Tintin au pays de la Fédération

Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

(Titre certes original, mais qui est centré sur la vie interne de l'Oustrie, des simples citoyens jusqu'au sommet de l'État. Retranscription de tranches de vies, de témoignages, de réunions diverses, de petits coups fourrés entre amis... Bien évidemment, tout ceci est par défaut secret et ne peut-être utilisé que sur demande, via MP. Le cas échéant, il sera indiqué que cela est public.)

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[justify]RÉCITAL POUR SALOPARD

Dzerjinvo, début de soirée. Réunion en petit comité de certains membres du gouvernement de la Fédération. Lieu inconnu, retiré de la ville, sur les collines avoisinantes. Piotr Piotr Alan, Secrétaire du Comité Exécutif du Conseil des Délégués du Peuple d'Oustrie, fait des va et vient interminable dans la pièce où se sont réuni les invités à cette petite réunion particulière. Il vocifère et fait de grands gestes, comme si il n'arrivait pas à se contenir.

PIOTR ALAN | « JE NE LE CROIS PAS ! CET ESPÈCE DE CLOPORTE OSE PAVOISER COMME SI DE RIEN N'ÉTAIT. IL SE MOQUE OUVERTEMENT DE NOUS ! »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Piotr s'il te plait. Piotr. Piotr calmes toi. Tu vois très bien que les choses ne s'arrangeront pas si tu continues à hurler comme tu le fais. »

PIOTR ALAN | « MAIS COMMENT VEUX-TU QUE JE RESTE CALMES ? COMMENT ? OLEG ! OLEG ! DIS QUELQUE CHOSE S'IL TE PLAIT ! »

Oleg Paouchline est le Délégué du Peuple aux Affaires Économiques. Affaissé dans son fauteuil, la tête posé contre son poing, il regardait Piotr s'exciter et fulminer comme jamais, tandis que lui se contentait de sourire.

OLEG PAOUCHLINE | « Daganovitch a raison Piotr. Tu prends ça trop à cœur. Je te signale que dans l'affaire, c'est quand même moi le responsable et que je n'ai pas été assez pointilleux sur les résultats qui m'ont été donné. Finalement, il a réussi à profiter d'une faille et nous avons été trop bête pour nous en rendre compte. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Piotr, Oleg a raison. Nous sommes tous et toutes en colère ici, mais nous ne sommes pas entrain de bondir partout et de filer un mal de crâne à absolument tout le monde ici. Je suis sûr que l'on t'entend de l'autre côté de la ville. Maintenant calmes toi et respire un grand coup. »

OLEG PAOUCHLINE | « Il n'empêche que Ozokanine (NDR : Ozokanine est le leader du Bloc Populaire & Paysan) est un beau fumier. Mais ce n'est pas le problème, il a des appuis. Il a une base sociale et économique importante. Il va falloir être prudent. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Nous sommes sur son cas depuis un petit moment. Nous savons à quoi nous en tenir. Il manque une personne dans notre petite sauterie, elle ne devrait plus tarder à arriver. »

Piotr Alan s'était entre temps assis à son tour et calmé. Pour se détendre, il s'était servi un grand verre d'alcool local, du genre cocktail de pomme de terre à vous faire avoir chaud pour les quinze prochaines années. Alors que Paouchline et Daganovitch continuait de discuter, une voiture s'était arrêté devant la bâtisse. Une grande voiture de couleur noire, d'où plusieurs hommes et femmes en uniformes sortirent, afin d'en faire sortir la personne tant attendue Il s'agissait de la Délégué du Peuple aux Affaires Internes, Nadezhda Fredericova. Cette dernière fit son entrée quelques instants plus tard entouré de ses gardes rapprochés, enlevant ses gants qu'elle jeta de manière négligé sur Piotr, qui lui lança un regard de travers en soupirant, sans rien dire.

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/22/1432931211-nadezhda-fredericovaa.jpg[/img][/center]

NADEZHDA FREDERICOVA | « Camarade Alan, depuis le bas de la route l'on peut vous entendre vociférer. Un peu de tenue, vous êtes un représentant du peuple. Camarades Daganovitch et Paouchline, c'est un plaisir. J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre. »

OLEG PAOUCHLINE | « Mais non, camarade. Nous t'attendions justement pour attaquer le plus gros morceau. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Tu n'as pour ainsi dire, rien manqué de très intéressant. A part les envolées lyriques de Piotr. »

PIOTR ALAN | « Vous êtes vache avec moi. Essayez de comprendre ma position : J'essaye de faire correctement ma mission et je me rends compte que je me fais enfler, ainsi que tout le gouvernement depuis le début. Surtout que l'autre là, il te regarde avec un grand sourire et te tape sur l'épaule pour te faire croire que tu es son plus grand amie. C'est une vipère, une vipère ! »

NADEZHDA FREDERICOVA | « Si vous faîtes allusion à Ozokanine, il tient plus du rat ou du babouin, que de la vipère. C'est une personne qui se veut raffiné à l'extérieur, mais qui est totalement pourrie de l'intérieure. Vous n'imaginez même pas. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « C'est là que les choses deviennent intéressantes. »

OLEG PAOUCHLINE | « Toi Nadezhda, t'es du genre à avoir découvert quelque chose d'important et tu ne veux pas le faire partager aux copains. Ne vient pas me dire "Secret d'État" surtout, nous ne sommes pas ici pour rien. Je me trompe ? »

La Délégué du Peuple aux Affaires Internes fait un léger rictus avant de prendre place dans le petit cercle qui venait de se constituer. Ses gardes se retirèrent de la pièce et elle alla s'asseoir à côté de Piotr Alan, ce dernier lui jetant ses gants dessus, comme par vengeance. La Délégué du Peuple se contenta de croiser ses jambes et de se pencher légèrement en avant, pour commencer ce qu'elle avait à dire.

NADEZHDA FREDERICOVA | « Le Comité de Sûreté à mené l'enquête qui lui était confié, avec beaucoup d'attention comme à son habitude. Ozokanine est aussi discret qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Cet espèce de gros porc pavoise sans arrêt avec des personnalités louches, ou de peu de confiance politique. Il y aurait des liens entre Ozokanine et certains milieux de la mafia Oustrienne par exemple. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « La Mafia ?!? »

NADEZHDA FREDERICOVA | « Oui, cette dernière n'a jamais totalement été détruite. Nous soupçonnons Ozokanine d'avoir des liens internationaux et de faire un trafic illégal d'alcool de contrebande et de drogues en tout genre. Du moins, c'est ce que nous soupçonnions au début. Nous avons remonté des pistes différentes, interrogés des suspects et des personnes proches de Ozokanine. Ces dernières étaient tellement morte de peur qu'elle ont réclamé une protection personnelle par nos services. Nous avons appris par ce billet que Ozokanine avait des liens avec le Parti Socialiste et certains éléments droitiers du Parti Communiste, dans le but de former une sorte de troïka pour déstabiliser la Fédération et mener un coup de force contre elle. Mais cela est anecdotique après tout. Comme Oleg a surement dû vous le dire, Ozokanine est un petit potentat local au sein du BPP et il utilise des procédés peu glorieux pour sa personne, dans le mode de gestion des conflits sociaux dans les coopératives agricoles. Paraît que dans certaines localités, il a organisé des "milices vertes", qui sont chargé de faire régner l'ordre. Son ordre. Je vous passe les détails sur les falsifications des chiffres qu'il donne au niveau de l'agriculture, des quotas de production... »

PIOTR ALAN | « Le sale petit... »

OLEG PAOUCHLINE | « Laisse la finir. »

NADEZHDA FREDERICOVA | « Nous avons trouvé encore autre chose, qui pourrait le faire tomber définitivement : Ozokanine est impliqué dans un réseau de prostitution et serait propriétaire d'une maison de passe dans une des villes du Nord, mais nous ignorons encore laquelle. Nous avons le moyen de le faire tomber définitivement parce qu'il enfreint les lois qui restreignent fortement et punissent les prostitueurs. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Rien d'étonne à ce qu'il traîne avec la Mafia et tout ce joli petit monde qui souhaite prendre le pouvoir pour leur propre intérêt. Le dossier que tu as là dessus, il est solide ? »

La Délégué du Peuple aux Affaires Internes sort de sa serviette un énorme porte-dossier avec marqué en grand "OZOKANINE". Le dossier contient au premier coup d'œil, plusieurs centaines de papiers, photos en tout genre et autres témoignages.

OLEG PAOUCHLINE | « Wahou. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « C'est le mot, oui. »

PIOTR ALAN | « Si tu n'étais pas une frigide arrogante, je crois que je t'embrasserai tu sais. »

NADEZHDA FREDERICOVA | « Plus tard pour les compliments camarades. Pour le moment, nous devons agir avec la plus grande prudence, pour qu'il ne se soupçonne de rien. Nous avons ce qu'il nous faut dans le domaine privée, il faut maintenant attaquer le groupe Anti-Fédération groupé autour de lui. C'est une tâche qui vous revient, dans l'arène politique et économique. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Ozokanine est un traître, un contre-révolutionnaire, un droitier de première. L'offensive idéologique qu'il va prendre sur la tête va lui faire mal. Il finira bien par faire une erreur. »

OLEG PAOUCHLINE | « Je dois présenter mon rapport économique et mon étude sur le développement des contradictions dans notre économie entre la ville et les campagnes. Je pense que cela représentera un bon début pour une attaque prolongée. Il va y avoir de l'animation en tout cas. »

NADEZHDA FREDERICOVA | « Quoi qu'il en soit, nous avons le soutien de l'Armée Populaire Communale. Ozokanine n'arrive pas à avoir des liens sérieux au sein de l'APC. C'est pour le moment, notre chance. Voilà pourquoi il faut le frapper tout de suite. »

PIOTR ALAN | « Je m'assurerai du lien entre le Conseil et le Congrès. Une assez grande partie des militants du Parti Socialiste Oustrien et les Communistes ne sont pas au courant des agissements de leurs directions. Nous en profiterons pour accentuer leurs divisions internes et pouvoir en tirer le meilleur parti. »

VOLODIA DAGANOVITCH | « Bien Camarades, je pense que nous pouvons dire que le cas Ozokanine est sur le point d'être définitivement réglé. Chacun sait ce qu'il doit faire ? Alors au travail. »

Quelques dizaines de minutes plus tard, il n'y avait plus personne. Chacun-unes étaient rentré, se préparant pour les prochains évènements qui allaient s'avérer être décisif pour l'avenir de la Fédération et de l'Oustrie. Quand à Ozokanine, il ne se doutait pas de ce qui allait lui tomber dessus.[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]AVEC LES GARDES ROUGES
[url=https://www.youtube.com/watch?v=XfapzTT8fzg]Les bourgeois ne sont que des bandits ♫[/url]

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Cela faisait maintenant un peu plus d'un mois que les Gardes Rouges Kirépiens, avaient pu trouver refuge de l'autre côté de la frontière, en territoire Oustrien. Pour de nombreux Gardes Rouges, cela ressemblait à une farce : On leur avait fait savoir qu'ils allaient poursuivre la lutte, se fortifier et s'entraîner militairement pour prendre le pouvoir. Pour de nombreuses personnes, souvent très jeune et très radicalisé, cela ressemblait à une capitulation. Puis allez en Oustrie... Pour eux, l'Oustrie était un pays qui sortait à peine du féodalisme, traversé encore par de nombreuses contradictions qui n'en faisaient pas totalement un pays socialiste, mais sur la voie du socialisme. Malgré tout, loin de chez eux et content de ne pas finir en prison -ou pire-, ils appréciaient petit à petit la compagnie de leurs nouveaux hôtes, qui allaient devenir leurs voisins du lever au coucher du soleil. Des mesures avaient été prises pour sécuriser au maximum dans un rayon de plus de 20 kilomètres, l'emplacement des différents camps d'entraînement pour Gardes Rouges. Le gouvernement d'Oustrie avait fait son maximum, prétextant d'importants travaux dans la région pour en limiter l'accès. Chose étonnante, la population sur place n'a pas fait grand bruit de ce qui se passait et avait même accueilli avec une grande sympathie ces colonnes de Gardes Rouges qui arrivaient par vague entière s'installer dans quatre camps différents. Pour cette mission de grande importance, Velira Azrevninka avait été nommée par le Quartier Général de l'Armée Populaire Communale. Militaire de carrière et actuellement 'Kombat', (Raccourci utilisé pour désigner Komandir bataliona, ou Commandant de bataillon. Il n'existe pas de hiérarchies militaires et de grades/rangs officiellement en Oustrie, l'on est désigné par sa fonction et le nombre des hommes sous son commandement) elle était la personne parfaite et chaudement recommandée pour encadrer cette opération. De grande taille, les cheveux courts et toujours bien propre sur elle, elle s'est propulsée à ce niveau suite à ses actes de bravoures et à son commandement exemplaire lors de la Guerre de Libération, à seulement 26 ans. Personne sans histoire et dévouée à son pays, elle ne fait pas grand bruit de son homosexualité, qui reste encore mal vu en Oustrie malgré les progrès réalisés, et c'est pour cette raison qu'elle n'en fait pas un grand étalage. Le premier jour, elle avait décidée de s'adresser directement à l'ensemble des Gardes Rouges et des volontaires Oustriens, histoire de les mettre au parfum sur ce qu'il allait les attendre.

VELIRA AZREVNINKA | « Camarades Kirépiens, Camarades Oustriens. Camarades Kirépiennes, Camarades Oustriennes. je vous souhaite la bienvenue ici, dans votre nouveau camp de base. Je ne m'étendrai pas sur le pourquoi de notre présence ici, les raisons sont multiples et nous les connaissons tous et toutes suffisamment pour allez droit au but. Que les choses soient clair tout de suite : Vous n'êtes plus en démocratie à partir de maintenant. Vous êtes sous une dictature, la mienne. Ne croyez pas qu'il s'agit ici d'un camp de vacance, ni d'un endroit où vous allez pouvoir vous la couler douce. Je suis ici avec d'autres membres de l'État-Major, afin de vous former politiquement et idéologiquement à la lutte qui vous attend, qui nous attend. Vous aurez également un entrainement physique, sportif et militaire durant votre séjour ici. Que les choses soient bien clair, ceux qui n'en veulent pas peuvent retournez chez eux tout de suite. Vous rater un cours, vous faîtes une borne à pied avec tout votre barda. Vous rater un rassemblement, vous êtes privé de repas. Vous faîtes n'importe quoi lors des séances d'entrainement de tir, je m'assurerai que l'on vous botte le cul tellement fort, que vous ne recommencerez plus. AI-JE ÉTÉ CLAIR ? »

Des "COMMANDANT, OUI COMMANDANT !", résonne dans la clairière qui surplombe des terrains vallonnés.

VELIRA AZREVNINKA | « Pour éviter toute tension d'où qu'elle vienne... Nous allons mélanger les Gardes Rouges avec les volontaires Oustriens, et vice-versa. La personne avec qui vous partagerez votre chambre, votre repas et votre entraînement, considérez là comme un frère, comme un proche. Apprenez à vous connaître. Vous me remettrez tous et toutes un rapport sur votre voisin-e de chambre, sur ce que font ses parents, ce qu'il fait comme travail ou comme étude, ce qu'il souhaite faire plus tard, tout. Ce n'est qu'ensemble et uni, que vous parviendrez à mettre un terme aux divergences qui pourraient s'exprimer. A partir de maintenant, vous n'êtes plus des volontaires, ni des Gardes Rouges. Considérez vous comme appartenant à une communauté bien plus grande, bien plus importante. Bien, nous allons vous montrez vos hôtels maintenant. Que tout les représentants du sexe masculin se mette sur la droite et du sexe féminin sur la gauche, et en avant marche vers vos quartiers. On se retrouve à dix-huit heures zéro zéro pour le premier briefing. Rompez ! »

La formation pratique et théorique pouvait commencer. L'accent avait été mis sur la théorie révolutionnaire, sur les grandes questions idéologiques de notre temps. Du côté pratique, l'on avait misé sur une bonne condition physique, des sports collectifs et également de l'endurance. Des exercices de montage/démontage d'arme avait été organisé, ainsi que des séances de tirs. Deux fois par semaines, l'on quittait les différents baraquements pour allez crapahuter en forêt, s'habituer aux conditions de la guerre de guérilla, ainsi qu'aux situations imprévus : Embuscade, guerre en forêt, entraînement de combat urbain, fabrication artisanale d'explosifs en tout genre, etc etc. Les règles strictes imposé par Azrevninka avaient porté ses fruit, car l'on décelait très peu de tensions entre les différentes composantes présentes et la discipline de fer était compensé par des périodes de temps libres assez important, pour faire redescendre la pression. Cependant, Azrevninka restait toujours sur ses gardes et préférait maintenir éveillé et en forme les nombreux volontaires et autres Gardes Rouges. Il n'était pas étonnant de la voir improviser à trois heures du matin, un footing de plusieurs kilomètres dans la vallée où ils se trouvaient, pour maintenant ce qu'elle nommait "l'esprit de corps". Bien évidemment, certain-e-s rechignaient, mais ils se rendaient compte que tout ceci était fait pour leur bien.

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LAVRENTIJE | « [...] Je suis d'accord avec les Camarades Oustriens. Nous voyons très bien les limites du pouvoir populaire et de la démocratie socialiste au sein de notre pays. Il a suffit que Tadac s'en aille, pour que l'on se retrouve avec Todor. Cela doit nous mettre la puce à l'oreille : Il nous faut une base démocratique plus large et amplifier le centralisme démocratique, tout en luttant contre la droite et les révisionnistes ! »

Lavrentije était écouté, à chacune de ses prises de paroles, presque religieusement. Le plus souvent, c'était lui qui menait les débats et qui donnait le ton. Par petit groupes éparpillés, l'on discutait des problèmes qui se posaient dans l'ensemble des pays socialistes, en Alméra ou ailleurs. Chacun-es avait son mot à dire, mais il se dégageait sans arrêt le même réflexe, celui d'être passif et de simplement écouter, sans vouloir prendre parti.

BELIAN | « Il y a simplement un problème là dedans, si tu ne m'en veux pas d'intervenir comme ça Lavrentije : La démocratie ne suffit pas. La démocratie n'est pas naturelle. Le fascisme lui, l'est. »

Belian était un ancien étudiant Oustrien, qui avait refusé de continuer ses études pour se lancer dans la vie active et commencer à travailler dans une des nombreuses fabriques de Djzerjinvo. Membre depuis quelques années du Parti Communiste des Travailleurs d'Oustrie, il se trouvait en marge de ce dernier depuis quelques mois.

BELIAN | « Il faut une pratique révolutionnaire et démocratique, nous sommes d'accord. Mais regarde rien qu'ici : Nous sommes deux ou trois à prendre la parole et à argumenter, d'autres nous regardent comme si ils étaient dans une Église et qu'il fallait faire vœu de silence. C'est l'attitude passive, l'habitude de courber la tête, de se réfugier derrière de grandes figures qui sans cesse, nous démobilise. Gak avait raison de dire que l'on a raison de se révolter, encore plus soue le socialisme. »

LAVRENTIJE | « Je ne suis pas Gakiste, tu le sais bien. »

BELIAN | « Et alors ? Le terrorisme Kiroviste n'est pas la solution, car nous voulons un socialisme vivant, un socialisme qui assume ses contradictions. On ne peut pas dire qu'il n'existe que des contradictions avec le camp d'en face, mais jamais entre nous. Ce n'est absolument pas dialectique. »

LAVRENTIJE | « L'on sent tout le poids de l'anarchisme Oustrien sur tes épaules, Camarade Belian. Les peuples seuls, qui s'en remettent seulement à une hypothétique auto-organisation, finissent par être écrasé totalement. Il reste des déviances et des tares que nous devrons combattre et continuer à combattre : Cela se réalisera par une dictature violente, ardente et capable de détruire les racines même de notre malheur. Si il faut passer par une Terreur purificatrice, capable de faire en sorte que collectivement nous puissions faire avancer la cause révolutionnaire, soyons prêt à nous embarquer là dedans. Mais le Kirep et l'Oustrie ne sont pas la Rostovie, donc cette 'Terreur' serait différente. Tu veux te révolter ? Très bien, mais ne te trompe pas de cible. »

Belian était entrain de se rouler une cigarette et s'apprêtait à répondre, quand il fut coupé par Anija, qui s'était montrée très discrète jusque là.

ANIJA | « Vous parlez comme deux vieux dinosaures de la politique. Regardez ce qu'est devenu la Rostovie après la lutte entre Kirov et Terienkov. Regardez ce qui reste de l'héritage politique de Gak dans notre pays. Nous ne faisons que phraser autour de certains dirigeants, vantant les mérites des uns et en blâmant les autres. Ce n'est pas comme cela que nous arriverons à construire l'organisation et l'idéologie de demain. »

BELIAN | « Tu as r... »

ANIJA | « Je n'ai pas fini. -lança Anija en fusillant Belian du regard- Lavrentije, tu sais très bien que si demain Marko Vujin me demandait de sauter d'une colline les deux pieds en avant, je le ferai ! Mais il y a une différence entre l'aveuglement et le passéisme. Belian dans sa démonstration, voulait dire que ce sont les masses qui font l'Histoire, que nous avons raison de vouloir continuer la lutte même sous le socialisme. Surtout sous le socialisme ! Si demain nous arrivons à déboulonner Todor, il ne suffira pas de coller des Gardes Rouges armés de fusils dans chaque coin de rue, en attendant que chacun fasse son auto-critique. Ne faisons pas n'importe quoi, sachons juguler le rapport entre les masses, les classes, le Parti et les chefs. Nous ne faisons que parler des chefs pour le moment et pas des masses. Oui, nous voulons la démocratie. Oui, nous voulons la dictature révolutionnaire. Oui, nous voulons arracher les herbes vénéneuses que sont l'opportunisme et le révisionnisme. Alors donnons-nous les moyens de pouvoir l'accomplir et pas de reproduire les échecs du passé. »

Le silence poursuivit la prise de parole d'Anija, qui semblait marquer la fin de cette joute orale pour aujourd'hui. Il se faisait tard et il était prévu pour le lendemain, une marche de plusieurs kilomètres pour atteindre une zone d'entraînement, encore inédite pour les recrues du camp. Une bonne nuit de sommeil était nécessaire, car il fallait partir le lendemain à cinq heures trente précise.

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Au programme de la journée : Entraînement au tir, montage/démontage de l'armement, être capable de reconnaître le terrain et d'avancer à couvert sur ce dernier. Seulement, bon nombres de jeunes recrues ne s'étaient pas encore habitué à toutes ces règles, ce qui avait le don de rendre dingue leurs instructeurs, qui ne comprenaient pas pourquoi ils y mettaient autant de mauvaise foi.

Instructeur | « Mais c'est pas vrai ! On vous l'a répété au moins une dizaine de fois : Regardez où vous marchez. Stavko, est-ce que tu nous a vu durant ta progression ? Non évidemment et pourquoi ? Parce que tu regardais si tu n'avais pas de la boue sur tes chaussures ! Par ton incompétence, tu perds la moitié de tes hommes et l'attaque est foutu avant d'avoir commencer. Tout ce joue à un ou deux centimètres, un paquet de cigarette par exemple. Si vous n'utilisez pas le terrain pour vous repérez, si vous ne faîtes pas le minimum pour vous couvrir, ça sera un désastre. Allez, on recommence. On y passera la journée si il le faut, mais ça vous rentrera dans le crâne bien assez tôt. Action ! »

Théorie, pratique. Pratique, Théorie. Voilà quel était le quotidien des Gardes Rouges et des volontaires Oustriens, depuis un mois et pour les semaines à venir.[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]L'AN I DE LA FÉDÉRATION
(PUBLIC)

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Ce 24 Octobre 2027 marque la premier anniversaire de l'établissement de la Fédération Républicaine et Communale d'Oustrie. Pour l'occasion et annoncé depuis plusieurs semaines dans les principaux médias du pays, plusieurs jours de commémorations sont attendus à être célébré. Mais célébré quoi ? Tant la victoire contre les reliquats réactionnaires, qu'honorer les martyrs tombé au combat. Il s'agit également d'une excellente possibilité pour parler à l'ensemble de la Fédération, lui rappeler son combat et la nécessité de continuer la lutte pour la construction du socialisme. C'est bien évidemment Volodia Daganovitch qui prendra la parole, en sa qualité de Président du Conseil des Délégués du Peuple d'Oustrie. En fonction depuis maintenant une année, il s'est très vite attiré la sympathie de l'opinion Oustrienne, tant pour sa personnalité que pour le combat qu'il mène depuis plusieurs années. Mais il est dans une position particulière et doit souvent trancher entre une majorité hétéroclite qui le pousse sur sa gauche et l'opposition qui tente de freiner la marche en avant de la Fédération, c'est à dire en faisant pression sur sa droite. Pour reprendre un vocabulaire marxiste, Daganovitch est un 'centriste', non pas par conviction, mais l'exercice de sa fonction l'oblige à trouver des conciliations, plutôt que de jeter le bébé avec l'eau du bain. Pourtant, il reste au sein de l'équipe gouvernemental une figure respecté et très souvent écouté.

Les festivités se déroulent dans l'ensemble de la Fédération. Mais le défilé principal se tient dans la capitale Dzerjinvo et se termine sur la place Marinka, où le Président du Conseil des Délégués du Peuple fera son discours, pour clôturer la première partie des festivités. La plupart des citoyens de la capitale vont assister au défilé et au discours, étant donné que le 24 Octobre a été déclaré jour férié quelques mois après l'établissement de la Fédération. Il est prévu que plusieurs dizaines de milliers de personnes soient présentes, pour les plus basses estimations. Cependant et comme à leurs habitudes, les officiels Oustriens n'ont pas voulu trop donné dans l'exagération. Ils sont conscient que l'Oustrie est encore un pays qui doit trouver sa place dans l'arène internationale et qu'elle fait figure de jeune première, à côté des nations comme le Kirep, la CESS ou le Sébastov. Le 'Grand Frère' Rostove comme il est appelé affectueusement (ou ironiquement, cela dépend des personnes), n'est même pas pris en compte pour essayer un semblant de comparaison. De ce fait, il n'y aura pas énormément d'apparat et le grandiose sera quelque peu mis aux oubliettes, pour que la sobriété puisse malgré tout dominé. L'Oustrie a toujours maintenue qu'elle devait 'compter sur ses propres forces' et c'est ce qu'elle fait continuellement. L'évènement est filmé et retransmit dans tout le pays, comme un jour à marquer d'une pierre blanche.

Le défilé militaire des forces de l'Armée Populaire Communale est un grand moment attendu par tous et toutes. A côté des forces régulières de l'APC, l'on peut voir défilé les forces de la Garde Nationale, qui fait la fierté intérieure de l'Oustrie. Se sont souvent d'anciens combattants/miliciens qui ont choisit de ne pas faire carrière dans l'Armée, mais qui restent disponible pour effectuer les tâches de police et de sécurité dans le pays. La Garde Nationale a été à la base de la Fédération, elle en a forgée le concept et lui a donné son sens politique. Ses officiers sont élus directement par leurs hommes (Ce n'est plus le cas dans l'APC) et il y règne à l'intérieure une sorte de démocratie permanente, qui fait de la Garde Nationale un élément vivant pour la Fédération et pour les citoyens/citoyennes d'Oustrie. Au fur et rien mesure que le défilé suit son trajet, de nombreux drapeaux Oustrien sont agités dans les airs et certains soldats n'hésitent pas à saluer la foule, qui le leurs rend bien. Remontant le long de l'Avenue de la Fédération, les soldats Oustriens font pivoter leurs têtes sur leur droite, afin de saluer les Députés du Congrès des Communes, qui ont revêtit leurs écharpes rouges pour l'occasion. A la bifurcation de l'Avenue, se trouve la place Marinka, où le Conseil des Délégués du Peuple est au complet, entourant le Président Daganovitch qui est entrain de relire ses notes et se redresse pour pouvoir saluer le passage des troupes de l'APC et de la Garde Nationale. Une fois la procession militaire terminé, le commandant en chef de la Garde Nationale, sabre en main, passe à travers une haie d'honneur pour rejoindre l'estrade où se trouve le Président Daganovitch et symboliquement, lui remet l'épée qu'il porte en main, en baissant la tête. Cet épée symbolise la fin de la Guerre de Libération, quand l'un des derniers officiers réactionnaires, acculés par les troupes de l'Armée de Libération, a tenté de casser son sabre pour ne pas finir déshonorer. Il n'a cependant pas réussi, grâce à l'intervention d'un soldat qui a pu l'en empêcher : Il s'agissait de Volodia Daganovitch. Ce dernier cependant, semble quelque peu gêné par la situation et après avoir examiné le sabre, le rend au commandant en chef de la Garde Nationale, qui fait le chemin inverse pour se positionner devant ses troupes. D'une voix forte et puissante, il met ses hommes au garde à vous devant l'estrade, laissant le Président du Conseil des Délégués du Peuple, commencer son intervention.


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VOLODIA DAGANOVITCH | « Citoyens, Citoyennes. Camarades. Compagnons de Lutte. Soldats de l'Armée Populaire Communale et de la Garde Nationale,

C'est avec une grande fierté, que je m'adresse à vous aujourd'hui. Aujourd'hui, n'est pas un jour comme les autres. Ce jour est celui de notre Libération, en tant que peuple. Ce jour est celui de notre Victoire, en tant que peuple. Ce jour est particulier, il est unique. Nous qui avons consenti à tant de sacrifices, tant d'ardeur pour que ce jour arrive. Et bien je peux vous le dire : Ce jour est arrivé ! Ce jour où nous pouvons ensemble, communier dans un même esprit, vers un même objectif. Celui de l'indépendance nationale, celui de notre victoire contre la barbarie réactionnaire et fasciste. Celui du triomphe de notre système socialiste. Nous n'oublions pas et nous ne devons pas oublier, ceux et celles qui sont tombés pour notre cause. Si ils étaient là aujourd'hui... Ils seraient fier. Fier de voir que l'Oustrie, qui était hier une paria et une moins que rien... Puisse avoir actuellement la tête haute et une immense fierté. Il y a une chose que je peux vous dire à tous et à toutes. Dans quelques années, nous pourrons nous tourner vers nos enfants. Nous pourrons les prendre dans nos bras, les serrés du plus fort que nous le pouvons. Nous les regarderons dans les yeux et alors nous leur dire : J'AI COMBATTU POUR TE DONNER UN AVENIR ! CET AVENIR IL T'APPARTIENT ! VA ET FAIS EN BON USAGE ! »

- Applaudissements répétés dans la foule qui s'est massé autour de la place Marinka -

VOLODIA DAGANOVITCH | « Mais, nous ne devons pas oublier que notre chemin est long, qu'il est semé d'embûches. Nous avons réussi à détruire le pouvoir de nos anciens exploiteurs, nous avons réussi à les chasser. Nous avons triomphé sur ce front là, nous nous sommes assuré une tranquillité certaine. Mais Citoyens, Citoyennes... Il ne faut pas baisser notre garde. Nous n'avons pas encore accompli la moitié du chemin à parcourir. Que dis-je, peut-être pas encore un tiers ! Nous sommes encore loin de nos objectifs, nous ne sommes qu'au commencement. Une lutte de plus en plus âpre, de plus en plus vindicative nous attend. Rien n'est défini et rien n'est joué. Tout ceci, repose sur vous. Vous qui êtes le cœur de notre nation, le cœur de la Fédération. Vous pouvez faire et défaire les tyrans, les bourgeois, les maîtres, les rois. Mais il est d'autant plus difficile, de lutter pour qu'ils ne reviennent pas. C'est pourquoi nous n'avons pas honte de dire que la Fédération, représente une phase de transition. Notre socialisme, est une étape particulière de notre développement. Comme il l'est au Sébastov, dans la CESS ou encore au Kirep. Nous devons trouver notre propre voie et elle sera tracé par le peuple d'Oustrie, c'est à dire vous. Rien n'y personne ne doit vous écarter de ce chemin. Personne ne fera cette révolution à votre place ! Qu'importe le nom de ces organismes dirigeants et parasites, qui ne représentent pas les intérêts populaires. Vous avez en main, le moyen de faire et de défaire tout processus. Accoucher du processus révolutionnaire et défaire la contre-révolution. Dans cet ordre et pas l'inverse, d'accord ? »

- Rires et applaudissements de la part de l'audience -

VOLODIA DAGANOVITCH | « Il y a un an, nous étions plein d'espoir. Nous le sommes toujours. La Fédération nous garantit un régime social, politique et économique qui assure la paix et la prospérité pour notre peuple. Dans les usines, dans les champs, dans les coopératives, ce sont les décisions du peuple travailleurs qui prédominent. L'intérêt commun, le voilà. Notre Bien Commun, il se matérialise sous cette forme. Notre bataille sur le front économique n'est pas achevé, elle ne fait que commencer. Nous avons travaillé depuis un an, à la mise en place des bases pour le socialisme Oustrien, le socialisme de notre Fédération. Ces bases sont maintenant solides et nous devons bâtir sur ses bases, l'avenir. Doter notre pays d'une agriculture capable de nourrir notre population, une agriculture qui met comme principe le partage de la richesse de la terre équitablement. Nous l'avons quasi accompli. Il nous faut maintenant, doter notre pays d'une industrie suffisante, qu'elle soit lourde et légère. Depuis trop longtemps, aucun progrès n'a été accompli dans ce domaine. Les propriétaires terriens et les propriétaires d'usines, ne voyaient que leurs dividendes et leurs bénéfices gonflés, encore et encore. Pendant ce temps, les tares féodales continuaient d'empiéter sur l'économie de l'Oustrie, ce qui explique son retard par rapport à d'autres pays avoisinants, ou avec une histoire récente comme la notre. Nous devons vaincre sur le front économique, pour enterrer définitivement toute possibilité de l'ordre ancien. Nous ferons surgir de terre, des moyens industriels neufs qui permettront d'assurer notre indépendance économique et de fournir à chacun et chacune, de quoi vivre dignement. C'est pour cela qu'il nous fait redoubler notre volonté, qu'il nous faut redoubler nos objectifs. Un effort commun, un effort sublime nous attend tous et toutes. Est-ce que le peuple d'Oustrie qui se tient devant moi... EST-CE QUE CE PEUPLE EST PRÊT A RELEVER CE DÉFI ? »

- La foule répond par des "OUI !" qui se répercutent par milliers, tandis que commence à s'entonner l'Hymne Oustrien. -

VOLODIA DAGANOVITCH | « Nous ne sommes pas seul, sachez le. En Alméra-Orientale, nous pouvons compter sur nos frères et camarades du Kirep, du Sébastov et de la Rostovie. Nous sommes entrain de discuter pour que nos nations, socialistes et slaves, puissent s'unir et voir leurs puissances décuplés. L'Oustrie doit avoir une place importante dans cette nouvelle alliance, montrer qu'elle a son mot à dire, qu'elle est une nation socialiste qui n'a pas peur de se remonter les manches pour le Bien Commun. Le devoir de tout révolutionnaire, est de faire la révolution. C'est ce que nous faisons et ce que nous continuerons à faire. Faire cette révolution, c'est une fois de plus honorer ceux qui sont tombés au combat, ceux qui sont morts dans les geôles fascistes, royalistes et réactionnaires. C'est honorer la mémoire de ceux qui ont tout donné et qui restent dans nos esprit. Leur combat est le nôtre et il le sera toujours, n'en doutez pas ! C'est pour cela, dans l'optique de nous souvenir et d'honorer nos martyrs révolutionnaire, que le gouvernement de la Fédération et moi-même, avons décidé d'ériger un mémorial pour que jamais, nous ne puissions oublier ceux qui ne peuvent pas être avec nous aujourd'hui. »

- Daganovitch fait un geste de la main vers une statue recouverte d'un drap noir, non loin de lui. Plusieurs soldats tirent le drap, pour que la statue puisse être dévoilée. Une fois cette dernière à la vue de tous et toutes, c'est une volée d'applaudissements qui retentissent sur toute la place Marinka, tandis que des chants révolutionnaires sont entamés. -

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/32/1439043143-memoire.png[/img][/center]

VOLODIA DAGANOVITCH | « Tout ceci est bien maigre, comparé à tout les sacrifices que nous avons endurés. A tout ces morts qui ne peuvent pas être là aujourd'hui. Cela est notre façon de les commémorer, de ne pas les faire sortir de notre cœur. C'est avec ces souvenirs et après tant d'années de luttes, que nous devons donner le maximum pour faire de l'Oustrie, cette terre de liberté et de justice sociale dont nous rêvions depuis si longtemps. En fêtant cette première année d'existence, la Fédération Républicaine et Communale d'Oustrie peut envoyer un message clair : Nous avons lutté grâce à la volonté du peuple, nous menons la lutte grâce à la volonté du peuple. Nous gagnerons toujours, grâce à la volonté du peuple.

VIVE LA FÉDÉRATION !
VIVE LE POUVOIR COMMUNAL !
VIVE LE SOCIALISME !
HONNEUR ET MÉMOIRE POUR NOS MARTYRS !
EN AVANT CITOYENS !
»

Une grande joie s'empare encore un peu plus de la foule rassemblée sur la place Marinka, qui laisse éclater sa joie suite aux dernières paroles du Président du Conseil des Délégués du peuple. Ce dernier descend de l'estrade où il se trouvait, pour allez se presser contre les barrières où se trouvaient la foule et pouvoir serrer les mains qui se tendaient vers lui et celles qui essayaient de le toucher. Homme simple et militant de conviction, Daganovitch venait une fois de plus de démontrer qu'il catalysait sur sa personne, d'immense espoirs pour l'avenir. Les festivités pour la première année d'existence de la Fédération, étaient ouvertes.[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (1)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=Lg0N3xhOzc8]Les vrais auront reconnu ![/url]

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/49/1449411117-zderninka.png[/img][/center]
Il est 7h15. Dans sa petite chambre, Mikoyan Creovek, âgé de 10 ans est entrain de se préparer pour aller à l'école. Celui que l'on surnomme "Miko" dans sa famille, est entrain d'enfiler son pantalon au moment où sa mère ouvre la porte, pour venir le réveiller. A sa grande surprise, son fils est déjà entrain de se préparer. Ils se saluent mutuellement et sa mère s'en va pour allez réveiller également son grand frère et sa grande sœur. Quelques instants plus tard, le voilà dans la cuisine, où il va embrasser sa mère et son père. Ce dernier est entrain de manger une tartine en lisant le journal, en même temps qu'il est entrain d'écouter les nouvelles à la radio. Vasco Creovek est âgé de 48 ans et travaille dans une exploitation forestière à la bordure de la ville de Zderninka, situé au sud-ouest du pays, à moins d'une centaine de kilomètres avec la frontière de la CESS. Sa mère Alissa Creoveka, a le même âge que son mari. Comme de nombreuses femmes et mères en Oustrie, elle ne travaille que trois jours sur six possible. Depuis l'accession des socialistes au pouvoir, il est possible pour toute femme et mère de famille de pouvoir bénéficier d'un revenu basé sur les tâches ménagères effectués au cours du mois. Hors de ces périodes là, elle travaille comme assistante-secrétaire dans un cabinet d'avocat. Très engagée en politique, ses principaux modèles sont Irina Derdon, la Secrétaire Général de la Confédération Syndicale d'Action Révolutionnaire et Nadezhda Fredericova, la Délégué du Peuple aux Affaires Internes. Son mari Vasco, est un socialiste convaincu et membre de la Fraternité des Cordelins. Ils se chamaillent souvent politiquement, Vasco considérant peut-être à tort que la libération de la femme telle qu'elle est pratiquée, ne favorise pas l'épanouissement familial et biaise fortement le comportement des enfants. Sa femme considère au contraire qu'elle arrive parfaitement à pouvoir concilier son rôle de mère et de femme. Ses questions sont encore assez clivante dans la société Oustrienne, même après l'affaire du couple Ozokanine. Au-delà de cela, Vasco sait parfaitement que sa compagne est une femme forte, très indépendante d'esprit et ne peut que s'en féliciter.

Au moment où s'arrête le flash info de la matinée, il décide de couper la radio au grand dam de sa fille Mirina, âgée de 17 ans. Vasco n'aime absolument pas ces musiques jugés 'modernes', les musiques qui plaisent énormément aux adolescents qui ont l'âge de sa fille. Il trouve tout ceci parfaitement niais et le contenu des chansons le laisse assez froid. Ce n'est évidemment pas l'avis de sa fille Mirina, qui aime énormément ces musiques dite 'niaise'. Sans doute que dans un autre pays socialiste, elle se serait déjà fait rabrouer pour son comportement et son amour pour des musiques pop totalement inaudible, voir anti-socialiste. Mirina s'en fichait pas mal, elle n'aimait pas la politique : Pas qu'elle n'eut pas d'idée, mais elle considérait qu'elle n'était pas prête à pouvoir pleinement les assumer. Elle avait une grande passion dans sa vie et c'était le sport, plus particulièrement le football qu'elle pratiquait depuis son plus jeune âge. Comme de nombreux/euses personnes en Oustrie, elle pratiquait un sport comme action collective et de sociabilisation de masse. Dans sa chambre, l'on pouvait voir d'innombrables affiches, posters et articles de journaux traitant de ses joueurs préférés. Au-dessus de son lit, l'on pouvait voir un autographe de [url=http://www.simpolitique.com/medias-oustrien-t11710.html#p261654]Kress Mezerlan[/url], l'ancien gardien international Oustrien, aujourd'hui à la retraite. Elle jouait dans le club de football féminin de la ville, le Lokomotiv Zderninka. A l'exact opposé d'elle, se trouvait son grand frère Dragan, âgé de 22 ans. Ce n'était pas un grand sportif, loin de là. C'était l'intellectuel de la famille, actuellement entrain d'étudier les sciences politiques à l'Université. Son "sport" à lui, c'était les échecs. Un jour disait-il souvent, il écrirait un traité qui portera sur les échecs, leurs pratiques et le socialisme. En outre, il prenait une part active en politique du côté de la Jeune Garde Socialiste, ce qui ne déplaisait pas tellement à ces parents malgré la radicalité dont elle pouvait faire preuve. Après tout pensaient-ils, cela finira par leur passer... Très peu bavard quand il ne s'agissait pas de politique, il était souvent plongé dans ses livres ou dans ces cours, même quand il était à table. C'est dans cet environnement familial que grandissait le petit "Miko" Mikoyan.

Pour se rendre à son école, Mikoyan devait prendre le bus. Comme dans l'écrasante majorité des pays socialistes, ces services sont gratuit et pris en charge par l'État, ci il s'agissait plutôt des Communes et de la Fédération. Pareil pour l'éducation et pour l'essentiel des services publics. Zderninka était une ville de 70 000 habitants, bâti sur des collines et dans ce qui était à l'époque, une épaisse forêts. Le développement de la ville à quelque peu abimé le paysage, mais des politiques sont mises en place pour tenter de préserver la nature et la beauté environnante. Il ne lui fallait qu'une dizaine de minutes de bus pour arriver à son école, ce qui était fort appréciable. Dans les rues menant à son école, il pouvait apercevoir de nombreux Gardes Nationaux, qui faisaient offices de milices internes, de forces de polices. C'est eux qui géraient la circulation le long des avenues et des passages piétons. Non loin de là, autour d'un rond point bordant l'école, Mikoyan pouvait apercevoir deux membres du Comité de Sureté Général entrain de discuter et de fumer une cigarette. C'est ce que l'on nomme péjorativement dans les pays libéraux-capitalistes une "police politique". C'est ce qu'elle est, mais elle est strictement encadré par la légalité socialiste et tout manquement à la loi est durement puni. C'est pour cela que leurs agents étaient bien vu et aimé de la population, car ils étaient connu pour leur modération et pour leur volonté de servir le peuple. (Sans compter le fait que pour beaucoup, ils ont payés de leurs vies lors de la Guerre de Libération) L'école où se trouvait Mikoyan, était un ancien bâtiment utilisé lors de la période fasciste, comme "musée". Aujourd'hui, c'est un véritable lieu de culture et d'éducation. Le gouvernement de la Fédération a compris que si il souhaitait faire vivre le socialisme dans le pays, il était inconcevable que cela ne se fasse sans tout miser sur l'éducation et le savoir. A la sortie de la Guerre de Libération, un Comité s'est formé afin de jeter les bases d'une éducation nouvelle : C'est ainsi qu'à été crée la Direction Générale pour l'Éducation Populaire, rattaché à la Délégation du Peuple à l'Éducation et aux Sciences Populaires, qui vise avant tout à rendre acteur les élèves et étudiants, dans tout les domaines de la société. Pour qu'il n'y est plus jamais le fascisme en Oustrie, il faut se donner les moyens de pouvoir le comprendre, l'analyser et surtout, de renforcer la démocratie. L'exaltation de l'art, de la culture, des formes diverses et manières d'éducation étaient promues et sans arrêt soutenu.

Il n'existe pas de système de notation dans le système Oustrien. Non pas que l'on ne souhaite pas quantifier la réussite et les échecs... Mais l'on souhaite faire en sorte qu'une classe et un groupe d'élèves puisse s'élever intellectuellement ensemble et ne pas laisser seulement quelques élèves précis surnagé au-dessus du panier. Ce qui est important, c'est la réussite collective, c'est la possibilité de pouvoir progresser sans subir de fardeau inutile. Sur des copies, devoir ou exercice, l'on voit souvent des remarques faîte par l'enseignant, des petits dessins (souvent un drapeau rouge) et des commentaires plus complet. Des grilles de compétences sont établi et grâce à ces grilles, il est possible de pouvoir se concentrer sur divers points éducatif qui pêchent. Autre fait marquant, il n'existe pas de "grandes écoles" en Oustrie et il n'existe pas d'équivalent du Bac lorsque l'on souhaite faire des études supérieurs. Une fois que l'on a fait sa dernière année dans le cycle secondaire, l'on reçoit un petit diplôme qui atteste que l'on a bien effectué les deux cycles précédent. Ensuite, il est possible pour l'étudiant de pouvoir se diriger vers les études de son choix et la filière qu'il souhaite. Il y aura certes une "élite intellectuelle" dans le pays, mais cette dernière ne sera plus basé sur les survivances des classes sociales et des classes dépossédés. La semaine de Mikoyan est une semaine de cours de cinq jours, du lundi au vendredi. En Oustrie, on a cours seulement le matin de 8 h à 12 h. Le reste de la journée est accessible pour d'autres activités, le plus souvent culturel, sportif, etc etc. Dans son cas, Mikoyan s'intéresse au chant et au théâtre. Il peut donc s'adonner à ces deux passions l'après-midi durant toute la semaine. Éveillés politiquement et idéologiquement, il n'est pas étonnant de voir de jeunes élèves poser des questions sur l'actualité à leurs professeurs. Il est très mal vu que ce dernier, si il est professeur de chimie par exemple, ne soit pas capable d'expliquer en quoi consiste l'exercice militaire maritime en Mer de Caru, ou encore les causes de l'élection d'un pape noir au sommet de la chrétienté.

Une fois sa journée terminé, "Miko" Mikoyan rentre chez lui, retrouver sa famille et pouvoir raconter ce qu'il a étudié en cours, si son cours de chant s'est bien passé. Aux alentours de 20h, ses parents s'absentent durant une heure et parfois une heure et demi pour assister à une réunion de quartier ou une réunion plus large dans la gestion des affaires courantes. Cela est parfaitement logique en Oustrie et date de la Guerre de Libération, où chaque zone libéré politiquement et idéologiquement s'accompagnait d'une forte volonté de participation de la population aux changements majeurs à effectués pour construire une nouvelle Oustrie. Une fois ceci terminé, ces parents rentreront dans les temps pour lui souhaiter une bonne nuit, tandis qu'ils devront faire des pieds et des mains pour faire se coucher sa grande sœur bien avant minuit, sous le regard amusé de Dragan qui n'hésitait pas à se moquer de sa sœur et de ses tendances spontanée au "libéralisme petit-bourgeois". Une fois ce beau monde couché, il ne reste plus à Vasco et Alissa que de profiter de leur maison endormie pour des moments intimes, rien qu'à eux deux, après une journée bien remplie.
[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (2)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=eGwL51GwPwY]Découverte...[/url]

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/50/1449746049-affichefede.png[/img]
Affiche de la Fédération : Votez et participez à la poursuite de la prospérité de nos Villes et Communes ![/center]
Lemgrada est une Commune de 7369 habitants, situé en plein centre de l'Oustrie. C'est un ancien bastion ouvrier, qui a été grandement combattu durant la période fasciste, non seulement à cause de la radicalisé des ouvriers dans la Commune et la région, mais également dans la volonté du pouvoir fasciste de vouloir 'réguler' l'emplacement des bastions ouvriers, afin de pouvoir les encadrer avec ces corporations. Aujourd'hui, Lemgrada est partiellement reconverti dans d'autres activités économiques, principalement ce qui touche le secteur des services, ou encore tout ce qui touche aux biens d'équipements pour la population. Le Maire Communal de Lemgrada est Anastass Sokol, surnommé "Tassia" par les habitants de Lemgrada. Il est âgé de 31 ans et travaille comme professeur de musique au collège communal. Son activité de Maire Communal est une charge importante et en Oustrie, les Maires Communaux sont souvent les plus soumis à la critique de la population, aux critiques de la base. Ce qui ne les empêchent pas de pouvoir faire leur travail correctement, tant d'administrateur que de relais entre les citoyens de la Fédération et leurs représentants. Dans le système politique Oustrien, les Maires Communaux élisent 720 personnes qui partent en députation à Dzerjinvo, afin d'accomplir le mandat qui leur a été confié. Il est possible de pouvoir destituer un Maire Communal (ainsi qu'un Député du Peuple) si l'on juge que ce dernier ne remplit pas les conditions de son mandat. Pour éviter qu'il n'y est uniquement que des griefs personnels, les motifs de suspension du mandat doivent être clarifié et expliqué. Lors du passage au vote, c'est une majorité qualifiée qui est demandée, afin d'éviter des écarts trop infimes entre une quelconque majorité et une minorité qui pourraient se montrer assez forte. Le modèle de participation Oustrien est particulier et est unique comparé à d'autres systèmes démocratiques, voir socialistes. En Oustrie, participer activement aux décisions prises par la Fédération en tant que citoyen/enne est très important, voir valorisant individuellement et collectivement : Il existe trop de "démocratie" qui considèrent qu'être citoyen se bornerait à remplir des devoirs, toujours plus de devoirs et faire preuve de déférence devant n'importe quel institution. Ici, tout ceci n'aurait aucun sens. Dès leurs plus jeunes âges, les Oustriens/ennes sont élevés et éduqués pour acquérir un sens révolutionnaire et citoyen aigu, qui leur permettra ensuite de pouvoir participer pleinement aux organismes démocratiques et populaires accessibles dans l'ensemble de la Fédération.

Anastass Sokol sait donc qu'il risque moins d'être puni par sa propre hiérarchie, que par ces 'administrés', les citoyens de sa Commune. C'est pour cela qu'il fait preuve d'un grand sens des responsabilités, ne se laisse pas déborder par les affaires courantes et met un point d'orgue à toujours vouloir trouver une solution à un problème dès qu'il se pose à lui et à ses adjoints. Les Maires Communaux comme lui disposent d'une grande autonomie et d'une grande liberté d'action. La Fédération est là pour maintenir l'ensemble des structures cohérentes, mais n'intervient que quand cela est nécessaire dans les affaires locales des Communes. Ceci serait d'ailleurs assez mal vu par les citoyens eux-même."Qu'est-ce qu'une personne siégeant à Dzerjinvo peut bien savoir de ce qui se passe à Lemgrada ?". Cette sentence n'est pas seulement propre à Lemgrada, loin de là. Il n'y a pas de défiance contre le pouvoir central, le pouvoir de la Fédération... Il y a surtout une volonté de vouloir coordonner les actions centrale avec l'autonomie locale, de pouvoir faire converger le centralisme avec la démocratie. Dzerjinvo est loin (d'un point de vue politique) et il faudrait une armada de bureaucrates pour parvenir à l'administrer convenablement. Pour qu'il n'y est pas de bureaucratie, il faut simplifier une gestion communale, la gestion régionale et la gestion nationale plus efficace et plus transparente. "Tassia" se retrouve donc à la tête de sa Commune, flanqué de nombreux adjoints qui l'aide dans ses tâches quotidiennes de gestions et d'administrations. Mettre en place le budget, le respecter, faire des nombreux aller-retour vers les citoyens pour qu'ils puissent donner leurs avis, mettre en place des plans d'aménagement, etc etc. Autant dire qu'il n'a pas de quoi s'ennuyer quand il est en fonction. Il doit aussi traiter de nombreuses demandes de natures diverses et variés. Les citoyens peuvent directement écrire aux Députés du Peuple, mais il est préférable de passer d'abord par les Maires Communaux pour être sûr que l'information soit bien traité. Il n'est pas étonnant que Sokol et son administration ne reçoive des propositions d'idées farfelues, parfois grossières, parfois marrantes : "Remplacer l'eau courante par de la vodka glacée", "Fournir six voitures de fonctions à chacun des citoyens de la Commune" ou encore "Être obligé de raconter une blague après chaque repas". Mais il arrive souvent que des propositions utiles fassent leurs apparitions. Dernièrement, il s'agissait par exemple de "Faire reconnaître aux animaux de compagnies un statut particulier et non pas de simple objet" ou "Réduire la fracture entre la société active et les personnes âgés/retraités". Ces questions sont importantes et les Maires Communaux n'hésitent pas à les faire remonter jusqu'aux plus hautes sphères de la Fédération, afin qu'elles soient débattus.

Anastass est très marqué par la dernière proposition de la journée, concernant les retraités et les personnes âgés. En Oustrie, son système social(iste) de redistribution active des richesses, permet des départs à la retraite relativement tôt, surtout dans les secteurs de travaux jugés pénibles ou usant physiquement et psychologiquement. Cependant, tout ne se résume pas simplement à verser une retraite à des personnes ayant travaillé toute leur vie... Et là est bien le soucis. Une fois sortie de la "vie active", nombre de retraités ou de personnes âgés n'apportent plus à la société, ne serait-ce que dans la transmission du savoir ou des connaissances pratiques et/ou théoriques. Plutôt que de laisser ces personnes moisir dans des maisons de retraites et de les couper avec leurs proches parents, il faut tout faire pour les faire maintenir une activité, que les jeunes générations puissent apprendre des plus vieilles. Anastass ressent cela parfaitement avec ses grands-parents, âgés respectivement de 77 et 73 ans. Résistants passifs lors de la Guerre de Libération (Dû à leurs âges), ils n'ont eu le droit qu'à une poignée de main, des félicitations pour avoir "bien mérité de la Patrie" et tout s'est fini là pour eux. Pourtant, Anastass sait très bien que son grand-père est encore assez vif et indépendant d'esprit pour pouvoir apporter à la société toute entière. Vieux militant communiste, il a passé une grande partie de sa vie sur les chantiers, en tant que manutentionnaire d'abord, puis en tant que zingueur. Aujourd'hui, il se sent inutile. Certes, il peut profiter de sa retraite, peut participer quand il le souhaite à des réunions locales du PCOT, s'occuper de son jardin, rendre visite à des amis, etc etc. Mais son plus grand souhait, serait de pouvoir faire d'autres choses, encore pouvoir offrir à son pays, à son idéal. Ils vivent dans une petite maison dans la périphérie de Lemgrada, avec plusieurs jardins, quelques poules et quelques lapins. C'est à vrai dire, la seule famille qui reste à "Tassia" : Il n'a jamais connu sa mère et son père est mort durant la Guerre de Libération, après une razzia mené par les fascistes en représailles d'une attaque révolutionnaire. Il ne lui reste que ses grands-parents donc.

Quand Sokol se rend chez ses grands-parents, il trouve souvent son grand-père entrain de lire La Vie des Travailleurs, le journal du Parti Communiste des Travailleurs Oustriens, commentant ce qu'il lit à voix haute au grand dam de sa compagne, incapable de se concentrer sur les pièces de tissus qu'elle est entrain de rapiécé. Il est toujours amusé de voir que trône au-dessus de la cheminée, une photo d'époque montrant le dirigeant Rostovien Joseph Ovskorine accompagné par Guennady Darkov, dirigeant communiste Oustrien alors en exil en Rostovie. Bien que son grand-père n'est pas connu cet époque -il a cependant connu Guennady Darkov quand il a été amnistié et a pu rentrer en Oustrie au milieu des années 1970-, il reste un communiste assez nostalgique et très doctrinaire au niveau de ses principes. Ce qui a le don de faire sourire son petit-fils, qui est membre de la CSAR (Confédération Syndicale d'Action Révolutionnaire) et qui n'éprouve pas énormément sympathie pour des "dinosaures" comme Ovskorine et Darkov. Cela ne l'empêche nullement de bien s'entendre avec son grand-père, tandis que sa grand-mère se fait plus 'petite' sur les questions politiques, sans doute las des envolées de son mari et de ses jurons à répétitions quand il lit la presse ou écoute la radio. Autour d'une tasse de café, "Tassia" raconte à ses grands-parents la journée qu'il a passé, ce qu'il doit encore faire. Il a parlé à son grand-père de cette proposition émise par un citoyen, d'apporter une solution aux difficultés des personnes à la retraite afin qu'elles puissent toujours avoir une place dans la vie active. Ce n'est que très rarement qu'il pourra voir un sourire se dessiner sur le visage buriné de son grand-père, ce dernier l'attrapant par le bras et lui ébouriffant les cheveux, comme heureux de cette nouvelle. Une heure plus tard, Anastass s'en retournera chez lui, où il finalisera sans aucun doute les idées qu'il avait jeté sur papier concernant les problèmes rencontrés par les retraités. Il méditera aussi sans doute sur les prochains travaux à réaliser pour rénover la salle Communale, offrir un nouveau terrain de jeu pour les jeunes basketteurs de Lemgrada, etc etc. Le sentiment d'avoir accompli ce qu'il avait à faire, il partira se coucher pour reprendre ses responsabilités le lendemain. Il n'échangerait ses fonctions et son rôle pour rien au monde.


[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2015/50/1449746057-ovgu.png[/img]
La célèbre photo de Ovskorine et Darkov, prise en Rostovie au milieu des années 60[/center][/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]LES MONARCHISTES EN OUSTRIE

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/01/1451934885-royalcoa.png[/img][/center]
Ce n'est pas un sujet tabou en Oustrie et il est malheureusement pris trop souvent à la légère par un grand nombre de personnes. L'Oustrie telle que nous la connaissons actuellement, pourrait paraître comme une anomalie dans un pays qui a connu des siècles et des siècles de pouvoir royal. En effet, la Fédération et la République, ne sont que des régimes qui ont commencé à apparaître dans l'ère moderne du pays, aux alentours du XVIIIème et XIXème Siècle. Avant, l'idée même de mettre un terme au système royal en Oustrie, paraissait être impensable, voir une pure folie. La dynastie qui a régné sur le pays est la Dynastie Troubiich, actuellement encore prétendante au trône Oustrien. Pour les nationalistes et les partisans d'un retour possible à la monarchie dans le pays -soyons clair, cela semble hautement improbable, même avec un appui extérieur-, ils représentant la continuité et le pouvoir légal dans le pays. L'avis général en Oustrie sur la monarchie est certes très négative, mais cela s'explique par la tournure prise par la monarchie au cours de la seconde moitié XXème Siècle : La très brève République des Égaux (1906 - 1944) a de nouveau laissé place au système monarchiste. D'abord autoritaire dans ses premières années, il se doute au début des années 50 d'un système parlementaire et représentatif, qui finira par s'écrouler à la fin des années 70, remettant un fort pouvoir entre les mains du monarques. Finalement, il faudra attendre le début du XXIème siècle pour qu'une grande libéralisation soit entreprise par la monarchie. Mais au final, l'arrivée au pouvoir des fascistes transforme la monarchie en régime fasciste, les souverains ne servant que de potiche ou du moins, représentait une autorité morale dans le pays. Lors de la Guerre de Libération, la monarchie s'est quasi auto-dissoute et n'a pas cherché à imposer sa légitimité sur le pays, trop faible vis à vis du mouvement révolutionnaire, républicain et socialiste qui allait arriver au pouvoir à la fin de l'année 2027. Aujourd'hui, que reste t-il de la Dynastie Troubiich et quelle influence a t-elle encore sur la vie politique de l'Oustrie ?

De nombreux politologues et historiens sont d'accord pour admettre (au-delà des clivages politiques), qu'il n'y a aucune possibilité d'un retour durable de la monarchie dans le pays, à moins qu'il n'y est une baisse drastique et soudaine de la stabilité de la Fédération, ce qui est très loin d'être le cas depuis maintenant plus de deux ans d'établissement, après la Guerre de Libération. Ils admettent également que le grand discrédit de la monarchie, réside avant tout dans sa collaboration même passive, avec les fascistes qui ont pris le pouvoir dans le pays. Certes, une partie non-négligeable des soutiens à la monarchie n'ont pas tous admis cette collusion, mais il est généralement admis que ce sont les ultras et les passéistes qui ont permis l'instauration du triste régime fasciste en Oustrie et qui a duré une quinzaine d'années. Pour les supporters et les tenants de la monarchie, cette période est jugée comme dommageable pour l'image de la monarchie, mais elle sert aussi trop souvent d'arguments aux opposants des Troubiich pour les faire passer pour des "fascistes", qui auraient "accepté" le mise en place du régime fasciste en Oustrie. Ils tiennent souvent à rappeler que la stabilité, la grandeur et la durabilité de la nation Oustrienne revient avant tout à la monarchie et à son incroyable longévité dans le pays. En effet, les Troubiich ne sont arrivé à unifier l'Oustrie qu'après de très longues guerres qui ont animé tout le Moyen-Age, jusqu'aux alentours du XVème Siècle. Mais ils étaient déjà connu bien avant, pour administrer "l'Oustrie historique", la partie Nord-Est actuelle du pays, jusqu'à l'actuelle capitale Dzerjinvo. Après la prise de pouvoir des socialistes, un grand ménage a été fait dans les institutions, dans l'organisation du pays et également au niveau du pouvoir. De manière étonnante, les monarchistes n'ont pas été frappé par des mesures excessives. Entendons par là qu'il n'y a pas eu de purges massives, de déportations ou de massacres à grands échelles à leurs égards. Seul les fascistes et leurs troupes, ont subit le plus gros de la répression au moment de la libération du pays et la fin de la guerre civile.

Bien que n'étant officiellement pas reconnu dans le pays -il est interdit officiellement de constituer un parti bourgeois, réactionnaire qui remettrait en cause les acquis de la Fédération et de la Guerre de Libération-, l'on peut assister à des discussions et des "cercles monarchistes" dans un grand nombres de villes du pays, qui essayent de faire une synthèse de l'expérience monarchiste au cours des siècles et d'en tirer un enseignement pour l'avenir. La libre expression des idées permet à de nombreuses personnes de pouvoir lire un tract, une revue ou tout autre support en faveur de la monarchie. Malgré tout, le nombres de monarchistes est relativement bas et le Comité de Sureté Général estime qu'il doit y avoir tout au plus quelques milliers de monarchistes déclarés, ce qui ne représente en soi pas grand chose et encore moins une menace. La Dynastie Troubiich sait qu'elle ne pourra sans doute jamais ré-accéder au trône et c'est une vérité bien amer. L'ancien roi, Tadov VI Troubiich n'a pas été victime d'un régicide et après un procès le condamnant pour "passivité à l'égard des fascistes", il s'est retiré dans une de ses demeures de province et travaille actuellement dans un jardin botanique, coulant des jours heureux et sans être inquiété par qui que ce soit. Quand au reste de la famille Troubiich, elle se trouve divisé entre les deux principaux prétendants au trône. L'un et l'autre se haïssent cordialement, sur le plan politique comme sur le plan personnel... Au grand dam des partisans monarchistes qui aimeraient trouver un compromis acceptable. L'aîné Konstantin Troubiich, est l'héritier de fait dû à son ancienneté. Il est connu pour être progressiste et avoir de la sympathie pour les idées Saratoviennes en Rostovie. Son frère, à peine plus âgé que lui, Radomir Troubiich est quand à lui, le chef de fil des conservateurs au sein des monarchistes. Il accuse assez souvent son frère d'être un communiste qui ne s'assume pas et souhaite quand à lui, établir une transition avec une République Présidentielle et au bout de quelques années, remettre en place l'autorité monarchiste sur le pays.

En marge de ces deux personnalités, il existe une infime minorité de monarchistes partisans de la solution fasciste, ceux qui hurlent à la main-mise des juifs sur l'Oustrie et sur la complicité des nouvelles "élites rouges Oustriennes", dans la détestation de leur pays par de nombreux pays jugés "sain" à travers le monde, c'est à dire qui ont un système autoritaire en place ou alors monarchiste. Volodia Daganovitch, Président du Conseil des Délégués du Peuple, a rencontré au tout début de la nouvelle année 2029, les deux frères et prétendants Radomir, afin de discuter de leurs visions du pays. A la fin de cette entretien, Daganovitch admettra volontiers avoir bien plus de sympathie pour le "progressiste Konstantin", que pour le "beau parleur Radomir". La monarchie semble une idée lointaine, une idée farfelue et qui ne rencontrerait que peu d'échos. Sur les réseaux sociaux, il existe des pages entières de "Royalbashing", pour se moquer ouvertement des Troubiich et des deux prétendants au trône. Le plus souvent, il s'agit bien plus de moqueries que d'une réelle haine envers les idées monarchistes, bien que l'idée même en rebute plus d'un. Minorité bruyante mais n'ayant aucun avenir politique, les monarchistes espèrent sans doute qu'un possible triomphe des forces monarchistes en Rostovie, pourraient redonner un certain goût à la monarchie dans le pays. Mais cela reste pour le moment de la pure spéculation, face à des idées socialistes et révolutionnaires qui contentent très largement la population Oustrienne. Reste alors aux deux prétendants au trône, à se lancer en politique et faire campagne au cœur de la Fédération. Une idée saugrenue pour certains, inadmissible pour d'autres. Cependant, les marges de manœuvres monarchistes ne sont pas immenses et il faudra qu'ils se contentent de ce qu'ils ont.


[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/01/1451934885-konstantin.png[/img] [img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/01/1451934885-radomir.png[/img]
Konstantin Troubiich à gauche ; Radomir Troubiich et sa femme à droite. Deux hommes, un trône inaccessible.[/center][/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (3)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=Q8_6lRywaxs]Dédicace pour mon Camarade Vladimir ![/url]

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/02/1452763988-lifeoustria.png[/img]
Cinq membres de la Jeune Garde Socialiste à Kensheng, reconnaissable à leurs uniformes et leur style militaire[/center]
L'Oustrie n'a jamais fait le vœu de devenir une société ultra-militarisée, ni même tout le temps sur le qui-vive. Pour de nombreuses personnes, le 'socialisme de caserne' telle qu'il peut être appliqué en Rostovie ou au Kirep, n'est pas un modèle pour la Fédération. Loin de là l'idée de s'en prendre à leurs frères et sœurs slaves -tout le monde comprend qu'ils subissent plus de pression interne et externe qu'eux-, ils pensent simplement qu'il est pratiquement impossible d'imposer constamment un esprit de sacrifie à des pans entiers de la population, sans qu'elle ne puisse réclamer quelque chose en retour. Qu'est-ce que ce quelque chose ? La liberté. Certes, ce n'est pas la liberté illusoire qui est tant vanté dans les sociétés libérales-capitalistes, mais les libertés fondamentales concrètes, la liberté sociale et politique, la liberté de décider pleinement et avec conscience. Ne plus uniquement réfléchir en terme de désir, mais comprendre de manière dialectique que le règne de la liberté ne pourra accoucher qu'après le règne de la stricte nécessité. Ce sentiment est partagé plus que quiconque par la jeunesse Oustrienne. Jeunesse dorée, souvent idéalisée à tort et à travers par les organisations politiques, par la Fédération, par les personnes plus âgés et aussi, par cette jeunesse elle-même ! Qu'est-ce que le socialisme ? Un chemin à emprunter pour atteindre la société communiste future. Quelle est le chemin le plus long ? Celui qui mène à cette société communiste future. Comme la jeunesse du monde entier, la jeunesse Oustrienne à des rêves, des espoirs, des envies, ses caprices propres. Elle sait pourquoi elle doit s'engager et elle doit se battre. Mais elle sait aussi que le combat dans l'arène politique, ne peut pas être mené de manière constante. "Nous voulons tout. Pas seulement un plus gros morceau du gâteau, mais toute la putain de boulangerie !" Cette verve, c'est celle de la Jeune Garde Socialiste, éléments hétéroclites et de toutes conditions, travailleurs manuels et intellectuels très jeune (parfois mineures), qui veulent que l'essentiel de la politique et son essence même, ne se résume pas à une confrontation entre génération.

Elle exige, elle réclame, elle souhaite, elle demande. Ce qui va se passer dans trois générations, c'est bien loin. Ce qu'il faut, c'est pouvoir transformer maintenant, c'est commencer à vouloir maintenant, tout de suite. Ce spontanéisme est combattu par la plupart des organisations politiques de la Fédération, qui jugent que cette jeunesse n'est pas capable de comprendre que l'on accouche pas d'un monde nouveau, parce qu'on le désire très fort. C'est pourtant un sentiment légitime. Construire le socialisme, ne doit pas empêcher de vivre. On aime se moquer gentiment, de la vision très puritaine, hautement vertueuse des voisins Rostovs : Un peuple fier, un peuple robuste qui accepte des sacrifices, des périodes atroces et qui pourtant, continue d'avancer comme un bloc compact. Oui, l'idéal du Kirovisme est sans doute sale, peu alléchant et demande beaucoup de sacrifices. Cette chose que les libéraux ne peuvent pas comprendre. Si il faut passer par ce 'degré zéro' du socialisme, alors faisons le. Ici en Oustrie, où l'on aime bien vivre, bien chahuter et où le souvenir des années de dictature fasciste sont encore bien ancré, cela ne va pas de soi. Malgré le fait qu'ils veulent éviter une confrontation entre génération, celle-ci à lieu. De nombreux adolescents et jeunes adultes, ne peuvent pas pardonner leurs parents ou leurs grands-parents, d'avoir accepter sans broncher ou presque, la dictature fasciste. Cela leur semble impensable, quand l'on sait la misère dans laquelle ils étaient collectivement plongé. Ils n'ont souvent que peu de réponses qui les satisfassent. On évite la question, on la tourne en dérision. Non définitivement, cela n'est pas une réponse. Pour qu'il n'y est plus de fascisme, il faut que le peuple s'éduque. Qu'il s'éduque lui-même, qu'il apprenne à résoudre des contradictions au moyen de la démocratie, cette démocratie totale et globalisante qui règne dans les pays socialistes et que les libéraux-capitalistes nomment 'totalitarisme', sans comprendre qu'ils déforment la plus belle conception du politique : Le Bien Commun.

Le soir venu, la jeunesse Oustrienne fait ce que font les autres dans de nombreux pays : On sort, on va faire la fête, on va se rouler un joint et descendre quelques bouteilles. Si on est pas trop ivre, on sera en forme pour le boulot le lendemain. Si on ne boit pas, on pourra quand même s'éclater. Liberté et responsabilité collective. Soumis à des pressions continuelles toute la journée, soldat du socialisme quand il s'agit d'aller travailler, la jeunesse Oustrienne se lâche quand ils ont fini leurs devoirs, leurs écrits, leurs boulots. Cette manière de vivre très hédoniste est sans doute critiquable et pourrait faire avoir des crises cardiaques aux Kiroviens les plus puritains. Souvent, ils sortent de la ville pour aller dans les environs. En forêt, dans les champs, dans des maisons dans les périphéries. Ce soir pour Evgeni, ce sera dans une grange aménagé par ses copains et copines de l'Université. Evgeni est un étudiant en Histoire, âgé de 19 ans. Il est l'archétype de cette jeunesse qui désire beaucoup, fait preuve de beaucoup d'émotivité et de volontarisme. Mais cette jeunesse est celle qui désire aussi écouter de la musique à fond, pouvoir se raconter des blagues salaces, expérimenter des tas de choses. Quand il arrive aux alentours de 21 heures dans la fameuse grange, tout le monde est déjà arrivé. Il retire sa casquette militaire noir qu'il porte toujours, celle qui lui donne tout son style dit-il souvent. A son arrivée, on crie plusieurs fois son noms pour le saluer. Voilà ce qu'il aime le plus après une journée entière à être en cours et à participer à la vie collective-politique de l'Oustrie : Boire des bières, écouter de la musique et se vider la tête. Dans un autre pays socialiste, ce genre de petites fêtes seraient interdit. On parlerait de décadence bourgeoise, de vice intolérable inhérent à la bourgeoisie. Mais ici, il n'en est rien officiellement, on essaye de laisser vivre sans qu'il n'y est d'abus. Si le socialisme n'était pas une morale, une certaine conception du monde, elle ne serait qu'un dogme vide, une orthodoxie qui ferait marcher au pas cadencé. Evgeni et ses amis, le savaient très bien.

Evgeni va saluer celui qui organise toutes ces soirées, toutes ces rencontres : Stefan, âgé de 24 ans et qui travaille dans les chantiers navals du pays depuis qu'il a 18 ans. Une grande gueule, avec un visage carré et une voix qui porte loin. Il le dit souvent, mais il n'a jamais trop regardé du côté de la théorie politique. Quand on lui demandait, il répétait souvent "Je n'ai jamais lu le Capital de Marx, mais je porte sur moi les marques du Capital". Les grèves, les actions contre la police, la répression contre les fascistes quand il était adolescent, les descentes dans les locaux des monarchistes. Voilà ce qu'était son militantisme et voilà pourquoi il était aussi apprécié partout où il allait. Simple et volontaire, organisateur infatigable mais aussi compagnon de lutte pour beaucoup. Quand sa journée était fini, il troquait son 'socialisme en bleue de travail' pour n'être plus que celui qui organisait des soirées, souvent interminables. Il était légèrement sur le côté de la pièce centrale , assis dans un fauteuil assez spacieux avec deux très belles jeunes femmes assises à côté de lui. On pourrait le prendre pour un parrain de la mafia, ou alors pour le dernier machiste sur cette foutue planète. En fait, ce n'était pas le cas et malgré les apparences, il était plutôt assez maladroit avec les filles. Sa vie publique et sa vie privée, ne regardait que lui et personne d'autre. Il n'était pas du genre à être très bavard là dessus car tout n'est pas à dire et même, cela le regarde lui et personne d'autre. Surtout pas la Fédération... C'était mieux ainsi. Quand Evgeni vient s'asseoir, Stefan était entrain de raconter une blague, tout en roulant un joint. "Marx, Engels et Kirov (Ndlr : Lénine in-RP) se retrouvent au paradis. Ils discutent pour savoir ce qui est le plus avantageux entre avoir une femme, ou une maîtresse. Marx un peu conservateur, choisit la femme. Engels, connu pour être un peu plus frivole, choisit la maîtresse. Quand vint le tour de Kirov, il dit qu'il voulait prendre les deux. Stupeur de Marx et Engels, qui lui demandent des explications ! Kirov réplique de manière assez simple : Quand je n'ai pas envie de voir ma femme, je lui dis que je suis avec ma maîtresse. Et quand je n'ai pas envie de voir ma maîtresse, je lui dis que je vois ma femme. Et qu'est-ce que je fais pendant ce temps ? Et bien, j'étudie, j'étudie, j'étudie !"* Hilarité autour de lui, une fois qu'il eut fini. Voilà un peu le personnage et ce qu'il était capable de raconter.

Trente minutes plus tard , on frappe à la porte. D'un geste de la main, Stefan fait signe de couper la musique et de cacher/couvrir ce qui doit l'être. A cette heure-ci, il n'attend plus personne. Cela ne peut-être que des agents de la Garde Nationale entrain de patrouiller et de s'assurer que tout se passe bien. Stefan se lève et va jusqu'à la porte de la grange, qu'il entrouvre légèrement. Il s'agit bien de trois agents de la Garde Nationale. Ces derniers lui demandent si tout se passe bien, si il y avait la possibilité de mettre la musique un peu moins forte, compte tenu de plaintes de plusieurs voisins. D'un signe affirmatif de la tête, Stefan acquiesça. Alors qu'il allait refermer la porte, l'un des agents mit son pied en travers pour qu'il ne puisse pas fermer. Plein de stupeur, Stefan regarda l'agent dans les yeux en se demandant ce qui pouvait bien se passer. Après une brève tension, l'agent lui fit un grand sourire et lui demanda si il était possible de pouvoir avoir quelques cigarettes, car ils n'avaient plus rien à fumer. Surpris, Stefan leur répondit qu'il allait prospecter pour en trouver et à peine s'éloigna t-il, que les trois agents ouvrirent la porte en grand. l'un deux retira son képi et d'un geste de la main, désigna la table centrale où se trouvait les alcools. Très poliment, il demanda si il était possible de pouvoir en avoir une goutte, ou deux. D'un malaise généralisé, l'on venait soudainement de passer d'une entente quasi cordiale entre les agents de police et les jeunes se trouvant dans la grange. Refermant la porte et très poliment, ils saluèrent l'ensemble des personnes présentes, récupèrent quelques cigarettes et prirent chacun un verre. Quelqu'un lâcha une petite vanne populaire sur la Garde Nationale, qui fit rire tout le monde y compris les trois agents. Puis ils s'installèrent et commencèrent à discuter avec l'ensemble du groupe. Il n'est guère étonnant de voir ce genre de choses se produire, bien qu'il est également possible de voir des Gardes Nationaux faire preuve de zèle vis à vis de leurs hiérarchies. Ils tolèrent, ils modèrent mais évitent souvent de faire preuve de trop de fermeté pour rien. Pour ce qui est de la drogue douce, ils ne disent rien : Sa consommation est toléré, limité et strictement encadré.

Une fois terminé, ils se levèrent, saluèrent de nouveau l'ensemble des invités présent et sortirent pour finir leur ronde et sans doute, rentrer chez eux. Cette situation insolite en Alméra ne peut-être connu qu'en Oustrie. Un socialisme volontaire, très strict sur les principes et les méthodes. De l'autre côté, une assez grande liberté, une grande cohésion au sein du peuple qu'importe leurs métiers. C'est finalement la jeunesse Oustrienne qui porte ce message et ce style de vie. Comme le titrait récemment une publication de la Jeune Garde Socialiste : Vivre vite, mourir vieux. Voilà qui résume l'état de pensée générale d'une jeunesse en ébullition, consciente de son rôle historique mais qui n'acceptera pas de vivre éternellement dans des privations constantes et dans un esprit de sacrifice inutile. Ils savent que quelque chose de plus grand les unis, les relient même. On l'appelle la Révolution. Demain quand ils se réveilleront, ils seront de nouveaux les pionniers d'une société nouvelle. Ils seront stricts dans leurs principes, travailleur et bagarreur quand il le faudra. Ils forgeront le respect et l'admiration. Mais le soir venu, ils seront de nouveau cette jeunesse ivre, ivre de bonheur, ivre d'amour, ivre de vitesse... Elle sait qu'elle est inarrêtable, qu'elle est la force motrice de l'histoire. Qu'elle transformera l'avenir et détruira le Vieux Monde. Ce sont des bâtisseurs, des fous, des rêveurs et des enragés. Voilà leurs forces et voilà pourquoi l'Oustrie se doit d'être fière d'eux.


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* Je sais qu'elle est pas marrante pour ceux qui comprennent pas la psychologie de Lénine, ainsi que son grand sens de l'organisation et du travail. S'instruire, s'instruire, s'instruire était l'un de ses mots d'ordres favoris pour faire progresser la cause du socialisme en Russie. Voilà, voilà.[/justify]
Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

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[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/07/1455643969-gn.png[/img][/center]
La nouvelle de l'interdiction de la Jeune Garde Socialiste dans la ville de Rabov, avait rajouté de l'huile sur le feu à la situation déjà tendu qui envenimait la vie politique de la Fédération. Aucun des deux camps en présence ne semblait vouloir lâcher le morceau, chacun affirmant qu'il était dans son bon droit depuis le début. Mais, rien n'est jamais binaire dans une pareille situation. Un troisième acteur était entrain de s'organiser et appelait à une vaste réunion avec l'essentiel de ses membres : Il s'agit de la Garde Nationale. Qu'est-ce que la Garde Nationale ? Une force de police, quasi-paramilitaire, majoritairement composé de volontaires qui souhaitent effectuer les tâches de police, de sécurité au sein de la Fédération. Il y a peu, elle disposait encore d'un commandant en chef mais ce dernier a finalement été limogé pour des erreurs de gestions de la Garde Nationale. Dépendant en grande part du Comité de Sureté Général, la Garde Nationale dispose cependant d'une assez large autonomie et d'une grande capacité organisationnelle qui ne regardait qu'elle. Face à la situation explosive au sein de la Fédération, le Comité Central de la Garde Nationale (Composé de 32 membres), lança un appel à la réunion de l'ensemble des représentants des bataillons de la Garde Nationale, afin de discuter de la situation intérieure et des évènements survenu à Rabov. Plus de 800 délégués se sont déplacés, sans que l'on compte les curieux qui avaient également possibilité de pouvoir participer, écouter et échanger avec le Comité Central et les Gardes Nationaux. C'était une décision historique, la Garde Nationale ne s'était jamais réuni de façon extraordinaire de la sorte (Le Comité Central se réunit tout les six mois de façon formel) et en une telle situation. Dans un vaste entrepôt transformé pour l'occasion en grande auditoire, l'on pouvait voir bon nombres de Gardes Nationaux discuter, hurler, faire de grands gestes, parlant de ce qui se passait dans le pays. Cette situation les préoccupaient énormément et au-delà des possibles clivages politiques qu'ils avaient entre eux, ils comprenaient assez facilement que la situation était tendue, voir problématique.

Le Comité Central avait commencé par introduire la situation actuelle au sein de la Fédération, traçant les contours des évènements politiques des derniers mois pour essayer de statuer sur ce qu'il convenait de faire. Il était coincé entre un soutien formel à la légalité socialiste (donc de la Fédération) mais il était également tiraillé par un soutien à la démarche de la Jeune Garde Socialiste, contre les dinosaures que représentait l'opposition. Pour trancher cette question, il fallait que l'ensemble des représentants des bataillons de la Garde Nationale mandaté, puissent essayer de donner leurs avis, donc de pouvoir tirer une ligne directrice dans la prise de position du Comité Central et de l'ensemble de la Garde Nationale. La Fédération, c'était un peu elle et elle ne peut pas l'oublier. Malgré que son rôle semble très loin de ce que l'on pourrait attendre dans un autre pays, elle continue à être un corps extrêmement politisé (Comparé à l'Armée Populaire Communale) et très au courant de l'actualité au sein de la Fédération. Les premières prises de paroles ont commencé aux alentours de 16 heures et elles portaient tous et toutes sur le même avis : La Jeune Garde Socialiste est attaqué parce qu'elle souhaite mettre la politique en avant et non pas seulement laisser cela à quelques experts et quelques politiciens qui se trouvent au Congrès des Communes. L'attitude déloyale de Cagska, qui ose comparé l'Aigle Noir à la Jeune Garde Socialiste, est aussi montré du doigt et ouvertement critiqué, même pas des Gardes Nationaux qui se sentent proche du Parti Socialiste Oustrien. C'est dans cette ambiance que les discussions vont commencer à s'envenimer, quand il faut commencer à apporter des solutions. Beaucoup demandent la parole et montent sur l'estrade comme haranguer, pour faire du propagandisme, pour tenter de rallier des Gardes Nationaux et leurs représentants. Souvent, on applaudit et on peut entendre des "IL A RAISON LE CITOYEN !" qui fusent à longueur de temps. Quand arrive le tour du délégué pour le XVIème Bataillon de la Garde Nationale, les ovations se font encore plus grande, encore plus chaleureuse. Il va droit au but : L'administration communale de Rabov à ouvertement trahi l'esprit révolutionnaire et souillé la Fédération. L'interdiction de la Jeune Garde Socialiste est une trahison pure et simple, car cette dernière s'attaque justement à ceux qui veulent les faire interdire. La solution proposée, est donc de démettre l'administration communale de Rabov...

"ET TU VEUX T'Y PRENDRE COMMENT CITOYEN ? ILS NE VONT PAS S'EN ALLER TOUT SEUL !". Le délégué pour le XVIème Bataillon de la Garde Nationale continue son propos là où il a été arrêté avant de finalement répondre à la question qui lui a été posé. Il n'y va pas par quatre chemins et pour lui, il faut faire sauter l'administration communale de Rabov, y compris par la force si il le faut. C'est une grande stupeur dans cette multitude, bien que des applaudissements se font entendre de manière assez vigoureux. A ce moment là, un membre du Comité Central de la Garde Nationale -qui se trouvait avec les autres sur le coin droit de l'immense estrade-, décide interrompre le délégué du XVIème Bataillon pour lui rappeler que la Garde Nationale n'a aucun droit d'intervenir de la sorte dans la vie politique de la Fédération et que si elle le faisait, elle enfreindrait la loi et en même temps, bafouerait une administration communale qui a été élue démocratique. "ELLE NE TE PLAIT PAS ? MOI NON PLUS ! MAIS ELLE A ÉTÉ ÉLUE DÉMOCRATIQUEMENT! ", est l'argument utilisé par le membre du Comité Central. Se sentant attaqué, la délégué du XVIème Bataillon lui rétorque que l'administration communale de Rabov à outrepassé ses droits en ne tenant pas compte du vote au Congrès des Communes, qui n'a pas ratifié à la majorité la proposition de Pavel Cagska et du Parti Socialiste Oustrien. Puisqu'ils ont enfreint les règles et les lois de la Fédérations, il est du devoir de la Garde Nationale de faire respecter l'ordre socialiste, même si cela doit se faire par la force. Il terminera son argumentation en lançant "NOUS NOUS SOMMES BATTUS POUR LE SOCIALISME ! LA RÉPUBLIQUE SOCIALE ! LA FÉDÉRATION ! ET BIEN, NOUS LA DÉFENDRONS !". Une fois de plus, c'est un tonnerre d'applaudissement qui accueille ces paroles, tandis que l'excitation commence à gagner les délégués de la Garde Nationale, ceux qui sont venu assister à cette réunion extraordinaire. Comme si quelque chose était entrain de se passer. Mais une fois de plus, un des membres du Comité Central revient à la charge, clamant que si la Garde Nationale entreprend un tel mouvement, elle se mettra en sédition et se retrouvera seule. Ce à quoi le délégué du IXème Bataillon de la Garde Nationale répond en demandant poliment la parole, s'élançant sur l'estrade "NOUS AURONS AVEC NOUS LA JEUNE GARDE SOCIALISTE, NOS AMIS COMMUNISTES ET AUSSI, L'ESSENCE MÊME DE LA FÉDÉRATION !". Il continue son intervention en mentionnant le fait que l'attaque porté par le Parti Socialiste Oustrien vis à vis de la Jeune Garde Socialiste, semble mal cacher le fait que Cagska est un ami proche de Ozokanine et que le Parti Socialiste ainsi que le Bloc Populaire & Paysan, n'est pas exempt de fautes en tout genre.

Il est très tard (aux alentours de 23 heures) quand le Comité Central a finalement laissé place au vote pour savoir quelle devait être la position de la Garde Nationale. Sur les 32 membres, seuls 9 se disent opposés à une action violente mais suivront l'avis de la majorité si cela doit être le cas. Sur les 800 délégués, une écrasante majorité de 658 délégués vote pour que des mesures radicales soient prise contre l'administration communale de Rabov. Le Comité Central de la Garde Nationale fait officiellement ratifié le vote de la majorité et quelques instants plus tard, le Comité Central est applaudit de manière répété par l'ensemble des délégués des Bataillons de la Garde Nationale qui de la sorte, adoubent la décision du Comité Central de se ranger de leurs avis. Un appel est lancé afin de mobiliser l'ensemble des bataillons de la Garde Nationale et surtout, de prendre les mesures révolutionnaires afin de sauvegarder les intérêts de la Fédération. Il est minuit quand les délégués quittent l'entrepôt où s'est déroulé cette réunion assez particulière. Quelques heures plus tard, ils rendront compte à leurs bataillons de la décision prise cette nuit. Le lendemain, le XVIIème Bataillon de la Garde Nationale stationné à Rabov et ses alentours, s'élancera pour arrêter officiellement l'ensemble de l'administration communale de la ville et pouvoir permettre à nouveau à la Jeune Garde Socialiste d'exister officiellement. Une question persiste : Comment va réagir le gouvernement de la Fédération vis à vis d'un tel acte ? Qu'importe, quand ils regagnent leurs bataillons, les délégués de la Garde Nationale sentent comme une atmosphère étrange, qui annonce un bouleversement majeure dans la politique de leur pays. A la tête de leurs bataillons, ils chanteront à nouveaux des chants révolutionnaires...

Mourir pour la Patrie,
Mourir pour la Patrie !
C’est le sort le plus beau, le plus digne d’envie,
C’est le sort le plus beau ! Le plus digne d’envie !
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Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (4)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=T-i4bPQbFXA]Vorwärts, und nicht vergessen...[/url]

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/12/1458673387-proloustrie.png[/img]
Une déléguée ouvrière discutant de l'application du Plan dans une usine d'assemblage, avec un travailleur au secteur montage[/center]
Chercher une voie de développement du socialisme entre d'un côté la Rostovie et de l'autre le Kirep, n'est pas chose facile en Oustrie. Les deux plus gros pays socialistes qui bordent ou alors sont proches de la Fédération, sont connu pour leur puissance industrielle qui n'est plus à débattre. Pour sortir du marasme et surtout réussir à hisser l'Oustrie au-delà des difficultés dans laquelle elle se trouve, le gouvernement populaire a décidé du lancement d'un Plan il y a maintenant plus d'un an et demi qui doit permettre de jeter les bases d'un futur développement économique du pays. A ce niveau, différentes conceptions semblent se faire face et s'affrontent dans les organes dirigeants de la Fédération. Groupé autour de l'actuel Président du Conseil des Délégués du Peuple Volodia Daganovitch, ce groupe considère qu'il est urgent d'accentuer les rythmes de croissance, de favoriser les forces productives et de permettre de hisser l'Oustrie comme puissance économique majeure dans un délai assez court. A l'opposé de ce groupe, l'on retrouve deux figures importantes de la politique du pays : Côte à côte, le Secrétaire Général du Parti Communiste des Travailleurs Oustriens et Délégué du Peuple à l'Inspection Ouvrière & Paysanne Prebor Ketarziev et le Délégué du Peuple aux Affaires Économiques Oleg Paouchline. Pour eux, il faut à tout pris éviter de se lancer dans des plans fastidieux, qui ne viseraient qu'à faire peser l'accumulation primitive "socialiste" sur la paysannerie. Ils sont pour une politique économie équilibrée, qui fasse coexister un puissance secteur industriel et agricole. Leur principal peur est finalement de copier l'exemple historique de la Rostovie qui a crée un gouffre énorme entre les villes industrielles d'un côté et le via idyllique du Mir de l'autre. Majoritairement et depuis le lancement du [url=http://www.simpolitique.com/delegation-peuple-aux-affaires-economiques-t11715.html#p266027]Premier Plan Triennal[/url], c'est les tenants de la ligne 'Paouchline-Ketarziev' qui tiennent le haut du pavé et rien ne semble remettre en cause leurs prédictions, ni leur manière de concevoir le développement économique du pays.

La grande force de ce duo, est sans doute leur popularité. Oleg Paouchline est sans doute un cas assez atypique (et peut-être unique en son genre), de chargé des affaires économiques qui passe un temps incroyable à faire des enquêtes sur le terrain, qu'à rester derrière un bureau où à dicter des directives à des subalternes. Ancien travailleur-routier, il s'est fait les dents en organisant les routiers pendant la dictature fasciste, pour demander des conditions de travail meilleures et surtout, réussir à lier la cause des routiers avec celle de l'ensemble de la classe ouvrière du pays. Si il se trouve à ce poste actuellement, ce n'est pas pour rien. De loin, l'on pourrait croire que l'Oustrie ne fait que copier passivement les exemples historiques du Kirep et de l'Oustrie. Mais quand l'on s'approche d'un peu plus près, l'on peut se rendre compte que le système économique mise en place, son fonctionnement, ses règles et ses statuts n'ont absolument rien à voir. Il est par exemple extrêmement difficile de pouvoir différencier dans sa tenue vestimentaire, un cadre d'un simple travailleur. Il est également difficile de pouvoir savoir qui est un "travailleur de choc" et qui ne l'est pas. Pourquoi ? Sans doute parce que cela n'existe pas en Oustrie. Paouchline -ainsi que Ketarziev, le pendant idéologique de toute cette organisation- sont très égalitaristes dans leurs visées politiques et ne veulent pas que des fossés énormes se créent entre les travailleurs. Il n'existe donc par exemple, aucune prime au pièce, pas de stimulant économique, pas de privilèges individuels. En Oustrie, une usine ressemblerait presque à une fourmilière. Ici, il n'est pas question d'avoir de la prestance individuelle, l'on peut espérer avoir des récompenses collectives et pour l'ensemble des travailleurs quand des objectifs sont atteints, ou alors que des exploits sont réalisés sur le front économique. Mais à part cela, il n'est pas question de constituer des couches privilégiées au sein des travailleurs, ni de détourner les cadres de leurs travail : Comme les autres, ils sont "invités" à participer à la production. En Oustrie, un cadre est reconnu comme tel quand il est capable d'assimiler les techniques de gestion et de production à la fois.

Lors des pauses où à la fin des heures de travail (Généralement, on travaille 8h par jour en Oustrie et cela peut aller au maximum jusqu'à 10h mais est assez rare), on discute le plus souvent des problèmes de l'usines, des problèmes politiques, des problèmes du quotidien, etc etc. Il existe de grands tableaux dans les usines et les lieux de productions, où les ouvriers et les ouvrières peuvent venir déposer leurs suggestions, leurs attentes, leurs besoins hors du travail que cela tourne le transport ou autre. Il est possible de pouvoir participer à des cours de théorie politique et philosophique, pendant une heure ou une heure et demi à la fin de son temps de travail et cela bénévolement. Le plus souvent, ce sont les ouvriers qui proposent eux-même leurs attentes et sur quoi ils veulent parler. A côté de tout cela, se trouve de multiples petites organisations qui se chargent de veiller à ce que la politique soit toujours "au poste de commande", c'est à dire que les buts de la productions soient à la fois bien compris, discuté et mis en œuvre, mais également que chacun/une puisse donner son avis sur la manière de produire. Le plus gros défi qui est mis en œuvre au sein de la Fédération, est d'arriver à briser la division capitaliste du travail, qui aliène à la fois l'ouvrier dans sa manière de produire, mais aussi dans sa propre finalité. Pour faire simple, il s'agit de faire en sorte qu'il puisse être de nouveau maître de son outil de travail, qu'il puisse participer au mieux possible et donc, qu'il se rende maître de ce qu'il produit. Il n'est donc plus un rouage, il n'est plus simplement un chiffre ou une simple individualité, il s'inscrit dans un collectif. On ne peut pas comprendre la philosophie Oustrienne, si on ne comprend pas qu'elle s'inscrit presque toujours dans un cadre collectif, global et général. Il est rare d'entendre quelqu'un dire "Moi, je pense...", il y a plus de chance d'entendre quelque chose comme "Nous, nous pensons que...". Bien évidemment, il ne s'agit aucunement de nier les individualités, mais tout est interconnecté en Oustrie : Les personnes avec qui l'on travaille, sont souvent celles que l'on croise quand l'on va faire ses courses, qui habitent le même quartier, ont des enfants dans les même écoles, etc etc. L'analogie de la fourmilière n'est pas mauvaise en soi, mais elle serait réductrice si l'on ne mettait pas en avant le fait que le processus collectif est pensé et n'est pas 'imposé', ou même 'inconscient' comme dans le cadre d'une fourmilière.

L'Oustrie a de nombreux défi à relevé pour atteindre un niveau économique satisfaisant. Pourtant, aucun obstacle ne semble pouvoir freiner cette volonté générale d'aller de l'avant, de construire, d'expérimenter, de tester et de prendre des initiatives. La plus grande peur affiché par les instances dirigeantes de la Fédération, serait de recopier purement et simplement les rapports de productions et sociaux hérité du capitalisme, c'est à dire n'affronter que les problèmes posé par l'infrastructure de la société et non pas sa superstructure. En d'autres terme, changer les rapports de productions et les rapports sociaux au sein des usines, n'est pas suffisant. S'attaquer à la superstructure, c'est s'attaquer aux conceptions du monde, s'attaquer à la manière de concevoir le monde, le rapport aux autres, les lois, les règles, les codes, le droit... Une bataille qui est d'une grande importance, qui est même le combat numéro un au sein de la Fédération. Cependant, le poids énorme de la société capitaliste (Et en Oustrie, du caractère quasi féodal hérité des campagnes à certains endroits) continue de se répercuter dans la construction du socialisme. Marx notait que le capitalisme était sortie des entrailles de la société féodale, que le mode de production qui succèdera au capitalisme également, mais qu'il ne pourra pas simplement s'accommoder de ce dernier. Là est toute la bataille idéologique qui est mené en Oustrie : Non, il n'y aura pas de voie pacifique dans la construction du socialisme. Les luttes d'hier, seront également les luttes de demain. Voilà pourquoi il y a cette volonté égalitariste, volontariste et disons le, quasi "totalisante" au sein de la Fédération. Elle n'est pas un poids sur le dos des masses travailleuses, elle n'est pas imposée par en haut, elle se trouve en construction presque permanente dans la base de la société, au niveau des masses. Sans forcément le crier sur tout les toits, l'Oustrie pense trouver une manière de pouvoir sortir "par la gauche" du Kirovisme d'un côté et du Gakisme de l'autre. Loin de les rejeter, elle se fait d'ailleurs la gardienne d'une orthodoxie qui choque plus d'un pays à travers le Simpomonde, en clamant que les classiques restent les classiques, qu'il faut s'en inspirer et continuellement y puiser ce qui est nécessaire. Seule l'avenir sera capable de déterminer si oui ou non, le modèle Oustrien trouvera sa place dans la grande famille socialiste.
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Viktor Troska

Message par Viktor Troska »

[justify]Les Cosaques et la Fédération : Entre tradition et socialisme
[url=https://www.youtube.com/watch?v=3-ESSTRcLNs]Hourrah pour les Cosaques du Kouban ![/url]

[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/17/1461577742-cosaque.png[/img]
Un Cosaque embrassant son épée, avant une cérémonie officielle[/center]
Il existe en Oustrie, dans la région nord-ouest plus exactement, une forte société Cosaque qui a maintenant plus de 500 ans voir 550 ans d'existence. Cette particularité géographique s'explique par l'histoire de la région et de cette partie précise de l'Alméra-Orientale : Les Cosaques sont historiquement répartit sur un ensemble qui va du sud de la Rostovie jusqu'au nord-ouest de l'Oustrie, formant une ligne oblique qui "passe" par le Sebastov (bien qu'ils soient très peu présent dans le pays). Suite aux différentes attaques, guerres larvées mené par les peuples Sirs d'origine musulmane, une bonne partie des Cosaques ont tout bonnement quitté la région pour venir s'installer dans une région fortement boisée et quelques peu montagneuse de la future Oustrie, après un long voyage les amenant jusqu'ici. L'on parle encore aujourd'hui des "Cosaques du Nord" et des "Cosaques du Sud" pour désigner tout à tour ceux qui sont resté dans l'actuelle Rostovie -nord- et ceux qui se sont installés dans l'actuelle Oustrie -sud-. L'implantation des Cosaques a été rendue possible par les grandes guerres qui secouaient la région. Le manque d'autorité centrale à donc permis l'établissement de plusieurs milliers de Cosaques, qui ont trouvé un environnement accueillant et propice pour leur réinstallation après leur long périple. Très vite, les Cosaques ont été d'une grande aide pour les nombreux royaume qui dirigeaient la région, à la fois comme partenaire commercial mais également comme troupe indépendante ou de mercenaire. Guerriers rompus au combat, capable de pouvoir endurer énormément, cavalier et sabreur hors paie, ils se sont rendus quasi indispensable pour tout pouvoir et toute autorité. Pourtant, l'autonomie naturelle des Cosaques n'était pas quelque chose de très apprécié quoi qu'il en soit. Leur organisation sociale démontre leur velléités d'indépendance et se sont montrés plus d'une fois capable de pouvoir lutter les armes à la main contre quiconque essayait d'attenter à leur mode de vie traditionnel. Il n'était donc pas étonnant de voir que les Cosaques pouvaient servir à la fois dans une armée et se retrouver à devoir combattre cette même armée, parfois de manière incessante ! Mais au fur et rien mesure de la centralisation de l'État moderne la lutte des Cosaques devenait de plus en plus difficile et sur le long terme, ils n'avaient d'autres choix que d'essayer de trouver des compromis pour ne pas finir purement et simplement massacré. C'est ainsi que des régiments de cavalerie d'élites Oustriens furent constitués uniquement de Cosaques.

Au moment des grandes crispations idéologiques qu'à traversée l'Oustrie (République, Monarchie, Régime Fasciste puis République Socialiste), les Cosaques ont toujours fait en sorte d'être dans les bonnes grâces du régime en place dans l'optique de pouvoir conserver une partie de leur autonomie et de leur mode de vie. Ce n'est finalement qu'au moment de la chute officielle de la monarchie et son remplacement par le régime fasciste que les relations se sont définitivement tendus entre les Cosaques et les fascistes. Ces derniers étaient obnubilés par une pureté raciale purement "Alméro-Oustrienne" et n'acceptaient pas qu'il puisse y avoir des récalcitrants à une telle conception unitaire basée sur la race. Pourtant d'un point de vue ethnique, les Cosaques du Sud n'ont pas grand chose de différent avec les Cosaques du Nord, voir avec une grande partie des différents peuples qui composent l'Alméra-Orientale. Mais cela semblait être un prétexte pour mettre définitivement un terme à l'autonomie Cosaque, les faire entrer dans le rang et unifier une fois pour toute l'ensemble des Oustriens/ennes dans un seul État, un seul espace homogène. Les Cosaques se sont divisés entre eux à ce moment là : Les plus loyaux envers l'Oustrie ont finalement accepté de faire partie de ce "tout", tandis que les plus récalcitrants ont purement et simplement refusé d'abandonner leur mode de vie et leur autonomie, chose qui leur est le plus chère. Il n'y a rien eu d'étonnant donc à ce que les Cosaques rejoignent massivement la cause révolutionnaire prôné par les socialistes, car ces derniers avaient dors et déjà expliqué que la future Oustrie serait basé sur un modèle communale et fédératif, donc qu'il n'y aurait plus d'oppressions pour les différentes composantes de la nation Oustrienne par un "centre" qui était ici incarné par l'idéal fasciste-suprémaciste. De durs combats ont opposés les Cosaques aux troupes fascistes et les massacres perpétrés par ses derniers à l'égard des Cosaques est encore très vif dans les esprits. Comme en Rostovie au moment de la Révolution de Novembre 1949, les troupes Cosaques ont refusé de charger le peuple qui manifestait pacifiquement contre le pouvoir fasciste, se ralliant même aux manifestants et aux insurgés. Il n'existe cependant pas de grandes mythologies Cosaque en Oustrie mais leur rôle n'a pas été oublié dans la Guerre de Libération Nationale et il a té pour beaucoup, d'une importance primordiale.

Trois années maintenant après la victoire de la révolution socialiste dans le pays, les relations entre la Fédération et les Cosaques sont au beau fixe. D'un côté comme de l'autre, on se félicite d'une telle cohésion et d'un tel respect mutuel. Comme ils l'avaient promis, les socialistes Oustriens ne toucheraient pas à l'autonomie Cosaque ainsi qu'à leur mode de vie. Ils leur étaient simplement demandé d'étendre les multiples réformes sociales et économiques aux leurs et d'aider à la reconstruction de l'Oustrie. C'est d'ailleurs au cours de ces trois années que de nombreuses recherches historiques ont été faîtes sur les Cosaques d'Oustrie, afin de retracer leurs origines, leur histoire commune et pouvoir l'inscrire définitivement au patrimoine historique de la Fédération. De nombreux chercheurs vantent sans trop le caché le tempérament des Cosaques, leur mode de vie, leur insoumission constante, leur recherche d'autonomie. Les expériences de démocraties radicales sont aussi extrêmement intéressantes et bien que la Fédération ne le reconnaisse pas officiellement, le modèle consultatif propre aux Cosaques n'a rien à envier à la "démocratie communale" telle qu'elle est appliquer à travers la Fédération. En outre, les Oustriens aiment énormément cette pérennisation du folklore Cosaque, dans ses habits, ses traditions, chants, coutumes... Aujourd'hui, les Cosaques arrivent parfaitement à concilier leur mode de vie ancestrale, avec la "modernité" et le socialisme qui est mis en œuvre à travers la Fédération, dans une alchimie toute particulière. L'Oustrie n'étant pas un pays fortement industrialisé pour le moment, les Cosaques peuvent encore jouir du côté fortement rural qui a cimenté pendant des générations leur organisation politique et économique. Peuple de cultivateurs et de chasseurs, ils en font toujours leur principal activité. Les meilleurs haras de la Fédération se trouvent également dans cette grande région du nord-ouest. Rien de bien étonnant quand l'on connait les qualités de cavaliers hors pair des Cosaques. Ils ont réussi au cours du temps, à développer et maintenir une société qui est beaucoup moins marquée par les inégalités sociales, notamment par le fait de la redistribution intégrale des fruits du labeur pour tous et toutes, ainsi qu'un contrôle renforcé au niveau de la possession de terres. Ceci explique sans aucun doute l'intégration assez rapide ces Cosaques d'Oustrie dans la nouvelle société socialiste.

Bien que très démocratique, la société Cosaque est malgré tout hiérarchisé. L'essentiel des décisions sont prises dans le "kroug" avec une très forte participation, le règlement des litiges, l'organisation de la société Cosaque. A côté de cela, se trouve aussi les centres politiques important et qui regroupent à ce moment là l'ensemble des Cosaques pour les prises de décisions sur une grande échelle. Il s'agit du "sitch", qui a lieu généralement dans les nombreuses villes ou villages et qui est l'assemblée suprême des Cosaques. C'est lors de cette grande assemblée suprême qu'est élu le "Kochevoï", titre et fonction du chef de l'ensemble des Cosaques. Ses fonctions sont de nature politique mais également militaire, car il est également chef des armées cosaques. Depuis le début de l'année 2028, le des Cosaques Oustriens est Anton Dzvedan, âgé d'un peu moins d'une quarantaine d'années. Il est connu pour ses grandes capacités militaires lors de la Guerre de Libération Nationale, mais également pour ses positions politiques ouvertement révolutionnaire ce qui tranche avec ses prédécesseurs qui avaient des visions progressistes mais assez arrêtées. Dzvedan dit de lui-même qu'il est le produit politique d'une "fusion entre les makhnovistes de Rostovie et les communistes Oustriens", ne cachant cependant pas son admiration pour le personnage qu'était Kirov. Depuis maintenant deux ans, il a décidé d'harmoniser au possible les lois internes des Cosaques avec les grandes lignes de la politique de la Fédération, notamment en ce qui concerne les droits des femmes Cosaques. Il n'exclut d'ailleurs pas la possibilité que dans un futur proche, une femme puisse être élue Kochevoï des Cosaques Oustriens, ce qui démontrerait la juxtaposition des idéaux des Cosaques avec ceux de la Fédération. Il soutient de manière intense la lutte contre l'Aigle Noir et milite pour l'écrasement total de toute tentative contre-révolutionnaire dans le pays, qui seraient "un grave recul pour les peuples d'Oustrie, y compris le peuple Cosaque" selon ses propres mots. Prochainement, Dzvedan devrait s'entretenir avec le Président du Conseil des Délégués du Peuple Volodia Daganovitch afin de discuter des projets de la Fédération dans les nord-ouest du pays, zone "sanctuaire" pour les Cosaques Oustriens.


[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/17/1461587348-anton-dzvedan.png[/img]
Anton Dzvedan, une personnalité atypique dans un pays atypique[/center][/justify]
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