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    Première chaîne de télévision du pays, programme généraliste
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    Canal radio diffusant des morceaux de piano est des émissions culturelles et politiques
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26 Août 2030
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[center]Senin TV[/center]


Portrait politique : Nikolaï Makarov


L'animateur fait son entrée en courant sur le plateau, alors que [url=https://www.youtube.com/watch?v=I94Jb0LV-aQ]le générique de l'émission[/url] continue de résonner.

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/07/19/160719054350248432.png[/img][/center]

Alexei Dessiatkov : Bonsoir, je suis Alexei Dessiatkov. Bienvenue dans Portrait Politique, notre nouvelle émission destinée, comme son nom l'indique, à dresser le portrait de l'un des représentants du paysage politique varlovien, et ce non pas en réunissant des éléments biographiques, mais bel et bien en interviewant directement l'individu concerné.
Pour cette première émission, nous recevons celui dont tout le monde parle : Nikolaï Makarov, fondateur de la République Consulaire de Varlovie et actuellement Premier Consul de la République.


[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e9/Dmitry_Medvedev_official_large_photo_-5.jpg/220px-Dmitry_Medvedev_official_large_photo_-5.jpg[/img][/center]

Nikolaï Makarov entre sur le plateau d'un pas calme et s'approche de l'animateur afin de lui serrer la main. La musique s'arrête au moment où il s'installe dans le fauteuil situé face à son interlocuteur.

Alexei Dessiatkov : Nikolaï Makarov, bonsoir.

Nikolaï Makarov : Bonsoir.

Alexei Dessiatkov : Vous êtes le fondateur de la République Consulaire qui dirige actuellement la Varlovie, à la tête de laquelle vous vous trouvez par le biais de votre poste de Premier Consul de la République. Vous concentrez à présent l'essentiel des pouvoirs de la Varlovie, mais restez pourtant un personnage très mystérieux aux yeux de nos télésepectateurs, et des Varloviens en général.

Nikolaï Makarov : Tout à fait, et c'est bien afin de remédier à cela que je me trouve ici ce soir.

Alexei Dessiatkov : Eh bien nous allons tout faire pour que vous ayez la possibilité de mieux vous faire connaitre des Varloviens.
Je vous propose que nous commencions par le commencement. Vous êtes né le 7 juin 1980 à Senin, ce qui fait que vous avez aujourd'hui...


L'animateur réfléchit avec peine, ce qui déclenche les rires du public.

Nikolaï Makarov : Cinquante ans.

Alexei Dessiatkov : Cinquante ans, merci. Vous avez grandi dans le quartier de Janikovchka... Vous veniez donc d'une famille plutôt aisée ?

Nikolaï Makarov : On peut dire cela, oui. Mon père, Piotr Makarov, était avocat d'affaires et ramenait des revenus assez conséquents pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma mère.

Alexei Dessiatkov : Et vous êtes vous-même devenu avocat par la suite.

Nikolaï Makarov : Mon père me destinait plutôt à une carrière politique, en fait. Il m'a poussé à débuter des études de droit, dans l'espoir que j'obtienne ensuite un mandat local. Mais je n'avais aucune confiance en la démocratie varlovienne à cette époque-là, et j'ai préféré ouvrir, comme mon père, un cabinet d'avocat.

Alexei Dessiatkov : Cependant, vous n'avez pas ouvert ce cabinet à Senin, mais à Samarov.

Nikolaï Makarov : Effectivement, j'avais passé toutes ma jeunesse dans la capitale, mais j'avais justement envie de m'en éloigner, m'éloigner de ses turpitudes. Il faut dire qu'à l'époque, Senin était surtout occupée par les grands partis, le PP et le PCV, avec lesquels je n'avais aucune affinité.

Alexei Dessiatkov : Justement, puisque vous abordez le sujet, quand avez-vous débuté votre engagement en politique ?

Nikolaï Makarov : Très tôt, à vrai dire. Enfin, il est évident que je n'ai que rarement pu militer, lorsque l'on considère la liberté politique offerte par les différents régimes, que ce soit pendant la dictature des Généraux ou aux débuts de la RPV. Néanmoins, j'ai commencé à me forger une opinion dès mes études.

Alexei Dessiatkov : Et c'est finalement après la réforme constitutionnelle de la RPV, qui a permis à chaque citoyen de rejoindre un parti politique, que vous avez réellement pu vous engager.

Nikolaï Makarov : Oui, et je pense que ça a été le cas de tout le monde. Il faut dire que la réforme constitutionnelle a été vécue comme une forme de libération par l'ensemble des Varloviens, et c'est à ce moment que le débat politique a commencé à s'installer.

Alexei Dessiatkov : Vous avez alors rejoint Démocratie Varlovienne, qui était un parti classé au centre-droit, si je ne m'abuse ?

Nikolaï Makarov : Effectivement, mais faute de mieux, vous savez... *sourire* Force est de reconnaitre que l'offre politique n'était pas réellement diversifiée, étant donné que la démocratie venait tout juste de naitre. Mais il y avait des gens très bien à Démocratie Varlovienne. Je pense notamment à Ivan Gretchko qui, comme moi, appartenait à une aile droite plutôt antilibérale du parti. Nous n'avions d'autre choix que de rejoindre les grands groupes pour nous faire entendre.

Alexei Dessiatkov : Je n'en doute pas. Cependant, il faut croire que votre voix n'a pas été suffisamment entendue, puisqu'en 2016, Démocratie Varlovienne subit une chute gigantesque dans les sondages.

Nikolaï Makarov : Seulement, il faut remettre les choses dans leur contexte. Cette chute suivait directement le massacre des civils du Lochlann par le Pelabssa, et les Varloviens à l'époque, et on les comprend à la sortie de tant d'années de dictature, ont mis tous les démocrates dans le même panier et ont finalement transféré cette responsabilité sur tous les partis démocrates varloviens. Le Parti de la Liberté a lui aussi été gravement touché.

Alexei Dessiatkov : En effet, et c'est alors que le Parti du Peuple débute sa terrible ascension.

Nikolaï Makarov : Oui, enfin elle a débuté un peu plutôt en réalité. Le massacre lochlannais a eu lieu en août 2016, mais déjà, dès juillet, le PCV était en chute libre et le Parti du Peuple gonflait ses scores. Bien entendu, les événements d'août n'ont fait que précipiter son ascension.

Alexei Dessiatkov : Quelle fut la réaction de votre bord politique ?

Nikolaï Makarov : C'était l’écœurement général, tout simplement. La démocratie tout juste acquise était déjà sur le point de disparaitre.

Alexei Dessiatkov : À cela s'ajoutant la scission au sein du Parti Communiste, le 23 septembre, c'est Sergueï Youkanski, leader du Parti du Peuple qui arrive au pouvoir... Votre réaction à ce moment-là ?

Nikolaï Makarov : Eh bien... pas grand chose, en fait ! Je ne vois pas bien ce que l'on pouvait faire, à part continuer de défendre nos idées et essayer de remonter dans l'opinion des Varloviens. Mais la propagande de l’État était beaucoup trop forte, c'était quasiment mission impossible.

Alexei Dessiatkov : Ensuite ont suivi les événements que nous connaissons tous : l'invasion de la Constance, la guerre au Finnherland... Quel rôle avez-vous personnellement joué dans ces conflits ?

Nikolaï Makarov : Pour ce qui est de l'invasion de la Constance, aucun. C'est avant tout l'armée régulière qui s'en est chargée - avec des pertes importantes cependant - et j'ai continué mon travail d'avocat à Samarov, en me sentant de moins en moins utile, néanmoins, à mesure que la défense des accusés n'était plus d'aucune efficacité face à la "justice" du Parti du Peuple...
Concernant la Guerre du Finnherland, j'ai été mobilisé, comme beaucoup d'autres, pour participer à la défense de la nation. Mon rôle s'est cependant cantonné à la garnison sur le territoire varlovien. J'ai eu la chance de ne pas être envoyé sur le front au nord, ni touché par une bombe rostove.
*sourire*

Alexei Dessiatkov : Et c'est là que la guerre civile survient. Les Communistes, les militaires dissidents et le gouvernement s'affrontent... Quel camp avez-vous alors choisi ?

Nikolaï Makarov : Vous aurez peut-être du mal à me croire, mais... j'ai défendu le gouvernement. Pas par sympathie, mais bien par refus des autres alternatives. Je ne portais pas les Communistes dans mon cœur, il faut bien le dire, et je craignais plus que tous la victoire des militaires, dirigés par Alcevic. Et, visiblement, j'avais raison.

Alexei Dessiatkov : En effet, on l'aura remarqué. En janvier 2028, le Président Janovitch est tué, et Markov Alcevic prend le pouvoir. Votre position, à ce moment-là ?

Nikolaï Makarov : Je n'ai pas été particulièrement inquiété, n'ayant pas joué un grand rôle dans la défense du gouvernement, dont je ne faisais pas partie. Mon intervention est donc passée relativement inaperçue et j'ai pu continuer de vivre ma vie après l'arrivée au pouvoir d'Alcevic. Cependant, son régime persécutait ses opposants d'une manière plus intense encore que le précédent, et j'ai fait l'erreur de critiquer cela.

Alexei Dessiatkov : Que s'est-il alors passé pour vous ?

Nikolaï Makarov : J'ai été immédiatement accusé de sympathie communiste, un chef d'accusation très efficace à l'époque. Sachant que je risquais d'être arrêté d'un instant à l'autre, j'ai préféré quitter le territoire avec ma famille, à l'instar de nombreux autres opposants au régime.

Alexei Dessiatkov : Vous êtes donc rentré chercher votre famille pour fuir vers la Schenkennie.

Les yeux de Nikolaï Makarov s'humidifient.

Nikolaï Makarov : En effet. Seulement, lorsque je suis arrivé chez moi, ma femme, mon.. mon fils, ma fille... Ils... Ils n'étaient plus là.

Alexei Dessiatkov : Je vois... On se retrouve tout de suite après une courte page de publicité. À tout de suite.

Le générique de l'émission s'affiche puis la publicité commence.
Gwenael

Message par Gwenael »

26 Août 2030
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[center]Senin TV[/center]

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[center][img]http://p6.storage.canalblog.com/65/55/585891/38975103.jpg[/img][/center]

Que de désolation autour de vous... Ne désirez vous pas prendre un peu de repos ? Courir sur champs d'herbe fraiche ? Découvrir de gigantesques forêts verdoyantes ? Voguer au large des falaises dans un chalutier, guidé par les phares ?

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Des images défilent, représentant tantôt des policiers frappant des civils, tantôt de longues files de réfugiés sur les routes, ou encore tas de cadavres, sur un air de piano.

[center][img]http://upsidedownworld.org/main/images/stories/Nov08/foto1.jpg[/img][/center]

Voix d'homme : Je ne les ai plus revus depuis...

Voix de femme : Mon mari... mon fils...

Voix d'homme : Où est-ce que vous les emmenez ?

Coup de feu et cri

Voix d'homme : Les traitres doivent être éliminés !

Rafale de tir et cris multiples

Voix de femme : Ils sont morts ! Ils sont tous morts !

Voix d'homme : Ça n'en finira jamais.

Les voix se taisent et la musique cesse pour laisser place à une voix off grave.

Voix off : Les Varloviens n'ont que trop souffert de la tyrannie alceviste.

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/07/20/160720073051304896.png[/img][/center]

Voix off : Engagez-vous. Rejoignez la Milice Consulaire.
Gwenael

Message par Gwenael »

26 Août 2030
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[center]Senin TV[/center]


Portrait politique : Nikolaï Makarov


La mesure du générique de l'émission est battue par les claquements de main du public. Le silence se fait au moment où l'animateur prend la parole.

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/07/19/160719054350248432.png[/img][/center]

Alexei Dessiatkov : Bonsoir à ceux qui nous rejoignent. Nous voilà de retour sur le plateau de Portrait Politique en compagnie du Premier Consul de la République Nikolaï Makarov.
Monsieur le Premier Consul, nous en étions, me semble-t-il, à votre exil vers la Schenkennie. Pouvez-vous nous dire pourquoi ce pays ?


[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e9/Dmitry_Medvedev_official_large_photo_-5.jpg/220px-Dmitry_Medvedev_official_large_photo_-5.jpg[/img][/center]

Nikolaï Makarov, qui s'est ressaisi pendant la publicité, affiche à nouveau un visage souriant.

Nikolaï Makarov : Autant par élimination que par affinité politique. Je n'ai jamais été monarchiste, mais l'Empire Schenkennien défend des valeurs d'ordre et de justice sociale qui me correspondent bien plus que la société ultralibérale sébalde, ou l'ex-régime socialiste constantin.

Alexei Dessiatkov : Comment votre arrivée en Schenkennie s'est-elle déroulée ?

Nikolaï Makarov : Comme des milliers d'autres, j'étais pris au sein d'un flot de réfugiés quasi constant. Une fois la frontière franchie, j'ai été pris en charge par l'armée schenkennienne, la Lu Impalaerel, comme on l'appelle là-bas. Immédiatement, j'ai été envoyé dans une sorte d'hôpital de campagne, où des dizaines d'autres réfugiés faisaient la queue avant d'être examinés. Une fois mon bilan de santé validé par le médecin, j'ai été reconduit dans le camion qui m'avait amené jusque là, et j'ai pris la route du camp de réfugiés de Sebrennusca.

Alexei Dessiatkov : Il s'agit du plus grand camp de réfugiés qui avait alors été construit, si je ne m'abuse ?

Nikolaï Makarov : C'est exact. Nous étions plusieurs milliers à résider dans ce camp, encadrés par les soldats schenkenniens. Nous logions dans des tentes et étions nourris par les rations militaires. Ce n'était pas le grand luxe, et beaucoup espéraient pouvoir s'installer durablement en Schenkennie et oublier définitivement la Varlovie. Mais la politique d'immigration du gouvernement schenkennien est très stricte. Ce pays a une croissance démographique bien trop importante en comparaison de sa croissance économique, et était encore touché il y a peu par une crise alimentaire comparable à celle que nous connaissons aujourd'hui. Les conditions de vie dans les camps étaient difficiles et nous constations facilement que, malgré toute leur bonne volonté, les Schenkenniens manquaient cruellement de moyen pour prendre en charge l'ensemble des réfugiés.

Alexei Dessiatkov : C'est probablement ce qui a provoqué le déclenchement de la guerre ?

Nikolaï Makarov : En partie, oui. Mais la principale raison reste les multiples attentats commis par les agents d'Alcevic infiltrés au sein des flots de réfugiés. Certains d'entre eux avaient pour mission de provoquer le désordre au sein des camps, entrainant l'éclatement de rixes d'une grande violence. Celle-ci a atteint son paroxysme lorsque la cheffe du parti national-socialiste schenkennien a été touchée par des tirs en provenance du camp de Sebrennusca lors d'une manifestation de campagne. C'est alors que la guerre est devenue inévitable.

Alexei Dessiatkov : Quel rôle avez-vous joué dans cette guerre à son commencement ?

Nikolaï Makarov : Comme plusieurs centaines d'autres Varloviens résidant alors dans les camps de réfugiés, j'ai demandé à rejoindre le corps varlovien.

Alexei Dessiatkov : Je rappelle à nos téléspectateurs qu'il s'agit du Corps Varlovien de l'Armée Impériale, créé au début de la guerre en vue de faire participer les réfugiés à la libération de la Varlovie.

Nikolaï Makarov : Exactement. Je tenais à être utile et à participer moi aussi activement à la chute de la tyrannie alceviste. Cependant, j'ai été refusé à l'issue des examens médicaux préliminaires, en raison d'une légère insuffisance respiratoire. Il faut dire que mon âge n'a pas joué en ma faveur...

Alexei Dessiatkov : Alors que vous avez pourtant servi dans l'armée varlovienne pendant la Guerre du Nord.

Nikolaï Makarov : En effet, l'armée varlovienne était beaucoup moins regardante lors de la mobilisation des soldats. Les Schenkenniens sont très attentifs à la condition physique de leurs hommes, afin de garantir une efficacité optimale sur le terrain et éviter les pertes au maximum. Vous comprendrez sûrement que je n'étais guère enchanté à l'idée de rester croupir dans les camps de réfugiés alors que d'autres versaient leur sang pour libérer mon pays.
J'ai repassé les examens plusieurs fois et négocié avec de nombreux officiers supérieurs de l'armée schenkennienne, jusqu'à ce que je rencontre le Maréchal Dagan Brezek.


Alexei Dessiatkov : Qui est le Chef de l’État-Major Impérial Schenkennien.

Nikolaï Makarov : Tout à fait. Je me suis entretenu longuement avec lui. Notre discussion a d'abord porté sur l'éventualité de mon intégration au sein du Corps Varlovien, puis a peu à peu dérivé vers la situation politique de la Varlovie, et nos opinions respectives concernant l'avenir de la Varlovie. Lorsque notre conversation s'est achevée, je n'avais aucune raison de penser que tout cela irait plus loin, et ai dû regagner ma place au sein du camp de Sebrennusca en attendant la fin des hostilités.
Ce n'est que trois jours plus tard que deux officiers sont venus me chercher pour me dire que l'Empereur des Schenkenniens désirait s'entretenir avec moi. Nous avons discuté longtemps au sujet de mes orientations politiques, avant qu'il ne me propose de soutenir mon arrivée au pouvoir en Varlovie après la guerre, si je décidais de l'accepter.


Alexei Dessiatkov : Et qu'avez-vous répondu ?

Nikolaï Makarov : Je ne serais pas là si j'avais refusé.

Le Premier Consul, l'animateur et le public rient.

Alexei Dessiatkov : Évidemment. Venons en à la République Consulaire. Les premières annonces concernant celles-ci mentionnaient que sa proclamation avait eu lieu le 12 juillet 2030, à Senin.

Nikolaï Makarov : C'est exact.

Alexei Dessiatkov : Or, si je ne m'abuse, la capitale varlovienne était encore sous occupation alceviste à ce moment-là ?

Nikolaï Makarov : Tout à fait, mais ce n'est pas ce qui nous a empêché de procéder. J'ai été escorté de nuit par une vingtaine de soldats schenkenniens et varloviens jusqu'au centre-ville de Senin pour y lire et y signer l'acte de proclamation de la République Consulaire. Dix hommes sont morts en vue d'accomplir cette mission, et il est prévu qu'une plaque y soit érigée en leur mémoire.

Alexei Dessiatkov : C'est tout naturel. Et aujourd'hui, vous voilà à la tête de la Varlovie.
Ça n'a pas été facile au départ. Il me semble que la communauté internationale a mal accueilli la nouvelle de la création de la République Consulaire.


Nikolaï Makarov : On peut dire cela. La... "communauté internationale", qui aujourd'hui n'est déjà plus qu'une chimère, était incarnée par la commission du G30 chargée de résoudre le conflit varlovien. À l'annonce de cette résolution par le représentant schenkennien, plusieurs États, et plus particulièrement les moins concernés par le conflit, se sont insurgés, criant à l’État fantoche. La réaction la plus virulente a incontestablement été celle du Viertenstein, qui a carrément menacé d'envahir note territoire, en soutien à Markov Alcevic. Fort heureusement, il s'agissait avant tout de paroles prononcées en l'air, et la fermeté de nos alliés schenkennien et lénovinir a permis de préserver notre souveraineté, tout en évitant l'éclatement d'une guerre que personne ne désirait alors.

Alexei Dessiatkov : On peut dire qu'on a eu chaud.
À présent que la situation s'est calmée, vous avez enfin le champ libre pour agir en Varlovie. Quelles sont vos priorités ?


Nikolaï Makarov : À la sortie du conflit que notre nation vient de traverser, l’État varlovien doit avoir deux rôles majeurs à court terme : Assurer la sécurité des Varloviens, et planifier la reconstruction du pays.
Il est fondamental de protéger les Varloviens contre les menaces intérieures, mais aussi extérieures. Par "menaces intérieures", j'entends bien sûr les organisations terroristes néo-alcevistes, qui entendent restaurer l'autorité du régime tyrannique de la République de Varlovie sur notre sol. Ces groupuscules doivent démantelés, et leurs membres principaux arrêtés par la Milice Consulaire, qui est en pleine campagne de recrutement. Les menaces extérieures représentent elles aussi un danger majeur, le Viertenstein nous l'a montré. C'est pourquoi je compte lancer sans plus tarder un plan de réarmement de la Varlovie, afin de la doter d'une Armée Consulaire qui se chargera de la défense de notre nation. Nous ne dépendrons alors plus des armées schenkennienne et lénovinire et pourrons assurer notre propre protection.
La reconstruction est notre tâche la plus difficile. Les grandes villes varloviennes longeant la côte ont subi d'importants dégâts du fait des bombardements navals kirepiens. La majeure partie de nos moyens de production ont été détruits, et de nombreuses personnes sont encore sans logement. C'est là les deux axes sur lesquels il nous faut travailler : reconstruction des moyens de production, et résolution de la crise du logement. Parmi les moyens de production, l'industrie est évidemment concernée, mais l'agriculture joue un rôle tout aussi, voire plus, important. Vous n'êtes probablement pas sans savoir qu'un grand nombre de nos compatriotes ne disposent pas de quoi se nourrir. Les politiques militaristes des précédents gouvernements n'ont pas laissé de place à l'agriculture, qui s'est détériorée de manière alarmante au cours de la dernière décennie. Il est temps que nous ne dépensions plus de l'aide promulguée par nos alliés et que nous soyons en mesure de combler nous-mêmes nos besoins dans le domaine alimentaire. L'industrie, en revanche, a toujours été un pilier de l'économie varlovienne, et doit le rester. C'est pourquoi la reconstruction des usines détruites est elle aussi une priorité. L'industrie est ce qui donnera plus tard de l'emploi aux Varloviens.


Alexei Dessiatkov : Très bien, je pense que nous avons bien saisi quelles sont vos priorités pour l'avenir de la Varlovie à court terme. Cependant, nous restons encore peu renseignés concernant votre positionnement idéologique. C'est ce que nous verrons dans la dernière partie de l'émission, grâce à la rubrique "Oui/Non", qui commencera directement après la pub. À tout de suite.

Le générique de l'émission retentit une nouvelle fois, suivi par les publicités.
Gwenael

Message par Gwenael »

26 Août 2030
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[center][img]http://musique-militaire.fr/galerie/Caesar.jpg[/img]

Huit mois.
Pendant, huit mois, la guerre a ravagé notre pays. Aujourd'hui, nous sommes enfin libérés de la tyrannie.

[img]http://946.fm/wp-content/uploads/2015/01/kobane_reduite_en_cendres.jpg[/img]

Mais la guerre fait des dégâts. Le régime alceviste a laissé pour seuls vestiges plusieurs millions de familles sans foyer.
Nous pouvons reconstruire notre pays, mais nous devons le faire ensemble.

Rendez-vous utile.
Effectuez votre service consulaire.[/center]
Gwenael

Message par Gwenael »

26 Août 2030
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[center]Senin TV[/center]


Portrait politique : Nikolaï Makarov


Une fois la publicité achevée, l'émission reprend. Alexei Dessiatkov et son invité, Nikolai Makarov, sont assis chacun dans un fauteuil, l'un en face de l'autre. L'animateur annonce la rubrique suivante lorsque que le public cesse de taper des mains au rythme de la musique du générique.

[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/07/19/160719054350248432.png[/img][/center]

Alexei Dessiatkov : Nous nous retrouvons sur ce plateau en compagnie de notre invité, le Premier Consul de la République Nikolaï Makarov, pour la dernière rubrique de Portrait Politique : le "Oui/Non". Le principe est simple, Monsieur le Premier Consul. Je vais vous présenter différents qualificatifs, et vous allez me dire si, oui ou non, vous pensez que celui-ci vous conviendrait. Vous êtes, bien entendu, libre de nuancer votre réponse, l'objectif étant avant tout que nos téléspectateurs puissent aisément vous situer. Êtes-vous prêt ?

[center][img]https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e9/Dmitry_Medvedev_official_large_photo_-5.jpg/220px-Dmitry_Medvedev_official_large_photo_-5.jpg[/img][/center]

Nikolaï Makarov : Je le suis.

Alexei Dessiatkov : Parfait. Nous allons donc commencer facile : êtes-vous alceviste ?

Rires dans le public

Nikolaï Makarov : Non.

Alexei Dessiatkov : Communiste ?

Nikolaï Makarov : Non plus, malgré ce que certains détracteurs étrangers pourraient être tentés d'affirmer.

Alexei Dessiatkov : Socialiste ?

Nikolaï Makarov : Ce mot a tellement d'acceptions... Je suis favorable à ce que l’État garantisse une certaine justice sociale, mais je pense qu'il ne faut non plus tout attendre de l’État ?

Alexei Dessiatkov : Libéral ?

Nikolaï Makarov : Là aussi, il s'agit d'un terme au sens assez vaste. Je suis farouchement opposé à l'ultralibéralisme économique, qui sévissait jadis au Pelabbsa, et a depuis pris sa place au Makara. Cependant, je suis pour la liberté d'entreprendre, qui permet à chaque citoyen de récolter les fruits de son mérite, tant que cela ne constitue pas une menace pour l'intérêt général.

Alexei Dessiatkov : Je vois. Êtes-vous traditionaliste ?

Nikolaï Makarov : Il est vrai que j'attache une profonde importance à ce qui fait la culture et l'identité de notre peuple, et les mœurs et les coutumes jouent en cela un rôle très important. Je pense donc que ce terme pourrait me qualifier.

Alexei Dessiatkov : Êtes-vous nationaliste ?

Nikolaï Makarov : La différence entre patriotisme et nationalisme qui est usuellement mise en avant est que le second implique un rejet, voire une haine à l'égard des autres nations. Cependant, je ne suis pas de cet avis, et je pense qu'alors que le Patriote est prêt à tout pour défendre sa patrie, le Nationaliste veut davantage. Il inspire à la grandeur de sa patrie, au-delà de celle des autres, et je ne crois pas que cela implique de rejeter les autres nations. À ce sens, je me définirais volontiers comme nationaliste.

Alexei Dessiatkov : Êtes-vous démocrate ?

Nikolaï Makarov : Bien sûr.

Alexei Dessiatkov : Et républicain ?

Nikolaï Makarov : Pas fondamentalement. Je ne pense pas que république et démocratie soient indissociables, le régime schenkennien voisin en est la preuve. Cependant, j'ai choisi d'instaurer ce type de régime en Varlovie afin de garantir la représentation de l'ensemble des courants politiques de notre pays, et ainsi permettre une unité nécessaire à la reconstruction.

Alexei Dessiatkov : Êtes-vous schenkennophile ?

Nikolaï Makarov : C'est un terme que mes détracteurs, notamment alcevistes, aiment employer afin de me qualifier. Si celui-ci est censé signifier que j'entends suivre une politique soumise aux seuls intérêts schenkenniens, alors je ne le suis pas. Je fais simplement ce que je pense être bon pour notre peuple, et l'alliance avec l'Empire Schenkennien nous garantit une protection totale face aux menaces extérieures et intérieures, tout en accélérant grandement la reconstruction de notre pays. À qui les Alcevistes feraient-ils appels ? Aux Wapongais, qui feraient travailler nos enfants dans les usines ? Ou aux Sébaldes, qui accepteraient probablement de nous aider en échange d'une "tutelle totale et consentie".

Après un bref éclat de rire, l'animateur conclut l'émission.

Alexei Dessiatkov : Je vous remercie, Monsieur le Premier Consul, d'avoir accepté de venir sur notre plateau.

Nikolaï Makarov : C'est moi qui vous remercie de m'avoir donné l'occasion d'être mieux connu de nos concitoyens.

Alexei Dessiatkov : Je suis certain qu'ils seront satisfaits de cette initiative. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon retour, Monsieur le Premier Consul, et à une prochaine fois peut-être.

Nikolaï Makarov : Je l'espère, au revoir.

Nikolaï Makarov s’éclipse en saluant le public. L'animateur se tourne vers la caméra.

Alexei Dessiatkov : Quand à moi, je vous souhaite de passer une très bonne soirée sur Sénin TV, devant "Les 30 plus grands pianistes varloviens", une émission présentée par Vladimir Kouchiatski.

L'animateur s'éclipse à son tour, avant que le générique de fin commence à défiler.
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