Université de Mastranabal

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Vliduj Gak

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[center]Université de Mastranabal

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Fondation : 1768
Adresse : 48, avenue de la Nation, Mastranabal
Employés : 1489

Ici seront consignés les conférences produites et les ouvrages édités en Ajdabiya.[/center]
Vliduj Gak

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Séparatisme, races, tribus et Nation
Entretien

Le professeur Abdessamad Ibn Khalid est né en 1968 et enseigne l'histoire ajdabie et la philosophie à l'Université de Mastranabal depuis 2001.

Journaliste : Professeur, nous sommes ici dans le cadre d'un entretien sous le thème "Séparatisme, races, tribus et Nation", que vous avez choisi. Pourquoi le choix de cet intitulé ?

Abdessamad Ibn Khalid : Il comporte une opposition entre d'une part les forces centripètes qui agissent en Ajdabiya, le séparatisme politique ou religieux, les oppositions raciales, entre Zanyanais, Barebjaliens et Almérans, et les intérêts tribaux en Hadrumétie ou au Sawjaffin, et d'autre part les forces centrifuges, concentrées autour de Manar, qui se définissent aujourd'hui autour d'un nationalisme vigoureux, qui se veut indépendantiste et conservateur. Il s'agit donc d'analyser les interactions entre ces deux pôles, et les oscillations que nous vivons à l'heure actuelle entre eux.

Journaliste : Bien, commençons donc, professeur. Quelles sont les forces constitutives de ce premier "pôle" ?

Abdessamad Ibn Khalid : Comme je l'ai dit, un ensemble de forces contribuent à donner une impression, largement exagérée, d'émettiement au sein du territoire ajdabi. Il est tout d'abord bon de rappeller la coexistence de différents peuples dans l'Ajdabiya contemporain. Les autochtones tout d'abord, arménabales phéniciens, qui survivent aujourd'hui dans le désert, le Sawjaffin, sont réduits à une portion congrue dans la participaiton à la vie politique, intellectuelle et culturelle du pays. Les Almérans, autrefois nombreux et puissants, sont aujourd'hui considérés comme une classe de marchands, établie dans les principales villes de la côte nord, la Zénarie, mais au rôle strictement économique. Les arabes, qui représentent 90% de notre population -arabes ou arménabales arabisés-, contrôlent aujourd'hui la majorité des postes de pouvoir. Les séparatismes arménabales sont aujourd'hui plus marginaux que jamais, comme en témoigne la facilité avec laquelle la langue arabe s'est introduite dans l'administration locale de ces peuples, et depuis trois semaines, Abascane, la principale métropole arménabale, comporte des signalements bilingues en arménabale et en arabe, ce qui n'était pas le cas avant, sans que l'installation de ces indicateurs n'ait semblé posé de problème. Non, le différent est beaucoup plus tribal qu'ethnique ou culturel, en réalité, et tient à des oppositions entre des intérêts économiques et politiques plus qu'à une haine inter-ethnique, comme c'est le cas partout ailleurs, sur le continent zanyanais.

Journaliste : Pouvez-vous nous éclairer sur ces différents tribaux, professeur ?

Abdessamad Ibn Khalid : Oui. L'Ajdabiya contemporain est fondamentalement morcelé entre trois grandes tribus. L'Hadrumétie, plus arabisée et tournée vers l'Orient, possède aujourd'hui la quasi-totalité des prérogatives politiques et militaires. Nos soldats sont majoritairement issus des milices hadrumètes, jusqu'à nos officiers, nos ministres et nos gouvernants. La Zénarie, plus occidentalisée et tournée vers l'Alméra, bien qu'arabe, jouit d'une plus grande prospérité économique et d'un rayonnement culturel plus ancien et mieux établi. Mastranabal est la capitale de la finance, des intellectuels, Ben Marzad celle des militaires et des politiciens.
Les peuples du Sawjaffin sont, il est vrai, relativement marginalisés, du fait de leur enclavement, de leur éloignement des littoraux et des centres de décision, et de leur faible poids démographique. Néanmoins, les immenses richesses naturelles sur lesquelles marchent ces populations d'éleveurs nomades laissent penser qu'en se les appropriant, ils pourraient devenir une nouvelle force politique et tribale dans le pays.

Journaliste : Un éclatement est-il possible entre les deux tribus que vous décrivez comme très différentes, de par leurs influences et leur situation actuelle ?

Abdessamad : C'est difficile à dire, mais après 30 ans de guerre civile et la destruction partielle de notre économie, je pense que les antagonismes naturels ne sont pas suffisamment forts pour faire renaître un conflit armé. Non, ce qui est à craindre, c'est bien davantage le maintien d'une hostilité de fait, dans les domaines politiques, militaires, et intellectuels, et le maintien d'une faible pénétration de telle ou telle tribu dans tel ou tel secteur contrôlé par une ethnie rivale. Peu de zénariens exercent des postes à haute responsabilité dans l'armée, et il est à craindre que cela ne change pas, voire empire, avec le renforcement du pouvoir de Manar.

Journaliste : En somme, la formation d'un contre-pouvoir, peut-être, en Zénarie, fondé sur un fort rayonnement culturel et intellectuel et la possession de moyens de diffusion ?

Abdessamad Ibn Khalid : Ce scénario est déjà plus probable. Il est à craindre que les oppositions séculaires entre Zénariens et Hadrumètes ne trouvent de façon très actuelle leurs répercussions dans les oppositions actuelles à l'oeuvre dans le monde arabe et dans le monde en général, à savoir l'opposition entre libéraux, tenants d'une uniformisation des modes de vie, et d'un affaissement des valeurs religieuses et traditionnelles, ici représentés par les intellectuels et journalistes zénariens, et des forces conservatrices, tenantes d'une fidélité, voire d'un rigorisme, vis à vis des enseignements islamiques, d'un renforcement des modes de vie tribaux dont nous sommes les héritiers, représentés par les militaires et les politiciens partisans du régime de Manar. Néanmoins, cette vision est beaucoup trop manichéenne pour être vraiment pertinente. On sait que de quelques factions hadrumètes, certes encore rares, encouragent aujourd'hui le roi à des réformes inspirées des sociétés occidentales, notamment dans le cadre de la législation sur les moeurs -en proposant par exemple au Haut-Conseil de l'Etat la légalisation de la prostitution dans des maisons prévues à cet effet-. A l'inverse, l'Université de Mastranabal demeure un lieu fort du rayonnement de l'Islam au Zanyane, sous sa forme sunnite orthodoxe, par des conférences telles que celle-là.

Journaliste : Donc, pour finir, malgré les différences tribales et raciales, il existe selon vous une nation ajdabie ? Quelles seraient ses caractéristiques, ses contours, son centre de gravité ?

Abdessamad Ibn Khalid : Il existe évidemment une nation ajdabie, formée au fil des siècles par sédimentation des intérêts tribaux, religieux et politiques et une vaste aire culturelle assez unie, quoiqu'on en dise. "Les arabes du Zanyane", ce sont eux qu'on peut qualifier d'Ajdabis, puisque l'aire culturelle Barebjalo-musulmane s'arrête en effet de façon remarquable à nos frontières, puisque le Bardaran est négro-africain et largement extérieur à la pénétration arabe et chrétien, tout comme le Makengo, au sud de notre pays, et malgré la survivance de peuples musulmans dans ces pays là, ils demeurent minoritaires. La religion musulmane n'est pas érigée en religion d'Etat, et la langue arabe est réduite à un rôle liturgique, ce qui fait de l'Ajdabiya un pays extrêmement différent de ses voisins zanyanais.
Vliduj Gak

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Particularités politiques de l'Ajdabiya, la tariqa djilalite et le sultanat
Encyclopédie pelabssienne Le Million, chapitre Zanyane

Diffusion : Large
Dépôt légal : Février 2030
Auteur : Suleymane Essahiri
Nombre de pages : 18

L'Ajdabiya est un pays particulier, en ce qu'il comporte deux "régimes" sur un même territoire, l'un religieux, constitué par un réseau très complexe et solidaire de 3427 monastères soufis (zawiyas), centralisés très rigidement autour d'une "maison-mère", la tariqa djilalite de Ben Marzad, qui forme un ordre religieux, militaire et commercial tout à la fois, et un pouvoir séculier, constitué par un régime décentralisé vaguement similaire à un Etat moderne de type occidental, dont la capitale officielle est Mastranabal. La division est cependant plus complexe que cela, puisque le pouvoir séculier, représenté par le sultan Manar Abdelmoumen n'est nullement laïc, et se permet de légiférer sur les plans moral et religieux, tandis que le pouvoir de la tariqa légifère lui aussi, dans la plupart des domaines de la vie publique, possédant une "milice" mal définie, en réalité non existante formellement. Le pouvoir militaire de la tariqa est basé sur sa capacité à mobiliser très rapidement ses jeunes disciples, entraînés physiquement, quitte à faire plier le régime du sultan en cas de désaccord sur un point de sa politique. De sorte que, d'un point de vue extérieur, l'Ajdabiya vit dans un état de guerre civile virtuel et permanent. Les Ajdabis considèrent cela d'une toute autre manière, puisque dans leur perception du fait politico-religieux, cette tension est plutôt un vecteur d'équilibre. L'opposition qui s'approcherait le plus de la frontière réelle entre les deux pouvoirs est celle qui pourrait exister entre un exotérisme, soit une façon extérieure d'envisager l'Islam par rapport au politique, et un ésotérisme, soit une façon d'envisager l'Islam de l'intérieur, comme une totalité suffisante, dont les savants soufis forment une élite intellectuelle et spirituelle.

Voir les deux pouvoirs comme des réalités hermétiques l'une à l'autre serait identiquement superflu. Si le régime dispose officiellement de 30 000 soldats réguliers, ces derniers n'interviennent que de façon exceptionnelle dans la société ajdabie. Au contraire, 90% des hommes ajdabis passeront un jour où l'autre par l'enseignement d'une zawiya et les experts occidentaux estiment que les zawiyas inféodés à la tariqa disposent d'un potentiel humain de 500 000 hommes prêts à combattre, ce qui n'est bien sûr qu'une virtualité. Le puissant réseau formé par la tariqa djilalite les rend capable de mobiliser ces hommes rapidement, mais imaginer que cela signifierait leur capacité à grouper une armée organisée de 500 000 hommes est totalement hors de propos. Le régime tente de maintenir un contrôle flou et lâche sur les zawiyas djilalites afin d'éviter une rupture de l'équilibre acquis. De même, de nombreux hommes du régime, soldats et fonctionnaires compris, appartiennent ou se sentent solidaires des organismes de la tariqa, et dire, en cas de conflit, qui serait prêt à faire quoi relève du casse-tête chinois.

Sur la question des liens existants entre Ben Marzad et Mastranabal, tout devient complexe quand on observe la nature intrinsèque du pouvoir de la tariqa. Gouverné presque dans l'ombre par des savants mystiques aux propos parfois confus, quand ils sont interrogés par des journalistes étrangers, le réseau de la tariqa ne communique quasiment jamais avec l'extérieur, même avec des représentants de l'Islam exotérique, majoritaire au Barebjal ou au Raksasa notamment. "Pourquoi nous les ignorons ? Parce qu'ils nous ennuient, la prière et le travail sont tout ce qu'ils savent faire", avait déclaré à ce sujet un savant ajdabi. Les liens entre les deux pouvoirs sont donc quasiment inexistants, se réduisant à quelques affrontements ponctuels et demeurés inexplicables pour la majorité de la population. Cela est dû à la structure des de la tariqa, extrêmement hiérarchisée et élitiste : ceux qui agissent ne savent pas pourquoi, ceux qui savent n'agissent pas.

"L'Ajdabiya, a-t-on pu dire, est un trompe l'oeil. Celui qui gouverne, administre, gère l'armée, la police, les relations extérieures, frappe sa monnaie et contrôle les médias n'a en réalité aucun pouvoir concret". C'est vrai et faux à la fois. Il est faux de dire que la gestion courante du pays échappe au sultan, bien au contraire, les savants soufis lui laissent volontiers cette tâche ingrate, pour n'intervenir qu'en ultime recours. L'exercice du pouvoir, pour eux, n'est qu'une vanité nécessaire, qui ne doit être pratiquée qu'aux instants critiques. La tariqa djilalite reprend la conception islamique traditionnelle du Djihad, scindé en un grand Djihad (Djihad el-Akbar), et un petit Djihad (Djihad el-Asghar), le premier relevant d'une quête d'excellence spirituelle, le second d'une implication matérielle dans le monde. En ce sens, le second doit toujours être inféodé au premier, et toute implication dans le monde matériel, qu'elle soit militaire, économique, sociétale, doit répondre à un appel de l'esprit. Ainsi, le vote centralisé d'un budget, une politique de développement économique à long terme, le maintien d'une force armée permanente ne sont d'aucune utilité aux membres de la tariqa. Les fonds de la tariqa sont constitués essentiellement de dons de membres ou de sympathisants, venant la plupart du temps du Nord développé, notamment de riches hommes d'affaires ou d'hommes politiques du sultanat ayant fréquenté une zawiya plus jeunes et conservant une révérence traditionnelle envers ses enseignements. Ils sont réinvestis le plus vite possible par la tariqa dans des oeuvres de charité ou de construction, le pouvoir de Ben Marzad n'ayant à proprement parler aucun budget permanent. Le pouvoir productif des djilalites, s'il n'est pas nul, est très réduit. Les djilalites croient en une doctrine d'autosuffisance, et cultivent eux-mêmes leurs champs, se livrant également à des activités artisanales, lesquelles tournent au ralenti, en raison de la doctrine de pauvreté de l'ordre. Identiquement, en cas de conflit armé, les armes sont obtenus, soit de l'étranger, soit auprès de militaires du régime prêts à en détourner, utilisées le temps du conflit et détruites immédiatement après, une société juste et pacifique n'étant, selon la doctrine djilalite, pas vouée à abriter des hommes en armes. En ce qui concerne sa communication, la tariqa ne dispose pas d'organe de presse. Les publications religieuses sur les différents points de la doctrine djilalite fleurissent à Ben Marzad. En dehors, les zawiyas publient des feuillets locaux, sur une base plus ou moins régulière, composés presqu'exclusivement de poèmes mystiques et invocatoires, ou de récits allégoriques.

L'unité des zawiyas, si elle est, à l'heure actuelle, globalement opérante, ne l'a pas toujours été. Certaines zawiyas, au XXème siècle, se sont liguées (1924, 1938, 1994) contre le pouvoir de Ben Marzad, en raison de l'obstination du pouvoir religieux central à ne pas se "formaliser" sous la forme d'une théocratie officielle. La faction traditionaliste et non-interventionniste l'a finalement emporté, conservant le même rapport au pouvoir que dans les siècles précédents.
L'équilibre a donc été forgé par le temps entre deux pouvoirs, le premier qui ne réprime pas le second car il ne peut pas, le second qui ne remplace pas le premier car il ne veut pas, et s'il le voulait, sa doctrine et toute son organisation, basée sur le secret, s'effondrerait. Cette binarité a éclipsé, mais pas totalement anéanti les antagonismes qui lui étaient antérieurs et qui demeurent vifs en certains endroits. Au contraire, parfois, elle les nourrit et contribue à les raviver. Les deux autres formes historiques et toujours prégnantes d'organisation politique ajdabie sont, pour rappel, les regroupements par tribus (entre trois grandes maisons historiques : Sawjaffin au centre, Hadrumétie au Nord, Zénarie à l'Est) et les cités (villes plus ou moins autonomes, disposant de leurs propres chartes, dont la puissance repose essentiellement sur le commerce et l'identité sur des affinités ethniques ou religieuses). Silbusa, avec ses 94 000 habitants, majoritairement Héllènes et Chrétiens, fait ainsi figure de lieu de lutte entre le sultanat et la tariqa, la cité tendant à faire jouer de ces rivalités pour se ménager une certaine "indépendance" dans ses rapports avec l'extérieur.
Vliduj Gak

Message par Vliduj Gak »

L'Islam dans le monde
Encyclopédie pelabssienne Le Million, chapitre Spiritualités

Diffusion : Large
Dépôt légal : Février 2030
Auteur : Suleymane Essahiri
Nombre de pages : 6

Répartition des musulmans dans le monde

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/412026islam2.png[/img]

Taille de la communauté musulmane par pays (estimations) :

Raksasa : 371 millions
Finnherland : 100 millions
Kirep : 80 millions
Elgeria : 35 millions
Rostovie : 32 millions
Alamut : 30 millions
Hophabar : 20 millions
Lerminia : 17 millions
Bardaran : 16 millions
Lito : 15 millions
Polao : 11 millions
Makengo : 10 millions
Bangiso : 10 millions
Osmanistan : 10 millions
Galnaquie : 9,5 millions
Ajdabiya : 8 millions
Andaral : 6,6 millions
Tchoconalie : 6,5 millions
Plarel : 4,3 millions
Juvna : 3,5 millions
Mahaji : 3 millions
Shawiricie : 2,2 millions
Cabalie : 2 millions
Al-Machir : 1,5 million
Mayong : 1,3 million
Endo : 1 million
Sébaldie : 1 million
Remino : 0,5 million
Tyrance : 0,3 million
Choson : 0,27 million
Wapong : 0,2 million

Total estimé : environ 830 millions de musulmans

Répartition des chiites dans le monde

[img]http://img15.hostingpics.net/pics/882827chiites2.png[/img]

Taille de la communauté chiite par pays (estimations) :

Alamut : 12 millions
Ajdabiya : 7,8 millions
Lerminia : 2,9 millions
Tchoconalie : 1,3 million
Bardaran : 1,2 million
Plarel : 0,52 million
Sébaldie : 0,25 million
Hophabar : 0,2 million

Total estimé : environ 30 millions de chiites (4 % des musulmans)
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