[D15] La liberté de l'Egzonkan
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 11 : Le discours d'Ishark -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/231385SurlesquaisMarlonBrando1954146118317364129.jpg[/img][/center]
Tout le monde était à nouveau rassemblé autour de la table centrale située au cœur du Palakeon. Le Prince tarnois, le cardinal Karn, la Mon Son, le moine-guerrier et les représentants de l'Icario et de la Nueva Esperanza se tenaient prêts pour reprendre les discussions qui devaient s’avérer vitales pour l'avenir de la région. C'était visiblement un processus long, mais indispensable en vue des enjeux. C'est alors que le sergent Ishark se leva, prenant officiellement la parole au nom de la Résistance de l'Icario, territoire jadis connu sous le nom d'Egzonkan.
« Très estimés représentants du Tarnosia. Je me permets de prendre la parole pour inaugurer la partie officielle de notre rencontre. Comme aucun de vous n’ignore, l'Egzonkan est occupé par les Almérans depuis deux siècles. Ceux parmi ses habitants qui ont eu le malheur de ne pas mourir durant la conquête ont été réduits à l'esclavage. Encore aujourd'hui, les enfants des esclaves se trouvent contraints à vivre dans la pauvreté et à travailler dans les usines détenues par les descendants des conquérants pour quelques misérables dollars par mois. Une véritable aristocratie blanche opprime cette nation, héritière de la Conquête, et pille sans vergogne ses richesses.
Certains dans la péninsule aiment dire que les Tarnois sont une minorité en Icario. Ceux-là sont aveuglés par une notion de race inspirée par le fascisme alméran. Non, les Tarnois sont toujours une majorité, car la grande partie de la population compte au moins un ancêtre tarnois dans sa lignée. On les nomme de manière erronée Latins, mais dans leurs veines coule le sang de ceux qui ont posé pied sur la péninsule il y a trois millénaires. Je vous dis donc que le Tarnois n'est pas défini par la pureté de son héritage génétique, mais par la goutte de sang qui le relie aux Ashrakï. Une goutte de sang suffit pour le rendre Tarnois car ce n'est pas la pureté de ses p¨res, mais son héritage qui fait foi. »
Tous autour de la table l'écoutaient religieusement. Ishark continua.
« Je suis d'accord avec le prince Oroskon quand il dit que la reconquête ne se fera pas par la violence. Dans le passé, chaque révolte d'esclave, chaque grève, chaque soulèvement a été mâtée dans la sang. Pourquoi ? Car les pauvres devaient lutter avec rien contre une élite détenant tout. Cela doit changer. Nous devons retourner la superstructure contre l'élite numancienne, prendre le contrôle des moyens de production et du conditionnement culturel pour qu'il ne serve plus à tenir le peuple en esclavage, mais le libère. Il faut prendre le contrôle de l’économie et de la religion. »
S'adressant au cardinal, il lui dit.
« Je sais que vos évêques sont impatients de convertir le peuple icariote à la foi catholique et par là à la cause de l'Empire, mais sachez que nous ne tolérons pas que notre terre devienne l'apanage de quelques princes de l’Église. Vous pourrez compter avec notre soutien pour vos missions à condition que l'Egzonkan libéré ait ses évêques et son archevêque. Autrement, nous ne ferions que sortir d’un esclavage pour subir une nouvelle soumission. »
Il continua son discours, cette fois à l’attention de tous.
« La liberté est une denrée sacrée. Nous savons que nous pouvons compter sur l'aide de la péninsule tarnoise, mais sachez que si nous brisons le joug de la tyrannie que nous ne laisserons pas notre liberté être échangée contre une seconde dictature. L'Egzonkan libre doit pouvoir le rester et déterminer son avenir de manière souveraine. Nous avons vu avec la Première Fédération comment un seul homme pouvait déterminer le sort de millions. Cela ne doit plus jamais arriver. Il n'est pas possible que le pouvoir s'exerce sans aucun contrepoids et aucune modération. Si les peuples tarnois veuillent engager un avenir commun, cela pourra que se faire dans le respect des coutumes et des libertés de chacun. »
Après avoir fait sa déclaration, Ishark se rassit à nouveau. Pendant deux minutes, un silence tombal envahit la salle. C’est alors que le cardinal Karn se leva à son tour.
- Chapitre 11 : Le discours d'Ishark -[/bask]
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Tout le monde était à nouveau rassemblé autour de la table centrale située au cœur du Palakeon. Le Prince tarnois, le cardinal Karn, la Mon Son, le moine-guerrier et les représentants de l'Icario et de la Nueva Esperanza se tenaient prêts pour reprendre les discussions qui devaient s’avérer vitales pour l'avenir de la région. C'était visiblement un processus long, mais indispensable en vue des enjeux. C'est alors que le sergent Ishark se leva, prenant officiellement la parole au nom de la Résistance de l'Icario, territoire jadis connu sous le nom d'Egzonkan.
« Très estimés représentants du Tarnosia. Je me permets de prendre la parole pour inaugurer la partie officielle de notre rencontre. Comme aucun de vous n’ignore, l'Egzonkan est occupé par les Almérans depuis deux siècles. Ceux parmi ses habitants qui ont eu le malheur de ne pas mourir durant la conquête ont été réduits à l'esclavage. Encore aujourd'hui, les enfants des esclaves se trouvent contraints à vivre dans la pauvreté et à travailler dans les usines détenues par les descendants des conquérants pour quelques misérables dollars par mois. Une véritable aristocratie blanche opprime cette nation, héritière de la Conquête, et pille sans vergogne ses richesses.
Certains dans la péninsule aiment dire que les Tarnois sont une minorité en Icario. Ceux-là sont aveuglés par une notion de race inspirée par le fascisme alméran. Non, les Tarnois sont toujours une majorité, car la grande partie de la population compte au moins un ancêtre tarnois dans sa lignée. On les nomme de manière erronée Latins, mais dans leurs veines coule le sang de ceux qui ont posé pied sur la péninsule il y a trois millénaires. Je vous dis donc que le Tarnois n'est pas défini par la pureté de son héritage génétique, mais par la goutte de sang qui le relie aux Ashrakï. Une goutte de sang suffit pour le rendre Tarnois car ce n'est pas la pureté de ses p¨res, mais son héritage qui fait foi. »
Tous autour de la table l'écoutaient religieusement. Ishark continua.
« Je suis d'accord avec le prince Oroskon quand il dit que la reconquête ne se fera pas par la violence. Dans le passé, chaque révolte d'esclave, chaque grève, chaque soulèvement a été mâtée dans la sang. Pourquoi ? Car les pauvres devaient lutter avec rien contre une élite détenant tout. Cela doit changer. Nous devons retourner la superstructure contre l'élite numancienne, prendre le contrôle des moyens de production et du conditionnement culturel pour qu'il ne serve plus à tenir le peuple en esclavage, mais le libère. Il faut prendre le contrôle de l’économie et de la religion. »
S'adressant au cardinal, il lui dit.
« Je sais que vos évêques sont impatients de convertir le peuple icariote à la foi catholique et par là à la cause de l'Empire, mais sachez que nous ne tolérons pas que notre terre devienne l'apanage de quelques princes de l’Église. Vous pourrez compter avec notre soutien pour vos missions à condition que l'Egzonkan libéré ait ses évêques et son archevêque. Autrement, nous ne ferions que sortir d’un esclavage pour subir une nouvelle soumission. »
Il continua son discours, cette fois à l’attention de tous.
« La liberté est une denrée sacrée. Nous savons que nous pouvons compter sur l'aide de la péninsule tarnoise, mais sachez que si nous brisons le joug de la tyrannie que nous ne laisserons pas notre liberté être échangée contre une seconde dictature. L'Egzonkan libre doit pouvoir le rester et déterminer son avenir de manière souveraine. Nous avons vu avec la Première Fédération comment un seul homme pouvait déterminer le sort de millions. Cela ne doit plus jamais arriver. Il n'est pas possible que le pouvoir s'exerce sans aucun contrepoids et aucune modération. Si les peuples tarnois veuillent engager un avenir commun, cela pourra que se faire dans le respect des coutumes et des libertés de chacun. »
Après avoir fait sa déclaration, Ishark se rassit à nouveau. Pendant deux minutes, un silence tombal envahit la salle. C’est alors que le cardinal Karn se leva à son tour.
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 12 : Promesses princières -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/361516princeps146127426678501.jpg[/img][/center]
Le cardinal affichait un sourire poli et ne montrait aucun signe d'irritation face au discours d'Ishark. A vrai dire, il était d'accord avec le résistant. L'avidité des trois évêques était non seulement détestable, mais aurait sans aucun doute des conséquences néfastes à l'avenir pour la paix et la stabilité régionale. C'était donc pour Karn une occasion en or pour sabrer l'ambition des trois dignitaires religieux.
« Nous sommes d'accord avec vous sur le fait que les fondations de l’Église d'Egzonkan doivent être solides et que l'indépendance est le ciment indispensable pour la stabilité des bases de la future église. Néanmoins, vous devez connaître comme moi la nature des fois sombre des hommes, et même les prêtres n'échappent pas à la tentation. Comme nous sommes tous réunis ici en séance close et avons prêté serment de garder la confidentialité sur nos discussions, je peux vous proposer le suivant : une fois que les missionnaires des évêques auront accompli leur mission, donc créer une dynamique de conversion populaire en Icario, je m'engagerais auprès le Pape pour garantir la création d'évêchés autonomes. Le Saint-Père est un homme peu enclin à soutenir la cause des évêques tarnois qui sont des éléments forts tumultueux. Sans aucun doute qu'il sera intéressé par nommer des hommes plus proches de sa ligne politique donc en faveur de la suprématie de l'autorité papale. Après, il faudra être prudent pour éviter que les forces numanciennes n'en profitent pas. Néanmoins, c’est faisable. »
Voyant Ishark approuver sa proposition, le cardinal se rassit et laissa le Prince prendre la parole à son tour. Le monarque ne se leva pas.
« Je comprends parfaitement vos soucis, Ishark, et je partage votre désir à ce que la tyrannie ne puisse plus jamais reprendre racine. Cependant, ce sont des questions très complexes et demandant une certaine prudence. Nous pouvons que difficilement revenir au statut précédant la Conquête car le monde, reconnaissons-le, a bien changé. Nous devons nous poser la question de la modernisation de nos institutions. A l'heure actuelle, nous arrivons à naviguer sur base des institutions de la République de Markeson, mais inévitablement, nous devrons poser la question comment réorganiser l'espace tarnois dans sa globalité.
Par exemple, quelle place détiennent les autres territoires tarnois ? Devons-nous considérer Nueva Hispalis comme un territoire occupé ou à abandonner définitivement ? Quelle place doit avoir l'Astara dans le nouveau conglomérat politique de demain ? Quel doit être la structure politique de notre région ? Un ensemble d'états-nations ? Une confédération ? Un empire ? Toutes ces questions sont centrales et doivent être résolues de manière pacifique et dans l'esprit de permettre à tous les peuples tarnois de s'épanouir librement.
Ce que je vous propose à tous, c'est qu'une fois l'Icario libéré de la tyrannie numancienne, nos trois états se retrouvent à Ceuta dans un congrès exceptionnel pour décider de l’avenir de notre région. Nous ne quitterons pas la conférence avant d'avoir trouvé une solution qui satisfait tous les participants. »
Le prince jeta un regard en direction d'Ishark, ce dernier répliqua.
« Je suis d'accord avec vos paroles, mais sachez que vous avez intérêt à tenir votre promesse. Nous n'accepterons pas à ce que notre révolution nous soit volée. Cette conférence devra être celle de trois fils égaux en dignité et autorité. »
Le président de la Nueva Esperanza intervient à son tour.
« En ce qui concerne la Nueva Esperanza, nous sommes prêts à participer à la conférence. Bien évidemment, nous considérons que celle-ci ne devra en aucun cas pouvoir remettre en question les droits qui nous ont été offerts sous la République. »
« Soyez sans crainte que vos droits sont considérés comme acquis. » rassura le prince Oroskon VI.
- Chapitre 12 : Promesses princières -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/361516princeps146127426678501.jpg[/img][/center]
Le cardinal affichait un sourire poli et ne montrait aucun signe d'irritation face au discours d'Ishark. A vrai dire, il était d'accord avec le résistant. L'avidité des trois évêques était non seulement détestable, mais aurait sans aucun doute des conséquences néfastes à l'avenir pour la paix et la stabilité régionale. C'était donc pour Karn une occasion en or pour sabrer l'ambition des trois dignitaires religieux.
« Nous sommes d'accord avec vous sur le fait que les fondations de l’Église d'Egzonkan doivent être solides et que l'indépendance est le ciment indispensable pour la stabilité des bases de la future église. Néanmoins, vous devez connaître comme moi la nature des fois sombre des hommes, et même les prêtres n'échappent pas à la tentation. Comme nous sommes tous réunis ici en séance close et avons prêté serment de garder la confidentialité sur nos discussions, je peux vous proposer le suivant : une fois que les missionnaires des évêques auront accompli leur mission, donc créer une dynamique de conversion populaire en Icario, je m'engagerais auprès le Pape pour garantir la création d'évêchés autonomes. Le Saint-Père est un homme peu enclin à soutenir la cause des évêques tarnois qui sont des éléments forts tumultueux. Sans aucun doute qu'il sera intéressé par nommer des hommes plus proches de sa ligne politique donc en faveur de la suprématie de l'autorité papale. Après, il faudra être prudent pour éviter que les forces numanciennes n'en profitent pas. Néanmoins, c’est faisable. »
Voyant Ishark approuver sa proposition, le cardinal se rassit et laissa le Prince prendre la parole à son tour. Le monarque ne se leva pas.
« Je comprends parfaitement vos soucis, Ishark, et je partage votre désir à ce que la tyrannie ne puisse plus jamais reprendre racine. Cependant, ce sont des questions très complexes et demandant une certaine prudence. Nous pouvons que difficilement revenir au statut précédant la Conquête car le monde, reconnaissons-le, a bien changé. Nous devons nous poser la question de la modernisation de nos institutions. A l'heure actuelle, nous arrivons à naviguer sur base des institutions de la République de Markeson, mais inévitablement, nous devrons poser la question comment réorganiser l'espace tarnois dans sa globalité.
Par exemple, quelle place détiennent les autres territoires tarnois ? Devons-nous considérer Nueva Hispalis comme un territoire occupé ou à abandonner définitivement ? Quelle place doit avoir l'Astara dans le nouveau conglomérat politique de demain ? Quel doit être la structure politique de notre région ? Un ensemble d'états-nations ? Une confédération ? Un empire ? Toutes ces questions sont centrales et doivent être résolues de manière pacifique et dans l'esprit de permettre à tous les peuples tarnois de s'épanouir librement.
Ce que je vous propose à tous, c'est qu'une fois l'Icario libéré de la tyrannie numancienne, nos trois états se retrouvent à Ceuta dans un congrès exceptionnel pour décider de l’avenir de notre région. Nous ne quitterons pas la conférence avant d'avoir trouvé une solution qui satisfait tous les participants. »
Le prince jeta un regard en direction d'Ishark, ce dernier répliqua.
« Je suis d'accord avec vos paroles, mais sachez que vous avez intérêt à tenir votre promesse. Nous n'accepterons pas à ce que notre révolution nous soit volée. Cette conférence devra être celle de trois fils égaux en dignité et autorité. »
Le président de la Nueva Esperanza intervient à son tour.
« En ce qui concerne la Nueva Esperanza, nous sommes prêts à participer à la conférence. Bien évidemment, nous considérons que celle-ci ne devra en aucun cas pouvoir remettre en question les droits qui nous ont été offerts sous la République. »
« Soyez sans crainte que vos droits sont considérés comme acquis. » rassura le prince Oroskon VI.
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 13 : La Renaissance tarnoise -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/284854renaissance146390913177119.jpg[/img][/center]
Le Molino était un petit bistrot dans un quartier périphérique de Ceuta, loin du pouvoir et des complots des hommes les plus fortunés de la contrée. Dans ce quartier, l'agitation commençait dès l'aube, entamant une symphonie composée de braillements de chèvre, des bruits des chevaux tirant des charrettes et des moteurs des véhicules automobiles. Sur la terrasse du bistrot, deux hommes étaient assis parmi une cohue d'ouvriers, chômeurs et vieillards ayant pris place sur les sièges autour des petites tables en bois couvert d’une peinture blanche craquelée. Tous les deux faisaient partie des services secrets tarnois, envoyé en Icario dans le cadre des préparatifs de ce qui devait devenir une véritable révolte populaire contre le président Rodriguez et sa caste. Ils se parlaient dans un dialecte du Nord de la péninsule que seule une poignée de personnes pouvaient comprendre, une de ces langues parlées par les gens de villages isolés du reste du monde.
« Du nouveau de Titanua ? » demanda le plus jeune des deux hommes. Le plus âgé répondit avec calme.
« Il y a toujours du nouveau à Titanua, mais cette fois, il semble que le Gouvernement ait décidé de passer à la vitesse supérieure. J'ai reçu les ordres de notre contact au Palais, ils veuillent que nous passions à la phase suivante. »
« Ainsi donc les choses se mettent en place, j'avais entendu dire que le nouveau Premier Ministre aurait joué avec l'idée d'abandonner toute l'opération. » remarqua-t-il.
« Ce n'est pas entièrement faux, mais apparemment il aurait compris que le sort de l'Icario est avant tout une question politique. Oui, ce pays ne vaut rien économiquement parlant, n'est d'une utilité géopolitique que limitée...mais ce ne sont pas ces choses qui nous motivent depuis des mois. Il y a des idées plus puissantes que l'appât du gain et le besoin de protéger la patrie militairement. »
Tous deux prirent une gorgée de café avant de reprendre leur conversation. Le jeune répliqua alors.
« La Nation, oui, c'est une idée puissante, mais les conservateurs veuillent nous pousser à la guerre depuis au moins dix ans. Cela est une folie, car nous ne pouvons pas nous permettre à supporter le coût de millions de morts. Toute guerre finira inévitablement en génocide des Latins et cela ne doit pas arriver. »
« C'est juste et cela ne se passera pas ainsi. Le Tarnosia doit devenir un lion, mais ce lion n'a pas besoin de tirer son prestige du pouvoir militaire. Il y a 440 millions de citoyens sur la péninsule. Chaque année des millions de jeunes vont être formés à la défense de la patrie pendant trois mois, suffisamment de temps pour transformer un ouvrier en quelqu'un capable d’obéir des ordres et à tenir un fusil. Qui nous envahirait en sachant qu'il devra affronter des dizaines de millions de miliciens mieux formés que la plus part des résistances nationales ? Notre pays est un trou noir, prêt à dévorer les envahisseurs. Même leurs bombes atomiques ne pourront pas venir à bout d'une nation armée. » expliqua-t-il.
« Mais la Garde Nationale est aussi un danger. Qu'est-ce qui empêcherait un tyran de se saisir du pouvoir à Titanua et de retourner les miliciens contre le continent ? 30 millions de soldats en marche ? Nulle puissance sur Terre ne pourra l'arrêter. Il n'y a pas assez de bombes atomiques, pas assez de soldat sur le continent et pas assez de balles. Elle marchera lentement car limitée par la logistique, mais elle marchera et elle dévorera le continent si elle le veut ; suivie par des millions de colons prêts à massacrer les Latins et à reprendre leur travail dans leurs fermes, leurs mines et leurs usines. Nous ne devons pas sous-estimer ce danger. La Garde Nationale a été conçue pour rendre notre pays trop grand pour être assiégé et trop armé pour être envahi, mais cette même force destinée à nous protéger du Mal, pourrait devenir l'arme de l'Apocalypse, le moteur d'un empire continental asservissant les peuples libres. »
« Qu'est-ce qui l'empêcherait ? Nous. Nous représentons ceux qui protègent cette Nation. Trop longtemps nous avons servi sans questionner le pouvoir, mais cela a cessé. Quelqu'un doit surveiller les puissants. Si un tyran se lève, il mourra. Si un héros émerge, nous le soutiendrons. Nous sommes l’Épée qui protège la Sainte Nation. Nous incarnons la Lumière qui chasse l'Obscurité. »
« Et qui surveillera les surveillants ? » demanda très justement le jeune.
« Personne. Nous sommes les piliers, si nous cédons, tout tombe. Pour cette raison, nous devons être plus forts que l'acier et plus immuables que la roche. » conclut l'ancien.
- Chapitre 13 : La Renaissance tarnoise -[/bask]
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Le Molino était un petit bistrot dans un quartier périphérique de Ceuta, loin du pouvoir et des complots des hommes les plus fortunés de la contrée. Dans ce quartier, l'agitation commençait dès l'aube, entamant une symphonie composée de braillements de chèvre, des bruits des chevaux tirant des charrettes et des moteurs des véhicules automobiles. Sur la terrasse du bistrot, deux hommes étaient assis parmi une cohue d'ouvriers, chômeurs et vieillards ayant pris place sur les sièges autour des petites tables en bois couvert d’une peinture blanche craquelée. Tous les deux faisaient partie des services secrets tarnois, envoyé en Icario dans le cadre des préparatifs de ce qui devait devenir une véritable révolte populaire contre le président Rodriguez et sa caste. Ils se parlaient dans un dialecte du Nord de la péninsule que seule une poignée de personnes pouvaient comprendre, une de ces langues parlées par les gens de villages isolés du reste du monde.
« Du nouveau de Titanua ? » demanda le plus jeune des deux hommes. Le plus âgé répondit avec calme.
« Il y a toujours du nouveau à Titanua, mais cette fois, il semble que le Gouvernement ait décidé de passer à la vitesse supérieure. J'ai reçu les ordres de notre contact au Palais, ils veuillent que nous passions à la phase suivante. »
« Ainsi donc les choses se mettent en place, j'avais entendu dire que le nouveau Premier Ministre aurait joué avec l'idée d'abandonner toute l'opération. » remarqua-t-il.
« Ce n'est pas entièrement faux, mais apparemment il aurait compris que le sort de l'Icario est avant tout une question politique. Oui, ce pays ne vaut rien économiquement parlant, n'est d'une utilité géopolitique que limitée...mais ce ne sont pas ces choses qui nous motivent depuis des mois. Il y a des idées plus puissantes que l'appât du gain et le besoin de protéger la patrie militairement. »
Tous deux prirent une gorgée de café avant de reprendre leur conversation. Le jeune répliqua alors.
« La Nation, oui, c'est une idée puissante, mais les conservateurs veuillent nous pousser à la guerre depuis au moins dix ans. Cela est une folie, car nous ne pouvons pas nous permettre à supporter le coût de millions de morts. Toute guerre finira inévitablement en génocide des Latins et cela ne doit pas arriver. »
« C'est juste et cela ne se passera pas ainsi. Le Tarnosia doit devenir un lion, mais ce lion n'a pas besoin de tirer son prestige du pouvoir militaire. Il y a 440 millions de citoyens sur la péninsule. Chaque année des millions de jeunes vont être formés à la défense de la patrie pendant trois mois, suffisamment de temps pour transformer un ouvrier en quelqu'un capable d’obéir des ordres et à tenir un fusil. Qui nous envahirait en sachant qu'il devra affronter des dizaines de millions de miliciens mieux formés que la plus part des résistances nationales ? Notre pays est un trou noir, prêt à dévorer les envahisseurs. Même leurs bombes atomiques ne pourront pas venir à bout d'une nation armée. » expliqua-t-il.
« Mais la Garde Nationale est aussi un danger. Qu'est-ce qui empêcherait un tyran de se saisir du pouvoir à Titanua et de retourner les miliciens contre le continent ? 30 millions de soldats en marche ? Nulle puissance sur Terre ne pourra l'arrêter. Il n'y a pas assez de bombes atomiques, pas assez de soldat sur le continent et pas assez de balles. Elle marchera lentement car limitée par la logistique, mais elle marchera et elle dévorera le continent si elle le veut ; suivie par des millions de colons prêts à massacrer les Latins et à reprendre leur travail dans leurs fermes, leurs mines et leurs usines. Nous ne devons pas sous-estimer ce danger. La Garde Nationale a été conçue pour rendre notre pays trop grand pour être assiégé et trop armé pour être envahi, mais cette même force destinée à nous protéger du Mal, pourrait devenir l'arme de l'Apocalypse, le moteur d'un empire continental asservissant les peuples libres. »
« Qu'est-ce qui l'empêcherait ? Nous. Nous représentons ceux qui protègent cette Nation. Trop longtemps nous avons servi sans questionner le pouvoir, mais cela a cessé. Quelqu'un doit surveiller les puissants. Si un tyran se lève, il mourra. Si un héros émerge, nous le soutiendrons. Nous sommes l’Épée qui protège la Sainte Nation. Nous incarnons la Lumière qui chasse l'Obscurité. »
« Et qui surveillera les surveillants ? » demanda très justement le jeune.
« Personne. Nous sommes les piliers, si nous cédons, tout tombe. Pour cette raison, nous devons être plus forts que l'acier et plus immuables que la roche. » conclut l'ancien.
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MJ Coordinateur
[quote]L'Icario tombe en anarchie.
L'économie, particulièrement à l'Ouest, ne répond plus qu'à une logique communautaire. La plupart des expatriés tarnois, et des populations tarnoises en Icario, sont dans un état de sécession de facto. Le long du lac, l'économie est captée par le Tarnosia.
A l'Est, les politiciens et les mafias non-tarnoises tentent de s'organiser, et montrent tous les signes d'une préparation à la confrontation, notamment le long des frontières où les voisins Hispano-vicaskindiens commencent à accueillir des migrants, et viennent en aide à la population.
Le gouvernement a fini par démissionner silencieusement, n'étant plus écouté et n'arrivant plus à répondre à la crise générale qui agitait le pays depuis plusieurs mois.[/quote]
L'économie, particulièrement à l'Ouest, ne répond plus qu'à une logique communautaire. La plupart des expatriés tarnois, et des populations tarnoises en Icario, sont dans un état de sécession de facto. Le long du lac, l'économie est captée par le Tarnosia.
A l'Est, les politiciens et les mafias non-tarnoises tentent de s'organiser, et montrent tous les signes d'une préparation à la confrontation, notamment le long des frontières où les voisins Hispano-vicaskindiens commencent à accueillir des migrants, et viennent en aide à la population.
Le gouvernement a fini par démissionner silencieusement, n'étant plus écouté et n'arrivant plus à répondre à la crise générale qui agitait le pays depuis plusieurs mois.[/quote]
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 14 : Le chaos est une échelle -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/171030maxresdefault146525209095819.jpg[/img][/center]
L'Icario sombrait dans le désordre le plus total. Cela était arrivé de manière si rapide et si subite que personne à Titanua aurait pu le prévoir voire même s'imaginer que le Gouvernement icariote tomberait en quelques heures. Jusquà là, tout semblait indiquer que les mois d'actions secrètes avaient été un cuisant échec. Le Premier Ministre Redeck avait même commencé à militer pour l'idée d'annexer l'Icario par la force et en conséquence engagé des préparatifs pour constituer une armée de conquête. Pendant que les services secrets semaient des rumeurs sur le projet d'une attaque sur les USP, l'Armée tarnoise se préparait donc à se déverser sur l'Icario. Néanmoins, le projet du politicien sayaken était désormais anéanti. L’ouest de l'Icario était embrasé par la révolution pendant que l'Est tombait dans le désordre politique et social. Le prince Oroskon et l’archevêque Karn se félicitait secrètement du succès inattendu des opérations secrètes. Bien évidemment, ils se gardaient de faire part de leur satisfaction à un Premier Ministre furibond de voir son projet d'une guerre en bonne et due forme échouer.
Le prince et l’archevêque étaient débout sur la terrasse du Palais des Verdômes, un édifice palatial situé près de la rive de la Mer orientale au centre de la ville d'Orkmonkon. Historiquement, le bâtiment avait servi comme hôtel de ville pour les gouverneurs successifs de la cité et sa région. Néanmoins, celui-ci n'avait plus eu cette fonction depuis la Révolution de 2013. Sous la Fédération d'Aquanox, le palais servait de dépôt militaire et même de garnison durant la Guerre contre le Zorokan. Aujourd'hui, il avait une nouvelle fonction : celle de demeure princière. C'était certes la première fois que le monarque en prenait possession, mais l'édifice avait des nombreux atouts. Il était bien agencé, situé au cœur de la ville et permettait de rencontrer les gouverneurs de l'Est en personne sans devoir leur faire parcourir la moitié de la péninsule.
Le prince tourna alors son regard vers l’archevêque et lui dit.
« Il est surprenant de constater comment, en l'espace de quelques heures, nous sommes passé de la menace de guerre à la réalisation de nos plus profonds désirs. »
Le vieux prêtre sourit, jeta un coup d’œil à la mer avant de répondre.
« Oui. Cela semble tenir du miracle. Peut-être que cela en est un ou tout simplement un heureux hasard. Néanmoins, même si la chute du gouvernement icariote est une excellente nouvelle, il restera encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir restaurer l'unité de notre contrée. Nous avons remporté une victoire, mais elle est surtout par rapport aux bellicistes. Il faudra beaucoup d'effort pour que du chaos en Icario émerge un nouvel ordre qui mette un terme au pouvoir numancien une fois pour toute. »
Le souverain acquiesça.
« Certes, mais la situation ne pourrait pas nous être plus favorable. Selon des rapports que j'ai reçus de la Résistance, ils vont bientôt prendre les armes pour tenter de se saisir du contrôle des villes occidentales. Cela devrait nous permettre de sécuriser la Mer interne et également d'avancer ensuite vers l'Est. Reste à savoir si les pays voisins interviendront. Nous avons déjà eu un précédent avec le Java. »
Belm Karn réfléchit quelques instants. A ses yeux, une intervention étrangère restait très improbable. Aucun pays voisin n'avait les moyens de se permettre une longue guerre et le seul adversaire d'envergure, le Raksasa, était trop désireux de rétablir les relations et le commerce.
« Il est fort improbable que cela arrive et même si, je connais un Premier Ministre qui serait enchanté de faire intervenir ses dernières acquisitions, mais cela serait une défaite politique. Nous avons vu que l'action sans violence a triomphé en Icario. Nous devons continuer dans cet élan afin de faire triompher la vérité sur le mensonge. Même si le Java intervient, nous pourrons agir contre lui sans devoir user de notre force militaire. Dieu, d'une manière ou d'une autre, est de notre côté. Ne mettons pas en péril cet avantage. »
- Chapitre 14 : Le chaos est une échelle -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/171030maxresdefault146525209095819.jpg[/img][/center]
L'Icario sombrait dans le désordre le plus total. Cela était arrivé de manière si rapide et si subite que personne à Titanua aurait pu le prévoir voire même s'imaginer que le Gouvernement icariote tomberait en quelques heures. Jusquà là, tout semblait indiquer que les mois d'actions secrètes avaient été un cuisant échec. Le Premier Ministre Redeck avait même commencé à militer pour l'idée d'annexer l'Icario par la force et en conséquence engagé des préparatifs pour constituer une armée de conquête. Pendant que les services secrets semaient des rumeurs sur le projet d'une attaque sur les USP, l'Armée tarnoise se préparait donc à se déverser sur l'Icario. Néanmoins, le projet du politicien sayaken était désormais anéanti. L’ouest de l'Icario était embrasé par la révolution pendant que l'Est tombait dans le désordre politique et social. Le prince Oroskon et l’archevêque Karn se félicitait secrètement du succès inattendu des opérations secrètes. Bien évidemment, ils se gardaient de faire part de leur satisfaction à un Premier Ministre furibond de voir son projet d'une guerre en bonne et due forme échouer.
Le prince et l’archevêque étaient débout sur la terrasse du Palais des Verdômes, un édifice palatial situé près de la rive de la Mer orientale au centre de la ville d'Orkmonkon. Historiquement, le bâtiment avait servi comme hôtel de ville pour les gouverneurs successifs de la cité et sa région. Néanmoins, celui-ci n'avait plus eu cette fonction depuis la Révolution de 2013. Sous la Fédération d'Aquanox, le palais servait de dépôt militaire et même de garnison durant la Guerre contre le Zorokan. Aujourd'hui, il avait une nouvelle fonction : celle de demeure princière. C'était certes la première fois que le monarque en prenait possession, mais l'édifice avait des nombreux atouts. Il était bien agencé, situé au cœur de la ville et permettait de rencontrer les gouverneurs de l'Est en personne sans devoir leur faire parcourir la moitié de la péninsule.
Le prince tourna alors son regard vers l’archevêque et lui dit.
« Il est surprenant de constater comment, en l'espace de quelques heures, nous sommes passé de la menace de guerre à la réalisation de nos plus profonds désirs. »
Le vieux prêtre sourit, jeta un coup d’œil à la mer avant de répondre.
« Oui. Cela semble tenir du miracle. Peut-être que cela en est un ou tout simplement un heureux hasard. Néanmoins, même si la chute du gouvernement icariote est une excellente nouvelle, il restera encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir restaurer l'unité de notre contrée. Nous avons remporté une victoire, mais elle est surtout par rapport aux bellicistes. Il faudra beaucoup d'effort pour que du chaos en Icario émerge un nouvel ordre qui mette un terme au pouvoir numancien une fois pour toute. »
Le souverain acquiesça.
« Certes, mais la situation ne pourrait pas nous être plus favorable. Selon des rapports que j'ai reçus de la Résistance, ils vont bientôt prendre les armes pour tenter de se saisir du contrôle des villes occidentales. Cela devrait nous permettre de sécuriser la Mer interne et également d'avancer ensuite vers l'Est. Reste à savoir si les pays voisins interviendront. Nous avons déjà eu un précédent avec le Java. »
Belm Karn réfléchit quelques instants. A ses yeux, une intervention étrangère restait très improbable. Aucun pays voisin n'avait les moyens de se permettre une longue guerre et le seul adversaire d'envergure, le Raksasa, était trop désireux de rétablir les relations et le commerce.
« Il est fort improbable que cela arrive et même si, je connais un Premier Ministre qui serait enchanté de faire intervenir ses dernières acquisitions, mais cela serait une défaite politique. Nous avons vu que l'action sans violence a triomphé en Icario. Nous devons continuer dans cet élan afin de faire triompher la vérité sur le mensonge. Même si le Java intervient, nous pourrons agir contre lui sans devoir user de notre force militaire. Dieu, d'une manière ou d'une autre, est de notre côté. Ne mettons pas en péril cet avantage. »
-
Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 15 : La sana pars -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/657960IOMH42146546029188665.jpg[/img][/center]
En ce dimanche agité, la nef centrale de l'église Saint Sylvestre, située au cœur de San Sebastian, débordait de gens de toutes les couleurs, âges et origines. C'était une foule multicolore se pressant dans ce temple afin d'écouter le prêtre local, un vieil homme enflammé et virevoltant. Cela n'était pas une chose unique en cet âge et sur ces terres. Même, on pouvait prétendre que cela n'était que la conséquence d'une longue suite d'actions et de réactions. Tout avait commencé durant le Grand Chaos en Nueva Esperanza. Quand l'ordre et l'économie mondiale s'étaient écroulés, les gens se sont massivement tournés en direction de l’Église catholique. La foule des miséreux a cherché en ces temps durs reconfort dans les bras de la Foi. De cette nouvelle dévotion était né un grand nombre de missionnaires convaincus et décidés à convertir le monde. Personne ne les contrôlait à part Dieu. Ils étaient donc une force libre, une force de la nature. L'histoire aurait pu se terminer là. Les missionnaires de Nueva Esperanza auraient pu rester une note de bas de page de l'Histoire. Néanmoins, la Nueva Esperanza et le Tarnosia se sont réunis. Du jour au lendemain, tout un continent s'ouvrait aux missionnaires. Et quand Sayakon tomba dans le chaos, les missionnaires ont frappé. La petite flamme de Foi enfermée en Nueva Esperanza est devenue un brasier. En quelques mois, la péninsule brûlait tout en entier et désormais l'incendie se répandait. Alors qu'au Tarnosia la Couronne et l'Autel marchaient désormais main dans la main, une union sacrée contre les Anciens et les Modernes, les missionnaires tarnois se déversaient comme une masse d'eau intenable dans l'Icario, armés non d’épées mais de bibles.
Tous les hommes et femmes avaient leurs regards fixés sur le prêtre et l'écoutaient avec un zèle et une patience religieuse. La voix du missionnaire s'élevait, traversait la nef et se répandait sous forme d’un son grave et puissant à travers tout le temple.
« Et je vous dis que la décadence des mœurs a trop duré. Observez et voyez comment les princes canovistes numanciens ont conduit leur royaume à sa perte. Alors que la Bible exige de chacun une vie vertueuse, les rois numanciens couchent avec des hommes et, pire, prennent dans le cadre d'odieuses déformations des sacrements les plus saints, ces amants contre-nature comme épouse. Dieu ne saurait tolérer ces insultes à la Foi et nous voyons aujourd'hui comment le Numancia, ce royaume hérétique, sombre dans le désespoir et la décadence. Leurs esprits sont corrompus et il revient à chacun d'affranchir le monde de leurs méfaits.
Il y a trois siècles, le Numancia a envahi le Vicaskaran pour semer mort et destruction. Leur fureur n'avait d'égal que leur lâcheté et c'est seulement à Manzikaron que les Peuples libres ont pu repousser l'envahisseur et créer un espace de liberté sur le continent. Encore aujourd'hui les traces de leurs crimes ne sont pas effacées. Là où ils ont régné ou prétendent régner, ils ont mis en place des élites corrompues et originaires du Numancia. Ces princes qui contrôlent les usines oppriment aujourd'hui le peuple et le tiennent dans une servitude injustifiable. Les patriciens icariotes ne font pas exception. Ils sont un fléau sans comparaison et sont le fruit de cette décadence mentale dont la secte canoviste est habitée.
Je vous dis que la partie saine du peuple, la pars sana, ne sont pas des patriciens, mais les artisans, ouvriers, marchands et cultivateurs de la terre qui suivent la Foi catholique avec sincérité et simplicité. La secte canoviste, apanage des patriciens, ne peut que conduire le pays à la perte. Observez et constatez ! Dieu abhorre les patriciens de ce pays ! Il méprise le président Rodriguez et son clan car ils ont insulté son nom et détournent le peuple de la vraie Foi.
Si on devrait chercher dans ce monde un antéchrist, alors le président Rodriguez en serait sans aucun doute le digne représentant. Il ne respecte rien, s'adonne à la félonie et voue un culte au Dieu-Dollar parvenu d'outre-mer. Cela est naturel car la secte canoviste est obsédée par l'argent et l'accumulation irrationnelle des fortunes. C'est pour cela que le canovisme pousse les humains à devenir des pilleurs. L'avidité étant aussi oisive, ils refusent de gagner leurs fortunes honnêtement. Cela explique pourquoi il y a trois siècles ils ont attaqué ce continent.
Pour ces raisons, je vous dis de ne plus obéir à ces faux prêtres et à ces hommes et femmes qui se disent vos supérieurs. Vous ne leur devez rien. Ni loyauté ni impôt. Dieu les punira tous pour leurs innombrables pêchés et donc leur temps est compté. »
- Chapitre 15 : La sana pars -[/bask]
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En ce dimanche agité, la nef centrale de l'église Saint Sylvestre, située au cœur de San Sebastian, débordait de gens de toutes les couleurs, âges et origines. C'était une foule multicolore se pressant dans ce temple afin d'écouter le prêtre local, un vieil homme enflammé et virevoltant. Cela n'était pas une chose unique en cet âge et sur ces terres. Même, on pouvait prétendre que cela n'était que la conséquence d'une longue suite d'actions et de réactions. Tout avait commencé durant le Grand Chaos en Nueva Esperanza. Quand l'ordre et l'économie mondiale s'étaient écroulés, les gens se sont massivement tournés en direction de l’Église catholique. La foule des miséreux a cherché en ces temps durs reconfort dans les bras de la Foi. De cette nouvelle dévotion était né un grand nombre de missionnaires convaincus et décidés à convertir le monde. Personne ne les contrôlait à part Dieu. Ils étaient donc une force libre, une force de la nature. L'histoire aurait pu se terminer là. Les missionnaires de Nueva Esperanza auraient pu rester une note de bas de page de l'Histoire. Néanmoins, la Nueva Esperanza et le Tarnosia se sont réunis. Du jour au lendemain, tout un continent s'ouvrait aux missionnaires. Et quand Sayakon tomba dans le chaos, les missionnaires ont frappé. La petite flamme de Foi enfermée en Nueva Esperanza est devenue un brasier. En quelques mois, la péninsule brûlait tout en entier et désormais l'incendie se répandait. Alors qu'au Tarnosia la Couronne et l'Autel marchaient désormais main dans la main, une union sacrée contre les Anciens et les Modernes, les missionnaires tarnois se déversaient comme une masse d'eau intenable dans l'Icario, armés non d’épées mais de bibles.
Tous les hommes et femmes avaient leurs regards fixés sur le prêtre et l'écoutaient avec un zèle et une patience religieuse. La voix du missionnaire s'élevait, traversait la nef et se répandait sous forme d’un son grave et puissant à travers tout le temple.
« Et je vous dis que la décadence des mœurs a trop duré. Observez et voyez comment les princes canovistes numanciens ont conduit leur royaume à sa perte. Alors que la Bible exige de chacun une vie vertueuse, les rois numanciens couchent avec des hommes et, pire, prennent dans le cadre d'odieuses déformations des sacrements les plus saints, ces amants contre-nature comme épouse. Dieu ne saurait tolérer ces insultes à la Foi et nous voyons aujourd'hui comment le Numancia, ce royaume hérétique, sombre dans le désespoir et la décadence. Leurs esprits sont corrompus et il revient à chacun d'affranchir le monde de leurs méfaits.
Il y a trois siècles, le Numancia a envahi le Vicaskaran pour semer mort et destruction. Leur fureur n'avait d'égal que leur lâcheté et c'est seulement à Manzikaron que les Peuples libres ont pu repousser l'envahisseur et créer un espace de liberté sur le continent. Encore aujourd'hui les traces de leurs crimes ne sont pas effacées. Là où ils ont régné ou prétendent régner, ils ont mis en place des élites corrompues et originaires du Numancia. Ces princes qui contrôlent les usines oppriment aujourd'hui le peuple et le tiennent dans une servitude injustifiable. Les patriciens icariotes ne font pas exception. Ils sont un fléau sans comparaison et sont le fruit de cette décadence mentale dont la secte canoviste est habitée.
Je vous dis que la partie saine du peuple, la pars sana, ne sont pas des patriciens, mais les artisans, ouvriers, marchands et cultivateurs de la terre qui suivent la Foi catholique avec sincérité et simplicité. La secte canoviste, apanage des patriciens, ne peut que conduire le pays à la perte. Observez et constatez ! Dieu abhorre les patriciens de ce pays ! Il méprise le président Rodriguez et son clan car ils ont insulté son nom et détournent le peuple de la vraie Foi.
Si on devrait chercher dans ce monde un antéchrist, alors le président Rodriguez en serait sans aucun doute le digne représentant. Il ne respecte rien, s'adonne à la félonie et voue un culte au Dieu-Dollar parvenu d'outre-mer. Cela est naturel car la secte canoviste est obsédée par l'argent et l'accumulation irrationnelle des fortunes. C'est pour cela que le canovisme pousse les humains à devenir des pilleurs. L'avidité étant aussi oisive, ils refusent de gagner leurs fortunes honnêtement. Cela explique pourquoi il y a trois siècles ils ont attaqué ce continent.
Pour ces raisons, je vous dis de ne plus obéir à ces faux prêtres et à ces hommes et femmes qui se disent vos supérieurs. Vous ne leur devez rien. Ni loyauté ni impôt. Dieu les punira tous pour leurs innombrables pêchés et donc leur temps est compté. »
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 16 : Deux tasses de thé -[/bask]
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/896830luppo146584680292768.jpg[/img][/center]
Des milliers de gens s'étaient rassemblés devant le palais du gouverneur de San Sebastian. C'était une masse agitée, multicolore et levant les poings en direction du palace en hurlant des cris de colère à l'encontre du gouverneur. Ce dernier, un dénommé Luis Antonio, s'était réfugié dans la bâtisse, ordonnant à la police et aux gardes de défendre son refuge à tout prix. Les derniers défenseurs du pouvoir avaient formé un cordon de sécurité entre la population et les grilles du palais. Les policiers constituaient la dernière ligne de défense entre la populace enragée et le pouvoir de la cité, incarné par le patricien bien gras que fut le gouverneur Antonio. Le palais était un dernier îlot de sécurité dans une cité transformée en brasier. Partout dans la ville, la population prenait d'assaut les palais et les citadelles, pillant les demeures des descendants des conquistadores. Ici et las des temples canovistes étaient incendiés par des troupes de moines-guerriers zélés venus depuis la péninsule tarnoise.
C'est dans un sombre bureau, illuminé timidement par des chancelles en argent, que le gouverneur Antonio s'était barricadé en compagnie de son plus loyal majordome. Celui-ci était le dernier des serviteurs qui restaient dans le palais. Tous les autres employés s'étaient soit retournés contre le gouverneur en joignant la foule soit avaient tout simplement pris la fuite en voyant le chaos prendre le dessus. Il n'était pas nécessaire d'affirmer que les employés avaient profité pour emporter un maximum d'objets de valeur avec eux. Alors que la foule n'avait même pas franchi les grilles, la demeure du gouverneur avait déjà était très largement saccagée. Ainsi va la nature des hommes...
Le gouverneur se tenait auprès la fenêtre, jetant un regard sur la masse humaine s'agitant au loin. C'est alors qu'il dit avec une voix anxieuse à son serviteur.
« Quel effroyable spectacle, j'espère que l'Armée arrivera bientôt. »
Le majordome resta impassible, préparant une tasse de thé pour son maître. Devait-il lui dire que l'Armée était en pleine décomposition ? Le vieillard n'avait pas le cœur à le faire et à quoi bon ? Tout était fini. Après avoir servi durant quarante années les gouverneurs de la cité, le majordome s'était constitué un solide réseau de connaissances. Il n'y avait pas un bruit, pas une rumeur qui ne l'échappait. Le prédécesseur d'Antonio avait eu la sagesse de tirer profit de cela, mais le gouverneur actuel était trop faible et trop fainéant pour se donner la peine d'estimer les hommes l’entourant à leur juste valeur.
Le majordome apporta la tasse de thé à Luis Antonio qui la prit avec maladresse et fit renverser la moitié du contenu sur le tapis écarlate. Le majordome voulait bien s'énerver, mais des décennies de servitude l'avait rendu immunisé aux coups de colère. Son esprit était un jardin tellement taillé et cultivé que nulle sauvagerie ne pouvait en émerger. Et il s'était désormais rendu à l'évidence. La République bâtie sur la conquête numancienne s'écroulait comme un château de cartes. Les Tarnois avaient sur ce point accompli un coup de maître. Ils n'avaient pas envoyé des soldats qui auraient solidarisé le Monde à la cause de l'Icario et permis à la République de s'unir derrière un chef de guerre. Non, ils avaient empoisonné les esprits, semé la discorde afin que ceux qui étaient en bas se retourne contre les patriciens. C'était d'un machiavélisme sans borne, mais le majordome ne pouvait pas contenir une certaine admiration. Pas un coup de canon, pas un seul, et la dernière des républiques numanciennes allait s'écrouler devant les pieds du Prince tarnois, un homme possédant dix millions de soldats, mais n'ayant pas besoin d'user de la force. Quelle cruelle et triste ironie de l’histoire.
« Mais que fait l'Armée ? Elle devrait déjà être là. » couina le gouverneur. Le majordome répondit.
« Sans aucun doute qu’elle a été retenue sur le Boulevard Felipe II. Ils devraient bientôt arriver. » Et encore un mensonge, pensa le serviteur.
Soudainement, le majordome et le gouverneur entendirent des coups de fusils et des cris. Au loin, on pouvait voir la police et les gardes s'enfuir à toute vitesse et la foule défoncer la grille d'entrée. Le majordome s'approcha de la table et se servit une tasse de thé. Si cela était la fin, autant en profiter pour boire une dernière tasse de ce délicieux thé venu du Makara. Quelques instants plus tard, on commença à frapper contre la porte donnant au bureau. Les frappes firent alors place à des coups de béliers. Le majordome but une gorgée de thé et observa, sous-tasse dans une main et tasse dans l'autre comment une foule d'ouvriers et artisans en colère s’engouffraient dans le bureau. C'était la fin et dans dix minutes leurs corps pendront morts depuis le balcon.
- Chapitre 16 : Deux tasses de thé -[/bask]
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Des milliers de gens s'étaient rassemblés devant le palais du gouverneur de San Sebastian. C'était une masse agitée, multicolore et levant les poings en direction du palace en hurlant des cris de colère à l'encontre du gouverneur. Ce dernier, un dénommé Luis Antonio, s'était réfugié dans la bâtisse, ordonnant à la police et aux gardes de défendre son refuge à tout prix. Les derniers défenseurs du pouvoir avaient formé un cordon de sécurité entre la population et les grilles du palais. Les policiers constituaient la dernière ligne de défense entre la populace enragée et le pouvoir de la cité, incarné par le patricien bien gras que fut le gouverneur Antonio. Le palais était un dernier îlot de sécurité dans une cité transformée en brasier. Partout dans la ville, la population prenait d'assaut les palais et les citadelles, pillant les demeures des descendants des conquistadores. Ici et las des temples canovistes étaient incendiés par des troupes de moines-guerriers zélés venus depuis la péninsule tarnoise.
C'est dans un sombre bureau, illuminé timidement par des chancelles en argent, que le gouverneur Antonio s'était barricadé en compagnie de son plus loyal majordome. Celui-ci était le dernier des serviteurs qui restaient dans le palais. Tous les autres employés s'étaient soit retournés contre le gouverneur en joignant la foule soit avaient tout simplement pris la fuite en voyant le chaos prendre le dessus. Il n'était pas nécessaire d'affirmer que les employés avaient profité pour emporter un maximum d'objets de valeur avec eux. Alors que la foule n'avait même pas franchi les grilles, la demeure du gouverneur avait déjà était très largement saccagée. Ainsi va la nature des hommes...
Le gouverneur se tenait auprès la fenêtre, jetant un regard sur la masse humaine s'agitant au loin. C'est alors qu'il dit avec une voix anxieuse à son serviteur.
« Quel effroyable spectacle, j'espère que l'Armée arrivera bientôt. »
Le majordome resta impassible, préparant une tasse de thé pour son maître. Devait-il lui dire que l'Armée était en pleine décomposition ? Le vieillard n'avait pas le cœur à le faire et à quoi bon ? Tout était fini. Après avoir servi durant quarante années les gouverneurs de la cité, le majordome s'était constitué un solide réseau de connaissances. Il n'y avait pas un bruit, pas une rumeur qui ne l'échappait. Le prédécesseur d'Antonio avait eu la sagesse de tirer profit de cela, mais le gouverneur actuel était trop faible et trop fainéant pour se donner la peine d'estimer les hommes l’entourant à leur juste valeur.
Le majordome apporta la tasse de thé à Luis Antonio qui la prit avec maladresse et fit renverser la moitié du contenu sur le tapis écarlate. Le majordome voulait bien s'énerver, mais des décennies de servitude l'avait rendu immunisé aux coups de colère. Son esprit était un jardin tellement taillé et cultivé que nulle sauvagerie ne pouvait en émerger. Et il s'était désormais rendu à l'évidence. La République bâtie sur la conquête numancienne s'écroulait comme un château de cartes. Les Tarnois avaient sur ce point accompli un coup de maître. Ils n'avaient pas envoyé des soldats qui auraient solidarisé le Monde à la cause de l'Icario et permis à la République de s'unir derrière un chef de guerre. Non, ils avaient empoisonné les esprits, semé la discorde afin que ceux qui étaient en bas se retourne contre les patriciens. C'était d'un machiavélisme sans borne, mais le majordome ne pouvait pas contenir une certaine admiration. Pas un coup de canon, pas un seul, et la dernière des républiques numanciennes allait s'écrouler devant les pieds du Prince tarnois, un homme possédant dix millions de soldats, mais n'ayant pas besoin d'user de la force. Quelle cruelle et triste ironie de l’histoire.
« Mais que fait l'Armée ? Elle devrait déjà être là. » couina le gouverneur. Le majordome répondit.
« Sans aucun doute qu’elle a été retenue sur le Boulevard Felipe II. Ils devraient bientôt arriver. » Et encore un mensonge, pensa le serviteur.
Soudainement, le majordome et le gouverneur entendirent des coups de fusils et des cris. Au loin, on pouvait voir la police et les gardes s'enfuir à toute vitesse et la foule défoncer la grille d'entrée. Le majordome s'approcha de la table et se servit une tasse de thé. Si cela était la fin, autant en profiter pour boire une dernière tasse de ce délicieux thé venu du Makara. Quelques instants plus tard, on commença à frapper contre la porte donnant au bureau. Les frappes firent alors place à des coups de béliers. Le majordome but une gorgée de thé et observa, sous-tasse dans une main et tasse dans l'autre comment une foule d'ouvriers et artisans en colère s’engouffraient dans le bureau. C'était la fin et dans dix minutes leurs corps pendront morts depuis le balcon.
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 17 : Le Palais d'Hiver -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/401590feu146620325912109.jpg[/img][/center]
Comme le reste du pays, la ville de Ceuta était plongée dans l'agitation sociale et secouée depuis des jours par des émeutes et des grèves. Le désordre était tel que la plus part des politiciens avaient quittés la capitale pour prendre la fuite en direction de l'Est vers des régions plus paisibles si cette notion avait encore du sens dans un pays en pleine décomposition politique et sociale. En vérité, aucun territoire n'était épargné par les élans révolutionnaires. C'était comme une fièvre qui s'emparait d'un corps affaibli depuis longtemps. A certains égards, la fièvre révolutionnaire avait lieu au meilleur moment. Le Numancia et les USP étaient à genou, exténues par le coût du maintien de leurs empires. En même temps, l'émeute de Sayakon avait réveillé un démon au plein cœur de la péninsule tarnoise. Du jour au lendemain, le nationalisme a émergé comme une force de l'Histoire, un moteur politique qui non seulement rompait avec l'internationalisme de la Fédération d'Aquanox, mais en plus affichait le désir de mettre un terme à la désunion des peuples tarnois. Pour la première fois dans l'Histoire, on pouvait entendre les foules scander : le Tarnosia aux Tarnois, et dépendant du mouvement politique, la définition de Tarnosia pouvait comprendre la péninsule ou aller d'une côte du continent à l'autre.
Parmi les émeutiers, beaucoup étaient affiliés à la Résistance tarnoise, mais ils ne formaient pas un mouvement politique homogène. On pouvait compter une dizaines de branches, mais de manière simplifié, il y avait deux courants majeurs. Le premier, qu'on nommait les Unionistes durs, était un mouvement nationaliste dur, excluant la cohabitation avec les Latins et militant pour que le Tarnosia soit « purgé de l'infamie latine ». Ce courant était dirigé par un certain Samuli Vauramo, ultra-nationaliste en lien étroit avec la droite du Parti des Raptors et qui recrutait ses membres parmi les anciens esclaves et petits artisans de descendance tarnoise. Le deuxième courant était surnommé le camp des Unionistes. Ils étaient également pour la réunification nationale, mais beaucoup plus modérés. A leurs yeux, les Latins étaient également des victimes des élites numanciennes et méritaient d'intégrer la Nation tarnoise comme la quatrième race.
Samuli Vauramo faisait partie de la section ceutanienne des Unionistes durs. Né de parents ayant vécu toute leur vie comme esclaves sur les plantations de coton, son cœur était rempli d'amertume et de haine pour les Latins qu'il confondait avec les oppresseurs numanciens. C’est en ce moment même que lui et ses hommes se tenaient à quelques mètres du Palais d'Hiver, la résidence officielle du Président de la République. Néanmoins, le Président Rodriguez avait quitté la cité depuis des semaines et pris refuge dans une ville à l'Est de l'Icario. Certains prétendaient que le Président Rodriguez tentait de convaincre le Ranekika d'intervenir dans le pays. Ceux qui restaient dans le Palais étaient des soldats jeunes et inexpérimentés. Un triste reste de ce qui avait jadis composé l'Armée de l'Icario.
C'est alors que Vauramo monta sur une caisse en bois et s'adressa à ses pairs avec vigueur.
« Mes frères, devant-vous se dresse le Palais d'Hiver, cette demeure somptueuse dans laquelle ont résidé tant de gouverneurs et de présidents. Depuis deux siècles, le Numancia occupe ces terres, pille ses richesses et asservit ses peuples. Devons-nous laisser les tyrans continuer à nous opprimer ? Non ! Je vous dis que l'Ancien Régime, cette République corrompue s'est rendue coupable de trahison envers le Peuple. Désormais, je vous dis qu'une seule chose : Vive la Révolution ! Vive la Nation ! Vive la Monarchie ! A mort la République ! »
Une centaine de révolutionnaires répondirent en chœur.
« Vive la Révolution ! Vive la Nation ! Vive la Monarchie ! A mort la République ! »
La horde se jeta alors sur les gardes à l'entrée du palais qui prirent la fuite rapidement et sans tenter de combattre. Le portail fut défoncé et les révolutionnaires, armés de fusils de chasse et de couteaux, courraient en direction du Palais. Quelques soldats tentaient de faire résistance, mais ils furent rapidement fusillés ou déchiquetés. Il leur manquait la force qu'ont les fanatiques de tout bord et qui anime les esprits les plus sauvages. Une petite heure plus tard, le Palais fut incendié après avoir été mis à sac. Des colonnes de fumée noire s'élevaient dans le ciel de Ceuta, témoignant de la fin d'une époque.
- Chapitre 17 : Le Palais d'Hiver -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/401590feu146620325912109.jpg[/img][/center]
Comme le reste du pays, la ville de Ceuta était plongée dans l'agitation sociale et secouée depuis des jours par des émeutes et des grèves. Le désordre était tel que la plus part des politiciens avaient quittés la capitale pour prendre la fuite en direction de l'Est vers des régions plus paisibles si cette notion avait encore du sens dans un pays en pleine décomposition politique et sociale. En vérité, aucun territoire n'était épargné par les élans révolutionnaires. C'était comme une fièvre qui s'emparait d'un corps affaibli depuis longtemps. A certains égards, la fièvre révolutionnaire avait lieu au meilleur moment. Le Numancia et les USP étaient à genou, exténues par le coût du maintien de leurs empires. En même temps, l'émeute de Sayakon avait réveillé un démon au plein cœur de la péninsule tarnoise. Du jour au lendemain, le nationalisme a émergé comme une force de l'Histoire, un moteur politique qui non seulement rompait avec l'internationalisme de la Fédération d'Aquanox, mais en plus affichait le désir de mettre un terme à la désunion des peuples tarnois. Pour la première fois dans l'Histoire, on pouvait entendre les foules scander : le Tarnosia aux Tarnois, et dépendant du mouvement politique, la définition de Tarnosia pouvait comprendre la péninsule ou aller d'une côte du continent à l'autre.
Parmi les émeutiers, beaucoup étaient affiliés à la Résistance tarnoise, mais ils ne formaient pas un mouvement politique homogène. On pouvait compter une dizaines de branches, mais de manière simplifié, il y avait deux courants majeurs. Le premier, qu'on nommait les Unionistes durs, était un mouvement nationaliste dur, excluant la cohabitation avec les Latins et militant pour que le Tarnosia soit « purgé de l'infamie latine ». Ce courant était dirigé par un certain Samuli Vauramo, ultra-nationaliste en lien étroit avec la droite du Parti des Raptors et qui recrutait ses membres parmi les anciens esclaves et petits artisans de descendance tarnoise. Le deuxième courant était surnommé le camp des Unionistes. Ils étaient également pour la réunification nationale, mais beaucoup plus modérés. A leurs yeux, les Latins étaient également des victimes des élites numanciennes et méritaient d'intégrer la Nation tarnoise comme la quatrième race.
Samuli Vauramo faisait partie de la section ceutanienne des Unionistes durs. Né de parents ayant vécu toute leur vie comme esclaves sur les plantations de coton, son cœur était rempli d'amertume et de haine pour les Latins qu'il confondait avec les oppresseurs numanciens. C’est en ce moment même que lui et ses hommes se tenaient à quelques mètres du Palais d'Hiver, la résidence officielle du Président de la République. Néanmoins, le Président Rodriguez avait quitté la cité depuis des semaines et pris refuge dans une ville à l'Est de l'Icario. Certains prétendaient que le Président Rodriguez tentait de convaincre le Ranekika d'intervenir dans le pays. Ceux qui restaient dans le Palais étaient des soldats jeunes et inexpérimentés. Un triste reste de ce qui avait jadis composé l'Armée de l'Icario.
C'est alors que Vauramo monta sur une caisse en bois et s'adressa à ses pairs avec vigueur.
« Mes frères, devant-vous se dresse le Palais d'Hiver, cette demeure somptueuse dans laquelle ont résidé tant de gouverneurs et de présidents. Depuis deux siècles, le Numancia occupe ces terres, pille ses richesses et asservit ses peuples. Devons-nous laisser les tyrans continuer à nous opprimer ? Non ! Je vous dis que l'Ancien Régime, cette République corrompue s'est rendue coupable de trahison envers le Peuple. Désormais, je vous dis qu'une seule chose : Vive la Révolution ! Vive la Nation ! Vive la Monarchie ! A mort la République ! »
Une centaine de révolutionnaires répondirent en chœur.
« Vive la Révolution ! Vive la Nation ! Vive la Monarchie ! A mort la République ! »
La horde se jeta alors sur les gardes à l'entrée du palais qui prirent la fuite rapidement et sans tenter de combattre. Le portail fut défoncé et les révolutionnaires, armés de fusils de chasse et de couteaux, courraient en direction du Palais. Quelques soldats tentaient de faire résistance, mais ils furent rapidement fusillés ou déchiquetés. Il leur manquait la force qu'ont les fanatiques de tout bord et qui anime les esprits les plus sauvages. Une petite heure plus tard, le Palais fut incendié après avoir été mis à sac. Des colonnes de fumée noire s'élevaient dans le ciel de Ceuta, témoignant de la fin d'une époque.
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 18 : La République Populaire -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/739275242696d6146668951915131.jpg[/img][/center]
Après des jours de lutte entre d'un côté les mouvements nationalistes et de l'autre les défenseurs de l'Ancien régime, les supporteurs du Président Rodriguez ont été contraints de fuir la cité de San Sebastian. Aux yeux de la République d'Icario, la ville de San Sebastian était une grande agglomération parmi tant d'autres, mais pour les nationalistes, la cité représentait la capitale du défunt royaume d'Egzonkan. Alors que les uns croyaient avoir presque rien perdu, les autres avaient mis la main sur un symbole sans pareil. Cette victoire était encore renforcée par le fait que dans la culture tarnoise, le contrôle de la capitale donnait à son possesseur une légitimité à exercer le pouvoir. C'est aussi pour cette même raison que chaque révolution tend à déplacer la capitale car elle doit incarner les valeurs du pouvoir en place.
La vieille citadelle de San Sebastian, érigée par les Numanciens pour surveiller la baie et la cité, était le dernier bastion à tomber entre les mains de la rébellion. Les rares défenseurs avaient tenté durant trois jours de tenir, mais à l'aube du quatrième, leur volonté se brisa et ils abandonnèrent la place forte. C'est au pied de la vénérable forteresse que des milliers d'habitants d'Egzonkon s’étaient rassemblés. La plus part étaient des ouvriers et artisans de descendance tarnoise, mais on comptait aussi beaucoup d'artisans latins. A la différence de Ceuta, la ville d'Egzonkon était majoritairement dominée par les défenseurs d'un unionisme doux et donc voulant intégrer les populations latines dans un hypothétique état-nation couvrant tous les anciens territoires tarnois. Cette coalition dite populaire était plus consensuelle que les radicaux de Ceuta.
Ishark, chef de la Résistance tarnoise, se tenait devant la foule sur une petite estrade fabriquée en toute hâte avec les matériaux qu'on pouvait trouver dans les entrepôts voisins. Les planches de bois qu'on avait utilisé pour construire la plate-forme étaient vieilles et grinçaient à chaque pas fait par Ishark. Ce dernier ignorait le bruit qu'il considérait comme un détail, une chose insignifiante devant la splendeur de leur réussite. Après trois siècles d'occupation, l'Empire numancien et son héritage étaient entra de perdre du terrain. Les piliers pourris de l'Occident s'écroulaient sous le poids de l'avidité et de la perfidie de ses dirigeants. Cependant, le plus dur restait à faire car la rébellion pourrait que survivre si elle arrivait à constituer un pouvoir politique organisé et fort. En tout moment, le Ranekika ou le Java pourraient tenter de profiter du chaos et de la faiblesse militaire de la péninsule tarnoise pour se jeter sur les territoires de l'Icario. C'est ainsi qu'Ishark leva la voix et s'adressa avec vigueur et conviction à la population rassemblée.
« Mes frères et mes sœurs,
Il y a trois cent ans, l'Empire numancien atteignit les rives de la Mer orientale et depuis ce jour, l'unité entre l'Ouest et l'Est est perdue. Aujourd'hui, nous pouvons admirer la fin de cette longue tyrannie et l'espoir d'un autre avenir, un futur libre de toute servitude.
Des nombreux dangers nous guettent. Au Nord et à l'Est, des puissances hostiles s'apprêtent à fendre sur nous avec fureur. A l'Ouest, nos frères et sœurs de la péninsule nous attendent avec impatience afin de réunir toutes les terres tarnoises sous une même bannière. Nous devrons agir avec prudence et courage dans ce monde hostile aux idées nobles et à la cause du peuple.
L'heure est venue de mettre un terme à la pestilence canoviste et la dégénérescence politique du Vieux Monde. Le temps est de faire triompher les valeurs du progressisme et de l'unité nationale sur ceux de la tyrannie et des empires. C'est pour ces raisons que nous proclamons aujourd'hui, nous tous, en tant qu'enfants de l'Histoire, la République Populaire d'Egzonkon. Plus jamais les despotes gouverneront. La terre appartient aux peuples tarnois et uniquement à eux. »
Un torrent d’applaudissement noya la place centrale. Partout on annonça la proclamation de la République Populaire. Le reste de la journée fut consacré à la fête, à l'ivresse et à la bonne humeur. On savait que les mois à venir allaient être difficiles, mais on ne se laissa pas décourager de faire la fête pendant ces quelques heures de bonheur et de liberté.
- Chapitre 18 : La République Populaire -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/739275242696d6146668951915131.jpg[/img][/center]
Après des jours de lutte entre d'un côté les mouvements nationalistes et de l'autre les défenseurs de l'Ancien régime, les supporteurs du Président Rodriguez ont été contraints de fuir la cité de San Sebastian. Aux yeux de la République d'Icario, la ville de San Sebastian était une grande agglomération parmi tant d'autres, mais pour les nationalistes, la cité représentait la capitale du défunt royaume d'Egzonkan. Alors que les uns croyaient avoir presque rien perdu, les autres avaient mis la main sur un symbole sans pareil. Cette victoire était encore renforcée par le fait que dans la culture tarnoise, le contrôle de la capitale donnait à son possesseur une légitimité à exercer le pouvoir. C'est aussi pour cette même raison que chaque révolution tend à déplacer la capitale car elle doit incarner les valeurs du pouvoir en place.
La vieille citadelle de San Sebastian, érigée par les Numanciens pour surveiller la baie et la cité, était le dernier bastion à tomber entre les mains de la rébellion. Les rares défenseurs avaient tenté durant trois jours de tenir, mais à l'aube du quatrième, leur volonté se brisa et ils abandonnèrent la place forte. C'est au pied de la vénérable forteresse que des milliers d'habitants d'Egzonkon s’étaient rassemblés. La plus part étaient des ouvriers et artisans de descendance tarnoise, mais on comptait aussi beaucoup d'artisans latins. A la différence de Ceuta, la ville d'Egzonkon était majoritairement dominée par les défenseurs d'un unionisme doux et donc voulant intégrer les populations latines dans un hypothétique état-nation couvrant tous les anciens territoires tarnois. Cette coalition dite populaire était plus consensuelle que les radicaux de Ceuta.
Ishark, chef de la Résistance tarnoise, se tenait devant la foule sur une petite estrade fabriquée en toute hâte avec les matériaux qu'on pouvait trouver dans les entrepôts voisins. Les planches de bois qu'on avait utilisé pour construire la plate-forme étaient vieilles et grinçaient à chaque pas fait par Ishark. Ce dernier ignorait le bruit qu'il considérait comme un détail, une chose insignifiante devant la splendeur de leur réussite. Après trois siècles d'occupation, l'Empire numancien et son héritage étaient entra de perdre du terrain. Les piliers pourris de l'Occident s'écroulaient sous le poids de l'avidité et de la perfidie de ses dirigeants. Cependant, le plus dur restait à faire car la rébellion pourrait que survivre si elle arrivait à constituer un pouvoir politique organisé et fort. En tout moment, le Ranekika ou le Java pourraient tenter de profiter du chaos et de la faiblesse militaire de la péninsule tarnoise pour se jeter sur les territoires de l'Icario. C'est ainsi qu'Ishark leva la voix et s'adressa avec vigueur et conviction à la population rassemblée.
« Mes frères et mes sœurs,
Il y a trois cent ans, l'Empire numancien atteignit les rives de la Mer orientale et depuis ce jour, l'unité entre l'Ouest et l'Est est perdue. Aujourd'hui, nous pouvons admirer la fin de cette longue tyrannie et l'espoir d'un autre avenir, un futur libre de toute servitude.
Des nombreux dangers nous guettent. Au Nord et à l'Est, des puissances hostiles s'apprêtent à fendre sur nous avec fureur. A l'Ouest, nos frères et sœurs de la péninsule nous attendent avec impatience afin de réunir toutes les terres tarnoises sous une même bannière. Nous devrons agir avec prudence et courage dans ce monde hostile aux idées nobles et à la cause du peuple.
L'heure est venue de mettre un terme à la pestilence canoviste et la dégénérescence politique du Vieux Monde. Le temps est de faire triompher les valeurs du progressisme et de l'unité nationale sur ceux de la tyrannie et des empires. C'est pour ces raisons que nous proclamons aujourd'hui, nous tous, en tant qu'enfants de l'Histoire, la République Populaire d'Egzonkon. Plus jamais les despotes gouverneront. La terre appartient aux peuples tarnois et uniquement à eux. »
Un torrent d’applaudissement noya la place centrale. Partout on annonça la proclamation de la République Populaire. Le reste de la journée fut consacré à la fête, à l'ivresse et à la bonne humeur. On savait que les mois à venir allaient être difficiles, mais on ne se laissa pas décourager de faire la fête pendant ces quelques heures de bonheur et de liberté.
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Amaski
[bask][center]LA LIBERTE DE l'EGZONKAN
- Chapitre 19 : La fin tragique des Ortega I -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/670391frenchrevolutionpictures12146702699533931.jpg[/img][/center]
Avant la crise, la ville de Sonia était une petite agglomération sans importance située sur les rives de la Mer orientale, ou comme on la nommait ici, Lago Grande. C'était une bourgade largement vouée à la production d'un coton de qualité médiocre. Sur les quelques dizaines de milliers d'habitants, la plus part étaient des descendants des esclaves tarnois et ils continuaient à travailler sur les mêmes plantations que leurs ancêtres pour les mêmes familles de maître avec pour seule différence que les fouets avaient été remplacé par un salaire de misère. La vie était dure, mais jusqu'à là les ouvriers agricoles avaient toujours continué à planter, soigner et récolter le coton qui était ensuite transformé en tissu pour le marché alméran. Cela semblait à tout le monde être un cycle éternel dans le cadre duquel les grandes familles numanciennes pouvaient profiter d'une vie aussi douce que le sucre cultivé dans les terres du Ranekika. Pour les patriciens, cette situation correspondait à l'ordre naturel des choses. A leurs yeux, il n'y avait aucun crime. Ils osaient même affirmer qu'ils méritaient bien cette vie et d'être en haut de l'échelle sociale. Leurs ancêtres avaient conquis l'Icario à leurs risques et périls. Cette terre était donc leur propriété légitime, n'est-ce pas ?
La famille Ortega faisait partie des grands propriétaires fonciers de Sonia. Comme chaque soir, ils étaient tous attablés dans le somptueux salon de leur demeure familiale aux portes de la ville. C'était un véritable palais digne des résidences des princes almérans et leur fortune n'avait jamais été plus grande. Certes, le prix de coton avait beaucoup baissé, mais en agrandissant les plantations et en augmentant la pression sur les esclaves...pardon...travailleurs, on avait largement compensé cela. L’or coulait à flot sur cette partie de la rive du Grand Lac.
Le foyer des Ortega était composé d’une dizaine de personnes. La vieille matriarche était assise en tête de table, surveillant son fils, ses deux filles, ses deux beaux-fils, sa belle-fille et ses trois petits-enfants. La bonne, une jeune sayaken, était entra de servir la soupe, fuyant le regard du fils de la matriarche. Comme tant de fois, celui-ci l'avais prise dans la cuisine et à chaque fois, le cœur de la jeune servante semblait se briser, mais avait-elle le choix ? Depuis que son mari avait été tué car ayant voulu défendre un des travailleurs contre la fureur du fils, elle était toute seule pour élever ses cinq enfants. Elle ne pouvait pas perdre son emploi dans la maison. La perspective de revenir sur les champs à coton voire pire, qu'elle soit renvoyée de la plantation remplissait son esprit de terreur.
Soudainement, on entendit dans le salon le son d'un coup de fusil. Le fils se leva instinctivement ; la matriarche afficha un regard inquiet. On avait entendu ce qui était arrivé à Juan la semaine dernière. Le gouverneur avait été assassiné par quelques fanatiques religieux catholiques venus de la péninsule voisine. Forcément, l'agitation était grande parmi la noblesse terrienne icariote. Chaque travailleur affichant des affinités au catholicisme était renvoyé ou pire, fouetté à mort. Ce n'était pas la première crise de ce genre. La matriarche avait assisté à au moins deux soulèvements d'esclaves et de travailleurs. C'était une chose que chaque génération avait à faire face au moins une fois, mais depuis quelques mois, l'ambiance avait fortement changée. Tout le monde était nerveux. Les Tarnois s'étaient retirés de chaque accord qu'ils avaient signé avec les USP et l'Icario. Depuis des mois, leur milice était mobilisée, mais le plus étonnant, c'était qu'ils semblaient ne rien faire. Le géant voisin s'armait, mais ne bougeait pas. Des rumeurs folles couraient à ce sujet. Certains disaient que les Tarnois voulaient reconquérir leur terre ancestrale aux USP pour recréer l'empire englouti par les flots. D'autres affirmaient qu'ils préparaient une attaque massive sur le Ranekika. D'autres, pensaient que les Tarnois envisageaient un débarquement au Zhao.
La matriarche regarda en direction de son fils. Elle n'avait pas besoin de prononcer un mot. Celui-ci comprit ce qu'il avait à faire. Il quitta la table, prit le fusil au mur et alla en direction de la porte pour aller voir dehors ce qui provoquait ce chahut sur la plantation. Sa femme, visiblement inquiète, dit.
« Qu'est-ce que ça peut bien être ? »
La matriarche suggéra avec calme.
« Probablement une dispute entre les esclavos. Rien de bien grave, ma chère. »
La vieille femme jeta alors un coup d’œil en direction de la servante sayaken. La bonne souriait timidement et la matriarche eut alors un obscur pressentiment, comme si quelque chose d’horrible était à deux doigts de se réaliser.
- Chapitre 19 : La fin tragique des Ortega I -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/670391frenchrevolutionpictures12146702699533931.jpg[/img][/center]
Avant la crise, la ville de Sonia était une petite agglomération sans importance située sur les rives de la Mer orientale, ou comme on la nommait ici, Lago Grande. C'était une bourgade largement vouée à la production d'un coton de qualité médiocre. Sur les quelques dizaines de milliers d'habitants, la plus part étaient des descendants des esclaves tarnois et ils continuaient à travailler sur les mêmes plantations que leurs ancêtres pour les mêmes familles de maître avec pour seule différence que les fouets avaient été remplacé par un salaire de misère. La vie était dure, mais jusqu'à là les ouvriers agricoles avaient toujours continué à planter, soigner et récolter le coton qui était ensuite transformé en tissu pour le marché alméran. Cela semblait à tout le monde être un cycle éternel dans le cadre duquel les grandes familles numanciennes pouvaient profiter d'une vie aussi douce que le sucre cultivé dans les terres du Ranekika. Pour les patriciens, cette situation correspondait à l'ordre naturel des choses. A leurs yeux, il n'y avait aucun crime. Ils osaient même affirmer qu'ils méritaient bien cette vie et d'être en haut de l'échelle sociale. Leurs ancêtres avaient conquis l'Icario à leurs risques et périls. Cette terre était donc leur propriété légitime, n'est-ce pas ?
La famille Ortega faisait partie des grands propriétaires fonciers de Sonia. Comme chaque soir, ils étaient tous attablés dans le somptueux salon de leur demeure familiale aux portes de la ville. C'était un véritable palais digne des résidences des princes almérans et leur fortune n'avait jamais été plus grande. Certes, le prix de coton avait beaucoup baissé, mais en agrandissant les plantations et en augmentant la pression sur les esclaves...pardon...travailleurs, on avait largement compensé cela. L’or coulait à flot sur cette partie de la rive du Grand Lac.
Le foyer des Ortega était composé d’une dizaine de personnes. La vieille matriarche était assise en tête de table, surveillant son fils, ses deux filles, ses deux beaux-fils, sa belle-fille et ses trois petits-enfants. La bonne, une jeune sayaken, était entra de servir la soupe, fuyant le regard du fils de la matriarche. Comme tant de fois, celui-ci l'avais prise dans la cuisine et à chaque fois, le cœur de la jeune servante semblait se briser, mais avait-elle le choix ? Depuis que son mari avait été tué car ayant voulu défendre un des travailleurs contre la fureur du fils, elle était toute seule pour élever ses cinq enfants. Elle ne pouvait pas perdre son emploi dans la maison. La perspective de revenir sur les champs à coton voire pire, qu'elle soit renvoyée de la plantation remplissait son esprit de terreur.
Soudainement, on entendit dans le salon le son d'un coup de fusil. Le fils se leva instinctivement ; la matriarche afficha un regard inquiet. On avait entendu ce qui était arrivé à Juan la semaine dernière. Le gouverneur avait été assassiné par quelques fanatiques religieux catholiques venus de la péninsule voisine. Forcément, l'agitation était grande parmi la noblesse terrienne icariote. Chaque travailleur affichant des affinités au catholicisme était renvoyé ou pire, fouetté à mort. Ce n'était pas la première crise de ce genre. La matriarche avait assisté à au moins deux soulèvements d'esclaves et de travailleurs. C'était une chose que chaque génération avait à faire face au moins une fois, mais depuis quelques mois, l'ambiance avait fortement changée. Tout le monde était nerveux. Les Tarnois s'étaient retirés de chaque accord qu'ils avaient signé avec les USP et l'Icario. Depuis des mois, leur milice était mobilisée, mais le plus étonnant, c'était qu'ils semblaient ne rien faire. Le géant voisin s'armait, mais ne bougeait pas. Des rumeurs folles couraient à ce sujet. Certains disaient que les Tarnois voulaient reconquérir leur terre ancestrale aux USP pour recréer l'empire englouti par les flots. D'autres affirmaient qu'ils préparaient une attaque massive sur le Ranekika. D'autres, pensaient que les Tarnois envisageaient un débarquement au Zhao.
La matriarche regarda en direction de son fils. Elle n'avait pas besoin de prononcer un mot. Celui-ci comprit ce qu'il avait à faire. Il quitta la table, prit le fusil au mur et alla en direction de la porte pour aller voir dehors ce qui provoquait ce chahut sur la plantation. Sa femme, visiblement inquiète, dit.
« Qu'est-ce que ça peut bien être ? »
La matriarche suggéra avec calme.
« Probablement une dispute entre les esclavos. Rien de bien grave, ma chère. »
La vieille femme jeta alors un coup d’œil en direction de la servante sayaken. La bonne souriait timidement et la matriarche eut alors un obscur pressentiment, comme si quelque chose d’horrible était à deux doigts de se réaliser.