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[center]Les méfaits de la transition énergétique[/center]
[justify]S'il est une chose que le gouvernement de Yathorage aime à réclamer ces derniers temps, c'est la sacro-sainte « transition énergétique ». Ainsi, non content d'avoir déjà beaucoup de problèmes à régler, notamment en termes démographiques et d'emploi, le gouvernement fédéral souhaite s'attaquer aux bases de la croissance du pays. En effet, l'Île du Prince regorge de ressources en tous genre, de minerais rares comme les pierres précieuses aux minerais industriels comme le manganèse, en passant bien évidemment par les hydrocarbures. L'extraction et le raffinage des ressources en pétrole et en gaz sont partie intégrante de la croissance économique cyrénane. Le pétrole, que ce soit au nord du Cær avec Cynavie Petroleum ou au sud avec Tel-Érib Petroleum, est une constituante essentielle de ce qui fait du pays la treizième puissance économique mondiale, un titre autant respectable que responsabilisant. Par choix politique et pari sur le dynamisme, la Cyrénanie a ainsi été invitée à participer au sommet du G9 en octobre 2028.
Aujourd'hui, quelques mois après avoir annoncé vouloir favoriser l'accès de tous aux panneaux photovoltaïques, M. Chustnic, le Ministre fédéral de l'Énergie et de l'Environnement, a poursuivi en ce sens en proposant une aide financière à toutes les entreprises souhaitant investir dans les énergies renouvelables. De son côté, M. Fusterhyde a déclaré vouloir intégrer la Cyrénanie à un projet d'initiative sébalde qui a pour but de mettre en avant les énergies renouvelables et, dans le même temps, la coopération. Le projet, nommé PartaGaz par le groupe Kontakt, entreprise publique sébalde, vise à détruire le potentiel énergétique fossile des pays membres pour les remplacer par des installations renouvables, ce qui sonnerait le glas, du moins dans les pays participants, des rentes pétrolières et gazières qui apportent tant à la société.
Depuis 2025 et le rachat de Cynavie Petroleum par Tel-Érib Petroleum, la croissance des deux pays a été fulgurante et incomparable. Alors qu'il y a quinze ans l'Île du Prince abritait deux pays pauvres et abandonnés de la communauté internationale, la richesse des sols a permis l'intégration à la mondialisation croissante, et réhaussé le niveau de vie de manière tout à fait satisfisante. La Révolution d'Août, qui en 2019 remplaça la Principauté par une République et ouvrit une ère de progrès et de croissance qu'on n'avait pas vu depuis l'époque médiévale et les comptoirs adéliens et valacides sur la côte nord de l'Île, ne s'est pas faite seule. Il a fallu un homme de courage, Fakh Begawar, qui a usé de son pouvoir financier pour fédérer les opposants au Prince et renverser la dictature. Ce pouvoir financier, il le doit à plusieurs choses : son aide par des nantis comme M. Jomi Messeich, détenteur du Messeich Group – et ainsi de Tel-Érib Petroleum et de nombreuses autres grandes entreprises prospères –, ou M. Loch de Tel-Akko, propriétaire de Tel-Érib Mines, le principal et quasi unique exploitant de mines sur l'Île du Prince. Ces deux pontes à la fortune colossale que leur famille respective accumule depuis des lustres ont été principalement motivés par la volonté d'une démocratie,et ce malgré leurs bons rapports avec les autorités principères. Le même schéma se retrouve au nord du Cær, où la révolution de 1975 a été menée par des bourgeois fortunés avides de liberté pour le peuple. S'ils ont été grandement remerciés par les pouvoirs libres une fois la stabilité retrouvée, les cyrénans et les tel-éribains leur doivent une éternelle reconnaissance. Cela ne se fait pas en leur tournant le dos et en allant chercher des soutiens à l'étranger pour une politique énergétique qui serait dommageable pour la population, en ce sens qu'elle leur coûterait cher et qu'elle mettrait fin à une période de croissance économique saluée de tous.
Le projet PartaGaz est un projet de recherche sur les énergies renouvelables afin de les rendre plus performantes et moins chères. Des atouts que les plus grands spécialistes de ce monde leur cherchent depuis plusieurs décennies sans jamais réussir à trouver un moyen efficace de les rendre plus intéressantes que les hydrocarbures. Et pour cause : bien que le coût environnemental ne soit pas nul, le pétrole, le gaz et le charbon sont les énergies les plus fiables que l'on puisse trouver sur terre. Loin d'un danger tel que celui que laisse planer l'énergie atomique sur l'environnement immédiat des centrales, les hydrocarbures conventionnels sont fiables et enrichissants pour la société. De plus, le projet PartaGaz oublie intentionnellement l'existence de la biomasse comme source d'énergie. C'est alors une des principales ressources de notre pays qui serait inexploitée. Certes, la déforestation n'est pas l'action humaine la moins dangereuse pour l'environnement. Mais les techniques de reforestation utilisées par les princiales entreprises d'exploitation des forêts, notamment Cærwood et Messeich Wood, permettent une exploitation renouvelable et saine des immenses ressources forestières de l'Île. De plus, le bois de chauffe est stockable, ce qui en fait une énergie très intéressante. Si une énergie est à soutenir, c'est bien celle-ci, loin devant le solaire ou l'éolien, qui sont très fluctuants et semblent clairement impossibles à améliorer.
L'Île du Prince a pour avantage d'avoir de nombreuses ressources que nous savons exploiter. Un accord a récemment été passé entre Tel-Érib Petroleum et le gouvernement du Bergenland, pays nord-alméran, pour l'exploitation des sites d'extraction du pétrole et la formation des étudiants locaux aux techniques d'extraction optimale et précautionneuse des hydrocarbures ; un domaine où les diplômés tel-éribains excellent et sont reconnus dans le monde entier. Les cursus universitaires spécialisés dans l'étude et l'extraction des hydrocarbures, que l'on peut trouver à l'Université d'Aqshiah, celle d'Érib et celle d'Ajnin, accueillent des étudiants venus du monde entier, et les professeurs qui en enseignent les matières sont des experts ayant exercé au sein de Tel-Érib Petroleum, ayant étudié et fait des recherches en la matière. La Cyrénanie est donc un pays d'excellence en la matière. Faire disparaître Tel-Érib Petroleum ferait perdre la place de choix que nous occupons. Cela ferait également grimper le chômage.
En effet, le secteur de l'énergie conventionnelle – c'est-à-dire les employés des entreprises d'extraction d'hydrocarbures et de charbon, mais aussi les employés des entreprises de transport et de raffinage des sources d'énergie conventionnelle – représente 250 000 perrsonnes. Cela peut paraître minime, comparé aux 192 000 000 de personnes dans la vie active ou aux 188 000 000 de personnes disposant d'un emploi sur le territoire cyrénan. Mais si l'on y ajoute les 4 000 000 de personnes dont l'entreprise est détenue par le Messeich Group ou par M. Loch de Tel-Akko ainsi que les 10 000 enseignants dépendants des cursus secondaires ou universitaires en lien avec les énergies conventionnelles et les 15 000 000 d'employés d'entreprises dépendantes des financements ou de l'activité des entreprises dont les financements sont issus du secteur énergétique conventionnel, le secteur de l'énergie conventionnelle pèse à niveau de 11,02% de la population active. Mettre fin aux hydrocarbures sous prétextes qu'elles sont moins éco-responsables que les imparfaites et imperfectibles énergies renouvelables, c'est mettre en difficulté un dixième de la population active et fermer les portes à plusieurs centaines de milliers d'étudiants souhaitant travailler dans ce secteur. La transition énergétique ne peut être efficace si ne s'y adjoint pas une transition économique complexe, longue et difficile ; le gouvernement actuel n'est pas préparé à de tels changements et à de telles modifications fondamentales de la société qui ne se feront que par la douleur. La transition énergétique, en un mot, c'est la base d'une instabilité insurrectionnelle qui ne pourra pas être évitée, c'est la raison qui pousserait Tel-Érib à s'écarter de nouveau de la Fédération, c'est la base d'une crise économique pouvant toucher nombre de pays dans le monde, à commencer par l'Océania et le Mayong, qui sont très liés à la bonne santé de l'économie cyrénane, mais aussi la Sébaldie et la Franconie, qui sont largement dépendants de exportations cyrénanes d'hydrocarbures.[/justify]
[right]Abraham Waynwright,
le 3 avril 2029.[/right]
Presse écrite
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Iskupitel
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[center]Sebastian Wahner prend la tête du Parti Centriste[/center]
[justify]Après avoir été Ministre de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse pendant le gouvernement d'Efhrem Attinc, Sebastian Wahner, un des membres fondateurs du Parti Centriste (PCT), s'est retiré des affaires du pouvoirs, ne se présentant pas aux élections parlementaires, et se faisant élire à la tête de la municipalité de Corchster-Brewll, une ville de 20 000 habitants, dans l'État de Bandastralan. S'annonçant aux plus grandes chaînes d'information nationale comme un retraité politique, il avait assuré vouloir s'occuper de la communauté de villages de la manière la plus dévouée possible, afin de représenter au mieux le souhait de ses électeurs plutôt que de cumuler ce poste avec un poste étatique ou fédéral, ce qu'il avait fait pendant toute sa carrière politique. Toutefois, depuis le départ de Jumana Zaman, ancienne Ministre de la Santé et des Sports et Présidente du Parti Centriste, qu'elle a annoncé à l'Assemblée Générale du parti de centre-gauche le 24 juin dernier, les 44 députés fédéraux et les centaines d'élus sur l'ensemble du territoire se cherchent un chef. Dans son discours de départ, et alors que Sebastian Wahner n'était pas présent, ayant préféré promouvoir par sa présence un festival de culture « geek » organisé non loin de son fief, Mme Zaman a insisté sur le fait qu'il était nécessaire pour le Parti Centriste de se trouver une figure de proue qui dispose d'un certain bagage au sein de l'exécutif. Répétant sa volonté de voir le Parti Centriste faire partie de la coalition d'opposition avec le Parti Travailliste et le Parti Radical de Gauche, elle a également salué le travail qu'avait fait Sebastian Wahner avant son retour au local, et a souhaité qu'il revienne afin de prendre sa suite à la tête du parti.
Après plusieurs semaines de discussions entre les pontes du Parti Centriste, ceux des autres partis de gauche et plusieurs députés proéminents, un projet d'élection interne a été mis sur pied afin de couper court à la décapitation du parti tout en palliant au fait que l'intéressé, M. Wahner, n'avait aucune envie de succéder à Mme Zaman. « Je me sens hautement concerné par la vacance de la présidence du parti, bien entendu. Toutefois, je ne pense pas être apte à l'assumer pour le moment. Certes, comme l'a dit Mme Zaman, il faut faire appel à un membre ayant de l'expérience au sein du gouvernement fédéral. Toutefois, je ne pense pas être la personne la plus apte à assumer ce rôle, alors que d'autres, tels que M. Gervasio Santillian ou Mme Avril Belrose, seraient compétents et sont prêts à prendre la tête du parti », a indiqué Sebastian Wahner dans une interview pour le magazine hebdomadaire Mc Gill's Politics, avant d'ajouter : « Par contre, je suis entièrement convaincu qu'une élection interne est une bonne chose. Avant d'être une façade médiatique, le président du parti se doit d'être une tête charismatique pour tous les adhérents. L'élu saura guider le parti en accord avec la volonté des adhérents. » Pourtant, hier, le 31 juillet, à l'annonce des résultats de l'élection interne, Sebastian Wahner, avec 32 % de votes, a été désigné grand vainqueur. Surpris car n'ayant jamais accepté l'idée de pouvoir occuper le poste, le Bandastralanais a, dans une conférence de presse organisée, en hâte, sur le parvis de l'hôtel de ville de Corchster-Brewll, remercié les adhérents pour leur vote, et annoncé son projet pour le Parti Centriste, un projet ferme et ambitieux qu'il pense en accord avec les réalités politiques actuelles.
Trois propositions ont structuré son discours de remerciement et les négociations avec les élus fédéraux et les pontes du parti. « En premier lieu, le Parti Centriste doit quitter la coalition d'opposition afin de rejoindre le Parti Démocrate, bien plus proche de nos idéaux que les radicaux et les travaillistes », a-t-il déclaré, allant ainsi à l'encontre de la volonté de Jumana Zaman, celle qui l'a sans aucun doute fait remporter l'élection, alors qu'il n'était pas même clairement candidat. « De même, nous devons travailler, en coopération avec le Parti Démocrate, à un programme commun pour les prochaines élections parlementaires, et poursuivre dans la voie de la coopération avec les démocrates jusqu'après les prochaines élections présidentielles. Ne nous associons pas avec un parti parce qu'il n'est pas trop éloigné de nous et peut gagnger. Associons-nous à un parti parce qu'il nous correspond, et parce que nous pouvons travailler, ensemble, d'égal à égal, afin de construire, brique par brique, une Cyrénanie meilleure », a-t-il continué, nouant ses mains dans un geste de fraternité tout en souriant. Ce choix essentiel prouve la volonté de M. Wahner de redonner ses lettres d'or à la politique, de remettre en avant une éthique que les membres du Parti Nationaliste-Conservateur (PNC) et du Parti Travailliste (PT) oublient, aux yeux de M. Wahner à tout le moins, systématiquement lorsqu'il s'agit de protéger leur propre carrière.
Enfin, le nouveau Président du PCT a annoncé qu'il voulait que la Cyrénanie intègre la Fédération Transnationale, à travers une motion qu'il souhaite être défendue par le Parti Centriste, à l'unisson.Il justifie cette conviction par l'intégration récente du Tarnosia et de Gowa au sein de l'organisation internationale à tendance supranationale, qui prouve que la Fédération Transnationale n'est pas qu'une organisation technocratique, et qu'elle sait intégrer de manière efficace d'autres États. « Par son systèmes d'Espaces [Espace Militaire Fédéral, Espace Économique Fédéral, Espace Scientifique Fédéral, etc., ndlr.], la Fédération parvient à intégrer sans oppresser d'autres États que les membres fondateurs, technocrates, tout en mêlant neutralité et entraide concrète. » Tandis que d'autres partis et hommes politiques demandent à ce que la Cyrénanie soit à l'origine d'une réactualisation de la tentative d'organisation internationale neutre et de médiation qu'était l'AdE, Sebastian Wahner propose, dans le même objectif d'assurer la paix en Cyrénanie et dans le reste du monde si possible, l'intégration de Yathorage dans une organisation internationale multipolaire plutôt que la fondation d'une organisation dont Yathorage tenterait d'être à la proue mais ne parviendrait, sûrement, jamais à l'incarner suffisamment pour contenter les cyrénans et les autres pays. Pour appuyer son discours et tenter de convaincre les parlementaires adeptes de l'interventionnisme et d'une image de sauveur de la Cyrénanie, M. Wahner a précisé que l'intégration du Tarnosia à la Fédération Transnationale était une inquiétude pour les autres États membres de l'organisation. En effet, du fait de la vaste population qui lui est inféodée, Titanua dispose à présent de la capacité de mettre en déroute les services fédéraux, puisque le pays contrôle, la majorité des députés de la Salle des Populations. Or, selon les textes législatifs fédéraux, en cas de désaccord d'une des deux salles sur le texte, la procédure est longue pour qu'un texte soit tout de même accepté. Le Tarnosia peut donc complètement parasiter le travail législatif, ce qui n'est pas rien dans une telle organisation, où tout est réglementé. Il s'agit donc, selon M. Wahner, de contrebalancer l'influence tarnoise en introduisant une influence cyrénane, qui, bien que plus faible, temporiserait la puissance de Titanua.
Parmi les pontes du Parti Centriste, si l'on se réjouit de la victoire électorale de Sebastian Wahner, on s'interroge sur la viabilité des orientations proposées par le nouveau Président du parti. « Si son expérience est indubitable, M. Wahner n'est plus au fait de tous les détails de la situation politique d'aujourd'hui, après quatre années de retraite politique. Son projet paraît irréalisable et bien trop ambitieux pour le petit parti que nous sommes. […] Mais il semble convaincu par son projet, alors je suis prêt à lui faire entièrement confiance et à l'épauler » a indiqué Gervasio Santillian, candidat malheureux à la présidence du parti et secrétaire de celui-ci depuis 2027. Avril Belrose, elle, n'a pas souhaité faire de déclaration publique après la victoire de M. Wahner, mais a indiqué, dans une interview au Mc Gill's Politics, que la victoire de l'ancien ministre de l'éducation nationale ne l'étonnerait pas et que, dans un tel cas de figure, elle n'hésiterait pas à l'épauler. « Un parti ambitieux mais de taille réduite comme le nôtre ne doit pas apparaître désuni mais, au contraire, faire corps du mieux possible pour faire valoir sa vision de la société et convaincre la population que cette vision est la plus saine » a-t-elle tout de même précisé, avec un sourire tranquille, au journaliste du Mc Gill's venu l'interroger. Une chose est sûre : si Sebastian Wahner se voit conférer la capacité de mettre en œuvre ses trois projets, il le fera, persuadé que ce sont de bonnes décisions, et il les appliquera aussi humainement que possible, afin de mettre fin à cette idée que les tel-éribains auraient durci la politique fédérale et, ainsi, auraient réduit à néant la possibilité d'avoir une alternative de gauche dans les années à venir. La motion proposée par le parti centriste au parlement devrait être votée après la fin des vacances parlementaire, au début du mois de septembre. Au moment du vote, le nouveau président du Parti Centriste sera déjà fixé sur la faisabilité de ses deux autres projets. Des discussions ont été ouvertes, il y a deux jours, avec les responsables du Parti Travailliste et du Parti Radical de Gauche, et d'autres ont été prévues avec le Parti Démocrate. Si les premières seront assurées par M. Wahner, les secondes le seront par Mme Belrose, preuve de la volonté de l'ancienne vice-ministre de l'industrie d'agir en accord avec les décisions du maire de Corchster-Brewll, qui semble être reparti pour encore quelques années de carrière en politique, n'en déplaise aux vénérables habitants du village bandastralanais.[/justify]
[right]Taryn Fleming,
9 août 2029[/right]
[center]Sebastian Wahner prend la tête du Parti Centriste[/center]
[justify]Après avoir été Ministre de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse pendant le gouvernement d'Efhrem Attinc, Sebastian Wahner, un des membres fondateurs du Parti Centriste (PCT), s'est retiré des affaires du pouvoirs, ne se présentant pas aux élections parlementaires, et se faisant élire à la tête de la municipalité de Corchster-Brewll, une ville de 20 000 habitants, dans l'État de Bandastralan. S'annonçant aux plus grandes chaînes d'information nationale comme un retraité politique, il avait assuré vouloir s'occuper de la communauté de villages de la manière la plus dévouée possible, afin de représenter au mieux le souhait de ses électeurs plutôt que de cumuler ce poste avec un poste étatique ou fédéral, ce qu'il avait fait pendant toute sa carrière politique. Toutefois, depuis le départ de Jumana Zaman, ancienne Ministre de la Santé et des Sports et Présidente du Parti Centriste, qu'elle a annoncé à l'Assemblée Générale du parti de centre-gauche le 24 juin dernier, les 44 députés fédéraux et les centaines d'élus sur l'ensemble du territoire se cherchent un chef. Dans son discours de départ, et alors que Sebastian Wahner n'était pas présent, ayant préféré promouvoir par sa présence un festival de culture « geek » organisé non loin de son fief, Mme Zaman a insisté sur le fait qu'il était nécessaire pour le Parti Centriste de se trouver une figure de proue qui dispose d'un certain bagage au sein de l'exécutif. Répétant sa volonté de voir le Parti Centriste faire partie de la coalition d'opposition avec le Parti Travailliste et le Parti Radical de Gauche, elle a également salué le travail qu'avait fait Sebastian Wahner avant son retour au local, et a souhaité qu'il revienne afin de prendre sa suite à la tête du parti.
Après plusieurs semaines de discussions entre les pontes du Parti Centriste, ceux des autres partis de gauche et plusieurs députés proéminents, un projet d'élection interne a été mis sur pied afin de couper court à la décapitation du parti tout en palliant au fait que l'intéressé, M. Wahner, n'avait aucune envie de succéder à Mme Zaman. « Je me sens hautement concerné par la vacance de la présidence du parti, bien entendu. Toutefois, je ne pense pas être apte à l'assumer pour le moment. Certes, comme l'a dit Mme Zaman, il faut faire appel à un membre ayant de l'expérience au sein du gouvernement fédéral. Toutefois, je ne pense pas être la personne la plus apte à assumer ce rôle, alors que d'autres, tels que M. Gervasio Santillian ou Mme Avril Belrose, seraient compétents et sont prêts à prendre la tête du parti », a indiqué Sebastian Wahner dans une interview pour le magazine hebdomadaire Mc Gill's Politics, avant d'ajouter : « Par contre, je suis entièrement convaincu qu'une élection interne est une bonne chose. Avant d'être une façade médiatique, le président du parti se doit d'être une tête charismatique pour tous les adhérents. L'élu saura guider le parti en accord avec la volonté des adhérents. » Pourtant, hier, le 31 juillet, à l'annonce des résultats de l'élection interne, Sebastian Wahner, avec 32 % de votes, a été désigné grand vainqueur. Surpris car n'ayant jamais accepté l'idée de pouvoir occuper le poste, le Bandastralanais a, dans une conférence de presse organisée, en hâte, sur le parvis de l'hôtel de ville de Corchster-Brewll, remercié les adhérents pour leur vote, et annoncé son projet pour le Parti Centriste, un projet ferme et ambitieux qu'il pense en accord avec les réalités politiques actuelles.
Trois propositions ont structuré son discours de remerciement et les négociations avec les élus fédéraux et les pontes du parti. « En premier lieu, le Parti Centriste doit quitter la coalition d'opposition afin de rejoindre le Parti Démocrate, bien plus proche de nos idéaux que les radicaux et les travaillistes », a-t-il déclaré, allant ainsi à l'encontre de la volonté de Jumana Zaman, celle qui l'a sans aucun doute fait remporter l'élection, alors qu'il n'était pas même clairement candidat. « De même, nous devons travailler, en coopération avec le Parti Démocrate, à un programme commun pour les prochaines élections parlementaires, et poursuivre dans la voie de la coopération avec les démocrates jusqu'après les prochaines élections présidentielles. Ne nous associons pas avec un parti parce qu'il n'est pas trop éloigné de nous et peut gagnger. Associons-nous à un parti parce qu'il nous correspond, et parce que nous pouvons travailler, ensemble, d'égal à égal, afin de construire, brique par brique, une Cyrénanie meilleure », a-t-il continué, nouant ses mains dans un geste de fraternité tout en souriant. Ce choix essentiel prouve la volonté de M. Wahner de redonner ses lettres d'or à la politique, de remettre en avant une éthique que les membres du Parti Nationaliste-Conservateur (PNC) et du Parti Travailliste (PT) oublient, aux yeux de M. Wahner à tout le moins, systématiquement lorsqu'il s'agit de protéger leur propre carrière.
Enfin, le nouveau Président du PCT a annoncé qu'il voulait que la Cyrénanie intègre la Fédération Transnationale, à travers une motion qu'il souhaite être défendue par le Parti Centriste, à l'unisson.Il justifie cette conviction par l'intégration récente du Tarnosia et de Gowa au sein de l'organisation internationale à tendance supranationale, qui prouve que la Fédération Transnationale n'est pas qu'une organisation technocratique, et qu'elle sait intégrer de manière efficace d'autres États. « Par son systèmes d'Espaces [Espace Militaire Fédéral, Espace Économique Fédéral, Espace Scientifique Fédéral, etc., ndlr.], la Fédération parvient à intégrer sans oppresser d'autres États que les membres fondateurs, technocrates, tout en mêlant neutralité et entraide concrète. » Tandis que d'autres partis et hommes politiques demandent à ce que la Cyrénanie soit à l'origine d'une réactualisation de la tentative d'organisation internationale neutre et de médiation qu'était l'AdE, Sebastian Wahner propose, dans le même objectif d'assurer la paix en Cyrénanie et dans le reste du monde si possible, l'intégration de Yathorage dans une organisation internationale multipolaire plutôt que la fondation d'une organisation dont Yathorage tenterait d'être à la proue mais ne parviendrait, sûrement, jamais à l'incarner suffisamment pour contenter les cyrénans et les autres pays. Pour appuyer son discours et tenter de convaincre les parlementaires adeptes de l'interventionnisme et d'une image de sauveur de la Cyrénanie, M. Wahner a précisé que l'intégration du Tarnosia à la Fédération Transnationale était une inquiétude pour les autres États membres de l'organisation. En effet, du fait de la vaste population qui lui est inféodée, Titanua dispose à présent de la capacité de mettre en déroute les services fédéraux, puisque le pays contrôle, la majorité des députés de la Salle des Populations. Or, selon les textes législatifs fédéraux, en cas de désaccord d'une des deux salles sur le texte, la procédure est longue pour qu'un texte soit tout de même accepté. Le Tarnosia peut donc complètement parasiter le travail législatif, ce qui n'est pas rien dans une telle organisation, où tout est réglementé. Il s'agit donc, selon M. Wahner, de contrebalancer l'influence tarnoise en introduisant une influence cyrénane, qui, bien que plus faible, temporiserait la puissance de Titanua.
Parmi les pontes du Parti Centriste, si l'on se réjouit de la victoire électorale de Sebastian Wahner, on s'interroge sur la viabilité des orientations proposées par le nouveau Président du parti. « Si son expérience est indubitable, M. Wahner n'est plus au fait de tous les détails de la situation politique d'aujourd'hui, après quatre années de retraite politique. Son projet paraît irréalisable et bien trop ambitieux pour le petit parti que nous sommes. […] Mais il semble convaincu par son projet, alors je suis prêt à lui faire entièrement confiance et à l'épauler » a indiqué Gervasio Santillian, candidat malheureux à la présidence du parti et secrétaire de celui-ci depuis 2027. Avril Belrose, elle, n'a pas souhaité faire de déclaration publique après la victoire de M. Wahner, mais a indiqué, dans une interview au Mc Gill's Politics, que la victoire de l'ancien ministre de l'éducation nationale ne l'étonnerait pas et que, dans un tel cas de figure, elle n'hésiterait pas à l'épauler. « Un parti ambitieux mais de taille réduite comme le nôtre ne doit pas apparaître désuni mais, au contraire, faire corps du mieux possible pour faire valoir sa vision de la société et convaincre la population que cette vision est la plus saine » a-t-elle tout de même précisé, avec un sourire tranquille, au journaliste du Mc Gill's venu l'interroger. Une chose est sûre : si Sebastian Wahner se voit conférer la capacité de mettre en œuvre ses trois projets, il le fera, persuadé que ce sont de bonnes décisions, et il les appliquera aussi humainement que possible, afin de mettre fin à cette idée que les tel-éribains auraient durci la politique fédérale et, ainsi, auraient réduit à néant la possibilité d'avoir une alternative de gauche dans les années à venir. La motion proposée par le parti centriste au parlement devrait être votée après la fin des vacances parlementaire, au début du mois de septembre. Au moment du vote, le nouveau président du Parti Centriste sera déjà fixé sur la faisabilité de ses deux autres projets. Des discussions ont été ouvertes, il y a deux jours, avec les responsables du Parti Travailliste et du Parti Radical de Gauche, et d'autres ont été prévues avec le Parti Démocrate. Si les premières seront assurées par M. Wahner, les secondes le seront par Mme Belrose, preuve de la volonté de l'ancienne vice-ministre de l'industrie d'agir en accord avec les décisions du maire de Corchster-Brewll, qui semble être reparti pour encore quelques années de carrière en politique, n'en déplaise aux vénérables habitants du village bandastralanais.[/justify]
[right]Taryn Fleming,
9 août 2029[/right]
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[center]Le bicaméralisme refusé, Tel-Érib à disloquer : l'avis du Parlement rendu au Gouvernement fédéral[/center]
[justify]Le 3 août 2028, dans les colonnes de ce même journal, vous était présentée l'ouverture de deux commissions parlementaires exceptionnelles. La première étudiait la possibilité de réviser la Constitution afin de créer une seconde chambre au sein du Parlement. La seconde s'est intéressée aux avantages et désavantages d'un dislocation de Tel-Érib, c'est-à-dire le partage de la République Démocratique, Xénocratique, Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib en 13 États fédérés correspondant, par cohérence historique, aux millénaires Tribus tel-éribaines. Le 13 octobre dernier, les deux Présidents de commission ont rendu un avis officiel auprès du Gouvernement Fédéral. En ce 11 décembre, plus d'un an et quatre mois après le début de leur mission, ils ont tous deux rendu un rapport complet et public présentant leurs conclusions.
La Commission Exceptionnelle Relative à l'Institution d'un Bicaméralisme (CERIB) a été la première à rendre son rapport, le publiant à 8 heures du matin, dès l'ouverture du Parlement Fédéral. Dans un rapport détaillé, le Président de la Commission, David Crewster, indique les raisons de l'avis négatif rendu. Est évoquée la stabilité actuelle du régime politique de la Fédération qui se verrait potentiellement mis en danger par la création d'une deuxième chambre. « Que la Chambre créée soit haute ou basse, elle empièterait sur des prérogatives qui ont d'ores et déjà été distribuées et attribuées à certaines institutions fédérales », précise le rapport. En effet, le Parlement Fédéral actuel est considéré par la Commission comme étant l'équivalent d'une Chambre basse, représentant le Peuple cyrénan. La création d'une seconde Chambre serait en ce cas une Chambre haute, représentant les État fédérés en tant que personne morale. Toutefois, le rapport explique que les attributions qui seraient confiées à une telle Chambre, dont le rôle doit être celui d'un contre-poids à la Chambre basse, sont actuellement entre les mains du Vice-Président Fédéral. Celui-ci est en effet élu par les Sénats d'États et les Gouvernements d'États, et représente donc, au sein du Gouvernement Fédéral, les intérêts de ces États fédérés. Bien que le rapport convienne de la différence à faire entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, une seconde chambre législative n'apportera rien si le rôle du Vice-Président fédéral, qui est aujourd'hui à mi-chemin entre les deux pouvoirs, n'est pas vidé de sa substance. Considérant que cela serait négatif et néfaste à la stabilité du régime, David Crewster et les députés membres de la Commission se sont prononcés à l'unanimité contre la création d'une seconde Chambre.
Il serait étonnant que le Gouvernement Fédéral aille à l'encontre d'une telle décision, car elle va dans le sens de ce que souhaite le Président Fusterhyde. Celui-ci s'est en effet annoncé favorable à la conservation du régime actuel, qu'il a qualifiée de « très stable » et « ayant fait ses preuves ». « Nous cherchons à faire vivre un régime politique relevant de l'État de Droit. Un régime qui soit stable et permette à tous les cyrénans de vivre leur vie sans craindre une incursion du politique dans leurs choix personnels. Un régime qui soit fort et sache aller dans le sens de ses constituants. Un régime qui résistera aux ravages du temps. La Constitution de 1975 nous offre cette opportunité, et je souhaite la protéger », avait-il indiqué lors de la conférence de presse annonçant l'ouverture de la CERIB, reconnaissant toutefois la nécessité pour un régime de se remettre en question et d'étudier les possibilités qui lui sont offertes afin de choisir la meilleure voie, qui parfois « nous semble invisible ».
Pour sa part, la Commission Exceptionnelle Relative aux États Fédérés (CERÉF) a rendu son rapport plus tardivement, à 11 heures. Taylor Alfredson, le Président de la Commission, a souhaité présenter son rapport lors d'une conférence de presse peu après son examen par le Président Fédéral et l'ensemble du Gouvernement. Bien qu'officiellement les statuts de la Commission ont été très généralistes, les députés se sont largement centrés sur la question de Tel-Érib. Considérant que l'État le plus jeune de la Fédération « est en dehors de toutes les dispositions prises en considération au sein de la Constitution, notamment par sa population », selon M. Alfredson. En effet, la Constitution, au sein du chapitre dédié aux Sénats d'États, précise le nombre de représentants en fonction de la population de l'État. Toutefois, avec une population de 97 millions de personnes, est bien au-delà du maximum envisagé par la Constitution, qui est de 150 sénateurs pour un État de plus de 7 millions d'habitants. Or, cela est considéré par la Commission comme un véritable problème démocratique, puisque le taux de représentation des citoyens cyrénans recensés à Tel-Érib est de 0,00015 %, soit 1 sénateur pour près de 650 000 citoyens. Au niveau du reste de la Fédération, la moyenne est de 1 sénateur pour 66515 citoyens, avec un minimum d'un sénateur pour 26986 électeurs à Thor Island et un maximum d'un sénateur pour 133 064 électeurs dans l'État de Victoria, le plus peuplé (20 millions d'habitants). Mais ces nombres restent très éloignés des résultats de Tel-Érib, qui est à juste titre l'État le moins démocratique de la Fédération. Deux solutions sont alors prises en compte par le rapport. La première est de réviser la Constitution afin qu'elle corresponde à la démographie tel-éribaine. La seconde, jugée plus raisonnable par la Commission, est de disloquer Tel-Érib afin que les territoires d'Outre-Cær soit adaptés aux dispositions de la Constitution.
Le rapport ayant été établi uniquement du point de vue politique, car la Commission ne s'est pas estimée compétente en matière d'économie, M. Alfredson a toutefois indiqué que cela ne devrait pas avoir de grandes répercussions sur l'économie interne de la Fédération, puisque les règles fédérales sont les mêmes, et qu'il faudra simplement traiter avec plus d'acteurs politiques. En effet, il est peu probable que les acteurs économiques, à savoir les entreprises tel-éribaines, soient touchées par un tel changement. Le principal consortium, le Messeich Group, à l'instar des autres entreprises qui seront peut-être, dans un avenir proche, « transétatiques », ne devrait pas être destabilisé par les changements administratifs. Selon M. Alfredson, cela permettra même aux acteurs du monde économique de renégocier leurs conditions auprès des nouvelles institutions, ce qui, selon lui, leur sera sans aucun doute profitable ; un discours peu étonnant de la part d'un député du Parti Libéral.
L'avis rendu est donc positif à une dislocation de Tel-Érib, sans précision toutefois du découpage à mener. « À titre personnel, je préconise un découpage selon le tracé actuel des Tribus tel-éribaines, mais je ne peux m'avancer davantage, car une telle décision doit se faire par un accord entre les autorités de Tel-Érib et le Gouvernement fédéral », a indiqué M. Alfredson. Néanmoins, et contrairement à la tradition, les députés tel-éribains membres de la CERÉF ont fait savoir leur désapprobation vis-à-vis de la décision et ont exprimé publiquement leur désolidarisation de la décision annoncée par le Président de la Commission.
Faisant écho à la présentation de ces deux rapports, le Président Abraham Fusterhyde s'est exprimé devant le Macclesfields Palace. Remerciant tous les députés membres des Commissions pour leur travail exemplaire et le service qu'ils rendent tous les jours à la Fédération, il a annoncé qu'il entrerait très vite en contact avec Iskupitel, le Président de la République Démocratique, Xénocratique, Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib, afin de discuter de la dislocation de l'État fédéré. « Je veux montrer que les décisions du Parlement ne sont pas que législatives, et que parfois elles peuvent éclairer les choix du pouvoir exécutif, a-t-il énoncé. Les 985 membres du Parlement Fédéral sont les représentants des citoyens cyrénans. Un bon Président sait écouter leurs décisions et faire les bons choix, en accord avec les décisions parlementaires. » De son côté, M. Iskupitel n'a pas souhaité commenter les décisions de la CERÉF, mais a précisé qu'il ne fallait pas mépriser les députés tel-éribains s'étant désolidarisés de la décision de leurs collègues, car ils ont agi « en leur âme et conscience, ce qui est là le devoir d'un représentant du Peuple. »[/justify]
[right]Taryn Fleming,
11 décembre 2029[/right]
[center]Le bicaméralisme refusé, Tel-Érib à disloquer : l'avis du Parlement rendu au Gouvernement fédéral[/center]
[justify]Le 3 août 2028, dans les colonnes de ce même journal, vous était présentée l'ouverture de deux commissions parlementaires exceptionnelles. La première étudiait la possibilité de réviser la Constitution afin de créer une seconde chambre au sein du Parlement. La seconde s'est intéressée aux avantages et désavantages d'un dislocation de Tel-Érib, c'est-à-dire le partage de la République Démocratique, Xénocratique, Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib en 13 États fédérés correspondant, par cohérence historique, aux millénaires Tribus tel-éribaines. Le 13 octobre dernier, les deux Présidents de commission ont rendu un avis officiel auprès du Gouvernement Fédéral. En ce 11 décembre, plus d'un an et quatre mois après le début de leur mission, ils ont tous deux rendu un rapport complet et public présentant leurs conclusions.
La Commission Exceptionnelle Relative à l'Institution d'un Bicaméralisme (CERIB) a été la première à rendre son rapport, le publiant à 8 heures du matin, dès l'ouverture du Parlement Fédéral. Dans un rapport détaillé, le Président de la Commission, David Crewster, indique les raisons de l'avis négatif rendu. Est évoquée la stabilité actuelle du régime politique de la Fédération qui se verrait potentiellement mis en danger par la création d'une deuxième chambre. « Que la Chambre créée soit haute ou basse, elle empièterait sur des prérogatives qui ont d'ores et déjà été distribuées et attribuées à certaines institutions fédérales », précise le rapport. En effet, le Parlement Fédéral actuel est considéré par la Commission comme étant l'équivalent d'une Chambre basse, représentant le Peuple cyrénan. La création d'une seconde Chambre serait en ce cas une Chambre haute, représentant les État fédérés en tant que personne morale. Toutefois, le rapport explique que les attributions qui seraient confiées à une telle Chambre, dont le rôle doit être celui d'un contre-poids à la Chambre basse, sont actuellement entre les mains du Vice-Président Fédéral. Celui-ci est en effet élu par les Sénats d'États et les Gouvernements d'États, et représente donc, au sein du Gouvernement Fédéral, les intérêts de ces États fédérés. Bien que le rapport convienne de la différence à faire entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, une seconde chambre législative n'apportera rien si le rôle du Vice-Président fédéral, qui est aujourd'hui à mi-chemin entre les deux pouvoirs, n'est pas vidé de sa substance. Considérant que cela serait négatif et néfaste à la stabilité du régime, David Crewster et les députés membres de la Commission se sont prononcés à l'unanimité contre la création d'une seconde Chambre.
Il serait étonnant que le Gouvernement Fédéral aille à l'encontre d'une telle décision, car elle va dans le sens de ce que souhaite le Président Fusterhyde. Celui-ci s'est en effet annoncé favorable à la conservation du régime actuel, qu'il a qualifiée de « très stable » et « ayant fait ses preuves ». « Nous cherchons à faire vivre un régime politique relevant de l'État de Droit. Un régime qui soit stable et permette à tous les cyrénans de vivre leur vie sans craindre une incursion du politique dans leurs choix personnels. Un régime qui soit fort et sache aller dans le sens de ses constituants. Un régime qui résistera aux ravages du temps. La Constitution de 1975 nous offre cette opportunité, et je souhaite la protéger », avait-il indiqué lors de la conférence de presse annonçant l'ouverture de la CERIB, reconnaissant toutefois la nécessité pour un régime de se remettre en question et d'étudier les possibilités qui lui sont offertes afin de choisir la meilleure voie, qui parfois « nous semble invisible ».
Pour sa part, la Commission Exceptionnelle Relative aux États Fédérés (CERÉF) a rendu son rapport plus tardivement, à 11 heures. Taylor Alfredson, le Président de la Commission, a souhaité présenter son rapport lors d'une conférence de presse peu après son examen par le Président Fédéral et l'ensemble du Gouvernement. Bien qu'officiellement les statuts de la Commission ont été très généralistes, les députés se sont largement centrés sur la question de Tel-Érib. Considérant que l'État le plus jeune de la Fédération « est en dehors de toutes les dispositions prises en considération au sein de la Constitution, notamment par sa population », selon M. Alfredson. En effet, la Constitution, au sein du chapitre dédié aux Sénats d'États, précise le nombre de représentants en fonction de la population de l'État. Toutefois, avec une population de 97 millions de personnes, est bien au-delà du maximum envisagé par la Constitution, qui est de 150 sénateurs pour un État de plus de 7 millions d'habitants. Or, cela est considéré par la Commission comme un véritable problème démocratique, puisque le taux de représentation des citoyens cyrénans recensés à Tel-Érib est de 0,00015 %, soit 1 sénateur pour près de 650 000 citoyens. Au niveau du reste de la Fédération, la moyenne est de 1 sénateur pour 66515 citoyens, avec un minimum d'un sénateur pour 26986 électeurs à Thor Island et un maximum d'un sénateur pour 133 064 électeurs dans l'État de Victoria, le plus peuplé (20 millions d'habitants). Mais ces nombres restent très éloignés des résultats de Tel-Érib, qui est à juste titre l'État le moins démocratique de la Fédération. Deux solutions sont alors prises en compte par le rapport. La première est de réviser la Constitution afin qu'elle corresponde à la démographie tel-éribaine. La seconde, jugée plus raisonnable par la Commission, est de disloquer Tel-Érib afin que les territoires d'Outre-Cær soit adaptés aux dispositions de la Constitution.
Le rapport ayant été établi uniquement du point de vue politique, car la Commission ne s'est pas estimée compétente en matière d'économie, M. Alfredson a toutefois indiqué que cela ne devrait pas avoir de grandes répercussions sur l'économie interne de la Fédération, puisque les règles fédérales sont les mêmes, et qu'il faudra simplement traiter avec plus d'acteurs politiques. En effet, il est peu probable que les acteurs économiques, à savoir les entreprises tel-éribaines, soient touchées par un tel changement. Le principal consortium, le Messeich Group, à l'instar des autres entreprises qui seront peut-être, dans un avenir proche, « transétatiques », ne devrait pas être destabilisé par les changements administratifs. Selon M. Alfredson, cela permettra même aux acteurs du monde économique de renégocier leurs conditions auprès des nouvelles institutions, ce qui, selon lui, leur sera sans aucun doute profitable ; un discours peu étonnant de la part d'un député du Parti Libéral.
L'avis rendu est donc positif à une dislocation de Tel-Érib, sans précision toutefois du découpage à mener. « À titre personnel, je préconise un découpage selon le tracé actuel des Tribus tel-éribaines, mais je ne peux m'avancer davantage, car une telle décision doit se faire par un accord entre les autorités de Tel-Érib et le Gouvernement fédéral », a indiqué M. Alfredson. Néanmoins, et contrairement à la tradition, les députés tel-éribains membres de la CERÉF ont fait savoir leur désapprobation vis-à-vis de la décision et ont exprimé publiquement leur désolidarisation de la décision annoncée par le Président de la Commission.
Faisant écho à la présentation de ces deux rapports, le Président Abraham Fusterhyde s'est exprimé devant le Macclesfields Palace. Remerciant tous les députés membres des Commissions pour leur travail exemplaire et le service qu'ils rendent tous les jours à la Fédération, il a annoncé qu'il entrerait très vite en contact avec Iskupitel, le Président de la République Démocratique, Xénocratique, Confédérée, Souveraine et Immarcescible de Tel-Érib, afin de discuter de la dislocation de l'État fédéré. « Je veux montrer que les décisions du Parlement ne sont pas que législatives, et que parfois elles peuvent éclairer les choix du pouvoir exécutif, a-t-il énoncé. Les 985 membres du Parlement Fédéral sont les représentants des citoyens cyrénans. Un bon Président sait écouter leurs décisions et faire les bons choix, en accord avec les décisions parlementaires. » De son côté, M. Iskupitel n'a pas souhaité commenter les décisions de la CERÉF, mais a précisé qu'il ne fallait pas mépriser les députés tel-éribains s'étant désolidarisés de la décision de leurs collègues, car ils ont agi « en leur âme et conscience, ce qui est là le devoir d'un représentant du Peuple. »[/justify]
[right]Taryn Fleming,
11 décembre 2029[/right]
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Iskupitel
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/671108mcgilltribunetransparent.png[/img][/center]
[center]Malgré le regain de popularité des monarchies dans le monde, les Royalistes cyrénans ne convainquent pas[/center]
Le 31 mars 2030
[justify]Thorval, Fiémance, Viertenstein, Maok, Schenkennie, Hohenhoff, Alamut, Tel-Mehrat, Tarnosia, Wa, Hokkaido ou encore Kaiyuan. Tous ces États, grands et petits, ont en commun le fait d'avoir un monarque en exercice, qu'il soit puissant comme au Thorval ou presque figuratif comme à Tel-Mehrat. Tous ont allié leur tradition à la modernité – à différents degrés toutefois –, et la plupart de ces États rayonne sur la scène internationale. Le Maok, puissance très émergente d'un Zanyane trop souvent sous-estimé, en est un bon exemple. Avec une croissance économique pour l'année écoulée estimée à 40%, le proche voisin de l'Océania affiche avec fierté sa monarchie, représentée avec vigueur et dynamisme par Ménélok, quatrième du nom. Avec subtilité, le Maok a su, depuis son ouverture sur le monde extérieur, se rapprocher des monarchies alméranes, et en particulier du Viertenstein, allié idéologique, religieux et linguistique – et Dieu sait qu'une langue commune rapproche les peuples, l'OIA le montrant chaque jour. Faisant écho à une Sainte Alliance qui a tristement périclité au milieu des années 2020, les monarchies alméranes se sont unies au sein du Saint-Empire, titre dont a été destitué le Schlessien, et l'émulsion provoquée par un tel rassemblement a sans aucun doute fortement aidé la croissance économique des États en faisant partie. Face aux crises internationales comme celle ayant lieu entre la Schenkennie et la Varlovie, le Saint-Empire a su montrer qu'au contraire d'organisations internationales impersonnelles et trop vastes telles que feue l'Assemblée des États, les monarchies catholiques d'Alméra savent s'unir et apporter autre chose que de la chair à canon dans un conflit qui a déjà causé trop de morts dans les deux camps. Dans la Vallée de Wa – plus connue comme Wapong –, le Parti Monarchiste de Lokfol, siège historique de la monarchie locale, est parvenu, à l'aide d'une coalition parlementaire farouchement opposée aux grands partis que sont le PNM et le SSP, à réinstaller le monarque wapongais grâce à une révision constitutionnelle. Au Tarnosia, c'est suite à des émeutes au sein de la capitale que la monarchie a été restaurée. En Sébaldie, l'ancien Président de la République Sebastiaan van Althuis se présente toujours comme prétendant légitime au trône de Sébaldie, militant pour que la monarchie, là aussi, soit restaurée. La tendance globale est clairement à la monarchisation des sociétés ; un seul État s'impose comme l'exception qui tend à confirmer la règle, le Raksasa, qui s'est épanoui dans une forme constitutionnelle plus adaptée à son immense territoire, la fédération démocratique.
En Cyrénanie, toutefois, sortir de la fédération et de la démocratie afin de retrouver une monarchie apparaît comme un énorme changement, et les citoyens cyrénans sont très peu enclins au changement politique. Leur attitude s'oppose à d'autres comportements, tels celui des citoyens sébaldes, connus pour leur vote changeant et souvent déterminé par les effets à court terme de leur choix, dans un vote sur enjeu qui encourage l'alternance politice, mais aussi le déséquilibre général de la société, ce qu'on retrouve au Gelnan actuellement. Et au Gelnan justement, au milieu du chaos actuel, Ambrosius et Krideric, deux municipalités ont fait sécession de Stranaberg. Alors que la première est contrôlée par une cellule d'auto-défense juive orthodoxe, ce que certains hommes politiques tel-éribains ont très vite félicité, la seconde, et c'est cela qui est intéressant, est devenue le lieu de couronnement de l'héritier de la maison Maksimov, prétendant slave au trône royal de Sébaldie. Ce qui montre bien que la monarchie attire, même et peut-être surtout lors du chaos.
Toutefois, la prospérité et le bonheur dont peuvent se targuer les peuples dotés d'une monarchie ne semblent pas toujours suffir à une restauration. En Cyrénanie, le Parti des Monarchistes (PM) est souvent associé aux divers et locaux partis religieux lors des élections législatives, ce qui pose le problème, persistant, de l'indépendance du monarchisme cyrénan. Vu par la plupart des citoyens comme un parti religieux demandant, en plus d'une théocratie, une monarchie, le PM a du mal à se montrer comme un parti à part entière et n'étant pas – ou plus – allié aux partis religieux. C'est une politique de dédiabolisation qui semble nécessaire au PM. Une politique longue et difficile, mais nécessaire si les monarchistes souhaitent un jour pouvoir l'emporter, et s'ils envisagent le contexte politique de manière rationnelle et non en espérant un miracle restaurateur d'une quelconque autorité du prétendant au trône sur la Cyrénanie et son peuple. Hélas, Ludolf Engel ne semble pas le plus à même de mener une telle politique, et y semble même plutôt opposé, partisan d'un laissez-faire (NdT : en fiémançais dans le texte) qui caractérise, finalement, assez bien l'entièreté de sa carrière publique. En tant que maire, que parlementaire, que ministre, Ludolf Engel n'a jamais brillé par la multitude de ses propositions et son caractère vaillant quand il s'agit de les défendre. Il a souvent préféré s'en remettre à l'avis de ses conseillers, tel un Roi qui serait courtisé et qui pourrait se permettre de cesser de réfléchir. Rien de très convaincant, donc, on le conçoit, pour d'éventuels électeurs.
Deux alternatives s'offre au prétendant au trône, et son inactivité actuelle semble montrer qu'il souhaite prendre en compte les deux et voir avant de s'avancer. En effet, à Tel-Mehrat, certains citoyens souhaitent profiter de la structure de monarchie constitutionnelle pour destituer le Roi Clemens, cousin de la famille royale thorvalienne et Roi rendu légitime par acclamation populaire et de facto lors de l'indépendance du royaume tel-mehrat, puisqu'à ce moment-là, ceux qui contrôlaient le pays – et qui le contrôlent encore, c'est-à-dire les conservateurs – étaient la seule voix audible. Aujourd'hui reconnu par seulement quatre pays (Cyrénanie, Danube, Maok et Viertenstein), le petit royaume voit son rapport de force entre factions politiques évoluer, et le Parti Monarchiste croît tranquillement dans les sondages et avis politiques. Pour les prochaines élections législatives, les choses pourraient tourner mal pour les conservateurs. Et, au pouvoir, les monarchistes aimeraient remplacer Clemens par Syman II, de son véritable nom Syman Kaàcyn, cousin de Ludolf Engel. Héritier méconnu – car reconnu par les tel-mehratis et pas par les cyrénans – de la famille royale cyrénane, l'homme de 37 ans est hélas malade, et ses chances de survie consciente – en dehors du coma, s'entend – sont rarement estimées à plus de quelques dizaines de mois. Ce qui apparaît comme un avantage pour les monarchistes tel-mehratis, qui en profiteraient pour gouverner seuls, en est également pour Ludolf Engel, deuxième sur la liste de succession, qui pourrait attendre patiemment son tour pour prendre la tête du royaume tel-mehrati, ou plus simplement shunter le règne de Syman en s'estimant plus à même de prendre le trône que son cousin, tout en l'associant officiellement. Ludolf Engel attend donc sûrement que les choses évoluent avant de prendre sa décision, immobilisant tout mouvement en sa faveur et toute amélioration de la situation politique actuelle du PM cyrénan.
Enfin, à cette volonté de conservatisme politique, à cette difficulté de définir un prétendant au trône cyrénan et à cette inactivité qu'entretient Ludolf Engel s'ajoute la réceptivité défectueuse des citoyens de la Fédération. Ceux-ci, généralement peu informés de l'activité des petits partis, se fie principalement, pour établir son choix, aux émissions télévisées et au bouche-à-oreille. Par-délà un conservatisme culturel, donc, le manque d'information, biaisée par le bouche-à-oreille et mal répartie à la télévision, est un obstacle important à la montée des idées monarchistes. Car la majorité de la population cyrénane ne sait distinguer la Rostovie du Raksasa – et qui leur en voudrait, les sons sont suffisamment proches pour que la confusion soit raisonnable –, et a donc du mal à voir la prospérité des royaumes de par le monde. Orientés pour un grand nombre dans leur réflexion, les cyrénans réfléchissent et jaugent certains points pendant qu'ils en omettent la plupart, dont la présence des royalistes. Un état de fait qui ne sera pas changé sans politique de remise au goût du jour des propositions du Parti Monarchiste, et surtout sans financement de campagnes publicitaires de grande envergure, tant que Royalglee ne brille pas dans les médias pour son incroyable croissance et le bonheur d'y vivre qui ressort des témoignages de locaux, ou que les problèmes du Parti Monarchiste ne font pas l'objet d'un article dans un quotidien national.[/justify]
[right]Thomas Derington,
Journaliste.[/right]
[center]Malgré le regain de popularité des monarchies dans le monde, les Royalistes cyrénans ne convainquent pas[/center]
Le 31 mars 2030
[justify]Thorval, Fiémance, Viertenstein, Maok, Schenkennie, Hohenhoff, Alamut, Tel-Mehrat, Tarnosia, Wa, Hokkaido ou encore Kaiyuan. Tous ces États, grands et petits, ont en commun le fait d'avoir un monarque en exercice, qu'il soit puissant comme au Thorval ou presque figuratif comme à Tel-Mehrat. Tous ont allié leur tradition à la modernité – à différents degrés toutefois –, et la plupart de ces États rayonne sur la scène internationale. Le Maok, puissance très émergente d'un Zanyane trop souvent sous-estimé, en est un bon exemple. Avec une croissance économique pour l'année écoulée estimée à 40%, le proche voisin de l'Océania affiche avec fierté sa monarchie, représentée avec vigueur et dynamisme par Ménélok, quatrième du nom. Avec subtilité, le Maok a su, depuis son ouverture sur le monde extérieur, se rapprocher des monarchies alméranes, et en particulier du Viertenstein, allié idéologique, religieux et linguistique – et Dieu sait qu'une langue commune rapproche les peuples, l'OIA le montrant chaque jour. Faisant écho à une Sainte Alliance qui a tristement périclité au milieu des années 2020, les monarchies alméranes se sont unies au sein du Saint-Empire, titre dont a été destitué le Schlessien, et l'émulsion provoquée par un tel rassemblement a sans aucun doute fortement aidé la croissance économique des États en faisant partie. Face aux crises internationales comme celle ayant lieu entre la Schenkennie et la Varlovie, le Saint-Empire a su montrer qu'au contraire d'organisations internationales impersonnelles et trop vastes telles que feue l'Assemblée des États, les monarchies catholiques d'Alméra savent s'unir et apporter autre chose que de la chair à canon dans un conflit qui a déjà causé trop de morts dans les deux camps. Dans la Vallée de Wa – plus connue comme Wapong –, le Parti Monarchiste de Lokfol, siège historique de la monarchie locale, est parvenu, à l'aide d'une coalition parlementaire farouchement opposée aux grands partis que sont le PNM et le SSP, à réinstaller le monarque wapongais grâce à une révision constitutionnelle. Au Tarnosia, c'est suite à des émeutes au sein de la capitale que la monarchie a été restaurée. En Sébaldie, l'ancien Président de la République Sebastiaan van Althuis se présente toujours comme prétendant légitime au trône de Sébaldie, militant pour que la monarchie, là aussi, soit restaurée. La tendance globale est clairement à la monarchisation des sociétés ; un seul État s'impose comme l'exception qui tend à confirmer la règle, le Raksasa, qui s'est épanoui dans une forme constitutionnelle plus adaptée à son immense territoire, la fédération démocratique.
En Cyrénanie, toutefois, sortir de la fédération et de la démocratie afin de retrouver une monarchie apparaît comme un énorme changement, et les citoyens cyrénans sont très peu enclins au changement politique. Leur attitude s'oppose à d'autres comportements, tels celui des citoyens sébaldes, connus pour leur vote changeant et souvent déterminé par les effets à court terme de leur choix, dans un vote sur enjeu qui encourage l'alternance politice, mais aussi le déséquilibre général de la société, ce qu'on retrouve au Gelnan actuellement. Et au Gelnan justement, au milieu du chaos actuel, Ambrosius et Krideric, deux municipalités ont fait sécession de Stranaberg. Alors que la première est contrôlée par une cellule d'auto-défense juive orthodoxe, ce que certains hommes politiques tel-éribains ont très vite félicité, la seconde, et c'est cela qui est intéressant, est devenue le lieu de couronnement de l'héritier de la maison Maksimov, prétendant slave au trône royal de Sébaldie. Ce qui montre bien que la monarchie attire, même et peut-être surtout lors du chaos.
Toutefois, la prospérité et le bonheur dont peuvent se targuer les peuples dotés d'une monarchie ne semblent pas toujours suffir à une restauration. En Cyrénanie, le Parti des Monarchistes (PM) est souvent associé aux divers et locaux partis religieux lors des élections législatives, ce qui pose le problème, persistant, de l'indépendance du monarchisme cyrénan. Vu par la plupart des citoyens comme un parti religieux demandant, en plus d'une théocratie, une monarchie, le PM a du mal à se montrer comme un parti à part entière et n'étant pas – ou plus – allié aux partis religieux. C'est une politique de dédiabolisation qui semble nécessaire au PM. Une politique longue et difficile, mais nécessaire si les monarchistes souhaitent un jour pouvoir l'emporter, et s'ils envisagent le contexte politique de manière rationnelle et non en espérant un miracle restaurateur d'une quelconque autorité du prétendant au trône sur la Cyrénanie et son peuple. Hélas, Ludolf Engel ne semble pas le plus à même de mener une telle politique, et y semble même plutôt opposé, partisan d'un laissez-faire (NdT : en fiémançais dans le texte) qui caractérise, finalement, assez bien l'entièreté de sa carrière publique. En tant que maire, que parlementaire, que ministre, Ludolf Engel n'a jamais brillé par la multitude de ses propositions et son caractère vaillant quand il s'agit de les défendre. Il a souvent préféré s'en remettre à l'avis de ses conseillers, tel un Roi qui serait courtisé et qui pourrait se permettre de cesser de réfléchir. Rien de très convaincant, donc, on le conçoit, pour d'éventuels électeurs.
Deux alternatives s'offre au prétendant au trône, et son inactivité actuelle semble montrer qu'il souhaite prendre en compte les deux et voir avant de s'avancer. En effet, à Tel-Mehrat, certains citoyens souhaitent profiter de la structure de monarchie constitutionnelle pour destituer le Roi Clemens, cousin de la famille royale thorvalienne et Roi rendu légitime par acclamation populaire et de facto lors de l'indépendance du royaume tel-mehrat, puisqu'à ce moment-là, ceux qui contrôlaient le pays – et qui le contrôlent encore, c'est-à-dire les conservateurs – étaient la seule voix audible. Aujourd'hui reconnu par seulement quatre pays (Cyrénanie, Danube, Maok et Viertenstein), le petit royaume voit son rapport de force entre factions politiques évoluer, et le Parti Monarchiste croît tranquillement dans les sondages et avis politiques. Pour les prochaines élections législatives, les choses pourraient tourner mal pour les conservateurs. Et, au pouvoir, les monarchistes aimeraient remplacer Clemens par Syman II, de son véritable nom Syman Kaàcyn, cousin de Ludolf Engel. Héritier méconnu – car reconnu par les tel-mehratis et pas par les cyrénans – de la famille royale cyrénane, l'homme de 37 ans est hélas malade, et ses chances de survie consciente – en dehors du coma, s'entend – sont rarement estimées à plus de quelques dizaines de mois. Ce qui apparaît comme un avantage pour les monarchistes tel-mehratis, qui en profiteraient pour gouverner seuls, en est également pour Ludolf Engel, deuxième sur la liste de succession, qui pourrait attendre patiemment son tour pour prendre la tête du royaume tel-mehrati, ou plus simplement shunter le règne de Syman en s'estimant plus à même de prendre le trône que son cousin, tout en l'associant officiellement. Ludolf Engel attend donc sûrement que les choses évoluent avant de prendre sa décision, immobilisant tout mouvement en sa faveur et toute amélioration de la situation politique actuelle du PM cyrénan.
Enfin, à cette volonté de conservatisme politique, à cette difficulté de définir un prétendant au trône cyrénan et à cette inactivité qu'entretient Ludolf Engel s'ajoute la réceptivité défectueuse des citoyens de la Fédération. Ceux-ci, généralement peu informés de l'activité des petits partis, se fie principalement, pour établir son choix, aux émissions télévisées et au bouche-à-oreille. Par-délà un conservatisme culturel, donc, le manque d'information, biaisée par le bouche-à-oreille et mal répartie à la télévision, est un obstacle important à la montée des idées monarchistes. Car la majorité de la population cyrénane ne sait distinguer la Rostovie du Raksasa – et qui leur en voudrait, les sons sont suffisamment proches pour que la confusion soit raisonnable –, et a donc du mal à voir la prospérité des royaumes de par le monde. Orientés pour un grand nombre dans leur réflexion, les cyrénans réfléchissent et jaugent certains points pendant qu'ils en omettent la plupart, dont la présence des royalistes. Un état de fait qui ne sera pas changé sans politique de remise au goût du jour des propositions du Parti Monarchiste, et surtout sans financement de campagnes publicitaires de grande envergure, tant que Royalglee ne brille pas dans les médias pour son incroyable croissance et le bonheur d'y vivre qui ressort des témoignages de locaux, ou que les problèmes du Parti Monarchiste ne font pas l'objet d'un article dans un quotidien national.[/justify]
[right]Thomas Derington,
Journaliste.[/right]
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Iskupitel
[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/948522McGillsPoliticsentte.png[/img][/center]
[center]« Je ne me représenterai pas » annonce Françisco Bolotte[/center]
Le 3 avril 2030
[justify]Cela fait quinze ans que l'homme, originaire de Piódão (État de Lorestan) occupe le poste de Vice-Président Fédéral. Considéré comme un homme intègre et sans faille, il a vu le mandat d'Ern Layton, d'Efhrem Attinc et d'Abraham Fusterhyde, a vu les ministres, les scandales, les guerres et les événements en tout genre se succéder. À moins de deux mois des élections des Sénats d'État, qui élisent le Vice-Président, Françisco Bolotte, deuxième tête de l'exécutif, garant institutionnel qui représente les États membres au sein des plus hautes sphères de l'État, est décrit largement favori parmi les futurs Sénats d'État. Pour cet entretien, j'ai été reçu par M. Bolotte dans le petit salon de son lieu de travail, Breckenridge Palace.[/justify]
[right]— HARRY SHATTERHAM[/right]
[center]« Je ne me représenterai pas » annonce Françisco Bolotte[/center]
Le 3 avril 2030
[justify]Cela fait quinze ans que l'homme, originaire de Piódão (État de Lorestan) occupe le poste de Vice-Président Fédéral. Considéré comme un homme intègre et sans faille, il a vu le mandat d'Ern Layton, d'Efhrem Attinc et d'Abraham Fusterhyde, a vu les ministres, les scandales, les guerres et les événements en tout genre se succéder. À moins de deux mois des élections des Sénats d'État, qui élisent le Vice-Président, Françisco Bolotte, deuxième tête de l'exécutif, garant institutionnel qui représente les États membres au sein des plus hautes sphères de l'État, est décrit largement favori parmi les futurs Sénats d'État. Pour cet entretien, j'ai été reçu par M. Bolotte dans le petit salon de son lieu de travail, Breckenridge Palace.[/justify]
- Vous êtes né dans une petite ville du district de Piódão, dans l'État de Lorestan, en 1948, de parents d'origine valacide. Votre langue maternelle est donc le valacide. Que pensez-vous de l'intégration des gens qui, comme vous, ne parlent pas l'adélien, dans la fédération ?
- Vous êtes souvent considéré comme étant de l'aile gauche du Parti Nationaliste-Conservateur, que pensez-vous de ce qualificatif, et où vous voyez-vous dans le spectre politique ?
- Êtes-vous confiant pour votre réélection ? N'y a-t-il pas d'autres candidats, peut-être plus jeunes, qui pourraient vous remplacer au détour d'un vote qui vous serait défavorable ?
- Alors justement, vous avez vécu et travaillé dans ce Palais de Breckenridge, en côtoyant les plus grands hommes de la Fédération et en assistant aux plus grands événements de notre histoire, pendant quinze années. Que retirez-vous de votre expérience à cette fonction ?
- Avez-vous prévu de vous retirer pleinement ou de briguer un autre poste, peut-être de revenir à un poste d'élu municipal, plus proche du peuple, comme le font souvent des ministres et autres hauts personnages ?
[right]— HARRY SHATTERHAM[/right]
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Iskupitel
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[center]« 1st Article », première entreprise subventionnée par l'OIA[/center]
Le 19 avril 2030
[justify]C'est sur la devanture boisée, recouvrant l'ancienne bâtisse citadine, que trône, fièrement, l'enseigne « 1st Article ». Visible de partout dans cette petite rue en pente dont elle est le heurtoir, l'enseigne est flambant neuve, n'hésitant pas à exhiber ses couleurs un peu criardes, à l'adélienne, présentant les quelques lettres sobres, mais accrocheuses. Lorsque l'on passe à proximité de l'endroit, on a forcément envie d'aller voir de plus près, d'y entrer, d'explorer. Comme un clin d'œil bien placé, la rue se nomme « 1st Street ». Un nom inhabituel dans les villes cyrénanes, qui montre simplement que, contrairement au clin d'œil, la rue, elle, n'est pas bien placée, car elle ne dispose pas même d'un nom, seulement d'un numéro. Elle est excentrée, perdue entre deux avenues principales, boudée par les transports en commun, et rares sont ceux qui s'aventurent jusqu'ici sans s'être perdus. Dans ces conditions, il est nécessaire que l'enseigne soit criarde et visible. L'objectif est de conquérir les clients avant même qu'ils n'entrent dans la boutique. Et pour créer le désir et intriguer les passants, il était essentiel que l'échoppe ressemble à tout. Si le badaud cherchait un magasin de chaussures, il devait penser que c'en était un. Et si son compagnon de voyage était à la recherche, pour sa part, d'un sex shop, il devait également être persuadé de trouver son bonheur à l'intérieur. Car une fois entrés, c'était au franc parler et à la mine sympathique du patron de monter sur la scène. L'enseigne avait fait sa part, place maintenant au charisme humain de George Mattson.
Cet ancien joueur de hockey sur glace n'a pas eu une grande carrière, quand bien même il avait été sélectionné dans un des grands clubs tel-éribains, celui d'Akko. Là-bas, les moyens du club étaient médiocres, car la richesse ne débordait pas des petites maisons en bois réchauffées au poêle lors des longues nuits d'hiver polaire. Mais les gens étaient passionnés, et les conditions permettaient de s'entraîner à tout moment dans son jardin ; il suffisait simplement d'avoir ses patins et sa crosse pas trop loin de soi, et très vite un match local s'improvisait contre les fermiers du coin. Hélas, l'Akko Hockey Club ferma deux ans plus tard, laissant George Mattson et son amour du hockey sur le carreau. Après avoir travaillé quelques mois dans une exploitation locale où, à grand renfort de serres et de chaleurs étouffantes, l'on faisait pousser du cannabis, que l'on empaquetait avant de l'envoyer au supermarché voisin pour qu'un produit le plus frais possible soit toujours en tête de gondole, George Mattson réussit à faire suffisamment d'économies pour repartir dans sa ville natale, Rummidge, dans l'État de Tritika, en Cyrénanie. Une région paysanne à la capitale paysanne. George Mattson, malgré sa joie d'être de retour chez lui, où il put revoir son frère sorti de prison, ne tint pas plus de 6 mois. Il était persuadé avoir besoin de grand air, de froid, et se prenait souvent à se souvenir de ces mois passés dans le noir, où l'on se réchauffait sans cesse et sans jamais vraiment retrouver la chaleur que l'on cherchait à atteindre. À Rummidge, même si les choses allaient mieux, économiquement, que lorsqu'il était plus jeune, l'on pouvait croire que l'industrialisation était une fable, ou tout du moins un privilège réservé aux plus riches, la masse des habitants se déplaçant encore en charrette, revêtait des tissus poisseux, vivait une vie morne et figée dans le temps ; la ville était un rendez-vous des paysans malpropres, et ils étaient venus très nombreux. S'il en avait fait partie étant enfant, George Mattson ne parvenait plus à accepter un tel monde. Il trouva un petit emploi dans une supérette, et quitta l'endroit dès que possible, pour se rendre à New Meneheran. Après avoir baragouiné hébreu à Akko et parlé un adélien campagnard à Rummidge, la plus grande ville de Cyrénanie l'accueillit à bras ouverts, avec son adélien à l'accent cyrénan, plus lent, insistant sur les voyelles longues, s'attardant sur les syllabes accentuées, prenant le temps de séparer les mots.
Lorsqu'il s'installa dans la capitale de l'État de Victoria, en 2028, il commença par chercher du travail, en vain. N'ayant presque aucune expérience et un cursus d'études s'arrêtant à ses 18 ans, et le nombre de personnes venant comme lui chercher un avenir dans cette capitale du « self advancement », ce concept individualiste estimant que chacun ne peut réussir qu'en faisant confiance à lui-même, donc en s'élevant seul aux échelons supérieurs, un par un, avant d'atteindre l'échelon suprême, il n'était guère compétitif, et dut donc s'endetter auprès d'une banque tel-éribaine peu regardante pour continuer à vivre sur place, dans un appartement digne des plus petits appartements sébaldes, en sous-location, et à côté d'un terminal pétrolier, où régnait sans cesse une odeur d'essence, plus due aux engins de chantier travaillant jour et nuit dans un vacarme assourdissant qu'au pérole lui-même, et où sa journée était rythmée par les pauses cigarette imposées aux ouvriers. La cigarette n'est pas obligatoire, certes, mais le laps de temps pour en fumer une l'est, et ce depuis le 1er janvier 2028, après qu'une association de protection des salariés des docks et terminaux pétroliers ait formulé un recours devant la Commission du Parlement Fédéral en charge du droit des salariés. Le problème de santé publique étant moins préoccupant que les conditions de travail des dockers, aux horaires infernaux et à la mutuelle inexistante, le Parlement Fédéral a eu tôt fait d'étouffer l'affaire en accordant une pause cigarette obligatoire, de dix minutes toutes les heures. L'affaire fut réglée, personne n'en parla aux informations, et les dockers, considérés comme les plus grands fumeurs de Cyrénanie, étaient contentés. Seuls les gens comme George Mattson, qui vivaient aux alentours des docks et terminaux pétroliers, l'ont remarqué. Et le Tritikan, qui avait alors 29 ans, se retrouvait obligé de se fier à ces pauses obligatoires pour connaître l'heure, n'ayant ni horloge, ni téléphone, ni même de fenêtre pouvant amener un peu de soleil, ce qui lui aurait permis de bricoler un cadran solaire. Mais si physiquement il souffrait de ces mauvaises conditions de vie, en son for intérieur il était bien plus heureux qu'à Rummidge, et peut-être plus qu'à Akko. S'il n'avait pas la neige et le grand air, au moins il avait le rêve.
Fin août 2029, George Mattson a l'idée de fonder une boutique d'articles de sport. En plus du hockey sur glace, il a dans sa jeunesse pratiqué le rugby, le cricket et le tennis. Une fois de temps en temps, pas davantage, mais il savait qu'il y avait beaucoup de choses à vendre à ceux qui voudraient en faire, et en écumant les boutiques de New Meneheran, il n'avait pas trouvé de véritable qualité dans les objets présentés. La plupart étaient produits en Cyrénanie, certains, les pires, étaient produits à Tel-Dehat. Les prix étaient intéressants, certes, mais il savait que les raquettes de tennis ne tiendraient pas plus de trois matches, pas plus que les crampons des chaussures de rugby ne tiendraient le coup après quelques mêlées ; et autant ne pas parler des protège-dents, équiper les rugbymen avec ceux qui étaient en vente était presque criminel, à son goût, tant la protection offerte par les morceaux de plastique allégé était réduite. Il avait donc pour projet, lui le paysan de Rummidge, de créer cette boutique d'équipement sportif de qualité. Mais vendre des objets sans appartenir à une chaîne, surtout si ces objets sont largement plus chers que la concurrence et si la boutique est mal située, car George ne disposait que de peu de fonds et de possibilités d'emprunt, c'était quasiment impossible. Avant même d'accueillir le premier client, il aurait été en faillite et obligé de rembourser son emprunt à la seule banque qui aurait accepté de lui prêter : la banque tel-éribaine chez qui il était déjà allé, qui selon ses dires est entretenue par la mafia hébraïque. Un groupe auquel il vaut mieux ne pas être lié, de près ou de loin. S'il n'avait pas eu le choix la première fois, il avait depuis peu une autre possibilité, et cela lui demandait seulement une petite modification à effectuer dans ses plans. Ainsi, la boutique de George Mattson ne fait pas que vendre des équipements sportifs, elle propose également des cours d'adélien.
Si George Mattson a nommé son magasin « 1st Article », c'est en référence au premier article, chapitre III, du traité fondateur de l'OIA, qui annonce une « certaine somme à visée philanthropique » dans le budget de l'Adélophonie, qui sera répartie entre les initiatives locales faisant prospérer l'adélien et sa culture. L'ancien hockeyeur, même s'il n'a pas le meilleur accent de l'Île du Prince, n'a jamais eu de problème à apprendre d'autres langues, et se faisait payer quelques dizaines de couronnes en apprenant à certains enfants akkotes les rudiments d'adélien, afin qu'ils puissent ensuite avoir un avenir qui ne serait pas limité à Tel-Érib. À New Meneheran, le nombre de personnes parlant adélien est relativement faible, et il y avait là un marché à exploiter, pour l'ambitieux tritikan. En effet, la capitale victoriane abritait plus de 10% de personnes ne parlant pas un traître mot d'adélien, et 18% de ses habitants baragouinait la langue locale. Première ville d'arrivée pour la plupart des immigrants, mais aussi ville de tous les possibles pour les adeptes du self-advancement, la multiculturalité est une composant majeure de la ville. L'OIA demande à ce que les États membres, dont fait partie la Cyrénanie, parviennent à un objectif qui est la maîtrise écrite et orale de l'adélien. Le gouvernement fédéral, attaché électoralement à la muticulturalité, et donc aux autres langues, avait besoin de temps pour mettre en place un plan permettant de proposer à tous des cours d'adélien, ce qui devrait se faire après les élections législatives de septembre 2030, si tout se passe bien pour la majorité présidentielle. En attendant, les initiatives comme celle de George Mattson sont typiquement celles qu'attendent les fonctionnaires de l'OIA, mais aussi les parlementaires de tout bord politique et certaines grandes fortunes, qui ainsi peuvent employer davantage sans devoir fournir des cours d'adélien à l'embauche. George Mattson remplit un formulaire qu'il envoya à Lynnsbury Mansion, le siège de l'OIA, et l'organisation adélophone lui versa une subvention. S'il préfére garder le détail de la somme secret, le tritikan d'aujourd'hui 31 ans m'assure, un sourire au coin de ses lèvres, que c'était largement suffisant pour acheter un local pas trop bien situé, quelque part au bout de la 1st Street, constituer un fond de commerce et se constituer malgré tout quelques mois de salaire afin de ne pas être sans le sou le temps que la boutique se fasse connaître.
Et le bouche-à-oreille fonctionna. Ainsi, tous les mardis, au soir, l'arrière-boutique se transforme en salle de classe dirigée par un hockeyeur de 31 ans, large comme la porte et plus haut que tous ses élèves, composée d'immigrés de toute provenance : sébaldes, franconiens, danubois, khaldidanais ou encore tel-dehati. Ils ne sont pas pauvres, et l'un d'entre eux, un sébalde, se permet même de parader au volant de sa Carrerov. Tous sont obligés de vivre à New Meneheran, mais ils ne parlent pas suffisamment bien adélien pour s'intégrer correctement. Henri, originaire de Prétorus, capitale franconienne, est arrivé il y a seulement quelques mois dans la capitale victoriane. Au départ, il était simplement muté au sein d'une filiale de l'entreprise de télécommunication de laquelle il était salarié ; mais lorsque ses nouveaux supérieurs se rendirent compte qu'il ne parlait pas du tout adélien et ne le comprenait pas davantage, ils s'en séparèrent. Hélas, Henri ayant déjà amené sa famille à New Meneheran, il ne pouvait guère quitter le pays et revenir en Franconie, où le marché du travail était plus fermé que jamais, et où la structure politique était en grande instabilité. Par la force des choses, il resta donc à New Meneheran, cherchant un travail. Il en trouva plusieurs, mais tous lui fermèrent la porte car il ne parlait pas suffisamment bien adélien. L'annonce de George Mattson, qui était publiée dans un petit journal local, tomba à point nommé, et ses compétences longuistiques se sont, depuis, largement améliorées. Il m'expliqua ses déboirs et ses projets dans un adélien à l'accent irrgulier mais au vocabulaire souple, hésitant sur quelques mots plus complexes mais parvenant à exprimer ses idées sans trop faire de détours. Après avoir raconté son histoire, il passa quelques minutes à remercier George Mattson de plusieurs manières, et finit, franchissant la porte de la boutique, en lançant un “Long live IOA!” (« Vive l'OIA !») démontrant une reconnaissance réelle. Henri reviendra jeudi soir, car le professeur improvisé organise une soirée cinéma, avec à l'affiche « Queen Victoria », ce film culte retraçant la vie de la reine adélienne du XIXe siècle. En adélien sous-titré adélien, bien entendu, car l'objectif est toujours de faire apprendre du vocabulaire, des tournures de phrase et des expressions aux attentifs et volontaires élèves, qui en profiteront sans aucun doute pour en apprendre davantage sur la culture adélienne.
Si les affaires ne sont pas encore parfaitement rentables, George Mattson arrondit largement ses fins de mois grâce à ces cours du soir pour immigrés de la classe moyenne. Il envisage d'embaucher bientôt quelqu'un pour l'aider à tenir la boutique, et a pu rembourser son prêt à la mafia tel-éribaine. S'il n'est toujours pas retourné à Akko, c'est car il n'en ressent plus le besoin. « L'OIA m'a offert l'argent qu'il me fallait, et avec les taux de douane réduits pour les articles de sport adélien, je peux faire produire à l'étranger plus facilement, afin d'avoir des produits de meilleure qualité. À Akko, j'aurais eu le grand air et beaucoup plus de clients pour mes cours du soir, mais à New Meneheran j'ai tout le reste. »[/justify]
[right]John Walker,
Journaliste.[/right]
[center]« 1st Article », première entreprise subventionnée par l'OIA[/center]
Le 19 avril 2030
[justify]C'est sur la devanture boisée, recouvrant l'ancienne bâtisse citadine, que trône, fièrement, l'enseigne « 1st Article ». Visible de partout dans cette petite rue en pente dont elle est le heurtoir, l'enseigne est flambant neuve, n'hésitant pas à exhiber ses couleurs un peu criardes, à l'adélienne, présentant les quelques lettres sobres, mais accrocheuses. Lorsque l'on passe à proximité de l'endroit, on a forcément envie d'aller voir de plus près, d'y entrer, d'explorer. Comme un clin d'œil bien placé, la rue se nomme « 1st Street ». Un nom inhabituel dans les villes cyrénanes, qui montre simplement que, contrairement au clin d'œil, la rue, elle, n'est pas bien placée, car elle ne dispose pas même d'un nom, seulement d'un numéro. Elle est excentrée, perdue entre deux avenues principales, boudée par les transports en commun, et rares sont ceux qui s'aventurent jusqu'ici sans s'être perdus. Dans ces conditions, il est nécessaire que l'enseigne soit criarde et visible. L'objectif est de conquérir les clients avant même qu'ils n'entrent dans la boutique. Et pour créer le désir et intriguer les passants, il était essentiel que l'échoppe ressemble à tout. Si le badaud cherchait un magasin de chaussures, il devait penser que c'en était un. Et si son compagnon de voyage était à la recherche, pour sa part, d'un sex shop, il devait également être persuadé de trouver son bonheur à l'intérieur. Car une fois entrés, c'était au franc parler et à la mine sympathique du patron de monter sur la scène. L'enseigne avait fait sa part, place maintenant au charisme humain de George Mattson.
Cet ancien joueur de hockey sur glace n'a pas eu une grande carrière, quand bien même il avait été sélectionné dans un des grands clubs tel-éribains, celui d'Akko. Là-bas, les moyens du club étaient médiocres, car la richesse ne débordait pas des petites maisons en bois réchauffées au poêle lors des longues nuits d'hiver polaire. Mais les gens étaient passionnés, et les conditions permettaient de s'entraîner à tout moment dans son jardin ; il suffisait simplement d'avoir ses patins et sa crosse pas trop loin de soi, et très vite un match local s'improvisait contre les fermiers du coin. Hélas, l'Akko Hockey Club ferma deux ans plus tard, laissant George Mattson et son amour du hockey sur le carreau. Après avoir travaillé quelques mois dans une exploitation locale où, à grand renfort de serres et de chaleurs étouffantes, l'on faisait pousser du cannabis, que l'on empaquetait avant de l'envoyer au supermarché voisin pour qu'un produit le plus frais possible soit toujours en tête de gondole, George Mattson réussit à faire suffisamment d'économies pour repartir dans sa ville natale, Rummidge, dans l'État de Tritika, en Cyrénanie. Une région paysanne à la capitale paysanne. George Mattson, malgré sa joie d'être de retour chez lui, où il put revoir son frère sorti de prison, ne tint pas plus de 6 mois. Il était persuadé avoir besoin de grand air, de froid, et se prenait souvent à se souvenir de ces mois passés dans le noir, où l'on se réchauffait sans cesse et sans jamais vraiment retrouver la chaleur que l'on cherchait à atteindre. À Rummidge, même si les choses allaient mieux, économiquement, que lorsqu'il était plus jeune, l'on pouvait croire que l'industrialisation était une fable, ou tout du moins un privilège réservé aux plus riches, la masse des habitants se déplaçant encore en charrette, revêtait des tissus poisseux, vivait une vie morne et figée dans le temps ; la ville était un rendez-vous des paysans malpropres, et ils étaient venus très nombreux. S'il en avait fait partie étant enfant, George Mattson ne parvenait plus à accepter un tel monde. Il trouva un petit emploi dans une supérette, et quitta l'endroit dès que possible, pour se rendre à New Meneheran. Après avoir baragouiné hébreu à Akko et parlé un adélien campagnard à Rummidge, la plus grande ville de Cyrénanie l'accueillit à bras ouverts, avec son adélien à l'accent cyrénan, plus lent, insistant sur les voyelles longues, s'attardant sur les syllabes accentuées, prenant le temps de séparer les mots.
Lorsqu'il s'installa dans la capitale de l'État de Victoria, en 2028, il commença par chercher du travail, en vain. N'ayant presque aucune expérience et un cursus d'études s'arrêtant à ses 18 ans, et le nombre de personnes venant comme lui chercher un avenir dans cette capitale du « self advancement », ce concept individualiste estimant que chacun ne peut réussir qu'en faisant confiance à lui-même, donc en s'élevant seul aux échelons supérieurs, un par un, avant d'atteindre l'échelon suprême, il n'était guère compétitif, et dut donc s'endetter auprès d'une banque tel-éribaine peu regardante pour continuer à vivre sur place, dans un appartement digne des plus petits appartements sébaldes, en sous-location, et à côté d'un terminal pétrolier, où régnait sans cesse une odeur d'essence, plus due aux engins de chantier travaillant jour et nuit dans un vacarme assourdissant qu'au pérole lui-même, et où sa journée était rythmée par les pauses cigarette imposées aux ouvriers. La cigarette n'est pas obligatoire, certes, mais le laps de temps pour en fumer une l'est, et ce depuis le 1er janvier 2028, après qu'une association de protection des salariés des docks et terminaux pétroliers ait formulé un recours devant la Commission du Parlement Fédéral en charge du droit des salariés. Le problème de santé publique étant moins préoccupant que les conditions de travail des dockers, aux horaires infernaux et à la mutuelle inexistante, le Parlement Fédéral a eu tôt fait d'étouffer l'affaire en accordant une pause cigarette obligatoire, de dix minutes toutes les heures. L'affaire fut réglée, personne n'en parla aux informations, et les dockers, considérés comme les plus grands fumeurs de Cyrénanie, étaient contentés. Seuls les gens comme George Mattson, qui vivaient aux alentours des docks et terminaux pétroliers, l'ont remarqué. Et le Tritikan, qui avait alors 29 ans, se retrouvait obligé de se fier à ces pauses obligatoires pour connaître l'heure, n'ayant ni horloge, ni téléphone, ni même de fenêtre pouvant amener un peu de soleil, ce qui lui aurait permis de bricoler un cadran solaire. Mais si physiquement il souffrait de ces mauvaises conditions de vie, en son for intérieur il était bien plus heureux qu'à Rummidge, et peut-être plus qu'à Akko. S'il n'avait pas la neige et le grand air, au moins il avait le rêve.
Fin août 2029, George Mattson a l'idée de fonder une boutique d'articles de sport. En plus du hockey sur glace, il a dans sa jeunesse pratiqué le rugby, le cricket et le tennis. Une fois de temps en temps, pas davantage, mais il savait qu'il y avait beaucoup de choses à vendre à ceux qui voudraient en faire, et en écumant les boutiques de New Meneheran, il n'avait pas trouvé de véritable qualité dans les objets présentés. La plupart étaient produits en Cyrénanie, certains, les pires, étaient produits à Tel-Dehat. Les prix étaient intéressants, certes, mais il savait que les raquettes de tennis ne tiendraient pas plus de trois matches, pas plus que les crampons des chaussures de rugby ne tiendraient le coup après quelques mêlées ; et autant ne pas parler des protège-dents, équiper les rugbymen avec ceux qui étaient en vente était presque criminel, à son goût, tant la protection offerte par les morceaux de plastique allégé était réduite. Il avait donc pour projet, lui le paysan de Rummidge, de créer cette boutique d'équipement sportif de qualité. Mais vendre des objets sans appartenir à une chaîne, surtout si ces objets sont largement plus chers que la concurrence et si la boutique est mal située, car George ne disposait que de peu de fonds et de possibilités d'emprunt, c'était quasiment impossible. Avant même d'accueillir le premier client, il aurait été en faillite et obligé de rembourser son emprunt à la seule banque qui aurait accepté de lui prêter : la banque tel-éribaine chez qui il était déjà allé, qui selon ses dires est entretenue par la mafia hébraïque. Un groupe auquel il vaut mieux ne pas être lié, de près ou de loin. S'il n'avait pas eu le choix la première fois, il avait depuis peu une autre possibilité, et cela lui demandait seulement une petite modification à effectuer dans ses plans. Ainsi, la boutique de George Mattson ne fait pas que vendre des équipements sportifs, elle propose également des cours d'adélien.
Si George Mattson a nommé son magasin « 1st Article », c'est en référence au premier article, chapitre III, du traité fondateur de l'OIA, qui annonce une « certaine somme à visée philanthropique » dans le budget de l'Adélophonie, qui sera répartie entre les initiatives locales faisant prospérer l'adélien et sa culture. L'ancien hockeyeur, même s'il n'a pas le meilleur accent de l'Île du Prince, n'a jamais eu de problème à apprendre d'autres langues, et se faisait payer quelques dizaines de couronnes en apprenant à certains enfants akkotes les rudiments d'adélien, afin qu'ils puissent ensuite avoir un avenir qui ne serait pas limité à Tel-Érib. À New Meneheran, le nombre de personnes parlant adélien est relativement faible, et il y avait là un marché à exploiter, pour l'ambitieux tritikan. En effet, la capitale victoriane abritait plus de 10% de personnes ne parlant pas un traître mot d'adélien, et 18% de ses habitants baragouinait la langue locale. Première ville d'arrivée pour la plupart des immigrants, mais aussi ville de tous les possibles pour les adeptes du self-advancement, la multiculturalité est une composant majeure de la ville. L'OIA demande à ce que les États membres, dont fait partie la Cyrénanie, parviennent à un objectif qui est la maîtrise écrite et orale de l'adélien. Le gouvernement fédéral, attaché électoralement à la muticulturalité, et donc aux autres langues, avait besoin de temps pour mettre en place un plan permettant de proposer à tous des cours d'adélien, ce qui devrait se faire après les élections législatives de septembre 2030, si tout se passe bien pour la majorité présidentielle. En attendant, les initiatives comme celle de George Mattson sont typiquement celles qu'attendent les fonctionnaires de l'OIA, mais aussi les parlementaires de tout bord politique et certaines grandes fortunes, qui ainsi peuvent employer davantage sans devoir fournir des cours d'adélien à l'embauche. George Mattson remplit un formulaire qu'il envoya à Lynnsbury Mansion, le siège de l'OIA, et l'organisation adélophone lui versa une subvention. S'il préfére garder le détail de la somme secret, le tritikan d'aujourd'hui 31 ans m'assure, un sourire au coin de ses lèvres, que c'était largement suffisant pour acheter un local pas trop bien situé, quelque part au bout de la 1st Street, constituer un fond de commerce et se constituer malgré tout quelques mois de salaire afin de ne pas être sans le sou le temps que la boutique se fasse connaître.
Et le bouche-à-oreille fonctionna. Ainsi, tous les mardis, au soir, l'arrière-boutique se transforme en salle de classe dirigée par un hockeyeur de 31 ans, large comme la porte et plus haut que tous ses élèves, composée d'immigrés de toute provenance : sébaldes, franconiens, danubois, khaldidanais ou encore tel-dehati. Ils ne sont pas pauvres, et l'un d'entre eux, un sébalde, se permet même de parader au volant de sa Carrerov. Tous sont obligés de vivre à New Meneheran, mais ils ne parlent pas suffisamment bien adélien pour s'intégrer correctement. Henri, originaire de Prétorus, capitale franconienne, est arrivé il y a seulement quelques mois dans la capitale victoriane. Au départ, il était simplement muté au sein d'une filiale de l'entreprise de télécommunication de laquelle il était salarié ; mais lorsque ses nouveaux supérieurs se rendirent compte qu'il ne parlait pas du tout adélien et ne le comprenait pas davantage, ils s'en séparèrent. Hélas, Henri ayant déjà amené sa famille à New Meneheran, il ne pouvait guère quitter le pays et revenir en Franconie, où le marché du travail était plus fermé que jamais, et où la structure politique était en grande instabilité. Par la force des choses, il resta donc à New Meneheran, cherchant un travail. Il en trouva plusieurs, mais tous lui fermèrent la porte car il ne parlait pas suffisamment bien adélien. L'annonce de George Mattson, qui était publiée dans un petit journal local, tomba à point nommé, et ses compétences longuistiques se sont, depuis, largement améliorées. Il m'expliqua ses déboirs et ses projets dans un adélien à l'accent irrgulier mais au vocabulaire souple, hésitant sur quelques mots plus complexes mais parvenant à exprimer ses idées sans trop faire de détours. Après avoir raconté son histoire, il passa quelques minutes à remercier George Mattson de plusieurs manières, et finit, franchissant la porte de la boutique, en lançant un “Long live IOA!” (« Vive l'OIA !») démontrant une reconnaissance réelle. Henri reviendra jeudi soir, car le professeur improvisé organise une soirée cinéma, avec à l'affiche « Queen Victoria », ce film culte retraçant la vie de la reine adélienne du XIXe siècle. En adélien sous-titré adélien, bien entendu, car l'objectif est toujours de faire apprendre du vocabulaire, des tournures de phrase et des expressions aux attentifs et volontaires élèves, qui en profiteront sans aucun doute pour en apprendre davantage sur la culture adélienne.
Si les affaires ne sont pas encore parfaitement rentables, George Mattson arrondit largement ses fins de mois grâce à ces cours du soir pour immigrés de la classe moyenne. Il envisage d'embaucher bientôt quelqu'un pour l'aider à tenir la boutique, et a pu rembourser son prêt à la mafia tel-éribaine. S'il n'est toujours pas retourné à Akko, c'est car il n'en ressent plus le besoin. « L'OIA m'a offert l'argent qu'il me fallait, et avec les taux de douane réduits pour les articles de sport adélien, je peux faire produire à l'étranger plus facilement, afin d'avoir des produits de meilleure qualité. À Akko, j'aurais eu le grand air et beaucoup plus de clients pour mes cours du soir, mais à New Meneheran j'ai tout le reste. »[/justify]
[right]John Walker,
Journaliste.[/right]