein de votre merveilleux territoire, Votre Excellence.
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Si Malinia avait pu connaître les réflexions de son invité du jour, elle lui aurait sans doute rappelé, avec un léger sourire, que se sentir « alméran et chrétien » par opposition au fait de se sentir zanyanais était un beau paradoxe, tenant compte du fait que Jésus était zanyanais. Néanmoins, elle n'avait pas ce genre de capacité, aussi se contenta-t-elle de répondre, par interprète interposé, aux paroles du diplomate venu du sud.
« Tout le plaisir est pour moi, Excellence ! Je suis ravie de vous accueillir au Maok pour pouvoir tracer les premières lignes de l'amitié entre notre pays, une amitié qui, je l'espère, sera aussi longue que mutuellement bénéfique ! Mais je vous en prie, avançons vers la voiture. »
Avec un sourire, elle s'engagea avec son invité entre la haie d'honneur, qui se mit bien entendu au garde-à-vous en l'honneur du dignitaire étranger qu'il était. En quelques échanges de rigueur, Malinia s’aperçut, en une heureuse surprise, que son interlocuteur était capable de s'exprimer en latin, et laissa donc l'interprète à l'entrée de la voiture pour, après s'être installée, poursuivre dans cette langue. Le Maok, en effet, méprisait l'idée de l'adélien comme langage diplomatique pour ne reconnaître que le latin dans ce rôle, couramment parlé par les dignitaires en plus du maokorien, de l'alémanique et souvent d'une ou deux autres langues, comme le thorvalois, généralement. Quoi qu'il en soit, la diplomate maokorienne prit place dans la voiture après que son invité ait fait de même, et reprit la conversation, en latin donc, alors que celle-ci démarrait.
« Je dois vous dire que c'est un réel plaisir de voir un pays zanyanais pratiquer le latin comme langue diplomatique, s'est hélas trop rare sur notre continent en dehors de nous-mêmes et de la Terre Sainte ! Bien, nous pourrons commencer les discussions sérieuses une fois arrivé, mais je vous propose de profiter du trajet pour faire mieux connaissance. Pourriez-vous me parler de votre pays et de son positionnement géopolitique actuel, selon votre point de vue ? C'est toujours une étape intéressante d'une rencontre, je trouve. Bien sûr, je suis moi-même à votre disposition pour vous répondre sur le même sujet ou pour toute question que vous pourriez avoir sur le Maok, cela va de soit ! »
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Si Malinia avait pu connaître les réflexions de son invité du jour, elle lui aurait sans doute rappelé, avec un léger sourire, que se sentir « alméran et chrétien » par opposition au fait de se sentir zanyanais était un beau paradoxe, tenant compte du fait que Jésus était zanyanais. Néanmoins, elle n'avait pas ce genre de capacité, aussi se contenta-t-elle de répondre, par interprète interposé, aux paroles du diplomate venu du sud.
« Tout le plaisir est pour moi, Excellence ! Je suis ravie de vous accueillir au Maok pour pouvoir tracer les premières lignes de l'amitié entre notre pays, une amitié qui, je l'espère, sera aussi longue que mutuellement bénéfique ! Mais je vous en prie, avançons vers la voiture. »
Avec un sourire, elle s'engagea avec son invité entre la haie d'honneur, qui se mit bien entendu au garde-à-vous en l'honneur du dignitaire étranger qu'il était. En quelques échanges de rigueur, Malinia s’aperçut, en une heureuse surprise, que son interlocuteur était capable de s'exprimer en latin, et laissa donc l'interprète à l'entrée de la voiture pour, après s'être installée, poursuivre dans cette langue. Le Maok, en effet, méprisait l'idée de l'adélien comme langage diplomatique pour ne reconnaître que le latin dans ce rôle, couramment parlé par les dignitaires en plus du maokorien, de l'alémanique et souvent d'une ou deux autres langues, comme le thorvalois, généralement. Quoi qu'il en soit, la diplomate maokorienne prit place dans la voiture après que son invité ait fait de même, et reprit la conversation, en latin donc, alors que celle-ci démarrait.
« Je dois vous dire que c'est un réel plaisir de voir un pays zanyanais pratiquer le latin comme langue diplomatique, s'est hélas trop rare sur notre continent en dehors de nous-mêmes et de la Terre Sainte ! Bien, nous pourrons commencer les discussions sérieuses une fois arrivé, mais je vous propose de profiter du trajet pour faire mieux connaissance. Pourriez-vous me parler de votre pays et de son positionnement géopolitique actuel, selon votre point de vue ? C'est toujours une étape intéressante d'une rencontre, je trouve. Bien sûr, je suis moi-même à votre disposition pour vous répondre sur le même sujet ou pour toute question que vous pourriez avoir sur le Maok, cela va de soit ! »
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[justify]C'est bien vrai, Jésus était zanyanais... Mais le romantisme atisababien, toute cette littérature nationaliste, avait profondément ancré dans la nature et le coeur de ces Blancs que la vraie terre chrétienne et sainte, c'était l'Alméra. C'était, avant d'être un christianisme religieux, au fond, un christianisme culturel, une identification à un continent et à ses valeurs - les Atisababiens n'étaient en réalité (et c'était là leur véritable complexe selon la théorie du juif Blenstein), que des Almérans hors-sol. Rejetés par leur propre continent, expulsés en raison de leur foi calviniste et en proportion bien moindre luthérienne, ils n'avaient jamais encaissé le traumatisme de l'enfant déchu, du peuple relégué dans le continent nègre et barbare. Pour les atisababiens, en fait, le Zanyane était un purgatoire (étonnant pour des calvinistes !) avant de rejoindre le Paradis, là où ils appartenaient réellement.
Ces contradictions (que son Excellence Balioko eût bien saisi si elle pouvait lire dans les pensées du sieur Hoek, mais dont elle pouvait présumer l'existence puisque c'était une femme de haut-rang, informée et consciente des grands débats de son continent) fondaient l'Atis-Ababe. Et elles étaient entretenues par toute une littérature romantique, une musique wagnérienne, profondément puissante et laudative, d'inspiration purement patriotique, mais aussi par des poèmes du début du XIXème siècle, toujours dévorés aujourd'hui, qui vantaient la force et la beauté de ces pionniers partis au fond des terres dégager le barbare pour y bâtir sa terre almérane qu'il n'aura jamais. Les Atisababiens n'étaient finalement pas des rationnels, des historiens ou des mathématiciens, c'était, avant toute chose, des littéraires, des fous de passions, de mots et de drames. La réalité historique ? Jésus zanyanais ? L'égalité des races ? Voilà des idées bien arides pour un Blanc atisabebien pour qui la vie est une tragédie classique.[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
[justify]Votre Excellence, ne tirez pas d'inférences de ma maîtrise du latin ! Cette compétence n'a pas pour origine la religion chrétienne ; je suis un fervent calviniste, et nous parlons dans nos églises réformées la langue du peuple, navré de vous décevoir (disait-il avec humour). En fait d'éducation, l'Atis-Ababe est très conservatrice, et les élites - puisqu'il faut bien admettre que j'en suis - suivent un cursus très traditionnel. L'éducation secondaire y est conclue par le passage de trois bachots : l'un de sciences, l'autre de droit, et le dernier de lettres classiques, pour lequel la maîtrise autant écrite qu'orale du latin est absolument nécessaire ! Mais c'est en effet un talent qui se perd à l'échelle du monde, et je suis heureux de pouvoir le faire vivoter ici avec une latiniste aussi parfaite que vous !
Le conseil doyen de l'Atis-Ababe a décidé récemment de s'ouvrir au monde. Pendant longtemps nous avons cru que l'isolationnisme, c'était la pureté. Et nos idées conservatrices et nationalistes nous ont longtemps gardé dans ce droit chemin. Mais les intérêts économiques tout d'abord, puis politiques enfin, ont poussé nos administrations et nos élus à évoluer sur ce point.
L'Atis-Ababe est - je le pense - un grand pays, à fort potentiel, qui gère avec souffrance la diversité des nations et races qui le compose. La République fédérale est souvent mal vue par le petit peuple, mais très peu de gens remettent en cause sa légitimité. Notre fédération est le prix à payer pour ne plus souffrir de la guerre et du morcellement. Nous fêterons dans quelques mois notre 119ème anniversaire - nous vous y inviterons !
Sur le plan politique, nous sommes, il faut l'admettre, très conservateur. Nous n'aimons pas le changement. L'esprit du pays, c'est celui d'un entrepreneuriat calviniste, voyant à long-terme, fondé sur la propriété terrienne, voyant dans l'enrichissement la vertu et dans la cupidité le mal absolu. C'est un fil tendu, c'est vrai... C'est aussi un pays de pater familias, de pères de famille, où l'autorité, la hiérarchie et la tradition ont leur place. Je pense que de manière plus laïque, moins monarchique et moins extrême, nous nous rapprocherions par le coeur des monarchies alméranes conservatrices.
Nous sommes des souverainistes (il insiste sur le mot). Nous pouvons ne pas être d'accord avec vos politiques intérieures, vous pouvez ne pas être d'accord avec les nôtres, mais nous n'ingérerons jamais dans vos affaires. C'est en ce sens que malgré notre... éloignement, disons-cela comme ça ? bon, soyons francs, malgré notre éloignement racial, civilisationnel peut-être - c'est à voir, je pense que nous avons notamment l'amour de Dieu en commun, ce n'est donc pas un si grand fossé que ça - bref, malgré tout, nous vous laisserons parfaitement libre d'agir souverainement sur votre territoire, et nous attendons de vous la réciproque. Cela ne doit pas néanmoins nous empêcher de collaborer activement, puisque la collaboration est la perfection de deux souverainetés amies ! Et c'est bien cela que nous recherchons ici avec vous, notre volonté première : l'amitié entre nos deux pays.
Et vous, parlez-moi de vous, de Vous avec un grand V ! Mais de vous aussi, je serais très heureux d'entendre votre histoire personnelle.[/justify]
Ces contradictions (que son Excellence Balioko eût bien saisi si elle pouvait lire dans les pensées du sieur Hoek, mais dont elle pouvait présumer l'existence puisque c'était une femme de haut-rang, informée et consciente des grands débats de son continent) fondaient l'Atis-Ababe. Et elles étaient entretenues par toute une littérature romantique, une musique wagnérienne, profondément puissante et laudative, d'inspiration purement patriotique, mais aussi par des poèmes du début du XIXème siècle, toujours dévorés aujourd'hui, qui vantaient la force et la beauté de ces pionniers partis au fond des terres dégager le barbare pour y bâtir sa terre almérane qu'il n'aura jamais. Les Atisababiens n'étaient finalement pas des rationnels, des historiens ou des mathématiciens, c'était, avant toute chose, des littéraires, des fous de passions, de mots et de drames. La réalité historique ? Jésus zanyanais ? L'égalité des races ? Voilà des idées bien arides pour un Blanc atisabebien pour qui la vie est une tragédie classique.[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
[justify]Votre Excellence, ne tirez pas d'inférences de ma maîtrise du latin ! Cette compétence n'a pas pour origine la religion chrétienne ; je suis un fervent calviniste, et nous parlons dans nos églises réformées la langue du peuple, navré de vous décevoir (disait-il avec humour). En fait d'éducation, l'Atis-Ababe est très conservatrice, et les élites - puisqu'il faut bien admettre que j'en suis - suivent un cursus très traditionnel. L'éducation secondaire y est conclue par le passage de trois bachots : l'un de sciences, l'autre de droit, et le dernier de lettres classiques, pour lequel la maîtrise autant écrite qu'orale du latin est absolument nécessaire ! Mais c'est en effet un talent qui se perd à l'échelle du monde, et je suis heureux de pouvoir le faire vivoter ici avec une latiniste aussi parfaite que vous !
Le conseil doyen de l'Atis-Ababe a décidé récemment de s'ouvrir au monde. Pendant longtemps nous avons cru que l'isolationnisme, c'était la pureté. Et nos idées conservatrices et nationalistes nous ont longtemps gardé dans ce droit chemin. Mais les intérêts économiques tout d'abord, puis politiques enfin, ont poussé nos administrations et nos élus à évoluer sur ce point.
L'Atis-Ababe est - je le pense - un grand pays, à fort potentiel, qui gère avec souffrance la diversité des nations et races qui le compose. La République fédérale est souvent mal vue par le petit peuple, mais très peu de gens remettent en cause sa légitimité. Notre fédération est le prix à payer pour ne plus souffrir de la guerre et du morcellement. Nous fêterons dans quelques mois notre 119ème anniversaire - nous vous y inviterons !
Sur le plan politique, nous sommes, il faut l'admettre, très conservateur. Nous n'aimons pas le changement. L'esprit du pays, c'est celui d'un entrepreneuriat calviniste, voyant à long-terme, fondé sur la propriété terrienne, voyant dans l'enrichissement la vertu et dans la cupidité le mal absolu. C'est un fil tendu, c'est vrai... C'est aussi un pays de pater familias, de pères de famille, où l'autorité, la hiérarchie et la tradition ont leur place. Je pense que de manière plus laïque, moins monarchique et moins extrême, nous nous rapprocherions par le coeur des monarchies alméranes conservatrices.
Nous sommes des souverainistes (il insiste sur le mot). Nous pouvons ne pas être d'accord avec vos politiques intérieures, vous pouvez ne pas être d'accord avec les nôtres, mais nous n'ingérerons jamais dans vos affaires. C'est en ce sens que malgré notre... éloignement, disons-cela comme ça ? bon, soyons francs, malgré notre éloignement racial, civilisationnel peut-être - c'est à voir, je pense que nous avons notamment l'amour de Dieu en commun, ce n'est donc pas un si grand fossé que ça - bref, malgré tout, nous vous laisserons parfaitement libre d'agir souverainement sur votre territoire, et nous attendons de vous la réciproque. Cela ne doit pas néanmoins nous empêcher de collaborer activement, puisque la collaboration est la perfection de deux souverainetés amies ! Et c'est bien cela que nous recherchons ici avec vous, notre volonté première : l'amitié entre nos deux pays.
Et vous, parlez-moi de vous, de Vous avec un grand V ! Mais de vous aussi, je serais très heureux d'entendre votre histoire personnelle.[/justify]
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Cette idée romantique d'une identité « alméro-chrétienne » était encore hélas bien trop souvent répandue... y compris en Alméra même. Ce n'était pas cela qui empêchait les maokoriens d'en sourire, mais en l'occurrence heureusement Malinia n'eut aucune raison de faire cela et ce fut plutôt d'un sourire bienveillant qu'elle écouta son interlocuteur, non sans être surprise par certaines choses énoncés, y compris l'évidence, aux yeux de son interlocuteur d'un « éloignement racial », qui n'avait guère de sens aux yeux des maokoriens. Néanmoins elle ne s'y attarda guère et préféra plutôt faire rebondir la conversation, sans perdre ce sourire qui, lumineux dans son visage sombre, avait fait en quelque sorte sa marque de fabrique à l'internationale.
« Hé bien, voilà qui est fort intéressant. Je pense en effet que nos pays ont plus en commun qu'un simple coup d’œil... racial, comme vous dites, pourrait vous le laisser penser. Car si vous vous considérez proche des monarchies traditionalistes alméranes, difficile de vous imaginer véritablement éloignés de la monarchie traditionaliste qu'est le Maok, tout zanyanais fut-il. Certains des commentateurs impériaux n'hésitent d'ailleurs pas à dire en plaisantant que les maokoriens sont un peu des almérans du Zanyane pour cette raison, même si nous ne partageons pas ce point de vue. Je serai bien entendu ravie de vous parler du Maok, d'ailleurs, cela va de soit.
Comme je l'ai mentionné, le Maok est une monarchie traditionaliste, qui est entré dans le monde chrétien grâce à l'action de la Principauté du Viertenstein. Pendant un siècle environs, entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle à peu près, le Maok a ainsi été placé dans le monde colonial viertensteinois, avec la mise en place d'une forme de protectorat. Le Prince de Viertenstein était alors Protecteur du Maok, un statut qui alla d'une amitié privilégié, au XIXe siècle, à une véritable présence coloniale, avec un pouvoir royal maokorien très effacé au XXe. C'est grâce à cette influence alémanique, qui su apporter des éléments salvateurs à notre culture sans mettre en place de tyrannie coloniale, si je puis dire, que le Maok moderne a pu se construire, porté par nos traditions et par notre foi en Jésus-Christ.
Hélas, la période viertensteinoise se finit de triste façon, quand les autorités coloniales profitèrent des troubles qui secouèrent la principauté au milieu du XXe siècle pour faire sécession et proclamer une République laïc, qui n'eut guère pour la rallier aux les plus coloniaux des maokoriens. La famille royale fut éliminée par le nouveau régime pour étouffer toute révolte, ce qui fut un mauvais calcul : alors que la famille royale en place, largement apathique, aurait sans doute collaboré, le pouvoir revint à un cousin de la branche principale, beaucoup plus énergique. Suite à une brève guerre civile, le Maok chassa les républicains en les rejetant à la mer, et restaura un modèle royal et chrétien. Le pouvoir ramena la stabilité... et fit entrer le Maok dans une période d’isolationnisme, donc, qui dura de nombreuses décennies !
Comme vous, nous avons longtemps conservé cette tendance à rester entre nous, alors que le monde était ravagé par les conflits et le recul religieux de certains voisins. Mais finalement en 2027 nous avons rompu l’isolationnisme, par soucis d'une part d'améliorer notre situation alimentaire et d'autre part de prendre notre juste place dans la diplomatie du simpomonde. Néanmoins, cette évolution s'est faite sans pour autant perdre notre identité : le Maok est resté fidèle à lui-même, un royaume traditionaliste et chrétien, très attaché à ses valeurs et ses traditions. Nous fonctionnons selon un modèle qui donne une large place aux guildes ainsi qu'à l'église, tout en promouvant une forte tolérance et une fraternité entre les chrétiens. Il y a d'ailleurs une population, minoritaire mais bien présente, de protestants au Maok, qui rassemble prêt d'une personne sur vingt !
Moi-même personnellement hé bien... sans vous ennuyer avec tous les détails de ma vie, j'ai été pendant longtemps une de celles qui, forte de son expérience dans la diplomatie entre les différentes tribus maokoriennes, a promu pendant des années l'idée d'une ouverture au monde dans les cercles proches du pouvoir royal. C'est tout naturellement que Sa Majesté m'a ainsi confié la charge de la diplomatie à son arrivée sur le trône, charge qui a pris tout son sens à l'ouverture diplomatique, bien entendu. Depuis lors, j'ose dire que je suis une des diplomates les plus actives de notre planète, sans vouloir donner dans la fausse modestie, avec des rencontres fructueuses aux quatre coins du monde. Je suis, comme beaucoup de maokoriens, très attaché à ma culture mais toujours curieuse de visiter le monde et de découvrir d'autres cultures, quoique sans doute plus que la plupart de mes compatriotes !
Si je puis encore vous poser quelques questions, pourriez-vous m'en dire plus sur votre positionnement géopolitique ? J'ai bien compris votre attachement à la souveraineté nationale, chose admirable, certainement, mais quels sont à votre avis vos alliés naturels, vos ennemis désignés, de par le simpomonde ? En avez-vous seulement ? Vous positionnez-vous dans les questions de « blocs » qui reviennent ces derniers temps, sur les grandes lignes de fracture internationales ? C'est toujours quelque chose de précieux à savoir ! Par exemple si vous avez quelques mots à présenter pour me parler de vous-mêmes, à votre tour, je serai bien entendu heureuse et curieuse de le savoir. »
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Cette idée romantique d'une identité « alméro-chrétienne » était encore hélas bien trop souvent répandue... y compris en Alméra même. Ce n'était pas cela qui empêchait les maokoriens d'en sourire, mais en l'occurrence heureusement Malinia n'eut aucune raison de faire cela et ce fut plutôt d'un sourire bienveillant qu'elle écouta son interlocuteur, non sans être surprise par certaines choses énoncés, y compris l'évidence, aux yeux de son interlocuteur d'un « éloignement racial », qui n'avait guère de sens aux yeux des maokoriens. Néanmoins elle ne s'y attarda guère et préféra plutôt faire rebondir la conversation, sans perdre ce sourire qui, lumineux dans son visage sombre, avait fait en quelque sorte sa marque de fabrique à l'internationale.
« Hé bien, voilà qui est fort intéressant. Je pense en effet que nos pays ont plus en commun qu'un simple coup d’œil... racial, comme vous dites, pourrait vous le laisser penser. Car si vous vous considérez proche des monarchies traditionalistes alméranes, difficile de vous imaginer véritablement éloignés de la monarchie traditionaliste qu'est le Maok, tout zanyanais fut-il. Certains des commentateurs impériaux n'hésitent d'ailleurs pas à dire en plaisantant que les maokoriens sont un peu des almérans du Zanyane pour cette raison, même si nous ne partageons pas ce point de vue. Je serai bien entendu ravie de vous parler du Maok, d'ailleurs, cela va de soit.
Comme je l'ai mentionné, le Maok est une monarchie traditionaliste, qui est entré dans le monde chrétien grâce à l'action de la Principauté du Viertenstein. Pendant un siècle environs, entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle à peu près, le Maok a ainsi été placé dans le monde colonial viertensteinois, avec la mise en place d'une forme de protectorat. Le Prince de Viertenstein était alors Protecteur du Maok, un statut qui alla d'une amitié privilégié, au XIXe siècle, à une véritable présence coloniale, avec un pouvoir royal maokorien très effacé au XXe. C'est grâce à cette influence alémanique, qui su apporter des éléments salvateurs à notre culture sans mettre en place de tyrannie coloniale, si je puis dire, que le Maok moderne a pu se construire, porté par nos traditions et par notre foi en Jésus-Christ.
Hélas, la période viertensteinoise se finit de triste façon, quand les autorités coloniales profitèrent des troubles qui secouèrent la principauté au milieu du XXe siècle pour faire sécession et proclamer une République laïc, qui n'eut guère pour la rallier aux les plus coloniaux des maokoriens. La famille royale fut éliminée par le nouveau régime pour étouffer toute révolte, ce qui fut un mauvais calcul : alors que la famille royale en place, largement apathique, aurait sans doute collaboré, le pouvoir revint à un cousin de la branche principale, beaucoup plus énergique. Suite à une brève guerre civile, le Maok chassa les républicains en les rejetant à la mer, et restaura un modèle royal et chrétien. Le pouvoir ramena la stabilité... et fit entrer le Maok dans une période d’isolationnisme, donc, qui dura de nombreuses décennies !
Comme vous, nous avons longtemps conservé cette tendance à rester entre nous, alors que le monde était ravagé par les conflits et le recul religieux de certains voisins. Mais finalement en 2027 nous avons rompu l’isolationnisme, par soucis d'une part d'améliorer notre situation alimentaire et d'autre part de prendre notre juste place dans la diplomatie du simpomonde. Néanmoins, cette évolution s'est faite sans pour autant perdre notre identité : le Maok est resté fidèle à lui-même, un royaume traditionaliste et chrétien, très attaché à ses valeurs et ses traditions. Nous fonctionnons selon un modèle qui donne une large place aux guildes ainsi qu'à l'église, tout en promouvant une forte tolérance et une fraternité entre les chrétiens. Il y a d'ailleurs une population, minoritaire mais bien présente, de protestants au Maok, qui rassemble prêt d'une personne sur vingt !
Moi-même personnellement hé bien... sans vous ennuyer avec tous les détails de ma vie, j'ai été pendant longtemps une de celles qui, forte de son expérience dans la diplomatie entre les différentes tribus maokoriennes, a promu pendant des années l'idée d'une ouverture au monde dans les cercles proches du pouvoir royal. C'est tout naturellement que Sa Majesté m'a ainsi confié la charge de la diplomatie à son arrivée sur le trône, charge qui a pris tout son sens à l'ouverture diplomatique, bien entendu. Depuis lors, j'ose dire que je suis une des diplomates les plus actives de notre planète, sans vouloir donner dans la fausse modestie, avec des rencontres fructueuses aux quatre coins du monde. Je suis, comme beaucoup de maokoriens, très attaché à ma culture mais toujours curieuse de visiter le monde et de découvrir d'autres cultures, quoique sans doute plus que la plupart de mes compatriotes !
Si je puis encore vous poser quelques questions, pourriez-vous m'en dire plus sur votre positionnement géopolitique ? J'ai bien compris votre attachement à la souveraineté nationale, chose admirable, certainement, mais quels sont à votre avis vos alliés naturels, vos ennemis désignés, de par le simpomonde ? En avez-vous seulement ? Vous positionnez-vous dans les questions de « blocs » qui reviennent ces derniers temps, sur les grandes lignes de fracture internationales ? C'est toujours quelque chose de précieux à savoir ! Par exemple si vous avez quelques mots à présenter pour me parler de vous-mêmes, à votre tour, je serai bien entendu heureuse et curieuse de le savoir. »
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[justify]Hoek écoutait avec passion le monologue de madame Balioko. C'était un pays nègre, certes, mais quelle histoire ! Et marquée d'alméranisme, en plus... Il en avait appris, de cette histoire, quelques fils rouges dans les livres d'histoire des universités et des ministères, mais il avait toujours eu cette curiosité d'entendre l'étranger parler de son propre pays. C'était, au fond, la raison pour laquelle il avait insisté pour obtenir la prestigieuse place d'officier des affaires étrangères au conseil doyen : cette passion pour l'histoire des nations.[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
[justify]Le conseil doyen a déterminé, dans sa doctrine d'ouverture, qu'il ne pensera en bloc que quand il se sera intégré dans un bloc - ce qui peut tout à fais ne jamais arriver. Nous partons sans a priori. Nous apprécions peu les régimes communistes, c'est vrai, c'est une disposition naturelle de notre âme de propriétaire terrien, de capitaliste conservateur. Mais, hé, pourquoi pas ! Et les communistes, au fond, nous leur achetons bien des armes... (disait-il encore une fois avec humour) Ce n'est pas que nous n'avons pas de principes, loin de là, mais que la diversité géopolitique mondiale impose de reconnaitre l'autre nation dans sa particularité. En ce sens nous n'excluons catégoriquement personne. Néanmoins, nous admettons l'idée que certaines attractions se font plus facilement que d'autres - avec vous notamment - car vous êtes un pays proche, un pays conservateur, un pays chrétien - vous êtes, au fond, non pas d'une même fibre mais d'une même consistance. Si l'avenir devait nous dicter de rejoindre un bloc comme vous dites, nous le ferons sans rechigner, surtout si la nécessité le commande. En attendant, nous découvrons à tâtons ce monde dont nous étions restés éloignés.
Il faut donc admettre qu'il existe des pays avec lesquels nous nous rapprochons naturellement, par inclinaison de notre esprit national - c'est une formule assez connue chez nous d'un théoricien politique. Nous n'avons ainsi absolument aucun souci à percevoir un avenir commun avec vous ou avec le Viertenstein et ses dépendances au Zanyane.
Et vous, Votre Excellence, pensez-vous en blocs ?
Hoek savait sa réponse insatisfaisante, modérée, tempérée. Mais il ne pouvait se permettre en tant que chargé de la diplomatie de montrer dès les premières rencontres, aussi noble fût le pays en question, une conception idéologique de la diplomatie, car telle conception n'était a priori pas partagée avec ses collègues du conseil doyen, qui préféraient rester prudents et ouverts.
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
Quant à moi, et bien écoutez, j'ai eu la vie d'un zanyaaner assez classique. Mon père était fermier mais voyait en moi l'espoir intellectuel de ma fratrie. Il m'envoya faire mes études à Oseaanrand, capitale du Zanyaanstat, puis à Nuwestad, plus grande ville du pays. Après des études de théologie et de lettres classiques, je décidai de rejoindre le parti zanyaaner tout en commençant un ministère de pasteur auxiliaire au sein de l'Eglise réformée zanyaaner. J'ai arrêté mes activités pastorales il y a vingt ans désormais, année où je me suis lancée dans les méandres de la haute-administration fédérale, d'abord aux pénitenciers, puis aux universités, pour terminer sénateur et enfin, membre du conseil doyen, officier des affaires étrangères. C'est d'ailleurs au titre de ma passion pour les lettres classiques que je vous ai apporté un présent... de ma bibliothèque personnelle... (il sort de sa serviette un petit mais épais manuel). Tenez, voici pour vous. C'est la première édition de l'Immitation de Jésus-Christ qui fut imprimée au sud du Zanyane - et celle-ci, d'édition, a la particularité, quand vous l'ouvrez... (ce qu'il fait)... d'être triplement traduite, en zanyaaner, en fiémançais terreneuvois, et en adélien, ces trois langues venant compléter la version latine. Je me suis figuré, qu'en bonne chrétienne, tel ouvrage vous plairait... bien que vous en êtes déjà probablement familière.[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
[justify]Le conseil doyen a déterminé, dans sa doctrine d'ouverture, qu'il ne pensera en bloc que quand il se sera intégré dans un bloc - ce qui peut tout à fais ne jamais arriver. Nous partons sans a priori. Nous apprécions peu les régimes communistes, c'est vrai, c'est une disposition naturelle de notre âme de propriétaire terrien, de capitaliste conservateur. Mais, hé, pourquoi pas ! Et les communistes, au fond, nous leur achetons bien des armes... (disait-il encore une fois avec humour) Ce n'est pas que nous n'avons pas de principes, loin de là, mais que la diversité géopolitique mondiale impose de reconnaitre l'autre nation dans sa particularité. En ce sens nous n'excluons catégoriquement personne. Néanmoins, nous admettons l'idée que certaines attractions se font plus facilement que d'autres - avec vous notamment - car vous êtes un pays proche, un pays conservateur, un pays chrétien - vous êtes, au fond, non pas d'une même fibre mais d'une même consistance. Si l'avenir devait nous dicter de rejoindre un bloc comme vous dites, nous le ferons sans rechigner, surtout si la nécessité le commande. En attendant, nous découvrons à tâtons ce monde dont nous étions restés éloignés.
Il faut donc admettre qu'il existe des pays avec lesquels nous nous rapprochons naturellement, par inclinaison de notre esprit national - c'est une formule assez connue chez nous d'un théoricien politique. Nous n'avons ainsi absolument aucun souci à percevoir un avenir commun avec vous ou avec le Viertenstein et ses dépendances au Zanyane.
Et vous, Votre Excellence, pensez-vous en blocs ?
Hoek savait sa réponse insatisfaisante, modérée, tempérée. Mais il ne pouvait se permettre en tant que chargé de la diplomatie de montrer dès les premières rencontres, aussi noble fût le pays en question, une conception idéologique de la diplomatie, car telle conception n'était a priori pas partagée avec ses collègues du conseil doyen, qui préféraient rester prudents et ouverts.
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
Quant à moi, et bien écoutez, j'ai eu la vie d'un zanyaaner assez classique. Mon père était fermier mais voyait en moi l'espoir intellectuel de ma fratrie. Il m'envoya faire mes études à Oseaanrand, capitale du Zanyaanstat, puis à Nuwestad, plus grande ville du pays. Après des études de théologie et de lettres classiques, je décidai de rejoindre le parti zanyaaner tout en commençant un ministère de pasteur auxiliaire au sein de l'Eglise réformée zanyaaner. J'ai arrêté mes activités pastorales il y a vingt ans désormais, année où je me suis lancée dans les méandres de la haute-administration fédérale, d'abord aux pénitenciers, puis aux universités, pour terminer sénateur et enfin, membre du conseil doyen, officier des affaires étrangères. C'est d'ailleurs au titre de ma passion pour les lettres classiques que je vous ai apporté un présent... de ma bibliothèque personnelle... (il sort de sa serviette un petit mais épais manuel). Tenez, voici pour vous. C'est la première édition de l'Immitation de Jésus-Christ qui fut imprimée au sud du Zanyane - et celle-ci, d'édition, a la particularité, quand vous l'ouvrez... (ce qu'il fait)... d'être triplement traduite, en zanyaaner, en fiémançais terreneuvois, et en adélien, ces trois langues venant compléter la version latine. Je me suis figuré, qu'en bonne chrétienne, tel ouvrage vous plairait... bien que vous en êtes déjà probablement familière.[/justify]
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Alwine
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/4/4/____affo-4c48c9a.jpg[/img]
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Malinia fut intéressée par les réponses de son interlocuteur... et surprise d'apprendre qu'il avait été pasteur. Au Maok, il était rare que les hommes d'église fussent-ils protestants, se lancent dans une carrière politique, mais après tout chaque peuple avait ses propres codes. Quoiqu'il en soit, elle accepta le cadeau final avec plaisir, le parcourant rapidement avant de le refermer et de répondre elle-même en souriant.
« Hé bien, je vous remercie pour ce présent, Excellence. Je possède en effet déjà un exemplaire, mais je serai ravie d'ajouter celui-ci, avec toute sa valeur culturelle et historique, à ma bibliothèque... bien que je doive vous avouer que des quatre langues qu'il contient le latin est la seule que je sois capable de lire. Assurément, ce présent est une marque supplémentaire de la proximité que nos deux pays ne peuvent que partager, au-delà des différences que l'on peut y voir au premier abord, cette fraternité qui unis ceux qui croient en Christ.
Pour vous répondre, le Maok ne se projette pas dans la logique des blocs, non, à dire vrai nous refusons fermement cette logique. Nous avons bien entendu des partenaires privilégiés, à savoir les monarchies, les états chrétiens et les pays zanyanais – notez que vous remplissez deux de ces critères, d'ailleurs, d'où notre prise de contact rapide – mais nous sommes ouverts au dialogue avec tous les peuples de bonne volonté, exception faites de ceux qui font un leitmotiv des persécutions religieuses à l'égard des chrétiens, et de ceux qui voudraient directement notre perte, bien entendu. Ces cas, heureusement plutôt rares, à part, le Maok est prêt à dialoguer avec tout le monde, quelques soient les idéologies et les continents, ce qui est à notre avis, entre autres bienfaits, la meilleure façon de désamorcer cette désastreuse « logique de bloc » qui mena jadis le simpomonde dans les affres de la guerre nucléaire, jusqu'à la destruction du Pelabssa.
Cette doctrine, combinée à notre grande vitalité diplomatique, a permis au Maok de tisser l'un des réseaux diplomatiques les plus larges du simpomonde, surtout à l'aune de notre jeunesse sur la scène diplomatique. Nous dialoguons avec toutes les nations, qu'elles soient de tendances traditionaliste, capitaliste, communiste ou d'autres encore. C'est à notre avis une bien meilleure façon de garantir la paix que de s'attacher aux pas d'un unique « bloc », comme les pays à tendance socialiste et capitaliste ont encore eut tendance à le faire il y a peu de temps, même si heureusement cette logique semble avoir tendance à disparaître ces derniers temps.
Cela ne nous empêche pas d'avoir des partenaires privilégiés par exemple, au premier rang desquels le Thorval, la Terre Sainte, ou encore le Tarnosia, l'Hohenhoff et l'Union Alémanique. Je ne peux d'ailleurs que vous encourager dans la voie diplomatique vers cette dernière, car si les viertensteinois et leurs alliés ont parfois des réactions intenses ce sont toujours des gens sur lesquels on peut compter en cas de coup durs. Ce qui ne nous empêche pas au delà du « bloc » que l'on pourrait dessiner autour des monarchies chrétiennes, d'avoir aussi des relations très proches avec des pays tout à fait hors de cette sphère, comme l'Aiglantine, par exemple. »
Jetant un coup d’œil par la fenêtre du véhicule, sur la ville qui défilait derrière celle-ci, Malinia vit qu'ils approchaient de leur destination, mais qu'ils avaient encore un peu de temps pour échanger avant d'arriver et de se mettre aux « choses sérieuses », si l'on pouvait dire.
« Nous serons bientôt arrivé, Excellence. Avant cela, avez vous quelque autre question sur le Maok ? Dans ce cas, je serai heureuse d'y répondre, bien entendu ! De mon côté je dirais que pour l'heure ma curiosité a été satisfaite. »
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Malinia fut intéressée par les réponses de son interlocuteur... et surprise d'apprendre qu'il avait été pasteur. Au Maok, il était rare que les hommes d'église fussent-ils protestants, se lancent dans une carrière politique, mais après tout chaque peuple avait ses propres codes. Quoiqu'il en soit, elle accepta le cadeau final avec plaisir, le parcourant rapidement avant de le refermer et de répondre elle-même en souriant.
« Hé bien, je vous remercie pour ce présent, Excellence. Je possède en effet déjà un exemplaire, mais je serai ravie d'ajouter celui-ci, avec toute sa valeur culturelle et historique, à ma bibliothèque... bien que je doive vous avouer que des quatre langues qu'il contient le latin est la seule que je sois capable de lire. Assurément, ce présent est une marque supplémentaire de la proximité que nos deux pays ne peuvent que partager, au-delà des différences que l'on peut y voir au premier abord, cette fraternité qui unis ceux qui croient en Christ.
Pour vous répondre, le Maok ne se projette pas dans la logique des blocs, non, à dire vrai nous refusons fermement cette logique. Nous avons bien entendu des partenaires privilégiés, à savoir les monarchies, les états chrétiens et les pays zanyanais – notez que vous remplissez deux de ces critères, d'ailleurs, d'où notre prise de contact rapide – mais nous sommes ouverts au dialogue avec tous les peuples de bonne volonté, exception faites de ceux qui font un leitmotiv des persécutions religieuses à l'égard des chrétiens, et de ceux qui voudraient directement notre perte, bien entendu. Ces cas, heureusement plutôt rares, à part, le Maok est prêt à dialoguer avec tout le monde, quelques soient les idéologies et les continents, ce qui est à notre avis, entre autres bienfaits, la meilleure façon de désamorcer cette désastreuse « logique de bloc » qui mena jadis le simpomonde dans les affres de la guerre nucléaire, jusqu'à la destruction du Pelabssa.
Cette doctrine, combinée à notre grande vitalité diplomatique, a permis au Maok de tisser l'un des réseaux diplomatiques les plus larges du simpomonde, surtout à l'aune de notre jeunesse sur la scène diplomatique. Nous dialoguons avec toutes les nations, qu'elles soient de tendances traditionaliste, capitaliste, communiste ou d'autres encore. C'est à notre avis une bien meilleure façon de garantir la paix que de s'attacher aux pas d'un unique « bloc », comme les pays à tendance socialiste et capitaliste ont encore eut tendance à le faire il y a peu de temps, même si heureusement cette logique semble avoir tendance à disparaître ces derniers temps.
Cela ne nous empêche pas d'avoir des partenaires privilégiés par exemple, au premier rang desquels le Thorval, la Terre Sainte, ou encore le Tarnosia, l'Hohenhoff et l'Union Alémanique. Je ne peux d'ailleurs que vous encourager dans la voie diplomatique vers cette dernière, car si les viertensteinois et leurs alliés ont parfois des réactions intenses ce sont toujours des gens sur lesquels on peut compter en cas de coup durs. Ce qui ne nous empêche pas au delà du « bloc » que l'on pourrait dessiner autour des monarchies chrétiennes, d'avoir aussi des relations très proches avec des pays tout à fait hors de cette sphère, comme l'Aiglantine, par exemple. »
Jetant un coup d’œil par la fenêtre du véhicule, sur la ville qui défilait derrière celle-ci, Malinia vit qu'ils approchaient de leur destination, mais qu'ils avaient encore un peu de temps pour échanger avant d'arriver et de se mettre aux « choses sérieuses », si l'on pouvait dire.
« Nous serons bientôt arrivé, Excellence. Avant cela, avez vous quelque autre question sur le Maok ? Dans ce cas, je serai heureuse d'y répondre, bien entendu ! De mon côté je dirais que pour l'heure ma curiosité a été satisfaite. »
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Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères de l'Atis et de l'Ababe
[justify]De même ! Vos explications ont été limpides et je suis heureux de constater que nous sommes globalement sur la même longueur d'onde sur le plan géopolitique.
Avant que nous arrivions, je souhaite m'enquérir de la bonne santé de Son Altesse Ménélok IV. J'espère que vous lui transmettrez mes plus sincères et honorables salutations.[/justify]
[justify]De même ! Vos explications ont été limpides et je suis heureux de constater que nous sommes globalement sur la même longueur d'onde sur le plan géopolitique.
Avant que nous arrivions, je souhaite m'enquérir de la bonne santé de Son Altesse Ménélok IV. J'espère que vous lui transmettrez mes plus sincères et honorables salutations.[/justify]
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Alwine
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/4/4/____affo-4c48c9a.jpg[/img]
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Malinia fut heureuse de voir que visiblement elle avait réussi à « rendre » la réalité maokorienne de façon satisfaisante aux yeux de son interlocuteur, et eut un sourire devant la dernière question de son interlocuteur, à laquelle elle ne manqua pas de répondre.
« Sa Majesté se porte bien, je vous remercie de vous en enquérir. J'aurai bien entendu grand plaisir à lui faire part de vos salutations en allant lui présenter le traité que nous signerons... mais voici que nous arrivons. »
Et en effet, comme la diplomate venait de l'annoncer, la voiture ne tarda pas à ralentir, et s'arrêta bientôt sur une vaste place, en face d'un palais qui en était l'élément central, placé juste en face de l'accès principal de la place. D'extérieur, le palais était de style majoritairement alméran, et plus précisément alémanique, avec néanmoins des touches qui l'identifiait clairement comme un produit également des traditions locales. Il s'agissait du Petit Palais, siège du gouvernement civil.
Loin d'être un édifice nain, comme son nom aurait pu le laisser entendre, il comprenait une vaste salle centrale au rez-de-chaussée où se réunissait le parlement, accompagné de salles plus petites servant à des comités parlementaires et autres choses du même genre, et de bureaux et salles aménagés dans les étages supérieurs où travaillaient les ministres et leurs cabinets. C'était également là qu'on avait récemment aménagés les salles qui devaient permettre à la Ministre de recevoir ses homologues étrangers.
Rapidement, un soldat vint leur ouvrir la portière, et Malinia laissa son invité descendre le premier avant de le suivre. Une fois hors de la voiture, la Ministre passa devant le diplomate venu du sud avec le sourire, pour gravir l'escalier menant au Palais en l'invitant à la suivre. Une haie d'honneur avait été mise en place par des guerriers traditionnels, du bas des marches jusqu'à l'entrée majestueuse, que les deux dignitaires franchirent après qu'on leur ait ouvert les portes. Il fallut alors parcourir un couloir assez long, monter un escalier de marbre rose puis enfin parcourir un couloir plus court.
Au bout de celui-ci, un garde leur ouvrit la porte de la salle de réunion, une salle lumineuse, où se déversait la lumière du soleil à flot, au décors épuré et élégant, prévu pour ne pas heurter l'un ou l'autre visiteur, quel qu'il soit, qui avait vu la plupart des rencontres du Maok effectuées « à domicile » jusqu'ici. Il y avait une table ronde et plusieurs chaises, et la Ministre invita le représentant républicain à prendre place avant de faire de même.
« Hé bien, nous voici arrivés ! Souhaitez-vous un rafraîchissement quelconque ? Si oui, il vous suffit de le dire et cela vous sera apporté. Mais par ailleurs, je pense que nous pouvons entamer la discussion ! Je propose de commencer avec le volet diplomatique : reconnaissance mutuelle, traités de non-agression, de non-ingérence, et ainsi de suite... bref, la base de toute bonne relation ! Qu'en dites-vous, avez vous quelque chose de spécial à introduire dans ce domaine ? »
Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]
Malinia fut heureuse de voir que visiblement elle avait réussi à « rendre » la réalité maokorienne de façon satisfaisante aux yeux de son interlocuteur, et eut un sourire devant la dernière question de son interlocuteur, à laquelle elle ne manqua pas de répondre.
« Sa Majesté se porte bien, je vous remercie de vous en enquérir. J'aurai bien entendu grand plaisir à lui faire part de vos salutations en allant lui présenter le traité que nous signerons... mais voici que nous arrivons. »
Et en effet, comme la diplomate venait de l'annoncer, la voiture ne tarda pas à ralentir, et s'arrêta bientôt sur une vaste place, en face d'un palais qui en était l'élément central, placé juste en face de l'accès principal de la place. D'extérieur, le palais était de style majoritairement alméran, et plus précisément alémanique, avec néanmoins des touches qui l'identifiait clairement comme un produit également des traditions locales. Il s'agissait du Petit Palais, siège du gouvernement civil.
Loin d'être un édifice nain, comme son nom aurait pu le laisser entendre, il comprenait une vaste salle centrale au rez-de-chaussée où se réunissait le parlement, accompagné de salles plus petites servant à des comités parlementaires et autres choses du même genre, et de bureaux et salles aménagés dans les étages supérieurs où travaillaient les ministres et leurs cabinets. C'était également là qu'on avait récemment aménagés les salles qui devaient permettre à la Ministre de recevoir ses homologues étrangers.
Rapidement, un soldat vint leur ouvrir la portière, et Malinia laissa son invité descendre le premier avant de le suivre. Une fois hors de la voiture, la Ministre passa devant le diplomate venu du sud avec le sourire, pour gravir l'escalier menant au Palais en l'invitant à la suivre. Une haie d'honneur avait été mise en place par des guerriers traditionnels, du bas des marches jusqu'à l'entrée majestueuse, que les deux dignitaires franchirent après qu'on leur ait ouvert les portes. Il fallut alors parcourir un couloir assez long, monter un escalier de marbre rose puis enfin parcourir un couloir plus court.
Au bout de celui-ci, un garde leur ouvrit la porte de la salle de réunion, une salle lumineuse, où se déversait la lumière du soleil à flot, au décors épuré et élégant, prévu pour ne pas heurter l'un ou l'autre visiteur, quel qu'il soit, qui avait vu la plupart des rencontres du Maok effectuées « à domicile » jusqu'ici. Il y avait une table ronde et plusieurs chaises, et la Ministre invita le représentant républicain à prendre place avant de faire de même.
« Hé bien, nous voici arrivés ! Souhaitez-vous un rafraîchissement quelconque ? Si oui, il vous suffit de le dire et cela vous sera apporté. Mais par ailleurs, je pense que nous pouvons entamer la discussion ! Je propose de commencer avec le volet diplomatique : reconnaissance mutuelle, traités de non-agression, de non-ingérence, et ainsi de suite... bref, la base de toute bonne relation ! Qu'en dites-vous, avez vous quelque chose de spécial à introduire dans ce domaine ? »
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[justify]Hoek s'imprégnait de l'architecture locale. Il constatait la prééminence du style alméran. Un bâtiment zanyanais obéissant à ces canons esthétiques, cela devait-il être reconnu comme la supériorité incontestable de l'art classique ? Ce questionnement n'était pas nécessairement prétentieux, puisqu'en Atis-Ababe, tous les bâtiments officiels étaient des bâtiments coloniaux du 18ème ou du 19ème - et donc n'étaient en aucun cas imprégnés d'art indigène. "Mais quoi, qu'on les recouvre de boue et qu'on y crache des peintures primitives ?" se révoltait-il contre son propre relativisme. Et il voyait les petits ornements autochtones sur les façades. Quel gâchis. C'était folklorique, oui, mais était-ce souhaitable ? Si l'on avait choisi une inclinaison majoritairement almérane, c'était parce qu'il n'y avait rien de mieux pour montrer la solennité d'un lieu, son objet. Il avait beaucoup entendu, c'est vrai, ces architectes abstraits contemporains, qui pensaient que l'esthétique extérieure d'un bâtiment doit laisser la place à son utilité. Et on avait vu apparaître sur les faces des grandes villes mondiales d'ignobles blocs de béton. Puis des architectes encore plus abstraits, des déconstructionnistes, avaient eux dit que pour être esthétique, au fond, il importait de surprendre ! Faisons des édifices biscornus, de très étranges choses, les gens trouveront cela beau parce qu'inhabituel. Et on a vu apparaître de nouvelles verrues, inévitablement... Par contre, pour les édifices officiels, l'on faisait le plus souvent confiance au classicisme, toujours. Peut-être parce que le beau absolu - absolu comme le pouvoir d'un État -, c'était le beau alméran. Et qu'on n'inspire pas la grandeur d'un gouvernant en dressant des tipis et des igloos - des bâtiments barbares. Puis il regardait brièvement son homologue. Ce n'était pas parce qu'elle était inférieure parce que nègre qu'elle occupait un bâtiment au style alméran. C'était parce que le pouvoir, quand il est réussi, est alméran. Il sort de ses bas-fonds tribaux, primaires, pour fonder un État de droit, rationnel, quelque chose qui fait sens. Il sourit à madame Balioko alors qu'il s'installait dans le fauteuil, mit fin à ses divagations et reprit son costume de diplomate, laissant là celui de philosophe esthète du dimanche.[/justify]
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères
Si je pouvais avoir un gin tonic, ce serait merveilleux. Merci. Je tiens à vous dire que je trouve merveilleux vos locaux et l'agencement de ceux-ci.
Tout cela me parait fort convenable et même souhaitable - de même que l'ouverture conjointe d'ambassades dans chacune de nos capitales, et d'une chambre conjointe de commerce, une institution qui serait annexe à nos ambassades et qui encouragerait les échanges économiques entre nos deux pays en fournissant des conseils de mise aux normes et de stratégie commerciale, puisque nos lois, réglementations et coutumes sont différentes en matière commerçante. Cela me semblerait tout à fait opportun.
Sieur Ernest Hoek, officier des affaires étrangères
Si je pouvais avoir un gin tonic, ce serait merveilleux. Merci. Je tiens à vous dire que je trouve merveilleux vos locaux et l'agencement de ceux-ci.
Tout cela me parait fort convenable et même souhaitable - de même que l'ouverture conjointe d'ambassades dans chacune de nos capitales, et d'une chambre conjointe de commerce, une institution qui serait annexe à nos ambassades et qui encouragerait les échanges économiques entre nos deux pays en fournissant des conseils de mise aux normes et de stratégie commerciale, puisque nos lois, réglementations et coutumes sont différentes en matière commerçante. Cela me semblerait tout à fait opportun.