- Faction jouée : Faction royaliste slave
- Municipalité jouée : Krideric
- Moyens utilisés : Approche de la mairesse de Krideric pour la rallier, couronnement royal, proclamation du Royaume de Sébaldie, prise de pouvoir concrète et mise en application des premières mesures
Cette fois, ça y était. La guerre pouvait bien embraser Ambrosius, au nord-ouest, à Krideric, les choses étaient différentes : les royalistes étaient en position de force, et nul, pour l'instant, n'était en mesure de les contester suffisamment pour leur porter atteinte, fut-ce par les armes, à moins de mobiliser une véritable armée. La majorité de la population s'était laissée convaincre par les discours successifs du prince héritier présomptif, au point de concrétiser une nouvelle réalité, une réalité où ce titre n'avait plus rien de présomptif, ou d'hypothétique, comme avaient longtemps dis les ennemis de la monarchie slave. La majorité de la population, au-delà du clivage qu'avaient voulu créé les identitaires entre « gentils sébaldes de souches » et « mauvais immigrés », s'était laissée portée par l'idéologie royaliste, et, autant par peur de voir le chaos d'Ambrosius gagner la municipalité que par envie de dire non au pourrissement gouvernemental qui prenait de plus en plus le pas en Sébaldie, cette même population était prête à franchir le dernier pas.
Comme pour faire souffler un vent plus favorable encore dans les ailes des royalistes, une nouvelle était tombée un peu plus tôt : Goran Horandson, fidèle à sa réputation d'agent du chaos en général, d'homme toujours prêt à faire les choix les plus mauvais pour la Sébaldie, avait refusé le poste de Premier Ministre, préférant continuer à assurer l'intérim. Pas de chance pour le pauvre président, qui avait, dans la douleur, fini par péniblement accouché d'une proposition de Premier Ministre : on lui répondait que le candidat n'était pas intéressé. Vu le caractère de l'indécis qui était sensé gouverner le pays, nul doute que cela augurait deux autres mois sans autorité centrale, deux autres mois où les états-voyous de tous poils comme celui d'Ambrosius pourraient continuer de fleurir comme bon leur semblerait pour répandre la guerre de toutes parts, deux autres mois où la guerre pourrait continuer de faire rage dans les rues sans que l'on ne puisse rien y faire au niveau central, sans que l'armée puisse intervenir.
Cela, les gens étaient bien capable de le voir, et au besoin les partisans royalistes, toujours plus nombreux, savaient le faire voir. Un retour de l'état de droit en force aurait sans doute douché les efforts monarchistes, et Miesko Maksimov aurait été bon pour retourner chez lui... ou tenter de s'engager en politique locale, au mieux. Heureusement pour lui, cela avait été l'inverse, et ce nouvel affront, cette nouvelle preuve que les gens du gouvernement central n'en avaient rien à faire du sort des gens de l'ouest, ou du sort des gens tout court, était apparue clairement au peuple de Krideric, donnant, si nécessaire, le dernier élan au mouvement royaliste. Cela tombait bien, car le prince héritier présomptif avait déjà tout préparé pour le « grand final », et pour cela il avait appelé l'acteur-clé, enfin prêt à se donner maintenant que le peuple l'appelait, l'acclamait : son père, Valerian Maksimov, qui allait être restaurer sur le trône sébalde.
Bien sûr, c'était un trône sébalde à l'orbe singulièrement réduit : une unique municipalité... pour l'instant. Cela n'empêchait pas que ce serait la restauration d'un véritable trône porté par la population. Et ainsi Valerian s'était-il déplacé, entouré de ses plus proches conseillers personnels, depuis sa demeure, dans le nord de la province, vers Krideric. Dans le futur, ladite demeure, de même que la coopérative agricole du nouveau roi, pourraient sans doute, si Dieu le voulait, être récupérés lors de l'intégration de leurs provinces dans le futur royaume, sinon, tant pis : Valerian espérait pouvoir les conserver, assurant par-là même une certaine connexion de son royaume avec le reste du pays, mais au besoin il était prêt à les mettre en jeu pour la restauration du royaume tel que voulu par ses sujets, un royaume où aucune jeune fille ne pourrait être décapitée par quelque barbare extrémiste en toute « légalité ».
Comme il se devait, Miesko était lui-même venu accueillir son père dans la maison du particulier, fervent royaliste, qui le logeait à Krideric. Une maison assez cossue, d'ailleurs, mais après tout on était prince héritier – présomptif, mais pour encore bien peu de temps – où on ne l'était pas. Il alla aux devants de son père devant la porte avec le sourire, heureux autant de le revoir que de lui avoir conquis, par la force des mots et non celle des armes, le trône qu'il méritait plus que n'importe quel politicard de la côte est, même s'il n'en avait pas eut conscience depuis longtemps.
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Miesko Maksimov, prince héritier présomptif du trône slave.[/center]
Miesko Maksimov : « Père ! Ah ! Quel plaisir de te voir ! »
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Valerian Maksimov, monarque présomptif du trône slave.[/center]
Valerian Maksimov : « Le plaisir est partagé, Miesko, soit-en sûr. »
Le père et le fils s'embrassèrent, et se donnèrent des nouvelles mutuellement en rentrant dans la maison. Là, le roi à venir salua ses partisans présents – plus question maintenant d'éviter les « Votre Majesté » comme il le réclamait encore quelques mois plus tôt – avant de se retirer avec son fils. Celui-ci demanda des nouvelles de sa mère, du reste de la fratrie, de l'état d'esprit de son père, et en retour, brossa la situation à Krideric. Une situation qui était très bonne, raison pour laquelle il avait fait venir son géniteur. Il avait souhaité assumer seul la campagne de « conquête » de la ville, autant parce qu'il savait que la résolution de son père devait encore se renforcer, alors, que parce qu'il ne voulait pas que le futur monarque se retrouve pris dans un quelconque scandale politique si les choses tournaient mal. Lui, Miesko, était un personnage d'importance tout en restant « sacrifiable pour la cause », mais son père ne pouvait pas être éclaboussé, lui. Maintenant que l'opinion locale était acquise, il était temps qu'il fasse sa grande entrée.
Après avoir parlé de ce qui avait déjà été fait, avec particulièrement une des dernières avancées, la fondation d'une caisse de solidarité et d'une corporation paysanne, toutes deux sur des modèles chers aux monarchistes et que Valerian ne pouvait qu'approuver, les deux hommes en vinrent à ce qui restait à faire, immédiatement, et notamment sur le plan politique. Le premier point était « simple », il s'agissait, maintenant que le peuple était convaincu, de mettre de leur côté la mairesse locale, de façon à asseoir durablement l'emprise des monarchistes sur Krideric. Un personnage difficilement contournable, comme Miesko ne tarda pas à l'expliquer.
Miesko Maksimov : « ... Et tu vois, c'est pour cela qu'elle est indispensable. Nous ne pouvons que la rallier ou la mettre hors-jeu, et la sortir du jeu ne serait pas facile. »
Valerian Maksimov : « Hummm de ce que j'ai entendu d'elle c'est une personne compétente, mais aux goûts luxueux et assez capricieuse... »
Miesko Maksimov : « Ah, ça, il faudra savoir la manœuvrer... Il faudra sans doute lui laisser des responsabilités, la brosser dans le sens du poil et lui promettre un titre de noblesse, mais son ralliement en vaudra la peine. Et puis que veux-tu, c'est connu : On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. »
La mairesse restait toutefois un argument secondaire : si on pouvait gouverner avec elle, tant mieux, sinon... tant pis. Le prince se faisait fort de l'écarter – et, même s'il n'en dit rien à son père, certains partisans parmi les plus radicaux avaient d'autres idées encore pour faciliter les choses de ce côté, et s'assurer que l'écartement soit... définitif – et était beaucoup plus concentré sur un autre sujet : le couronnement. Il fallait agir, tant que le peuple était prêt à acclamer le nouveau roi, pour ensuite prouver tout le bien-fondé du pouvoir royal. Comme il l'expliqua à son père, la guerre qui s'était déclenchée de façon active à Ambrosius, même si elle était regrettable sur le plan humain, était d'une part hautement compréhensible sur le plan moral, car on ne pouvait guère demander aux immigrés de tout poils de rester les bras ballants pendant que leurs familles étaient massacrés ou bien réduites en esclavage, mais surtout, en avivant la crainte à Krideric, elle ne pourrait que leur servir. Il ne serait que temps, une fois la poudre calmée, de ramener la paix à Ambrosius.
Valerian, néanmoins, s'inquiétait des nouvelles venues du littoral, et notamment des propos du « bouffon néerlandais », un sobriquet qui ne désignait dans sa bouche qu'une unique personne, le mondain Sebastiaan Van Althuis, que Valerian méprisait sincèrement. Son fils le rassura, en assurant que le mépris affiché par le prétendant adverse ne pourrait que les servir, et en assurant que ce que retiendraient les locaux, c'était surtout le petit jeu de manège du gouvernement fédéral, qui encore une fois se riait de leurs épreuves, de leurs morts et de leurs craintes.
Miesko Maksimov : « Tu sais, père, quand le cannibale sodomite et le président-marionnette leur font leur petit jeu de chaises musicales puis haussent les épaules en leur disant « désolé, on vous abandonne pour encore un tour », les petites gens ne voient qu'une chose, de la félonie. Oui, le peuple s'est sentit trahis plus d'une fois par ce gouvernement des hypocrites, et crois moi : Il n’a pas digéré cette trahison… »
Un à un, Miesko présenta ainsi à son père tous les rouages du plan dont ils avaient discuté avant son départ, et qu'il avait peaufiné pendant que celui-ci le suivait de loin. Il calma aussi, une à une, toutes ses inquiétudes. Et lui assura surtout que tout serait bel et bien prêt pour le lendemain, le lendemain qui serait leur grand jour, le jour où, après plus de deux siècles, les Maksimov retrouveraient leur trône, fut-ce seulement sur une petite partie de leur territoire...
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Pendant que le prince accueillait le roi, deux autres hommes étaient chargés de rencontrer la « baronne » locale : un titre moins officiel mais qui traduisait une réalité bien plus réelle... jusqu'à maintenant. Il s'agissait de Kareslav Zovega, partisan royaliste de la première heure, qui en dépit de son échec à Ambrosius avait donné le véritable premier élan concret du mouvement, un élan qui les avait mené jusqu'ici, et qui était devenu un personnage important dans le cercle fermé des royalistes, et de Yelizabeta Vassilio, héritière d'une famille de boyards qui avaient servis les Maksimov il y a deux siècles, et continuaient encore de le faire aujourd'hui. Sa famille était toujours bien implantée à Krideric, et y vivait du commerce, avec une certaine prospérité. Ralliée au groupe royaliste par Valerian Belsmov, elle avait très vite trouvé sa place dans le cercle des conseillers du prince grâce à son excellente éducation et notamment à sa maîtrise en sciences politiques. Elle était l'atout de prestige du duo.
Ils avaient rendez-vous avec un personnage de taille de la politique locale donc, rien moins que la mairesse Veronika Salomon, la « maîtresse » de la ville, pour le moment du moins. Elle pourrait éventuellement le rester, en tous cas c'était le souhait des royalistes, mais cela dépendrait avant tout d'elle. Dans des tenues impeccables, très respectueux, les deux comparses – le vieux partisans buriné et la jolie noble pleine de vivacité – qui s'entendaient plutôt bien, furent d'une grande politesse avec la mairesse, dès leur entrée dans son bureau. Comme l'avait dit leur prince, on attirait pas les mouches avec du vinaigre, et ils étaient là pour présenter à la femme politique le pot de miel prévu par les royalistes. Après l'échange de politesses de rigueurs, ils introduisirent la situation sans tergiverser : Krideric était très largement favorable aux royalistes, le roi était revenu, et on allait assister au couronnement. Néanmoins, on ne souhaitait pas se priver des inestimables talents de Veronika, que du contraire, même.
Les deux envoyés dirent tout le respect que le monarque et son fils avait pour la mairesse, une remarquable gestionnaire qui savait mener sa ville sans se mêler à la politique spectacle, ou plutôt la politique de la mascarade, des soit-disant grands partis sébaldes. Il fallait avouer qu'aujourd'hui la République prouvait une fois de plus qu'elle n'en avait que faire de l'intérêt des citoyens : elle les abandonnait lâchement à leur sort... de même que la mairesse elle-même, d'ailleurs, livrée à tous les outrages possibles. Que ferait-elle si les identitaires venaient au pouvoir et la mettaient dehors ? Si elle disait quelque chose elle serait sans doute tuée ou réduite en esclavage. Au contraire, en acceptant de soutenir les royalistes, elle pouvait rester en poste, sous l'autorité royale. Mieux, une fois que le royaume aurait réussi à s'étendre, elle gérerait Krideric durablement, avec pour « supérieur », si l'on pouvait dire, non un président et un premier ministre fous, mais un roi en qui elle pourrait avoir confiance.
Ils dirent encore que si elle acceptait Veronika pourrait conserver son train de vie actuel, voir, à terme, l'améliorer. Ses remarquables capacités de gestionnaires seraient valorisés, et elle n'aurait plus à refuser annuellement les propositions de partis politiques nauséabonds. Mieux, reconnaissant ses grandes qualités, le roi se proposait de l'anoblir, ce qui lui garantirait une position qu'un coup électoral ne pourrait jamais remettre en cause. Elle pourrait prendre place dans la noblesse slave, au premier rang de ceux qui seraient anoblis quelques jours après le couronnement, avec un haut rang, consacrant la réalité qui était qu'elle se comportait plus comme une noble dame à Krideric, une baronne ou une duchesse, que comme une simple mairesse. Bref, ils ne manquèrent pas de lui faire de belles propositions, tout en la brossant dans le sens du poils, le tout sans non plus tomber dans l'obséquiosité : ils ne disaient que des vérités... mais les mettaient bien en avant.
Enfin, ils mirent en garde la mairesse sur son courtisan, Vladislav Pezniev, que l'on voyait beaucoup lui tourner autour ces derniers temps. Ils prirent bien soin de rappeler que bien entendu elle restait maîtresse de ses fréquentations, mais lui remirent un dossier sur les fréquentations de Vladislav : un identitaire plus que convaincu, venu directement d'Ambrosius et des « petits papiers » de Caspar Maas. Qui comme par hasard la contactait quand ce même Maas prenait le pouvoir au nord-ouest. Ils soulignèrent habillement que si l'homme était sans doute charmant, ses buts étaient sans doute bien moins innocents qu'il n'y paraissait. Une dame de haute qualité telle qu'elle, mieux, une future noble, devait prendre garde aux « vautours » qui tentaient de profiter de son influence. S'ils avaient toute confiance dans son jugement, ils se permettaient de « porter ces faits à sa connaissance ».
Après tout cela, ils se retirèrent, en espérant avoir su gagner le soutient de la mairesse. Plutôt qu'une romance politisée, humiliante, qui la résumait à une « faible femme » qui ne pouvait que tomber sous le charme du chacal envoyé vers elle, les royalistes lui proposaient du concret : une position sécurisée pour longtemps, un titre de noblesse et, garanti par tout cela, une poursuite de son luxueux train de vie, le tout en jouant carte sur table. Il était à espérer que cela suffise, se disaient-ils tous les deux – tandis que Kareslav Zovega pensa, à part lui, que cela valait mieux
pour elle...
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Le lendemain des retrouvailles royales, et de l'entrevue avec la mairesse, un grand événement se tenait devant la plus grande église de Krideric, dont la publicité avait largement été faite à travers toute la municipalité. Le public, du reste, était largement au rendez-vous : des royalistes de tous bords, des simples sympathisants au « noyau dur » du groupe, en passant par les membres de « Krideric et Chrétien » et les tous nouveaux corporatistes paysans, mais aussi des gens qui étaient simplement curieux, intéressés, qui avaient espoir, qui avaient besoin de quelque chose pour se distraire de la peur qui sourdait depuis Ambrosius... bref, c'était un peu le tout-Krideric qui était de sortie. Et bien entendu, les services de sécurités de Mylovan Alekhine étaient déployés au grand complet, pour la foule et surtout pour l'invité d'honneur de la journée : ils avaient été recrutés pour protéger le prince... mais c'était cette fois-ci le roi lui-même qui était de la partie. Un roi qui n'allait plus rien avoir de « présomptif ».
En effet, l'événement, c'était rien de moins que le couronnement de Valerian Maksimov, qui allait devenir Valerian III de Sébaldie, roi d'un royaume qui se résumerait pour l'heure à Krideric... mais n'en serait pas moins réel. Après une messe orthodoxe, le monarque s'avança devant l'église, pour être largement vu par tous, parce qu'il était le roi de tous : des orthodoxes mais aussi des catholiques, mais aussi des athées, des juifs, des musulmans et de tous les autres : le roi de tous les sébaldes, à terme ! Il avait une allure noble, dans des vêtements de qualité, qui semblaient un bon compromis entre les mises anciennes du royaume de jadis et le temps de la modernité, mais dégageaient en tous cas une grande noblesse. Le roi lui-même avait belle allure, quand il avança, dans un groupe composé de son fils et de ses proches partisans. Si elle l'avait bien voulue, la mairesse était du nombre, sinon, tant pis.
Il fut couronné par le pope de Krideric comme Valerian III, Roi de Sébaldie, Protecteur de Krideric, et largement acclamé par la foule, pas que par les orthodoxes, d'ailleurs. Une couronne fut posée sur sa tête, une couronne héritée de sa famille – pas la veille couronne royale, depuis longtemps perdue, mais une qu'un de ses ancêtres, en deux siècles, avait fait forgé par désir de grandeur – et qu'il avait apporté avec lui, un élégant cercle d'or serti de quelques bijoux qui lui donnait un air très dignes. Une fois couronné, il s'avança devant la foule et, à l'aide d'un discours, se fendit d'un discours qui serait le premier de son règne.
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Valerian III, Roi de Sébaldie.[/center]
Valerian Maksimov : « Sébaldes, citoyens de Krideric, si je suis votre roi aujourd'hui c'est plus que par le poids du sang, c'est à votre appel ! C'est parce que vous avez réclamé un roi, et que je suis le roi légitime, que je suis aujourd'hui parmi vous, que je suis votre roi. Je ne serai pas un roi lointain et hautain, qui se plaît en mondanité, mais un roi qui vous assurera écoute, protection et prospérité ! Je ferai de mon mieux pour être digne de la charge qui m'a été remise au nom de mes ancêtres et au nom de votre volonté ! »
Le nouveau monarque poursuivit son discours, largement écris avec l'aide de son fils, pour proclamer qu'il serait le roi de tous. Même si, il l'affirmait sans avoir peur d'être taxé de populisme, la Sébaldie avait des racines avant tout orthodoxes et slaves, il ne serait pas un roi raciste ou haineux, mais acceptait les citoyens de toutes origines, pourvu qu'ils n'aient comme désir que la paix et la prospérité de la Sébaldie. Il promit aux citoyens d'assurer leur sécurité face à la menace identitaire d'Ambrosius, face à la menace du ralliement forcé, de l'esclavage pour ceux qui n'étaient pas de la bonne couleur, de la mort de tous ceux qui « colorés » ou non, ne seraient pas d'accord avec Caspar Maas. Il assurerait aussi la prospérité et le respect de tous ses citoyens. L'évolution du royaume se ferait dans la durée mais, dès maintenant, il annonça une série de mesures :
[quote]*La « loi sur l'esclavage », dite loi sur la tutelle consentie, était abolie dans le Royaume de Sébaldie. Tous les esclaves présents sur le territoire seraient remis en liberté, et redeviendraient des citoyens de plein droit.
*La vie de tous les hommes et de toutes les femmes du Royaume de Sébaldie était garantie. Nul ne pourrait y être mis à mort en raison de ses origines, de sa religion ou de ses opinions politiques.
*Le Royaume de Sébaldie annonçait sa volonté de collaborer avec la République. Si à terme le but avoué du Royaume était de s'étendre à toute la province, puis à tout le pays, en attendant, les citoyens étaient autorisés à circuler librement entre les deux ensemble, les échanges économiques étaient maintenus, l'état de droit était conservé.
*En accord avec le point précédent, tout résident du Royaume était libre de voyager ou d'investir dans la République, et inversement. De même, tout résident du Royaume pouvait le quitter à tout moment, de même que tout sébalde pouvait intégrer le Royaume.
*Tout territoire sébalde qui demanderait son intégration au Royaume de Sébaldie, municipalité, ville, province ou autre, s'y verrait admis de grand cœur.
*Sur le plan économique, la création de corporation était officiellement permise, et les corporations protégées par le pouvoir royal. Néanmoins, la liberté d'entreprise était également préservée en parallèle, en toute liberté.
*Tout membre de l'administration local, qu'il soit policier, employé de mairie ou autre était invité à prêter allégeance au Royaume, et serait alors maintenu dans ses fonctions. Au besoin, en fonction des réponses, d'autres personnes seraient s'il le fallait recruter pour compléter les différents groupes, et notamment le corps de police.
*La police royale ainsi formée serait entraînée et armée pour assurer la sécurité des citoyens. Un corps de milice citoyen serait aussi formé pour se protéger notamment de l'état-voyou soit-disant libre. Néanmoins, ce corps ne serait nullement destiné à oppresser la population, et tout policier ou milicien qui porterait atteinte à ses concitoyens de manière injustifiée serait jugé plus durement même qu'un citoyen ordinaire. La sécurité et la liberté des gens était maintenue.
*La liberté de culte au sein du Royaume de Sébaldie était confirmée, et on affirmait fermement que nul ne pourrait subir de dommage en raison de sa foi.
*Le Royaume de Sébaldie étant un état autonome de la République, on ne payerait plus aucun impôt à celui-ci, les impôts seraient pris en charge par le Royaume, de même que les amandes et toute autre dividende. Leur montant n'était pas destiné à être augmenté et serait réévalué pour voir s'ils devaient être baissés dans le futur.[/quote]
Ce programme, expliqua le monarque, était destiné à être enclenché dès maintenant, cependant que certaines mesures – celles concernant les employés municipaux et la future milice royale notamment – étaient destinées à être concrétisées et développées dans la durée. Dans tous les cas, l'assemblée était largement assez gagnée à la cause royaliste pour acclamer le monarque. Restait à voir quel serait l'impact sur la municipalité en général, mais en tous les cas, l'atmosphère, ce jour-là, fut plutôt joyeuse à Krideric autour du roi et des siens. Le lendemain, ils prenaient possession de la mairie, avec l'accord de la mairesse autant que possible, et prenaient concrètement les rênes. Le règne de Valerian avait commencé, et maintenant qu'il était en place, qu'il avait franchis le pas, lui et son fils, tout comme leurs partisans, n'allaient pas lâcher la place de si tôt...